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En arabe : les dernières trouvailles de Wikileaks
Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Wikileaks
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Jeudi 2 juin 4 02 /06 /Juin 08:29

 par  Pierre Obolensky

 

Le « Printemps arabe » qui a balayé des dictateurs que l'on pensait inamovibles en Tunisie et en Egypte et qui a attisé des feux de révolte depuis le début de l'année 2011 à travers l'Afrique du Nord et le Proche-Orient se serait-il arrêté aux frontières du Royaume chérifien ?

 

  

En effet, si on se fie à l'attention médiatique qui lui est consacrée depuis la Belgique, où vit depuis près de 45 ans une importante minorité de belges d'origine marocaine, le Maroc semble relativement épargné par les mobilisations de masse et à l'abri de tout risque de déstabilisation. 


 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

Le Roi des pauvres ?

 

Il est vrai que Mohamed VI, présenté comme le « Roi des pauvres » et comme un despote éclairé à la tête d'une monarchie acceptable et légitime, sert fort bien les intérêts occidentaux. Le Maroc est très proche de Washington (il collabore avec entrain à sa croisade contre le terrorisme) et entretient également une relation privilégiée avec l'Union Européenne qui lui a accordé le statut de partenaire le plus avancé aux côtés d'Israël. S'y est développé une bourgeoisie compradore1 qui a prospéré en vendant son pays et ses ressources aux multinationales occidentales. 

Mohamed VI, jeune et présentant une image d'entrepreneur moderne, a l'avantage de succéder à son père2 dont il fait tout pour se démarquer dans les formes. Maître dans l'art du protocole, il a su orchestrer un semblant de démocratie (pluralité politique et dans la presse)pour soigner les apparences à destination du reste du monde. En tant que « commandeur des croyants », sa popularité reste très importante dans le pays.

 

Pourtant, il exerce avec son clan une concentration extrême des richesses alors que la majorité de la population vit dans la pauvreté et que beaucoup de jeunes choisissent l'exil pour survivre.

Il concentre également tous les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, économique et religieux). Le gouvernement, le parlement ainsi que les partis politiques (mis à part quelques exceptions) sont soumis au bon vouloir du palais royal. Et certains thèmes sont absolument tabous, comme la légitimité sacrée de la monarchie alaouite, intouchable jusqu'à ses choix de gouvernance, ou la souveraineté nationale sur le Sahara Occidental3.


La clé de voûte du pouvoir est le tout-puissant appareil sécuritaire du Makhzen4, dont la simple évocation suscite la crainte au Maroc. La répression y est dure (arrestations, cas de disparitions forcées, tortures) particulièrement contre les activistes progressistes, les étudiants et syndicalistes contestataires, les islamistes et les sahraouis.


Bien que des espaces de liberté et d'expression pour la contestation existent (balisés et sous contrôle), il s'agit d'un système mafieux et autoritaire incapable d'apporter des solutions face aux urgences de la situation socio-économique du pays. Le Maroc connaît un chômage de masse, y compris chez les doctorants. Beaucoup de paysans émigrent dans les villes et le secteur informel représente une part importante de l'économie nationale.

La population marocaine paye le prix de plans d'ajustements structurels imposés par les institutions financières internationales début des années 80, qui ont privatisé des pans entiers de la société, enseignement et santé entre autre. La globalisation néo-libérale qui a suivi un siècle de colonialisme et de néo-colonialisme a enfoncé le Maroc dans le sous-développement. A cela, s'ajoutent de plus en plus de problèmes internes (corruption, affairisme, clientélisme, scandales de détournements de fonds publics) qui expliquent pourquoi les marocains suivent d'un œil attentif les révoltes populaires dans le Monde Arabe, et les ont, contrairement à ce que l'on entend, relayées dans leur pays. Depuis le 20 février, il y a eu 3 journées nationales de mobilisations historiques au Maroc, et d'innombrables actions, manifestations ou sit-in dans plus d'une centaine de localités !

 

Le Mouvement du 20 février

 

A l'avant-garde se trouve cette fameuse génération Facebook, une « nouvelle race de marocains mutants »5, très jeunes (de 15 à 25 ans), qui n'ont pas connu les années de plomb, et osent s'exprimer haut et fort . « On n'a plus peur désormais, c'est fini. Mamfakinch !6 »

Tahani et Montasser à Rabat, Nabil à Casablanca, Youssef à Oujda...

Ils sont parmi des centaines de milliers d'autres, acteurs et porte-paroles du Mouvement du 20 Février. Leurs revendications sont politiques et sociales. 

Ils veulent un changement de Constitution dirigé par le peuple et la mise en place d'une monarchie parlementaire où le Roi règne mais ne gouverne pas.

La liberté des prisonniers politiques et la condamnation des tortionnaires, ainsi que des responsables de la situation économique désastreuse.

Ils se battent pour un accès pour tous aux soins de santé, à l'enseignement, à un emploi, à un logement abordable. Et pour lutter contre la cherté de la vie, ils revendiquent la hausse du salaire minimum et la baisse des prix pour les denrées alimentaires.

Tous parlent de la place de la femme, exploitée à tous les niveaux dans la société marocaine, et de la lutte pour la parité. Ils veulent la reconnaissance officielle de la langue berbère, l'Amazigh.

Enfin, ils osent demander la séparation de l'État et de la religion.

Leurs slogans parlent de pain, d'emploi et de logement, de dignité, d'égalité et de liberté, on a beau chercher on ne trouve aucun mot d'ordre religieux. On est loin de la caricature (imposée par la théorie du choc des civilisations) que l'on se fait en Occident des peuples arabo-musulmans.

 

Antécédents et Printemps Arabe

 

Ils expliquent que le Mouvement du 20 Février n'est pas arrivé comme par miracle, que bien des luttes existaient au niveau local dans de nombreuses villes. Des mouvements spontanés, des luttes dispersées mais bien réelles. Comme celle des chômeurs diplômés qui ont fondé l'association nationale des diplômés chômeurs (ANDCM), ou celle de Bouarfa contre la vie chère.

Là-bas, cela fait plus de 3 ans que les habitants boycottent les compagnies de gaz et électricité qui pratiquent des prix exorbitants. Ils refusent tout simplement de les payer. Les étudiants ont joué un grand rôle, qui au sein de l'UNEM (Union Nationale des Étudiants Marocains) ont mené des mouvements de contestations dans plusieurs universités du pays (Fès, Casablanca, Oujda, Rabat).

En l'absence d'un véritable parti de gauche crédible et légitime7, l'Association marocaine des Droits de l'Homme (AMDH) fait office de refuge et de garde-fou8. Elle effectue un travail de masse dans une centaine de localités du pays, et regroupe près de 10 000 membres ! Elle a joué un rôle essentiel dans l'organisation du mouvement.

 

Comme en Tunisie ou en Egypte, la révolte est bien l'aboutissement d'une lutte de classes intense.

Mais il fallait une étincelle. Et elle porte le nom de Mohamed Bouazizi.

« Les révoltes arabes nous ont montré que c'était possible dans des pays très opprimés comme la Tunisie et l'Égypte. Elles nous ont donné un cadre global pour avancer nos revendications. On était déjà en révolte mais là, on se dit c'est le moment ! » nous explique Tahani.

Nabil : « Les révoltes tunisiennes et égyptiennes ont joué un grand rôle pour notre mouvement au Maroc. Bouazizi a été le détonateur ! Pour tous, il était temps de s'exprimer et de réagir, de sortir et de lever la voix pour dire non aux injustices, à la corruption. On veut une nation nouvelle, un pays qui respecte tous ses citoyens. Comme ailleurs, nos slogans principaux parlent de pain, de liberté et de dignité ! »

 

 

Historique du mouvement

 

Montasser raconte comment les jeunes se sont organisés en utilisant les nouvelles technologies et réseaux sociaux sur le net pour mobiliser et coordonner le mouvement :

« Nous avons crée un groupe sur Facebook fin janvier appelant à une première marche qui a finalement eu lieu le 20 février. Puis des réunions concrètes nous ont permis de nous connaître et de nous organiser en sections locales. Des assemblées générales ont lieu chaque semaine. La réaction du Makhzen ne s'est pas fait attendre, notamment via Internet pour salir le mouvement et ses porte-paroles, et même acheter l'un d'eux. L'un des jeunes les plus en vue a retourné sa veste, il est passé le 19 février, la veille de la première mobilisation, à la télévision et à la radio pour annoncer que tout était annulé ! Et pourtant nous avons marché le lendemain. Malgré le mauvais temps et le blocage des moyens de transports, trains et taxis collectifs. Au début de la manif, des flics en civils se sont mis devant et ont même été jusqu'à lancer des slogans acceptables par le Makhzen, mais ils se sont vite fait submerger. A la fin, des jeunes agitateurs et des casseurs ont commis des actes de vandalisme pour nous discréditer mais ça n'a pas pris non plus  ». 

Résultat : près de 400 000 personnes dans une soixantaine de villes du Maroc9. Le mouvement est lancé, la génération Facebook fait trembler les puissants ! « Nous mêmes avons été surpris de la participation massive des citoyens, c'était du jamais vu ! » ajoute Tahani.

 

Le 9 Mars, Mohamed VI réagit dans une allocution télévisée étonnante.

Il propose une réforme constitutionnelle et plus largement un nouveau pacte entre le Roi et son peuple. Mais la commission nommée pour réécrire la Constitution est illégitime de par sa composition puisque ses membres sont nommés par le Roi seul et sont des hommes de l'appareil décrié par la population. Les quelques mesures annoncées (augmentation du salaire minimum, du salaire des fonctionnaires, ainsi que des petites retraites) sont trop tardives et limitées et ne sont pas suffisantes pour arrêter le mouvement. 

Le fait que Mohamed VI ai du réagir montre le poids du mouvement social. Toutefois il ne semble pas avoir pris l'ampleur du mécontentement profond exprimé par sa population.

Les actions continuent de plus belle (manifs, sit-in, flash-mobs) et pour la première fois à cette échelle, la répression policière s'abat sur les participants, le 13 Mars.

Et elle ne fait que décupler la volonté des contestataires. Youssef s'enthousiasme : « A partir de là, le mouvement va s'adresser à tous les secteurs exploités du pays et connaîtra une progression constante tant qualitative que quantitative en développant sa capacité d'organisation et sa faculté de mobilisation. J'ajoute que le Mouvement du 20 Février a toujours été pacifique  ».

 

Les jeunes se répartissent les tâches entre différents comités (communication, organisation des manifs, sécurité, coordination...)

 

Nabil : « Les médias dominants ne font pas leur travail pour informer la population de ce qui se passe. Ils ne diffusent pas l'information telle qu'elle est. C'est pourquoi nous avons une commission médiatique au sein du Mouvement qui livre une véritable guérilla médiatique »

 

Les dimanche 20 Mars et 24 Avril, nouvelles mobilisations monstres. À chaque fois, près de 600 000 personnes marchent dans une centaine de localités. Alors que les contre-manifestations organisées par le pouvoir ne rassemblent que quelques dizaines de manifestants monarchistes.

Entre temps, le 14 avril Mohamed VI avait libéré 190 détenus politiques, sahraouis et islamistes, la plupart en fin de peine.

 

L'attentat de Marrakech

Le jeudi 28 vers 12h, un attentat frappe le haut-lieu du tourisme au Maroc, la place Jamaâ El Fna à Marrakech. Une bombe éclate à la terrasse du café-restaurant Argana, faisant 17 morts, dont de nombreux touristes français. Le Maroc était épargné par le les attaques terroristes depuis le sanglant précédent des attentats simultanés à Casablanca le 16 mai 2003 qui ont fait 45 morts. La lumière n'a jamais été vraiment faite sur ce qui s'était passé ce jour là. Mais tous les marocains se souviennent de ces conséquences avec la mise en place de lois anti-terroristes très contraignantes pour l'ensemble de la population et pour les défenseurs des libertés.

 

Après avoir pointé du doigt Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) les autorités auraient mis la main sur le coupable : un malade mental qui aurait agi isolé. Depuis, 6 autres suspects ont été arrêtés. Mais l'écrasante majorité des marocains interrogés sont sûrs d'une chose : « c'est le Makhzen derrière ». Pour les jeunes « une chose est claire, cela vise le mouvement ! ». C'est le meilleur moyen pour briser l'élan du 20 Février et pour justifier un retour à l'ordre et au tout-sécuritaire.

La menace terroriste pourrait servir de justificatif pour annuler les réformes, restreindre le champ des libertés et réprimer les mobilisations de masse.

 

Le Makhzen avait tout essayé pour stopper l'élan populaire, même si la répression directe reste encore très modérée, les autorités redoutant une explosion de colère comparable aux tsunamis humains qui ont déferlés dans les rues en Tunisie et en Egypte. « Nous avons ont été systématiquement harcelés et diabolisés dans les médias -accusations d'athéisme, de communisme, d'homosexualité, d'appartenance au Front Polisario, d'influence de l'étranger-, mais, poursuit Tahani, les gens ne sont pas dupes. Aujourd'hui, on tente de récupérer le Mouvement par l'entremise de jeunes, membres de certaines formations politiques, on tente de fomenter des luttes internes entre les forces progressistes et la contre-révolution qui s'infiltre  »

 

Une composante réactionnaire à l'intérieur de la société marocaine, très liée aux intérêts occidentaux, qui se sentirait menacée par la révolution démocratique qui a démarré, aurait-elle commandité l'attentat ? Est-ce une tentative de diviser le Mouvement et de briser l'unité entre la gauche et les islamistes ? Autant de questions laissées pour le moment en suspens.

 

Depuis le 28 avril, les barrages policiers se multiplient dans tout le pays. Quoi qu'il en soit les actions continuent. Ni la répression policière, ni les bombes des terroristes n’ont entamé la mobilisation populaire. Le 01 mai, journée internationale des travailleurs, de nombreux jeunes du Mouvement sont sortis dans la rue pour renforcer les cortèges syndicaux. La prochaine grande manifestation nationale est fixée pour le 22 mai.

 

Unité du Mouvement 


Selon Youssef, « ce qu'il faut désormais, c'est unifier les luttes ». La génération Facebook n'est pas déconnectée des luttes sur le terrain. Au contraire, les jeunes veulent se politiser davantage et renforcer leur lien avec le monde ouvrier. « Nous faisons un travail dans les quartiers, sur les marchés, dans les usines...  » explique Montasser. Au Maroc, les syndicats sont très divisés10 et corrompus, mais la base est combative. Avec le 20 Février, nous avons entrepris à leurs côtés une importante campagne contre la multinationale française Véolia (eau-électricité-assainissement), très impliquée au Maroc  ».

 

Non seulement, le Mouvement du 20 Février a levé l'obstacle de la peur, mais a aussi réussi à unifier divers courants idéologiques. En effet, il est frappant de constater la diversité des composantes du Mouvement. Sympathisants de partis politiques de gauche, les syndicats, l'UNEM, Attac-Maroc, des militants de l'AMDH, du mouvement islamiste réprimé Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance, du Cheick Yassine), ou du mouvement berbère. Surtout beaucoup de jeunes révoltés « indépendants », qui forment le gros des troupes. L’action les a réunis dans un front commun contre le même ennemi. 

Nabil explicite l'alliance tacite entre progressistes et islamistes : « Le Mouvement du 20 Février est un mouvement de citoyens et les islamistes également manifestent en tant que citoyens. Tous doivent respecter les mots d'ordre. Jusqu'à présent, les islamistes sont très disciplinés et travaillent dans l'unité. Nous autres, en tant que progressistes, prenons en compte leur point de vue. Nous nous réunissons chaque semaine en assemblée ». 

Montasser juge que les islamistes sont « présents dans la rue mais pas tellement dans les réunions durant lesquelles on met en avant, des slogans unitaires et des revendications légitimes pour tous  ». Il insiste sur le « rôle important du noyau organisé du 20 Février. On doit faire attention aux récupérations et au noyautage de l'organisation par des éléments du Makhzen. Il faut s'organiser le plus possible et gagner les masses populaires, devenir encore plus large, mais quoi qu'il en soit le bond en avant de la conscience collective est énorme. On récolte toujours les fruits de se que l'on sème pendant des années de militantisme parfois décourageants  » !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soyons réalistes, exigeons l'impossible !

« Ce que j'aimerais dire à la jeunesse européenne, termine Nabil, c'est que la jeunesse c'est l'avenir. L'avenir nous appartient ! Il faut lutter, militer pour obtenir nos droits en tant que citoyens, personne ne va venir et nous les donner ».

« Et puis il faut unir les luttes, que ce soit en Grèce, au Burkina-Faso ou en Tunisie entre autre, car nous affrontons le même système d'oppression et d'exploitation » rajoute Tahani.

Youssef conclut : « Pour affronter son avenir, il faut courage et optimisme ! S'il y a volonté du peuple, alors cette volonté est de fer ! »

Quelles sont leurs perspectives ? Comment voient-ils l'avenir ?

« On a connu tellement de surprises ces dernières semaines, que plus rien n'est impossible !sourit Tahani. Le rapport de force dans la rue a obligé le monde politique a bouger. Il suffit de commencer ! Comme disait le Che, 'Soyons réalistes, exigeons l'impossible' » !

 

Qui a dit qu'il ne se passait rien au Royaume chérifien ?

Selon que les dirigeants des pays concernés soient nos amis ou nos ennemis, la lecture que les médias dominants font des révoltes arabes est très différente. Mais au Maroc ça bouge aussi !

Relayant le Printemps Arabe, le Mouvement du 20 Février est devenu aujourd’hui un acteur incontournable de la réalité marocaine avec lequel la monarchie devra compter et ouvre de nouveaux espaces d’expression, utilisés en masse par les femmes et les jeunes, entres autres.

La rue continue à mettre la pression, et la contestation s'étend dans les campagnes et banlieues. Fini la peur et vive l'unité !

 

Soudain, les jeunes constatent qu'ils peuvent devenir acteurs de leurs vies, prendre leur destin en main. Des jeunes qui sont désormais tellement, qu'ils n'ont plus peur de se faire « makhzenifier » ! Le Mouvement est composé en majorité de jeunes (55% de la population a moins de 25 ans) qui veulent un changement radical maintenant et en ont marre des partis politiques traditionnels et de leurs mensonges. Et, le sentiment qui prédomine chez les gens est qu'un retour en arrière n'est plus possible.



1 Du verbe portugais 'comprar' (acheter). Désigne une partie de la bourgeoisie d'un pays en développement qui s'est enrichie en commerçant avec l'étranger.

 

2 Hassan II a régné en dictateur de 1961 à 1999.

 

3 Depuis 1975, un conflit oppose le Royaume marocain au Front Polisario sur ce territoire décolonisé par l'Espagne cette même année.

 

4 Le mot arabe « makhzen », désigne l'État marocain et ses institutions régaliennes et plus généralement la structure politico-administrative sur laquelle repose le pouvoir.

 

5  cf. Tel Quel n°471, 30/4/2011, p.73.

 

6 « On va pas lâcher ! » cf. www.mamfakinch.com.

 

7 L'USFP (Union Socialiste des Forces Populaires) « benbarkiste » n'a plus rien de socialiste et l'ex-Parti Communiste, le PPS (Parti du Progrès et du Socialisme) est monarchiste ! Le PSU (Parti Socialiste Unifié), important dans la gauche estudiantine regroupe plusieurs tendances. Enfin la Voie Démocratique est très présente dans les luttes, notamment syndicales (marxiste-léniniste, ex-Ila Al Amame).

 

8 Créé en 1979, elle a survécu aux années de plomb. Les familles des détenus politiques y ont joué un rôle pionnier au début, puis peu à peu seront revendiqués les droits sociaux, économiques et culturels. L'AMDH accompagne, soutien, conseille et conscientise les victimes et leurs familles.

 

9 Il est très difficile d'avoir des chiffres précis pour les manifestations. Les estimations variant très fort selon les sources. Par exemple pour la mobilisation du 24 avril, il y aurait eu 30 000 personnes selon les autorités, 300 000 selon un journal socio-démocrate et 800 000 selon les organisateurs.

 

10 Il existe plus d'une trentaine de syndicats, mais les plus légitimes et représentatifs restent l'UMT (Union Marocaine du Travail) et la CDT (Confédération Démocratique du Travail).

 

 Lien  : http://www.michelcollon.info/_Pierre-Obolensky_.html

 

 

 


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Lundi 14 février 1 14 /02 /Fév 19:25

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Cinquante ans de carrière militaire, trois guerres contre Israël et vingt ans passés au gouvernement : Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, dépositaire du pouvoir, n'est pas vraiment le jeune révolutionnaire post-Moubarak que la foule attendait après dix-huit jours de soulèvement. Cet apparatchik de 75 ans apparaît surtout comme le candidat des Etats-Unis et il doit encore prouver qu'il est capable d'effectuer la "transition pacifique" promise, samedi 12 février, par le Conseil suprême des forces armées.

 

Apparatchik expérimenté. Mohamed Tantaoui devra représenter le pays "auprès de toutes les parties à l'intérieur et à l'extérieur". Né en 1935, il a passé les deux tiers de sa vie dans l'armée, où il est entré en 1956, participant ainsi à la première crise internationale qu'a connue l'Egypte, celle du canal de Suez qui l'avait opposée à Israël, à la France et à la Grande-Bretagne.

M. Tantaoui a par la suite participé à deux autres conflits armés contre l'Etat hébreu, lors de la guerre des Six Jours en 1967, puis celle du Kippour en 1973. En 1991, il a ensuite joué un rôle-clé en conduisant les forces armées au sein de la coalition qui est intervenue au Koweït après l'invasion irakienne. Quatre ans plus tard, il fut nommé au poste qu'il occupe encore aujourd'hui, celui de commandant général des forces armées.

Au-delà de ces faits d'armes, le CV du nouvel homme fort de l'Egypte présente aussi un lourd volet politique, puisque celui-ci a occupé la fonction de ministre de la défense et de la production miliaire pendant vingt ans (1991-2011). Enfin, Mohamed Tantaoui a reçu une promotion aussi récente qu'éphémère : le 29 janvier, Hosni Moubarak l'avait nommé vice-premier ministre, pensant calmer les ardeurs des révolutionnaires de la place Tahrir.

Un élément au pouvoir depuis aussi longtemps semble donc peu enclin au changement. Un télégramme diplomatique américain révélé par WikiLeaks et datant de 2008 décrit Tantaoui comme quelqu'un de "charmant et courtois" mais aussi "âgé et hostile au changement". Les câbles le décrivent, lui et Hosni Moubarak, comme des hommes n'ayant "tout simplement pas l'énergie, l'inclination ou la vision du monde pour faire les choses différemment".

Rassurant à l'intérieur. Agé de 75 ans, Mohamed Tantaoui peut aussi se poser en garant de la stabilité et du renoncement à la violence. On l'a vu pendant les jours de soulèvement : l'armée a toujours su faire preuve de retenue, contrairement à la police, accusée de nombreuses violences. Les manifestations ont d'ailleurs été marquées par de nombreuses scènes de fraternisation entre la foule et l'armée.

En outre, un ancien enquêteur auprès de Human Rights Watch disait vendredi à ABC News qu'en ce qui concerne les abus sur les droits de l'homme, l'ONG était "beaucoup plus confiante et optimiste sur ce qu'il va se passer", maintenant que l'armée dirige le pays.

La plupart des observateurs font par ailleurs remarquer que le militaire n'a pas d'aspirations politiques. "Tantaoui n'a pas d'ambition présidentielle. Personne à l'intérieur du Conseil suprême de l'armée ne souhaite qu'il en ait", assure au Washington Post Hosam Sowilam, général à la retraite et ancien camarade de M. Tantaoui à l'école militaire .

Rassurant à l'extérieur. Du haut de ses dizaines d'années d'expériences, Mohamed Tantaoui est en fait – surtout – le candidat idéal des Etats-Unis et d'Israël, avec qui il a tissé de nombreux liens. D'après Mohamed Kadry, un ancien général de l'armée interrogé par le Washington Post, il "comprend l'importance de la relation" avec les Etats-Unis. D'autant plus que Washington octroie à l'armée 1,3 milliard de dollars d'aide par an.

D'autre part, l'armée a répété qu'elle restait liée par les traités internationaux signés par l'Egypte, histoire d'apaiser les inquiétudes des Etats-Unis et d'Israël sur le devenir des accords de paix israélo-égyptiens de 1979. Dimanche, le Conseil suprême des forces armées a noué des premiers contacts plutôt positifs avec les dirigeants israéliens et, devant la presse, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s'est félicité de l'engagement de l'armée de respecter le traité de paix conclu avec Israël.

D'ailleurs, d'après le document de WikiLeaks de 2008, les Etats-Unis jugent que, marqué par trois guerre contre Israël, Mohamed Tantaoui est à présent "déterminé à en éviter une autre".

Instable. Mais ce document souligne aussi que "des officiers de rang intermédiaire sont très critiques à l'égard [du] ministre de la défense, qu'ils estiment plus prompt à valoriser la loyauté que la compétence chez ses subordonnées". Ces mêmes officiers le surnommaient d'ailleurs le "caniche" de Moubarak. Si la période de transition dure un peu trop, le risque de mutinerie dans l'armée pourrait augmenter.

Quant à la société civile, elle l'a vu partager, un peu interdit, la joie des jeunes révoltés place Tahrir. Vendredi, tandis qu'il célébrait la chute du raïs devant le palais présidentiel, le peuple égyptien ne l'a reconnu que comme l'homme de la transition, non comme le nouvel homme fort et permanent du pays.

Ainsi, comme l'écrit Oren Kessler, dans le Jerusalem Post, "la rêverie se terminera bientôt s'il n'arrive pas à mettre en œuvre les réformes démocratiques et le gouvernement civil que les manifestants ont exigés"

Lien : http://srv06.admin.over-blog.com/index.php?module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=731297707936

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Samedi 8 janvier 6 08 /01 /Jan 08:14

Viewing cable 08TUNIS679, CORRUPTION IN TUNISIA: WHAT'S YOURS IS MINE

If you are new to these pages, please read an introduction on the structure of a cable as well as how to discuss them with others. See also the FAQs
Reference ID Created Released Classification Origin
08TUNIS679 2008-06-23 13:01 2010-12-07 21:09 SECRET Embassy Tunis
VZCZCXYZ0000
PP RUEHWEB

DE RUEHTU #0679/01 1751355
ZNY SSSSS ZZH
P 231355Z JUN 08
FM AMEMBASSY TUNIS
TO RUEHC/SECSTATE WASHDC PRIORITY 5219
INFO RUCNMGH/MAGHREB COLLECTIVE PRIORITY
SS E C R E T TUNIS 000679 

SIPDIS 

STATE FOR NEA/MAG (HARRIS) 
STATE PASS USTR (BURKHEAD) 
USDOC FOR ITA/MAC/ONE (NATHAN MASON), ADVOCACY CTR 
(REITZE), AND CLDP (TEJTEL AND MCMANUS) 
CASABLANCA FOR FCS (ORTIZ) 
CAIRO FOR FINANCIAL ATTACHE (SEVERENS) 
LONDON AND PARIS FOR NEA WATCHER 

E.O. 12958: DECL: 06/23/2018 
TAGS: ECON KCOR PGOV EINV EFIN SOCI TS
SUBJECT: CORRUPTION IN TUNISIA: WHAT'S YOURS IS MINE 

REF: A. TUNIS 615 
¶B. TUNIS 568 
¶C. TUNIS 365 
¶D. TUNIS 169 
¶E. TUNIS 113 
¶F. 07 TUNIS 1489 
¶G. 07 TUNIS 1443 
¶H. 07 TUNIS 1433 
¶I. 06 TUNIS 2848 
¶J. 06 TUNIS 1673 
¶K. 06 TUNIS 1672 
¶L. 06 TUNIS 1630 
¶M. 06 TUNIS 1622 
¶N. 01 TUNIS 2971 

Classified By: Ambassador Robert F. Godec for Reasons 1.4 (b) and (d). 

------- 
Summary 
------- 

¶1. (S) According to Transparency International's annual 
survey and Embassy contacts' observations, corruption in 
Tunisia is getting worse. Whether it's cash, services, land, 
property, or yes, even your yacht, President Ben Ali's family 
is rumored to covet it and reportedly gets what it wants. 
Beyond the stories of the First Family's shady dealings, 
Tunisians report encountering low-level corruption as well in 
interactions with the police, customs, and a variety of 
government ministries. The economic impact is clear, with 
Tunisian investors -- fearing the long-arm of "the Family" -- 
forgoing new investments, keeping domestic investment rates 
low and unemployment high (Refs G, H). These persistent 
rumors of corruption, coupled with rising inflation and 
continued unemployment, have helped to fuel frustration with 
the GOT and have contributed to recent protests in 
southwestern Tunisia (Ref A). With those at the top believed 
to be the worst offenders, and likely to remain in power, 
there are no checks in the system. End Summary. 

------------------- 
The Sky's the Limit 
------------------- 

¶2. (C) According to Transparency International's 2007 index, 
the perception is that corruption in Tunisia is getting 
worse. Tunisia's ranking on the index dropped from 43 in 
2005 to 61 in 2007 (out of 179 countries) with a score of 4.2 
(with 1 the most corrupt and 10 the least corrupt). Although 
corruption is hard to verify and even more difficult to 
quantify, our contacts all agree that the situation is headed 
in the wrong direction. When asked whether he thought 
corruption was better, worse, or the same, XXXXXXXXXXXX
 exclaimed in  exasperation, "Of course it's getting worse!"
He stated that  corruption could not but increase as the culprits
looked for  more and more opportunities. Joking about Tunisia's
rising  inflation, he said that even the cost of bribes was up. "A 
traffic stop used to cost you 20 dinars and now it's up to 40 
or 50!" 

----------------- 
All in the Family 
----------------- 

¶3. (S) President Ben Ali's extended family is often cited as 
the nexus of Tunisian corruption. Often referred to as a 
quasi-mafia, an oblique mention of "the Family" is enough to 
indicate which family you mean. Seemingly half of the 
Tunisian business community can claim a Ben Ali connection 
through marriage, and many of these relations are reported to 
have made the most of their lineage. Ben Ali's wife, Leila 
Ben Ali, and her extended family -- the Trabelsis -- provoke 
the greatest ire from Tunisians. Along with the numerous 
allegations of Trabelsi corruption are often barbs about 
their lack of education, low social status, and conspicuous 
consumption. While some of the complaints about the Trabelsi 
clan seem to emanate from a disdain for their nouveau riche 
inclinations, Tunisians also argue that the Trabelsis strong 
arm tactics and flagrant abuse of the system make them easy 
to hate. Leila's brother Belhassen Trabelsi is the most 
notorious family member and is rumored to have been involved 
in a wide-range of corrupt schemes from the recent Banque de 
Tunisie board shakeup (Ref B) to property expropriation and 
extortion of bribes. Leaving the question of their 
progenitor aside, Belhassen Trabelsi's holdings are extensive 
and include an airline, several hotels, one of Tunisia's two 
private radio stations, car assembly plants, Ford 
distribution, a real estate development company, and the list 
goes on. (See Ref K for a more extensive list of his 
holdings.) Yet, Belhassen is only one of Leila's ten known 
siblings, each with their own children. Among this large 
extended family, Leila's brother Moncef and nephew Imed are 
also particularly important economic actors. 

¶4. (S/NF) The President is often given a pass, with many 
Tunisians arguing that he is being used by the Trabelsi clan 
and is unaware of their shady dealings. XXXXXXXXXXXX
 a strong supporter of the government and member of 
XXXXXXXXXXXX, told the Ambassador that the problem is 
not Ben Ali, but "the Family" going too far and breaking the 
rules. Nevertheless, it is hard to believe Ben Ali is not 
aware, at least generally, of the growing corruption problem. 
This might also reflect the seeming geographical divisions 
between the Ben Ali and Trabelsi fiefdoms, with the Ben Ali 
clan reportedly focused on the central coastal regional and 
the Trabelsi clan operating out of the greater Tunis area and 
therefore, generating the bulk of the gossip. The Ben Ali 
side of the Family and his children and in-laws from his 
first marriage are also implicated in a number of stories. 
Ben Ali has seven siblings, of which his late brother Moncef 
was a known drug trafficker, sentenced in absentia to 10 
years prison in the French courts. Ben Ali has three 
children with his first wife Naima Kefi: Ghaouna, Dorsaf and 
Cyrine. They are married respectively to Slim Zarrouk, Slim 
Chiboub, and Marouane Mabrouk -- all significant economic 
powers. 

-------------------------------------------- 
This Land is Your Land, This Land is My Land 
-------------------------------------------- 

¶5. (S/NF) With real estate development booming and land 
prices on the rise, owning property or land in the right 
location can either be a windfall or a one-way ticket to 
expropriation. In summer 2007, Leila Ben Ali received a 
desirable tract of land in Carthage for free from the GOT in 
order to build the for-profit Carthage International School 
(Ref F). In addition to the land, the school received a 1.8 
million dinar (US $1.5 million) gift from the GOT, and within 
a matter of weeks the GOT had built new roads and stoplights 
to facilitate school access. It has been reported that Ms. 
Ben Ali has sold the Carthage International School to Belgian 
investors, but the Belgian Embassy has as yet been unable to 
confirm or discount the rumor. XXXXXXXXXXXX asserted
that the  school was indeed sold for a huge, but undisclosed sum.
He  noted any such sale would be pure profit since Ms. Ben Ali's 
received land, infrastructure, and a hefty bonus at no cost. 

¶6. (S/NF) Construction on an enormous and garish mansion has 
been underway next to the Ambassador's residence for the past 
year. Multiple sources have told us that the home is that of 
Sakhr Materi, President Ben Ali's son-in-law and owner of 
Zitouna Radio. This prime real estate was reportedly 
expropriated from its owner by the GOT for use by the water 
authority, then later granted to Materi for private use. A 
cafe owner recounted a similar tale to an Embassy employee, 
reporting that Belhassen Trabelsi forced him to trade in a 
cafe he previously owned in a prime location for his current 
cafe. The cafe owner stated Trabelsi told him he could do 
whatever he wanted there; if 50 dinar bribes to the police 
were not effective, Trabelsi said the owner had only to call 
him and he would "take care of it." 

------------ 
Yacht Wanted 
------------ 

¶6. (S/NF) In 2006, Imed and Moaz Trabelsi, Ben Ali's nephews, 
are reported to have stolen the yacht of a well-connected 
French businessman, Bruno Roger, Chairman of Lazard Paris. 
The theft, widely reported in the French press, came to light 
when the yacht, freshly painted to cover distinguishing 
characteristics, appeared in the Sidi Bou Said harbor. 
Roger's prominence in the French establishment created a 
potential irritant in bilateral relations and according to 
reports, the yacht was swiftly returned. The stolen yacht 
affair resurfaced in early 2008 due to an Interpol warrant 
for the two Trabelsis. In May, the brothers were brought 
before Tunisian courts, in a likely effort to satisfy 
international justice. The outcome of their case has not 
been reported. 

------------------ 
Show Me Your Money 
------------------ 

¶7. (S) Tunisia's financial sector remains plagued by serious 
allegations of corruption and financial mismanagement. 
Tunisian business people joke that the most important 
relationship you can have is with your banker, reflecting the 
importance of personal connections rather than a solid 
business plan in securing financing. The legacy of 
relationship-based banking is a sector-wide rate of 
non-performing loans that is 19 percent, which remains high 
but is lower than a high of 25 percent in 2001 (Ref I). 
Embassy contacts are quick to point out that many of these 
loans are held by wealthy Tunisian business people who use 
their close ties to the regime to avoid repayment (Ref E). 
Lax oversight makes the banking sector an excellent target of 
opportunity, with multiple stories of "First Family" schemes. 
The recent reshuffle at Banque de Tunisie (Ref B), with the 
Foreign Minister's wife assuming the presidency and Belhassen 
Trabelsi named to the board, is the latest example. 
According to a representative from Credit Agricole, Marouane 
Mabrouk, another of Ben Ali's sons-in-law, purchased a 17 
percent share of the former Banque du Sud (now Attijari Bank) 
shares immediately prior to the bank's privatization. This 
17 percent share was critical to acquiring controlling 
interest in the bank since the privatization represented only 
a 35 percent share in the bank. The Credit Agricole rep 
stated that Mabrouk shopped his shares to foreign banks with 
a significant premium, with the tender winner, 
Spanish-Moroccan Santander-Attijariwafa ultimately paying an 
off the books premium to Mabrouk. XXXXXXXXXXXX
 recounted that when he was still  at his bank he used to receive
phone calls from panicked  clients who stated that Belhassen Trabelsi
had asked them for  money. He did not indicate whether he advised
them to pay. 

----------------------- 
The Trickle Down Effect 
----------------------- 

¶8. (S) While the stories of high-level, Family corruption are 
among the most flagrant and oft-repeated, Tunisians report 
encountering low-level corruption more frequently in their 
daily lives. Speeding tickets can be ignored, passports can 
be expedited, and customs can be bypassed -- all for the 
right price. Donations to the GOT's 26-26 Fund for 
development or to the Bessma Society for the Handicapped -- 
Leila Ben Ali's favored charity -- are also believed to 
grease the wheels. Hayet Louani (protect), a well-connected 
member of Parliament, faced increased pressure from the GOT 
after refusing several "requests" to donate money to 
Trabelsi's soccer team. XXXXXXXXXXXX reported
that customs inspectors demanded 10,000  dinars to
get his goods through customs; he did not reveal  whether
or not he acquiesced to the demand. 

¶9. (S) Nepotism is also believed to play a significant role 
in awarding scholarships and offering jobs. Knowing the 
right people at the Ministry of Higher Education can 
determine admission to the best schools or can mean a 
scholarship for study abroad. An Embassy FSN stated that the 
Director of International Cooperation, a long-time contact, 
offered to give his son a scholarship to Morocco on the basis 
of their acquaintance. If you do not know someone, money can 
also do the trick. There are many stories of Tunisians 
paying clerks at the Ministry of Higher Education to get 
their children into better schools than were merited by their 
test scores. Government jobs -- a prize in Tunisia -- are 
also believed to be doled out on the basis of connections. 
Leila Ben Ali's late mother, Hajja Nana, is also reported to 
have acted as a broker for both school admissions and 
government job placement, providing her facilitation services 
for a commission. Among the complaints from the protestors 
in the mining area of Gafsa were allegations that jobs in the 
Gafsa Phosphate Company were given on the basis of 
connections and bribery. 

--------- 
Mob Rule? 
--------- 
¶10. (S/NF) The numerous stories of familial corruption are 
certainly galling to many Tunisians, but beyond the rumors of 
money-grabbing is a frustration that the well-connected can 
live outside the law. One Tunisian lamented that Tunisia was 
no longer a police state, it had become a state run by the 
mafia. "Even the police report to the Family!" he exclaimed. 
With those at the top believed to be the worst offenders, 
and likely to remain in power, there are no checks in the 
system. The daughter of a former governor recounted that 
Belhassen Trabelsi flew into her father's office in a rage -- 
even throwing an elderly office clerk to the ground -- after 
being asked to abide by laws requiring insurance coverage for 
his amusement park. Her father wrote a letter to President 
Ben Ali defending his decision and denouncing Trabelsi's 
tactics. The letter was never answered, and he was removed 
from his post shortly thereafter. The GOT's strong 
censorship of the press ensures that stories of familial 
corruption are not published. The Family's corruption 
remains a red line that the press cross at their own peril. 
Although the February imprisonment of comedian Hedi Oula 
Baballah was ostensibly drug-related, human rights groups 
speculate his arrest was punishment for a 30 minute stand-up 
routine spoofing the President and his in-laws (Tunis D). 
International NGOs have made the case that the harsh prison 
conditions faced by journalist Slim Boukdhir, who was 
arrested for failing to present his ID card and insulting a 
police officer, are directly related to his articles 
criticizing government corruption. Corruption remains a 
topic relegated to hushed voices with quick glances over the 
shoulder. 

------------------------ 
The Elephant in the Room 
------------------------ 

¶11. (S) Several Tunisian economists argue that it does not 
matter whether corruption is actually increasing because 
"perception is reality." The perception of increasing 
corruption and the persistent rumors of shady backroom 
dealings has a negative impact on the economy regardless of 
the veracity. Contacts tell us they afraid to invest for 
fear that the family will suddenly want a cut. "What's the 
point?" Alaya Bettaieb asked, "The best case scenario is that 
my investment succeeds and someone important tries to take a 
cut." Persistently low domestic investment rates bear this 
out (Ref H). Foreign bank accounts, while illegal, are 
reportedly commonplace. A recent Ministry of Finance amnesty 
to encourage Tunisians to repatriate their funds has been an 
abject failure. Bettaeib stated that he plans to incorporate 
his new business in Mauritania or Malta, citing fear of 
unwanted interference. Many economists and business people 
note that strong investment in real estate and land reflects 
the lack of confidence in the economy and an effort to keep 
their money safe (Ref C). 

¶12. (S) Thus far, foreign investors have been undeterred, and 
according to Tunisian business contacts, largely unaffected. 
Foreign investment continues to flow in at a healthy rate, 
even excluding the privatizations and huge Gulf projects 
which have yet to get underway. Foreign investors more 
rarely report encountering the type of extortion faced by 
Tunisians, perhaps reflecting that foreign investors have 
recourse to their own embassies and governments. British Gas 
representatives told the Ambassador they had not encountered 
any impropriety. XXXXXXXXXXXX stated that several years ago 
Belhassen Trabelsi attempted to strong arm a German company 
producing in the offshore sector, but that after the German 
Embassy intervened Trabelsi was explicitly cautioned to avoid 
offshore companies. Despite pronouncements about increasing 
domestic investment, the GOT focuses heavily on increasing 
FDI flows to the country, particularly in the offshore 
sector. Nevertheless, there are still several examples of 
foreign companies or investors being pressured into joining 
with the "right" partner. The prime example remains 
McDonald's failed entry into Tunisia. When McDonald's chose 
to limit Tunisia to one franchisee not of the GOT's choosing, 
the whole deal was scuttled by the GOT's refusal to grant the 
necessary authorization and McDonald's unwillingness to play 
the game by granting a license to a franchisee with Family 
connections. 

------- 
Comment 
------- 
¶13. (S) Although the petty corruption rankles, it is the 
excesses of President Ben Ali's family that inspire outrage 
among Tunisians. With Tunisians facing rising inflation and 
high unemployment, the conspicuous displays of wealth and 
persistent rumors of corruption have added fuel to the fire. 
The recent protests in the mining region of Gafsa provide a 
potent reminder of the discontent that remains largely 
beneath the surface. This government has based its 
legitimacy on its ability to deliver economic growth, but a 
growing number of Tunisians believe those as the top are 
keeping the benefits for themselves. 

¶14. (S) Corruption is a problem that is at once both 
political and economic. The lack of transparency and 
accountability that characterize Tunisia's political system 
similarly plague the economy, damaging the investment climate 
and fueling a culture of corruption. For all the talk of a 
Tunisian economic miracle and all the positive statistics, 
the fact that Tunisia's own investors are steering clear 
speaks volumes. Corruption is the elephant in the room; it 
is the problem everyone knows about, but no one can publicly 
acknowledge. End Comment. 

Please visit Embassy Tunis' Classified Website at: 
http://www.state.sgov.gov/p/nea/tunis/index.c fm 
GODEC
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Samedi 8 janvier 6 08 /01 /Jan 08:08

8 décembre 2012

 

L'entourage familial du Président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali est une «quasi-mafia» et le régime tunisien «n'accepte ni critique ni conseil», affirment des télégrammes confidentiels américains obtenus par Wikileaks et révélés, hier soir, mardi, par le quotidien Le Monde.

 

 Dans ce câble daté de juin 2008, sous le titre «Ce qui est à vous est à moi», l'ambassade cite plus d'une dizaine d'exemples des abus de l'entourage familial du chef de l'Etat. Par exemple, écrit-il, l'épouse du Président se voit accorder gratuitement par l'Etat un terrain, qui sera viabilisé tout aussi gratuitement, pour construire un établissement scolaire privé, revendu depuis.

 

A l'été 2009, un autre mémo, tout en saluant la robuste croissance économique (5% en moyenne) et le statut avancé de la femme, relève que «le Président Ben Ali prend de l'âge», que «son régime est sclérosé» et qu’«il n'y a pas de successeur avéré». «L'extrémisme reste une menace.

 

Confronté à ces problèmes, le gouvernement n'accepte ni critique ni conseil, qu'il vienne de l'intérieur ou de l'extérieur. A l'inverse, il ne cherche qu'à imposer un contrôle plus strict, souvent en s'appuyant sur la police», ajoute ce télégramme.

 

Pour les diplomates, affirme encore l'ambassade américaine en Tunisie, travailler dans ce pays est devenu très difficile. Les contrôles, «mis en place par le ministre des Affaires étrangères», les contraignent à avoir une permission écrite avant tout contact avec un officiel. Une demande de réunion doit être accompagnée d'une note diplomatique. «Beaucoup restent sans réponse», précise-t-elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le président Ben Ali et sa femme Leila Ben Ali

 

 

lien:http://www.infosoir.com/edit.php?id=121188

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