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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 03:54

Hamadi Jebali,Hamadi Jebali, chef du gouvernement, a été ce dimanche l’invité de l’émission Internationales de TV5, RFI et Le Monde. Il a répondu aux questions de Xavier Lambrechts, Bruno Daroux et Isabelle Mandraud, en s’exprimant tantôt en arabe, tantôt en français.

Le chef du gouvernement a plaidé ce dimanche pour un petit plan Marshall au profit de  la Tunisie, rappelant que l’Europe a bénéficié d’un grand plan Marshall à l’issue de la deuxième guerre mondiale. Il a annoncé qu’il va se rendre à Paris le 28 juin prochain pour prendre part à une rencontre sur les petites et moyennes entreprises, et rencontrera par la même occasion, son homologue français, Jean-Marc Ayrault.

Même s’il se dit choqué par la position de la France au moment de la révolution, le chef du gouvernement souhaite "tourner la page et regarder vers l’avenir". Il appelle la France et l’Europe à considérer la Tunisie comme un partenaire stratégique dans un climat de paix et de démocratie. Et le Français ? C’est une langue d’avenir en Tunisie, répond-il.

Invité à réagir à un reportage diffusé en début d’émission sur les derniers troubles ayant secoué la Tunisie, Il estime que ledit reportage  présente la Tunisie "comme si elle était tombée dans l’anarchie et le chaos, mais ceci n’est pas la vérité, ce n’en est qu’une partie. Nous sommes en période postrévolutionnaire, comme celle qui succède à un séisme, mais ce qui s’est passé dans notre pays est beaucoup moins grave que ce qui  s’est passé dans d’autres pays".

Le chef du gouvernement estime que la Tunisie jouit de tous les attributs de la réussite dans la mesure où il y a un large consensus sur le modèle sociétal. "Tout le monde est d’accord autour des principes de liberté,  démocratie, respect des droits de l’homme, modération...sauf ceux qui veulent s’y soustraire. La révolution tunisienne va réussir", soutient-il.

Sur les appels au meurtre lancés contre les artistes, Hamadi Jebali dit ne pas vouloir s’immiscer dans le travail de la justice, précisant que toute violation de la loi sera sanctionnée.

Au sujet du salafisme, le chef du gouvernement a repris son ancienne expression, "les salfistes ne sont pas venus de Mars". "Ils sont issus de la Tunisie profonde, car ils ont trouvé un vide idéologique, où les modérés et Ennahdha ont été éliminés du paysage social". Il dit ne pas avoir une estimation exacte du nombre des salafistes. Et d’ajouter : "nous les avons appelés à s’organiser dans un parti qui croit en la démocratie,  à participer aux élections. Nous leur avons dit : pourquoi voulez- vous agir en dehors de la loi, si vous avez des idées qui peuvent convaincre les Tunisiens". A la question de savoir si les salafistes sont solubles dans la démocratie, il répond : "Nous voulons que tout le monde joue le jeu démocratique et qu’on laisse le peuple choisir démocratiquement ses élus et représentants".

Au sujet "des exactions" commises par les salafistes, Hamadi Jebali précise que la position du gouvernement est l’applicationde la loi, dans le cadre du respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme. Il pense que "ces groupes ont tort, car ils veulent imposer leur point de vue par la force, dans un milieu démocratique". Il récuse qu’il y ait laxisme ou passivité des forces de l’ordre envers les salafistes. "Nous voulons avoir une police républicaine, qui ne cherche pas l’appartenance politique ou religieuse, mais agit selon les actes".

Hamadi Jebali estime que la réussite de la révolution tunisienne est l’un des plus grands échecs d’Al-Qaïda, dans la mesure où elle a permis une alternative et un modèlede changement démocratique. Sur la question de savoir s’il soutient les déclarations de Rached Ghannouchi qui a qualifié     Aymen Zawahri de catastrophe, il rétorque :  "lorsqu’on s’adresse aux gens par l’usage de la violence, ceci équivaut à une destruction matérielle spirituelle et intellectuelle. Il n'y a aucun alibi à l’usage de la force, dans un pays qui veut instaurer la démocratie", martèle-t-il.

Hamadi Jebali définit le mouvement Ennahdha comme "une expression sociale et populaire d’un peuple ancré dans son identité profonde,  historique, religieuse et civilisationnelle".  Sur la question de savoir si l’inscription de l’article premier de la constitution va faire polémique lors du tout prochain congrès d’Ennahdha, le secrétaire général du mouvement islamiste qualifie ce sujet "de faux problème", déplorant que la charia soit réduite aux châtiments corporels. "La charia, c’est la liberté, la démocratie, le développement, l’amour du prochain", soutient-il.

Le chef du gouvernement a confirmé la date de la tenue des prochaines élections au mois de mars 2013, "ce sera mieux si c’est avant", espère-t-il. Il a formulé le vœu que la rédaction de la constitution soit achevée d’ici le 23 octobre prochain, appelant la constituante, et à sa tête Mustapha Ben Jaâfar, à travailler nuit et jour, à cette fin.

Le chef du gouvernement s’est abstenu  d'émettre un jugement sur l’initiativede son prédécesseur, Béji Caïd Essebsi, le mouvement de "l’Appel de la Tunisie", souhaitant "la bienvenue à tout le monde", "c’est au peuple tunisien de choisir dans la liberté et la démocratie, Ennahdha ou une autre alternative".

Hamadi Jebali préconise "la punition individuelle et non collective" envers les anciens Rcédeistes, indiquant que la révolution doit se défendre dans l’esprit des droits de l’homme et de la liberté. Il appelle à une accélération du processus de justice transitionnelle, "la Tunisie doit tourner cette page en prenant en considération les droits de ceux qui ont été opprimés". Il prône à ce sujet la tolérance et la réconciliation, mais non sans le questionnement et le jugement dans le cadre de la loi.

Sur les allégations faisant état de la présence de certains membres et hommes d’affaires de l’ex-RCD dans l’appareil sécuritaire et dans la sphère gouvernementale, et à propos de la rumeur qui dit que Kamel Letaïef est son conseiller, il répond par un petit rire aux éclats, indiquant ne pas pouvoir évoquer des noms avant que la justice ne dise son mot. "Tous ceux qui ont porté préjudice au peuple tunisien doivent être traduits devant la justice", martèle-t-il.

Pour Hamadi Jebali, les problèmes socio-économiques ne sont pas indépendants des choix politiques, dont est tributaire la mise en place de la transparence et de la bonne gouvernance. Il exhorte les hommes d’affaires locaux à investir dans la démocratie, et à s’engager pour le pays. "Le capital est lâche, les hommes d’affaires cherchent le profit", déplore-t-il.

Sur le livrede Leïla Ben Ali, "Ma vérité", qui a soutenu la thèse du coup d’Etat le 14 janvier en Tunisie, Hamadi Jebali considère tout cela comme un détail. Pour lui, Ben Ali a été poussé par le peuple tunisien, l’armée a joué un rôle positif, et continuera à le faire. Le 14 janvier est le fruit de 30 ans de lutte et de résistance des militants qui ont payé le plus lourd tribut à la dictature, souligne-t-il en substance.

 

gnet

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie
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