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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 04:43

Le retour de l’enseignement zeitounien perçu comme une régression



 

Synonyme de développement de sociétés et de démocratie, la société civile est considérée comme une sphère d’action à différencier de l’Etat. Elle a également, pour rôle de faire le contrepoids au régime au pouvoir afin de garantir la liberté et les droits des citoyens sans pour autant négliger un facteur d’une importance majeure : l’éducation à la citoyenneté. Une citoyenneté positive, fructueuse apte à changer le sort de tout un peuple.

 

Partant de ce principe, un groupe d’associations tunisiennes a pris l’initiative pour la deuxième fois d’organiser le Forum du Citoyen Actif durant deux jours. En fait, suite au succès du 1er Forum de la société civile, tenu le 2 avril 2011, l’Atuge, Tounesna, Util, Sawty et Trait d’Union Tunisie ont réuni les 18 et 19 mai, 200 associations à la Cité des Sciences de Tunis pour réfléchir à leur rôle dans la Tunisie post-révolution et mieux s’organiser dans le domaine. Certains annoncent déjà leurs sujets d’intérêt : la lutte contre le retour de l’enseignement Zeitounien. Un groupe d’associations compte se réunir très prochainement pour établir un plan d’action dans ce sens.

 

Née pendant le siècle des Lumières, l’idée de la société civile est conçue comme un champ d’action libre, démocrate où, les individus vivent ensemble tout en étant des citoyens libres de parler et d’agir et surtout de jouir de leurs droits. Ce principe a bel et bien été confirmé lors du forum où, l’on a donné l’occasion à un nombre important d’associations d’avoir une vision globale sur leur place et surtout leur rôle dans la nouvelle Tunisie. Le rendez-vous était également, une opportunité pour mieux définir les champs d’action présents et futurs et de créer des synergies entre les différents acteurs dans les mêmes domaines. Pour ce faire, plusieurs ateliers et séances plénières ont été organisés pour mettre l’accent sur plusieurs thèmes, entre autres, le pouvoir et le contrepouvoir, le développement et l’emploi, la citoyenneté et la vie associative ainsi que la citoyenneté et la solidarité.

 

Débat chaud

 

Des thèmes d’actualité ont fait l’objet d’un débat chaud. En effet, l’atelier placé sous le thème citoyenneté et solidarité, a été marqué par un débat sur le retour de l’enseignement zeitounien. Cette question d’importance majeure et surtout d’actualité brûlante a été évoquée par les acteurs de la société civile plus particulièrement, ceux qui s’inquiètent pour le devenir de nos écoles. Dans ce cadre, les participants se sont mis d’accord sur l’urgence de se réunir dans les quelques jours à venir pour examiner cette question et établir un plan d’action afin de protéger la formation scolaire et universitaire menacée.

 

Dans ce sens, Emna Menif a proposé d’agir de la même manière que celle adoptée par une coalition d’associations formée pour être vigilante au niveau des libertés et des droits. Elle recommande de généraliser cette expérience dans tous les secteurs et domaines qui touchent de près ou de loin les citoyens. « Il faut qu’il y ait une plate-forme de communication informatisée pour partager et échanger les informations rapidement, d’où plus d’efficacité », propose également, Mme Menif tout en mettant l’accent « sur l’organisation des associations lesquelles doivent être bien équipées et structurées ».

 

En fait John Locke, considère qu’il est du devoir de l’Etat de garantir au citoyen l’égalité devant le droit, la liberté, l’intégrité et la propriété. Si ces principes démocratiques ne sont pas respectés, les citoyens ont dès lors le droit, au titre de société citoyenne, de se rebeller et d’agir contre le pouvoir en place. La société civile tunisienne pourra-t-elle jouer son rôle correctement sans tomber dans les pièges des partis politiques ?

Sana FARHAT; letemps

 

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À partir  du 17`53``

 

 

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L'enseignement zitounien, pourquoi faire?

 

L'enseignement zitounien appartient bel et bien au passé. Il avait fait ses preuves de par le passé . Il était axé sur les sciences théologiques sans pourtant exclure les sciences exactes . De grands théologiens ont vu le jour et font honneur à l'ensemble des Tunisiens. Leur approche de l'islam s'est toujours distinguée par une attitude avant-gardiste qui a toujours fait l'exception tunisienne. Ceci n'était pour plaire aux défenseurs des thèses théologiques sclérosées de l'Orient. Tahar Ben Achour en fait partie. De même que Taher Haddad le chef de file de l'émancipation féminine en Tunisie.

 

Seulement , on doit reconnaître que parallèlement à la Zitouna, il y avait ceux qui optaient pour les écoles françaises et qui choisissaient la voie de la modernité où l'enseignement de la théologie est relégué aux oubliettes. Les premiers médecins , ingénieurs, avocats... sortaient des écoles françaises et non de la Zitouna . Ils étaient les premiers à construire la république de l'indépendance. La voie par la suite était tracée. Les choix étaient clairs: construire un Etat moderne , tourné vers les sciences exactes, vers l'enseignement selon les normes de la modernité.

 

L'enseignement zitounien est desormais enseigné non plus dans les mosquées sur des nattes par des cheikhs, mais dans un cadre moderne , dans des universités qui gardent le même nom: « La Zitouna ». Les enseignants sont recrutés selon des normes de compétence et parmi les plus attitrés. La théologie est désormais considérée en tant que science, loin du carcan de la tradition sclérosée. De grands docteurs ont vu le jour avec une formation qui privilégiait l'approche scientifique.

 

Ceci n 'était pas pour plaire aux traditionalistes qui veillaient sur le temple. Aujourd'hui , ils croient que le moment est propice afin de sortir tout leur venin et de ressusciter l'enseignement zitounien tel que le conçoit leur mentalité rétrograde. Ce ballon d'essai ne pourrait être orchestré que par le « morched » d'Ennahdha en personne, Rached Gannouchi. Le double discours de ce dernier n'est plus à démontrer. Il n'ose pas choquer les Tunisiens libres par les élucubrations de sa pensée rétrograde, il recourt alors à ces cheikhs ignorants qui trônent aujourd'hui sur la mosquée de la Zitouna pour tâter le terrain et préparer l'opinion publique aux plus sinistres des projets.

 

Déjà ces cheikhs qui ne font pas honneur à la Tunisie ont fait leurs preuves en mettant à la porte de la zitouna un professeur universitaire avec ses étudiants, les empêchant ainsi de travailler sur ce monument, au nom de l'ignorance érigée en système. On s'attendait à la réforme de l'enseignement et voilà qu'on nous sort un projet des plus rétrogrades qui nous ferait retarder d'un siècle avec la bénédiction des chefs spirituels (qui n'ont rien de tel) d'Ennahdha. Si pareil projet voyait le jour, on pourrait dire adieu à la Tunisie et à tous les rêves suscités par la révolution . exception-tunisienne

 

 

 

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Le come back de la Zitouna ou main basse sur l’enseignement en Tunisie!


 

Un Comité national de veille, d’action et de défense de l’enseignement républicain vient de voir le jour faire face au danger qui guette les institutions scolaires et universitaires par l’intrusion du wahhabisme.


Disons-le d’emblée et sans circonlocutions inutiles, c’est à la mise à mort du modèle de l’enseignement moderne tunisien que trois ministres, ceux de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et des Affaires religieuses, ainsi que le conseiller du Premier ministre pour l’Éducation et, last but not least, le chef du principal parti au pouvoir, Ennahdha, ont apporté leur caution officielle, samedi 12 mai, au cours d’une bien étrange et bruyante cérémonie qui a eu pour cadre la vénérable mosquée Zitouna.

 

Liquidation de l’héritage moderniste de Bourguiba

 

En apposant leur paraphe au bas d’un document qui redonne vie à un type d’enseignement d’inspiration religieuse et aux méthodes désuètes, ces officiels ont délibérément décidé de s’attaquer à l’œuvre moderniste mise en place en 1956 par le nouvel État post indépendant et par nos premiers responsables de l’éducation, les Lamine Chebbi, Mahmoud Messaâdi et Ahmed Noureddine!

 

C’est l’héritage de Bourguiba que MM. Moncef Ben Salem, Abdellatif Abid et Abou Yaâreb Marzouki cherchent à liquider définitivement, eux qui en sont le pur produit! C’est la division du peuple tunisien que l’on nous prépare par cet enseignement diplômant qui se veut autonome et distinct de celui de la république et auquel ont paradoxalement applaudi les deux ministres actuellement chargés de ce secteur en présence des plus notoires parmi les dirigeants salafistes! Ce sont de futurs talibans que l’on se prépare à nous former! C’est à de futurs censeurs du tunisian way of life que nous aurons bientôt affaire avec la bénédiction des plus hautes autorités de l’État!

Bourguiba à la Zitouna dans les années 1960: séparation, autant que faire se peut, de la religion et de l'Etat.

 

La «wahhabisation» de l’enseignement Zeïtounien

 

Ce serait là un scénario catastrophe improbable penseraient certains. Qu’ils lisent alors les déclarations de certains hommes de religion rapportées par La Presse de mardi 15 mai qui rend compte de la cérémonie dont il est ici question. Parmi les oulémas cités, le cheikh Mokhtar Brahmi, écrit le quotidien francophone, «en est venu à présenter purement et simplement ses condoléances au peuple tunisien […] pour la perte de la Zitouna, livrée, selon ses termes, aux wahhabites!»

 

Citons encore, toujours d’après La Presse, cheikh Farid El Béji qui ne cache pas sa satisfaction d’assister à la reprise des cours à la Zitouna, mais qui n’en est pas moins très inquiet: «La présence des salafistes au cœur de cette institution représente une provocation à l’adresse des Zeïtouniens et un signe qui ne trompe pas que des concessions leur ont été faites». Et notre cheikh de poursuivre ainsi: «Les salafistes, je les connais bien, je reçois de leur part des menaces de mort tout le temps. Ce sont des gens qui commencent par prôner le rassemblement et, à la moindre divergence, vous traitent d’apostat et appellent à votre mort... Ce sont des ‘‘exclusionnistes’’»!

 

Le grand imam de la Zeïtouna, cheikh Houcine Laâbidi, lui, serait d’un autre avis. La présence des chefs salafistes, est, selon lui, justifiée par son aspiration à unir tous les Tunisiens, note le journaliste de La Presse. Il considère, en outre, que «les ennemis, ce sont les autres, les ‘‘croisés’’», rapporte encore La Presse. Aussi, notre dignitaire religieux, qui serait le responsable proclamé de l’enseignement à la Zitouna, de déclarer que nos «médecins ont appris la médecine chez les Français avec les lacunes que nous connaissons, parce que les Français ne livrent jamais toutes les connaissances; ces médecins ne savent même pas s’expliquer en arabe et livrent des ordonnances incompréhensibles. Nous voulons moraliser la médecine, nous voulons des médecins à la fois compétents et pieux qui craignent Dieu. Qu’ils enseignent leur médecine et nous enseignerons la nôtre»!

 

Nous aurons donc dans un avenir proche et prometteur, selon ses promoteurs, non seulement deux types d’enseignement, l’un moderne et étatique et l’autre religieux et hors de tout contrôle avec ce que cela entend comme dérives, mais également, deux médecines, l’une classique, scientifique et reconnaissant des procédures et des protocoles internationaux et une autre spécifiquement musulmane! Et pourquoi pas aussi une chimie et une physique qui se contenteraient de leurs origines arabo-musulmanes et feraient fi de toute l’accumulation du savoir engrangé depuis les siècles du «salaf essalah»!


Ghannouchi à la mosquée Zitouna en 2012: la religion fait son entrée au coeur de l'Etat.

 

Pour sauver l’enseignement républicain

 

Pour lutter contre ce ridicule qui est en train de ternir le Printemps arabe et, notamment, la Révolution de la Liberté et de la Dignité dont les objectifs ne sont ni ceux du rétablissement de l’enseignement obsolète zeitounien, ni l’endoctrinement religieux, un Comité national de veille, d’action et de défense de l’enseignement républicain vient de voir le jour.

 

Animé par un ensemble d’universitaires et d’enseignants de tous les niveaux, le Comité s’est donné pour mission de faire face au danger qui guette les institutions scolaires et universitaires et, par conséquent, les générations futures et la société tunisienne dans son ensemble. Il condamne, d’ores et déjà, le projet de coupure de l’unité nationale auquel conduira infailliblement le futur enseignement sur une base religieuse à la Zitouna et qui s’est déjà prononcé contre la mixité. Il compte rappeler aux autorités compétentes les objectifs politiques et socio-économiques de la Révolution du 14 janvier et les inciter au respect des valeurs de la modernité qui ont donné sa spécificité au modèle tunisien également ancré dans la civilisation arabo-musulmane.

 

Le Comité national de veille, d’action et de défense de l’enseignement républicain se veut ainsi le garant résolu d’une Tunisie moderne, ouverte, juste, tolérante, égalitaire et démocratique. 

 

Par Mohamed Ridha Bouguerra; kapitalis

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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