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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 03:40

Sondage : Menacée par Béji Caid Essebsi, Ennahdha reste solide au poste !

Un nouveau sondage vient d’être publié par Emrhod Consulting. Et comme tous les sondages réalisés jusqu’à présent, la configuration est restée inchangée avec Ennahdha, toujours aux commandes et Béji Caid Essebsi, toujours en tête du classement des personnalités politiques.

Ce sondage, réalisé entre le 28 novembre et le 8 décembre 2012, auprès de 1200 personnes dans 16 gouvernorats, ne révèle rien de nouveau mais a le mérite de renforcer et dessiner les contours de la future bataille politique qui s’annonce entre les deux principaux pôles de l’échiquier politique : Ennahdha et Nidaa Tounes.

Le sondage se place dans le cadre d’élections qui auraient lieu aujourd’hui. Et à ce jeu, Ennahdha reste en tête des intentions de vote, recueillant 20.4% des voix contre 15.8% en faveur de Nidaa Tounes qui se maintient à son niveau après avoir longtemps gratté des points.
Le Congrès pour la République obtient 3,8% alors qu’Ettakatol vient loin derrière le leader et son dauphin avec seulement 1.8% des intentions de vote.

Et si Ennahdha poursuit sa domination dans les sondages, Béji Caïd Essebsi, semble, lui, dominer le classement des personnalités politiques auprès des sondés.
Il récolte 12,2% des intentions de votes, devance Moncef Marzouki, l’actuel président de la République et a même laissé loin derrière lui le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi qui ne récolte que 3,4% des votes.

Avec 8,9% des intentions de votes, Moncef Marzouki reste à la hauteur de ses prérogatives et perd beaucoup de sa popularité par rapport à ses débuts en tant que chef de l’Etat.
Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire se place en bonne position avec 5% des intentions, devant le chef du Gouvernement Hamadi Jebali (3,6%) et le porte-parole du gouvernement, Samir Dilou (2,5%).

Mustapha Ben Jaafar, président de l’Assemblée nationale Constituante, obtient, quant à lui, un maigre 1,8% des intentions de votes. Avec 2,1%, le président du parti Al Aridha Al Chaabia, Hechmi Hamdi, futur candidat à la présidence de la République devance de peu le président de l’ANC. De quoi revoir ses objectifs à la baisse ! webdo.tn

 

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Deux ans après, rien n'est plus comme avant 

 

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 Mohamed Bouazizi hante les Franco-Tunisiens

Fallait-il commémorer le deuxième anniversaire de celui par qui la révolution a commencé en Tunisie? A Paris, la question a divisé les Franco-Tunisiens. Reportage.

La place Mohamed Bouazizi à Paris. © ELODIE LE MAOU / AFP

Un silence total. On aurait presque pu rater ce petit regroupement à l’angle des avenues Reille et Sibelle, dans une nuit parisienne glaciale.

A la lumière des bougies, des drapeaux rouges enveloppés sur les manteaux révèlent l’origine du rassemblement.

La Tunisie et la commémoration de la mort du jeune marchand ambulant Mohamed Bouazizi ont fait l’objet d’un recueillement devant la place dédiée à l’homme.

Pas de chants, pas d’hymne, aucun mouvement pour le moment. Les quelques Tunisiens de France réunis pour l’occasion semblent observer le silence pour celui qui a déclenché le mouvement de masse de la révolution tunisienne.

Quelques flashes crépitent, certains se placent sous la plaque pour immortaliser leur portrait avec celui, souriant, de Mohamed Bouazizi. Cette dernière avait été inaugurée le 30 juin 2011 par le maire de Paris pour rendre «hommage au peuple tunisien et à sa révolution de janvier 2011».

Soudain, des slogans s’élèvent, «A bas la troïka»«Dignité, travail, liberté» Une quarantaine de personnes au plus, davantage qu'en 2011, selon l’un des participants. «Mais cette fois, c’est beaucoup plus politisé», commente-t-il.

Division politique

A regarder de près, on distingue en effet deux courants politiques dans cette commémoration.

Le Front populaire, parti de gauche qui a organisé l’évènement et dressé sa bannière à côté de la plaque dédiée à Mohamed Bouazizi.

Plus en retrait, le mouvement Wafa, un parti né des dissidents du CPR (Congrès pour la République) et dirigé par le député Abderraouf Ayadi.

Jinene Ben Hamadi, un peu à l’écart, participant à la commémoration parisienne, déplore cette division:  

«On n’a pas vraiment osé se joindre à eux, car leurs slogans ne sont pas les nôtres, c’est un peu dommage qu’on ne soit pas plus unis pour ce jour.»

C’est aussi l’avis d’Omar qui est resté derrière et regarde, dubitatif, les gens crier soit des slogans anti-Nida Tounès, un nouveau parti à qui l’on reproche de recycler des anciens de Ben Ali, soit des phrases pour la libération de la Palestine.

«L’année dernière, c’était beaucoup plus consensuel, aujourd’hui, on a l’impression que tout événement devient une bataille politique», rajoute Omar.

Du côté des partisans du Front populaire, c’est plutôt une manière d’affirmer un combat révolutionnaire encore présent aujourd’hui.

Adel Thabet, représentant du bureau du Front populaire en France, assume cet aspect «politisé»: 

«Il faut montrer au gouvernement que nous sommes là et que nous sommes prêts à nous battre pour obtenir les revendications socioéconomiques de la révolution.»

  Le Front populaire, parti de Hamma Hammami représente la gauche tunisienne, très critique à l’égard du gouvernement.

Aucun partisan du parti islamiste Ennahda n’est présent à l’événement. Le parti majoritaire avait pourtant remporté la majorité des suffrages, en France, le 23 octobre 2011, avec plus de 30% des votes des les deux circonscriptions (France-Nord, France-Sud).

«On ne les connaît pas trop, en fait les nahdhaouis, de France. Ils ne participent pas à ce genre de manifestations et même dans la vie associative on les voit peu. Ce n’est que récemment que j’ai rencontré quelques jeunes d’Ennahda à Paris. En fait, ils sont nombreux mais ils ont leur propre réseau, assez confidentiel», confie Nadia Tahrouni, membre de l’association des Tunisiens de France, Uni*T (Union pour la Tunisie).

Pour la jeune infirmière très active dans le milieu associatif tuniso-français, cette scission est le processus normal dans toute révolution:

«Ce n’est pas inquiétant que, après deux ans, nous soyons un peu disséminés entre les différentes tendances politiques. Il y a déjà eu un processus de différenciation via les urnes. Après il faut garder du recul, notre révolution est encore jeune, on peut aussi voir les éléments positifs comme le projet de Constitution qui est bientôt achevé ou encore les prochaines élections.»

Malgré cette division apparente, la commémoration se déroule pacifiquement. Des policiers surveillent à quelques mètres.

Tous les Tunisiens présents ont eu la nouvelle des pierres jetées sur les officiels à Sidi Bouzid, un peu plus tôt dans la journée.

«C’est normal que certains aient souhaité boycotter cet évènement, aujourd’hui tout le monde a des doutes sur l’avenir de cette révolution», commente Adel Thabet.¸slateafrique

 

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