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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 04:58

 



 

 

 

 

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les «Frères» veillent sur la fête de la révolution


Comme au plus fort du soulèvement contre Hosni Moubarak, la place Tahrir s'est muée mercredi en une gigantesque scène vers laquelle ont afflué, dès le début de la matinée, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Mais contrairement aux journées de février dernier, où les slogans rageurs des manifestants se répondaient d'un bout à l'autre de l'esplanade, ce premier anniversaire de la révolution a vite pris les allures d'une kermesse joyeuse et baroque. 

Les Frères musulmans, en position de force depuis leur large victoire aux législatives, avaient appelé à «célébrer» la chute du raïs. Par leur nombre et leur organisation, ils ont singulièrement compliqué la tache des groupes contestataires qui, eux, menaçaient d'engager une «deuxième révolution» contre les militaires. 

Dès mardi soir, les «Frères» avaient pris le contrôle de l'esplanade pour en sécuriser les entrées en l'absence des forces de l'ordre, priées par le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) de se tenir à l'écart. En milieu de matinée, alors que les charrettes à bras chargées de patates douces ou de pop-corn occupaient divers points stratégiques, les premiers drapeaux verts se mettaient à flotter dans le ciel du Caire. 
«Je suis venu fêter la victoire du peuple égyptien» 

Les marchands de souvenirs circulaient dans la foule, vendant comme des petits pains leurs posters du président Gamal Abdel Nasser tandis qu'un cortège salafiste tournait autour de l'esplanade. Non loin, un enseignant de l'université al-Azhar se réjouissait de «cette belle journée». 

«Je suis venu fêter la victoire du peuple égyptien qui, après avoir fait tomber le régime et conquis sa liberté, vient d'élire souverainement un nouveau Parlement», explique le cheikh Abdel Hamid Mouftah. Contre le sentiment dominant, ce professeur de droit islamique assure que «les conditions de vie des Égyptiens se sont déjà beaucoup améliorées» et balaie les exigences des révolutionnaires qui sont, dit-il, «ultraminoritaires». 

Mohammed Abou Karim, membre de la confrérie fondée par Hassan el-Banna, complète: «On peut se réjouir de tout ce qui a été fait en un an. Bien sûr, la révolution doit continuer car elle n'a pas atteint tous ses buts. Mais ça n'a aucun sens d'appeler à un nouveau soulèvement alors que l'armée vient de transmettre ses pouvoirs législatifs au Parlement.» 

13 heures. Sur la place, noire de monde, dont les voies d'accès sont maintenant complètement paralysées, les intervenants juchés sur des podiums se livrent une guerre des décibels. Un orateur du mouvement du 6-Avril, en pointe dans le soulèvement du 25 janvier 2011, invite la foule à «chasser le CSAF» et à «achever la révolution». À l'autre bout de l'esplanade, une voix rocailleuse hurle: «À bas, à bas Israël». 

Non loin, une grande banderole rouge réclame la libération du chef spirituel des Gamaa al-Islamiya, Omar Abdel Rahman, qui purge une peine de prison à vie aux États-Unis où il a été jugé coupable de «conspiration séditieuse» après l'attentat contre le World Trade Center en 1993. 
«Non» aux militaires 

À mesure que la journée avance, la place Tahrir reprend des allures de forum politique à ciel ouvert où l'on débat, se dispute puis se réconcilie au gré des mouvements de foule. Bandeau noir autour de la tête, Imad Chaoui et Heea Maklou sont venus avec leur fils Oscar, 2 ans, pour dire «non» aux militaires qui tiennent le pouvoir. «Contrairement à ce que prétendent les Frères musulmans, il n'y a strictement rien à célébrer, assurent-ils. Nous sommes en deuil et la mort de nos martyrs n'a rien changé à la situation de l'Égypte. C'est pourquoi il est urgent que le CSAF cède la place.» Amal Khalil, mère au foyer, fulmine: «Le régime n'est pas tombé et le procès de Moubarak n'est rien d'autre qu'une mascarade. L'armée et les Frères se sont mis d'accord pour faire traîner les choses et pour partager le pouvoir sur notre dos.» 

Sur le podium de la confrérie, on lit un message du grand cheikh d'al-Azhar, qui invite la foule «à ne pas tomber dans le piège de la division» et «à ne pas se laisser infiltrer par des gens qui veulent détruire l'Égypte». Implicitement, l'autorité religieuse invite ainsi les fidèles à se tenir à l'écart des groupes politiques qui prônent un nouveau soulèvement. 

À écouter certains observateurs, les Frères musulmans craignent en effet qu'un regain de protestations ne complique la transition en cours. De leur côté, en cette fin d'après-midi, les responsables des mouvements révolutionnaires comptent leurs forces. À la tombée de la nuit, ils décideront d'appeler leurs militants à occuper la place Tahrir, jusqu'à une date indéterminée. 
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En résumé : Non et Non et mille de Non au pouvoir des militaires 


 

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Sit-in place Tahrir jusqu’au départ de l’armée

De jeunes militants égyptiens se sont installés jeudi sur la place Tahrir, au Caire, qu’ils ont promis d’occuper jusqu’à ce que les militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA) remettent le pouvoir à des civils.
Au lendemain du premier anniversaire du déclenchement de la révolution qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, des dizaines de jeunes Egyptiens pro-démocrates se trouvaient toujours sur la place, épicentre de la contestation de l’hiver dernier.

"Le conseil militaire commet les mêmes abus que Moubarak. Je ne ressens aucun changement. Le conseil militaire mène une contre-révolution", dénonce Samer Qabil, un étudiant de 23 ans.
Dans un passé récent, plusieurs sit-in ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l’ordre.
Mercredi, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont célébré le premier anniversaire de la révolution, mais les rassemblements ont mis en lumière les divisions et les tensions sur les suites de la transition politique.
 

Les militaires du CSFA ont pris les commandes du pays après le renversement de Moubarak, le 11 février dernier. Ils ont promis de restituer le pouvoir aux civils après l’élection présidentielle, prévue pour le mois de juin.
Mais de nombreux activistes en pointe lors de la contestation d’il y a un an les soupçonnent de vouloir préserver leur emprise.
 

"Le sit-in se poursuivra jusqu’à leur départ", a promis Alaa Abdel Fattah, blogueur détenu plusieurs jours par l’armée lors de violents incidents qui ont fait 25 morts en octobre dernier.

source aloufok

 

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Egypte : les Frères, l’Armée et les Salafistes

 

Ils en rêvaient depuis quatre-vingts ans. Les Frères musulmans sont aujourd’hui la première force politique de l’Egypte. Les élections ont donné leur verdict. Près de la moitié des voix et des sièges ont été engrangés par la Confrérie qui se retrouve en position de force, mais entre deux acteurs difficilement contrôlables : l’armée, ossature de l’Etat égyptien depuis soixante ans, et les salafistes qui ont réalisée une percée notable avec un quart des suffrages. C’est entre ces trois forces que l’Egypte joue son avenir et sa stabilité. Maintenant.

 

Ce n’est pas une surprise, on le savait depuis le renversement de Moubarak en février 2011 : les Frères musulmans allaient devenir la principale force politique du pays, grâce à leur ancrage dans la société égyptienne, notamment auprès des plus modestes, grâce aussi aux divisions du camp libéral et laïc, grand perdant de ce scrutin.

 

Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) des Frères recueille 47% des sièges

Le parti Al-Nour des salafistes 24%

Le parti libéral Wafd 9%

Les petits partis laïques 7%

 

Ce qui est nouveau, c’est en fait l’affirmation très forte d’Al-Nour, le parti salafiste. Ce mouvement fondamentaliste, qui prône une lecture littérale de la tradition islamiste et son inscription en profondeur dans le système juridique, fait ainsi son entrée sur la scène politique. Depuis une vingtaine d’année, lorsque l’on parlait des salafistes c’était pour évoquer l’humus idéologique sur lequel fleurissait de nombreux groupes terroristes, actif notamment au Maghreb. Aujourd’hui, c’est une force politique qui obtient pignon sur rue, dans le pays arabe le plus peuplé.

 

Le premier effet de cette percée salafiste est de réduire à une petite minorité les forces laïques et libérales. On retrouve la leçon des élections tunisiennes. Aussi active qu’ait pu être la jeune bourgeoisie tunisoise ou cairote, ce sont les forces islamistes qui tirent le bénéfice du printemps arabe. Dans des pays rongés par la corruption, allergiques aux pressions occidentales non seulement en raison du passé colonial mais, plus frais encore, du soutien accordé aux dictatures sortantes, le « ciment » islamique est gagnant. Il est en osmose avec les couches populaires, bénéficie de la crédibilité que son statut d’opposant lui lègue, il incarne la culture populaire et le besoin de justice et de morale. Voilà pour la vue d’ensemble.


Mais le fait politique, c’est que les Frères et les Salafistes, en entrant de façon si fracassante sur la scène politique, ouvrent une dialectique inédite au sein de la mouvance islamiste. Et l’Egypte est engagée dorénavant dans un processus de transformation inéluctable. Le statu quo d’avant 2011 n’est plus possible.

 

L’armée, qui depuis quelques mois a donné de nombreux signes de sa résistance au changement, sait qu’elle ne peut plus, par la force, restaurer l’ordre ancien sous peine de rompre avec son principal soutien financier,  Washington. Même si la tentation d’adopter une stratégie de la tension, afin de reprendre la main, est manifestement toujours présente à en juger par les gestion du processus électoral.

 

Les Frères, eux, sont divisés quant à la stratégie à suivre. Ils sont les seuls à pouvoir interrompre le règne des militaires. Contre eux ou avec eux ? C’est tout l’enjeu des prochaines semaines, car le PLJ est divisé sur ce point (comme sur d’autres), et sous la pression des salafistes. Dans son histoire tourmentée, depuis sa fondation en 1928, la Confrérie a, dans l’ensemble du monde arabe, fait montre de sa capacité d’adaptation aux situations. Placés dorénavant au centre de l’échiquier politique, les Frères ont tout intérêt à se ménager plusieurs options. De la reconnaissance par les Etats-Unis, déjà effective comme en témoigne la visite, il y a dix jours, du numéro 2 de la diplomatie US, William Burns. A l’envoi de signaux idéologiques plus en phase avec le sentiment radical, et il faut s’attendre à voir certains leaders du PLJ caresser l’opinion dans ce sens. Même si dans un premier temps, c’est pour rassurer l’Occident que les responsables multiplient, depuis quelques semaines, les propos rassurants.

Quant aux salafistes, leur stratégie est plus évidente. Faire pression sur les franges les plus radicales des Frères, profiter de leur présence nouvelle au Parlement pour élargir leur assise, prier pour que le nouveau pouvoir peine à répondre aux grands défis économiques et sociaux posés à une Egypte qui, depuis un an, a vu le tourisme et les investissements étrangers s’étioler.

source international

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Égypte : Place TAHRIR jan25
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