Jeudi 22 mars 4 22 /03 /Mars 06:41

Entretien avec le ministre de l’Intérieur, Ali Lârayedh

 

 

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Comment des jeunes Tunisiens succombent-ils à l’extrémisme religieux ?


 

«Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent», disait André Gide. Les jeunes Tunisiens, qui suivent les prédicateurs islamistes extrémistes, feraient mieux de suivre cette maxime.

 

 

Qu’est-ce qui conduit les jeunes, mais aussi les moins jeunes, vers l’islamisme ? Autrement dit pourquoi certains passent de la pratique d’un islam modéré, apaisé et ouvert, à un islam de combat, intolérant et n’hésitant pas à user de la violence ?

Ce qui est étonnant c’est que les jeunes qui ont déclenché la Révolution tunisienne n’étaient ni encadrés ni mus par aucune doctrine qu’elle soit politique ou religieuse, puisque leurs revendications étaient d’un tout ordre : liberté, dignité et travail !

La question n’est pas nouvelle puisqu’elle date de l’origine du salafisme mais elle a pris un intérêt particulier depuis qu’à l’étonnement général des Tunisiens, de plus en plus de jeunes adhèrent à cette forme d’islam. Ce regain d’intérêt a été constaté depuis le retour de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha, de son exil londonien.

 
Les femmes aussi sont attirées par les sirènes salafistes.

La réflexion sur l’évolution d’une certaine jeunesse tunisienne mène vers une analyse plus globale de ce phénomène, la Tunisie n’étant qu’un exemple d’un mouvement beaucoup plus général, qui touche d’autres pays ayant «dégagé» leur tyran, ou qui sont en train de le faire.

Un essai vient de paraître sous la plume de Bourseiller, ‘‘L’extrémisme’’ (Cnrs Editions 2012), non pas consacré à l’islamisme mais à tous les extrémismes, et il est assez éclairant sur la psychologie de toutes ces personnes qui tombent dans l’extrémisme.

L’acculturation religieuse du système éducatif

C’est ainsi que cet auteur montre bien que «l’entrée dans l’extrémisme est l’effet d’un caractère, le propre d’une personnalité mécontente, manichéenne. Des vitupérateurs projettent leur propre misère sur le monde et luttent en faisant du moralisme leur instrument privilégié». Il ajoute : «L’extrémiste fuit comme la peste l’ambiguïté, l’incertitude, l’ambivalence. Il est rempli de certitudes transmises par ses chefs et a besoin d’un chef spirituel qui le rassure et lui permette de légitimer, voire de rationaliser les pires violences».

Ces observations valent évidemment pour les islamistes radicaux et d’abord le fait qu’il s’agisse de personnes mécontentes de leur sort.

Il est indéniable que les générations Ben Ali souffrent d’un manque de culture générale et plus particulièrement d’éducation civique et religieuse, deux matières négligées par l’ex-président quand il a détruit un système scolaire mis en place par son prédécesseur, qui avait pourtant donné d’excellents résultats en produisant une élite de qualité pour le pays. On se demande pourquoi ?

 
Manifestation de salafistes à Tunis.

Etait-ce parce que Ben Ali était complexé lui-même de n’avoir pas fait d’études supérieures puisqu’il était, comme disent les Tunisiens, d’un niveau «bac moins trois» ? Ou était-ce par calcul, car un peuple moins lettré est un peuple plus docile, pensait-il?

Malheureusement, les Tunisiens paient l’acculturation religieuse du système éducatif mis en place par Ben Ali.

La crise économique et ses répercutions sur le chômage des jeunes diplômés, le système policier mis en place pour contrôler toute protestation ou contestation… ont fait que les Tunisiens ne voyant aucun salut du côté du régime de Ben Ali, beaucoup se sont retournés vers la religion pour y trouver consolation.

Les prosélytismes télévisuels wahhabite et chiite

Cela tombait bien pour les chaînes satellitaires arabophones d’Arabie, du Golfe et d’Iran qui se sont multipliées depuis les années 90, dans un but bien précis : faire du prosélytisme au wahhabisme pour les uns et au chiisme pour les autres.

Ces jeunes, avec toutes les offres paraboliques qui ignorent les frontières, ne savent plus où donner de la tête pour puiser une identité religieuse qui a été négligée dans leur cursus scolaire.

Certains feront du syncrétisme en piochant dans toutes les obédiences dont les abreuvent les émissions religieuses paraboliques, au point de confondre malékisme et wahhabisme, ou pire, sunnisme et chiisme.

Les producteurs des émissions religieuses ne négligent aucun aspect qui pourrait contribuer au succès de leurs émissions: que ce soit par le choix du présentateur, de l’imam ou du cheikh de service autoproclamés mais que la «starisation» rend incontournables, du prédicateur et de son pouvoir persuasif.

Les réalisateurs de ces émissions religieuses à succès multiplient les «effets» pour toucher davantage de téléspectateurs: sonore, musical, lumière… tout est mis en scène pour séduire le plus grand nombre. Certains choisissent même les animateurs, imams et cheikhs, pour leur physique auquel les femmes seraient sensibles.

Les âmes sensibles tombent dans le panneau des mises en scène et des images spectaculaires qui sont souvent impressionnantes, plus particulièrement celles des émissions chiites, jusqu’à accepter l’«injonction du licite et de l’illicite » que toutes ces chaînes TV, toutes obédiences confondues, programment à longueur de journée !

 
Qu'est-ce qui attire les jeunes dans l'extrémisme religieux

Les prédicateurs, à l’instar des chanteurs en vogue, débutent leur «carrière» dans leurs villages et l’engouement du petit peuple pour leurs prêches fait leur popularité. Les riches des villes voisines les repèrent et les invitent à « officier » dans le privé parmi les leurs. Le succès aidant, à leur tour les rois et les émirs pour les sunnites ou les chefs religieux pour les chiites, les recrutent en mettant le prix. Leur «starisation» aidant, ils se vendront au plus offrant, cela va de soi.  Mais très vite ils deviennent les porte-paroles de leurs bienfaiteurs, et au besoin leur feront des «fatwa» (loi religieuse) sur mesure.

Etouffer dans l’œuf toute velléité de démocratie

Ainsi la machine est bien rodée pour diffuser le wahhabisme des uns et le chiisme des autres pour endoctriner les peuples en crise.

Ce qui est le cas de la Tunisie en phase post révolutionnaire propice pour les récupérateurs des révolutions de tous bords. Ce que les monarques d’Arabie et du Golfe en général ont bien compris pour étouffer dans l’œuf toute velléité de démocratie, qui pourrait par contagion inciter leur peuple à les «dégager» à leur tour. Faut-il rappeler ce qu’il est advenu de la révolte des Bahreïnis et des Yéménites qui sont rentrés dans les rangs par l’unique volonté du roi d’Arabie ? Et les tentatives de l’émir du Qatar de «régler» son sort à la révolte des Syriens à leur détriment? Sans parler de ses tentatives de contrôler celle des Tunisiens.

En effet, ignorant tout de l’obédience traditionnelle de leurs parents et grands-parents et en recherche d’identité à laquelle s’accrocher dans un monde où ils ne trouvent plus leur place, beaucoup se laissent séduire par ces émissions où ils finissent par tout confondre faute de bagage intellectuel et d’une formation ne serait-ce que sommaire de l’histoire de leur religion.

Ce qui en fait des proies faciles pour une invasion par les paraboles par les deux chefs de file du sunnisme et du chiisme que sont l’Arabie et l’Iran ! Mais aussi du Qatar qui veut se faire une place entre ses deux voisins géants et gênants mais toujours menaçants pour lui et pour son tout petit pays pas plus grand que la Corse.

Sur facebook circulent de plus en plus de vidéo que des jeunes mettent sur leur page souvent avec des commentaires élogieux, admiratifs de l’éloquence d’un cheikh ou du trémolo que mettent certains imams chiites dans leur voix, parce que certains prédicateurs, maîtrisant l’art de la diction et de la psalmodie du coran, les émeuvent au point de les subjuguer.

Les chaînes TV chiites, proposent même des reportages où la pratique chiite répandue en Iran mais aussi parmi les peuplades chiites d'autres pays, reste toujours « spectaculaire », dramaturgique et bouleversante pour des âmes sensibles qui y voient l’exercice de la « vraie » foi. Comme elles organisent aussi des concours à l'instar de "Star Ac" pour repérer les plus belles voix et les meilleurs « réciteurs » du Coran conformément aux règles de la psalmodie. Alors que ces pratiques religieuses relèvent plus du spectacle que de la foi.

Ce qui choque énormément les malékites puisque l'ostentation dans la foi est considérée comme une hypocrisie, Dieu étant seul juge de leur foi!

Les chaînes TV chiites proposent même des reportages où la pratique chiite répandue en Iran, mais aussi parmi les populations chiites d’autres pays, reste toujours «spectaculaire» et bouleversante pour des âmes sensibles qui y voient l’exercice de la «vraie» foi. Alors que ces pratiques religieuses relèvent plus du spectacle que de la foi.

Pour cela il y a tout un art de mise en scène de l’expression de la foi. Le premier étant dans les psalmodies du Coran ; puis dans celui de la narration de l’histoire de la famille du prophète et plus particulièrement celui de l’assassinat de ses deux petits fils Al Hassen et Al Hussein, où l’hystérie collective incite certains à l’auto-flagellation accompagnée par des lamentations pour pleurer leurs saints!

Les imams psalmodient en effet avec maestria les oraisons funèbres, avec des trémolos dans la voix, voire avec une voix larmoyante et parfois la larme à l’œil pour redire leur tristesse et leur deuil d’Al Hassan et d’Al Hussein comme s’ils venaient de les perdre la veille... sauf que c’est un deuil qui dure depuis des siècles ! C’est le lamento de Kerbala !

La mise en spectacle de la foi

Si les sunnites d’Arabie et du Golfe, et à leur tête les Ibn Saoud, qui se considèrent les chefs de file du sunnisme, riches de leurs pétrodollars, font du prosélytisme wahhabite à travers la multitude de chaînes de TV et d’émissions religieuses qu’ils ont mises en place dans les années 90, les chiites ne sont pas en reste puisque l’Iran, chef de file du schisme de la communauté musulmane après le décès du prophète Mohamed, finance lui aussi grâce à ses pétrodollars des chaînes de TV qui ont, elles aussi, une multitude d’émissions religieuses dont certaines sont consacrées à l’art de la mise en spectacle de la foi et à l’art de la récitation pour «bouleverser» l’auditeur et l’émouvoir jusqu’aux larme s! Il suffit de voir tout le cirque que font les imams chiites qui «animent» les pèlerinages ou qui dirigent de telles cérémonies comme la plus spectaculaire d’entre elles, l’Achoura, fête des morts par excellence, qui sera l’occasion d’hystérie collective et d’auto-flagellations insoutenables où les pratiquants se tapant la tête, la poitrine et le dos finissent par se couvrir de sang.

Qui de sensé peut comprendre et croire ces hypocrisies de mise en spectacle de la foi ?!

Mais malheureusement la machine à «endoctrinement des masses» est bien maîtrisée par les tenants du wahhabisme (Arabie et Qatar), comme celui du chiisme (Iran et ses affiliés tels que la Syrie, le Liban, la Palestine…) ! Quand on sait les dégâts qu’a causés le communisme parmi les peuples qui l’ont subi et auquel ils ont souvent été «convertis» de force, l’islamisme sera pire encore, puisqu’il joue du sacré auquel les masses populaires sont sensibles, pour s’imposer et imposer cette idéologie plus sournoise pour ne pas dire hypocrite quand elle instrumentalise la religion à des fins purement politiciennes ! Ce n’est pas pour rien que la religion a été souvent décrite comme étant l’opium des peuples. Son effet sur des personnalités socialement mécontentes de leur sort, souvent incultes, fait que les mythes fondateurs du salafisme vont, en effet, avoir un attrait évident.

Les deux grands mythes du salafisme

Selon l’analyse récente parue dans l’ouvrage de Samir Anghar : ‘‘Le salafisme d’aujourd’hui. Mouvements sectaires en Occident’’ (éd. Michalon, Paris 2012), le premier mythe est celui qui se fonde sur l’idée que les musulmans auraient connu un âge d’or et auraient constitué une très grande civilisation (ce qui est vrai). Selon le mythe salafiste si l’on revient à la pratique de cette époque (moyen-âge), les musulmans connaitront de nouveau la grandeur qu’ils ont perdue parce qu’ils n’ont pas respecté l’islam de ce temps. Voilà pourquoi les salafistes veulent revenir à un islam codifié au moyen-âge. C’est une idée totalement absurde.

Le deuxième mythe dont se nourrit le salafisme et qui est partagé par les jeunes mal intégrés dans la société, c’est le complot de l’Occident contre l’islam.

Il est vrai que cet aspect peut s’adosser à quelques réalités dans les pays occidentaux où les jeunes musulmans vivent une forme d’exclusion mais l’idée vaut aussi pour tous les pays musulmans dont le retard économique, social et politique est mis par les dirigeants sur le compte de l’Occident !

Ces analyses sont totalement erronées mais pour le comprendre encore faudrait-il avoir à faire à des gens instruits et capables de raisonner ce qui n’est malheureusement pas le cas des masses et c’est sur cela que les dirigeants islamistes jouent avec démagogie en faisant du populisme.

La seule solution est la pédagogie encore et encore, chacun à son niveau, avec ses arguments pour démontrer la fausseté des thèses extrémistes.

Les Tunisiens sauront-ils retrouver la lucidité et le courage de leurs ancêtres qui ont chassé les Fatimides de la Tunisie et avec eux le chiisme qui heurtait leur volonté farouche de rester libres ? Faut-il le rappeler, s’ils ont fini par adopter le malékisme c’est parce que cette obédience correspond mieux à leur besoin farouche de liberté puisqu’il n’y a pas d’intercesseur entre le croyant et son créateur, contrairement au chiisme où un clergé hiérarchisé régente la société dans tous les domaines et surtout c’est une obédience d’ouverture et de tolérance et qui réfute l’ostentation dans la foi qu'elle assimile à l’hypocrisie!

Les Tunisiens sauront-ils aussi retrouver la sagesse d’un bey husseinite du début du XIXe siècle qui, après concertation des oulémas de la Zitouna, la grande université théologique d’Afrique du Nord, a répondu par la négative à l’appel de l’imam Abdel Wahhab qui voulait répandre le wahhabisme dans le Grand Maghreb ? Les oulémas l’ayant mis en garde contre cette doctrine jugée trop dangereuse pour la Tunisie et contraire à leur identité, le bey dira en guise de conclusion que l’imam Abdel Wahhab n’a rien à apprendre aux Tunisiens !

Mais voilà, deux siècles après, le wahhabisme revient en force, facilité par Ghannouchi et ses hommes, qui veulent importer le modèle sociétal et religieux de leurs amis qataris et saoudiens, en livrant la Tunisie aux prédicateurs en vogue dans ces pays !

Y aura-t-il des imams zitouniens assez courageux pour dire stop à la vague de wahhabisation de la société tunisienne par les pétro monarques dont Ghannouchi et ses hommes se rendent complices pour des raisons purement politiciennes, mus égoïstement par leurs propres intérêts et peu soucieux en réalité de l’identité des Tunisiens et de leur indépendance ?

source kapitalis

 

 

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CONSEIL ISLAMIQUE POUR L’EUROPE

 Déclaration islamique universelle des droits de l’homme

 

La Déclaration islamique universelle des droits de l’homme a été rédigée à l’initiative du  Conseil Islamique pour l’Europe, organisme ayant son siège à Londres. La Déclaration a été proclamée le 19 septembre 1981, à Paris, parSalem Azzam, secrétaire général du Conseil islamique, lors d’une réunion organisée au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture [Unesco].

La version française de cette Déclaration, présentée ci-dessous, est, comme la version anglaise, sommaire. Publiée par le Conseil Islamique, elle diverge notablement du texte original en arabe.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
 »Ce manifeste-ci est une déclaration adressée aux hommes pour servir de guide et de pieuse exhortation à tous les hommes pieux » (3:138).

INTRODUCTION

L’Islam a donné à l’humanité un code idéal des droits de l’Homme, il y a quatorze siècles. Ces droits ont pour objet de conférer honneur et dignité à l’humanité et d’éliminer l’exploitation, l’oppression et l’injustice.

Les droits de l’Homme, dans l’Islam, sont fortement enracinés dans la conviction que Dieu, et Dieu seul, est l’Auteur de la Loi et la Source de tous les droits de l’Homme. Etant donnée leur origine divine, aucun dirigeant ni gouvernement, aucune assemblée ni autorité ne peut restreindre, abroger ni violer en aucune manière les droits de l’homme conférés par Dieu. De même, nul ne peut transiger avec eux.

Les droits de l’Homme, dans l’Islam, font partie intégrante de l’ensemble de l’ordre islamique et tous les gouvernements et organismes musulmans sont tenus de les appliquer selon la lettre et l’esprit dans le cadre de cet ordre.

Il est malheureux que les droits de l’Homme soient impunément foulés aux pieds dans de nombreux pays du monde, y compris dans des pays musulmans. Ces violations flagrantes sont extrêmement préoccupantes et éveillent la conscience d’un nombre croissant d’individus dans le monde entier.

Je souhaite sincèrement que cette Déclaration des droits de l’Homme donne une puissante impulsion aux populations musulmanes pour rester fermes et défendre avec courage et résolution les droits qui leur ont été conférés par Dieu.

La présente Déclaration des droits de l’Homme est le second document fondamental publié par le Conseil islamiquepour marquer le commencement du XVe  siècle de l’ère islamique, le premier étant la Déclaration islamique universelleannoncée lors de la Conférence internationale sur le Prophète Mahomet (que Dieu le bénisse et le garde en paix) et son Message, organisée à Londres du 12 au 15 avril 1980.

La Déclaration islamique universelle des droits de l’Homme est basée sur le Coran et la Sunnah et a été élaborée par d’éminents érudits et juristes musulmans et des représentants de mouvements et courants de pensée islamiques. Que Dieu les récompense de leurs efforts et les guide sur le droit chemin.

« Ô Hommes, Nous vous avons créés [des œuvres] d’un être mâle et d’un être femelle. Et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus afin que vous vous connaissiez entre vous. Les plus méritants sont, d’entre vous, les plus pieux » [Coran, XLIX, 13].

PREAMBULE

Considérant que l’aspiration séculaire des hommes à un ordre du monde plus juste où les peuples pourraient vivre, se développer et prospérer dans un environnement affranchi de la peur, de l’oppression, de l’exploitation et des privations est loin d’être satisfaite;

Considérant que les moyens de subsistance économique surabondants dont la miséricorde divine a doté l’humanité sont actuellement gaspillés, ou inéquitablement ou injustement refusés aux habitants de la terre;

Considérant qu’Allah (Dieu) a donné à l’humanité, par ses révélations dans le Saint Coran et la Sunnah de son saint Prophète Mahomet, un cadre juridique et moral durable permettant d’établir et de réglementer les institutions et les rapports humains;

Considérant que les droits de l’homme ordonnés par la Loi divine ont pour objet de conférer la dignité et l’honneur à l’humanité et sont destinés à éliminer l’oppression et l’injustice;

Considérant qu’en vertu de leur source et de leur sanction divines, ces droits ne peuvent être restreints, abrogés ni enfreints par les autorités, assemblées ou autres institutions, pas plus qu’ils ne peuvent être abdiqués ni aliénés;

En conséquencenousmusulmans

aqui croyons en Dieu, bienfaisant et miséricordieux, créateur, soutien, souverain, seul guide de l’humanité et source de toute Loi;

bqui croyons dans le vicariat (khilafah) de l’homme qui a été créé pour accomplir la volonté de Dieu sur terre;

cqui croyons dans la sagesse des préceptes divins transmis par les Prophètes, dont la mission a atteint son apogée dans le message divin final délivré par le Prophète Mahomet (la paix soit avec lui) à toute l’humanité;Up

dqui croyons que la rationalité en soi, sans la lumière de la révélation de Dieu, ne peut ni constituer un guide infaillible dans les affaires de l’humanité ni apporter une nourriture spirituelle à l’âme humaine et, sachant que les enseignements de l’Islam représentent la quintessence du commandement divin dans sa forme définitive et parfaite, estimons de notre devoir de rappeler à l’homme la haute condition et la dignité que Dieu lui a conférées;

equi croyons dans l’invitation de toute l’humanité à partager le message de l’Islam;

fqui croyons qu’aux termes de notre alliance ancestrale avec Dieu, nos devoirs et obligations ont priorité sur nos droits, et que chacun de nous a le devoir sacré de diffuser les enseignements de l’Islam par la parole, les actes et tous les moyens pacifiques, et de les mettre en application non seulement dans sa propre existence mais également dans la société qui l’entoure;

gqui croyons dans notre obligation d’établir un ordre islamique :
1) où tous les êtres humains soient égaux et aucun ne jouisse d’un privilège ni ne subisse un désavantage ou une discrimination du seul fait de sa race, de sa couleur, de son sexe, de son origine ou de sa langue;
2) où tous les êtres humains soient nés libres;
3) où l’esclavage et les travaux forcés soient proscrits;
4) où soient établies des conditions permettant de préserver, de protéger et d’honorer l’institution de la famille en tant que fondement de toute la vie sociale;
5) où les gouvernants et les gouvernés soient soumis de la même manière à la Loi et égaux devant elle;
6) où il ne soit obéi qu’à des ordres conformes à la Loi;
7) où tout pouvoir terrestre soit considéré comme un dépôt sacré, à exercer dans les limites prescrites par la Loi, d’une manière approuvée par celle-ci et en tenant compte des priorités qu’elle fixe;
8) où toutes les ressources économiques soient considérées comme des bénédictions divines accordées à l’humanité, dont tous doivent profiter conformément aux règles et valeurs exposées dans le Coran et la Sunnah;
9) où toutes les affaires publiques soient déterminées et conduites, et l’autorité administrative exercée, après consultation mutuelle (shura) entre les croyants habilités à prendre part à une décision compatible avec la Loi et le bien public;
10) où chacun assume des obligations suivant ses capacités et soit responsable de ses actes en proportion;
11) où chacun soit assuré, en cas de violation de ses droits, que des mesures correctives appropriées seront prises conformément à la Loi;
12) où personne ne soit privé des droits qui lui sont garantis par la Loi, sauf en vertu de ladite Loi et dans la mesure autorisée par elle;
13) où chaque individu ait le droit d’entreprendre une action juridique contre quiconque aura commis un crime contre la société dans son ensemble ou contre l’un de ses membres;
14) où tous les efforts soient accomplis
- pour libérer l’humanité de tout type d’exploitation, d’injustice et d’oppression, et
- pour garantir à chacun la sécurité, la dignité et la liberté dans les conditions stipulées, par les méthodes approuvées et dans les limites fixées par la Loi;

Affirmons par les présentes, en tant que serviteurs d’Allah et membres de la fraternité universelle de l’Islam, au commencement du quinzième siècle de l’ère islamique, nous engager à promouvoir les droits inviolables et inaliénables de l’homme définis ci-après, dont nous considérons qu’ils sont prescrits par l’Islam.

Article 1 – Droit à la vie
a) La vie humaine est sacrée et inviolable et tous les efforts doivent être accomplis pour la protéger. En particulier, personne ne doit être exposé à des blessures ni à la mort, sauf sous l’autorité de la Loi.
b) Après la mort comme dans la vie, le caractère sacré du corps d’une personne doit être inviolable. Les croyants sont tenus de veiller à ce que le corps d’une personne décédée soit traité avec la solennité requise.Up

Article 2 – Droit à la liberté
a) L’homme est né libre. Aucune restriction ne doit être apportée à son droit à la liberté, sauf sous l’autorité et dans l’application normale de la Loi.
b) Tout individu et tout peuple a le droit inaliénable à la liberté sous toutes ses formes – physique, culturelle, économique et politique – et doit être habilité à lutter par tous les moyens disponibles contre toute violation ou abrogation de ce droit. Tout individu ou peuple opprimé a droit au soutien légitime d’autres individus et/ou peuples dans cette lutte.

Article 3 – Droit à l’égalité et prohibition de toute discrimination
a) Toutes les personnes sont égales devant la Loi et ont droit à des possibilités égales et à une protection égale de la Loi.
b) Toutes les personnes doivent recevoir un salaire égal à travail égal.
c) Personne ne doit se voir refuser une possibilité de travailler ni subir une discrimination quelconque ni être exposé à un plus grand risque physique du seul fait d’une différence de croyance religieuse, de couleur, de race, d’origine, de sexe ou de langue.

Article 4 – Droit à la justice
a) Toute personne a le droit d’être traitée conformément à la Loi, et seulement conformément à la Loi.
b) Toute personne a non seulement le droit mais également l’obligation de protester contre l’injustice. Elle doit avoir le droit de faire appel aux recours prévus par la Loi auprès des autorités pour tout dommage ou perte personnels injustifiés. Elle doit également avoir le droit de se défendre contre toute accusation potée à son encontre et d’obtenir un jugement équitable devant un tribunal judiciaire indépendant en cas de litige avec les autorités publiques ou avec toute autre personne.
c) Toute personne a le droit et le devoir de défendre les droits de toute autre personne et de la communauté en général (hisbah).
d) Personne ne doit subir de discrimination en cherchant à défendre ses droits privés et publics.
e) Tout musulman a le droit et le devoir de refuser d’obéir à tout ordre contraire à la Loi, quelle que soit l’origine de cet ordre.

Article 5 ­ Droit à un procès équitable
a) Personne ne doit être jugé coupable d’un délit et condamné à une sanction si la preuve de sa culpabilité n’a pas été faite devant un tribunal judiciaire indépendant.
b) Personne ne doit être jugé coupable avant qu’un procès équitable ne se soit déroulé et que des possibilités raisonnables de se défendre ne lui aient été fournies.
c) La sanction doit être fixée conformément à la Loi, proportionnellement à la gravité du délit et compte tenu des circonstances dans lesquelles il a été commis.
Upd) Aucun acte ne doit être considéré comme un crime s’il n’est pas clairement stipulé comme tel dans le texte de la Loi.
e) Tout individu est responsable de ses actions. La responsabilité d’un crime ne peut être étendue par substitution à d’autres membres de sa famille ou de son groupe qui ne sont impliqués ni directement ni indirectement dans la perpétration du crime en question.

Article 6 – Droit à la protection contre l’abus de pouvoir
Toute personne a droit à la protection contre les tracasseries d’organismes officiels. Elle n’a pas à se justifier, sauf pour se défendre des accusations portées contre elle ou lorsqu’elle se trouve dans une situation où une question concernant un soupçon de participation de sa part à un crime pourrait raisonnablement être soulevée.

Article 7 – Droit à la protection contre la torture
Aucun individu ne doit subir de torture mentale ou physique, ni de dégradation, ni de menace de préjudice envers lui ou quiconque lui est apparenté ou cher, ni d’extorsion d’aveu d’un crime, ni de contrainte pour accepter un acte préjudiciable à ses intérêts.

Article 8 – Droit à la protection de l’honneur et de la réputation
Toute personne a le droit de protéger son honneur et sa réputation contre les calomnies, les accusations sans fondement et les tentatives délibérées de diffamation et de chantage.

Article 9 – Droit d’asile
a) Toute personne persécutée ou opprimée a le droit de chercher refuge et asile. Ce droit est garanti à tout être humain quels que soient sa race, sa religion, sa couleur ou son sexe.
bAl-Masgid al-haram (la maison sacrée d’Allah) à la Mecque est un refuge pour tous les musulmans.

Article 10 – Droit des minorités
a) Le principe coranique « Il n’y a pas de contrainte dans la religion » doit régir les droits religieux des minorités non musulmanes.
b) Dans un pays musulman, les minorités religieuses doivent avoir le choix, pour la conduite de leurs affaires civiques et personnelles, entre la Loi islamique et leurs propres lois.

Article 11 – Droit et obligation de participer à la conduite et à la gestion des affaires publiques
a) Sous réserve de la Loi, tout individu de la communauté (ummah) a le droit d’exercer une fonction publique.
b) Le processus de libre consultation (shura) est le fondement des rapports administratifs entre le gouvernement et le peuple. Le peuple a également le droit de choisir et de révoquer ses gouvernants conformément à ce principe.

Article 12 – Droit à la liberté de croyance, de pensée et de parole
a) Toute personne a le droit d’exprimer ses pensées et ses convictions dans la mesure où elle reste dans les limites prescrites par la Loi. Par contre, personne n’a le droit de faire courir des mensonges ni de diffuser des nouvelles susceptibles d’outrager la décence publique, ni de se livrer à la calomnie ou à la diffamation ni de nuire à la réputation d’autres personnes.
b) La recherche de la connaissance et la quête de la vérité sont non seulement un droit mais un devoir pour tout musulman.
c) Tout musulman a le droit et le devoir de se protéger et de combattre (dans les limites fixées par la Loi) contre l’oppression même si cela le conduit à contester la plus haute autorité de l’Etat.
d) Il ne doit y avoir aucun obstacle à la propagation de l’information dans la mesure où elle ne met pas en danger la sécurité de la société ou de l’Etat et reste dans les limites imposées par la Loi.
e) Personne ne doit mépriser ni ridiculiser les convictions religieuses d’autres individus ni encourager l’hostilité publique à leur encontre. Le respect des sentiments religieux des autres est une obligation pour tous les musulmans.

Article 13 – Droit à la liberté religieuse
Toute personne a droit à la liberté de conscience et de culte conformément à ses convictions religieuses.

Article 14 – Droit de libre association
a) Toute personne a le droit de participer à titre individuel et collectif à la vie religieuse, sociale, culturelle et politique de sa communauté et de créer des institutions et organismes destinés à prescrire ce qui est bien (ma’ruf) et à empêcher ce qui est mal (munkar).
b) Toute personne a le droit d’essayer de créer des institutions permettant la mise en application de ces droits. Collectivement, la communauté est tenue de créer des conditions dans lesquelles ses membres puissent pleinement développer leur personnalité.

Article 15 – L’Ordre économique et les droits qui en découlent
a) Dans leur activité économique, toutes les personnes ont droit à tous les avantages de la nature et de toutes ses ressources. Ce sont des bienfaits accordés par Dieu au bénéfice de l’humanité entière.
b) Tous les êtres humains ont le droit de gagner leur vie conformément à la Loi.
c) Toute personne a droit à la propriété de ses biens, individuellement ou en association avec d’autres. La nationalisation de certains moyens économiques dans l’intérêt public est légitime.
d) Les pauvres ont droit à une part définie de la prospérité des riches, fixée par la zakat, imposée et collectée conformément à la Loi.
e) Tous les moyens de production doivent être utilisés dans l’intérêt de la communautéUp (ummah) dans son ensemble, et ne peuvent être ni négligés ni mal utilisés.
f) Afin de promouvoir le développement d’une économie équilibrée et de protéger la société de l’exploitation, la Loi islamique interdit les monopoles, les pratiques commerciales excessivement restrictives, l’usure, l’emploi de mesures coercitives dans la conclusion de marchés et la publication de publicités mensongères.
g) Toutes les activités économiques sont autorisées dans la mesure où elles ne sont pas préjudiciables aux intérêts de la communauté (ummah) et ne violent pas les Lois et valeurs islamiques.

Article 16 – Droit à la protection de la propriété
Aucun bien ne pourra être exproprié si ce n’est dans l’intérêt public et moyennant le versement d’une indemnisation équitable et suffisante.

Article 17 – Statut et dignité des travailleurs
L’Islam honore le travail et le travailleur et ordonne aux musulmans de traiter le travailleur certes avec justice, mais aussi avec générosité. Non seulement il doit recevoir promptement le salaire qu’il a gagné, mais il a également droit à un repos et à des Loisirs suffisants.

Article18 ­ Droit à la sécurité sociale
Toute personne a droit à la nourriture, au logement, à l’habillement, à l’enseignement et aux soins médicaux en fonction des ressources de la communauté. Cette obligation de la communauté s’étend plus particulièrement à tous les individus qui ne peuvent se prendre en charge eux-mêmes en raison d’une incapacité temporaire ou permanente.

Article 19 – Droit de fonder une famille et questions connexes
a) Toute personne a le droit de se marier, de fonder une famille et d’élever des enfants conformément à sa religion, à ses traditions et à sa culture. Tout conjoint possède ces droits et privilèges et est soumis aux obligations stipulées par la Loi.
b) Chacun des partenaires d’un couple a droit au respect et à la considération de l’autre.
c) Tout époux est tenu d’entretenir son épouse et ses enfants selon ses moyens.
d) Tout enfant a le droit d’être entretenu et correctement élevé par ses parents, et il est interdit de faire travailler les jeunes enfants et de leur imposer aucune charge qui s’opposerait ou nuirait à leur développement naturel.
e) Si pour une raison quelconque, des parents sont dans l’incapacité d’assumer leurs obligations vis-à-vis d’un enfant, il incombe à la communauté d’assumer ces obligations sur le compte de la dépense publique.
f) Toute personne a droit au soutien matériel, ainsi qu’aux soins et à la protection de sa famille pendant son enfance, sa vieillesse ou en cas d’incapacité. Les parents ont droit auUp soutien matériel ainsi qu’aux soins et à la protection de leurs enfants.
g) La maternité a droit à un respect, des soins et une assistance particuliers de la part de la famille et des organismes publics de la communauté (ummah).
h) Au sein de la famille, les hommes et les femmes doivent se partager leurs obligations et leurs responsabilités selon leur sexe, leurs dons, talents et inclinations naturels, en tenant compte de leurs responsabilités communes vis-à-vis de leurs enfants et de leurs parents.
i) Personne ne peut être marié contre sa volonté, ni perdre sa personnalité juridique ou en subir une diminution du fait de son mariage.

Article 20 – Droits de la femme mariée
Toute femme mariée a le droit :
a) de vivre dans la maison où vit son mari;
b) de recevoir les moyens nécessaires au maintien d’un niveau de vie qui ne soit pas inférieur à celui de son conjoint et, en cas de divorce, de recevoir pendant la période d’attente légale (‘iddah) des moyens de subsistance compatibles avec les ressources de son mari, pour elle-même ainsi que pour les enfants qu’elle nourrit ou dont elle a la garde; toutes ces allocations, quels que soient sa propre situation financière, ses propres revenus ou les biens qu’elle pourrait posséder en propre;
c) de demander et d’obtenir la dissolution du mariage (khul’ah) conformément aux dispositions de la Loi; ce droit s’ajoute à son droit de demander le divorce devant les tribunaux;
d) d’hériter de son mari, de ses parents, de ses enfants et d’autres personnes apparentées conformément à la Loi;
e) à la stricte confidentialité de la part de son époux, ou de son ex-époux si elle est divorcée, concernant toute information qu’il pourra avoir obtenue à son sujet et dont la divulgation pourrait être préjudiciable à ses intérêts. La même obligation lui incombe vis-à-vis de son conjoint ou de son ex-conjoint.

Article 21 – Droit à l’éducation
a) Toute personne a le droit de recevoir une éducation en fonction de ses capacités naturelles.
b) Toute personne a droit au libre choix de la profession et de la carrière et aux possibilités de total développement de ses dons naturels.

Article 22 – Droit à la vie privée
Toute personne a droit à la protection de sa vie privée.

Article 23 – Droit à la liberté de déplacement et de résidence
a) Compte tenu du fait que le Monde de l’Islam est véritablement ummah islamiyyah [Communauté islamique], tout musulman doit avoir le droit d’entrer librement dans tout pays musulman et d’en sortir librement.
b) Personne ne devra être contraint de quitter son pays de résidence, ni d’en être arbitrairement déporté, sans avoir recours à l’application normale de la Loi.

NOTES D’EXPLICATION
1
. Dans la formulation des « Droits de l’homme » qui précède, sauf stipulation contraire dans le contexte :

a) Le terme « personne » englobe à la fois le sexe masculin et le sexe féminin.
b) Le terme « Loi » signifie la shari’ahc’est-à-dire la totalité des ordonnances tirées duCoran et de la Sunnah et toute autre Loi déduite de ces deux sources par des méthodes jugées valables en jurisprudence islamique.
2. Chacun des droits de l’homme énoncés dans la présente Déclaration comporte les obligations correspondantes.
3. Dans l’exercice et la jouissance des droits précités, chaque personne ne sera soumise qu’aux limites imposées par la Loi dans le but d’assurer la reconnaissance légitime et le respect des droits et de la liberté des autres et de satisfaire les justes exigences de la moralité, de l’ordre public et du bien-être général de la communauté (ummah).
4. Le texte arabe de cette Déclaration représente l’original.

Source aidh.org

 

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
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