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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 03:56

 

Questions à Me Abdessattar Ben Moussa, président de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH)...

 

 

«La Tunisie nouvelle n’a pas besoin d’un ministère des Droits de l’Homme»

 

«Me Samir Dilou, ministre des droits de l’Homme, ne pourra pas être impartial puisqu’il est en même temps porte-parole officiel du gouvernement»

 

« Nous craignons que le ministère des Droits de l’Homme ne serve à embellir l’image du gouvernement comme le faisait celui créé par Ben Ali»

 

 

Le Temps: Comment réagissez-vous à la création d’un ministère des droits de l’Homme et de la justice transitionnelle?

 

Le comité directeur de la Ligue Tunisienne de Défense des droits de l'homme s’est réuni, vendredi dernier pour examiner cette question particulière. Il a exprimé ses inquiétudes au sujet du tout nouveau ministère des Droits de l'homme et estimé que la Tunisie nouvelle qui entre dans une nouvelle ère démocratique n’a pas besoin d’un tel ministère.


 

 

Ce département n’a pas de raison d’être dans une démocratie. C’est, en effet, à la société civile en général et à la LTDH en particulier d'assurer le respect des droits de l'Homme, de recenser les atteintes qui pourraient se produire et de faire pression sur les autorités.

 

 

Notre inquiétude est d’autant plus grande que ce portefeuille des droits de l’Homme a été confié à Me Samir Dilou, un dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha qui occupe en même temps le poste-parole du gouvernement. Ce cumul de deux fonctions presque antagonistes pose problème surtout en cas où le gouvernement commet des violations des droits humains. . Me Dilou ne pourra pas être, en effet, impartial puisqu’il sera tiraillé entre la défense des intérêts du gouvernement dont il est le porte- parole et la préservation des droits de l’Homme que lui impose son maroquin.

 

 

Vous appelez, donc, à la suppression du ministère des droits de l’Homme ?

 

Nous n’allons pas jusqu’ exiger pas la suppression de ce ministère. Le gouvernement est libre de recourir au découpage des ministères qu’il estime judicieux. Mais nous craignons de voir ce ministère se transformer en un outil de propagande qui servira à embellir l’image de marque du gouvernement comme le faisait l’ex ministère de la justice et des droits de l’Homme sous le règne de Ben Ali. Ce risque de voir le très sensible dossier des droits de l’Homme instrumentalisé à des fins de propagande politique est d’autant plus réel que le ministre des droits de l’Homme appartient à un parti qui a remporté les élections et qui détient tous les portefeuilles ministériels régaliens.

Il aurait été plus logique, dans ce cadre, de mettre en place des cellules chargées de la coordination avec les organisations de la société civile au niveau de chaque ministère au lieu d’instituer un département chargé des droits de l’Homme.

 

 

Comment jugez-vous la composition du nouveau gouvernement ?

 

Malgré sa révision à la baisse, le nombre des membres du gouvernement est, à notre sens, pléthorique. En ces temps de crise, le Chef du gouvernement aurait dû opter pour un cabinet restreint ne dépassant guère les 20 membres. A titre comparatif, les Etats-Unis, la Grande Bretagne ou encore le Japon ont des gouvernements constitués d'une vingtaine de ministres pour des populations largement plus nombreuses que celles de la Tunisie.


Globalement, le découpage actuel du gouvernement procède beaucoup plus d’une logique de partage du «butin électoral» que d’une volonté de répondre aux besoins du pays et de sa population. Pour rectifier le tir, j'appelle les membres du gouvernement et le Président de la Républiqueà faire don du tiers de leurs salaires, au moins, aux familles des martyrs, aux blessés de la révolution et aux couches sociales les plus démunies.


source letemps

 

 


 

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Abdelfattah Mourou claque la porte et rejette le strapontin ministériel

 

 

Abdelfattah Mourou était l’invité de Wassim Ben Larbi sur Express FM lundi 26 décembre 2011 en début de matinée et a été interrogé à propos de son absence lorsque les membres du gouvernement ont prêté serment.
M. Mourou semblait déçu, voire très déçu par le comportement des dirigeants d’Ennahdha qui lui ont réservé un poste bien en deçà de ce qu’on lui a proposé auparavant et de ses attentes. 
Il indique qu’on lui a proposé trois portefeuilles : la justice, les Affaires religieuses et les Affaires juridiques et qu’il a opté pour le poste qui lui permet de servir au mieux les intérêts du pays. 
Au final, on ne lui a accordé qu’un poste administratif et non politique. « Ce qu’on m’a donné, c’est le poste d’un haut fonctionnaire avec rang de ministre, mais qui n’est pas un poste politique. Or je ne suis pas à la recherche d’un emploi pour qu’on me propose un poste administratif. Non, non et non, je rejette ce poste administratif », a déclaré M. Mourou. 

A propos de sa présence jeudi dernier au siège de l’Assemblée constituante, Abdelfattah Mourou a indiqué : « Quand je me suis déplacé à l’Assemblée constituante, j’ai bien vérifié avant de descendre de la voiture que j’étais ministre et que je pouvais entrer à l’Assemblée en tant que tel. Surprise ensuite, je ne l’étais pas ! C’était une offense, je suis apparu comme un intrus ou quelqu’un qui fait l’aumône. Je ne me suis jamais senti autant offensé. Non pas parce que je n’étais pas nommé, mais parce que j’étais dans une place qui n’était pas la mienne. » 
Abdelfattah Mourou est revenu sur son passé pour rappeler qu’il était un membre fondateur d’Ennahdha et un des premiers créateurs de la mouvance islamique tunisienne, avant même Rached Ghannouchi. 

Lire la suite : businessnews

 


 

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Le gouvernement tunisien se met au travail
 Grand vainqueur des élections, le parti islamique Ennahda s’est réservé l’essentiel des postes clés.
De gauche à droite : le ministre de l’intérieur Ali Larayedh, le ministre de...
De gauche à droite : le ministre de l’intérieur Ali Larayedh, le ministre de la justice Noureddine Bhiri, le président, Moncef Marzouki et le premier minsitre Hamadi Jebali, samedi 24 décembre à Carthage. 
 La nouvelle équipe entame cette semaine « l’examen des questions urgentes économiques et sociales ».

 

 

 

La Tunisie a fini par se doter d’un gouvernement deux mois après les élections de l’Assemblée constituante, le 23 octobre. Les difficiles tractations au sein de la troïka – le parti islamique Ennahda, grand vainqueur des élections (89 des 217 sièges de l’Assemblée constituante) et les deux partis alliés, Ettakatol (centre gauche) et le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki – avaient poussé à la multiplication des portefeuilles ministériels au fil des semaines. 

Devant l’avalanche de critiques, le nouveau premier ministre Hamadi Jebali a finalement « limité » à 30 ministres et 11 secrétaires d’État son gouvernement investi vendredi 23 décembre de la confiance de 154 des 217 élus de l’Assemblée constituante.

« ENNAHDA DÉTIENT QUASIMENT 50 % DU POUVOIR EXÉCUTIF »


Dans ce gouvernement, la parité imposée pour les élections a volé en éclats – la présence des femmes se limite aux trois portefeuilles de l’environnement, de la femme et de l’habitat – et le parti Ennahda se taille la part du lion. Les dirigeants du parti islamique occupent l’ensemble des portefeuilles régaliens (à l’exception du poste de la défense auquel a été reconduit Abdelkrim Zbidi).

Noureddine Bhiri, le porte-parole du parti, devient ministre de la justice. Ali Larayedh, ancien président du bureau exécutif qui fut condamné à mort en 1987 avant d’être gracié puis emprisonné pendant quinze ans, obtient le portefeuille de l’intérieur. Rafik Abdessalem, gendre du leader historique Rached Ghannouchi, est nommé chef de la diplomatie.

« Ennahda renforce son hégémonie », constate l’économiste et fin connaisseur de la scène politique tunisienne Abdeljelil Bédoui. « Le parti a eu 37 % des voix aux élections, il a obtenu 41 % des sièges de députés et s’est emparé de 45 % des postes ministériels. Si l’on ajoute les indépendants qui lui sont proches, Ennahda détient quasiment 50 % du pouvoir exécutif », détaille-t-il.

SUSPICION


« Nul doute qu’il y a de la suspicion au sein de la troïka, une volonté de se surveiller les uns les autres. Comment expliquer autrement la multiplication des postes, un ministre et trois secrétaires d’État pour les affaires étrangères par exemple ? », interroge Mouhieddine Cherbib, l’un des représentants de la communauté tunisienne de l’étranger. 

Le fait que Samir Dilou, membre du bureau exécutif d’Ennahda, devienne à la fois ministre des droits de l’homme et porte-parole officiel du gouvernement a également fait grincer des dents la société civile, qui n’a pas jugé de bon augure ce mélange des genres.

Au demeurant, les Tunisiens attendent au premier chef des améliorations en matière économique et sociale. Hamadi Jebali a promis que le gouvernement s’attaquerait dès cette semaine à ces « questions urgentes ». 

Et le président de la République a appelé vendredi au siège des syndicats patronaux à suspendre pendant six mois grèves, sit-in et barrages divers pour éviter à la Tunisie « un suicide collectif ». Trois jours auparavant, le fabricant japonais de câbles automobiles Yazaki avait annoncé la fermeture définitive de l’une de ses cinq usines, paralysée par une grève dans le centre du pays.

source la-croix

 


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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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