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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 21:53

L'épouse de Farhat Hached, Om El Khir, déçue

Le spectre du syndicaliste Farhat Hached hante la Tunisie des islamistes...
  

Grève générale à Sfax en solidarité avec l'UGTT

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Grève générale jeudi à Sidi Bouzid, Sfax, Siliana, Kef, Bizerte et Kasserine

 

Tunisie. Grève générale jeudi à Sidi Bouzid, Sfax, Siliana, Kef, Bizerte et KasserineAprès Sidi Bouzid, Sfax, Siliana, le Kef et Bizerte, la région de Kasserine observera, elle aussi, jeudi 6 décembre, une grève générale. En solidarité avec l'Union générale tunisienne de travail, attaquée mardi par des proches d'Ennahdha.

 

Mercredi, plusieurs syndicalistes à Sfax et à Sousse se sont rassemblés devant le siège régional de l'Ugtt pour manifester leur colère. Ils ont même appelé à la démission du gouvernement.

A Tunis aussi, il y a eu une marche de figures emblématiques de l'Ugtt et des centaines de représentants de la société civile au centre-ville agitant les drapeaux de la Tunisie et les bannières au logo de la centrale syndicale.

Le point de départ a eu lieu à la Place Mohamed Ali jusqu'à l'hôtel El-Hana en présence d'une armada de voitures de la police patrouillant dans les parages. Les manifestants ont crié leur colère et appelé à la démission du gouvernement, à la dissolution de la milice d'Ennahdha et à la poursuite judiciaire des tortionnaires du peuple.

Demain à Tunis, une marche de syndicalistes et militants de la société civile aura lieu à l'appel du Front populaire, à partir de 12H30 à l'avenue Habib Bourguiba, pour dénoncer le laxisme du gouvernement et le laisser-faire du ministère de l'Intérieur face aux «comités de la protection de la révolution», qui agissent comme des milices d'Ennahdha. kapitalis

 

 
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Les réactions officielles suite aux violences devant le siège de l’UGTT

Suite aux violences survenues, mardi, devant le siège de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) et pendant la marche organisée par la centrale syndicale vers le mausolée du martyr Farhat Hached, à l'occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de l'assassinat du leader syndicaliste, la présidence de la République, la présidence du gouvernement, la présidence de l'Assemblée nationale constituante et le ministère de l’Intérieur ont réagi dans des communiqués officiels.

Ainsi, la présidence de la République a condamné vivement la provocation non responsable et globalement la violence comme moyen de régler les différends politiques, appelant tous les Tunisiens au don national de soi afin de lutter contre ce phénomène dangereux. 
La présidence a déclaré qu’il était important que l’UGTT garde sa place d’institution indépendante, forte et fidèle à son rôle syndical défendant les intérêts des travailleurs, tout en regrettant profondément ce qui s’est passé la veille. Elle invite, dans ce contexte, toutes les forces vives du pays à faire preuve de retenue et à éviter tout ce qui pourrait générer de la colère. Elle appelle aussi à intensifier le dialogue entre les différentes parties pour permettre la réussite de la transition démocratique et pacifique.

Par ailleurs, la présidence du gouvernement a affirmé suivre «avec préoccupation» les incidents de l’UGTT, dénonçant toute atteinte à l'ordre public et aux manifestations pacifiques et soulignant l'importance de conférer à la commémoration de la mort du martyr Farhat Hached «sa véritable dimension en tant qu'événement historique commun à tous les citoyens». Elle a appelé, dans ce contexte, toutes les parties à l'apaisement et à la consolidation de l'unité nationale, de la paix et de la stabilité sociale.

La présidence de l'ANC se dit, également, «profondément préoccupée», condamnant «vivement» l'agression contre des membres du bureau exécutif de l'UGTT. «Les incidents survenus aujourd'hui menacent la sécurité et la stabilité du pays et sèment la discorde et la haine entre les Tunisiens», a déploré la présidence de la Constituante, exprimant, «son refus total des agressions contre les symboles de l'organisation syndicale», rappelant son rôle dans le mouvement de libération, dans l'édification d'un Etat moderne et dans la réussite de la révolution.
 
«L'UGTT est aujourd'hui un partenaire actif dans la réussite du processus de transition démocratique et dans l'instauration d'une paix sociale», a-t-elle souligné, estimant, d'autre part, que «la révolution a des institutions légitimes, dont en premier lieu l'Assemblée constituante, pour la protéger».
 
La présidence de l'ANC s'est déclarée favorable à « l'ouverture d'une enquête immédiate sur les circonstances de ces incidents et déterminer d'une manière claire les responsabilités», apprend-on de même source.
Des efforts doivent être déployés pour mettre fin à de tels actes de violence, faire régner les principes de coexistence et garantir la réussite du processus de transition dans le respect de l'Etat de droit, a souligné la présidence de l'ANC.

Pour sa part, le ministère de l'Intérieur a précisé que les mesures relatives à l'organisation de la marche de l’UGTT vers le mausolée du martyr Farhat Hached, à la Kasbah, ont été coordonnées au préalable par le ministre de l'Intérieur et le secrétaire général de l'organisation des travailleurs.
 
Evoquant les incidents survenus devant le siège de l’UGTT, la même source avance que «plusieurs syndicalistes se sont rassemblés, mardi après-midi, place Mohamed Ali, où un autre groupe de citoyens appartenant aux Ligues de protection de la révolution s’est également réuni, ce qui a généré un climat de tension et un échange d’insultes et de violences.
 
Les agents de la sûreté présents sur place, ajoute le ministère, sont intervenus rapidement pour s’interposer entre les deux groupes. Un renfort est très vite arrivé sur les lieux sur instructions du ministre de l’intérieur, déjà au courant de la situation.

Rappelons que trois membres du bureau exécutif de la centrale syndicale ainsi que plusieurs de ses employés ont été agressés. Le journaliste de l’agence TAP, présent sur place, a constaté que les participants à la marche de l’UGTT ont été la cible de jets de pierres et de bouteilles en plastique par des contre-manifestants.

Notons également que pour le chargé de la communication auprès du mouvement Ennahdha, Nejib Gharbi, ce sont « les manifestants appartenant aux Ligues de protection de la révolution qui ont été agressés par des milices relavant de l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) et non l’inverse », selon ses propres termes. «Le siège de la centrale syndicale n’a pas été attaqué », a- t-il indiqué dans une déclaration à l’agence TAP. Dans ce sens, le mouvement Ennahdha a fermement condamné, dans un communiqué, l’agression des manifestants exprimant sa solidarité avec tous les blessés.
 
A signaler que selon le même Néjib Gharbi, dans une déclaration sur Shems Fm, « les blessés dans les rangs des responsables de l’UGTT sont dus à des bagarres entre eux ».
Ennahdha a aussi appelé, dans ce même communiqué, à vider les sièges des organisations nationales de l’arsenal de la violence estimant que la commémoration de l’assassinat de Farhat Hached est un événement national qui réunit tous les Tunisiens, indique dans ce communiqué. businessnews
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Farah Hached : «Il faut que le peuple récupère sa mémoire»

 

 

Petite fille de Farhat Hached et Mahmoud El Materi, Farah Hached se bat aujourd'hui pour la préservation des archives nationales de la Tunisie. Elle crée en 2011 «Le Labo Démocratique», une association qui milite pour l'instauration d'une démocratie respectant les libertés publiques. Rencontre.


farah-hached-portraitFarah Hached nous accueille dans son bureau à Montplaisir. Au même moment, des affrontements surviennent à la Place Mohamed Ali, à partir de laquelle une marche pour la commémoration de l'assassinat de Farhat Hached devait avoir lieu. «On crée des violences le jour de la commémoration de l'assassinat de Farhat Hached, c'est très triste ! » déclare la petite fille du fondateur de la centrale syndicale. «Il a crée l'UGTT, il est mort pour la Tunisie. Rien que par respect à cette figure nationale, il ne devrait pas y avoir d'affrontements aujourd'hui». Assassiné à Radés le 5 décembre 1952, Farhat Hached, reste une grande figure de militantisme pour l'indépendance de la Tunisie. La vérité sur les commanditaires de son assassinat, on l'ignore toujours. «Les Tunisiens devraient être unis autour de cette date pour connaître la vérité sur les exactions commises par la France. Les voir divisés comme ça, c'est très triste», insiste-t-elle.

 

Fille d'ambassadeur (Nourreddine Hached), Farah a vécu une bonne partie de sa vie à l'étranger, avant de revenir en Tunisie durant son adolescence. Après avoir obtenu son Baccalauréat, elle part à Paris, poursuivre des études de Droits à l'Université Panthéon Assas. En 2009, elle revient en Tunisie. «Un choix personnel » qu'elle ne regrette pas. «Je n'aurais pas aimé vivre la révolution à l'étranger». affirme-t-elle. Pourtant, quand elle était à l'étranger, Farah Hached n'était pas insensible à ce qui se passait en Tunisie, et s'intéressait de près aux organisations des droits de l'homme dans le cadre de sa thèse «Les sources des droits et libertés politiques en Tunisie». «Quand on est en France, on a accès à l'information et on est sensibilisé à la politique. En Tunisie, on vivait dans un bocal. Je tiens vraiment à tirer un grand chapeau à ceux qui milité en Tunisie, c'était très difficile».


Janvier 2011, Ben Ali tombe, et Farah Hached pense rapidement aux archives nationales. «Mon père m'a toujours dit : ''Fais attention au téléphone, nous sommes sur écoute''», se rappelle-t-elle. Au lendemain de la révolution, elle était sûre que ce système de surveillance sous lequel vivait la Tunisie était «le cœur de la dictature». «Mais ce système où il est ? Qui va l'utiliser maintenant ?» s'interroge-t-elle. Partant d'une approche scientifique, Farah Hached, pour qui «le maintien de la sécurité d'un Etat reste important» se demande comment on peut «transformer la police politique en vrais services de renseignement», et comment ce système doit rester au service de l'Etat et pas d'un parti». Elle fait des recherches sur ce qui s'est passé ailleurs et conclut que « Les pays qui n'ont pas réformé leur système de surveillance sont tombés dans la dictature deux années plus tard. C'est le cas par exemple de la Russie avec les services du KGB (Comité pour la sécurité de l'Etat, dissous en 1991, ndlr) qui a été décentralisé, et est revenu petit à petit sous un autre nom.». Déterminée, et convaincue de l'importance de cette question dans la réussite d'une transition démocratique, elle en fait une de ses priorités.


Aujourd'hui Farah Hached lance avec l'association qu'elle préside «Le Labo Démocratique», et en partenariat avec l'institut allemand le Mémorial Berlin— Hohenschönhausen, un festival de la mémoire avec pour thème "Contre l'oubli. La Tunisie a besoin de quelle mémoire? ". Une première et un évènement inédit «dans un pays où la mémoire a été confisquée» selon ses propos. Petite fille de Farhat Hached, fondateur de l'UGTT, et Mahmoud El Materi, co-fondateur du Néo-Destour la mémoire nationale lui tient à cœur. «Après l'indépendance, les institutions nous ont, en quelque sorte, imposés ce que c'est l'Histoire de la Tunisie. Bourguiba a fait certaines choses positives pour la Tunisie, mais il n'était pas un démocrate et il a confisqué l'Histoire du pays. C'est important que le peuple récupère sa mémoire». soutient-elle.


Aujourd'hui, très impliquée dans la société civile, elle tient à honorer la mémoire de ses deux grand-pères «Ils se sont sacrifiés pour ce pays, Hached au prix de sa vie. Materi en passant plusieurs années en prison. Ce ne sont pas uniquement mes grands-pères, ce sont aussi les grands-pères de la Tunisie. J'espère être à la hauteur de leur mémoire» déclare-t-elle émue. tekiano

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Kasbah 1 et 2_Manifs_ Initiative-UGTT
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