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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 05:21

 

Débat sur la violence policière

 

Le ministre tunisien de l'Intérieur Ali Larayedh a été sommé de s'expliquer devant l'Assemblée nationale constituante (ANC) sur la dispersion musclée lundi d'une manifestation dans le centre de Tunis, a annoncé mardi le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaafar.

Mustapha Ben Jaafar a appelé à la tenue d'une séance plénière d'urgence sur les "incidents survenus dans les rues avoisinant l'avenue Habib Bourguiba au cours desquels des élus, des militants des droits de l'homme et des journalistes ont été physiquement agressés", selon un communiqué publié mardi. Mustapha Ben Jaafar est également chef du parti Ettakatol (gauche) membre de la coalition au pouvoir dirigée par le parti islamiste Ennahda. http://www.europe1.

 

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 Le chef d'Ennahdha accuse des "anarchistes staliniens" de vouloir semer le chaos

Le chef du mouvement islamiste tunisien "Ennahdha" Rached Ghannouchi a accusé mardi "certaines parties" qu'il a qualifié d'"anarchistes staliniens", d'être à l'origine des troubles qui opposé dimanche forces de l'ordre et manifestants à l'occasion de la célébration de la journée des martyrs.

"La Tunisie n'est pas menacée par la dictature, mais par l'anarchie", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.

Les heurts au cours desquels la police a violemment repoussé les manifestants, se sont produits notamment sur l'avenue Bourguiba, principale artère de la capitale, interdite aux manifestations depuis près de deux semaines pour cause de troubles à l'ordre public. Ils ont causé de nombreux blessés des deux côtés et conduit à des interpellations dont le nombre n'a pas été précisé.

Rached Ghannouchi a pointé du doigt "des parties qui après leur échec aux élections, empruntent une voie anarchiste stalinienne pour tenter d'obtenir dans la rue ce qu'ils n'ont pas pu avoir par les urnes". Sans identifier les parties visées, il a toutefois précisé qu'il ne mettait pas en cause toute l'opposition "dont certains partis étaient nos alliés".

Le leader du parti islamiste, vainqueur des élections d'octobre dernier, a condamné la violence "d'où qu'elle vienne que ce soit de la police ou des manifestants".

Selon lui, "dans un Etat de droit, personne ne doit imposer le fait accompli", en évoquant les plaintes des propriétaires des établissements commerciaux et touristiques qui se disent touchés par la multiplication des manifestations au centre de la capitale.

M. Ghannouchi a, par ailleurs, rejeté les accusations selon lesquelles des milices d'Ennahdha auraient prêté main forte aux forces de l'ordre pour réprimer les manifestants. tempsreel.nouvelobs


 

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L'Affaire de l'Avenue Habib Bourguiba : les parlementaires, Ghannouchi...

 

L'Affaire de l'Avenue Habib Bourguiba : le ministre de l'Intérieur

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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Ennahda mise sur le pragmatisme plutôt que sur la charia

 


Le parti au pouvoir a donné des gages aux laïcs en refusant d’inscrire la loi islamique dans la Constitution, mais ne veut pas pour autant céder le terrain religieux aux salafistes. 


La prière du crépuscule vient de se terminer. Face à une mosquée nichée dans les ruelles de Bab Souika, quartier historique du centre de Tunis, une maison arabe accueille ce soir, dans sa cour intérieure, une réunion des militants de la section locale d’Ennahda. Trois jours plus tôt, le parti islamiste a annoncé qu’il ne défendrait pas l’inscription de la charia dans la Constitution. Sami Triki, jeune cadre du parti, vient faire le service après-vente auprès des adhérents. Beaucoup sont déçus, veulent des explications. «Les cinq premières minutes, j’étais fâché. Puis j’ai compris le truc : sur le fond, je reste contre, mais nous devons respecter la réalité du peuple tunisien», explique Amine, à la sortie de cette réunion. Ahmed fustige la résistance des «zéro virgule», ainsi que beaucoup d’islamistes désignent leurs adversaires de la gauche laïque, pour railler leurs scores aux élections et leur contester toute légitimité populaire. Mais, juge-t-il aussi, «peut-être qu’il y a des mots qu’il ne faut pas dire directement. Cela peut blesser dans leurs croyances ceux qui n’ont pas voté Ennahda». «Les responsables [du parti, ndlr], ils sont plus rationnels que nous, on respecte leur décision. Nous, on insiste pour mentionner la charia, on est un peu sentimentaux», explique Taoufik Missaoui, diplômé, chômeur, quadragénaire et affable bénévole de la section. 


Ménager. Surprise par la vivacité de la réaction de sa base, Ennahda a lancé une vaste série de rencontres, auprès de ses adhérents, mais aussi des électeurs. La décision n’est pourtant que la confirmation de ses engagements de campagne : jamais le parti n’y a défendu la mention de la charia. Le maintien de l’article 1er de la Constitution de 1959, autre engagement fort qui a été renouvelé la semaine dernière, figurait en tête de son programme. «La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain : sa religion est l’Islam, sa langue l’arabe et son régime la République», énonce l’article. Une formule habile mais ambiguë, mijotée par Habib Bourguiba pour ménager les diverses sensibilités. Elle fait toujours l’objet d’un large consensus au sein de la classe politique. 

L’annonce vient surtout clore plusieurs semaines de tensions. Tout au long du mois de mars, partisans et opposants à la charia se sont jaugés dans la rue, manifestant en alternance. Le conflit à la faculté de la Manouba, où étudiants salafistes et professeurs laïques s’affrontent sur le port du niqab, n’en finit plus d’alimenter la chronique. Depuis les élections, les fondamentalistes redoublent d’activisme. Plusieurs événements ont inquiété : affrontements entre la police et un groupe de jeunes radicaux armés dans un village du sud, tournée houleuse d’un prédicateur égyptien ultra-radical, velléités des salafistes de se comporter en milice dans certains endroits… 

La pression des radicaux a ainsi poussé Ennahda à remettre le débat sur le métier en interne. Des cadors du parti se sont publiquement prononcés pour une mention de la charia, ou au moins d’un ersatz. Tel Sahbi Atig, chef de file des députés nahdaouis : il a défendu, au nom du groupe, la «nécessité de faire une référence à l’islam comme source de loi», a-t-il expliqué à Libération. Finalement, la choura, la plus haute instance du parti, à la base de sa reconstitution après la révolution, a tranché : 53 de ses membres ont voté contre la mention de la loi islamique, 13 pour, et sept se sont abstenus, a détaillé le parti dans un souci de transparence. 

«Certains Tunisiens ont peur de la charia, d’autres sont prêts à mourir pour elle. Nous ne voulons pas ajouter d’éléments qui divisent la société. Si les Tunisiens sont tous d’accord sur la place de l’islam dans l’Etat, cela suffit», a justifié Rached Ghannouchi en conférence de presse. Le leader du parti a toutefois pris garde à défendre la charia, «dont découlent déjà la plupart des lois tunisiennes», a-t-il expliqué. Avant d’ajouter : «Les craintes sont causées par une mauvaise application de la charia, comme en Afghanistan. Certains pensent qu’elle se réduit aux châtiments corporels. Mais l’islam, c’est toute une justice, le pardon, l’égalité, la liberté, la fraternité, les sciences», a-t-il fait valoir, mettant en exergue le «refus catégorique des élites», sans qui «le processus démocratique ne peut réussir». 

Sans crier victoire, le camp progressiste a salué la décision. «Elle montre que les leaders défendent leur conviction qu’Ennahda n’est plus un mouvement religieux, mais un mouvement politique civil. Dans l’histoire du parti, qui a toujours été attaché à la charia, c’est un pas important», note le politologue Slaheddine Jourchi, compagnon de route des premières heures du mouvement. Revenir sur les engagements de campagne aurait fait voler en éclat la coalition gouvernementale qui associe Ennahda et deux partis de gauche. Toutefois, «dans le cas où cela deviendrait une demande populaire, Ennahda n’a pas définitivement fermé la porte à la charia», s’inquiète Samy Ghorbal, journaliste et essayiste proche de l’opposition, soulignant néanmoins que «ce qui compte pour le moment, c’est la Constitution». 

«Tribune». Cette question épineuse réglée, les travaux de l’Assemblée constituante vont être facilités. Le parti de Ghannouchi prend en revanche le risque de s’aliéner une fraction de la famille islamiste, notamment les salafistes. Ennahda cherche pourtant à entretenir de bonnes relations avec une partie d’entre eux. Avec les salafistes djihadistes, la rupture, latente jusque-là, est consommée. Ridha Belhadj, le porte-parole du parti Ettahrir, mouvement islamiste radical mais non violent, a critiqué dans le Quotidien les objectifs d’Ennahda taxés de «flous, vagues et très flexibles». Ce groupe s’était vu refuser sa légalisation l’an dernier. Il envisage de la solliciter à nouveau et de concourir aux élections, où il pourrait siphonner les voix des déçus de la modération d’Ennahda. 

Habib Ellouze, éminence du parti au pouvoir, a défendu l’inscription de la loi islamique. Il redoute désormais que «l’abandon de la charia à des gens qui n’ont pas les compétences laisse la porte ouverte à l’extrémisme». Ennahda entend donc reprendre la main dans le discours religieux. Responsable de la communication du parti, Nejib Gharbi, déplore que «les gens modérés n’aient pas de tribune pour proférer leurs idées, alors que les salafistes les plus rigoureux ont moult chaînes satellitaires». Le ministère des Affaires religieuses, qui a recensé 400 mosquées gérées par les salafistes, prépare un plan pour renforcer le contrôle de l’Etat. «Nous allons ouvrir les médias à un débat national sur la religion, détaille aussi Walid Bennani, député de Kasserine. Nous allons organiser des leçons dans les mosquées. Nous allons encourager les savants malékites [l’école d’interprétation de l’islam dominante en Tunisie, considérée comme modérée, ndlr] à aller dans les bastions d’imams radicaux.» Rached Ghannouchi en personne a entamé une tournée des lieux de culte pour délivrer des leçons religieuses. 

Congrès. A Bab Souika en tout cas, les militants considèrent le renoncement à la charia comme un simple repli tactique. La bataille, se disent-ils résignés, se joue ailleurs que dans la Constitution. «On ne peut pas imposer la loi musulmane dans une société qui ne l’accepte pas, juge ainsi Abdelatif Jemmali, magistrat de profession. Il faut travailler à une prise de conscience, sur la longueur, construire d’abord une conception de la charia qui soit acceptable par tous.» Convaincre les Tunisiens du bien-fondé de la loi islamique, une stratégie endossée par le parti ? «Peut-être, lâche laconiquement Habib Kheder, l’un des faucons d’Ennahda, élu au poste-clé de rapporteur de la Constitution. Cela peut être une action d’ordre social, mais ça ne sera pas pour la Constitution. On compte adopter un texte qui ne sera pas modifié pendant des décennies.» 

«Ghannouchi et ses amis croient que, s’il y a un changement profond dans la société tunisienne, si dans cinq ou dix ans elle est devenue mûre pour la charia, alors le mouvement pourra défendre cette position», accuse l’essayiste Slaheddine Jourchi. Ennahda, qui a fait la preuve de son pragmatisme en renonçant à la charia, reste tiraillé entre sa base et sa responsabilité politique. La prochaine épreuve sera son congrès, prévu en juillet. Le premier depuis la révolution : le parti a pris soin de ne pas trop s’ouvrir, pour contrôler sa ligne. «Il n’y aura pas de changement de cap», promet Nejib Gharbi. «Il sera houleux, prévoit Slaheddine Jourchi. Il y aura des
contradictions pour élaborer les lignes directrices du parti.» atlasinfo
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Entretien avec le député islamiste au parfum intégriste, Chourou


 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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