Témoignages_ Analyses_ Communiqués

Dimanche 28 août 7 28 /08 /Août 07:21

Afrique du Nord : 1 2 3 puis 4 et les suivants ?

 

Après la Tunisie, initiateur du printemps arabe, l'Égypte a pris le relais du mouvement de libération.

La Libye, bon 3e vient d'achever sa bataille périlleuse contre le plus dangereux des trois dictateurs déchus bien qu'elle balbutie encore dans sa recherche de démocratie avec l'aide bénévole des Européens et des Américains. Au nord de la Méditerranée, on applaudit.

Est-ce le cas au sud ? Au Maroc et en Algérie, les deux derniers pays d'Afrique du Nord potentiellement destinés à une réelle « vie démocratique ».

algeria.jpgPourtant, les populations de ces pays auraient beaucoup à demander et à obtenir de la République algérienne démocratique et populaire et du Royaume du Maroc.

L'Algérie qui a adopté un système politique dit « républicain » où l'exécutif s'octroie la totalité des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de permettre au peuple algérien de maîtriser sa destinée de pays pétrolier relativement riche. Le Président élu tous les cinq ans n'est pas limité par le nombre de mandats qu'il peut postuler. Aujourd'hui, Bouteflika préside depuis 1999, douze ans déjà ! Un type de république à la cubaine. Sa position ambiguë sur la rébellion libyenne le dessert maintenant, au lendemain de la chute de Kadhafi, un allié fidèle.

Les attentats récents par des groupes islamistes et l'« attentat-suicide à l'entrée de l'académie militaire de Cherchell, à 100 km à l'ouest d'Alger » du 26 août 2011 ne contribueront pas à alléger la main sécuritaire du gouvernement contre Al-Qaida et tout autre mouvement « démocratique ».

maroc.jpgLe Maroc, à Monarchie constitutionnelle, sans commune mesure avec celles en vigueur en Europe chez les Britanniques, les Suédois ou les Danois, a aussi du chemin à faire avant que les libertés fondamentales n'y soient aussi bien pratiquées que dans les monarchies évoquées ci-dessus. Le Roi du Maroc Mohammed VI règne depuis 1999, douze ans aussi ! Il détient tous les pouvoirs qu'il « voudrait » réduire au profit du 1er ministre « désormais nommé » par le Parlement (dès que le référendum aura entériné la réforme de la Constitution).

US $

PIB 2010 MM$

Population

PIB par tête

Rang PIB par tête

Afrique du Sud

357,3

50,586

7,063

1

Algérie

160,3

36,3

4,416

2

Angola

85,31

19,082

4,471

3

Maroc

103,5

32,241

3,210

4

Égypte

218,5

80,721

2,707

5

Syrie

59,33

23,695

2,504

6

Nigéria

216,8

158,423

1,368

7

 

La Syrie semble être le prochain candidat à la démocratie tant la répression brutale du régime d'al-Assad le condamne à terme à céder la place à un peuple qui veut « respirer » librement.

Aucun de ces pays ne vit les libertés connues habituellement dans les démocraties. La presse est jugulée par le pouvoir ne souhaitant pas de contre-pouvoir médiatique. La justice, considérée généralement comme un pouvoir à part entière, le pouvoir judiciaire reste aux mains du pouvoir quand elle n'est pas confondue au sein du gouvernement par le ministère du même nom. En ce qui concerne le pouvoir législatif, il n'existe que l'apparence de ce pouvoir d'une Assemblée nationale incapable d'initier des lois et de les voter selon la volonté du peuple qu'elle suppose représenter.

urne.jpgEn France, pays 'démocratique', le 'pouvoir législatif' est réduit à l'enregistrement des projets de loi que le gouvernement souverain propose et impose à l'ordre du jour.

Quant au pouvoir judiciaire français, aux mains du « Parquet », bras droit judiciaire du pouvoir, il dépend directement du Ministère de la Justice qui exerce la pression suffisante sur les juges pour que leurs jugements ne déplaisent pas au Président et à son gouvernement. L'indépendance de la justice en France n'est pas encore un fait acquis absolu voire elle va subir une remise en ordre avec l'abolition décidée des juges d'instruction considérés comme trop indépendants et insuffisamment soumis aux instructions du Parquet.

C'est peu dire du parcours du combattant que devront accomplir les nouvelles démocraties africaines du Nord sans compter celles qui y aspirent.

Tous nos nobles chefs d'états européens, défendant les rebelles libyens, n'ont cure que ces pays développent ou non un sentiment démocratique puissant qui les inciterait à regarder de très près l'équilibre des avantages / inconvénients tirés des contrats qu'ils signent ou signeront avec cette Europe généreuse et altruiste (ceci sans évoquer les frères Américains, Chinois et Russes pour ne parler que d'eux). Quand les consortiums européens ou US s'en tirent mieux avec la « corruption » qui leur a permis dans le passé d'exploiter au mieux de leurs intérêts les richesses de ces pays. Ça revient moins cher d'arroser un petit nombre d'individus au pouvoir que de conclure des contrats équitables dont toutes les parties des projets bénéficieraient.

L'optimisme ne peut être de règle dans un monde régi par l'OMC, "filiale" vertueuse des États-Unis et consorts.

 

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Témoignages_ Analyses_ Communiqués
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Dimanche 7 août 7 07 /08 /Août 20:59

Lorsque les révolutions ont éclaté, la plupart des monarchies du Golfe ont pu acheter provisoirement la paix sociale grâce à la richesse qu’elles tirent du pétrole. Mais cette possibilité n’existait pas à Barheïn où les ressources en hydrocarbures s’épuisent. Pendant quatre semaines, la place de la Perle au cœur de la capitale est devenue le centre de la contestation qui a donné lieu à une répression sans merci. À Oman, des mouvements sociaux et démocratiques ont éclaté dès le 17 janvier et, en mars, les travailleurs du pétrole ont déclenché une grève. L’armée a investi la ville de Sohar interrompant très provisoirement le mouvement. La Jordanie a connu plusieurs mois de manifestations qui ont débouché sur un changement de Premier ministre et des réformes. Ce qui n’a pas empêché une manifestation massive le 15 juillet. Au Yémen, pays pauvre de la région et principalement agricole, le mouvement a commencé dès le 16 janvier et, le 27, des dizaines de milliers de manifestants demandaient le départ du président Saleh au pouvoir depuis 33 ans. Le 16 juillet, les forces de l’opposition ont créé un Conseil de transition pour construire l’alternative à Saleh qui, blessé, s’est réfugié en Arabie saoudite mais annonce régulièrement son retour.

L’épicentre du mouvement de révolte dans la région du Golfe arabo-­persique était situé dans l’État insulaire du Bahreïn. Les premières manifestations y ont commencé le 14 février 2011, trois jours après la démission forcée du président égyptien Hosni Moubarak.
Au moment des révoltes de masse dans d’autres pays arabes, les monarchies du Golfe ont pu déverser de très fortes sommes d’argent pour « acheter » temporairement la paix sociale, ces dépenses étant toutefois toujours accompagnées de mesures de répression. Ainsi le roi d’Arabie saoudite a-t-il augmenté, fin février et mi-mars 2011, les dépenses publiques de 67 milliards de dollars ; en faveur de besoins sociaux par exemple le logement, mais aussi pour renforcer la police, l’armée et la « police des mœurs ». L’émirat du Koweït a fait offrir, fin janvier 2011, une somme d’environ 3 500 dollars à titre de « cadeau » à chaque ménage koweïtien (à l’exclusion des habitants n’ayant pas la nationalité koweïtienne qui représentent 70 % de la population totale de ce pays riche en pétrole mais ne comptant qu’un million de sujets-citoyens). Pendant un an, les aliments de base ont été rendus gratuits pour ces mêmes ménages. Ce qui n’a pas empêché des milliers de jeunes Koweïtiens de manifester à plusieurs reprises, le 8 mars, puis fin mai et début juin 2011.

Barheïn, une terrible répression

Au Bahreïn, la situation est très différente. Ici, les ressources pétrolières sont déjà sur le point de se tarir. Par ailleurs, 70 % de la population appartiennent à la confession chiite, alors que la monarchie régnante (au pouvoir depuis 1783) est sunnite. Sur le plan social, des sunnites – originaires du Bahreïn ou encore d’autres pays de la région – sont systématiquement favorisés, notamment sur le plan de l’emploi. Le clivage principal au sein de la société n’est ainsi pas de nature théologique, mais la différence d’appartenance religieuse débouche sur une discrimination sociale, matérielle. Des membres de la population chiite participaient aux protestations avec des sunnites progressistes (le parti Alliance démocratique nationale, notamment). La confédération des syndicats, la General Federation for Bahrain Trade Unions (GFBTU, dirigée par Salman Jaffar Al-Mahfoodh), soutenait également le mouvement de protestation, dont une partie demandait des « réformes » politiques et sociales alors qu’une autre allait jusqu’à mettre en question ouvertement la monarchie.

Après quatre semaines de manifestations et rassemblements incessants, dont le centre était la désormais célèbre place de la Perle de la capitale Manama, le pouvoir décide de mater la révolte par la répression. Le 14 mars, des troupes du Conseil de coopération du Golfe (réunissant six monarchies conservatrices et réactionnaires), surtout d’Arabie saoudite, entrent à Bahreïn sur demande du pouvoir royal. Ce dernier décrète l’état d’urgence à partir du 15 mars, et fait évacuer la place de la Perle, le 16 mars. Le fameux monument d’une hauteur de cent mètres, au bout duquel se trouvait une boule représentant une perle, fut d’ailleurs détruit par des bulldozers, le 18 mars : il fallait surtout ne laisser aucune trace de la rébellion de masse ! Dans un pays qui compte 1, 2 million d’habitants (dont 650 000 de nationaux), les manifestations dans la capitale s’étiraient, quelques jours plus tôt, sur plus de trois kilomètres de long.

Depuis, c’est une répression terrible. 24 manifestants ont été tués pendant les mois de février et mars (dont vingt dans la rue, et quatre probablement sous la torture). 2 000 personnes ont été licenciées, après le 15 mars, pour avoir participé aux rassemblements de protestations. Le 19 mai dernier, neuf opposants ont été condamnés à vingt ans de prison, puis huit autres – le 22 juin – à la prison à vie. Des dizaines de médecins et infirmières ont été traduits en justice, pour avoir soigné des manifestants blessés et « exagéré leurs blessures face aux médias internationaux ».
Mais le 1er juin, le roi a officiellement levé l’état d’urgence, mesure qui fut tout de suite suivie de tentatives de manifester (vite étouffées). Le 2 juillet, la monarchie a ouvert un « dialogue national » auquel le plus grand parti d’opposition chiite (le Bloc Wefaq) a d’abord participé. Or, le 17 juillet, ce parti, revendiquant des réformes politiques, s’est retiré de ce pseudo-dialogue. L’avant-veille, plusieurs dizaines de milliers de partisans de l’opposition avait de nouveau manifesté à Manama.

Oman, grève des pétroliers

Un autre pays du Golfe, le sultanat d’Oman (qui compte environ trois millions d’habitants), a connu de forts mouvements sociaux et démocratiques, à partir du 17 janvier 2011. Les mobilisations (grèves et sit-in) ont surtout concerné la fonction publique et les sociétés nationales. Elles ont été accompagnées de rassemblements et sit-ins de plusieurs centaines de chômeurs et d’intellectuels – manifestant pour l’emploi et pour les libertés d’expression et d’information et contre la corruption dans plusieurs villes – et, du 15 au 20 mars, la première grève de travailleurs du pétrole est déclenchée dans le Golfe pendant le « printemps arabe ». L’armée a fini par investir la ville de Sohar, épicentre industriel de la contestation qui s’est provisoirement interrompue. À la suite de procès où des manifestants ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, les manifestations pour exiger leur libération ont repris en juillet, vite réprimées. Les concessions obtenues (salaire minimum mensuel porté de 364 à 520 dollars, instauration d’une allocation de chômage de 390 dollars mensuels, remaniement ministériel, annonce de la création de milliers d’emplois dans le public et le privé, distribution de terres constructibles aux foyers, annonce d’une féminisation relative de l’assemblée consultative qui serait dotée de pouvoirs législatifs et dont le renouvellement est prévu à l’automne, etc.) ne sont toutefois pas parvenues à endiguer la révolte des travailleurs du privé exigeant d’être traités à égalité avec ceux du public ou des chômeurs oubliés des mesures.

Jordanie, des réformes insuffisantes

La Jordanie, pays voisin d’Israël, de la Syrie et de l’Irak, compte environ 6, 5 millions d’habitants. Son pouvoir monarchique est étroitement lié aux États-Unis. Notons que le Conseil de coopération du Golfe a décidé de s’étendre à la fois à la Jordanie et au Maroc ; deux pays situés loin du Golfe arabo-persique, mais qui partagent cette caractéristique d’être gouvernés par des monarchies conservatrices.

Le pays a connu pendant plusieurs mois des manifestations massives. Elles ont commencé, le 16 janvier 2011, dans la capitale Amman, rassemblant plusieurs milliers de personnes venant de trois pôles politiques : la gauche, les syndicats et le Parti d’action islamique (proche des Frères musulmans). À partir de la mi-mai, ces différentes forces ont d’ailleurs formé un Front national pour la réforme, une sorte de coordination commune.

À plusieurs reprises, le 15 février (en journée) puis dans la nuit du 24 au 25 mars 2011 à Amman, des rassemblements et campements d’opposants ont été attaqués par des nervis pro-régime en civil. À l’instar des attaques des « baltagyas » en Égypte, ou plus récemment des milices de civils pro-­pouvoir au Maroc.
Le pouvoir monarchique a changé de Premier ministre et de gouvernement, le 1er février, mais a nettement refusé au cours des semaines suivantes les revendications de réformes politiques de l’opposition (dissolution du Parlement et système de vote plus démocratique). Le 13 juin, un convoi de voitures du roi Abdallah ii a été attaqué à Tafileh, à environ 150 km au sud de la capitale Amman, par une soixantaine de jeunes jetant des pierres et des projectiles.

Récemment, le 15 juillet, une nouvelle manifestation massive a eu lieu à Amman, au cours de laquelle au moins dix-sept personnes (dont neuf journalistes) ont été blessées.

Yémen, Saleh résiste

La situation au Yémen est différente, dans la mesure où le mouvement ouvrier est extrêmement faible dans ce pays le plus pauvre de tout le monde arabe, et encore largement agricole. L’agriculture représente 75 % de la population active, mais seulement 10 % du PIB ; alors que les ressources pétrolières, en voie de s’épuiser, procurent un quart des recettes du pays mais 70 % des finances du gouvernement. Le pays compte par ailleurs l’une des populations les plus jeunes du monde, avec un âge moyen de 24 ans.

Au Yémen, la première mobilisation « pour des réformes » a commencé le 16 janvier 2011, au surlendemain du renversement de Ben Ali, en Tunisie, avec deux rassemblements successifs sur le campus de l’université de la capitale Sanaa. Ils étaient suivis, le 20 janvier, par un premier rassemblement dans la ville de Taëz. Mais c’est surtout l’arrestation, dans la nuit du 22 au 23 janvier, de la journaliste et militante Tawakel Karman qui a déclenché les protestations. Madame Karman, membre de la direction du parti Islah (« Réforme », de tendance islamiste modérée), anime par ailleurs une association, Journalistes sans chaînes, qui lutte pour la liberté de la presse. Elle avait été la principale animatrice d’un rassemblement « de solidarité avec le peuple tunisien ». Environ 200 journalistes ont manifesté, le 23 janvier, pour la libération de leur collègue (qui a d’ailleurs été relâchée le lendemain).

Dès lors, le processus était déclenché. Le 27 janvier 2011, pour la première fois, ils étaient des dizaines de milliers à se rassembler à Sanaa contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Au pouvoir depuis juillet 1978 – 33 ans ! –, ce dernier s’appuyait jusqu’ici sur les structures tribales, encore extrêmement puissantes ; les tribus soutiennent financièrement leurs membres en cas de maladie ou incapacité de travail, aucune protection sociale publique n’existant dans ces domaines. Par ailleurs, le régime était soutenu par les États-Unis puisque le président Saleh agitait le chiffon rouge de la présence d’Al-Qaida dans le pays ; même si l’administration américaine se méfiait de lui et était convaincue que Saleh jouait un jeu tactique avec cet argument. Or, au fur et à mesure que son pouvoir perdurait et montrait de l’usure, certaines structures tribales se sont détournées de Saleh.

Ainsi, il y a eu deux mobilisations en parallèle contre le régime de Saleh. D’un côté, un mouvement de masse, non armé, majoritairement jeune, misant sur les rassemblements publics et les manifestations, dans les centres urbains. Une mobilisation à laquelle le pouvoir tentait d’ailleurs de répondre par des contre-­manifestations de partisans du Congrès général du peuple (parti au pouvoir). Mais ces dernières restaient nettement plus petites que les manifestations de l’opposition, soutenues par le parti Islah, le Parti socialiste (anciennement au pouvoir au Yémen du Sud avant 1990, ex-marxiste-léniniste) et des nationalistes arabes nasséristes. De l’autre côté, dans les zones rurales et montagnardes, les tribus entrées en « dissidence » mobilisaient des combattants armés contre le régime, venant parfois rejoindre les manifestants en ville. Mais les uns se méfiaient nettement des autres.

Le 3 juin 2011, le président Saleh est blessé dans son palais présidentiel, probablement par une bombe placée à l’intérieur (alors que des premières théories avaient porté sur des obus lancés sur le palais par les combattants de tribus, entrés fin mai à Sanaa). Depuis, il est soigné en Arabie saoudite, mais il a à plusieurs reprises annoncé son retour que l’opposition refuse fermement. Le 16 juillet, les forces de l’opposition ont annoncé avoir créé un Conseil de transition pour mettre sur pied une alternative au pouvoir de Saleh.

Berthold du Ryon

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Lundi 20 juin 1 20 /06 /Juin 07:09

 L’auteur et poète algérien,  Anouar Benmalek.

zoom | © D. R.

L’auteur et poète algérien, Anouar...

Le romancier et poète Anouar Benmalek s’apprête à publier à la rentrée, en Algérie et en France, Tu ne mourras plus demain. Un récit dans lequel il revient sur la mort de sa mère. L’auteur de Les Enfants de la balle (paru en 2010) se dit étonné par le silence de l’Algérie officielle sur les situations en Libye, en Syrie et au Yémen, où les dictateurs en place massacrent leurs populations pour rester au pouvoir.
Anouar Benmalek a participé dernièrement à Alger à une journée débat sur «L’autofiction dans la littérature contemporaine» organisée par la Délégation de l’Union européenne (UE).

-Tu ne mourras plus demain est votre nouveau récit. Il sera publié au début de l’automne. Qui ne «mourra pas» demain ?

C’est mon premier texte personnel dans lequel la distance entre l’auteur et le narrateur est nulle. J’évoque le séisme qui a été pour moi la mort de ma mère. Pour chacun de nous, la mort de la mère renvoie à sa propre mort. On se retrouve dans ce qui nous attend tous : mourir. La seule consolation que vous pouvez trouver en tant qu’écrivain est écrire. Et quand on prend comme prétexte d’écrire à sa mère, mais en fait on écrit à soi, cela devient difficile. Difficile pour moi car, en général, je ne parle pas de moi, je prends le biais de la fiction qui ressemble à une espèce de pudeur due, probablement, à l’éducation et à notre civilisation. J’attends avec une curiosité inquiète la manière dont mes frères et sœur en particulier vont recevoir ce texte.

-Et pourquoi ce passage l’écriture personnelle ?

Je ne savais pas que la mort de ma mère allait m’affecter à ce point. La mère est toujours là avec vous et on pense qu’elle est éternelle. C’est la seule à qui vous pouvez toujours vous plaindre. Et quand elle meurt, vous découvrez la réalité de l’existence. Et la réalité de l’existence est qu’on meurt. La mort de la mère vous prive de tout appui. Vous assumez alors la responsabilité de votre destin. C’est aussi une tragédie, naître pour mourir. Les animaux, qui sont dépourvus d’intelligence, ne réfléchissent pas à cela. L’intelligence est un cadeau empoisonné. Pour moi, il était indispensable d’écrire ce texte. J’étais sur un projet d’un livre. Je ne pouvais plus continuer. J’ai alors arrêté. C’est simple : si je n’avais pas écrit Tu ne mourras plus demain, je crois que j’aurais cessé d’écrire. Ma mère a souffert le martyre dans un hôpital algérien. Elle a connu tous les problèmes que connaissent les Algériens dans les hôpitaux. Il n’y a pas de médicaments ! Et quand on en trouve, il faut courir le soir derrière un infirmier. Bref, l’horreur que tout le monde connaît.

-Justement, pourquoi ne pas écrire sur les hôpitaux ?

Je ne m’attendais pas à cette question (Rire) ! Attendez, j’ai toujours été sévère envers les hôpitaux dans mes romans. Dans Les amants désunis, par exemple, il y a un passage sur les hôpitaux. Entre nous, la réalité dépasse la fiction dans les hôpitaux algériens. J’ai vu de mes propres yeux, à l’hôpital d’Alger, un agent poser le pain destiné aux malades par terre le temps de s’essuyer les mains et de reprendre le même pain ! Je n’arrivais pas à en croire mes yeux. Pire, j’ai payé un infirmier pour qu’il me ramène un drap pour ma mère malade, dans un hôpital à Alger. Si vous me branchez sur les hôpitaux algériens, je n’en finirais pas !

-Etes-vous inspiré par ce se passe actuellement dans le monde arabe comme révoltes populaires contre les dictatures ?

A mon avis, c’est l’un des événements les plus importants de ces 200 dernières années pour le monde arabe. C’est la première fois que le monde arabe découvre qu’il a droit à la dignité. C’est un événement extraordinaire. On ne se rend pas compte de cela. Je dois dire que j’ai honte pour mon pays, l’Algérie. L’Algérie, qui a gagné sa guerre d’indépendance les armes à la main, et qui ne dit rien d’explicite contre un dictateur comme Mouamar El Gueddafi, contre un Bachar Al-Assad qui bombarde sa propre population en Syrie, contre Ali Abdallah Salah qui n’a pas hésité à tirer contre les foules au Yémen, contre le Bahreïn où la révolution a été, pour l’instant, vaincue et les responsables condamnés à mort…

-Comment expliquer ce silence des autorités algériennes ?

Le silence du cartel des dictateurs se comprend. Il est normal que les dictateurs se soutiennent entre eux, que ce soit les dictatures molles, comme l’Algérie, ou les dictatures dures, comme la Syrie. Il y a une certaine apathie de l’Algérien ordinaire qui ne sort pas dans la rue pour exprimer sa solidarité.Cela fait mal au cœur. Il est vrai que l’Algérien a beaucoup souffert. Les quinze dernières années ont été terribles. Cela dit, nous devons, nous peuple algérien, soutenir les peuples arabes. Le monde commence à nous regarder d’un autre œil. Nous ne sommes pas condamnés à vivre dans l’indignité. Nous pouvons regagner notre place dans la civilisation.
Rendez-vous compte : les Chinois ont interdit la culture du jasmin ! Ce mot jasmin commençait à évoquer un peu trop les révolutions du monde arabe. Les indignés en Espagne ont pris comme exemple, parfois, les révoltes tunisienne et égyptienne.
Pour la première, nous commençons à être pris, non pas comme un objet repoussoir, mais comme un exemple. Cela est déjà énorme. Nous ne sommes pas condamnés à vivre avec des dirigeants qui n’ont que mépris pour leurs peuples.

lien : http://www.elwatan.com/culture/anouar-benmalek-nous-ne-sommes-pas-condamnes-a-vivre-dans-l-indignite-19-06-2011-129226_113.php

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Vendredi 17 juin 5 17 /06 /Juin 08:44

Un climat de pessimisme domine chez les commentateurs. Depuis l’effondrement des régimes tunisien et égyptien, les révolutions arabes semblent marquer le pas.

 

(JPG)

La Libye serait vouée à la division ; l’ordre règne au Bahreïn ; le Yémen s’enfoncerait dans la guerre (lire, dans Le Monde diplomatique de ce mois-ci, l’article de Laurent Bonnefoy et Marine Poirier, « Au Yémen, l’unité dans la protestation ») ; quant à la Syrie, son régime semble déterminé à noyer dans le sang la contestation (on lira l’article publié sur le site du [Monde diplomatique], « Les mots de l’intifada syrienne », qui analyse le mouvement et ses espoirs). Ailleurs, les manifestations s’essouffleraient, aussi bien en Algérie qu’au Maroc, en Jordanie qu’en Irak.

Il est bien sûr impossible de prédire l’avenir, mais ce pessimisme me semble hors de propos. Il s’appuie sur une vision idyllique des périodes révolutionnaires, qui devraient s’achever rapidement, ne connaître ni soubresauts, ni violences, ni retours en arrière. Or, cela a rarement été le cas au cours de l’histoire. Ni la révolution de 1789, ni celles de 1848, et encore moins les révolutions du XXe siècle n’ont correspondu à ces descriptions. Les affrontements, la violence, les hésitations, sont le propre de toutes les périodes révolutionnaires, quand meurt l’ordre ancien et que l’ordre nouveau peine à s’affirmer.

Les contestations ont touché et continuent à toucher tous les pays arabes, sans aucune exception. Elles témoignent de l’ampleur de la révolte, mais aussi de l’ampleur des problèmes à résoudre. Non seulement la région sort d’une glaciation politique de plus de quarante ans, mais elle est confrontée à une accumulation de défis, notamment économiques et sociaux, qui ne seront pas résolus en quelques semaines. La résistance des pouvoirs en place, remis de la surprise qu’a représenté la chute de Ben Ali et de Moubarak ; l’organisation de la contre-révolution régionale, autour de l’Arabie saoudite ; la capacité du Fonds monétaire international à imposer à des pays comme la Tunisie ou l’Egypte ses conditions : autant d’éléments qui pèsent sur les luttes.

Mais il faut rappeler quelques données :

- la contestation ne cesse pas. Ainsi, plus de dix mille personnes ont défilé à Bahreïn (« Bahrain opposition rally draws thousands », Al-Jazeera English, 11 juin), première sortie de l’opposition depuis l’intervention des troupes saoudiennes. Au Maroc, des milliers de personnes ont manifesté le 5 juin pour dénoncer la mort d’un manifestant tué par la police et pour demander des changements réels (« Morocco’s uprisings and all the king’s men », Al-Jazeera English, 5 juin). Même au Koweït, plus libéral pour ses habitants (à condition de ne pas parler des bidoun, ces dizaines de milliers de personnes privées de leur nationalité - lire le rapport de Human Rights Watch, « Prisoners of the Past : Kuwaiti Bidun and the Burden of Statelessness », sous embargo jusqu’au 13 juin, mais disponible à cette adresse), des centaines de jeunes se sont rassemblés devant le Parlement pour demander le départ du premier ministre et des réformes démocratiques (« Kuwaiti youths urge PM ouster, reforms », Gulf in the media, 12 juin). Et chaque manifestation dans un pays renforce la détermination chez le voisin ;

- les tentatives d’écraser par la force les soulèvements, comme en Libye, au Yémen, à Bahreïn, en Syrie, ont, pour l’instant, échoué. La détermination des populations à résister prouve que tout retour en arrière sera difficile à imposer. Même l’usage - notamment par l’Arabie saoudite - de l’arme confessionnelle se révèle peu efficace pour diviser les populations ;

- l’aspiration à plus de liberté, à plus de justice sociale s’exprime partout. Il serait faux de penser que les pays du Golfe sont à l’abri. Sur nombre de sites, les internautes font entendre leur volonté de réforme, leur refus du statu quo et de la corruption galopante. Lire, par exemple, cet envoi sur le blog d’Aisha, 2 juin 2011, « Saudi youth’s aspirations “True life Resist the power Saudi Arabia” » ;

- la capacité des Etats-Unis à imposer leur volonté est affaiblie. Leur situation financière ne leur permet pas d’aides substantielles à la région - l’agence de notation Moody’s a même menacé de dégrader leur note, comme elle le ferait avec de « vulgaires » pays du tiers-monde. D’autre part, et malgré les déclarations sur l’amélioration de la situation militaire, ils ne sont parvenus à stabiliser la situation ni en Irak ni en Afghanistan - dans ce dernier pays, ils cherchent désespérément à négocier avec les talibans. Les pays qui se libèrent auront une autonomie plus grande, dans un monde multipolaire, pour chercher de nouveaux partenaires, de nouveaux associés.

Je voudrais reprendre, en conclusion, un paragraphe de mon éditorial du dernier numéro de Manière de voir, « Comprendre les révoltes arabes » (juin-juillet 2001, en kiosques) :

« Les chemins de la liberté et de la dignité qu’a ouverts le peuple tunisien, et dans lesquels se sont engouffrés après lui les autres peuples arabes, restent incertains, escarpés, périlleux. Mais, déjà, le retour en arrière n’est plus possible. “Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d’homme, les dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là” (Jean-Paul Sartre, Les Mouches). »

(JPG)

Du même auteur :

- Place Tahrir, quatre mois plus tard
- L’« Etat juif » contre les juifs
- Silence sur Bahreïn

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Mardi 7 juin 2 07 /06 /Juin 01:36

par Manlio Dinucci

 

Des hélicoptères de combat sous commandement OTAN ont été utilisés pour la première fois le 4 juin dans les opérations militaires en Libye : annonce du quartier général allié à Naples. Ce sont des hélicoptères français Tigre et Gazelle et des Apache britanniques, dotés des armements les plus modernes. Parmi eux le missile étasunien à conduite laser Hellfire, que les Tigre et Apache lancent à 8Kms de l’objectif, quand ils ne sont pas encore en vue. Utilisé en Libye aussi par les avions télécommandés étasuniens Predator/Reaper, il a une tête à fragmentation ou thermobarique. Cette dernière, en explosant, crée un vide d’air qui provoque la mort par asphyxie de toute personne se trouvant dans la zone, même si elle est à l’intérieur d’édifices ou de refuges. Dans la guerre de Libye, est certainement expérimenté aussi le Hellfire Romeo, le missile que Lockheed Martin a rendu encore plus destructeur.

 

En utilisant des hélicoptères d’attaque, l’OTAN non seulement intensifie l’offensive aérienne, mais (comme l’a écrit il manifesto le 28 mai) prépare le terrain au débarquement de troupes. Les hélicoptères qui sont en train d’attaquer en Libye sont ceux des navires d’assaut amphibie Tonnerre (français) et Ocean (britannique), postés face aux côtes libyennes sur lesquelles, au moment opportun, ils pourront débarquer des milliers de soldats et d’armes lourdes sur des engins rapides à coussin d’air. Le Tonnerre et l’Ocean ont déjà effectué des tests d’interopérabilité avec des navires étasuniens d’assaut amphibie analogues : ils peuvent donc utiliser les véhicules aériens et de débarquement du groupe d’attaque amphibie, conduit par le Uss Bataan, posté lui aussi en Méditerranée. Comme le Congrès a confirmé l’opposition de Washington à envoyer des troupes en Libye, pour ne pas s’embourber dans une autre guerre épuisante de longue durée, le scénario qui se profile est celui d’un débarquement -sous commandement et appui Usa- de troupes françaises, britanniques, italiennes et autres, éventuellement sous l’égide d’ « Eufor Libya » (Forces de l’Union européenne en  Libye) pour « fournir de l’aide humanitaire aux civils libyens ».

 
L’intensification de l’offensive aérienne entre dans cette même stratégie. A la base de Gioia del Colle (Joie de la collineNdT) (Bari), sont arrivées les Enhanced Paveway III : des bombes à conduite laser d’une tonne, dont les têtes pénétrantes à l’uranium appauvri et tungstène peuvent détruire des édifices renforcés. Pour le moment ce sont les chasseurs bombardiers britanniques Eurofighter et Tornado qui les utilisent, en décollant de la base des Pouilles. Ces bombes, explique le secrétaire général britannique à la défense Liam Fox, « nous permettent de protéger les civils et de réaliser les objectifs des Nations Unies »[1].

 

En même temps, se trouve renforcé le blocus naval contre Tripoli. Et a commencé en Méditerranée la Phoenix Express 2011, manœuvre sous commandement étasunien à laquelle participent des forces navales et terrestres de treize pays : Etats-Unis, Italie, Espagne, Grèce, Malte, Croatie, Albanie, Turquie, Egypte, Algérie, Tunisie, Maroc et Mauritanie. Cette opération aussi est dirigée depuis Naples et supportée par les bases en Italie. Le pays qui -assure le président de la république, Giorgio Napolitano- a tourné le dos aux sales années du bellicisme fasciste et joue aujourd’hui un rôle de ferme gardien de la paix.
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 



[1] Voir l’engin de protection des civils ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paveway

 

 

Lien :  http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25136

 

 

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Que cherche la France de Sarkozy en Libye après la résolution de l’ONU ?

 

 

 

Le président Sarkozy est une personne toujours active, certains le qualifient d'hyperactif. Qu'est-ce qui le presse avec Kadhafi ? Il n'y a pas si longtemps, il s'est distingué et tout son gouvernement avec lui, exceptée la secrétaire d'Etat Rama Yade. Sa franchise lui a valu des critiques et des observations désobligeantes. Rien ne nous empêche de penser que cette excès de franchise, d'honnêteté intellectuelle lui a valu d'être virée par ce même personnage cynique qu'est Sarkozy. Ce dernier ne tolère par le culot, qu'il a lui par-dessus tout, il n'aime pas que certains lui disent des vérités.

 

Nous sommes en 2011, la fuite en avant de Sarkozy qui n'arrive pas à gérer les problèmes de la France, se matérialise par une attaque sur un pays qui était encore il y a moins de deux ans : « un ami ». Ce serait simpliste de donner une réponse sobre pour répondre à cette question. Le président français Sarkozy s'attaque au président lybien Kadhafi pour des raisons obscures qui ne sont purement que matérielles : le pétrole. Beaucoup de personnes ont arrêté de croire à cette fiction qui consiste à soit disant défendre les populations. Je ne sais pas comment ces dirigeants occidentaux croient que les citoyens sont et restent de grands naifs, voir des niais.

 

Dira-t-on que soupconner les dirigeants occidentaux qui sont impliqués dans cette mascarade de guerre est ridicule ? Non, car il s'agit d'une guerre ou gue-guerre (les occidentaux impliqués, en tête la France de Sarkozy, usent de bombardements distants), le besoin d'affirmer sa virilité pour le chef d'Etat français est constant. Il a besoin de s'affirmer en permanence. D'aucuns pourraient penser que nos soupçons le concernant sont ridicules. Le président Sarkozy est une personne toujours active, certains le qualifient d'hyperactif. Qu'est-ce qui le presse avec Kadhafi ? Il n'y a pas si longtemps, il s'est distingué et tout son gouvernement avec lui, exceptée la secrétaire d'Etat Rama Yade. Sa franchise lui a valu des critiques et des observations désobligeantes. Rien ne nous empêche de penser que cette excès de franchise, d'honnêteté intellectuelle lui a valu d'être virée par ce même personnage cynique qu'est Sarkozy. Ce dernier ne tolère par le culot, qu'il a lui par-dessus tout, il n'aime pas que certains lui disent des vérités. Il est à se demander comment le Premier ministre est toujours présent, depuis qu'il a clamé haut et fort que ce dernier n'était pas son mentor.

 

Nous ne croyons pas une seconde que Sarkozy effectue cette guerre sans limite pour le bien du peuple lybien, c'est pour exploiter le pétrole et le gaz dont ce pays regorge actuellement. Que connaissent les conseillers du président Sarkozy des n tribus qui composent ce grand pays ? A première vue, nous répondrons rien. Si Kadhafi venait à disparaître, le pays ne tiendrait pas, et ce sera pire que l'Irak. Les américains s'en mordent encore les doigts, ils ont voulu « jouer » aux cowboys, ils se sont enlisés. Ils vont laisser un pays exsangue, ce qui risque fort de se produire si Kadhafi disparaîssait. La question n'est pas de défendre le dictateur lybien, elle est de savoir si ce qui est fait aujourd'hui est justifié ou non. Pourquoi tant d'hypocrisie manifeste de la communauté des occidentaux ? Que ces journalistes minables arrêtent de parler de la communauté internationale, lorsqu'il s'agit de parler de l'union des pays occidentaux, anciens colonisateurs. Le ridicule ne tue pas.

 

Les propos de ces journalistes sont édifiants et stupéfiants, à y regarder de près, lorsqu'ils s'expriment, c'est toujours pour vanter la « qualité » des pays occidentaux. La notion de civilisation qu'ils vantent, laisse à désirer. S'ils prenaient la peine de regarder ce qui va mal ici, ils auraient matière à disserter. C'est toujours plus facile de voir ce qui ne fonctionne pas chez le voisin, que de se remettre en question. Sarkozy s'engage dans une guerre, en feignant de voir ce qui cloche chez lui. Le chômage, l'emploi précaire, la sécheresse, les « galères » des agriculteurs, le problème de la santé, etc. Le président Sarkozy veut nous infantiliser, il cherche à nous détourner des vrais problèmes sociaux, toute son action actuelle semble nous voiler, voir détruire tous les intérêts sérieux que nous pouvons porter aux difficultés de la vie. A vouloir porter ou apporter sa civilisation dans un autre pays, risque de générer autre chose qui ne serait pas bien du tout pour les français.

 

Au lieu de prétendre qu'il allait défendre les lybiens, il aurait dû avouer dès le départ de cette « drôle » de guerre, qu'il allait chercher à éliminer le président Kadhafi. C'est étrange de voir que Sarkozy et Obama, ne vont pas jouer les redresseurs de torts au Yémen ou en Syrie. La problématique n'est pas la même. Va t'on nous faire croire que les dirigeants occidentaux impliqués dans ces bombardements sur le sol lybien apportent la démocratie ? L'idéale démocratie apportée par la communauté d'anciens pays colonisateurs est motivée par des intérêts énergétiques. Va t'on nous faire croire que la répression de Mouammar Kadhafi contre les opposants de son régime date d'aujourd'hui ? Qu'en est-il des autres tyrans et dictateurs dont ces dirigeants occidentaux sont des « potes » ou « amis » ? La Russie est-elle une vraie démocratie ? Ne parlons pas de la Chine. Eh ben non, la France n'irait pas se vanter en Russie pour déployer ses navires, encore moins en Chine. Je pense que d'autres pays sont légions, en Afrique et ailleurs. La France a t'elle renversé le régime de Bongo ? Non. Celles des autres dictateurs africains ou d'ailleurs ? Non, encore.

 

Ce qui motive Sarkozy, comme les autres dirigeants occidentaux est avant tout la satisfaction de leur intérêt personnel. Faut-il croire que la recherche de la démocratie en Lybie, serait un intérêt pour le peuple lybien ? Il faudrait être très naif pour le penser. Et pourtant, la première des justifications de la démocratie vient de ce qu'elle constitue un cadre idéal pour la réalisation de nos intérêts, car elle accorde une liberté de pouvoir les satisfaire, en limitant au stricte minimum, les contraintes qui peuvent nuire à notre liberté personnelle. Que connaît Sarkozy des attentes du peuple lybien ? Il a généré une guerre en faisant voter une résolution à l'ONU, qu'il s'est empressé de faire respecter. Israël a une résolution depuis 1967 qu'il ne respecte pas. Qui va prendre son fardeau pour aller défendre les palestiniens ? Eh ben, il n'y a pas de pétrole, encore moins de gaz.

 

Les hélicoptères français et anglais sont entrés dans la danse de la guerre, nous verrons bien ce qui sortira de ce chaos. La guerre pose le problème du statut de la propriété (La LYBIE). Ce pays qui est si près et si loin. La propriété n’est pas la possession des occidentaux. La propriété est de droit tandis que la possession est de fait : la possession est physique tandis que la propriété est légale, Les anglais s'y sont cassés les dents il y a plus d'un siècle, Les français veulent voir notre commandant en chef régler les différents problèmes du pays : insécurité, violences urbaines, délinquance et chômage.

 

 

Lien :  http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/que-cherche-la-france-de-sarkozy-95371

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Témoignages_ Analyses_ Communiqués
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