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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 06:08

Un accueil bien protocolaire !


 

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Le président tunisien à Alger pour une visite de deux jours

 

Le président tunisien Moncef Marzouki a entamé dimanche une visite officielle de deux jours en Algérie, achevant une tournée du Maghreb qui l'a auparavant mené au Maroc, puis en Mauritanie. Accueilli à l'aéroport d'Alger par son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika et le Premier ministre Ahmed Ouyahia, M. Marzouki a notamment placé ce déplacement sous le signe de la relance de l'Union du Maghreb arabe (UMA) et de la coopération régionale en matière de sécurité.

M. Marzouki, après un premier tête-à-tête avec M. Bouteflika, s'est ensuite rendu, selon l'usage protocolaire, au Sanctuaire des martyrs sur les hauteurs d'Alger pour se recueillir à la mémoire de combattants de la guerre d'indépendance algérienne.

A la veille de sa visite, le chef de l'Etat tunisien avait confié à l'agence officielle algérienne APS que les attentes de son pays vis-à-vis de l'Algérie étaient "très importantes" et qu'il se déplaçait également "avec quelques idées de développement conjoint".

"Ma visite est symbolique dans la mesure où j'ai vécu avec l'Algérie dans le sang lorsque j'étais enfant. Mon père a été un activiste impliqué dans le soutien à la guerre de libération" algérienne, a-t-il aussi noté sur un plan plus personnel.

Evoquant la situation socio-économique après la Révolution de jasmin, M. Marzouki a observé que son pays traversait "une très grave crise économique et sociale. Les poches de pauvreté se trouvent essentiellement dans les régions de nos frontières ouest et sud".

Au sujet du règlement de la situation des 15.000 Algériens établis en Tunisie, confrontés à des problèmes administratifs, il s'est engagé à s'en occuper "personnellement". "Le dossier est sur mon bureau. Mon conseiller diplomatique est chargé de suivre cette affaire. Vous connaissez les problèmes de la bureaucratie, mais je peux vous assurer que la volonté politique va être plus forte que la résistance de la bureaucratie (...) Dans le courant de cette année, tout sera réglé", a assuré l'ex-opposant à Zine El Abidine Ben Ali.

Sur le plan de la coopération sécuritaire, le nouveau président tunisien a mis en relief la coordination entre les armées des deux pays, notant que, "depuis plusieurs années, ces deux institutions sont à pied d'oeuvre. Cependant, la nécessité se fait sentir pour les cinq pays maghrébins (...) de coordonner leurs actions pour sécuriser cette région qui est menacée par l'infiltration terroriste", notamment en raison de la particularité géographique de cette zone "vaste et désertique". 

source tempsreel.nouvelobs

 

__________________________________________Un point de vue algérien 

Le contraste tunisien

Le président tunisien Moncef Marzouki a entamé hier une tournée maghrébine qui le mènera tour à tour au Maroc, en Mauritanie puis en Algérie. Officiellement, le chef de l’Etat tunisien se fixe pour challenge, à travers ce périple de six jours, de relancer le processus de l’intégration maghrébine, en panne depuis de nombreuses années. Mais pour aussi louable qu’elle soit, il ne faudra certainement pas attendre grand-chose de l’initiative du chef de l’Etat tunisien. Pourquoi ? D’abord, il faut se rendre à l’évidence que les obstacles qui empêchent l’Union du Maghreb arabe (UMA) de se construire nécessitent bien plus qu’une tournée régionale pour être levés. Ce dont sont d’ailleurs conscients des pays comme l’Algérie et le Maroc qui ont entrepris, depuis près d’une année, de régler leurs problèmes patiemment, les uns après les autres.

Ensuite, il serait trompeur de faire croire à l’opinion maghrébine que l’intégration régionale est à portée de main alors qu’un de ses membres, la Libye, plongée dans une guerre civile qui ne dit pas son nom, n’a encore même pas d’Etat. Et, à un degré moindre, le constat peut même être élargi à la Tunisie qui entame une période de transition avec pour toile de fond une crise économique et sociale des plus dures. Et à l’heure actuelle, il n’est pas faux de dire que le «costume» de leader maghrébin que Moncef Marzouki veut à tout prix enfiler peut paraître un peu trop grand pour lui. Du moins, c’est le cas maintenant.

En se posant, par contre, comme le porte-flambeau de l’unité maghrébine et de la démocratie, Moncef Marzouki aspire certainement à donner une visibilité et un rôle diplomatique à la Tunisie, cela à défaut de pouvoir peser économiquement, financièrement ou militairement au plan régional ou continental.

Le chef de l’Etat tunisien qui pense secrètement, sans doute, qu’une intégration maghrébine accélérée aidera son pays à surmonter la crise, apparaît s’inspirer grandement, pour ce qui est de sa politique étrangère, de l’exemple du Qatar, un petit pays qui est devenu en l’espace de quelques années un acteur incontournable dans le jeu politique arabe et moyen-oriental. Sauf que contrairement au Qatar, la Tunisie n’a pas encore les moyens de sa politique. Mais au-delà, il ne peut effectivement être reproché au chef de l’Etat tunisien – qui est aussi face au défi de se faire réélire à son poste lors de la prochaine présidentielle – de vouloir construire un destin à la Tunisie et, surtout, d’avoir un bilan à présenter le moment venu.

En ce sens, l’activisme de Moncef Marzouki contraste avec la déconcertante passivité de l’Algérie. Au moment où l’on parle de profondeur stratégique de l’Algérie, l’histoire retiendra, par exemple, qu’aucun président algérien ne s’est déplacé en Mauritanie, pays où doit se rendre prochainement justement M. Marzouki. Avec une telle manière de faire, il n’est pas étonnant de voir les pays «amis» tomber dans les bras des autres. Pays promu pourtant grâce à ses nombreux atouts à jouer un rôle moteur dans la région et même bien au delà, l’Algérie est devenue, à la longue, craintive, pantouflarde et, pis encore, suiviste. On a l’impression maintenant que pour se prononcer sur un dossier international donné, il faut d’abord demander l’avis ou recueillir l’onction du Qatar. Le pauvre Mohamed Seddik Benyahia, artisan de la libération, en janvier 1981, des otages américains détenus en Iran, doit certainement se retourner dans sa tombe.

par Zine Cherfaoui

source elwatan


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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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