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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 06:09

Femmes et Chariaâ… Je t’aime, moi non plus

  • par Mohamed Bouamoud 

     

  • L’annonce, depuis quelque temps, de l’éventualité de prendre en compte la Chariaâ islamique en tant que référence de base de législation dans la Constitution suscite de plus en plus d’appréhension dans le rang des femmes, et particulièrement les femmes actives dans le domaine des droits de l’homme.

    Prudent ou conciliateur, le premier réflexe de ces femmes est: «Bienvenue à la Chariaâ dans la Constitution, pourvu qu’elle ne touche pas aux droits de la femme». Tout le hic, en fait, est là: faudrait-il moderniser l’esprit de la Chariaâ et l’assimiler à celui du CSP (Code du Statut Personnel), ou devrait-on faire table rase des acquis de la femme tunisienne et la renvoyer à sa condition primitive? Trouver le juste milieu, voilà le nœud inextricable.

Le deuxième réflexe, pour la majorité d’entre elles, paraît ferme et inflexible: «Nous ne cèderons jamais! Nous lutterons inlassablement pour la préservation de nos droits! Personne, quel que soit son rang, ne pourra jamais nous confisquer nos droits!». Plus ou moins rassurant, le troisième réflexe invite au calme: «Mais nous ne sommes pas encore là, ce n’est qu’une proposition pour le moment, et rien ne dit qu’on va s’acheminer tout droit vers la Chariaâ dans la Constitution».

 

Que reproche-t-on au juste à la Chariaâ?... Certaines évoquent les pratiques en usage dans quelques pays arabes et qui semblent inspirées de la Chariaâ, à savoir: la ségrégation entre l’homme et la femme; la déchéance de la femme de tous ses droits; le déni fait à la femme de choisir librement son conjoint; la non-scolarisation des filles; la non-reconnaissance à la femme de son droit de disposer librement de son corps et jusque de son destin; etc.

Pour sa part, Mme Olfa Youssef, universitaire et chercheuse, estime que la Chariaâ dans la Constitution ne constitue nullement un danger puisque le CSP lui-même s’inspire dans une large mesure de la Chariaâ. Tout le danger, considère-t-elle, réside essentiellement dans l’interprétation et la lecture qu’on fait de la Chariaâ («C’est la lecture wahhabite de la Chariaâ qui pourrait poser problème»), ajoutant que «la femme tunisienne a aujourd’hui besoin d’une Constitution qui reconnaisse sans ambages les droits de la femme et, par extension, de toute la famille».

D’autres voix s’élèvent pour prévenir du risque de voir la société tunisienne tomber dans le piège de la discorde et la division sous l’effet de l’application de la Chariaâ à des fins insidieuses. Enfin, nombreuses sont celle qui préconisent de légiférer des lois constitutionnelles dont le référentiel repose sur la Déclaration internationale des droits de l’homme, et ce sans réserve aucune.

Aujourd’hui, la situation semble s’acheminer vers la création d’un noyau parlementaire féminin à dessein de préserver les droits de la femme tunisienne.

source webmanagercenter

 

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Les Tunisiennes seront-elles contraintes de se couvrir... les yeux ?

L’association tunisienne «Al-Amr Bil Maârouf Wa Nahy Al-Monkar» (L’ordonnancement de la vertu et la prévention du vice), créée le 18 février 2012, suivra-t-elle la voie de son aînée saoudienne qui vient de menacer les femmes qui ne se couvrent pas les yeux ?


En ces jours de liberté sans limites, plus rien ne nous surprend. La dernière des dernières, c’est une menace aux femmes qui exhibent leur beau regard. Ce message est en train de circuler à la cinquième vitesse sur les réseaux sociaux.

Il s’agit d’un appel au port obligatoire du niqab. Et pas n’importe lequel (s’il vous plaît !). Il faut que ce niqab couvre la femme de la tête aux pieds, sans même laisser une petite fente sur les yeux. Mais de mettre seulement une bande de mousseline pour pouvoir voir où mettre les pieds.

«Cachez-moi ces yeux que je ne saurais... voir !»

Selon le comité saoudien «Al- Amr Bil Maârouf Wa Nahy Al-Monkar», les femmes qui dévoilent leurs "beaux yeux" seront poursuivies et obligées de les cacher. «Ce serait de la «fitna» (traduire : de la provocation envers les hommes). Et le Comité sera libre d’agir contre les femmes qui ont de beaux yeux et qui les mettent en relief...», prévient le comité d’ «Al- Amr Bil Maârouf Wa Nahy Al-Monkar» qui lit l’Islam à sa façon et qui veut l’imposer aux fidèles.

Ceci se passe très loin de chez nous, en Arabie saoudite, où les femmes viennent tout récemment d’avoir le droit de conduire une voiture. En Tunisie, une nouvelle association s’inspirant de ce comité saoudien a vu le jour. Il s’agit de «Amr Bil Maârouf Wa Nahy Al-Monkar». Pour bénéficier de la légalisation, elle a dû changer de nom : «Al-Jam3eya Al Wassateya li-Tawya Wal-islah» (l’association centriste de sensibilisation et de réforme).

Mais lorsqu’on voit une telle association dans nos murs, il y a de quoi s’inquiéter. Les membres de cette association, vont-ils finir par interpeller nos filles sur la voie publique pour leur dire «un peu de pudeur s’il vous plaît !» ?

Franchement, il vaut mieux ne pas en faire une montagne. Et éviter surtout de faire des commentaires. Car, ici, c’est la Tunisie de Taâlbi, Haddad, Chebbi et tous les autres réformistes. Ici, pas de place pour les extrémistes et les fausses interprétations de l’Islam. kapitalis 

Lire également  Légalisation d’une milice islamique sous le couvert d’une association ?

 

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 Face à la montée islamiste, les femmes arabes craignent pour leurs droits


 

En première ligne pendant les soulèvements de l'an dernier dans le monde arabe, les femmes craignent aujourd'hui pour leurs droits avec la montée des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie et en Egypte et en pleine progression en Libye.

En Tunisie, le parti islamiste Ennahda a proposé d'inscrire le Code du statut personnel --qui donne aux Tunisiennes des droits inégalés dans le monde arabe et interdit notamment la polygamie-- dans une loi fondamentale afin de compliquer toute remise en cause.

Mais les récents débats à l'Assemblée constituante sur une éventuelle introduction de la charia (loi islamique) dans la Constitution inquiètent organisations féministes et partis libéraux, qui craignent un recul des droits des femmes.

En Egypte, le taux de représentation des femmes à l'Assemblée du peuple est tombé de 12 à 2%, et le quota de 64 sièges instauré sous le régime déchu est passé à la trappe.

"Les femmes font face à des risques accrus de confiscation d'une révolution qui était aussi la leur", affirme dans un rapport la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

Elles "sont aujourd'hui confrontées à des tentatives d'exclusion de la vie publique par certains acteurs de la transition, à des discriminations et des violences de la part de groupes extrémistes ou des forces de sécurité le plus souvent en toute impunité", ajoute-t-elle.

Des enseignantes ont été intimidées en Tunisie parce qu'elles ne portaient pas le voile. En Egypte, des manifestantes ont été soumises par les militaires à des "tests de virginité", une pratique visant à "humilier les femmes", selon Amnesty International.

"Lorsque des groupes religieux arrivent au pouvoir, les premières à être affectées sont les femmes. Leurs problèmes et leurs droits seront la première chose à être remisée" par les Parlements dominés par les islamistes, estime la militante koweïtienne des droits de l'Homme Ebtehal al-Khatib.

"Les lois conformes à la charia sont les bienvenues. Les autres non", a affirmé à l'AFP Mahmoud Ghozlan, un porte-parole des Frères musulmans égyptiens. Pour la confrérie islamiste, les femmes peuvent être députées ou ministres mais pas présidentes de la République.

En Libye, où les islamistes sont une force montante de l'après-Kadhafi, le chef du Conseil national de transition Moustapha Abdeljalil a annoncé que la charia serait la principale source de la législation.

A ce titre, "toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue", a-t-il dit, évoquant la loi sur le divorce et le mariage.

"Il y a une certaine peur des partis islamistes", reconnaît Ahlam al-Haj, du nouveau Parti national centriste libyen.

Une première mouture de la loi électorale libyenne prévoyait de réserver 10% des sièges de l'Assemblée constituante devant être élue en juin aux femmes, mais ce quota a été abandonné.

En Egypte, ces droits pâtissent en outre d'être associés à l'ancien régime.

"L'ancien régime s'est approprié la question, notamment avec le Conseil national de la femme, associé à (l'ex-Première dame) Suzanne Moubarak. Résultat, le Conseil est attaqué, condamné, alors que les féministes égyptiennes se battent depuis des dizaines d'années" pour les droits des femmes, affirme à l'AFP l'universitaire et militante Amina ElBendary.

Mme ElBendary redoute que la loi sur le statut personnel, qui permet notamment à la femme d'obtenir le divorce si elle renonce à ses droits financiers (le "khol'a"), soit revue.

La FIDH a appelé les pays arabes à "inscrire dans leur Constitution le principe de l'égalité entre les hommes et les femmes et l'interdiction de toute forme de discrimination à l'égard des femmes".

Mais ce combat doit faire face à un obstacle majeur: la mentalité d'une bonne partie des femmes de la région elles-mêmes, pour qui donner "trop" de droits aux femmes contrevient aux préceptes religieux et aux normes sociales.

"Tout quota pour les femmes ne devrait pas dépasser les 20%. Le travail ne peut pas interférer avec la mission des femmes qui est d'abord et avant tout d'élever les enfants et de s'occuper de la maison", affirmait récemment à l'AFP à Tripoli une Libyenne participant à un atelier sur les droits des femmes.

source tempsreel.nouvelobs

 


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Féminisme sans frontière dans le 11e pour la Journée de la Femme 2012 - Zoom sur la Tunisie

Dans le cadre de la Journée de la femme, la Mairie du 11e organise les jeudis 8 et 14 mars 2012, une conférence, un concert et une projection destinés à s’interroger sur les violences faites aux femmes dans le monde et plus précisément sur la place de la femme dans la révolution tunisienne.

JEUDI 8 MARS (Journée de la femme) : Conférence-débat sur les violences faites aux femmes "Violences sans frontières"

Intervenantes :

Zubeyde SURMELI, officier de protection à l’OFPRA - Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides qui présentera le caractère spécifique des violences faites aux femmes dans l’est de la Turquie.

Valérie NURSEL PINARD, avocate, qui présentera l’évolution du droit des femmes en Turquie et sa confrontation aux coutumes turques et au droit français.

Malika REMAOUN, représentante de l’AFEPEC - Association Féminine pour l’épanouissement de la Personne et l’Exercice de la Citoyenneté, présentera le projet monté par des associations dans l’est algérien afin de battre en brèche l’isolement des femmes et le développement de ce projet auprès des femmes algériennes vivant en France.

A la fin de la conférence, le public pourra assister à un CONCERT de Sirlem KETAN, chanteuse turque et joueuse de saz, instrument proche du luth que la tradition réserve aux hommes...

Entrée libre de 19h à 21h - Salle des fêtes - Mairie du 11e

MERCREDI 14 MARS : Projection-débat sur "Les femmes et la révolution tunisienne"

Film projeté : Tunisie, Histoire de femmes, réalisé par Feriel ben MaHMoud (52 mn - 2005). "20 mars 1956 : la Tunisie accède à l’indépendance. Le 13 août de la même année, le président Bourguiba fait adopter le Code du statut personnel accordant aux tunisiennes des droits qui aujourd’hui encore n’ont pas d’équivalent dans le reste du monde arabe : interdiction de la polygamie, instauration du divorce judiciaire, scolarité obligatoire pour les filles comme pour les garçons, accès à une contraception anonyme et gratuite... et le droit pour les Tunisiennes d’avorter dès 1963, plusieurs années avant les Françaises. Mais l’égalité, même encouragée par la loi, ne se décrète pas. Ce sont les mentalités et les structures sociales qui doivent ensuite évoluer."

50 ans après l’indépendance, la Tunisie fait toujours figure d’exception au sein du monde arabe. Pourquoi cette exception a-t-elle été rendue possible et comment peut-elle perdurer dans le contexte géopolitique actuel ?

C’est à ces questions que tentera de répondre l’intervenante chargée d’animer le débat suivant la projection, Sophie BESSIS, chercheure associée à l’IRIS - Institut de Relations Internationales et Stratégiques, spécialiste de la coopération Nord/Sud, de la géopolitique du Tiers-monde et des questions africaines.

Entrée libre de 19h à 21h - Salle des fêtes - Mairie du 11e

source Feminisme-sans-frontiere

 

 

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Entre république moderne et état théocratique

Quelle Constitution pour la Tunisie ?


 

L’hémicycle du palais du Bardo à Tunis, qui abrite les travaux de l’Assemblée nationale constituante (ANC) tunisienne, est le théâtre, depuis quelques jours, de débats houleux. Entre les islamistes et les députés progressistes et laïques,  la guerre est ouverte à propos de la charia islamique. 

Les premiers veulent l’inscrire dans le préambule de la nouvelle Constitution et l’imposer comme source du droit et les seconds ne l’entendent pas de cette oreille, considérant à juste titre que les Tunisiens ne se sont pas débarrassés d’une dictature plus ou moins laïque pour sombrer dans le totalitarisme théocratique. 
L’ANC a commencé ses travaux au début du mois de février en installant les commissions spécialisées. Les débats ont tout de suite tourné à la controverse et les contradictions ont éclaté même au sein de la troïka au pouvoir dominée par Ennahda (89 députés) et ses partenaires de gauche, le Congrès pour la République (29) et Ettakatol (20). Pour les députés d’Ennahda, la future Constitution “doit être basée sur les principes islamiques afin de garantir la réconciliation entre l’identité du peuple et les lois qui le régissent”. Leur chef de groupe à l’Assemblée, Sabhi Atig, a été explicite lorsqu’il a affirmé que “la nouvelle Constitution doit être basée sur les principes de l’islam.

Tous ceux qui veulent séparer la politique de l’islam portent atteinte à la structure de la pensée islamique. L’islam est l’élément essentiel de la personnalité du Tunisien. La Constitution doit renforcer cette identité islamique”. Au cours de la même séance, Nejib Hasni, président du groupe Liberté et Dignité, autre parti islamiste comptant 12 députés, a interpellé le parti Ennahda pour être plus clair dans ses propos en demandant l’introduction de la charia comme source de législation et de droit. Les onze députés de la Pétition populaire ont préféré, pour leur part, s’en remettre à leur guide spirituel, un milliardaire basé à Londres, mais ont fait référence à la charia à plusieurs reprises dans leurs interventions. Au total, si l’on additionne le nombre des députés des trois formations favorables à une coloration islamique plus ou moins radicale de la loi fondamentale, on arrive à 112 voix, ce qui constitue une majorité au vu des 217 élus que compte  l’Assemblée. Le Congrès pour la république (CPR) et Ettakatol, les deux partis progressistes de la coalition gouvernementale, se situent aux antipodes de la revendication islamiste. 

Les démocrates refusent  tout amalgame entre religion  et politique

 
Ils refusent tout amalgame entre religion et politique et considèrent que “le projet de Constitution ne doit pas s’étendre à des explications pouvant toucher à l’aspect civil de l’État et nuire à la liberté de culte”. Mohammed Bennour, porte-parole d’Ettakatol, a déclaré, à ce propos, que le parti Ennahda “peut se référer à la charia dans son programme, dans son discours et dans ses analyses mais pas dans la Constitution qui doit traduire les revendications de tous les Tunisiens”. Samir Ben Amor, élu du CPR et conseiller du président Moncef Marzouki, a, pour sa part, exprimé son attachement à l’article premier de l’ancienne Constitution, qui stipule que “la Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la République”.

Beaucoup d’observateurs, peu au fait de la stratégie des mouvements islamistes, croient en une volte-face du parti Ennahda qui, lorsqu’il voulait rassurer, tenait un tout autre discours. “La religion sera absente de la nouvelle Constitution tunisienne. Nous sommes tous d’accord pour conserver l’article premier de l’actuelle loi fondamentale, qui déclare que l’islam est la religion et l’arabe la langue officielle du pays. Cela n’a aucune implication légale. Il n’y aura pas d’autres références à la religion dans la Constitution.” C’est ce que déclarait Rached Ghannouchi le 4 novembre dernier, après l’élection de l’Assemblée constituante alors qu’il voulait rassurer.

Tous ceux qui ont eu affaire aux mouvements intégristes à travers le monde savent que de tels reniements sont monnaie courante chez eux et relèvent même d’une certaine culture politique. Alors, la charia sera-t-elle inscrite dans la future Constitution tunisienne ? Peut-être pas car la rue tunisienne refuse de se voir confisquer ce qu’elle appelle sa “révolution”. Pour autant, les inquiétudes sont grandes et certains évènements récents comme l’affaire Nessma-TV, celle du journaliste arrêté, des salafistes qui investissent les campus universitaires et veulent imposer le port du niqab ou encore la formation de milices des mœurs n’invitent pas à la quiétude. Surtout que l’attitude de l’autorité publique est des plus ambiguës.

source liberte-algerie

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