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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 04:29

 

 

On Thursday 15 December, Occupy London was thrilled to welcome legendary civil rights activist Rev Jesse Jackson to St Paul’s Churchyard, alongside Bishop Wayne Malcolm (leading representative of the progressive majority black churches), Lee Jasper (co Chair of Black Activists Rising Against the Cuts (BARAC)) and 12-year-old blogger Libdemchild, who examines and unpacks how capitalism affects children’s lifestyles and choices.

Here’s two videos of Jesse’s visit, the first of his speech and the second of the questions that he answered. Thanks to Inka for these videos:

 occupylsx

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 03:40

Université d'Alep attaquée par le régime

Damas manif de nuit 21-12-2011

Homs :  grève générale et occupation militaire

Idleb : manif de soir ... 


 

Hama Halfia : manif de soir 


 

 

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Hécatombe parmi les mutins de l'armée syrienne

Le cercueil d'un homme tué à Homs circule parmi une foule. L'Associated Press n'est pas en mesure de vérifier l'authenticité de ces images de façon indépendante.

Photo: La Presse Canadienne /Sham News Network via APTN

Le cercueil d'un homme tué à Homs circule parmi une foule. L'Associated Press n'est pas en mesure de vérifier l'authenticité de ces images de façon indépendante.

 

La violence a pris des proportions sans précédent en Syrie depuis deux jours.

Ainsi, une centaine de déserteurs de l'armée syrienne ont été tués ou blessés mardi par l'armée syrienne dans la province d'Idleb, près de la frontière turque, dans le nord du pays, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) sur la foi de témoignages fournis par des militants sur place.

 

Selon le groupe d'opposition basé à Londres, « une centaine de déserteurs ont été encerclés puis tués ou blessés entre les villages de Kafroueid et d'al-Fatira » dans la région de Jabal al-Zaouia, à plus de 330 km au nord de Damas.

L'OSDH ajoute que 33 civils ont été tués ce même jour par les forces de sécurité, soit 24 dans la province d'Idleb et 9 autres à Homs.

L'organisation rapporte par ailleurs que 14 membres des forces de sécurité ont été tués lors d'affrontements avec des déserteurs dans la province de Deraa, dans le sud du pays.

La violence était aussi forte lundi, alors que, toujours selon l'OSDH, au moins 100 personnes ont été tuées par les forces de sécurité du régime de Bachar Al-Assad, en dépit de l'accord sur l'envoi d'observateurs conclu avec la Ligue arabe.

Le groupe a fait savoir en outre qu'entre 60 et 70 mutins de l'armée ont été tués dans les localités de Kansafra et de Kafr Awid, également situées dans la province d'Idleb. Trois soldats ont aussi été tués dans les affrontements à Kansafra.

L'OSDH a aussi recensé 13 civils tués à Homs, haut lieu de la contestation, 11 dans la province de Deraa, où l'insurrection a pris naissance en mars, 9 dans la province d'Idleb, 3 dans la province de Deir Ezzor, 3 à Damas et 1 à Hama.

 

Les Comités locaux de coordination (CLC), qui chapeautent les manifestations populaires contre le régime, affirment que pas moins de 937 civils, dont 60 enfants, ont été tués par les forces syriennes en un peu plus d'un mois.

Selon la plus récente estimation des Nations unies, plus de 5000 civils ont été tués depuis le début du soulèvement. Le régime syrien, qui dit combattre des « terroristes armés », affirme pour sa part avoir perdu plus de 1000 membres des forces de sécurité dans des affrontements.

Carte de la Syrie

Les localités où de nombreux mutins ont été tués, selon l'OSDH, se trouvent près de Jisr al-Choughour, dans la province d'Idleb.

 

La délégation de la Ligue arabe se fait attendre

Un responsable de la Ligue arabe a fait savoir qu'une équipe de 12 personnes se rendra en Syrie jeudi afin de préparer la mission d'observation de l'organisation, chargé de s'assurer que Damas respecte un plan visant à faire cesser les violences.

Selon le secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi, les 150 observateurs spécialisés en matière « de sécurité, de droit, d'administration et de droits de l'homme » pourraient être sur le terrain avant la fin du mois. M. Al-Arabi a précisé qu'il faisait cette annonce « avec une certaine assurance, mais sans certitude ».

Paris a rappelé lundi que l'envoi d'observateurs « ne constitue que l'un des éléments » du plan de sortie de crise arabe, les autres étant « l'arrêt de la répression, la libération de toutes les personnes emprisonnées à l'occasion des manifestations, le retour de l'armée dans les casernes et l'accès au territoire syrien des médias internationaux ».

 

Lutte contre le trafic d'armes... et le gaspillage

Le président syrien Bachar al-Assad a promulgué une loi condamnant à la peine de mort toute personne qui fournit des armes aux « terroristes », a annoncé mardi l'agence officielle Sana.

« La loi prévoit la peine capitale pour ceux qui fournissent des armes ou qui contribuent [à en fournir], en vue de commettre des actes terroristes », précise l'agence.

Le premier ministre syrien Adel Safar a pour sa part publié une lettre circulaire dans laquelle il demande aux établissements de « baisser de 25 % les dépenses » de fonctionnement et d'investissement, selon ce que rapporte le journal du parti au pouvoir Al-Baas.

« Les baisses porteront sur les dépenses concernant le mazout, la maintenance, les primes et prestations de transports » des fonctionnaires, dans le cadre d'un programme du gouvernement visant à « limiter le gaspillage ».

source radio-canada.

 

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Les manifestations antirégime se poursuivaient hier en Syrie, alors que la répression a fait plus de cent morts, dont au moins 70 militaires dissidents exécutés par le pouvoir. Photo Reuters

 

Les manifestations antirégime se poursuivaient hier en Syrie, alors que la répression a fait plus de cent morts, dont au moins 70 militaires dissidents exécutés par le pouvoir. Photo Reuters

Damas signe le protocole sur l’envoi d’observateurs de la Ligue ; l’Assemblée générale de l’ONU condamne la répression menée par le régime d’Assad


 

La Syrie a formellement accepté hier, après une valse-hésitation de plusieurs semaines, la venue d’observateurs arabes dans le pays, jugée immédiatement par l’opposition comme une « manœuvre » pour gagner du temps.
Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal el-Maqdad a en effet signé au Caire un document autorisant la venue d’observateurs, dans le cadre d’un plan de sortie de crise mis au point par la Ligue arabe, que Damas avait déjà accepté « sans réserves » sans jamais pour autant l’appliquer.

 

Lors d’une conférence de presse à Damas, le chef de la diplomatie Walid Moallem a assuré que les observateurs arabes étaient « les bienvenus » en Syrie, ajoutant que « cet accord sera renouvelé dans un mois si les deux parties en sont d’accord ». De même, les observateurs pourront « accéder aux points chauds mais pas aux points militaires sensibles ». M. Moallem a affirmé que son pays n’avait accepté de signer ce protocole que parce qu’il respectait sa « souveraineté ». La répression dans le pays a fait depuis la mi-mars plus de 5 000 morts, selon l’ONU, mais Damas attribue les violences à des groupes terroristes armés. « De nombreux pays dans le monde ne veulent pas reconnaître la présence de groupes terroristes armés en Syrie. Ils vont venir et ils vont voir qu’ils sont présents. Nous ne devons absolument pas avoir peur », a réagi M. Moallem.

 

 

 

Le secrétaire général de la Ligue Nabil el-Arabi a annoncé pour sa part qu’une première délégation se rendrait en éclaireur à Damas sous trois jours. Dirigée par Samir Seif el-Yazal, assistant du secrétaire général, elle sera « composée d’observateurs de la sécurité, du droit et de l’administration », a déclaré M. Arabi, précisant que des équipes incluant des experts des droits de l’homme suivraient.

 

 

La France a aussitôt réclamé que les observateurs arabes puissent remplir leur mission « le plus rapidement possible sur le terrain » en Syrie, où le régime réprime depuis plus de neuf mois un mouvement de révolte sans précédent. L’Iran, alliée de la Syrie, a annoncé de son côté soutenir la décision de Damas. Cependant, les démarches des pays arabes sur le dossier syrien relèvent de la « blague » a estimé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. « Certains pays de la région se livrent à des actes que l’Iran considère comme des blagues » envers la Syrie, a déclaré M. Ahmadinejad selon des propos rapportés par l’agence de presse publique IRNA. « Certains pays de la région, qui n’ont jamais organisé d’élections, se sont rassemblés pour voter des résolutions visant un autre pays, lui demandant “pourquoi ne faites-vous pas d’élection ?” », a-t-il ironisé. Ces critiques sont intervenues à peine quelques heures avant que la Syrie n’accepte l’envoi d’observateurs arabes.

 

 

Toujours sur le plan diplomatique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté hier à New York une résolution condamnant la situation des droits de l’homme en Syrie. La résolution a été adoptée par une majorité de 133 pays pour, onze contre et 43 abstentions. L’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar Jaafari a qualifié la résolution de complot « démoniaque » contre son pays.

 

À Tunis, Burhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien (CNS) qui regroupe la majorité des courants de l’opposition syrienne, a estimé que les déclarations de M. Moallem étaient une « manœuvre pour couvrir l’échec du régime syrien » : « Le régime syrien manœuvre pour empêcher que le dossier syrien soit soumis devant le Conseil de sécurité des Nations unies (...). Ils n’ont aucune intention d’appliquer une quelconque initiative », a déclaré M. Ghalioun au cours d’une conférence de presse.

 
Le chef du CNS a aussi souhaité le déploiement de forces arabes si Damas poursuit la répression violente. « Si le régime syrien poursuit sa répression violente, le CNS fera appel à des forces de dissuasion arabes. Nous avons besoin d’un usage de la force d’une manière limitée et dans des zones précises », a-t-il expliqué à la presse. Après une série de réunions à huis clos pendant trois jours dans la banlieue nord de Tunis, le CNS a annoncé dans une déclaration finale avoir « une vision pour la période transitoire visant à forger un consensus national pour unir davantage les Syriens autour de la révolution ».

 
Sur le terrain, une trentaine de civils auraient été tués hier par les forces de sécurité dans le pays, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). À Damas, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants dans le quartier historique de Midane, tuant un jeune homme et blessant un enfant, selon l’OSDH et les comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations sur le terrain. Par ailleurs, des sources au sein des LCC ont fait état hier à la chaine al-Jazira de la mort de 72 militaires insoumis à Edleb alors qu’ils tentaient de fuir leur caserne, et trois soldats de l’armée régulière syrienne auraient aussi été tués lors d’affrontements avec des militaires dissidents à Kansafra.

 
Parallèlement, des milliers de partisans du président Bachar el-Assad se sont rassemblés hier sur une grande place de Damas pour dénoncer les sanctions imposées à la Syrie par la Ligue arabe, selon des témoins. De grands drapeaux russes, chinois, iraniens, ainsi que ceux du Brésil et d’Afrique du Sud, alliés de Damas, étaient suspendus sur les immeubles. Un immense drapeau syrien a été brandi par les jeunes qui criaient leur soutien au président Assad.

 
source lorientlejour

 

 

 

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Point de vue 


La Russie manœuvre en faveur du régime. Le pourrissement est inévitable

 

Le revirement russe au Conseil de sécurité, dans le dossier syrien, est qualifié de "décision historique" par la communauté internationale "naïve ou complice". Mais en réalité, il ne s’agit que d’une manœuvre visant à sauver le régime de Bachar Al-Assad.

En proposant son projet de résolution destiné à condamner la violence en Syrie, Moscou a cherché à mettre à égalité la violence confirmée du régime, qui a déjà fait plus de 5.000 morts et 15.000 arrestations, et celle attribuée aux opposants désarmés que l’Armée Syrienne Libre (ASL) tente de défendre. De fait, pour comprendre les dessous de la médiation russe, il convient d’observer l’évolution sur le terrain en Syrie. Jusqu’au 15 décembre, le régime de Bachar Al-Assad insistait sur sa capacité à mater et à éradiquer les opposants et les insurgés. Peine perdue, les défections au sein de l’armée se multipliaient, et les rangs de l’ASL gonflaient au fil des jours. L’Armée Syrienne Libre s’est organisée et a réussi à infliger de lourdes pertes aux forces du régime, accélérant les désertions. Les dernières batailles rangées opposant l’ASL aux forces gouvernementales à Deraa, Homs et Idlib, ont ainsi mis un terme aux illusions du régime et démontré que sa chute est irréversible.


Aussi, sur le plan économique, les effets de l’embargo imposé à la Syrie commencent à se faire sentir. La Livre syrienne s’effondre face au dollar. Le pétrole syrien ne trouve plus aucun débouché commercial, et les compagnies étrangères évacuent leurs employés (Shell, Total, Suncor, Sinochem, Gulfsands...). Dans ces conditions, les commerçants d’Alep, craignant pour leurs affaires, rejoignent de plus en plus la contestation et abandonnent le régime. Sur le plan politique, Bachar Al-Assad se sent de plus en plus lâché par les minorités qu’il a longtemps manipulées. Les dignitaires druzes et alaouites prennent leur distance avec le régime...


Pour toutes ces raisons, la Russie tente de sauver Assad avec son projet de résolution présenté au Conseil de sécurité, et tant applaudi par les Occidentaux qui apparaissent ainsi complices ou naïfs, ou les deux à la fois. La manœuvre de Moscou vise à mettre à pied d’égalité la violence du régime et de l’opposition, et à relancer de ce fait un semblant de dialogue pour octroyer à Assad un nouveau répit et le temps nécessaire pour retourner la situation en sa faveur. Damas doit en effet dépêcher le vice-président Farouk Chareh à Moscou pour finaliser cette manœuvre (sa visite à Moscou, prévue ce vendredi, a été reportée), et annonce que Walid Al-Moallem, le ministre des Affaires étrangères, pourrait se rendre très prochainement au Qatar pour signer, à Doha, le protocole d’accord avec la Ligue arabe, permettant l’envoi d’observateurs en Syrie, aux conditions syriennes.


Ainsi, l’appui de Moscou, la complicité de la Ligue arabe - qui accorde, semaine après semaine, des répits à Assad - et la naïveté de la communauté internationale permettent à Damas de faire le dos rond pour se protéger de la tempête, en attendant les échéances électorales en France et aux Etats-Unis, et en capitalisant sur la crise économique qui sévit en Occident. Damas espère gagner du temps avant de rebondir et de reprendre la répression au moment opportun. Les Syriens sont prévenus. Ils doivent s’attendre à une accélération du pourrissement. En attendant, ce vendredi on dénombre au moins 19 morts à travers la Syrie, et des centaines de milliers de manifestants, d’Idlib au nord-ouest à Deraa au sud, de Homs et Hama au centre, à Deïr Ez-Zor, Hassaka et Al-Jazireh à l’est, en passant par Rif Damas.

par Stefano B.C.

source mediarabe

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 02:03

 

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Fracture égyptienne

 Tout ça pour ça ?», se demande-t-on encore et même pour longtemps en Egypte, où le départ du président Hosni Moubarak et son procès n’auront pas entraîné la chute de son régime. L’on se rend même compte, à quel point Moubarak pouvait servir de rempart afin justement que l’armée continue à afficher sa proximité avec le peuple.

Ceux qui battaient le pavé en janvier dernier réclamaient son départ en espérant, selon toute vraisemblance, que cela allait provoquer un vaste changement, mais l’irruption de l’armée en a fait un acteur. Il a suffi d’un communiqué pour que le doute s’installe. Ce qui a fait dire dès la chute de Moubarak, que le jeu n’était plus le même. Il a suffi d’un communiqué avec un numéro un, annonçant d’autres par conséquent, pour que l’on passe de la révolte au putsch.

Avec son Conseil suprême des forces armées, elle a cessé d’être la grande muette, pour diriger le jeu politique, en nommant les plus hauts personnages de l’Etat et établir les échéances électorales, ce qui évacue l’idée même de changement.
C’est ce qui a provoqué la colère des Egyptiens revenus en masse sur la fameuse place Tahrir du Caire.
Le conflit, déjà latent, a dégénéré vendredi entre les forces de l’ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l’armée de Kamal El Ganzouri, comme Premier ministre, qui avait déjà occupé ce poste sous Moubarak. Les manifestants réclament également la fin du pouvoir militaire, celui-là même qui continuait à nommer et préparer les élections largement remportées par les islamistes. La confrontation est terrible, avec des morts et des blessés. Quant à la fracture, elle est encore plus importante, avec ces images de la répression qui font le tour de la planète. Ce qui a été jugé excessif par de nombreuses capitales. Que pensent justement les Egyptiens très présents devant les urnes ? Ceux qui appellent à la fin du pouvoir militaire ne veulent pas s’arrêter à cette période de dix mois tout juste. Ils voient loin et souhaitent en fait la fin d’une période qui dure tout de même depuis soixante ans.


Soit depuis l’avènement des officiers libres conduits pas Nasser. En d’autres termes, aller vers un pouvoir civil dans toute l’étendue du terme. Ce qui, alors, constitue une contestation ouverte, sinon un net rejet d’articles de la nouvelle Constitution octroyant un rôle politique à l’armée se faisant la garante de la légitimité constitutionnelle. Il devient évident que cette institution s’est arrangée pour ne pas être concernée par le changement, encore faudrait-il, à ce stade, connaître ce dernier.
En ce sens, l’armée égyptienne est d’une certaine manière au moins suspectée d’avoir d’abord reconduit les hommes du passé, à l’image du tout nouveau Premier ministre. Et ensuite d’avoir noué une alliance avec les islamistes.
En échange du pouvoir ? Une bien terrible équation qui ne trouve pas de réponse puisque la rue a continué à gronder, alors que le rôle supposé des islamistes était justement d’étouffer la contestation, à défaut bien entendu de l’empêcher. Et quand bien même ils le voulaient, le pouvaient-ils réellement eux qui n’ont fait que suivre le mouvement enclenché sans eux au début de cette année ? Désormais, la fracture devient béante que l’échange d’accusations est loin de refléter. C’est un facteur aggravant.  

par Mohamed Larbi

source elwatan

 

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Cinquième jour d’affrontements et nouvelle charge des forces de l'ordre

 

Pour la cinquième journée d'affilée, la police et l'armée égyptiennes ont tiré des coups de feu et fait usage de gaz lacrymogène et de matraques, mardi 20 décembre, contre des manifestants hostiles au pouvoir militaire. Au moins quatre personnes ont été blessées. Les forces de l'ordre tentaient une nouvelle fois de déloger les protestataires de la place Tahrir, au Caire.

D'intenses fusillades ont résonné tandis que les forces de sécurité chargeaient la centaine de manifestants qui refusaient de quitter les lieux, ont déclaré des activistes et un journaliste de Reuters. "Des centaines de membres de la sûreté de l'Etat et de l'armée ont pénétré sur la place et ont commencé à tirer sans relâche. Ils ont poursuivi des manifestants et brûlé tout ce qui était sur leur passage, y compris du matériel médical et des couvertures", a témoigné Ismaïl, un manifestant, au téléphone.

Des violences que "regrette profondément" le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige la pays. Surtout celles dont sont victimes les femmes : "Le Conseil suprême des forces armées exprime aux femmes d'Egypte ses profonds regrets pour les atteintes qui se sont produites lors des affrontements récents au cours des manifestations devant le Parlement et le siège du gouvernement", a affirmé le CSFA dans un communiqué. Et de promettre "toutes les mesures légales pour que les responsables de ces atteintes rendent des comptes".

 

CONFRONTATION AVEC LE PEUPLE

 

Une jeune femme arretée et frappée par l'armée égyptienne, samedi 17 décembre.

Une jeune femme arrêtée et frappée par l'armée égyptienne, samedi 17 décembre.REUTERS/STRINGER

 

Les images d'une femme à terre brutalisée par les forces de l'ordre et traînée au sol au point de faire apparaître ses sous-vêtements ont en effet choqué de nombreux Egyptiens. Le quotidien indépendant Tahrir, fondé après la chute du président Hosni Moubarak en février, fustigeait en une "les forces qui attentent à l'honneur", avec une photo d'un soldat tenant une femme par les cheveux tandis qu'un autre brandissait une matraque au-dessus d'elle. La veille, un quotidien avait montré en une la photo d'une manifestante voilée, dont les soldats découvraient le soutien-gorge et le ventre en la frappant et en la traînant sur la chaussée.

L'armée, elle, se défend. "Depuis le début de la révolution, des forces malveillantes tentent d'entraîner l'Egypte dans le chaos et placent l'armée dans une situation de confrontation avec le peuple, a déclaré le général Adel Emara, assurant qu'il s'agissait d'un incident isolé et que l'armée n'avait pas donné l'ordre d'évacuer la place Tahrir par la force. Ce qui est en train de se passer n'a rien à voir avec la révolution et sa jeunesse pure, qui n'a jamais souhaité mettre à terre ce pays."

 

MORT EN DÉTENTION

Les protestataires avaient tenté de briser un mur de briques érigé pour bloquerl'accès au Parlement, situé non loin de la place Tahrir. De sources médicales, on estime que treize personnes sont mortes et des centaines d'autres ont été blessées depuis le début de ces nouveaux affrontements, vendredi. Les manifestants affirment que ce bilan va s'alourdir avec la dernière intervention des forces de l'ordre.

Des personnalités politiques et des membres du Parlement ont tenté de se rendresur la place mardi mais ils ont fait demi-tour en raison des fusillades, a ajouté le manifestant joint par téléphone. Une source militaire a fait état de 164 arrestations. Une source au sein des services de sécurité a déclaré qu'un jeune homme de 26 ans était mort en détention sans que l'on connaisse la cause de son décès.

Dix mois après le renversement de Hosni Moubarak, une partie de la population soupçonne l'armée de profiter de son rôle à la tête du processus de transition pourtenter de conserver le pouvoir. D'autres savent gré aux militaires de chercher àmaintenir le calme et l'ordre afin de permettre le bon déroulement des élections, qui se déroulent par phases depuis fin novembre.

Les dernières violences sur la place Tahrir ont provoqué l'incendie de la bibliothèque de l'Institut d'Egypte, fondé il y a plus de deux siècles. "Que ressentez-vous lorsque vous voyez l'Egypte et son histoire brûler sous vos yeux ?" s'est indigné le général à la retraite Abdel Moneim Kato, conseiller de l'armée, dans le journal Al-Chorouk, dénonçant des "vagabonds qui mériteraient de brûler dans les fours crématoires de Hitler".
source lemonde
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La plupart des manifestants tués par balles, malgré ce qu'affirme le pouvoir

 

La majorité des 13 manifestants morts lors d'affrontements dans le centre du Caire ont été tués par balles et l'un d'entre eux est mort en détention des suites d'un traumatisme crânien, a annoncé mardi le chef de la médecine légale égyptienne.


L'armée au pouvoir depuis la chute en février du président Hosni Moubarak a pourtant réaffirmé à plusieurs reprises que les forces de sécurité n'avaient pas fait usage de balles réelles, en dépit de vidéo largement diffusées montrant des militaires tirant sur les manifestants avec des fusils.


Le docteur Ehsan Kamil Georgi a affirmé que 9 des 13 tués depuis le début des affrontements vendredi avaient été "touchés par des balles", précisant que seuls 10 corps avaient été autopsiés pour le moment, a rapporté l'agence officielle égyptienne Mena.

L'un d'eux "a rendu son dernier souffle en détention au tribunal du Caire, avant de comparaître. Un traumatisme crânien qui a provoqué une hémorragie est à l'origine de son décès", a ajouté le médecin.

De nombreux Etats et ONG ont dénoncé la brutalité de la répression en Egypte.

 

Les affrontements avaient éclaté vendredi entre les forces de l'ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l'armée comme Premier ministre de Kamal el-Ganzouri, qui avait déjà occupé ce poste sous le président déchu Hosni Moubarak.

 

Les manifestants réclament également la fin du pouvoir militaire, visant en particulier le chef de l'armée et chef d'Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui.

S'il réfute que des balles réelles ont été utilisées, le pouvoir armé a par ailleurs présenté ses excuses pour les maltraitances faites aux manifestantes. 

L'armée prendra "toutes les mesures légales pour que les responsables de ces atteintes rendent des comptes", poursuit le communiqué, publié quelques heures après une manifestation qui a rassemblé environ 2000 femmes au Caire pour dénoncer les attaques contre des manifestantes.

 

Le quotidien indépendant Tahrir, fondé après la chute du président Hosni Moubarak en février, fustigeait en Une "les forces qui attentent à l'honneur", avec une photo d'un soldat tenant une femme par les cheveux tandis qu'un autre brandissait une matraque au-dessus d'elle.

La veille, un quotidien avait montré en Une la photo d'une manifestante voilée, dont les soldats découvraient le soutien-gorge et le ventre en la frappant et en la traînant sur la chaussée.

Les violences envers les manifestantes sont indignes de la révolution et "déshonorent l'Etat" égyptien, a accusé la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dans un langage fort peu diplomatique.

source rtbf.be

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 06:13

par Michel Warschawski

 

Cet été, Tel Aviv a connu la plus grosse manifestation des Indignés. Clairement antilibéral, ce mouvement citoyen pourrait donner naissance à une nouvelle société civile israélienne définie par la citoyenneté plutôt que par l’appartenance au « peuple juif ».


Qui l’aurait prédit ? La plus grande manifestation des Indignés (proportionnellement à la population du pays) a eu lieu à Tel Aviv, capitale d’un des pays les plus réactionnaires de la Planète : 400 000 personnes, c’est-à-dire l’équivalent de 4 millions de personnes en France. Plus même que la manifestation qui faisait suite aux massacres de Sabra et Chatila, en 1982. Qu’exigeaient les Indignés israéliens ?« Le peuple veut la justice sociale » et « contre les privatisations – (retour à) l’État providence ».


Un mouvement de masse

Quand, le 14 juillet 2011, Daphné Leef, une jeune femme de 24 ans, plante sa tente sur le Boulevard Rothschild à Tel Aviv pour protester contre l’impossibilité de trouver un logement, elle ne se doutait pas qu’en moins de dix jours, elle serait suivie par des milliers de jeunes et de moins jeunes qui, dans toutes les villes du pays, plantent à leur tour une tente, transformant le pays en un immense campement de protestation. Pour les jeunes couples, la question du logement est le symbole du démantèlement de l’État social : pendant deux générations, ce dernier se devait d’avoir une politique de logement social pour installer les millions d’immigrants venus s’installer dans l’État juif. La dérégulation néoliberale qui commence dans les années 1980 et la privatisation de l’immobilier font que le logement cesse d’être un droit et devient une marchandise. Puis ce sera le tour de l’éducation et de la santé qui, s’ils restent en principe gratuits, reviennent en fait de plus en plus cher si l’on veut obtenir un peu plus que le minimum.


Rapidement la revendication sur le droit au logement va s’étendre à une remise en question de l’ensemble de la contre-reforme néolibérale : « l’éducation n’est pas une marchandise »« la santé n’est pas une marchandise » deviennent des slogans populaires dans les manifestations de plus en plus massives qui accompagnent les campements au cours de l’été. Pour culminer, le 3 septembre, avec la manifestation des 400 000.


Dès ses premiers pas, le mouvement insiste, à travers ses porte-parole sur son caractère « social mais pas politique ». Décodée, cette définition signifie le refus de se positionner sur les questions liées au conflit israélo-arabe. « Ni droite, ni gauche » affirment Daphné Leef et ses amiEs, « nous sommes le peuple uni : religieux et laïques, Ashkenazes et Séfarades, droite et gauche » mais elle ajoute aussi « Juifs et Arabes », ce qui, en Israël, est loin d’aller de soi.


Les citoyens palestiniens d’Israël (20 % de la population) n’ont d’ailleurs pas attendu Daphné pour se mobiliser, et dans les villes mixtes, comme par exemple Haïfa ou Beer Sheva, nous sommes témoins, pour la première fois peut-être dans l’histoire d’Israël, de manifestations populaires véritablement judéo-arabes.


Du centre à la périphérie

Au départ, le mouvement reste cantonne a Tel Aviv et à Jérusalem, et sa composition sociale est essentiellement petite bourgeoise. La présence active de l’Union nationale des étudiants donne, dans une certaine mesure, le ton et le caractère de classe du mouvement, d’où sont absentes les classes populaires. Conscients de cette limite qui est à la fois géographique et sociale, les dirigeants décident de se tourner vers la « périphérie ». Par périphérie on entend, en Israël, ce qui n’est ni Tel Aviv ni Jérusalem, et plus particulièrement les villes dites dedéveloppement, c’est-à-dire sous-développées où, dans les années cinquante et soixante, on a parqué les immigrants juifs venus des pays arabes.


Pari gagné : fin août, de grandes manifestations mobilisent les couches populaires dans ce qui est l’équivalent des banlieues en France. C’est alors que le gouvernement décide enfin de réagir. Jusque-là Netanyahou, architecte en chef de la contre-réforme néolibérale, avait haussé les épaules, persuadé qu’il s’agissait d’un happening de jeunes bobos (« sushi et narguilé », selon un de ses ministres) qui s’éteindrait de lui-même, au plus tard à la fin des vacances scolaires.


Comme chaque fois où il a été confronté à un mouvement de masse, le gouvernement décide de la mise en place d’une commission nationale d’experts dont le mandat est de suggérer de nouvelles priorités budgétaires, tout en s’abstenant d’élargir le budget. En d’autres termes, réduire le budget de l’éducation pour améliorer le système de santé… ou le contraire. Sous la direction du professeur Manuel Trachtenberg, économiste plus proche des solutions sociales-démocrates que néolibérales, cette commission a eu le mérite d’affirmer dès le début qu’on ne pouvait pas ne pas toucher au budget militaire qui dévore près d’un tiers des ressources nationales. Plus intelligents que leur ministre Ehoud Barak, qui s’était frontalement opposé à toute coupe dans le budget de ladéfense, en disant avec l’arrogance d’un kibbutznik devenu millionnaire, « Ici, c’est pas la Suisse », les chefs de l’armée avaient anticipé les suggestions de la commission Trachtenberg et proposé de réduire eux-mêmes les dépenses de leur ministère, pensant éviter ainsi une intervention extérieure dans le plus opaque des budgets gouvernementaux.


Commission alternative

Les dirigeants du mouvement ne sont pas tombés dans le piège de la commission Trachtenberg et décidèrent de mettre en place une commission alternative, composée d’économistes, de sociologues et de militants du mouvement social. À la tête de cette commission, un sociologue militant, Yossi Yona, et l’ancien adjoint du Gouverneur de la Banque d’Israël, Avia Spivak. Contrairement à la commission officielle, les Arabes sont bien représentés, de même que les femmes et d’autres secteurs sociaux qu’on a l’habitude de marginaliser. Le fait que le porte-parole de cette commission soit un des dirigeants du Mouvement Solidarité Cheikh Jarrah est plus que symbolique. Car la commission Yona-Spivak, refusant de déshabiller Paul pour vêtir Pierre, s’est positionnée sur des choix politiques : ses propositions de coupes substantielles dans le budget de la défense et de réductions massives des subventions aux colonies, l’identification de la population arabe comme une priorité nationale, s’inscrivent dans ce qu’elle appelle elle-même des choix stratégiques, à savoir un tournant vers une politique de paix, même si celle-ci n’est décrite que d’une manière très générale.


Le gigantesque fossé entre les propositions de la Commission Trachtenberg, qui ont été ratifiées à la hâte et du bout des lèvres par le gouvernement, et celles de la commission alternative ont amené Daphné Leef à annoncer une reprise des manifestations. Celles-ci restent cependant peu probables : un mouvement tel que celui que nous avons connu cet été, sans structure et sans direction, ne se réorganise pas d’un coup de baguette magique, certainement pas quand il mobilise essentiellement les classes moyennes. En effet, si la participation de la grande majorité des travailleurs est indéniable, c’est en tant que citoyens qu’ils ont participé, pas comme classe, avec ses organisations et ses directions. L’absence de la Histadrout – principale confédération syndicale – dans les mobilisations a été remarquée. Au moment où se négocient les effets de ces mobilisations en termes d’acquis et de réformes, son retour est programmé.


Le retour à la maison des classes moyennes a laissé le champ libre aux couches les plus défavorisées, voire marginales: les vrais sans-logis, les mères célibataires sans emploi fixe, les employés des compagnies de main-d’œuvre. Ce sont eux que l’on rencontre dans ce qui reste des campements où ils s’accrochent non par protestation mais parce qu’ils n’ont vraiment pas où loger. Ils squattent les nombreux immeubles vides, et n’hésitent pas à réagir violemment à la violence policière. Le temps des manifestations bon enfant est bien fini, la lutte de classe reprend ses droits.


Naissance d’une société civile

Sans présager du futur, on peut d’ores et déjà affirmer que l’acquis numero un des mobilisations sociales de l’été 2011 aura été la naissance d’une société civile israélienne, autonome de l’État, voire en conflit avec celui-ci. Formée dans la colonisation de la Palestine et en conflit avec son environnement arabe, pendant plus de cinq décennies, la société israélienne ne s’est pas réellement démarquée de l’État : elle se devait de servir le projet sioniste et lui était soumise. Certes, au cours de ses 65 ans d’histoire, Israël a connu des mobilisations sociales, des explosions populaires, des grèves parfois dures. Mais celles-ci restaient des événements circonscrits dans le temps, et en général dans l’espace, d’autant plus qu’il était très facile de les démobiliser par une tension aux frontières ou tout simplement en brandissant la bannière de la sécurité.


Cette fois, les tentatives de ce genre ont fait long feu comme l’a montre le refus d’annuler les manifestations après l’attentat près d’Eilat… dont les circonstances laissent d’ailleurs planer de sérieux soupçons sur son authenticité. Sans nécessairement se positionner politiquement, le nouveau mouvement social israélien ne se laissera pas aussi facilement piéger que ceux qui l’ont précédé.


Osons même tenter une hypothèse plus audacieuse, celle d’une redéfinition du concept de « peuple ». Jusqu’à cet été, le « peuple israélien » ne signifiait pas l’ensemble des citoyens du pays, mais plutôt le « peuple d’Israël » tel qu’il apparaît dans la Bible, à savoir les Juifs. Les mobilisations sociales des derniers mois seraient-elles le baptême d’un nouveau peuple, défini non pas par ses origines ethnico-confessionelles mais par la citoyenneté ? Auquel cas, elles marqueraient alors le début de la fin du sionisme et le remplacement de l’État juif par l’État de tous ses citoyens, comme le revendique la gauche antisioniste ? Il est bien trop tôt pour l’affirmer, mais l’été 2011 nous permet au moins d’y rêver et surtout nous appelle à redoubler nos efforts pour faire de ce rêve une réalité.

par Michel Warschawski

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:34

 

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Caricature, El Waten, quotidien algérien

Le caricaturiste Hichem semble symboliser par son dessin la mort de la Tunisie accueillante et ouverte notamment aux milliers de touristes algériens cherchant détente et tolérance… 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 04:43

 

 

واشنطن تدعو إلى وقف أعمال العنف في مصر ومحاسبة المسؤولين عنها

أعربت وزير الخارجية الأمريكية هيلاري كلينتون عن "قلقها العميق" جراء أحداث العنف التي تشهدها مصر داعيا إلى وقف هذه الأعمال ومحاسبة المسؤولين عنها.

 

كما حثت قوات الأمن المصرية باحترام حق المصريين في تنظيم احتجاجات سلمية.

وقالت كلينتون "أحض قوات الأمن المصرية على احترام وحماية حقوق جميع المصريين بما فيها الحق في التعبير عن الرأي والتجمع بحرية".

وأضافت قائلة "ندعو السلطات المصرية إلى محاسبة منتهكي هذه المعايير بمن فيهم قوات الأمن" وتقدمت بتعازيها إلى عائلات القتلى والجرحى.

من جانبه اتهم الأمين العام للأمم المتحدة بان كي مون قوات الأمن المصرية بالاستخدام "المفرط" للعنف بحق المتظاهرين.

وأعرب باني كي مون عن "قلقه الشديد من تصاعد العنف والاستخدام المفرط للقوة من جانب قوات الامن بحق المتظاهرين".

ودعا الحكومة الانتقالية إلى ضبط النفس واحترام حقوق الانسان بما فيها الحق في التظاهر السلمي.

وتأتي الدعوات الدولية في الوقت الذي ارتفعت أعداد قتلى الصدامات العنيفة بين المتظاهرين وقوات الأمن إلى 10 إضافة إلى سقوط 441 مصابا منذ يوم الجمعة الماضي.

واعتقلت قوات الأمن المصرية 164 شخصا وأحالتهم إلى النيابة العامة لمشاركتهم في المواجهات التي بدأت صباح الجمعة حول مقر الحكومة واحراق مبان.

وتعد هذه الاشتباكات الأعنف منذ تلك التي بدات في التاسع عشر من نوفمبر / تشرين الثاني الماضي واستمرت اسبوعا واسفرت عن سقوط 42 قتيلا اغلبهم في القاهرة وذلك قبل ايام على بدء انتخابات مجلس الشعب في 28 من الشهر ذاته.

وأفادت تقارير بتواصل الاشتباكات إذ تبادل المتظاهرون التراشق بالحجارة مع افراد من الجيش والشرطة يتمركزون خلف حواجز اقاموها في شارع متفرع من ميدان التحرير.

وتم اغلاق الطريق المؤدية إلى مقري الحكومة ومجلس الشعب المتجاورين بكتل اسمنتية كبيرة منذ يوم السبت.

في غضون ذلك انتشرت على مواقع التواصل الاجتماعي على شبكة الانترنت صورا ومقاطع لما سماه الناشطون "انتهاكات الجيش" ضد المتظاهرين.

من جهته، أكد المجلس العسكري في بيان على صفحته على موقع فيسبوك أنه يدافع عن مؤسسات الدولة وبث مقطع فيديو يظهر فيه متظاهرون يقذفون الحجارة على مبنى مجلس الشعب ويلقون كرات من النار داخل الطابق السفلي من المبنى نفسه من خلال احدى نوافذ المبنى.

ونقل التلفزيون المصري مقاطع لزيارة قام بها المشير حسين طنطاوي رئيس المجلس الاعلى للقوات المسلحة لبعض المصابين في المستشفى.

وأدت المواجهات إلى احتراق محتويات مبنى المجمع العلمي المطل على ميدان التحرير والذي يحوى مخطوطات ووثائق لتاريخ مصر منذ الحملة الفرنسية وتبادل الجيش والمتظاهرون الاتهامات بخصوصه.

ويطالب المتظاهرون بنقل السلطة كاملة إلى حكومة مدنية ويعترضون على رئيس المجلس العسكري الحاكم المشير طنطاوي.

وطغت هذه الاحداث على اول انتخابات برلمانية منذ اسقاط نظام مبارك في فبراير/ شباط الماضي.

وانتهت المرحلة الاولى من انتخابات مجلس الشعب بينما تنظم جولة الاعادة للمرحلة الثانية الأربعاء والخميس المقبلين.

source bbc

 

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Tahrir à feu et à sang pour les un an du printemps arabe

 

La police militaire égyptienne a allumé des incendies sur la place Tahrir et violemment dispersé les manifestants devant l'immeuble du gouvernement le jour du premier anniversaire de la révolution arabe, le 17 décembre. Des images très violentes circulent sur Facebook et les réseaux sociaux égyptiens et arabes.

IMAGE DE LA RÉPRESSION PLACE TAHIR

Texte en préambule : A ceux qui défendent les militaires, aux absents qui pensent que l'armée et le peuple n'ont font qu'un, à Kamal Al Janzouri (Premier ministre) : est-il vrai que tu disais que c'est la plus belle armée de la terre ?

Il y a un an à cette date, Mohammed Bouazizi s'était immolé à Sidi Bouzid, en Tunisie. Les témoignages abondent sur le Web égyptien sur ce qui s'est passé sur la place.

Pendant deux jours, la bataille qui porte le hashtag #OccupyCabinet sur Twitter (occuper l'immeuble du gouvernement) a fait rage : entre huit et dix personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées quand les militaires ont attaqué des manifestants qui campaient devant le siège du gouvernement depuis trois semaine, au Caire. Ils protestaient contre la nomination par les militaires de Kamal El Ganzouri comme Premier ministre, au début du mois de décembre.

Kamal El Ganzouri a donné une conférence de presse, assurant que l'armée n'attaquerait pas des manifestants pacifiques. Quelques minutes plus tard, une offensive violente a été déclenchée contre eux, les refoulant du siège du Cabinet et mettant le feu aux tentes sur la place Tahrir. Des témoignages oculaires ont afflué aussitôt sur Twitter.

OneRevolution :

@nagoul1 : Il y a un massacre sur la place #Tahrir right #en ce moment ! #egypt #NoScaf #lapressesetait

Un peu plus tard :

@Nagoul1 : Nous avons perdu la place ! #Tahrir #Egypt #NoScaf

Il donne des explications :

@nagoul1 : L'armé a utilisé des balles réelles pour disperser les manifestants sur #tahrir en les forçant a reculer depuis l'immeuble du siège du gouvernement jusqu'au milieu de la place.

Il donne son lieu d'observation :

@nagoul1 : Je me trouve à trois pâtés de maison de là où ça se passe. Il y a beaucoup de bruit.

Sur Twitter, Sharif Khaddous a envoyé cette photo de la place Tahrir vue de haut :

 


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@sharifkouddous : Des groupes de soldats patrouillent sur la place. Ils tombent sur des gens, au hasard, pour les rouer de coup. Il y a des tentes qui brulent. Tahrir ressemble à une zone de guerre.

Le journaliste ajoute :

@sharifkouddous : Des militaires viennent de faire irruption dans l'appartement où nous nous trouvons et ont saisi nos caméras.

Comme souvent, les journalistes n'ont pas été épargnés durant les passages à tabac et arrestations des manifestants. Hayat Al Yamani a tweeté que des collègues étaient arrêtés :

@HayatElYamani : La police militaire a arrêté ma collègue d'Al Jazeera Egypte, Mubasher, qui filmait au lever du jour.

@HayatElYamani : La police militaire a fait irruption dans l'endroit d'où nous filmions à l'aube, a saisi les équipement et arrêté trois de mes collègues.

Bel Trew était également sur place et a live-tweeté. Voici quelques uns de ses tweets, envoyé au milieu du chaos général :

@Beltrew : Tentes en feu sur la place. Armée partout, extrêmement violents. j'entends des bangs, sais pas si c'est des coups de feu #tahrir est sens dessus dessous

@Beltrew : Manifestants sont pourchassés vers la corniche, courant au milieu de la circulation. C'est ridicule. #tahrir

Adam Makary s'est exclamé :

@adamakary : Le premier ministre Ganzouri AVAIT DIT qu'il n'y aurait pas usage de violences contre les manifestants pacifiques, il y a à peine quelques minutes #Egypt

Il a ajouté :

@adammakary : La police militaire a pris tahrir et qasr el aini - Ils ont bouclé chaque toit et chaque route qui y arrive. Des images qui font mal.

Il a partagé cette photo.

 


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@adammakary : Voilà #tahrir en ce moment, je suis sans voix #egypt #occupycabinet

Il explique :

@adamakary : La police militaire met le feu à chaque tente alentours, casse des voitures, tout…n'importe quoi #egypt

 

Source rue89

 

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Poursuite des affrontements entre soldats et manifestants au Caire

 

Des affrontements ont opposé dimanche dans le centre du Caire, pour la troisième journée consécutive, les forces de sécurité à des manifestants réclamant toujours que l'armée quitte le pouvoir. Selon le ministère de la Santé, les violences ont fait 10 morts et 441 blessés depuis vendredi.

Protestaires et soldats ont continué dimanche à se bombarder mutuellement de pierres et de cocktails incendiaires, près du Parlement et de la Place Tahrir dans le centre de la capitale égyptienne. "Tout est normal", ironisait Ahmed Yacoub, un manifestant. "La police et l'armée font un usage excessif de la force avec des pierres, et ils disent qu'ils protègent la révolution".

Les violences ont débuté dans la nuit de jeudi à vendredi quand l'armée a délogé des manifestants qui campaient pacifiquement depuis trois semaines devant le siège du gouvernement. Des images filmées par des journalistes de chaînes de télévision privées ou des témoins sur leur téléphone portable ont témoigne de la brutalité de l'intervention de l'armée. Des manifestants ont été passés à tabac, frappés à terre, tandis que des femmes ont été traînées par les cheveux. Les tentes du campement ont été incendiées.

Des militaires en tenue anti-émeute et armés de bâtons ont pourchassé les manifestants, les forçant à battre en retraite sur la Place Tahrir. Plus tard, les forces de sécurité ont chargé sur la place pour disperser les manifestants, incendiant leurs campements. Certains témoignages, non confirmés, ont fait état de tirs à partir de toits.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la démission du président Hosni Moubarak le 11 février dernier sous la pression de la rue, s'efforce de justifier l'intervention des soldats. Il présente les manifestants comme des hooligans, des "contre-révolutionnaires" représentants d'une "conjuration".

Le CSFA cherche également à isoler les dirigeants du mouvement de protestation, tablant sur la lassitude de la population en quête de stabilité politique et de sécurité, note Mohammed Abbas, ancien militant des Frères Musulmans aujourd'hui au côté des mouvements de jeunesse plus actifs dans les manifestations.

"Le Conseil des Forces armées utilise toutes les occasions pour se présenter comme la plus forte institution du pays. Nous rendons la tâche plus facile aux généraux avec nos divisions et notre isolement", déplore-t-il.

Ces violences sont les plus importantes depuis les affrontements de novembre entre manifestants et forces de sécurité qui ont fait plus de 40 morts dans le même secteur du Caire, Place Tahrir et dans ses environs.

Elles interviennent sur fond d'élections législatives dont la première phase, qui a débuté le 28 novembre, a été marquée par la domination des partis islamistes. "Liberté et Justice", la formation des Frères musulmans, a recueilli quelque 36% des voix, tandis que le parti Al-Nour (salafiste) a obtenu 24% des voix.

La deuxième phase de l'élection a eu lieu mercredi et jeudi dans neuf des 27 provinces du pays. D'après de premiers résultats partiels, les partis islamistes -qui se tiennent soigneusement à l'écart des manifestations- sont en tête.

La troisième phase du scrutin est prévue début janvier 2012. Ce sont les premières élections depuis la chute de Moubarak. 

source tempsreel.nouvelobs

 

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D'autres images

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      239201_des-manifestants-devant-de-l-inst

L'Institut d'Egypte fondé par Bonaparte est parti en fumée

Le bâtiment, à deux pas de la place Tahrir, a été incendié lors des affrontements entre manifestants et force de l'ordre.

 

A deux pas de la place Tahrir, l'Institut d'Egypte fondé par Napoléon Bonaparte, incendié lors des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, n'est plus qu'une ruine où d'inestimables archives et ouvrages historiques sont partis en fumée.

 

Dimanche, des volontaires tentaient, à travers les barreaux des fenêtres du rez-de-chaussée, de récupérer à l'intérieur du bâtiment quelques pages déchirées ou livres largement calcinés pour les stocker dans des sacs en plastique.

 

«Nous essayons de sauver ce que nous pouvons de ces documents historiques. Le bâtiment peut s'effondrer d'un moment à l'autre», affirme Olfa, une jeune femme qui remplit un sac de papiers partiellement en cendres.

«Nous allons les remettre aux autorités» avant qu'ils ne soient totalement détruits ou volés, assure pour sa part Momtaz, venu avec d'autres ramasser des lambeaux de papier.

Mais autour d'eux des adolescents jouent avec des pages qu'ils trouvent éparpillées sur le trottoir, ou trempant dans des flaques d'eau.

Et aux alentours, où les affrontements se poursuivent entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et forces de l'ordre, personne ne semble faire grand cas de ces précieux documents réduits en cendres.

Institut fondé en 1798 par Bonaparte

De la fumée continuait de se dégager dimanche du bâtiment incendié la veille dans des circonstances non déterminées précisément. L'armée met en cause des cocktails Molotov lancés par les manifestants, mais cette version est aussi contestée.

Les murs extérieurs, noircis autour des fenêtres, sont encore debout, mais la toiture et les planchers se sont effondrés. L'intérieur n'est plus qu'un amoncellement de gravats calcinés d'où émergent des fragments d'étagères ou des morceaux de reliures.

L'Institut a été fondé en 1798 lors de l'expédition en Egypte de Napoléon Bonaparte, dans le but de faire progresser la recherche scientifique. Son bâtiment actuel, qui date du début du XXème siècle, abritait quelque 200.000 ouvrages, certains rarissimes, relatifs notamment à l'histoire et à la géographie de l'Egypte.

Parmi ses pièces les plus précieuses, des volumes d'une édition originale de la monumentale Description de l'Egypte, somme des connaissances sur ce pays faite par les savants de l'expédition de Bonaparte, qui auraient été détruits, selon la presse égyptienne.

«Une catastrophe pour la science»

Le ministère de la Culture a demandé un inventaire des dégâts, quand la situation dans le secteur de Tahrir le permettra.

«Cela me remplit de tristesse et de désarroi. C'est un énorme désastre pour l'Egypte» affirme à l'AFP Raouf el-Reedy, ancien ambassadeur d'Egypte à Washington et membre de l'Institut.

«Cet Institut est un élément de l'histoire partagée entre la France et l'Egypte», ajoute l'archéologue Christian Leblanc, qui en est membre lui aussi.

Le ministre de la Culture Chaker Abdel Hamid a qualifié l'incendie de «catastrophe pour la science», et annoncé la «formation d'un comité de spécialistes de la restauration des livres et des manuscrits quand les conditions de sécurité le permettront».

«Le bâtiment contenait des manuscrits très importants et des livres rares dont il est difficile de trouver l'équivalent dans le monde», a-t-il déclaré, faisant état d'efforts associant «des jeunes de la révolution, le Conseil supérieur de la culture et des restaurateurs pour sauver ce qui peut l'être».

Le ministre des Antiquités, Mohamed Ibrahim, a indiqué dans un communiqué qu'il allait demander aux autorités françaises de contribuer à la restauration du bâtiment.

source .liberation.fr

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 04:08

Entretien avec François Burgat* 

 

« Si les systèmes politiques arabes redeviennent fonctionnels et donc crédibles, tous ces jeunes qui entendaient, souvent à juste titre, « changer le monde » seront moins tentés de le faire par la force » FB

 

 

Après la victoire par les urnes des islamistes « modérés » en Égypte, Tunisie et Maroc, l’Occident prend peur. Mais pourquoi ces pays, dont la plupart viennent de sortir par la force de plusieurs décennies d’un pouvoir autoritaire, choisissent-ils des partis associés à des courants radicaux pour les gouverner ? Pour répondre à un jeu d’échec géopolitique complexe qui s’inscrit sur la durée entre Orient et Occident, François Burgat, politologue sur le monde arabe et musulman, nous fournit quelques clés afin de nous forger notre propre opinion sur un monde en pleine mutation.

 

 

Comment expliquer la genèse de l’islamisme ?

Disons que dans le contexte post-colonial, ce sont des forces politiques dont l’agenda a consisté surtout à se démarquer de la première génération des élites indépendantistes (francophones dans le cas du Maghreb). Elles leur reprochaient de n’avoir pas parachevé - sur le terrain culturel - cette « remise à distance » de l’Occident que les luttes pour les indépendances, puis pour les nationalisations (du canal de Suez égyptien ou des hydrocarbures algériens) avaient respectivement opérée, sur le terrain politique d’abord, puis sur celui de l’économie. Leur dénominateur commun est donc de vouloir restaurer la centralité de cet héritage islamique – ou de l’interprétation qu’ils en font – qui a été malmené à leurs yeux par la colonisation. L’explication que j’ai pour ma part avancée dans mes principaux ouvrages (1) est que la capacité de mobilisation des islamistes vient du caractère « endogène » c’est-à-dire home made du langage et des références qu’ils entendent réhabiliter, bien plus  que de leur dimension « religieuse » ou « sacrée ». Progressivement les revendications des islamistes, d’abord spécifiquement sociétales, ont englobé le spectre tout entier des demandes des autres composantes des oppositions politiques, y compris les demandes démocratiques. Dès lors qu’ils sont apparus comme les oppositions les plus populaires, ils ont été les principales victimes de la répression. Ils sont donc devenus de ce fait non seulement les porteurs de leurs revendications culturelles spécifiques mais également, plus largement, le fer de lance de la lutte contre l’autoritarisme des régimes.

Une fois identifié ce tronc commun, il faut vite préciser que l’usage que font en politique les islamistes de leurs références musulmanes s’est avéré extrêmement variable, selon les configurations politiques et sociales, locales et régionales, où ils évoluaient. La référence religieuse permet en effet de légitimer des attitudes conservatrices, sectaires et radicales. Mais elle permet tout autant, le regard occidental tarde à s’en apercevoir, d’ancrer dans la culture populaire des postures plus modernisatrices que l’on pourrait comparer à celle des « démocrates chrétiens » européens des années d’après-guerre. Le mot islamiste peut donc aujourd’hui rimer avec le radicalisme politique ou l’extrême conservatisme social des Talibans mais tout autant avec la modération d’ « Erdogan », l’actuel Premier ministre turc. Un tel mot valise ne veut donc dès lors plus dire grand chose. Les partis islamistes ont certes en commun un certain conservatisme social. Mais il se trouve que ce conservatisme qui choque l’opinion occidentale est en prise avec des sociétés où la religion joue, en 2011, un rôle comparable à celui qu’elle jouait au Portugal, en Italie ou en Pologne il y a peine deux ou trois décennies, et en France pas beaucoup plus. Ce cocktail de « nationalisme » post-colonial et d’un conservatisme qui n’interdit en rien la modernisation, semble être en fait aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation, une des façons pour ces sociétés d’affirmer leur identité. C’est en tous les cas ce que viennent de démonter les résultats relativement convergents des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte.

 

Pour vous, le label « islamiste » est dangereux car il sous-entend que les actions de celui à qui il s’applique ne peuvent avoir de motivations qu’idéologiques, et donc illégitimes. Mais tout, dans notre société, est aujourd’hui étiqueté, rangé dans une case, et ces terroristes brandissent haut la religion pour expliquer leurs actes sanguinaires.

Le label « islamiste » en vaut bien un autre, et il ne me pose aucun problème en tant que tel. Ce qui pourrait inquiéter est que nous n’ayons pas de terme moins stigmatisant pour qualifier les citoyens qui, un peu partout dans cette région du monde, sont en train de composer des majorités politiques. De deux choses l’une : ou la conjoncture historique a produit au sud de la Méditerranée une génération de monstres politiques, ou bien l’image que nous en avons est quelque peu simplificatrice et se doit d’être corrigée. Il peut certes être utile de produire un discours de propagande pour protéger nos intérêts. Il est en revanche extrêmement dangereux de consommer ce discours en guise d’information sur la nature et l’origine des dangers que nous avons à affronter. Il est donc plus encore dangereux de réduire nos adversaires potentiels à la caricature qu’il nous plaît de faire d’eux, pour ne pas avoir à connaître de leurs revendications, parfois justifiées, à notre égard. Des « terroristes », dites-vous, « brandissent haut la religion pour expliquer leurs actes sanguinaires ? » De tels sinistres individus existent sans doute. Mais ils ne sauraient en aucune façon rendre compte de tout ce que nous regroupons sous l’étiquette islamiste, et encore moins de l’origine et la répartition des responsabilités en matière de violence politique.

Je défie quiconque de démontrer que les islamistes, à l’échelle du siècle, auraient eu une propension ou une efficacité particulière à manier la violence politique par rapport à ceux (régimes arabes ou armées occidentales) contre qui ils se sont mobilisés. Ce ne sont d’ailleurs pas les dogmes « religieux » mais bien le stalinisme, le nazisme et les guerres de décolonisation qui ont, de loin, fait le plus de victimes au cours du siècle écoulé. S’agissant des deux dernières décennies, le nombre des victimes des bombes américaines ou israéliennes a été, au minimum, dix fois supérieur, sans doute beaucoup plus encore, à celui des victimes du terrorisme dit « islamique ».

 

Pensez-vous qu’un processus de libéralisation politique ou de sécularisation ait quelque chance de s’ancrer dans le tissu des sociétés musulmanes ? L’islamisme s’est imposé pour les pays arabes en proie aux dictatures comme la seule alternative pour s’opposer au régime en place. Croyez-vous qu’à terme, les peuples de ces pays puissent se sortir de cet étau ?

Oui bien sûr, j’en suis convaincu. Mais la porte de sortie de cet étau ne se trouve pas dans l’émergence d’une miraculeuse « troisième force » que le regard occidental s’évertue à chercher depuis que les courants islamistes ont commencé à affirmer leur présence face aux régimes dictatoriaux. Elle ne se trouve pas davantage dans le « déclin », la « défaite » et autre « dépassement » des islamistes, pourtant tant de fois annoncés par les plus médiatisés de nos spécialistes. Pour entrevoir l’échappatoire à cet « étau », il faut en fait accepter l’idée que les élus islamistes des dernières semaines ont de bonnes chances de faire mieux que les titulaires des régimes dits « défenseurs de la laïcité » auxquels ils sont en train de succéder ; et que leur arrivée au pouvoir ne compromet pas l’avenir du lent et difficile processus de transition démocratique qui, en tout état de cause, ne pourra en aucune manière se faire sans eux. Le bilan actuel du Turc Erdogan, même s’il n’est pas parfait, ne permet pas de donner crédit aux thèses qui englobent dans un même discrédit sectaire toutes les composantes du courant islamiste.

 

Que pensez-vous de la formule de Jeannette Bougrab, « Il n’existe pas d’islamiste modéré ! » ?

C’est une formule éculée, usée par des centaines d’autres « experts » avant elle et, en dernière instance, fort coûteuse pour ceux qui l’ont prise à la lettre. C’est ce genre d’approximation sectaire qui a conduit la diplomatie française à soutenir pendant plusieurs décennies des régimes parfaitement discrédités aux yeux de leur population. Cette ligne-là n’est plus, fort heureusement, celle du gouvernement français : « On ne peut pas partir du principe que tout parti qui fait référence à l’Islam doit être stigmatisé », a déclaré le 28 novembre, au lendemain de la victoire du PJD marocain, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. Il avait, dès le mois d’avril 2011, donné consigne à ses ambassadeurs d’établir le contact « avec les mouvements islamiques, dès lors qu’ils renoncent à la violence ».

 

Vous avez écrit que : « Notre “information” sur le conflit palestinien se réduit souvent à la criminalisation sectaire des membres de la résistance palestinienne, condamnés bien plus pour ce qu’ils sont accusés d’être (des “fondamentalistes musulmans”) que pour ce qu’ils font, c’est-à-dire résister à une occupation militaire parfaitement illégale. » Pensez-vous réellement que notre point de vue sur le conflit israélo-palestinien soit biaisé ?

Je faisais dans cette citation allusion au fait que la victoire du Hamas aux élections législatives en 2006 a eu pour effet d’affaiblir le soutien occidental au camp palestinien, du seul fait que les dirigeants élus pouvaient être qualifiés d’« islamistes ».

Toute personne qui le souhaite peut en fait aujourd’hui, notamment grâce à Internet, bénéficier d’une information relativement contrastée sur le conflit israélo-arabe. En revanche, dans les grands médias audiovisuels ou écrits, le rapport de force médiatique penche encore très nettement en faveur du camp israélien. Le téléspectateur passif consomme donc une information que l’on peut effectivement qualifier de « biaisée ». Sous des dehors d’objectivité (une minute pour les colons et une minute pour les colonisés), elle occulte souvent la distinction essentielle entre les occupants (Israéliens) et… les occupés (Palestiniens). Il en va de même pour les victimes du conflit, pleurées plus spontanément lorsqu’elles appartiennent à un camp qu’à l’autre. Il se trouve pourtant que pour un mort israélien, il y en a statistiquement dix ou plus du côté palestinien. On pourrait multiplier les exemples de cette distorsion : lorsque la religion musulmane prend pied dans le champ politique palestinien, nous évoquons nécessairement des fondamentalistes, des intégristes ou même des fous de Dieu. Mais lorsque la religion juive fonde la politique de colonisation de terres « données par Dieu au peuple élu » et son inévitable cortège de violences, les commentateurs ne repèrent plus que de simples croyants « orthodoxes », etc. Sur ce terrain de la rencontre entre religion et politique, il est d’ailleurs révélateur de noter qu’en fait, seule la religion de ceux qui nous résistent nous pose des problèmes de conscience. Celle du Dalaï-lama, celle du « Commandeur des croyants » marocain, tous deux souverains à la fois temporel et spirituel, ne choquent pas les principes de nos éditorialistes. Celle des Arabes « combattants de la foi », lorsqu’ils nous aidaient à contrer la présence soviétique en Afghanistan, ne nous en posait pas davantage, quand bien même ils étaient parfaitement « barbus » et, sur le terrain de la modernité sociale et politique, ne se situaient pas particulièrement à l’avant-garde.

 

Le 24 septembre 2011, le président palestinien Mahmoud Abbas a officiellement demandé à la tribune des Nations Unies l’adhésion de l’État palestinien à l’ONU. Pensez-vous que cette demande ait un jour la chance d’aboutir et si oui, quelles en seraient les conséquences ?

Oui, elle aboutira inévitablement un jour. Mais… ne me demandez pas de vous dire quand ! Cela dépend d’un rapport de force dans lequel les États-Unis sont directement impliqués. Et s’ils sont affaiblis, ils ne le sont pas encore assez pour se laisser imposer une telle décision que leur allié israélien refuse aveuglément, malgré tous ses discours de paix. La conséquence première d’une telle décision serait de redonner un peu de respiration économique et politique aux Palestiniens, que l’occupation civile et militaire israélienne maintient dans une condition – faite d’humiliation et d’asphyxie économique – que, pour l’avoir vue de près, je ne souhaiterais pas à mes pires ennemis.

 

Le 31 octobre 2011, l’UNESCO a admis la Palestine en tant qu'État membre. Quelle est la portée de cette admission ?

Une portée technique non négligeable puisque les Palestiniens pourront défendre leur patrimoine culturel et, notamment, déposer des demandes de reconnaissance pour des sites se trouvant dans des territoires occupés par Israël. Mais cette reconnaissance a plus encore une portée symbolique importante. On peut en juger par le fait que les États-Unis, qui ont tenté sans succès de s’y opposer, ont choisi de retirer leur contribution à l’organisation onusienne pour punir ses membres d’avoir « mal voté ».

 

Récemment, en France, la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo a été la cible d’un incendie criminel que l’on attribue au fait d’avoir rebaptisé le temps d’un numéro ce journal « Charia Hebdo » avec Mahomet en rédacteur en chef. Quelle est votre réaction face à cette tentative de museler la liberté de la presse ?

Ce n’est pas la première fois que des tentatives criminelles sont faites en France pour porter atteinte à la liberté d’expression. Je me souviens de ces irruptions musclées de milice anti-palestiniennes dans des librairies pour y faire taire à coup de gourdins les auteurs qui déplaisaient. Ma réaction dans l’affaire Charlie Hebdo est donc la même. Tout en me désolant que la liberté de la presse prenne ici les habits du droit de « hurler avec les loups » en stigmatisant une communauté qui est la cible privilégiée de l’heure, je condamne bien sûr sans réserve et sans limite ces violences aussi stupides (et d’ailleurs parfaitement contre-productives) qu’absolument inacceptables.

Lors de l’affaire des caricatures du prophète, un « chat du Monde » m’avait donné enfin l’occasion de préciser ma conception des vrais combats que devraient mener ceux qui se drapent si naturellement dans les plis de l’étendard de la « défense de la liberté de la presse » : le vrai tabou qui menace cette précieuse liberté n'est certainement pas l’improbable danger que feraient peser sur les journalistes les zélateurs du prophète des dominés musulmans de l’heure. Il est beaucoup plus sûrement la dénonciation du mur d'argent élevé autour de la presse, concentrée comme rarement dans son histoire, dans un petit nombre des mains des dominants. Or, force est de constater que face à ce tabou-là, le courage de nos « défenseurs » autoproclamés de « la liberté d'expression » est singulièrement plus vacillant.

 

La guerre en Libye a duré huit mois jusqu’à la mort du despote Kadhafi. Comment voyez-vous l’avenir de ce pays ?

La Libye va devoir surmonter un vrai problème de construction institutionnelle et d’instauration d’un État de droit. L’héritage de la guerre de libération est lourd. Les arbitrages qui vont devoir être faits sont moins, à mes yeux, d’ordre idéologique (islamistes contre laïcs) que régionalistes et « clientélistes » : chacune des milices qui a pris part au soulèvement réclame aujourd’hui les dividendes de sa participation au combat armé à un conseil de transition, dont la légitimité reste encore largement théorique. Ces difficultés ne sont toutefois pas insurmontables. La lutte contre la dictature instaurée par Kadhafi a eu, à bien des égards, un effet unificateur sur une nation qui n’a encore jamais eu d’existence historique. Les élites libyennes ont été à la rude école de l’exil. C’est une souffrance, mais également une source de richesse et d’ouverture sur le monde. Les affirmations sur l’application de la « loi musulmane » (la charia) ont tout autant valeur d’affirmation identitaire que de déclaration de guerre aux libertés individuelles. Sans excès d’optimisme, il est dans tous les cas difficile de croire que le régime en cours de gestation fera plus mal que celui qui a précédé, auquel nous fournissions, jusqu’aux premières heures de la révolte, la technologie informatique lui permettant de mieux réprimer ses opposants.

 

Vous dites associer la pérennité des pays musulmans au soutien qu’ils reçoivent de leurs partenaires occidentaux. Pensez-vous que l’Occident a joué et joue encore avec l’Orient ?

Je n’ai jamais rien dit de tel des « pays » musulmans, seulement des « régimes » autocratiques de ces pays (tel celui de Zîn al- ‘Abidîn Ben Ali ou de Hosni Moubarak). En effet, ils ont longtemps pu compter sur le soutien sans faille de leurs partenaires et amis occidentaux, ce qui a conduit les diplomaties européennes dans l’impasse que l’on sait, et à leur brutal revirement. L’Occident joue-t-il avec l’Orient ? L’Occident a des intérêts commerciaux et géopolitiques dans cette région. Il a longtemps employé pour les protéger des méthodes qui n’étaient pas exemptes des raccourcis dominateurs et manipulateurs datant de la période coloniale. Cette phase d’hégémonie va bientôt appartenir au passé. En Irak et en Afghanistan, les limites du recours au hard power deviennent évidentes. L’ampleur des défis économiques auxquels font face l’Europe et les États-Unis, l’émergence d’acteurs alternatifs aussi importants que la Chine ou l’Inde et bientôt le Brésil, soulignent que l’unilatéralisme qui a prévalu depuis la Seconde Guerre mondiale est en passe d’appartenir au passé.

 

Pensez-vous que les « printemps arabes » aient été un coup porté aux groupes radicaux plus dur que ne l’a été la mort du chef d’Al-Qaïda, Ben Laden ?

Oui et non. Je n’aime pas beaucoup cette vision simplificatrice et triomphaliste qui a voulu voir une défaite d’Oussama Ben Laden dans la chute des dictateurs qu’il avait été en fait l’un des premiers à dénoncer et à combattre. En revanche, il est tout à fait exact que si les systèmes politiques arabes redeviennent fonctionnels et donc crédibles, tous ces jeunes (et moins jeunes) qui entendaient, souvent à juste titre, « changer le monde » seront moins tentés de le faire par la force. Ils s’en prenaient aux puissances étrangères qu’ils accusaient – pas nécessairement à tort – de soutenir ceux qui les privaient de leurs droits politiques et les réprimaient. Ils ont aujourd’hui – ou auront chaque fois que, comme en Tunisie, les soulèvements déboucheront sur de véritables ouvertures – un espoir crédible d’obtenir gain de cause par le biais des gouvernants qu’ils sont désormais autorisés à choisir.

 

Pour quelles raisons les révolutions au sein du monde arabe aboutissent-elles, comme en Tunisie, à l’élection d’un parti islamiste, même s’il se déclare modéré ?

Les islamistes ont été privés d’existence légale dans la plupart des pays concernés. La puissante dynamique identitaire qu’ils exploitent les place actuellement, un peu partout, au premier rang des choix des électeurs. Ils retrouvent donc la place qu’ils avaient dans la société et que leur déniait le système politique.

 

D’autres alternatives politiques vous semblent-elles possibles ?

Non, en tout cas, pas pour l’heure. Une alternative existe à cette menace apparente mais, comme je l’ai dit, pour la faire émerger, la balle est dans notre camp : il nous faut… adopter une vision plus proche de la réalité, et donc moins émotionnelle et moins simplificatrice de ces courants islamistes.

 

Pensez-vous, comme certains, que Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahda, le parti islamiste tunisien, tient en réalité un double discours sous ses airs de modéré ?

Non, je me distingue de ces « certains »-là. Non pas parce que j’ai eu l’occasion de connaître Rashed Ghannouchi depuis de nombreuses années, mais parce que je pense que cette vieille chanson du « double discours » est quelque peu éculée. En réalité, tous les acteurs politiques ont potentiellement un double discours, et Ghannouchi ni moins mais ni plus que les autres. Auriez-vous oublié les promesses faites lors de la campagne des présidentielles françaises de 2007 ? Les élus tunisiens, tous comme l’ont été ceux de l’AKP turque, réélus dans des conditions dont personne n’a critiqué la régularité, seront jugés sur leur bilan. C’est cela qui compte. Je n’ai pas pour ma part de raison de penser aujourd’hui que ce bilan, sur le terrain des libertés comme sur celui de l’économie, sera pire que celui du régime que la mobilisation pacifiste et consensuelle de millions de Tunisiens a réussi à faire tomber.

 

Croyez-vous que la fracture profonde qui sépare l’action des États-Unis et de leurs alliés d’une majorité de l’opinion publique du monde musulman puisse un jour se résorber ?

Nous ne faisons pas grand-chose pour, je le crains. La politique extérieure américaine peut difficilement être plus contre-productive dans ce domaine : entre le soutien aveugle et unilatéral aux pires dérives de l’État hébreu et la militarisation de la diplomatie pétrolière qui l’a conduit en Irak, les habitants de cette région du monde ont effectivement quelques raisons de se sentir persécutés. Il serait en fait possible de réguler ce que le sens commun continue à tort à appeler le terrorisme « islamique » : mais il faudrait payer un prix – accepter d’introduire un peu plus de justice dans les relations internationales –, que personne des grands de ce monde ne semble pour l’heure décidé à payer.

 

 * DR AU CNRS, POLITOLOGUE SUR LE MONDE ARABE ET MUSULMAN

Propos recueillis par Nicolas Valiadis

 

(1) L’islamisme au Maghreb, réédition Payot 2008 Petite bibliothèque ; L’islamisme en face, 1995 (réédition La Découverte Poche 2007) ; L’Islamisme à l’heure d’al-Qaïda, 2005 (réédition La Découverte Poche 2008)

source Agentsdentretiens.

 

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Mais attention, l'avenir pourrait être inquiétant sous l'ombre de l'Islam politique wahabiste !

classe-sans visage


La wahhabisation du monde arabo-musulman en marche

 

par Salem Benammar

Les révolutions en Tunisie, Égypte et Libye seraient une manœuvre des wahhabites, soutenus par la Franceet les États-Unis, pour instaurer des régimes islamistes au sud de la Méditerranée.


Qui peut affirmer que la révolution libyenne a toutes les caractéristiques d’une révolution alors qu’elle a tous les attributs d’une contre-révolution ou plutôt d’un coup de force militaire néo-colonialiste impulsé par Cameron, Sarkozy et Obama avec l’aide active du Qatar ?

 

Les Libyens ont juste servi d’alibi ou plutôt de chair à canon. Des simples pions sur l’échiquier américano-wahhabite, véritable maître d’œuvres des opérations militaires et de lobbying international. On a concocté une habile mise en scène en laissant croire en apparence que le premier rôle était conjointement tenu par la France, la Grande-Bretagne et le Conseil national de transition (Cnt) libyen. Ceux qui occupaient les devants de la scène n’étaient en réalité que des figurants ayant pour figure de proue un philosophe va-t-en-guerre. Histoire de créer un écran de fumée médiatique et diplomatique et surtout de ne pas susciter la défiance et l’hostilité des opinions publiques occidentales voire arabes. On a habillé perfidement le Cnt de l’uniforme de pilote alors qu’il n’est qu’un simple faire-valoir pour justifier l’agression militaire sous couvert des Nations Unies.

 

Collusion entre wahhabisme et Occident en crise 

La déclaration d’intention de nature constitutionnelle du Cnt qui ne laisse subsister aucun doute quant à la couleur idéologique de la soi-disant révolution libyenne vise surtout à faire croire publiquement que ce sont les Libyens qui sont les maîtres de leur destin politique.

 

Au-delà de tous les dessous de cette intervention militaire et impériale contre la souveraineté nationale de la Libye, on se doit nécessairement de retenir que l’exemple libyen est la parfaite illustration de la collusion entre le wahhabisme impérial et l’Occident en proie à la crise de la dette souveraine. A se demander même, avec la question libyenne, si l’on n’est pas en train d’assister à l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale avec un nouvel ordre international où les puissances occidentales en phase de déclin se muent en puissances-mercenaires monnayant leurs services au profit des  monarchies pétrolières qui se découvrent des appétits hégémoniques sur les pays musulmans. En contribuant à l’instauration du wahhabisme dans l’espace musulman. Il n’est pas farfelu d’imaginer que l’Occident puisse y trouver un fabuleux vivier économique ou un nouveau relais de croissance pour ses économies en bout de souffle. La logique de guerre néocoloniale sera le prélude de la colonisation économique de cet espace.

 

En effet, tout indique que la déclaration d’intention qui témoigne du processus de la wahhabisation de la Libye ainsi que les visites saugrenues, impromptues et inopportunes alors que la situation sur le terrain est loin d’être normalisée, des deux VRP, Sarkozy et Cameron, les nouveaux Chamberlain et Daladier, ne peuvent que conforter notre thèse quant à la complicité active et fortement intéressée de l’Occident dans la mise en œuvre et la réalisation du projet impérial wahhabite.

 

Mainmise totale de la religion sur la vie

Quant aux Tunisiens qui semblent transformer leurs acquis révolutionnaires en des symboles de l’indignité nationale et de la déchéance morale, tout laisse à penser qu’au vu de l’état exsangue du pays, ils sont en train de céder inexorablement aux cris des faucons wahhabites dont les agents locaux sponsorisés par le Qatar et bénéficiant de la couverture médiatique d’Al-Jazira ne cessent d'en louer les mérites dans les mosquées du pays qui prennent pour l’occasion les allures pour certaines de véritables foires de campagne.

 

On se doit de reconnaitre qu’au vu des rapports de force inégaux en tout point de vue entre le mouvement Ennahdha et les autres forces politiques et qu’il y a fort à parier que la révolution des indignés ne soit qu'un marchepied pour l’instauration de l’hégémonie wahhabite sur le pays en attendant que viennent les tours respectifs de la Syrie et de l’Egypte et pourquoi pas de l’Algérie ?

 

Le wahhabisme n’aura qu’à tendre la main pour cueillir la souffrance et la misère des populations brimées, meurtries et ensanglantées par des siècles du despotisme théocratique. Favorisé pour cela par le manque de repères culturels des populations musulmanes, de leurs états de mal-être, de dénuements intellectuel et économique, de leurs conditions psychosociologiques d'éternels opprimés et soumis, avec la mainmise totale de la religion sur leur vie, ce qui les rend réceptifs aux thèses bigotes et fanatiques véhiculées par les activistes islamistes.

 

Les desseins impériaux des wahhabites

Il est saugrenu d’imaginer que des forces démocratiques modernes et républicaines vont réussir à aider ces masses frustes et frustrées à briser les chaines de leur état pathologique de dépendance vis-à-vis de la religion qui elle-même se prévaut du statut d’idéologie politique. Et par conséquent, du fait de sa position de première force politique dominante, elle ne saurait se résoudre à contribuer à l’éclosion de la démocratie au sein des sociétés où elle est souveraine. Dans un contexte où la religion est foi et cité et dont les gardiens du temple de la théocratie musulmane se font fort de renforcer le pouvoir politique de l’islam sur la communauté des croyants («umma» musulmane telle que cela figure dans l’article premier de la Constitution qatarie), il est évident qu’aucun parti politique non islamique ne peut contrecarrer les desseins impériaux des wahhabites qui grâce à leur essaimage idéologique dans le monde musulman constituent aujourd’hui la première force politique en Tunisie comme ailleurs.

 

Nonobstant sa gigantesque force de frappe financière. Ainsi, les bailleurs de fonds attitrés, qu’ils soient qataris ou saoudiens, dépensent sans compter pour contrer la marche en avant vers la démocratie des pays inféodés à l’islam.

 

Quoi qu’il en soit, ce sont bien les islamistes libyens sponsorisés par le Qatar qui vont devenir les nouveaux maitres politiques de la Libye avec des perspectives très sombres pour le pays à cause de la forte configuration tribale de la société libyenne. Il n’en demeure pas moins que le nouveau gouverneur militaire de Tripoli est un ancien jihadiste ex-pensionnaire du camp de Guantanamo.

 

Etouffer l’éveil démocratique 

Les islamistes libyens de même que les Tunisiens ne font pas mystère de leur reconnaissance probable de l’Etat hébreu dont les wahhabites sont les vrais alliés objectifs à cause de l’Iran. La Libye wahhabite se veut demain le premier fournisseur de gaz naturel à Israël. A n’en pas douter que les sionistes et les islamistes œuvrent de concert pour faire échouer les révolutions arabes.

 

Il semblerait que le parti islamiste tunisien a bénéficié d’un financement occulte de l’ordre de 12 millions de dollars. Les uns comme les autres se livrent à un jeu de rôle pour créer une diversion, un jeu de fausse piste. Tous les deux poursuivent les mêmes desseins aidés pour cela par leur protecteur commun américain : étouffer l’éveil démocratique dans les pays soumis au diktat de la religion musulmane dans son expression politique.

 

Ainsi, tout est mis en œuvre pour faire du printemps dit arabe un hiver sibérien arabe. La démocratie ne sera qu’un vœu pieux du fait de son incompatibilité avec l’islam, un mirage dans cet univers aride et liberticide à cause de cette muraille étanche érigée par les forces obscurantistes, rétrogrades, régressives et félonnes.

 

A défaut d’accès à la citoyenneté, les peuples de l’hiver sibérien arabe pourront jouir de leur nouveau statut de sujets de seconde zone dans la nouvelle cité impériale wahhabite gouvernée par les suzerains qataro-saoudiens sous le regard approbateur de leur protecteur américain.

par Salem Benammar

source : kapitali

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 09:43

Égypte : élections sous hasute tension

 

 

Près une semaine d'affrontements, qui ont fait plus d'une trentaine de morts et près de 1.900 blessés, l'opposition entre l'armée et les manifestants de la place Tahrir a plongé l’Égypte dans la plus grave crise de l'ère post-Moubarak, ouverte le 11 février.

Au point de mettre en danger le calendrier des différents scrutins destinés à tourner la page de la "transition" menée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui a promis de remettre le pouvoir aux mains d'un président élu dès la mi-juin 2012. Un enjeu politique encore renforcé par la proximité des élections législatives, les premières depuis trente ans, où émergent autour de cinquante formations politiques.

Parmi les manifestants du début de l’année revenus sur la place, il y a les représentants de la société civile, les Frères musulmans et des familles des victimes de la répression de janvier dernier. Comme au temps de la révolution, chaque discours, chaque promesse, semble attiser davantage la colère et la détermination des manifestants. Tous soupçonnent les militaires, qui supervisent avec le gouvernement transitoire la tenue des prochaines élections, de vouloir confisquer leur révolution.

Les Frères musulmans, principale formation politique organisée, recueilleraient autour de 30% d’intentions de vote. La Turquie est leur modèle. Contrairement aux Salafistes, qui rêvent d’instaurer une république islamique en Égypte...


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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 06:24
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La chanteuse Cesaria Evora est morte


La chanteuse Cesaria Evora, ici en concert au rex de Paris en 2009, est morte, samedi 17 décembre, à l'âge de 70 ans.

La chanteuse Cesaria Evora

 

 

La chanteuse Cesaria Evora, connue sous le nom de la "diva aux pieds nus", est morte, samedi 17 décembre, à l'âge de 70 ans. L'information, d'abord diffusée par des médias portugais, a été confirmée par le ministre capverdien de la culture,Mario Lucio Sousa.

La chanteuse, qui avait mis un terme à sa carrière en septembre en raisons de problèmes de santé, avait été admise à l'hôpital Baptista de Sousa, sur l'île de Sao Vicente, vendredi soir à cause d'une "insuffisance respiratoire" et une "tension cardiaque élevée", selon l'agence LUSA.

Le gouvernement du Cap Vert a décrété un deuil national de 48 heure pour rendrehommage à la chanteuse, dont le président de la République, Jorge CarlosFonseca, a estimé qu'elle était "l'une des références majeures de la culture du Cap Vert". Le premier ministre José Maria Neves est allé plus loin, estimant que Cesaria Evora ne "mourra jamais parce qu'une icône et une star ne meurent jamais. Elle restera à jamais dans la mémoire du Cap Vert et de tous les Capverdiens".

"JE VEUX QUE VOUS DISIEZ À MES FANS : EXCUSEZ-MOI"

Depuis son explosion sur la scène française au début des années 1990 avecSôdade et jusqu'à la fin de la décennie, Cesaria Evora a mené une carrière exemplaire, en tournée dans le monde entier. Elle chante avec Caetano Veloso,Marisa Monte, travaille pour Emir Kusturica, ou avec Linda Rondstadt.

En 2003, elle reçoit un Grammy Award américain et une Victoire de la musique française pour son album Voz d'Amor. En 2007, elle marque une pause à la suite d'un problème coronarien.Dans la même année, elle est reçoit la Légion d'Honneurde la part du président Jacques Chirac.

>> Lire notre récit Cesaria Evora, vingt ans de carrière internationale

En 2008, la chanteuse est victime d'un accident vasculaire cérébral après un concert à Melbourne. Diabétique, la chanteuse indisciplinée, qui n'a pas renoncé à la cigarette, avait interrompu le régime qui lui interdisait graisses et chocolat.

Trois ans plus tard, de passage à Paris pour des examens à l'Hôpital américain de Neuilly, une Cesaria Evora très amoindrie confiait au Monde : "Je vais arrêter, un jour, mais pas que ça. En fait, j'arrête tout. Je n'ai pas de force, pas d'énergie. Je veux que vous disiez à mes fans : excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer".

emonde.

ici en concert au rex de Paris en 2009, est morte, samedi 17 décembre, à l'âge de 70 ans.AFP/THOMA

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Cesária Évora obituary

Singer who took the melancholy mornas of Cape Verde round the world

 

Cesaria Evora
Cesária Évora performing in Bourges, France, in 1993. Photograph: Francois Guillot/ AFP/Getty Images

 

The singer Cesária Évora, who has died aged 70 after a long period of ill-health, rose from absolute poverty on the Cape Verde archipelago to achieve worldwide fame in her later years. She put the islands – off the coast of west Africa – on the world music map by performing their distinctive morna ballads with a serene mix of sweetness and melancholy.

When she first came to European attention in 1988, Évora appeared an unlikely candidate for international stardom, yet within five years she was selling hundreds of thousands of CDs, with concert audiences to match. Grammy nominations, critical adulation and the praise of famous singers quickly surrounded the chain-smoking, barefoot grandmother, yet Évora remained remarkably blasé about her newfound celebrity.

She was, she always emphasised, a good singer, and thus it was natural that people would enjoy hearing her. That she had had to endure decades of obscurity was, she would add, frustrating. Eschewing false humility and proud of her heritage, Évora knew her own standing among the world's greatest vocalists.

She was born in Mindelo, a port city on the island of Sao Vicente. Her family was musical: her uncle B Liza was a noted morna composer. After becoming an orphan, Évora made a living from the age of 15 by singing in bars. By 1960, she was singing on local radio stations and for the Portuguese cruise ships that docked at Mindelo.

On those ships she gained a certain celebrity for refusing to wear shoes and performing barefoot. This was natural enough, since she had grown up without shoes, but it became her trademark. Evora sang in Kriolu, a Creole language mixing Portuguese with the west African dialects of her enslaved ancestors. The minor-key morna ballads she sang with such stoic feeling reflected themes of loss, poverty and immigration – all constants to Cape Verdeans.

Portugal's neglect of its colony and the resulting struggle for independence, which came in 1975, provided an unpromising backdrop for Évora's early career. She married three husbands and was deserted by each, raising three children largely by herself. In 1985, the Lisbon-based Cape Verdean singer Bana invited Évora to Portugal to perform.

This was the first time Évora had had the opportunity to leave the islands. Her Lisbon performances were well received by its immigrant population, and José da Silva, a young Parisian musician of Cape Verdean origin, was extremely impressed. He invited Evora to record for his tiny Lusafrica label.

Her 1988 debut album, La Diva aux Pieds Nus (The Barefoot Diva), and a 1990 follow-up featured an electronic pop sound unsuited to Evora. For her 1991 album Mar Azul (Blue Sea), Da Silva recorded Evora singing mornas backed by a small acoustic group. This allowed her limpid vocal style to shine, and French media began championing her. The international record company BMG signed a deal with Da Silva to distribute Évora's albums. Miss Perfumado (1992) was backed by a BMG campaign that helped it sell more than 300,000 copies in France.

Évora, for so long resident only on Sao Vicente, took to the road for the next three years, touring all over the world and quickly establishing herself as Africa's most internationally successful artist. A love of rum and cigarettes – part of her performance involved taking a break on stage for a smoke and drink while the band played an instrumental – alongside a no-nonsense approach to both audiences and media helped ensure her formidable reputation.

Her anti-diva behaviour was no affectation: when asked if she was impressed by performing at legendary concert halls in the world's greatest cities, Evora shrugged and replied that if Cape Verde had access to the same resources, it too would have such venues.

From 1995 to 2009, Evora recorded an album every two to three years and undertook long tours. Da Silva remained her producer and manager, and the standard of the material she recorded, almost always Cape Verdean in origin, remained very high. She was one of the few singers in a foreign language to win a large US audience.

Though success brought Évora considerable wealth, she remained a barefoot, chain-smoking stoic who shrugged off fame's affectations and retained Sao Vicente as her home. Even after her health began to decline in 2005, she continued to work hard. Three years later, a minor stroke before a Melbourne concert caused the tour to be curtailed. In 2010, a heart attack after a Paris concert necessitated open-heart surgery, and last September she retired from performing.

Évora's voice – silky, weary, supple yet never showy, rich with her extraordinary presence – remains compelling.

• Cesária Évora, singer, born 27 August 1941; died 17 December 2011

SOURCE guardian

 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 05:10

Une marche silencieuse de Bab Saâdoun au palais du Bardo

 

Point du départ: Bab Saâdoun. Des hommes et des femmes se sont rassemblés le 17 décembre et se sont dirigés en silence jusqu’à la coupole de la Constituante où des protestataires observent un sit-in.

 

Pour fêter le déclenchement de la révolution le 17 décembre 2010 avec l’immolation du martyr Mohamed Bouaâzizi, des habitants du Grand Tunis ne se sont pas déplacés à Sidi Bouzid.

 

Ils ont préparé des dizaines de slogans et se sont donné rendez-vous à Bab Saâdoun, à la lisière de Tunis, avant de défiler en rang jusqu’au Bardo. Ils se sont arrêtés devant le palais de la Constituante et brandi leurs slogans de mille et une protestations.

 

Cette Marche silencieuse a pour but d’interpeller le nouveau gouvernement à propos des objectifs de la révolution et les lui rappeler. Et la liste est longue, mais les phrases qui sont le plus revenues portent sur l’emploi, le développement régional, l’indemnisation des familles des martyrs et des blessés...

Et le 17 décembre est une date qui reviendra tous les ans pour dire non à la dictature.

source kapitalis

 

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Le Sit in Bardo 1 perd des joueurs 
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La majorité des parties (partis politiques et société civile) ayant pris part au sit-in du Bardo a décidé d'interrompre le mouvement. Cependant les jeunes du bassin minier poursuivront leur sit-in devant le siège de l'assemblée constituante jusqu'à la satisfaction de leurs revendications.
source : mosaique    
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