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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 04:45

Levée du sit-in des Salafistes à la faculté de la Manouba


Les forces de l’ordre ont fait évacuer, jeudi fin de journée, et sans violence, les Salafistes qui observaient un sit-in à la Faculté des lettres de la Manouba depuis le 28 novembre.

 

Enfin, les étudiants vont reprendre le chemin de leur fac et passer leurs examens comme tous leurs camarades dans les autres universités du pays.

Enfin, les enseignants vont reprendre leur droit d’enseigner dans une ambiance sereine, moins lourde et moins énervante qu’elle l’était depuis le début du sit-in, et qui a contraint le doyen à suspendre les cours.

Enfin les Salafistes ont compris qu’il n’est pas question de continuer d’imposer leur volonté aux étudiants, aux parents de ces derniers, à leurs professeurs et aux forces de l’ordre.

Enfin, celles-ci se sont décidées à se rendre sur place pour remettre de l’ordre dans l’enceinte de l’établissement universitaire. Déjà, mercredi, Ali Laârayed, nouveau ministre de l’Intérieur, avait adressé un message de fermeté à tous ceux qui nuisent à la liberté d’autrui les menaçant de représailles.

Les sit-ineurs de la Manouba semblent avoir reçu le message et ont fini par abdiquer, jeudi en fin de journée, même s’ils ont traîné un peu les pieds et fait durer la négociation avec les représentants des organisations de défense des droits de l’homme et les forces de l’ordre dépêchés sur place.

Les Salafistes n’ont pas, à vrai dire, tout à fait abdiqué, puisqu’ils ont fait un compromis avec le ministère de l’Enseignement supérieur leur permettant de poursuivre leur sit-in loin du hall de l’administration et de l’entrée de la faculté.

Les Salafistes, qui veulent imposer leurs lois de port du niqab en classe, n’ont donc pas totalement cédé et pensent toujours que leur cause est juste. Ils ont seulement compris que leur action devenait impopulaire et de plus en plus difficile à comprendre même par un gouvernement à majorité islamiste.

«Nous avons été jusque-là patients. Ils sont tous nos enfants, peu importe leur sensibilité de droite ou de gauche. Ils ont compris et ils sont partis sans aucun heurt», a dit Hichem El Meddeb à la chaîne Al Watanya1.

On aurait bien aimé que cette décision ait été prise, dès le commencement du sit-in, il y a un peu plus d’un mois, par le gouvernement du Premier ministre Béji Caïd Essebssi, mais celui-ci a laissé la situation pourrir. Inexplicablement.

Les cours vont donc reprendre, sauf nouvelle surprise, vendredi matin.

source kapitalis

 

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Occupation de l’université de la Manouba : les étudiantes en niqab profitent d’un vide juridique


Les forces de sécurité intervenant à la faculté des lettres et des sciences humaines de la Manouba.
 
Une manifestation d’universitaires et d’étudiants devant le ministère de l’Enseignement supérieur a violemment été réprimée par la police tunisienne mercredi. Un incident qui remet à l’ordre du jour la situation à l’université de la Manouba, près de Tunis qui a été bloquée depuis plus d’un mois à cause d’un débat sur le port du niqab à la faculté.
 
La faculté des lettres et de sciences humaines de la Manouba se trouve à 25 kilomètres à l’ouest du centre-ville de Tunis (région du Grand Tunis). Suite au refus de l’administration de permettre à une étudiante en niqab de cacher son visage, un groupe d’une cinquantaine d’étudiants islamistes a organisé un sit-in pour exiger que les étudiantes en niqab aient les mêmes droits que les autres. Le groupe est allé jusqu’à séquestrer le doyen de la faculté, qui a précisé par la suite qu’il y avait parmi ce groupe des éléments étrangers à sa faculté.
 
Suite à cet incident, des universitaires et des étudiants ont manifesté début décembre devant le siège de l’Assemblée constituante pour dénoncer ces dépassements. Hier, un autre sit-in a été organisé cette fois devant le ministère de l’Enseignement supérieur. L’intervention violente de la police pour disperser le rassemblement a fait plusieurs blessés.
 
En fin de journée ce jeudi, les forces de l’ordre se sont rendus à l’université de la Manouba et ont fini, après deux heures de négociations, par déloger les occupants.

 
 
                                Les forces de sécurité prêtes à intervenir à la Manouba.

"Ce débat a dépassé le cadre de l’enseignement supérieur pour devenir une affaire politique"

Raouf Essassi est professeur de littérature arabe à la faculté de lettres et des sciences humaines du 9 avril, la deuxième université de Tunis.

« Je me suis rendu au sit-in organisé devant le ministère de l’Enseignement supérieur par solidarité. Ce qui arrive à l’université de la Manouba concerne l’ensemble du pays. Il faut endiguer ce genre de dépassements avant que cela ne se reproduise dans d’autres facultés.»
Je me suis rendu sur place sur le coup de 10h30. La manifestation se déroulait de manière pacifique. Il y avait principalement des universitaires et des étudiants, entre 300 et 500 personnes. Toutes ces personnes étaient là pour exiger que le ministère prenne ses responsabilités et trouve une solution au blocage de l’université et à la suspension des cours. Nous avons réussi à occuper le hall du ministère durant quelques heures. Mais en début d’après-midi, la police anti-émeute est arrivée. Elle a délogé les manifestants de force et n’a pas hésité à violenter des universitaires mais également deux journalistes. J’ai également été choqué par le fait que des fonctionnaires du ministère ont affiché à leurs fenêtres des slogans hostiles à notre manifestation alors qu’il est de leur devoir de faire preuve d’impartialité !

"La liberté est une responsabilité, le niqab est une part de notre identité". Slogan affiché à la fenêtre de l'un des bureaux du ministère.
Cette intervention nous a interpellés non seulement par sa violence mais également par son iniquité. Cela fait plus d’un mois que des intrus organisent un sit-in illégal à l’université de la Manouba. Ils ont même séquestré le doyen. Pourtant, le ministère de l'Intérieur n’a pas jugé bon d’intervenir. Mais hier, la police a osé s’attaquer à des manifestants pacifiques qui essayaient de faire valoir leur droit. C’est une politique de deux poids, deux mesures !
La situation devient de plus en plus critique car nous sommes en période d’examen. Si le ministère de l’Enseignement supérieur ne trouve pas rapidement une solution, nous risquons d’avoir une année blanche. Le conseil scientifique de notre faculté, où il y a également trois cas de filles portant le niqab, a statué sur la question en interdisant le port du voile intégral dans l’enceinte de la faculté. Mais devant le refus des étudiantes d’obtempérer, nous avons été obligés de céder et de les laisser assister aux cours de peur que la situation ne dégénère comme à la Manouba. Ces étudiantes ont profité du vide juridique pour nous forcer la main en nous mettant devant le fait accompli. C’est pour cela que l’intervention d’une autorité est indispensable.
Ce débat a dépassé le cadre de l’enseignement supérieur pour devenir une affaire politique entre une frange qui se réclame de "l’identité arabo-musulmane" de la Tunisie et ceux qui sont désignés comme des occidentalisés manipulés par des agents étrangers. C’est totalement disproportionné. Il s’agit tout simplement de conditions d’enseignement que nous ne pouvons pas tolérer."
Deux étudiantes dans la manifestation hier qui s'insurgent contre la violence des forces de l'ordre et l'impunité dont jouissent les occupants de la faculté.
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Ennahdha ou la double figure du nébuleux 

Ennahdha vient de publier un communiqué portant sur le Sit in des salafistes à la faculté des Lettres de Manouba. Le mouvement islamiste ne prend pas une position claire et se limite à mettre dos â dos libertés individuelles / lois et règlements, modernistes / traditionnalistes…  En fait, il s’agit d’un document politicien équilibriste, paternaliste, au-dessus du réel. La question qu’un groupe de salafistes fanatisés dont la majorité des membres ne sont pas des étudiants, puisse occuper une institution publique (la faculté de Manouba) pendant un mois ne semble pas déranger la conscience «patriotique», ni le sens de l’État de Droit de l’Ayatollah Ghannouchi…

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بيان حركة انهضة حول اعتصام كلية منوبة

راشد الغوشي

 أوضحت حركة النهضة موقفها الرسمي مما تشهده كلية الأداب منوبة من اضطراب وانقطاع في الدروس منذ السادس من شهر ديسمبر 2011 وذلك ببيان أصدرته رئاسة الحركة، فيما يلي نصه :

حركة النهضة تندد باستدراج البلاد نحو الفوضى

  تعبر حركة النهضة عن انشغالها واستيائها الشديدين لعودة التوتر الى عدد من الأماكن في البلاد وخصوصا كلية الآداب بمنوبة على خلفية منع طالبات منقبات من اجراء الامتحان ورفض مناصرين لهن الالتزام بالتراتيب الإدارية المنظمة لها.

 وتذكر الحركة بموقفها المبدئي  الرافض  لإثارة للرأي العام وتحمّل كل طرف مسؤولياته في هذا الظرف الدقيق من التحول الديمقراطي الذي يستلزم ضبط النفس وتغليب المصلحة الوطنية على الحسابات الحزبية والفئوية الضيقة، وفي هذا السياق تعلن حركة النهضة:

- رفضها سبل توتير الأجواء وتعكير المناخات في أي قطاع أو فضاء أو مجال وإدانتها كلّ تعمّد لبثّ الإشاعات والتهويل حول أوضاع البلاد وتأكيد أن الحوار هو السبيل الأفضل بل الوحيد لحل المشكلات المستجدة. - رفضها توفير تبرير لأي طرف لا يحترم القانون ويسعى لفرض إرادته أو ممارسة الوصاية على الغالبية بعنوان الحداثة أو الأصالة
- دعوتها إبعاد الجامعة عن التجاذبات الإيديولوجية أو السياسية، واعتبارها الفرز الإيديولوجي خطرا على المجتمع والبلاد وتأكيدها الالتزام بالتوافق والحوار والتعايش.
- تأكيدها حق الأفراد وحريّتهم في اختيار اللباس ونمط الحياة الذي يرتضونه في إطار الآداب العامة وعدم الإكراه.
 - دعوتها إلى احترام القانون والتراتيب الإدارية الجاري العمل بها لتنظيم الحياة الجامعية والإمتحانات تقديرا لمصلحة الجامعة وضمان السير الطبيعي للحياة الجامعية واعتماد الأساليب القانونية لتغييرها. 

- تهيب بالإدارة وعلى رأسها السيد عميد الكلية بذل أقصى الجهود لتهدئة الأجواء وتغليب مصلحة الطلبة والجامعة على أي إعتبار إيديولوجي خاصة وقد أمكن خلال الأيام الماضية التوصل إلى حلول ترضي جميع الأطراف وتحقق الانفراج المطلوب وتهدئ الخواطر .

حركة النهضة
تونس في 11 محرم 1433 الموافق لـ 06 ديسمبر 2011


 الرئيس الأستاذ راشد الغنوشي

source ennahdha.

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
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