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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 20:36
Après...
 
À l'ANC : sans commentaire ...
 
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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 20:12

 

 

 

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 Ennahdha-UGTT, la guerre est déclarée


ugttLa guerre paraît bel et bien déclarée entre Ennahdha, et l’Union Général des Travailleurs de Tunisie. M. Houcine Abassi, le secrétaire général de la puissante centrale ouvrière, a déclaré que l'attaque perpétrée à l'encontre du siège de l'UGTT, ce mardi 4 décembre est "un deuxième assassinat du leader Farhat Hached".

Une métaphore lourde de sens, quand on sait que le leader a été assassiné par l’ancien occupant français, et qu’une marche en direction de la Kasbah était justement prévue pour commémorer le 60ème anniversaire de l'assassinat de Hached.

C’est que le siège du syndicat, à la très symbolique place Mohamed Ali, a été attaqué aujourd’hui. Dix personnes  ont été blessées. Deux membres du bureau exécutif de l'UGTT, Hfaiedh Hfaiedh et Samir Cheffi  ont été agressés par des représentants de la ligue de la protection de la révolution.

Le secrétaire général de la fédération des finances relevant de l'UGTT Chedly Baazaoui, a accusé dans une déclaration à l'agence TAP, le Mouvement Ennahdha et la ligue de protection de la révolution d'avoir organisé le rassemblement, précisant que ces groupes ont tenté d'investir le siège de l'organisation syndicale. Mohamed Ali Amdouni, le secrétaire général du syndicat général de la justice, a déclaré, que «les représentants de la ligue de la protection de la révolution qui ont attaqué le bureau exécutif de l'UGTT, sont considérés comme des ennemis de la démocratie».

blesses-ugtt

Houcine Abassi, lui, dénonce la responsabilité du gouvernement, martelant, sur les ondes de ShemsFM, que «l'UGTT n'a été attaquée ni du temps de Bourguiba ni du temps de Ben Ali et que le gouvernement actuel, choisi à travers des élections transparentes est responsable de ces violences». Selon Houcine Abassi, «l'UGTT ne compte pas fermer les yeux sur de tels actes, car ce qui s'est passé aujourd'hui c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase».

ugttEn ce mardi après-midi, des membres de la ligue de protection de la révolution se sont en effet rassemblés devant le siège de l'UGTT, appelant à «l'assainissement de l'organisation syndicale des symboles de l'ancien régime et à la garantie de son indépendance». Les membres de ces Ligues affirment, pour leur part, que ce sont les syndicalistes qui ont ouvert les hostilités en passant à l’attaque avec des gourdins et du gaz paralysant. Une version des faits qu’a notamment défendue M. Najib Gharbi, le chargé de l'information du mouvement Ennahdha. De son  côté, M. Houcine Abbasi souligne qu'il a "contacté des dizaines de fois le ministère de l'Intérieur pour intervenir et empêcher ces agressions sans obtenir de réponses".

Quoi qu’il en soit, les échanges d’insultes et d'accusations entre les deux camps ont viré à la confrontation. Un éclat d’extrême violence qui a contraint certains magasins du quartier, au cœur de Tunis, à baisser leur rideau de fer. Et en ce début d’après-midi, l’absence l'absence des forces de sécurité sur les lieux de l’affrontement, s’est fait lourdement ressentir.

Nous sommes donc clairement dans une logique d’affrontement. Deux jours à peine après que le calme soit revenu à Siliana, les tensions entre l’UGTT et Ennahdha virent désormais à la guerre ouverte. mag14

 

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Violents affrontements entre groupes islamistes et syndicalistes

De violents affrontements ont opposé mardi des groupes islamistes et des syndicalistes devant le siège de la centrale syndicale UGTT à Tunis, a constaté un journaliste de l'Associated Press.

Les heurts ont éclaté lorsque des dizaines de membres de l'UGTT commençaient à se rassembler pour commémorer l'assassinat du leader syndicaliste et nationaliste Farhat Hached tué en 1952, avant l'indépendance de la Tunisie, par l'organisation française La main rouge.

Une centaine de personnes agissant au nom des Ligues de protection de la révolution, considérées comme proches du parti islamiste au pouvoir Ennahdha, a alors fait irruption place Mohamed-Ali où se trouve le siège de la centrale syndicale, agressant la foule présente à coups de bâtons et à l'aide de pierres, de couteaux et de gaz.

Les assaillants qui scandaient "le peuple veut l'assainissement de l'Union (l'UGTT)", ont déchiré les affiches et les banderoles dressées sur la place et lancé des pierres, brisant plusieurs vitres du bâtiment.

Plusieurs dirigeants de l'UGTT ont été agressés dont les secrétaires généraux-adjoints Samir Cheffi et Hfayedh Hfayedh ainsi que Saïd Aïdi, ex-ministre de l'Emploi dans le gouvernement de Béji Caïd Essebsi qui a dirigé la première période transitoire. M. Hfayedh a dénoncé cette "agression sauvage" qui a fait dix blessés.

Il accusé le ministère de l'intérieur d'avoir fait "la sourde oreille aux appels du secrétaire général de l'UGTT", Houcine Abassi, l'accusant de "couvrir" les agresseurs.

Intervenant sur Mosaïque FM, le patron de la centrale syndicale a stigmatisé l'attaque qui a ciblé les adhérents de son organisation.

"La porte de l'affrontement est ouverte"

"La porte de l'affrontement est désormais ouverte, ce sont eux qui ont l'ont voulu et personne n'arrêtera l'UGTT qui continuera à défendre la situation sociale, économique et même politique", a lancé M. Abassi sur un ton ferme, en allusion aux partisans d'Ennahdha.

Le porte-parole d'Ennahdha, Néjib Gharbi s'est, quant à lui, déclaré "étonné" par ces événements, accusant à son tour les milices de l'UGTT d'avoir attaqué les partisans du parti islamiste qui, selon lui, voulaient s'interposer pour calmer la situation.

Les affrontements ont cessé après l'intervention des forces de l'ordre arrivées par la suite.

"Ce sont des milices instrumentalisées par le parti au pouvoir et leur bras armé. C'est une honte que cela se produise à une date symbolique en hommage au martyr Farhat Hached", a déclaré Fethi Abaza, syndicaliste et enseignant.

Les syndicalistes ont ensuite entrepris une marche vers la place de la Kasbah pour se recueillir sur la tombe du leader disparu.

De légères altercations, moins graves que les précédentes, ont eu lieu là aussi entre les deux parties qu'un cordon sécuritaire veillait à canaliser.

Ces affrontements interviennent après les déclarations de plusieurs dirigeants d'Ennahdha dont Sahbi Attig qui a accusé "des syndicalistes corrompus" d'être derrière les troubles sociaux qui ont secoué la semaine dernière la région de Siliana, dans le centre de la Tunisie. tempsreel.nouvelobs

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:02

 

 

Partie I

Partie II

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Chokri Belaïd défie Ali Laarayedh de publier l'archive de la police politique

Chokri Belaïd, secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifiés, invité à radio mosaïque fm, a tenu  lundi 3 décembre 2012 à riposter aux  nombreuses accusations faites à son encontre.

Chokri Belaïd défie Ali Laarayedh de publier l'archive de la police politique

Concernant les accusations faites à son encontre par le député et dirigeant  du Mouvement Ennahdha, Habib Ellouze  Chokri Belaïd a défié, Ali Laarayedh, ministre de l'Intérieur, d'ouvrir les archives et de prouver sa culpabilité et son implication dans la collaboration avec  la police de Ben Ali.

Et d’ajouter que «Notre passé était plus propre que le leur. Dans ce sens, il a tenu à rappeler notamment le télégramme de remerciement envoyé par Rached Ghannouchi  à Sakher Materi ou encore l'article élogieux rédigé par Abdelmajid  Najjar en faveur de Ben Ali...

Chokri Be’laïd a déclaré qu’Ali Laarayedh, ministre de l'Intérieur, joue un double rôle, celui  du "Derouich" qui danse en faveur du Mouvement Ennahdha et celui d'un homme d’État pour faire le ministre de l’Intérieur.

« Le gouvernement qui cherche à contourner la Révolution, devrait faire face aux problèmes de la pauvreté, du chômage, qui sont plutôt amputés à la mauvaise gestion », a ajouté Chokri Belaïd.

Il a déclaré que les membres du Gouvernement sont habités par " le lobby du pouvoir"  d'où les slogans levés à leur encontre et qui les comparent aux Trabelsi... tuniscope

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Ennahadha veut la peau de Moncef Marzouki..

 

 

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Le bloc d'Ennahdha favorable à un retrait de confiance à Marzouki, selon Atig

 

Sahbi Atig, président du bloc parlementaire d'Ennahdha au sein de l’ANC, s'est exprimé, aujourd'hui lundi 3 décembre 2012, sur les ondes de Mosaïque Fm, concernant le discours du président de la République, Moncef Marzouki.

Evoquant un éventuel remplacement du président de la République, en réaction à son discours, le représentant d'Ennahdha a affirmé: "Le sujet a bien été abordé au sein du bloc et il y a une demande en ce sens. Mais la question concerne tout le monde et pas seulement les membres du bloc à l'ANC".

M. Atig a ajouté qu'au cas où il y aura une remise en question de la composition du gouvernement, la présidence de la République est susceptible d'être changée. "L'ANC représente le vrai pouvoir légitime. C'est elle qui a accordé sa confiance aux membres du gouvernement. Et c'est elle également qui est habilitée à retirer cette confiance à tout moment".
Revenant au discours de Moncef Marzouki, Sahbi Atig a affirmé : "Ce qui a été dit était un avis personnel et non celui de la Troïka".businessnew

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 02:38

Qatar : condamnation scandaleuse à la réclusion à perpétuité pour l'auteur du «poème du jasmin»

La condamnation à la réclusion à perpétuité prononcée jeudi 29 novembre à l'encontre d'un poète qatarien est manifestement une violation scandaleuse de la liberté d'expression, a déclaré Amnesty International. 

Mohammed al Ajami, également connu sous le nom de Mohammed Ibn al Dheeb, a été jugé pour « incitation au renversement du régime » et « outrage à l'émir ». 

Il a été arrêté en novembre 2011, après la publication de son « poème du jasmin », où il critiquait globalement les gouvernements de la région du Golfe, déclarant : « Nous sommes tous la Tunisie face à l'élite répressive ». 

« Il est déplorable que le Qatar, qui aime se présenter sur la scène internationale comme un défenseur de la liberté d'expression, se permette de commettre selon toute apparence une violation flagrante de ce droit », a expliqué Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. 

Dans une copie du jugement qu'Amnesty International s'est procurée, il n'est fait aucune mention des raisons justifiant une peine si sévère, mais l'organisation croit savoir que les infractions dont il a été déclaré coupable reposaient sur le contenu de ses poèmes. 

« Toutes les informations disponibles suggèrent que Mohammed al Ajami est un prisonnier d'opinion, incarcéré uniquement pour ses écrits. De ce fait, il doit être relâché immédiatement et sa condamnation doit être annulée », a expliqué Philip Luther. 

La sentence prononcée contre cet homme a eu l'effet d'une onde de choc parmi les militants du Qatar et des autres pays de la région du Golfe, qui ont indiqué à Amnesty International qu'il la percevait comme une menace pesant sur eux tous. 

L'un d'entre eux a interprété le procès d'al Ajami comme le « procès du Printemps arabe », sonnant comme un avertissement à l'intention de toutes celles et ceux souhaitant le propager dans les pays du Golfe. 

« Nous attendions une tout autre décision de la part du Qatar », a dit un militant, faisant allusion aux propos des représentants de l'État sur les élections législatives et la liberté d'expression. 

Le Qatar accueille le siège du grand média Al Jazira, qui a été salué pour sa couverture des soulèvements qu'a connus la région ces deux dernières années. Cependant, le pays contrôle étroitement la liberté de la presse et la liberté d'expression, n'acceptant aucune critique contre le gouvernement. 

Les observateurs n'ont pas été autorisés à pénétrer dans la salle d'audience, et al Ajami était absent lors du prononcé du jugement. Il devrait interjeter appel. amnesty.org

 

 

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 Amnesty International publie une analyse : La Tunisie au-delà des apparences

Amnesty International publie une analyse : La Tunisie au-delà des apparences

Cette analyse dont ci joint une partie explique qu'en septembre 2011, à l’approche de l’élection de l’Assemblée constituante du 23 octobre, la section tunisienne d’Amnesty présentait un manifeste pour le changement en dix points. Une sorte de programme afin de rompre avec la dictature. Des propositions aussi élémentaires que l’interdiction de la détention au secret, la lutte contre la torture, la réforme de l’appareil sécuritaire, la lutte contre la violence faite aux femmes… A priori, l’aboutissement naturel de l’aspiration à la justice et à la liberté qui, quelques mois plus tôt, avait lancé des dizaines de milliers de Tunisiens dans la rue pour crier « Dégage ! » à Ben Ali et à tout ce qu’il représentait de corrompu, d’humiliant et de liberticide. Sur les quelque 160 partis existant alors, seule une trentaine avait signé ce manifeste. Peu de partis majeurs.

Et ni le Congrès pour la République (CPR) de Moncef Marzouki 1 (ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, aujourd’hui président de la République) ni Ettakatol (parti de centre gauche membre de l’Internationale socialiste) ni le parti islamiste Ennahdha, pourtant décidés à incarner la rupture avec l’ancien régime, n’avaient signé. En clair, aucun des partis de la coalition parvenue au pouvoir à l’issue des élections n’a voulu s’engager sur ce texte.

Où était le problème ? Est-ce l’abolition de la peine de mort ? Ou bien l’allusion implicite à l’égalité homme/femme dans l’héritage et à la dépénalisation de l’homosexualité sous-entendus dans le refus de toute discrimination ? Ou, de manière moins avouable, la volonté de ménager l’appareil sécuritaire, colonne vertébrale de l’ancien régime, à peine ébranlé par les bouleversements politiques ?

C’était un signe, en tout cas. Le directeur de la section tunisienne d’Amnesty, Lotfi Azzouz, le pressentait d’ailleurs, en avril 2011, quand il déclarait « Il faut s’attendre à voir à nouveau se poser la question de la spécificité culturelle face à l’universalisme ». Le débat n’a, en effet, pas manqué de se produire au sein de la commission chargée de rédiger le Préambule de la Constitution à l’Assemblée. Le projet de texte évoque « les nobles valeurs humaines », périphrase pour éviter l’expression « droits de l’Homme », et le terme « universel » a été jugé trop connoté aux valeurs occidentales.

Une société traumatisée

Les anciens opposants, dont le combat était animé par les références universelles, ont cru que la Révolution était leur victoire et qu’il leur appartenait d’écrire l’avenir. Au lendemain des élections remportées par Ennahdha, nombre d’entre eux devaient admettre qu’ils ne connaissaient pas la société tunisienne. L’élection de la Constituante a, en effet, donné une nette avance aux islamistes : 37 % pour Ennahdha, auxquels s’ajoutent 6,5 % pour les listes de la Pétition populaire – combinaison des réseaux locaux du RCD (l’ancien parti au pouvoir) et de conservatisme religieux – et plus de 8 % au CPR, dont une partie de la base électorale partage les valeurs des islamistes. Avec 125 000 voix, le Pôle démocrate moderniste pesait douze fois moins qu’Ennahdha.

Sans doute a-t-on projeté un peu trop vite nos espoirs sur la Tunisie de l’après Ben Ali sans réaliser que l’événement s’inscrivait dans le prolongement d’une Histoire, dans une société dont, il ne faut pas l’oublier, la propagande et la censure avaient précisément pour objectif de dissimuler la réalité. La fin de la dictature a levé le couvercle. L’image d’une Tunisie ouverte, accordant un statut d’avant-garde aux femmes, modernisée, laïque même, se révélait un trompe-l’oeil. C’était une vitrine, un capital politique destiné à légitimer un pouvoir aux mains de clans qui avaient parasité l’État pour vampiriser l’économie. Les échecs de la modernisation

La société que l’on découvre est le produit des limites du projet d’Habib Bourguiba, le père de l’Indépendance, dont l’héritage moderniste a échoué sur deux points. Le premier est le rendez-vous manqué avec la démocratie. Son accession au pouvoir est marquée en particulier par la répression de l’opposition emmenée par Salah Ben Youssef en 1956, qui a tourné à la guerre civile et installé la torture au cœur du système de gouvernement. Dès 1966, Ahmed Tlili, l’une des grandes figures du mouvement national et syndical adressait une lettre au chef de l’État dans laquelle il plaidait pour la démocratisation et dénonçait déjà toutes les dérives : la dictature policière, la mise au pas de la société civile, l’accaparement de l’économie, la confiscation du pouvoir. La répression impitoyable qui a envoyé à la prison et à la torture 30 000 membres plus ou moins proches d’Ennahdha durant les années Ben Ali, et s’est employée à les briser socialement, a renforcé le traumatisme dans les mémoires familiales et collectives.

Le second échec de la modernisation est la marginalisation des régions intérieures au profit de la côte, seule réelle bénéficiaire, créant un décalage sociologique et culturel croissant.

Ben Ali, en prenant le pouvoir le 7 novembre 1987, a remplacé la symbolique de « l’Indépendance », par celle du « changement » – formule incantatoire rapidement vidée de tout contenu –, tout en se revendiquant de l’héritage modernisateur de Bourguiba ; de son côté, Leïla Trabelsi, son épouse, vantait les vertus du féminisme. Alors que dans la réalité, l’inégalité régionale et la censure enclavaient la majorité de la population dans ses archaïsmes et la médiocrité culturelle.

L’effet le plus pervers de ces décennies de dictature est d’avoir associé la modernisation, le rapprochement avec l’Europe, le féminisme, à la répression et à la corruption morale du régime. Ce n’est pas le terreau le plus propice à l’épanouissement de la culture des droits humains. D’autant que, pour compenser l’épuisement du mythe du « changement », Ben Ali a largement instrumentalisé la religion pour tenter d’en tirer un surcroît de légitimité, et ouvert la porte aux prédicateurs étrangers les plus rétrogrades. En revanche, la censure interdisait l’entrée en Tunisie de la littérature produite par les cadres en exil d’Ennahdha, témoignant de l’évolution de l’islam politique pour intégrer la question de l’État, du pluralisme et des droits dans les références religieuses. Le « rempart contre l’islamisme » a donc plutôt préparé le terrain de la radicalisation.

Si le débat public post-dictature, autour du droit des femmes, de la liberté d’expression, de la place de l’universalisme… donne l’apparence d’une régression, il s’agit plutôt d’un retour du refoulé. D’une résurgence de tout ce que le discours officiel a figé dans la raideur d’un dogme de plus en plus en décalage avec la réalité sociale.

Réformisme musulman

Mais ces questionnements structurent la vie intellectuelle et politique tunisienne depuis la moitié du XIXe siècle, quand l’Empire ottoman, maître de la Tunisie, était confronté à la puissance impériale européenne et cherchait à l’égaler sans renoncer aux références islamiques. Cette préoccupation avait donné naissance au réformisme musulman incarné en Tunisie dans l’entreprise des beys représentant l’autorité de la Sublime Porte : Ahmed Bey au pouvoir de 1837 à 1855 qui a aboli l’esclavage en 1846, ou encore Kheireddine Pacha (1873-1877) dotant la Tunisie d’institutions modernes. Ils se sont heurtés à leur époque aux conservatismes qui refusaient toute ouverture aux idées extérieures.

Bourguiba avait prolongé cette œuvre, en verrouillant le débat. Aujourd’hui, les verrous ont sauté et, dans le chaos d’un bouleversement politique, les Tunisiens ont la possibilité de le reprendre pour réinventer leur propre synthèse.  Thierry Brésillon

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 22:09

 

 

 

 

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BCE appelle à la dissolution du gouvernement et à préparer la Constitution en un mois

Dans une interview d’une heure accordée à la chaîne Nessma TV, ce soir du dimanche 2 décembre 2012, Béji Caïd Essebsi, président fondateur de Nidaa Tounès et ancien Premier ministre, a été tranchant, direct et pragmatique en appelant à la dissolution du gouvernement actuel, à la formation d’un nouveau gouvernement restreint, formé de compétences et attribuant les départements de souveraineté à des personnalités neutres. Et d’un…

BCE a appelé l’Assemblée nationale constituante (ANC) à ne plus s’occuper que de l’écriture de la Constitution, de l’élaboration de la loi électorale et de la mise sur pied de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), et ce dans un délai d’un mois, ce qui suppose, selon lui qu’elle ne s’occupe plus de rien d’autre, même pas de la discussion du budget qui doit être géré par décrets mensuels. Et de deux…

L’ancien Premier ministre a bien évidemment, traité de la crise sévissant à Siliana en critiquant la gestion de cette crise par le gouvernement de la Troïka. Et tout en se félicitant de la mise à l’écart du gouverneur, il a appelé à ne plus user de la manière forte et d’aller vers la population afin d’éviter les points de non-retour sans oublier le bannissement du recours à ces armes telle la chevrotine et la prise en charge des blessés de cette région. Et de trois …

Béji Caïd Essebsi a été catégorique en évoquant ce fameux projet de loi d’immunisation de la révolution. Pour lui, il s’agit d’une erreur monumentale assimilable à un péché, voire un scandale qui va rejaillir négativement sur la réputation de la Tunisie et sur ses relations avec l’étranger et avec les instances internationales. Des voix commencent à s’élever à l’étranger quant à la nécessité de délaisser ce projet d’exclusion, indique t-il.

Ce n’est ni le rôle du gouvernement, ni celui de l’ANC de traiter ce genre de questions qui doivent relever de la compétence de la justice. Confronté, à ce propos, à l’argument de la légitimité du gouvernement en tant que protecteur de la révolution, BCE a été, encore une fois, formel : Seul le peuple détient la légitimité. De ce fait, « le gouvernement n’a pas de légitimité absolue », selon ses propres termes. Le gouvernement est issu de l’ANC qui, à son tour, n’a pas été élue pour gouverner, mais pour écrire la constitution en un délai maximum d’un an, avant d’ajouter qu’il ne faut pas tromper l’opinion publique par cette rengaine que le gouvernement est légitime… ». Et de quatre…

Concernant les fameuses ligues de protection de la révolution, BCE a été clair : Ces comités doivent être dissous immédiatement car ils ne font que semer la terreur et les violences qui avaient déjà causé la mort de Lotfi Nagdh à Tataouine et dont le dernier acte en date est celui de l’attaque par des dizaines de membres de ces comités de la résidence de Kamel Letaief à la banlieue nord de Tunis sans la moindre intervention des forces de l’ordre sachant que cette résidence est mitoyenne de celle de l’ambassadeur des Etats-Unis, ce qui créé une grande confusion et une grosse inquiétude chez le diplomate américain. Et d’ajouter qu’il y une plainte contre cet homme d’affaires, qui ne semble avoir rien de sérieux, et qu’il faut, par conséquent, laisser les juges s’acquitter de leur mission. Et de cinq…

A noter que Béji Caïd Essebsi, tout en saluant le président de la République, Moncef Marzouki, notamment son dernier discours, il a, souvent, mentionné le rôle et l’attitude négatifs du CPR sur la scène politique, tout en appelant à faire privilégier l’intérêt de la Tunisie, loin des calculs étroits et des considérations partisanes et individuelles. businessnews

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 06:19

 

 

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La Syrie, victime d’un complot : une preuve de plus

 

Il y a des vérités que l’on n’aime pas entendre. Surtout celles qui donnent raison au gouvernement de Damas. L’idée de « complot contre la Syrie » conspuée par les fans de la fausse révolution syrienne vient pourtant d’être confirmée par les révélations du quotidien libanais Al Akhbar. Des enregistrements audio fournis par une source anonyme exposent le rôle sinistre joué par le député du Courant du futur libanais Okab Sakr, un proche de Saad Hariri, dans la conspiration anti-syrienne. Le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ne sont pas en reste.


Okab Sakr, alter-ego de Saad Hariri ou le djihadisme à visage mondain 

 

Dans le monde arabe, au Liban et en Syrie en particulier, c’est le sujet du jour : le quotidien libanais Al-Akhbar a obtenu et publié des enregistrements impliquant le député du Courant du futur Okab Sakr dans un trafic d’armes à destination de l’opposition armée syrienne à la demande du chef du Courant du futur Saad Hariri.

Ces enregistrements audio constituent la première preuve solide du rôle de Sakr dans l’armement des terroristes syriens. 

Il y a quelques semaines, le bureau d’Al-Akhbar à Beyrouth recevait un appel téléphonique anonyme. L’inconnu avait affirmé qu’il était en possession d’enregistrements audio « qui accablent le député Okab Sakr et démontrent son rôle dans la destruction de la révolution (syrienne). » 

Loin d’être une surprise, cette information ne faisait que confirmer ce que l’on savait depuis le début de l’insurrection syrienne à propos des relations entre le Courant du futur et la rébellion syrienne sur base d’aveux et d’instructions judiciaires concernant un trafic d’armes vers la Syrie organisé par ce parti notamment par le biais de la société Solidere, une possession de la famille Hariri (cf. Syriana, la conquête continue, Ed. Investig’Action et Couleur Livres, Bruxelles/Charleroi, 2011). 

Al-Akhbar a d’abord douté de l’authenticité de la bande sonore mais la chaîne a rapidement établi la ressemblance entre la voix audio et celle d’Okab Sakr sur base d’une expertise. 

La source anonyme n’a pas révélé le nombre d’enregistrements en sa possession, mais a précisé qu’il y en avait des dizaines. Pour convaincre les journalistes libanais de sa sincérité, la source a envoyé un extrait d’un second enregistrement et a révélé qu’elle travaillait depuis plus d’un an avec Sakr dans un QG mis en place pour soutenir la révolte syrienne.

Selon la source, il existerait plusieurs centres d’opérations en Turquie : l’un à Antakya (Antioche), l’autre à Adana, et un troisième à Istanbul. Il mentionne que Sakr possède son propre QG dans le quartier de Florya à Istanbul, où des réunions sont parfois organisées.

La source anonyme a également indiqué que vingt jeunes hommes issus de différentes régions syriennes sont chargés de mener des opérations militaires depuis ces centres de commande. Ils coordonneraient avec les commandants des groupes armés la fourniture de fonds et de matériels militaires nécessaires aux combattants se trouvant dans les zones attaquées ou de siège, le tout sous la supervision d’officiers du renseignement turcs et qataris.

Toujours selon la source, les opérations sont coordonnées via un satellite de communication, en particulier Thuraya et via des téléphones satellitaires comme Iridium. Elle a ajouté que des hommes se rendent régulièrement en Syrie pour distribuer de l’argent aux chefs de l’opposition.

La source a également déclaré que Sakr est très proche d’Abou Ibrahim, le chef des ravisseurs des neuf pèlerins libanais. Ce dernier aurait reçu un salaire mensuel de 50.000 dollars, remis en main propre par les jeunes hommes du bureau de Sakr.

Quant à sa motivation à fournir les enregistrements, la source anonyme a indiqué que « Sakr a ruiné la révolution avec ses manœuvres folles (…) Au cours de ces réunions, nous nous opposions, par exemple, à sa décision d’envoyer des armes dans un zone que nous voulions garder comme refuge pour ceux qui fuient les combats. Mais il insistait de manière hystérique, montrant son indifférence à l’égard de la vie des gens ».

La source accuse ensuite le député libanais de « verser de l’argent aux commandants de groupes armés, sans faire de distinction entre les tueurs mercenaires et l’opposition patriotique ».

« Si l’argent et les armes avaient été utilisées de meilleure manière par Okab, Bachar al-Assad aurait pu être renversé quatre fois plus vite », se plaint-il.

Les détails de ses révélations sont accessibles sur le site d’Al-Akhbar via le lien suivant :http://english.al-akhbar.com/conten... 

 

Voici à présent le premier enregistrement fourni par la source anonyme :

Abu al-Noman (chef d’un groupe armé) : Salam aleikoum.

Okab Sakr : Wa aleikum assalam. Allez-y.

AN : M. Okab, notre groupe est encerclé. Dans un jour ou deux jours, la région va tomber. Nous sommes bombardés par des avions et l’artillerie. Ils attaquent sur tous les fronts. Aidez-nous s’il vous plaît, nous avons besoin d’armes.

OS : S’il vous plaît dites-moi les armes que vous voulez et dans quelles quantités. 

AN : Nous avons besoin d’environ 300 roquettes et vingt lanceurs. Et si il est possible de fournir 250.000 balles russes [AK47] pour 300 mitrailleuses et quelques armes spéciales. 

OS : Pour quelle région avez-vous besoin de tout ce matériel. 

AN : Azaz, Tal Refaat, Andan, et l’ensemble du Rif Halab [la campagne d’Alep]. Vous savez ce qui se passe ici. Depuis hier, ils ont réussi à entrer par environ trois fronts à partir d’Idlib ... et à l’intérieur d’Alep, nous faisons face aux chebbiha [voyous du gouvernement].

OS : Alors, qui va recevoir la livraison et où doit-elle s’effectuer ? Comment l’opération aura-t-elle lieu ? 

AN : La livraison sera, comme d’habitude, séparée ... Abu al-Baraa sera là avec les gars. Ils feront ensuite route jusqu’à Alep en voiture. Mais nous devons agir aussi vite que possible, parce qu’il y a un grand besoin et les bombardements continuent. Les hommes sont dispersés et il n’y a pas de munitions. Ils ont à peine une ou deux munitions en réserve et elles s’amenuisent rapidement. Par la grâce de Dieu, essayez de les obtenir de quelque manière que ce soit. Je ne sais pas quoi dire, après Dieu, il n’y a que vous. 

OS : Serez-vous présent lors de la livraison ?

 AN : Non frère, c’est Abou al-Nour qui sera là avec les gars et les voitures. Ils s’occuperont de la réception du matériel comme d’habitude. Bahar Kimyongur michelcollon

 

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La Coalition syrienne en passe de nommer un "Premier ministre"

 

La Coalition nationale syrienne a fait un pas vers la nomination d'un "Premier ministre" vendredi après trois jours de réunion au Caire qui ont permis aux Frères musulmans de renforcer leur emprise sur cette nouvelle instance regroupant une partie de l'opposition à Bachar al Assad.

Selon les règles internes fixées dans la nuit de vendredi à samedi, le chef du gouvernement de transition que le groupement veut mettre en place pour asseoir sa crédibilité internationale sera élu à une majorité simple de la soixantaine de délégués composant la Coalition, où les Frères musulmans et leurs alliés ont plus de 50% des sièges.

Les candidats devront avoir contribué au soulèvement qui a débuté en mars 2011 contre Bachar al Assad et a fait 40.000 morts en vingt mois. Ils devront également être exempts de tout soupçon de corruption, ont encore décidé les délégués.

L'ancien Premier ministre Riad Hidjab, un apparatchik du Baas, le parti présidentiel syrien, qui a fait défection en août dernier, paraît le mieux placé pour obtenir ce poste.

Soutenu par la Jordanie et les pays du Golfe, il sera probablement choisi avant ou pendant une réunion des Amis de la Syrie mi-décembre, dit-on de sources proches de la Coalition.

Les Amis de la Syrie rassemblent une douzaine de pays ayant exprimé un appui non militaire aux insurgés.

"Je pense qu'Hidjab a les meilleures chances. Il a pris de gros risques pour faire défection et a fait preuve depuis d'équilibre et de modération", a déclaré Munther Bakhos, un opposant historique contraint de fuir la Syrie dans les années 1970 quand elle était dirigée par Hafez el Assad, le père de Bachar décédé en 2000.

LES FRÈRES À LA MANOEUVRE

Les délégués de la Coalition, choisis lors de la conférence fondatrice du groupement le 11 novembre à Doha, ne peuvent pas être en même temps membres du gouvernement transitoire.

Le groupe s'est doté d'un nouvel organe exécutif, une "assemblée politique" de onze membres dirigée par l'imam modéré Moaz al Khatib, l'actuel président de la Coalition, entouré des deux actuels vice-présidents et du secrétaire général, l'homme d'affaires Moustafa Sabbagh, soutenu par le Qatar, qui apparaît comme l'un des plus influents responsables du nouveau groupement.

Les délégués ont commencé à voter pour choisir les onze membres de l'assemblée politique, mais sans parvenir à s'entendre, avant de reporter la procédure.

Au terme de ces trois jours de réunion, les Frères musulmans ont de facto réuni un bloc majoritaire au sein de la Coalition, selon des sources informées.

La Coalition nationale syrienne est reconnue comme la représentante légitime du peuple syrien par la France, la Grande-Bretagne, la Turquie et les pays du Golfe. Les Etats-Unis restent prudents, lui reconnaissant une légitimité mais attendant des actions concrètes de sa part. tempsreel.nouvelobs

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 02:31
Témoignage !
Âmes sensibles s'abstenir !  La difficulté d'extraire les chevrotines...
 
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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 01:45

Les travaux de l'Assemblée nationale constituante ! 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 01:07

La police anti-émeute tire de la chevrotine sur les manifestants

 

Les affrontements entre police et manifestants dans la ville de Siliana, au sud-ouest de Tunis, les 27 et 28 novembre 2012, qui ont blessé plus de 210 personnes, soulignent le besoin urgent de réformer les forces de sécurité tunisiennes. Le gouvernement devrait s’assurer que la commission d’enquête indépendante qu’il a annoncée examinera tout usage excessif de la force par la police anti-émeute lors des manifestations.

Des témoins questionnés sur place par Human Rights Watch ont déclaré qu’une manifestation contre le gouvernement à Siliana, une ville de 25 000 habitants, s’était soldée par des jets de pierres du côté des manifestants et par l’usage de gaz lacrymogène et de tirs de grenaille (chevrotine de petit calibre) de la part des policiers anti-émeute des Brigades de l’ordre public, appelés familièrement « les BOP ». Au moins 20 personnes risquent de perdre la vue d’un œil ou des deux à cause de la grenaille, de petites sphères de caoutchouc ou de plomb tirées de certaines armes à feu en salves explosives, qui peuvent causer des lésions graves des tissus mous. Par ailleurs, le gouvernement a affirmé que 72 policiers avaient été blessés par des jets de pierres. Cependant Human Rights Watch n’a pas pu vérifier cette information de façon indépendante.

« Les policiers anti-émeute, qui ont joué un rôle central dans les efforts meurtriers pour étouffer la révolution tunisienne il y a deux ans, semblent continuer à user d’une force excessive contre les manifestants », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Ils doivent recevoir des ordres clairs, être entraînés et équipés, afin de ne recourir à la force que si elle est nécessaire et proportionnée. Et ils doivent être tenus responsables s’ils vont au-delà ».

Le 27 novembre, les habitants de Siliana, soutenus par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ont organisé une manifestation en face du siège du gouvernorat de Siliana (la « wilaya »). Ils sont entrés en grève générale pour exiger des emplois, un meilleur développement local et le départ du gouverneur, qu’ils accusent de ne pas être sensible à leurs besoins.

Il existe des rapports contradictoires sur ce qui a déclenché la violence. Des témoins ont déclaré à Human Rights Watch que les policiers avaient tiré des cartouches de gaz lacrymogène sans motif ni avertissement, mais des responsables ont affirmé au contraire que les policiers avaient utilisé le gaz en réaction à des jets de pierres et à des tentatives de prendre d’assaut la wilaya. Une visite de la ville et l’étude de photographies des événements suggèrent que les manifestants ont en effet jeté une grande quantité de pierres. Human Rights Watch a observé que des fenêtres de la wilaya étaient cassées, apparemment par des pierres, mais n’a trouvé aucune autre trace d’une atteinte sérieuse aux biens. Il n’y avait aucun signe que les manifestants aient jeté des objets inflammables tels que des cocktails Molotov, comme l’a prétendu le Premier ministre dans une conférence de presse le 29 novembre.

Hassen Lekhrissi, un militant de l’UGTT de 45 ans, a déclaré à Human Rights Watch:

Le 27 novembre vers 10h, nous nous sommes regroupés devant le siège de l’UGTT et avons commencé notre marche. Quand nous sommes arrivés devant la wilaya, nous avons scandé des slogans qui demandaient du travail et qui appelaient au départ du gouverneur. Il y avait environ 5 000 personnes. La manifestation était bien organisée et contrôlée par des militants de l’UGTT. Environ 16 voitures et camionnettes des BOP étaient garées en face de la wilaya.

Après deux heures, le bureau régional de l’UGTT a annoncé la fin de la manifestation. Certains jeunes gens voulaient forcer l’entrée de la wilaya, mais les militants de l’UGTT les en ont dissuadés. Tout à coup, les BOP ont commencé à envoyer du gaz lacrymogène. La foule a été prise de panique et les gens ont fui dans tous les sens. Les BOP nous ont alors suivis dans les rues en tirant des cartouches de gaz, d’abord en l’air, puis à l’horizontale, directement sur les gens.

Human Rights Watch s’est entretenu avec 12 témoins, dont des manifestants, qui ont fourni des récits concordants sur des policiers tirant de la grenaille sur les gens à très faible distance, y compris vers le haut du corps, tout au long des deux premiers jours de manifestations. Certains manifestants ont même allégué que des policiers leur avaient tiré dessus par derrière, alors qu’ils s’enfuyaient et ne pouvaient représenter aucun danger pour la police.

L’hôpital de Siliana a enregistré 210 personnes blessées par des tirs de grenaille, dont 20 présentant des lésions oculaires. Tous les cas de blessures aux yeux ont été transportés vers des hôpitaux de Tunis, la capitale.

Human Rights Watch a trouvé des preuves de l’utilisation aussi bien de grenaille de caoutchouc que de plomb. Même si les grains de caoutchouc sont classés dans la catégorie des munitions « moins létales », ils peuvent causer des lésions physiques graves, en particulier aux yeux.

Le Premier ministre Hamadi Jebali, lors d’une conférence de presse le 29 novembre, a affirmé que les policiers avaient utilisé le gaz lacrymogène et la grenaille en réaction au fait que les « manifestants [aient] jeté des pierres, des cocktails Molotov, incendié des institutions de l’Étatet endommagé des bâtiments publics ». Il a aussi déclaré que les forces de police n’avaient pas d’autre choix que de se défendre et de protéger les institutions publiques.

Lors de la conférence de presse, Jebali a annoncé la création d’une « commission d’enquête indépendante qui examinera[it] l’usage de la violence par toutes les parties », pour déterminer les responsables, aussi bien des incendies et dommages subis par les institutions d’Étatque des blessures causées aux manifestants.

La commission d’enquête devra faire tous les efforts nécessaires pour recueillir des témoignages pertinents de manifestants et d’autres témoins, ainsi que d’agents des forces de sécurité présentes, a déclaré Human Rights Watch. Ses conclusions et recommandations sur l’usage de la force devront être conformes à la loi tunisienne et aux normes internationales, en particulier aux « Principes de base sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois » des Nations Unies.

Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu prévoient que les agents des forces de l’ordre « auront recours autant que possible à des moyens non violents avant de faire usage de la force » et ne peuvent faire usage de la force « que si les autres moyens restent sans effet ». Lorsque l'usage de la force est inévitable, les responsables de l'application des lois « en useront avec modération et leur action sera proportionnelle à la gravité de l'infraction ».

La loi tunisienne n°69-4 du 24 janvier 1969, réglementant les réunions publiques, cortèges, défilés, manifestations et attroupements, donne dans ses articles 20 à 22 des directives strictes pour l’usage des armes à feu par les forces de sûreté. La loi énonce que les agents ne peuvent recourir aux armes à feu que s'ils ne peuvent assumer autrement la défense « des lieux qu'ils occupent, des édifices qu'ils protègent, des postes et des personnes qu’ils ont été chargés de garder, ou si la résistance ne peut être réduite par aucun autre moyen que l'usage des armes ».

Si les manifestants « refusent de se disperser » malgré les avertissements, les agents des forces de sûreté doivent suivre les procédures suivantes pour les disperser : « (1) arrosage d'eau ou charge à coups de bâton; (2) jets de bombes lacrymogènes; (3) tir à feu vertical en l’air pour faire peur aux manifestants; (4) tir à feu par-dessus leur tête; (5) tir à feu en direction de leurs jambes ».

C’est seulement si « les manifestants tentent d'atteindre leur but par la force malgré l'utilisation de tous [ces] moyens » que « les agents de la Sûreté tireront directement sur eux ».

« Les informations découvertes à Siliana jusqu’ici suggèrent que la police a tiré directement sur les manifestants dans des situations qui ne remplissaient pas les conditions spécifiées par la loi tunisienne », a déclaré Eric Goldstein. « Le fait que les policiers anti-émeute aient utilisé de la grenaille plutôt que des balles réelles ne les exempte pas de remplir ces conditions, étant donné que la grenaille peut causer de graves blessures, tirée à faible distance, si elle atteint le haut du corps ».

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Récits de témoins

David Thomson, le correspondant de la chaîne de télévision France 24, a déclaré à Human Rights Watch:

Je suis parti à Siliana avec mon caméraman le 28 novembre. En nous approchant de la ville, vers 16h, nous voyions beaucoup de fumée. Nous avons compris plus tard que c’était des nuages de gaz lacrymogène envoyé par la police. Nous sommes allés filmer une foule de manifestants au rond-point situé en face de la garde nationale. À peu près 400 ou 500 jeunes et enfants se tenaient sur ce rond-point. Certains nous ont entourés, ils étaient contents de parler à des journalistes et de leur expliquer leurs réclamations.

Certains jeunes gens jetaient des pierres vers les policiers. Vers 16h30 les policiers ont jeté des cartouches de gaz lacrymogène et après quelques minutes ils ont chargé. Les gens couraient dans tous les sens. Nous nous sommes réfugiés dans une rue adjacente avec quelques jeunes hommes. Nous avons commencé à filmer la retraite de la foule. Je tenais une caméra et mon collègue portait une veste avec écrit « France 24 » en grosses lettres.

Quelques secondes plus tard, j’ai senti que j’étais touché par la grenaille de plomb. J’avais été blessé par derrière, au niveau des jambes et des fesses. Mon collègue était blessé aussi et j’ai vu plusieurs autres jeunes hommes atteints aux yeux et au cou. J’ai été transporté dans une clinique privée de Tunis, où les médecins ont extrait les grains. Ils ont pu en retirer 14 sur 30 mais ils ont dit que les autres étaient entrés trop profondément pour qu’on puisse les enlever. Les grains extraits étaient en plomb.

Hamdi El Brairi, un lycéen de 15 ans, a déclaré que lorsqu’il est arrivé au lycée le 28 novembre, la police a dit aux élèves de rentrer chez eux. Sur le chemin de sa maison, dans le quartier El Salah, vers 10h30, il a vu des gens se rassembler dans la rue et d’autres qui couraient dans plusieurs directions. Tout à coup il a senti l’impact de la grenaille sur son abdomen et un plomb a frappé son œil droit. Il a senti une douleur aigue, raconte-t-il, et s’est évanoui.

Marouene El Mbarki, 20 ans, un travailleur journalier issu du quartier Taieb Mhiri à Siliana, a déclaré à Human Rights Watch que le 28 novembre il s’était rendu comme d’habitude sur son lieu de travail, dans le centre-ville. Il l’a trouvé fermé, et l’atmosphère tendue. Il est parti chez son cousin, et vers 13h30 ils se sont rendus à la mosquée Takoua. Quand il est sorti, Mbarki a vu des gens courir dans plusieurs directions pour échapper au gaz lacrymogène. Soudain il a senti les plombs frapper ses deux yeux.

Bilal Bayari, un lycéen de 18 ans, avait plusieurs lésions visibles au visage et au cou quand Human Rights Watch s’est entretenu avec lui le 29 novembre. Bayari a déclaré que la veille à 16h, il était avec une foule de gens en face d’un centre culturel, lorsqu’un policier anti-émeute est arrivé et a commencé à les provoquer. Quittant le groupe, Bilal a suivi l’agent. Un autre policier anti-émeute est alors apparu soudainement de derrière un mur et lui a tiré dessus, le blessant de plusieurs plombs au visage, au cou et à l’abdomen.

Souhail Ahmed, un chômeur de 20 ans, a déclaré que le 28 novembre à 16h il était dans le quartier Gaa El Mezoued, au milieu d’une foule qui scandait des slogans, lorsqu’une camionnette transportant des policiers anti-émeute s’est approchée. Quatre agents en sont descendus et ont tiré des cartouches de gaz lacrymogène d’une distance d’environ 120 mètres. Ensuite ils sont remontés dans la camionnette et se sont approchés de la foule. Quand ils étaient à 20 mètres à peu près, ils sont descendus et ont tiré de la grenaille vers la foule. « J’ai vu au moins cinq de mes camarades atteints par des plombs », raconte Ahmed. « Nous les avons emmenés à l’hôpital ». hrw.org

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Agression policière  sans précédent dans le  village de Bargou, gouvernorat de Siliana

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Siliana, la nuit de samedi 

Une nouvelle manifestation à Siliana

Des heurts ont à nouveau opposé plusieurs milliers de manifestants antigouvernementaux aux forces de l'ordre à Siliana, ville de Tunisie qui est le théâtre de violences depuis cinq jours.

Des unités de la garde nationale ont effectué des tirs de sommation à balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les protestataires dont le nombre était estimé à 3.000 environ.

Gouverneur provisoire

«Siliana, tu seras le cimetière du parti Ennahda», scandaient les manifestants qui ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre. Cette flambée de violence traduit la colère grandissante d'une partie de la jeunesse tunisienne qui reproche au gouvernement soutenu par les islamistes modérés d'Ennahda de ne pas avoir réussi à relancer l'économie du pays deux ans après la première révolution du «Printemps arabe».

Le président Moncef Marzouki a demandé vendredi soir dans une intervention télévisée à son Premier ministre Hamadi Djebali de nommer un nouveau gouvernement en réponse aux manifestations.

Un gouverneur provisoire a été désigné à Siliana pour gérer les affaires courantes en attendant une «décision définitive» sur le sort de l'actuel gouverneur visé par de nombreuses critiques, indique un communiqué diffusé par l'agence de presse TAP. 20minutes

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Un accord pour résoudre la crise de Siliana après 5 jours de heurts

Le gouvernement tunisien et le syndicat UGTT ont annoncé samedi un accord afin de pacifier la ville de Siliana, théâtre d'un cinquième jour d'affrontements et épicentre de la colère des Tunisiens face aux espoirs déçus de la révolution de 2011.

Le compromis prévoit que le gouverneur de cette région à 120 km au sud-ouest de Tunis, Ahmed Ezzine Mahjoubi, dont les manifestants réclament le départ, soit écarté de ses fonctions, qui seront exercées par son adjoint. Mais M. Mahjoubi n'a pas été formellement limogé.

Des mesures pour le développement économique de la région vont aussi être décidées, une autre revendication des habitants, qui, comme lors de la révolution de l'hiver 2010/2011, dénoncent l'arbitraire de la police et l'échec de la politique économique du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda.

"L'accord satisfait toutes les demandes des habitants de Siliana, nous appelons au calme car il n'y plus de prétexte pour les manifestations et la violence", a déclaré à la télévision le porte-parole du gouvernement, Samir Dilou.

"C'est un pas positif en attendant des mesures concrètes", a déclaré de son côté à l'AFP Belgacem Ayari, le secrétaire général adjoint de l'UGTT, principal syndicat tunisien. Il a cependant insisté sur un retrait de Siliana des renforts policiers qu'il juge responsables des violences des derniers jours.

Sur le terrain, des affrontements ont eu lieu tout l'après-midi entre des centaines de jeunes, armés de pierres et de cocktails Molotov, et des policiers, plus nombreux et mieux organisés que vendredi. Des heurts ont aussi eu lieu à Bargou, à 20 km à l'est.

Dans la soirée, un semblant de calme était revenu, les forces de l'ordre patrouillant dans la ville en véhicules blindés et à pied, après avoir dispersé les manifestants avec des tirs de sommation et une grande quantité de gaz lacrymogènes.

Mais des jeunes semblaient déterminés à rouvrir les hostilités si ces renforts restaient. "Ils doivent partir!", a lancé un jeune cagoulé, un cocktail Molotov à la main.

Marzouki veut un gouvernement restreint

Quelque 250 civils et une centaine de policiers ont été blessés depuis le début de la crise.

Signe de la volatilité de la situation, des affrontements ont opposé dans la nuit de vendredi à samedi des manifestants et la police au Kef (nord-ouest) et à Sbeïtla (centre-ouest). Ces villes, situées à 70 km à l'ouest et à 120 km au sud de Siliana, sont considérées comme des points de tensions dans l'intérieur marginalisé du pays.

Des marches pacifiques ont aussi eu lieu samedi à Tunis, selon l'AFP, ainsi qu'à Bizerte (nord) et Gabès (sud-est), selon des médias locaux. Ces villes ont toutes connu des troubles ces derniers mois.

Alors que les crises se succèdent, le président Moncef Marzouki a appelé vendredi à la formation d'un gouvernement restreint pour empêcher une contagion de l'instabilité à d'autres régions, face à l'incapacité du cabinet à répondre aux attentes de la population.

Le Premier ministre, l'islamiste Hamadi Jebali, a botté en touche samedi, expliquant qu'il répondrait "par écrit" au chef de l'Etat. "Si cela devait se révéler bon pour la Tunisie, je n'y verrais pas d'inconvénient", a-t-il précisé.

Le porte-parole du gouvernement a pour sa part souligné "la nécessité de ne pas précipiter la réaction".

Mais le président, un laïc allié aux islamistes, n'a pas le pouvoir de remanier le gouvernement.

Les questions sociales étaient déjà au coeur de la révolution tunisienne, lancée il y a près de deux ans, qui avait marqué le début du printemps arabe.

L'économie, minée par l'insécurité et la crise de la zone euro, peine à se rétablir. Les manifestations sociales et les attaques de groupuscules salafistes se multiplient, et sur le plan politique, aucun compromis n'est en vue sur la future Constitution. quejador

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 04:08

L’ANC boycottée

 

 

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Prévue vendredi à 09H30, la séance plénière de l'Assemblée Nationale constituante (ANC) a été suspendue faute de quorum pour reprendre vers 10H30 dans un climat tendu.

 

Les élus du groupe démocratique, du mouvement Echaâb et d'Al-Aridha populaire ainsi que des indépendants ont boycotté la plénière pour protester contre le chef du gouvernement provisoire Hamadi Jebali qui n'a pas répondu présent à la séance pour l'interroger sur les incidents survenus à Siliana.

 

L'élue du groupe démocratique Maya Jeribi s'est dit étonnée de l'absence du chef du gouvernement de la plénière, l'exhortant ainsi que tous les membres du gouvernement à répondre aux revendications des habitants de Siliana et plus particulièrement celle relative à la révocation du gouverneur de la région.

 

L'élu du mouvement Echaâb Mourad Amdouni a critiqué Hamadi Jebali qui a ignoré les appels des constituants à assister à la séance plénière, précisant que le limogeage du gouverneur de Siliana fait partie des prérogatives du chef du gouvernement et non pas du ministre de l'intérieur.

 

Le constituant Walid Bannani (groupe d'Ennahdha) a justifié l'absence du chef du gouvernement de la séance par son déplacement actuellement dans le sud tunisien, appelant tous les acteurs politiques à opter pour le dialogue afin de trouver des solutions pratiques à la situation qui prévaut à Siliana. espacemanager

 

 

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Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme réagit aux événements de Siliana

Navy Pillay, haut commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme, a exprimé, dans une déclaration publiée sur le site de l’ONU, son mécontentement quant aux récents incidents de Siliana. Appelant les citoyens à renoncer à tout recours à la violence, elle a condamné l’usage excessif et disproportionné de la force (de la part de la police)à l’égard des manifestants.

Mme Pillay n’a pas manqué de rappeler que le droit de manifester doit être respecté. Elle a appelé le gouvernement à ouvrir une enquête pour faire la lumière les éventuels abus et à œuvrer pour la mise en place d’un développement économique équitable entre les différentes régions.

Notons que des membres du bureau de l’ONU à Tunis ont rendu visite, hier, aux blessés de Siliana hospitalisés dans la capitale et ont relevé plusieurs cas de blessures graves pouvant engendrer, entres autres séquelles, des états de cécité. businessnews

 

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L'armée à Siliana, le président veut un nouveau gouvernement

La police tunisienne a procédé vendredi à des tirs de sommation après avoir été visée par des cocktails Molotov lancés par des manifestants à Siliana où les affrontements se sont intensifiés en fin d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP (c) Afp

La police tunisienne a procédé vendredi à des tirs de sommation après avoir été visée par des cocktails Molotov lancés par des manifestants à Siliana où les affrontements se sont intensifiés en fin d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP (c) Afp

 

L'armée tunisienne s'est déployée vendredi soir à Siliana, où des heurts opposent depuis quatre jours policiers et manifestants, et le président a réclamé la formation d'un gouvernement restreint à même d'endiguer l'instabilité du pays.


Après plusieurs heures d'affrontements entre les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, et les manifestants, armés de pierres et de cocktails Molotov, l'armée a été déployée sous les hourras de la foule, ont constaté les journalistes de l'AFP.

"Un accord est intervenu entre les syndicats et des responsables de l'armée pour le retrait de la police et la prise en charge (de la sécurité) par les militaires", a affirmé Néjib Sebti, secrétaire général régional de l'UGTT, le principal syndicat tunisien.

Mais vers 20H00 GMT, des tirs de gaz lacrymogènes ont à nouveau été effectués alors que des manifestants cherchaient à s'approcher d'un important poste de police. Les policiers et gardes nationaux effectuaient des patrouilles.

La Tunisie est sous le régime de l'état d'urgence depuis la révolution de janvier 2011.

Lors d'une allocution télévisée, le président Moncef Marzouki s'est vivement inquiété du risque d'instabilité dans le pays après la vague de violences qui a fait quelque 300 blessés à Siliana, ville déshéritée dont les habitants réclament, comme à l'époque de la révolution, de meilleures conditions de vie.

Il a appelé à la formation d'un gouvernement restreint, alors que les manifestations d'habitants excédés par la misère dégénèrent en violences régulièrement.

Le président veut un gouvernement restreint

"L'intérêt de la Tunisie nécessite aujourd'hui un gouvernement restreint et efficace regroupant les compétences", a-t-il dit à la télévision.

"Nous n'avons pas une seule Siliana (...) j'ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions et que cela menace l'avenir de la révolution", a-t-il dit, notant le décalage entre les "attentes immenses" de la population et "le rendement du gouvernement".

M. Marzouki n'a pas le pouvoir de remanier le gouvernement, une décision qui revient au Premier ministre, Hamadi Jebali, issu du parti islamiste Ennahda, majoritaire à l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Des habitants de Siliana ont par ailleurs prévu d'aller manifester samedi, toujours pour obtenir le limogeage du gouverneur et un plan de développement régional. Une vaste manifestation avait rassemblé dans le calme vendredi matin des milliers de personnes pour une marche "symbolique".

La lutte contre la pauvreté et la fin de l'arbitraire policier étaient déjà les revendications phares de la révolution tunisienne.

A l'étranger, les diplomates ont exprimé de premières inquiétudes. La France a fait part de sa "préoccupation" face au "nombre élevé de blessés", tandis que le Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme a condamné "le recours excessif et disproportionné à la force" par les policiers, en référence aux tirs de chevrotine qui ont fait des dizaines de blessés mercredi.

Ces nouvelles confrontations interviennent à l'approche du deuxième anniversaire, le 17 décembre, du début de la révolution tunisienne, déclenchée par l'immolation d'un vendeur ambulant de Sidi Bouzid excédé par la misère et le harcèlement des policiers.

Outre les manifestations sociales, les attaques menées par des groupuscules salafistes se sont multipliées ces derniers mois en Tunisie. Parallèlement, le pays est plongé dans une impasse politique, sans aucun compromis en vue sur la future Constitution. tempsreel.nouvelobs

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Le Président Moncef Marzouki


 

 

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