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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 04:32

L'affaire Fathi Dammak révéle un appareil parallèle lié à Ennahdha


 

Les liens avec Ennahdha  (2'40'' l'affaire des moutons roumains)


 

 

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''Nawaat'' soupçonne un lien entre Ennahdha et le trafic d'armes impliquant Fathi Dammak

http://www.kapitalis.com/images/stories/2013/janvier/damak_nawaat-8.jpg

Les informations publiées, aujourd'hui, par nos confrères de ''Nawaat.org'', sont graves et méritent d'être analysées, affinées et vérifiées davantage. Tant elles sont inquiétantes.

Selon nos confrères de ''Nawaat.org'' (site hors service depuis la fin de l'après-midi du mardi, sans doute temporairement!), qui ont révélé les projets de trafic d'armes et d'assassinat d'hommes d'affaires et de journalistes, dans laquelle est impliqué le promoteur immobilier Fathi Dammak, aujourd'hui en état d'arrestation, cette affaire serait un arbre qui cacherait la forêt d'un réseau encore plus important, impliquant des éléments proches, à la fois, des Ligues de protection de la révolution, du parti Ennahdha, du ministère de l'Intérieur et de celui de la Justice, et qui chercherait des financements pour s'armer et lancer d'éventuelles opérations de liquidations et d'assassinats.

Dans cette affaire, Fathi Dammak et son fils Sadok, piégés par des membres du réseau, serviraient de leurre ou de boucs-émissaires.

Belhassen, Ali, Kaïs et les autres

Selon nos confrères Houssem Hajlaoui, Malek Khadhraoui et Ramzi Bettaibi, qui ont publié le fruit de leur enquête, aujourd'hui, sur ''Nawaat.org'', sous le titre «Une affaire de trafic d'armes présumée révèle un appareil parallèle lié à Ennahdha», les deux personnes, qui apparaissent dans les fameuses vidéos impliquant l'homme d'affaire Fathi Dammak seraient liés à Ennahdha.

«Le personnage dénommé ''Belhassen'', qui avait effectué la transaction préliminaire de l'achat d'armes avec Fathi Dammak et qui avait participé à la planification d'assassinats et de kidnappings avec le même homme d'affaire, n'est autre que Belhassen Nakache, un membre actif d'Ennahdha du bureau de Yasminet, Madina Jadida, à Ben Arous, président de la délégation de la Ville Nouvelle (Madina Jadida) au sein de la municipalité de Ben Arous et fonctionnaire de la Société nationale des chemins de fer (Snct)», écrivent les confrères. Ils ajoutent: «Le personnage dénommé "Ali", qui apparait fréquemment dans les vidéos, s'appelle Ali Ferchichi. Il possède une société de services et il se déclare aussi membre d'Ennahdha. Dans une des vidéos en notre possession, (il y a) une discussion entre Ali, Belhassen, et un certain "Kais", que nous n'avons pas pu identifier, (qui) évoquent le déclenchement de l'opération par un dénommé "Kamel" qui serait selon eux un membre du parti Ennahdha. Notre source, quant à elle, nous confie qu'il s'agit d'un haut cadre du parti sans nous divulguer son identité complète. Dans la compilation suivante on voit Belhassen et Ali discutant en tant que membres et militants du parti Ennahdha.»

Des personnages interlopes qui traficotent

Les éléments présentés par nos confrères Nawaat méritent d'être analysés, affinés et vérifiés davantage, tant il est vrai que les accointances soulignées entre tous les protagonistes, si elles renvoient à l'entourage d'Ennahdha et du gouvernement, les liens méritent d'être mieux étayés par des preuves tangibles.

Mais, dans tous les cas, l'affaire est assez inquiétante, car elle met en scène des miliciens prêts à tout pour plaire à leurs bailleurs de fonds, des hommes d'affaires au passé très douteux, des enquêteurs de police pour le moins dépassés (ou embarrassés) et des apprentis James Bond qui s'espionnent les uns les autres. Et, pour ne rien arranger, des personnages interlopes qui traficotent, font des filatures et cherchent à acquérir des armes... Brrr! kapitalis


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Une affaire de trafic d’armes présumée révéle un appareil parallèle lié à Ennahdha

 

L’affaire éclate après la publication sur Nawaat de deux vidéos (les 26 et 27 décembre 2012). Des vidéos dans lesquelles on peut voir l’homme d’affaires Fathi Dammak, en compagnie de deux personnes (Belahssan et Ali), en train de négocier une transaction d’armes et mettant en place des opérations d’assassinats et de kidnappings d’hommes d’affaires, de juges, et d’autres personnalités médiatiques et politiques.

Ces publications ont eu lieu après que Fathi Dammak ait été arrêté par la brigade judiciaire d’El Gorjeni le 26 décembre 2012.

Les conclusions de deux semaines d’investigations nous ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cellule armée dirigée par Fathi Dammak pour ouvrir la piste d’une organisation parallèle aux appareils de l’Etat, en lien avec le parti Ennahdha. Lire la suite

 

Les différents intervenants dans l'Affaire Fathi Dammak.
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Malek Khadhraoui (Nawaat): Fathi Dammak aurait été piégé ..

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:33

 A.Chahed conteste le déplacement de son émission sur la grille de programmation

La présentatrice de l’émission «Bitawkit Al-Oula», diffusée sur la première chaîne nationale ‘Al-Wataniya 1’, Amel Chahed, a consacré la première partie de son émission pour discuter de la modification de l’horaire de son émission. 

 

http://www.tuniscope.com/uploads/images/content/amel-080113-11.jpg

 

La journaliste a déclaré que son émission a été déplacée sur la grille de programmation, pour passer d’un ‘Access prime time’ où l’audience est élevée (de 19h00 à 20h00) à un temps moins attractif d’audience (de 18h20 à 19h05). L’émission a perdu 15 minutes de son temps de diffusion et est passée de quatre diffusions hebdomadaires à deux.

Amel Chahed a dénoncé cette décision qu’elle considère comme une décision unilatérale prise par la direction de la Télévision.

Il est à rappeler  que la présentatrice, Amel Chahed, a dénoncé, dans un témoignage circulant sur la toile,  les pressions exercées par des responsables du gouvernement pour annuler son émission tout en informant qu’elle a déjà reçu un message direct de la part de Houcine Jaziri, secrétaire d’État chargé de l’immigration qui lui avait conseillé à la fin d’une émission consacrée à l’immigration clandestine, de cesser de critiquer le Gouvernement et de ne plus inviter sur les plateaux télé des personnalités de l’opposition.

 

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Lotfi Abdelli : Un doigt d’honneur, deux doigts d’humour

Un doigt d’honneur, deux doigts d’humour peuvent désormais mener bien loin en Tunisie. Ces ingrédients ont en tous cas conduits le comédien et humoriste tunisien Lotfi Abdelli, jusqu’à L'Aouina, plus précisément à la direction générale des enquête de la Garde Nationale.

Lotfi Abdelli y a été en effet interrogé, ce mardi 8 janvier, dans le cadre d'une plainte déposée contre lui. Il serait ainsi suspecté d'avoir brandi, le 21 octobre lors d’une émission diffusée sur Hannibal TV, un doigt d'honneur en présence du ministre des droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle, M. Samir Dilou, qui avait alors quitté le plateau en colère. 

Encore une fois, Lotfi Abdelli s’est servi des réseaux sociaux pour diffuser une vidéo dans laquelle il expose la convocation qu’il a reçue. Et dans l’après-midi de ce mardi, il a également annoncé être «rentré en bonne santé», précisant que ceux qui l’ont interrogé ont été «super gentils» avec lui.

Le comédien n'en est pourtant pas à son premier coup d'éclat, puisqu’il s’était illustré, en pleine Révolution en adressant à Zaba un «Dégage vieux clown périmé» qui a marqué les esprits. mag14.

 

 

 

 

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Lotfi Abdelli auditionné à l’Aouina pour l’affaire du "doigt bleu"

 

Il semblerait que le «doigt bleu» de Lotfi Abdelli refasse encore parler de lui. Après la brève altercation qui avait opposé ce dernier à Samir Dilou, ministre des Droits de l'Homme et de la Justice Transitionnelle, voilà à présent que le comédien est convoqué manu-militari, dans les locaux de la Brigade d'investigation de la garde nationale à l'Aouina! Une affaire que M. Dilou ne semble pas avoir digéré de sitôt...

En effet, dans une vidéo diffusée lundi 07 janvier sur le réseau social Facebook, c'est un Lotfi Abdelli à la fois amusé et stupéfait, que l'on pouvait voir exhiber la lettre de convocation, pour se présenter dans les locaux administratifs de la Brigade Centrale de la Garde Nationale afin qu'il y soit auditionné dans l'affaire qui l'avait opposé au ministre. Rien que ca...

 

 

Petit rappel des faits : Il y'a de cela un peu plus de deux mois, lors de l'émission «Bila Moujemla» diffusée tous les dimanches soir sur Hannibal Tv, Lotfi Abdelli s'est retrouvé face à face avec le ministre et en avait profité pour narguer une énième fois, le gouvernement. «Le Symbole du 14 janvier c'était « Dégage », le symbole de cette journée, c'est un doigt bleu. Nous leur avons donné un doigt bleu...» avait commencé à arguer le comédien avant que sa phrase ne soit bipée par l'émission. Une expression qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, puisque cette affaire du «doigt bleu» a carrément finit par enflammer les médias et les réseaux sociaux.

Mais le plus désolant, c'est que cette affaire risque de se prolonger face à un ministre qui ne semble guère avoir digéré les propos et le geste de Lotfi Abdelli en les qualifiant d'irrespectueux, avant de quitter précipitamment le plateau de télévision.

En tout cas une chose est sûr, dans sa dernière vidéo, Lotfi Abdelli n'aura pas perdu son sens de l'humour puisqu'il s'adresse même à Samy El Fehri, en prison depuis plus de 4 mois, et lui demande qu'est ce qu'il voudrait qu'il lui rapporte au cas où il serait incarcéré à ses cotés. Quand le ridicule ne tue pas.... .tekiano

 

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Olfa Riahi : ''Je n'ai aucune crainte de la justice''

 

 

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La condamnation de Massoudi est «un nouveau coup porté à la liberté d’expression en Tunisie», selon Amnesty International

http://www.businessnews.com.tn/images/album/BN7519ayoub-massoudi0812.jpg

Une cour d’appel militaire tunisienne a confirmé le jugement rendu contre l’ancien conseiller auprès du président Ayoub Massoudi, déclaré coupable de diffamation, et l’a condamné à une peine encore plus lourde, ce qui constitue, selon un communiqué d’Amnesty International daté du 7 janvier 2013, un nouveau coup porté à la liberté d’expression dans le pays depuis que le président Ben Ali a été chassé du pouvoir.

Le 4 janvier, le tribunal, qui siège dans la capitale à Tunis, a alourdi la peine infligée en première instance à M. Massoudi, la faisant passer de quatre à 12 mois d’emprisonnement avec sursis. Il a aussi été privé de certains droits civiques, se voyant notamment interdire de servir dans l’armée, d’exercer dans la fonction publique ou d’obtenir des distinctions de la part de l’Etat. 

«Le verdict encore plus sévère prononcé contre cet homme fait clairement savoir que les autorités ont l’intention de réprimer durement les personnes critiques à leur égard», a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International, ajoutant que «ce jugement doit être annulé immédiatement, car il vise uniquement à sanctionner une personne qui a exercé son droit fondamental à la liberté d’expression. Par ailleurs, les juridictions militaires ne devraient jamais servir à juger des civils».
Pour elle, «les autorités doivent cesser de s’en prendre à la liberté d’expression qui figure parmi les droits pour lesquels les Tunisiens se sont battus si courageusement lors du soulèvement qui a conduit à l’éviction de l’ancien président Ben Ali en janvier 2011».
Le droit à un procès équitable d’Ayoub Massoudi, tout comme son droit à la liberté d’expression, a été bafoué, a expliqué Amnesty International, puisque cet homme a été jugé devant la justice militaire tunisienne. 

L’organisation note, également, que l’un des deux représentants de l’Etat qu’il a été accusé de dénigrer, le ministre tunisien de la Défense, préside le Conseil supérieur de la magistrature militaire, organe chargé de superviser les nominations, avancements, révocations et sanctions disciplinaires des juges militaires. L’autre est le chef d’état-major des forces armées, le général Rachid Ammar. Les fonctions occupées par ces deux hommes permettent de douter sérieusement de la capacité de la justice militaire à traiter l’affaire contre l’ancien conseiller auprès du président de la République de façon équitable et indépendante. 
Amnesty International exhorte, également, les autorités tunisiennes à annuler l’interdiction de quitter le territoire prononcée contre cet homme avant l’ouverture de son procès. businessnews

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 04:32

Kalthoum Kennou répond à Noureddine Bhiri 

L'Association des magistrats tunisiens (AMT) sera en sit-in, ce jeudi 10 janvier 2013, devant l’Assemblée nationale constituante, selon une déclaration de sa présidente Kalthoum Kennou à Shems Fm.


Mme Kennou évoque trois raisons à ce sit-in de protestation : la dégradation de la situation des magistrats, la non-promulgation de la loi régissant l’Instance indépendante de la magistrature, la sensibilisation de l’importance qu’il y ait des normes dans la Constituante garantissant l’indépendance de la magistrature.
La présidente de l’AMT s’est dit étonnée de certaines déclarations du ministre de la Justice qui affirme que l’association lui a remis une liste de 270 magistrats à révoquer, déclarant que «l’AMT n’a jamais réclamé la révocation de magistrats», notamment sans preuves et sans procès.

 
Concernant l’amélioration de la situation des magistrats, Mme Kennou a expliqué que jusqu’à maintenant ils n’ont bénéficié d’aucune augmentation. Elle a affirmé que la majorité des magistrats ne sont pas satisfaits de leurs situations, déclarant qu’ils sont terrorisés : le ministre brandissant, chaque fois, la menace de révocation sans preuves en faisant miroiter de simples accusations.

Kalthoum Kennou a indiqué que la situation du ministère public n’a pas changé par rapport à l’ancien régime. «Il n’y a aucune preuve que les procureurs de la Républiques ne reçoivent pas des ordres du ministre», soutient-elle.

 
La présidente de l’AMT a affirmé que le ministre de la Justice interfère dans certaines affaires vu qu’il nomme leurs juges et leurs juges d‘instructions.

 
Concernant l’affaire Sami Fehri, Mme Kennou, tout en soulignant qu’elle n’était ni avec ni contre lui et qu’elle n’intervenait pas dans cette affaire, a affirmé que c’est la première fois qu’un ministre envoie une lettre à un magistrat la nuit de l’annonce du verdict pour lui signifier qu’une plainte a été déposée à son encontre. Pour elle, il s’agissait d’un moyen de pression contre ce juge qui a renoncé au dossier. Autre fait à relever, elle n’arrive pas à expliquer comment un subordonné casse l’ordre de son supérieur à la cours de Cassation qui avait ordonné la libération de Sami Fehri, rappelant que les établissements pénitentiaires sont sous la tutelle du ministère de la Justice. businessnews


 
 

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Noureddine Bhiri, ministre de la Justice : un mélange de contre vérités et de langue de bois.

 

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La neutralité de Noureddine Bhiri, ministre de la Justice est touchante. Publiquement, il déclare l'innocence du gendre de Ghannouchi, le ministre des Affaires étrangères, Bouchlaka 

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Karima Souid : avec vous monsieur Bhiri, les tunisiens ont perdu toute confiance en la justice
  

Karima Souid ,élue à l’assemblée constituante ,s’est adressée ce lundi au ministre tunisien de la justice ,le Khouanji Noureddine Bhiri ,en des termes fermes ,clairs sévères et Ô combien éloquents . 

Vous avez promis de garantir l’indépendance de la justice . On vous a donné cette chance historique mais vous l’avez ratée . Vous nous avez déçus monsieur le ministre . Les tunisiens avec vos agissements ont perdu toute confiance en la justice .

J’espérais lors de votre nomination que vous serez à la hauteur de cette lourde tâche ,mais avec l’arrogance de vos conseillers qui trainent sur les plateaux de télévision ,vous avez bafoué la confiance que je vous ai donnée et vous nous avez trahis . Vous avez instauré la justice des riches monsieur le ministre Noureddine Bhiri. tunisiefocus

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L’avocat de Olfa Riahi étale le linge sale de Rafik Bouchlaka

L’avocat de la journaliste d’investigation Olfa Riahi , qui a dévoilé l’affaire de corruptions financières et morales plus connue sous le nom de « Hadiidh al-ifk«  de Rafik Bouchlaka ,ministre des affaires étrangères et mari de Soumaya fille du guide suprême des Khoanjias , Rached Ghannouchi , est monté ce soir au créneau sur le plateau de Nessma TV et annonce que des dizaines de documents sont entre ses mains qui prouve que le compte-courant bancaire dont a fait usage le ministre a été plusieurs fois utilisé pour des affaires louches dont le lavage d’un linge sale du ministre facturée en bon et due forme .

Absattar Ben Fraj  tunisiefocus

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Débat autour des derniers scandales de la Justice islamiste dans la nouvelle Tunisie

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 18:14

Le match Ghannouchi-Caïd Essebsi-Hammami by Captain 5obza

 

Notre confrère Thameur Zoghlami, inventeur du personnage de dessin animé Captain 5obza, vient de mettre en ligne un vidéo-clip, ''5obza Style'', préfigurant une campagne électorale opposant Rached Ghannouchi, Béji Caïd Essebsi et Hamma Hammami. Voir le vidéo-clip.

Le choix des leaders d'Ennahdha, parti au pouvoir, de Nida Tounes et du Front populaire n'est pas fortuit, puisque ces trois partis sont donnés, par les sondages, en tête des intentions de vote.

Captain 5hobza, personnage créé au lendemain de la révolution, allie le sarcasme à l'humour et brosse un tableau décalé de la vie politique tunisienne. kapitalis

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 16:37

الأسد يقترح حلا سياسيا ويصف المعارضة بأنهم " دمى في يد الغرب"

 

حدد الرئيس السوري بشار الأسد ملامح لعملية سياسية مقترحة لإنهاء النزاع في بلاده واصفا في الوقت نفسه المسلحين الذين يريدون إطاحته عن السلطة بأنهم "إرهابيون" و"دمى" في يد الغرب.

 

وطرح الأسد في خطاب نادر، هو الأول منذ سبعة اشهر، حلا سياسيا للأزمة التي تعصف بسوريا داعيا إلى مؤتمر للمصالحة مع من لم "يخونوا" سوريا يعقبه تشكيل حكومة جديدة وإصدار عفو.

وأضاف الأسد في خطابه الذي ألقاه في دار الأوبرا بوسط العاصمة دمشق أن مبادرته لحل الأزمة تتضمن مراحل عدة، أولها التزام الدول المعنية وقف تمويل تسليح المعارضة، يلي ذلك وقف الجيش للعمليات العسكرية مع الاحتفاظ بحق الرد إن تعرض للهجوم، وإيجاد آلية للتأكد من إمكانية ضبط الحدود.

وفي المرحلة الثانية تتم الدعوة لعقد مؤتمر يعمل على الوصول إلى ميثاق وطني يتمسك بسيادة سوريا ووحدة أراضيها ويرسم المستقبل الدستوري لها، ثم يعرض الميثاق الوطني للاستفتاء الشعبي، وتشكل حكومة وطنية موسعة، ويصاغ دستور جديد يطرح للاستفتاء ثم تنظيم انتخابات.

وفي المرحلة الثالثة والأخيرة تشكل حكومة جديدة وفقا للدستور وتجري مصالحة وطنية ويعلن العفو العام، يلي ذلك العمل على إعادة الإعمار.

وترجع آخر تصريحات الأسد العلنية السابقة بشأن الأزمة إلى نوفمبر / تشرين الثاني الماضي عندما قال في مقابلة مع التلفزيون الروسي إنه سوف يعيش ويموت في سوريا.

ومنذ ذلك الحين سيطر مسلحو المعارضة على مساحات من الأراضي شمالي سوريا، وشكلوا مجلس قيادة شامل نال اعتراف الولايات المتحدة والاتحاد الأوروبي.

لكن جهود المعارضة للسيطرة على المزيد من الأراضي داخل المدن الرئيسية وحولها، بما في ذلك العاصمة، واجهت مقاومة صلبة من القوات النظامية وكذلك ازدياد شدة الغارات الجوية المدمرة. bbc.co.uk/arabic

 

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Pour sa première apparition depuis des mois, le président syrien a proposé un plan de sortie de crise sous conditions, mais refuse tout dialogue avec les rebelles, des «esclaves» et des «terroristes» armés par «l'étranger».

Il n’était pas apparu en public depuis sept mois, depuis son dernier discours public le 3 juin devant le Parlement. Bachar al-Assad a resurgi dimanche matin sur la scène de la Maison de la culture et des arts dans le centre de Damas, prononçant un discours devant des centaines de personnes évidement enthousiastes, qui ont scandé «par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi».

Derrière lui s’affichait un immense drapeau syrien composé d’une multitude de visages. A la fin de son discours d’environ une heure, la foule s’est jetée sur le président qui, souriant, a serré la mains de ses partisans.

Son apparition était donc attendu, son allocution retransmise par la télévision officielle était sans surprise, Assad refusant de quitter le pouvoir et proposant une solution politique dont on voit mal comment elle pourrait voir le jour.

Assad a bien sûr nié que le conflit meurtrier en Syrie opposait son régime à l’opposition, mais la Syrie à ses ennemis, qui souhaitent, selon lui, la partition du pays. Le président propose «une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties», a-t-il poursuivi. Cette conférence devra rédiger une «Charte nationale» qui sera soumise à référendum, tandis qu’un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement émergeront des urnes.

Toute transition doit «se faire selon les termes de la Constitution», a-t-il insisté, en faisant référence à des élections. Samedi le quotidien libanais pro-syrien Al-Akhbar affirmait que Assad voulait présenter un plan de sortie de crise stipulant qu’il pouvait être candidat à sa propre succession en 2014.

Mais ce dialogue, a-t-il précisé dimanche, ne s’ouvrira qu’à plusieurs conditions. «Les pays impliqués doivent s’engager à arrêter de financer l’armement et les hommes armés doivent arrêter les opérations terroristes. Nos forces cesseront ensuite immédiatement les opérations militaires, tout en conservant le droit de répliquer», a-t-il affirmé. Et ce n’est qu’après ces étapes, que se tiendra «une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties», a-t-il poursuivi.

Si ce dialogue ne s’est pas ouvert jusqu’à présent, «ce n’est pas parce que nous ne voulons pas d’une solution politique, mais parce que nous n’avons pas trouvé de partenaire», a-t-il ajouté. «Pouvons-nous dialoguer avec des gangs qui prennent leurs ordres de l’étranger? (…) Nous dialoguons avec les maîtres, pas avec les esclaves», a encore lancé Assad qui affirme combattre des «terroristes» proches d’Al-Qaïda financés et armés par l’étranger.

«Voulez-vous que nous dialoguions avec des marionnettes de l’Occident, qui les a fabriquées et écrit leurs discours? Il vaut mieux discuter avec l’original, pas avec des gens qui jouent un rôle sur les planches de la scène internationale», a-t-il poursuivi.

Critiquant le terme de «révolution» utilisé par ses opposants, il a appelé à «une révolution du peuple, pas une révolution importée de l’étranger, pour le bien du peuple et non contre ses intérêts». «Est-ce une révolution et sont-ils des révolutionnaires? C’est une bande de criminels», a-t-il encore estimé, faisant référence aux combattants rebelles qui ont chassé ses troupes de larges zones du nord et de l’est du pays.

L’opposition a aussitôt rejeté ce plan, dont aucune échéance n’est précisée, accusant le chef d’Etat de vouloir choisir ses interlocuteurs et de chercher à se maintenir au pouvoir. Berlin et Londres ont aussi rejeté la proposition de Assad, jugée non crédible, la diplomatie britannique réclamant de nouveau le départ du tyran syrien.

60 000 morts

Assad est aujourd’hui à la tête d’un pays plongé dans une guerre civile où, selon l’ONU, crimes de guerre et crimes contre l’humanité se multiplient. Après 21 mois de violences ayant fait selon les Nations Unis plus de 60.000 morts, les troupes du régime ont été chassées de larges zones du nord et de l’est du pays. L’armée tente désormais de conserver un axe allant du sud jusqu’au pays alaouite sur la côte ouest, en passant par Damas, estiment des experts.

Affirmant faire face à un «complot» mené par l’étranger, Assad semble déterminé à poursuivre sa répression sanglante, et mobilise chaque jour ses troupes, son artillerie et l’aviation, son principal atout, pour tenter de venir à bout des rebelles.

Sur le terrain, bombardements et combats entre soldats et insurgés ne connaissaient aucun répit, et les morts se comptent chaque jour par dizaines, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

En Turquie voisine, le déploiement des premiers missiles Patriot a débuté à Incirlik (sud-est), sur la base aérienne turque de l’Otan. Il s’agit d’une mesure «purement défensive», ont insisté Ankara et l’alliance atlantique, qui a exclu une intervention dans le conflit syrien. http://www.liberation.fr/monde

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:47

Au 6ième minute, Martyr du pain    

يا شهيد الخبزة - امال الحمروني

Amel Hamrouni - Mazel fik elkhir امال الحمروني - مازال فيك الخير


 

Ouyoun el kalam عيون الكلام  (Cheik Imam)

 

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 06:43

Olfa Riahi frappée d'une interdiction de quitter le territoire tunisien

 


 

 La blogueuse tunisienne Olfa Riahi qui avait accusé le ministre des affaires étrangères Rafik Abdessalem de  se livrer à des parties fines à l'hôtel Sheraton Tunis au frais de l'Etat, est interdite de quitter le territoire. L'interdiction a été lancée par  le juge d’instruction du 12ème Bureau au Tribunal de première instance de Tunis, sur la base d'une plainte pour diffamation déposée par Rafik Abdessalem .

Le Ministre des Affaires Étrangères Tunisien qui est aussi le gendre du patron du parti islamiste d'Ennahdha dit avoir diligenté aussi ses avocats londoniens pour d'éventuelles poursuites contre des médias européens ayant colporté de fausses informations le mettant en cause . Rafik Abdessalem dit vouloir invoquer la présomption d'innocence comme ligne de défense. 

Pour Olfa Riahi, ce qu'on appelle désormais l'affaire du Sheratongate tourne au vinaigre. Olfa est accusée de diffuser de fausses informations, de se baser sur des documents obtenus illégalement et de ne pas disposer de preuves matérielles suffisantes pour fonder ses accusations .

Vendredi la blogueuse tunisienne a été confrontée à l'un des avocats de Rafik Abdessalem. En pleurs, elle implorais la dame soupçonnée de coucheries avec le ministre de divulguer sa relation au grand public. En l'absence de preuves valables, la blogueuse jouait sa dernière carte en vue de pencher la balance en sa faveur.

Voici en arabe le détail des accusations dont elle fait l'objet: 

*نشر النميمة

*الإساءة إلى الغير عبر الشبكة العمومية للاتصلات

*إذاعة مضامين مكاتيب هي لغيرها دون ترخيص لصاحبها الأصلي

*نسبة أمور غير حقيقية لموظف دون الإدلاء بما يفيد ذلك

*إحالة معطيات شخصية بغاية الإضرار بالمعني بالأمر

*تحقيق فائدة أو منفعة لنفسها أو لغيرها ونشر أخبار زائفة من شأنها تعكير صفو النظام العام

 blogs.mediapart.fr


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 Ettakattol soutient Olfa Riahi dans son combat

 

http://www.tunisienumerique.com/wp-content/uploads/olfa8.jpg

Le porte-parole du parti Ettakatol Mohamed Bennour considère que l’interdiction de voyager à l’encontre de la blogueuse Olfa Riahi constitue une atteinte à la liberté d’expression et contraire aux droits de l’Homme.

Il a appelé toutes les composantes de la société civile à se mobiliser pour annuler cette décision.

Beau geste de la part d’Ettakattol, qui contraste avec le mutisme du CpR, dont, pourtant, la bloggeuse déclare être très proche.

 L’histoire n’est, finalement, qu’un éternel recommencement, après ce qui s’est passé avec Ayoub Massoudi qui semble avoir été « lâché » par son parti !  tunisienumerique

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 Les guignols quittent Nesma

 

 

اة "نسمة" ستفتقد من هنا فصاعدا إلى واحد من برامجها المفاتيح و هو برنامج "القلابس"

خبر نشره "اسكندر خليل"، صاحب و باعث فكرة "القلابس"، " على صفحته الرسمية على الشبكة الإجتماعية "الفيسبوك"

اسكندر خليل التونسي الأصل و القاطن بباريس الفرنسية وضح في نص انسحابه معية فكرته من نسمة، أنه يحترم نبيل قروي و قناة نسمة و أنه حر و لا يستطيع أن يكون غير ذلك

مؤكدا أن وجود القلابس في الإعلام هو أحد المؤشرات القوية لدى الغرب لتحديد وجود الديمقراطية من عدمه و لعله أحد أهم أشكال حرية التعبير دون منازع و التي ظهرت في شكلها السياسي بعد الثورة في تونس


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Par Skander Abiir Khelîl 

 « C’est la fin d’une aventure exaltante avec NesmaTV.

Par égard à Nesma TV et à Nabil Karoui, j’annonce publiquement mon retrait de cette chaine de télévision dans le même esprit avec lequel j’ai voulu la rejoindre il y a quelque temps, c’est-à-dire discrètement, sans sarcasme et sans amertume. Je laisse tout tomber et je me retire parce que je suis incapable de me standardiser selon les nouvelles normes de la liberté d’expression, encore moins de me laisser entrainer dans les méandres des règlements de comptes occultes. Pour moi, la liberté est bien plus précieuse que l’argent ou la gloire chimérique.

 
Je remercie Nesma d’avoir adopté le concept des guignols et j’exprime toute ma gratitude a tous ceux qui ont rendu ce projet réalisable : les partenaires comme les auteurs, les techniciens et les artistes. Je ne les citerai pas tous pour ne pas en oublier un.
Dans le monde occidental, l’existence des guignols dans l’univers médiatique est l’un des plus importants indices indiquant la santé démocratique d’un pays et son degré de liberté. L’essence des guignols, ce n’est pas seulement pour faire rire. Pour cela, il y a les humoristes et les clowns. Les guignols, c’est surtout un usage et un apprentissage de la liberté, une désacralisation du politique, de l’idéologique et du religieux. C’est l’art de tourner en dérision les politiciens qui prennent leurs peuples pour des cons.

 
C’est en cela que le retour des guignols en Tunisie, après l’échec que j’ai essuyé sous la dictature, a été considéré par l’opinion publique tunisienne et par les observateurs étrangers comme le début d’une ère nouvelle, l’ère de la liberté d’expression et de la démocratie. Je m’aperçois bien malheureusement que pour certains, la liberté d’expression a des limites. Aussi, je préfère m’éclipser que de m’incliner devant les nouvelles idoles. 

 
La page est donc tournée. Reste le respect que je dois à l’ami Nabil Karoui et à tous ceux qui ont collaboré de près ou de loin à cette belle aventure. Et bien plus important encore que tout cela, le respect de soi-même. » http://mayfootekchay

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Nessma TV poursuit sa décente aux enferts

 

 

http://news.tunistribune.com/sites/default/files/styles/large/public/field/image/guignols.jpg

Nous venons d’apprendre que le père des guignols du Maghreb (EL KALABES), le franco-tunisien,Skander Khélil, a décidé de se retirer des « Guignols de l'info » de Canal +, version maghrébine, diffusée sur la chaîne Nessma TV. Nous savions déjà que rien ne va plus entre la direction de la chaîne et le producteur tunisien qui vit en France. Les téléspectateurs tunisiens ont d’ailleurs remarqué, depuis un mois, que les guignols n’étaient plus aussi « épicés » qu’auparavant, ce qui les a conduits à les zapper pour suivre plutôt les guignols de la chaîne concurrente Ettounsiya TV, de Sami Fehri.

L’entrepreneur Franco-tunisien, l’a annoncé tard dans la nuit sur sa page Facebook : « J’annonce publiquement mon retrait de chaîne de télévision dans le même esprit avec lequel j’ai voulu la rejoindre il y a quelque temps, c’est-à-dire discrètement, sans sarcasme et sans amertume. Je laisse tout tomber et je me retire parce que je suis incapable de me standardiser selon les nouvelles normes de la liberté d’expression, encore moins de me laisser entrainer dans les méandres des règlements de comptes occultes. Pour moi, la liberté est bien plus précieuse que l’argent ou la gloire chimérique

« Dans le monde occidental, l’existence des guignols dans l’univers médiatique est l’un des plus importants indices indiquant la santé démocratique d’un pays et son degré de liberté. L’essence des guignols, ce n’est pas seulement pour faire rire. Pour cela, il y a les humoristes et les clowns. Les guignols, c’est surtout un usage et un apprentissage de la liberté, une désacralisation du politique, de l’idéologique et du religieux. C’est l’art de tourner en dérision les politiciens…»

LA FIN D’UNE AVENTURE AVEC NESSMA TV

C’est la deuxième défection après la démission du présentateur Elyès Gharbi la semaine dernière. A ce rythme, il ne restera pas grand monde des vedettes des émissions phares qui ont fait la célébrité et le succès de cette chaîne de télévision.  Que s’est-il donc passé pour que Nessma TV opère un tel revirement au prix de sa crédibilité et de son audience ?

Des pressions politiques du gouvernement islamiste ou un excès de zèle de Nabil Karoui pour obtenir des faveurs comme au temps de Ben Ali ? Nous le saurons dans les prochains jours, si les principaux protagonistes de cette affaire se décident à faire des révélations. C’est-à-dire M.Nabil Karoui et M. Skander Khélil.

Rappelons que le premier avait déjà subi des pressions et même des menaces lorsqu’il a décidé de diffuser le film Persépolis, ce qui lui a d’ailleurs attiré la sympathie de plusieurs capitales européennes et le soutien de plusieurs ONG ; et que le second a été le précurseur des Guignols dans le monde arabe, avec une expérience qui n’a pas duré longtemps en Tunisie sous le régime de Ben Ali. http://news.tunistribune.com/?q=node/113

 

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:55

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:33

Retour sur les événements de 2008 (Bassin minier de Gafsa, REDEYEF)

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Tunisie : 12/06/08 - Canal du Dialogue Tunisien (El Hiwar)

 

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« Retour sur la révolte du bassin minier. Les cinq leçons politiques d’un conflit social inédit »

 

1. Au début de l’année de 2008 éclatait dans le bassin minier de Gafsa l’un des plus grands mouvements sociaux qu’ait connu la Tunisie depuis son indépendance. Au départ, personne n’aurait pensé, dans un pays totalement verrouillé par l’appareil sécuritaire, que des mères de familles, des adolescents, des « petites gens », des diplômés chômeurs ou de simples militants syndicaux puissent défier le régime des mois durant, au point que la « révolte » est considérée aujourd’hui comme le symbole de la résistance populaire à l’autoritarisme benalien. Alors que tous les observateurs étaient braqués sur la campagne pour les élections présidentielle et législative d’octobre 2009 et, que les opposants cooptés ou indépendants se mettaient déjà en marche pour participer symboliquement ou boycotter énergiquement un « scrutin sur mesure », l’expression du ras-le-bol a explosé là où on ne l’attendait pas forcément : la Tunisie de l’intérieur, déshéritée et oubliée (les « zones d’ombre » pour reprendre la rhétorique officielle du régime1) qui n’intéresse finalement pas grand monde et encore moins les correspondants de la presse étrangère trop accoutumés à leurs réseaux d’informateurs des « beaux quartiers » de la capitale (le triangle La Marsa-Sidi Bousaïd-Carthage). Et, il est vrai, qu’au départ, comme le souligne pertinemment le politologue Amin Allal (2010), le « mouvement » du bassin minier n’a pas été vraiment pris au sérieux par les partis d’opposition et les organisations des droits de l’Homme basés à Tunis, qui ont voulu y voir la résurgence d’une « révolte tribale », que le pouvoir n’aurait aucune difficulté à étouffer dans l’œuf par la distribution de gratifications matérielles et de subventions en tout genre. Selon cette vision élitiste, le clientélisme d’État n’aurait aucun mal à venir à bout de la colère des gueux, peu politisés et facilement « achetables », en dépit du fait que Gafsa reste dans l’esprit de nombreux Tunisiens la « ville indomptable » en référence à une très ancienne tradition de luttes syndicales et aux événements de 1980 (Baduel, 1982, p. 521-574). Or, c’est tout le contraire qui s’est passé : au fil des jours, le mouvement social n’a cessé de se politiser et de revêtir une dimension protestataire, outrepassant largement les registres social et professionnel des premiers temps (demandes d’embauche collective dans la Compagnie des phosphates de Gafsa).

2 . Avec du recul, les analyses produites par les social scientists (Allal, 2010 ; Chouikha et Gobe, 2009, p. 387-420) et les observateurs engagés2 ont convergé pour mettre en exergue la charge politique et contestataire de la révolte du bassin minier, au point de se demander si elle n’anticipait pas les contours d’un mouvement social à venir qui, à moyen terme, pourrait ébranler les bases du régime. En somme, les spécialistes du champ politique tunisien ont longtemps estimé que les changements au « pays du jasmin » viendraient du « sérail tunisois » et des milieux élitaires : le mouvement de Gafsa laisse à penser, au contraire, que le « pays de l’intérieur » pourrait jouer aussi un rôle dans la redéfinition des enjeux politiques futurs et la transition vers un nouveau type de régime. La répression policière et judiciaire du mouvement (procès en première instance des 4 et 11 décembre 2008 et procès en appel du 3 février 2009) et la « clémence présidentielle » (libération des condamnés du bassin minier à l’occasion de la fête du 7 novembre 20093) n’enlèvent rien à la charge subversive de la révolte. Cette dernière continue à marquer les mémoires et sert consciemment ou inconsciemment de « modèle de mobilisation », même si celui-ci n’a jamais été pensé par les acteurs protestataires. Pour le dire plus simplement : désormais, il y aura un avant et un après Redeyef4. De ce point de vue, cinq « leçons politiques » peuvent être tirées de ce mouvement social inédit dans la Tunisie indépendante. 

3. Le syndicat de salariés, l’UGTT, apparaît bien comme le « maillon faible » des agences de pouvoir (Camau et Geisser, 2003 ; Gobe, 2006, p. 174-192) : si la direction nationale est prompte à collaborer avec le gouvernement et, en particulier, avec le ministère de l’Intérieur, pour pacifier les luttes sociales, les instances régionales et locales, davantage proches de la base militante et de la population, ont montré qu’elles pouvaient à tout moment faire preuve d’audace protestataire, refusant toute forme d’allégeance au régime. 

4. A contrario, les partis de l’opposition indépendante et les organisations des droits de l’Homme, en dépit d’une bonne insertion dans les réseaux internationaux et d’un soutien tardif aux activistes du bassin minier, sont apparus en total décalage avec le mouvement social, évoluant dans une « bulle élitaire », certes objet de tracasseries policières permanentes, mais finalement peu menaçantes pour les assises du régime. Pire, la majorité des intellectuels tunisiens se sont montrés relativement indifférents au mouvement social, comme si celui-ci par sa « nature populaire » n’était porteur d’aucune signification politique5. 

5. Car, il est vrai qu’une sociologie « fine » des émeutiers du bassin minier6 révèle la prédominance des membres des classes populaires, des diplômés au chômage, des anciens salariés prolétarisés, des femmes seules avec enfants (veuves de mineurs), etc., qui contraste point par point avec l’assise sociale des partis et des ONG ayant pignon sur rue. Même les leaders du mouvement, membres des syndicats de base, appartiennent généralement à la classe moyenne intellectuelle en voie de paupérisation. 

6. Contrairement à toutes les analyses qui soulignent une distanciation de facto entre les Tunisiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur (immigrés, réfugiés politiques, anciens opposants islamistes et gauchistes), certains milieux de la diaspora tunisienne ont joué un rôle central dans les mobilisations, davantage impliqués que les élites tunisoises. Les « Tunisiens de l’étranger » ont non seulement contribué à rendre visible le mouvement social aux yeux de l’opinion publique internationale mais ont aussi apporté un appui logistique aux révoltés du bassin minier. 

7. Enfin, la gestion policière du mouvement social par les autorités apparaît davantage comme le signe d’une certaine impuissance du pouvoir que d’une réelle maîtrise de la situation. Confronté à une contestation « spontanée » et « imprévue », le régime s’est lancé dans une fuite en avant sécuritaire7qui apparaît davantage comme un signe de faiblesse que de puissance. 

8. Tirant les enseignements socio-politiques de la « révolte du bassin minier », nous allons brièvement développer ces cinq points qui, selon nous, sont susceptibles de peser sur l’évolution future de la configuration politique tunisienne. 

 Les « deux UGTT » : la dissonance syndicale comme vecteur paradoxal de la dynamique protestataire (première leçon). 

9. Il est difficile pour un observateur peu familier du fonctionnement du champ syndical tunisien de saisir la position ambivalente de la centrale UGTT dans les conflits sociaux. Celle-ci est perçue, tantôt comme un « bras armé du régime », digne des syndicats uniques des anciennes démocraties populaires d’Europe de l’Est, tantôt comme une force d’opposition que certains ont même comparée à un parti politique8. En fait, cette ambivalence était déjà présente dès les premières années de l’indépendance de la Tunisie, où son leader historique, Ahmed Ben Salah – qui deviendra plus tard ministre de Bourguiba –, hésitait entre l’option syndicale et l’option partisane, avec le rêve secret de transformer l’UGTT en parti travailliste, capable de concurrencer le parti bourguibien, le Néo-Destour.

À cette ambivalence de « nature historique », qui poursuit l’UGTT jusqu’à aujourd’hui, s’ajoute également une ambivalence de « nature structurelle » qui s’explique par le fait que l’UGTT est composée de syndicats de base, plus ou moins autonomes, et représentée à l’échelle de chaque gouvernorat par des unions régionales plus ou moins en « bonne entente » avec la direction nationale9. Sous les apparences d’un « grand paquebot syndical » monolithique, l’UGTT fait figure d’organisation composite, quasi polyarchique, qui lui permet de mieux résister que les autres organisations de la « société civile » (partis d’opposition, associations et ONG) aux pressions sécuritaires du régime et fait d’elle une menace permanente pour la stabilité du pouvoir d’État. Sur ce plan, les événements récents du bassin minier ont constitué une illustration parfaite, d’une part, de la dissonance entre la bureaucratie syndicale et les syndicats de base et, d’autre part, du potentiel subversif de l’activisme des leaders syndicaux locaux, confirmant une nouvelle fois la thèse du « maillon faible » :

 « L’UGTT apparaît comme le maillon faible du réseau des agences de pouvoir. Le leadership syndical est confronté aux protestations de militants syndicaux récusant l’alignement politique et aux tensions sociales générées par la libéralisation économique. Son intérêt de stabilité commande la neutralisation des opposants et rejoint en cela les préoccupations du Palais. Mais il lui faut également compter avec les implications des syndicats de base dans les conflits à l’échelle des entreprises. Il ne peut les appuyer sans réserve ni les contrer de manière frontale. Dans un cas comme dans l’autre son aptitude à gérer le secteur serait prise en défaut et planerait la menace d’un dérapage des conflits. » (Camau et Geisser, 2003) 

10. C’est précisément ce scénario qui s’est déroulé lors des événements du bassin minier. Des syndicalistes de la base, en conflit ouvert avec le secrétaire général régional de l’UGTT, Amara Abbassi, par ailleurs membre du comité central du parti présidentiel (RCD), ont contesté la validité des résultats du concours public organisé par la Compagnie des phosphates de Gafsa (GPG). La bureaucratie syndicale, accusée de faire le jeu du régime, en cautionnant le système de corruption et de favoritisme, s’est trouvée rapidement en porte à faux avec les syndiqués ordinaires mais aussi avec les représentants locaux de la centrale, davantage en phase avec les revendications populaires, comme le décrit Ammar Amroussia dans son essai de bilan sur la révolte du bassin minier : 

 « C’est peut-être la première fois que la fureur populaire se dirige ainsi contre l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et précisément vers l’Union régionale et les syndicats miniers. En effet, l’indignation des gens (traduite par des marches, des communiqués et des discussions) n’a pas été seulement exprimée à l’égard du régime, mais elle a touché les symboles de la corruption syndicale. Ces symboles, outre leur acceptation du résultat du concours, organisé par la CPG, leur implication dans l’esprit des hordes, des relations personnelles et de la corruption, et leur exploitation directe des ouvriers au moyen de sociétés de sous-traitance, ont une responsabilité dans la dégradation de la situation dans la région. L’UGTT et les syndicats miniers n’ont pas seulement gardé le silence, au contraire, ils ont refusé, lors du dernier conseil régional, de présenter tout simplement les contestations des habitants de la région10. » 

 11. Dans un premier temps, la bureaucratie syndicale a donc été tentée de réprimer les syndicalistes « rebelles », en les désavouant publiquement : Adnane Hajji, l’une des figures charismatiques du mouvement social du bassin minier, a été ainsi suspendu de toute activité syndicale durant une période de cinq ans. Mais très rapidement, la direction de la centrale syndicale a dû faire machine arrière, au risque d’être totalement discréditée aux yeux de l’ensemble de ses adhérents et de ses militants de base : les syndicalistes « indociles » ont été réintégrés dans leurs fonctions et la direction de l’UGTT a fini par apporter un soutien – même timide et tardif – aux émeutiers traduits en justice, se distanciant par là de la politique répressive conduite par le régime. 

 Une opposition indépendante coupée du mouvement social : le signe de l’impuissance (deuxième leçon) 

12. Dans son étude sur le mouvement du bassin minier, le politologue Amin Allal relève que « durant les deux premiers mois de la mobilisation, les organisations politiques d’opposition, la “société civile” et la centrale syndicale gardent leurs distances avec les contestataires. En effet, les partis d’opposition, peu implantés en dehors de Tunis, sont à ce moment-là plus préoccupés par les préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2009 » (Allal, 2010, p. 5). L’auteur ne fait pas référence ici aux organisations clientes du régime qui, elles, ont évidemment dénoncé en chœur les émeutiers comme des représentants du « parti de l’étranger »11, mais bien aux acteurs indépendants : le Parti démocrate progressiste (PDP), le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), Ettajdid (ancien Parti communiste tunisien), la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), etc. Le seul parti à avoir joué un rôle non négligeable dans le mouvement est le Parti communiste des ouvriers tunisiens (POCT), petite formation d’extrême gauche, dont certains militants ont pris une part active dans les protestations. Mais, d’une manière générale, l’opposition indépendante est restée coupée des acteurs contestataires. Or, ce retrait du mouvement social ne peut être expliqué uniquement par des variables conjoncturelles liées au contexte électoral (scrutins législatif et présidentiel d’automne) ou par la répression policière (coût de l’engagement) mais aussi par des variables structurelles liées à la faiblesse de l’assise sociale de cette opposition et à son isolement par rapport à de larges secteurs de la société tunisienne, en particulier à l’intérieur du pays. Nous retrouvons là le « prisme élitiste et tunisois » (Camau et Geisser, 2003) des milieux oppositionnels mis en évidence dans de nombreux travaux et analyses12, attestant de l’inexistence d’une véritable opposition en Tunisie, comparable au rôle joué, par exemple, par les partis dans les champs politiques marocain, égyptien ou même jordanien : 

 « L’un des premiers facteurs de faiblesse de l’opposition politique réside dans les séquelles qu’elle traîne encore des “années de plomb”. Mais au lieu de profiter de ce soulèvement pour élargir sa base sociale, en faisant siennes les revendications des masses populaires, la majorité de cette opposition n’a pas manifesté l’intérêt qu’il faut pour un mouvement aussi important. Plus le mouvement progresse, plus se creuse l’écart la séparant des masses populaires.13 » 

 Et si le changement venait du « bas » : la sociologie des émeutiers (troisième leçon) 

13. Sans verser nécessairement dans le mythe romantique du « petite peuple » à l’assaut du régime tyrannique, force est de constater, d’après les rares documents disponibles14, que la sociologie des émeutiers révèle le caractère extrêmement populaire des manifestants et même des « encadreurs politiques » du mouvement. On relève ainsi une prédominance des travailleurs journaliers, des précaires en tout genre, des étudiants chômeurs, des ouvriers, des petits employés, des épouses et des veuves de mineurs. Les seuls cadres du mouvement appartiennent généralement à la petite fonction publique tunisienne : ils sont instituteurs, professeurs de l’enseignement secondaire ou encore secrétaires dans une administration d’État mais jamais cadres supérieurs ou professions libérales. Ce n’est donc pas seulement la « Tunisie de l’intérieur » – Gafsa est à environ 350 km de Tunis – qui s’est mobilisée dans le bassin minier mais aussi « la Tunisie d’en bas », comme le confirme le tableau quasi ethnographique dressé par Ammar Amroussia : 

 « Ce mouvement a eu, dès son début, un caractère populaire large, ce qui l’a transformé en un soulèvement populaire proprement dit et ce malgré son aspect régional plus ou moins circonscrit. Toutes les catégories populaires ont adhéré à ce mouvement : ouvriers, chômeurs, fonctionnaires, commerçants, artisans, élèves, etc. Ceux qui y participent appartiennent à différentes générations, il y a des enfants, des jeunes, des adultes, des personnes âgées. Les femmes, même celles au foyer, ont pris part à la protestation et ont souvent joué un rôle d’avant-garde. Les divisions tribales, restées présentes dans la région et continuellement instrumentalisées par le pouvoir, ont disparu dans ce mouvement pour céder la place à l’appartenance sociale, de classe. Les habitants ont compris qu’ils vivent dans la même situation de misère, qu’ils partagent le même sort : le chômage, la marginalisation, la pauvreté, la dégradation du pouvoir d’achat et, en général, la détérioration de leurs conditions de vie.15 » 

 14. Toujours selon le même auteur, les élites intellectuelles seraient très largement restées en retrait du mouvement, quand elles ne l’ont pas purement et simplement méprisé :

 « On ne peut aussi que remarquer, écrit-il, la passivité de l’ensemble des intellectuels. Exception faite de quelques-uns qui ont été touchés par l’événement et qui l’ont abordé dans des articles, la majorité n’a pas été “ébranlée” ni inspirée par l’ampleur de l’événement. Ce qui prouve la profondeur de la crise que traversent les intellectuels et les créateurs en Tunisie. Ils ont été habités par un sentiment de désespoir et d’impuissance perdant confiance dans le peuple au point de ne plus hésiter à lui tourner le dos le taxant de “lâcheté” et “ingratitude” et à se jeter dans les bras du pouvoir ou se consacrer pleinement à leurs affaires personnelles. Quand le peuple a bougé et qu’il s’est révélé vivace, dynamique et entreprenant, ces intellectuels ne se sont pas remis de leur léthargie et quatre mois de résistance et d’affrontements sanglants n’ont pas pu agir sur leurs pensées et leurs esprits.16 »

 15. Les conclusions d’Ammar Amroussia sont particulièrement sévères pour les élites tunisiennes, et notamment celles du champ académique et artistique, et doivent probablement pour beaucoup à sa déception militante (l’auteur est proche des milieux d’extrême gauche). Toutefois, au-delà du propos engagé et désillusionné, c’est aussi une piste de réflexion pour les sociologues et les politologues qui se dessine : à trop nous focaliser sur les révolutions de Palais, les intrigues au sein de la famille (Ben Ali, Trablesi, Chiboub…), les querelles incessantes entre les leaders de l’opposition, l’attitude des soutiens occidentaux de la Tunisie officielle (USA, France, Italie, etc.), n’a-t-on pas trop rapidement écarté l’hypothèse d’un changement politique « par le bas » dans les prochaines années en Tunisie ?

Le rôle inattendu et renouvelé de l’opposition diasporique (quatrième leçon) 

16. Dès les premiers temps du mouvement de libération, l’Europe, en général, et la France, en particulier, ont constitué une base arrière pour les organisations politiques et syndicales tunisiennes. À certains égards, l’on peut dire que l’Hexagone apparaît comme le prolongement naturel de l’espace politique tunisien, se structurant autour d’un axe Tunis-Paris, souvent bien plus influent que les relations tissées entre la capitale et la « Tunisie de l’intérieur ». Dans son travail de doctorat, Michaël Béchir Ayari, a mis en évidence sur le temps long les effets politiques de cette dialogique tuniso-française qui a, tantôt contribué à amplifier les mouvements protestataires, en leur donnant un écho inespéré, tantôt aboutit à les freiner, en créant une sorte de dichotomie entre les « opposants de l’intérieur » et les « opposants de l’extérieur », les intérêts entre ces deux entités militantes ne coïncidant pas systématiquement (Ayari, 2009). Si la France a longtemps représenté la « Mecque de l’extrême gauche tunisienne » (Perspectivistes, trotskystes, communistes orthodoxes, gauchistes, tiers-mondistes, etc.), son influence avait pourtant tendance à décliner ces vingt dernières années, en raison de facteurs sociologiques « lourds », qui ne revêtent pas forcément une dimension politique immédiate : la distanciation existentielle avec la mère patrie s’est souvent traduite par une francisation objective de nombreux anciens « exilés politiques » tunisiens qui se sont progressivement éloignés des enjeux militants et politiques du pays d’origine : le mariage avec une Française, l’éducation des enfants au « pays de Voltaire », l’insertion progressive dans les enjeux professionnels politiques et syndicaux de la société française, ont constitué autant de facteurs qui ont produit un phénomène de distanciation avec les scènes politiques tunisiennes. L’arrivée massive des réfugiés politiques islamistes à l’horizon des années 1990 n’a pas fondamentalement changé les données du problème : si ces derniers, jusqu’à une période récente, sont restés attachés au mythe du retour et au culte d’une tunisianité islamique, nombre d’entre eux ont fini par se faire à l’idée que l’action oppositionnelle à l’étranger était vaine. Du coup, depuis quelques années, on assiste dans les milieux islamistes exilés en France et en Grande-Bretagne à une série de retours qui ne se font pas sur une base collective (accord politique entre Ennahda et le régime) mais sur des bases purement individuelles, avec la promesse de ne plus s’engager dans des actions contre le régime (repentance). Le phénomène des repentis n’est désormais plus négligeable au sein de la mouvance islamiste et les cas des « militants retournés » – aux deux sens du terme – de plus en plus fréquents.

17. Or, les derniers événements du bassin minier de Gafsa ont, en partie, démenti cette hypothèse « pessimiste » de la distanciation des Tunisiens de l’étranger à l’égard des enjeux internes à l’espace national. Contre toute attente, une partie de l’opposition tunisienne en exil a retrouvé dans le mouvement social de Gafsa l’occasion de jouer un rôle politique de premier plan et ceci à deux niveaux. 

 18. À l’échelon international d’abord, où une organisation comme la FTCR17, issue des mouvements de gauche et d’extrême gauche, et représentant aujourd’hui le courant tunisien « démocratique » et « laïque », a contribué à médiatiser l’événement, à jeter des ponts avec les organisations politiques et syndicales européennes, et à envoyer une aide logistique aux émeutiers. L’implication de la FTCR dans le mouvement social n’a d’ailleurs pas échappé aux tenants de l’appareil sécuritaire du régime qui ont fait condamner par contumace son président, Mouhieddine Cherbib, à deux ans de prison ferme (procès du 11 décembre 2008 et du 3 février 2009)18. Il est fort probable que, sans l’action d’une organisation comme la FTCR, la révolte du bassin minier n’aurait pas eu l’écho international qu’elle a connu, le ministère de l’Intérieur ayant « cadenassé » tous les moyens d’information et de communication, à tel point que les Tunisiens de France étant souvent davantage au courant de ce qui se passait réellement à Redeyef (épicentre du mouvement social) que les Tunisiens de l’intérieur eux-mêmes. 

 19. À l’échelon local, ensuite, où les réseaux migratoires originaires de la région du bassin minier se sont également fortement mobilisés pour venir en aide aux familles et aux victimes de la répression policière. Alors que la communauté tunisienne de France fait l’objet d’une étroite surveillance, via les consulats, l’Amicale des Tunisiens et les indicateurs dépêchés dans l’Hexagone par le ministère de l’Intérieur, les immigrés tunisiens et les Français d’origine tunisienne ont parfois bravé la peur pour se lancer dans des actions de protestation et d’information à destination de l’opinion publique européenne. C’est ainsi qu’à Nantes (Ouest de la France), ville qui compte une assez forte communauté immigrée originaire du bassin minier de Gafsa (2 000 à 3 000 personnes), des habitants ont créé un Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef qui a réuni plusieurs centaines de personnes19. Le fait est assez rare pour être signalé, car depuis de très nombreuses années, l’immigration tunisienne populaire (ouvriers et leurs familles) ne s’était plus mobilisée sur les enjeux politiques liés au pays d’origine par crainte de représailles. 

20. Bien sûr, ce sursaut politique de l’immigration tunisienne doit être largement relativisé. Il ne concerne au mieux que quelques milliers d’individus et quelques dizaines d’associations, dotés de moyens humains et financiers relativement modestes. Néanmoins, il est révélateur d’une tendance qui pourrait s’amplifier dans les prochaines années et signer le retour d’une opposition diasporique sur l’échiquier politique tunisien, susceptible d’apporter un appui logistique décisif aux « opposants de l’intérieur ». 

 La fuite en avant sécuritaire du régime : signe de force ou de faiblesse ? (cinquième leçon) 

 21. Si la gestion des conflits sociaux en Tunisie, sous Bourguiba comme sous Ben Ali, a rarement été marquée par son caractère pacifique – l’État étant toujours tenté de recourir à la force –, celle du mouvement du bassin minier se distingue par son extrême brutalité et par une certaine incohérence répressive. En effet, dans le conflit du bassin minier, le régime a donné plusieurs fois l’impression de perdre pied et les violences systématiques pratiquées sur les émeutiers font figure davantage d’aveu de faiblesse que de puissance. Le récit d’Ammar Amroussia souligne bien ces atermoiements du pouvoir dans sa riposte policière qui, en creux, a mis en évidence la désorganisation de l’appareil sécuritaire : 

 « Les forces de l’ordre ont été incapables de réaliser ce qu’elles accomplissaient aisément par le passé, en réprimant une contestation isolée et réduite à des minorités, ne serait-ce que parce que le mouvement est réellement populaire et que tous ceux et celles qui y ont participé sont déterminés à résister et à continuer leur lutte jusqu’au bout car ils n’ont plus rien à perdre, à part leurs chaînes. C’est pourquoi les forces de l’ordre qui sont intervenues violemment au début du mois d’avril 2008 puis au début du mois de mai ont vite perdu du terrain face à la détermination des habitants. Ce que les autorités pouvaient interdire habituellement aux partis et associations même légaux, aussi bien dans leurs sièges que dans les espaces publics, les contestataires l’ont fait au bassin minier à leur guise et sans aucune autorisation de la police. Ainsi, les marches traversaient les rues jour et nuit, les réunions ont lieu dans les espaces publics et les tracts et les bulletins politiques sont distribués en plein jour sous les regards de la police qui se contente de surveiller sans intervenir. Les habitants ont créé un rapport de force, sur le terrain, en leur faveur qui leur a permis de jouir de leurs droits de réunion, de manifestation, d’expression, etc. Les forces de l’ordre n’ont qu’une seule solution pour arrêter le mouvement, c’est la prise pure et simple des villes du bassin minier et le décret de l’état de siège et du couvre-feu pour empêcher toute activité.20 » 

 22. Le bilan humain des émeutes du bassin minier est particulièrement lourd : trois morts21, des dizaines de blessés, une centaine d’interpellations et d’arrestations, une trentaine d’inculpés et un retour en force de la torture pratiquée non seulement dans les commissariats de quartiers mais aussi dans les centres pénitentiaires où ont été déférés les leaders du mouvement social :

« Les avocats soutiennent que la plupart de leurs clients ont été victimes de torture et ont subi des traitements inhumains et dégradants tout au long de leur détention et notamment lors de la phase d’enquête ; qu’ils ont systématiquement fait état de cette atteinte gravissime à l’intégrité physique des “accusés” en particulier devant le juge d’instruction qui en a constaté la véracité. Ils présentent un tableau des principaux cas de torture allégués et constatés (dont on a pu vérifier la transcription dans l’ordonnance de clôture de l’instruction).22 »

23. In fine, ce que révèle la révolte du bassin minier, c’est l’emballement de la machine sécuritaire du régime et son incapacité à faire face à un mouvement social d’extraction populaire. En effet, depuis un certain nombre d’années, s’était installée en Tunisie une sorte de « routine sécuritaire » qui consistait à réprimer les oppositions « classiques », les défenseurs des droits de l’Homme et, ponctuellement, les manifestations de rues organisées par les syndicats étudiants et salariés. De ce point de vue, les rapports des ONG et les communiqués publiés par les associations indépendantes tendaient à refléter une certaine accoutumance à la répression, non que celle-ci soit considérée comme légitime ou normale, mais parce qu’elle devenait banale dans ses formes et ses méthodes. Or, confronté à une « révolte par le bas », animée non par des « professionnels de la contestation » mais par des citoyens ordinaires, les réflexes sécuritaires du régime ont été mis à l’épreuve, contribuant à se dévoiler au grand jour et, par effet de feed back, à accorder au mouvement social une victoire symbolique. N’est-ce pas là le signe d’un ébranlement du Pacte de sécurité23, ce contrat social implicite entre l’État et le peuple, que certains auteurs ont longtemps considéré comme le principal moteur du régime de Ben Ali ? 

Bibliographie 
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CAMAU Michel et GEISSER Vincent, 2003, Le syndrome autoritaire. Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, Paris, Presses de Sciences Po. 
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—, 2009, « Les organisations des droits de l’Homme dans la formule politique tunisienne : acteurs de l’opposition ou faire-valoir du régime ? », L’Année du Maghreb V, p. 163-182. 
GEISSER Vincent, FERRIE Jean-Noël et ROCCA Jean-Louis, 2009, « Autour d’un livre. La Force de l’obéissance. Économie politique de la répression en Tunisie, de Béatrice Hibou », Politique Africaine, n° 113, mars, p. 211-226. 
GOBE Éric, 2006, « Corporatismes, syndicalisme et dépolitisation », in Elizabeth PICARD (dir.), La politique dans le monde arabe, Paris, Armand Colin, p. 174-192.
—,2008, « Les syndicalismes arabes au prisme de l’autoritarisme et du corporatisme », in Olivier DABENE, Vincent GEISSER et Gilles MASSARDIER (dir.), Autoritarismes démocratiques et démocraties autoritaires au XXIe siècle, Paris, La Découverte, Coll. Recherches, p. 267-284. 
HAMZAOUI Salah, 1999, « Champ politique et syndicalisme en Tunisie », Annuaire de l’Afrique du Nord, XXXVIII, Paris, Éditions du CNRS, p. 369-380. 
HEUMANN Jean-Bernard, ABDELHAQ Mohamed (pseudonyme respectif d’Éric Gobe et de Larbi Chouikha), 2000, « Opposition et élections en Tunisie », Maghreb-Machrek, avril-juin, p. 29-40.
HIBOU Béatrice, 2006, La force de l’obéissance. L’économie de la répression en Tunisie, Paris, La Découverte. 
KHIARI Sadri, 2000, « Reclassements et recompositions au sein de la bureaucratie syndicale depuis l’indépendance. La place de l’UGTT dans le système politique tunisien », Paris, Centres d’Études et de Recherches Internationales, « Le Kiosque », http://www.ceri-sciencespo.com/archive/Dec00

Notes 
1 C’est notamment la mission dévolue au Fonds de solidarité nationale (FSN), organisme gouvernemental dont l’objectif est d’éradiquer les poches de pauvreté. Pour certains observateurs critiques, il s’agit, en réalité, d’une fiscalité déguisée, voire d’un racket fiscal opéré par le régime, sous couvert de générosité. Cf. Béatrice Hibou (2006).
2 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », Rapport publié par le Parti communiste des ouvriers tunisiens, Albadil Express, liste diffusion du PCOT, 12 janvier 2009 ; Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires » :www.crldht.org/.../PROCES_DU_11_DECEMBRE_2008_DEVANT_LE_TRIBUNAL_PENAL_DE_GAFSA.doc.
3 22e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Ben Ali.
4 Cité minière située à l’ouest de Gafsa, elle a été l’épicentre des mobilisations en 2008 et 2009. 
5 Dans son rapport rédigé pour le compte du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), Ammar Amroussia se montre particulièrement sévère sur l’indifférentisme des intellectuels tunisiens à l’égard de la « révolte du bassin minier » : « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit.
6 C’est notamment l’approche de terrain privilégiée par Amin Allal (2010). 
7 Pour un récit détaillé de la répression, cf. Éric Gobe et Larbi Chouikha (2009) ; Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op. cit. 
8 Sur le site web officiel du syndicat, son secrétaire général, Abdesellam Jerad se défend de toute inclinaison partisane, tout en revendiquant un rôle politique : « l’UGTT n’est l’assise sociale d’aucun parti politique et elle refuse de rester à l’écart de la vie publique sous prétexte d’indépendance » :http://www.ugtt.org.tn/fr/actualitees-details.php?id =376.
9 Sur le fonctionnement complexe de l’UGTT et ses relations avec le pouvoir, cf. Salah Hamzaoui (1999, p. 369-380), Sadri Khiari (2000). Voir égalementÉric Gobe (2008, p. 267-284).
10 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit. 
11 Comme le parti écologiste fantoche créé de toute pièce par le régime, le Parti vert pour le progrès (PVP) qui a publié un communiqué stigmatisant les émeutiers du bassin minier, tout en demandant une grâce présidentielle pour les condamnés : « le bureau politique désapprouve le soutien de certains prétendus défenseurs des droits de l’Homme tunisiens à ces étrangers ; soutien qui s’inscrit dans le cadre de la propagande politique au service d’agendas qui n’ont rien à avoir avec les aspirations actuelles du peuple et du pays. […] Le bureau réitère son appel au chef de l’État pour qu’il intervienne, conformément à ses prérogatives constitutionnelles, en graciant les personnes condamnées dans cette affaire et en faisant la joie de leurs familles et proches. Le PVP est totalement confiant dans la compassion du chef de l’État envers tous les Tunisiens, notamment les jeunes », cité par As-Sabah, 8 février 2009.
12 Voir Larbi Chouikha et Éric Gobe (2009, p. 163-182) ; Mohamed Abdelhaq et Jean-Bernard Heumann (2000, p. 29-40) ; Camau et Geisser (2003,p. 227-265). 
13 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit.
14 Pour se faire une idée de la sociologie des émeutiers, on peut se référer aux profils socioprofessionnels des prévenus aux procès de décembre 2008 et février 2009 rapportés par Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op cit., aux descriptions approfondies d’Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit., et, enfin, aux extraits des reportages vidéo sur les manifestations de rue tournés par Fahem Boukadous qui donnent un bon aperçu de la sociologie des acteurs du mouvement social : http://fr.rsf.org/tunisie-report-du-proces-de-fahem-23-03-2010,36071
15 Ammar Amroussia, op. cit.
16 Ibid. 
17 Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives. Cf. présentation de la FTCR par elle-même sur son site web : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view =article&id =226:presentation-de-la-ftcr&catid =52:histoire-mémoire.
18 Plusieurs appels ont d’ailleurs été lancés pour soutenir le président de la FTCR, Mouhieddine Cherbib, condamné pour « délit de solidarité » avec les émeutiers du bassin minier. Cf. notamment l’appel de la Ligue française des droits de l’Homme : « La LDH solidaire avec Mouhieddine Cherbib et avec la FTCR face à l’intimidation politico-judiciaire de la dictature tunisienne », 22 septembre 2008 :http://www.ldh-france.org/La-LDH-solidaire-avec-Mouhieddine.
19 Le 9 décembre 2008, le Collectif a organisé une réunion d’information et de sensibilisation sur le thème : « Justice et liberté pour les Tunisiens de Redeyef » :http://nantes.indymedia.org/article/15462
20 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op.cit.
21 Il s’agit de Hichem Ben Jeddou El Aleimi, chômeur de 24 ans, décédé par électrocution, de Nabil Chagra heurté accidentellement par un véhicule de la Garde nationale (gendarmerie) et de Hafnaoui Maghazoui tué par balles par la police le 6 juin 2008 à Redeyef. Cf. Éric Gobe, Larbi Chouikha (2009).
22 Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op. cit.
23 Béatrice Hibou (2006). Voir aussi la critique de la thèse du « Pacte de sécurité » par Vincent Geisser, Jean-Noël Ferrié et Jean-Louis Rocca (2009, p. 211-226) http://www.medimarpolitics.net/spip.php?article659

 

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La révolte du « peuple des mines » en Tunisie

 

En arrêtant fin juin plusieurs dirigeants du mouvement de protestation qui touche la ville de Redeyef, en les inculpant de délits graves (constitution de bandes en vue de commettre des agressions contre les personnes et les biens, déstabilisation de l’ordre républicain, violences sur des représentants de l’ordre, etc.), en conduisant des interrogatoires musclés, le pouvoir tunisien tente de mettre fin à une mobilisation qui a regroupé depuis le mois de janvier toute la population du bassin minier de Gafsa.

 

Par Karine Gantin et Omeyya Seddik

« Puisqu’ils veulent tant cette ville, on la leur laisse ! » En colère, les femmes de Redeyef, dans le bassin minier de Gafsa, décrètent l’évacuation générale, le mercredi 7 mai 2008. De nombreux habitants « démissionnaires » prennent la route avec un bagage improvisé pour protester contre l’invasion de leur ville par des troupes policières. Celle-ci les met en garde : s’ils gagnent ainsi la montagne, en direction de l’Algérie, ils seront accusés de trahison, à l’instar du village voisin qui avait demandé l’asile politique à ce pays quelques semaines plus tôt. Ils font donc demi-tour, convaincus par les membres du comité de négociation saisi par un pouvoir local désorienté. L’argument avancé les convainc: il faut rester… pour continuer la lutte.

Depuis le début de cette année, à quatre cents kilomètres au sud-ouest de Tunis, la population d’un bastion ouvrier, souvent rebelle par le passé (1), se construit ainsi sa propre histoire dans une révolte soudée, rageuse et fière. Elle affronte sans faillir une stratégie gouvernementale faite d’encerclement et de harcèlement policiers d’un côté, de contrôle des médias de l’autre.

Tout commence le 5 janvier 2008, jour où sont publiés les résultats, jugés frauduleux, du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’unique moteur économique de la région. De jeunes chômeurs occupent alors le siège régional de la centrale syndicale à Redeyef. Ils sont rejoints par les veuves des mineurs et leurs familles, qui installent leurs tentes devant le bâtiment. Le mouvement s’étend rapidement. Ouvriers, chômeurs, lycéens et habitants multiplient les grèves, les actions et les rassemblements. Sur fond de grande pauvreté et de flambée des prix, tous protestent contre la corruption d’un système local népotique et contre une politique de l’emploi injuste.

Redeyef est proche de la frontière algérienne. Comme les autres villes du bassin minier de Gafsa (Oum Larayes, Metlaoui, El Mdhilla…), elle vit sous l’empire de la CPG depuis la création de cette dernière en 1897, autour des gisements découverts par le Français Philippe Thomas (vétérinaire militaire, directeur de pénitencier agricole indigène, géologue amateur).

L’extraction des richesses du sous-sol s’y est faite, dès les origines, selon les méthodes typiques du modèle colonial (2) : accaparement des terres par l’expropriation brutale des populations indigènes ; exploitation intensive des ressources naturelles ; extraction à forte consommation de vies humaines et à forte production de déchets polluants ; rapports de travail et de pouvoir appuyés sur les allégeances clientélistes, claniques et familiales (3).

Phosphates, clientélisme et corruption

La plupart de ces traits ont survécu à la décolonisation, sous des formes renouvelées. La CPG, qui a fusionné en 1996 avec le Groupement Chimique Tunisien (GCT), reste le principal pourvoyeur d’emploi de la région. Au cours des vingt cinq dernières années, la modernisation de la production, la fermeture progressive des mines de fonds au profit de celles à ciel ouvert a réduit la pénibilité du travail et le taux de mortalité parmi les ouvriers. Mais cette modernisation, articulée à l’application du « plan d’ajustement structurel », a réduit d’environ 75% les effectifs employés de la compagnie.

Aujourd’hui, seules cinq mille personnes sont y directement employées . Elles bénéficient d’un statut et de conditions de travail enviés par tous dans une région où le chômage frappe 30% de la population active (le double du taux national), selon des chiffres officiels discutés. Autour de la compagnie gravitent de nombreuses entreprises de sous-traitance, avec leurs emplois précaires et sous-payés. Le petit commerce, notamment avec l’Algérie voisine, complète le tableau de l’emploi. Pour trouver du travail, certains risquent leur vie en traversant la Méditerranée. D’autres s’installent dans les banlieues pauvres des villes de la Tunisie « utile », celle du littoral.

Les cinq mille postes de la compagnie ainsi que les fonds destinés à la reconversion sont gérés en collaboration étroite avec l’UGTT. Jusqu’à ces dernières années, la stabilité de la région était obtenue avec une modeste redistribution des bénéfices énormes que génère l’industrie phosphatière, selon de subtils équilibres claniques et familiaux garantis par les dirigeants régionaux de la centrale syndicale et du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Ces dirigeants étaient en même temps les représentants ou les interlocuteurs des principales tribus, les Ouled Abid et les Ouled Bouyahia. La diminution progressive des ressources à distribuer et la généralisation de la corruption, alors même que le cours international du phosphate flambe, ont rompu ces équilibres. La direction régionale de l’UGTT est devenue le centre d’une oligarchie qui ne fait plus bénéficier que ses amis et parents directs des miettes de la rente phosphatière. Elle est le représentant local le plus puissant de ce que les habitants ne voient plus que comme un pouvoir « étranger » injuste.

« Nous le peuple des mines, nous ne sommes jamais injustes, mais si on est injuste envers nous, alors… » La phrase se conclut sur un juron explicite. Cette banderole est déployée à l’une des entrées de Redeyef, un quartier pauvre et marginalisé, théâtre d’affrontements récents avec la police. Au fil des mois, depuis janvier, la mobilisation n’a pas faibli. Au contraire, les actions des chômeurs, des diplômés sans emploi de l’université sont renforcées par des occupations et des manifestations, dans lesquelles se retrouve toute la population. Les sit-in des familles des invalides de la Compagnie et des morts à la mine se conjuguent aux actions des ouvriers licenciés. Les protestations des mères dont les fils ou les maris sont emprisonnés à la suite des premières manifestations ont débouché sur une grève générale qui touche jusqu’aux petits commerçants.

La nuit, les jeunes patrouillent dans Redeyef par petits groupes pour la protéger, après avoir sonné le rassemblement à l’aide de pierres cognées contre les structures métalliques d’un pont. Ils appellent ça « les tambours de la guerre » et usent d’un vocabulaire qui convoque les traditions des tribus guerrières, prêts qu’ils sont à s’affronter avec les policiers… ou à leur voler leurs sandwichs pour les redistribuer. Le ton général reflète une impressionnante cohésion populaire que les forces de l’ordre ne parviennent pas à rompre. En dépit du contrôle étatique des médias, le soulèvement de cette région enclavée, représente le mouvement social le plus long, le plus puissant et le plus mûr qu’ait connu l’histoire récente de la Tunisie.

Le pouvoir y a répondu par une répression de plus en plus brutale qui a fait au moins deux morts, des dizaines de blessés et de détenus. Des familles ont été brutalisées, des biens privés saccagés. Le déploiement d’unités blindées de l’armée a renforcé le siège du bassin minier durant le mois de juin. L’escalade de la violence d’Etat se manifeste par l’utilisation de balles réelles, la multiplication des enlèvements de jeunes pour interrogatoire et emprisonnement, et par des ratissages militaires dans les montagnes environnantes, en vue de retrouver ceux qui tentent d’échapper à la torture.

Plusieurs groupes de jeunes ont déjà été traduits devant les tribunaux pour des procès d’où la population accourue a été tant bien que mal écartée par les forces de l’ordre. La lourdeur des peines diffère du tout au tout, d’un procès à un autre, signe que le pouvoir hésite sur la stratégie à tenir.

L’opposition, à Tunis, ainsi que des comités de soutien, à Nantes, où vit une communauté immigrée originaire de Redeyef, à Paris (4), ou encore à Milan, se battent pour casser le blocus de l’information. Mais la mobilisation reste circonscrite. Politiquement exsangue, passée depuis longtemps sous rouleau compresseur d’un régime policier, la société civile tunisienne peine à réagir. Le pouvoir n’évoque les événements que pour incriminer des « éléments perturbateurs ». Est-ce pour cela que le soulèvement ne s’est pas étendu au-delà de la ville de Feriana, dans le gouvernorat voisin de Kassérine?

Dans Redeyef, le vent de la contestation a sculpté un nouveau quotidien. Le siège local de l’UGTT, en plein centre-ville, a été réquisitionné, au nez de la sous-préfecture voisine ; il est devenu le quartier général des habitants en révolte. Les hommes de main de la direction régionale de l’UGTT ont bien tenté de le reprendre en y apposant des cadenas… La population a imposé sa réouverture. Au rez-de-chaussée du local, qui abrite les réunions, le café sert d’agora permanente. La vaste terrasse qui le prolonge accueille les rassemblements autour d’orateurs postés au balcon du premier étage. Lors des meetings, la présence des femmes est notable. Juste en face, on distribue les tracts et les journaux de l’opposition. C’est là que se dressait, jusqu’en juin, une baraque marchande, celle de Boubaker Ben Boubaker, dit « le chauffeur », diplômé chômeur, vendeur de légumes, connu entre autres être l’auteur d’une lettre ironique et drôle sur les solutions au chômage, adressée au ministre de l’éducation. La police a fait irruption chez lui; sa baraque a été mise à sac. Comme d’autres opposants, il s’est enfui dans la montagne.

« Il nous faut obtenir un résultat positif. Les gens doivent savoir que la lutte pacifique n’a pas été vaine. Sinon, ce sera catastrophique… ». M. Adnane Hajji, secrétaire général du syndicat de l’enseignement élémentaire dans la ville de Redeyef, et figure charismatique du mouvement, a su s’imposer par-delà les rivalités et les clans locaux. Il jouit d’une grande popularité, y compris auprès des ménagères et des gamins. Il sait que le rêve est allé loin déjà et que toute tentative de retour en arrière pourrait avoir des conséquences incontrôlables. M. Hajji a été arrêté chez lui, dans la nuit du 20 au 21 juin, puis inculpé. Les autres animateurs du mouvement sont tous recherchés.

Pour M. Hajji, le nœud de la situation reste régional. Certes, les panneaux électoraux « Ben Ali 2009 », qui annoncent la prochaine élection présidentielle, sont souvent enlevés par la population depuis le début du mouvement, quand ils ne sont pas détournés par une surenchère moqueuse du type « Ben Ali 2080 » ou « Ben Ali 2500 »… Mais lors des rassemblements et des réunions, les militants politiques sont priés de ne pas afficher leur appartenance.

En effet, dans le bassin minier, la population ne croit guère, pour l’instant, à un changement imminent à la tête de l’Etat (5). Seule une forte campagne de solidarité nationale et internationale, ou une extension de la contestation à d’autres régions, pourrait desserrer l’étau. En attendant, le mouvement réclame la fin de la répression et l’ouverture de vraies négociations pour une sortie de crise honorable. Il demande l’annulation des résultats du concours de recrutement jugé frauduleux, un programme d’embauche des diplômés sans emploi, l’implication de l’Etat dans la création de grands projets industriels, le respect des normes internationales relatives à l’environnement, des services publics accessibles aux plus pauvres, par exemple pour l’électricité, l’eau courante, l’éducation, la santé… La devise qu’il s’est choisie : « détermination et dignité. »

Karine Gantin et Omeyya Seddik

Respectivement journaliste et politologue, memebre de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
Oumayya Seddik a séjourné sur place durant le mois de mai.

1) Cf. à propos de la grève dans le bassin minier de mars 1937 et de la représsion violente qui a causé la mort de dix-sept mineurs, le très beau texte de Simone Weil, «Le sang coule en tunisie », publié dans le recueil Ecrits historiques et politiques, Gallimard Paris, 1960. Elle y polémique contre le Front populaire qui prétend défendre la classe ouvrière et ferme les yeux sur les crimes commis contre elle dans les colonies. D’autre part, deux ans après la grève de 1978, se sont déroulésles «évenements de Gafsa«, au cours desquels la région a été la base d’une tentative de coup d’Etat. Lire aussi Khémais Chamari, « L’alerte tunisienne«, Le Monde diplomatique, mars 1980.

2) Lire Paul Vigné d’Octon, La Sueur du Bournous (1911), Les Nuits rouges, Paris 2001. L’auteur fut député de l’Hérault puis rapporteur spécial de l’Assemblée nationale sur la situation des colonies sous la III° République.

3) A propos du système de contrôle du territoire par le protectorat et l’articulation aux pouvoirs traditionnels, lire la thèse d’Elisabeth Mouilleau (1998), Fonctionnaires de la République et artisans de l’Empire. Le cas des contrôleurs civils en Tunisie, 1881-1956, L’Harmattan, Paris 2000.

4) C/oFTCR, 3,rue de Nantes, Paris 19°, www.ftcr.eu

5) Sur l’origine et l’évolution du pouvoir de M. Zine El-Abidine Ben Ali, lire Kamel Labidi, «La lonque descente aux enfers de la Tunisie » Le Monde diplomatique, mars 2006. http://nawaat.org/portail/2008/07/04/la-revolte-du-peuple-des-mines-en-tunisie/

 

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La révolte du bassin minier de Gafsa, en Tunisie (4 juin 2008) 

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Depuis le début de l’année, le bassin minier de Gafsa, en Tunisie, est en état d’ébullition sociale. Dans cette région d’exploitation du phosphate, la Compagnie des Phosphates de Gafsa règne en maître absolu. Elle est appuyée par le régime despotique et corrompu de Ben Ali. Outre la pollution liée aux activités d’extraction et de traitement, la pauvreté et le chômage de masse ont déclenché un vaste mouvement de protestation.

Les travailleurs et les jeunes du bassin minier se mobilisent pour leur dignité, pour des emplois, pour de meilleures conditions de logement, de santé et d’éducation. Ils dénoncent un régime de spoliation, de pillage économique et social. Les grèves se sont multipliées. Les enseignants, certaines branches de la fonction publique et même des petits commerçants se sont mobilisés.

Le mouvement prend diverses formes. Par exemple, dans plusieurs villes du bassin, de jeunes chômeurs et des veuves de travailleurs victimes d’accidents du travail à la Compagnie des Phosphates organisent des « sit-in », sous des tentes, devant des bâtiments officiels. Le régime de Ben Ali a violemment réprimé ce mouvement, de peur que Redeyef ne devienne le symbole de la colère des jeunes et des travailleurs à travers tout le pays, et que le mouvement ne fasse tache d’huile. Des centaines d’interpellations ont eu lieu depuis le début de l’année. Les forces de l’ordre harcèlent et brutalisent quotidiennement la population mobilisée. La ville est pratiquement en état de siège. Ainsi vont les choses dans le pays où, selon Sarkozy, « l’espace des libertés progresse » !

La région de Gafsa est connue pour ses traditions militantes et révolutionnaires. Cette année marque le trentième anniversaire de la grève qui, du temps de Bourguiba, a commencé dans le bassin minier de Redeyef, s’est étendue aux travailleurs et à la jeunesse de toute la région de Gafsa, pour finalement déboucher sur une grève générale d’ampleur nationale. A l’époque, la répression brutale de ce mouvement a fait des centaines de morts. Des milliers de travailleurs et syndicalistes ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

 

Le soi-disant « miracle économique »

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Le régime de Ben Ali se vante du « mi

racle économique » en Tunisie. Mais à qui profite cette croissance qui repose essentiellement sur le tourisme de masse ? Aux capitalistes qui dominent l’industrie touristique et en accaparent tous les bénéfices. D’immenses fortunes s’accumulent grâce à la spéculation immobilière, pendant que la masse de la population languit dans le chômage et la misère. Alors que les entreprises françaises, espagnoles et allemandes se délocalisent vers la Tunisie pour profiter d’une main d’œuvre sous-payée et surexploitée, d’autres entreprises jettent leurs salariés à la rue et quittent la Tunisie pour trouver ailleurs des ouvriers encore moins chers. Autre conséquence du « miracle » Ben Ali : des centaines de jeunes tentent de fuir le pays par la mer, sur des embarquements de fortune. Beaucoup finissent par se noyer.

Le 7 mai, Redeyef, une ville de 30 000 habitants, était encerclée par la police. Selon des témoins, plusieurs centaines d’habitants – hommes, femmes et enfants – munis du strict nécessaire ont tenté de quitter la ville avec l’intention de l’abandonner aux forces de l’ordre. Ils en ont été dissuadés par les animateurs du comité de grève, et ont finalement décidé de rester sur place et poursuivre la lutte. Effectivement, une « évacuation en masse » de ce genre n’aurait pas été un moyen de lutte efficace. Quoi qu’il en soit, cet épisode illustre l’énorme gouffre qui s’est ouvert entre le peuple et les autorités. Il témoigne aussi de l’exaspération d’une population face au comportement des dirigeants syndicaux « officiels », notoirement corrompus et complètement à la solde du régime. Main dans la main avec ce dernier, ces « dirigeants » syndicaux se sont efforcés d’isoler et de démoraliser les grévistes et la population en révolte.

Deux jours plus tard, le 9 mai, Taher Saidi, 44 ans, a été grièvement blessé lors d’une intervention des forces de l’ordre dans la ville de Om Larais (35 000 habitants). Il est décédé le 19 mai à l’hôpital régional de Gafsa.

L’incident qui a provoqué les événements du 7 mai est la mort d’un jeune chômeur qui, la veille, avait été électrocuté à l’intérieur d’un local électrique, suite à une intervention particulièrement brutale des forces de l’ordre contre une manifestation de jeunes chômeurs. Ils protestaient contre les résultats pour le moins opaques – entachés de clientélisme – du concours d’entrée à la Compagnie des Phosphates de Gafsa, laquelle s’était engagée à recruter des jeunes chômeurs de la région, en janvier. Un groupe a décidé d’occuper le générateur électrique – hors tension – alimentant les ateliers de l’entreprise. Une brigade de police armée de gaz lacrymogènes a entrepris de faire évacuer le générateur. Le courant a été rétabli et plusieurs jeunes manifestants ont été électrocutés. Les secours ne sont intervenus que plusieurs heures après l’accident. Le jeune qui a trouvé la mort avait 26 ans. Il s’appelait Hichem Ben Jeddou El Aleimi. Un autre, Ahmed Ben Salah Fajraoui, 21 ans, a été grièvement blessé.

Par ailleurs, le régime de Ben Ali a procédé à l’arrestation de plusieurs militants, dont les étudiants Nejib Znaïdia et Jihed Ben Ali, mais aussi les chômeurs Houcine Ben Soltane, Abid Tababi, Ismail Hlaimi et Atef Ben Salehn. Ils attendent d’être jugés au tribunal le 29 mai.

Les étudiants et les chômeurs incarcérés, comme l’ensemble des habitants du bassin minier de Gafsa, ont besoin de notre solidarité. Cependant, de simples déclarations de solidarité ne suffisent pas. Face au mur de silence médiatique qui entoure les événements du bassin minier de Gafsa, La Riposte demande à toutes les organisations syndicales et aux partis de gauche de faire ce qu’ils peuvent pour porter cette lutte à la connaissance des travailleurs, en France et à l’échelle internationale. Les syndicats, dans les secteurs de la presse écrite et de l’industrie audiovisuelle, ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Les syndicats des personnels des aéroports et de l’industrie du tourisme devraient également se mobiliser pour dénoncer la répression. Il faut lancer des actions de grève et de boycott syndical qui frappent directement les intérêts capitalistes en Tunisie. La solidarité passe aussi par la collecte et l’envoi de fonds pour soutenir la lutte. http://www.lariposte.com/la-revolte-du-bassin-minier-de,1035.html

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:01

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