Femmes et révolution

Mercredi 16 janvier 2013 3 16 /01 /Jan /2013 04:44
 
Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Femmes et révolution
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Vendredi 30 novembre 2012 5 30 /11 /Nov /2012 02:58

 Arrêt des poursuites à l'encontre de la jeune femme violée par des policiers

Tunisie. Arrêt des poursuites à l'encontre de la jeune femme violée par des policiers

 

 

 

 

 

 

L'accusation d'atteinte à la pudeur, retenue par la chambre d'accusation à l'encontre de la jeune femme violée par des policiers et de son compagnon, a finalement été rejetée par la justice.

 Le juge de la 13e chambre de première instance de Tunis, qui a annoncé cette décision ce matin, a par ailleurs retenu l'accusation de viol à l'encontre des deux policiers et celle de corruption à l'encontre de leur collègue, qui n'a pas participé au viol mais a extirpé de l'argent au compagnon de la jeune femme.

Les 3 agents resteront donc en détention et seront bientôt jugés. kapitalis

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Non-lieu pour la Tunisienne violée par des policiers

 

 

Manifestation à Tunis le 29 septembre 2012 après le viol d'une femme par deux policiers.

 

Manifestation à Tunis le 29 septembre 2012 après le viol d'une femme par deux policiers. (Photo Zoubeir Souissi. Reuters)

 

La jeune femme était visée par une procédure concernant une «atteinte à la pudeur».

 

Une jeune femme tunisienne violée par des policiers a vu jeudi les poursuites pour atteinte à la pudeur à son encontre abandonnées et ses tortionnaires ont été inculpés pour viol dans cette affaire qui a fait scandale en Tunisie et à l'étranger.

«Les accusations ont été abandonnées pour manque de preuves. Et le juge a décidé de traduire (en justice) deux policiers pour viol, et un troisième pour corruption», a indiqué à l’AFP Me Bochra Belhaj Hmida. «La jeune femme et son fiancé ont bénéficié d’un non-lieu», a indiqué une autre avocate, Me Emna Zahrouni, à l’antenne de Mosaïque FM.

Le viol de cette jeune femme de 27 ans début septembre par deux agents de police a entraîné un vaste scandale après que la victime s’est vue menacée d'être poursuivie pour «atteinte à la pudeur», un délit passible de six mois de prison. «Je suis très contente bien que je m’attendais à être innocentée, je suis contente que les deux autres vont être condamnés. C’est le début de notre victoire», a dit la victime, dont l’anonymat a été préservé, à l’antenne de la radio Shems-FM.

Les policiers affirmaient avoir surpris la jeune femme et son fiancé en train d’avoir des relations sexuelles dans leur voiture, garée dans une banlieue de Tunis. Selon le parquet, c’est alors que deux des agents ont violé leur victime à tour de rôle dans leur véhicule. Le troisième policier avait pour sa part conduit le petit ami de la jeune femme jusqu'à un distributeur de billets pour lui extorquer de l’argent.

Cette affaire a entraîné une vaste mobilisation de la société civile et de la classe politique tunisiennes. Des opposants, des ONG et des médias estimaient que les déboires judiciaires de la victime illustraient la politique à l'égard des femmes menée par les islamistes d’Ennahda qui dominent le gouvernement tunisien. Ces derniers, bien qu’ils le réfutent, sont accusés de chercher à revenir sur les droits des femmes en Tunisie.

Très critiquées, les autorités, tout en condamnant le viol, soulignait que la justice faisait son travail en enquêtant sur les accusations portées à l’encontre de la victime et de son fiancé. Le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri avait été particulièrement conspué après qu’il a estimé début octobre que l’intérêt porté par les médias étrangers à cette affaire témoignait d’un complot contre le gouvernement.

Les Tunisiennes bénéficient du Code de statut personnel promulgué en 1956 instaurant l'égalité des sexes dans certains domaines, une situation unique dans le monde arabe. Elles restent cependant discriminées dans plusieurs cas, notamment en ce qui concerne les héritages.

Les islamistes d’Ennahda avaient déclenché un large mouvement de contestation en août en proposant d’inscrire dans la nouvelle Constitution la «complémentarité» des sexes et non l'égalité, un projet abandonné finalement en septembre après une vaste mobilisation de la société civile. 

 

 

 

 

 

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Un début de justice pour la jeune fille violée par des policiers

Le juge d’instruction a tranché jeudi 29 novembre pour un non-lieu en faveur de la jeune fille violée par des policiers et accusée d’outrage à la pudeur. Pour l’une de ses avocates, Bochra Bel Haj H’mida, cette décision devrait «encourager à dénoncer toute forme d’impunité».

«Je m’y attendais mais sur le coup, j’ai été vraiment émue par la nouvelle», annonce Bochra Bel Haj H’mida, militante des droits de l’homme et avocate de Myriam, jeune fille violée par des policiers le 3 septembre 2012 à Tunis. Le jeudi 29 novembre, le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Tunis a prononcé un non-lieu en faveur de la jeune fille et de son petit ami qui avaient été aussi accusés d’outrage à la pudeur. La nouvelle a été annoncée par l’une des avocates de la jeune fille Emna Zahrouni à la radio tunisienne Mosaïque FM.

Manifestation de soutien en faveur de la jeune fille violée le 29 septembre à Tunis. Crédit Photo: Amine Boufaied

Les trois policiers seront quant à eux transférés vers la chambre d’accusation. Aucune date n’a été fixée pour leur procès à l’heure actuelle. Deux d’entre eux sont accusés de viol, le troisième de chantage car il avait tenté de monnayer des pots-de-vin avec le fiancé de la jeune fille. S’ils sont déclarés coupables de viol, ils peuvent encourir une peine de cinq ans de prison selon l’article 227 bis du Code pénal tunisien avec des circonstances aggravantes dues à leur fonction. «C’est un signal très fort et cela devrait encourager toutes les jeunes filles violées ou victimes d’abus à parler», déclare Bochra Bel Haj H’mida.

Manifestation en faveur de la jeune fille violée devant le Tribunal de Tunis le 2 octobre, Crédit Photo: Amine Boufaied

En octobre, le cas de la jeune fille violée avait fait scandale lorsqu’elle avait été convoquée devant le juge d’instruction non pas en tant que victime mais en tant qu’accusée pour«outrage à la pudeur». Elle aurait été «trouvée dans une position indécente» selon les premières déclarations du Ministre de la justice. La société civile et les associations féministes s’étaient alors mobilisées pour faire pression sur un jugement qui transformait un crime en une affaire de mœurs.

Une femme parlementant avec un policier en civil lors de la manifestation du 29 septembre. Crédit Phto: Amine Boufaied

Mais pour l’avocate Bochra Bel Haj H’mida, cette première décision juridique doit aussi encourager à la réforme du système policier en Tunisie : 

«Certains policiers étaient très mal à l’aise avec cette affaire et n’ont pas soutenu leurs collègues. Il faut rappeler que certaines pratiques comme celles des pots-de-vin ou du harcèlement sont monnaie courante. Pour l’instant, le policier n’est pas sur un pied d’égalité avec le citoyen devant la justice mais cette affaire pourrait changer les choses.»

L’avocate révèle que la victime et son fiancé sont «très soulagéssurtout après la campagne de diffamation dont ils ont été victimes». Un article anonyme sur le site électronique Babnet publié vendredi 5 octobre avait mis en doute la véracité du rapport médical qui attestait du viol. L’article avait été très partagé sur les réseaux sociaux tunisiens. le site Nawaat.org avait dû publier un démenti des avocats. L’affaire reste à suivre selon Bochra Bel Haj h’mida qui espère que la justice ira jusqu’au bout et restera «impartiale»lors du procès des policiers.  

Le témoignage de la jeune fille sur la chaîne EttounissiaTV le 29 octobre:

Lilia Blaise slateafrique

 

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Dimanche 11 novembre 2012 7 11 /11 /Nov /2012 02:53

Mariage coutumier et légalisation de la prostitution!

Tunisie. Mariage coutumier et légalisation de la prostitution!

 

Avec le «mariage coutumier» et autres pratiques moyenâgeuses, la chariâ, que les Tunisiens ont cru avoir sorti par la porte, leur revient par la fenêtre! Machiavéliques, les islamistes!!

Depuis son retour de son exil londonien, Rached Ghannouchi n'a cessé de créer des problèmes à un peuple qui venait de s'unir pour dégager son tyran, de manière à le diviser à nouveau, appliquant la règle «diviser pour mieux régner».

 

La culture «saoudo wahhabite» gagne du terrain

C'est ainsi qu'il a créé tout un tapage médiatique autour de questions qui n'ont aucun rapport avec les objectifs d'une révolution à laquelle ni lui ni ses hommes n'avaient participée, en remettant en cause la «tunisianité» des Tunisiens, qu'il accuse de s'être éloignés de leur identité arabo musulmane :

- en développant toute une thématique autour de l'identité religieuse, sur laquelle il a fait disserter toute l'opposition, piégée par ce stratagème, puis sur l'identité ethnique, sous prétexte que les Tunisiens auraient perdu leur identité «arabo musulmane», pour la leur faire recouvrir; alors qu'en réalité, il veut leur coller une nouvelle identité, «saoudo wahhabite» celle de ses amis pétro monarques!

- en lançant des débats que nous croyions enterrés depuis le Code du statut personnel (Csp) de 1956: sur la polygamie, le mariage coutumier, la réactivation de la cellule des fatwas, le statut de la femme...

- en remettant en cause le code civil d'une république au statut civil, qu'il assurait respecter durant sa campagne électorale d'avant le 23 octobre 2011!

- en créant ainsi, intentionnellement, le chaos parmi les Tunisiens pour mieux les affaiblir et mettre la main sur le pouvoir suprême! Pour en être le Guide Suprême, statut dont il rêve!

 

Une supercherie au nom de la religion

La politique nihiliste de Ghannouchi commence malheureusement à donner ses effets:

- la Tunisie est devenue une grande poubelle à ciel ouvert aux sens propre et figuré...

- un peuple réputé pour sa tolérance et son pacifisme s'est transmué en spectateur et victime de toute sorte de violences, quasi quotidiennes, jusqu'à l'assassinat politique!

- et socialement, un nouveau phénomène est en train de se répandre, dont la Tunisie aurait pu se passer, né de l'irresponsabilité du gourou Ghannouchi: c'est le «zaouaj el-ourf» (mariage coutumier)! Des mariages illégaux se multiplient. On en dénombre déjà 500 cas selon certaines sources... et déjà des cas d'enfants naturels!

Le pire, la plupart de ces mariages sont contractés par des étudiantes à l'université! Il faut croire que d'être parvenues à l'université n'a pas rendu ces jeunes filles «plus intelligentes»!

Puisque ces dindes se sont faites avoir par les discours «pseudo religieux» de leurs copains barbus pour accepter des mariages bidons, où elles sont à la merci de leurs hommes qui peuvent les quitter quand ils veulent... les abandonner, elles et leurs enfants, en toute impunité!

Un retour à des pratiques d'avant l'indépendance, que la Tunisie avait connues dans les régions les plus reculées au sens géographique et intellectuel, et que Bourguiba s'est fait un point d'honneur d'éradiquer... Et ce, grâce à des militantes islamistes inconscientes pour ne pas dire idiotes! Dont certaines commencent à peine à réaliser le pétrin où elles se sont mises, par suivisme imbécile d'étudiants «beaux parleurs» nouvellement convertis à l'islamisme, appâtés par «le mariage coutumier» halal, qui leur permet de jeter leur gourme et assouvir leurs bas instincts sans bourse délier et sans conséquences pour eux ! Abusant des dindes nouvellement converties elles aussi à l'islamisme, qui admettent le «zaouaj el ourfi», convaincues qu'il est «halal»!

Certaines de ces victimes consentantes, désemparées, cherchent avorter le fruit de la supercherie «religieuse»... allant jusqu'à tenter de se suicider, pour laver la honte qui éclabousse déjà leurs familles !

Ce qui rajoute à leur péché, celui du «haram el akbar» (le grand péché) d'attenter à la vie: la leur ou celle de du fruit de leur péché!

 

Ramener les Tunisiens aux pratiques de la chariâ

La régression est affligeante, comme dirait Emna Menif: «Aurions-nous fait la révolution pour nous retrouver réduits à défendre les acquis de 1956!».

Terrible constat d'une militante des droits des femmes !

Un responsable universitaire a voulu tirer la sonnette d'alarme en exposant ce nouveau phénomène indigne de la Tunisie moderne à un responsable du gouvernement. Celui-ci ne semblait nullement s'en alarmer... il affirme même que c'est le cours normal qui reprend, dans une société qui recouvre ses traditions et sa religion! C'est ahurissant !

Le responsable universitaire relève tout de même l'hypocrisie du gouvernement Ghannouchi qui s'est scandalisé d'un flirt d'une jeune tunisienne avec son fiancé qui, bien que violée par trois policiers, s'est retrouvée dans le box des accusés pour atteinte à la pudeur... mais qui ne semble nullement s'émouvoir du sort des prostituées «halal» que sont les victimes des mariages coutumiers ni des enfants naturels qu'auront ces filles-mères!

Ce qui fait dire au responsable universitaire que Ghannouchi et ses hommes tolèrent cette pratique honteuse pour la faire admettre aux Tunisiens et, à travers elle, de les ramener aux pratiques de la chariâ!

Ce qui revient à dire que la chariâ, que les Tunisiens ont cru avoir sorti par la porte, leur revient par la fenêtre ! Machiavéliques, les islamistes!!

Les mariages coutumiers sont monnaies courantes au Maroc, contractés souvent par les ressortissants du «Khalij» (pays du Golfe), qui s'en servent pour «couvrir» une prostitution «touristique» qui ne dit pas son nom ! Et qui rentrent chez eux, une fois leurs besoins satisfaits, la conscience tranquille puisque c'est «halal». Mais laissant derrière eux des drames familiaux terribles : des filles-mères abandonnées par leurs familles et dont les enfants sont considérés comme des bâtards... dans une société empêtrés encore dans ses traditions!

Que de drames au nom de la religion! Quelle hypocrisie!

On comprend mieux le désir des bédouins d'Arabie et du Golfe de diffuser leur wahhabisme en Afrique du Nord et en Tunisie où ils voudraient développer un tourisme sexuel «halal»: pour en faire un paradis sur terre où les belles houris se ramassent à la pelle... sans se mettre hors-la-loi (leur loi!) ni être accusés de s'adonner à la prostitution ni au proxénétisme!!

Voilà la morale que défend Ghannouchi!!

Quand les Tunisiens se décideront-ils à se débarrasser de ces tartufes et de leur dangereux gourou?

Pauvre Tunisie!  Par Rachid Barnat  http://www.kapitalis

 

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 Bilan d’un an de “légitimité”. Droits des femmes : Un statu quo au goût de recul

L’année écoulée en Tunisie aura été rude pour les femmes : elle aura commencé avec une Souad Abderahim, députée du parti Ennahdha qui crachait sur les mères célibataires et elle aura fini avec deux policiers accusaient du viol d’une jeune fille. Entre ces deux événements la situation a été tendue toute l’année : beaucoup d’appréhension et des citoyens sur le qui-vive face à l’impression d’une tentative de retour d’un conservatisme imposé par le haut. Toute l’année il a fallu batailler pour qu’aucune législation régressive ne soit mise en place, rien n’a été fait d’un point de vue socio-économique et les violences faites aux femmes n’ont pas reculées.

Pourtant il y a un an 59 femmes étaient élus députées. Un bon début même si ce résultat n’est que le fait de la loi sur la parité. Reste que cette entrée sur la scène publique est un bon exemple : mettre des femmes en charge des affaires publiques, représentantes de la population, responsables devant tous, est un bon exemple pour les générations à venir. Si des femmes ont participé à la rédaction de la Constitution, loi suprême du pays, quel poste ou fonction peut alors leurs être refusé ?

La législation

Jeune tunisienne lors d'une manifestation à l'occasion de la fête de l'indépendance le 20 mars 2012. traduction de la pancarte : "Ma croyance est dans mon coeur, pas dans la constitution. La démocratie est ma liberté. Mon identité je la choisi et ne peut m'être imposée". Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

Avec autant de femme députées au sein de l’ANC on aurait pu s’attendre à ce que de nouveaux acquis pour les femmes voient le jour. Ça n’a pourtant pas été le cas. Etre femme ne signifie pas être activiste pour l’égalité. Et finalement on peut s’interroger sur le rôle des femmes députées : femme d’action ou femme alibi ? La loi sur la parité, la levée des réserves sur la CEDAW et le discours modéré du parti Ennahdha avaient donné l’espoir à Ahlem Belhadj, présidente de l’ATFD, comme à Selma Mabrouk, ex-députée Ettakatol, que d’autres avancées législatives allaient voir le jour suite aux élections. La réalité les a toutes les deux déçues.

 

La parité

Pour les élections de l’ANC en octobre 2011 Sophie Bessis expliquait que : «  L’institution de la parité à la proportionnelle sur les listes électorales, votée par la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, a été une innovation très intéressante. Nous nous sommes retrouvés avec une parité d’alternance obligatoire, qui, si elle n’était pas respectée par les listes, entraînait l’annulation de celles-ci. »

Une première en Tunisie. Car mettre en place la parité politique c’est donner visibilité et crédibilité aux femmes, comme l’explique Ahlem Belhadj de l’ATFD : « La parité c’est une première entrée des femmes sur la scène politique c’est une manière de montrer que d’autres fonctions sont possibles. La parité c’est aller vers un objectif : celui d’introduire les femmes sur la scène politique, introduire une certaine manière de vivre la présence des femmes dans le politique quelque soit leur courant. »

Mais finalement si la loi sur la parité a donné un résultat aussi « faible » c’est que les femmes n’ont pas été nombreuses en tête de liste, si bien que seules celles engagées dans les grands partis se sont retrouvées élues. Sophie Bessis en témoignait il y a quelques temps dans une interview accordée à Nawaat :

« Malheureusement le vieux machisme aidant, il n’y a eu que 7% des 1500 listes avec des femmes à leur tête. »

Et surtout la loi sur la parité n’a pas vraiment apportée une égale prise en compte des uns et des autres. Les femmes ne seront que deux à obtenir le rang de Ministre alors que plus d’une vingtaine de place sont à pourvoir. Femme alibi, objet de décor. La déception a été grande.

 

La chariâa

Et la situation de la scène politique a vite donné le ton pour le reste de l’année : rien n’a vraiment été fait pour les femmes. Au contraire. Le débat lancait dés le mois de février sur l’idée de prendre la chariâa comme source d’inspiration législative pour la Constitution a montré la violente volonté de recul des hommes politiques. C’est Sadok Chourou, du parti Ennahdha et membre de la Commission en charge de l’écriture du Préambule de la Constitution qui lance l’idée.

Or il semble difficile, pour beaucoup de femmes, de concilier chariâa et Code du Statut Personnel (CSP). Les femmes tunisiennes ne veulent pas perdre leur acquis. Et même si le CSP n’est pas un texte égalitaire il reste un texte qui instaure un début de situation équitable.

« Le discours jusqu’alors de Ennahdha avait l’air réconfortant, mais à travers le travail constitutionnel on a vu une vision, soutenue par les députés de ce parti, dans la Commission droits et libertés, qui n’était pas du tout en faveur de l’égalité homme-femme »   explique Selma Mabrouk.

La résistance de la société a fait reculer le gouvernement sur cette question et le leader du parti Ennahdha avait finit par expliquer qu’il n’y avait pas de raison de diviser la population en deux camps. Fin mars la question est donc enterrée mais c’est surtout parce que la population n’a pas envie de ce référent.

Ce combat a permis, pour Selma Mabrouk, aux femmes tunisiennes de se réapproprier le CSP, «  un texte que beaucoup définissaient comme apporté par Bourguiba et qui ne collait pas à la réalité. » Et c’est à travers une grande manifestation, qui a eu lieu le 13 août, jour anniversaire de l’adoption du CSP, que l’attachement des Tunisiennes a leurs acquis a été manifeste.

Ce jour là à Tunis des femmes et des hommes sont sortis dans la rue pour défendre les Droits des femmes et faire entendre leur mécontentement quant à un autre sujet polémique : l’article 28 de la Constitution qui parlait de la « complémentarité » de la femme. Différentes forces associatives, politiques, syndicales se sont unies pour dire qu’ils refusaient le modèle de société qui était en train d’être mis en place. « Cette manifestation a montré qu’il pouvait y avoir un front pour défendre un autre modèle de société » témoigne Ahlem Belhadj.

 

L’article 28 et la complémentarité

L’article 28 aura été une autre bataille législative cette année. « Au mois de juillet un article a été voté à la majorité dans la Commission droits et libertés, qui disait que l’Etat devait protéger les acquis de la femme et la considérait comme complémentaire et associée de l’homme », se rappelle Selma Mabrouk. C’est le fameux article 28.

Ahlem Belhadj, de l’ATFD, avait discuté avec les députées du parti Ennahdha. L’article 28 jouait sur trois niveaux. Il y avait une partie contre la violence, une partie concernant l’égalité des chances et une partie concernant la sphère familiale. « Or aujourd’hui la sphère privée est celle où il y a le plus de résistance quant aux droits des femmes. C’est pour la sphère familiale que l’on parle de complémentarité. Les femmes de Ennahdha expliquent que pour elles, au sein du foyer, l’égalité va donner plus de devoirs aux femmes. Alors que pour nous l’égalité est l’évidence même et que les femmes ont déjà plus de devoirs que les hommes ! Pour les femmes tunisiennes il est inconcevable de na pas être tutrice des enfants, de ne pas avoir l’autorité parentale conjointe, de maintenir l’idée de chef de famille, alors que par la loi les femmes doivent participer à toutes les taches au sein de la famille. Surtout que lorsque l’on regarde la réalité au sein des familles, c’est la femme qui fait le plus ! »

L’article 28 va faire réagir la société civile. Levée de bouclier, forte réaction avec la marche du 13 août et petit à petit il y a eu un changement. « La Commission de coordination de la Constitution, les présidents des commissions, le rapporteur général ont commencé à revenir sur cette affaire de complémentarité en demandant à ce que la Commission du Préambule se charge de cette question. Et celle-ci a refusé, il y a quelques semaines, cet article » explique Selma Mabrouk. Reste maintenant à la Commission des Droits et libertés de revoir la question et de se défaire de la responsabilité de cet article. La notion de complémentarité finit donc par être écartée.

Pour Ahlem Belhadj les débats quant à la législation aurait du porter sur une remise en question positive du CSP et sur la question de l’héritage par exemple. Pour Selma Mabrouk ce n’était pas encore le moment de poser cette question. La réalité sociale du pays, les vraies demandes de la révolution concernent d’abord les conditions socio-économiques et tournent surtout autour des conditions de vie.

 

Traités internationaux

Si la bataille sur la législation interne n’a donné qu’un statut-quo il faut noter qu’il n’y a eu aucune avancée et même pas un début de débat en ce qui concerne les normes internationales.

« La levée sur les réserves de la CEDAW, (la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ) a été un fait important, mais aujourd’hui nous sommes critiques quant à cette levée et nous demandons à ce que la levée soit concrète et effective »

déclare Ahlem Belhadj de l’ATFD.

L’ATFD continue à mener d’autres batailles législatives notamment pour que des convention de l’Organisation Internationale du Travail soient appliquées en Tunisie, comme la Convention 183 sur la protection de la maternité et notamment la question du congé maternité, ainsi que la Convention 189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques.

La situation socio-économique

Cueilleuses d'amendes dans la région de Sidi Bouzid. Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

Car la situation socio-économique n’a pas évoluée non plus, or la mise en place de plus de législation semble nécessaire à assurer des conditions de travail plus justes et plus équitables. Si il n’est pas évident pour une femme de trouver du travail, il est encore moins évident pour elle de faire pression pour avoir des droits. « On attendait plus de justice sociale et un modèle de développement qui répondrait aux attentes des Tunisiens. Le bilan global est donc négatif car les différentes questions n’ont pas été traités et les premiers pas fait semblent plutôt aller contre toute avancée » explique Ahlem Belhadj.

Et effectivement les inégalités sont encore grandes d’un point de vue socio-économique. D’ailleurs les femmes travaillent beaucoup de manière informelle, souvent dans des conditions précaires.

 

Femmes de ménage et bonne couchante

C’est notamment le cas des femmes de ménages et bonnes couchantes. Ainsi des dizaines de milliers de femmes travailleraient comme bonne couchante ou femme de ménage, sans que le SMIG ne leur soit versé et avec des plages de travail trop longues, sans couverture sociale ou cotisation pour la retraite. L’Association de la Femme Tunisienne Universitaire pour la Recherche et le Développement (AFTURD) a d’ailleurs réalisée une enquête sur la question en travaillant pendant deux ans pour approcher ces travailleuses de l’ombre, dont le travail n’a aucun encadrement législatif. Alors que les Tunisiens sont sortis dans la rue pour demander des conditions de vie plus dignes rien n’a été fait cette année pour aider cette population de travailleuses par exemple.

Pourtant les femmes sont les premières victimes de la précarité. « La féminisation de la pauvreté est une réalité. Mais quand on parle d’une approche genre au niveau de la budgétisation par exemple, avec les responsables, ça ne passe pas, c’est un discours qui n’est pas de l’ordre de ce que les responsables peuvent entendre » témoigne Ahlem Belhadj.

 

Femmes errantes

Une autre étude parue cette année montre que la précarisation des femmes est un phénomène tellement grandissant qu’elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver à la rue. L’association Beity, lancée par la juriste Sana Ben Achour, c’est intéressée aux femmes errantes. Un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur depuis la révolution, d’après l’étude de terrain conduite par l’association. En deux mois des centaines de femmes vivants dans la rue ont été dénombrées, simplement sur Tunis. Et pour l’instant en cas d’urgence aucun lieu ne peut les accueillir. L’association Beity travaille à la création d’un foyer d’accueil d’urgence mais la solution résiderait plutôt dans le fait de trouver une solution avant que ces femmes ne se retrouvent en errance.

Et pour cela l’indépendance économique et sociale des femmes est primordiale. C’est souvent parce que ces femmes se retrouvent rejetées par leur famille ou parce que l’homme a quitté le foyer, que ces femmes se retrouvent démunies.

Sihem Badi, la Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille prévient, elle aussi, que la prise en compte du facteur genre pour la mise en place de nouvelles politiques publiques n’est pas évident car personne n’y est habitué. Son ministère est en train de tenter de faire changer les méthodes de travail et de sensibiliser les autres ministères à cette thechnique. Faire de la formation ou travailler avec les artisans ne demande pas la même approche car les femmes et les hommes n’ont toujours les mêmes obligations et contraintes quotidiennes. Les femmes continuent à s’occuper beaucoup plus des tâches ménagères et des enfants, tout en travaillant.

Violences


L'affaire du viol présumé d'une jeune fille par deux policiers a suscité des vives réactions dans la société. Jeune tunisienne face au cordon de sécurité lors d'une manifestation de soutien devant le tribunal de première instance de Tunis le jour de l'audition de la jeune fille présumée violée. Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

La violence sociale et économique que vivent les femmes est, malheureusement, souvent accompagnée de violence verbale et physique. Cette année deux actes de violence contre des femmes auront d’ailleurs particulièrement choqués les Tunisiens.

Le premier est une image forte. Celle d’une jeune étudiante sur le toit de la faculté de la Manouba, projetée au sol par un salafiste, qui venait de remplacer le drapeau tunisien par un drapeau noir. La scène a lieu en mars dernier, un jour seulement avant le 8 mars, journée célébrant la femme.

 

Khaoula Rachidi et le drapeau

Khaoula Rachidi, pleine de sang froid, escalade un mur et essaie d’arrêter le jeune homme profanant un symbole national. Elle s’approche de lui, tente de s’emparer du drapeau, le jeune homme l’attrape par le bras et la jette au sol. Khaoula se relève et se rapproche de lui, elle ne fuit pas, elle lui tient tête. Et puis finalement plusieurs personnes grimpent à leur tour sur le toit et le drapeau noir finit pas être retiré.

L’autre événement, beaucoup plus dramatique est un symbole négatif : celui d’une jeune fille qui aurait été violée par deux policiers et qui se retrouve accusée d’atteinte à la pudeur.

 

Le viol de « Meryam »

Le viol de « Meryam » est une affaire qui mobilise elle aussi. Le 3 septembre dernier une patrouille de police contrôle un jeune couple dans une voiture. Un des policier embarque le jeune homme pour essayer de lui extorquer de l’argent. Pendant ce temps là les deux autres policiers auraient violé la jeune fille à plusieurs reprises. Celle que l’on appelle Meryam est juste une jeune tunisienne comme beaucoup d’autres, qui passe du temps avec son petit ami là où elle peut.

L’affaire, déjà révoltante, mobilise encore plus l’opinion public quand le porte-parole du ministère de l’Intérieur tente de discréditer la jeune fille, en expliquant que celle-ci était dans une position indécente, la nuit, avec un homme. La victime se retrouvera accusée, puisqu’avec son ami ils sont entendus par un juge pour attentat à la pudeur.

Quelques mois auparavant une campagne avait était lancée par l’association Amal pour retirer du Code Pénal (CP) un article qui permettait à un violeur de ne pas être incarcéré si il épousait sa victime. Il s’agit de l’article 239 du CP Tunisien relatif à l’enlèvement d’une mineure :« le mariage de l’auteur de l’infraction avec la fille qu’il a enlevée a pour effet la suspension des poursuites, du jugement ou de l’exécution de la peine. » Il y a aussi l’article 227 bis relatif au fait de « faire subir sans violence, l’acte sexuel » à un enfant de sexe féminin de moins de 15 ans accompli ou dans le cas où l’âge de la victime est supérieur à 15 ans et inférieur à 20 ans accompli. Les peines sont, selon le cas, de cinq ou six ans de prison. Mais dans les deux cas : « le mariage du coupable avec la victime arrête les poursuites ou les effets de la condamnation ».

Deux articles discriminatoires et qui promeuvent une idée révoltante : si vous violer une mineure et que vous ne voulez pas aller en prison, prenez-la pour femme, prenez donc votre victime en cadeau. La Tunisie peut donc se targuer d’avoir le CSP, d’avoir levé les réserves sur la CEDAW, rien n’est mis en place pour lutter contre les violences finalement. Et dans la réalité une femme violée n’aura pas forcement le courage de se lever contre ses agresseurs sous peine d’être victime de l’opprobre sociale.

En ce qui concerne les violences un début de prise en compte est en train d’avoir lieu. Pendant longtemps seule L’ATFD accueillait les femmes victimes. « En matière d’accompagnement des femmes victimes de violence il n’y a pratiquement rien, pas de structure ou de foyer d’accueil, témoigne Ahlem Belhadj. En matière de prévention il n’y a rien n’ont plus alors que d’un point de vue sociétal il y a une recrudescence de violence à l’égard des femmes. »

La situation est de plus en plus difficile même au sein des postes de police rapporte-t-elle :

«  Nous avons eu plusieurs cas de femmes agressées au sein des postes de police. La police ne protège pas et est auteur de violence. Il y a plusieurs femmes qui nous ont contacté car elles ont été victimes, apparemment au nom de la « morale », à cause de leur tenue, parce qu’elles sont dehors tard… »

L’affaire de la jeune fille au drapeau montre une jeune tunisienne pleine de courage, celle de la jeune fille violée montre une jeune tunisienne victime et montrée du doigt. Reste que dans les deux cas l’opinion public prendra faite et cause pour les jeunes filles. Preuve, comme pour le combat pour la législation, qu’il y a une coupure entre la volonté et les idées du peuple et celles des décideurs.

Face à l’augmentation des violences faites aux femmes le ministère des Affaires de la Femme et de la Famille a l’air dépassé : entre manque de budget, manque de marge de manœuvre difficile d’obtenir des résultats. Pour Sihem Badi il s’agit de mettre en place une approche plus globale : « Sans le ministère de la Justice, de la Santé, de l’Intérieur le ministère des Affaires de la Femme et de la Famille ne peut rien faire. » Les gouvernants ont plutôt, tout au long de l’année, mis en avant la question de l’identité et de l’appartenance culturelle. Des préoccupations se font jour à travers des changements sociétaux difficilement appréhendables.

Les changements de société :

Concours de lecture de Coran étaient organisés par la télévision nationale où on voit des petites filles voilées. Un phénomène impensable il y a quelques temps. Crédit image : impression d'écran

Ainsi pour le mois de Ramadan à la télévision des concours de lecture de Coran étaient organisés et pour la première fois on a vu apparaître à l’écran des petites filles voilées. Un phénomène impensable il y a quelques temps et qui prend de plus en plus d’ampleur, car on voit maintenant dans les rues des petites filles en bas âge porter le voile. Dans les écoles le phénomène existerait aussi. Sous couvert d’une recherche identitaire et d’un retour au religieux une doctrine extrémiste essaie de prendre la main.

Autre phénomène qui a inquiété : la rumeur selon laquelle le gouvernement ne voudrait plus permettre aux femmes d’avoir une contraception libre. Pendant des mois la pilule subventionnée Microgynon a manqué en pharmacie. Les citoyens ont commencé à s’inquiéter : il y aurait une volonté de changer les mœurs et de rendre l’accès à la contraception plus compliqué. Des professionnels de la santé commencent à rapporter des témoignages de femmes qui n’ont pas pu avoir accès à l’IVG. Selma Mabrouk témoigne de ce fait : « En mars j’ai alerté le Président de la République à propos de ce problème d’accessibilité à l’IVG. Certaines collègues m’ont en effet rapporté qu’au sein de certains centres de planning familiale il serait difficile de faire pratiquer une interruption de grossesse. »

« Les médecins joueraient sur la clause éthique et priveraient les femmes de certains de leurs droits. Il y a des problèmes : le discours officiel par rapport à ces droits des femmes pose problème, explique Ahlem Belhadj. Un des problèmes majeurs pour le Ministre de la Santé serait le fait que l’avortement ne serait pas bien contrôlé en Tunisie, alors même que la plupart des avortements se font maintenant avec une pilule abortive qui n’a quasiment pas d’effet secondaire. La question de la santé et des droits reproductifs des femmes sera donc une des prochaines batailles, pour l’ATFD ».

Car si la pilule Microgynon n’a pas disparue, l’accès à l’IVG semble bien être en train de se restreindre et ce depuis des années, pour lutter contre la chute du taux de natalité.

Autre changement de société : au sein des université des mariages coutumiers seraient pratiqués, allant ainsi à l’encontre de la législation en vigueur. Tout comme le fait que des foyers universitaires islamiques exigeraient des étudiantes qu’elles suivent des cours de religion et portent la burqua.

Il s’agirait, encore une fois, d’un volonté d’imposer le retour d’une morale, mais via des phénomènes difficilement quantifiables. Prenons l’exemple d’histoire entendue çà et là : une femme qui se fait malmener par des policiers lors d’un contrôle d’identité, la nuit. Est-ce le policier de son propre chef qui décide de lui faire une leçon de morale ou a-t-il reçu l’ordre de le faire par ses supérieurs ? Voit-on apparaître une police des mœurs ou s’agit-il simplement de phénomènes éparses et individuels ? Ces phénomènes entretiennent un sentiment d’insécurité et donne l’impression que des attaques ont lieu à l’encontre des droits des femmes.

Le bilan de l’année est donc très mitigé. Le fait d’avoir eu à discuter et batailler pour conserver des acquis n’est pas une bonne nouvelle. Le fait qu’aucune nouveauté n’est vue le jour est une forme de recul. Même si aucune loi régressive n’a été enregistrée, même si quelques ateliers de formation pour les femmes ont eu lieu, même si des études de terrain ont pu être faites on ne peut se réjouir du fait qu’un an après les élections aucune avancée majeure n’ait été enregistrée sur le terrain du Droits des femmes en Tunisie, qu’aucune institution luttant contre les discriminations n’est vue le jour, qu’il faille encore organiser des conférences pour expliquer la nécessite du rôle de la femme que la scène publique et politique… et que l’inscription du terme égalité dans la Constitution fasse débat.

Mais le fait que la société civile se soit toujours mobilisées, indignée et ait contestée chaque tentative de recul est une preuve du fait que les citoyens ne veulent pas revenir en arrière et qu’avec le temps les évolutions viendront. Il y a quelques jours le Premier Ministre Hamadi Jebali, invité dans une conférence internationale organisée par le Ministères des Affaires de la Femme et de le Famille et le Programme des Nations Unies pour le Développement, a témoigné de son attachement à la notion d’égalité entre homme et femme et s’est engagé à travailler pour son instauration. Encore une fois la société devra être présente pour s’assurer que ces mots se transforment en action.  http://nawaat

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Lundi 22 octobre 2012 1 22 /10 /Oct /2012 01:46

 

Une nuit, deux policiers ont violé une Tunisienne dans sa voiture. Lorsqu’ils ont été découverts, ils ont eu l’affront d’accuser leur victime d’attentat à la pudeur! La jeune femme encourt une peine de prison de plusieurs mois, à moins que nous ne demandions expressément au juge d’instruction de rejeter ces accusations scandaleuses. A nous d'insister pour que l’on renforce la protection des droits des femmes en Tunisie. 

Le président tunisien vient de présenter les excuses officielles de l’Etat à la jeune femme. Cependant, le juge d’instruction continue d’examiner les accusations d' "atteinte à la pudeur et aux bonnes mœurs" portées contre elle -- c'est proprement insensé. Si nous faisons entendre notre indignation au plus vite et démontrons au gouvernement tunisien que toute la région observe cette affaire de très près, nous pouvons forcer le juge à clore l’affaire. 

Le juge d’instruction peut prendre une décision à tout moment. Si des milliers d’entre nous s’expriment haut et fort, nous pouvons faire pencher la balance et persuader les institutions tunisiennes de mettre fin à ce scandale. Cliquez ci-dessous pour signer la pétition urgente et l’envoyer à tous vos proches -- lorsque 10 000 personnes auront signé, nous organiserons une grande action médiatique aux portes de la Cour suprême de Tunis.

Cliquer pour accéder à la PÉTITION

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Lundi 15 octobre 2012 1 15 /10 /Oct /2012 16:04

Pétition appelant à traduire en justice le pédophile Bahri Jelassi

 

 

 

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Une pétition est en train de circuler sur les réseaux sociaux appelant à traduire en justice Bahri Jelassi, fondateur du Parti de l’ouverture et de la fidélité (Pof), pour ses appels à la pédophilie sur la chaîne Tounesna TV.

 

Les propos de cet homme d’affaire défenseur de la polygamie et de la pédophile n’ont pas laissé indifférents beaucoup de Tunisiens qui appellent le parquet à réagir et à poursuivre cet agitateur devant les tribunaux pour ses propos contre les femmes, réduites au statut de produit consommable et d’esclave de l’homme, et, surtout, ses appels à la polygamie et à la pédophilie interdites par la loi tunisienne.

 

«Nous avons tous vu et entendu les propos de ce psychopathe de Bahri Jelassi qui revendique le mariage des filles à l'âge de 13, 14 et 15 ans sous prétexte que la fille qui atteint les 20 ans ne donne plus envie, et qu'elle n’est pas excitante. Cet homme dont les propos touchant aux droits de l'enfant, à la dignité de la femme et à la stabilité de la société doit non doit être traduit en justice et condamné sévèrement. Pour tous ceux qui veulent agir en portant plainte contre cet homme, signez cette pétition s'il vous plaît... Ce qu'il dit est une menace pour les enfants, les femmes et les hommes, tous confondus», lit-on dans la pétition que l’on peut signer sur le site ‘Pétition24.net’’kapitalis.

 

 

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 En savoir davantage sur les idées de ce pédophile, BAHRI JELASSI, qui insulte Bourguiba d’avoir interdit le mariage avec les mineurs (les petites fillettes) et dit Non aux droits de l’enfance ! 

 

 

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Moncef Marzouki sur RFI: «Il faut que les islamistes nous donnent des garanties plus sérieuses sur leurs intentions»


Le nouveau président tunisien Moncef Marzouki lors de sa prestation de serment le 13 décembre 2011.
Le nouveau président tunisien Moncef Marzouki lors de sa prestation de serment le 13 décembre 2011.
REUTERS/Zoubeir Souissi

Le président tunisien Moncef Marzouki a regagné Tunis dimanche 14 octobre, après avoir participé au XIVe sommet de la Francophonie tenu dans la capitale de la RDC, Kinshasa. Dans une interview acordée à RFI, au micro de Christophe Boisbouvier, Moncef Marzouki rappelle que l’accord passé avec Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahda, était basé sur la promotion d’un Etat laïque et d’une société moderne. Et, prévient-il, il exigera des clarifications en cas de reconduction de cet accord.

Monsieur le président, lors de la cérémonie d’ouverture, vous avez dit que l’islamisme ne gagnera pas, que ce serait la démocratie qui l’emporterait. Qu’est-ce qui vous rend si certain de cela ?

C’est évident, parce que quand on voit le spectre islamiste, on se rend compte qu’il va, comme on dit, d’Erdogan [Premier ministre turc, NDLR] aux talibans, avec une portion centrale. Et c’est cette portion centrale qui a rejoint le mouvement démocratique. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le salafisme, c’est la portion qui a refusé de se joindre au mouvement démocratique.

Le grand phénomène des années 70 et des années 80, c’est la scission du mouvement islamiste en une partie qui a rejoint la démocratie, et une partie qui a versé dans le terrorisme. Or, cette partie qui a rejoint la démocratie est venue à nous. Ce n’est pas nous qui sommes allés vers eux. Et aujourd’hui, la partie qui refuse la démocratie est totalement isolée au sein du mouvement islamiste et au sein de la population.

 

Vous dites ça, mais il y a tout de même cette vidéo qui n’aurait jamais dû être diffusée dans laquelle on voit monsieur Rached Ghannouchi dire que finalement, l’islamisme va gagner dans votre pays...

Lorsque nous avons fait cet accord de la troïka, il était très clair pour moi comme pour lui, que c’était une alliance entre les islamistes modérés et les laïques modérés pour promouvoir la démocratie des droits de l’homme, pour promouvoir un Etat laïque et une société moderne. Si monsieur Ghannouchi revoit ses positions, libre à lui. Mais en tout cas, l’accord encore une fois conclu, était basé sur ce principe. Et je vais exiger des clarifications. Je vais exiger surtout que si cet accord est reconduit, il le soit sur des termes encore plus précis et encore plus clairs.

 

Ne craignez vous pas, finalement, que dans cette troïka, Mustapha Ben Jafar et vous-même soyez un petit peu les cautions démocratiques d’un mouvement, qui en fait, je parle d’Ennhada,vise à l’islamisation de la société tunisienne ?

Non, parce que d’abord nous ne sommes pas naïfs. Et quand nous avons fait cet accord, nous l’avons fait sur des bases claires, à savoir, une Constitution démocratique, les libertés publiques. Jusqu’à présent, là où je suis, c'est-à-dire au palais de Carthage, j’ai veillé absolument au respect des droits des l’homme, aux libertés. Je me considère d’une certaine façon, de par ma fonction, comme le garant de ces libertés et de ces droits.

Pour monsieur Mustapha Ben Jafar, c’est exactement la même chose. Mais encore une fois, il va falloir que les islamistes nous donnent maintenant des garanties beaucoup plus sérieuses sur leurs intentions. Et en fin de compte, ça, on va le voir au niveau de la Constitution. Si jamais il y a double discours, tout peut être revu.

 

Justement, quels sont les points clés dans le débat constitutionnel actuel ? Est-ce la criminalisation du blasphème ? Est-ce le statut de la femme ?

Le statut de la femme, j’ai toujours dit : l’égalité, elle est complète ou elle ne l’est pas.

 

La femme n’est pas le complément de l’homme ?

Ah non, non ! Nous avons balayé d’un revers de la main cette formulation. Elle n’existera pas. Je peux vous assurer qu’elle n’existera pas. Pour ce qui est de la criminalisation, je pars du principe qu'il ne doit pas figurer dans une Constitution, et je suis totalement contre. J’ai toujours pensé que les pires effets pervers de la liberté d’expression valent mieux que la censure.

Je suis, bien entendu, pour qu’on mette que l’islam est la religion de l’Etat. Ca, tout le monde est absolument d’accord. Je suis d’accord pour qu’on dise qu’il faut promouvoir notre identité arabo-musulmane. La discussion n’est pas là. La discussion c’est de vouloir, sous prétexte de mettre l’islam comme étant la religion de l’Etat, vider les libertés de leur sens. Ça, il n’en n’est pas question !

Le dernier point où ça achoppe : Ennahda veut un régime parlementaire, et nous, on dit « il n’est pas question de cela ». Ce que nous voulons, c’est un régime qui protège les Tunisiens contre le retour de la dictature. La dictature a deux portes : la porte d’un seul homme, c’est l’exemple de Ben Ali. Mais aussi, cela peut être  la dictature d’un parti majoritaire qui, profitant de sa majorité, est capable de modifier la Constitution. C’était le prototype Bourguiba.

 

Lors de l’extradition de l’ancien Premier ministre libyen, vous avez été ouvertement contredit par votre Premier ministre, et donc par Ennahda. Est-ce que vous n’avez pas le sentiment que depuis quelques mois, vous avez perdu une partie de vos pouvoirs ?

Au contraire. Moi, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, la fonction de la présidence en Tunisie est en train de gagner, d’abord en crédibilité, parce que chaque fois qu’il y a eu violation des droits de l’homme, c’est la présidence qui a dit « niet » et qui s’est opposée. Dans le cas de Baghdadi Mahmoudi il y a eu un sévère rappel à l’ordre. Et de toutes les façons, je pense qu’une telle affaire ne risque pas de se reproduire, tellement elle a eu des effets graves sur la stabilité du pouvoir, et tellement elle aurait pu avoir des conséquences graves sur le gouvernement lui-même.

 

Vous n’avez pas eu envie de démissionner à ce moment-là ?

J’ai rédigé ma démission ! Elle était écrite ! Et en fin de compte, c’est parce qu’il y a eu des excuses. Beaucoup de gens m’ont calmé – entre guillemets – , j'ai quand même vu que cela allait bousculer le pays et le précipiter dans une grave crise, alors j’ai accepté de ne pas démissionner. Mais ma lettre était rédigée dans l’avion, dans le C-130 qui m’avait ramené du Sud ! rfi.fr

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