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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:43

Répliques au «conférencier» wahhabite 
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Béchir Ben Hassen, salafiste à Carthage

bechir-benhassenLe Cheikh Béchir Ben Hassen, l’une des principales figures du salafisme dit «scientifique» (salafia îlmia) a donné une conférence au palais de Carthage, le samedi 17 novembre. M. Ben Hassen a voulu délivrer un message d’apaisement et de tolérance, affirmant que «si des questions religieuses peuvent nous séparer, le drapeau national doit nous rassembler».

De belles paroles, donc, qui ne peuvent a priori que susciter l’adhésion des présents. Dans son intervention, le cheikh, a voulu présenter la doctrine salafiste sous son meilleur jour. Et qu’importe s’il faille pour cela tordre le cou à certaines vérités historiques.

Ainsi, pour Béchir Ben Hassen, la débâcle islamique a commencé quand les Musulmans se sont emparés des œuvres de la philosophie grecque. Un apport étranger qui ne pouvait représenter, à ses yeux, qu’une «bid’aa», une innovation blâmable. En d’autres termes, les Ibn Sina (Avicenne), Ibn Rochd (Averroes), Al Kindi, tant de penseurs qui ont incarné l’âge d’or de la Civilisation Islamique, seraient, selon lui, responsables de notre décadence. Cherchez l’erreur. Et si le prédicateur déclarera la technologie utile, il la dissociera cependant de tout l’environnement intellectuel, et social, qui a justement permis son émergence, via la recherche scientifique. Une renaissance (Nahdha) serait-elle possible, sans la liberté de penser ?

La violence en Tunisie
 

Si le conférencier a regretté les violences attribuées (souvent à tort, selon lui) au salafisme, il affirme que leur origine est à trouver dans le vide religieux que la dictature a favorisé. C’est donc à cause de notre carence en Ulémas que nos jeunes sont désorientés, et se retrouvent impliqués dans des débordements que la doctrine salafiste ne saurait théoriquement justifier. Ben Hassen soulignera que «la violence qui apparait en Tunisie, n’existe pas en Egypte ou au Maroc, des pays pourtant tout aussi bien pourvus en salafistes». La solution serait donc d’ouvrir nos portes aux «savants religieux», pour remédier à nos carences en la matière. Or affirmer que seule la Tunisie connaît la violence «salafiste», est pour le moins une contrevérité. Pis : dans les pays cités en exemple par le Cheikh, des événements sanglants ont déjà démenti ces allégations.

Les exemples marocains et égyptiens
 

En mai 2003, un attentat déclenché par un groupe salafiste originaire du bidonville de Sidi Moumen a fait 45 morts au cœur de Casablanca. En mai 2012, les autorités marocaines annoncent avoir démantelé un réseau affilié à Al Qaida au Maghreb Islamique. En clair, les autorités tunisiennes avaient de bonnes raisons de refouler, le 15 mai dernier, le salafiste (djihadiste) marocain Abou El Fadhl Omar El Hadouchi, à l’aéroport Tunis Carthage.

Quant à l’Egypte, les groupes salafistes y ont d’abord bénéficié de la mansuétude (voire du soutien) de Moubarak, qui en faisait un pion sur son échiquier, dans la partie jouée contre les Frères Musulmans. Après la Révolution, ces mêmes groupes visent désormais les Coptes, et tous les éléments jugés peu conformes à leur vision de la religion. La Tunisie n’est donc clairement pas la seule dans la région à être visée par la violence salafiste, contrairement à ce qu’affirme le cheikh Ben Hassen.

Et les agressions ne ciblent pas seulement les personnes, mais s’en prennent même à l’héritage historique. Un prédicateur salafiste égyptien, a longuement argumenté, sur une chaîne télé à grande audience, de la nécessité de démolir le Sphinx et les pyramides, puisque représentatifs d’une religion antéislamique. Ce «débat» a eu lieu il y a quelques jours sur la chaîne Dream 2, en présence d’un Abdelfattah Mourou éberlué par la violence des propos.

Dans ce même contexte, mais au Maroc cette fois-ci, une ONG a reproché aux salafistes, le 14 novembre, d’avoir détruit sur le site archéologique de Yakour, des gravures sur pierre représentant le soleil, datant de plus de 8000 ans. Les fermetures, les incendies, et les actes de vandalisme qui ont touché les mausolées en Tunisie ne sont donc clairement pas des actes isolés. Et au cœur de l’Arabie Saoudite, même des monuments attestant de la gloire de la civilisation islamique ont été démolis, par ceux-là même qui jettent aujourd’hui l’anathème sur les «blâmables innovations». Autant de raisons, donc, qui ont poussé, au fil des siècles,  les autorités islamiques à contrecarrer les avancées d’une idéologie aux ressorts obscurs. Faudrait-il aujourd’hui les accueillir dans notre pays ?

 

De la Zeitouna au califat Ottoman
 

Ces prédicateurs  qui ont désormais droit de cité dans la Tunisie d’après la Révolution, ont été pourtant rabroué dès le 19ème siècle par la Zeitouna, sous le règne de Hammouda Pacha. Et alors que les nostalgiques de l’unité islamique évoquent le califat, les califes ottomans, eux, ont combattu sans relâche les ancêtres de ces cheikhs salafistes. Le sultan Mahmoud II, l’un des derniers représentants de la Sublime Porte, a même décapité Abdallah Ibn Saoud, sur la place publique, à Istanbul. Et les salafistes sous leur avatar wahhabite ne reprendront du poil de la bête qu’avec, dans un premier temps, l’aide des Britanniques, désireux de battre en brèche l’influence des Ottomans, derniers garants de l’unité des Musulmans. Avant que l’Oncle Sam ne prenne le relai dans la région.

L’appui de l’Oncle Sam
 

Le 14 février 1945, le pacte de l’USS Quincy est signé entre le roi Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal Al Saoud et Franklin Delano Roosevelt, le président américain de l’époque. Les Saoudiens offrent depuis leur pétrole, en échange de la protection des Etats-Unis. La suite ? On la connait. Via les prêches de prédicateurs mercenaires qui vont jusqu’à inverser les priorités des Musulmans, passant tour à tour la lutte contre l’Irak ou la Syrie, avant celle menée contre le sionisme et les croisades de l’Amérique.

Des «cheikhs» distilleront, via les chaînes satellitaires, les fatwas d’Ibn Baz, Al Albani, Otheymine, bénéficiant du flot ininterrompu des pétrodollars. Des «maîtres à penser» dont Béchir Ben Hassen est l’élève, pour avoir étudié leur doctrine en Arabie Saoudite, à l’université  Om Al Kora, à la Mecque. Une doctrine qui déclare le niqab obligatoire, la musique, l’art, interdits, et autorise le mariage des filles de neuf ans, tout en ergotant sur les conditions sous lesquelles l’esclavage peut être permis. Une idéologie qui considère qui considère chiîtes, achaârites, soufis comme étant au mieux comme des «égarés», au pire, comme des «hérétiques». Le site officiel de «la Présidence Générale des Recherches Scientifiques et de la délivrance des fatwas» du Royaume d’Arabie Saoudite, présente à cet égard une compilation des avis religieux délivrés, en ayant pris le soin de les traduire également en français et en anglais. Edifiant.

Or permettre la diffusion subventionnée et à grande échelle de «valeurs» qui ont déjà été combattues becs et ongles, à travers l’Histoire, par les plus prestigieux Imams de la Omma islamique, ne saurait représenter une avancée. Certes, rien ne saurait justifier que l’on puisse maltraiter des citoyens tunisiens en détention dans la Tunisie de la Révolution. Que deux Tunisiens aient pu mourir dans le silence, après deux mois de grève de la faim, est un scandale.  

Mais importer des prédicateurs étrangers sous prétexte de pseudo-carences religieuses, ne saurait en aucun cas apaiser les tensions et pacifier les intentions. En définitive, ouvrir les palais de la République aux missionnaires du salafisme, est-il réellement le meilleur remède aux dissensions ?  mag14

 

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Béchir Ben Hassen, un prédicateur salafiste, au palais de Carthage

Tunisie. Béchir Ben Hassen, un prédicateur salafiste, au palais de Carthage A l'invitation du président de la république provisoire Moncef Marzouki, le prédicateur salafiste Béchir Ben Hassen animera samedi un débat sur le salafisme... au palais de Carthage. Première du genre en Tunisie.

 

Dans le cadre du cercle culturel, le prédicateur wahhabite (pro-Ennahdha) Béchir Ben Hassen donnera une conférence sur le salafisme en Tunisie, samedi 17 octobre, à partir de 15 heures, au palais de Carthage... réduit aujourd'hui à la fonction d'une maison de culture.

Parmi les déclarations mémorables de ce prédicateur qui a droit, aujourd'hui, aux honneurs de la république: «Tous ceux qui s'opposent au gouvernement sont les ennemis de l'islam» (sic !). kapitalis

 

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La liberté est le Nikab ! Le reste, ce ne sont que les orphelins de Bourguiba ou de Ben Ali ... C'est en résumé ce que l'invité de notre Président essaie de dire... 

Pour sauver le wahhabisme, le cheik détourne l'Hitoire  


 

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Une fabrique de salafistes


Le site de Leaders m’apprend  que le salafiste M. Béchir Ben Hassen -que reçoit le Président Marzouki ce samedi 17 novembre- a étudié à l’Institut Om al Qura de la Mecque. Cette information m’interpelle : dans mon livre « La recherche contre le Tiers Monde » (Presses Universitaires de France, 1993) et publié en arabe aux Editions Al Farabi à Beyrouth (1999)- cette traduction de mon ouvrage a été saluée par Al Ahram (Article de Magda al Joundi du 8 mai 2001, p.28)- je citais cette institution « universitaire » comme particulièrement féroce envers les libertés académiques élémentaires qu’elle bafoue et viole allègrement. 

Qu’on en juge ! 
 
La revue égyptienne « Littérature et Critique » livre un article signé du Dr Chabl Badran paru dans son numéro 80 d’avril 1992 (p. 140-143). L’article raconte les tribulations kafkaïennes de la thèse d’un chercheur de la Faculté de langue arabe de l’Université Om al Qura à la Mecque, Saïd El Chérihi. Son travail portait sur « Le renouveau linguistique de la poésie à l’époque abbasside ». Un sujet,  comme on le voit,  particulièrement apolitique. Il était dirigé par le Pr Lotfi Abd-el-Badi considéré comme un chercheur « coupable d’utiliser des méthodologies structuralistes et réalistes », ce qui, aux yeux du rapporteur de la thèse, constituait « un danger autrement plus grave pour l’islam, que le marxisme, le communisme et la laïcité » comme il l’a déclaré à divers journaux saoudiens. La thèse dut être profondément remaniée. La commission des thèses (jury) donna son aval après soutenance et discussion.
 
Ensuite, le Conseil de la Faculté de langue arabe émit un avis favorable à la collation du grade de docteur à Saïd El Chérihi. C’était compter sans l’avis du Conseil de l’Université. Cet organe publia une « décision » (n°5 en date du 16 Chaouèl 1409 c-à-d en 1989) dans laquelle on relève ce curieux attendu : «La thèse contient des idées et des expressions obscures, non conformes avec les principes et l’enseignement de la religion musulmane… De plus, elle reflète des conceptions et des méthodologies occidentales étrangères à notre religion, notre milieu et notre société islamique… »
 
Après s’être étonné que l’on puisse affirmer que « des idées obscures sont conformes ou non à la religion », le Dr Chabl Badran de s’exclamer : « Y a-t-il une méthode de recherche scientifique musulmane et une autre chrétienne ou juive ou bouddhiste ou américaine ? »
 
El Chérihi n’obtint pas son titre de docteur, mais, magnanime, le Conseil de l’Université lui demanda de « faire amende honorable et de revenir à Dieu » et lui accorda, à titre exceptionnel, le droit d’aborder une nouvelle recherche « avec un directeur dont les idées, les méthodes et la science sont conformes avec les principes islamiques de notre Université. »
 
Comme on le voit, le Moyen Age se porte à merveille dans certaines universités arabes !
 
Du reste, signale le Dr Badran, la même institution renvoya, en 1987, un professeur qui estimait que, pour les femmes,  le fait de chanter ou de ne  pas porter le voile,  n’était pas contraire à la religion. 
 
De même, l’Université Om al Qura  rompit le contrat d’un enseignant  égyptien le Pr Mahmoud Abou Zeid, coupable d’avoir traduit le livre du grand pédagogue brésilien Paulo Freire « Pédagogie des opprimés ». Ce dernier avait fondé le mouvement de « pédagogie critique » qui militait pour une éducation libératrice et anticolonialiste. Pour Freire, l’éducation doit permettre à l’opprimé de récupérer son humanité, face à son oppresseur. Pour lui, un système éducatif neutre n’a jamais existé. L’éducation est soit utilisée pour intégrer les générations dans la logique du système prévalent et rendre « conformes » à ce système les jeunes ;  soit elle est une « pratique de liberté », un moyen par lequel hommes et femmes se confrontent de manière critique à la réalité et découvrent comment participer à la transformation du monde. 
 
Une Université saoudienne ne saurait accepter une telle horreur, voyons ! A la trappe le Pr Abou Zeid et avec lui la recherche scientifique !
 
Pourvu que M. Ben Hassen ne demande pas au Président Marzouki d’interdire les chansons de Saliha et de Soulèf  et d’effacer de nos programmes scolaires  la poésie abbasside et notamment celle du génial   Abou Nawas!  leaders

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