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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 04:29

 

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 L’irrésistible ascension du Front Populaire

front-populairePrivé de la coupole d’El Menzah par Ennahdha, c’est dans un palais des Congrès plein à craquer que démarre, ce dimanche 7 octobre, le grand meeting du Front Populaire, à Tunis. Plus de 10 000 militants, sympathisants se sont ainsi bousculés pour se faire une place dans une salle archicomble.


Au point que des centaines de citoyens se sont résolus à se rassembler à l’extérieur, dans la rue, faute de place. C’est donc peut-être pour s’épargner le spectacle d’une coupole d’El Menzah pleine comme un œuf que certains décideurs au sein du gouvernement, aient voulu empêcher le Front Populaire d’y organiser son meeting. Pour le coup, c’est raté. Emotion à fleur de peau, dans une ambiance vibrante, renforcée par ce flux de Tunisiens venus de toutes parts accourir à l’appel de notre front de gauche national.


«Ni Sebssi, ni Jebali, notre Révolution est la Révolution des humbles (l’intraduisible zawwali)». Tel est le cri de ralliement des présents, venus des horizons politiques les plus divers. Un refus déclaré de ceux qui se sont proclamés les héritiers du Destour bourguibiste, et une opposition marquée au parti religieux d’Ennahdha. Un double refus, donc, alors que la vie politique tunisienne semblait s’enfoncer jusqu’ici dans la bipolarité, depuis que des partis comme Ettakatol et le Congrès pour la République ont fini par faire une allégeance quasiment sans condition à leur partenaire dominant Nahdhaoui.

 

Hamma Hammami, s’exclamera dans son discours inaugural : «Ils se sont servis des Droits de l’Homme, et veulent en priver le peuple tunisien. Pourquoi donc ont-ils choisi les pays démocratiques pour leur exil et non ceux où règne la chariaâ ? Pourquoi n’ont-ils pas choisi l’Arabie saoudite» ? Une question qui trouve un écho retentissant dans un contexte où les députés d’Ennahdha à l’Assemblée Nationale Constituante tentent d’éviter la référence aux Droits de l’Homme.

front-populaire

Pour ceux qui l’auraient oublié, les membres actuels du Front de Gauche ont connu les prisons, les matraques, la torture, sans jamais abandonner la partie et la patrie, pour se réfugier sous les cieux londoniens ou parisiens. Hamma Hammami n’a en effet jamais baissé le ton, ni composé pour se compromettre avec des négociations en catimini avec la dictature. Alors même que resurgissent des boîtes d’archives des félicitations transmises à l’intention de Sakher El Materi, des messages accommodants pour ramener Ben Ali à de meilleurs sentiments.


Et en répondant à une vraie demande politique, le Front Populaire, avec le Parti des Travailleurs (ex-POCT) en figure de proue, n’en finissent pas de grimper dans les sondages, acquérant tous les jours plus de crédibilité et de poids, dans un contexte marqué par des revendications sociales, celles-là mêmes qui ont débouché sur la Révolution. Des revendications des régions oubliées de Sidi Bouzid, de Kasserine jusqu’au bassin minier n’ont en effet jusqu’ici pas trouvé de réponse, enflammant de nouveau ces mêmes régions, qui furent un temps le berceau de la Révolution.


Les différentes composantes de la Gauche Révolutionnaire tunisiennes, des nationalistes arabes, en passant par les écolos reprennent ce dimanche en chœur, les slogans entonnés dans les rues de la Tunisie, du 17 décembre au 14 janvier. Les hurlements de détresse montés de nos régions sont ceux de cette gauche que d’aucuns ont voulu escamoter, camoufler, dans l’espoir de récupérer pour leur compte l’élan de ces mouvements.


Le Front Populaire saura-t-il pour autant faire taire les rivalités des composantes de la gauche, faire parler néo-baassistes, nassériens, et ex-staliniens d’une même voix ? C’est en tous cas le pari difficile que comptent relever ces milliers de militants aujourd’hui rassemblés. Et en attendant, c’est «Pain, Liberté, dignité, patriotisme» que clame la foule comme un seul homme.  mag14

 

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Discours de Hamma Hammami, membre fondateur du Front Populaire et le prisonnier politique célèbre

 

Hamma Hammami : « Si le Front populaire propose ma candidature aux prochaines présidentielles, j’accepterai »
Hamma Hammami : « Si le Front populaire propose ma candidature aux prochaines présidentielles, j’accepterai »
 

Hamma Hammami, représentant du parti du Front populaire, était, lundi, l’invité de Wassim Ben Larbi dans le cadre de la matinale Expresso. La question du jour : le meeting tenu, hier dimanche, par le front, à Tunis, avec la participation de quelque dix mille participants venus de tout le pays.

 

Idéologie du front. Le Front, qui réunit toutes les composantes de gauche (ex-staliniens, nassériens, néo-baasistes, écolos…), ne se veut pas un simple parti d’opposition mais un mouvement d’alternative politique qui se propose d’accéder au pouvoir sur la base d’un programme cohérent articulé autour du droit de tout tunisien à une vie digne, à un emploi, au développement, à la participation à la chose publique et à une culture au service de la justice sociale et de la démocratie.

 

Troïka. Selon Hamma Hammami, cette coalition qu’il a qualifiée de « gouvernement de dépannage » est parvenue à avoir sur le dos l’ensemble des corps professionnels (magistrats, médecins, journalistes, architectes, étudiants, police…) et n’a pas réussi à résoudre les problèmes pour lesquels la révolution a été déclenchée. Il s’est étonné que le gouvernement se réjouisse du taux de chômage estimé à 17% et à plus de 40% à Tataouine et à Gafsa, alors qu’il constitue un véritable témoignage de l’échec de sa politique.

 

Le Front, 3ème force politique du pays. Interpellé sur le futur positionnement du Front, il a soutenu que le Front sera la troisième force politique du pays avec cette qualité d’être « la mouvance politique la plus saine et la mieux indiquée pour les tunisiens » en ce sens où le Front ne fait pas de la politique pour la politique mais pour réaliser les réformes qui consacrent le développement équitable des régions et la justice sociale.

 

Candidature aux prochaines présidentielles.
 « Si l’Assemblée constituante opte pour le régime présidentiel auquel le parti Ennahdha ne serait plus opposé, selon ses informations, et si le Front populaire propose ma candidature aux prochaines présidentielles, j’accepterai », a-t-il dit.

 

Culture & Education. Hamma Hammami a mis l’accent sur l’impératif de réformer le système éducatif, de l’adapter aux beoins réels du pays et d’accorder une importance particulière à l’amélioration des conditions d’études et d’enseignement dans le monde rural (logistique et équipement…). « Il est inadmissible que des écoliers ne puissent pas aller à l’école à cause des crues d’un oued », a-t-il noté.

 

Au rayon de la culture
, il a déclaré qu’un peuple non cultivé est « un désert d’hommes », que la culture constitue une composante de la félicité de l’homme et que l’Etat a un rôle déterminant à jouer pour que la culture ne soit pas élitiste mais à la portée de tous les tunisiens partout où ils se trouvent.

 

Economie et finances. Il s’est prononcé pour la réduction de la dépendance de l’économie du pays de l’étranger et tiré à boulets rouges contre les accords sur le statut privilégié et l’Open sky «dérèglementation aérienne) que la Tunisie s’apprête à signer avec l’Union européenne.

 
Il s’est dit également pour la nationalisation des secteurs stratégiques (énergie, mines…) et pour leur exploitation au service de la population locale. Il a plaidé pour l’équité fiscale et pour la fiscalisation des activités off shore. Hamma Hammami a insisté sur l’enjeu d’axer le développement de l’économie autour de l’agriculture et d’initier une réforme agraire à même de promouvoir ce secteur et d’en faire une locomotive de développement, rappelant que sans les deux bonnes récoltes successives en 2011 et en 2012, la situation économique du pays aurait été dramatique.

 

Libertés individuelles. 
Contrairement au parti Ennahdha qui ne se soucie que des libertés collectives, le Front populaire, a-t-il dit, fait des libertés individuelles son credo.

 

Nidaa Tounes.
 Interrogé sur les slogans hostiles brandis au cours du meeting contre ce parti « «Ni Sebsi, ni Jebali, notre Révolution est la Révolution des zawwali», il a indiqué qu’à travers ces slogans, des militants voulaient protester contre la bipolarisation politique (Ennahdha - Nidaa Tounes) et attirer l’attention sur la nécessité de diversifier le paysage politique. 
radioexpressfm.       Pour écouter l'interiew

 

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La Polit-Revue: Une Tunisie en situation pré-insurrectionnelle ?

Le pays est-il virtuellement en phase de pré-insurrection ? Il y a tout lieu de le penser : comme en 2010, c’est la région de Sidi Bouzid qui donne le la, en bastion de l’insoumission. Un symbole aux allures de déjà-vu, et dont un gouvernement aux abois n’avait pas besoin.

Sidi Bouzid, l’indomptable

Siège du gouvernorat de Sidi Bouzid. Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

 

Ingouvernable Sidi Bouzid ? Dimanche soir, son impopulaire gouverneur est discrètement remplacé, « à sa demande », précise un laconique communiqué du ministère de l’Intérieur.

 

Vendredi, siège du gouvernorat, Mohamed Nejib Mansouri est conduit vers la sortie manu militari par une foule en liesse. Quelques milliers de manifestants, venus des 4 coins du gouvernorat, entonnent un hymne national entremêlé de youyous festifs.

 

Insolite, la scène est l’aboutissement de plusieurs mois d’un bras de fer acharné entre l’homme à poigne volontariste imposé par Ennahdha, et des locaux tour à tour syndicalistes, employés municipaux contractuels, et jeunes chômeurs d’al Omrane, petite localité érigée en village martyr de sit-inneurs durement réprimé.

 

Autoritariste, la gestion de ces mouvements sociaux par le pouvoir central est symptomatique d’un certain autisme politique à plus grande échelle.

 

Véritable fuite en avant, comme pour rappeler que non seulement les principaux chantiers de la révolution n’ont pas avancé d’un iota, mais que la tentation existe encore de mâter via une même tradition des expéditions punitives.

L’impasse Dar Assabah

 

Parmi ces chantiers en suspens, l’affaire Dar Assabah VS Lotfi Touati donne à voir un cas emblématique de blocage. Là aussi un indéfectible « homme de la situation » est désigné par le parti au pouvoir à la tête du plus grand quotidien du pays.


Mardi, le caricaturiste Hamdi Mezhoudi (unique dessinateur du Temps – Assabah) et les journalistes Monia Arfaoui, Nizar Dridi et Sabah Chebbi, déterminés à en découdre, entament une grève de la faim.


Seul Khalil Zaouia, ministre Ettakatol des Affaires sociales, daigne faire le déplacement samedi pour négocier une sortie de crise.


Si de nombreux médias évoquent une simple stratégie du pourrissement, le dossier Assabah n’en demeure pas moins un dossier complexe, aux ramifications tentaculaires.


Parmi les enjeux moins médiatisés, il y a la pressante volonté de la famille Cheikhrouhou de récupérer son bébé lucratif depuis sa mise sous tutelle judiciaire, des demandes strictement syndicalistes de titularisation, la légitime offensive contre des propagandistes de l’ex régime toujours en place dans le journal, mais aussi Ennahdha en embuscade tentant de faire main basse sur le média, histoire de faire d’une pierre deux coups…

Djerba s’embrase

Guellela cette après midi. Crédit image : Lìonel Tunisianò

C’est l’escalade que personne n’attendait. De mémoire de touriste, la paisible île de Djerba n’avait pas connu pareille dévastation depuis l’attentat de la Ghriba qui remonte à avril 2002.

Le paysage de désolation est cette fois précédé par des émeutes aussi violentes que soudaines, déclenchées par un fait divers : la réouverture d’une décharge publique à Guellala, suivie d’un sit-in de protestation.


Néanmoins le malaise social devait être profond pour que 8 véhicules de police soient incendiés, une cinquantaine de policiers blessés, et que le bureau local d’Ennahdha soit détruit au passage.


Intervenant en pleine 3ème vague de la saison touristique, cette journée de la défiance marquera d’autant plus les esprits qu’elle remet en ligne de mire le spectre du 23 octobre. Elle pourrait bien en être un avant-goût grandeur nature.


C’est que la date est dans tous les esprits, des plus opportunistes putschistes d’entre eux, aux plus sincèrement démocrates qui comptent bien se faire entendre de la part d’élus voulant jouer aux prolongations.


Liste des 113 élus : Une rente viagère « à l’insu de leur plein gré »

Constituent Assembly. Photo courtesy of Thierry Brésillon

Pendant ce temps-là, des élus maitrisant décidément l’art de la polémique non-stop ont encore trouvé le moyen de se couper un peu plus d’un peuple excédé. L’ex Takatol Salah Chouaïb fait circuler dans les couloirs de l’Assemblée un texte plaidant pour une pension à vie censée « préserver la dignité des constituants au terme de leur mission ». Aussitôt la chose ébruitée, les signataires du document invoquent une méprise sur son contenu exact.


Les détracteurs de la proposition pointent du doigt un esprit qui contraste avec le désintéressement des membres d’autres assemblées, comme celle de 1959 ou plus récemment la haute instance de Yadh Ben Achour qui œuvrai des mois durant à titre

bénévole.

Même avortée, la tentative ternit un peu plus l’image de l’ANC auprès de l’opinion, ce qui n’est pas pour déplaire aux organisateurs des manifs du 23 octobre.


Démonstration de force du Front Populaire, « Yassar contre Massar »

La semaine politique s’achève sur un bouleversement des lignes de démarcation à gauche. Le fraichement constitué Front Populaire s’est offert un rassemblement géant au Palais des Congrès : 10 000 personnes réclamant la « chute du régime ».


Après une assez incompréhensible timidité post révolutionnaire consistant en une gauche qui rechigne à s’affirmer sous le label gauche (elle fut notamment taxée d’« apostasie » et d’« idéologie athée »), tout porte à croire que les prochaines échéances électorales verront émerger une gauche radicale décomplexée qui ose le tout social et le 0 concessions à la contre-révolution. nawaat

Et ...

Thala en grève générale ! "Honte à toi gouvernement !","Thala est en feu","Thala doit être un gouvernorat" ce sont là les cris des thalois en attendant la désobéissance civile.... 

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Partis politiques_ Programmes
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