Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe

Mercredi 24 avril 3 24 /04 /Avr 03:31

Des Tunisiens laissés-pour-compte... 

 

 

 

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Le terrorisme anti-syrien et ses connexions internationales

 

 

 

Depuis le début du printemps syrien, le gouvernement de Damas prétend combattre des gangs terroristes. La plupart des médias occidentaux dénoncent, dans cette thèse, une propagande d’Etat servant à justifier sa répression contre le mouvement de contestation. S'il est évident que celle-ci tombe comme du pain béni pour l'Etat baassiste de réputation peu accueillante envers les mouvements d'opposition qui échappent à son contrôle, elle n'en est pas fausse pour autant. Plusieurs éléments objectifs accréditent en effet la thèse du gouvernement syrien.

 

D'abord, il y a le facteur laïcité. La Syrie est en l'occurrence le dernier Etat arabe laïc. (1) Les minorités religieuses y jouissent des mêmes droits que la majorité musulmane. Pour certaines sectes sunnites championnes de la guerre contre l'Autre quel qu'il soit, la laïcité arabe et l'égalité inter-religieuse, incompatibles avec la charia, sont une injure à l’islam et rendent l’Etat syrien plus détestable qu'une Europe « athée » ou « chrétienne ». Or, la Syrie compte pas moins de dix églises chrétiennes différentes, avec des sunnites qui sont arabes, kurdes, tcherkesses ou turkmènes, avec des chrétiens non arabes comme les Arméniens, les Assyriens ou les Levantins, avec des musulmans syncrétiques et donc inclassables comme les alaouites et les druzes. Par conséquent, la tâche qui consiste à maintenir sur pied cette charpente ethnico-religieuse fragile et complexe s'avère si ardue que seul un régime laïc, solide et forcément autoritaire peut y parvenir.

 

Ensuite, il y a le facteur confessionnel. En raison de l'origine du président Bachar El-Assad, le régime syrien est abusivement décrit comme « alaouite ». Cette qualification est totalement fausse, calomnieuse, sectaire voire raciste. Elle est avant tout fausse parce que l'état-major, la police politique, les divers services de renseignements, les membres du gouvernement sont majoritairement sunnites de même qu'une partie non négligeable de la bourgeoisie. Nos médias à sensations ne manquent pas de parler de Mme Asma El-Assad, l'épouse du président d'origine sunnite dans un but de la diaboliser. Mais ils évitent délibérément de citer la vice-présidente de la République arabe syrienne, Mme Najah Al Attar, la première et unique femme arabe au monde à occuper un poste aussi élevé. Mme Al Attar est non seulement d'origine sunnite mais elle est aussi la sœur de l'un des dirigeants exilés des Frères musulmans, illustration emblématique du paradoxe syrien. En réalité, l'appareil d'Etat baassiste est le reflet quasi parfait de la diversité ethnico-religieuse qui prévaut en Syrie. Le mythe à propos de la « dictature alaouite » est tellement grotesque que même le grand mufti sunnite, le cheikh Bedreddine Hassoune ou encore le chef de la police politique Ali Mamlouk, lui aussi de confession sunnite, sont parfois classés parmi les alaouites par la presse internationale. (2)

 

Le plus étonnant est que cette même presse apporte de l’eau au moulin de certains milieux salafistes (sunnites ultra-orthodoxes) syriens qui propagent le mensonge selon lequel le pays aurait été usurpé par les alaouites lesquels seraient, selon eux, des agents chiites. Ces mêmes salafistes taxent les chiites de négateurs (rawafidhs) parce que ces derniers rejettent, entre autres, la légitimité du califat, c'est-à-dire du gouvernement sunnite des origines de l'islam. Or, d’une part, il existe des différences notables entre alaouites et chiites tant sur le plan théologique que de la pratique religieuse. La divinisation d'Ali, la doctrine trinitaire, la croyance en la métempsychose ou encore le rejet de la charia propres aux alaouites, sont sources de critiques de la part des théologiens chiites qui ne manquent pas de les taxer d'exagérateurs (ghoulat). D’autre part, s’il y a une religion d’Etat en Syrie, c’est bien l’islam sunnite de rite hanéfite représenté entre autres par le cheikh Muhammad Saïd Ramadan Al Bouti et le grand mufti de la République, le cheikh Badreddine Hassoune dont la sage parole tranche avec les appels au meurtre et à la haine des cheikhs wahhabites. Mais qu'à cela ne tienne, pour expliquer l'alliance anti-US et antisioniste formée par l’axe Damas-Téhéran-Hezbollah, la presse aux ordres et les milieux sunnites ultra-conservateurs répètent en chœur que la Syrie est dominée par les alaouites qui formeraient une « secte chiite ». La Syrie étant soutenue par la Chine, la Russie, le Venezuela, Cuba, le Nicaragua ou encore la Bolivie, il faudrait logiquement en conclure que Hu Jintao, Poutine, Chavez, Castro, Ortega ou Morales sont eux aussi des alaouites, au moins des crypto-chiites.

 

Troisièmement, il y a le facteur nationaliste. Il convient de rappeler que pour les salafistes, la Syrie n’existe pas. Ce nom serait comme celui de l’Irak une fabrication athée. Dans leur jargon inspiré du Coran, l’Irak s’appelle Bilad Al Rafidaïn (le pays des deux Fleuves) et la Syrie, Bilad Al Cham (le pays de Cham).

 

Celui qui adopte l'idéologie nationaliste et se consacre à la libération de sa patrie commet un péché d'association (shirk). Il viole le principe du tawhid, l’unicité divine et à ce titre, il mérite la mort. Pour ces fanatiques, le seul combat agréé par Allah est le djihad, la guerre dite « sainte » livrée au nom d'Allah et visant à étendre l'Islam.

 

En tant que corollaire du nationalisme arabe, le panarabisme, cette idée progressiste d'unité et de solidarité interarabe est à fortiori un sacrilège parce qu'il mine l'idée de « oumma », la mère patrie musulmane. Comme le rappelait récemment le président Bachar El-Assad dans une interview accordée au journalSunday Telegraph, le combat qui se livre actuellement sur le sol syrien oppose deux courants inconciliables : le panarabisme et le panislamisme (3).

 

Ce conflit originel introduit un facteur historique fondateur de la menace terroriste en Syrie. Depuis 1963, la Syrie baassiste mène en effet une véritable guerre contre les mouvements djihadistes. L'armée gouvernementale et les Frères musulmans se sont affrontés dans de nombreuses batailles qui se sont toutes soldées par la victoire du pouvoir syrien. Ces victoires ont été arrachées au prix de nombreuses victimes, l'armée n'hésitant pas à semer la terreur pour parvenir à ses fins. En 1982, l'armée de Hafez El-Assad a pilonné des pans entiers de la ville de Hama pour venir à bout de la résistance djihadiste, massacrant sans distinction militants et civils innocents. On dénombre au moins dix mille morts dans les bombardements et les batailles de rue. De véritables chasses à l'homme ont ensuite été lancées contre les Frères musulmans syriens à travers le pays, contraignant ces derniers à l'exil. La répression n'est pas pour autant parvenue à éradiquer la tradition guerrière ni l'esprit revanchard des djihadistes syriens.

 

A présent, voyons pays par pays quels sont les mouvements terroristes auxquels les troupes syriennes sont aujourd'hui confrontées.

  

Le front libanais

 

En avril 2005, l’Occident s'est réjoui de voir les troupes syriennes quitter le territoire libanais après 30 ans de présence ininterrompue. Cet événement avait été déclenché par l'attentat visant l'ex-premier ministre libano-saoudien Rafiq Hariri connu pour son hostilité envers la Syrie, attentat immédiatement imputé au régime de Damas par l'Europe et les Etats-Unis sans la moindre preuve et avant même le début de l'enquête. Une « révolution du Cèdre » soutenue par les officines droitsdelhommistes de la CIA poussa l'armée syrienne à quitter le Liban. A peine les chars syriens se sont-ils retirés que les groupes salafistes refirent surface, dégainant leurs sabres et leurs prêches sectaires. Ces mouvements se sont implantés dans le Nord-Liban du côté de Tripoli majoritairement sunnite puis, peu à peu, dans les camps palestiniens du Liban, profitant des divisions politiques et de la faiblesse militaire des organisations palestiniennes ainsi que de la politique de non-intervention de l’armée libanaise dans ces camps. Entre 2005 et 2010, les groupes djihadistes ont mené la guerre contre tous les soutiens réels ou supposés du régime de Bachar el-Assad comme les populations chiites, alaouites ou les militants du Hezbollah. Certains de ces mouvements ont été jusqu'à franchir la frontière syro-libanaise pour harceler les troupes du pouvoir baassiste sur leur propre territoire.

 

L'activisme anti-syrien des groupes salafistes libanais armés connut ensuite une recrudescence avec le début de la crise syrienne de 2011. Ils furent relayés par des mouvements salafistes non armés. Le 4 mars 2012, quelques deux mille salafistes conduits par Ahmad Al Assir, un prédicateur de la ville de Saïda devenu l'étoile montante du sunnisme libanais, ont défilé à Beyrouth pour protester contre le régime de Bachar El Assad. Derrière un impressionnant cordon de sécurité composé de policiers et de militaires, quelque centaines de contre-manifestants du Parti baas libanais ont protesté contre ce défilé.

 

D’Aarida à Naqoura, tout le Liban retint son souffle. Comme son cœur se resserre à chaque fois que des tirs retentissent depuis les quartiers tripolitains de Bab Tebbaneh et Djebel Mohsen. Car dans ce pays où la ligne de fracture politique est également confessionnelle avec des sunnites majoritairement anti-Assad et des chiites majoritairement pro-Assad et puis aussi avec des chrétiens divisés qui se retrouvent dans les deux camps, la hantise de la guerre civile est omniprésente. Mais le gouvernement d'union nationale tente de calmer le jeu et veille à rester neutre face au conflit syrien. Pour autant, certains groupes salafistes ne ratent pas une occasion pour semer le chaos dans ces deux pays géographiquement interdépendants et complémentaires.

 

Voici une brève description de certains de ces mouvements sectaires actifs au Liban et qui menacent la Syrie depuis plusieurs années :

 

Groupe de Sir El-Dinniyeh

 

Ce mouvement sunnite dirigé entre 1995 et 1999 par Bassam Ahmad Kanj, un vétéran d'Afghanistan et de Bosnie, est apparu à la suite de luttes entre différents courants islamiques voulant contrôler les mosquées de Tripoli. En janvier 2000, le Groupe de Dinniyeh a tenté de créer un mini-Etat islamiste dans le Nord du Liban. Les militants ont pris le contrôle des villages du district de Dinniyeh, à l'Est de Tripoli. 13.000 soldats libanais ont été envoyés pour mater cette rébellion djihadiste. Les survivants de l’assaut se retranchèrent dans le camp palestinien d’Ayn El Hilwé dans le sud du Liban. Après le retrait des forces armées syriennesen avril 2005, les combattants du groupe de Dinniyeh sont revenus à Tripoli où se trouvaient encore des cellules clandestines. La même année, le ministre libanais de l'intérieur par intérim, Ahmed Fatfat qui est précisément originaire de Sir El-Dinniyeh et qui, par ailleurs, dispose de la citoyenneté belge, a mené campagne pour obtenir la libération des prisonniers du groupe de Dinniyeh et ce, dans le but d'obtenir l'appui politique des groupes sunnites et salafistes du Nord-Liban.

  

Fatah Al Islam

 

Mouvement sunnite radical du Nord du Liban. Le Fatah Al Islam a littéralement occupé la ville de Tripoli avec la complicité de Saad Hariri et son parti, le Courant du futur. Hariri voulait se servir de ces radicaux sunnites pour combattre le Hezbollah chiite libanais et le gouvernement syrien. Parmi les alliés de Hariri, le groupe appelé « Fatah El Islam » dissident du mouvement national palestinien s'est emparé du camp de Nahr El Bared. Ce mouvement terroriste a assassiné 137 soldats libanais de manière brutale notamment lors de sataniques rituels se soldant par des décapitations. Le 13 février 2007, le Fatah El Islam fit également exploser deux bus dans le quartier chrétien d’Alaq-Bikfaya.

 

De mai à septembre 2007, l'armée libanaise fit le siège du camp palestinien de Nahr el Bared où étaient retranchés les combattants djihadistes et ce n'est qu'après d'intenses combats dignes de l’opération syrienne de Baba Amro qu'elle parvint à les neutraliser. Pas moins de 30.000 Palestiniens ont dû fuir les combats. Quant à Nahr el Bared, il fut réduit à l’état de ruines.

 

Quelques mois plus tard, le Fatah al Islam est impliqué dans un attentat meurtrier qui secoue Damas. Le 27 septembre 2008, le sanctuaire chiite de Sayda Zainab à Damas est en effet la cible d'un attentat à la voiture piégée où 17 pèlerins sont tués. Le Fatah Al Islam est souvent cité lorsque des affrontements éclatent à Tripoli entre le quartier sunnite de Bab Tabbaneh et le quartier alaouite de Djébel Mohsen.

  

Jounoud Al Cham (Les soldats du Levant)

 

Mouvement sunnite radical du Sud du Liban aux origines multiples. Certains de ses membres seraient issus du groupe Dinniyeh tandis que d’autres seraient des vétérans d’Afghanistan ayant combattu sous le commandement d’Abou Moussab Al Zarqawi. La plupart de ses combattants seraient des Palestiniens « takfiristes », c’est-à-dire en guerre contre les autres religions et les non-croyants. Jounoud Al Cham serait responsable d'un attentant en 2004 à Beyrouth qui a tué un responsable du Hezbollah. Depuis plusieurs années, il tente de prendre le contrôle du camp palestinien d’Ayn El Hilwé situé à proximité de la ville de Sayda. En 2005, le groupe fait parler de lui pour ses accrochages quotidiens avec l’arméesyrienne. Jounoud al-Sham se trouve sur la liste des organisations terroristes émise par la Russie. Il n'est pas sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d'Etat nord-américain. (4)

  

Ousbat Al Ansar (Ligue des partisans)

 

Présent sur la liste des organisations terroristes, Ousbat al-Ansar lutte pour « l'établissement d'un Etat sunnite radical au Liban ». Connu pour ses expéditions punitives contre tous les musulmans « déviants », Ousbat al-Ansar fait assassiner des personnalités sunnites comme le cheikh Nizar Halabi. Il fait également plastiquer des établissements publics jugés impies : salles de théâtre, restaurants, discothèques... En janvier 2000, il attaque à coups de roquettes l’ambassade de Russie à Beyrouth. Héritier du groupe de Dinniyeh, il infiltre le camp palestinien d’Ayn El Hilwé dans le Sud du Liban. Lorsqu'en septembre 2002, je visitai les camps palestiniens du Liban, l'inquiétude des résistants palestiniens était palpable. Nombre d'entre eux avaient été tués lors de tentatives de prises de contrôles par ce groupe réputé proche d'Al Qaïda. En 2003, quelque 200 membres d’Ousbat Al Ansar attaquèrent les locaux du Fatah, le mouvement palestinien de Yasser Arafat. Il y eut huit morts dont six membres du Fatah.

 

Le mythe de l'ASL

 

Il faut le reconnaître : les chasseurs de dictateurs qui peuplent les rédactions des grands organes de presse sont passés maître dans l'art du camouflage quand il s'agit de présenter des « résistants » qui servent les intérêts de leur camp. En véritables chirurgiens esthétiques, ils vous transforment l'Armée syrienne libre (ASL) en mouvement de résistance démocratique brave et sympathique composé de déserteurs humanistes dégoûtés par les atrocités commises par l'arméesyrienne. Il n'y a aucun doute que l'armée du régime baassiste ne fait pas dans la dentelle et commet d'impardonnables exactions contre des civils, qu'ils soient terroristes, manifestants pacifistes ou simples citoyens pris entre deux feux. A ce sujet, les médias mainstream nous abreuvent ad nauseam de crimes imputés aux troupes syriennes parfois à raison mais le plus souvent à tort. Car en termes de cruauté, l'ASL ne vaut pas vraiment mieux. Seuls quelques rares journalistes comme le néerlandais Jan Eikelboom osent montrer l'envers du décor, celui d'une ASL sadique et crapuleuse. La correspondante à Beyrouth du Spiegel, Ulrike Putz vient, elle aussi, d'égratigner la réputation de l'ASL.

 

Dans une interview mise en ligne sur le site de l'hebdo allemand, Ulrike Putz a mis en lumière l'existence d'une « brigade d’enterrement » chargée d'exécuter les ennemis de leur sinistre révolution à Baba Amr, le quartier insurgé de Homs repris par l'armée syrienne. (5) L'égorgeur interrogé par Der Spiegel attribue 200 à 250 exécutions à sa brigade des croque-morts, soit près de 3% du bilan total des victimes de la guerre civilesyrienne depuis un an.

 

Du côté des institutions humanitaires, il a fallu attendre la date fatidique du 20 mars 2012 pour qu'une éminente ONG, à savoir Human Rights Watch, dont la traduction signifie bien « guetteur des droits de l'homme » reconnaisse enfin les tortures, exécutions et mutilations commises par les groupes armés opposés au régime syrien. Après 11 mois de terrorisme insurgé... A la bonne heure ô infaillible sentinelle ! « Sah Al Naum », comme on dit en arabe à quelqu'un qui se réveille.

 

Passons à une autre info qui écorne un peu plus la renommée de l'Arméesyrienne libre et leurs appuis atlantistes. D'après des sources diplomatiques et militaires, l'ASL, cette armée dite de « déserteurs » manquerait d'effectifs militaires. Pour pallier cette pénurie de combattants, l'ASL enrôlerait des salafistes à tour de bras. C'est le cas du bataillon Al Farouq de l'ASL qui s'était rendu célèbre par ses enlèvements d'ingénieurs civils et de pèlerins iraniens, par ces tortures et ces exécutions sommaires.

 

La difficulté de recruter des conscrits est somme toute fort logique puisqu'un déserteur est par définition un homme qui abandonne le combat. Déserter signifie quitter la guerre. Dans le cas syrien, de nombreux déserteurs se constituent réfugiés et quittent le pays. La propagande de guerre occidentale affirme que s'ils quittent l'armée ou ne répondent pas aux appels sous les drapeaux, c'est parce qu'ils refusent de tuer des manifestants pacifiques. En réalité, ces jeunes recrues craignent autant de tuer que de mourir. Ils affrontent un ennemi invisible rompu aux techniques de guérilla, qui tire aveuglément sur des pro- et des anti-régime et qui n'hésite pas à liquider ses prisonniers selon un rituel sordide de décapitation et de dépeçage. La terreur qu'inspirent les groupes armés dissuade légitimement de nombreux jeunes de risquer leur vie en circulant en uniforme. Alors, ils choisissent de quitter l'armée et le pays.

 

Par exemple, les déserteurs kurdes syriens se réfugient dans la région autonome du Kurdistan irakien. A Erbil surtout, dans un quartier peuplé de Kurdes syriensque l'on surnomme « le petit Qamishli ». D'autres rejoignent les camps de réfugiés d'Irak, du Liban, de la Turquie ou de la Jordanie. Le terme de « déserteur » servant à désigner les militaires qui ont fait défection pour rejoindre le camp adverse et tirer sur leurs anciens camarades est donc inapproprié. Il serait plus correct de parler de transfuges.

 

Voici une analyse de Maghreb Intelligence, une agence que l'on ne peut soupçonner de collusions avec le régime de Damas et qui appuie la thèse de la démobilisation des jeunes appelés, de la faiblesse de l'ASL et de la présence de salafistes armés sur le champ de bataille :

 

D’après un rapport émanant d’une ambassade européenne à Damas et corroboré par des enquêtes menées par des centres de recherches français à la frontière turque, l’Armée Libre Syrienne -ALS- ne compterait en tout et pour tout que quelque 3000 combattants. Ils sont pour la plupart armés de fusils de chasse, de Kalachnikov et de mortiers de fabrication chinoise provenant d’Irak et du Liban. D’après ce rapport, l’ALS n’a pas pu enrôler la majorité des 20 milles militaires qui auraient déserté l’armée de Bachar Al Assad. D’ailleurs, l’ALS est particulièrement présente dans les camps de réfugiés établis sur le territoire turc. A Hama, Deraa et Idlib ce sont davantage des groupes armés salafistes qui donnent la réplique à l’armée syrienne. Ces salafistes, particulièrement violents et déterminés, proviennent dans leur grande majorité de la mouvance sunnite radicale active au Liban. (6)

 

A part le fait d'être impitoyable, infiltrée par des groupes sectaires et en manque d'effectifs, l'Armée syrienne libre est désorganisée. Elle n'est pas chapeautée par une direction centrale et unifiée. (7)

 

De nombreuses indications, notamment les saisies d'armes réalisées à divers postes-frontières du pays, montrent que l'ASL reçoit des armes de l'étranger et ce, depuis le début de l'insurrection, ce que l'ASL démentait avant de demander ouvertement une intervention militaire étrangère sous forme de bombardements, d'appui logistique ou de création de zones-tampons. Au début de son insurrection, le groupe armé dissident ne voulait visiblement pas donner l'image d'une cinquième colonne agissant pour des forces étrangères ni compromettre ces généreux mécènes que l'on devine. On se souviendra que dans le documentaire de propagande anti-Bachar réalisé par Sofia Amara, intitulé « Syrie : Permis de tuer » et diffusé sur la chaîne franco-allemande Arte en octobre 2011, un soldat de l'ASL est sur le point de révéler ses fournisseurs étrangers quand son supérieur le somme de se taire.

 

 Le front jordanien 

 

L'allégeance de la monarchie hachémite à Washington et Tel-Aviv relève du lieu commun. Pour satisfaire ses alliés, la Jordanie a d'ailleurs été le premier régime arabe à appeler Bachar El-Assad à quitter le pouvoir. Le 22 février 2012, le correspondant du Figaro, Georges Malbrunot révélait que la Jordanie avait acheté à l'Allemagne quatre batteries anti-missiles Patriot américains « pour protéger Israël contre d'éventuelles attaques aériennes menées depuis la Syrie.  » (8) Ces missiles devraient être installés à Irbid, non loin de la frontière syrienne.

 

Déjà en 1981, la monarchie sécuritaire alliée des Etats-Unis avait laissé faire l'aviation israélienne qui avait violé son espace aérien pour aller bombarder le réacteur nucléaire irakien d'Osirak.

 

En politique intérieure, la Jordanie n'affiche pas une posture plus progressiste. Ainsi, des décennies durant, Amman a encouragé les Frères musulmans selon un calcul politique motivé par le souci d'éradiquer l'ennemi principal, à savoir l'opposition de gauche laïque (communiste, baathiste et nassérienne). Selon M. Abdel Latif Arabiyat, ancien ministre et ex-porte-parole du Parlement jordanien : « La confrérie n’était pas une organisation révolutionnaire, elle prônait la stabilité.

 

Avec la montée en puissance des partis nationalistes et de gauche, nous avons conclu une alliance officieuse avec les autorités » (9). En 1970, les Frères musulmans se rangèrent du côté de la monarchie lorsque le roi Hussein ordonna l'écrasement des fédayins palestiniens. Motus donc de la part des Frères musulmans devant le massacre dit du « Septembre noir » dans lequel près de vingt mille Palestiniens ont été massacrés.

 

De cette stratégie d'instrumentalisation des Frères musulmans jordaniens, ce sont finalement ces derniers qui sont sortis vainqueurs puisqu'ils représentent aujourd'hui le principal mouvement d'opposition du pays. Pour le royaume hachémite, les Frères musulmans constituaient un moindre mal à la fois par rapport à la gauche mais aussi par rapport aux mouvements djihadistes. Ce mariage de raison n'a pas tenu longtemps. Et finalement, la monarchie se vit contrainte de réprimer un mouvement devenu trop puissant. Entretemps, la Jordanie subit plusieurs attentats terroristes.

 

En 2005, ce sont des hôtels de la capitale Amman qui furent visés par des groupes salafistes. Abou Moussab Al Zarqawi, l'ancien chef d'Al Qaïda en Irak, est lui-même originaire de Zarqa, une ville jordanienne située au Nord-est d’ Amman.

 

La révolte syrienne contre le régime ayant éclaté à Deraa, une ville méridionale proche de la frontière jordanienne, elle a éveillé l'appétit de conquête du courant djihadiste basé en Jordanie qui s'était essoufflé suite aux nombreuses pertes essuyées dans les rangs d'Al Qaïda. On y trouve entre autres la Brigade Tawhid, une petite armée djihadiste formée de plusieurs dizaines de combattants naguère actifs au sein du Fatah Al-Islam et s’infiltrant en Syrie pour attaquer l’armée gouvernementale. (10) Le portail d'info libéral jordanien Al Bawaba révèle que la ville frontalière de Ramtha accueille des mercenaires libyens payés par l'Arabie saoudite et le Qatar.

 

Par ailleurs, étant situé entre la Syrie et l'Arabie saoudite, le royaume hachémite est un passage obligé pour tous les djihadistes, les instructeurs et les convois militaires envoyés par Riyad.

 

Le front saoudien

 

A l'instar du royaume hachémite, la fidélité de la dynastie Saoud à l'Oncle Sam n'est un secret pour personne et ce depuis le Pacte du Quincy signé sur le croiseur américain du même nom entre Roosevelt et Abdelaziz Ben Saoud en février 1945. Cet accord allait permettre aux Etats-Unis de s'assurer un approvisionnement énergétique sans entrave moyennant une protection de son vassal face à leurs adversaires régionaux communs, notamment le nationalisme arabe et l'Iran dont certains territoires passaient sous influence soviétique. Lorsque la crise syrienne éclata, Etats-Unis et Arabie saoudite fêtaient leurs noces de jasmin pour leurs 66 années de vie commune en scellant le plus grand contrat d'armement de l'histoire : 90 milliards de dollars, impliquant la modernisation de la flotte aérienne et de la marine saoudiennes.

 

On s'en doutera, l'Etat wahhabite ne pouvait rester les bras croisés face aux événements qui secouent la Syrie, un pays phare du nationalisme arabe et de surcroît, ami de l'Iran, son ennemi juré.

 

Riyad alimente le terrorisme anti-syrien sous diverses formes : diplomatique, économique, religieux, logistique et bien sûr militaire.

 

La Maison des Saoud parraine les djihadistes actifs en Syrie en les encourageant par le biais de ses propagandistes attitrés à mettre le pays à feu et à sang.

 

Par exemple, après avoir autorisé le djihad en Libye et appelé à l’élimination de Mouammar Kaddhafi, l'une des plus grandes autorités juridiques et fatalement religieuses du pays, le Cheikh Saleh Al Luhaydan s'est dit favorable à l'extermination d'un tiers des Syriens pour en sauver les deux tiers.

 

Sur la chaîne télévisée saoudienne Al-Arabiya TV, le prédicateur Aidh Al-Qarni a déclaré que « Tuer Bachar est plus important que tuer des Israéliens ». (11)

 

C'est depuis Riyad et via la chaîne Wessal TV qu'Adnan Al Arour appelle à hacher les alaouites et à donner leur chair aux chiens.

 

Les récentes déclarations christianophobes du Cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, rapportées par Arabian Business, ne vont sans doute pas rassurer les chrétiens deSyrie : s'appuyant sur un hadith décrivant le prophète Mahomet sur son lit de mort, déclarant qu'il « ne devrait pas y avoir deux religions dans la péninsule arabique », le cheikh saoudien Abdullah qui n'est autre la plus grande autorité wahhabite au monde, en a déduit qu'il fallait détruire « toutes les églises de la région ». Les chrétiens de Syrie en proie à la haine religieuse, trouvent dans cette déclaration, une raison de plus pour soutenir Bachar el-Assad.

 

Nombreux sont les citoyens syriens hostiles au régime de Bachar el-Assad qui s'inquiètent du parrainage de leur mouvement démocratique par une théocratie qui décapite encore des femmes pour sorcellerie, qui torture ses opposants politiques dans les prisons et qui ne connaît ni Parlement ni élection.

 

Sous le soleil de Riyad, il y a aussi Bandar que l'on ne présente plus.

Son rôle trouble dans les attentats de Londres, le financement de groupes salafistes armés revendiqué par l'intéressé, ses collusions avec le Mossad, sa haine du Hezbollah, de la Syrie et de l'Iran font du prince saoudien Bandar Ben Sultan, secrétaire-général du Conseil national de sécurité, une pièce maîtresse du plan de destruction de la Syrie laïque, multiconfessionnelle, souveraine et insoumise.

 

Il n’y a donc pas vraiment de quoi s’étonner lorsque la dictature saoudienne s'engage aux côtés de son voisin et concurrent qatari, à verser les salaires des mercenaires antisyriens lors de la réunion des « amis de la Syrie » à Istanbul.

 

 Le front qatari

 

Le Qatar, c'est avant tout, une gigantesque base militaire US, la plus grande qui se trouve en dehors des Etats-Unis. Et puis, accessoirement, c'est le royaume d’un petit émir médiocre, fourbe et cupide. Dans son royaume, il n'y a ni Parlement, ni Constitution, ni partis, ni élections. En 1995, il organise un coup d'Etat contre son propre père. A peine arrivé au pouvoir, le pétromonarque putschiste se lance dans un vaste programme de partenariat économique avec l’Etat sioniste prévoyant notamment la commercialisation du gaz qatari en Israël. En 2003, l’émir du Qatar autorise l’administration Bush à se servir de son territoire pour lancer l’assaut sur l’Irak. Avec le reste de sa famille, il contrôle l'ensemble de la vie économique, politique, militaire et culturelle du pays. La célèbre chaîne télévisée Al Jazeera est son joujou personnel.

 

En peu de temps, il en a fait une puissante arme de propagande anti-syrienne. Grâce aux bidonnages d’Al Jazeera, la CIA et le Mossad peuvent s’offrir des vacances. Le nom de sa Majesté : Hamad Ben Khalifa al Thani. Le printemps arabe ? Il en est le principal bâilleur de fonds. Car pour lui, tout s'achète : le sport, l’art, la culture, la presse et même la foi. Alors, vous pensez bien, une révolution...

 

L’année dernière, l’émir Hamad envoya 5.000 commandos pour appuyer la rébellion djihadiste contre la Libye souveraine. A présent, son nouveau jeu de casino, c’est la Syrie et les rebelles de ce pays, des jetons de mise. Lorsque ces derniers subissent un revers de la part de l'armée arabe syrienne, il hurle au génocide. Hamad et sa clique, c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Et à propos de charité, il a justement embauché un prédateur notoire de la paix et de la démocratie, le cheikh Al Qardawi, histoire d'islamiser le message de la chaîne. Mais malgré ses dollars et ses campagnes de mobilisation contre la Syrie, Al Jazeera est une armée en déroute.

 

Les coulées de désinformation qui se déversent à propos de la Syrie depuis les studios de la chaîne ont entraîné la démission de ses plus grandes vedettes. De Wadah Khanfar à Ghassan Ben Jeddo, de Louna Chebel à Eman Ayad, Al Jazeera a subi d’importantes défections qui passent inaperçues dans la presse occidentale.

 

En mars 2012, Ali Hachem et deux de ses collègues quittent eux aussi le navire de la piraterie informative qatarie. Certains des courriels d’Ali Hachem fuités font état de mesures de censure prises par Al Jazeera concernant des images de combattants anti-Bachar s’infiltrant en Syrie depuis le Liban qui datent d’avril 2011. Ces images font donc remonter la présence d’une opposition armée de type terroriste aux débuts du « printemps syrien ». Leur publication aurait fait voler en éclats l’imposture selon laquelle le mouvement anti-Bachar ne se serait radicalisé qu’à la fin de l’année 2011, une thèse reprise en chœur par toutes les chancelleries occidentales.

 

En dépit de ces scandales à répétition, « nos » médias continuent de considérer Al Jazeera comme une source fiable et son patron, l’émir Hamad, comme un apôtre de la démocratie syrienne.

  

Le front irakien 

 

L’invasion de l’Irak par les troupes américano-britannique en mars 2003 a joué un rôle crucial dans l’augmentation du nombre de djihadistes syriens. Les poste-frontières comme Bou Kamal sont devenues des points de passage pour les djihadistes syriens allant combattre les forces d'occupation en Irak. Nombre deSyriens ont été grossir les rangs des bataillons d’Abou Moussab al-Zarqawi. Depuis l'été 2011, le processus s'est visiblement inversé puisque désormais, les militants sunnites irakiens franchissent la frontière pour aller combattre les troupes syriennes.

 

Al Qaida

La branche irakienne d'Al Qaida appelée Tanzim Qaidat al-Jihad fi Bilad al-Rafidayn (Organisation de la base du Jihad au Pays des deux fleuves) comptait de nombreuses recrues syriennes. On dit que 13% des volontaires arabes en Irak étaient syriens. (12) Leur terreur fut à l'égal de leur réputation. Al Qaida causa de tels dégâts au sein de la résistance irakienne sunnite que ces derniers durent se résigner à ouvrir un front anti-Al Qaida.

 

En 2006, un Conseil de secours d'Anbar regroupant la majorité des clans et tribus de la province rebelle vit le jour. Son but était de nettoyer la province des terroristes d'Al Qaida. (13) A Falloujah et à Qaim, les chefs de tribus qui initialement ouvrirent les bras à la bande à Zarqawi finirent par retourner leurs armes. Pour avoir déclaré la guerre à Al Qaida, ils reçurent même le soutien du gouvernement irakien. La terreur aveugle d'Al Qaida a ainsi grandement neutralisé la résistance patriotique irakienne. Tous ces vétérans de la guerre contre les Américains mais aussi contre l'Iran, les chiites et les patriotes sunnites irakiens ont trouvé un nouveau salut dans la guerre contre le régime de Damas.

 

De décembre 2011 à mars 2012, les villes de Damas, Alep et Deraa ont été la cible de plusieurs attentats suicides ou à la voiture piégée faisant des dizaines de morts et de blessés. Ces attaques ont été revendiquées par Al Qaida ou attribuées à l'organisation takfiriste par les autorités syriennes et les experts internationaux en anti-terrorisme qui confirment l'infiltration de terroristes depuis l'Irak.

 

Jabhat Al-Nusra Li-Ahl al-Sham (Front de soutien à la population du Levant)

 

Le 24 janvier dernier, ce groupe a annoncé son apparition dans divers forums islamistes. Mais ce nom à rallonge semble être un diminutif de Jabhat Al Nusra li Ahl Al Sham min Mujahideen al Sham fi Sahat al Jihad ou Front de soutien à la population du Levant par les Moudjahidines de Syrie dans les lieux du Jihad.

 

D'après les experts en terrorisme, l'expression « Lieux du Djihad » suggère que les membres de ce groupe mènent leur guerre sainte sur d'autres fronts comme l'Irak. C'est d'ailleurs ce que révèle le leader du groupe Abou Mohammed al Julani dans une vidéo mise en ligne au milieu du mois de mars. Al Julani signifie le Golanais, référence syrienne explicite. Comme tous les groupes terroristes, Jabhat Al Nusra dispose d'un organe de presse : Al Manara al Bayda, le phare blanc. (14)

 

Jabhat Al Nusra reçoit l'appui d'un cyber-salafiste éminent dénommé Abou Moundhir al Shanqiti. Ce dernier a émis une fatwa appelant les musulmans à se ranger dans le camp de ceux qui élèvent le drapeau de la charia en Syrie.

 

Le front turc 

 

En Turquie, pays membre de l’OTAN depuis 60 ans qui accueillera bientôt le bouclier anti-missile, c'est l'Armée syrienne libre qui tient le haut du pavé. Son chef présumé, Riyad Al Assaad est hébergé dans la province turque anciennementsyrienne du Hatay et bénéficie de la protection directe du ministère des affaires étrangères. La Turquie est comme chacun sait l'un des plus ardents ennemis du régime de Damas. Craignant de « passer pour des impérialistes », les forces de l'OTAN poussent Ankara à franchir le Rubicon ou disons l'Oronte en la circonstance, dans la guerre contre la Syrie.

 

De nombreuses sources font état d’un axe Tripoli-Ankara dans la guerre contre Damas. Un trafiquant d'armes libyen évoque l'achat d'équipements militaires légers par des Syriens à Misrata (15). L’ex-officier de la CIA et directeur du Conseil de l'intérêt national US Philip Giraldi parle carrément d'un transport aérien de l'arsenal de l’ex-armée libyenne vers la Syrie via la base militaire américaine d'Incirlik située dans le sud de la Turquie à moins de 180 km de la frontièresyrienne. Il affirme que l'OTAN est déjà clandestinement engagée dans le conflitsyrien sous direction turque.

 

Giraldi confirme aussi l'information parue en novembre dernier dans le Canard enchaîné, à savoir que des forces spéciales françaises et britanniques assistent les rebelles syriens tandis que la CIA et les Forces spéciales US leur fournissent des équipements de communications et d'espionnage.

 

Un autre ex-agent de la CIA, Robert Baer, dont les mémoires (16) ont inspiré le film Syriana de Stephen Gaghan avec George Clooney en tête d’affiche, a déclaré à l’été 2011 que des armes sont envoyées aux rebelles syriens depuis la Turquie. (17)

 

Sibel Edmonds, cette interprète de la FBI censurée pour avoir dénoncé des abus commis par les services de renseignement américains, affirme que la livraison d’armes aux rebelles syriens est assurée par les Etats-Unis depuis mai 2011. Les Etats-Unis auraient également installé en Turquie une « division de communication » dont la mission est de convaincre les soldats de l’armée syrienneà rejoindre la rébellion. (18)

L'implication des mercenaires libyens ne serait pas uniquement logistique. Selon plusieurs témoins oculaires dont un reporter du quotidien espagnol ABC, des djihadistes libyens, dont certains membres du Groupe islamique combattant libyen (GICL) sont concentrés aux frontières syro-turques. (19)

 

Dans la région majoritairement arabophone d'Antioche en Turquie qui jouxte laSyrie, la population locale croise un nombre exceptionnellement élevé de Libyens. Occupant les plus luxueux hôtels de la région, ils ne passent pas inaperçus. Certains de ces Libyens multiplient les actes de vandalisme dans certaines zones touristiques comme à Antalya. Des miliciens libyens séjournant en Turquie ont plusieurs fois attaqué et occupé leur ambassade à Istanbul pour réclamer leur solde. A ce tableau étrange vient s'ajouter l'arrestation d'un Libyen de 33 ans à l'aéroport d'Istanbul en possession de 2,5 millions de dollars. Le 1er avril, ce Libyen faisait escale à Istanbul. Sa destination finale : la Jordanie, un pays où l’on signale un grand nombre de mercenaires libyens massés à la frontière syrienne. Tiens, tiens… (20)

 

Et les USA dans tout ça ?

 

Comte tenu des allégations de certains agents de la CIA concernant l’implication US dans la déstabilisation de la Syrie, est-il raisonnable de croire que l’administration Obama serait indifférente voire complaisante à l’égard d’un pays qui figure pourtant dans la liste des « Etats voyous » pour son soutien à la résistance palestinienne et son alliance stratégique avec le Hezbollah et l’Iran ? LaSyrie est à ce titre cité parmi les sept pays contre lequel « l’utilisation de l’arme nucléaire est envisageable ».

 

A ceux qui croient en l’inaction des forces occidentales en Syrie et à leur bonne foi dans leur défense des civils syriens, il convient de leur rappeler qu’il y a un an, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) sous commandement américain jurait par tous les saints vouloir agir par « responsabilité de protéger » le peuple libyen et promettait de s'en tenir à la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies afin d’ « empêcher le dictateur Kadhafi de bombarder sa population » et que, subitement, la protection des citoyens libyens s'est muée en engagement militaire dans une guerre civile, en coup d'état, en attentats ciblés et en bombardements aveugles.

 

On se souviendra aussi qu’après avoir anéanti la ville libyenne de Syrte où le dirigeant libyen s'était retranché, les forces de l'OTAN le livrèrent en pâtures à des bandes criminelles qui le torturèrent à mort. Cette sordide exécution avait été facilitée par les USA et l'OTAN puisqu’ils ont préalablement traqué et bombardé son convoi. Pourtant, Andres Fogg Rasmussen et ses comparses qui se félicitèrent de la mort de Kadhafi répétèrent des mois durant que le dirigeant libyen n'était pas leur cible.

 

La cynique stratégie des USA et de l'OTAN en Libye qui consistait à « ne pas dire ce que l'on fait et ne pas faire ce que l'on dit » est manifestement celle qui a été choisie pour la Syrie.

 

En effet, officiellement, l'OTAN n'a pas l'intention d'intervenir dans ce pays. Rasmussen a même rappelé que son organisation n'armera pas les rebelles. Pourtant, certains courriers électroniques de l'agence de renseignement privée américaine Stratfor révélés par WikiLeaks le 27 février dernier indiquent la présence de forces spéciales occidentales en Syrie.

 

Le compte-rendu d’une réunion, daté du 6 décembre 2011, sous-entend que des forces spéciales auraient été présentes sur le terrain dès la fin de l’année 2011. A ce propos, le courriel du directeur d'analyse de Stratfor Reva Bhalla est sans équivoque. (21) Il est question d'une réunion regroupant « quatre gars, niveau lieutenant colonel dont un représentant français et un britannique  » :

 

Au cours d'un entretien qui dura près de deux heures, ils auraient insinué que des équipes des Forces spéciales étaient déjà sur le terrain, travaillant à des missions de reconnaissance et à l’entraînement des forces de l’opposition.

 

Les stratèges occidentaux réunis aux Etats-Unis sembleraient rejeter l’hypothèse d’une opération aérienne sur le modèle libyen et privilégier l’option d’une guerre d’usure sous forme d’attaques de guérilla et de campagnes d’assassinat afin « provoquer un effondrement de l’intérieur.  »

 

Ils auraient jugé la situation syrienne beaucoup plus complexe que celle de la Libye et le système de défense syrien trop performant, surtout ses missiles sol-air SA-17 disposés autour de Damas et le long des frontières israélienne et turque. En cas d'attaque aérienne, l’opération serait conduite depuis les bases de l’Otan à Chypre, conclut l'agence Stratfor.

 

Si jusqu’à présent, les Etats-Unis n’ont pas envoyé leurs bombardiers sur Damas, ce n’est donc pas parce que le maintien du régime syrien les arrange mais parce que ce régime n’est pas une bouchée facile. En apportant leur appui aux groupes armés, les USA se rendent néanmoins complices des massacres en Syrie.

 

L'OTAN et les Etats-Unis viennent ainsi compléter la très sympathique photo de famille du terrorisme anti-syrien aux côtés des monarchies du Golfe, des mercenaires libyens, des propagandistes salafistes et d'Al Qaida.

 

Conclusion 

 

Le terrorisme anti-syrien est une réalité qui crève les yeux au sens propre comme au sens figuré. Son apparition est antérieure au printemps arabe. Durant les années 70 et 80, les Frères musulmans syriens en furent les principaux acteurs. Après avoir mis le pays à feu et à sang, ils furent écrasés par l'armée syrienneprincipalement à Hama en 1982. La dictature baassiste misa sur des moyens militaires pour éradiquer ce fléau mais comme bien souvent, la répression a au contraire eu pour effet d'ajourner voire d'amplifier la menace. Avec le retraitsyrien du Liban en 2005, les mouvements djihadistes se sont implantés et renforcés dans la région libanaise de Tripoli puis dans les camps palestiniens du pays du Cèdre. Ils y ont retrouvé une nouvelle jeunesse et l'occasion de prendre leur revanche sur le régime baassiste en lançant des attaques en territoire syrien. Puis ils ont connu une troisième renaissance avec le printemps syrien de mars 2011.

 

Composés de toutes les nationalités qui peuplent la région, les courants djihadistes anti-syriens affichent un antinationalisme radical qui ne reconnaît aucune limite territoriale. Ils ne peuvent donc être associés strictement à un seul pays de la région. On trouve ainsi dans leurs rangs des Saoudiens, des Maghrébins, des Jordaniens, des Libyens, mais aussi de nombreux Palestiniens ultraconservateurs qui rejettent l'idée de lutte de libération nationale en Palestine à la faveur d'une stratégie de guerre de religions « contre les Juifs et les Croisés ».

 

Ces groupes politico-militaires ont causé des dommages significatifs à de nombreux mouvements de libération ainsi qu'à tous les gouvernements nationalistes arabes. En Irak par exemple, les militants d'Al Qaida ont farouchement combattu la résistance sunnite qui pourtant luttait contre les troupes américaines.

 

Aujourd’hui, les gouvernements libanais et irakien, alliés objectifs du régime syrienet en proie à ces mêmes groupes armés, tentent de bloquer le passage des djihadistes vers la Syrie.

 

Mais la connaissance du terrain de ces derniers disposant d'un soutien logistique sophistiqué de la part de l'OTAN et de ses alliés du Golfe rend ses frontières poreuses. Par exemple, certaines tribus sunnites transfrontalières, naguère en lutte contre les troupes d'occupation américaines et contre les chiites et aujourd’hui hostiles au régime de Damas pour des motifs essentiellement sectaires, acheminent armes, équipements et combattants depuis la province irakienne d'Anbar vers le district syrien de Deir Ez-Zor.

 

L'OTAN est donc bel et bien militairement engagée en Syrie par l’intermédiaire de ses alliés arabes mais aussi et surtout par le biais de la Turquie qui, selon les propres déclarations du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, est un acteur clé dans la réalisation du Projet américain du Grand Moyen-Orient, un plan qui vise à abattre les dernières poches de résistance anti-US de la région.

 

Eviter de comparer les scènes de destruction, de massacres et de désolation qui nous parviennent de Syrie avec la guerre civile algérienne des années 90 devient de plus en plus difficile. D’autant que la Syrie et l’Algérie, pays phare du nationalisme arabe, sont tous deux dotés de gouvernements politico-militaires issus d’une guerre de libération contre la France coloniale et sont tous deux confrontés à un terrorisme d’un même genre. Les djihadistes algériens étaient des vétérans d'Afghanistan qui avaient combattu les troupes soviétiques alors que les djihadistes aujourd’hui actifs en Syrie ont fait leurs armes sur les fronts irakien, afghan ou libyen.

 

Dans l’Algérie des années 90 comme dans la Syrie de 2012, les groupes terroristes procèdent à un nettoyage ethnique, idéologique et confessionnel méthodique. Une différence de taille tout de même entre les deux pays : s’il demeure une menace, le terrorisme algérien a malgré tout pu en grande partie être neutralisé grâce à des moyens politiques basés sur le dialogue et la réconciliation. L’un des architectes de la paix algérienne fut Ahmed Ben Bella, héros révolutionnaire et premier président de l’Algérie indépendante. Il nous a quittés le 11 avril dernier. Osons espérer que la Syrie trouvera son Ahmed Ben Bella.  michelcollon

 

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sources

 

1- Avec un bémol : le président de la République doit obligatoirement être musulman. Cet article de la Constitution a été maintenu malgré la nouvelle réforme pour ne pas s’aliéner la majorité musulmane du pays.

2- A propos du mensonge sur l'appartenance religieuse du cheikh Hassoune, voir Envoyé Spécial, 19 janvier 2012. A propos d'Ali Mamlouk, voir Le Figaro, 31 juillet 2011

3- Sunday Telegraph, 29 octobre 2011

4- Voir U.S. Department of State, Foreign Terrorist Organizations, 27 janvier 2012

5- Ulrike Putz, The Burial Brigade of Homs in Der Spiegel, 29 mars 2012

6- Maghreb Intelligence, 17 février 2012

7- Nir Rosen, Al Jazeera online, 13 février 2012

8- Georges Malbrunot, Le Figaro, 22 février 2011

9- Vicken Cheterian, Le Monde diplomatique, mai 2010

10- David Enders, McClatchy Newspapers, 1er avril 2012

11- Sabq (journal saoudien en ligne), 26 février 2012

12- The Jamestown Foundation, Terrorism Monitor, 2 décembre 2005

13- Peter Beaumont, The Guardian, 3 octobre 2006

14- Ayfer Erkul, De Morgen, 20 mars 2012

15- Ruth Sherlock, The Telegraph, 25 novembre 2011

16- Robert Baer, La chute de la CIA : les mémoires d'un guerrier de l'ombre sur les fronts de l'islamisme (trad. Daniel Roche de See not evil, Three Rivers Press, New York, 2001) collection Folio documents, Ed. Gallimard, 2002

17- Hürriyet, 8 mars 2012

18- Interview de Sibel Edmonds, Russia Today, 16 décembre 2011

19- Daniel Iriarte, Islamistas libios se deplazan a Siria para « ayudar » a la revolucion, 17 décembre 2011

20- Milliyet, 2 avril 2012

21- Russia Today, 6 mars 2012

 

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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Dimanche 6 janvier 7 06 /01 /Jan 16:37

الأسد يقترح حلا سياسيا ويصف المعارضة بأنهم " دمى في يد الغرب"

 

حدد الرئيس السوري بشار الأسد ملامح لعملية سياسية مقترحة لإنهاء النزاع في بلاده واصفا في الوقت نفسه المسلحين الذين يريدون إطاحته عن السلطة بأنهم "إرهابيون" و"دمى" في يد الغرب.

 

وطرح الأسد في خطاب نادر، هو الأول منذ سبعة اشهر، حلا سياسيا للأزمة التي تعصف بسوريا داعيا إلى مؤتمر للمصالحة مع من لم "يخونوا" سوريا يعقبه تشكيل حكومة جديدة وإصدار عفو.

وأضاف الأسد في خطابه الذي ألقاه في دار الأوبرا بوسط العاصمة دمشق أن مبادرته لحل الأزمة تتضمن مراحل عدة، أولها التزام الدول المعنية وقف تمويل تسليح المعارضة، يلي ذلك وقف الجيش للعمليات العسكرية مع الاحتفاظ بحق الرد إن تعرض للهجوم، وإيجاد آلية للتأكد من إمكانية ضبط الحدود.

وفي المرحلة الثانية تتم الدعوة لعقد مؤتمر يعمل على الوصول إلى ميثاق وطني يتمسك بسيادة سوريا ووحدة أراضيها ويرسم المستقبل الدستوري لها، ثم يعرض الميثاق الوطني للاستفتاء الشعبي، وتشكل حكومة وطنية موسعة، ويصاغ دستور جديد يطرح للاستفتاء ثم تنظيم انتخابات.

وفي المرحلة الثالثة والأخيرة تشكل حكومة جديدة وفقا للدستور وتجري مصالحة وطنية ويعلن العفو العام، يلي ذلك العمل على إعادة الإعمار.

وترجع آخر تصريحات الأسد العلنية السابقة بشأن الأزمة إلى نوفمبر / تشرين الثاني الماضي عندما قال في مقابلة مع التلفزيون الروسي إنه سوف يعيش ويموت في سوريا.

ومنذ ذلك الحين سيطر مسلحو المعارضة على مساحات من الأراضي شمالي سوريا، وشكلوا مجلس قيادة شامل نال اعتراف الولايات المتحدة والاتحاد الأوروبي.

لكن جهود المعارضة للسيطرة على المزيد من الأراضي داخل المدن الرئيسية وحولها، بما في ذلك العاصمة، واجهت مقاومة صلبة من القوات النظامية وكذلك ازدياد شدة الغارات الجوية المدمرة. bbc.co.uk/arabic

 

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Pour sa première apparition depuis des mois, le président syrien a proposé un plan de sortie de crise sous conditions, mais refuse tout dialogue avec les rebelles, des «esclaves» et des «terroristes» armés par «l'étranger».

Il n’était pas apparu en public depuis sept mois, depuis son dernier discours public le 3 juin devant le Parlement. Bachar al-Assad a resurgi dimanche matin sur la scène de la Maison de la culture et des arts dans le centre de Damas, prononçant un discours devant des centaines de personnes évidement enthousiastes, qui ont scandé «par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi».

Derrière lui s’affichait un immense drapeau syrien composé d’une multitude de visages. A la fin de son discours d’environ une heure, la foule s’est jetée sur le président qui, souriant, a serré la mains de ses partisans.

Son apparition était donc attendu, son allocution retransmise par la télévision officielle était sans surprise, Assad refusant de quitter le pouvoir et proposant une solution politique dont on voit mal comment elle pourrait voir le jour.

Assad a bien sûr nié que le conflit meurtrier en Syrie opposait son régime à l’opposition, mais la Syrie à ses ennemis, qui souhaitent, selon lui, la partition du pays. Le président propose «une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties», a-t-il poursuivi. Cette conférence devra rédiger une «Charte nationale» qui sera soumise à référendum, tandis qu’un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement émergeront des urnes.

Toute transition doit «se faire selon les termes de la Constitution», a-t-il insisté, en faisant référence à des élections. Samedi le quotidien libanais pro-syrien Al-Akhbar affirmait que Assad voulait présenter un plan de sortie de crise stipulant qu’il pouvait être candidat à sa propre succession en 2014.

Mais ce dialogue, a-t-il précisé dimanche, ne s’ouvrira qu’à plusieurs conditions. «Les pays impliqués doivent s’engager à arrêter de financer l’armement et les hommes armés doivent arrêter les opérations terroristes. Nos forces cesseront ensuite immédiatement les opérations militaires, tout en conservant le droit de répliquer», a-t-il affirmé. Et ce n’est qu’après ces étapes, que se tiendra «une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties», a-t-il poursuivi.

Si ce dialogue ne s’est pas ouvert jusqu’à présent, «ce n’est pas parce que nous ne voulons pas d’une solution politique, mais parce que nous n’avons pas trouvé de partenaire», a-t-il ajouté. «Pouvons-nous dialoguer avec des gangs qui prennent leurs ordres de l’étranger? (…) Nous dialoguons avec les maîtres, pas avec les esclaves», a encore lancé Assad qui affirme combattre des «terroristes» proches d’Al-Qaïda financés et armés par l’étranger.

«Voulez-vous que nous dialoguions avec des marionnettes de l’Occident, qui les a fabriquées et écrit leurs discours? Il vaut mieux discuter avec l’original, pas avec des gens qui jouent un rôle sur les planches de la scène internationale», a-t-il poursuivi.

Critiquant le terme de «révolution» utilisé par ses opposants, il a appelé à «une révolution du peuple, pas une révolution importée de l’étranger, pour le bien du peuple et non contre ses intérêts». «Est-ce une révolution et sont-ils des révolutionnaires? C’est une bande de criminels», a-t-il encore estimé, faisant référence aux combattants rebelles qui ont chassé ses troupes de larges zones du nord et de l’est du pays.

L’opposition a aussitôt rejeté ce plan, dont aucune échéance n’est précisée, accusant le chef d’Etat de vouloir choisir ses interlocuteurs et de chercher à se maintenir au pouvoir. Berlin et Londres ont aussi rejeté la proposition de Assad, jugée non crédible, la diplomatie britannique réclamant de nouveau le départ du tyran syrien.

60 000 morts

Assad est aujourd’hui à la tête d’un pays plongé dans une guerre civile où, selon l’ONU, crimes de guerre et crimes contre l’humanité se multiplient. Après 21 mois de violences ayant fait selon les Nations Unis plus de 60.000 morts, les troupes du régime ont été chassées de larges zones du nord et de l’est du pays. L’armée tente désormais de conserver un axe allant du sud jusqu’au pays alaouite sur la côte ouest, en passant par Damas, estiment des experts.

Affirmant faire face à un «complot» mené par l’étranger, Assad semble déterminé à poursuivre sa répression sanglante, et mobilise chaque jour ses troupes, son artillerie et l’aviation, son principal atout, pour tenter de venir à bout des rebelles.

Sur le terrain, bombardements et combats entre soldats et insurgés ne connaissaient aucun répit, et les morts se comptent chaque jour par dizaines, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

En Turquie voisine, le déploiement des premiers missiles Patriot a débuté à Incirlik (sud-est), sur la base aérienne turque de l’Otan. Il s’agit d’une mesure «purement défensive», ont insisté Ankara et l’alliance atlantique, qui a exclu une intervention dans le conflit syrien. http://www.liberation.fr/monde

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Dimanche 30 décembre 7 30 /12 /Déc 05:10

Lakhdar Brahimi prépare l’ère post-Al Assad

http://www.elwatan.com/images/2012/12/28/inter_1344248.jpg

L’émissaire international, Lakhdar Brahimi, doit mener, dès aujourd’hui, en Russie, de nouvelles discussions sur une solution au conflit syrien qui a fait, selon des organisations de défense des droits de l’homme, plus de 45 000 morts et 2 millions de déplacés.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a indiqué hier que cette rencontre servira notamment à «(…) avoir une vue d’ensemble du conflit, avec les points de vue des deux parties». Malgré les divergences profondes qui opposent les différents acteurs impliqués dans le dossier syrien, tout le monde semble s’accorder aujourd’hui sur le fait que le conflit évolue dangereusement et qu’il est maintenant urgent de l’arrêter. La raison ? Alors que les Nations unies ont récemment dénoncé un conflit devenu «ouvertement communautaire», M. Brahimi a estimé lui aussi que les divisions, «au début politiques, prennent désormais une forme affreuse, celle d’affrontements confessionnels».

Dans cette perspective, l’ancien chef de la diplomatie algérienne a de nouveau évoqué, jeudi face à la presse, l’accord sur les principes d’une transition en Syrie adopté le 30 juin à Genève par le Groupe d’action sur la Syrie. Pour lui, il y a dans ce texte «suffisamment d’éléments pour négocier une sortie de crise au cours des prochains mois».

Les membres de ce groupe divergent toutefois sur l’interprétation de cet accord qui ne contient aucun appel au départ de M. Al Assad. Washington estime qu’il ouvre la voie à l’ère «post-Assad», tandis que Moscou et Pékin affirment qu’il revient aux Syriens de déterminer leur avenir. A l’occasion de sa sortie médiatique, M. Brahimi a démenti, en outre, la mise au point d’un plan de règlement russo-américain, dont la Russie a également nié l’existence. Dans l’attente de savoir sur quoi déboucheront ces nouvelles discussions, l’émissaire international a tout de même appelé à la formation d’un gouvernement de transition doté de pleins pouvoirs avant la tenue d’élections, soulignant que le changement dans le pays, en proie à un conflit meurtrier depuis 21 mois, devait être «réel».

 

Les Russes mettent la pression sur le régime de Damas  

M. Brahimi, qui n’a encore pas obtenu l’assentiment de Damas ou de l’opposition à une sortie de crise, a assuré qu’il n’avait aucun «projet complet» pour le moment, menaçant toutefois de recourir au Conseil de sécurité de l’ONU, jusqu’à présent paralysé par les veto russe et chinois à toute résolution condamnant Damas. Les Syriens réclament «un changement réel et tout le monde comprend ce que cela veut dire», a affirmé M. Brahimi, sans évoquer le sort de M. Al Assad. Et justement par rapport à cette question, l’opposition syrienne s’est dite ouverte à la proposition de l’émissaire onusien si en sont exclus «la famille Assad et ceux qui ont fait du mal au peuple syrien». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle que Moscou estime «les chances d’aboutir à une transition négociée s’amenuisent».

Les deux parties continuent en effet de camper sur leurs positions et refusent de faire les concessions nécessaires à l’amorce d’un dialogue. Malgré cela, la Russie a pressé hier le président Bachar Al Assad de dialoguer avec l’opposition et multiplie les contacts avec tous les acteurs de ce dossier. «Nous avons activement incité, comme nous le faisons depuis des mois, le régime syrien à faire le maximum pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l’opposition», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre avec son homologue égyptien, Mohamed Amr. M. Lavrov répondait à une question sur sa rencontre la veille à Moscou avec une délégation syrienne dirigée par le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad.

Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou refusait toujours de soutenir les appels de certains pays à la démission de M. Assad, réaffirmant que cette question revenait au peuple syrien. Plus tôt dans la journée, un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a indiqué à l’agence Ria Novosti que Moscou avait envoyé une invitation au chef de la Coalition de l’opposition syrienne, Moaz El Khatib, afin de participer à des négociations en vue d’un règlement du conflit.

Au regard de tous ces efforts, la balle semble maintenant être dans le camp des Occidentaux et des monarchies du Golfe qui ont le pouvoir d’infléchir la position de l’opposition et de convaincre celle-ci d’aller dans le sens de l’accord conclu l’été dernier à Genève par le Groupe d’action sur la Syrie. Le tout est de savoir si tout ce beau monde veut vraiment un règlement rapide de la crise.elwatan

 

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 Brahimi sur la piste du modèle yougoslave ?

La chaîne qatarie Al-Jazeera, son intello favori Azmi Bishara, et leur cortège d’intervenants affabulateurs voudraient continuer à nous subjuguer par la magnificence et le caractère exceptionnel du soi-disant « Printemps arabe ». Il n’empêche que nombreux sont ceux qui y voient un scénario déjà vécu dans les années quatre-vingt-dix du siècle dernier [1][2].

En effet, quiconque accepterait de revenir sur l’expérience du « Printemps européen » qui a démarré par la révolution ouvrière du bassin de Gdansk en Pologne, sous la direction de Lech Walesa, pour la comparer à celle du prétendu « Printemps arabe » qui a débuté par l’immolation de Bouazizi en Tunisie, ne pourrait ignorer certaines similitudes. Notamment, entre le rôle joué par les États de l’Europe occidentale, leurs églises catholiques et l’ensemble de leurs médias dans la bénédiction de ces révolutions qui ont secoué les pays d’Europe orientale, d’une part ; et le rôle joué par les Pays arabes du Golfe, l’Islam politique principalement représenté par les Frères Musulmans, et les organisations d’al-Qaïda avec leurs composantes salafistes wahhabites dans les révolutions arabes, d’autre part. Ceci, non sans concéder que dans ce deuxième cas c’est Al-Jazeera qui a tenu, avec brio, le rôle joué par la BBC dans les révolutions en Europe !

Or, c’est en Yougoslavie que le « Printemps européen » a  rencontré son premier obstacle. Cette Yougoslavie de la Chrétienté Orthodoxe où s’était arrêté le Catholicisme et où l’Islam politique, soutenu par l’Arabie saoudite et la Turquie avec un début de collaboration de l’astre ascendant qatari, a été mis à contribution pour inverser l’équation et, tirant profit de l’effondrement de l’URSS, créer un jeu différent alliant guerre civile, intervention militaire étrangère, et machinerie onusienne.

Plus de vingt ans après cette « Crise yougoslave » et suite à plus d’une centaine de décisions du Conseil de sécurité, de centaines de milliers de victimes, et de destructions dévastatrices nécessitant des centaines de milliards de dollars pour compensation, la Yougoslavie qui sous la direction du Maréchal Tito fut un partenaire de l’Egypte et avec  Gamal Abdel Nasser  l’un des catalyseurs du « Mouvement des Pays non alignés », s’est transformée en petits pays rivaux occupés par des troupes étrangères et a perdu  son rôle, son économie et sa souveraineté.

Et voilà qu’aujourd’hui l’émissaire onusien Lakhdar Brahimi revient sur la scène syrienne, porteur des mêmes propositions que Peter Fitzgerald avait avancé à la Yougoslavie. En somme, l’État syrien devrait accepter de se laisser démanteler, à plus ou moins courte échéance, au nom d’un gouvernement de transition [3] sur la base d’une prétendue réconciliation avec un regroupement d’individus refusant ouvertement toute proposition sous prétexte qu’elle serait insuffisante !

 

Parmi ces propositions, deux  sont particulièrement évocatrices :

1. la réduction des pouvoirs de l’Etat central représenté par le Chef de l’Etat syrien sous prétexte d’une phase de transition ; ce qui dans le cas de la Yougoslavie s’est soldé par les « Accords de Dayton » [4] venus confirmer la logique de son démembrement en quatre états : Serbie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, et Monténégro.

2. Le démantèlement des institutions militaires et des services de sécurité syriens sous prétexte de leur restructuration ; pour s’empresser ensuite de soumettre leurs commandants à un tribunal spécial calqué sur le « Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie » ou TPIY.

Ceci, sans oublier que diverses prescriptions ou « recettes » se sont succédées en ex-Yougoslavie. Il y a eu celle de la Pologne, puis celle de la Roumanie où l’exécution de Ceausescu rappelle étrangement celle ce Kadhafi en Libye, puis celles des Républiques Tchèque et Bulgare. Ayant échouées les unes après les autres, il ne restait plus que la recette finale d’une guerre féroce et dévastatrice ! Et aujourd’hui, de l’aveu même des instigateurs de cette guerre, nous savons que l’Occident a utilisé les éléments tchétchènes et afghans de l’organisation d’al-Qaida : 100 000 bénévoles financés par les Pays du Golfe, armés et entrainés par la Turquie, et soutenus par des états laïcs de l’Europe occidentale !

Poursuivant la comparaison, force est de constater que les recettes tunisienne, égyptienne, libyenne et yéménite ont échoué en Syrie, d’où la nécessité d’une « nouvelle recette » inspirée du modèle yougoslave. Et nous revoilà avec 100 000 volontaires terroristes couvés en Turquie, financés par l’Arabie saoudite et le Qatar, glorifiés médiatiquement par Al-Jazeera et ses consœurs. Mais la tâche la plus complexe, pour la mise en œuvre d’une stratégie onusienne débouchant sur une intervention militaire et politique étrangères en Syrie, revient à M. Lakhdar Brahimi, Président du « Panel Brahimi », lequel s’est chargé, en 2000, de rédiger un rapport du même nom, le « Rapport Brahimi » [5], censé améliorer la pratique de l’ONU dans le domaine du maintien de la Paix !

Mais M.Brahimi et ceux qui se cachent derrière lui auront à se confronter à quatre obstacles, avant de prétendre installer en Syrie un  « gouvernement de transition ayant tous les pouvoirs » ! Quatre obstacles qui ne leur permettront pas de réussir leur dernière manœuvre pour torpiller le rôle duPrésident syrien et, du même coup, réussir à démolir l’État syrien et ses institutions politiques et militaires.

En effet :

1. La Russie d’aujourd’hui n’est plus la Russie d’hier. Après les expériences vécues en Yougoslavie, en Irak et en Libye, elle ne couvrira pas des résolutions, tirées du chapitre VII, pour « camoufler la manœuvre » et autoriser une intervention militaire qui mettrait la Syrie sous tutelle onusienne au nom d’un prétendu maintien de la paix.

2. Une intervention militaire des USA et de l’OTAN dépasse les capacités des mêmes va-t-en-guerre après leur défaite en Afghanistan et en Irak, et aussi à cause de la situation géostratégique de la Syrie où une telle initiative s’accompagnerait de conséquences dévastatrices sur Israël et la Turquie ; ce qu’ils voudraient absolument éviter.

3. La Syrie n’est pas la Yougoslavie. Malgré toutes leurs tentatives pour briser l’unité nationale et territoriale, installer des émirats et des roitelets sectaires, et étendre le conflit vers l’Irak, le Liban et, éventuellement, la Jordanie, les Syriens sont restés majoritairement solidaires de leurs autorités légitimes ; majorité garante de la survie de l’État et de ses institutions sous la direction du Président Bachar al-Assad.

4. Le « Printemps européen » a connu son apogée quand l’État Yougoslave est tombé, alors que le « Printemps arabe » est en passe de tomber sans que l’État syrien ne cède en rien de sa souveraineté. Si bien que les Egyptiens et les Tunisiens désireux d’échapper à la dictature humiliante des Frères musulmans se dirigent désormais dans la direction indiquée par la « boussole syrienne ». Il en est de même pour tous les Arabes qui soutiennent la Résistance du peuple palestinien, maintenant qu’ils ont constaté la complicité éhontée des Frères Musulmans et de leurs alliés avec l’occupant sioniste. Une complicité qui a dépassé de loin celle de Sadate et de Moubarak avant eux.

Par conséquent, en Syrie, M. Brahimi découvrira que « le travail de guerre », pour lequel il a été missionné, est loin d’être une tâche facile contrairement à ce qu’on aurait pu lui assurer.

La seule solution en Syrie n’a besoin ni d’un gouvernement provisoire, ni de ceux qui se laissent gouverner. Elle passe par un cessez-le-feu qui devra être garanti par M. Brahimi et Cie, et par Jamaat al-Nousra et équivalents, ainsi que par des observateurs, intègres et neutres, issus du Haut commissariat des Nations Unies pour s’assurer de la transparence d’élections mises sur pied dans les trois mois. Dès lors, celui qui obtiendra 50% des voix plus une formera le gouvernement, celui qui détiendra les 2/3 des voix rédigera la constitution, et celui qui en sortira avec le 1/3 des voix aura le droit de veto ; l’ensemble du processus aboutissant, dans un délai maximum d’une année, à une nouvelle constitution soumise à référendum et à des élections législatives. Le temps sera venu de passer aux élections présidentielles et la vérité sortira des urnes. Celui qui se lancerait à la recherche d’une autre solution aura à poursuivre sa guerre ! 

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Notes :

[1] Serbie, 1999 : calomnies, trahisons, et ingérence humanitaire…

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/serbie-1999-calomnies-trahisons-et-123236

[2] Serbie, 1999 : de la dislocation de la Yougoslavie au projet de « Grand Moyen-Orient »…

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/serbie-1999-de-la-dislocation-de-123729

[3] Syrie : M. Brahimi plaide pour un “gouvernement de transition”

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/12/28/syrie-m-brahimi-plaide-pour-un-gouvernement-de-transition_1811128_3208.html

[4] L’accord de Dayton

http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/kosovo/dayton

[5] Rapport Brahimi

http://www.operationspaix.net/137-resources/details-lexique/rapport-brahimi.html

Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de TopNews-nasser-kandil  mondialisation

 

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Pour Moscou, "impossible" de dissuader Bachar al-Assad de rester au pouvoir

http://s1.lemde.fr/image/2012/12/29/534x267/1811453_3_ea44_lakhdar-brahimi-et-sergei-lavrov-le-29_6cddcf8b41ee58b80cbb8894527c686e.jpg

La Russie a indiqué samedi 29 décembre qu'une solution politique pour régler le conflit en Syrie était encore envisageable, mais qu'il était impossible de dissuader le président Bachar al-Assad de quitter le pouvoir.

"Nous sommes unanimes pour dire que les chances d'atteindre une solution politique existent toujours", a déclaré samedi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue d'entretiens à Moscou avec l'émissaire internationalLakhdar Brahimi. M. Lavrov a cependant rappelé que l'avenir de la Syrie de ne se ferait pas sans Bachar al-Assad, comme le réclament avec insistance des pays occidentaux et arabes, alors que le conflit a fait plus de 45 000 morts en 21 mois, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

M. Assad"a dit à maintes reprises qu'il n'avait l'intention d'aller nulle part, qu'il resterait à son poste jusqu'au bout (...). Il n'est pas possible de changer cette position", a déclaré M. Lavrov, dont le pays est la seule grande puissance àentretenirdes relations étroites avec le régime syrien.

De son côté, M. Brahimi a insisté sur la nécessité de trouver une solution politique en Syrie afin éviter "l'enfer""S'il faut choisir entre l'enfer et une solution politique, nous devons tous travailler sans relâche en vue d'une solution politique", a déclaré M. Brahimi. L'émissaire international a toutefois estimé que même un changement de régime en Syrie n'aboutirait pas forcément à une régularisation du conflit.

"De mon point de vue, le problème est qu'un changement de régime (en Syrie) n'aboutira pas obligatoirement à une régularisation de la situation", a estimé M. Brahimi, observant que la Syrie risquait dedevenirune deuxièmeSomalie. Le chef de la diplomatie russe s'est déclaré par ailleurs"surpris"par la réaction de la Coalition de l'opposition syrienne de décliner l'invitation de Moscou pour des négociations en vue d'un règlement du conflit. Le chef de cette coalition, Moaz El-Khatib, a fermement rejeté vendredi soir cette initiative, en réclamant des excuses de la Russie pour sa position sur le conflit. lemonde

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Mardi 25 décembre 2 25 /12 /Déc 04:18

Brahimi à Damas, l'opposition syrienne dénonce les "massacres"

 

L'émissaire international sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, s'est entretenu lundi à Damas avec le président Bachar al Assad des moyens de sortir du conflit pendant que l'opposition dénonçait les "massacres" commis par les forces gouvernementales.

L'émissaire spécial de l'Onu a rencontré le chef de l'Etat syrien pour la troisième fois depuis sa nomination en août, mais la situation sur le terrain s'est fortement dégradée et le diplomate algérien a dû rejoindre Damas par la route en provenance du Liban, aucun avion ne pouvant atterrir à l'aéroport de la capitale pour des raisons de sécurité.

Au lendemain d'une frappe aérienne sur une boulangerie d'Halfaya, dans la province de Hama, qui aurait fait au moins soixante morts, Lakhdar Brahimi a reconnu que "la situation en Syrie reste un motif d'inquiétude".

"Je lui ai parlé de ce que je voyais à l'étranger et des réunions que j'avais tenues avec des dirigeants de la région et d'ailleurs", a-t-il déclaré à la presse.

Le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui regroupe une grande partie des opposants à Assad, n'a pas commenté directement la venue de Brahimi à Damas mais il s'est indigné du "silence sur les massacres commis contre le peuple syrien".

"Le massacre d'Halfaya n'est pas seulement un massacre mais un message envoyé à la fois par ceux qui font partie du régime et ceux qui le soutiennent, et qui peut se résumer ainsi : ou vous mourez ou vous acceptez l'asservissement que nous vous imposerons", a écrit Mouaz Alkhatib sur sa page Facebook.

"Cet acte odieux est une nouvelle preuve de la sauvagerie du régime de Bachar al Assad, qui ne recule devant aucun moyen pour se maintenir au pouvoir", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Dans la même province de Hama, dans le centre du pays, les rebelles ont dit avoir abattu lundi un chasseur de l'armée de l'air qui volait à basse altitude.

Compte tenu des restrictions imposées par le régime syrien au travail des médias, il n'a pas été possible de vérifier de source indépendante la destruction de cet avion.

 

GAZ TOXIQUE À HOMS ?

Les rebelles ont conquis ces dernières semaines plusieurs bases militaires à travers le pays. Les combats se déroulent désormais aux périphéries sud et est de Damas.

Le conflit, qui a débuté en mars 2011 par des manifestations pacifiques réprimées dans le sang avant de se transformer peu à peu en guerre civile, a fait plus de 44.000 morts selon les opposants.

Face à la progression des rebelles, les forces syriennes s'appuient sur leur aviation et leur puissance de feu supérieure. L'Otan et des responsables américains les accusent d'avoir tiré des missiles de type Scud contre l'insurrection.

Les puissances occidentales ont également mis en garde Damas contre l'utilisation d'armes chimiques, qui constitueraient le franchissement d'une ligne rouge susceptible de déclencher une intervention internationale, toujours repoussée jusqu'ici en raison du veto russe et chinois.

La Syrie a réaffirmé dimanche qu'elle n'utiliserait jamais son arsenal chimique. Des militants de l'opposition ont cependant affirmé quelques heures plus tard qu'une attaque au gaz toxique avait eu lieu à Homs (centre).

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG proche de l'opposition, a rassemblé des témoignages sur cet incident, selon lesquels six combattants rebelles auraient péri après avoir inhalé de la fumée sur la ligne de front, situé à l'intérieur même de la ville.

"De la fumée blanche sans odeur s'est répandue dans le secteur après des jets de grenades par les forces du régime", a déclaré l'OSDH. "Ceux qui ont inhalé ce gaz ont dit ressentir des vertiges et des maux de tête et certains ont eu des attaques."

L'OSDH a souhaité que le Comité international de la Croix-Rouge dépêche des experts dans la région. Un cas similaire d'attaque au gaz toxique annoncé par l'opposition avait été jugé faux par des experts militaires, mais aucun n'a fait de commentaire sur l'incident de Homs. Erika Solomon tempsreel.nouvelobs


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Syrie, est-il déjà trop tard ?

 

La crise syrienne a divisé, depuis des mois, nombre de lecteurs de ce blog. Et, au-delà, beaucoup de mouvements de gauche, notamment dans le monde arabe (lire Nicolas Dot-Pouillard, « La crise syrienne déchire les gauches arabes »).

Deux points de vue se sont affrontés : 

 
— le premier voyait dans l’insurrection syrienne un prolongement des révoltes dans le monde arabe, provoqué par les mêmes causes (autoritarisme du régime, corruption, aspirations de la jeunesse à la liberté, etc.) ; 
— le second, tout en admettant parfois les défaillances du régime, y voyait pour l’essentiel un complot visant un régime qui s’était opposé aux Etats-Unis et à Israël.

Pour ma part, j’ai expliqué que cette insurrection ne se différenciait pas fondamentalement de celles qui avaient balayé les régimes tunisien et égyptien. Que la violence du régime n’avait aucune excuse, et qu’elle avait accéléré la militarisation de l’insurrection. Dans le même temps, je constatais que la Syrie reste un enjeu géopolitique important et que l’intervention massive du Qatar et de l’Arabie saoudite n’est pas dictée par l’amour de ces pays pour la démocratie.

En août 2012, j’avais mis l’accent sur l’impasse en Syrie et sur les conséquences dramatiques de la prolongation du conflit (« Que faire en Syrie ? »). Le récent rapport de la commission des droits de l’homme des Nations unies (« Independent International Commission of Inquiry on the Syrian Arab Republic established pursuant to United Nations Human Rights Council Resolutions S-17/1, 19/22 and 21/2 » (PDF), 20 décembre) apporte un éclairage inquiétant et devrait nous amener tous à privilégier une sortie de crise politique, ce qui signifie cessez-le-feu et négociations.

La question n’est plus de savoir si le régime tiendra ou non, mais si la Syrie restera une entité unie ou deviendra un champ de bataille confessionnel et ethnique. L’envoyé spécial des Nations unies a mis en garde le 20 décembre contre des génocides qui frapperaient les minorités, notamment alaouite (« U.N. anti-genocide envoy : Syria minorities face reprisal risk »). (Lire, dans le numéro de janvier 2013 du Monde diplomatique, l’article de Sabrina Mervin, « L’étrange destin des alaouites syriens ».)

Ce que dit le rapport de la commission des droits de l’homme des Nations unies confirme ce pessimisme :

« La montée des tensions a conduit à des affrontements armés entre les différents groupes armés le long d’une ligne confessionnelle. De tels incidents ont eu lieu dans des communautés mixtes ou lorsque des groupes armés ont tenté de s’emparer de zones habitées majoritairement par les communautés minoritaires pro-gouvernementales. Certaines communautés minoritaires, notamment les alaouites et les chrétiens, ont formé des groupes d’autodéfense pour protéger leurs quartiers des forces anti-gouvernementales en établissant des points de contrôle autour de ces zones. Certains de ces groupes locaux, connus sous le nom de comités populaires, auraient participé aux côtés des forces gouvernementales à des opérations militaires dans les environs de Damas, dans les quartiers de Tadamon et Sayeda Zeinab. Les personnes interrogées affirment que le gouvernement a fourni des armes et des uniformes à ces groupes. » (...)

« Ces derniers mois, il y a eu une nette évolution dans la façon dont les personnes interrogées présentent le conflit. En décrivant le bombardement d’un village dans le gouvernorat de Lattaquié par les forces gouvernementales, une personne interviewée a souligné que les bombardements provenaient des “villages alaouites”. Une autre personne interrogée, décrivant les attaques au sol à Bosra, dans le gouvernorat du Sud Deraa, a déclaré que les tensions entre les communautés chiite et sunnite dans la ville montaient en puissance, avec une violence de plus en plus inévitable. »

« Des groupes minoritaires du pays, tels que les Arméniens, les chrétiens, les druzes, les Palestiniens, les Kurdes et les Turkmènes ont été entraînés dans le conflit. Cependant, les lignes confessionnelles sont plus marquées entre la communauté alaouite, d’où sont issus la plupart des cadres supérieurs du gouvernement et de l’armée, et la majorité sunnite, qui appuie dans l’ensemble (mais pas uniformément) les groupes anti-gouvernementaux armés. »

« Les attaques, les représailles et les craintes de celles-ci ont conduit à l’armement des communautés et à leur entrée dans le conflit. Une personne interrogée, un Turkmène de Lattaquié, résumait ainsi la situation : “Il est trop dangereux de vivre à côté de voisins qui sont armés et [qui vous considèrent comme un rebelle], alors que vous, vous restez sans armes”. »

« Les forces gouvernementales et les milices alignées avec le gouvernement ont attaqué des civils sunnites. Une personne interrogée, présente dans Bosra à la fin octobre, a rapporté que “des membres d’une milice chiite”, des gens de son voisinage, conduisaient des perquisitions. Elle a déclaré que la milice lui avait dit qu’“ils tueraient tous les sunnites dans la région et que la région leur appartenait”. Une autre personne interrogée a déclaré qu’elle avait régulièrement vu des sunnites tirés hors de leurs voitures et battus aux points de contrôle de l’armée le long de la route principale reliant Deraa et Damas. »

« La Commission a reçu des informations crédibles selon lesquelles des groupes armés anti-gouvernementaux attaquent les alaouites et les autres communautés minoritaires pro-gouvernementales. Une des personnes interrogées, un combattant de l’Armée syrienne libre à Lattaquié, a expliqué en détail comment ils avaient capturé des membres des forces gouvernementales : les sunnites ont été emprisonnés tandis que les alaouites ont été immédiatement exécutés. » (...)

« La plupart des combattants étrangers s’infiltrant en Syrie pour rejoindre les groupes anti-gouvernementaux armés (ou pour lutter de façon indépendante à côté d’eux) sont sunnites, originaires de pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. La nature de plus en plus confessionnelle du conflit pousse d’autres acteurs à y entrer. Le Hezbollah chiite a confirmé que ses membres participent à la lutte en Syrie aux côtés du gouvernement. Il y a eu également des rapports, encore non confirmés, indiquant que des chiites irakiens viennent se battre en Syrie. L’Iran a confirmé le 14 septembre que les membres des Gardiens de la révolution apportaient “un soutien intellectuel et consultatif” en Syrie. » (...)

Sur le rôle et la place des salafistes dans l’insurrection, loin des rumeurs et des affabulations de part et d’autre, on lira avec intérêt, comme toujours, le rapport de l’International Crisis Group, « Tentative Jihad : Syria’s Fundamentalist Opposition », 12 octobre 2012.

Revenons au rapport des Nations unies :

« Les communautés chrétiennes sont réparties à travers la Syrie, avec les plus grandes communautés, avant le conflit, vivant dans les gouvernorats d’Alep, de Damas et de Homs. Dans la ville de Homs résidaient environ 80 000 chrétiens, dont la plupart ont maintenant fui à Damas, et pour certains vers Beyrouth. Seuls restent à Homs quelques centaines d’entre eux. Une personne interrogée, en parlant des événements récents dans le gouvernorat d’Al-Suweida, a confirmé que les communautés sunnite et druze s’étaient affrontées, faisant plusieurs morts. Le 29 octobre, une voiture piégée a explosé devant une boulangerie à Jaramana, un quartier majoritairement chrétien et druze à Damas. »

(...)

« Les témoignages recueillis indiquent que les groupes anti-gouvernementaux armés omettent systématiquement de se distinguer de la population civile. L’obligation de chaque partie au conflit, en vertu du droit international coutumier, de séparer les personnes et les biens civils des objectifs militaires est particulièrement pertinente lorsque les objectifs militaires se trouvent dans des zones densément peuplées. L’échec manifeste à faire ces distinctions a donné lieu au départ de civils de leurs foyers et a contribué à l’augmentation alarmante des personnes déplacées et des réfugiés. »

(...)

« La guerre d’usure qui est menée en Syrie a apporté des destructions et une souffrance humaine incommensurables à la population civile. Alors que le conflit s’éternise, les parties sont devenues de plus en plus violentes et imprévisibles, ce qui les a conduites à des comportements en infraction avec le droit international. Le seul moyen de parvenir à une cessation immédiate de la violence est un règlement politique négocié qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien. La Commission soutient fermement la mission de M. Lakhdar Brahimi, le Représentant spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des Etats arabes dans ses efforts pour amener les parties à un tel règlement. »

Il me semble que l’heure n’est plus à savoir qui il faut blâmer en premier pour cette situation (je pense que le régime est le premier responsable). Mais de savoir comment sortir de cette spirale pour préserver la Syrie et le peuple syrien.

Il est désolant de constater que le porte-parole du Quai d’Orsay omet l’appel du rapport à une solution négociée pour affirmer (21 décembre) seulement que :

« Le rapport de la commission d’enquête confirme l’ampleur des souffrances que doit endurer tout un peuple en raison de l’obstination criminelle d’un régime dont le seul but est sa propre survie. Un tel régime n’a plus aucune légitimité. Bachar Al-Assad doit partir et laisser la place sans délai à un gouvernement de transition répondant aux aspirations légitimes de liberté du peuple syrien. La France appelle la Coalition nationale syrienne à s’engager à ce que les groupes armés qui lui sont affiliés respectent les droits de l’Homme et le droit international humanitaire. Tous les coupables sans exception des crimes dénoncés par la commission d’enquête devront répondre de leurs actes devant la justice. »  Alain Gresh blog.mondediplo

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Dimanche 2 décembre 7 02 /12 /Déc 06:19

 

 

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La Syrie, victime d’un complot : une preuve de plus

 

Il y a des vérités que l’on n’aime pas entendre. Surtout celles qui donnent raison au gouvernement de Damas. L’idée de « complot contre la Syrie » conspuée par les fans de la fausse révolution syrienne vient pourtant d’être confirmée par les révélations du quotidien libanais Al Akhbar. Des enregistrements audio fournis par une source anonyme exposent le rôle sinistre joué par le député du Courant du futur libanais Okab Sakr, un proche de Saad Hariri, dans la conspiration anti-syrienne. Le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ne sont pas en reste.


Okab Sakr, alter-ego de Saad Hariri ou le djihadisme à visage mondain 

 

Dans le monde arabe, au Liban et en Syrie en particulier, c’est le sujet du jour : le quotidien libanais Al-Akhbar a obtenu et publié des enregistrements impliquant le député du Courant du futur Okab Sakr dans un trafic d’armes à destination de l’opposition armée syrienne à la demande du chef du Courant du futur Saad Hariri.

Ces enregistrements audio constituent la première preuve solide du rôle de Sakr dans l’armement des terroristes syriens. 

Il y a quelques semaines, le bureau d’Al-Akhbar à Beyrouth recevait un appel téléphonique anonyme. L’inconnu avait affirmé qu’il était en possession d’enregistrements audio « qui accablent le député Okab Sakr et démontrent son rôle dans la destruction de la révolution (syrienne). » 

Loin d’être une surprise, cette information ne faisait que confirmer ce que l’on savait depuis le début de l’insurrection syrienne à propos des relations entre le Courant du futur et la rébellion syrienne sur base d’aveux et d’instructions judiciaires concernant un trafic d’armes vers la Syrie organisé par ce parti notamment par le biais de la société Solidere, une possession de la famille Hariri (cf. Syriana, la conquête continue, Ed. Investig’Action et Couleur Livres, Bruxelles/Charleroi, 2011). 

Al-Akhbar a d’abord douté de l’authenticité de la bande sonore mais la chaîne a rapidement établi la ressemblance entre la voix audio et celle d’Okab Sakr sur base d’une expertise. 

La source anonyme n’a pas révélé le nombre d’enregistrements en sa possession, mais a précisé qu’il y en avait des dizaines. Pour convaincre les journalistes libanais de sa sincérité, la source a envoyé un extrait d’un second enregistrement et a révélé qu’elle travaillait depuis plus d’un an avec Sakr dans un QG mis en place pour soutenir la révolte syrienne.

Selon la source, il existerait plusieurs centres d’opérations en Turquie : l’un à Antakya (Antioche), l’autre à Adana, et un troisième à Istanbul. Il mentionne que Sakr possède son propre QG dans le quartier de Florya à Istanbul, où des réunions sont parfois organisées.

La source anonyme a également indiqué que vingt jeunes hommes issus de différentes régions syriennes sont chargés de mener des opérations militaires depuis ces centres de commande. Ils coordonneraient avec les commandants des groupes armés la fourniture de fonds et de matériels militaires nécessaires aux combattants se trouvant dans les zones attaquées ou de siège, le tout sous la supervision d’officiers du renseignement turcs et qataris.

Toujours selon la source, les opérations sont coordonnées via un satellite de communication, en particulier Thuraya et via des téléphones satellitaires comme Iridium. Elle a ajouté que des hommes se rendent régulièrement en Syrie pour distribuer de l’argent aux chefs de l’opposition.

La source a également déclaré que Sakr est très proche d’Abou Ibrahim, le chef des ravisseurs des neuf pèlerins libanais. Ce dernier aurait reçu un salaire mensuel de 50.000 dollars, remis en main propre par les jeunes hommes du bureau de Sakr.

Quant à sa motivation à fournir les enregistrements, la source anonyme a indiqué que « Sakr a ruiné la révolution avec ses manœuvres folles (…) Au cours de ces réunions, nous nous opposions, par exemple, à sa décision d’envoyer des armes dans un zone que nous voulions garder comme refuge pour ceux qui fuient les combats. Mais il insistait de manière hystérique, montrant son indifférence à l’égard de la vie des gens ».

La source accuse ensuite le député libanais de « verser de l’argent aux commandants de groupes armés, sans faire de distinction entre les tueurs mercenaires et l’opposition patriotique ».

« Si l’argent et les armes avaient été utilisées de meilleure manière par Okab, Bachar al-Assad aurait pu être renversé quatre fois plus vite », se plaint-il.

Les détails de ses révélations sont accessibles sur le site d’Al-Akhbar via le lien suivant :http://english.al-akhbar.com/conten... 

 

Voici à présent le premier enregistrement fourni par la source anonyme :

Abu al-Noman (chef d’un groupe armé) : Salam aleikoum.

Okab Sakr : Wa aleikum assalam. Allez-y.

AN : M. Okab, notre groupe est encerclé. Dans un jour ou deux jours, la région va tomber. Nous sommes bombardés par des avions et l’artillerie. Ils attaquent sur tous les fronts. Aidez-nous s’il vous plaît, nous avons besoin d’armes.

OS : S’il vous plaît dites-moi les armes que vous voulez et dans quelles quantités. 

AN : Nous avons besoin d’environ 300 roquettes et vingt lanceurs. Et si il est possible de fournir 250.000 balles russes [AK47] pour 300 mitrailleuses et quelques armes spéciales. 

OS : Pour quelle région avez-vous besoin de tout ce matériel. 

AN : Azaz, Tal Refaat, Andan, et l’ensemble du Rif Halab [la campagne d’Alep]. Vous savez ce qui se passe ici. Depuis hier, ils ont réussi à entrer par environ trois fronts à partir d’Idlib ... et à l’intérieur d’Alep, nous faisons face aux chebbiha [voyous du gouvernement].

OS : Alors, qui va recevoir la livraison et où doit-elle s’effectuer ? Comment l’opération aura-t-elle lieu ? 

AN : La livraison sera, comme d’habitude, séparée ... Abu al-Baraa sera là avec les gars. Ils feront ensuite route jusqu’à Alep en voiture. Mais nous devons agir aussi vite que possible, parce qu’il y a un grand besoin et les bombardements continuent. Les hommes sont dispersés et il n’y a pas de munitions. Ils ont à peine une ou deux munitions en réserve et elles s’amenuisent rapidement. Par la grâce de Dieu, essayez de les obtenir de quelque manière que ce soit. Je ne sais pas quoi dire, après Dieu, il n’y a que vous. 

OS : Serez-vous présent lors de la livraison ?

 AN : Non frère, c’est Abou al-Nour qui sera là avec les gars et les voitures. Ils s’occuperont de la réception du matériel comme d’habitude. Bahar Kimyongur michelcollon

 

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La Coalition syrienne en passe de nommer un "Premier ministre"

 

La Coalition nationale syrienne a fait un pas vers la nomination d'un "Premier ministre" vendredi après trois jours de réunion au Caire qui ont permis aux Frères musulmans de renforcer leur emprise sur cette nouvelle instance regroupant une partie de l'opposition à Bachar al Assad.

Selon les règles internes fixées dans la nuit de vendredi à samedi, le chef du gouvernement de transition que le groupement veut mettre en place pour asseoir sa crédibilité internationale sera élu à une majorité simple de la soixantaine de délégués composant la Coalition, où les Frères musulmans et leurs alliés ont plus de 50% des sièges.

Les candidats devront avoir contribué au soulèvement qui a débuté en mars 2011 contre Bachar al Assad et a fait 40.000 morts en vingt mois. Ils devront également être exempts de tout soupçon de corruption, ont encore décidé les délégués.

L'ancien Premier ministre Riad Hidjab, un apparatchik du Baas, le parti présidentiel syrien, qui a fait défection en août dernier, paraît le mieux placé pour obtenir ce poste.

Soutenu par la Jordanie et les pays du Golfe, il sera probablement choisi avant ou pendant une réunion des Amis de la Syrie mi-décembre, dit-on de sources proches de la Coalition.

Les Amis de la Syrie rassemblent une douzaine de pays ayant exprimé un appui non militaire aux insurgés.

"Je pense qu'Hidjab a les meilleures chances. Il a pris de gros risques pour faire défection et a fait preuve depuis d'équilibre et de modération", a déclaré Munther Bakhos, un opposant historique contraint de fuir la Syrie dans les années 1970 quand elle était dirigée par Hafez el Assad, le père de Bachar décédé en 2000.

LES FRÈRES À LA MANOEUVRE

Les délégués de la Coalition, choisis lors de la conférence fondatrice du groupement le 11 novembre à Doha, ne peuvent pas être en même temps membres du gouvernement transitoire.

Le groupe s'est doté d'un nouvel organe exécutif, une "assemblée politique" de onze membres dirigée par l'imam modéré Moaz al Khatib, l'actuel président de la Coalition, entouré des deux actuels vice-présidents et du secrétaire général, l'homme d'affaires Moustafa Sabbagh, soutenu par le Qatar, qui apparaît comme l'un des plus influents responsables du nouveau groupement.

Les délégués ont commencé à voter pour choisir les onze membres de l'assemblée politique, mais sans parvenir à s'entendre, avant de reporter la procédure.

Au terme de ces trois jours de réunion, les Frères musulmans ont de facto réuni un bloc majoritaire au sein de la Coalition, selon des sources informées.

La Coalition nationale syrienne est reconnue comme la représentante légitime du peuple syrien par la France, la Grande-Bretagne, la Turquie et les pays du Golfe. Les Etats-Unis restent prudents, lui reconnaissant une légitimité mais attendant des actions concrètes de sa part. tempsreel.nouvelobs

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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