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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 05:32

La société civile tunisienne contre la violence et l’obscurantisme


Pétition de soutien et dénonciation des violations répétées aux libertés et droits fondamentaux, écrite par le professeur de droit constitutionnel Sadok Belaïd, et signée par plusieurs universitaires et intellectuels.

Une nouvelle fois, notre collègue Jawhar Ben Mbarek, déjà agressé à Douz, ce vendredi, a fait, l’objet d’une inqualifiable agression à Kebili, qui a nécessité son admission aux urgences de l’Hôpital de Sfax, où il est gardé en observation médicale et pour des examens approfondis.

Jawhar n’a pas été la seule victime de cette intolérable agression. A Kebili et à Douz, les membres de son équipe ainsi qu’un grand nombre de personnes venues assister pacifiquement aux réunions organisées par le Réseau Doustourna, ont fait l’objet des mêmes agressions et violences.

Les signataires de la présente pétition apportent leur total soutien à toutes les victimes  de ces actes de violences fomentés par des personnes dont l’appartenance idéologique et politique ne fait pas de doute et qui ont montré à de nombreuses reprises, leur hostilité déterminée aux libertés fondamentales et à la démocratie.

Les signataires de la présente pétition dénoncent avec la plus grande vigueur ces agissements criminels et expriment leurs plus grandes inquiétudes face aux menaces très sérieuses que ces agissements criminels représentent pour la sécurité générale dans le pays et pour les principes de liberté et de démocratie proclamés par la Révolution du 14 janvier.

Les signataires de la présente pétition exigent que le gouvernement prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires et efficaces pour poursuivre et châtier les auteurs de ces agissements criminels et pour mettre fin à cette escalade de la violence.

Tout en mettant le gouvernement actuel devant ses responsabilités, les signataires de la présente pétition appellent la société civile à se mobiliser contre la violence et l’obscurantisme et pour la défense des libertés et des droits fondamentaux pour le triomphe desquels les martyrs de la Révolution nationale ont fait don de leurs vies.

Premiers signataires :

Sadok Belaid

Yadh Ben Achour

Sana Ben Achour

Kaïs Saied

Haykel Ben Mahfoudh

Mohamed Salah Ben Aissa

Habib Kazdaghli

Sophie Bessis

Salwa Hamrouni

Habib Mellakh

Anouar Trabelsi

kapitalis

 

 

 

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Violences contre les intellectuels: des opposants accusent le pouvoir


«L’opération qui a eu lieu samedi à Souk Lahad à Kebili n’était pas fortuite mais préméditée. Elle allait avoir lieu dans la ville de Douz, Kebili et Gabès. Notre programme leur est parvenu à l’avance. D’abord, ils voulaient nous empêcher d’accéder à Douz le vendredi, et ont réussi à attaquer les voitures des militants Khmaies bahri et Radhi Ben Hassine... Ensuite nous nous sommes réunis à Kebili le samedi… A la fin de la réunion un groupe composé de 40 à 50 personnes s’est réuni  à l’entrée de la salle munis de bâtons, de barres de fer et de couteau…

Le plus surprenant c’est que leur majorité est composée d’enfants ne dépassant pas l’âge de 20 ans. Ils ont frappé tous les présents à la réunion, avec tous les moyens qu’ils leurs tombaient sous la main…jusqu’à ce qu’ils m’aient trouvé. Ils ont lâchés les autres et se sont attaqués à moi avec violence », témoigne Jawher Ben Mbarek, leader du réseau Doustourna, lors d’une conférence de presse organisée ce matin à Tunis, par plusieurs partis, associations et indépendants progressistes, pour dénoncer les violences perpétrées contre les intellectuels.  

Il ajoute que les personnes qui ont commis ces attaques avaient une intention claire « à savoir celle de tuer ». Jawher Ben Mbarek  relate les faits dont il a été victime samedi à Kebili, en précisant que les assaillants « m’ont mis à genou, tiré ma tête à l’arrière en criant : où est le couteau ?». Une version confirmée par Zohra Triki, membre de Doustourna, présente lors des faits : « ce que j’ai surtout constaté, a-t-elle dit, c’est que la cible était Jawher Ben Mbarek ». Plusieurs habitants et membres de l’Association ont intervenu pour le protéger. Il n’en demeure pas moins que tous les véhicules des membres de Doustourna ont été endommagés. «Toutes les vitres de ma voiture, ont été cassées »,  dit Jawher Ben Mbarek.

«Ceci a commencé l’année dernière, lors qu’ont été parti distribuer des vivres au sud de la Tunisie, un mois après la révolution. C’était la première fois que l’on entendait parler d’Emirs, et de salafistes. Une collègue à moi quand elle a dit qu’un homme qui se faisait passer pour un Emir qu’il ne s’adressait pas aux femmes,  les gens ne l’ont pas crue…. Il faut que nous pensons à une structure pour protéger toute personne en Tunisie qui veut donner un avis, sans qu’elle ne se sente seule », dit Salma Baccar, membre de l’assemblée constituante.  Ahmed Nejib Chebbi,  a appelé ces forces de « fascistes », et a exprimé son inquiétude quant à l’avenir de la démocratie « Je ne pense pas que le pouvoir se transmettra de manière pacifique en Tunisie …Parce qu’il existe des gens qui exercent la violence et qui s’entraîne sur la violence, et à mon sens la seule solution est de s’unir pour défendre les libertés des Tunisiens ».

Plusieurs autres représentants des partis politiques progressistes ont exprimé leur  solidarité aux personnes agressées à cause de leurs positions et leurs idées.  Mohamed Kilani , secrétaire général du Parti socialiste de gauche a accusé Ennahdha d’être responsable de ce genre d’incidents qui, selon lui, « n’a pas l’intention de quitter le pouvoir et ce en lâchant sur nous ses milices… ». Il ajoute que  ka société et les démocrates n’ont pas le courage de s’opposer à Ennahdha pour corriger la trajectoire de la révolution… « Ghanouchi a appelé ses siens pour leur dire que ce qu’ils font est du Djihad, et personne n’a réagi », dit-il.
Le docteur Youssef Sedik, a donné ce dimanche une conférence sur la religion à Kelibia. Un groupe de jeunes lui ont interdit d’accéder à la maison de la culture. « J’ai entendu quelqu’un dire : Si « si Youssef » dépasse cette ligne virtuelle que l’on a décidé, on le frappera ». Il a finalement intervenu, enfermé tout seul dans une pièce avec un microphone et son public dans la rue, l’écoutant à travers les hauts parleurs. 

« Une conférence sur la religion, qui a été entrecoupée par les « Allahou Akbar » des groupes qui se sont opposés à cet évènement, en appelant les gens à ne pas m’écouter. Tout ce la a eu lieu sans l’intervention de la police….Au poste de police un agent a dit n’avoir pas reçu d’ordres de ses supérieurs !»
Sadok Belaid, a pour sa part soupçonné« le régime de prendre une tournure faschiste planifiée…le régime est en train de se construire une citadelle à travers le système de sécurité et les milices…d’ailleurs, le jour même où Jawher Ben Mbarek a été agressé à Kebili, un autre opposant au régime a été agressé à Paris… », dit-il en parlant de Jalel Brik. Il a par ailleurs, proposé qu’il y ait création de comités de vigilance de la société civile pour s’opposer à la violence.

«Le problème n’est pas un problème d’extrémistes, parce que s’il y avait eu de l’extrémisme et que nous avions qui nous en protéger, le problème n’existerait pas…Le combat entre le théocrate et le démocrate est déséquilibré, car le théocrate n’accepte pas l’avis contraire, alors que le démocrate croit au dialogue…si l’Etat ne prend pas ses responsabilités dans la protection du citoyen,  il y aura guerre civile…et ce qui est arrivé à Jawher Ben Mbarek n’est pas un incident isolé mais on le voit se répéter …C’est pourquoi les hommes de droit ont un rôle important à jouer dans  la protection de la société…Ceux qui gouvernent le pays, le font au nom d’Allah, et la fin pourrait être tragique », a intervenu Yadh Ben Achour.  gnet.tn/temps

 


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 L’opposition sur le pied de guerre: «S’ils en tuent un, nous serons dix»

 

 

« S’ils en tuent un, nous serons dix, s’ils en tuent dix, nous serons là par centaines. S’ils parviennent à terroriser les hommes, celles qu’ils appellent les graines du diable, les femmes, elles n’auront pas peur ». Devant l’ensemble des ténors de l’opposition tunisienne et représentants de la société civile, Emna Menif tient un discours guerrier. La posture a changé, les paroles également.
Aujourd’hui 23 avril 2012, six mois jour pour jour après les élections, dans une salle d’El Teatro, murs noirs et rétroprojecteurs passant en boucle les images de la violence policière et des agressions qui se sont multipliées, l’heure n’est plus aux discours d’une opposition apeurée, mais d’une résistance, face à ce qu’ils appelleront unanimement « un Etat fasciste ». 

Iyadh Ben Achour, Sadok Belaid, Ahmed Nejib Chebbi, Sihem Ben Sedrine, Khemais Ksila, Selma Baccar, Samir Bettaieb, Said Aidi, Emna Menif, Mohamed Kilani, Youssef Seddik, et d’autres encore étaient, en effet, réunis ce lundi, dans une conférence initialement organisée par le réseau Doustourna pour revenir sur l’agression de son leader Jaouhar Ben Mbarek et de plusieurs militants du mouvement citoyen. 
Sur fond d’images quelque peu propagandistes, illustrant des blessés victimes de la violence policière du 9 avril ou encore les agressions qu’a subies M. Ben Mbarek, ce dernier revient sur les circonstances de son agression à Douz : « Ils m’ont tiré en arrière par les cheveux, et demandaient à ce qu’on leur apporte un couteau. L’intention de tuer était claire, et je n’ai pas été le seul à avoir été victime de leur violence. 
Pour ceux qui doutent du fait que ces personnes faisaient partie de la mouvance dite des salafistes, les habitants de la ville sont clairs. Ce sont des petites villes où tout le monde se connaît », affirme Jaouhar Ben Mbarek. A la question des journalistes évoquant le fait que certains doutent de la sincérité du leader de Doustourna et l’accusent de jouer la comédie, ce dernier répondra : «Il faudrait qu’on arrête de m’agresser dans ce cas, je n’aurais plus l’occasion d’exagérer les faits, ça m’arrangerait!». 

Youssef Seddik, anthropologue et islamologue reconnu, racontera par la suite son expérience, lorsqu’il a été obligé de tenir sa conférence dans une pièce fermée, seul, avec les baffles à l’extérieur pour son public : « Je vais privilégier le réalisme et répéter mot pour mot ce qu’ils ont dit, qu’on ne m’accuse pas par la suite d’amplifier les faits », précise-t-il. « Si vous laissez passer M. Youssef, on le bat, ont-ils dit aux forces de l’ordre présentes sur place », témoigne M. Seddik. Olfa Youssef, également prévue pour cette conférence, n’aura pas pu s’y rendre. Et M. Seddik de s’indigner : «Je ne demande pas à ce qu’on soit de mon avis ou qu’on m’apprécie, mais l’espace public appartient à tout le monde! Si je suis empêché de me rendre dans un espace public, il y a problème, il y a des gens qui contreviennent à ma liberté alors que je n’ai rien fait pour limiter la leur». 

Selma Baccar, quant à elle, sera la première à évoquer la création de comités de protection : «Il faut qu’on s’unisse et qu’on ne soit pas seuls, qu’on se protège mutuellement, parce que l’Etat n’est pas là pour nous protéger. Si nous devons prendre exemple sur les parties extrémistes, ce serait concernant leur union et leur sens de l’organisation», déclare-t-elle en substance. 

Sadok Belaid appuiera ces dires. Il déclarera que l’orientation que prend le pouvoir à ce jour, est une orientation fasciste, semblable à celles qui ont éclos en Europe il y a plusieurs décennies. «La dictature fasciste s’installe par étapes. Ils emploient le pouvoir qui est entre leurs mains pour embrigader les plus faibles. En plus de développer leur milice, une milice professionnelle et je dirais même plus, une milice recyclée». « La seule solution pour éviter que le pire ne se produise, sera l’union ! », achèvera-t-il sous les applaudissements nourris de l’assistance. 

Iyadh Ben Achour, rebondissant sur ces paroles, sortira de son discours modéré habituel : « Le problème ce n’est pas l’extrémisme, car si on avait un Etat pour nous protéger contre ces parties extrémistes, il n’y aurait pas de problème. Il n’y a qu’une force qui peut l’arrêter. Ce ne sont pas les démocrates ou les modernistes qui vont les arrêter, seul l’Etat peut le faire. Et le fait que l’Etat ne protège pas contre la violence de ces franges extrémistes, c’est ce qui nous mènera droit au fascisme». 
Et d’ajouter : «Le combat est déloyal et déséquilibré dès le départ, car quand les démocrates privilégient le dialogue et le débat d’idées, les théocrates ne rejettent pas le recours à la violence». «Si l’Etat continue à privilégier et favoriser une partie au détriment d’une autre, nous allons droit à la guerre civile, et la dictature qui se prépare sera pire que la première car elle commandera au nom de Dieu», conclura M. Ben Achour. 

Sihem Ben Sedrine tiendra à rappeler que ces violences ne datent pas de la période post-électorale mais que les exactions notamment contre le cinéma Africart ou encore contre les locaux de Nessma et le domicile de son directeur, se sont produites sous le gouvernement de transition. « Ces personnes également sont connues de la police, elles sont fichées et on sait très bien qui elles sont, et pourtant elles n’ont pas été inquiétées, y compris avant les élections, de même que la violence policière », précise-t-elle, «Aujourd’hui la violence a redoublé, et la situation est inquiétante. Mais il faut se poser les bonnes questions et se demander qui tire les ficelles pour instaurer ce climat de terreur», poursuit-elle en substance. 

Ahmed Nejib Chebbi reviendra sur l’épisode Nessma TV, notamment le dernier jour du procès, où il déplorera que des avocats, qui ont été présents lors de la révolution, tiennent aujourd’hui un discours religieux extrémiste et appellent à la peine de mort pour le directeur d’une chaîne de télévision en raison de la diffusion d’un film. « Comme il y a eu des avocats qui ont soutenu le régime de Ben Ali, il faudra faire attention à ceux qui veulent instaurer cette dictature fasciste !»

Pour en revenir à Emna Menif enfin, cette dernière ne se privera pas de prendre à partie les deux partis de la Troïka aux côtés d’Ennahdha, que sont Ettakatol et le CPR : « Vous nous aviez annoncé que vous étiez au gouvernement pour jouer un rôle de garde-fou et éviter que les lignes rouges ne soient franchies ! Où êtes-vous ? Les lignes rouges ont été franchies à de multiples reprises et vous n’avez rien fait pour empêcher que la situation ne s’aggrave ! Maintenant ça suffit ! », lancera t-elle sous l’ovation du public. Samir Bettaieb ira jusqu’à annoncer la possibilité pour les députés de l’opposition du bloc démocrate de démissionner de l’Assemblée constituante, si aucune solution n’est trouvée à la situation grave que vit aujourd’hui la Tunisie. 

Le ton est donné. L’opposition se place aujourd’hui dans la résistance. Il ne sera question ni de programmes, ni d’alternance, mais de la résistance contre un « Etat fasciste ».   

 par Monia Ben Hamad; businessnews

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