Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 02:22

Arrestation du directeur général d’Attounnissia et de son rédacteur en chef

 

 

Suite à la photo publiée à la Une du quotidien arabophone Attounnissia, dans son édition du mercredi 15 février 2012, une instruction a été ouverte contre le journal et son directeur Nasreddine Ben Saïda. 

A l’issue de cette instruction, il a été décidé de saisir le journal et d’arrêter le directeur général du quotidien et de son rédacteur en chef qui a validé la publication en attendant de présenter les deux (et non des trois comme indiqué précédemment) devant le procureur de la République qui, d’ailleurs a décidé cette arrestation. Motif officiel de l’arrestation, qui s’est basée sur le code pénal et non le code de la presse : publication d’un article ou d’une photo de nature à troubler l’ordre public. 
La photo objet de l’instruction montre le joueur tunisien Sami Khedira, de nationalité allemande et évoluant au Real de Madrid, entourant sa petite amie, un mannequin dénudé. Une image, qu’on voit souvent dans les magazines européens (y compris ceux vendus en Tunisie) mais à laquelle le paysage médiatique tunisien n’est nullement habitué. 

Le syndicat des journalistes tunisiens a publié un communiqué, alors que Nasreddine Ben Saïda n’était pas encore arrêté, dans lequel il dénonce ces agissements qui, selon lui, ne peuvent pas servir la liberté de la presse et contraires à la déontologie de la profession. 
Après l’arrestation, Mongi Khadhraoui, secrétaire général du Syndicat, a estimé que cette erreur professionnelle ne justifie nullement l’arrestation d’un journaliste. «On peut saisir le journal et lui infliger une amende, mais en aucun cas l’emprisonner, nous a-t-il déclaré citant un communiqué qui sera publié ce soir. Il s’agit là d’un retour à la répression et à l’intimidation des journalistes».
Pour M. Khadhraoui, qui invite dans la foulée le ministère public à libérer les trois confrères, on devrait faire appel au Code de la presse, qui prévoit ce type d’erreurs, et non au Code pénal. Selon la loi tunisienne, le texte spécifique est toujours prioritaire au texte général. 

Taïeb Zahar, vice-président de l’Association tunisienne des directeurs de journaux, a exprimé lui aussi tout le soutien de la corporation à Nasreddine Ben Saïda et son équipe, rappelant qu’on ne peut jamais mettre un journaliste en prison pour une publication. « Ce n’est pas un criminel, dit-il, on n’a pas à le mettre en prison ». M. Zahar indique que l’association réunira demain en urgence les membres de son comité directeur pour prendre les mesures nécessaires et devrait nommer un avocat pour défendre M. Ben Saïda. 

De notre côté, on ne peut que soutenir nos trois confrères. L’ordre public étant un concept bateau et très vague sous lequel on peut placer tout et n’importe quoi. L’article du code pénal sur lequel on s’est basé pour arrêter nos trois confrères date de l’époque de Ben Ali. Il est donc étrange que l’on fasse appel aux textes que l’on désire et que ces mêmes textes soient rejetés dans d’autres affaires, notamment celles touchant les Salafistes. 
Ce type de photos illustre régulièrement les magazines étrangers qui sont vendus librement dans les kiosques tunisiens, depuis toujours. Des magazines comme Voici ou Gala sont exposés dans nos kiosques avec des seins carrément nus, alors que la photo du quotidien tunisien était simplement dénudée. Chaque journal ayant sa ligne éditoriale et c’est aux lecteurs de choisir ce qu’ils lisent et ce qu’ils boycottent. On rappelle qu\\'il n\\'y a pas eu de saisie de journal en Tunisie depuis plus de 25 ans et que ce type de photos dénudées étaient régulièrement publiées dans nos journaux, y compris les quotidiens francophones "sérieux" tels Le Temps ou La Presse (Pin Up en dernière page). 
Quant au trouble de l’ordre public, il est évident que les conférences du moyenâgeux Wajdi Ghenim ont troublé mille fois plus cet ordre public que l’image dénudée parue ce matin sur Attounnissia. 
Un journal peut faire des erreurs, c’est humain, mais quelle que soit l’erreur, elle ne justifie nullement l’arrestation de journalistes. Une amende suffit, comme cela se passe partout dans les pays démocratiques

source businessnews

 


 

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Selon les dernières informations, les deux journalistes d'Attounnissia ont été libérés alors que le directeur du journal reste sous les verrous… 

 

 

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Trois journalistes arrêtés pour une couv' osée



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Une du journal Attounsia, le 15 février.

Trois journalistes tunisiens ont été arrêtés mercredi pour la publication d'une photo de femme nue en couverture du quotidien Attounsia. Après avoir passé la nuit en garde à vue dans les services de protection des mœurs, ils devaient être entendus ce jeudi par un juge d'instruction.

Attounsia a reproduit en une de son édition de mercredi la photo parue en une du magazine allemand GQ. Le footballeur allemand d'origine tunisienne Sami Khedira y pose en costume avec son mannequin d'épouse, nue dans ses bras.

Une couverture certes «scandaleuse», reconnaît le Syndicat des journalistes tunisiens«Il faut respecter la déontologie, rappelle ainsi Néjiba Hamrouni, la présidente du syndicat, mais arrêter des journalistes pour une photo, c'est grave.» Le SNJT dénonce ainsi «l'intimidation des journalistes».

 

Ceux qui s'indignent de cette arrestation sont d'autant plus choqués que les dépassements des religieux radicaux ne semblent pas poursuivis avec autant de sévérité. Ainsi, ceux qui ont vandalisé la maison de Nabil Karoui, le patron de la chaîne de télé Nessma —poursuivi lui aussi en justice pour avoir diffusé le film Perspépolis, où figure une image de Dieu— n'ont récolté qu'une maigre amende (à peine 5 euros). Nabil Karoui a, lui, immédiatement été traduit en justice. De même, l'agresseur du journaliste Zied Krichen, frappé à la sortie d'une des audiences de Karoui, n'a toujours pas été retrouvé.

 

L'affaire Attounsia est, de plus, concomitante avec la tournée très médiatisée du prédicateur égyptien Wajdi Ghoneim, partisan de l'excision des fillettes. «Une opération esthétique, rien de plus», a-t-il encore défendu sur une radio tunisienne, alors que l'excision est interdite en Tunisie. Les autorités ont, sous la pression de la société civile, fini par rappeler l'interdiction. Wajdi Ghoneim a également tenu des propos violents à l'encontre des laïques.

 

«La publication de la photo d'un corps nu serait-elle plus condamnable que la tournée de prédication haineuse qu'un défenseur farouche de l'excision féminine vient de réaliser dans plusieurs villes du pays?», interroge Selim, jeune militant associatif, sur son blog. «Par cette politique du deux poids - deux mesures, on ne cherche certainement pas à garantir notre liberté d'expression. Mais plutôt à la halal-iser, en réduisant son champ et son application, petit à petit, sous couvert de puritanisme.»

En août, mois de ramadan, le magazine Tunivisions avait déjà suscité quelques remous en affichant en une la top model tunisienne Kenza Fourati.

«Faudra-t-il ensuite interdire les journaux étrangers en Tunisie?»,questionne, railleur, mag14.com. Ou bien «mettre en place une commission spéciale chargée de feuilleter les journaux en questions, pour chercher s'il n'y  a pas de pages avec des photos quelque peu dénudées?»

C'est, de même, sous l'angle de la morale que la censure d'internet pourrait revenir: la Cour de cassation dira mercredi prochain si l'Agence tunisienne d'internet doit rétablir le filtrage des sites pornographiques.

par Elodie Auffray

source liberation

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lena gercke sami khedira

 

La photo qui fait peur  ! 

 

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Faut-il interdire les journaux étrangers en Tunisie ?


 

presse-censureLa photo publiée à la une d’Attounissia, a valu au quotidien l’arrestation immédiate, en ce mercredi 15 février, de trois de ses journalistes. Ce type de photo est pourtant monnaie courante dans les magazines européens. Faudrait-il, dès lors, les interdire d’entrée en Tunisie ?

 

Ou mettre en place une commission spéciale chargée de feuilleter les journaux en questions, pour chercher s’il n’y  a pas de pages avec des photos quelque peu dénudées, avant de permettre leur distribution ?

 

A tort ou à raison, la nudité est largement exploitée et utilisée par les médias internationaux. Les publicitaires instrumentalisent le corps féminin, pour faire la promotion de yoghurt, de voitures, ou d’autres produits de consommation courante. Or ces pubs abondent dans les magazines féminins occidentaux. Faudrait-il donc ne plus permettre la distribution de revue comme «Elle», «Vogue», «Cosmopolitan» ? Faudrait-il censurer «L’Express», «Le Point», «Le Nouvel Observateur» s’ils contiennent des photos ou des insertions publicitaires jugées olé-olé ?

 

A défaut de les interdire, on pourrait mettre en place une cellule chargée de masquer à coups de gros marqueur noir, les parties intimes que l’on ne saurait montrer sans choquer les plus pudibonds. Et il y en aura du boulot, vu le nombre de ce photos dans les magazines internationaux. De quoi embaucher à plein temps quelques dizaines de milliers de chômeurs diplômés. Ils auront désormais de quoi s’occuper : ils bifferont, ratureront, colorieront au feutre noir, les seins que l’on ne saurait voir.

 

Ils protègeront du même coup les mœurs tunisiennes de l’influence délétère et corruptrice de l’Occident décadent. Pis : des magazines féminins (y compris tunisiens) traitent désormais de sujets censés être tabous ayant trait au sexe : faudrait-il les saisir, pour contrevenir à la morale publique ? Ou s’agit-il uniquement de censurer des photographies, et non des textes ? Il faudrait ici attirer l’attention des gardiens des bonnes mœurs, que les photos s’étoilent mais les écrits restent. Et l’influence des textes risque d’être bien plus profonde et durable que celle des photos.

 

Embauche en perspective pour les diplômés en lettre. Ils seront désormais chargés de lire toutes les publications, même les plus petits encadrés. Il ne faudra rater aucune ligne. Qui sait. Le Diable se cache dans les détails. Une petite phrase à l’apparence anodine peut recéler quelques sous-entendus salaces. Auquel cas, les équipes de lecteurs intransigeants transmettront leurs trouvailles à leurs collègues du service de coloriage.

 

Mais… La littérature même dans nos pays de culture arabo-islamique, regorge d’allusions érotiques. Les Mille et Une nuits, le Jardon parfumé du Cheikh Nefzaoui (bien tunisien celui-ci, comme son nom l’indique), l’œuvre de l’écrivain égyptien Ibrahim Sonallah (qui ne risque pas de s’entendre avec son compatriote Wajdi Ghanim)… Il y aurait donc de quoi faire des autodafés publics, de jolies flambées pour la prochaine Achoura. Ou mieux : on pourrait aussi envoyer des tonnes de papier aux régions durement frappées par la vague de froid. Les journaux inconvenants, la littérature subversive pourrait ainsi servir de combustible à des zones en manque de gaz et d’électricité. A moins que l’arrestation des journalistes d’Attounissia n’ait déjà réchauffé le cœur de nos concitoyens transis.

par Marwenw El Gabs

source mag14.

 

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Les Tunisiens s’organisent face au cyclone salafiste


 

 

Depuis samedi dernier, les Tunisiens vivent sur les nerfs. Ils sont choqués par les discours du prédicateur Wajdi Ghanim appelant à la violence et à la discorde.



par Zohra Abid

 

Des barbus en costume afghan et femmes en niqab, brandissant des drapeaux noirs ou blancs estampillés de versets coraniques, suivent en cortège l’ombre de cet Egyptien, partout où il se déplace.

Face à ce phénomène, assez étranger à leurs traditions, les Tunisiens progressistes se sont mobilisés pour y faire face et empêcher sa diffusion à une plus large échelle.

 

Ce sont des «microbes», dit Marzouki  (Vidéo)

Dans son interview, mercredi sur la chaîne Al Watanya I, Moncef Marzouki, président de la République, a qualifié Wajdi Ghanim de personnage bizarre et ceux qui adoptent ses idées de «microbes» qui n’auront pas leur place en Tunisie, terre de tolérance religieuse et d’ouverture d’esprit et d’appeler les Tunisiens à ne pas avoir peur de cette minorité.


Comme le président, des prédicateurs modérés tunisiens ont été indignés par le comportement de Wajdi Ghanim dans nos murs. Selon eux, les Tunisiens n’ont pas à recevoir des leçons des prédicateurs venus d’autres pays. «La Tunisie a ses spécificités et son Islam est modéré. Notre pays ne ressemble à aucun autre. Il est le berceau de la modération et il le restera», a plaidé l’avocat et cheikh Abdelfattah Mourou.

 
Au premier plan, Khemaies Ksila et Mokhtar Trifi

 

Othman Battikh, mufti de la République, s’est dit navré, lui aussi, d’entendre des discours intolérants se réclamant de l’islam. «L’Egyptien est très éloquent et impressionne certains Tunisiens, mais son discours n’est pas fondé sur une connaissance approfondie de théologie», a ajouté le mufti.


Les Tunisiens ne réalisent pas encore comment certains des leurs réservent un accueil quasi-triomphal à un prédicateur moyenâgeux qui appelle à l’excision des filles et voue les démocrates et les laïcs («ilmaniyins») aux gémonies. L’homme a rassemblé, dimanche, plus de 5.000 personnes à la Coupole d’El Menzah, de Tunis. Jamais un prédicateur n’a drainé autant de spectateurs (car c’était quasiment un show) dans le pays !

 

La Tunisie est musulmane 

Mardi, sous la houlette de l’avocate Bochra Bel Haj Hmida, un collectif d’avocats, de militants et de représentants de la société civile a porté plainte contre le prédicateur égyptien et les associations qui l’ont invité.

Le même jour, scandalisé, le mouvement Kolna Tounes a envoyé aux membres du gouvernement une lettre, via un huissier de justice, lui demandant de mettre fin à l’utilisation des mosquées pour propager une «fitna» (discordre) dans le pays.


Emna Menif, fondatrice de Kolna Tounes, a organisé, mercredi, une rencontre à El Teatro. Politiques, artistes, défendeurs des droits de l’homme ont répondu présents. «Cette initiative n’est qu’un début. Il faut remettre chacun à sa place », a dit Mme Menif. Elle a ajouté : «Cheikh Mourou a promis de venir mais, à la dernière seconde, il a eu un empêchement. L’homme soutient jusqu’au bout notre action. Le mufti s’est joint, lui aussi, à notre mouvement. Le cheikh Mahmoud Bayrem s’est dit écoeuré par les appels à la violence et au djihad lancés par des Tunisiens qu’il ne reconnaît plus».

 
La société civile se mobilise contre la déferlante obscurantiste

 

«Les Tunisiens se demandent qui sont ces gens qui se prennent pour des docteurs de la foi, qui multiplient les visites dans notre pays et qui tiennent des discours de fitna. Ils tiennent les Tunisiens pour des mécréants et appellent même à l’excision des filles, à la violence, à la discorde», a martelé Mme Menif. Et de préciser que ces appels, contraires aux droits de l’homme, n’ont pas à être proférés en Tunisie, «un pays de citoyenneté et de droits».


Jawher Mbarek, leader de la liste indépendante Doustourna, a constaté, de son côté, l’accumulation en un temps record d’un grand nombre de dépassements dans les mosquées, les universités, les hôpitaux. «Le ministre de l’Intérieur, lui-même, a affirmé que des terroristes liés à Al-Qaïda ont un plan pour fonder un émirat dans le pays. C’est très grave. C’est une menace pour la révolution. Nous condamnons tous ces prédicateurs, ces petits d’esprit qui perturbent notre paix», a-t-il lancé.


 

On écorche l’image de la Tunisie libre 

Balkis Sakli, vice-présidente de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (Ltdh), a déclaré que la Tunisie, accusée par certains d’importer des idées de l’Occident, est attachée la liberté et à l’égalité et opposée à la violence. «Là, on a franchi la ligne rouge. Nous ne permettons plus que nos enseignants soient menacés par des armes blanches dans les lycées, que des extrémistes appellent à la suspension des cours de dessin et de philosophie. Ces gens là, avec qui nous avons tenté de discuter à maintes reprises, refusent tout dialogue. Nous avons prévenu les responsables», a-t-elle affirmé. Et de rappeler que c’est grâce à la démocratie, aux élections et aux libertés retrouvées que ces personnes ont pu s’exprimer. «L’arme de la liberté, ils la retournent contre nous», a déploré la militante.

 

De son côté, la comédienne Raja Ben Ammar a dénoncé tout le monde : le prédicateur égyptien, les associations salafistes, les apprentis jihadistes et le gouvernement passif. «Ce gouvernement est incompétent», a-t-elle conclu.


Le juge Mokhtar Yahyaoui, lui aussi, a souligné, la responsabilité de la «troïka», la coalition au pouvoir formée d’Ennahdha, d’Ettakatol et du Cpr, qui ne réagit pas souvent pour mettre fin aux dépassements commis par les groupes salafistes. Sa position est partagée par plusieurs élus, qui ont accusé le gouvernement de fermer les yeux sciemment alors que les extrémistes sont en train d’étendre leurs tentacules dans les stries de la société. Au nom de la religion et profitant de la liberté d’expression.

source kapitalis

 

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Colère après les déclarations du prêcheur égyptien Wajdi Ghanim


Des fidèles devant une mosquée à Tunis.Des fidèles devant une mosquée à Tunis. © AFP

 

La visite de prédicateur égyptien radical Wajdi Ghanim en Tunisie a déclenché un tollé dans la société civile. En cause : ses propos appelant à l’instauration de la charia et sa justification de l’excision des femmes.

Vives réactions en Tunisie autour de la visite du prédicateur égyptien radical Wajdi Ghanim. Arrivé samedi 11 février, le religieux répondait à l’invitation d’obscures associations islamistes nées après la révolution. Dès dimanche, Wajdi Ghanim a prêché dans plusieurs villes comme Sousse, Mahdia (dans le sud-est) avant de rassembler une foule de plusieurs milliers de personnes lors d’une conférence dans un grand centre sportif de la capitale tunisienne.


Appel à l’application de la charia en Tunisie, critique virulente des « laïcs et des libéraux » et des « apostats », justification de l’excision des femmes comme une « opération esthétique », l’Égyptien a déclenché de vives réactions dans la société civile.


Emna Mnif, ancienne responsable du parti libéral Afek Tounes, et qui dirige aujourd’hui un « mouvement citoyen », a été l’une des premières à réagir. Elle a dénoncé mercredi 15 février « la succession de passages en Tunisie de ceux qui prétendent être des savants en religion mais sont les tenants d'un islam obscurantiste et wahhabite ». Car Wajdi Ghanim n’est pas le premier invité sur le sol tunisien. D’autres prêcheurs, notamment saoudiens, auraient plus tôt fait le déplacement. Le mouvement d’Emna Mnif a donc exhorté les autorités tunisiennes, via un courrier d’huissier, à empêcher le cycle de conférences de Wajdi Ghanim, accusé notamment « d'incitation à la haine et à la violence » et « d'ingérence dans les affaires tunisiennes ».

 


"Respecter la révolution tunisienne"


Des avocats ont pour leur part déposé plainte contre le prêcheur égyptien, dénonçant « l'utilisation des mosquées à des fins politiques ». « Il y a une atteinte à la souveraineté de la Tunisie, et il n'y a pas de raison d'utiliser les mosquées pour diffuser un discours de haine et de dissension », a indiqué l'une des plaignantes, l'avocate Bochra Belhaj Hmida.


Un discours qui, selon de nombreux Tunisiens, va à l’encontre de l’islam pratiqué dans le pays. « La Tunisie est islamique depuis plus de 14 siècles et on n'a pas besoin (de prédicateurs radicaux étrangers) » a fustigé le grand mufti de la République, Othman Battikh, sur les ondes de la radio Shems FM.


Les libéraux reprochent également au gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha son inertie face à de tels discours radicaux. Sur Shems FM, le porte-parole du ministère des Affaires religieuses, Ali Lafi, a indiqué que les déclarations de Wajdi Ghanim étaient « étudiées » par ses services. « Il faut respecter la révolution tunisienne et nos spécificités, et personne ne peut porter atteinte aux acquis de la Tunisie », a-t-il déclaré.


« Les autorités n'ont pas mesuré l'importance d'élaborer un discours religieux attaché à la spécificité tunisienne, alors les gens vont chercher des idées ailleurs », explique pour sa part le chercheur Slah Jourchi, de la mouvance « islamiste de gauche ». « S'il n'y a pas de réaction, il y aura un bouleversement du paysage religieux d'ici cinq à six ans et une dislocation du discours modéré », fustige-t-il.


Wajdi Ghanim, qui figure depuis 2009 sur une liste de personnes interdites d'entrée en Grande-Bretagne pour « apologie de la violence terroriste », devrait pour sa part repartir au plus tard vendredi.

source jeuneafrique.

 

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Le Président Moncef  Marzouki qualifie de «microbes» le salafiste Wajdi Ghanim et ceux qui l'entourent  [à partir de la 40ième minute]. Propos regrettés peu après par le même Président... 


Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Censure_Journalisme_Éditions_Libertés
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