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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 06:36

Chawki Abid démissionne de son poste de conseiller à la présidence


 

Chaouki Abid vient de présenter sa démission de son poste de premier conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires économiques.


Cette démission aurait été présentée depuis quelques jours suite au rappel à l’ordre du président Moncef Marzouki, après la lettre éditée par Chaouki Abid dans laquelle il a sévèrement critiqué le gouvernement.

Une lettre critique qui a créé une polémique  concernant le respect du devoir de réserve.

Cette démission a été acceptée par le président de la République. espacemanager

 

 

 

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Moncef Marzouki accepte la démission de Chawki Abid

 


Dans un communiqué publié ce mardi 5 juin 2012, la présidence de la République informe que le président, Moncef Marzouki, a accepté la démission de Mohamed Chawki Abid, de son poste de premier conseiller auprès du président de la République, chargé des dossiers économiques.  C'est le deuxième conseiller de Marzouki à démissionner. businessnews

 

 


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 Les quatre dimensions de l’affaire Chawqi Abid

La démission de Mr Mohamed Chawqi Abid de son poste de conseiller de la présidence est au cœur de la polémique. Certains applaudissent des deux mains un geste courageux. D'autres veulent y voir les premiers signes du déclin de la coalition au pouvoir, certains, au contraire saluent avec autant de ferveur le départ de celui qu'ils accusent de semer la zizanie. Mais la plupart, continuent à se poser des questions.

Le premier enjeu, est l'exercice de l'Etat, qui suppose un respect des règles et des formes de cet Eat! De par le monde, on trouvera rarement des conseillers, qui passent de la pénombre aux lumières, sans être en mission commandée. Car une discrétion sans faille et une loyauté plus qu'acquise restent de mise, partout dans le monde. On est donc en droit de s’interroger : pour le compte de qui Mr Abid parle-t-il ? Pour le compte de son chef ou pour son propre compte? S’il a agi pour le compte de la présidence, il n’aura fait que son travail. Le cas échéant, il aurait commis une légèreté qui pourrait s'apparenter à une faute, car elle a été entre autre réitérée.

Le deuxième enjeu, est un enjeu démocratique. Il s'agit du respect des institutions et des règles qui régissent les rapports entre elles. Si cet équilibre est rompu, on sort de la légalité et on ouvre une crise institutionnelle grave. L'Organisation Provisoire des pouvoirs, qui fait, pour l'instant, office de constitution en Tunisie, fixe précisément les rôles de chaque institution de l'Etat. Dans ce cadre strictement défini, la présidence de la République joue un rôle de garant de la constitution et de l'unité de l'Etat, rôle qui impose une neutralité totale vis à vis des autres institutions.

C'est pour cela que M. Marzouki a démissionné de son parti. Et ceci se traduit en pratique par une totale indépendance du gouvernement, et de l'Assemblée constituante vis à vis de la présidence de la République. Ainsi, le président ne peut ni démettre le premier ministre, ni lui indiquer la marche à suivre. Or avec ses déclarations, M. Abid a enfreint cette règle, si ses déclarations fracassantes sont de sa propre initiative. Et il est permis d’en douter, dans la mesure où la présidence, ne le désavoue pas publiquement. Mais si le fragile équilibre en vient à être rompu, cela ferait entrer la Tunisie dans une grave crise de légitimité et risquerait de faire imploser la démocratie naissante. Et tous ceux qui applaudissent ce genre d'intervention, devraient se rappeler qu'il est plus important de sauvegarder la démocratie, que de faire tomber un gouvernement, aussi incapable et incompétent soit-il.

chawqi abid et marzouki 
Le président Marzouki en compagnie du conseiller économique M. Mohamed Chawqi Abdi, au marché de gros.

 

Un troisième enjeu, est celui de la liberté de parole. Tout citoyen a le droit de dire ce qu'il veut. Et à ce titre, M Abid exerce bel et bien son droit élémentaire à l’expression. Mais en l’occurrence, ce droit est restreint par son devoir de réserve. Et la discrétion est de mise, quand on exerce certaines fonctions, et il faudrait en tenir compte si l'on ne veut voir l'état sombrer dans l'anarchie totale. Cela astreint les responsables à un contrôle de leur parole en public, tout manquement pouvant entraîner des poursuites pour celui qui transgresse. Cette réserve peut toutefois être levée par les responsables, s'ils en venaient à juger les intérêts de la société, ou de la nation menacés. M. Chawqi Abid aurait-il jugé la situation assez grave pour outrepasser les limites imposées par ses fonctions ?

Le quatrième enjeu est politique. La Tunisie traverse une phase cruciale et critique, et passe par une nouvelle expérience. La démocratie n’est pas encore enracinée, le sens de l’Etat en est encore à ses premiers pas. Les dérapages sont donc possibles et prévisibles, et la neutralité ne peut être absolue. Certains peuvent donc ainsi être tentés d’intervenir, quand ils estiment la situation s’aggraver. Mais dans les pays ayant adopté un régime parlementaire comparable à notre système (provisoire) actuel,  il y a des manières dont usent les chefs d'état pour jouer quand même un rôle de rééquilibrage. Mais toujours de façon discrète, jamais officielle, ni publique. Cela se joue à coups de petites indiscrétions à la presse, des petits gestes qui peuvent montrer un agacement. Le désaccord peut se manifester par un refus de signer un décret loi, de répondre à une question directe. Un conseiller ou un homme du président peut ainsi  dire des choses que le président ne peut évoquer, sans se faire rapidement désavouer. Mais cela se fait généralement avec beaucoup de discrétion, bien loin du fracas outrancier. 

Ghazi Dali; mag14

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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Clovis Simard 09/06/2012 00:40

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