Égypte : religions _ Partis politiques

Samedi 8 décembre 6 08 /12 /Déc 04:32
 
 
 

 

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Les anti-Morsi encerclent le palais présidentiel

 

Des milliers de manifestants maintiennent la pression au Caire. Le président islamiste serait prêt à reporter le référendum sur la Constitution

 

Devant le palais présidentiel égyptien, le 7 décembre 2012. (Hassan Ammar/AP/SIPA)

 

Des milliers de manifestants étaient rassemblés vendredi 7 décembre dans la soirée au Caire autour du palais présidentiel gardé par l'armée, tandis que le pouvoir a fait savoir qu'il pourrait reporter le référendum sur un projet de Constitution qui divise profondément le pays.

Le président Mohamed Morsi "pourrait accepter de reporter le référendum" prévu le 15 décembre, a déclaré le vice-président Mahmoud Mekki, à condition que l'opposition ne se serve pas de ce report, contestable au vu du calendrier légal, pour saisir la justice.

Quelques instants auparavant, des manifestants ont franchi sans incident des barbelés déroulés près de la présidence, envahissant le périmètre de sécurité établi la veille par l'armée mais sans pouvoir entrer dans le complexe.

Certains ont tagué des graffitis sur les murs extérieurs du palais, situé dans le quartier d'Héliopolis, dans la banlieue du Caire, proclamant "Dégage" à l'encontre du président islamiste.

10.000 personnes aux abords du palais

Aucune violence n'avait toutefois lieu entre manifestants qui se sont répandus autour du site protégé par un mur d'enceinte et les forces de sécurité, malgré les fortes tensions de ces derniers jours dans ce quartier.

En début de soirée, plus de 10.000 personnes s'étaient rassemblées aux abords du palais. Des chars étaient stationnés à proximité mais les soldats n'ont fait aucun geste en direction des protestataires, dont certains sont montés sur les blindés pour fraterniser avec les militaires.

Des manifestants ont brocardé Mohamed Morsi comme étant un "mouton" inféodé aux Frères musulmans. D'autres ont scandé "A bas le pouvoir du guide", en référence à Mohammed Badie, guide suprême de la confrérie dont le président est issu.

Dans le même temps, 2.000 islamistes étaient rassemblés dans une mosquée à quelques kilomètres de là, scandant "Nous sommes tous avec le président" et "Morsi, nous t'aimons".

"Nous n'irons au palais présidentiel que s'ils (les anti-Morsi) cherchent à y entrer par la force", a déclaré un manifestant membre des Frères musulmans, Ayman al Sawwah.

"Vendredi du carton rouge"

Des manifestations hostiles au président ont aussi eu lieu sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, à Hourghada, sur la mer Rouge, et à Qena (sud), selon des témoins. Alexandrie, la grande ville du nord du pays, était pour sa part le théâtre de rassemblements rivaux.

L'opposition avait intitulé cette journée "Vendredi du carton rouge" pour dénoncer le décret du 22 novembre par lequel le président Morsi a étendu ses pouvoirs et mis ses décisions à l'abri de tout recours en justice, ainsi que le projet de Constitution, accusé d'ouvrir la voie à une extension de la loi islamique et d'offrir peu de garanties pour les libertés.

Le vice-président Mekki a toutefois expliqué que Mohamed Morsi était prêt à envisager un report du référendum si l'opposition garantit qu'elle ne mettra pas en cause le chef de l'Etat au motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au président.

Signe supplémentaire d'un possible report global du référendum, le vote des Egyptiens de l'étranger, qui devait débuter samedi, a été reporté à mercredi.

L'opposition demande le report du référendum, et l'abandon du décret

Mohammed ElBaradei, l'une des figures de proue de l'opposition, a toutefois réaffirmé vendredi qu'un dialogue avec Mohamed Morsi restait conditionné au report du référendum constitutionnel mais aussi à l'abandon du décret du 22 novembre.

"Il peut faire cela immédiatement, cette nuit", a déclaré Mohammed ElBaradei, prix Nobel de la Paix et ancien chef de l'agence atomique de l'ONU, qui dirige le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition libérale et de gauche.

La persistance des tensions politiques fait craindre de nouvelles violences, après les heurts entre pro et anti-Morsi qui ont fait sept morts et des centaines de blessés dans la nuit de mercredi à jeudi près de la présidence.

Dans un discours au ton offensif jeudi soir, Mohamed Morsi avait maintenu son décret et le référendum, tout en appelant l'opposition à un dialogue samedi. "Nous respectons la liberté d'expression pacifique, mais nous ne laisserons jamais personne participer à des meurtres et à des actes de sabotage", avait-il martelé. tempsreel.nouvelobs

 

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"Nous ne serons pas pacifiques éternellement"

Les manifestants réclament l'abandon d'un décret par lequel Mohamed Morsi s'est octroyé les pleins pouvoirs.

 

 

La principale coalition d'opposition à Mohamed Morsi, le Front du salut national, est présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei.

La principale coalition d'opposition à Mohamed Morsi, le Front du salut national, est présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei. © STRINGER / AFP

 

 

Des milliers de personnes manifestaient vendredi après-midi au Caire contre le président islamiste Mohamed Morsi en assurant vouloir rester pacifiques, mais sans cacher être à bout de patience face à un chef de l'État accusé de faire revenir le pays à la dictature.

"Nous utiliserons tous les moyens pour faire tomber le régime", affirme Ahmed Dewedar, un jeune manifestant présent sur la place Tahrir, où un village de tentes abrite depuis deux semaines les anti-Morsi les plus déterminés. "Il n'y aura pas de stabilité tant que nos revendications ne seront pas satisfaites", poursuit-il sur ce site emblématique de la révolte populaire qui a provoqué la chute deHosni Moubarak en février 2011.

Un peu plus loin, une banderole proclame : "À bas, Adolf Morsi, à bas, le nouveau Hitler". Les manifestants réclament l'abandon d'un décret par lequel le président s'est octroyé le 22 novembre des prérogatives s'apparentant à des pleins pouvoirs, en plaçant en particulier ses décisions au-dessus de tout contrôle par la justice. La volonté de Mohamed Morsi, qu'il a réaffirmée jeudi soir, de soumettre le 15 décembre à un référendum un projet de Constitution très critiqué par l'opposition, n'a fait que doper la détermination de ses adversaires, qui dénoncent une volonté d'islamiser les institutions et de saper les libertés.

Un scénario à la libanaise

"Nous aurions pu envahir le palais présidentiel mercredi", affirme Mahmoud Ghazawi, 35 ans, en référence à la marche sur la présidence qui s'est achevée en affrontements de rue meurtriers avec les partisans du chef de l'État. "Nous ne resterons pas pacifiques éternellement", prévient-il, alors que des milliers d'opposants se rassemblaient de nouveau vendredi après-midi aux abords du palais désormais gardé par l'armée. La crise actuelle a aggravé la polarisation du pays entre islamistes d'un côté, forces libérales, de gauche et chrétiens de l'autre.

"Cela pourrait devenir un scénario à la libanaise", en référence à la guerre civile qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990, affirme Mohammed al-Cheikh, 27 ans, partisan de l'une des figures de l'opposition, Mohammed El Baradei. "Ce qui se passe en Égypte est déjà une guerre civile", insiste un autre militant, qui demande à garder l'anonymat. "Morsi et les Frères musulmans ont divisé le peuple en cherchant à imposer leur Constitution nulle, malhonnête", ajoute-t-il.

"Il y aura de la violence, c'est sûr" (manifestant)

"Nous mourrons ici place Tahrir, de faim ou de maladie, au nom de nos martyrs", lance au mégaphone un imam de la prestigieuse institution théologique sunnite d'al-Azhar, qui a demandé à Mohamed Morsi de suspendre son décret sur ses pouvoirs élargis pour favoriser l'apaisement. D'autres manifestants en appellent désormais à l'armée, alors qu'il y a quelques mois encore la place Tahrir résonnait de slogans contre le pouvoir militaire de transition, qui a dirigé l'Égypte pendant 18 mois, entre la chute de Hosni Moubarak et l'élection en juin de Mohamed Morsi.

"Il y aura de la violence, c'est sûr, tous les bords veulent l'escalade. Mais quand l'armée viendra, ce sera la fin du président et des Frères musulmans, et nous pourrons avoir une nouvelle vie", estime Magdi Hossein, 50 ans. "L'armée a toujours été du côté du peuple", affirme-t-il. D'autres estiment que l'épreuve du pouvoir a fait fondre la popularité des Frères musulmans. "Aujourd'hui, Morsi ne représente pas plus de cinq millions de personnes sur 85 millions d'Égyptiens", assure Mahmoud Ghazawi. le point.fr

 

 

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Les opinons !

 
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Vendredi 30 novembre 5 30 /11 /Nov 04:28

Morsi répète que ses pouvoirs élargis sont temporaires

 

Mohamed Morsi, le candidat des Frères mulsulmans est devenu le président de l'Egypte. Le 24/06/2012

 

Le président égyptien Mohamed Morsi a réaffirmé jeudi que les pouvoirs élargis qu'il s'est attribués par décret étaient "temporaires" et qu'ils ne seraient plus valides après l'adoption de la Loi fondamentale, attendue dans les semaines à venir.

"C'est une étape exceptionnelle, nous sommes dans une phase de transition; et cette déclaration constitutionnelle est temporaire et va se terminer dès que le peuple approuve la nouvelle Constitution". En faisant cette déclaration, Mohamed Morsi, le président islamiste, se veut rassurant.

Dans une interview à la TV égyptienne, il faisait référence au décret du 22 novembre par lequel il a placé ses décisions et la commission constituante à l'abri de la justice, pour éviter notamment tout blocage du processus constitutionnel par des recours en justice.
 
La commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, a entamé jeudi le vote d'un projet de Loi fondamentale. En début de soirée, la moitié des 231 articles avait été adoptée. Le projet une fois voté sera transmis au président Morsi, qui doit le soumettre à référendum sous deux semaines. Ce vote d'un projet en panne depuis des semaines en raison de profondes divergences entre islamistes et non-islamistes, a été annoncé mercredi à la surprise générale, alors que le pays traverse une grave crise politique déclenchée par le renforcement des pouvoirs du président, accusé de se comporter en dictateur. 
 
De nouvelles manifestations sont attendues vendredi et samedi. Commentant les manifestations massives contre le décret renforçant ses pouvoirs, le président islamiste s'est réjoui du fait que le peuple réagisse de la sorte. "Tout cela est positif, le peuple exprime son opinion, dit ce qu'il pense, le climat est sain". "Je vois que l'opposition exprime ses idées et les partisans (du pouvoir) disent leur opinion et assument leurs responsabilités", a-t-il encore remarqué. Il a toutefois averti que des "partisans de l'ancien régime s'infiltrent dans les rangs des révolutionnaires", en référence aux affrontements ayant opposé ces derniers jours manifestants aux forces de police et qui ont fait trois morts et plusieurs centaines de blessés. http://lci.tf1.fr/monde

 

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Une constitution votée à la hâte et seulement en présence de la horde religieuse 

 

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Les Égyptiens ont un nouveau projet de Constitution 

L'Assemblée constituante le jour de l'adoption du projet de Constitution

L'Assemblée constituante le jour de l'adoption du projet de Constitution Photo :  AFP/GIANLUIGI GUERCIA

L'Assemblée constituante égyptienne a adopté le projet de Constitution. Le texte doit être validé par le président Mohamed Morsi et soumis à référendum dans un délai de 15 jours.

L'Assemblée constituante égyptienne a adopté le projet de Constitution. Le texte doit être validé par le président Mohamed Morsi et soumis à référendum dans un délai de 15 jours.

L'Assemblée constituante égyptienne a adopté jeudi les 234 articles du projet de Constitution qui doit être adopté par référendum. La séance du vote a été diffusée en direct à la télévision égyptienne.

L'Assemblée constituante élue durant la période de transition sous la gouvernance des militaires a été l'objet de controverse.

Les représentants des courants libéraux et coptes ont quitté cette assemblée, dominée les islamistes (Frères musulmans et salafistes), accusant les islamistes de vouloir rédiger une constitution qui ne tient pas compte de la diversité de la société égyptienne.

Initialement, l'adoption de ce projet devait avoir lieu dans deux mois. Les détracteurs de l'Assemblée constituante croient que l'adoption a été avancée de crainte que la Cour constitutionnelle décide la dissolution de l'Assemblée dimanche prochain.

En effet, la Cour doit se prononcer sur plusieurs recours qui réclament l'invalidation de l'élection de plusieurs membres de l'assemblée.

« Principes de la charia » et limitation des mandats présidentiels

Sur la question des « principes de la charia » comme source des lois, le projet de Constitution a maintenu le même article que la Constitution qui était en vigueur sous l'ancien régime. Le projet prévoit deux mandats de quatre ans pour le président de la République.

Le texte prévoit également une supervision par les civils de l'institution militaire, mais encore trop timide pour les détracteurs du projet. radio-canada

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Examen en toute hâte de la Constitution, en pleine crise politique

Photo AFP

La commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, devait entamer jeudi le vote sur un projet de Loi fondamentale, une démarche surprise au moment où l'Egypte connaît sa pire crise depuis l'élection du président Mohamed Morsi.

Le vote "va commencer aujourd'hui (jeudi)" après le règlement de toutes les questions en suspens, a déclaré à l'AFP Essam el-Erian, un conseiller de M. Morsi et un des dirigeants du mouvement des Frères musulmans, dont est issu le chef de l'Etat.

Une fois adopté, le texte doit être envoyé à M. Morsi, qui doit organiser sous deux semaines un référendum pour le ratifier.

Le dirigeant de la commission, Ahmed Darrag, avait annoncé mercredi après-midi, à la surprise générale, que la version finale du projet de texte devait être achevée mercredi dans la journée.

La complexe procédure de vote article par article, sur deux tours, n'avait toutefois pas commencé en fin de matinée, et le projet devant être soumis au vote pas encore été diffusé.

La future loi fondamentale est au centre d'un bras de fer entre les islamistes d'un côté et l'opposition laïque et libérale ainsi que les églises chrétiennes (coptes) d'Egypte de l'autre, qui boycottent la commission constituante.

Son adoption expéditive pourrait permettre à M. Morsi de mettre rapidement derrière lui ce dossier épineux, mais pourrait aussi provoquer un regain de colère de la part de ses opposants.

La controverse porte en particulier sur la place de la charia, la loi islamique, dans la législation égyptienne, la place de la femme et certaines libertés publiques.

Cette constitution doit remplacer celle en vigueur sous Hosni Moubarak, renversé en février 2011 sous la pression d'une révolte populaire, qui avait été abrogée peu après sa chute.

La commission avait jusqu'à la mi-février pour achever ses travaux, et la décision de passer au vote jeudi apparaît comme une volonté de hâter un processus enlisé depuis des mois.

Climat de fronde chez les magistrats

La controverse sur la constitution se double depuis une semaine d'une grave crise politique, provoquée par la décision de M. Morsi de se doter par décret de pouvoirs exceptionnels.

Le décret empêche notamment la Cour constitutionnelle de dissoudre la commission constituante comme le demande l'opposition.

Les pouvoirs renforcés de M. Morsi, dont il a promis qu'ils ne seraient que "temporaires", doivent en principe s'arrêter une fois la nouvelle loi fondamentale adoptée.

Le président devrait prendre la parole à la télévision dans la journée pour expliquer sa politique, selon le journal gouvernemental Al-Ahram.

L'Egypte est secouée depuis plusieurs jours par de nombreuses manifestations, assorties parfois de violences qui ont fait trois morts et plusieurs centaines de blessés.

Certains opposants appellent à une nouvelle manifestation anti-Morsi vendredi place Tahrir au Caire, après le grand rassemblement de mardi dernier.

Les islamistes quant à eux appellent à des manifestations de soutien au président samedi.

Un climat de fronde, avec appels à la grève, règne aussi au sein de la magistrature égyptienne, à qui le décret de M. Morsi interdit d'examiner les recours contre les décisions présidentielles.

Les partisans du chef de l'Etat assurent que ses pouvoirs renforcés visent à sortir de l'ornière un processus de transition démocratique toujours chaotique près de deux ans après la chute de M. Moubarak.

"Nous apprenons. Nous apprenons à être libres. Nous n'avons jamais connu ça avant. Nous apprenons à débattre. A avoir des avis différents. A devenir une majorité ou une minorité", a affirmé M. Morsi dans l'hebdomaire américain Time Magazine.

Il a récusé l'accusation d'être un "nouveau pharaon", lancée par ses adversaires qui dénoncent une dérive "dictatoriale" du pouvoir. lavoixdunord

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Lundi 26 novembre 1 26 /11 /Nov 04:34

 

 

 

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Juges en grève à Alexandrie, appel islamiste à soutenir Morsi

Photo AFP

Les tribunaux d'Alexandrie étaient en grève dimanche et ceux des autres provinces d'Egypte attendaient une décision de leur direction sur ce mouvement de protestation contre le président Mohamed Morsi, dont les partisans islamistes appelaient à des manifestations de soutien.

Il s'agit de la première crise majeure en Egypte depuis l'arrivée au pouvoir en juin de M. Morsi, le premier président islamiste et civil du pays élu seize mois après le renversement en février 2011 du président autocratique Hosni Moubarak par une révolte populaire.

Le camp de M. Morsi assure que le renforcement de ses pouvoirs permettra d'accélérer les réformes démocratiques et rappelle que ces nouvelles dispositions prendront fin dès qu'une nouvelle Constitution aura été adoptée, même si le processus est aujourd'hui enlisé.

Ses détracteurs l'accusent de se comporter, comme son prédécesseur, en "pharaon" et de mettre en péril l'indépendance du pouvoir judiciaire et les acquis de la révolution, ses décisions étant désormais à l'abri de recours devant la justice selon la "déclaration constitutionnelle" annoncée jeudi.

Ebranlée par cette crise qui divise le pays, la Bourse du Caire perdait à la mi-journée plus de 9,49%, avec le principal indice, l'EGX-30 à 4.923,19 points.

Prenant la tête du mouvement de contestation, le Club des juges a dénoncé samedi une "attaque sans précédent contre les jugements du pouvoir judiciaire" et a appelé à une grève des tribunaux dans tout le pays.

Selon le juge Issam al-Tobgi, les "assemblées générales" des tribunaux dans chacune des 27 provinces, à l'exception de celles d'Alexandrie et Beheira (nord) qui ont déjà annoncé un arrêt de travail, ont entamé des réunions pour décider de suivre ou non l'appel à la grève.

M. Tobgi a expliqué à l'AFP que le résultat dépendrait "de l'allégeance ou non des membres de ces assemblées au ministre de la Justice" nommé par M. Morsi.

A Alexandrie, les tribunaux ont cessé le travail à l'appel des juges de cette deuxième ville du pays, qui ont exigé "l'annulation" de la "déclaration constitutionnelle". Dans la province proche de Beheira, les tribunaux se sont aussi mis en grève ouverte.

"Appuyer les décisions du président"

En revanche, les Frères musulmans, la puissante confrérie dont est issu le président, ont appelé à des manifestations dans l'après-midi dans l'ensemble des provinces en soutien à M. Morsi.

Dans un communiqué, ils ont demandé aux Egyptiens de se rassembler à la sortie des mosquées après la prière, pour "appuyer les décisions du président".

Ils ont aussi appelé à une manifestation massive mardi sur la place Midane au Caire, près de la place Tahrir où les opposants au président prévoient aussi une grande manifestation le même jour.

Dans l'immédiat, le sit-in de protestation entamé vendredi soir se poursuivait dimanche sur la place Tahrir, où une trentaine de tentes ont été érigées, pour protester contre les nouveaux pouvoirs du président.

Avant l'aube, des fauteurs de troubles ont tenté d'incendier les tentes mais ils ont été repoussés par des personnes qui montaient la garde, selon des témoins. La circulation était toujours interdite sur cet important axe routier de la capitale.

Dans la grande rue Qasr al-Eini, adjacente de la place et où des heurts ont souvent lieu, les forces de sécurité ont commencé à construire un "mur" pour empêcher les protestataires de s'approcher des bâtiments officiels et éviter les affrontements, ont précisé les témoins.

Dans la nuit, les forces de l'ordre ont procédé à de nombreuses arrestations dans les rues proches de la place Tahrir, et un petit nombre de manifestants se trouvaient dimanche matin aux abords de la place, lançant par intermittence des pierres sur les policiers, selon les mêmes sources.

Les Etats-Unis et l'Europe ont exprimé leur inquiétude après la décision de M. Morsi, qui cumulait déjà pouvoir exécutif et législatif, l'Assemblée ayant été dissoute avant son élection.

Dans un message publié sur son site internet, l'ambassade des Etats-Unis a demandé à ses employés d'éviter autant que possible le métro du Caire jusqu'à nouvel ordre et à ses ressortissants de s'abstenir de se rendre dans les lieux de rassemblements qui, même pacifiques, peuvent dégénérer. lavoixdunord.fr


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Face à Morsi, unité des chrétiens

 L’Égypte vit de nouveau de très fortes tensions vis-à-vis de son président. Ce n’est plus Moubarak, mais Morsi qui crée le problème. S’étant octroyé par décret des pouvoirs "de pharaons". Proche des islamistes, Morsi inquiète toute une frange de la population et celle-ci, avec l’Église s’oppose à sa toute puissance...

 

''Nous allons nous coordonner et nous nous consulterons par rapport à la situation extraordinaire que nous vivons dans notre pays''. C’est par ces propos à Radinrue.com que le Patriarche d’Alexandrie l’évêque Cyryl William a commenté la situation inquiétante qui touche l’Égypte depuis quelques jours. Lui, comme de n,ombreux égyptiens s’inquiètent de plus en plus de sentir naître une nouvelle dictature dans le pays, mais cette fois islamique.

Le 27 novembre, une délégation de l’Église Catholique égyptienne va rencontrer le nouveau patriarche orthodoxe copte Teodore II. Ensemble ils devraient discuter de la situation politique du pays.

La semaine à venir, sera de nouveau très tendue en Égypte. La décision du président Mohamed Morsi de s’arroger des pouvoirs étendus, a semé le trouble au niveau des magistrats, de l’opposition et des chrétiens.

Les manifestations qui se sont déployées dans le pays depuis vendredi ont été très violente. Ainsi ont déplore parmi les contestataires de Mohamed Morsi plusieurs centaines de blessés. Morsi s’est octroyé plus de pouvoirs, alors que personne ne s’y attendait, et pour se protéger à fait voter l’immunité de sa personne vis-à-vis de la justice de son pays.

Dès lundi les pro-Morsi, et les anti vont manifester, parfois face à face. Dès dimanche après midi les frères musulmans ont envahis, avec leurs partisans, les rues de la capitale.

Mardi, ce sera sans aucun doute, au delà de l’affrontement, la confrontation. Ceux qui dénomment désormais Morsi de “nouveau Pharaon d’Égypte” vont descendre par milliers dans les rues. Déjà "on se prépare dans les hôpitaux" nous informe un médecin de la capitale.

L’après Moubarak laisse l’Égypte dans une situation politique très instable, et les égyptiens, fatigués par cet état de fait n’en peuvent plus de voir s’affronter les différents camps. Beaucoup se demandent, à l’instar, de Farid M. 25 ans : « Est-ce que cela valait le coup de renverser Moubarak et de devoir désormais subir les frères musulmans. Je ne crois pas ! »

Dimanche, la Bourse du Caire a plongé de près de dix pour cent au premier jour de sa réouverture après la publication, jeudi soir, du décret Morsi qui a pris les Egyptiens par surprise. Jamais les valeurs n’avaient accusé une telle baisse depuis la "révolution du Nil" qui a abouti en février 2011 à la chute d’Hosni Moubarak.

Place Tahir, les manifestants n’en démordent pas : "Le décret de Morsi" c’est une route directe vers une dictature. C’est, de manière largement majoritaire, dans l’esprit des gens, un attentat à la démocratie naissante. Les égyptiens déplorent de ne pas "être assez mûr à entrer dans un schémas de liberté", ajoute Farid. Ses propos sont illustrés par les faits, des centaines d’égyptiens manifestent leur désarroi dans les plus grandes villes du pays.

„Les défenseurs de Morsi, estiment que le décret est un moyen de défendre les atouts de la révolution, d’autres par contre parlent de tendances à la dictature et estiment que Morsi se prend pour le nouveau pharaon”. souligen Monseigneur Cyryl William.

face à la grogne qui croît, Mohamed Morsi a tenté l’apaisement ce dimanche soir. Il s’est déclaré prêt à dialoguer avec "l’ensemble des forces politiques" en soulignant le caractère "provisoire" du décret contesté qui lui octroi d’immenses pouvoirs. "Cette déclaration est jugée nécessaire pour que ceux qui se sont rendus coupables de corruption ou d’autres crimes sous l’ancien régime et la période de transition puissent rendre des comptes", a ajouté le chef de l’Etat.

Pour lui, le texte n’a pas pour objectif de "concentrer les pouvoirs", mais au contraire de les déléguer et également d’éviter une politisation de l’appareil judiciaire. radinrue

 

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 Les journalistes appellent à une grève générale

Les journalistes ont voté pour la grève à l'occasion d'une réunion d'urgence de leur syndicat, mais n'ont pas encore défini de date, ont indiqué des participants à l'AFP. 

Une commission constituante largement dominée par les islamistes est en train de rédiger la nouvelle loi fondamentale du pays, très critiquée notamment parce que des versions provisoires du texte laissent craindre que les droits fondamentaux ne seront pas protégés. 

Au début de la réunion, des heurts avaient opposé des partisans et des opposants du président islamiste Mohamed Morsi. 

Les partisans du président ont affirmé qu'un trop petit nombre de personnes étaient présentes pour que la réunion ait lieu, s'appuyant sur les statuts du syndicat, ce qui a déclenché un débat passionné sur les détails techniques de cette réunion, qui a dégénéré en bagarre. 

"Le peuple veut la chute de Mohamed Morsi" ont scandé certains journalistes, tandis que le pugilat continuait sur l'estrade, empêchant les animateurs de la réunion de se faire entendre. 

Le décret émis le 22 novembre par M. Morsi, qui place ses décisions au-dessus de la loi, a déclenché une levée de bouclier dans l'appareil judiciaire et parmi l'opposition, qui a mis de côté ses profondes divisions pour se mobiliser contre cette décision. 

Les juges des tribunaux d'Alexandrie, deuxième ville d'Egypte, ont cessé le travail pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une attaque contre l'indépendance du pouvoir judiciaire. Les partisans du président devaient quand à eux manifester dimanche à l'appel des puissants Frères musulmans. france24

 

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« Protéger la révolution » ?

Après un premier « succès » sur la scène internationale, en tant que médiateur entre le Hamas et Israël qui a abouti à un cessez-le-feu le 22 novembre 2012, le Président Egyptien Morsi renforce son pouvoir interne au détriment de l’état de droit, et notamment de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il entend « protéger la révolution ». Mais n’est-ce pas un prétexte bien pratique ?

Le Président islamiste a publié hier une déclaration constitutionnelle très controversée qui vise, selon son porte-parole M. Yasser Ali, à abolir les structures de l’ancien régime, éradiquer la corruption et purger les institutions nationales. Il a ainsi décidé de rouvrir les enquêtes et procès pour juger à nouveau les personnes accusées de crimes contre les révolutionnaires commis sous l’ancien régime et d’allouer des indemnités aux blessés de la révolution.

Mais en réalité, si M. Morsi se fait passer pour le protecteur de la révolution par quelques décisions attendues par les révolutionnaires, c’est pour mieux remettre en cause les objectifs mêmes de la révolution.

Il s’octroie en effet les pleins pouvoirs en décidant que toutes les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président depuis son entrée en fonction le 30 juin 2012, et jusqu’à la promulgation de la nouvelle constitution et l’élection d’un nouveau parlement, sont définitives et ne peuvent pas faire l’objet d’un appel, mettant également fin à tous les recours contre ces décisions devant la justice.

Pire encore, toujours pour « protéger la révolution », le Président Morsi se réserve le droit de prendre des « mesures nécessaires ». C’est naturellement le Président lui-même qui décidera si tel ou tel acte constitue une menace pour la révolution. Pourrait-il aller jusqu’à la déclaration d’un nouvel état d’urgence au nom même de la révolution – elle-même en partie née d’une opposition à cet état d’urgence imposé depuis des années par M. Moubarak ?

Cette déclaration limite largement le pouvoir judiciaire. Le Président s’accorde le droit de nommer le procureur général par décret pour un mandat de quatre ans. Il a ainsi démis le Procureur général actuel Abdel Maguid Mahmoud pour le remplacer par Abdallah Talaat. Il s’agit d’une ingérence de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire. Cette déclaration viole la loi organisant le pouvoir judiciaire aux termes de laquelle le Président de la République ne peut s’immiscer dans le travail du procureur général, ni le démettre ni le transférer à un autre poste.

La nouvelle déclaration interdit au pouvoir judiciaire de dissoudre l’Assemblée constituante chargée de rédiger la constitution, qui a largement perdu sa légitimité et dont l’existence même était menacée après le retrait des représentants de plusieurs mouvements et partis politiques dont ceux du parti El wafd, ainsi que les représentants des églises égyptiennes, et la suspension de la participation de 25 membres du Mouvement pour un État Civil. Un tribunal égyptien avait d’ailleurs soumis, le 23 octobre 2012, le sort de cette Assemblée au Conseil constitutionnel égyptien. En empêchant la mise en cause même de cette Assemblée constituante, le Président Morsi et son parti vont ainsi s’offrir une constitution sur mesure.

Le pouvoir judicaire perçoit à juste titre cette déclaration comme une ingérence du pouvoir exécutif. Le Président du club des magistrats d’Egypte, le conseiller Ahmad Al Zand, dénonce une violation de l’état de droit et du principe de séparation des pouvoirs. Des magistrats égyptiens menacent de démissionner si cette déclaration n’est pas retirée.

La rhétorique de la « protection de la Révolution » n’est pas nouvelle. L’histoire, de Robespierre à Castro, nous enseigne que ceux qui s’approprient la « Révolution » sont généralement les pires ennemis de la liberté visée par la révolution. Comme le concept de « Volonté du Peuple », celui de « Révolution » est un fourre-tout qui peut permettre de justifier l’oppression au nom d’une cause dite supérieure et sensée offrir la libération. Le parallèle avec certains religieux, qui disent servir Dieu alors qu’en réalité ils se servent de Dieu, est plus qu’approprié dans le cas d’espèce puisque le parti de M. Morsi adopte la même stratégie de « capture » en matière de religion.

La triste ironie de l’histoire est ici que ceux qui ont initié la « Révolution » en Égypte étaient des jeunes épris de liberté et de démocratie, et non les Frères musulmans, qui étaient restés d’abord en retrait des mouvements de contestation de l’ordre de M. Moubarak. Les démocrates libéraux égyptiens se sont bel et bien fait voler leur révolution. Nadine Abdallah  afrik.com

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Dimanche 25 novembre 7 25 /11 /Nov 04:58
 

 

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Les juges s'élèvent contre le coup de force de Morsi

A Alexandrie les juges entament une grève ouverte pour protester contre le président égyptien, qui a renforcé ses pouvoirs.

La colère ne retombe pas en Egypte samedi 24 novembre, après que le président Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs. (Mostafa El Shemy/AP/SIPA)

La colère ne retombe pas en Egypte samedi 24 novembre, après que le président Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs. (Mostafa El Shemy/AP/SIPA)

 

La plus haute autorité judiciaire d'Egypte a dénoncé samedi 24 novembre les nouvelles prérogatives du président islamiste Mohamed Morsi qui mettent ses décisions à l'abri de recours devant la justice, alors que les juges d'Alexandrie ont proclamé une grève ouverte. Au Caire, les manifestations se poursuivent place Tahrir.

 

La "déclaration constitutionnelle" annoncée jeudi par la présidence "est une attaque sans précédent contre l'indépendance du pouvoir judiciaire et ses jugements", a déclaré le Conseil suprême de la justice à l'issue d'une réunion d'urgence.

Pour sa part, le Club des juges d'Alexandrie, la deuxième ville du pays, ont annoncé une grève ouverte pour dénoncer cette déclaration par laquelle Mohamed Morsi a renforcé considérablement ses pouvoirs.

« Le Club des juges d'Alexandrie annonce la suspension du travail dans tous les tribunaux et les bureaux du procureur dans les provinces d'Alexandrie et Beheira (...) jusqu'à la fin de la crise causée par cette déclaration », Mohammed Ezzat al-Agwa, président du Club des juges d'Alexandrie

Un sit-in place Tahrir

Les forces de sécurité ont tiré samedi au Caire des gaz lacrymogènes pour disperser des opposants au président Mohamed Morsi. Une trentaine de tentes étaient installées sur la place Tahrir, des opposants ayant décidé d'observer depuis la veille un sit-in pour protester contre les nouvelles prérogatives de Mohamed Morsi.

De petits groupes de manifestants continuaient d'occuper la place en fin de matinée, après avoir fui un peu plus tôt les gaz lacrymogènes en se réfugiant dans des rues adjacentes. Le trafic était quasiment interrompu sur ce grand carrefour habituellement encombré du centre-ville. "L'Egypte entre dans une nouvelle révolution car notre intention n'était pas de remplacer un dictateur par un autre", a déclaré un manifestant, Mohammed al-Gamal, en allusion à la révolte populaire qui avait renversé Hosni Moubarak en février 2011.

La veille, des milliers de personnes s'étaient rassemblées sur cette place à l'appel de personnalités ou de mouvements laïques et libéraux en criant "Morsi dictateur", alors que des manifestants avaient incendié des locaux du parti politique issu des Frères musulmans dans d'autres villes du pays.

"Morsi on t'aime"

Une manifestation rivale, aux cris de "Morsi on t'aime" s'était tenue devant le palais présidentiel dans la capitale, en soutien au président qui s'est dit déterminé à assumer ses pouvoirs renforcés annoncés jeudi dans une "déclaration constitutionnelle".

Vendredi devant ses supporters devant le palais présidentiel, il a promis que le pays continuerait sur la voie de "la liberté et la démocratie". Pour ses partisans, le renforcement de ses pouvoirs permettra d'accélérer les réformes en ce sens.

Le Courant populaire, dirigé par le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi, troisième de la présidentielle de juin, a appelé à une manifestation de masse mardi pour obtenir que Mohamed Morsi revienne sur ses décisions. D'autres ténors de l'opposition, comme l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ancien chef de l'agence nucléaire de l'ONU Mohamed El-Baradeï ont également dénoncé les mesures prises par le président égyptien, qualifié de "nouveau pharaon".

Washington et l'Europe inquiets

Dans la communauté internationale, Américains et Européens ont exprimé leur inquiétude de voir ces mesures entraver la démocratisation du pays le plus peuplé du monde arabe. Washington a rappelé que "l'une des aspirations de la révolution (de 2011) était de s'assurer que le pouvoir ne serait pas trop concentré entre les mains d'une seule personne ou d'une institution".

L'Union européenne a appelé le président égyptien à respecter "le processus démocratique" et Paris a estimé que les décisions prises n'allaient pas "dans la bonne direction". En parallèle, des organisations de défense des droits de l'Homme ont critiqué l'attitude du chef d'Etat égyptien. "Les nouveaux pouvoirs annoncés par le président égyptien foulent l'Etat de droit et annoncent une nouvelle ère de répression", affirme notamment Amnesty International.

Un coup de force pour "d'accélérer les réformes démocratiques"

Jeudi, Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans, a décidé de renforcer ses pouvoirs déjà très étendus dans une "déclaration constitutionnelle". Il disposait déjà du pouvoir exécutif mais aussi législatif, l'Assemblée ayant été dissoute avant son élection en juin. Les nouvelles prérogatives mettent ses décisions à l'abri de recours devant un pouvoir judiciaire avec qui il entretient des relations houleuses. Il a expliqué que le renforcement de ses pouvoirs permettrait d'accélérer les réformes démocratiques.

Ces dispositions sont censées durer jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution, un processus aujourd'hui enlisé et qui pourrait prendre plusieurs mois. tempsreel.nouvelobs

 

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Samedi 20 octobre 6 20 /10 /Oct 05:14

Le procès du copte Alber Saber a repris

 

Le procès d'Alber Saber, le jeune copte accusé d'athéisme, a repris mercredi 17 octobre au Caire. Le jeune copte est accusé de blasphème, d'insulte aux religions et d'incitation à la haine religieuse. Lors de la première audience, le 26 septembre dernier, il avait plaidé non-coupable.

 

Alber Saber dans sa cellule (photo Khaled Desouki/AFP).

Alber Saber, diplômé de sciences informatiques, est l'administrateur de la page Facebook des Athées égyptiens (Egyptian Atheists). Le 10 septembre, il aurait posté un extrait du film anti-islam Innocence of Muslims (L'Innocence des musulmans). Les jours suivants, une foule menaçante s'est rassemblée devant son domicile au Caire. Sa mère a appelé la police le soir du 13 septembre espérant une protection, alors que des affrontements faisaient encore rage aux abords de l'ambassade américaine du Caire. Mais en arrivant, la police a arrêté Alber Saber au lieu de disperser la foule, comme le montre la vidéo ci-dessous.


 

L'acte d'Alber Saber tombe sous le coup de la loi et de l'article 98 du code pénal égyptien, dénoncé comme inconstitutionnel, qui punit « l'usage » de la religion « pour promouvoir des points de vue extrémistes avec l'intention de créer des dissensions, d'insulter une religion abrahamique ou de miner l'unité nationale ». Une fois sur le banc des accusés, Alber Saber a crié : « A bas les tribunaux confessionnels ! » quand le juge est entré dans la salle d'audience. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique. Dans l'acte d'accusation, il est écrit qu'il est poursuivi pour avoir « insulté Dieu » et « mis en doute la validité de certains versets de la Bible et du Coran ».

Un avocat, Mahmoud Refat, a réclamé des dommages et intérêts en raison du « préjudice moral » provoqué par le jeune homme. « Je suis ici en tant que musulman qui défend l'islam et la charia, mais je défend aussi le christianisme, car Saber a insulté Dieu », a-t-il déclaré. Il a aussi rejeté l'idée que l'informaticien ne faisait qu'exprimer sa liberté d'opinion. « La loi américaine accepterait ce qu'il appelle liberté d'expression, mais nous ne connaissons pas cela dans la loi islamique ». Pour lui, Alber Saber a posté des extraits du film anti-islam pour pouvoir obtenir l'asile politique aux États-Unis.

Alber Saber a été arrêté chez lui au Caire le 13 septembre et maintenu en détention provisoire depuis. « Je n'ai fait aucune des choses dont on m'accuse, a-t-il déclaré à l'AFP.Quatre-vingt dix pour cent de mes amis sont musulmans, nous mangeons et nous buvons ensemble. Je ne déteste aucune religion ».

« L'enquête judiciaire était une enquête religieuse, a-t-il ajouté. On m'a posé des questions sur ma croyance dans le Coran et sur ma religion ». Après une première audience le premier jour du procès, le juge a ajourné la séance et l'a reportée au 17 octobre. Le jeune homme risque jusqu'à cinq ans de prison.

« Alber n'a rien à voir avec ce film offensant, mais son procès est une façon de calmer la colère du peuple », a déclaré son avocat Ahmed Ezzat. Cette affaire « arrive dans un climat général marqué par la discrimination doublée d'une mauvaise gestion de la justice, en particulier à l'encontre des minorités », a-t-il ajouté. Apparemment, d'après son avocat, Alber Saber aurait abordé la religion lors de discussions sur internet et a 
« critiqué le fondamentalisme de certains religieux »« Le problème tient aux articles de loi et non pas à ce qu'Alber a fait. La loi sur le blasphème peut être interprétée de cent manières différentes ».

D'après Ahmed Seif al-Islam, avocat et membre du Conseil national des droits de l'homme, le procès d'Alber Saber « est à mettre en relation avec l'atmosphère pesante créée par le film »« Nous sommes ici pour soutenir un procès juste et équitable, la justice n'a rien à voir avec la religion ». La prochaine audience est fixée au 14 novembre.

Les chrétiens d'Égypte - les coptes - critiquent régulièrement les autorités égyptiennes pour son système judiciaire à deux vitesses dès qu'il s'agit des atteintes aux religions. Ils représentent entre 6 et 10 % des 82 millions d'habitants que compte le pays. Ce procès est susceptible d'alimenter encore la crainte que le film Innocence of Muslims n'entraîne des persécutions judiciaires contre les coptes qui vivent en Égypte, en particulier parce qu'il semblerait que son producteur soit justement un chrétien égyptienfait-religieux


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Jugements pour blasphème en Égypte et en Turquie 
Liberté d'expression réduite dans les républiques islamiques

Les réseaux sociaux qui ont ces dernières années, largement contribué à la liberté d'expression, voient leurs membres de plus en plus guettés par les partisans d'un islam rigoureux; ce qui dans le cas du Turc Fazil Say et de l'Égyptien Alber Saber, les a menés cette semaine devant la justice de leurs pays respectifs.

"Fazil Say n'est pas seul", peut-on lire sur la pancarte de soutien du pianiste, le 18 octobre 2012 à Istanbul. /DR
"Fazil Say n'est pas seul", peut-on lire sur la pancarte de soutien du pianiste, le 18 octobre 2012 à Istanbul. /DR 

Le pianiste turc mondialement connu et bête noire des islamistes, Fazil Say, a comparu ce jeudi devant un tribunal d'Istanbul pour “insulte aux valeurs de la religion musulmane”.

La justice turque avait inculpé le virtuose de 42 ans au début de l'été, après qu'il ait publié sur son compte Twitter, quelques tirades provocatrices contre les excès de certains musulmans. Fazil Say, qui affiche son athéisme, a rejeté toutes les accusations d'atteinte aux valeurs religieuses des musulmans. Il encourt une peine d'un an et demi de prison.

L'ouverture de ce procès relance la controverse sur une islamisation de la société turque, un sujet qui divise profondément les tenants de la laïcité et les partisans du pouvoir islamo-conservateur.

 

L'Égypte inquiète aussi

Dans la même logique, ce mercredi, le tribunal du Caire a ajourné à fin octobre le procès de Albert Saber, un jeune égyptien copte de 27 ans, également accusé de blasphème suite à des publications sur internet.

Des voisins avaient alerté les autorités en affirmant qu'il avait posté des extraits de L'Innocence des musulmans, le film qui avait déchaîné les passions dans le monde entier à la mi-septembre.

A l'ouverture de son procès le 26 septembre, Albert Saber s'était dit innocent, affirmant qu'il avait été interrogé sur sa foi pendant son interrogatoire.


“L'enquête était religieuse. On m'a demandé si je croyais au Coran et on m'a posé des questions sur ma religion.”  ALBERT SABER.


 

Le jeune homme détenu depuis plus d'un mois, risque jusqu'à cinq ans de prison. De quoi provoquer l'inquiétude d'organisations de défense des droits de l'Homme et de faire craindre pour la liberté d'expression sous le nouveau président islamiste Mohamed Morsi. aufaitmaroc.

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