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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 03:54

Loi de finances : l'opposition déplore de ne pas avoir été écoutée

 

L’opposition de l’assemblée nationale constituante, dite bloc démocratique, ne mâche pas ses mots pour critiquer la loi de finances complémentaire adoptée il y a tout juste une semaine. "La nouvelle loi n’a pas de vocation sociale, et n’est pas au niveau des aspirations populaires, des exigences de la révolution et des revendications des couches démunies et marginalisées, dit Samir Bettaieb, constituant.


Le mouvement de la voie démocratique et sociale (Coalition d’Ettajdid, du parti du travail tunisien et du pôle démocratique moderniste) et des membres du bloc démocratique de l’assemblée nationale constituante, opposition, ont tenu ce jeudi un point de presse au siège du parti Ettajdid à Tunis autour de la loi de finances complémentaire du gouvernement, qui ne répond pas, selon leurs dires, aux exigences du moment. Ils ont déploré que leurs suggestions n'aient pas été prises en compte par la majorité, l’accusant de ne pas vouloir les montrer comme une force de proposition. Ils ont pointé au passage les procédés de la majorité, ou ce qu'ils ont appelé "le vote par signal". 

"Malgré les efforts et les suggestions, nous n’avons pu opérer que des changements minimes sur la loi de finances. Aucun changement n’a eu lieu sur le budget de l’Etat complémentaire", dit Mongi Rahoui, constituant pour le mouvement des démocrates patriotes et membre du bloc démocratique.  Il s’arrête au montant de 1200 millions de dinars qui concerne la confiscation des biens mal acquis, un montant qui manque de précision, ainsi qu’aux dépenses non attribuées s’élevant à 1400 millions de dinars qui restent émaillées d’ambiguïté. L’opposition n’a pas réussi à faire ne serait-ce qu' un seul amendement dans le budget de l’Etat, déplore-t-il.  

Pour ce qui est de la loi de finances, l’opposition est prvenue à introduire des amendements au niveau de certains articles au sein de la commission des finances, même si les rapports de forces restent à l’avantage de la majorité, indique-t-il.

"Le projet de loi de finances devrait renfermer des dispositions à vocation sociale inhérentes au logement, à l’incitation au travail solidaire, à l’aide aux familles nécessiteuses, autant d’actions qui doivent bénéficier d’incitations", souligne Samir Bettaieb, pointant le gouvernement pour ne pas y avoir inscrit des propositions à vocation sociale. "Nous n’avons pas réussi à effacer les crédits des petits agriculteurs, or si nous prenons la carte électorale, nous allons trouver que la majorité des petits agriculteurs et petits pêcheurs ont voté pour Ennahdha", dit-il plus loin.  

Absence d'une stratégie de financement 

 
Noôman Fehri, du parti républicain, ancien d’Afek Tounes, est tout aussi critique. A ses yeux, la loi de finances complémentaire ne met pas la Tunisie sur la bonne voie.  Le constituant procède à une opération arithmétique pour montrer que le gouvernement est dans le tort. 

L’effectif des chômeurs avoisine actuellement les 800 mille. Toutes les études internationales montrent que la création d’un poste d’emploi pérenne nécessite 50 mille dinars. Si on multiple 50 mille dinars par 800 mille chômeurs, on obtiendra 40 milliards de dinars, c’est le montant qui doit être injecté sur huit ans, soit 5 milliards de dinars par an, pour pouvoir créer des postes d’emploi, explique-t-il. Cette démarche nécessite une stratégie de financement pour pouvoir lever les fonds. La solution consiste à créer un fonds souverain. C’est un fonds que le précédent gouvernement a qualifié de fonds générationnel. Ce fonds devrait être alimenté, dans un premier temps, par les 2,5 millions de dinars du trésor public. Avec les entreprises qui seront confisquées et d’autres privatisées dans les trois prochaines années, cette somme pourra s’élever à 5 milliards de dinars. Fort de ce fonds, on pourra s’adresser aux bailleurs de fonds :  Banque européenne d’investissements, banque mondiale, etc. et on leur demandera de le financer, ce qui nous permettra d’avoir 10 milliards de dinars, soit 25 % des 40 milliards de dinars nécessaires à la réalisation des grands projets, créateurs d’emploi. Ainsi, on encouragera les investisseurs à aller sur ces projets dont le retour sur investissements est long de cinq à dix ans", souligne en substance le constituant de l’opposition. 

"Cette proposition n’a pas été écoutée, et le gouvernement a pris 900 millions des 2,5 milliards pour des actions immédiates", indique-t-il, regrettant l’absence de stratégie de financement du programme du gouvernement.

Noôman Fehri évoque une autre proposition de l’opposition qui n’a pas été prise en compte, relative à la taxe de 5 % sur les revenus, appliquée aux entreprises Télécom. Les opérateurs Télécom sont soumis à une taxe de 5 % sur les revenus, ce qui équivaut à 140 millions de dinars. Cette taxe qui devrait servir à l’amélioration de l’écosystème des TIC, sert actuellement à couvrir le déficit de la poste entre autres, relève-t-il.  Le bloc démocratique a suggéré  qu’un article soit ajouté à la loi de finances complémentaire pour que cette taxe soit affectée à l’objectif pour lequel elle a été créée. Cette proposition n’a pas été acceptée pour des considérations politiques, bien que l’opposition se soit concertée au préalable avec le ministre de tutelle à son sujet, souligne-t-il. 

"Malgré cela, nous n’avons pas voté contre le projet de loi de finances, mais nous nous sommes abstenus, pour nous épargner les accusations de diabolisation de l’opposition", dit-il. "Ils veulent montrer que l’opposition n’est pas une force de proposition", fustige Samir Bettaieb.

Exit la loi de finances, la situation des libertés fait, également, grincer les dents de l'opposition. "La situation des libertés ne donne pas satisfaction après ce qui s’est passé à la mosquée Ezzitouna et à l’aéroport de Tunis Carthage", selon Samir Bettaieb. "La mosquée Ezzitouna a fait l’objet d’une opération de confiscation par les wahhabites, et les événements survenus à l’aéroport ont semé le désordre, ( NDLR : lors du refoulement des prédicateurs marocains), indique-t-il en substance. "Le chef du gouvernement a dit que les salafistes sont des Tunisiens et ils ne sont pas venus de la planète Mars, ceux qui sont agressés sont également des Tunisiens et méritent d’être protégés", conclut-il.  
gnet.tn

 

 

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Wided Bouchamaoui : "Nous avons besoin des investisseurs arabes"

 


Wided Bouchamaoui, présidente de l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat.

 

À la demande du patronat tunisien, le 15e congrès des hommes d'affaires et des investisseurs arabes se déroule les 14 et 15 mai à Tunis. Face à une situation économique dégradée, la présidente de l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) milite pour le développement des relations commerciales avec les pays arabes. Un travail de longue haleine dont les résultats ne seront sans doute pas visibles avant plusieurs années.

 

Jeune Afrique : Seize mois après la révolution, organiser le 15ème congrès des hommes d'affaires et des investisseurs arabes à Tunis revêt-il une importance particulière ?

 

Wided Bouchamaoui : Certainement, nous avons vraiment besoin d'avoir plus d'investissements arabes en Tunisie. Avec la révolution, nous aspirons à plus de transparence et donc à plus de visibilité pour le pays. Pour l'essentiel, nous exportons vers les pays européens. Il est temps de nous ouvrir aux marchés arabes.

 

Comment faire pour attirer les investisseurs arabes ?

 

Nous bénéficions d'une position géographique extraordinaire, de très bonnes compétences et nous entretenons d'excellentes relations avec les pays maghrébins et africains. Mais cela ne suffit pas. Il faut simplifier les procédures commerciales. Je suis pour un marché commun arabe avec une liberté de circulation des personnes et des marchandises. Il faut supprimer l'obstacle des visas entre les pays arabes parce qu'ils dérangent énormément les hommes d'affaires.

 

 

Que doit-faire le gouvernement tunisien ?

 

C'est pas uniquement le travail de notre gouvernement, mais celui de l'ensemble des pays arabes. Nous avons beaucoup de conventions bilatérales ou multilatérales mais malheureusement aucune n'est véritablement fonctionnelle. Il serait souhaitable que tous les pays arabes adoptent une même convention. C'est une réflexion partagée par la ligue arabe qui préconise l'adoption d'un marché commun pour 2020. Nous espérons que cela se fera beaucoup plus vite. La volonté économique existe, il faut maintenant la volonté politique.

 

Est-ce que la victoire d’Ennahdha a impulsé un retour des investisseurs arabes en Tunisie ?

 

La communauté des affaires travaille indépendamment de la couleur politique du pays. Il n'y a pas d'effet direct. L'essentiel pour les entreprises est de bénéficier d'un environnement stable et d'avoir de la visibilité. Rester tributaire des seuls marchés européens n'est pas souhaitable. La Tunisie a 800 000 chômeurs et un taux de croissance très faible, nous avons besoin des investisseurs arabes.

 

Par le passé, la plus grande part des investissements arabes s'est concentrée sur le secteur immobilier, dont la valeur ajoutée est limitée.

 

Je note une certaine évolution dans leur perception. Les investisseurs arabes ne se concentrent plus seulement sur l'immobilier, mais aussi sur le secteur de l'agro-alimentaire. Là aussi grâce à son climat la Tunisie a une carte à jouer. Le secteur pétrolier et celui des services peuvent aussi les intéresser. Le gouvernement souhaite aussi faire la promotion de projets d'infrastructures, notamment dans les régions intérieures du pays.

 

Fin juin, l'UTICA renouvellera ses instances. À moins d'un mois de l'échéance, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

 

Très sereine. Je n'ai pas encore pris la décision de me représenter. Mais au moment où le patronat marocain va élire une femme à sa tête, je suis très fière d'avoir montré la voie.

Propos recueillis à Tunis par Julien Clémenço;  jeuneafrique

 

 

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 Les principaux projets publics présentés aux donateurs internationaux

 

Cent deux projets dont cinquante méga-projets d'un coût de 70 milliards de dollars, ont été présentés par le gouvernement provisoire, mercredi, à Gammarth, aux bailleurs de fonds, donateurs et institutions d'investissement pour assurer leur financement au cours de la période 2012-2013.


La valeur de ces projets publics (sans compter les méga- projets), présentés à l'occasion du "forum international sur le financement des projets de développement de la Tunisie nouvelle", est estimée à 8 milliards de dollars américains, selon le document synthèse des projets.

Le gouvernement cible la mobilisation de 6,5 milliards de dollars sous forme de crédits et de dons.

Projets d'infrastructure


9 projets d'infrastructure figurent SUR la liste de S projets publics présentés et dont la valeur est estimée à 3,7 milliards de dollars.

Ces projets concernent notamment le projet d'autoroute Boussalem-les frontières algériennes d'un coût de 783 millions de dinars (1200 millions de dinars) et la première tranche (150Km) de l'autoroute reliant Enfidha-Kairouan-Sidi Bouzid-Kasserine-Gafsa avec un financement estimé à 1135 millions de dollars (1740 millions de dinars).

Il s'agit également du programme de réhabilitation et d'intégration des quartiers populaires dont le coût est estimé à 172 millions de dollars (267 millions de dinars).http://sundynetwork.com/pap/scripts/imp.php?a_aid=30900010&a_bid=a6dc9da2

http://www.babnet.net/openx/www/delivery/lg.php?bannerid=179&campaignid=55&zoneid=4&OABLOCK=-86340&OACAP=8&loc=1&referer=http%3A%2F%2Fwww.babnet.net%2Fcadredetail-49626.asp&cb=b6718d8d15

Projets environnementaux


5 projets environnementaux ont été présentés et nécessitant un financement de 439 millions de dollars dont le 5ième projet d'assainissement des quartiers populaires (40 millions de dollars) et le programme d'assainissement de 80 communes de moins de 10 mille habitants.

Secteur Agricole


Concernant le secteur agricole, 13 projets ont été présentés d'un coût total de financement de 854 millions de dollars.

Ces projets concernent essentiellement les projets de gestion intégrée dans le Bassin de l'oued Medjerda, axée sur la lutte contre les inondations moyennant une enveloppe de 410 millions de dinars.

Des projets de développement agricole intégré dans les gouvernorats de Gafsa, Zaghouan, Gabès et Medenine d'une valeur se situant entre 20 et 30 millions de dollars ont également été soumis aux bailleurs de fonds.

Secteur de l'énergie


6 projets dans le secteur de l'énergie nécessitant des financements de 2000 millions de dollars ont également été exposés pour la réalisation d'une centrale à cycle combiné pour la production de l'électricité, à Sousse, d'un coût de 457 millions de dollars (686 millions de dinars), une centrale à cycle combiné à Bizerte de 510 millions de dollars (760 millions de dinars) et d'un projet de transport du gaz avec des crédits de 242 millions de dollars (363 millions de dinars tunisiens).

Secteur du transport


15 projets dans le secteur du transport d'une valeur estimée à 726 millions de dollars ont également été présentés.

Parmi ces projets il y a lieu de citer ceux relatif à la consolidation et modernisation de la ligne Tunis-Kasserine et l'extension de la ligne Enfidha-Kairouan.

Secteur de la Santé


S'agissant du secteur de la santé, 3 projets ont été présentés d'un coût total de 72 millions de dollars dont la construction d'un hôpital polyvalent à Gafsa et Béja d'une valeur respective de 35,5 millions de dollars pour chacun et d'un autre à Manouba d'une valeur de 11,2 millions de dollars.

Secteur de l'éducation

24 projets dans le secteur de l'éducation ont été présentés.

D'un coût total de 41 millions de dollars, ces projets concernent la création de collèges dans plusieurs régions du pays.  
babnet.net

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