Printemps arabe ?! Et africain ?! Amérique Latine

Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 03:18

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 (STR/EPA/MAXPPP)

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Hugo Chavez est mort, Nicolas Maduro assure l'interim

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Le président Hugo Chavez, âgé de 58 ans et à la tête du Venezuela depuis près de 15 ans, vient de décéder des suites d'un cancer qui l'avait tenu éloigné du pouvoir depuis plusieurs mois. (c) Afp

 

02H30 GMT - Hugo Chavez, leader charismatique mais contesté du Venezuela depuis sa première élection à la présidence en 1998, a été terrassé par un cancer à l'âge de 58 ans. Il laisse ce pays riche en pétrole entre les mains de son vice-président Nicolas Maduro, qui était au bord des larmes en annonçant le décès de son mentor. Des élections devraient avoir lieu dans trente jours.

Les autorités ont décrété un deuil de sept jours et des funérailles nationales sont prévues vendredi alors que des milliers de personnes en pleurs se sont rassemblées dans Cararas. La dépouille du président vénézuélien sera exposée dans une chapelle ardente dressée ce mercredi dans le hall de l'Académie militaire.

Ses homologues d'Amérique latine ont rendu hommage à celui qui se présentait comme leader de la révolution bolivarienne et s'est rendu célèbre par ses déclarations dithyrambiques. D'autres dirigeants de la planète, à l'image de Barack Obama, ont exprimé leurs condoléances, mais avec des nuances.

 

02H16 GMT - Héros au cinéma ? - Le réalisateur américain Oliver Stone "pleure la perte d'un grand héros pour la majorité de son peuple et pour tous ceux qui luttent à travers le monde pour avoir une place". "Détesté des classes bien établies, Hugo Chavez restera à jamais dans l'Histoire", estime dans un communiqué ce supporter de longue date du leader vénézuélien qu'il avait interviewé pour un documentaire paru en 2009 et intitulé "South of the border".

L'acteur engagé Sean Penn, autre supporter de Chavez à Hollywood, lui rend aussi hommage, estimant que les pauvres de la planète ont "perdu un champion" et l'Amérique "un ami qu'elle a toujours ignoré avoir". "Le Venezuela et sa révolution vont perdurer sous le leadership établi du vice-président Maduro", ajoute-t-il. Hugo Chavez avait lui-même qualifié Sean Penn "d'ami des causes justes".

02H04 GMT - Deuil officiel à La Havane - Le gouvernement cubain décrète un deuil de trois jours également, dont cependant une seule journée de deuil national jeudi, et, dans son message lu pendant le journal télévisé du soir, souligne que Hugo Chavez a accompagné Fidel Castro "comme un véritable fils".

01H56 GMT - Solidarité - Un deuil national de trois jours a été décrété en Argentine, avec mise en berne du drapeau national sur les édifices publics. Au même moment en Equateur, des sympathisants de Hugo Chavez et d'Alliance Pays (AP) - mouvement du président Rafael Correa - se sont rassemblés devant l'ambassade du Venezuela à Quito. "Hugo Chavez n'est pas mort. Il reste vivant dans le coeur des latino-américains", crient nombre d'entre eux.

Maduro président par intérim

01H39 GMT - Chapelle ardente - La dépouille de Hugo Chavez va être exposée dès ce mercredi pour un "hommage posthume dans la chapelle ardente du hall de l'Académie militaire" jusqu'aux funérailles, précise Elias Jaua.

"Vendredi à 10 heures du matin, nous allons organiser la cérémonie officielle" , ajoute-t-il, sans indiquer toutefois le lieu de la "sépulture chrétienne" du défunt. "Nous allons assurer la logistique pour que le plus grand nombre puisse voir son père, son libérateur, son protecteur", assure-t-il.

01H33 GMT - NICOLAS MADURO VA ASSUMER LA PRESIDENCE PAR INTERIM ET DES ELECTIONS SERONT ORGANISEES DANS LES 30 JOURS, annonce le ministre des Affaires étrangères et ex vice-président, Elias Jaua.

01H25 GMT - Hasta siempre papito mio! - Parmi les nombreux tweets lancés sur le réseau, celui d'une des filles de Chavez, Maria Gabriela, qui sous le pseudo de @Maby80 écrit : "Les mots me manquent. MERCI pour l'éternité! Courage! Nous devons suivre son exemple. Nous devons continuer à construire la PATRIE! A jamais mon petit papa!"

01H23 GMT - Avalanche de tweets - Twitter enregistre un trafic sans précédent. En espagnol bien sûr, mais aussi en anglais, en arabe, en russe, etc. des tweets affluent de tous les pays du monde , exprimant condoléances, mais aussi surprise et même plaisanteries, lançant des débats enflammés ou s'interrogeant sur l'avenir du Venezuela.

01H00 GMT - Silence officiel à La Havane - A Cuba, la télévision a brièvement interrompu ses émissions de l'après-midi par les images de Nicolas Maduro annonçant la mort de Hugo Chavez. Puis le programme phare d'information, la Mesa Redonda (Table ronde), a diffusé à partir de 19h00 (00h00 GMT mercredi) une série de réactions, à l'exception notoire de celle des autorités cubaines, qui n'ont toujours pas officiellement réagi près de trois heures après l'annonce du décès. Hugo Chavez s'est toujours revendiqué comme un fils spirituel de Fidel Castro qui, à 87 ans, lui survit.

Deuil de sept jours

00H58 GMT - "J'en ai le coeur déchiré. C'est comme si j'avais perdu un père ou un fils", explique en larmes à l'AFP Ariani Rodríguez, qui se trouve parmi les nombreux chavistes venus pleurer leur président devant l'hopital militaire de Caracas.

00H51 GMT - FUNERAILLES VENDREDI - Le gouvernement vénézuélien annonce sept jours de deuil et des funérailles nationales vendredi.

00H06 - Marquer les esprits - A Londres, le ministre des Affaires étrangères William Hague se dit "attristé d'apprendre aujourd'hui le décès du président Hugo Chavez". "En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà", ajoute-t-il dans un communiqué publié par le Foreign Office.

00H05 GMT - Marquer l'histoire - Pour le président français François Hollande, Hugo Chavez "aura profondément marqué l'histoire de son pays" depuis sa prise de fonction en 1999 après son élection l'année précédente. "Le Président défunt exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement", poursuit-il dans son communiqué en se disant "convaincu que le Venezuela saura surmonter cette épreuve dans la démocratie et l'apaisement".

23H46 GMT - "Un avenir meilleur" - Un peu sur la même ligne que Washington, Ottawa souhaite que le décès de Hugo Chavez ouvre une période de transition qui permette aux Vénézuéliens d'accéder à "un avenir meilleur et plus prometteur", selon le Premier ministre Stephen Harper. "Le Canada compte travailler avec la personne qui lui succédera ainsi qu'avec d'autres dirigeants de la région en vue de rendre (l'Amérique du Sud) plus prospère, plus sûre et plus démocratique", ajoute-t-il.

"Concentration du pouvoir"

23H45 GMT - En larmes - Le président bolivien Evo Morales se dit "anéanti par le décès du frère Hugo Chavez", mort à l'issue d'un an et demi de lutte contre un cancer dans la zone pelvienne et opéré quatre fois à Cuba. Au bord des larmes et la voix entrecoupée de sanglots, Evo Morales indique qu'il va se rendre au Venezuela dans les prochaines heures. Parlant depuis le palais présidentiel à La Paz, il appelle à la poursuite du "processus de libération, non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple latino-américain".

23H38 GMT - "Douleur" - Le président péruvien Ollanta Humala veut pour sa part "exprimer notre profonde douleur auprès du peuple frère du Venezuela et embrasser avec force la famille de l'ami Hugo Chavez". Il termine en manifestant sa "solidarité bolivarienne, sud-américaine et latino-américaine", en référence à la révolution chère au coeur de Chavez qui se disait inspiré par le "libertador" de l'Amérique du sud, Simon Bolivar.

23H27GMT - Condoléances onusiennes - "#UNSG exprime ses plus profondes condoléances aux familles, au peuple, au gouvernement du #Venezuela pour la disparition du président Hugo Chavez", peut-on lire sur le compte Twitter en anglais du porte parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

23H26 GMT - "Concentration du pouvoir" - L'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, tweette que "la présidence de Chavez s'est caractérisée par la concentration du pouvoir et un mépris ouvert des garanties des droits de l'Homme fondamentaux".

23H25 GMT - Nouveau chapitre avec Washington ?- Barack Obama apporte son soutien au peuple du Venezuela, tout en souhaitant cependant un "nouveau chapitre" avec le gouvernement.

"En ce moment difficile de la mort du président Hugo Chavez, les Etats-Unis renouvellent leur soutien aux Vénézuéliens et leur intérêt à développer des relations constructives avec le gouvernement vénézuélien", déclare-t-il dans un communiqué.

"Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme", conclut-il.

"Perte irréparable"

23H16 GMT - "Un grand Sudaméricain" - Dilma Roussef, la présidente brésilienne, rappelle lors d'une réunion publique à Brasilia qu'elle n'a "pas toujours été intégralement d'accord avec le président Chavez". Mais, à l'unisson de l'Equateur, elle estime que "sa disparition représente une perte irréparable" et elle salue "un grand Sudaméricain" et un "ami du Brésil".

En Haïti, le président Michel Martelly utilise non pas Twitter mais sa page Facebook pour transmettre ses "sincères condoléances au peuple vénézuélien". "C'est une grande perte pour le Venezuela, pour la région et pour Haïti, en raison de la qualité des relations entre les deux pays", a pour sa part déclaré à l'AFP le ministre des Affaires étrangères Pierre-Richard Casimir.

23H14 GMT - Appui à la paix avec les FARC - "Nous avons bien travaillé avec le président Chavez (...) appui très important pour notre processus de paix", rappelle la ministre colombienne des Affaires étrangères Maria Angela Holguin, en exprimant une "profonde tristesse" quant à la disparition du dirigeant vénézuélien, l'un des chefs de file de la gauche latino-américaine et considéré comme l'un des artisans du rapprochement entre la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le gouvernement de Bogota.

23H05 GMT - Appel à l'unité - "Ma solidarité à toute la famille et aux partisans du président Hugo Chavez, nous plaidons pour l'unité des Vénézueliens", tweete Henrique Capriles, principal opposant au régime et adversaire du chef de l'Etat lors de la présidentielle de 2012.

23H02 GMT - "Perte irréparable" - En Equateur, le gouvernement du président socialiste Rafael Correa, proche allié de Chavez, exprime son "profond chagrin" à propos du décès du "chef de file d'un mouvement historique" et d'un "révolutionnaire mémorable". "Devant cette perte irréparable qui endeuille le peuple vénézuélien et toute la région", Quito exprime "son amitié spéciale qui l'unit au Venezuela", selon un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères.

22H55 GMT - "Fin d'un régime tyrannique" - La parlementaire américaine Ileana Ros-Lehtinen, une Républicaine qui représente une zone incluant Miami, où vivent de nombreux latino-américains, estime à propos de Chavez que "sa mort représente la fin de ce régime tyrannique, mais la voie de la démocratie pour le peuple vénézuélien est encore très incertaine".

"Respecter et faire respecter la Constitution"

22H52 GMT - Constitution respectée - Le ministre de la Défense vénézuélien Diego Molero, accompagné de certains hauts-gradés de l'armée, assure à la télévision que les forces armées seront unies "pour respecter et faire respecter la Constitution et la volonté d'Hugo Chavez".

22H42 GMT - Accusation "absurde" - Quelques instants avant que la mort de Chavez ne soit annoncée, les Etats-Unis ont rejeté les accusations de conspiration du Venezuela, jugeant "absurde" de dire que Washington pourrait être responsable du cancer du président vénézuélien."Dire que les Etats-Unis sont impliqués de quelque manière que ce soit dans la maladie du président Chavez est absurde, et nous rejetons fermement cette accusation", a affirmé un porte-parole du département d'Etat.

22H31 GMT - Armée et police déployées - Le vice-président Nicolas Maduro annonce que le gouvernement a déployé l'armée et les forces de police dans le pays pour "garantir la paix".

22H24 GMT - Condoléances de Paris - "Amitié et respect au peuple du #Venezuela qui dit son coeur brisé et ses craintes du retour hardi des injustices et exclusions. #Chavez", tweete la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, une des premières personnalités étrangères à réagir. De son côté, au même moment, Jean-Luc Mélanchon a estimé sur Twitter que "ce qu'il est ne meurt jamais" en hommage au président vénézuélien

22H11 GMT - La muerte del comandante - "Nous avons reçu l'information la plus dure et la plus tragique que nous pouvions annoncer à notre peuple. A 16H25 (20H55 GMT), aujourd'hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias", annonce le vice-président Nicolas Maduro, au bord des larmes, à la télévision publique.

Le président Hugo Chavez, âgé de 58 ans et à la tête du Venezuela depuis près de 15 ans à la suite de son élection en 1998 avec 56% des voix et de ses trois réélections en 2000, en 2006 et en 2012, vient de décéder des suites d'un cancer qui l'avait tenu éloigné du pouvoir depuis plusieurs mois. http://tempsreel.nouvelobs

 

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Pour Mélenchon, ce que représentait Chavez «ne meurt jamais»

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation à Paris le 5 mars 2013

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation à Paris le 5 mars 2013 (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)

 

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon a salué dans la nuit de mardi à mercredi la mémoire du président vénézuélien Hugo Chavez estimant dans un tweet que «ce qu’il est ne meurt jamais».

M. Mélenchon a effectué plusieurs voyages au Vénézuéla. En juillet dernier, alors qu’il se trouvait à Caracas il avait estimé qu’il existait «beaucoup de préjugés sur Chavez en Europe» tout en soulignant que, pour lui, la «révolution bolivarienne» était une «source d’inspiration». Il a salué à plusieurs reprises par le passé le «volontarisme politique» de Chavez.

«Amitié et respect au peuple du #Vénézuela qui dit son coeur brisé et ses craintes du retour hardi des injustices et exclusions», a pour sa part posté la ministre de la justice Christiane Taubira sur son compte twitter.

«J’ai appris avec émotion la mort de Hugo Chavez», a déclaré à l’AFP par téléphone l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. «Je l’ai rencontré il y a dix ans et nous avions immédiatement sympathisé. C’était un homme généreux, animé d’une foi sincère en l’humanité et d’un ardent désir de justice sociale», a poursuivi le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

«Il restera dans l’histoire comme celui qui aura su intégrer dans la démocratie vénézuélienne les populations indiennes jusqu’alors tenues en marge», a-t-il rappelé. «Pendant quinze ans, il aura tenu en respect ses adversaires en s’appuyant sur le seul suffrage universel. Puisse le peuple vénézuélien maintenir son héritage !», a conclu M. Chevènement.

Le président vénézuélien est décédé mardi à Caracas à 58 ans des suites de son cancer diagnostiqué en juin 2011, sans avoir pu prendre congé de ses compatriotes, après 14 années de pouvoir sans partage.

Charismatique, hyperactif, fervent catholique et admirateur du libérateur Simon Bolivar, le président Chavez a continuellement bénéficié de forts taux de popularité, malgré l’hostilité farouche que lui vouaient ses opposants, qualifiés de «traîtres» depuis une tentative de coup d’Etat contre lui en 2002.

Pourfendeur de «l’impérialisme yankee», même s’il n’a jamais cessé ses livraisons de pétrole aux Etats-Unis, Hugo Chavez se présentait en héritier du leader cubain Fidel Castro. liberation


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 Le commandante Hugo Chavez n'est plus

 

Le président vénézuélien Hugo Chavez est mort à l'âge de 58 ans après avoir lutté pendant deux ans contre un cancer. Élu une première fois en 1998, il aura mené pendant près de 15 ans sa « révolution bolivarienne ».

L'annonce a été faite mardi par le vice-président du Venezuela, Nicolas Maduro, qui devrait assurer l'intérim à la présidence jusqu'à la tenue d'élections dans les 30 jours, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, bien que la Constitution vénézuélienne confère cette responsabilité au président de l'Assemblée nationale.

 Le gouvernement a annoncé sept jours de deuil national. Les funérailles d'Hugo Chavez auront lieu vendredi, à l'Académie militaire de Caracas.

M. Chavez était revenu récemment de Cuba, où il avait été traité pour un cancer. Au cours des derniers jours, le gouvernement avait fait état d'une aggravation de son état de santé.

Plus tôt mardi, le vice-président Maduro avait accusé les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir provoqué le cancer dont souffrait le président Chavez. Deux fonctionnaires américains ont été aussitôt expulsés.

Depuis juin 2011, Hugo Chavez a subi quatre différentes opérations pour soigner une tumeur maligne. L'été dernier, il avait annoncé être guéri, après avoir fait une première rechute en février dernier.

Il s'était rendu dans la capitale cubaine en décembre dernier afin d'y être opéré pour la quatrième fois. Son cancer, dont la nature exacte n'a jamais été révélée, était traité comme un secret d'État par Caracas.

Au pouvoir depuis 1999, M. Chavez a été réélu en octobre dernier pour un quatrième mandat. Son investiture devait avoir lieu en janvier, mais son dernier bilan de santé avait jeté de nouveaux doutes sur sa capacité à assurer la présidence.

L'armée, fidèle à Maduro, déployée

Lors d'une intervention télévisée, les principaux chefs militaires du pays ont promis d'être loyaux au vice-président Nicolas Maduro, désigné par Hugo Chavez comme son successeur. L'armée a d'ailleurs été déployée rapidement dans le pays pour « garantir la paix ». L'armée a promis de respecter la Constitution et la volonté du président Chavez.

Le journaliste Jean-Michel Leprince rappelle qu'en décembre dernier, avant de se rendre à Cuba, Hugo Chavez avait déjà envisagé la possibilité de ne pas revenir. Il avait désigné Nicolas Maduro au poste de vice-président et appelé ses concitoyens à voter pour lui s'il devait lui arriver quelque chose.

Selon la Constitution vénézuélienne, à la mort du président, c'est le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, qui assure l'intérim, avec l'obligation d'organiser une nouvelle élection présidentielle dans les 30 jours.

Comme Nicolas Maduro a été désigné vice-président, il devra démissionner avant de présenter sa candidature à la présidence.

L'opposition lance un appel à l'unité

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Henrique Capriles, battu par Hugo Chavez aux dernières élections, a appelé les Vénézuéliens à « l'unité » et transmis sa « solidarité » à la famille du président.

« Ma solidarité à toute la famille et aux partisans du président Hugo Chavez, nous plaidons pour l'unité des Vénézuéliens », a annoncé le gouverneur de l'État de Miranda sur son compte Twitter.

« Dans des moments difficiles, nous devons démontrer notre amour et notre respect profond à notre Venezuela! Unité de la famille vénézuélienne! » a-t-il poursuivi.

Hugo Chavez (d) avec son frère Adam, la date de la photo n'est pas déterminée.  

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Plein écran

Politique étrangère sulfureuse

Selon le journaliste de Radio-Canada International Martin Movilla, Hugo Chavez a réussi « à dire sur la place publique ce que beaucoup pensaient tout bas », notamment dans la foulée de l'élection du président américain George W. Bush, au début des années 2000.

Il mettait du piquant sur la scène internationale, souligne M. Movilla. Le président Chavez a d'ailleurs connu ses heures de gloire durant l'ère Bush, ayant déjà traité ce dernier d'« assassin », de « bandit » et d'« ivrogne » devant les Nations unies.

Son anti-américanisme l'a rendu populaire aux quatre coins de la planète. Il entretenait des relations personnelles notamment avec l'Iran, l'Irak et la Libye, « mais pour Chavez, ce qui était important, c'était de nourrir les blocs antiaméricains » dans le monde, souligne Martin Movilla.

Hugo Chavez a été l'un des premiers à oser dire qu'il se rangeait derrière le régime syrien de Bachar Al-Assad, dans la foulée d'un conflit « monté de toutes pièces par les Américains ».

Le président Chavez affirmait depuis longtemps que les États-Unis étaient derrière le coup d'État raté de 2002 et agitait souvent la carte anti-américaine pour rallier l'appui de l'opinion publique. Le Venezuela n'a plus d'ambassadeur américain sur son territoire depuis juillet 2010.

Espoirs déçus pour certains

Selon le documentariste Charles Gervais, réalisateur de Revolucion?!, l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez a suscité beaucoup d'espoir durant les premières années. « Il parlait d'une révolution humaniste », un nouveau concept de la révolution où l'être humain serait au premier plan, explique M. Gervais. C'est « une histoire fascinante, qui a fini par me décevoir », ajoute-t-il.

« À la fin, on a l'impression qu'il s'est un peu perdu. Il est devenu ivre de pouvoir. Il n'a jamais voulu confier son pouvoir à quelqu'un d'autre », résume Charles Gervais.

Un photo du président Hugo Chavez exposée lors d'une messe tenue en son honneur, à CubaUn photo du président Hugo Chavez exposée lors d'une messe tenue en son honneur, à Cuba  Photo :  AFP/ADALBERTO ROQUE

Quelques dates récentes

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Printemps arabe ?! Et africain ?! Amérique Latine
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Lundi 15 octobre 2012 1 15 /10 /Oct /2012 00:59

Déclaration de Moncef Marzouki, Président de la Tunisie,  au sommet de la francophonie 

 
 

 

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En savoir davantage sur la francophonie


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 Francophonie : sommet d'équilibristes à Kinshasa


Joseph Kabila et François Hollande à l'ouverture du sommet à Kinshasa, le 13 octobre 2012.Joseph Kabila et François Hollande à l'ouverture du sommet à Kinshasa, le 13 octobre 2012. © Noor Khamis/Reuters

 

 

Le XIVe sommet de la Francophonie s'est achevé en RDC. Pas d'incidents, des vérités dites avec diplomatie...Kinshasa a tenu bon.


Le rideau est tombé sur le XIVe sommet de la Francophonie, à Kinshasa, dimanche 14 octobre. Le président congolais, Joseph Kabila, remporte une victoire étriquée, mais une victoire quand même. « Nous avions sur notre route de nombreuses difficultés, mais ce sommet a été un grand succès », a déclaré Abdou Diouf. Le secrétaire général de la Francophonie faisait allusion au doute qui a subsisté jusqu'en août sur la tenue de l'événement et sur les exigences de la France pour permettre la venue du président François Hollande.

 

Ce dernier est finalement venu. Et a délivré son message. Il a rappelé les « valeurs, les principes et les exigences de la Francophonie », mais a été un ton en dessous par rapport aux déclarations faites depuis Paris, où il estimait que la situation en RDC était « tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l'opposition. » « Ici, il ne pouvait pas tenir de tels propos sans risquer de provoquer un incident », reconnaît un responsable français. De fait, la salle du Palais du Peuple, où s'est déroulé le sommet, était acquise à Joseph Kabila...

 

"Exigeants et vigilants"

 

François Hollande a donc lancé ses attaques depuis la résidence de l'ambassadeur de France, le 13 octobre, dans la soirée, avant de s'envoler pour Paris. Après avoir inauguré la médiathèque Floribert Chebeya, du nom du militant des droits de l'homme assassiné en 2010, il a déclaré à propos du procès en cours sur cette affaire et de la réforme promise par Kinshasa de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) : « Nous n'allons pas nous arrêter là, nous continuerons à être exigeants et vigilants. » Juste après ses propos, il rencontrait le leader historique de l'opposition, Étienne Tshisekedi. À l'issue d'un entretien qui n'a pas dépassé les vingt minutes, remonté comme jamais, le Sphinx de Limete a lâché : « Je serai au pouvoir sous peu et je vais dissoudre l'Assemblée nationale. » Sans plus de précision. Pas sûr que Paris cautionne cette envolée.

 

 

Dans son discours, en guise de réponse à son homologue français, Joseph Kabila a rappelé « la complaisance de la communauté internationale avec la dictature prédatrice de Mobutu ». Il a aussi estimé que « la restauration de l'autorité de l’État et la démocratisation étaient une œuvre de longue haleine ». Échange à fleurets mouchetés après une poignée de mains plus que sobre et furtive entre les deux hommes. « Tout cela est de la gymnastique pour un président très bas dans les sondages », ironise un proche de Kabila dénonçant « les diatribes socialistes lancées depuis Paris » et « le retour à la réalité à Kinshasa ». Tout le monde aura en effet remarqué les corrections faites au stylo par François Hollande avant de prononcer son discours. A-t-il atténué la charge prévue ?

 

Pas de consensus

 

Sinon, durant le sommet, la résolution la plus attendue était celle sur la situation en RDC. Elle a donné lieu à une intense bagarre diplomatique entre Kinshasa et Kigali. Le texte provisoire appelait « le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises dans l'Est de la RDC » et encourageait le gouvernement congolais à « poursuivre en justice les auteurs des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. »

 

 

Le texte visait notamment les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) qui contrôlent une partie du Nord-Kivu. En l'absence du président rwandais, Paul Kagamé, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a rejeté ces deux passages. Selon les règles de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une résolution devait être adoptée par consensus. Ce ne fut pas le cas cette fois. « L'essentiel est que ce texte a été adopté par tout le monde, à l'exception du Rwanda », a souligné Joseph Kabila.

 

À l'ordre du jour également de ce sommet, il faut souligner l'adhésion à la Francophonie de l'Uruguay...et du Qatar, qui décidément déploie une diplomatie d'influence tous azimuts. Quant au XV sommet en 2014, il se tiendra au Sénégal. Après douze années en fonction, ce sera le dernier sommet de l'ancien chef d'État sénégalais, Abdou Diouf. « Nous ressentons cette marque de confiance comme un hommage à l’œuvre de Léopold Sédar Senghor et à l'action d'Abdou Diouf », a déclaré le président sénégalais, Macky Sall. « Je vous remercie », a répondu Abdou Diouf. C'est la première fois qu'il s'adressait publiquement à l'un de ses successeurs... Jeuneafrique.

 

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Lundi 8 octobre 2012 1 08 /10 /Oct /2012 06:18
 

 

 

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Le Comandante Hugo Chavez réélu pour six ans


 

Le président socialiste a de nouveau démontré sa popularité. Son opposant, Henrique Capriles, est cependant parvenu à faire mieux que ses prédécesseurs. De nos envoyés spéciaux à Caracas.

 

Hugo Chavez. (Rodrigo Abd/AP/SIPA)

 

Il est un peu plus de 22 heures dimanche 7 octobre au Venezuela quand la nouvelle tombe sur les écrans de télévisions. La présidente du Conseil national électoral (CNE) lit les résultats : sur 90% des bulletins dépouillés le président socialiste remporte 54,42% des voix. Élu pour 6 ans de plus, il sera en 2019 depuis 20 ans à la tête du pays. Immédiatement des feux d'artifice explosent dans le centre de Caracas, les bruits des klaxons envahissent la ville.

 

Son principal opposant, Henrique Capriles, candidat d'une vaste coalition, la MUD (la Table de l'Unité Démocratique) allant des déçus du chavisme à la droite, réunit tout de même 44,97% des voix. Il a immédiatement reconnu sa défaite : "Pour gagner, il faut savoir perdre" a t-il dit. La participation atteint des niveaux records à 80,94%.

 

Cette victoire n'aurait pu être conquise sans la puissance de feu médiatique du chef d’État contre laquelle la presse d'opposition a bien du mal à rivaliser. Son arme principale : les cadenas, ces allocutions en direct obligatoirement diffusées par les chaînes hertziennes et les radios. Un rapport de Reporters sans Frontières souligne qu'il a bénéficié de "136 heures et 20 minutes d'antenne" de janvier à août 2012, soit "une semaine d’allocution ininterrompue".

Des programmes sociaux populaires

Mais surtout le président socialiste a pu compter sur l'appui des classes populaires. "Hugo Chavez a fait beaucoup de choses pour nous. J'ai vu ma maison partir dans des glissements de terrain et il m'a relogé", raconte Isaac Torres, 19 ans, le doigt bleu d'encre prouvant qu'il vient de voter. Il fait allusion à la mission Logement qui prévoit la construction de 2 millions de maisons et appartements d'ici 2018. Les missions, sont des programmes sociaux qui touchent différents domaines comme la santé, l'éducation ou encore l'agriculture.... Entièrement subventionnées par l'entreprise pétrolière nationale PDVSA, elles sont parvenues à faire diminuer la pauvreté. Selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), qui dépend de l'ONU, la pauvreté a baissé de 20,8% entre 2002 et 2010 au Venezuela. Autre réussite : en 2005, l'UNESCO a déclaré le Venezuela "libre d'analphabétisme".

 

Ces programmes ont été au centre de la campagne. Derrière son slogan "Chavez cœur de ma patrie", le président-candidat n'a cessé de mettre en garde les Vénézuéliens : sans lui ces programmes sociaux disparaîtront. Son principal adversaire promettait de son côté de les sauvegarder. A la différence des précédents candidats de l'opposition, il a ainsi reconnu les avancées sociales de la "révolution bolivarienne". Il a même promis de les amplifier tout en gommant de son discours les aspects libéraux de son programme de gouvernement. Cette stratégie a en quelque sorte payé puisqu'en 2006, l'opposant à Hugo Chavez, Manuel Rosales, n'avait recueilli que 36,85% des votes.

 

L'insécurité sera le prochain chantier d'Hugo Chavez. Elle atteint des sommets. Le gouvernement estime qu'il y a eu 14.000 homicides en 2011 contre 18850 selon l'Observatoire vénézuélien de la violence (OVV).  

Julie Pacorel et Sébastien Risso tempsreel.nouvelobs

 

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Capriles félicite Hugo Chavez, réélu à la présidence du Venezuela


Le candidat malheureux à la présidentielle de dimanche au Venezuela, Henrique Capriles Radonski, a félicité dimanche soir le président Hugo Chavez, réélu avec plus de 54% des voix, selon des résultats portant sur 90% des suffrages.

 

Je veux féliciter le candidat, le président de la République Hugo Chavez, a déclaré M. Capriles, arborant une veste aux couleurs du drapeau vénézuélien, lors d'une allocution prononcée à son siège de campagne au cours de laquelle il aussi remercié les plus de 6 millions de personnes qui lui ont accordé leurs voix, soit environ 45% des suffrages.

 

Ici, celui qui n'est pas parvenu à emporter la victoire, c'est moi. Ici on ne se sent pas vaincu, ici on a contribué à ouvrir un chemin et ce chemin est là (...) je suis aussi sur ce chemin, je ne vais pas laisser seule la quasi-moitié du pays, a poursuivi le jeune candidat (40 ans) investi en février par une trentaine de partis d'opposition.

 

Le président sortant Hugo Chavez a été réélu dimanche à la tête du Venezuela en remportant 54,42% des suffrages contre 44,97% à M. Capriles, selon des résultats portant sur 90% des bulletins de vote.

 

La participation a quant à elle atteint 80,94%, selon le Conseil électoral national (CNE).

Je demande aujourd'hui à celui qui se maintient au pouvoir respect et considération envers la quasi-moitié du pays qui n'est pas d'accord avec le gouvernement, a conclu M. Capriles à l'attention de son adversaire. romandie

 

 

 

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Printemps arabe ?! Et africain ?! Amérique Latine
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 02:49

Tripoli, Damas, Paris

 

Il y a tout juste un an, seulement 48 heures avant le début des bombardements en Libye, j’écrivais un article intitulé “les enjeux de la bataille pour Tripoli”. En substance le texte soulevait la question des motivations de l’offensive occidentale en Libye mais aussi de ses conséquences potentielles, tant pour le pays que pour la stabilité dans la région.

 

L’article citait le spécialiste en géopolitique Evgueny Satanovski qui conseillait à la Russie de ne surtout pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Lybie, mais plutôt de consacrer tant ses ressources que son énergie au développement de la Russie. Il semblerait que celui-ci ait été entendu par le président Medvedev, qui ouvrit sans doute involontairement la porte à l’intervention militaire occidentale en Libye.

On sait ce qu’il advint, après 7 mois de bombardements, le régime de Mouammar Kadhafi détruit et ce dernier assassiné, après avoir été capturé par le Conseil National Syrien, la structure de coalition de ses opposants. Un an plus tard, on est loin des rêves de démocratie de la coalition occidentale. La situation en Libye n’est pas apaisée, loin de là, et le renversement du régime libyen par cette méthode a probablement créé plus de problèmes qu’il n’en a résolus. La Libye devrait voir la Charia devenir sa loi fondamentale et l’Est du pays est en état de quasi sécession. Les grandes villes sont toujours le théâtre d’affrontements sporadiques entre partisans de l’ancien régime, et diverses milices du nouveau pouvoir. Les vidéos répugnantes de travailleurs « noirs » (libyens ou étrangers originaires d’Afrique) martyrisés ont en outre fait le tour de la planète.

Le temps passe, et la rhétorique de la libération et de la démocratisation continue. Aujourd’hui c’est la Syrie qui est sous le feu médiatique occidental, alors que chacun se demande si une intervention militaire occidentale n’est pas de plus en plus probable, sur le modèle libyen. Pourtant il y a, au nom de la démocratie, quelque chose d’extraordinairement subversif et pervers dans ce qui se passe actuellement et que certains qualifient encore de Printemps Arabe. Jusqu’à maintenant, l’onde de choc qui frappe les pays arabes et aboutit à des renversements de pouvoir prend deux formes bien différentes.

La première variante se manifeste sans trop de violences meurtrières, et prend la forme de rassemblements et de soulèvements populaires comme cela fut le cas en Tunisie ou en Égypte. Très logiquement, les échéances électorales qui ont découlé de ces manifestations ont vu la prise de pouvoir des partis religieux, les peuples montrant ainsi clairement qu’ils ont plus confiance dans leur clergé que dans des hommes politiques corrompus et autoritaires. Quel est donc l’intérêt des occidentaux (s’il y en a un) à provoquer la mise en place de régimes islamistes ?

La seconde variante de ces soulèvements est moins pacifique, les opposants au régime choisissant la lutte armée, avec le soutien (moral, médiatique et logistique) des occidentaux. Le fait que les rebelles syriens soient infiltrés par des combattants islamistes radicaux salafistes, voire proches d’Al-Qaïda comme ceux qui ont combattu en Libye est passé sous silence. Le fait que des armes soient livrées par divers canaux à ces mêmes combattants radicaux, avec les risques évidents engendrés, ne fait curieusement pas la une du mainstream-médiatique occidental.

Il y a un autre aspect important de ces événements dans le monde arabe qui est occulté. Les états concernés (visés ?) par ces renversements de pouvoir sont maintenant des états non alignés du monde musulman chiite. Qu’est ce que cela veut dire ? Les démocraties occidentales font bloc avec la “ligue arabe” (sous contrôle de l’Arabie Saoudite et du Qatar, les deux seuls états wahhabites) contre des états comme la Syrie ou l’Iran. Ce faisant, les états occidentaux contribuent directement à l’extension de l’islamisme le plus radical et ils encouragent par ailleurs (peut être volontairement ?), un conflit inter religieux entre musulmans Sunnites et Chiites, conflit qui se développe lentement.

Très curieusement lorsque des manifestations de civils Chiites ont eu lieu, par exemple à Bahreïn, et ont été violemment réprimées avec l’aide de l’armée saoudienne, cela n’a pas entrainé de protestations en occident. On ne peut qu’être surpris par un tel système à deux poids et deux mesures.

Lorsque la guerre contre l’Islamisme radical et contre Al-Qaïda a été déclenchée en 2001, des opérations militaires de grande envergure ont été lancées en Afghanistan et en Irak. Les Talibans ont été provisoirement chassés du pouvoir (ils y reviennent peu à peu) et l’Irak est devenu l’épicentre du conflit Sunnite-Chiite alors même qu’aucune arme de destruction massive n’a été découverte dans ce pays.

Le 11 septembre 2001, ce ne sont pourtant pas des iraniens, des syriens ou des libyens qui ont contribué à tuer 3.000 citoyens américains. Sur les 19 terroristes impliqués, 15 étaient saoudiens et 2 émiratis. Je parlais plus haut de l’Arabie Saoudite et du Qatar, et si les liens entre ces deux pays et les États-Unis sont bien connus de tous, ceux de la France avec l’Arabie Saoudite le sont moins, l’hexagone étant pourtant le principal fournisseur européen d’armes du royaume Saoudien. Quand au Qatar, le journal "l’expansion" décrivait récemment les très forts investissements de ce pays en France sous le titre : "le Qatar rachète la France". L’article mentionnait notamment les investissements faits dans les banlieues françaises, pour y promouvoir “la diversité culturelle et religieuse via le soutien aux petites entreprises des quartiers défavorisés musulmans” via un fonds d’investissement créé fin 2011. Y a t-il un lien avec cette première et étonnante rencontre à Bagnolet au mois d’octobre 2011 et qui appelait à un printemps arabe en France ?

Il est donc difficile de décrypter le but des ingérences de la France et de ses alliés occidentaux dans le monde arabo musulman. Les projets de démocratisation en Tunisie, en Egypte et en Lybie n’ont pas donné les résultats attendus, l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak non plus. En Irak, l’intervention militaire a permis au bloc chiite de venir au pouvoir, mais la coalition occidentale fait maintenant le jeu des sunnites en Syrie, avec l’appui de l’Arabie Saoudite et du Qatar. De plus, il y a maintenant une menace sérieuse d’affrontements inter religieux entre musulmans dans la région, et toutes ces révolutions paraissent avoir favorisé l’implantation de certains mouvements terroristes.

Les assassinats de Toulouse et de Montauban devraient apparaître pour la France tout comme pour un certain nombre d’états occidentaux comme un avertissement quand à leurs politiques extérieures, mais aussi intérieures. Au lieu de rêver à une révolution du genre printemps démocratique en Russie, les stratèges occidentaux devraient peut être examiner avec soin les positions intelligentes de la diplomatie russe au moyen orient, ainsi que le fonctionnement du modèle multiculturel russe. egaliteetreconciliation

 

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Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l’humanité »

 

par Finian Cunningham

 

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, incluant la Russie, la Chine et l’Iran, État observateur, imposeront à Michelle Obama, femme du président Obama et icône de la mode, des restrictions en matière de déplacements.

Le budget annuel dans les six chiffres de Mme Obama alloué aux vêtements et accessoires de designer est perçu comme un affront à la moralité, au moment où son mari supervise des guerres d’agression à l’étranger, des meurtres de masse dans plusieurs territoires à l’aide de drones et qu’il ordonne l’assassinat d’individus tels que des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire.

Également victimes de la mode, les femmes des premiers ministres britannique et français, David Cameron et Nicolas Sarkozy, seraient elles aussi touchées par des sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en raison de l’appui donné par ces chefs d’État à la campagne de bombardement illégale et meurtrière menée par les États-Unis et l’OTAN en Libye.

Le lecteur aura sans doute réalisé que le « reportage » ci-dessus est une parodie.

Cependant, en réalité l’Union européenne applique de telles mesures sans précédent à la femme du président syrien Bachar Al-Assad.

« L’UE flanque des sanctions à la femme d’Assad », pouvait-on lire à la une de plusieurs journaux après que le ministre européen des affaires étrangères eut interdit à Asma Assad, née en Grande-Bretagne, de voyager dans les États de l’Union. Il a par ailleurs ordonné le gel de ses avoirs personnels.

Le portrait sensationnel de la première dame syrienne de 36 ans, décrite comme, chic, glamour, voire sexy, avait pour but de présenter Mme Assad comme une ravissante idiote, insensible à la misère et à la violence incessante dans son pays.


Asma Al Assad


Samantha Cameron et Michelle Obama


Carla Bruni, Shimon Peres et Nicolas Sarkozy  

Le Washington Post l’a surnommée la Marie-Antoinette de Syrie, affirmant qu’« alors que le bain de sang se poursuit, elle fait du shopping pour s’acheter des souliers de cristal ».

Les médias dominants ont employé les termes diffamatoires comme s’ils étaient d’ordre factuel. Or, il s’avère que le battage médiatique à propos de Mme Assad est basé sur de « précieux » courriels obtenus par le journal britannique The Guardian, révélant une prétendue correspondance privée de la famille Assad. Même leGuardian émet un avis de non-responsabilité quant à la véracité des courriels, transmis selon eux par les « opposants syriens ». Il y a de fortes chances que ces messages soit faux et aient été forgés par des groupes de services de renseignement, experts, à l’instar du MI6, dans la science occulte de la calomnie.

Le fait que des affaires aussi personnelles et banales que les présumées habitudes de shopping en ligne d’une femme deviennent un sujet ministériel de politique étrangère nourrit davantage les suspicions.

Née en Grande-Bretagne, Mme Assad aurait dilapidé plus de 40,000 euros sur des articles ménagers et de mode. À la suite des sanctions de l’UE, entrées en vigueur au cours de la fin de semaine, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré : « C’est un signe de détermination de l’Union européenne dans son ensemble, afin d’accentuer la pression, la mainmise économique et diplomatique sur ce régime. »

Entre-temps, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a commenté : « Nous avions un certain nombre d’indications – je suis certain que cela ne vous a pas échappé – de la façon dont Mme Assad utilise son argent. C’est sans doute ce qui nous a poussés à durcir les sanctions. » Les inquiétudes de M. Juppé quant à la probité financière sont particulièrement significatives, puisqu’en 2004 il a été condamné par un tribunal français à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir « abusé des fonds publics ».

Lorsqu’un quotidien met l’accent sur un dossier louche de courriels, régurgité ensuite par tous et chacun dans les médias mainstream, incluant ceux dits de qualité, et que ce dossier suspect constitue le fondement de sanctions ministérielles de l’UE, alors il dégage l’odeur typique d’une opération psychologique (« psyops »).

Cela est d’autant plus perceptible si l’on considère que les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont, pendant près d’un an, grossièrement déformé la réalité des violences et du conflit en Syrie, dans le but de déstabiliser l’alliance entre Damas et Téhéran. Le président Bachar Al-Assad a été continuellement accusé de « massacrer » son propre peuple. Pourtant, les preuves qui s’accumulent indiquent que les actions des forces de son gouvernement visent davantage à protéger la population civile de groupes terroristes armés et dirigés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe affiliées à Al-Qaïda.

La campagne de diabolisation du gouvernement syrien atteint désormais des sommets plutôt risibles, présentant Mme Assad comme une « insensible accro du shopping » qui doit être bannie des grandes rues de toutes les civilisations décentes et respectueuses des lois.

L’ironie de l’affaire est que ce geste dérisoire et cynique de l’Union européenne devrait en réalité s’appliquer à des criminels de guerre avérés. Il existe suffisamment de preuves pour condamner d’anciens et actuels leaders étasuniens et européens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité relativement aux agressions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et visant dorénavant l’Iran.

Des sanctions contre Michelle Obama, Samantha Cameron et Carla Bruni, basées sur des actes illégaux et criminels, ont beaucoup plus de sens. mondialisation

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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 03:39

Impunité saoudienne

 

Les libertés fondamentales ne sont pas mieux respectées en Arabie saoudite qu’en Iran. Est-ce donc à son statut de premier pays exportateur de pétrole et d’allié des Etats-Unis que la monarchie wahhabite doit d’être miraculeusement épargnée par la « communauté internationale » ? L’Arabie saoudite peut en tout cas intervenir à Bahreïn, y écraser une protestation démocratique, exécuter soixante-seize personnes en 2011 (dont une femme accusée de « sorcellerie »), menacer du même châtiment un blogueur qui a diffusé sur son compte Twitter un dialogue imaginaire avec le Prophète, condamner les voleurs à l’amputation, proclamer les chefs d’inculpation de viol, de sodomie, d’adultère, d’homosexualité, de trafic de drogue, d’apostasie passibles de la peine capitale, sans que, hormis le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, nul ou presque semble s’en émouvoir. Ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le G20, dont l’Arabie saoudite est membre, ni le Fonds monétaire international (FMI), dont la directrice générale vient de saluer le « rôle important » joué par Riyad dans la stabilisation de l’économie mondiale.

La même monarchie s’obstine-t-elle à interdire aux femmes — qui déjà ne peuvent pas se déplacer en voiture sans mari ou chauffeur — de participer aux Jeux olympiques ? Cette violation de deux articles au moins de la charte sportive (1) ne suscite pas, elle non plus, beaucoup de remous. A supposer que l’Iran se fût rendu coupable d’un tel apartheid sexuel, une campagne internationale de protestations eût déjà été lancée.

Le traitement de faveur permanent dont bénéficie la dynastie wahhabite vient de trouver une nouvelle illustration avec les déclarations du premier ministre tunisien. M. Hamadi Jebali a loué ses hôtes saoudiens lors d’une de ses premières visites officielles à l’étranger. Or Riyad, qui appuya jusqu’au bout le clan Ben Ali, refuse d’extrader le dictateur déchu et sert de refuge à sa fortune mal acquise. L’argent des pays du Golfe encourage par ailleurs les provocations des salafistes tunisiens et finance des chaînes de télévision qui propagent dans le pays une lecture moyenâgeuse de l’islam.

En janvier 2008, le président français Nicolas Sarkozy prétendait que,« sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah », l’Arabie saoudite développait une « politique de civilisation ». Quatre ans plus tard, ce pays, où règne la corruption, est surtout devenu le fer de lance du sunnisme ultraconservateur dans le monde arabe. Les gérontes de Riyad, qui assimilent les protestations de la jeunesse saoudienne à une« nouvelle forme de terrorisme », ne se soucient du droit des peuples que pour l’opposer aux régimes de leurs rivaux régionaux, « radicaux » ou chiites. Le royaume se croit sans doute abrité des tempêtes populaires par son saupoudrage social d’une fraction de la rente pétrolière, par le mépris que la majorité sunnite voue aux 10 à 20 % de chiites qui grondent dans l’est du pays, par la crainte de l’Iran enfin. L’indulgence internationale dont bénéficie la monarchie saoudienne lui procure un bouclier de plus.

Serge Halimi

(1) L’article 4 de la charte olympique dispose que «  chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte  ». L’article 6 précise que «  toute forme de discrimination à l’égard d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe, est incompatible avec l’appartenance au mouvement olympique  ».

 

source monde-diplomatique

 

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L'Arabie saoudite avance ses pions en Irak

Les princes saoudiens Abdel Aziz et Mohammad Ben Nayef à Ryad. Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak. FAHAD SHADEED/
Les princes saoudiens Abdel Aziz et Mohammad Ben Nayef à Ryad. Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak. FAHAD SHADEED/ AFP


Bagdad et Ryad, en froid depuis l'invasion par l'Irak du Koweït en 1990, ont annoncé coup sur coup ces derniers jours plusieurs mesures de rapprochement, dont la nomination d'un ambassadeur saoudien et des visites réciproques de hauts responsables. Un réchauffement qui intervient peu avant la tenue d'un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, où le dossier syrien figurera en première ligne.

 

Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak.

 

L'Irak est pris entre les pays du Golfe qui appellent au départ du président syrien Bachar el-Assad et l'Iran, fervent soutien du régime de Damas. "Les Saoudiens veulent que l'Irak soit plus avec les pays du Golfe", estime Mahmud Othman, un député kurde indépendant. "Ils veulent être avenants avec l'Irak pour l'attirer vers leur position, contre l'Iran et la Syrie", dit-il.

 

Selon M. Othman, le Moyen Orient se partage actuellement en deux camps : les pays arabes sunnites et la Turquie d'un côté, l'Iran et les chiites de l'autre. "L'Irak va se trouver dans une situation difficile", prévient-il, rappelant que le pays, majoritairement chiite et dirigé par cette communauté, comporte une importante minorité sunnite qui a perdu le pouvoir avec la chute de Saddam Hussein en 2003.

 

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a longtemps entretenu des relations houleuses avec Ryad, qui aurait soutenu son rival Iyad Allaoui lors des législatives de 2010. Mais l'Arabie saoudite a annoncé en février la prochaine nomination d'un ambassadeur non résident, le premier à ce poste depuis 1990. Et les deux pays viennent d'annoncer une relance de leur coopération sécuritaire, annonciatrice d'une "nouvelle phase de coopération en matière de politique, d'économie et de sécurité", selon le ministre adjoint de l'Intérieur Adnane al-Assadi.

 

Malgré cela, Ryad aura fort à faire pour concurrencer l'Iran, très influent en Irak, dont il est un important partenaire commercial, et qui a accueilli des opposants à Saddam Hussein. "L'Arabie saoudite devra faire des pas de géant pour rattraper l'Iran en Irak", juge Reidar Visser, auteur du site www.historaie.org consacré à l'Irak. Bagdad va "se servir de ce réchauffement autant que possible et pourrait même l'utiliser pour marquer un peu de distance avec l'Iran. Mais l'Arabie ne détiendra jamais les clés du pouvoir comme l'Iran en Irak", note-t-il.

"L'influence iranienne en Irak est bien implantée. Elle est assez forte et existe depuis que l'opposition s'y est exilée" sous Saddam Hussein, renchérit M. Othman. "L'Arabie saoudite pourrait avoir de bonnes relations avec les sunnites d'Irak mais pas davantage. Ils ne peuvent pas contrebalancer l'influence iranienne dans l'Irak d'aujourd'hui. Les Iraniens ont le dessus", estime-t-il.

 

Pour le commentateur politique Tariq al-Maamouri, la volonté de rapprochement saoudienne témoigne d'une reconnaissance tardive du fait que "l'Irak a commencé à se remettre en selle". "L'Irak va jouer un rôle dans le monde arabe et la région et, internationalement, les Saoudiens ne peuvent plus passer outre", souligne-t-il.

 

Mais d'autres sources sont plus circonspectes: "Personnellement, je ne pense pas que ce soit un genre de rapprochement définitif", estime un diplomate occidental, interrogé sur l'arrivée annoncée d'un ambassadeur. "Je pense qu'il y a encore une énorme, énorme quantité de méfiance et de soupçons mutuels. Je pense que c'est une étape positive, mais que c'est tactique, pas stratégique".

 

Selon lui, il s'agirait plutôt pour Ryad de présenter "une position cohérente pour le sommet arabe, où l'ambassadeur pourra être dépêché".

source lorientlejour

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