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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:55
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:33

Retour sur les événements de 2008 (Bassin minier de Gafsa, REDEYEF)

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Tunisie : 12/06/08 - Canal du Dialogue Tunisien (El Hiwar)

 

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« Retour sur la révolte du bassin minier. Les cinq leçons politiques d’un conflit social inédit »

 

1. Au début de l’année de 2008 éclatait dans le bassin minier de Gafsa l’un des plus grands mouvements sociaux qu’ait connu la Tunisie depuis son indépendance. Au départ, personne n’aurait pensé, dans un pays totalement verrouillé par l’appareil sécuritaire, que des mères de familles, des adolescents, des « petites gens », des diplômés chômeurs ou de simples militants syndicaux puissent défier le régime des mois durant, au point que la « révolte » est considérée aujourd’hui comme le symbole de la résistance populaire à l’autoritarisme benalien. Alors que tous les observateurs étaient braqués sur la campagne pour les élections présidentielle et législative d’octobre 2009 et, que les opposants cooptés ou indépendants se mettaient déjà en marche pour participer symboliquement ou boycotter énergiquement un « scrutin sur mesure », l’expression du ras-le-bol a explosé là où on ne l’attendait pas forcément : la Tunisie de l’intérieur, déshéritée et oubliée (les « zones d’ombre » pour reprendre la rhétorique officielle du régime1) qui n’intéresse finalement pas grand monde et encore moins les correspondants de la presse étrangère trop accoutumés à leurs réseaux d’informateurs des « beaux quartiers » de la capitale (le triangle La Marsa-Sidi Bousaïd-Carthage). Et, il est vrai, qu’au départ, comme le souligne pertinemment le politologue Amin Allal (2010), le « mouvement » du bassin minier n’a pas été vraiment pris au sérieux par les partis d’opposition et les organisations des droits de l’Homme basés à Tunis, qui ont voulu y voir la résurgence d’une « révolte tribale », que le pouvoir n’aurait aucune difficulté à étouffer dans l’œuf par la distribution de gratifications matérielles et de subventions en tout genre. Selon cette vision élitiste, le clientélisme d’État n’aurait aucun mal à venir à bout de la colère des gueux, peu politisés et facilement « achetables », en dépit du fait que Gafsa reste dans l’esprit de nombreux Tunisiens la « ville indomptable » en référence à une très ancienne tradition de luttes syndicales et aux événements de 1980 (Baduel, 1982, p. 521-574). Or, c’est tout le contraire qui s’est passé : au fil des jours, le mouvement social n’a cessé de se politiser et de revêtir une dimension protestataire, outrepassant largement les registres social et professionnel des premiers temps (demandes d’embauche collective dans la Compagnie des phosphates de Gafsa).

2 . Avec du recul, les analyses produites par les social scientists (Allal, 2010 ; Chouikha et Gobe, 2009, p. 387-420) et les observateurs engagés2 ont convergé pour mettre en exergue la charge politique et contestataire de la révolte du bassin minier, au point de se demander si elle n’anticipait pas les contours d’un mouvement social à venir qui, à moyen terme, pourrait ébranler les bases du régime. En somme, les spécialistes du champ politique tunisien ont longtemps estimé que les changements au « pays du jasmin » viendraient du « sérail tunisois » et des milieux élitaires : le mouvement de Gafsa laisse à penser, au contraire, que le « pays de l’intérieur » pourrait jouer aussi un rôle dans la redéfinition des enjeux politiques futurs et la transition vers un nouveau type de régime. La répression policière et judiciaire du mouvement (procès en première instance des 4 et 11 décembre 2008 et procès en appel du 3 février 2009) et la « clémence présidentielle » (libération des condamnés du bassin minier à l’occasion de la fête du 7 novembre 20093) n’enlèvent rien à la charge subversive de la révolte. Cette dernière continue à marquer les mémoires et sert consciemment ou inconsciemment de « modèle de mobilisation », même si celui-ci n’a jamais été pensé par les acteurs protestataires. Pour le dire plus simplement : désormais, il y aura un avant et un après Redeyef4. De ce point de vue, cinq « leçons politiques » peuvent être tirées de ce mouvement social inédit dans la Tunisie indépendante. 

3. Le syndicat de salariés, l’UGTT, apparaît bien comme le « maillon faible » des agences de pouvoir (Camau et Geisser, 2003 ; Gobe, 2006, p. 174-192) : si la direction nationale est prompte à collaborer avec le gouvernement et, en particulier, avec le ministère de l’Intérieur, pour pacifier les luttes sociales, les instances régionales et locales, davantage proches de la base militante et de la population, ont montré qu’elles pouvaient à tout moment faire preuve d’audace protestataire, refusant toute forme d’allégeance au régime. 

4. A contrario, les partis de l’opposition indépendante et les organisations des droits de l’Homme, en dépit d’une bonne insertion dans les réseaux internationaux et d’un soutien tardif aux activistes du bassin minier, sont apparus en total décalage avec le mouvement social, évoluant dans une « bulle élitaire », certes objet de tracasseries policières permanentes, mais finalement peu menaçantes pour les assises du régime. Pire, la majorité des intellectuels tunisiens se sont montrés relativement indifférents au mouvement social, comme si celui-ci par sa « nature populaire » n’était porteur d’aucune signification politique5. 

5. Car, il est vrai qu’une sociologie « fine » des émeutiers du bassin minier6 révèle la prédominance des membres des classes populaires, des diplômés au chômage, des anciens salariés prolétarisés, des femmes seules avec enfants (veuves de mineurs), etc., qui contraste point par point avec l’assise sociale des partis et des ONG ayant pignon sur rue. Même les leaders du mouvement, membres des syndicats de base, appartiennent généralement à la classe moyenne intellectuelle en voie de paupérisation. 

6. Contrairement à toutes les analyses qui soulignent une distanciation de facto entre les Tunisiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur (immigrés, réfugiés politiques, anciens opposants islamistes et gauchistes), certains milieux de la diaspora tunisienne ont joué un rôle central dans les mobilisations, davantage impliqués que les élites tunisoises. Les « Tunisiens de l’étranger » ont non seulement contribué à rendre visible le mouvement social aux yeux de l’opinion publique internationale mais ont aussi apporté un appui logistique aux révoltés du bassin minier. 

7. Enfin, la gestion policière du mouvement social par les autorités apparaît davantage comme le signe d’une certaine impuissance du pouvoir que d’une réelle maîtrise de la situation. Confronté à une contestation « spontanée » et « imprévue », le régime s’est lancé dans une fuite en avant sécuritaire7qui apparaît davantage comme un signe de faiblesse que de puissance. 

8. Tirant les enseignements socio-politiques de la « révolte du bassin minier », nous allons brièvement développer ces cinq points qui, selon nous, sont susceptibles de peser sur l’évolution future de la configuration politique tunisienne. 

 Les « deux UGTT » : la dissonance syndicale comme vecteur paradoxal de la dynamique protestataire (première leçon). 

9. Il est difficile pour un observateur peu familier du fonctionnement du champ syndical tunisien de saisir la position ambivalente de la centrale UGTT dans les conflits sociaux. Celle-ci est perçue, tantôt comme un « bras armé du régime », digne des syndicats uniques des anciennes démocraties populaires d’Europe de l’Est, tantôt comme une force d’opposition que certains ont même comparée à un parti politique8. En fait, cette ambivalence était déjà présente dès les premières années de l’indépendance de la Tunisie, où son leader historique, Ahmed Ben Salah – qui deviendra plus tard ministre de Bourguiba –, hésitait entre l’option syndicale et l’option partisane, avec le rêve secret de transformer l’UGTT en parti travailliste, capable de concurrencer le parti bourguibien, le Néo-Destour.

À cette ambivalence de « nature historique », qui poursuit l’UGTT jusqu’à aujourd’hui, s’ajoute également une ambivalence de « nature structurelle » qui s’explique par le fait que l’UGTT est composée de syndicats de base, plus ou moins autonomes, et représentée à l’échelle de chaque gouvernorat par des unions régionales plus ou moins en « bonne entente » avec la direction nationale9. Sous les apparences d’un « grand paquebot syndical » monolithique, l’UGTT fait figure d’organisation composite, quasi polyarchique, qui lui permet de mieux résister que les autres organisations de la « société civile » (partis d’opposition, associations et ONG) aux pressions sécuritaires du régime et fait d’elle une menace permanente pour la stabilité du pouvoir d’État. Sur ce plan, les événements récents du bassin minier ont constitué une illustration parfaite, d’une part, de la dissonance entre la bureaucratie syndicale et les syndicats de base et, d’autre part, du potentiel subversif de l’activisme des leaders syndicaux locaux, confirmant une nouvelle fois la thèse du « maillon faible » :

 « L’UGTT apparaît comme le maillon faible du réseau des agences de pouvoir. Le leadership syndical est confronté aux protestations de militants syndicaux récusant l’alignement politique et aux tensions sociales générées par la libéralisation économique. Son intérêt de stabilité commande la neutralisation des opposants et rejoint en cela les préoccupations du Palais. Mais il lui faut également compter avec les implications des syndicats de base dans les conflits à l’échelle des entreprises. Il ne peut les appuyer sans réserve ni les contrer de manière frontale. Dans un cas comme dans l’autre son aptitude à gérer le secteur serait prise en défaut et planerait la menace d’un dérapage des conflits. » (Camau et Geisser, 2003) 

10. C’est précisément ce scénario qui s’est déroulé lors des événements du bassin minier. Des syndicalistes de la base, en conflit ouvert avec le secrétaire général régional de l’UGTT, Amara Abbassi, par ailleurs membre du comité central du parti présidentiel (RCD), ont contesté la validité des résultats du concours public organisé par la Compagnie des phosphates de Gafsa (GPG). La bureaucratie syndicale, accusée de faire le jeu du régime, en cautionnant le système de corruption et de favoritisme, s’est trouvée rapidement en porte à faux avec les syndiqués ordinaires mais aussi avec les représentants locaux de la centrale, davantage en phase avec les revendications populaires, comme le décrit Ammar Amroussia dans son essai de bilan sur la révolte du bassin minier : 

 « C’est peut-être la première fois que la fureur populaire se dirige ainsi contre l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et précisément vers l’Union régionale et les syndicats miniers. En effet, l’indignation des gens (traduite par des marches, des communiqués et des discussions) n’a pas été seulement exprimée à l’égard du régime, mais elle a touché les symboles de la corruption syndicale. Ces symboles, outre leur acceptation du résultat du concours, organisé par la CPG, leur implication dans l’esprit des hordes, des relations personnelles et de la corruption, et leur exploitation directe des ouvriers au moyen de sociétés de sous-traitance, ont une responsabilité dans la dégradation de la situation dans la région. L’UGTT et les syndicats miniers n’ont pas seulement gardé le silence, au contraire, ils ont refusé, lors du dernier conseil régional, de présenter tout simplement les contestations des habitants de la région10. » 

 11. Dans un premier temps, la bureaucratie syndicale a donc été tentée de réprimer les syndicalistes « rebelles », en les désavouant publiquement : Adnane Hajji, l’une des figures charismatiques du mouvement social du bassin minier, a été ainsi suspendu de toute activité syndicale durant une période de cinq ans. Mais très rapidement, la direction de la centrale syndicale a dû faire machine arrière, au risque d’être totalement discréditée aux yeux de l’ensemble de ses adhérents et de ses militants de base : les syndicalistes « indociles » ont été réintégrés dans leurs fonctions et la direction de l’UGTT a fini par apporter un soutien – même timide et tardif – aux émeutiers traduits en justice, se distanciant par là de la politique répressive conduite par le régime. 

 Une opposition indépendante coupée du mouvement social : le signe de l’impuissance (deuxième leçon) 

12. Dans son étude sur le mouvement du bassin minier, le politologue Amin Allal relève que « durant les deux premiers mois de la mobilisation, les organisations politiques d’opposition, la “société civile” et la centrale syndicale gardent leurs distances avec les contestataires. En effet, les partis d’opposition, peu implantés en dehors de Tunis, sont à ce moment-là plus préoccupés par les préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2009 » (Allal, 2010, p. 5). L’auteur ne fait pas référence ici aux organisations clientes du régime qui, elles, ont évidemment dénoncé en chœur les émeutiers comme des représentants du « parti de l’étranger »11, mais bien aux acteurs indépendants : le Parti démocrate progressiste (PDP), le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), Ettajdid (ancien Parti communiste tunisien), la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), etc. Le seul parti à avoir joué un rôle non négligeable dans le mouvement est le Parti communiste des ouvriers tunisiens (POCT), petite formation d’extrême gauche, dont certains militants ont pris une part active dans les protestations. Mais, d’une manière générale, l’opposition indépendante est restée coupée des acteurs contestataires. Or, ce retrait du mouvement social ne peut être expliqué uniquement par des variables conjoncturelles liées au contexte électoral (scrutins législatif et présidentiel d’automne) ou par la répression policière (coût de l’engagement) mais aussi par des variables structurelles liées à la faiblesse de l’assise sociale de cette opposition et à son isolement par rapport à de larges secteurs de la société tunisienne, en particulier à l’intérieur du pays. Nous retrouvons là le « prisme élitiste et tunisois » (Camau et Geisser, 2003) des milieux oppositionnels mis en évidence dans de nombreux travaux et analyses12, attestant de l’inexistence d’une véritable opposition en Tunisie, comparable au rôle joué, par exemple, par les partis dans les champs politiques marocain, égyptien ou même jordanien : 

 « L’un des premiers facteurs de faiblesse de l’opposition politique réside dans les séquelles qu’elle traîne encore des “années de plomb”. Mais au lieu de profiter de ce soulèvement pour élargir sa base sociale, en faisant siennes les revendications des masses populaires, la majorité de cette opposition n’a pas manifesté l’intérêt qu’il faut pour un mouvement aussi important. Plus le mouvement progresse, plus se creuse l’écart la séparant des masses populaires.13 » 

 Et si le changement venait du « bas » : la sociologie des émeutiers (troisième leçon) 

13. Sans verser nécessairement dans le mythe romantique du « petite peuple » à l’assaut du régime tyrannique, force est de constater, d’après les rares documents disponibles14, que la sociologie des émeutiers révèle le caractère extrêmement populaire des manifestants et même des « encadreurs politiques » du mouvement. On relève ainsi une prédominance des travailleurs journaliers, des précaires en tout genre, des étudiants chômeurs, des ouvriers, des petits employés, des épouses et des veuves de mineurs. Les seuls cadres du mouvement appartiennent généralement à la petite fonction publique tunisienne : ils sont instituteurs, professeurs de l’enseignement secondaire ou encore secrétaires dans une administration d’État mais jamais cadres supérieurs ou professions libérales. Ce n’est donc pas seulement la « Tunisie de l’intérieur » – Gafsa est à environ 350 km de Tunis – qui s’est mobilisée dans le bassin minier mais aussi « la Tunisie d’en bas », comme le confirme le tableau quasi ethnographique dressé par Ammar Amroussia : 

 « Ce mouvement a eu, dès son début, un caractère populaire large, ce qui l’a transformé en un soulèvement populaire proprement dit et ce malgré son aspect régional plus ou moins circonscrit. Toutes les catégories populaires ont adhéré à ce mouvement : ouvriers, chômeurs, fonctionnaires, commerçants, artisans, élèves, etc. Ceux qui y participent appartiennent à différentes générations, il y a des enfants, des jeunes, des adultes, des personnes âgées. Les femmes, même celles au foyer, ont pris part à la protestation et ont souvent joué un rôle d’avant-garde. Les divisions tribales, restées présentes dans la région et continuellement instrumentalisées par le pouvoir, ont disparu dans ce mouvement pour céder la place à l’appartenance sociale, de classe. Les habitants ont compris qu’ils vivent dans la même situation de misère, qu’ils partagent le même sort : le chômage, la marginalisation, la pauvreté, la dégradation du pouvoir d’achat et, en général, la détérioration de leurs conditions de vie.15 » 

 14. Toujours selon le même auteur, les élites intellectuelles seraient très largement restées en retrait du mouvement, quand elles ne l’ont pas purement et simplement méprisé :

 « On ne peut aussi que remarquer, écrit-il, la passivité de l’ensemble des intellectuels. Exception faite de quelques-uns qui ont été touchés par l’événement et qui l’ont abordé dans des articles, la majorité n’a pas été “ébranlée” ni inspirée par l’ampleur de l’événement. Ce qui prouve la profondeur de la crise que traversent les intellectuels et les créateurs en Tunisie. Ils ont été habités par un sentiment de désespoir et d’impuissance perdant confiance dans le peuple au point de ne plus hésiter à lui tourner le dos le taxant de “lâcheté” et “ingratitude” et à se jeter dans les bras du pouvoir ou se consacrer pleinement à leurs affaires personnelles. Quand le peuple a bougé et qu’il s’est révélé vivace, dynamique et entreprenant, ces intellectuels ne se sont pas remis de leur léthargie et quatre mois de résistance et d’affrontements sanglants n’ont pas pu agir sur leurs pensées et leurs esprits.16 »

 15. Les conclusions d’Ammar Amroussia sont particulièrement sévères pour les élites tunisiennes, et notamment celles du champ académique et artistique, et doivent probablement pour beaucoup à sa déception militante (l’auteur est proche des milieux d’extrême gauche). Toutefois, au-delà du propos engagé et désillusionné, c’est aussi une piste de réflexion pour les sociologues et les politologues qui se dessine : à trop nous focaliser sur les révolutions de Palais, les intrigues au sein de la famille (Ben Ali, Trablesi, Chiboub…), les querelles incessantes entre les leaders de l’opposition, l’attitude des soutiens occidentaux de la Tunisie officielle (USA, France, Italie, etc.), n’a-t-on pas trop rapidement écarté l’hypothèse d’un changement politique « par le bas » dans les prochaines années en Tunisie ?

Le rôle inattendu et renouvelé de l’opposition diasporique (quatrième leçon) 

16. Dès les premiers temps du mouvement de libération, l’Europe, en général, et la France, en particulier, ont constitué une base arrière pour les organisations politiques et syndicales tunisiennes. À certains égards, l’on peut dire que l’Hexagone apparaît comme le prolongement naturel de l’espace politique tunisien, se structurant autour d’un axe Tunis-Paris, souvent bien plus influent que les relations tissées entre la capitale et la « Tunisie de l’intérieur ». Dans son travail de doctorat, Michaël Béchir Ayari, a mis en évidence sur le temps long les effets politiques de cette dialogique tuniso-française qui a, tantôt contribué à amplifier les mouvements protestataires, en leur donnant un écho inespéré, tantôt aboutit à les freiner, en créant une sorte de dichotomie entre les « opposants de l’intérieur » et les « opposants de l’extérieur », les intérêts entre ces deux entités militantes ne coïncidant pas systématiquement (Ayari, 2009). Si la France a longtemps représenté la « Mecque de l’extrême gauche tunisienne » (Perspectivistes, trotskystes, communistes orthodoxes, gauchistes, tiers-mondistes, etc.), son influence avait pourtant tendance à décliner ces vingt dernières années, en raison de facteurs sociologiques « lourds », qui ne revêtent pas forcément une dimension politique immédiate : la distanciation existentielle avec la mère patrie s’est souvent traduite par une francisation objective de nombreux anciens « exilés politiques » tunisiens qui se sont progressivement éloignés des enjeux militants et politiques du pays d’origine : le mariage avec une Française, l’éducation des enfants au « pays de Voltaire », l’insertion progressive dans les enjeux professionnels politiques et syndicaux de la société française, ont constitué autant de facteurs qui ont produit un phénomène de distanciation avec les scènes politiques tunisiennes. L’arrivée massive des réfugiés politiques islamistes à l’horizon des années 1990 n’a pas fondamentalement changé les données du problème : si ces derniers, jusqu’à une période récente, sont restés attachés au mythe du retour et au culte d’une tunisianité islamique, nombre d’entre eux ont fini par se faire à l’idée que l’action oppositionnelle à l’étranger était vaine. Du coup, depuis quelques années, on assiste dans les milieux islamistes exilés en France et en Grande-Bretagne à une série de retours qui ne se font pas sur une base collective (accord politique entre Ennahda et le régime) mais sur des bases purement individuelles, avec la promesse de ne plus s’engager dans des actions contre le régime (repentance). Le phénomène des repentis n’est désormais plus négligeable au sein de la mouvance islamiste et les cas des « militants retournés » – aux deux sens du terme – de plus en plus fréquents.

17. Or, les derniers événements du bassin minier de Gafsa ont, en partie, démenti cette hypothèse « pessimiste » de la distanciation des Tunisiens de l’étranger à l’égard des enjeux internes à l’espace national. Contre toute attente, une partie de l’opposition tunisienne en exil a retrouvé dans le mouvement social de Gafsa l’occasion de jouer un rôle politique de premier plan et ceci à deux niveaux. 

 18. À l’échelon international d’abord, où une organisation comme la FTCR17, issue des mouvements de gauche et d’extrême gauche, et représentant aujourd’hui le courant tunisien « démocratique » et « laïque », a contribué à médiatiser l’événement, à jeter des ponts avec les organisations politiques et syndicales européennes, et à envoyer une aide logistique aux émeutiers. L’implication de la FTCR dans le mouvement social n’a d’ailleurs pas échappé aux tenants de l’appareil sécuritaire du régime qui ont fait condamner par contumace son président, Mouhieddine Cherbib, à deux ans de prison ferme (procès du 11 décembre 2008 et du 3 février 2009)18. Il est fort probable que, sans l’action d’une organisation comme la FTCR, la révolte du bassin minier n’aurait pas eu l’écho international qu’elle a connu, le ministère de l’Intérieur ayant « cadenassé » tous les moyens d’information et de communication, à tel point que les Tunisiens de France étant souvent davantage au courant de ce qui se passait réellement à Redeyef (épicentre du mouvement social) que les Tunisiens de l’intérieur eux-mêmes. 

 19. À l’échelon local, ensuite, où les réseaux migratoires originaires de la région du bassin minier se sont également fortement mobilisés pour venir en aide aux familles et aux victimes de la répression policière. Alors que la communauté tunisienne de France fait l’objet d’une étroite surveillance, via les consulats, l’Amicale des Tunisiens et les indicateurs dépêchés dans l’Hexagone par le ministère de l’Intérieur, les immigrés tunisiens et les Français d’origine tunisienne ont parfois bravé la peur pour se lancer dans des actions de protestation et d’information à destination de l’opinion publique européenne. C’est ainsi qu’à Nantes (Ouest de la France), ville qui compte une assez forte communauté immigrée originaire du bassin minier de Gafsa (2 000 à 3 000 personnes), des habitants ont créé un Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef qui a réuni plusieurs centaines de personnes19. Le fait est assez rare pour être signalé, car depuis de très nombreuses années, l’immigration tunisienne populaire (ouvriers et leurs familles) ne s’était plus mobilisée sur les enjeux politiques liés au pays d’origine par crainte de représailles. 

20. Bien sûr, ce sursaut politique de l’immigration tunisienne doit être largement relativisé. Il ne concerne au mieux que quelques milliers d’individus et quelques dizaines d’associations, dotés de moyens humains et financiers relativement modestes. Néanmoins, il est révélateur d’une tendance qui pourrait s’amplifier dans les prochaines années et signer le retour d’une opposition diasporique sur l’échiquier politique tunisien, susceptible d’apporter un appui logistique décisif aux « opposants de l’intérieur ». 

 La fuite en avant sécuritaire du régime : signe de force ou de faiblesse ? (cinquième leçon) 

 21. Si la gestion des conflits sociaux en Tunisie, sous Bourguiba comme sous Ben Ali, a rarement été marquée par son caractère pacifique – l’État étant toujours tenté de recourir à la force –, celle du mouvement du bassin minier se distingue par son extrême brutalité et par une certaine incohérence répressive. En effet, dans le conflit du bassin minier, le régime a donné plusieurs fois l’impression de perdre pied et les violences systématiques pratiquées sur les émeutiers font figure davantage d’aveu de faiblesse que de puissance. Le récit d’Ammar Amroussia souligne bien ces atermoiements du pouvoir dans sa riposte policière qui, en creux, a mis en évidence la désorganisation de l’appareil sécuritaire : 

 « Les forces de l’ordre ont été incapables de réaliser ce qu’elles accomplissaient aisément par le passé, en réprimant une contestation isolée et réduite à des minorités, ne serait-ce que parce que le mouvement est réellement populaire et que tous ceux et celles qui y ont participé sont déterminés à résister et à continuer leur lutte jusqu’au bout car ils n’ont plus rien à perdre, à part leurs chaînes. C’est pourquoi les forces de l’ordre qui sont intervenues violemment au début du mois d’avril 2008 puis au début du mois de mai ont vite perdu du terrain face à la détermination des habitants. Ce que les autorités pouvaient interdire habituellement aux partis et associations même légaux, aussi bien dans leurs sièges que dans les espaces publics, les contestataires l’ont fait au bassin minier à leur guise et sans aucune autorisation de la police. Ainsi, les marches traversaient les rues jour et nuit, les réunions ont lieu dans les espaces publics et les tracts et les bulletins politiques sont distribués en plein jour sous les regards de la police qui se contente de surveiller sans intervenir. Les habitants ont créé un rapport de force, sur le terrain, en leur faveur qui leur a permis de jouir de leurs droits de réunion, de manifestation, d’expression, etc. Les forces de l’ordre n’ont qu’une seule solution pour arrêter le mouvement, c’est la prise pure et simple des villes du bassin minier et le décret de l’état de siège et du couvre-feu pour empêcher toute activité.20 » 

 22. Le bilan humain des émeutes du bassin minier est particulièrement lourd : trois morts21, des dizaines de blessés, une centaine d’interpellations et d’arrestations, une trentaine d’inculpés et un retour en force de la torture pratiquée non seulement dans les commissariats de quartiers mais aussi dans les centres pénitentiaires où ont été déférés les leaders du mouvement social :

« Les avocats soutiennent que la plupart de leurs clients ont été victimes de torture et ont subi des traitements inhumains et dégradants tout au long de leur détention et notamment lors de la phase d’enquête ; qu’ils ont systématiquement fait état de cette atteinte gravissime à l’intégrité physique des “accusés” en particulier devant le juge d’instruction qui en a constaté la véracité. Ils présentent un tableau des principaux cas de torture allégués et constatés (dont on a pu vérifier la transcription dans l’ordonnance de clôture de l’instruction).22 »

23. In fine, ce que révèle la révolte du bassin minier, c’est l’emballement de la machine sécuritaire du régime et son incapacité à faire face à un mouvement social d’extraction populaire. En effet, depuis un certain nombre d’années, s’était installée en Tunisie une sorte de « routine sécuritaire » qui consistait à réprimer les oppositions « classiques », les défenseurs des droits de l’Homme et, ponctuellement, les manifestations de rues organisées par les syndicats étudiants et salariés. De ce point de vue, les rapports des ONG et les communiqués publiés par les associations indépendantes tendaient à refléter une certaine accoutumance à la répression, non que celle-ci soit considérée comme légitime ou normale, mais parce qu’elle devenait banale dans ses formes et ses méthodes. Or, confronté à une « révolte par le bas », animée non par des « professionnels de la contestation » mais par des citoyens ordinaires, les réflexes sécuritaires du régime ont été mis à l’épreuve, contribuant à se dévoiler au grand jour et, par effet de feed back, à accorder au mouvement social une victoire symbolique. N’est-ce pas là le signe d’un ébranlement du Pacte de sécurité23, ce contrat social implicite entre l’État et le peuple, que certains auteurs ont longtemps considéré comme le principal moteur du régime de Ben Ali ? 

Bibliographie 
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AMROUSSIA Ammar, 2009, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », Rapport publié par le Parti communiste des ouvriers tunisiens, Albadil Express, liste diffusion du PCOT, 12 janvier.
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CAMAU Michel et GEISSER Vincent, 2003, Le syndrome autoritaire. Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, Paris, Presses de Sciences Po. 
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GEISSER Vincent, FERRIE Jean-Noël et ROCCA Jean-Louis, 2009, « Autour d’un livre. La Force de l’obéissance. Économie politique de la répression en Tunisie, de Béatrice Hibou », Politique Africaine, n° 113, mars, p. 211-226. 
GOBE Éric, 2006, « Corporatismes, syndicalisme et dépolitisation », in Elizabeth PICARD (dir.), La politique dans le monde arabe, Paris, Armand Colin, p. 174-192.
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KHIARI Sadri, 2000, « Reclassements et recompositions au sein de la bureaucratie syndicale depuis l’indépendance. La place de l’UGTT dans le système politique tunisien », Paris, Centres d’Études et de Recherches Internationales, « Le Kiosque », http://www.ceri-sciencespo.com/archive/Dec00

Notes 
1 C’est notamment la mission dévolue au Fonds de solidarité nationale (FSN), organisme gouvernemental dont l’objectif est d’éradiquer les poches de pauvreté. Pour certains observateurs critiques, il s’agit, en réalité, d’une fiscalité déguisée, voire d’un racket fiscal opéré par le régime, sous couvert de générosité. Cf. Béatrice Hibou (2006).
2 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », Rapport publié par le Parti communiste des ouvriers tunisiens, Albadil Express, liste diffusion du PCOT, 12 janvier 2009 ; Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires » :www.crldht.org/.../PROCES_DU_11_DECEMBRE_2008_DEVANT_LE_TRIBUNAL_PENAL_DE_GAFSA.doc.
3 22e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Ben Ali.
4 Cité minière située à l’ouest de Gafsa, elle a été l’épicentre des mobilisations en 2008 et 2009. 
5 Dans son rapport rédigé pour le compte du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), Ammar Amroussia se montre particulièrement sévère sur l’indifférentisme des intellectuels tunisiens à l’égard de la « révolte du bassin minier » : « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit.
6 C’est notamment l’approche de terrain privilégiée par Amin Allal (2010). 
7 Pour un récit détaillé de la répression, cf. Éric Gobe et Larbi Chouikha (2009) ; Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op. cit. 
8 Sur le site web officiel du syndicat, son secrétaire général, Abdesellam Jerad se défend de toute inclinaison partisane, tout en revendiquant un rôle politique : « l’UGTT n’est l’assise sociale d’aucun parti politique et elle refuse de rester à l’écart de la vie publique sous prétexte d’indépendance » :http://www.ugtt.org.tn/fr/actualitees-details.php?id =376.
9 Sur le fonctionnement complexe de l’UGTT et ses relations avec le pouvoir, cf. Salah Hamzaoui (1999, p. 369-380), Sadri Khiari (2000). Voir égalementÉric Gobe (2008, p. 267-284).
10 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit. 
11 Comme le parti écologiste fantoche créé de toute pièce par le régime, le Parti vert pour le progrès (PVP) qui a publié un communiqué stigmatisant les émeutiers du bassin minier, tout en demandant une grâce présidentielle pour les condamnés : « le bureau politique désapprouve le soutien de certains prétendus défenseurs des droits de l’Homme tunisiens à ces étrangers ; soutien qui s’inscrit dans le cadre de la propagande politique au service d’agendas qui n’ont rien à avoir avec les aspirations actuelles du peuple et du pays. […] Le bureau réitère son appel au chef de l’État pour qu’il intervienne, conformément à ses prérogatives constitutionnelles, en graciant les personnes condamnées dans cette affaire et en faisant la joie de leurs familles et proches. Le PVP est totalement confiant dans la compassion du chef de l’État envers tous les Tunisiens, notamment les jeunes », cité par As-Sabah, 8 février 2009.
12 Voir Larbi Chouikha et Éric Gobe (2009, p. 163-182) ; Mohamed Abdelhaq et Jean-Bernard Heumann (2000, p. 29-40) ; Camau et Geisser (2003,p. 227-265). 
13 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit.
14 Pour se faire une idée de la sociologie des émeutiers, on peut se référer aux profils socioprofessionnels des prévenus aux procès de décembre 2008 et février 2009 rapportés par Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op cit., aux descriptions approfondies d’Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit., et, enfin, aux extraits des reportages vidéo sur les manifestations de rue tournés par Fahem Boukadous qui donnent un bon aperçu de la sociologie des acteurs du mouvement social : http://fr.rsf.org/tunisie-report-du-proces-de-fahem-23-03-2010,36071
15 Ammar Amroussia, op. cit.
16 Ibid. 
17 Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives. Cf. présentation de la FTCR par elle-même sur son site web : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view =article&id =226:presentation-de-la-ftcr&catid =52:histoire-mémoire.
18 Plusieurs appels ont d’ailleurs été lancés pour soutenir le président de la FTCR, Mouhieddine Cherbib, condamné pour « délit de solidarité » avec les émeutiers du bassin minier. Cf. notamment l’appel de la Ligue française des droits de l’Homme : « La LDH solidaire avec Mouhieddine Cherbib et avec la FTCR face à l’intimidation politico-judiciaire de la dictature tunisienne », 22 septembre 2008 :http://www.ldh-france.org/La-LDH-solidaire-avec-Mouhieddine.
19 Le 9 décembre 2008, le Collectif a organisé une réunion d’information et de sensibilisation sur le thème : « Justice et liberté pour les Tunisiens de Redeyef » :http://nantes.indymedia.org/article/15462
20 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op.cit.
21 Il s’agit de Hichem Ben Jeddou El Aleimi, chômeur de 24 ans, décédé par électrocution, de Nabil Chagra heurté accidentellement par un véhicule de la Garde nationale (gendarmerie) et de Hafnaoui Maghazoui tué par balles par la police le 6 juin 2008 à Redeyef. Cf. Éric Gobe, Larbi Chouikha (2009).
22 Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op. cit.
23 Béatrice Hibou (2006). Voir aussi la critique de la thèse du « Pacte de sécurité » par Vincent Geisser, Jean-Noël Ferrié et Jean-Louis Rocca (2009, p. 211-226) http://www.medimarpolitics.net/spip.php?article659

 

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La révolte du « peuple des mines » en Tunisie

 

En arrêtant fin juin plusieurs dirigeants du mouvement de protestation qui touche la ville de Redeyef, en les inculpant de délits graves (constitution de bandes en vue de commettre des agressions contre les personnes et les biens, déstabilisation de l’ordre républicain, violences sur des représentants de l’ordre, etc.), en conduisant des interrogatoires musclés, le pouvoir tunisien tente de mettre fin à une mobilisation qui a regroupé depuis le mois de janvier toute la population du bassin minier de Gafsa.

 

Par Karine Gantin et Omeyya Seddik

« Puisqu’ils veulent tant cette ville, on la leur laisse ! » En colère, les femmes de Redeyef, dans le bassin minier de Gafsa, décrètent l’évacuation générale, le mercredi 7 mai 2008. De nombreux habitants « démissionnaires » prennent la route avec un bagage improvisé pour protester contre l’invasion de leur ville par des troupes policières. Celle-ci les met en garde : s’ils gagnent ainsi la montagne, en direction de l’Algérie, ils seront accusés de trahison, à l’instar du village voisin qui avait demandé l’asile politique à ce pays quelques semaines plus tôt. Ils font donc demi-tour, convaincus par les membres du comité de négociation saisi par un pouvoir local désorienté. L’argument avancé les convainc: il faut rester… pour continuer la lutte.

Depuis le début de cette année, à quatre cents kilomètres au sud-ouest de Tunis, la population d’un bastion ouvrier, souvent rebelle par le passé (1), se construit ainsi sa propre histoire dans une révolte soudée, rageuse et fière. Elle affronte sans faillir une stratégie gouvernementale faite d’encerclement et de harcèlement policiers d’un côté, de contrôle des médias de l’autre.

Tout commence le 5 janvier 2008, jour où sont publiés les résultats, jugés frauduleux, du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’unique moteur économique de la région. De jeunes chômeurs occupent alors le siège régional de la centrale syndicale à Redeyef. Ils sont rejoints par les veuves des mineurs et leurs familles, qui installent leurs tentes devant le bâtiment. Le mouvement s’étend rapidement. Ouvriers, chômeurs, lycéens et habitants multiplient les grèves, les actions et les rassemblements. Sur fond de grande pauvreté et de flambée des prix, tous protestent contre la corruption d’un système local népotique et contre une politique de l’emploi injuste.

Redeyef est proche de la frontière algérienne. Comme les autres villes du bassin minier de Gafsa (Oum Larayes, Metlaoui, El Mdhilla…), elle vit sous l’empire de la CPG depuis la création de cette dernière en 1897, autour des gisements découverts par le Français Philippe Thomas (vétérinaire militaire, directeur de pénitencier agricole indigène, géologue amateur).

L’extraction des richesses du sous-sol s’y est faite, dès les origines, selon les méthodes typiques du modèle colonial (2) : accaparement des terres par l’expropriation brutale des populations indigènes ; exploitation intensive des ressources naturelles ; extraction à forte consommation de vies humaines et à forte production de déchets polluants ; rapports de travail et de pouvoir appuyés sur les allégeances clientélistes, claniques et familiales (3).

Phosphates, clientélisme et corruption

La plupart de ces traits ont survécu à la décolonisation, sous des formes renouvelées. La CPG, qui a fusionné en 1996 avec le Groupement Chimique Tunisien (GCT), reste le principal pourvoyeur d’emploi de la région. Au cours des vingt cinq dernières années, la modernisation de la production, la fermeture progressive des mines de fonds au profit de celles à ciel ouvert a réduit la pénibilité du travail et le taux de mortalité parmi les ouvriers. Mais cette modernisation, articulée à l’application du « plan d’ajustement structurel », a réduit d’environ 75% les effectifs employés de la compagnie.

Aujourd’hui, seules cinq mille personnes sont y directement employées . Elles bénéficient d’un statut et de conditions de travail enviés par tous dans une région où le chômage frappe 30% de la population active (le double du taux national), selon des chiffres officiels discutés. Autour de la compagnie gravitent de nombreuses entreprises de sous-traitance, avec leurs emplois précaires et sous-payés. Le petit commerce, notamment avec l’Algérie voisine, complète le tableau de l’emploi. Pour trouver du travail, certains risquent leur vie en traversant la Méditerranée. D’autres s’installent dans les banlieues pauvres des villes de la Tunisie « utile », celle du littoral.

Les cinq mille postes de la compagnie ainsi que les fonds destinés à la reconversion sont gérés en collaboration étroite avec l’UGTT. Jusqu’à ces dernières années, la stabilité de la région était obtenue avec une modeste redistribution des bénéfices énormes que génère l’industrie phosphatière, selon de subtils équilibres claniques et familiaux garantis par les dirigeants régionaux de la centrale syndicale et du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Ces dirigeants étaient en même temps les représentants ou les interlocuteurs des principales tribus, les Ouled Abid et les Ouled Bouyahia. La diminution progressive des ressources à distribuer et la généralisation de la corruption, alors même que le cours international du phosphate flambe, ont rompu ces équilibres. La direction régionale de l’UGTT est devenue le centre d’une oligarchie qui ne fait plus bénéficier que ses amis et parents directs des miettes de la rente phosphatière. Elle est le représentant local le plus puissant de ce que les habitants ne voient plus que comme un pouvoir « étranger » injuste.

« Nous le peuple des mines, nous ne sommes jamais injustes, mais si on est injuste envers nous, alors… » La phrase se conclut sur un juron explicite. Cette banderole est déployée à l’une des entrées de Redeyef, un quartier pauvre et marginalisé, théâtre d’affrontements récents avec la police. Au fil des mois, depuis janvier, la mobilisation n’a pas faibli. Au contraire, les actions des chômeurs, des diplômés sans emploi de l’université sont renforcées par des occupations et des manifestations, dans lesquelles se retrouve toute la population. Les sit-in des familles des invalides de la Compagnie et des morts à la mine se conjuguent aux actions des ouvriers licenciés. Les protestations des mères dont les fils ou les maris sont emprisonnés à la suite des premières manifestations ont débouché sur une grève générale qui touche jusqu’aux petits commerçants.

La nuit, les jeunes patrouillent dans Redeyef par petits groupes pour la protéger, après avoir sonné le rassemblement à l’aide de pierres cognées contre les structures métalliques d’un pont. Ils appellent ça « les tambours de la guerre » et usent d’un vocabulaire qui convoque les traditions des tribus guerrières, prêts qu’ils sont à s’affronter avec les policiers… ou à leur voler leurs sandwichs pour les redistribuer. Le ton général reflète une impressionnante cohésion populaire que les forces de l’ordre ne parviennent pas à rompre. En dépit du contrôle étatique des médias, le soulèvement de cette région enclavée, représente le mouvement social le plus long, le plus puissant et le plus mûr qu’ait connu l’histoire récente de la Tunisie.

Le pouvoir y a répondu par une répression de plus en plus brutale qui a fait au moins deux morts, des dizaines de blessés et de détenus. Des familles ont été brutalisées, des biens privés saccagés. Le déploiement d’unités blindées de l’armée a renforcé le siège du bassin minier durant le mois de juin. L’escalade de la violence d’Etat se manifeste par l’utilisation de balles réelles, la multiplication des enlèvements de jeunes pour interrogatoire et emprisonnement, et par des ratissages militaires dans les montagnes environnantes, en vue de retrouver ceux qui tentent d’échapper à la torture.

Plusieurs groupes de jeunes ont déjà été traduits devant les tribunaux pour des procès d’où la population accourue a été tant bien que mal écartée par les forces de l’ordre. La lourdeur des peines diffère du tout au tout, d’un procès à un autre, signe que le pouvoir hésite sur la stratégie à tenir.

L’opposition, à Tunis, ainsi que des comités de soutien, à Nantes, où vit une communauté immigrée originaire de Redeyef, à Paris (4), ou encore à Milan, se battent pour casser le blocus de l’information. Mais la mobilisation reste circonscrite. Politiquement exsangue, passée depuis longtemps sous rouleau compresseur d’un régime policier, la société civile tunisienne peine à réagir. Le pouvoir n’évoque les événements que pour incriminer des « éléments perturbateurs ». Est-ce pour cela que le soulèvement ne s’est pas étendu au-delà de la ville de Feriana, dans le gouvernorat voisin de Kassérine?

Dans Redeyef, le vent de la contestation a sculpté un nouveau quotidien. Le siège local de l’UGTT, en plein centre-ville, a été réquisitionné, au nez de la sous-préfecture voisine ; il est devenu le quartier général des habitants en révolte. Les hommes de main de la direction régionale de l’UGTT ont bien tenté de le reprendre en y apposant des cadenas… La population a imposé sa réouverture. Au rez-de-chaussée du local, qui abrite les réunions, le café sert d’agora permanente. La vaste terrasse qui le prolonge accueille les rassemblements autour d’orateurs postés au balcon du premier étage. Lors des meetings, la présence des femmes est notable. Juste en face, on distribue les tracts et les journaux de l’opposition. C’est là que se dressait, jusqu’en juin, une baraque marchande, celle de Boubaker Ben Boubaker, dit « le chauffeur », diplômé chômeur, vendeur de légumes, connu entre autres être l’auteur d’une lettre ironique et drôle sur les solutions au chômage, adressée au ministre de l’éducation. La police a fait irruption chez lui; sa baraque a été mise à sac. Comme d’autres opposants, il s’est enfui dans la montagne.

« Il nous faut obtenir un résultat positif. Les gens doivent savoir que la lutte pacifique n’a pas été vaine. Sinon, ce sera catastrophique… ». M. Adnane Hajji, secrétaire général du syndicat de l’enseignement élémentaire dans la ville de Redeyef, et figure charismatique du mouvement, a su s’imposer par-delà les rivalités et les clans locaux. Il jouit d’une grande popularité, y compris auprès des ménagères et des gamins. Il sait que le rêve est allé loin déjà et que toute tentative de retour en arrière pourrait avoir des conséquences incontrôlables. M. Hajji a été arrêté chez lui, dans la nuit du 20 au 21 juin, puis inculpé. Les autres animateurs du mouvement sont tous recherchés.

Pour M. Hajji, le nœud de la situation reste régional. Certes, les panneaux électoraux « Ben Ali 2009 », qui annoncent la prochaine élection présidentielle, sont souvent enlevés par la population depuis le début du mouvement, quand ils ne sont pas détournés par une surenchère moqueuse du type « Ben Ali 2080 » ou « Ben Ali 2500 »… Mais lors des rassemblements et des réunions, les militants politiques sont priés de ne pas afficher leur appartenance.

En effet, dans le bassin minier, la population ne croit guère, pour l’instant, à un changement imminent à la tête de l’Etat (5). Seule une forte campagne de solidarité nationale et internationale, ou une extension de la contestation à d’autres régions, pourrait desserrer l’étau. En attendant, le mouvement réclame la fin de la répression et l’ouverture de vraies négociations pour une sortie de crise honorable. Il demande l’annulation des résultats du concours de recrutement jugé frauduleux, un programme d’embauche des diplômés sans emploi, l’implication de l’Etat dans la création de grands projets industriels, le respect des normes internationales relatives à l’environnement, des services publics accessibles aux plus pauvres, par exemple pour l’électricité, l’eau courante, l’éducation, la santé… La devise qu’il s’est choisie : « détermination et dignité. »

Karine Gantin et Omeyya Seddik

Respectivement journaliste et politologue, memebre de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
Oumayya Seddik a séjourné sur place durant le mois de mai.

1) Cf. à propos de la grève dans le bassin minier de mars 1937 et de la représsion violente qui a causé la mort de dix-sept mineurs, le très beau texte de Simone Weil, «Le sang coule en tunisie », publié dans le recueil Ecrits historiques et politiques, Gallimard Paris, 1960. Elle y polémique contre le Front populaire qui prétend défendre la classe ouvrière et ferme les yeux sur les crimes commis contre elle dans les colonies. D’autre part, deux ans après la grève de 1978, se sont déroulésles «évenements de Gafsa«, au cours desquels la région a été la base d’une tentative de coup d’Etat. Lire aussi Khémais Chamari, « L’alerte tunisienne«, Le Monde diplomatique, mars 1980.

2) Lire Paul Vigné d’Octon, La Sueur du Bournous (1911), Les Nuits rouges, Paris 2001. L’auteur fut député de l’Hérault puis rapporteur spécial de l’Assemblée nationale sur la situation des colonies sous la III° République.

3) A propos du système de contrôle du territoire par le protectorat et l’articulation aux pouvoirs traditionnels, lire la thèse d’Elisabeth Mouilleau (1998), Fonctionnaires de la République et artisans de l’Empire. Le cas des contrôleurs civils en Tunisie, 1881-1956, L’Harmattan, Paris 2000.

4) C/oFTCR, 3,rue de Nantes, Paris 19°, www.ftcr.eu

5) Sur l’origine et l’évolution du pouvoir de M. Zine El-Abidine Ben Ali, lire Kamel Labidi, «La lonque descente aux enfers de la Tunisie » Le Monde diplomatique, mars 2006. http://nawaat.org/portail/2008/07/04/la-revolte-du-peuple-des-mines-en-tunisie/

 

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La révolte du bassin minier de Gafsa, en Tunisie (4 juin 2008) 

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Depuis le début de l’année, le bassin minier de Gafsa, en Tunisie, est en état d’ébullition sociale. Dans cette région d’exploitation du phosphate, la Compagnie des Phosphates de Gafsa règne en maître absolu. Elle est appuyée par le régime despotique et corrompu de Ben Ali. Outre la pollution liée aux activités d’extraction et de traitement, la pauvreté et le chômage de masse ont déclenché un vaste mouvement de protestation.

Les travailleurs et les jeunes du bassin minier se mobilisent pour leur dignité, pour des emplois, pour de meilleures conditions de logement, de santé et d’éducation. Ils dénoncent un régime de spoliation, de pillage économique et social. Les grèves se sont multipliées. Les enseignants, certaines branches de la fonction publique et même des petits commerçants se sont mobilisés.

Le mouvement prend diverses formes. Par exemple, dans plusieurs villes du bassin, de jeunes chômeurs et des veuves de travailleurs victimes d’accidents du travail à la Compagnie des Phosphates organisent des « sit-in », sous des tentes, devant des bâtiments officiels. Le régime de Ben Ali a violemment réprimé ce mouvement, de peur que Redeyef ne devienne le symbole de la colère des jeunes et des travailleurs à travers tout le pays, et que le mouvement ne fasse tache d’huile. Des centaines d’interpellations ont eu lieu depuis le début de l’année. Les forces de l’ordre harcèlent et brutalisent quotidiennement la population mobilisée. La ville est pratiquement en état de siège. Ainsi vont les choses dans le pays où, selon Sarkozy, « l’espace des libertés progresse » !

La région de Gafsa est connue pour ses traditions militantes et révolutionnaires. Cette année marque le trentième anniversaire de la grève qui, du temps de Bourguiba, a commencé dans le bassin minier de Redeyef, s’est étendue aux travailleurs et à la jeunesse de toute la région de Gafsa, pour finalement déboucher sur une grève générale d’ampleur nationale. A l’époque, la répression brutale de ce mouvement a fait des centaines de morts. Des milliers de travailleurs et syndicalistes ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

 

Le soi-disant « miracle économique »

http://www.lariposte.com/IMG/jpg/Gafsa_suite.jpg

Le régime de Ben Ali se vante du « mi

racle économique » en Tunisie. Mais à qui profite cette croissance qui repose essentiellement sur le tourisme de masse ? Aux capitalistes qui dominent l’industrie touristique et en accaparent tous les bénéfices. D’immenses fortunes s’accumulent grâce à la spéculation immobilière, pendant que la masse de la population languit dans le chômage et la misère. Alors que les entreprises françaises, espagnoles et allemandes se délocalisent vers la Tunisie pour profiter d’une main d’œuvre sous-payée et surexploitée, d’autres entreprises jettent leurs salariés à la rue et quittent la Tunisie pour trouver ailleurs des ouvriers encore moins chers. Autre conséquence du « miracle » Ben Ali : des centaines de jeunes tentent de fuir le pays par la mer, sur des embarquements de fortune. Beaucoup finissent par se noyer.

Le 7 mai, Redeyef, une ville de 30 000 habitants, était encerclée par la police. Selon des témoins, plusieurs centaines d’habitants – hommes, femmes et enfants – munis du strict nécessaire ont tenté de quitter la ville avec l’intention de l’abandonner aux forces de l’ordre. Ils en ont été dissuadés par les animateurs du comité de grève, et ont finalement décidé de rester sur place et poursuivre la lutte. Effectivement, une « évacuation en masse » de ce genre n’aurait pas été un moyen de lutte efficace. Quoi qu’il en soit, cet épisode illustre l’énorme gouffre qui s’est ouvert entre le peuple et les autorités. Il témoigne aussi de l’exaspération d’une population face au comportement des dirigeants syndicaux « officiels », notoirement corrompus et complètement à la solde du régime. Main dans la main avec ce dernier, ces « dirigeants » syndicaux se sont efforcés d’isoler et de démoraliser les grévistes et la population en révolte.

Deux jours plus tard, le 9 mai, Taher Saidi, 44 ans, a été grièvement blessé lors d’une intervention des forces de l’ordre dans la ville de Om Larais (35 000 habitants). Il est décédé le 19 mai à l’hôpital régional de Gafsa.

L’incident qui a provoqué les événements du 7 mai est la mort d’un jeune chômeur qui, la veille, avait été électrocuté à l’intérieur d’un local électrique, suite à une intervention particulièrement brutale des forces de l’ordre contre une manifestation de jeunes chômeurs. Ils protestaient contre les résultats pour le moins opaques – entachés de clientélisme – du concours d’entrée à la Compagnie des Phosphates de Gafsa, laquelle s’était engagée à recruter des jeunes chômeurs de la région, en janvier. Un groupe a décidé d’occuper le générateur électrique – hors tension – alimentant les ateliers de l’entreprise. Une brigade de police armée de gaz lacrymogènes a entrepris de faire évacuer le générateur. Le courant a été rétabli et plusieurs jeunes manifestants ont été électrocutés. Les secours ne sont intervenus que plusieurs heures après l’accident. Le jeune qui a trouvé la mort avait 26 ans. Il s’appelait Hichem Ben Jeddou El Aleimi. Un autre, Ahmed Ben Salah Fajraoui, 21 ans, a été grièvement blessé.

Par ailleurs, le régime de Ben Ali a procédé à l’arrestation de plusieurs militants, dont les étudiants Nejib Znaïdia et Jihed Ben Ali, mais aussi les chômeurs Houcine Ben Soltane, Abid Tababi, Ismail Hlaimi et Atef Ben Salehn. Ils attendent d’être jugés au tribunal le 29 mai.

Les étudiants et les chômeurs incarcérés, comme l’ensemble des habitants du bassin minier de Gafsa, ont besoin de notre solidarité. Cependant, de simples déclarations de solidarité ne suffisent pas. Face au mur de silence médiatique qui entoure les événements du bassin minier de Gafsa, La Riposte demande à toutes les organisations syndicales et aux partis de gauche de faire ce qu’ils peuvent pour porter cette lutte à la connaissance des travailleurs, en France et à l’échelle internationale. Les syndicats, dans les secteurs de la presse écrite et de l’industrie audiovisuelle, ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Les syndicats des personnels des aéroports et de l’industrie du tourisme devraient également se mobiliser pour dénoncer la répression. Il faut lancer des actions de grève et de boycott syndical qui frappent directement les intérêts capitalistes en Tunisie. La solidarité passe aussi par la collecte et l’envoi de fonds pour soutenir la lutte. http://www.lariposte.com/la-revolte-du-bassin-minier-de,1035.html

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:01
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:02

Affaire Fehri : arrestation de cinq anciens patrons de la chaîne publique

http://www.jeuneafrique.com/photos/012013/004012013091956000000fehri.jpg

La justice tunisienne a décidé, jeudi 3 janvier, de maintenir en détention Sami Fehri, le patron de la chaîne privée Ettounsiya TV. Elle a également émis des mandats de dépôts à l'encontre de cinq anciens PDG de la chaîne de télévision publique, poursuivis dans la même affaire.


Incarcéré au mois d'août dernier, Sami Fehri est inculpé de complicité de détournement de fonds publics dans le cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Ben Ali. Il risque dix ans de prison pour « préjudices financiers causés à la télévision publique » au profit de sa société de production Cactus Prod. Sami Fehri, qui a fondé Ettounsiya TV en 2011, était auparavant un producteur associé de Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali aujourd'hui en fuite au Canada.


Jeudi soir, la justice tunisienne a décidé de maintenir Sami Fehri en détention. La décision a été annoncée par la chambre d'accusation du tribunal de première instance de Tunis en l'absence de l'accusé, hospitalisé depuis le 27 décembre à la suite d'une grève de la faim de onze jours.

 

Télévision nationale

Lors de la même audience, la chambre d'accusation a aussi émis des mandats de dépôts contre cinq anciens PDG de la télévision nationale poursuivis dans la même affaire et laissés jusqu'ici en liberté. Il s'agit de Moncef Gouja, Mohamed Chelbi, Mustapha Khammeri, Hedi Ben Nasser et Brahim Fridhi. Ils seront désormais placés en détention.


Dans une déclaration publiée par l'agence tunisienne TAP, quatre de ces anciens dirigeants ont affirmé n'avoir tiré « aucun avantage matériel ou moral » durant leurs mandats sous le règne de Ben Ali. Sortant de leur silence peu avant l'annonce de mandats de dépôts à leur encontre, ces anciens dirigeants ont assuré avoir été « soumis à des pressions » et affirmé n'avoir « aucun ressentiment » à l'égard de M. Fehri.


Pressions


L'incarcération de Sami Fehri avait fait scandale, ses avocats faisant notamment valoir qu'il était l'unique accusé à être détenu, alors que ses co-accusés étaient laissés en liberté.

Depuis le début de l'affaire Fehri, le gouvernement islamiste est accusé de pressions sur les médias et sur la magistrature. Le patron d'Ettounsiya et ses défenseurs évoquent « un acharnement judiciaire » en représailles à une émission de satire politique dont il a accepté la diffusion et au ton critique de sa chaîne à l'égard du pouvoir.

Le cas de Sami Fehri a suscité la mobilisation d'une large frange de la société civile, d'ONG et de l'opposition, qui ont réclamé sa libération en application d'un arrêt de la Cour de cassation, qui avait ordonné sa remise en liberté le 27 novembre dernier. Le parquet a empêché à deux reprises l'application de cette décision et renvoyé l'affaire devant la chambre d'accusation. Jeuneafrique.

 


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Reprise du procès du doyen Kazdaghli, symbole du débat sur le niqab

http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/000_Nic6171491_0.jpg

Ce jeudi 3 janvier, le doyen de l'université de Manouba, Habib Kazdaghli, comparaissait devant la justice, accusé par une étudiante portant le niqab de l'avoir giflée en mars dernier. Ce procès est le reflet d'un bras de fer qui a opposé durant plusieurs mois, l'an dernier, l’administration à des groupes salafistes. Ils réclamaient l’autorisation du port du niqab, le foulard islamique, durant les cours. Le doyen nie les faits et accuse l’étudiante d’avoir attaqué son bureau avec une camarade.

Il y avait du monde pour assister à ce procès emblématique, à bien des égards, de la société tunisienne dont le verdict sera rendu le 17 janvier 2013. Le caractère politique du procès a entraîné une forte mobilisation de soutien dans les deux camps.

A l'intérieur, l'audience s'est transformée en débat d'idée. Pourtant le débat sur le voile intégral est censé être tranché. Le tribunal administratif avait rendu son avis en février dernier assurant que son port dépend des règlements intérieurs de chaque établissement. A l'université de la Manouba, il est interdit en classe. Habib Kazdaghli affirme défendre ce principe :« A travers moi, il y a une tentative d'instrumentalisation de la justice pour pénaliser ceux qui défendent l'Etat de droit. La politique a ses partis. La religion a ses mosquées. Mais nous, à l'université, nous défendons des règles académiques. Mes collègues et moi, nous avons agi au nom de l'autonomie des sphères. »

Le doyen se dit confiant. Il espère être acquitté. Sa défense a largement mis en doute la crédibilité du certificat médical censé attester que l'étudiante a été giflée. Il représente la seule preuve avancée dans le dossier. Pour les avocats de Habib Kazdaghli, il est « difficile d’imaginer des marques sur le visage de la jeune femme une heure après les faits, et alors qu’un voile la recouvrait. »

Toutefois, les avocats des deux parties s'accordent sur l'aspect politique de ce procès. Ainsi, la défense des étudiantes accusait le doyen de réprimer les élèves « niqabées » pour leur conviction religieuse. Me Awled Ali, avocat des étudiantes, l'affirme : « Ce qui se passe ici est politique. Le motif du crime était de ne pas laisser ces étudiantes suivre leurs études. C'est une discrimination contre ces gens qui portent le niqab. » La défense du doyen, quant à elle, dément et tente de recentrer le débat sur les faits.

Devant le tribunal, le débat est aussi très agité. D’un côté, les soutiens du doyen, associations, enseignants, avocats, Tunisiens, Belges ou Français, et même certains membres de l’opposition tunisienne. Face à eux, des femmes en voile intégral pour la plupart, et des hommes venus défendre les étudiantes. Quelques échanges vifs ont eu lieu notamment entre un défenseur du niqab et une femme venue soutenir le doyen qu'il soupçonnait de ne pas être musulmane.

Mais dans l'ensemble, les échanges entre les deux camps ont été rares. Le ton est monté rapidement, car ici on ne discutait plus de cette histoire de gifle ou de bureau saccagé, mais de vision de la société tunisienne, « pour ou contre le niqab en cours ». rfi

 

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Affaire « Ayoub Messoudi »

La peine d’Ayoub Messaoudi multipliée par trois plus un bonus

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La cour d’Appel au Tribunal militaire de Tunis a alourdi la peine pour Ayoub Messaoudi, ancien conseiller démissionnaire auprès du président provisoire de la République, après avoir été condamné en première instance, à 4 mois de prison avec sursis. 

La Cour a augmenté la peine qui passe de quatre mois à douze mois de prison avec sursis ( multipliée 3 fois ) et émis des sanctions complémentaires à savoir la privation de l’accusé de toute éventuelle décoration, de port d’armes et d’emploi au sein de la Fonction publique.

Messaoudi est accusé d’avoir fait des déclarations qui portait atteinte au moral de l’armée.

Rappel des faits

Ayoub Messaoudi, un ex-conseiller du président provisoire Moncef Marzougui est jugé pour diffamation de hauts responsables de l’armée, a dénoncé un procès « politique », y voyant un combat « entre la liberté et le despotisme ».

Messaoudi avait estimé en première instance que ce procès et son interdiction de voyager visaient à l’ »empêcher de dévoiler des réalités qui peuvent déranger beaucoup de responsables » tunisiens.

Les plaintes pour diffamation ont été déposées par le chef d’état-major des armées, le général Rachid Ammar, et le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi.

Le prévenu les avait accusés le 15 juillet lors d’une émission télévisée de « trahison d’Etat » pour ne pas avoir informé le chef de l’Etat Moncef Marzouki de l’extradition vers la Libye fin juin de l’ex-Premier ministre libyen, Baghdadi al-Mahmoudi.

Me Layouni et son client ont aussi estimé que le procès ne pouvait être impartial étant donné qu’il avait lieu devant un tribunal militaire.

« La justice militaire n’est pas neutre, la justice militaire est une justice politisée », a déclaré l’avocat, notant par ailleurs que « le général Ammar n’est pas au-dessus de la critique ».

L’armée « est juge et partie » dans cette affaire, avait relevé de son côté Messaoudi.

Le prévenu comparaît libre mais est interdit de sortie du territoire. Il risque trois ans de prison ferme pour « dénigrement de l’institution militaire » et deux ans pour « diffamation ».

L’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch, a pour sa part dénoncé ces poursuites. « Le droit de soumettre les fonctionnaires publics à la critique est un des éléments les plus élémentaires de la liberté d’expression », a souligné l’organisation.

Elle demande dès lors que soient abolies les lois pénalisant la diffamation, la critique de l’armée et la législation permettant qu’un civil soit jugé par un tribunal militaire.

L’affaire de l’extradition de Baghdadi Mahmoudi ,ancien premier ministre du colonel Kadhafi , avait provoqué une crise au sein de la coalition au pouvoir dominée par les islamistes d’Ennahdha.

Marzougui, issu du parti de centre-gauche Congrès pour la République, était opposé à cette extradition précipitée, estimant que Mahmoudi, n’était pas sûr de bénéficier d’un procès équitable en Libye.

Le chef du gouvernement, Hamadi Jbèli, issu d’Ennahdha, était passé outre ce refus et avait autorisé le transfèrement du prisonnier.

Selon Messaoudi, le général Ammar et le ministre de la Défense, qui étaient au courant des intentions du chef du gouvernement, auraient dû prévenir Marzougui, qui en tant que président ,même provisoire ,est chef des armées. http://www.tunisiefocus.com/politique/

 

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Messaoudi dénonce "un nouveau régime dictatorial"

L'ex-conseiller du président tunisien Marzouki, poursuivi devant la justice militaire, dénonce l'hégémonie du parti islamiste Ennahda

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L'ancien conseiller du président tunisien Moncef Marzouki, Ayoub Messaoudi, qui devait être entendu devant un tribunal militaire jeudi 30 août dans le cadre de poursuites pour diffamation, dénonce une affaire politique et l'hégémonie du parti islamiste Ennahda sur la société et les institutions tunisiennes.

 

Pourquoi êtes-vous poursuivi par la justice militaire tunisienne ?

- Je suis poursuivi pour des propos que j'ai tenus. Je vais vous raconter les événements tels qu'ils se sont passés. J'étais conseiller principal auprès du président Moncef Marzouki jusqu'au 28 juin dernier, date à laquelle j'ai annoncé ma démission. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est l'extradition de l'ex-Premier ministre libyen Bagdadi al-Mahmoudi, qui s'est faite à l'insu du président de la République, depuis une caserne militaire à Tunis. Moncef Marzouki était totalement opposé à cette extradition pour des raisons humanitaires mais aussi politiques et sécuritaire. Ce jour-là, le président était à bord d'un hélicoptère militaire pour des visites de zones militaires frontalières notamment avec le chef d'état-major des armées, le général Rachid Ammar, et le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi. Or les deux hommes étaient parfaitement au courant de tous les détails de l'extradition, au courant que le président ignorait cette extradition et qu'il y était opposé. Ils ont caché ou ont omis d'informer, le chef des armées de cette extradition, accompagnant le président toute la journée sans l'informer. Et nous avons appris cette extradition, le 24 juin, par une fuite dans les médias.

J'ai démissionné à la suite de cette affaire car, pour moi, ces fautes n'étaient plus admissibles. Je ne pouvais plus les assumer. Le président de la République a perdu toute initiative politique et ne peut plus faire face à l'hégémonie du parti islamiste Ennahda qui est en train de mettre la main sur les institutions de la République.

J'ai demandé à ce qu'au moins le ministre de la Défense soit limogé ou que le chef de l'armée Rachid Ammar soit relevé de ses fonctions ou placé en retraite anticipée. Mais mes suggestions sont restées lettre morte.

Le 15 juillet, j'ai donc décidé de parler car je trouvais cette affaire révélatrice de l'état de décomposition de l'Etat. Et je suis désormais poursuivi pour avoir raconté cet épisode.

 

Comment ces poursuites ont-elles été entamées contre vous ?

- On constate une confusion entre le parti Ennahda et l'Etat, comme il y avait une confusion avant la chute de Ben Ali entre le RCD et l'Etat. J'ai donc expliqué à l'opinion publique ce qui s'est passé. J'ai cité nommément le chef de l'armée Rachid Ammar et le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi, qualifiant cette extradition de trahison d'Etat.

Le 20 juillet, le gouvernement a publié un communiqué condamnant mes propos et me menaçant de poursuites judiciaires. Mes amis ont commencé à m'appeler pour me dire de ne pas rentrer de France où vivent ma femme et mes enfants avec lesquels je passais un peu de temps. Mais ma place était en Tunisie où je suis rentré le 9 août, date du début des mouvements sociaux à Sidi Bouzid. Je me suis rendu dans cette ville le 11 pour essayer de comprendre ce qui se passait et le 12 j'ai publié un article intitulé "Sidi Bouzid et la mafia" où j'explique que l'Etat profond n'a pas été renversé le 14 janvier, les racines du système étant conservées. Seule la tête du régime – le clan Ben Ali – étant sacrifiée.

Je pense que le fait que je vienne du système a fait craindre que mes propos aient plus d'impact auprès de la population. Le 15 août le bureau politique de mon ancien parti, le CPR, s'est réuni pour geler mon adhésion, Rachid Ammar a été entendu par le tribunal militaire, et, le même jour, le juge a décidé de m'interdire de voyage. Tout ceci au lendemain de ma deuxième visite à Sidi Bouzid, au lendemain de la publication de mon article et mes interventions à la radio où j'expliquais que les racines de l'ancien régime sont toujours là, qu'on a trahi la révolution.

Toute cette affaire est politique. On a essayé de me pousser à me rétracter, mais comme je l'ai déjà dit à beaucoup de journalistes, jamais je ne reculerai, j'assume tous mes propos malgré les pressions et intimidations. C'est un long combat qui s'annonce.

 

Comment expliquez-vous que le président Marzouki ne vous défende pas ?

- Je pense que non seulement lui mais aussi le parti politique auquel j'ai appartenu a abandonné le combat, abandonné la révolution. Une forte envie de pouvoir s'est emparée d'eux. La priorité du président ou du bureau politique du CPR est de garder de bonnes relations avec Ennahda parce qu'ils considèrent que le CPR n'a pas une base populaire suffisante pour faire face à Ennahda ou Nida Tounes qui est en fait l'ancien RCD reconstitué [NDLR: RCD, ancien parti de Ben Ali]. Ils se considèrent comme un petit parti trop faible pour faire face à ces deux partis que je qualifie de cholera et de peste.

Un des ministres CPRiste m'a d'ailleurs expliqué que le moyen le plus intelligent est de trouver sa place aujourd'hui avec Ennahda pour ne pas les laisser gouverner seuls. Ce qui est triste c'est qu'à l'époque de Ben Ali il y avait des partis politiques qui tenaient ce même discours, ils affirmaient que face à un régime aussi puissant il fallait essayer de réformer de l'intérieur en se liant à lui. Mais on a vu à quelle catastrophe cette philosophie nous a menés. Aujourd'hui, ils font les mêmes erreurs : ils décorent un désert démocratique, le meublent et servent d'alibi laïc à un nouveau régime dictatorial, théocratique. J'ai peur qu'une révolution éclate, une révolution plus violente et sanguinaire. Ces trois partis politiques se sont écartés de la révolution et de ses objectifs et sont en train de tout faire pour s'éterniser au pouvoir.

 

Vous parlez d'hégémonie d'Ennahda. N'est-ce pas un peu excessif ?

- Une troïka est au pouvoir dont un parti dominant : Ennahda. En tant que membre du CPR, membre de cette troïka, j'observe un détournement de la révolution et un détournement de l'accord implicite conclu entre ses partis pour gouverner sur la base du consensus, de la consultation mutuelle et du dialogue. On assiste aujourd'hui à une hégémonie d'Ennahda sur les deux autres partis. Il s'agit d'une trahison de la révolution.

Cela a commencé très tôt. En janvier, je crois, la présidence avait – déjà – appris par la presse la nomination de gouverneurs en majorité de Ennahda, de directeurs généraux d'administrations ou d'institutions qui étaient tous choisis en fonction de leur appartenance politique et de leur allégeance à Ennahda. Ce sont des choses qu'on vit tous les jours: ces dernières semaines ce sont les médias publics qui se sont vus nommés de nouveaux directeurs.

Ennahda verrouille également toutes les commissions en vue des élections ou de la réforme de la magistrature à laquelle le parti islamiste a dit qu'il était opposé. Certains journalistes sont aussi menacés de mort, subissent des intimidations quotidiennes dans leur travail… Ennahda essaye de soumettre le peuple tunisien pour servir son propre agenda politique et anéantir tout espoir de résurrection de la révolution. tempsreel.nouvelobs

 

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Précisions du directeur de la justice militaire

Le bureau du procureur général de l'Etat près la Direction de la justice militaire a assuré, jeudi, que la décision de lever l'interdiction de voyage qui pèse sur l'ancien conseiller du président de la République Ayoub Messoudi, « est désormais du ressort de la chambre correctionnelle de la Cour d'appel militaire en charge de l'affaire ».

 

« Pour accélérer la levée de cette mesure d'interdiction sans attendre que la Cour d'appel militaire statue sur l'affaire, la défense de Messoudi aurait du en formuler la demande auprès dudit tribunal », précise un communiqué signé par le procureur général de l'Etat, directeur de la justice militaire, Marouane Bouguerra. Et d'ajouter « la question a été expliquée, d'un point de vue juridique, à Ayoub Messoudi et à son avocat qui ont été invités à adresser une demande au président de la chambre correctionnelle de la Cour d'appel militaire pour demander la levée de l'interdiction de voyage, ce qui n'a pas été fait ».

« L'intéressé veut passer pour une victime et faire croire à l'opinion publique que la justice est abusive », a jugé le procureur général, estimant que « le but est de susciter une polémique, de servir un agenda politique et transformer le dossier en une affaire d'opinion ». Le comité de soutien de Ayoub Messaoudi avait déclaré, lors d'une conférence de presse, mercredi, que son procès, déféré devant la justice militaire, est « une affaire purement politique ». 

 

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Saida Agrebi d’Ankara à Paris

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Saïda Agrebi a tranquillement quitté la Turquie en direction de la France dans la soirée du jeudi dernier, sans être inquiétée outre mesure. Elle a même eu le temps de poser pour une photo souvenir, en compagnie du Premier Ministre turc, M. Reccep Tayyip Erdogan.

Saïda Agrebi a participé, à Ankara, à la conférence internationale sur «les politiques sociales et la famille», au cours de laquelle elle a prononcé un discours, et a reçu, comme à la «belle» époque, un prix en tant que vice-présidente de l'organisation internationale de la famille.

Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à la délégation tunisienne, qui  s'est retirée mercredi des travaux de la conférence en signe de protestation. Le juge d'instruction auprès du tribunal de première instance de Tunis avait émis un mandat d'amener à l'encontre de Saïda Agrebi pour son implication dans des affaires de corruption financière lors de sa présidence de l'association tunisienne des mères.

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Saida Agrebi, première à droite

Le conseiller du ministre de la justice Faouzi Jaballah dont les propos ont été rapportés par l’agence Tap a cependant affirmé «une fois informée de la présence de Saïda Agrebi en Turquie, le 2 janvier, la Tunisie a rapidement engagé les mesures diplomatiques et juridiques requises et appelé les autorités turques à appliquer le mandat d'amener international émis à son encontre depuis août 2011». M. Jaballah souligne ainsi que «La Tunisie a demandé aux autorités turques d'extrader Saïda Agrebi».

Sauf que la suite, on la connait. Et elle ressemble étrangement à celle donnée à l’histoire des vacances de Sakher El Materi, dans les îles paradisiaques des Seychelles. Sauf que l’on aurait pu imaginer (manifestement à tort) une plus grande entente avec les autorités turques. Las. mag14


 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 16:36

 

 

 

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Nejib Chebbi révèle la teneur de sa réunion avec Rached Ghannouchi

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Ahmed Nejib Chebbi est revenu ce vendredi sur Mosaïque sur sa réunion hier jeudi 03 janvier avec Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha. Le président du haut comité politique du parti alJoumhouri a déclaré que c’est sa première rencontre avec Cheikh Ghannouchi depuis la révolution tunisienne, il y a deux ans, et a confirmé que cette entrevue est intervenue à la demande de ce dernier,  avec qui il dit avoir de bons rapports personnels  depuis de longues années.  

Nejib Chebbi a fait état de la convergence de points de vue entre Ghannouchi et lui-même quant aux dangers  qui guettent la transition démocratique en Tunisie, et a dit avoir présenté au cheikh sa vision pour une sortie de l’impasse, soit notamment l’élaboration d’une feuille de route et d’un calendrier définitif pour l'organisation des prochaines échéances électorales, et la clarification des questions en suspens. Il a indiqué que Rached Ghannouchi lui a assuré que la constitution ne pose plus de problèmes, et que le régime semi-présidentiel est retenu. 
 
S’agissant de la participation d’alJoumhouri au prochain gouvernement, en vertu du remaniement attendu, Me Chebbi s’est dit personnellement peu enclin à occuper un portefeuille ministériel, en l’état actuel, réfutant que des postes ministériels lui aient été proposés à lui ou à son parti. Il a souligné néanmoins avoir fait savoir au président d’Ennahdha la position d’al-joumhouri envers le prochain remaniement. Son parti serait prêt à participer au nouveau gouvernement dans deux éventualités : "soit la formation d’un gouvernement de compétences restreint loin de toute appartenance partisane, soit la formation d’un gouvernement d’unité nationale avec la participation de tous les partis politiques représentés à l’ANC, sans exclusion". A défaut, al-Joumhouri ne participera pas à un gouvernement dont la coalition s’élargira à quelques partis, et qui ne sera, selon ses dires, qu’un "rafistolage". 

Le dirigeant d’al-Joumhouri suggère qu’un dialogue soit conduit par le président de la République ou le chef du gouvernement avec les partis présents à l’ANC autour de cette question.  

Au sujet du front électoral qui sera constitué entre al-Joumhouri, Nida Tounes, al Massar..., il a souligné que le principe d’un tel front est retenu, mais les détails n’ont pas été précisés. Il a affirmé ne jamais avoir évoqué la question de la candidature aux présidentielles avec le président de Nida Tounes, Béji Caïd Essebsi. gnet.tn

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 05:23
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 00:36

L’imam Houcine Laabidi récidive et fait une razzia sur la Khaldounia 


 

Coutumier des coups de force, l’imam de la pourtant très vénérée Mosquée Ezzitouna, vient de faire une razzia sur l’espace de La Khaldounia, au cœur de la Médina de Tunis, pour s’en emparer des locaux, avec l’aide d’une cinquantaine d’ouailles convertis, pour les besoins de la cause, en hommes de main.

L’espace abrite les locaux et les mobiliers de l’Association tunisiennes d’études internationales et l’Association des anciens d’Ibn Charaf, dont les occupants ont été expulsés manu militari par les assaillants.

Le prédicateur, la conquête des lieux consommée, a ordonné à ses compagnons de changer les serrures de La Khaldounia.

L'avocat Mohsen Hamdi, vice-président de l'association des anciens d'Ibn Charaf a porté plainte contre le cheikh au poste de police d'El Kasbah pour occupation irrégulière des propriétés d'autrui.

Mohsen Hamdi a par ailleurs signalé que Cheikh Hassine Laabidi a agressé verbalement le président de l'association, Fathi Kasmi et a ordonné de le chasser en dehors du siège d'Al Khaldouneya au vu et au su de tous les passants et de tous les commerçants de "Souk El Attarine". africanmanager

 

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 Qui pourra arrêter Houcine Labidi?


http://www.leaders.com.tn/uploads/content/thumbnails_720-540/20130103104644__houcine-laabidi-4.png

 

Le très controversé cheikh de la mosquée de la Zitouna Houcine Labidi fait, encore une fois, parler de lui. Accompagné d’une cinquantaine d’hommes de main, le théologien a jeté mercredi son dévolu sur la Khaldounia, au cœur de la médina de Tunis, la Khaldounia, ancienne Madrassa cédée depuis des années par la municipalité de Tunis à l'Association tunisienne d’Etudes internationales, dont il a délogé les occupants sous la contrainte et l’intimidation. Prestexte invoqué : La Khaldounia avait appartenu un jour, quoique très lointain, au patrimoine de la Zitouna.

 

Le fougueux octogénaire est allé jusqu’à violenter le président de l’association des anciens d’Ibn Charaf, Fethi Guesmi, ordonnant ensuite à ses nervis de le « jeter dehors », ce qu’ils ont fait sous le regard médusé des commerçants et clients du Souk El-Attarine. Sur ce, l’imam autoproclamé de la Zitouna a quitté les lieux comme si rien n’était, non sans avoir fait remplacer les serrures du local qu’il venait de s’approprier de fait. Début août dernier, le théologien-Rambo avait recouru au même mode opératoire pour s’approprier le monument religieux le plus prestigieux au Maghreb, en l’occurrence la vénérable Mosquée de la Zitouna dont il avait fait changer les serrures et gardé les clés.

 

Arrêté dans cette affaire et placé en garde à vue à la suite d’une plainte du ministère de tutelle, mais, deux semaines après, un tribunal l’a relaxé pour… vice de forme.

 

A la mi-juin, le même ministère des Affaires religieuses avait tenté en vain d’appliquer une décision administrative interdisant au président du Comité scientifique de la mosquée de la Zitouna de pratiquer l’imamat ni à la Zitouna ni dans aucune autre mosquée. Pourtant, le motif de la sanction était gravissime : dans son prêche du vendredi juste après la violente attaque salafiste contre une exposition d’art à l’espace d’Al-Abdellia à la Marsa, il avait appelé ni plus ni moins à liquider physiquement les artistes, à ses yeux apostats.

 

Cheikh Houcine Labidi n’en est donc pas à sa première frasque et l’Etat n’a rien pu faire contre lui. La question qui se pose maintenant est de savoir qui pourra l’arrêter...leaders.com


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Défense de la culture en Tunisie contre l'islamisation rampante

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En réduisant le budget de la culture et en augmentant celui des affaires religieuse, le gouvernement islamiste essaie de marginaliser les arts et la culture et développer les initiatives mêlant religieux et politique.

 

Tout en punissant ainsi la culture, la «troïka» au pouvoir renforce la mainmise des religieux sur les lieux cultuels et de cultes et oublie que la Tunisie culturelle est la seule carte de visite de la Tunisie.

Dans le budget 2013 présenté pour délibération à l'Assemblée nationale constituante (Anc), la réduction catastrophique du budget du ministère de la Culture à 0,38%, soit 50% en moins et l'augmentation de celui du ministère des Affaires religieuses ( +13% ) traduit des orientations claires: affaiblir encore plus une politique culturelle, déjà à la dérive, pour rendre encore plus précaires la vie des artistes, mais cela signifie aussi que ce ministère a du mal à défendre des orientations en faveur des arts et de la culture et pour la promotion d'une culture ouverte, avec des artistes créatifs qui s'expriment, enfin, librement.

Des salafistes attaquent des artistes devant le théâtre municipal de Tunis, en mars 2012

Des salafistes attaquent des artistes devant le théâtre municipal de Tunis, en mars 2012.

 

La mainmise du cultuel sur le culturel

Au lieu d'être le défenseur des artistes, le gouvernement a, à maintes reprises, montré sa défiance et sa méfiance vis-à-vis de cette vague culturelle post-révolutionnaire, en phase avec la société civile, créative, débrouillarde, peu soutenue mais active. Il a vilipendé les artistes et donné des arguments aux défenseurs du sacré, principaux bénéficiaires, aujourd'hui, d'un arbitrage budgétaire en faveur de ceux qui se sont accaparés du monopole du cultuel/culturel pour formater, à leur manière, la société, les jeunes et l'enfance.

Peut-on parler de révolution en Tunisie sans parler de culture et sans tenir compte de la volonté populaire de décentralisation culturelle? Ou en ignorant l'émergence des expressions culturelles multiples?

Face à l'occupation systématique des espaces cultuels et religieux par les groupes les plus hostiles au travail artistique et à la création, la volonté du gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha est de mettre la culture au pas. Il s'agit d'une démarche idéologique et politique cohérente, qui veut promouvoir un discours faussement identitaire, combattre les espaces de création, les modes d'expression de la jeunesse, marginaliser les créateurs qui combattent la dérive obscurantiste et le repli identitaire.

Cette politique, subie par le ministre de la Culture, sans réaction, vise de fait, la marginalisation des arts et de la culture et appuie le développement d'initiatives qui mêlent religieux et politique.

Tout ceci donne une autre image de notre pays et favorise la médiocrité, comme nous l'avons vu lors de la Foire du livre de Tunis 2012 (devenu un salon du livre islamique), transformé en espace de vente de la littérature de bas étage et de produits divers de la nébuleuse islamiste («bkhour», «qamis», foulards et charlatanisme en tout genre). C'est donc une autre Tunisie que l'on essaie de promouvoir, certainement pas celle que nous défendons.

Le régime de Ben Ali s'est accaparé de tous les symboles de notre culture millénaire. Il a favorisé la culture du «taqfif» (propagande) et mis au ban les acteurs culturels qui résistaient à cette vague.

Etouffement par l'argent des acteurs culturels

Face à cette attaque en rège du secteur de la culture, l'objectif politique est de toucher ce secteur turbulent dans ses moyens et financements, déjà limités. Il s'agit pour ce gouvernement d'affirmer un type de rapports à la culture, et ce par son arbitrage budgétaire, qui met en œuvre une tentative d'étouffement par l'argent des acteurs culturels et des structures en crise qui offrent encore aux artistes le moyen de créer, de présenter leurs travaux et de produire.

Accepter cet état de fait, et c'est déjà la mort annoncée de la politique culturelle souhaitée après la révolution: décentralisation de la culture, reconnaissance de toutes les formes d'expression, fin du népotisme et de la corruption dans le domaine des arts et de la culture, restructuration du ministère de tutelle par l'arrêt du fonctionnement bureaucratique, défense des artistes et de leurs libertés, développement d'une politique de défense et de protection du patrimoine, éducation artistique dans les établissements scolaires, reconnaissance des droits d'auteur, aide à l'édition nationale et projets de développement de la lecture pour tous, appui aux cinéastes, aux peintres, aux photographes, reconnaissances des arts émergents post-révolutionnaires...

Plus que jamais, nous devons nous mobiliser et mobiliser tous nos ami(e)s et tous les artistes et intellectuels à travers le monde pour alerter sur la politique dégradante faite à la culture, aux acteurs culturels qui ont joué et jouent un rôle important de défense de la culture tunisienne ouverte au monde, à l'intelligence et aux droits fondamentaux de l'homme.

Après les accusations des artistes tunisiens «d'atteinte au sacré», après les multiples agressions qui ont visé des comédiens, des intellectuels et des défenseurs de la culture, les ennemis de la Tunisie culturelle ont fini par manipuler une partie de la population par des appels à la haine des artistes impi(e)s dont certains autorisant clairement l'assassinat des artistes.

Désormais, avec la réduction drastique et scandaleuse du budget du ministère de la Culture, il s'agit de réduire à la portion congrue la création et la production culturelle, de remettre en cause les fondements de l'Etat civil en s'attaquant à la politique culturelle comme un élément du développement humain et comme un vecteur important du rayonnement de la Tunisie dans sa diversité.

La situation est grave et nouvelle pour la Tunisie post-indépendance. Les orientations du gouvernement actuel traduisent aussi sa volonté de confondre cultuel et culturel et de façonner le Tunisien «nouveau», replié sur lui-même, refusant les autres peuples, les civilisations et les cultures humaines, drapé de plus en plus d'un discours identitaire qui honnit les artistes, la modernité, promeut l'uniformisation de nos goûts, de nos cultures culinaires et vestimentaires.

Tout en punissant ainsi la culture, la «troïka» au pouvoir renforce la mainmise des religieux sur les lieux cultuels et de cultes et oublie que la Tunisie culturelle est la seule carte de visite de la Tunisie.

Devant la gravité de la situation du ministère de la Culture, et face à des annonces de réductions budgétaires intolérables pour un pays qui rayonne à travers sa culture et ses créateurs, nous réclamons au moins 1% du budget pour la culture et l'arrêt de la confusion entretenue entre cultuel et culturel.

La Tunisie post révolutionnaire est culturelle avant tout. Le ministre de la Culture se doit de relever ce défi. Notre pays à travers son histoire, son patrimoine, ses cultures diverses et régionales, son appartenance au monde arabe et méditerranéen, a besoin d'une image de pays ouvert, accueillant et créatif.

Non au repli identitaire! Non aux menaces qui pèsent sur la culture!

La culture relève du ministère de la Culture et non de celui des Affaires religieuses, c'est le seul moyen pour défendre l'Etat civil et la culture pour tous et chacun.

Par Hédi Chenchabi, Président de l'association culturelle Aidda (France) kapitalis

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 19:20
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 17:01

Redeyef : Grève générale ce jeudi relative aux martyrs du Bassin minie”


 

 

http://www.tunivisions.net/images/articles/TNV20170300.jpg

 

Une grève générale en signe de protestation contre la non-inclusion des martyrs du bassin minier en tant que bénéficiaires du décret-loi 97 relatif à l'indemnisation des martyrs et blessés de la Révolution, a été déclenchée dans la région deRedeyef relevant du gouvernorat de Gafsa, ce Jeudi 3 Janvier.


A ce sujet, le syndicaliste, Adnène Hajji, intervenant sur les ondes de Mosaïque FM, a mis en garde le gouvernement contre le danger de cette décision, en indiquant que les victimes des évènements du bassin minier sont eux aussi des martyrs de la révolution. tunivisions

 

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Bassin minier : histoire du soulèvement de 2008 par Adnène Hajji

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Redeyef, le ras-le-bol des sit-in

 

 

Il y a quatre ans, des milliers de Tunisiens ont lancé la première pierre contre le régime dictatorial de Ben Ali. C’était à Moularès, à Metlaoui, à Gafsa, et surtout à Redeyef. Les Tunisiens du bassin minier se sont soulevés pour défendre des revendications, selon eux, «éternelles» mis qui semblent toujours d’actualité un an après la révolution.

 

Les habitants de Redeyef ne comptent plus les soulèvements: La révolution a dure depuis six mois, un an, quatre ans … ou même pour certains,un siècle. La pauvreté, la marginalisation et la souffrance (depuis la création de la Compagnie des Phosphates de Gafsa en 1898) sont devenues leur quotidien. La ville tire sa richesse de sa production de phosphates. En 2008, la révolte sociale avait contesté les modalités du concours de recrutement à la CPG et le chômage croissant dans la région. Le mouvement avait été entériné six mois plus tard et pourtant, le 5 janvier 2012, au local de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens à Redeyef, la commémoration du soulèvement de 2008 résonne encore dans le contexte actuel. Devant une foule attentive, Adnene Hajji, porte parole du mouvement du bassin minier à Redeyef, prononce son discours.

«Pas question de négliger un seul point de nos revendications légitimes! Le nouveau gouvernement n’a plus le choix! Il doit nous écouter!  Peuple de Redeyef! Vous qui avez fait les premiers pas de cette révolution tunisienne ! Il est temps que vous récoltiez les fruits de ces années sèches, rudes et tristes de pauvreté et de souffrance!» Des applaudissements jaillissent de toute part, accompagnés par  le célèbre slogan «Fidèles ! Fidèles au sang des martyrs !».

Peu de temps après, deux voitures luxueuses arrivent. C’est le nouveau ministre des affaires sociales, Khalil Zaouia, qui vient pour sa première visite en tant que ministre à Redeyef. Sans protocole, ni garde du corps, le ministre prend le même micro que Adnen Hajji et s’adresse au public. «Nous allons trouver des solutions rapides et efficaces à tous les problèmes de Redeyef… Du chômage, à l’éducation passant par la santé… nous allons constituer un comité permanent qui va étudier les dossiers…» explique le ministre en rappelant qu’il était parmi les premiers membres du comité de soutien des militants du bassin minier en 2008.

"Redeyef 2008, notre cause"/"Redeyef 2011 notre cause: parti politiuqe, parti politique, parti politique"

Avant de rentrer, Khalil Zaouia s’est entretenu avec Adnen Hajji et un représentant de la CPG, au cours d’une réunion de travail pour discuter la possibilité d’arrêter le sit-in des chômeurs de Redeyef qui a duré plus de six mois dans les locaux de la Compagnie des Phosphates. «Il est venu pour ça ! Pour nous persuader qu’il faut arrêter le sit-in, ni plus ni moins … et en contre partie ? Que des promesses !! Y en a marre des promesses !!» nous confie, Omar Maghzaoui, l’un des jeunes sit-inneurs en sortant des locaux de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens où se déroulait la réunion à huit clos avec le ministre.

Omar a 23 ans. Il est fils d’un ancien minier retraité qui touche 120 dinars (60 euros) par mois  Malgré son diplôme de technicien supérieur en maintenance industrielle et son statut de fils d’un minier retraité (qui selon le règlement interne de la CPG, favorise l’embauche), Omar n’a pas réussi à intégrer la compagnie. «Nous avons tout essayé. Nous avons envoyé des fax tous les jours à la CPG. Nous avons essayé de rencontrer le gouverneur, puis le délégué de l’Etat, puis même la police … personne n’a voulu nous écouter… le syndicat à travers Adnen Hajji a essayé de négocier avec la compagnie… mais sans résultat. Nous n’avions plus aucun ressort et c’est pour cette raison que nous avons entamé le sit-in… » explique Omar très en colère du ministre des affaires sociales qui, d’après lui, n’a pas voulu parler avec lui et les jeunes du sit-in.

Dans les rues sèches et poussiéreuses de Redeyef, la rumeur a commencé à circuler : «le ministre a convaincu Adnen d’arrêter le sit-in…».  Même les journalistes ont relayé l’information avant de vérifier. Après deux jours, la réponse est claire, le sit-in paralyse l’activité de la ville, mieux vaut trouver une alternative : «nous n’allons pas arrêter le sit-in. C’est juste une suspension d’un mois. Nous voulons adresser par cette suspension un message au gouvernement et au peuple tunisien : nous voulons bien croire aux promesses et nous voulons tourner la page…maintenant c’est aux responsables de la CPG et au gouvernement de jouer…» explique Adnen.

 

C’est ainsi que les sit-inneurs ont décidé de donner une chance au nouveau gouvernement pour trouver des solutions et répondre aux demandes qui ne datent pas du 14 janvier mais d’au moins quelques dizaines d’années. En réalité, les chômeurs en sit-in portent avec eux des demandes qui concernent toute la région du bassin minier comme la régularisation de la situation des retraités prématurés qui attendent une indemnisation depuis des années. Ou comme le dédommagement des familles des martyrs et blessés de 2008 et de 2011 (d’après les militants de Redeyef, la Compagnie des Phosphates est impliquée dans le payement des policiers qui ont tiré sur les foules lors des manifestations). D’autres éléments témoignent d’une crise qui s’étend avec le financement du développement de la région qui souffre d’un manque flagrant d’infrastructures pour l’éducation, la santé, la culture, le sport et le loisir … sans oublier les victimes des accidents de travail abandonnées aussi à leur sort. La ville compte 62% de chômeurs diplômés, une école et une salle de fête pour environ 27 000 habitants.

 

Devant ces revendications, la Compagnie des Phosphates garde ses portes fermées devant toute négociation depuis plusieurs mois. Quelques sources proches de la direction affirment que Kais Dali, le PDG de la compagnie, avait l’intention, juste après la chute de l’ancien régime, de régler la situation des chômeurs et d’engager plusieurs projets dans la région pour le développement et la santé. «Après quelques mois, Kais Dali a confié à l’un de nos camarades que d’autres têtes dans le gouvernement provisoire de Béji Caïd Sebssi bloquent la concrétisation de ses promesses.» nous a affirmé un des militants du bassin minier.

Ce blocage semble aussi être accompagné aussi par une large compagne médiatique qui met l’accent sur les pertes de l’Etat en exportation de phosphate causées par le sit-in. Ces pertes sont évaluées à 900.000 dinars par jour. «Une raison de plus pour maintenir le sit-in. Si la CPG avance ces chiffres hallucinants comme pertes, quoi dire alors d’une centaine d’années de production et de gain ? Cela veut dire qu’une petite partie de ces sommes, qui pourrait bien exister, peuvent résoudre tous les problèmes de la région. Cela montre surtout que ce blocage n’est pas dû à un manque de moyens mais plutôt à une politique corrompue basée sur le favoritisme.» explique Adnen Hajji en martelant la table du syndicat avec sa main.

D’ici un mois, Redeyef et toute la région du bassin minier, resteront dans l’attente qui dure depuis des années. Entre désespoir et révolte, le destin du bassin minier ne semble pas avancer vers les idéaux de dignité et de liberté promis par la Révolution. Mais la question qui domine au sein des chômeurs reste encore en suspens: le gouvernement actuel, est-il capable de changer le destin du Sud tunisien?

Henda Hendoud

Adnen Hajji, porte parole des sit-inneurs de Redeyef avec quelques jeunes chômeurs du Sit in dans les locaux de l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens

La ville de Redeyef lors du soulèvement de 2008 ...  

blog.slateafrique




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Kasserine 

 

Près de 500 citoyens ont pris part ce jeudi 3 janvier à une marche de protestation contre la marginalisation de la région de Kasserine, et les promesses non tenues.

La marche est partie vers 10h30 de la place des martyrs de Kasserine, et a rassemblé des composantes de la société civile de tous bords politiques et de tous âges. Elle entre dans le cadre de la "semaine de colère", et intervient en plein milieu du festival du martyr (1er-8 janvier 2013). shemsfm

 


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L’Armée nationale ferme et sécurise l’Usine de cellulose à Kasserine

 

L’armée tunisienne a procédé à la fermeture de l’usine de cellulose appartenant à la Société Nationale Tunisienne de Cellulose, le lundi 31 Décembre 2012, après avoir fait évacuer tout son personnel qui observait une grève depuis plus de 7 jours.


http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/022.jpg

 

Cette initiative a été entreprise dans le but de sécuriser l’usine et ses installations, sachant que les dépôts contiennent des produits chimiques dangereux, dont le ”gaz de chlore”.  Les unités de l’armée ont mobilisé des ”rondes” autour de l’enceinte extérieure de l’usine implantée sur près de 40 hectares en plein centre ville de Kasserine, non loin de la caserne militaire. juralib.noblogs


 

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Kasserine - Une grève qui menace de durer

Le personnel de la Société nationale de cellulose et de la pâte d'alfa à Kasserine poursuivait encore, hier, leur grève entamée depuis une semaine, pour protester contre «le refus du ministère de l'Industrie de satisfaire leurs revendications».

Le secrétaire général du syndicat de base de l'entreprise, Mohamed Ali Bouazizi, a indiqué, dans une déclaration à la correspondante de l'agence TAP à Kasserine, que ces revendications portent sur l'octroi d'une «indemnité de chlore» en raison des risques encourus avec l'utilisation de ce produit, la restructuration de l'entreprise, le paiement de ses dettes par l'autorité de tutelle, «comme elle l'a fait avec l'entreprise El Fouledh de Menzel Bourguiba (gouvernorat de Bizerte)». Il a ajouté que la grève va se poursuivre jusqu'à la satisfaction des revendications des agents et des employés de la société.

La correspondante de l'agence TAP a cherché à connaître le point de vue de la direction de l'entreprise concernant cette grève qui a paralysé complètement la production, mais le directeur des affaires administratives de la société a refusé de donner des explications, alléguant qu'il n'a pas obtenu l'autorisation préalable du ministère de tutelle.

Les parties syndicales de Kasserine sont en train de tenir des réunions de négociations avec des responsables de la région en vue d'atteindre des solutions pouvant satisfaire tout le monde.

L'entreprise, créée en 1959, fournit 780 postes d'emplois permanents et environ 1.800 autres saisonniers, en plus des sources de revenus pour les ramasseurs d'alfa.

L'usine produit du papier d'impression et d'écriture, ainsi que la pâte d'alfa destinée totalement à l'exportation et qui est utilisée pour la production du papier à cigarette, du papier de qualité pour l'écriture et pour les industries électroniques, en tant qu'isolant, en plus des produits chimiques qui font partie de la panoplie de ses produits. http://fr.allafrica.com/stories/201301030768.html

 

 

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 01:44

Mohamed Abbou: 'Oui, le CPR a demandé le changement de Rafik Abdessalem

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http://www.kapitalis.com/images/abbou_abdessalem-riahi-4.jpg

L'auteure se propose d'analyser les raisons profondes qui ont justifié la révélation des affaires ''Sheratongate'' et ''Chinagate'' impliquant le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessaem.

 

De prime abord, le motif invoqué était une simple réaction à l'humiliation infligée à Moncef Marzouki, président de la république provisoire et président d'honneur du Congrès pour la République (CpR), membre de l'alliance gouvernementale, dont le budget (de la présidence de la république) fut rejeté, dans un premier temps, par ses partenaires d'Ennahdha à l'Assemblée nationale constituante (Anc).

Peu après, un argument plus consistant est avancé, à savoir la volonté du CpR d'évincer l'actuel ministre des Affaires étrangères pour ouvrir la voie à Hédi Ben Abbes, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères chargé des affaires de l'Amérique et de l'Asie et porte-parole du CpR.

Mohamed Abbou de plus en plus seul.

D'ailleurs, les tractations au sein de la Troïka butent, depuis plus de deux mois, entre autres, à cause de ce point, et cette affaire semble tomber au bon moment pour débloquer la situation. En réalité, les choses semblent beaucoup plus compliquées et le CpR a sans doute mal calculé son coup de force.

La fin justifie les moyens!

L'on se rappelle qu'en mai dernier, on a assisté au divorce retentissent du couple Mohamed Abbou-Abderraouf Ayadi. Ce dernier a été même sommé de quitter le siège du CpR sis à la rue Ali Darghouth à Tunis. Il s'ensuit une guerre verbale fratricide alimentée par les partisans des deux hommes.

Fin juin, M. Abbou, tout en démissionnant du gouvernement, parvient à gagner l'estime des Tunisiens en accusant le chef du gouvernement de laxisme en matière de lutte contre la corruption. Dispose-t-il déjà d'éléments du dossier du Sheraton? L'enquête le dira peut-être. Peu après, il sera élu de justesse n°1 du CpR. Il n'a donc pas démissionné pour rien! Plus encore, en avait-t-il le choix ?

Abderraouf Ayadi, le trouble-fête... .

Absolument pas, car M. Ayadi (toujours lui) s'est attelé, depuis janvier 2012, à restructurer le parti et à placer ses proches au niveau régional.

Dès lors, le dilemme pour M. Abbou consistait à choisir entre la perte du ministère «provisoire» ou du parti. Or, le gouvernement Jebali a montré ses limites depuis juin 2012 et M. Abbou a su quitter le navire à temps. Il se trouve aujourd'hui dispensé de rendre compte de sa gestion de la fonction publique, nonobstant les multiples promesses de lutter contre les fléaux qui rongent l'administration. La fonction publique ne s'est jamais aussi mal portée et absentéisme, retard, laisser-aller, faible productivité... sont légion. Pas étonnant que le classement de la Tunisie en matière de lutte contre la corruption se détériore si le ministre en charge de la fonction publique n'hésite pas lui-même à abandonner son poste dès lors qu'il est en désaccord avec son supérieur.

S'agissant de la réforme de l'horaire administratif, portée à bras le corps par l'ex-ministre, elle s'avère être un fiasco total et le chef du gouvernement n'écarte pas la possibilité de sa révision (son discours à l'Anc le 21 décembre dernier). L'Ugtt et une dizaine de gouvernorats l'ont dénoncée et revendiquent son abandon. Quelle veine M. Abbou?

Hedi Ben Abbes en embuscade.

En multipliant les accusations de corruption à l'encontre des fonctionnaires, il a tout simplement réussi à faire réagir – plutôt négativement – les agents de l'Etat. D'où les contre-performances de l'administration et l'inexécution d'une bonne partie du budget de l'Etat.

Plutôt double que quitte!

Politiquement parlant, l'entrée annoncée de M. Ayadi et Skander Rekik, qui vient de rejoindre le parti Wafa, au gouvernement (vraisemblablement aux postes de la Justice et Jeunesse et Sport), si elle aura lieu, serait un coup fatal au CpR qui, plus que jamais, serait catalogué comme un parti annexe d'Ennahdha à cause de ses concessions à répétitions. Ce qui provoquerait la chute de sa «popularité». La montée en puissance de Wafa qui, pour des raisons historiques, partage le même fond de commerce que le CpR, risque d'affaiblir davantage ce dernier menacé plus que jamais de marginalisation voire même d'implosion.

Mustapha Ben Jaâfar logne sur le Palais de Carthage.

Avant-hier, M. Abbou n'a pas caché, sur MosaïqueFM, que son parti renonce (sans doute après moult essais infructueux dans l'ombre) au poste stratégique de ministre des Affaires étrangères, vraisemblablement réservé à Samir Dilou, actuel ministre des Droits de l'homme et de la Justice transitionnelle, ou, éventuellement, à Néjib Chebbi, leader du parti républicain, dans l'espoir de l'éloigner de Nida Tounes et de dessiner le nouveau contour du paysage politique d'avant les élections.

Ainsi le CpR semble devenir le maillon faible de la Troïka, il paie chèrement son alliance contre-nature, qui semble conduire vers un divorce inéluctable, tant il est vrai que le rejet semble atteindre son paroxysme.

Le plus intriguant dans cette affaire c'est qu'Ettakatol, autre membre de la Troïka, bien qu'agonisant, semble mieux tirer son épingle du jeu. Ne vient-il pas de placer l'un de ses poulains, Elyes Fakhfakh, contre toute logique autre que partisane, au poste de ministre des Finances? Sans doute que le gourou d'Ennahdha, Rached Gannouchi, sait apprécier et récompenser le mutisme complice de Mustapha Ben Jaâfar, leader d'Ettakatol.

M. Abbou, avec seulement douze voix à l'Anc, n'a décidément pas les moyens d'imposer son diktat et forcer la main à Ennahdha.

Rien ne sera jamais comme avant

Suite à l'affaire du ''Sheratongate'', va-t-on assister à un déballage généralisé du linge sale de notre classe politique? Ou le mariage de raison se poursuivra-t-il avec plus de partenaires, plus d'antagonisme, plus de suspicions et de tiraillements au fur et à mesure que les échéances électorales s'approchent? Mais alors si rien ne va plus avec la Troïka, pourquoi ça irait mieux avec une coalition plus élargie?

Ce qui est certain c'est qu'aucune personne avisée ne pariera un seul centime sur le maintien du nouveau gouvernement pendant 100 jours, tant il est vrai que nos politiques semblent en totale coupure des attentes réelles des citoyens.

Une autre certitude : rien ne sera jamais comme avant après les affaires révélées par la blogeuse Olfa Riahi. kapitalis

        

 


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Le parquet enquête sur des accusations de corruption contre le chef de la diplomatie tunisienne

 

 

 

 

Le parquet a ouvert mercredi une enquête pour présomption de corruption et de malversation après la publication de documents accusant le ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, membre du parti islamiste Ennahda au pouvoir, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. 


 
"Le parquet a ordonné une enquête pour vérifier ces accusations en application de l'article 31 du code pénal", a déclaré à l'AFP Fadhel Saïhi, conseiller du ministre de la Justice. 
L'enquête a été ouverte à la suite de "révélations" d'une bloggueuse, Ofla Riahi, accusant fin décembre le ministre des Affaires étrangères d'avoir encaissé directement un million de dollars offerts par le gouvernement chinois, sans passer par la trésorerie de l'Etat. 
Elle a par ailleurs publié des factures attestant de frais de séjour indus dans un grand hô tel de Tunis au nom du chef de la diplomatie tunisienne, qui était, selon elle, accompagné d'une femme dont l'identité n'a pas été révélée. 

Ces accusations largement relayées par les réseaux sociaux ont provoqué un scandale. 

Olfa Riahi a mis en demeure le gouvernement d'enquêter sur ses "révélations" avant le 7 janvier, menaçant dans le cas contraire de saisir elle-même la justice. 
Mercredi, le secrétaire d'Etat aux Finances Slim Besbes a indiqué que le don chinois avait fait l'objet d'une correspondance avec le ministre des Affaires étrangères mais que ce dernier ne l'avait pas reversé dans les caisses de l'Etat. 


 
Le chef de la diplomatie tunisienne a porté plainte, à son tour, contre la bloggueuse pour "informations infondées destinées à lui porter atteinte ainsi qu'aux institutions de l'Etat", a indiqué son avocat Fethi Laayouni. 


 
Une ONG indépendante, l'Association tunisienne pour la transparence financière, a de son cô té demandé mercredi l'ouverture d'une enquête au sujet de la transaction financière qualifiée de "secrète" entre le gouvernement chinois et le ministre tunisien des Affaires étrangères. atlasi

 




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 L’ATTF réagit à l’affaire "Sheratongate"

 

http://www.businessnews.com.tn/images/album/BN8784logo-ATTF0113.jpg

 

L’Association tunisienne pour la transparence financière (ATTF) a réagit, dans un communiqué en date du 2 janvier 2013, à l’affaire de ce qu’elle appelle "Sheratongate" relative au ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem.

Ainsi, l’association explique, d’abord, que dans le budget alloué au ministère des Affaires étrangères, il n’y a aucune disposition permettant au ministre d’insérer ses charges relatives à son logement dans un hôtel dans la même ville que son domicile. Donc et toujours selon la même source, ces dépenses ne sont ni «acceptables ni justifiables».
En outre, l’ATTF indique que, selon les législations en vigueur, le ministre des Affaires étrangères a le droit soit à un domicile de fonction, soit à une prime de logement de 600 dinars. Le ministère, en prenant en charge le logement du ministre, a fait bénéficier Rafik Abdessalem «du même privilège doublement, sans raison valable et en contradiction avec la législation». 
Concernant le versement d’1 million de dollars, effectué directement par le ministère chinois du Commerce dans un compte hors de ceux de la Trésorerie publique tunisienne, l’Association réclame des explications pour éclairer l’opinion publique, notant que «le Code de la comptabilité publique interdit l’ouverture de comptes spéciaux aux administrations sans un accord préalable du ministre des Finances, et dans les deux cas ceci ne donne pas le droit à la gestion de l’argent public.

Se basant sur son engagement à respecter le principe de transparence et du droit, l’Association déplore le caractère superficiel et flou ayant marqué les communiqués officiels concernant cette affaire. Elle appelle «le chef du gouvernement à autoriser l’Instance de contrôle générale des institutions publiques, et l’Instance de contrôleurs des dépenses publiques relevant du Premier ministère d’ouvrir une enquête détaillée, d’informer l’opinion publique des résultats et de demander au ministre des Affaires étrangères à rendre le montant des dépenses prises en charge par le ministère sans aucun droit».
L’Association tunisienne pour la transparence financière a également appelé tous les organismes de contrôle impliqués à assumer leur responsabilité dans l’élaboration de leur rapport concernant cette affaire et notamment dans le cas ou les dépassements du ministre sont avérés et les soumettre, s’il le faut à la Cour des comptes, selon les dispositions légales. businessnews.

 

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Le groupe des 25 avocats va déposer une plainte contre Rafik Abdessalem

 

 

Le ''groupe des 25'' avocats a décidé de déposer une plainte contre le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem en invoquant l'article 96 du Code Pénal, a déclaré mercredi à l'agence TAP l'avocat Cherfeddine Kellil.

 

 La plainte sera déposée dans une semaine au plus tard "quelque soit la position du ministère public", a avancé Me Kellil, membre du groupe. Il s'est, dans ce sens, dit "certain" que le ministère public n'engagera pas de poursuites "parce qu'il est sous l'emprise du ministre de la justice".

 La blogueuse Olfa Riahi avait publié, fin décembre, des informations, appuyées par des documents authentiques, selon lesquelles M.Abdessalem aurait "résidé à plusieurs reprises à l'hôtel Sheraton à Tunis aux frais du ministère des Affaires étrangères alors que son domicile personnel est proche de son lieu de travail". Ces révélations ont suscité une grande polémique dans les médias et sur le net.

 Le service financier du ministère des Affaires étrangères a affirmé, dans un communiqué, que les dépenses de séjours du ministre dans un hôtel de la capitale aux dates citées par les médias et les réseaux sociaux "sont conformes aux normes de gestion du budget du département".

 La présidence du gouvernement avait pour sa part exprimé sa solidarité avec le ministre des Affaires étrangères et avec tous les membres du gouvernement contre "les campagnes de dénigrement et les rumeurs colportées avant l'aboutissement de l'enquête officielle". maghrebemergen

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