Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 07:55

Des milliers de personnes aux funérailles des victimes des attentats


Des milliers de personnes ont participé samedi aux funérailles des 44 personnes tuées la veille dans des attentats suicide à Damas, où la délégation de la Ligue arabe a rencontré le chef de la diplomatie syrienne, une rencontre qualifiée de "positive" par les autorités syriennes.

 
Des milliers de personnes ont participé samedi aux funérailles des 44...

 

Des milliers de personnes ont participé samedi aux funérailles des 44 personnes tuées la veille dans des attentats suicide à Damas, où la délégation de la Ligue arabe a rencontré le chef de la diplomatie syrienne, une rencontre qualifiée de "positive" par les autorités syriennes.
Les Frères musulmans, un mouvement d'opposition, ont accusé le régime d'être derrière les attentats et de vouloir leur faire porter la responsabilité de ces attaques. Les autorités syriennes y avaient vu pour leur part "la main d'Al-Qaïda".

 
Et la répression s'est poursuivie: 20 civils ont été tués samedi à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
 

Des milliers de personnes ont participé à la cérémonie funéraire à la mosquée des Omeyyades, dans la vieille ville de Damas, au lendemain de ces attaques sans précédent depuis le début de la contestation mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad. Visant des bâtiments de la sécurité, elles ont fait également plus de 150 blessés.
 

A l'extérieur de la mosquée, une foule brandissait des portraits de M. Assad et des bannières du parti Baas, au pouvoir dans ce pays.
 

Le ministre des Biens religieux, Abdel Sattar al-Sayyed, a lu dans la mosquée un communiqué commun publié par des dignitaires religieux chrétiens et musulmans. Ces derniers ont dénoncé "les attentats criminels perpétrés vendredi (...) ainsi que les assassinats, les destructions et le sabotage commis (dans le cadre) d'un complot dangereux ourdi contre la Syrie", et ont appelé la Ligue arabe et l'ONU à "assumer leur responsabilité".
 

Dans le même temps, une rencontre a eu lieu entre une délégation conduite par Samir Seif al-Yazal, adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe, et le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem.
"La réunion samedi matin avec le ministre Walid Mouallem, qui a porté sur les besoins de la mission, a été positive", a affirmé à l'AFP Jihad Makdissi, porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.
 

M. Yazal était arrivé jeudi à Damas pour préparer la mission des observateurs arabes, qui sont attendus lundi dans la capitale syrienne. Selon lui, ces observateurs seront "plus de 50 experts arabes dans différents domaines, notamment politique, droits de l'Homme, militaire".
Dans un communiqué au Caire, le chef de l'organisation panarabe, Nabil al-Arabi, a dénoncé les attentats de Damas, tout en promettant: de "tels actes criminels n'empêcheront pas la mission des observateurs de la Ligue arabe de mener à bien sa tâche".
 

La Turquie, qui a coupé les ponts avec Damas, son ancien allié, pour protester contre la répression, a également condamné ces attentats. "La Turquie est contre le terrorisme quelle que soit sa source ou sa raison et elle considère que les attaques à Damas hier s'inscrivent dans ce cadre et les condamne", a écrit le ministère turc des Affaires étrangères.
 

Alors que l'opposition considère la venue des observateurs arabes comme une manoeuvre dilatoire du régime, les Frères musulmans ont accusé samedi Damas d'avoir "mis en scène" les attentats de la veille "afin de détourner l'attention (des observateurs arabes) des manifestations hebdomadaires".
Ils l'ont en outre accusé d'avoir "fabriqué de toute pièce" un autre communiqué revendiquant les attaques au nom des Frères.
 

Il s'agit d'une "page fabriquée de toute pièce en notre nom sur internet", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la confrérie, Zouhair Salem, réagissant à ce communiqué mis en ligne sur un site internet se présentant comme étant celui des Frères en Syrie.
 

Vendredi, le Conseil national syrien (CNS), principal mouvement d'opposition dont la confrérie fait partie, avait déjà imputé au régime la "responsabilité directe" des attentats, y voyant "un message de mise en garde aux observateurs arabes, pour qu'ils ne s'approchent pas des centres de sécurité".
 

L'OSDH a exhorté samedi l'équipe de la Ligue arabe à se rendre "immédiatement" à Homs, haut lieu de la contestation, après la mort samedi de quatre civils "portant des traces de torture".
Vingt personnes au total ont été tuées samedi par les forces de sécurité, dont huit à Homs (centre) et trois à Deraa (sud), selon l'OSDH.
Selon une estimation de l'ONU, la répression en Syrie a fait au moins 5.000 morts depuis la mi-mars.

source elwatan

 

 

______________________________________

La délégation arabe doit rencontrer le chef de la diplomatie au lendemain des attentats


La délégation de la Ligue arabe devait rencontrer samedi le chef de la diplomatie syrienne à Damas, où deux attentats suicide sans précédent depuis le début de la révolte en mars ont fait 44 morts vendredi, plusieurs pays s'inquiétant de leur impact sur la mission des observateurs.

 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a par ailleurs exhorté l'équipe de la Ligue arabe à se rendre "immédiatement" à Homs, haut-lieu de la contestation, après la mort samedi de quatre civils "portant des traces de torture".

 

Selon le ministère de l'Intérieur, 44 personnes ont été tuées et 166 blessées dans ces deux attaques ayant visé la Direction de la sûreté générale, le plus important service de renseignement civil, ainsi qu'un bâtiment de la sécurité militaire.

 

Damas y a vu "la main d'Al-Qaïda" alors que l'opposition a accusé le régime de ces attentats, survenus au lendemain de l'arrivée d'une délégation arabe qui doit préparer la venue d'observateurs, prévue lundi.

 

"Nous allons continuer notre travail", avait assuré vendredi sur les lieux du drame l'adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe, Samir Seif al-Yazal, qui dirige la délégation.

M. Yazal a précisé que la mission devait rencontrer samedi le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem.

Il a indiqué que "la mission d'observation partirait pour Damas lundi", et qu'elle comprendrait "plus de 50 experts arabes dans différents domaines, notamment politique, droits de l'Homme, militaire".

 

Le Conseil national syrien (CNS), principal mouvement d'opposition, a imputé au régime la "responsabilité directe" des attentats. Il a accusé le régime d'avoir "voulu adresser un message de mise en garde aux observateurs arabes, pour qu'ils ne s'approchent pas des centres de sécurité".

Le CNS accuse en outre le régime d'avoir transféré "des milliers de détenus (...) vers des casernes militaires fortifiées" où les observateurs de la Ligue arabe n'ont pas accès, et "mis en garde (...) tous ceux qui travaillent dans les hôpitaux pour qu'ils ne parlent pas aux observateurs arabes".

 

Les militants anti-régime, dénonçant l'apathie de la Ligue arabe face à la répression, ont manifesté vendredi dans plusieurs villes du pays contre la signature du protocole sur l'envoi des observateurs.

La répression des manifestations vendredi a fait 24 morts civils, selon l'OSDH qui fait état samedi de la découverte des corps de quatre personnes portant des traces de torture dans la ville de Houlé (province de Homs).

Ces personnes avaient été interpellées par les milices du régime peu après minuit, a affirmé l'OSDH qui appelle la délégation arabe à se rendre "immédiatement" à Homs pour constater "les violations flagrantes des droits de l'Homme".

L'OSDH a par ailleurs fait état de deux morts samedi lors de funérailles à Nawaa, dans la province de Deraa (sud), berceau de la contestation contre le régime.

Il a aussi affirmé que d'importantes forces militaires avaient "pris d'assaut" la localité de Basr al-Harir et la région d'al-Loujat, dans cette même province.

Elles sont "à la recherche de dizaines de soldats dissidents cachés dans cette région", précise l'OSDH qui dit craindre que ces déserteurs "connaissent le même sort que ceux qui avaient été massacrés lundi dernier à Jabal al-Zaouia", dans la province d'Idleb (nord-ouest).

 

A l'étranger, Washington estimé que les attentats suicide de vendredi ne devaient pas remettre en cause la mission des observateurs.

La France s'est dite elle "préoccupée par les informations faisant état de manipulations orchestrées depuis plusieurs jours par Damas pour maquiller la réalité de la répression" aux yeux des observateurs arabes.

Londres a demandé à Damas de laisser un "libre accès" à ses observateurs.

Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé la Syrie à appliquer "complètement" le plan de la Ligue arabe.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné dans les termes les plus forts les attentats" et présenté ses "condoléances les plus sincères aux victimes de ces actes odieux et à leurs familles ainsi qu'au peuple syrien". D'ordinaire, il présente ses condoléances au gouvernement du pays touché par ce genre d'attaques.

 

L'Iran, principal allié de la Syrie, a "condamné avec force" les attentats. "Les menaces à la sécurité nationale de la Syrie et l'instabilité, que les ennemis cherchent à provoquer, ne sont pas une menace seulement pour les Syriens mais aussi pour d'autres nations dans la région", a-t-il prévenu.

Selon une estimation de l'ONU, la répression en Syrie a fait au moins 5.000 morts depuis la mi-mars.

source tempsreel.nouvelobs

 

 

__________________________________________________________________________

Point de vue 

 

Le régime s’inspire des dictatures déchues mais reproduit leurs erreurs...

Assad recourt à Al-Qaïda mais ne parvient plus à convaincre

 

Ce que craignaient les Syriens depuis des mois s’est produit hier vendredi à Kafar Soussa, la citadelle « imprenable et impénétrable » des services syriens, à Damas. Deux attentats contre des cibles sécuritaires « fictives », mais des victimes civiles « réelles » et une tentative d’intimider les observateurs arabes et de retourner l’opinion internationale en faveur du régime.

 

Selon plusieurs sources syriennes, confirmées par des diplomates arabes,« les attentats de Damas, survenus hier vendredi, sont un pur produit des services syriens, qui les ont immédiatement attribués à Al-Qaïda », avant de les faire revendiquer, ce samedi, par les Frères musulmans, grâce au piratage de leur site. Les mêmes sources s’interrogent en effet comment les autorités ont pu boucler leur enquête en moins d’un quart d’heure et conclu à la responsabilité d’Al-Qaïda, dans un quartier quadrillé par les forces du régime ? La vitesse à laquelle l’enquête s’est déroulée et s’est achevée contraste avec celle qui, près de trois ans après, n’a pas encore fait la lumière sur l’assassinat du chef des opérations du Hezbollah, Imad Moghnieh, dans le même quartier de Kafar Soussa (sans parler des enquêtes relatives aux assassinats mystérieux de responsables impliqués dans l’assassinat de Rafic Hariri).

Pour confirmer l’hypothèse de faux attentats organisés par le régime, les analystes renvoient aux déclarations du Mufti de la République, Ahmed Hassoun, qui a récemment reconnu que le régime dispose de kamikazes et menace de les faire pulvériser en Occident et, à plus forte raison, en Syrie. De même, les experts rappellent les mises en garde lancés par un officier syrien, en janvier 2011, bien avant le déclenchement de la révolte syrienne à Deraa, le 15 mars affirmant que des attentats sont redoutés en Syrie pour sauver le régime d’Assad. Des révélations inquiétantes : le régime a plusieurs flèches à son arc (30 janvier 2011).

Selon nos sources, « les services syriens ont choisi de frapper hier, un vendredi, jour de repos hebdomadaire, de façon à limiter les dégâts. Les quelques fonctionnaires de garde étaient absents, hier, à la demande de leur hiérarchie. Les victimes des explosions sont essentiellement des civils. Parmi la quarantaine de morts, certains avaient déjà succombé à la torture dans les centres de détention. Les attentats ont ainsi servi à camoufler leur mort. D’autres détenus avaient été transportés dans les centres sécuritaires, pour échapper à la vigilance des observateurs de la Ligue arabe, dont les premiers sont arrivés à Damas jeudi. Pour les mêmes raisons, des sources syriennes affirment que des centaines de détenus ont été enfermés dans des conteneurs et placés sur les bateaux qui mouillent au large des côtes. Ils ne seront ainsi jamais recensés par les observateurs ».

Plusieurs jours avant l’attentat, Damas avait préparé le terrain avec l’appui de ses agents au Liban, lesquels avaient annoncé que « des membres de l’organisation terroristes s’infiltraient depuis le Liban vers la Syrie ». Le ministre libanais de la Défense Fayez Ghosn, proche de Sleimane Frangieh, un allié indéfectible de Bachar Al-Assad, s’est royalement moqué du monde : « ses services ont vu, identifié et compté les terroristes traversant clandestinement la frontière ». On peut légitimement s’interroger pourquoi les services libanais n’ont pas interpellé ces terroristes, se contentant de prévenir leurs homologues Syriens de l’imminence de la menace ? En fait, les Libanais ne sont pas dupes. Ils n’ont pas oublié que les terroristes ont été implantés chez eux par l’occupation syrienne. Les affaires de Denniyeh en 2000 et de Nahr el Bared en 2007 sont toujours gravées dans les esprits, de même que les groupes armés introduits en Irak à travers la Syrie, depuis 2003. Les Libanais redoutent par dessus tout que les déclarations de leurs responsables affiliés à Damas ne préparent le terrain à une intervention militaire syrienne au pays du Cèdre sous orétexte d’une guerre préventive contre les extrémistes, basés notamment dans les zones limitrophes (Akkar, Bekaa) et qui sont des fiefs des souverainistes. Le régime syrien étendra ainsi son contrôle sur le Liban, prend ce pays en otage et renforcera ainsi ses positions pour mieux négocier son immunité. Par la même occasion, il déplacera le conflit et fera taire ses opposants. Les récentes manœuvres des forces balistiques, aériennes et de la marine attestent de cette disposition.

En effet, la stratégie syrienne consiste en une fuite en avant, visant à terroriser à la fois l’opposition et la Ligue arabe et à se « victimiser » aux yeux de la communauté internationale. Cette stratégie s’inspire des exploits de Ben Ali en Tunisie, de Kadhafi en Libye et de Moubarak en Egypte, exploits qui n’ont cependant pas éviter leur chute. D’autant plus que Bachar al-Assad est encore davantage vomi par les siens que ne l’ont été les autres dictateurs. Le plus surprenant est le soutien qu’apporte, encore aujourd’hui, l’Eglise maronite au Liban au dictateur syrien. Hier, au moment où les attentats étaient « programmés » à Damas, l’évêque Samir Mazloum (également un proche de Frangieh) était l’invité de la télévision du Hezbollah. Sur « Al-Manar », ce proche du Patriarche Bechara Raï a réitéré ses mises en garde contre« l’installation, en Syrie, d’un régime extrémiste qui ferait regretter Assad ». Mazloum a également justifié les positions du Patriarche favorable à Assad et à l’armement du Hezbollah prises lors de sa visite à Paris, positions qui demeurent « injustifiées et injustifiables » aux yeux des Libanais.

Aujourd’hui, le régime syrien tente de berner l’opinion publique en se présentant comme victime d’Al-Qaïda et d’être soutenu par les chrétiens libanais. Mais il n’échappe à personne que ce même régime avait manipulé Al-Qaïda (au Liban et en Irak), et avait longtemps massacré les chrétiens libanais. De ce fait, « ceux qui croient encore à son discours sont ses complices et seront traités en tant que tels », préviennent les opposants syriens.

source : mediarabe

 

 

_____________________

Un autre point de vue


CONSÉQUENCE DE LA GUERRE EN LIBYE ET DE LA SITUATION QUI PRÉVAUT EN SYRIE

L'Afghanistan se rapproche du Maghreb et du Moyen-Orient

 

Le scénario afghan avec le retour de «combattants» algériens pour fortifier les rangs du groupe islamique armé (GIA) semble se reproduire avec, cette fois, la guerre en Libye et la situation sécuritaire en Syrie. L'information donnée par un site libyen hostile au Conseil national de transition (CNT) dans le pays, selon laquelle Abdelhakim Belhadj, ancien membre du groupe islamique combattant libyen, converti en «révolutionnaire» lors du conflit armé avec le «poste» de «gouverneur militaire de Tripoli» se serait rendu en Syrie pour coordonner le soulèvement armé contre le pouvoir en place, semble se confirmer par un compte rendu intitulé 

 

«Des Libyens épaulent les insurgés syriens», paru dans l'édition d'hier du quotidien français Le Figaro. Le journal donne des détails sur l'entrée, au pays de Bachar El Assad, de «combattants» libyens, bien armés et bien équipés, soucieux d'«exporter» la guerre comme ils ont tenté de le faire pour l'Algérie. Le compte rendu publié par Le Figaro serait à prendre au sérieux puisque l'envoyée spéciale du quotidien a accompagné, en sol syrien, trois «combattants» libyens, dont Adem Kikli, présenté comme étant «un proche de Abdelhakim Belhaj, l'ancien djihadiste devenu gouverneur militaire de Tripoli». Le reportage réalisé par l'envoyée spéciale du Figaro accompagne les trois «combattants» et décrit leur rencontre avec des «insurgés» syriens en lutte armée contre le pouvoir en place. Cette dernière assiste à la remise de matériel de guerre par les trois «combattants» libyens à des insurgés syriens. Le compte rendu détaillé signé par l'envoyée spéciale du Figaro ne peut qu'accréditer la thèse du déplacement de «combattants» libyens en Syrie, et, fort probablement, de membres d'Al Qaïda, rappelle le mouvement d'anciens «combattants» arabes revenus d'Afghanistan pour relancer des attentats spectaculaires (comme le double attentat suicide aux véhicules piégés ayant ébranlé Damas, avant-hier et autres massacres, faisant de très nombreuses victimes. 

 

Ce qui fait craindre à des observateurs avertis de la situation sécuritaire, un renouvellement de l'«expérience dramatique reproduisant les mêmes méthodes, à savoir déplacement d'armes et d'éléments. 

 

Une guerre qui réactive l'islamisme «politique»
 

Les pays qui pourraient être les plus touchés par la relance de l'internationale terroriste, à coups d'armes et d'éléments, seraient ceux limitrophes à la Libye et la Syrie.

 

Ceci au moment où les pays du Sahel multiplient efforts et concertations pour venir à bout du groupe islamiste pour la prédication et le combat (GSPC, ou AQMI) dans la région. L'organisation terroriste dirigée par Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, qui était déjà aidé par des «combattants» libyens, avant même l'éclatement du conflit armé en Libye, est l'un des plus grands bénéficiaires de cette guerre dans ce pays, avec le flux d'armes arrivées vers ses maquis. En parallèle, l'islamisme «politique» est réactivé et même soutenu, comme en témoignent certains «détails» dont l'aide accordée à Oussama, un des fils de Abassi Madani, numéro un du FIS dissous, pour la création d'une chaîne de télévision satellitaire baptisée «Al Magharebia».

source : letempsdz


Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
commenter cet article
25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 04:19

Vers la formation d'un front de gauche centriste

partis241211

Le Mouvement " Ettajdid ", le Parti Démocratique Progressiste (PDP), " Afek Tounes " et le Parti du travail tunisien (PTT) envisagent la formation d'un front de gauche centriste et ouvert " pour garantir l'alternance au pouvoir ".

 Selon Abdeljalil Bedoui, président du PTT, la formation de ce front intervient en réponse à ces partis qui s'attachent à l'édification d'un projet sociétal, moderniste, démocratique et ouvert.

Il a, à cet égard, mis l'accent sur l'impératif pour ces partis de jouer un rôle de contre-pouvoir afin que le citoyen Tunisien ait une autre alternative s'il n'apprécie par les performances des forces en pouvoir.

Yassine Brahim, directeur exécutif du Parti " Afek Tounes " a estimé que " la situation politique actuelle ne permet pas l'alternance au pouvoir ", faisant état, à ce propos, de la propension à former une force politique centriste regroupant plusieurs partis non représentés au sein de la Constituante.

Cette initiative a été proposée, vendredi après-midi, à Monsatir, lors d'une conférence sur " les moyens de dynamiser l'action politique commune ".

source Tap

 

________________________________________________________

Caïd Essebsi passe à l’opposition


Beji_Caid_Essebsi.jpg« Un homme politique ne peut pas rester éternellement au pouvoir et doit savoir partir. Ma place sera comme auparavant, au cœur de la scène politique », a précisé M. Béji Caïd Essebsi, Premier ministre sortant.

 

Caïd Essebsi s’apprête à passer dans l’opposition. Il semble décidé à poursuivre le combat. Cependant, cette fois-ci, ça sera de l’extérieur du pouvoir, dans l’opposition.


M. Essebsi cherche à créer un parti moderne. Son objectif : mener le pays à bon port. Selon le quotidien « Assabah », le parti de l’ex Premier ministre s’appellerait le parti « Zeïtouna ». Il compte rallier des partis dits « bourguibistes », qui n’ont pas obtenu des résultats encourageants lors des élections du 23 octobre, ainsi que des partis progressistes et des partis du centre et de la gauche.
Caïd Essebsi sera le fédérateur. Il vise à obtenir le ralliement du reste de l’opposition pour former un bloc face à Ennahdha. 


Essebsi n’est pas seul dans ce combat. Des partis politiques centristes ainsi que des partis de gauche ont, également, décidé de créer un front politique uni, en vue de contrer Ennahdha. 
M. Ahmed Néjb Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP), a tendu la main aux formations du bloc démocratique et moderniste. M. Chebbi a invité Ettajdid et Afek Tounes à former ensemble une coalition démocratique progressiste.


La formation d’un « front commun » contre le pouvoir est une décision claire ! Le pari est de former des forces politiques ayant suffisamment de poids pour qu’elles puissent concurrencer le premier parti.
Notons que Béji Caïd Essebsi annoncerait la création de son parti lors d’une conférence de presse.

source inve

___________________________________

Le congrès de l’Ugtt pour solder l'ère Abdessalem Jerad

 

A la veille du 22ème Congrès de l’Union générale tunisienne du Travail (Ugtt), les 25 et 26 décembre à Tabarka, tout le monde se mobilise. Pour tourner la page d’un passé de plus en plus brouillé.


Selon Abdeljelil Bedoui, universitaire et expert économiste auprès de l’Ugtt, cité par l’agence Tap, une occasion historique s’offre aujourd’hui à l’organisation ouvrière pour revoir le modèle de développement vers plus de justice entre les régions et les catégories. Et d’ajouter que la classe ouvrière est devenue, depuis des années, victime des disparités sociales, de la pression fiscale et des modes de travail précaire.

M. Bedoui a notamment mis l’accent sur la nécessité de veiller à ce que le 22e congrès de l’Ugtt soit l’occasion pour élire des dirigeants crédibles et influents, mettant en garde, à ce propos, contre l’instrumentalisation de l’Ugtt à des fins personnels.

Face au pluralisme syndical, a-t-il relevé, l’Ugtt demeure capable de préserver sa place sur la scène nationale, dans la mesure où ses concurrents n’ont pas une solide expérience syndicale.

Les années de plomb et de compromission

Pour continuer à jouer son rôle avant-gardiste sur la scène nationale, régionale et internationale, a-t-il conclu, l’Ugtt doit favoriser la démocratie et la transparence, consacrer la décentralisation des décisions, accorder un intérêt accru aux dossiers sociaux et syndicaux. Pour éviter surtout de suivre l’exemple des prédécesseurs.

Le Congrès de Tabarka est venu à temps pour aider la centrale à faire le bilan des vingt dernières années, qui furent parmi les moins glorieuses de l’histoire de l’Ugtt, et notamment pour ses dirigeants qui ont plus coopéré avec le régime dictatorial que défendu les intérêts des travailleurs.

Un moment de bilan, d’autocritique sans concession, d’assainissement des structures et de reconstruction sur de nouvelles bases et avec une direction jeune et honnête, capable de préserver l’unité de la centrale et son indépendance et protéger celle-ci de la corruption et du népotisme.

source kapitalis

__________________________________

Les pays du Golfe font-ils la loi en Tunisie?

Pressenti pour le poste, Khayam Turki ne sera pas le ministre des Finances du nouveau gouvernement tunisien. Parce qu'il déplaisait aux pays du Golfe?

Le ministre des Finances des Emirats Arabes Unis en Arabie Saoudite, le 22 octobre 2011. Reuters/Jumana El-Heloueh

Khayam Turki, le conseiller politique le plus écouté de Mustapha Ben Jaafar (leader du parti Ettakatol), ne sera pas le ministre des Finances du nouveau gouvernement tunisien. Son nom a été retiré de la liste de 41 ministres et secrétaires d’Etat soumise par le Premier ministre Hamadi Jebali au président Moncef Marzouki. Ce fils de diplomate polyglotte de 46 ans, diplômé de HEC Carthage, de Sciences Po Paris et de la prestigieuse université américaine du Caire avait pourtant les compétences et le profil idoines pour occuper ce poste très sensible, alors que l’économie tunisienne, fragilisée par l’onde de choc de la Révolution, voit ses perspectives se dégrader et doit affronter la défiance des investisseurs étrangers.


Turki, qui avait débuté sa carrière en Egypte, comme directeur financier chez Spie Batignolles, qu’il avait poursuivie à la City de Londres, et qui avait travaillé pour des fonds d’investissements arabes et internationaux, s’était investi dans l’action politique au lendemain de la Révolution, en rejoignant Ettakatol, la formation d’obédience social-démocrate dirigée par Mustapha Ben Jaafar, un ancien opposant à Ben Ali. Il avait mis ses talents d’organisateur, son entregent et son chéquier au service du parti. Il avait su très vite se rendre indispensable et avait intégré le premier cercle, suscitant, au passage, l’irritation de la vieille garde.


Un des candidats les plus en vue

Il était, aux côtés d’Elyes Fakhfakh, de Samy Razgallah, de Sami Bahri, de Mourad Ben Mahmoud et de Lobna Jeribi, l’un des représentants les plus en vue de la génération des «quadras», un des symboles, aussi, du renouvellement du parti. Homme de l’ombre, il avait assumé la direction de la campagne des élections du 23 octobre, et avait été un des plus actifs théoriciens de la participation d’Ettakatol au «gouvernement d’intérêt national» aux côtés des islamistes d’Ennahda et du CPR de Moncef Marzouki. C’est d’ailleurs lui qui avait négocié, pour le compte de sa formation, les contours de l’alliance tripartite, au cours des semaines qui ont suivi l’annonce des résultats du scrutin.

 

Tenue pour acquise, sa désignation aux Finances avait fuité dans la presse et n’avait soulevé ni opposition, ni réserves. Mais, le lundi 19 décembre, alors que Hamadi Jebali, au terme de plusieurs semaines de tractations, s’apprêtait à rendre publique la liste définitive de ses ministres, c’est le coup de théâtre: il annonce un report de 24 heures, et rejette la responsabilité sur Ettakatol, dont l’un des candidats pressentis se serait désisté. Interrogé à la télévision Khlil Ezzaouia, le numéro deux de la formation social-démocrate, confirme d’abord sans donner plus de détails.

Veto catégorique des Emirats Arabes Unis?

Une folle rumeur commence à se propager dans les salles de rédaction, et le site Businessnews dévoile le pot-aux roses: une partie étrangère, en l’occurrence le gouvernement des Emirats Arabes Unis, aurait opposé un veto catégorique à la nomination de Khayam Turki. Et Jebali puis Ben Jaafar auraient cédé au diktat étranger pour ne pas compromettre les relations de la Tunisie avec ce partenaire stratégique, qui a prévu d’investir plusieurs milliards de dollars dans des grands projets immobiliers, gelés depuis des années. La raison avancée par les Emiratis serait un litige commercial et financier. Turki a travaillé en 2008 en Algérie, pour EIIC (Emirates International Investment Company), filiale du puissant groupe dubaïote Emaar, comme directeur général de la Société des parcs d’Alger, chargée notamment de réaliser le pharaonique projet Donya Park, un investissement de 5 milliards de dollars (le chantier n’a pas abouti). Il a quitté cette société en mauvais termes. Ses anciens employeurs l’accusent de diverses malversations. Ils ont mandaté un cabinet d’avocats tunisien, le cabinet Bousayenne-Knani-Houerbi, pour les représenter en Tunisie. Officiellement, c’est ce cabinet —et non le ministre de l’Intérieur des Emirats— qui serait intervenu auprès de Hamadi Jebali pour le dissuader d’engager Turki au gouvernement.

 

Khayam Turki, meurtri, ayant choisi de se murer dans le silence et de ne pas commenter, de nombreuses questions demeurent en suspens. Est-il victime ou fautif? A-t-il simplement fait les frais de l’application «du principe de précaution», ou y-a-t-il eu ingérence étrangère caractérisée dans la composition du gouvernement tunisien? Difficile d’en savoir plus pour l’instant. Une chose est sûre: la communication des dirigeants d’Ettakatol a été désastreuse de bout en bout. Fidèle à son habitude, Mustapha Ben Jaafar n’a fait aucune déclaration.

 

Mandaté pour éteindre l’incendie, Khil Ezzaouia a tenté de noyer le poisson en déclarant dans un premier temps que le désistement de Khayam Turki était motivé par des raisons strictement personnelles, et que ce dernier avait décliné le portefeuille de ministre parce qu’il avait été approché par une entreprise étrangère qui lui avait proposé un salaire de 30.000 dinars mensuels nets, soit plus de 15.000 euros. A l’inverse, Khemaïs Ksila, un des élus du parti à la Constituante, s’est étonné que personne ne soit monté au créneau pour défendre l’intégrité de Mr Turki, victime, selon lui, d’une campagne de dénigrement orchestrée. Il a stigmatisé la pusillanimité de la direction d’Ettakatol, qui préfère sacrifier sans jugement une figure du mouvement plutôt que de risquer «l’incident diplomatique» avec Ennahda et avec les Emirats. Enfin, pour corser le tout, Mohamed Bennour, le porte-parole du parti, a accusé «des forces occultes à la solde de l’ancien régime de semer la zizanie dans les rangs, dans l’espoir de saborder la coalition avec Ennahda». Ambiance, ambiance…

Collusion entre les nouvelles autorités tunisiennes et les pays du Golfe

Une chose est sûre en attendant: l’affaire fait désordre et risque de donner corps aux soupçons de collusion entre les nouvelles autorités tunisiennes et les pays du Golfe. La proximité d’Ennahda avec le Qatar, que de nombreux partis à Tunis accusent d'avoir généreusement contribué au financement de sa campagne, n’est un secret pour personne.

 

Rafik Ben Abdesselam Bouchleka, le nouveau ministre des Affaires étrangères, qui se trouve être le gendre de Rached Ghannouchi, fondateur et leader emblématique d’Ennahda, a effectué l’essentiel de sa carrière dans le petit émirat gazier, et occupait encore, il y a peu, le poste de directeur du centre d’études d’Al Jazeera. La Tunisie, sortie de l’orbite occidentale dans laquelle Ben Ali l’avait enfermée, serait-elle en train de passer sous la coupe des pays du Golfe, et de devenir un nouveau protectorat? 

source slateafrique

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Partis politiques_ Programmes
commenter cet article
24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 18:04

Sept morts dans des tirs contre des manifestants anti-Saleh


 

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh à Sanaa, le 7 décembre. (© AFP -)

Sept manifestants ont été tués samedi dans un quartier du sud de Sanaa par les tirs des forces de sécurité et des partisans armés du président Ali Abdallah Saleh, selon des sources médicales. Des dizaines d’autres protestataires ont été blessés lorsque les forces de sécurité et les hommes armés ont ouvert le feu et usé de gaz lacrymogène et de canons à eau pour empêcher la progression de dizaines de milliers de personnes participant à une marche réclamant le jugement du président Saleh.

«Quatre tués ont été transportés à l’hôpital de campagne», sur la place du Changement, épicentre de la contestation du régime à Sanaa, a déclaré le directeur de cet hôpital, Mohamed al-Abbahi. Les corps de trois autres manifestants tués ont été évacués dans une clinique privée de Sanaa, a indiqué Mohamed al-Sormy, un médecin de la clinique.

Les victimes ont été mortellement touchées par balles, a indique M. Abbahi, ajoutant que «des dizaines de blessés ont été admis dans différents centres hospitaliers» Des dizaines de milliers de protestataires, arrivés en milieu d’après-midi à Sanaa après avoir parcouru à pied quelque 270 km depuis leur départ mardi de Taëz (sud-ouest) pour réclamer le jugement de M. Saleh, étaient en soirée bloqués dans un quartier du sud de la capitale, ont indiqué les témoins.

source : liberation.

 

________________________________________

Les partisans de Saleh agressent « la marche de la vie »

 

Des partisans du président yéménite Ali Abdallah Saleh ont attaqué hier à Sanaa des participants à une marche réclamant le jugement du chef de l’État, faisant des dizaines de blessés dont un par balle, a annoncé le porte-parole des organisateurs de la marche. Les assaillants, dont certains étaient armés, ont attaqué à Hizyaz, dans la banlieue sud de Sanaa, un groupe de quelque 2 000 personnes qui devaient rejoindre la marche, a ajouté le porte-parole, Mondher al-Asbahi.

 
Partie mardi de Taëz, « la marche de la vie » a rassemblé des dizaines de milliers de participants dans sa progression vers Sanaa, distante de 270 km, où elle est attendue probablement aujourd’hui, et non pas demain comme annoncé auparavant. Des hommes de tribus assurent la protection de la marche, qui a été la cible d’une attaque armée dans la province de Dhamar, a indiqué un chef tribal, ajoutant que des partisans de M. Saleh avaient commencé jeudi à se rassembler à 30 km au sud de Sanaa pour « tenter d’entraver la marche ». Mais une source au sein des services de sécurité a indiqué que des renforts militaires avaient été prévus à l’approche de la marche de Sanaa, pour « assurer la sécurité des participants et empêcher l’entrée de toute personne armée qui les accompagne »


En outre, 7 soldats ont été tués dans une embuscade tendue jeudi soir par des combattants présumés d’el-Qaëda près de Zinjibar, dans le sud du Yémen, a indiqué hier une source militaire, ajoutant que 3 insurgés sont morts. Les forces yéménites, épaulées par des membres de tribus et soutenues parfois par des drones américains, sont en guerre contre « les partisans de la charia », un groupe lié à el-Qaëda qui contrôle depuis mai Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, ainsi que d’autres localités de la province. Jaar, une de ces localités, a été secouée hier par quatre raids aériens, a indiqué un responsable de l’administration locale, qui n’a pas été en mesure de fournir un bilan de ces raids menés, selon lui, par l’armée de l’air yéménite.

source : lorientlejour.

 

_____________________________

La marche de la liberté au quotidien : 270 km de Taiez à Sanaa ... Quel courage !


Des blessés et un mort parmi les marcheurs de la Liberté 


 

 

________________________________Retour à la marche 

 

 
 
Les victimes de la marche de la liberté
Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Yémen
commenter cet article
24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 02:59

L’Opposition s’interroge sur certaines nominations dans le gouvernement Jbali. On se demande à juste titre si la nomination de Rafik Abdessalem, gendre de Ghannouchi, au poste du ministre des Affaires Étrangères ne symbolise-t-elle pas une trahison de la Révolution dont l’ennemi principale fut  la FAMILLE et le  POUVOIR… De même, la nomination de Tarek Dhiab, ex- footballeur, très proche de Qatar et sans aucune formation  lui permettant de s’occuper de la Jeunesse et du Sport. 

 
 

 

 

 

__________________________________

 

Khayam Turki (Ettakatol) révèle les raisons de son surprenant désistement du poste de ministre des Finances : 

               «Un groupe émirati a menacé d’intenter une action en justice à mon encontre!»

 

  

• «J’ignore tout de l’énigmatique dossier judicaire déterré quatre ans après ma démission du groupe National Holding qui appartient à la famille régnante émiratie Al-Nahyane»


• «J’ai préféré me retirer pour ne pas ralentir la formation du gouvernement et pour me consacrer à ma propre défense»


 

Le désistement de dernière minute de Khayam Turki, candidat d’Ettakatol au poste de ministre des Finances, a fait couler beaucoup d’encre. En l’absence d’informations précises sur ce retrait-surprise de la part d’Ettakatol, lequel s’est borné à annoncer que son «poulain» a demandé à renoncer définitivement aux fonctions mardi 20 décembre, les spéculations médiatiques se sont multipliées.


Certains médias avançaient une fausse explication selon laquelle Khayam Turki s’est retiré en raison de ses liens de parenté supposés avec le leader d’Ettakatol, Mustapaha ben Jaâfer, sur fond de critiques accusant le triumvirat vainqueur des dernières élections de placer leurs proches au gouvernement. D’autres ont évoqué des « interventions étrangères» pour nommer ou dénommer tel membre du nouveau gouvernement tunisien. Autant de spéculations qui ont obligé l’intéressé à rompre le silence. Spécialiste de la de la finance internationale et diplômé de Sciences-Po Paris qui a rejoint Ettakatol au lendemain de la révolution, Khayam Turki a tenu, hier, une conférence de presse au cours de laquelle il a levé un coin du voile sur l’affaire. «Quelques heures seulement avant l’annonce de la composition du nouveau gouvernement tunisien, qui devait avoir lieu lundi 19 décembre, un ami m’a informé qu’un groupe émirati pour que j’avais intégré en 2006 avant d’en démissionner pour des raisons purement techniques deux ans plus tard menaçait d’intenter une action en justice à mon encontre pour des faits que j’ignore pour le moment», a-t-il annoncé, d’emblée. Et d’ajouter : «J’ai discuté de cette affaire qui pourrait embarrasser le gouvernement avec le secrétaire général du mon parti, Mustapha Ben Jaâfer, lequel a demandé au Premier ministre un report de l’annonce du gouvernement. Finalement, j’ai préféré me retirer pour ne pas ralentir la formation du gouvernement en cette étape sensible dans l’histoire du pays et pour me consacrer à ma défense ».

 

Tentative de déstabilisation ?


L’ancien analyste financier à la Bourse de Londres, qui a passé la majeure partie de sa vie et de sa carrière en Europe et au Moyen-Orient, a précisé que le groupe émirati qui intenterait une action en justice à son encontre est le fonds d’investissement National Holding, propriété de la famille régnante aux Emirats Arabes Unis Al-Nahyane. Il n’a pas, cependant, caché sa surprise de voir ce prétendu dossier judiciaire déterré quatre ans après sa démission du groupe émirati et quelques heures seulement avant la présentation du nouveau gouvernement tunisien au président de la République. «S’agit-il d’une campagne de dénigrement orchestrée contre ma personne, d’une campagne visant Ettakatol ou encore d’une tentative de déstabilisation de la troïka ?», s’ interroge Khayam Turki.

 

L’intéressé lui-même avoue ne pas être en mesure de répondre à ces questions lancinantes pour le moment. «J’attends de voir le contenu de cet énigmatique dossier pour comprendre ce qui se passe et pour défendre mon honneur et celui de mon parti», a indiqué le directeur de la campagne électorale d’Ettakatol.

Appelé à commenter les déclarations de Khémaïes Ksila, selon lesquelles les émiratis ont recouru à une frappe préventive pour écarter un candidat qui aurait pris connaissance de certains dossiers délicats concernant les relations d’affaires entre la Tunisie et les Emirats portant notamment sur le projet Sama Dubaï et la privatisation de Tunisie Télécom, Khayam Turki est resté très évasif. «La société qui intenterait une action en justice en mon encontre est une société privée», a-t-il noté, indiquant, toutefois, que le groupe National Holding et les autres groupes émiratis ayant des projets en Tunisie appartiennent toutes à la famille Al-Nahyane. Une réponse qui laisse planer beaucoup d’interrogations ….

 

par Walid Khefifi

 

       

____________________________

 

Le cabinet d’avocats en charge du dossier dément toute ingérence étrangère

 

Le cabinet d’avocats d’affaires Boussayene-Knani-Houerbi, qui représente le groupe émirati National Holding, a nié toute ingérence étrangère dans l’affaire du désistement de Khayam Turki du poste de ministre des Finances, affirmant qu’il a pris l’initiative d’alerter le gouvernement sur les cas Khayam Turki « Si on n’avait pas réagi à temps, notre client aurait porté plainte contre le candidat d’Ettakatol dès l’annonce officielle de son nom dans la liste officielle du nouveau gouvernement. Nous avons préféré alerter les autorités et éviter à temps un incident politique», a indiqué un porte-parole du cabinet d’avocats».

Tenu par une obligation de confidentialité, le cabinet d’avocats n’a pas voulu fournir plus de détails sur cette affaire.

 

Source letemps
Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
commenter cet article
24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 02:31

Marzouki dément la rumeur de son futur mariage avec Sihem Badi


Le président de la république dément la rumeur relative à son prochain mariage avec la ministre de la Femme du nouveau gouvernement. «Hkaya fergha» (Une histoire bidon), dit-il.


Pour faire du buzz et vendre n’importe quoi, certains collègues cherchent le sensuel et publient de l’intox. Une manière de broyer du vent et de vendre du mensonge, aux dépens des victimes des ragots.

Depuis, deux jours, ces confrères, citant «une source officielle», ont affirmé que Moncef Marzouki «est allé à Deguèche pour demander la main de sa future épouse», qui n’est autre que Sihem Badi, la ministre de la Femme (et ancienne militante du Cpr en France).

Dès l’annonce de cette vraie fausse information sur les réseaux sociaux, les internautes se sont déchaînés pour balancer n’importe quoi : des photos pendant la campagne électorale où M. Marzouki et Sihem Badi étaient côte-à-côte. Quant aux commentaires, c’est vraiment le délire total. Et on imagine le niveau.

M. Marzouki avait, bien sûr, d’autres chats à fouetter pour le moment. Sa visite dans le sud tunisien, c’était pour rassurer les habitants de ces régions déshéritées où sévissent le chômage et la pauvreté.

Au cours de cette tournée dans plusieurs villes et villages, M. Marzouki a discuté avec les réfugiés des camps et les populations locales et  inauguré, mercredi, le 44ème Festival du Sahara à Douz. Il n’y avait pas, dans son programme, une cérémonie de demande en mariage. L’intéressé, en tout cas, dément catégoriquement.

Jusqu’où peut tomber le journalisme dans ce pays ? Nul ne saurait le dire. Pour le moment, on est dans le trou et on continue de creuser.

Notre pays, qui traverse une période transitoire pleine de difficultés, mérite mieux.

source kapitalis.

 

________________________________________

En attente de papiers, un Tunisien gay vit la peur au ventre 

 

Arrivé en Gironde en 2007 et pacsé avec son amoureux, français, Achraf demande sa régularisation depuis l’été dernier. Aujourd’hui, il n’a pas de papiers qui lui permettent de séjourner légalement en France et son retour en Tunisie constitue un risque. Il témoigne.

 

Ashraf / Bordeaux

Photo par Matthieu Bouthier pour TÊTU.

 

Il y a quatre mois, Achraf, Tunisien de 24 ans (à gauche sur la photo), déposait une demande de régularisation auprès de la préfecture de la Gironde. Pacsé avec son compagnon français (à droite), il témoigne aujourd’hui au grand jour, faisant le choix courageux de donner un visage à la situation complexe que vivent souvent les jeunes immigrés qui ont choisi la France pour fuir la persécution des homosexuels et dont la régularisation relève du parcours du combattant.


«Je suis arrivé en France en 2007, à la faveur d’un visa étudiant. En toute régularité, donc. J’avais à l’époque choisi de venir à Bordeaux pour étudier l’architecture. Mais surtout, je voulais fuir la Tunisie, la terre de mon enfance. Ce pays où ma famille, une fois mon homosexualité révélée, a choisi de couper toute relation avec moi. De m’abandonner. Ce même pays où intimidations et violences ont rendu ma vie quotidienne d’homo insupportable. Ce même pays où quatre barbus ont tenté, une nuit, de me faire renoncer à mon orientation sexuelle, en me séquestrant, un couteau sous la gorge...», commence-t-il.

 

Pacsé depuis l’été dernier

 
En 2007, Achraf faisait donc route vers la France, «ce pays qui fait rêver les jeunes gay du Maghreb, avec son image d’Eldorado homo alimentée par la télé et l’internet». Sur place, il mesure l'énorme distance qui existe entre son rêve naïf et la réalité. «Quatre mois après la rentrée universitaire, j’ai dû me rendre à l’évidence et abandonner mes études. Je n’avais pas de ressources, pas de logement fixe, j’ai renoncé à l’architecture et cherché un petit boulot. Pour survivre, j'ai trouvé un job de caissier dans un club gay. Puis, en mars 2009, j’ai rencontré Olivier, mon copain. C’était sérieux, j’ai préféré changer de travail et prospecter dans la restauration. Des patrons m’ont fait confiance et m’ont embauché. Au black, j’ai commencé à la plonge, j’ai bossé, progressé et gagné mes galons en tant que responsable du chaud en cuisine... Malheureusement, j'étais toujours sans papiers. Même plus étudiant, pas vraiment salarié, je n’étais pas en mesure de solliciter et d’espérer un titre de séjour de longue durée...»

 

Soutenu par son compagnon, Achraf entame alors les démarches nécessaires à sa régularisation, l'été dernier. En parallèle, les amoureux se pacsent. D'abord par amour, mais aussi sans doute, pour faciliter l’obtention d’un visa… Car si la conclusion d'un pacs n'entraîne en aucun cas l'acceptation d’un dossier de régularisation de manière automatique, elle constitue en tout cas un élément favorable d'appréciation des liens personnels en France au titre de «la vie privée et familiale»… Pour l’heure, la demande de papiers d’Achraf reste sans réponse.

 

Trois ans d’emprisonnement

 
«Et c’est là tout le problème de mon client, poursuit maître Landète, le conseil d’Achraf. Il n’a en effet pas de papiers qui lui permettent de séjourner légalement en France et son retour en Tunisie constitue un risque. En effet, il faut savoir que lorsqu’il s’est pacsé, Achraf a motivé sa demande de titre de séjour en prenant une position claire sur la question de sa sexualité. Ce qui l’expose, en cas de retour dans son pays natal, à de graves conséquences. En Tunisie, l’homosexualité masculine est réprimée, selon l’article 230 du code pénal, par trois ans d’emprisonnement. Sans réponse claire de la préfecture à la demande de mon client déposée le 11 août dernier (la préfecture a quatre mois pour statuer, NDLR), j’envisage de saisir le tribunal administratif.»

 

Achraf attend donc la décision qui pourra lui permettre d'obtenir le précieux titre de séjour, chaque jour, la peur au ventre. Peur d'un contrôle d'identité, qui serait suivi d'un retour forcé en Tunisie, où la victoire du parti islamiste Ennahda semble avoir encore davantage fragilisé la situation des homos. «J'étais juste venu chercher en France une vie normale…», souffle Achraf.



Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie_ Amazighs_ Minorités
commenter cet article
24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 02:12

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Égypte : Place TAHRIR jan25
commenter cet article
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 18:15

 

__________________________________________________

Quand les militaires étouffent la révolution égyptienne

Douze jeunes ont été fauchés par les balles assassines de la police militaire (PM) pendant trois jours d’affrontements violents.

 

 



 

L’image est bouleversante, choquante et traumatisante. Les Egyptiens et particulièrement les Egyptiennes l’ont ressenti comme une profonde humiliation. Une énième pour un peuple qui a pourtant cru avoir débarrassé à jamais le pays des pratiques aussi cruelles qu’inhumaines. Mais voilà que les démons opèrent impunément en plein jour. L’image de cette jeune femme dénudée à moitié et traînée par terre, à la place Tahrir, par des soldats acharnés, a causé une profonde blessure chez les Egyptiens, et au-delà. La scène s’est passée, dimanche dernier après-midi, pas loin de la rue Qasr Al Ayni devenue un sinistre lieu qui sent la mort. Douze jeunes ont été fauchés par les balles assassines de la police militaire (PM) pendant trois jours d’affrontements violents. Ce jour-là, la PM a fait un assaut brusque et brutal pour reprendre la place Tahrir en chargeant à tout-va. Les manifestants fuient dans tous les sens évitant d’être «capturés», car ils risquent un fâcheux sort. Beaucoup ont réussi à éviter le piège, mais d’autres sont tombés dans les mailles de la redoutable PM.

 

Parmi eux, cette jeune femme dont la photo fera le tour de la planète pour «dénuder» le vrai visage de ceux qui gouvernent l’Egypte d’une main de fer. Une meute de la police militaire comme des charognards se jette sur elle, la traînant par terre. Des militaires contre une seule et pauvre femme qui lui assènent des coups de pied et de matraque, qui la tirent par ses vêtements la laissant presque nue. Dans leur déchaînement, les militaires retirent la robe de la femme la laissant seulement avec son soutien-gorge. La scène a bouleversé tout le pays, sauf peut-être les auteurs de ce lâche acte et leurs commanditaires. Le porte-parole du Conseil militaire, le général Adel Amarra, lors d’une conférence de presse, a honteusement déclaré qu’«il ne faut pas s’arrêter à l’image, mais il faut la mettre dans son contexte». Existe-t-il un contexte qui pourrait justifier une telle humiliation ? «Rien ne pourrait expliquer un tel acte. Ce n’est pas dans notre culture. En commettant cet acte, l’armée veut terroriser les gens pour qu’ils ne manifestent plus. Les militaires avec leur pensée diabolique savent bien viser, mais qu’ils sachent que rien ne pourra arrêter ce peuple», a déclaré Djamila Ismaïl, figure féministe et candidate malheureuse aux élections législatives. Le même jour, des milliers d’étudiants ont marché sur le ministère de la Défense pour dénoncer le «comportement indigne des militaires qui s’attaquent aux femmes». L’image de cette femme, à moitié dévêtue, restera à jamais témoin de la répression sauvage des militaires.

 

L’image qui choque


Les Egyptiens, connus pour leur pudeur, étaient touchés dans leur dignité. «Plutôt mourir qu’une telle humiliation. Je préfère recevoir une rafale que de voir ma fille, ma femme, ma voisine, ma sœur ou une quelconque femme égyptienne ou autre subir une telle humiliation. Les militaires viennent de commettre l’irréparable. Ils sont indignes de cette tenue qu’ils portent», lâche un ancien volontaire qui a participé aux guerres de 1967 et de 1973 contre Israël. Sitôt que l’image ait fait le tour de la toile et tourné en boucle sur les chaînes de télévision, des comités de soutien et de solidarité avec la jeune femme se sont formés. Un groupe de jeunes militants a lancé sur les réseaux sociaux un comité qui s’appelle «Nous sommes toutes et tous dénudés». De nombreuses femmes sont descendues à la place Tahrir pour dénoncer «une grave atteinte à la femme égyptienne». L’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Mohamed El Baradei, s’est dit outré et s’indigne : «N’avez-vous pas honte !» Des partis politiques et autres personnalités se sont réunis en urgence pour appeler «l’armée à mettre un terme à cette escalade et exiger d’elle de remettre le pouvoir au futur président de l’Assemblée du peuple jusqu’à l’élection d’un président». Les excuses présentées par le Conseil militaire n’ont pas suffi pour calmer la situation. Près de 30 000 femmes ont manifesté, mercredi, pour réclamer le départ de l’armée du pouvoir.

 

La femme qui a dénudé les chefs militaires


«Militaires, honte à vous, la femme égyptienne ne se dénude pas», «Nous refusons les excuses, porter atteinte à la dignité de la femme égyptienne est inexcusable», ont scandé les manifestantes. Le Conseil militaire, qui dirige le pays depuis la chute de Moubarak, est au pied du mur. Durant 4 jours, la répression à Qasr Al Ayni, où se trouvent le siège du gouvernement et celui de l’Assemblée du peuple (Parlement), a fait 13 morts et plus 500 blessés. Il est devenu le théâtre de rudes combats à armes inégales. Les affrontements ne cessent ni de jour ni de nuit. Impossible d’atténuer la colère des manifestants.

Les militaires utilisent la propagande des médias officiels et mobilisent les baltaguia, ces bandes de miliciens dirigés par les moukhabarate. «Les jeunes de la révolution sont conscients et se battent pacifiquement. Les jeunes qui avaient sauvé le Musée d’Egypte ne vont pas brûler l’Institut d’Egypte, ce sont des baltaguia et des militaires en tenue civile qui ont mis le feu à l’institut», a indiqué un membre du Mouvement du 6 avril. On accuse les barons de l’ancien régime d’utiliser les baltaguia pour jeter le pays dans le chaos.

 

Au bout de près d’une semaine d’un face-à-face intenable, l’armée n’arrive pas à maîtriser la situation. Impossible de «faire régner l’ordre», les militaires ont construit un mur en béton coupant en deux le boulevard Qasr Al Ayni. Seule solution pour parer à une éventuelle déferlante humaine. Durant la nuit de dimanche à lundi, les soldats ont bâti une muraille infranchissable. Mais en réalité, ils sont en train d’ériger un mur de séparation d’un autre genre entre eux et le peuple : celui qui sépare le peuple qui désire ardemment la liberté et une direction militaire qui s’accroche au pouvoir avec la baïonnette.


La rupture semble être consommée entre le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et le peuple de la révolution. Il faut dire que les Egyptiens avaient un rapport fusionnel avec l’armée. Mais l’intensité de ce sentiment faiblit de plus en plus et les chefs militaires perdent de leur prestige. Eux qui étaient pourtant accueillis, il y a onze mois, comme des héros protecteurs à la place Tahrir. Acclamée par tout un peuple pour son comportement lors de la première semaine de la révolution qui a déposé Hosni Moubarak, l’armée est aujourd’hui vertement critiquée et accusée d’avoir assassiné des manifestants. «L’ange sauveur» se transforme en démon qui écrase tout le monde sur son passage. En fait, le Conseil militaire en onze mois de pouvoir a multiplié les bavures. Massacres des Coptes en mars devant le ministère de la Communication, arrestation de plusieurs milliers de manifestants, instauration de tribunaux militaires, la répression de Mohamed Mahmoud (Caire) en novembre dernier a fait 42 morts pour arriver à la violence de Qasr Al Ayni.

 

Le mur de séparation  


Les généraux cumulent des fautes qui ne sont pas sans conséquence sur l’avenir politique du pays. Le CFSA ne jouit plus de cette crédibilité qui lui permet de gérer la période de transition, si tel est réellement son objectif. De nombreux Egyptiens commencent sérieusement à s’interroger sur les velléités des chefs militaires. Travaillent-ils à la réussite de la transition démocratique à travers un processus électoral ou bien cherchent-ils à se recycler dans un nouveau système à visage démocratique ? Une bonne partie de la classe politique doute  de la bonne volonté de l’armée de transférer le pouvoir aux mains des civils. Pour Mohamed El Baradei, potentiel candidat à l’élection présidentielle, «le régime n’a pas changé, on a juste mis de nouveaux visages à la place des autres». Tandis que l’intellectuel engagé Alaa Aswany, dont l’influence sur la jeunesse révolutionnaire est considérable, estime que «le Conseil militaire n’a pas l’intention de lâcher les rênes. C’est le régime de Moubarak sans Moubarak. Il a depuis le début joué sur la division de la classe politique pour casser la cohésion de la révolution, puis adouber un candidat à la présidentielle qui obéirait à ses ordres».

 

Historiquement, l’armée égyptienne a de tout le temps été au cœur du pouvoir. «C’est elle qui a fondé l’Etat égyptien contemporain avec le Mouvement des officiers libres. Mohamed Naguib était un militaire», rappelle le chercheur, Tawfik Aclimandos. Durant 60 ans, l’armée, soutenue par les Américains, est devenue un véritable Etat dans un Etat avec un contrôle sur la vie politique et économique du pays. Pas facile pour elle de s’imaginer hors du jeu politique. Mais pour pouvoir garder les rênes, il lui faut des alliés politiques. Elle est allée les chercher dans le camp des islamistes. Les Frères musulmans étaient les premiers à avoir appuyé la démarche de l’institution militaire en soutenant le référendum sur la révision de la Constitution et le calendrier électoral. Ils étaient sûrs d’une victoire aux élections législatives. Les nouveaux «alliés» suivis par les salafistes avaient opté pour un processus démocratique par étapes, alors que la rue tenait à la dynamique révolutionnaire.


A mesure que les élections approchent, les islamistes prennent leurs distances avec la place Tahrir. Les jeunes se font tuer et les islamistes sont à l’assaut du Parlement.


Islamistes et militaires, alliés, objectifs ?


Pendant les événements sanglants de Mohamed Mahmoud, les Frères musulmans et les salafistes regardaient les jeunes se faire massacrer à partir de leurs bureaux. Ils avaient non seulement refusé de descendre manifester avec les jeunes révolutionnaires, mais lancé une campagne de dénigrement contre le mouvement. Le guide de la confrérie, Mohamed Badai, avait déclaré à propos des manifestations : «Que celui qui a mal à la tête appelle à une manifestation.» Les salafistes, plus royalistes que le roi, avaient même traité les manifestants de «fauteurs de troubles» qui veulent entraîner le pays dans le «chaos». S’engage alors une confrontation politico-idéologique entre islamo-conservateurs et libéraux. La coalition des jeunes de la révolution réplique. «Les salafistes ont été de tout temps des alliés du régime de Moubarak et  ils étaient contre les appels au soulèvement populaire de janvier. Les Frères musulmans sont connus, les intérêts de la Gamaâ passent avant ceux de la nation», a résumé le coordinateur national du Mouvement du 6 avril, Ahmed Maher. «Les révolutionnaires versent leur sang et les islamistes raflent les sièges au Parlement», indique une affiche à la place Tahrir. Dopés par leur victoire à l’occasion de la première phase des élections, les salafistes et leurs «Frères» ne veulent plus entendre parler de la place Tahrir.

 

Les chaînes de télévision proches des islamistes mènent une campagne de dénigrement contre le mouvement. Un cheikh salafiste a déclaré sur la chaîne Ennas : «On fait toute une histoire sur cette femme dénudée, alors qu’on ne la connaît même pas.» Cette femme «est une Egyptienne digne, elle porte un hidjab et elle est plus musulmane que tous les salafistes réunis», a répliqué Angy, une activiste au sein du Mouvement du 6 avril.
Mais les islamistes ne veulent surtout pas rater cette occasion historique pour prendre le pouvoir du Parlement.

 

Quand la répression a repris à Qasr Al Ayni, ils étaient absents. Ils estiment que ces événements sont provoqués dans le but de «saborder» le processus électoral. Mais «l’histoire retiendra que lorsque des Egyptiens se font tuer et que des Egyptiennes sont humiliées, les islamistes courent derrière des strapontins», regrette le fondateur du mouvement Kifaya, Abdelhalim Kandil.


Et aux Frères musulmans de répliquer en estimant que seul «le respect du processus de transition pourrait ramener la stabilité au pays». Ainsi, l’union sacrée réalisée au début de la révolution est brisée par l’attrait irrésistible du pouvoir. L’armée a réussi à ramener la classe politique du processus révolutionnaire vers un processus réformateur.
Ce qui lui assure de garder le pouvoir quitte à marcher sur les cadavres d’une jeunesse éprise de liberté. Mais c’est sans compter sur l’inébranlable détermination des Egyptiens à faire tomber tout le régime.  

par Hacen Ouali

source elwatan.

 


Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Arts _Culture (Chansons de la Révolution - contest
commenter cet article
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 17:40

 

Des milliers de manifestants contre l'armée sur la place Tahrir


Des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi dans le calme place Tahrir au Caire pour dénoncer le pouvoir militaire après des violences, notamment contre des femmes, lors de récentes manifestations ayant fait 17 morts. ( © AFP Filippo Monteforte)

 

Des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi dans le calme place Tahrir au Caire pour dénoncer le pouvoir militaire après des violences, notamment contre des femmes, lors de récentes manifestations ayant fait 17 morts.

Dans le même temps, une contre-manifestation des partisans du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l'Egypte depuis la chute en février du président Hosni Moubarak, a réuni des milliers de personnes dans le quartier Abbassiya, à quelques kilomètres de la place Tahrir.

Les militants pro-démocratie avaient appelé à manifester vendredi sous le slogan "Vendredi de la restauration de l'honneur", pour réclamer des poursuites à l'encontre des responsables de ces violences.

"Les femmes sont une ligne rouge", ont crié des manifestants à Tahrir alors que d'autres lançaient des slogans contre le maréchal Hussein Tantaoui, chef du CSFA.

Comme lors des précédents rassemblements, les manifestants exigent aussi la fin du pouvoir militaire, et visent en particulier le maréchal Tantaoui.

"Le conseil militaire est une prolongation de l'ancien régime, il a la même mentalité et a recours aux mêmes pratiques", a déclaré à l'AFP Mohammed Farrag, un manifestant de 31 ans.

Cheikh Hicham Attiya, l'imam qui menait la prière de l'après-midi sur la place, a appelé à la mise en place d'une commission d'enquête indépendante sur les violences et à des poursuites judiciaires à l'encontre des responsables.

"S'ils pensent que battre des femmes va faire taire les protestataires, ils se trompent", a dit pour sa part Mona Ahmed, une manifestante.

Dans le quartier d'Abbassiya, des manifestants brandissant des photos des principaux généraux et des drapeaux égyptiens ont demandé "la chute de Tahrir", l'emblématique épicentre des manifestations pro-démocratie, et lancé "le peuple et l'armée ensemble".

Il y a une semaine, des affrontements avaient éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre le nouveau Premier ministre choisi par l'armée, Kamal el-Ganzouri, qui avait déjà occupé ce poste sous M. Moubarak.

Se poursuivant jusqu'à mardi, ces affrontements ont fait 17 morts. Il s'agissait des violences les plus graves depuis des affrontements similaires qui avaient fait au moins 42 morts, principalement au Caire, quelques jours avant le début des élections législatives le 28 novembre.

Dimanche, plusieurs journaux avaient publié la photo d'une manifestante égyptienne voilée, dont les soldats découvraient le soutien-gorge et le ventre en la frappant et en la traînant sur la chaussée. L'image, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a provoqué l'indignation en Egypte et dans le monde.

Jeudi, l'agence ONU Femmes s'est dite "très inquiète" des récentes violences commises en particulier contre des femmes, appelant les autorités du pays à respecter leurs droits.

L'armée avait exprimé deux jours plus tôt ses "profonds regrets pour les atteintes" faites à des manifestantes au Caire.

source liberation

 

_____________________________________________

 


 

 

____________________________

Les images de la femme battue place Tahrir inquiètent l'ONU Femmes

 

L'image d'une femme battue et déshabillée place Tahrir, diffusée en début de semaine, alerte la section Femmes de l'ONU. Ces derniers jours les violences commises par l'armée égyptienne se sont répétées, notamment à l'encontre des manifestantes.

Egypte : Les images de la femme battue place Tahrir inquiètent l'ONU Femmes


Alors que l'Egypte est secouée par des affrontements violents entre les manifestants de la Place Tahrir et l’armée qui dirige le pays depuis la chute du président Hosni Moubarak, la communauté internationale s’émeut des attaques directes constatées contre les femmes. L’agence ONU Femmes, par la voix de sa directrice Michelle Bachelet, affirme aujourd’hui son « inquiétude » face à ces violences et appelle les autorités à garantir les droits et le respect des femmes. 
« Les femmes, comme les hommes et les enfants, ont été victimes d'un usage de la force excessif contre des manifestants pacifiques le weekend dernier et cette semaine », a déclaré M. Bachelet. « Nous appelons les autorités militaires et politiques en Egypte à garantir les droits civils et politiques des femmes et à offrir leur aide au gouvernement pour s'assurer que ces droits soient respectés », a-t-elle ajouté.

Cette semaine, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, avait déjà fait part de son indignation, en affirmant que les violences faites aux femmes lors de ces mobilisations « déshonoraient l’Etat ». Condamnant le fait que les femmes « soient spécialement visées par les forces de l'ordre et par les extrémistes » et que « les manifestantes aient été battues et soumises à des atteintes horribles ». Allusion aux images choquantes de cette femme voilée violentée par les soldats et dénudée jusqu’au soutien-gorge au beau milieu de la Place Tahrir. 

Mardi, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir a exprimé ses « regrets » pour ces débordements. 

source .terrafemina

 

_____________________________

 

 
Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Femmes et révolution
commenter cet article
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 02:45

 

 

 

 

Liste des membres du gouvernement tunisien post-révolutionnaire

 

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali (G) et son prédécesseur Beji Caid Essebsi (D) à l'Assemblée constituante, le 22 décembre 2011 à Tunis 

       À  Assemblée de la constituante le  22 -12-11 : le nouveau et l'ex !

 

41 ministres et secrétaires d’Etat 

18 ministres d’Ennahdha,

11 ministres indépendants,

5 ministres du CPR

5 ministres d’Ettakatol) 

___________

__

Ennahda : 45 %

Attakatol : 14 %

CPR 14%

Déclarés ( ?) Indépendants : 26%

39 hommes et 3 femmes 

____

 

 

Premier ministre : Hammadi Jebali (mouvement Ennahdha)

Ministres délégués auprès du Premier ministre :
Abderrahmane Ladgham, chargé des affaires de malversation (CPR)
Ridha Saïdi, chargé du dossier économique (mouvement Ennahdha)
Mohamed Abbou, chargé de la réforme administrative (CPR)
Abderrazak Kilani, Chargé des relations avec l’Assemblée Constituante (indépendant)

_________

Ministre de la Défense : Abdelkarim Zbidi (indépendant)  : Lors du remaniement du gouvernement d'union nationale, le 27 janvier 2011, il devient ministre de la Défense nationale. Il remplace Ridha Grira en poste depuis 2010

 

Ministre de l’intérieur : Ali Laârayedh (Mouvement Ennahdha)

Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Intérieur chargé de la réforme : Saïd Mechichi (Ettakatol)

 

Ministre des Affaires étrangères : Rafik Ben Abdessalem (Mouvement Ennahdha) [ Gendre de Ghannouchi]

Secrétaires d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères :

- Chargé des affaires africaines et arabes : Abdallah Turki (mouvement Ennahdha)
- Chargé des affaires de l’Amérique et de l’Asie : Hédi ben Abbès (CPR)
- Chargé des affaires européennes : Touhami Abdouli (Ettakatol)

 

Ministre de la Justice : Noureddine Bhiri (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des droits de l’Homme et de la justice transitoire et porte-parole du gouvernement : Samir Dilou (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des affaires religieuses : Noureddine Khadmi (indépendant) : même axe idéologique qu'Ennahdah, il est natif de Thala, ma ville... 

 

Ministre des Finances : Houcine Dimassi (indépendant)
Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances: Slim Besbès (indépendant)

 

Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat : Mohamed Lamine Chakhari (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat : Béchir Zaâfouri (mouvement Ennahdha)

 

Ministre du Tourisme : Elyes Fakhfekh (Ettakatol)

 

Ministre des Affaires sociales : Khalil Zaouia (Ettakatol)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des affaires sociale chargé de l’immigration : Houcine Jaziri (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Education : Abdellatif Abid (Ettakatol)

 

Ministre de la Santé Publique : Abdellatif Mekki (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Investissement et de la coopération internationale : Riadh Bettaïeb (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Investissement et de la coopération internationale : Alaya Bettaïeb (indépendant)

 

Ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi: Abdelwahab Maâter (CPR)

 

Ministre des Transports : Abdelkarim Harouni (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des Technologies de la Communication : Mongi Marzouk (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Equipement : Mohamed Salmane (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat chargé de l’Habitat : Chahida Fraj Bouraoui (indépendante)

 

Ministre du développement régional et de la Planification : Jameleddine Gharbi (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre du développement régional et de la Planification : Lamine Doghri (indépendant)

 

Ministre de la Jeunesse et des sports : Tarek Dhiab (indépendant) [ Selon ses dernières déclarations, Tarek se considère désormais nahdhiste]
Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Jeunesse et des sports : Hichem Ben Jamaâ (CPR)

 

Ministre de la Culture : Mehdi Mabrouk (indépendant)

 

Ministre de la femme : Sihem Badi (CPR)

 

Ministre de l’enseignement supérieur : Moncef Ben Salem (mouvement Ennahdha)

 

Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières : Slim Ben Hmidène (CPR)

 

Ministre de l’Agriculture : Mohamed Ben Salem (mouvement Ennahdha)
Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’agriculture : Habib Jamli (mouvement Ennahdha)

 

Ministre de l’Environnement : Mamia Elbanna (indépendante)

 

 

__________________________________________________________________

 

Un nouveau gouvernement dominé par Ennahda

Le premier ministre tunisien Hamadi Jebali

Photo: Hassene Dridi

Le premier ministre tunisien Hamadi Jebali


Le parti islamiste modéré Ennahda dirigera la plupart des ministères du nouveau gouvernement de coalition tunisien présenté jeudi, le premier gouvernement formé après les élections post-révolutionnaires.

Le premier ministre Hamadi Jebali a indiqué que son gouvernement de 41 membres se concentrerait sur la relance de l'économie et sur la lutte contre la corruption.

Le chômage et la corruption ont été des éléments moteurs du soulèvement populaire qui a mené au renversement du président autoritaire Zine El Abidine Ben Ali. Le soulèvement tunisien a inspiré d'autres révoltes ailleurs dans le monde arabe.

Après des semaines de négociations avec les partis qui ont remporté des sièges à l'Assemblée constituante lors des élections du mois d'octobre, M. Jebali a annoncé la composition de son gouvernement jeudi. Le gouvernement devra se soumettre à un vote de confiance de l'Assemblée vendredi matin.

Le nouveau gouvernement comprend trois femmes et un ministre des Droits de la personne, dans une apparente volonté du premier ministre islamiste d'apaiser les craintes que son parti ne restreigne les libertés des citoyens.

Le parti Ennahda contrôle la plupart des grands ministères, excepté celui de la Défense. Le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi, est le seul membre du gouvernement intérimaire à conserver son poste.

Le gendre du chef d'Ennahda, Rafik Abdessalem, a été nommé ministre des Affaires étrangères. Le parti a fait valoir qu'il n'avait pas été choisi pour des considérations familiales, mais pour son expérience internationale - il est titulaire d'un diplôme de la Westminster University de Londres, et a été une personnalité bien en vue au sein du média arabophone Al-Jazira.

Les autres ministères ont été attribués aux partis qui sont arrivés deuxième et troisième aux élections d'octobre, ou à des indépendants comme l'ancienne vedette du soccer Tarek Dhiab, nommé ministre des Sports et de la Jeunesse.

Le nouveau gouvernement arrive en poste alors que les inquiétudes économiques grandissent en Tunisie. Le taux de chômage est passé de 14 à 18 % au cours de la dernière année, tandis que la banque centrale prévoit une croissance nulle pour 2011.

source radio-canada

 

_____________________________________________________________

 

Un nouveau gouvernement dominé par Ennahdha

Après de longues tractations et des tiraillements internes au sein des trois partis majoritaires, le premier gouvernement tunisien de l'après-Ben Ali doit être soumis jeudi après-midi à l'approbation de l'assemblée nationale constituante (ANC) pour un vote de confiance.


Dirigé par le No2 d'Ennahdha, Hamadi Jebali, le nouveau gouvernement, dont la composition a été dévoilée par la radio privée Mosaïque FM, est dominé par ce mouvement islamiste, grand vainqueur des élections d'octobre. Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Ettakatol, a confirmé à l'AP la composition de ce gouvernement.

Le parti Ennahda de l'ancien exilé à Londres, cheikh Rached Ghannouchi, s'accapare les ministères régaliens et plusieurs autres portefeuilles, à l'exception du ministère de la Défense. Ce dernier reste aux mains d'Abdelkrim Zbidi, seul membre du gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi à être reconduit.


Le ministère des Affaires étrangères est, lui, revenu au gendre du chef d'Ennahdha Rafik Abdessalem.


Les deux autres partenaires au sein de la "Troïka", le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol ou Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), se partagent les ministères restants aux côtés de plusieurs indépendants dont l'ancienne star du football tunisien Tarek Dhiab, qui sera chargé de la Jeunesse et du Sport.

Leurs leaders se sont vu attribuer, pour le premier Moncef Marzouki (CPR), la présidence de la République, pour le second Mustapha Ben Jaâfar (Ettakatol), la présidence de l'ANC.


Composé initialement de 51 portefeuilles selon des fuites parues dans la presse locale, le gouvernement a été revu à la baisse pour être finalement réduit à 41 membres sous la pression des médias et de la rue qui l'ont jugé pléthorique et coûteux pour le budget de l'Etat en difficulté. Des départements ont été fusionnés tandis que nombre de fonctions de ministres délégués auprès du chef du gouvernement et de secrétariats d'Etat ont été supprimées. Y figurent seulement trois femmes.


Interrogé sur le nouveau ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, le modérateur du mouvement islamique Samir Dilou a écarté tout relent de népotisme. Docteur en sciences politiques, diplômé de l'université londonienne de Westminster et ancien chef du département de recherches au centre d'études de la chaîne qatarie Al-Jazira, Rafik Abdessalem se prévaut des compétences requises pour mener à bien la diplomatie tunisienne.


Selon le journal électronique "Leaders", c'est dans la capitale britannique où il a été contraint de se réfugier en 1993 en raison de son militantisme, au sein de l'organisation estudiantine islamiste tunisienne UGTE, qu'il a connu la fille du cheikh Rached Ghannouchi, Intissar. Cette éditorialiste au quotidien "The Guardian" deviendra son épouse et lui donnera deux enfants.


Sans vouloir faire table rase de ce qui existe, il projette de "renforcer et adapter le dispositif diplomatique tunisien au nouveau contexte, pour aller de l'avant et assurer le rayonnement international de la Tunisie".


"La révolution est venue hisser la Tunisie à une place très respectée que nous devons mettre à profit pour développer nos relations extérieures à commencer avec les pays frères dans la région, avec l'Europe et les nouvelles forces émergentes et explorer de nouveaux horizons", ambitionne-t-il.


Parmi ce que le président Marzouki appelle le "tsunami de dossiers urgents" qui attendent le nouvel exécutif, figure le taux de chômage qui affecte plus de 700.000 personnes, dont quelque 200.000 diplômés des universités. Bon nombre d'entre eux végètent depuis des années dans l'espoir de trouver un emploi.


Aggravé par les grèves et les sit-in qui perdurent depuis près d'un an, le chômage est passé de 13 à 18% de la population active.

La tâche est d'autant plus ardue que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit une croissance nulle pour 2011.

Pour avoir résisté plus de 16 ans dans les geôles de Ben Ali, le nouveau Premier ministre Hamadi Jebali affiche un optimisme mesuré et une détermination à relever le défi. Les membres du prochain gouvernement sont "des militants bénévoles" dont plusieurs "surprendront les Tunisiens en renonçant à une partie de leurs salaires", martèle-t-il.


Signe d'une volonté de rompre avec les pratiques de l'ancien régime, il assure que son cabinet "veillera à consacrer la transparence et l'honnêteté dans ses rapports avec le peuple et fera montre d'austérité pour préserver l'argent public". Le gouvernement s'attachera à lutter contre "la corruption qui a gangrené ce secteur envahi par le clan (du président déchu) Ben Ali et ses proches", dit-il.


Face aux appréhensions qui ont suivi l'arrivée des islamistes au pouvoir, il semble, par ailleurs, vouloir rassurer en réservant un ministère aux Droits de l'Homme.

Reste à savoir si les 12 à 18 mois, que devrait durer normalement la deuxième période transitoire, seront suffisants pour répondre aux attentes d'une population impatiente de voir le bout du tunnel. 

source nouvelob

 

__________________________________________

 Grandes lignes de la déclaration du nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement tunisien va gérer les affaires de l'Etat tunisien dans un consensus national qui impliquera les différentes forces politiques, la société civile et le peuple tunisien dans le cadre de la transparence et suivant une vision prospective et ouverte, a souligné jeudi Hamadi Jebali, nouveau Premier ministre tunisien.

 

Le nouveau chef du gouvernement tunisien s'est intervenu lors d'une séance plénière de la Constituante consacrée à l'adoption de la composition du nouveau gouvernement proposé par lui-même.

 

Présentant la composition de son gouvernement pour son adoption par l'Assemblée, M. Jebali a précisé que "la Tunisie est face à des moments historiques puisque le peuple tunisien va donner sa confiance, via leurs représentants, dans un gouvernement qui sera pour la première fois légitime et élu".

 

Selon M. Jebali, les familles démunies et nécessiteuses en Tunisie"bénéficieront d'un intérêt particulier de la part du prochain gouvernement qui optera pour l'augmentation de la valeur de la prime mensuelle accordée à cette catégorie, dont le nombre de bénéficiaires touchera 235 mille, soit 50 mille de plus".

A la lumière de la "fragilité" de l'économie tunisienne, des difficultés liées à la compétitivité et l'absence de contrôle, " les régions intérieures tunisiennes seront le point de départ des investissements nationaux et étrangers et auront toute la priorité dans la création d'emplois et d'entreprises", a précisé le chef du gouvernement.

Evoquant le pouvoir d'achat du Tunisien, M. Jebali a rassuré dans une déclaration à l'Agence de presse Xinhua, que "le nouveau gouvernement essayera d'agir directement sur les prix et assurer leur contrôle régulier tout préservant les équilibres généraux de l'économie tunisienne".

Les secteurs jugés les plus affectés depuis la révolution de janvier 2011 seront au centre des préoccupations du prochain gouvernement, notamment le tourisme, l'emploi, l'agriculture, la sécurité, la justice, les médias ainsi que les Droits de l'Homme.

Le nouveau gouvernement tunisien élaborera "un budget d'Etat complémentaire réservé exclusivement à la promotion du tourisme tunisien et la destination Tunisie", outre la mise en place d'une "feuille de route" en mesure de "faire face à l'endettement de l'entreprise touristique tunisienne, promouvoir le tourisme saisonnier et inciter les touristes à visiter la Tunisie grâce à des préférences d'accès".

Selon la déclaration du gouvernement tunisien présentée par le Premier ministre Hamadi Jebali, la Tunisie optera pour une politique économique à la fois efficace et dépendante des aspirations du peuple tunisien mais également ouverte sur son environnement régional, continental et international.

"Le nouveau gouvernement tunisien focalisera ses travaux, au niveau des relations économiques extérieures, sur l'environnement maghrébin surtout avec la Libye et l'Algérie, sans oublier la double nécessité de renforcer les relations avec le continent européen et se tourner vers des nouvelles puissances dont la Chine, l'Inde, la Turquie et le Brésil", a encore précisé à Xinhua le nouveau Chef de gouvernement tunisien.

chine-information

 

___________________________________________

HAMMA-11122-12-2011.jpg 
Eclairages : Hamma Hammami, secrétaire général du (PCOT) sort de ses gonds

 

«L’alliance «Ennahda/CPR/Ettakatol» repose sur une logique de partage du gâteau»

«L'application du programme économique ultra-libéral d'Ennahda pourrait conduire à une seconde révolution»- «Il est affligeant de voir le gouvernement renflouer les caisses de l’Etat sur le dos  des pauvres»- 

 

 

 

Le Temps : En tant que  dirigeant d’un parti qui défend les intérêts des «masses laborieuses», comment réagissez-vous à l'appel de Moncef Marzouki à une trêve politique et sociale pendant six mois ?

 

Hamma Hammami : 

Je pense  que cet appel est insensé. Le gouvernement doit d'abord reconnaître l'existence d'un grand malaise social. Le chômage endémique, la cherté de la vie et la détérioration des services sociaux sont autant de fléaux qui pèsent lourd sur de larges franges de la société tunisienne.  Le gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi a fermé les yeux sur tous ces problèmes sociaux dont l'intensité a, par conséquent, augmenté au fil des mois. Au lieu d'appeler à une trêve sociale, le nouvel exécutif aurait dû s'atteler à prendre des mesures urgentes pour alléger la souffrance des classes ouvrières, des laissés pour compte et des oubliés  du pseudo-miracle économique tunisien, qui avait longtemps servi de faux bouclier au régime de Ben Ali face aux attaques sur les atteintes aux libertés et aux droits de l'Homme.


 

Plus précisément, le triumvirat vainqueur  des élections aurait pu, à titre d'exemple,  accorder des allocations aux chômeurs de longue durée  et décider une baisse des prix des produits de première nécessité.

De même, le prélèvement de quatre jours de travail sur les salaires prévu par le projet de budget de l'Etat 2011 constitue une décision inappropriée et précipitée qui est de nature à augmenter la souffrances des couches sociales défavorisées ou à revenu limité. Il est affligeant de constater que le gouvernement tente de renflouer les caisses de l’Etat sur le dos  des pauvres au lieu de chercher d’autres ressources financières pour boucher le trou budgétaire.

 

 

La Tunisie étant un pays aux ressources naturelles limitées, comment le gouvernement peut-il réellement trouver des financements urgents sans toucher aux salaires ?

 

 

Il existe plusieurs solutions sérieuses. A titre d'exemple, le gouvernement peut négocier la suspension du paiement de la dette extérieure pendant trois ou quatre années avec les bailleurs de fonds internationaux. Cette solution a été déjà expérimentée avec succès par l'Argentine. L'Etat peut également  décréter un impôt sur les grandes fortunes ou prendre des mesures d'austérité en matière de dépenses publiques.

Autre piste à explorer: la confiscation des comptes des membres du clan Ben Ali. Selon les experts, des montants colossaux détenues par ce clan dorment dans les coffres des banques tunisiennes ou circulent dans le circuit parallèle.

 

 

Que pensez-vous d'un gouvernement composé de 41 membres en ces temps de crise nécessitant le recours à l'austérité budgétaire ?

 

A mon avis, la Tunisie aurait mieux fait par ces temps difficiles d’opter pour un gouvernement restreint pour réduire les dépenses publiques, mais aussi pour assurer l'efficience de l'action gouvernementale. Or, il est désormais clair que l'alliance entre Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol repose sur une logique de partage du gâteau. Ces partis tentent aussi de récompenser leurs militants par des postes ministériels sans se soucier de l'intérêt national.  La troïka  sera confrontée à plusieurs difficultés d'autant plus qu'elle n'a pas été  constituée sur la base d'un programme économique et social commun mais sur la base d'intérêts partisans.

 

 

Que pensez-vous du programme économique du mouvement Ennahda ?

 

Ennahda a un programme économique ultra-libéral qui n'est pas différent de celui appliqué par le régime de Ben Ali. L'application de ce programme dans le cadre d'une conjoncture économique mondiale très difficile marquée par la contraction de la demande européenne sous l'effet d'une grave crise de la dette  pourrait mener le pays à une seconde révolution. La Tunisie a aujourd'hui besoin de rompre avec le libéralisme sauvage et de s'orienter vers une économie au service de la population.

 

 

Comment répondez-vous à vos détracteurs qui vous qualifient souvent d' «indécrottable contestataire» et d' «éternel opposant » ?

 

Ce sont des qualificatifs très simplificateurs. L'histoire a prouvé que notre opposition frontale au régime de Ben Ali ne relevait pas d'une logique de contestation infondée et encore moins de surenchères. Nous avons également été les premiers à appeler à l'élection d'une Assemblée Constituante, un choix qui s'est révélé judicieux. Nous disposons, par ailleurs,  d'alternatives sérieuses sur tous les plans et d'un programme économique et social capable d'assurer la croissance et le bien-être social.

 

 

Comment explique-vous, alors, les résultats médiocres du PCOT lors des élections ?

 

Nos résultats modestes (3 sièges à l'Assemblée Constituante, NDLR) s'expliquent par plusieurs facteurs. Je cite notamment la partialité des médias qui avaient fait pencher la balance du côté d'Ennahda, l'argent politique qui a coulé à flot, l'instrumentalisation des mosquées à des fins politiques et les campagnes de dénigrement prétendant que les militants de notre parti sont des mécréants. Néanmoins, nous avons commis beaucoup d'erreurs

Stratégiques comme la présentation de liste baptisées  l’Alternative révolutionnaire» sans mentionner la dénomination du parti.

 

Propos recueillis par Walid Khefifi

 

Le journal Le Temps (tn)



 

 

 

 

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
commenter cet article
22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 06:05

 

 

 

_________________________________


 

 

 

________________________________________________________________________________________

 

 

Les rappeurs de Y'en a marre lancent «faux ! pas forcé» contre la candidature d'Abdoulaye Wade


YENAMAR2-senaigal.JPG

Les membres du collectif Y'en a marre sont mobilisés contre la candidature d'Abdoulaye Wade.

RFI / Laurent Correau


Le groupe de rappeurs engagés Y'en a marre vient de lancer un nouveau disque contre la candidature d'Abdoulaye Wade à un troisième mandat. « Faux ! Pas forcé » a été tiré à cinquante exemplaires distribués aux médias. Ce « single » appelle le président sénégalais à renoncer à se présenter à la présidentielle du 26 février prochain par respect pour la Constitution.

 

C'est un « single » de combat que les rappeurs de Y'en a marre ont lancé aujourd'hui. Le morceau s'intitule « Faux ! pas forcé ». Le jeu de mots s'adresse directement au président sénégalais, Abdoulaye Wade. Sous entendu : « Faut pas forcer la Constitution en briguant un troisième mandat ».

« Le Sénégal est sur le point de s'embraser par le fait de l'obsession et de l'entêtement d'un seul homme au pouvoir, a déclaré au début de la conférence de presse Fadel Barro, l'un des responsables du mouvement. Notre responsabilité est de lui barrer la route avant qu'il ne soit trop tard ».


« Ne sois pas comme Kadhafi »

 

Y'en a marre interpelle le chef de l'Etat sans prendre de pincettes : « Mauvais cocher, tu dévies le cheval / Notre argent tu nous le vole et le partage avec ton clan », scande ainsi Kilifeu dans le premier couplet. « Abdoulaye Respecte ta parole / Je le jure faut pas forcer » reprend le refrain. « Si tu aimes ton peuple, chantent les rappeurs, ne t'entête pas au pouvoir, ne verse pas son sang. » ou un peu plus loin « Ne sois pas comme Kadhafi, si tu ne veux pas que l'on fasse comme la Libye ».


Les artistes de Y'en a marre se disent déterminés « On ne bougera pas d'un centimètre, père, dit leur chanson Nous irons jusqu'au bout, même genou à terre / Déploie ton armée et ta police, qu'elles tirent sur nous. » Ils affirment pourtant vouloir rester dans le respect des lois et règlements ...et dans l'esprit du NTS (le Nouveau Type de Sénégalais) prôné par le mouvement.

 

« Qu'ils ne comptent pas sur Y'en a marre pour brûler le pays » a lancé Thiat, le porte-parole du groupe, lors de la conférence de presse. La rencontre a d'ailleurs commencé par l'hymne national, et s'est terminée de la même manière.Les rappeurs de Y'en a marre appellent leurs fans et leurs sympathisants à se joindre au congrès du peuple qui aura lieu ce vendredi 23 décembre, parallèlement au congrès du parti démocratique sénégalais. « Le Sénégal est en danger, le Sénégal est en jeu a estimé Simon, l'un des artistes du groupe. On vous appelle le 23 pour lui montrer qu'il ne faut pas forcer ».

source rfi.fr/afrique

 

_______________________________________________________________________________________

Pour mieux connaître  les « Y'en a marre »

 


 

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Indignés (les) _ Idle No More
commenter cet article

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories