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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 02:45

 

 

 

 

Liste des membres du gouvernement tunisien post-révolutionnaire

 

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali (G) et son prédécesseur Beji Caid Essebsi (D) à l'Assemblée constituante, le 22 décembre 2011 à Tunis 

       À  Assemblée de la constituante le  22 -12-11 : le nouveau et l'ex !

 

41 ministres et secrétaires d’Etat 

18 ministres d’Ennahdha,

11 ministres indépendants,

5 ministres du CPR

5 ministres d’Ettakatol) 

___________

__

Ennahda : 45 %

Attakatol : 14 %

CPR 14%

Déclarés ( ?) Indépendants : 26%

39 hommes et 3 femmes 

____

 

 

Premier ministre : Hammadi Jebali (mouvement Ennahdha)

Ministres délégués auprès du Premier ministre :
Abderrahmane Ladgham, chargé des affaires de malversation (CPR)
Ridha Saïdi, chargé du dossier économique (mouvement Ennahdha)
Mohamed Abbou, chargé de la réforme administrative (CPR)
Abderrazak Kilani, Chargé des relations avec l’Assemblée Constituante (indépendant)

_________

Ministre de la Défense : Abdelkarim Zbidi (indépendant)  : Lors du remaniement du gouvernement d'union nationale, le 27 janvier 2011, il devient ministre de la Défense nationale. Il remplace Ridha Grira en poste depuis 2010

 

Ministre de l’intérieur : Ali Laârayedh (Mouvement Ennahdha)

Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Intérieur chargé de la réforme : Saïd Mechichi (Ettakatol)

 

Ministre des Affaires étrangères : Rafik Ben Abdessalem (Mouvement Ennahdha) [ Gendre de Ghannouchi]

Secrétaires d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères :

- Chargé des affaires africaines et arabes : Abdallah Turki (mouvement Ennahdha)
- Chargé des affaires de l’Amérique et de l’Asie : Hédi ben Abbès (CPR)
- Chargé des affaires européennes : Touhami Abdouli (Ettakatol)

 

Ministre de la Justice : Noureddine Bhiri (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des droits de l’Homme et de la justice transitoire et porte-parole du gouvernement : Samir Dilou (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des affaires religieuses : Noureddine Khadmi (indépendant) : même axe idéologique qu'Ennahdah, il est natif de Thala, ma ville... 

 

Ministre des Finances : Houcine Dimassi (indépendant)
Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances: Slim Besbès (indépendant)

 

Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat : Mohamed Lamine Chakhari (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat : Béchir Zaâfouri (mouvement Ennahdha)

 

Ministre du Tourisme : Elyes Fakhfekh (Ettakatol)

 

Ministre des Affaires sociales : Khalil Zaouia (Ettakatol)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des affaires sociale chargé de l’immigration : Houcine Jaziri (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Education : Abdellatif Abid (Ettakatol)

 

Ministre de la Santé Publique : Abdellatif Mekki (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Investissement et de la coopération internationale : Riadh Bettaïeb (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Investissement et de la coopération internationale : Alaya Bettaïeb (indépendant)

 

Ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi: Abdelwahab Maâter (CPR)

 

Ministre des Transports : Abdelkarim Harouni (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des Technologies de la Communication : Mongi Marzouk (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Equipement : Mohamed Salmane (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat chargé de l’Habitat : Chahida Fraj Bouraoui (indépendante)

 

Ministre du développement régional et de la Planification : Jameleddine Gharbi (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre du développement régional et de la Planification : Lamine Doghri (indépendant)

 

Ministre de la Jeunesse et des sports : Tarek Dhiab (indépendant) [ Selon ses dernières déclarations, Tarek se considère désormais nahdhiste]
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Jeunesse et des sports : Hichem Ben Jamaâ (CPR)

 

Ministre de la Culture : Mehdi Mabrouk (indépendant)

 

Ministre de la femme : Sihem Badi (CPR)

 

Ministre de l’enseignement supérieur : Moncef Ben Salem (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières : Slim Ben Hmidène (CPR)

 

Ministre de l’Agriculture : Mohamed Ben Salem (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’agriculture : Habib Jamli (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Environnement : Mamia Elbanna (indépendante)

 

 

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Un nouveau gouvernement dominé par Ennahda

Le premier ministre tunisien Hamadi Jebali

Photo: Hassene Dridi

Le premier ministre tunisien Hamadi Jebali


Le parti islamiste modéré Ennahda dirigera la plupart des ministères du nouveau gouvernement de coalition tunisien présenté jeudi, le premier gouvernement formé après les élections post-révolutionnaires.

Le premier ministre Hamadi Jebali a indiqué que son gouvernement de 41 membres se concentrerait sur la relance de l'économie et sur la lutte contre la corruption.

Le chômage et la corruption ont été des éléments moteurs du soulèvement populaire qui a mené au renversement du président autoritaire Zine El Abidine Ben Ali. Le soulèvement tunisien a inspiré d'autres révoltes ailleurs dans le monde arabe.

Après des semaines de négociations avec les partis qui ont remporté des sièges à l'Assemblée constituante lors des élections du mois d'octobre, M. Jebali a annoncé la composition de son gouvernement jeudi. Le gouvernement devra se soumettre à un vote de confiance de l'Assemblée vendredi matin.

Le nouveau gouvernement comprend trois femmes et un ministre des Droits de la personne, dans une apparente volonté du premier ministre islamiste d'apaiser les craintes que son parti ne restreigne les libertés des citoyens.

Le parti Ennahda contrôle la plupart des grands ministères, excepté celui de la Défense. Le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi, est le seul membre du gouvernement intérimaire à conserver son poste.

Le gendre du chef d'Ennahda, Rafik Abdessalem, a été nommé ministre des Affaires étrangères. Le parti a fait valoir qu'il n'avait pas été choisi pour des considérations familiales, mais pour son expérience internationale - il est titulaire d'un diplôme de la Westminster University de Londres, et a été une personnalité bien en vue au sein du média arabophone Al-Jazira.

Les autres ministères ont été attribués aux partis qui sont arrivés deuxième et troisième aux élections d'octobre, ou à des indépendants comme l'ancienne vedette du soccer Tarek Dhiab, nommé ministre des Sports et de la Jeunesse.

Le nouveau gouvernement arrive en poste alors que les inquiétudes économiques grandissent en Tunisie. Le taux de chômage est passé de 14 à 18 % au cours de la dernière année, tandis que la banque centrale prévoit une croissance nulle pour 2011.

source radio-canada

 

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Un nouveau gouvernement dominé par Ennahdha

Après de longues tractations et des tiraillements internes au sein des trois partis majoritaires, le premier gouvernement tunisien de l'après-Ben Ali doit être soumis jeudi après-midi à l'approbation de l'assemblée nationale constituante (ANC) pour un vote de confiance.


Dirigé par le No2 d'Ennahdha, Hamadi Jebali, le nouveau gouvernement, dont la composition a été dévoilée par la radio privée Mosaïque FM, est dominé par ce mouvement islamiste, grand vainqueur des élections d'octobre. Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Ettakatol, a confirmé à l'AP la composition de ce gouvernement.

Le parti Ennahda de l'ancien exilé à Londres, cheikh Rached Ghannouchi, s'accapare les ministères régaliens et plusieurs autres portefeuilles, à l'exception du ministère de la Défense. Ce dernier reste aux mains d'Abdelkrim Zbidi, seul membre du gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi à être reconduit.


Le ministère des Affaires étrangères est, lui, revenu au gendre du chef d'Ennahdha Rafik Abdessalem.


Les deux autres partenaires au sein de la "Troïka", le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol ou Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), se partagent les ministères restants aux côtés de plusieurs indépendants dont l'ancienne star du football tunisien Tarek Dhiab, qui sera chargé de la Jeunesse et du Sport.

Leurs leaders se sont vu attribuer, pour le premier Moncef Marzouki (CPR), la présidence de la République, pour le second Mustapha Ben Jaâfar (Ettakatol), la présidence de l'ANC.


Composé initialement de 51 portefeuilles selon des fuites parues dans la presse locale, le gouvernement a été revu à la baisse pour être finalement réduit à 41 membres sous la pression des médias et de la rue qui l'ont jugé pléthorique et coûteux pour le budget de l'Etat en difficulté. Des départements ont été fusionnés tandis que nombre de fonctions de ministres délégués auprès du chef du gouvernement et de secrétariats d'Etat ont été supprimées. Y figurent seulement trois femmes.


Interrogé sur le nouveau ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, le modérateur du mouvement islamique Samir Dilou a écarté tout relent de népotisme. Docteur en sciences politiques, diplômé de l'université londonienne de Westminster et ancien chef du département de recherches au centre d'études de la chaîne qatarie Al-Jazira, Rafik Abdessalem se prévaut des compétences requises pour mener à bien la diplomatie tunisienne.


Selon le journal électronique "Leaders", c'est dans la capitale britannique où il a été contraint de se réfugier en 1993 en raison de son militantisme, au sein de l'organisation estudiantine islamiste tunisienne UGTE, qu'il a connu la fille du cheikh Rached Ghannouchi, Intissar. Cette éditorialiste au quotidien "The Guardian" deviendra son épouse et lui donnera deux enfants.


Sans vouloir faire table rase de ce qui existe, il projette de "renforcer et adapter le dispositif diplomatique tunisien au nouveau contexte, pour aller de l'avant et assurer le rayonnement international de la Tunisie".


"La révolution est venue hisser la Tunisie à une place très respectée que nous devons mettre à profit pour développer nos relations extérieures à commencer avec les pays frères dans la région, avec l'Europe et les nouvelles forces émergentes et explorer de nouveaux horizons", ambitionne-t-il.


Parmi ce que le président Marzouki appelle le "tsunami de dossiers urgents" qui attendent le nouvel exécutif, figure le taux de chômage qui affecte plus de 700.000 personnes, dont quelque 200.000 diplômés des universités. Bon nombre d'entre eux végètent depuis des années dans l'espoir de trouver un emploi.


Aggravé par les grèves et les sit-in qui perdurent depuis près d'un an, le chômage est passé de 13 à 18% de la population active.

La tâche est d'autant plus ardue que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit une croissance nulle pour 2011.

Pour avoir résisté plus de 16 ans dans les geôles de Ben Ali, le nouveau Premier ministre Hamadi Jebali affiche un optimisme mesuré et une détermination à relever le défi. Les membres du prochain gouvernement sont "des militants bénévoles" dont plusieurs "surprendront les Tunisiens en renonçant à une partie de leurs salaires", martèle-t-il.


Signe d'une volonté de rompre avec les pratiques de l'ancien régime, il assure que son cabinet "veillera à consacrer la transparence et l'honnêteté dans ses rapports avec le peuple et fera montre d'austérité pour préserver l'argent public". Le gouvernement s'attachera à lutter contre "la corruption qui a gangrené ce secteur envahi par le clan (du président déchu) Ben Ali et ses proches", dit-il.


Face aux appréhensions qui ont suivi l'arrivée des islamistes au pouvoir, il semble, par ailleurs, vouloir rassurer en réservant un ministère aux Droits de l'Homme.

Reste à savoir si les 12 à 18 mois, que devrait durer normalement la deuxième période transitoire, seront suffisants pour répondre aux attentes d'une population impatiente de voir le bout du tunnel. 

source nouvelob

 

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 Grandes lignes de la déclaration du nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement tunisien va gérer les affaires de l'Etat tunisien dans un consensus national qui impliquera les différentes forces politiques, la société civile et le peuple tunisien dans le cadre de la transparence et suivant une vision prospective et ouverte, a souligné jeudi Hamadi Jebali, nouveau Premier ministre tunisien.

 

Le nouveau chef du gouvernement tunisien s'est intervenu lors d'une séance plénière de la Constituante consacrée à l'adoption de la composition du nouveau gouvernement proposé par lui-même.

 

Présentant la composition de son gouvernement pour son adoption par l'Assemblée, M. Jebali a précisé que "la Tunisie est face à des moments historiques puisque le peuple tunisien va donner sa confiance, via leurs représentants, dans un gouvernement qui sera pour la première fois légitime et élu".

 

Selon M. Jebali, les familles démunies et nécessiteuses en Tunisie"bénéficieront d'un intérêt particulier de la part du prochain gouvernement qui optera pour l'augmentation de la valeur de la prime mensuelle accordée à cette catégorie, dont le nombre de bénéficiaires touchera 235 mille, soit 50 mille de plus".

A la lumière de la "fragilité" de l'économie tunisienne, des difficultés liées à la compétitivité et l'absence de contrôle, " les régions intérieures tunisiennes seront le point de départ des investissements nationaux et étrangers et auront toute la priorité dans la création d'emplois et d'entreprises", a précisé le chef du gouvernement.

Evoquant le pouvoir d'achat du Tunisien, M. Jebali a rassuré dans une déclaration à l'Agence de presse Xinhua, que "le nouveau gouvernement essayera d'agir directement sur les prix et assurer leur contrôle régulier tout préservant les équilibres généraux de l'économie tunisienne".

Les secteurs jugés les plus affectés depuis la révolution de janvier 2011 seront au centre des préoccupations du prochain gouvernement, notamment le tourisme, l'emploi, l'agriculture, la sécurité, la justice, les médias ainsi que les Droits de l'Homme.

Le nouveau gouvernement tunisien élaborera "un budget d'Etat complémentaire réservé exclusivement à la promotion du tourisme tunisien et la destination Tunisie", outre la mise en place d'une "feuille de route" en mesure de "faire face à l'endettement de l'entreprise touristique tunisienne, promouvoir le tourisme saisonnier et inciter les touristes à visiter la Tunisie grâce à des préférences d'accès".

Selon la déclaration du gouvernement tunisien présentée par le Premier ministre Hamadi Jebali, la Tunisie optera pour une politique économique à la fois efficace et dépendante des aspirations du peuple tunisien mais également ouverte sur son environnement régional, continental et international.

"Le nouveau gouvernement tunisien focalisera ses travaux, au niveau des relations économiques extérieures, sur l'environnement maghrébin surtout avec la Libye et l'Algérie, sans oublier la double nécessité de renforcer les relations avec le continent européen et se tourner vers des nouvelles puissances dont la Chine, l'Inde, la Turquie et le Brésil", a encore précisé à Xinhua le nouveau Chef de gouvernement tunisien.

chine-information

 

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HAMMA-11122-12-2011.jpg 
Eclairages : Hamma Hammami, secrétaire général du (PCOT) sort de ses gonds

 

«L’alliance «Ennahda/CPR/Ettakatol» repose sur une logique de partage du gâteau»

«L'application du programme économique ultra-libéral d'Ennahda pourrait conduire à une seconde révolution»- «Il est affligeant de voir le gouvernement renflouer les caisses de l’Etat sur le dos  des pauvres»- 

 

 

 

Le Temps : En tant que  dirigeant d’un parti qui défend les intérêts des «masses laborieuses», comment réagissez-vous à l'appel de Moncef Marzouki à une trêve politique et sociale pendant six mois ?

 

Hamma Hammami : 

Je pense  que cet appel est insensé. Le gouvernement doit d'abord reconnaître l'existence d'un grand malaise social. Le chômage endémique, la cherté de la vie et la détérioration des services sociaux sont autant de fléaux qui pèsent lourd sur de larges franges de la société tunisienne.  Le gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi a fermé les yeux sur tous ces problèmes sociaux dont l'intensité a, par conséquent, augmenté au fil des mois. Au lieu d'appeler à une trêve sociale, le nouvel exécutif aurait dû s'atteler à prendre des mesures urgentes pour alléger la souffrance des classes ouvrières, des laissés pour compte et des oubliés  du pseudo-miracle économique tunisien, qui avait longtemps servi de faux bouclier au régime de Ben Ali face aux attaques sur les atteintes aux libertés et aux droits de l'Homme.


 

Plus précisément, le triumvirat vainqueur  des élections aurait pu, à titre d'exemple,  accorder des allocations aux chômeurs de longue durée  et décider une baisse des prix des produits de première nécessité.

De même, le prélèvement de quatre jours de travail sur les salaires prévu par le projet de budget de l'Etat 2011 constitue une décision inappropriée et précipitée qui est de nature à augmenter la souffrances des couches sociales défavorisées ou à revenu limité. Il est affligeant de constater que le gouvernement tente de renflouer les caisses de l’Etat sur le dos  des pauvres au lieu de chercher d’autres ressources financières pour boucher le trou budgétaire.

 

 

La Tunisie étant un pays aux ressources naturelles limitées, comment le gouvernement peut-il réellement trouver des financements urgents sans toucher aux salaires ?

 

 

Il existe plusieurs solutions sérieuses. A titre d'exemple, le gouvernement peut négocier la suspension du paiement de la dette extérieure pendant trois ou quatre années avec les bailleurs de fonds internationaux. Cette solution a été déjà expérimentée avec succès par l'Argentine. L'Etat peut également  décréter un impôt sur les grandes fortunes ou prendre des mesures d'austérité en matière de dépenses publiques.

Autre piste à explorer: la confiscation des comptes des membres du clan Ben Ali. Selon les experts, des montants colossaux détenues par ce clan dorment dans les coffres des banques tunisiennes ou circulent dans le circuit parallèle.

 

 

Que pensez-vous d'un gouvernement composé de 41 membres en ces temps de crise nécessitant le recours à l'austérité budgétaire ?

 

A mon avis, la Tunisie aurait mieux fait par ces temps difficiles d’opter pour un gouvernement restreint pour réduire les dépenses publiques, mais aussi pour assurer l'efficience de l'action gouvernementale. Or, il est désormais clair que l'alliance entre Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol repose sur une logique de partage du gâteau. Ces partis tentent aussi de récompenser leurs militants par des postes ministériels sans se soucier de l'intérêt national.  La troïka  sera confrontée à plusieurs difficultés d'autant plus qu'elle n'a pas été  constituée sur la base d'un programme économique et social commun mais sur la base d'intérêts partisans.

 

 

Que pensez-vous du programme économique du mouvement Ennahda ?

 

Ennahda a un programme économique ultra-libéral qui n'est pas différent de celui appliqué par le régime de Ben Ali. L'application de ce programme dans le cadre d'une conjoncture économique mondiale très difficile marquée par la contraction de la demande européenne sous l'effet d'une grave crise de la dette  pourrait mener le pays à une seconde révolution. La Tunisie a aujourd'hui besoin de rompre avec le libéralisme sauvage et de s'orienter vers une économie au service de la population.

 

 

Comment répondez-vous à vos détracteurs qui vous qualifient souvent d' «indécrottable contestataire» et d' «éternel opposant » ?

 

Ce sont des qualificatifs très simplificateurs. L'histoire a prouvé que notre opposition frontale au régime de Ben Ali ne relevait pas d'une logique de contestation infondée et encore moins de surenchères. Nous avons également été les premiers à appeler à l'élection d'une Assemblée Constituante, un choix qui s'est révélé judicieux. Nous disposons, par ailleurs,  d'alternatives sérieuses sur tous les plans et d'un programme économique et social capable d'assurer la croissance et le bien-être social.

 

 

Comment explique-vous, alors, les résultats médiocres du PCOT lors des élections ?

 

Nos résultats modestes (3 sièges à l'Assemblée Constituante, NDLR) s'expliquent par plusieurs facteurs. Je cite notamment la partialité des médias qui avaient fait pencher la balance du côté d'Ennahda, l'argent politique qui a coulé à flot, l'instrumentalisation des mosquées à des fins politiques et les campagnes de dénigrement prétendant que les militants de notre parti sont des mécréants. Néanmoins, nous avons commis beaucoup d'erreurs

Stratégiques comme la présentation de liste baptisées  l’Alternative révolutionnaire» sans mentionner la dénomination du parti.

 

Propos recueillis par Walid Khefifi

 

Le journal Le Temps (tn)



 

 

 

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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Dr. Jamel Tazarki 25/12/2011 00:52

La Tunisie a besoin d’une politique conjoncturelle à court-terme dont l’action est prompte dans le temps. L’objectif est de garantir un équilibre entre politique monétaire (taux d’intérêts), la
politique budgétaire (dépenses et investissements publics), politique fiscale (impôts), politique sociale, politique des salaires et le taux de change. Nous obtenons ainsi un problème
socio-économique dont la base sont les mathématiques d’optimisation. En Tunisie nos politiciens ont souvent surestimé le degré d'efficacité de la politique monétaire et lui confèrent ainsi un rôle
prédominant alors qu'elle est en réalité un complément indispensable aux autres politiques d'intervention. L’idée intuitive que tous les paramètres vont s'adapter automatiquement aux variations
(choix) de la politique monétaire n’est pas toujours vérifiée. Le cas extrême est celui du parti politique Ennahdha qui veut même abolir complètement toute sorte de politique monétaire (argent
facile et sans taux d’intérêts). Si nous appliquons la politique monétaire dictée par Ennahdha on va aboutir à un endettement additionnel, à une inflation sans limite, à une dégradation de la
balance commerciale (hausse des importations) et à une fuite des capitaux. La politique monétaire proposée par Ennahdha va être à l'origine d’un collapse de notre système monétaire et ainsi de
toute notre économie. Cette idée d'argent gratuit (banques sans taux d’intérêt) ayant pour but d'abolir le taux d'intérêt ne peut pas fonctionner et va nous conduire dans une impasse. Les
techniques de la politique monétaire sont plus complexes et plus raffinées que les propositions simples du Parti Ennahdha. Il y a une combinaison de plusieurs facteurs dont la complexité ne doit
rien laisser au hasard. Les propositions d’Ennahdha ne peuvent fonctionner que si les pays riches arabes nous offrent annuellement des centaines de millions de dollars (bien sûr en devises
étrangères) … Soyons, plus sérieux!
Une chose est évidente est que la crise économique en Tunisie n’est pas liée à la baisse de la demande privée (comme dans les pays du nord). Le peuple tunisien veut consommer mais il n’y a pas
assez pour tout le monde. Donner de l’argent au peuple sans taux d’intérêt (comme le désire Ennahdha) va entraîner le pays dans une vraie catastrophe. On va bouffer le peu que l’on a et on va
mourir de faim. Par contre en Allemagne, les déficits de la baisse de la demande privée sont remplacés par la demande publique (politique budgétaire) et équilibrés par une politique monétaire
expansionniste (la baisse des taux d'intérêt). Car l’Allemagne contrairement à la Tunisie a une très forte productivité et l’offre dépasse de loin la demande! Par contre, en Tunisie, nous devons
limiter la demande privée en limitant la masse d’argent en circulation afin d’éviter un collapse économique (sinon on aura une inflation sans limite et le litre de lait va coûter du jour au
lendemain 30 dinars). La formule classique utilisée par les pays du nord qui consiste à dire: "il n’y a pas de relance si la politique monétaire n’engendre pas une hausse de la demande" n’est pas
applicable en Tunisie. En Tunisie, la demande est là, mais la productivité est faible et le prix de revient est très haut. Une solution possible est la baisse de la fiscalité, l’augmentation de
l’offre grâce à une meilleure productivité, minimiser le prix de revient, équilibre budgétaire, minimiser les dépenses sociales et augmenter progressivement la masse d’argent en circulation afin
que l’offre ainsi crée sera absorbée par la demande. Une politique d’expansion monétaire (crédit facile et sans taux d’intérêt) comme le désire Ennahdha ne peut que favoriser le développement de
l’inflation. Il faut que l’activité économique augmente plus vite que La masse monétaire dans notre pays. Sinon on aura un accroissement anormal de la quantité de monnaie par rapport au volume de
la production. Ça sera le grand collapse et la fin de la démocratie. La question est comment assurer l’autosuffisance et la stabilité des prix dans un temps record. Pour cela, il suffit de
transformer notre agriculture traditionnelle, en la dotant d'équipements et de techniques d'avant-garde. L'agriculture moderne nécessite des techniques avancées, des équipements de haute
performance et des agriculteurs qualifiés. Il nous faut un haut rendement, une excellente qualité, une grande rentabilité et un bon écosystème. Le développement de la productivité agricole est un
but primordial de la construction de la nouvelle Tunisie. Le mode de production agricole caractérisé par les systèmes d’irrigation classiques et de labour traditionnel n’est plus suffisant afin de
nourrir 11 Millions de Tunisien. Afin de développer une agriculture moderne, il est important de la transformer et la doter des techniques modernes de l’hydro-culture. Puis, il faut augmenter les
investissements dans les régions rurales, soutenir financièrement les agriculteurs. Parallèlement, il faut pratiquer des politiques économiques structurelles qui ont une action à long terme. Par
exemple une politique industrielle comme l’encouragement de la production artificielle des engrais agricoles et de l’industrie chimique.

Dr. Jamel Tazarki
www.go4tunisia.de
Allemagne

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