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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 05:17

 

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Tensions entre les médias et le pouvoir politique

Les manifestants, installés depuis près de deux mois devant le siège de la télévision nationale à Tunis, ont levé le camp mercredi 25 avril 2012. Ils accusaient la chaîne d'être aux mains de «gauchistes» ou d'anciens membres du parti de l'ancien président Ben Ali, et réclamaient une «épuration». Il y a déjà du changement à la tête des radios publiques puisque le directeur général de la Radio nationale, Habib Belaïd, a été remplacé. Nommé juste après la Révolution, il a appris son limogeage en lisant le Journal officiel. Habib Belaïd reconnaît qu'une réforme des médias publics est nécessaire, mais il s'inquiète aujourd'hui de leur indépendance.

Habib Belaïd : «Il y a cette volonté de voir les médias continuer d’être au service du pouvoir»,

ancien directeur général de la radio nationale

«... On n’a pas réussi à extirper l’idée des médias étatiques de la tête des politiques. Ils tiennent un double discours : officiellement, ils disent qu’ils sont pour un service public indépendant mais dans la pratique, ils ne sont pas contents du rendement de la chaîne nationale à la télévision de service public, ils ne sont pas contents non plus de l’attitude des radios… c’est assez tendu. Quand à la liberté d’expression et l’indépendance de ces médias publics, je crois qu’il y a danger mais si le personnel et en particulier les journalistes et tous ceux qui ont la responsabilité de l’antenne, tiennent bon… ne se laissent pas acheter par n’importe quel pouvoir… tout ira bien mais il faut du temps.» rfi.fr/afrique

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 Lotfi Zitoun remercie les sit-inneurs agresseurs des journalistes de la télévision

 

Les sit-inneurs campant depuis 55 jours devant l'Établissement de la télévision nationale «doivent être remerciés pour avoir accepté de lever leur sit-in», a déclaré Lotfi Zitoun.

 

Le conseiller politique du chef du gouvernement provisoire a fait cette déclaration après avoir discuté avec les sit-inneurs, mardi soir, suite aux violences devant le siège de l’Établissement de la télévision nationale, qui ont fait au moins 3 blessés parmi les journalistes et techniciens de la télévision.

 

«Le sit-in est pacifique et il a duré 50 jours. Maintenant qu’il a commencé à mal tourner et perturber l’ordre public, on a discuté avec les sit-inneurs et ils ont répondu à notre demande. Nous sommes à l’orée d’une saison touristique. Nous les remercions», a déclaré Lotfi Zitoun.

 

Les sit-inneurs affirment, de leur côté, qu’ils ont accepté la levée du sit-in parce qu’ils ont compris le message de Lotfi Zitoun et considéré que l’intérêt général du pays doit passer avant toute autre chose.

 

Ce sit-in, jugé légitime par Lotfi Zitoun et ses camarades du parti islamiste Ennahdha, a été grandement condamné par au moins une quarantaine d’Ong en Tunisie et à l’étranger. Amnesty International vient d’adresser, de son côté, un avertissement au gouvernement dénonçant les pratiques indignes de la Tunisie révolutionnaire au nom de la religion et de protection de bonnes meurs. Et de demander le respect de la liberté d’expression, et la libération sans condition des personnes arrêtées récemment pour avoir manifesté. Et d’appeler le gouvernement à respecter les droits de l’homme et à cesser d’utiliser la force contre des manifestants pacifiques, et particulièrement les démocrates, les laïcs et les modernistes. Car seuls ceux-ci ont le droit aux matraques et aux bombes de gaz lacrymogène de la police aux ordres du ministre nahdhaoui Ali Lârayedh. Les manifestants salafistes, fondamentalistes religieux et nahdhaouis ont droit, quant à eux, à tous les égards. Leurs violences et appels au meurtre sont jugés «légitimes» par Lotfi Zitoun et ses camarades. kapitalis

 

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Le procès de la chaîne Nessma reporté à une date controversée

 

 

Après avoir fait l’objet de plusieurs reports, le procès de Nabil Karoui, patron de la chaîneNessma, s’est tenu le 19 avril 2012 au tribunal de première instance de Tunis. Des figures de l’opposition, des représentants de l’Assemblée nationale constituante, des défenseurs des droits de l’homme tunisiens et étrangers ainsi que de nombreux avocats et journalistes se sont mobilisés pour apporter leur soutien à la chaîne Nessma. Reporters sans frontières, qui a assisté à l’audience, demande que le prévenu soit relaxé. Le jugement doit être rendu le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse alors que des événements sont justement prévus à cette occasion à Tunis, sous l’égide de l’Unesco.

A l’issue de l’audience, Reporters sans frontières a estimé que “le choix des magistrats de rendre le délibéré le 3 mai ne semble pas être un hasard du calendrier et pose question”. “Ce procès qui a pris, dès le début, une couleur politique, ne doit pas être récupéré par les autorités pour soigner leur image à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse”, a préconisé l’organisation.

Reporters sans frontières avait dénoncé l’attaque de la chaîne Nessma par des salafistes suite à la diffusion de Perspepolis, le 9 octobre 2011, et déploré les poursuites intentées contre son directeur.

Les fondements de la plainte déposée par les 144 avocats de la partie civile sont les articles 44 et 48 de l’ancien code de la presse et l’article 121 paragraphe 3 du code pénal qui dispose que "sont interdites la distribution, la mise en vente, l’exposition aux regards du public et la détention en vue de la distribution, de la vente, de l’exposition dans un but de propagande, de tracts, bulletins et papillons d’origine étrangère ou non, de nature à nuire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs”. Les articles 226 et 226 bis du code pénal sont également invoqués, réprimant “l’offense envers les cultes”, “l’outrage public à la pudeur” et “l’atteinte aux bonnes mœurs et à la morale publique”.. L’organisation qui réclame l’annulation de ce procès et plaide en faveur de l’application du décret-loi 115 a demandé à plusieurs reprises la disparition de l’arsenal juridique mis au point à l’époque de Zine El Abidine Ben Ali pour museler les médias. Reporters sans frontières a d’ailleurs indiqué que “les articles sur lesquels la plainte est fondée sont rendus inapplicables du fait de l’entrée en vigueur du décret-loi 115. Le juge, qui peut requalifier le fondement des poursuites sur lesquelles repose le procès, tient là une occasion unique de donner la force qu’il mérite au nouveau code de la presse”.

Si, dans le contexte actuel, le procès de Nabil Karoui a une très grande portée symbolique, d’autres procès, ne suscitant pas le même intérêt médiatique mais dont les jugements vont à l’encontre de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, sont en cours.

Crédit photo : Reuters / Anis Mili; rsf.

 

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