Mardi 28 février 2 28 /02 /Fév 05:59

Pourquoi la charia et le Coran ne peuvent pas être source de la constitution ?

Plus de 70% des Tunisiens n’ont pas voté Ennahdha, et la moitié des 20% des Tunisiens qui ont voté pour ce parti, ne voudraient pas de la mise en pratique de la charia. Alors expliquez-nous, monsieur le député d’Ennahdha comment se fait-il que, comme par hasard, quelques mois après le travail de votre gouvernement, plus de la moitié des Tunisiens auraient fait volte face et, subitement,se mettent à vouloir la charia carrément ? Serait-ce parce que vous avez un travail tellement méritoire, genre relâcher des milliers de criminels pour augmenter l’insécurité et effrayer les Tunisiens pour mieux les contrôler ? Ou peut-être que le prédicateur Wajdi Ghouneim a tellement plu et convaincu les 8 millions de laïcs Tunisiens qu’ils changent brusquement d’avis et répondent oui à vos sondages bidons ? Depuis quand un sondage par internet est fiable ?

Personne ne garantit qu’une même personne ne peut pas refaire le même questionnaire encore et encore une centaine de fois, puisqu’aucune vérification d’identité n’est faite. Car le sondage sur lequel vous vous basez pour promouvoir l’institution de la charia comme source de législation de la constitution est le sondage que Mosaïque FM a publié le 22 février ; or il se trouve que c’est un sondage fait par internet ; sachant que plusieurs milliers d’internautes travaillent pour votre parti dans l’ombre, imaginez ce que cela donne quand on multiplie ce chiffre par quelques dizaines ! Alors de grâce, arrêtez vos mensonges ! Les Tunisiens ne sont pas dupes.

En effet les membres d’Ennahdha sont en train de faire campagne pour influencer l’opinion publique et réussir à faire adopter la charia comme source de la constitution, sans que la société civile ne sorte dans la rue comme d’habitude et l’empêche de détruire la Tunisie encore plus. En ce moment, nous assistons à un vrai matraquage : il ne se passe pas un seul jour sans que ce mot ne soit évoqué, que ce soit à la télé ou à la radio. Il faut dire qu’ils sont passés maîtres dans l’art de la communication et de la manipulation, et les techniques sont variées : à titre d’exemple, ce n’est plus le mot constitution qui est répété mais « législation » de la constitution, autrement dit « tachrii » du destour, mot de la même origine que charia !

Toutefois, si les Tunisiens ne veulent pas de l’application de la charia, c’est pour une raison bien simple : la charia n’a pas suivi le mouvement de la société et personne n’a cherché à l’adapter à son époque.Au contraire, on l’a utilisé pour maintenir un statu quo un peu trop confortable à sacrifier. Ainsi une question a rarement été évoquée : Pourquoi n’a-t-on pas banni la polygamie de la charia par exemple, puisque Dieu est catégorique au verset (128 ) de la sourate « les femmes » « vous ne pourrez pas être équitables avec les femmes, malgré tous vos efforts » ;autrement dit vous ne pouvez vous marier qu’avec une femme. Ce verset devrait-être la base de l’interdiction de la polygamie si les exégètes étaient vraiment intègres ; car c’est cela l’ijtihad que Dieu nous a demandé de faire, pour adapter la charia. Ce verset est une porte laissée par Dieu, pour que le moment venu, quelqu’un l’ouvre ou plutôt la ferme sur une injustice.

Mais qu’ ont fait donc les arabes ? Rien. Au contraire ; à croire que la polygamie est devenue le 6ème pilier de l’islam.

D’autre part, qui peut prétendre que tout le Coran a été compris et expliqué ? Personne ; le Coran n’a pas encore été déchiffré, et il ne le sera pas de notre vivant. C’est cela le miracle du Coran :il a plusieurs niveaux de compréhension, destinées à chaque époque. Or notre époque et les sociétés arabes n’ont pas fait un seul pas en avant dans la compréhension des sens profonds de Dieu :leur compréhension du Coran est la même que celle des premiers siècles de l’islam. Alors messieurs les députés nahdhaouis, dites-nous, comment peut-on mettre en pratique ce qu’ on n’a pas compris ?

source nawaat

 

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Ennahdha, blocage à tous les étages

 

De g. à dr. : A. Larayedh, R.Ghannouchi et H. Jebali.De g. à dr. : A. Larayedh, R.Ghannouchi et H. Jebali. © AFP

Tout semblait sourire au parti islamiste, passé de la clandestinité au gouvernement tunisien en moins d'un an. Mais depuis son arrivée au pouvoir, dissensions internes et contradictions criantes, notamment sur l'attitude à adopter à l'égard des salafistes, le plongent dans le doute.


Avec 89 sièges sur 217 à la Constituante, Ennahdha pèse de tout son poids sur la préparation de la nouvelle Constitution tunisienne et sur les orientations du gouvernement de coalition. Élu sur un programme en 365 points qui mettait en avant une intention démocratique attachée au respect des libertés, le parti, à travers son projet de Constitution, a changé son fusil d'épaule en proposant la charia comme première source législative et en conditionnant les libertés au respect de toutes les formes du sacré.


Abdelaziz, sympathisant islamiste, note que, « au fond, il n'y a pas de quoi s'étonner ; Hamadi Jebali, alors secrétaire général du parti, avait annoncé en mars dernier que l'application de la charia serait progressive et incontournable. Pour les élections, Ennahdha a voulu séduire en affichant une image d'ouverture à la turque, mais elle montre aujourd'hui un tout autre visage et fait face à des divergences internes ». L'ancien Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, a déclaré que « lors des dernières élections, Ennahdha a fait le plein d'électeurs. Maintenant, il lui faut élargir son champ en s'alliant à d'autres tendances islamistes ».


De fait, le parti ne parle pas d'une seule voix et donne aujourd'hui l'impression d'être écartelé entre ses engagements électoraux et le souci de ne pas s'aliéner sa branche la plus extrême, le mouvement salafiste. Il doit en outre accorder ses violons avec le gouvernement et la Constituante.


Après le double langage, le temps est à la double gouvernance. À la manoeuvre, Rached Ghannouchi, chef de file d'Ennahdha, qui entretient une confusion entre les positions du parti et les prérogatives du gouvernement, prenant la parole au nom de la Tunisie sur la scène internationale après avoir placé au sein de l'exécutif des proches, tels que son gendre Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères, ou un fidèle compagnon de route, Lotfi Zitoun, ministre conseiller chargé des Affaires politiques, ou encore son neveu, Habib Khedher, rapporteur à la Constituante. Tout aussi troublant est son refus de condamner clairement les actes de violence des salafistes.


Diversion


Si Samir Dilou, ministre des Droits de l'homme et de la Justice transitionnelle et porte-parole du gouvernement, déclare qu'il « préfère que le gouvernement soit accusé d'être faible plutôt que répressif », il confie aussi qu'au sein du parti « le ton monte, mais on ne le dit pas ». L'affrontement entre faucons et colombes est latent, tant et si bien que le parti a reporté sine die son congrès. Ennahdha a d'ailleurs par trois fois affiché ses divisions ; sur le port du niqab, sur les déclarations de Sadok Chourou (lire ci-contre) et sur l'inscription de la charia dans la future Constitution. Alors que le ministre de l'Enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, tergiverse sur l'interdiction du port du niqab à l'université, Ali Larayedh, ministre de l'Intérieur, déclare « être personnellement opposé au port du niqab, qui est sans aucun fondement religieux », mais dit respecter « celles qui ont fait ce choix ».


Sur la question de la charia, Habib Khedher affirme « qu'elle va de soi dans un pays musulman et que le futur pouvoir législatif élaborera les lois en fonction de l'interprétation qu'il fera de la charia », tandis qu'Ajmi Lourimi, membre du bureau exécutif d'Ennahdha, souligne que l'application de la charia n'est pas au programme.


Nombreux sont ceux qui s'alarment de tous les débats stériles. « Polygamie, califat, charia, identité arabo-musulmane, tout ça est destiné à faire diversion, à escamoter l'incapacité d'Ennahdha à redresser l'économie, tout en lançant un signal dangereux pour détruire l'État moderne », analyse un chef d'entreprise.

 

Au nombre de ces diversions, les tournées de prêcheurs extrémistes du Moyen-Orient venus conforter les salafistes en vantant « un retour aux sources de l'islam, salvateur pour la société ». Ripostant aux procès intentés par ces cheikhs ultraréactionnaires contre l'identité tunisienne (lire encadré), Abdelfattah Mourou, ancien membre d'Ennahdha, a déclaré :

 

« Nous avons une tradition musulmane ancrée depuis des siècles. Nul ne peut prétendre nous donner des leçons. Quant à la démocratie, elle ne peut être contre l'islam, car elle n'est pas une religion mais un système. »


Pas de ligne claire


Sur la question des salafistes, les dirigeants du parti refusent de trancher. « Ils sont aussi les fils de ce pays », se justifie Ghannouchi. Sahbi Atig, chef du groupe Ennahdha à la Constituante, explique même que « le salafisme est aux origines du mouvement Ennahdha, lequel a ensuite eu un parcours politique fondé sur la démocratie ». Sadok Chourou joue d'ailleurs aujourd'hui le rôle d'interface avec les différents courants salafistes. Mais, selon Slaheddine Jourchi, analyste politique, « le récent accrochage entre forces de l'ordre et salafistes près de Sfax [12 djihadistes ont été interpellés à l'issue de l'enquête, NDLR] montre une rupture entre Ennahdha et une partie d'entre eux. En tirant sur les représentants d'un gouvernement d'Ennahdha, ils ont signifié leur rejet de la ligne du parti islamiste ». Il en va de même avec les wahhabites du Hizb Ettahrir, non autorisé, qui critiquent ouvertement un gouvernement jugé « non islamiste ».


Sur fond de conflit idéologique au sein du parti, certains militants confient que « la situation est grave. Nous ne savons pas gouverner et, faute de ligne claire, nous avons du mal à tenir notre base ». Raoudha Gharbi, de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), note pour sa part que « les salafistes font leurs tests pour s'installer au pouvoir ». D'aucuns pensent qu'Ennahdha cherche à gagner du temps et à imprimer des changements de comportement dans la société à travers, entre autres, le tissu associatif en vue des prochaines élections. Mais les relations entre Ennahdha et le pouvoir sont tellement intriquées que les dissensions du parti sont devenues une faiblesse de l'État.


Un "salafou" nommé Wajdi Ghanim


On savait les chaînes satellitaires religieuses influentes. Aujourd'hui, en Tunisie, on en mesure l'impact. Après la visite du prédicateur égyptien Amr Khaled, ce fut au tour de son compatriote Wajdi Ghanim de porter la « bonne parole ». Bardé de diplômes, ce théologien de 66 ans, figure de la propagande salafiste, est adulé dans de nombreux pays arabes, notamment en raison de ses harangues antisionistes. S'appuyant sur une lecture très personnelle des textes sacrés, il a littéralement enflammé la coupole d'El-Menzah, le 11 février, à Tunis. Là, il s'est contenté de stigmatiser la laïcité et l'indécence des sportives. Mais à Sousse, il a abordé l'un de ses thèmes favoris - pourtant totalement étranger à l'islam -, l'excision, qui ne serait pas une mutilation mais une banale opération esthétique, tandis qu'à Mahdia il a asséné, sous les ovations, que « la démocratie est faite par des mécréants et qu'il faut s'en remettre à la choura ». Ses outrances ont suscité un tel émoi dans le pays qu'une plainte a été déposée contre lui et les associations qui l'ont invité.

source jeuneafrique

 


 

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Le champ de bataille médiatique

 

 

Un front se libère, un autre s'ouvre. Procès en moralité, critiques répétées des islamistes, mécontentement voire harcèlement d'une partie de la population, maintien ou retour des proches du régime Ben Ali... Cela tire dans tous les sens dans les médias tunisiens.

Ce lundi matin, les journalistes sont appelés à se mobiliser contre les violences sur le terrain, pour la énième fois en l'espace de deux mois: samedi, lors de la dispersion d'une manifestation,dix journalistes ont été agressés par les forces de l'ordre, selon le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui a porté plainte contre le ministère de l'intérieur. Car cela commence à devenir une habitude: à chaque manifestation qui tourne au vinaigre, les journalistes prennent des coups.

Un héritage lourd

Les policiers ne sont pas les seuls à s'en prendre à eux. Dans les régions, lors de mobilisations sociales, des altercations ont eu lieu. De ce côté, Olivia Gré, responsable du nouveau bureau de Reporters sans frontières à Tunis, veut relativiser:

« C'est finalement assez normal. Ce sont des gens à qui on n'a jamais donné la parole. [Après la révolution], ils ont été extrêmement heureux de voir qu'enfin ils allaient pouvoir communiquer, faire entendre leur voix. Ils ont été très agressifs parfois à l'égard des journalistes, qu'ils ont considérés comme des traîtres.»

Les journalistes de la télé nationale, tout comme ceux deNessma- honnie des islamistes et pousuivie pour avoir diffusé le film d'animationPersépolis, où figure une représentation de dieu (un interdit dans l'islam) -, peinent à travailler et sont parfois contraints de retirer le logo de leur matériel pour éviter les prises à partie.

Certains partisans islamistes se montrent particulièrement virulents. Sofiene Ben Hamida, figure deNessma, a été agressé lors d'une manifestation pro-gouvernement. De même, Zied Krichen, rédacteur en chef du journalLe Maghreb, qui a adopté une stratégie d'opposition frontale aux islamistes, a été frappé lors de la première audience deNessma. Dans son dernier communiqué, le SNJT, accusateur, dénonce les"pressions terribles exercées par des individus et des groupes inféodés au gouvernement dans le but de contrôler les médias à travers des pratiques violentes et des appels francs au meurtre".

Attaques 2.0

Principal relais de cette campagne très virulente: Facebook. Des pages se sont fait une spécialité du dénigrement, comme "Ensemble pour éliminer les médias violets [la couleur fétiche de Ben Ali, ndlr]", qui rassemble plus de 10.000 fans.

Ce dimanche soir, un groupe dénommé"fallega"a piraté la page Facebook de laradio Mosaïque, perçue comme l'un de ces médias"gauchistes". Avec près de 500.000 fans, c'est aussi l'une des pages les plus suivies du pays. Les hackers s'en sont donnés à cœur joie, organisant des sondages sur l'opportunité d'appliquer la charia dans la Constitution. Usant de méthodes que n'aurait pas renié l'ancien régime, adepte des montages porno pour discréditer ses opposants, ils ont aussi diffusé des photos trafiquées du journaliste Haythem el Mekki: l'un le représente travesti en mariée, l'autre vaguement enlacé par un jeune homme. Ce blogueur avait déjà été la cible d'une campagne sur le réseau social et dans la rue pour son travail à la télé nationale.

Je les dérangeais car je tenais une chronique sur le web. Et là, ce n'est pas du tout un islam modéré qui s'exprime. Ils parlent de gauchistes qu'il faut tuer, de francs-maçons, de mécréants, ils insultent, diffusent des vidéos pour salir les gens, etc ...",

raconte-t-il.

Haythem el Mekki a fini par être suspendu, en février. Non pas pour son travail, mais pour avoir pris, sur sa page Facebook personnelle, des positions contre Ennahda, la première force politique du pays depuis l'élection de l'assemblée constituanteen 2011.

"Il faut donner l'idée que nous sommes neutres", justifie Sadok Bouabène, le directeur deWataniya 1 [la chaîne de télé la plus regardée en Tunisie], qui avait déjà occupé ce poste deux ans sous Ben Ali.

"Manque de neutralité"

Le manque de neutralité est d'ailleurs l'angle d'attaque des islamistes. C'est avec ce slogan que, vendredi, après la grande prière hebdomadaire, quelque 3.000 personnes sont allées crier leur colère devant l'entrée de la télévision nationale. Et une nouvelle manifestation est prévue ce vendredi.

Le climat d'hostilité est entretenu par les plus hauts responsables du parti Ennahda, qui ont multiplié les déclarations à l'encontre des médias, en particulier les médias publics. Ainsi, fin décembre, Rached Ghannouchi, le leader du parti, les accusait d'être pessimistes et manipulés:

«Quand vous feuilletez les journaux, on remarque une campagne bien organisée qui vise à semer le pessimisme et la zizanie. On ne parle que des sit-in, des manifestations, des blocages de routes et des industries incendiées... Que des informations négatives. Tous disent que le pays fonce vers l'abîme et c'est à cause de qui ? Ennahda, bien sûr. Ces médias diffusent un seul son de cloche : le pays se dirige vers une catastrophe causée par Ennahdha.»

Récemment, c'est Samir Dilou, le porte-parole du gouvernement, qui faisait dans le lynchage en évoquant l'affaireAttounsia[le directeur du magazine a purgé huit jours de détention, pour avoir publié en couverture la photo d'une femme nue]:

« Ces journalistes, qui n’ouvraient la bouche que chez le dentiste, s’amusent maintenant à violer le sacré, dans des torchons, qu’ils qualifient de journaux, en ornant leur Une de photos de nudité et en utilisant des dizaines d’obscénités dans leurs articles. »

 

Une "débenalisation" en cours

Il est vrai que des thuriféraires de l'ancien régime continuent de commettre des articles. Un exemple parmi d'autres: Raouf Khalsi, resté rédacteur en chef duTemps, l'un des principaux quotidiens francophones. Signataire de"l'appel des 1.000"pour conjurer Ben Ali à solliciter un cinquième mandat en 2014, il participe en 2009 à une campagne de dénigrement de la journaliste duMonde Florence Beaugé (une"femme psychotique, hystérique"et"bonne pour la psychanalyse", écrit-il alors), juste après son refoulement du territoire tunisien. Le 11 janvier 2011, après un weekend sanglant à Kasserine, il dénonçait les"lubies"des manifestants.

Le chercheur spécialiste des médias Riadh Ferjani reconnait toutefois"qu'Ennahda est très minoritaire dans les médias dominants", largement acquis à la gauche. Mais il fustige l'attitude de cesjournalistes:"Quand ils critiquent les médias, ils ne proposent pas d'alternative. Ils veulent le retour des médias à la botte du pouvoir".

Une suspicion alimentée par deux éléments: d'une part, le gouvernement emmené par Ennahda tarde à adopter les décrets d'application du nouveau code de la presse, débarrassé de ses aspects répressifs. Il passe outre, aussi, les recommandations de l'instance la réforme de l'information, nommant les responsables des médias publics sans aucune concertation.

La presse a du mal à se réguler

C'est ainsi que, début janvier, des partisans de l'ancien régime ont été promus, avant que le gouvernement ne retire les nominations les plus contestées. Récemment encore, le directeur de la radioShems FM, propriété - confisquée - de la fille de Ben Ali, a été écarté: la commission qui gère les biens confisqués a mis à la place du jeune et talentueux journaliste Elyès Gharbi, l'ancien directeur, et accessoirement homme de confiance de Cyrine Ben Ali.

Un climat qui ne favorise pas les réformes dont le secteur a besoin. Les chantiers sont nombreux: l'information institutionnelle reste la règle avec la couverture de conférences de presse. Les reportages et les enquêtes sont rares. Dans chaque média, les journalistes tentent, parfois à l'encontre de leur direction, d'élire des comités de rédaction.

La profession parviendra-t-elle à se débarrasser de ses brebis galeuses ? Une "liste noire" est en train d'être constituée par le SNJT. Mais, sans accès aux archives du ministère de l'Intérieur pour prouver qui collaborait avec la police politique, sa portée risque d'être très limitée. Un an après le départ de Ben Ali, l'élan de liberté qui en est né peine à se concrétiser.



Les affaires en cours

La censure du porno, l'affaire Attounsia et le procès Nessma: les trois affaires qui touchent aux mœurs et à la religion sont celles qui ont attiré le plus l'attention.

Soupirs - provisoires - de soulagement, pour les deux premières: condamnée par deux fois à remettre en place le filtrage des sites pornographiques, l'agence tunisienne d'internet (AIT) s'est vue offrir un ultime espoir, quand la cour de cassation a renvoyé le jugement à une cour d'appel. Poursuivie par trois avocats islamistes, l'ATI défend un internet"neutre", libéré de toute censure globale.

Quant au directeur d'Attounsia, il a fini par être libéré après huit jours de détention, purgés pour avoir publié en couverture la photo d'une femme nue.

Le procès Nessma, lui, n'aura lieu que le 23 avril. La chaîne est pousuivie pour avoir diffusé le film d'animation Persépolis, où figure une représentation de dieu (un interdit dans l'islam). Les batailles judiciaires sont loin d'avoir trouvé leur épilogue.

source myeurop

 

 

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
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