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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:35

Depuis plusieurs semaines, l’ancien chef de la garde présidentielle tunisienne, le général Ali Sariati, est entendu par les juges d’instructions pour rétablir la vérité sur le départ précipité le 14 janvier 2011 du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali et sur les tirs des forces de l'ordre sur les manifestants qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

Dans le cadre de son audition, le général Sariati a demandé aux magistrats d’extraire les balles des cadavres des martyrs tunisiens, rapporte Tunisie numérique qui s’appuie sur des sources proches du général. Selon Ali Sariati, l’analyse de ces balles permettra de révéler au grand jour les assassins des martyrs qui tiraient indistinctement sur la foule, parfois depuis des postes de snipers en hauteur.

L’exhumation de ces corps et l’extraction des balles établiront, grâce aux numéros de série relevés par l’étude balistique, l’identité de chaque individu (militaire, policier ou autre) qui abattaient les manifestants durant les révoltes populaires.

Le juge d’instruction militaire a ainsi donné l’ordre d’exhumer les corps de cinq martyrs des villes de Thala et Kasserine, qui ont été présentés à un médecin légiste de l’hôpital de Kasserine.

Les corps de Marouen Jmili, Mohamed Omri et d’Ahmed Rtibi ont été déterrés par les forces militaires, ainsi que deux autres corps à Kasserine pour les besoins de l’enquête, rapporte The Tunisian Way.

Les familles présentes le jour de l’expertise, ont soutenu l’initiative et manifesté leur soulagement en observant le professionnalisme de l’enquête en cours tout en se satisfaisant de la traduction prochaine des vrais coupables devant le tribunal militaire.

Le général Sariati affirme être à l’origine du départ de l’ex-président Zine el–Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011. Il aurait forcé le dictateur à monter dans l’avion en partance pour l’Arabie saoudite, mais cette version des faits est contestée par le président déchu en exil avec sa famille à Jeddah.

Personnalité mystérieuse à l’instar de ces hauts fonctionnaires fidèles à l’ex-dictateur tunisien, le général Sariati était à la tête de 2.500 hommes. Lors de son arrestation le 16 mars 2011, il avait nié toute responsabilité dans les morts provoquées par les balles des policiers lors de la révolution tunisienne.

Relayé par le site Nawaat, le général Sariati avait fait le récit de ces quelques heures déterminantes qui ont précédé la fuite de l'ex-président:

«J’ai informé le président des événements des dernières vingt-quatre heures en lui communiquant le nombre de 28 tués par balles, et indiqué qu’il y avait huit cas à Tunis et El-Kram —commune proche du palais de Carthage. Je lui ai dit aussi que la journée allait être difficile du fait que les six morts au Kram seraient ensevelis vendredi après la prière, et que cela constituait une menace grave. Il m’a alors chargé de contacter qui de droit pour ne pas informer l’opinion publique du nombre de tués et pour donner à chaque famille 5.000 dinars —2.500 euros. Il m’a demandé de coordonner cela avec le gouverneur de Tunis, et un montant de 40.000 dinars a été versé.»

Lu sur Tunisie numérique, Kapitalis, The Tunisian Way, Nawaat

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:35

La Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique a présenté une version remaniée du projet de décret-loi relatif à l'organisation des partis politiques dont le texte original a suscité une polémique entre les partisans et les hostiles à ce projet de décret-loi. Cette polémique a provoqué la suspension par plusieurs parties politiques et sociales de leur présence au sein de l'instance.

Le projet du nouveau décret-loi, dont une copie est parvenue à l'agence TAP, comporte une série de modifications substantielles concernant notamment l'art.7 du chapitre 2 relatif "aux conditions de constitution des partis politiques et leurs modes de gestion".

En vertu de ce projet, s'ajoute à la liste des personnes interdites d'adhérer aux partis politiques, les militaires et les civils durant la période d'accomplissement de leur devoir militaire, les magistrats et les forces de la sécurité intérieure en exercice, les gouverneurs, les premiers délégués, les secrétaires généraux des gouvernorats, les délégués et les Omdas ainsi que le personnel actif des agents de la douane, la direction générale des prisons et les personnes âgées au minimum de 18 ans.

En ce qui concerne l'article 17 relatif aux dispositions financières des partis politiques, le projet de décret-loi a prévu le paiement des frais d'adhésion qui excèdent 240 dinars par voie de chèque bancaire ou postal ou de mandat postal outre d'élever le montant des engagements souscrits auprès des lignes de crédit de 100 mille dinars à 200 mille dinars ainsi que l'interdiction faite à tout parti politique d'offrir des privilèges pécuniaires ou en nature aux citoyens.

S'agissant de l'article 18, le décret-loi a élevé, de 10 mille à 60 mille dinars, le volume des dons et actes testamentaires émis par des personnes physiques.

Par ailleurs, le projet de décret-loi introduit de nouvelles dispositions à l'article 26 du chapitre 4 relatif aux "registre et à la vérification des comptes" qui impose à tout parti, dont les ressources n'excèdent pas un million de dinars par an, de désigner un seul commissaire aux comptes qui sera choisi parmi les experts-comptables inscrits à l'Ordre des experts-comptables de Tunisie ou à l'Ordre du groupement des comptables de Tunisie, sur les listes "Spécialistes en comptabilité".

Les dispositions ajoutées prévoient, d'autre part, que les partis dont les ressources annuelles dépassent un million de dinars doivent désigner deux commissaires aux comptes inscrits à l'Ordre des experts-comptables de Tunisie.

La Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution entamera, au courant de la semaine prochaine, un débat autour de la version remaniée du projet de décret-loi relatif à l'organisation des partis politiques, afin de l'adopter avant l'élection de la Constituante, prévue le 23 octobre 2011.

 

lien: http://www.leaders.com.tn/article/projet-de-decret-loi-sur-les-partis-politiques-des-amendements-en-vue?id=5713

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:29
Par Camille Dubruelh
La jsutice tunisienne rendra sa décision sur la pornographie en ligne le 18 juillet.La jsutice tunisienne rendra sa décision sur la pornographie en ligne le 18 juillet.© AFP

Le sort des sites pornographiques en Tunisie sera déterminé dans les jours à venir. La cour d’appel de Tunis doit se prononcer sur un éventuel retour du système de filtrage internet, lié à la protection des mineurs. De nombreux tunisiens redoutent le spectre d’une nouvelle censure.

Jouir de la Toile en toute liberté, tel est le fantasme de nombreux tunisiens. Pourtant, à mesure qu’elle avance vers la démocratie, la Tunisie se trouve confrontée à une problématique qui agite tous les pays libres : comment concilier protection de la population et liberté d’internet ?

La pornographie online devant la justice

Examiné par la cour d’appel de Tunis depuis lundi, le sort de la pornographie en ligne est désormais entre les mains du juge. Le 26 mai dernier, en première instance, la justice tunisienne donne raison à trois avocats qui avaient déposé une plainte, convaincus que la pornographie est dangereuse pour les plus jeunes et « contraire aux valeurs arabo-musulmanes ». L’Agence tunisienne d’Internet (ATI) est alors sommée de « censurer » le web, selon les propres mots du juge.

Mais l’ATI, sous l’impulsion de son PDG Moez Chakchouk, nommé depuis février, conteste cette décision, soucieuse de se libérer de l’image de « censeur », qu’elle avait acquise sous le régime Ben Ali. Elle demande la suspension du jugement à la cour. La requête est rejetée par la justice le 13 juin et l’ATI se voit obligée de mettre progressivement en œuvre le filtrage. Le verdict du procès en appel est attendu pour le 18 juillet et les tunisiens découvriront alors si « Ammar 404 », le système de censure qui avait cours sous Ben Ali, pénètrera à nouveau la Toile tunisienne.

Une censure anti-révolutionnaire ?

En attendant, depuis le 15 juin, les pages à contenus pornographiques sont bloquées. Les premiers réseaux concernés sont les administrations, les ministères, les maisons de jeunes et les cybercafés. Les particuliers bénéficient quant à eux de quelques jours de répit.

Un débat intense entoure l’affaire. Parents et partisans d’un islam rigoriste souhaiteraient que soit mise en place une capote de protection, afin de pouvoir surfer en toute sécurité. Mais de nombreux Tunisiens y voient un nouveau musèlement de la liberté d’expression. Ce qu’ils veulent, adeptes ou non du « film pour adultes », c’est éviter le retour d’une censure qui les a toujours menottés. Sur Twitter, les messages vont bon train pour s’insurger contre cette interdiction du porno. En jeu, une valeur, celle de la révolution : liberté !

Comme partout dans le monde, les sites pornographiques sont largement plébiscités sur le territoire tunisien. Sept d’entre eux apparaissaient parmi les 100 sites les plus consultés, quelques semaines après la libération du Web. Dans les faits, même avec la mise en place d’un dispositif de filtrage, l’accès aux contenus pornographiques reste possible. Il faut dire que les Tunisiens se sont habitués à contourner la censure, quelle qu'elle soit. Pour accéder aux contenus interdits, les ruses technologiques ou le téléchargement illégal restent de mise.

Facebook et le « porno underground »

Les sites classés X disponibles sur la Toile ne sont donc que la partie visible de l’iceberg. Depuis peu, le « porno underground » s’introduit aussi dans les sites communautaires. Hypocrisie que d’interdire le X, alors que Facebook regorge de scènes torrides. Et cette fois, ce sont les Tunisiens eux-mêmes qui entrent dans l’arène. Les court-métrages amateurs made in Tunisia circulent parmi les 1,3 millions d’utilisateurs Facebook du pays. De quoi donner des sueurs (froides celles-ci), aux mères et pères de famille.

Les FAI, solution du compromis

La solution de compromis pourrait être l’installation de filtres par les fournisseurs d’accès à internet (FAI). C’est notamment cet argument qu’utilisera l’ATI lors du procès en appel. « Ce n'est pas à l'ATI de censurer, a expliqué Moez Chakchouk au site français libération.fr, c'est aux fournisseurs d'accès de proposer des solutions à leurs clients, de mettre en œuvre des techniques de contrôle parental et de filtrage. »

L’ATI ne se privera pas non plus de rappeler le coût engendré par la censure. Coût technique avec un ralentissement inévitable du réseau, coût financier ensuite, estimé par son PDG à 1,2 millions de dinars par an (611 336 euros). Une dépense bien trop élevée pour l’ATI qui, depuis qu’elle n’est plus l’instrument de censure de Ben Ali, ne reçoit plus aucune subvention à ce titre.


Alia Chérif Chammari, avocate tunisienne, membre de la Haute instance, donne son avis sur le procès de la pornographie en ligne.

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:26

Zine el-Abidine Ben Ali à l'aéroport de Tunis Carthage en 2008. REUTERS/Jacky Naegelen

 

Après 23 ans de règne, une révolution et un procès en cours, le dictateur tunisien déchu reste un personnage mystérieux. Qui est vraiment l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali?

 

Alors que depuis le 20 juin 2011 les procès et les condamnations le concernant se succèdent à un rythme soutenu à Tunis, l’ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, est absent, en exil à Jeddah en Arabie saoudite. Ce militaire a forgé l’essentiel de sa carrière au sein des services de sécurité et du renseignement. Personnage de l’ombre, Ben Ali est demeuré en 23 ans de pouvoir, et particulièrement vers la fin de sa présidence, un homme insensible et faussement populaire. Son portrait, placardé dans toute la Tunisie au fronton de la plus petite échoppe est certes connu de tous mais sa vraie nature, elle, est restée mystérieuse.

Cet enfant d’Hammam Sousse, une ville côtière au nord de la Tunisie, a vu le jour en 1936, sous le protectorat français. Quatrième d’une famille modeste de onze enfants (son père aurait été gardien au port de Sousse), Zine el-Abidine (la beauté des croyants), effectue de piètres études secondaires au lycée de garçons de Sousse. Celui qu’on surnommait «Bac moins 3», n’est effectivement pas devenu bachelier.

Il ne s’intéresse pas aux arts, n’a pas les qualités d’un autodidacte, ne lit pas et n’aime pas les intellectuels, une haine des lettres et des arts qui perdurera durant son règne. Son double engagement dans l’armée et le parti indépendantiste Néo-Destour lui offre en 1956 une seconde chance. Au cours de sa vie lycéenne, Ben Ali suit les traces de son ami d'enfance Hédi Baccouche, un militant aguerri qui restera l'un de ses plus proches alliés et qui deviendra son Premier-ministre.

Le jeune Ben Ali bénéficie d'une formation d'officier, lors d'un bref passage à l’Ecole militaire française interarmes de Saint-Cyr (EMIA) en 1956. Il est admis dans une promotion parallèle exceptionnelle en hommage à la récente indépendance tunisienne. Mais cette promotion particulière baptisée «Bourguiba», ne comprend qu’une poignée d’officiers tunisiens parmi lesquels Ben Ali ne s'est pas intégré. Il achève sa formation avec un diplôme d’ingénieur électronicien obtenu aux Etats-Unis:

«Mon intérêt pour l’informatique, a eu une incidence heureuse sur ma façon de travailler; cela m’a donné un goût prononcé pour la logique, la rigueur de l’analyse et une vision prospective planifiée, loin de toute improvisation.»

 

Premières armes en politique

 

De retour en Tunisie, il est affecté au service du général Kéfi, le grand patron de la Sûreté militaire, dont il épouse la fille en 1964, Naïma Kéfi. Un amour stratégique qui lui vaut d’être à 28 ans le directeur de la Sécurité militaire, poste qu’il occupe jusqu’en 1974.

Père de six enfants, dont trois filles nées de son premier mariage, Ben Ali se trouve particulièrement à son aise au sein des services de renseignement, à un poste qui convient à sa nature timide et taciturne et qui le garde à distance des chefs de l’armée.

Ben Ali n’est pas vraiment inconnu des Tunisiens. Il apparaît pour la première fois sur la scène politique en 1974, à l’occasion de l’Union tuniso-libyenne et la naissance de la République arabe islamique proclamée par Habib Bourguiba et le colonel Kadhafi. C’est là que le général Zine el-Abidine Ben Ali se forge une réputation de militaire impassible et de référent en matière de sécurité. Mouammar Kadhafi avance son nom pour diriger l’ensemble des services de renseignement et de la sécurité militaire de cette union éphémère des deux pays voisins (de 1973 à 1974). Une fois la République arabe islamique enterrée et les relations avec la Libye refroidies, les conseillers de Bourguiba invitent ce dernier à écarter Ben Ali du pouvoir. Zine el-Abidine se contente d’un poste d’attaché militaire à Rabat, au Maroc .

Il marque son retour au pays quelques années plus tard en 1978, date à laquelle l’agitation sociale menace le régime du «Combattant suprême», Habib Bourguiba. Opportuniste, Ben Ali sent le vent tourner. Il prend en charge la Sûreté générale, alors que Bourguiba lutte pour laisser l’armée en dehors de la politique. Un poste clé sur lequel Zine el-Abidine s’installe pendant trois ans.

Mais alors qu’il se croit définitivement ancré au gouvernement, il commet une erreur qui lui coûte son poste: un commando libyen investit la ville de Gafsa, dans le Sud tunisien, et y séjourne en toute impunité, sans que les responsables de la sûreté générale s’en aperçoivent. Il est aussitôt limogé par Bourguiba et envoyé en Pologne en tant qu’ambassadeur. Il revient en Tunisie en décembre 1983, lors de la «révolte du pain» qui officialise la rupture entre les Tunisiens et Bourguiba. Abandonné, Habib Bourguiba a justement besoin de rigueur militaire et d’expertise en matière de renseignement et rappelle Ben Ali à ses côtés à la direction de la Sûreté générale.

Dès lors, son ascension au sein du gouvernement tunisien est fulgurante. La lutte contre les islamistes qui menacent le régime et le climat de crise sociale, propulsent alors Ben Ali vers le sommet du pouvoir au plus proche de Bourguiba. Après les émeutes de 1984, il passe respectivement de secrétaire d’Etat à la Sûreté, puis ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement de Rachid Sfar au poste de Premier ministre le 2 octobre 1987.

Installé à la présidence tunisienne depuis l’indépendance du pays en 1956, Habib Bourguiba est malade, s’enferme dans son palais et règne plus qu’il ne gouverne. Grâce à un «coup d’Etat médical», Ben Ali écarte «sans violence ni effusion de sang», le 7 novembre 1987, le père de l’indépendance devenu sénile. Selon la formule consacrée, Ben Ali «dépose» Bourguiba. Les Tunisiens observent et écoutent en silence ce militaire inconnu à la carrure de déménageur leur promettre sur les ondes de la radio nationale une rupture avec l’ancien régime:

«L'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l'Etat qui excluraient le peuple».

 

Un président manipulateur

 

Un an après, en 1988, il se sépare de la fille du général Kéfi et s’affiche avec une Tunisoise d’une trentaine d’années qu’il fréquentait dans les années 1980, Leïla Trabelsi. Leur première fille, Nesrine Ben Ali, voit le jour en 1987 alors que ses parents ne sont pas encore mariés. Il épouse Leïla Trabelsi en 1992 l’année de la naissance de sa cinquième fille, Halima Ben Ali. Cette seconde épouse, diplômée de Lettres et coiffeuse de profession, a un caractère beaucoup plus trempé que son mari, qu'elle manipule dans l'ombre. Elle place en outre progressivement les membres de sa famille aux postes clés de l'économie du pays.

Parvenu à la plus haute marche du pouvoir, Ben Ali amadoue les Tunisiens et tisse discrètement sa toile. Il supprime «la présidence à vie», instituée par Bourguiba et limite à trois le nombre de mandats présidentiels. En 1988, il fait même adopter une nouvelle loi sur les partis. Il poursuit le développement d’un système de sécurité sociale et les réformes sur l’éducation et l’émancipation des femmes initiées par son prédécesseur.

Sur la forme, le nouveau président Ben Ali entame une série de réformes politiques et économiques: libéralisation et ouverture des marchés, libération des prisonniers politiques, instauration du multipartisme, scolarisation obligatoire jusqu'à 16 ans. Le Parti Socialiste Destourien (PSD) qu'il dirige est rebaptisé Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD). Ce parti compte plus de 2 millions d’adhérents sur une population de 10 millions.

Sur le fond, les méthodes de sa présidence restent les mêmes que celles employées dans les services de renseignement militaire. Par exemple, on porte à l’actif du premier mandat de Ben Ali une politique dite de «solidarité», avec la création d’un fonds spécial destiné à l’origine aux pauvres, le « 26-26 ». On découvrira plus tard que la moitié de ces fonds spéciaux ont été détournés par le clan présidentiel.

En 1991, il dissout Ennahdha (Renaissance), le grand parti islamiste tunisien, dont il fait emprisonner plus de 20.000 membres. Il interdit le port du voile dans les lieux publics et muselle la presse ainsi que les partis d'opposition. La révision de la Constitution et le Code électoral ne sont que des mesures de démocratisation de façade. En réalité, la Tunisie toute entière est progressivement soumise à une surveillance généralisée et à une propagande massive en faveur de Ben Ali.

À la tête du parti majoritaire le RCD, il est réélu président de la République en 1994, en 1999 et en 2004, recueillant entre 94% et 99% des voix. Son régime est soutenu par les Etats-Unis, Israël, la France et l'Italie, notamment parce qu'il abrite discrètement une base arrière de la CIA et de l'Otan servant aux opérations anti-terroristes régionales et au contrôle de la Méditerranée.

 

La fin du règne

 

En 1999, il organise la première élection présidentielle pluraliste de l’histoire de la Tunisie, un événement. Mais dès 2002 il fait sauter le dernier verrou empêchant son maintien au pouvoir à vie: l’adoption par référendum d’une modification constitutionnelle lui permettant de se représenter. L’année 2005 marque la naissance de son fils, Mohamed Zine el-Abidine Ben Ali, «le prince» pour lequel le président réalise les dépenses les plus folles. En 2008, il mate des émeutes dans le sud-ouest tunisien par l’armée sur fond de chômage et de népotisme. L’année suivante, Zine el-Abidine Ben Ali, est réélu pour un cinquième mandat avec près de 90% des voix.

Les méthodes répressives et dictatoriales sont de plus en plus visibles. L’espionnage et la censure de la population créent un silence politique assourdissant. La corruption, les passe-droits, les tortures marquent la fin de son règne. La nature profonde de Ben Ali transparaît dans sa façon de gouverner le pays. Il utilise les forces de l’ordre pour maintenir la population sous une chape de terreur en anéantissant l'âme et l'identité des Tunisiens.

Le 14 janvier 2011 sur le tarmac de l’aéroport de Tunis-Carthage, le Boeing présidentiel 737-700 d’une trentaine de places est prêt à décoller en urgence. Au même moment, les Tunisiens tombent sous les coups de matraques et sous les balles. Zine el-Abidine Ben Ali, lui, ajuste sa cravate rouge sur son costume bleu avant d'embarquer. L’enfant d’Hammam Sousse timide et renfermé sur lui-même, à la scolarité désastreuse, est «dégagé» par les Tunisiens sortis de 30 années de léthargie.

Mehdi Farhat

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:22

 

"Le discours de Saleh est une manœuvre politique destinée à amadouer l’opposition"

Un mois après avoir été blessé dans l’attentat contre son palais, le président yéménite, affaibli, s’est adressé à son peuple jeudi soir depuis Riyad. Une allocution qui a tout d’une manœuvre dilatoire, selon Franck Mermier, chercheur au CNRS.
Par FRANCE 24 (vidéo)
Charlotte BOITIAUX (texte)

Pour la première fois depuis son hospitalisation à Riyad, en Arabie saoudite, il y a plus d’un mois, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, s’est exprimé, jeudi soir, à travers un discours préenregistré et diffusé à la télévision nationale. Méconnaissable, le visage brûlé et le corps recouvert de bandages, l’homme visiblement souffrant a appelé au dialogue et à un partage du pouvoir "dans le cadre de la Constitution et de la loi yéménite".

"Sur des bases démocratiques, en accord avec la loi et selon la Constitution du Yémen qui prévoit le multipartisme et la liberté d’opinion, j’accepte de m’associer aux autres partis politiques […] Nous ne sommes pas contre la participation, nous sommes pour la participation de toutes les forces politiques, même celles de l’opposition", a-t-il déclaré dans une courte allocution d’une quinzaine de minutes. Pas un mot, en revanche, sur son éventuel retour au pouvoir et au pays…

Le président Ali Abdallah Saleh avant et après l'attentat contre le Palais présidentiel le 3 juin

" Saleh est mort dans nos cœurs"

Selon Charlotte Velut, correspondante de FRANCE 24 à Sanaa, l’intervention de Saleh lui a avant tout permis de faire acte de présence. "C’était un discours vide, sans annonces, qui misait simplement sur la forme, explique-t-elle. Il voulait montrer qu’il était vivant. Mais cet effet d’annonce n’a pas déstabilisé les dissidents politiques qui souhaitent toujours empêcher son retour. Rien n’a changé."

Dans les rues de la capitale yéménite, les critiques fusent. "C’est toujours les mêmes phrases qu’il nous sert", râle un Sanaani, cité par l’agence Reuters. "Peu importe ce qu’il dit, Saleh est mort dans nos cœurs et mort politiquement. Nous ne lui permettrons jamais de revenir au Yémen, déclare un autre. Si ses fils [qui contrôlent une partie de l'armée et des organes de sécurité, ndlr] ne partent pas d’eux-mêmes, nous les chasserons !"

"Poudre aux yeux"

Des réactions aussi virulentes que justifiées, selon Franck Mermier, spécialiste du Moyen-Orient, et chercheur au CNRS. "Saleh n’a toujours eu qu’un seul objectif : associer les dissidents dans le cercle du pouvoir pour mieux les surveiller et les neutraliser, explique-t-il. Son discours est une manœuvre politique destinée à amadouer l’opposition, mais cette dernière a très bien compris que sa main tendue n’était que de la poudre aux yeux. Saleh n’a évoqué ni un plan de sortie de crise, ni fait référence à sa démission, il n’a donc pris en compte aucune de leurs revendications."

Habile politicien, le chef de l’État yéménite n’a pas choisi le jour de son intervention par hasard. "Le 7 juillet correspond à la date anniversaire de l'entrée des troupes nordistes à Aden, ex-capitale du Yémen du Sud, le 7 juillet 1994, pour écraser une tentative de sécession des sudistes, rappelle le chercheur. Saleh a une nouvelle fois voulu se poser en garant de l’unité du pays. Il ne fait que peu de cas des journées de manifestations et des violences qui se multiplient dans le pays."

Élans de joie des pro-Saleh

Contesté depuis le mois de janvier par des milliers de manifestants réclamant son départ, Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, a refusé à trois reprises - à chaque fois au dernier moment - de signer un accord de transition élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui réunit les pays de la région. Ce plan prévoyait qu'il parte dans les 30 jours suivant la signature de l'accord. "Les gens sont las d’attendre des promesses de changement qui ne viendront pas", ajoute Franck Mermier.

Pourtant, l’apparition télévisuelle du leader yéménite n’a pas fait que des déçus. De nombreuses scènes de joie ont été recensées dans le pays quelques minutes après son intervention. Rassurés par son état de santé, les partisans du président ont exulté. "Les pro-Saleh sont descendus dans les rues de Sanaa pendant plusieurs heures. Il y a eu des feux d’artifice, des coups de feu. De vrais élans de joie", raconte Charlotte Velut.

 "Si Saleh n’a pas convaincu l’opposition, il a toutefois gagné des points", concède Franck Mermier. D’un point de vue affectif déjà. "Il s’est sûrement attiré la sympathie des Yéménites en se mettant en scène, presque mourant". D’un point de vue médiatique ensuite. "Il a montré au monde qu’il tenait toujours les rênes du pouvoir". Reste à savoir pour combien de temps ? "Son pays continue de sombrer lentement vers l’instabilité sécuritaire et sa légitimité, sérieusement ébranlée par 33 années de pouvoir et de corruption, ne tient plus qu’à un fil…", conclut le chercheur.

 

 

lien : http://www.france24.com/fr/20110708-le-discours-fond-president-saleh-allocution-yemen-blesse-riyad-opposition-politique-sanaa-ouverture-transition

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:22
Egypte: le peuple et les partis investissent la place Tahrir

Place Tahrir vers 10 heures, ce vendredi. Les Égyptiens et les stands politiques occupent massivement la place et ses rues adjacentes

Capture d'écran blog yfrog

Plus de 5 mois après la fuite d'Hosni Moubarak, les Egyptiens réclament le jugement des responsables du régime passé.

Il est 13 heures sur la place Tahrir, au Caire. L'envoyé spécial de la radio BBC Arabic évoque d'ores et déjà la présence de 10 000 personnes dans les rues du Caire. "Toutes les classes sociales sont présentes sur la place Tahrir, ainsi que tous les partis politiques, déclare le journaliste. Les militants étaient déjà présents cette nuit pour préparer cette journée de contestation et de mobilisations partisanes". La place Tahrir avait déjà pris des allures de grand rassemblement politique, sous un soleil de plomb. Faire tomber les symboles du régime passé toujours actifs au sommet de l'Etat, voilà ce qui réunit les Egyptiens ce vendredi 8 juillet, toutes tendances politiques confondues.

Manifestation hautement politique et partisane

Les Egyptiens, présents sur la place et dans les rues adjacentes, ont massivement répondu à l'appel. Un étudiant cairote joint par l'EXPRESS.fr, confie avoir été frappé par le nombre d'Egyptiens descendus dans la rue. Selon lui, "ce nombre devrait augmenter en fin de journée, lorsque la chaleur deviendra soutenable ". Il qualifie le rassemblement de "partisan", au regard des estrades et des stands installés par les partis, déjà en campagne pour les prochaines élections, prévues en septembre. Cascades de discours, de débats, d'applaudissements et de slogans aux alentours des stands. Les deux mots à retenir : justice pour les martyrs et nettoyage au sein de l'Etat. La loi du Talion est invoquée pour juger les responsables. Les Egyptiens appellent notamment à une justice punitive contre le ministère de l'Intérieur.

Homis les images de la place Tahrir, enveloppée de tentes, d'amplificateurs de sons et de drapeaux, le journaliste interrogé indique que des manifestations ont également lieu devant l'hôpital d'Hosni Moubarak à Charm el-Sheikh.

La justice et le nettoyage

Si de nombreux militants restent attachés à l'écriture d'une nouvelle constitution avant la tenue des élections, cette solution ne convainc pas tous les groupes, dont les Frères musulmans, qui ont appelé à manifester ce vendredi.

Leur dénominateur commun, c'est le jugement des responsables des violences commises pendant la révolution égyptienne. Les familles des victimes n'hésitent pas à témoigner au Caire, à Suez et dans tous les gouvernorats du pays leur désarroi face à cette justice égyptienne, jugée trop lente et inféodée au régime d'Hosni Moubarak. Par ailleurs, les symboles du régime se maintiennent aux fonctions les plus hautes de l'Etat égyptien, à l'instar du maréchal Tantawi, ancien ministre de la défense d'Hosni Moubarak.

Vers une occupation de la place Tahrir?

"La place est de retour. Nous ne sommes pas des voyous, nous sommes des révolutionnaires", dit un militant. Le terme "voyou" fait allusion au rapport du Conseil suprême des forces armées, rendu public ce jeudi, qui alertait les Egyptiens sur la possible présence de voyous sur la place Tahrir.

A 17 heures, des jeunes manifestants et des familles de victimes déclarent ce vendredi vouloir maintenir l'occupation de la place Tahrir, selon plusieurs messages twitter. Le centre est à nouveau réinvesti par des tentes. Le mot "occupation" (en arabe) apparaît sur de nombreuses banderoles et bouts de tissus aux couleurs de l'Egypte.

La place Tahrir, poumon de la révolution qui a conduit à la fin du règne d'Hosni Moubarak, devient l'épicentre de la contestation, à l'aube des prochaines élections législatives.

 

lien: http://www.lexpress.fr/actualite/monde/egypte-le-peuple-et-les-partis-investissent-la-place-tahrir_1010644.html

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:19

Syrie: à Hama, «les gens sont en colère, ils ne veulent pas abdiquer»

Recueilli par ELODIE AUFFRAY

Les habitants de Hama dans la rue pour faire face aux policiers, le 5 juillet.

Les habitants de Hama dans la rue pour faire face aux policiers, le 5 juillet. (Capture d'écran d'une vidéo diffusée sur Youtube.

Mohamed travaille dans un hôpital de Hama. Cette ville frondeuse du centre du pays a été le théâtre de grandes manifestations ces derniers jours. Le régime a lancé une opération militaire pour tenter d'en reprendre le contrôle. Hier, 22 personnes sont mortes et plus de 80 blessées.

Ce mercredi matin, le jeune père de famille a quitté la ville, pour emmener sa famille en lieu sûr.

«L'électricité est coupée et, surtout, l'eau est coupée. Les forces de sécurité ont aussi bloqué plusieurs magasins, alors que jusque-là ils continuaient à ouvrir normalement. J'emmène donc ma femme et mes trois enfants à Damas. Après, je retourne à Hama. Je dois reprendre le travail, il y a beaucoup de blessés à l'hôpital. Et si tout le monde part, les forces de sécurité tueront ceux qui restent et feront des destructions dans la ville.

«Il y a encore des affrontements entre les forces de sécurité et les habitants, alors quand je vais retourner à Hama, je vais m'approcher de la ville, et je me suis arrangé avec des amis pour qu'ils m'appellent, pour me confirmer que je peux entrer dans la ville en toute sécurité.

«Beaucoup de familles font comme moi, emmènent leur famille en dehors de la ville. Mais il reste encore beaucoup d'enfants.

Mort du «chanteur qui ridiculisait le dictateur»?

«Les gens sont en colère, ils ne veulent pas abdiquer. Ils veulent rester et se battre. Ils ne veulent pas qu'il leur arrive la même chose qu'à Jisr al-Choughour [où une vaste opération sécuritaire a entraîné l'exode massif d'habitants vers la Turquie, ndlr]. Ils sont descendus dans les rues pour barrer les routes aux forces de sécurité. Ils ont brûlé des pneus, ont mis des containers, etc. Ils se relaient pour surveiller. Régulièrement, il y a des affrontements avec les forces de l'ordre, hier en particulier.

«A Hama, les gens manifestent tous les soirs, après la fermeture des magasins à 22h, ainsi que chaque vendredi. Tout se passait dans le calme jusqu'à ce que, le vendredi 3 juin, les forces de sécurité ouvrent le feu sur des manifestants. Ce jour-là, dans notre hôpital, nous avons compté 35 morts. Après cela, les forces de sécurité se sont retirées. La pression populaire a augmenté: vendredi dernier, c'était énorme. Des centaines de milliers de personnes, parmi lesquels quelques femmes et enfants, se sont rassemblées pendant quelques heures. C'était un jour formidable. Les gens étaient très pacifiques, ils ont nettoyé après la manifestation, même les fleurs des parterres n'ont pas été abîmées. Les gens chantaient, criaient des slogans. Il y avait ce chanteur, très connu maintenant en Syrie et à Hama. Samedi, les forces de sécurité l'ont attrapé et ils l'ont tué.

-> Notre interlocuteur parle d'un homme appelé «Rahmani». Sur les réseaux sociaux, plusieurs sources fiables font état du décès d'Ibrahim Kachouch, «le chanteur d'Hama qui ridiculisait le dictateur», comme le twitte par exemple Ziad Majed, enseignant à l'université américaine de Paris et spécialiste du monde arabe. Les Comités locaux de coordination confirment le décès, mais ignorent s'il s'agit du «chanteur d'Hama».

Selon Ziad Majed, il a été «brutalement tué par la police d'Assad hier. Sa chanson, son courage et son humour vivront pour toujours», écrit-il sur sa page Facebook. Dans sa chronique sur Médiapart, il précise que Kachouch a été égorgé, ses cordes vocales arrachées.

Ibrahim Kachouch, qui a maintenant une page Facebook en son hommage,aurait chanté à plusieurs reprises devant les manifestants. Voici l'une de ses interventions, lors de la manifestation monstre, le 1er juillet.

(Mise à jour le 6 juillet, à 23h: Selon le réseau SNN, principal diffuseur de vidéos mais aussi d'infos sur internet, Ibrahim Kachouch ne serait pas le chanteur de Hama. Dans les commentaires, des internautes affirment qu'il était l'un des trois paroliers, mais jamais celui qui tenait le micro).

 

En voici une autre, nocturne, fin juin:

 

Principal message de ce chant: «Yallah, irhal Bachar», «Allez, dégage Bachar!».


Traduction de quelques bribes de chansons, en vrac:

«Bachar tu n'es pas des nôtres. Prends ton frère Maher [à la tête de la Garde républicaine et de la 4e division de l'armée, ndlr], et lâche-nous»

«Prends le parti Baas avec toi et prends la porte, il y a la liberté qui y frappe»

«Maher, idiot, agent des Américains, le peuple syrien tu ne le soumettras pas.»

«Bachar le sang des martyrs n'est pas bon marché, le feu que Dieu a allumé dans nos coeurs emportera le système et châtiera les criminels. Aller dégage Bachar.»

«Moi, je vais manifester, mais seulement le vendredi, car je ne travaille pas ce jour-là. Je n'appartiens à aucun mouvement, je suis un gars normal. Je veux juste que mon pays soit meilleur. Je veux que mon maire, mon gouvernement, me représentent, pas qu'ils soient désignés par n'importe qui.

«En 1982, la révolte ne concernait qu'un nombre limité de personnes*. C'étaient des islamistes, il n'y avait pas de gens normaux. Aujourd'hui, et c'est aussi dû à l'histoire de la ville, la majorité des gens à Hama sont contre le régime. Ils veulent une société civile, pas des militaires. Dans les manifestations, il y a des islamistes, mais aussi des communistes, des socialistes, et des gens normaux comme moi. Hama était une ville de gauche, socialiste, dans les années 1950.»

*Hama a été le théâtre d'un soulèvement conduit par les Frères musulmans, confrérie interdite en Syrie. Pour mater le mouvement, Hafez al-Assad assiégea la ville, la bombarda à l'arme lourde et mena une campagne de ratissage. 15 à 25.000 personnes ont été tuées.

Lire: «De père en fils, la terreur pour l'exemple»


 

 

 

«Bachar al-Assad est ton seul Dieu»

La violence continue de s'étendre en Syrie. Sur... (Photo AFP/fournie par le gouvernement syrien)
La violence continue de s'étendre en Syrie. Sur cette photo, des jeunes lancent des pierres sur les forces gouvernementales du président Bachar al-Assad, en banlieue de Damas.
PHOTO AFP/FOURNIE PAR LE GOUVERNEMENT SYRIEN

Les inquiétudes entourant la Syrie ont monté d'un cran hier alors que des rapports affirment qu'au moins 23 manifestants ont été tués entre mardi et hier à Hama. Selon un réfugié syrien, qui a accordé une entrevue exclusive à La Presse, la situation se dégrade rapidement dans l'ensemble du pays, quadrillé par les forces de sécurité et les chars d'assaut.

Une question, une gifle. Pendant les heures qu'il a passées aux mains des autorités syriennes, Hassan (nom fictif) a vu des étoiles. À répétition. «Ce n'était rien comparé à ce subissaient les détenus dans les autres cellules. J'entendais les cris. Moi, j'ai eu de la chance», raconte le jeune Syrien, presque gêné de s'en être sorti à si bon compte.

Hassan n'est plus en Syrie. Il y a quelques jours, il a réussi à se cacher dans la voiture de son cousin qui l'a conduit à la frontière de la Turquie, où au moins 10 000 de ses compatriotes sont aussi réfugiés. Pendant le dangereux voyage qu'il a entrepris pour fuir, le pays qu'il a vu par la fenêtre ne ressemblait en rien à la Syrie d'avant le printemps arabe. «Il y a de l'armée partout. Des tanks. C'est comme la guerre», note le jeune homme dans la vingtaine, en avalant un sanglot.

L'entrevue se déroule par vidéoconférence sur Skype. Visiblement épuisé, Hassan, dont nous tairons la véritable identité pour des raisons de sécurité, raconte son histoire en prenant de grandes respirations. Quand il se met soudainement à pleurer, en parlant des dangers auxquels sa famille, restée en Syrie, fait face, il ferme la caméra.


Une semaine mouvementée

«Les autorités menacent de couper l'eau. L'électricité. De laisser les gens mourir de faim. Il y a tellement de gens tués tous les jours. Des jeunes hommes. Des enfants. Il faut raconter ce qui se passe», plaide-t-il, ému. Les derniers rapports d'organisations syriennes de défense des droits font état de 1350 morts parmi la population civile depuis le début des manifestations à la mi-mars .

Le séjour d'Hassan en Syrie a été de courte durée. Installé à l'étranger depuis quelques mois, il est rentré dans sa ville natale il y a moins de deux semaines. Ayant de la difficulté à joindre sa famille, il voulait s'assurer que ses proches allaient bien.

Des agents l'ont arrêté dans un café internet. Sa petite amie, qui était en conversation virtuelle avec lui, a suivi toute la scène et pu alerter sa famille.

Terreur dans les prisons

«En prison, on me disait que j'avais rapporté de l'argent en Syrie pour financer les manifestants. Ils (les gardes) m'ont battu et ils m'ont insulté. Ils me sommaient de dire: «Bachar al-Assad est ton seul Dieu», au lieu de: «Allah est mon seul Dieu», comme nous disons dans l'islam», raconte-t-il, en ajoutant que c'est l'intervention rapide de son père qui lui a épargné les pires sévices.

Selon Amnistie internationale, qui a publié hier un rapport sur les violations des droits de la personne en Syrie, les mauvais traitements qu'a subis Hassan sont répandus dans les prisons syriennes où, note l'organisation internationale, au moins neuf personnes sont mortes au cours des dernières semaines. Des détenus qui ont été libérés ont rapporté avoir été giflés, torturés et électrocutés. «La prison dans laquelle j'étais ressemblait à Abou Ghraïb», commente Hassan, en faisant référence à la controversée prison américaine en Irak.

Amnistie internationale estime que certaines des atrocités commises en Syrie par les forces de sécurité «s'apparentent à des crimes contre l'humanité» et demande à l'Organisation des Nations unies (ONU) d'enquêter. De sa terre d'asile, Hassan se demande pourquoi le Conseil de sécurité de l'ONU ne donne pas le feu vert à une intervention de l'OTAN dans son pays, comme en Libye. «Pour l'instant, les gens n'ont que des pierres pour se défendre. C'est tragique.»

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Crimes contre l'humanité

Assiégée par l'armée syrienne, la ville de Talkalakh a été la cible d'une lourde opération de sécurité au mois de mai. Dans un rapport publié hier, Amnistie internationale conclut qu'il y a lieu de croire que les autorités syriennes y ont commis des «crimes contre l'humanité «. « Les crimes incluent des meurtres, de la torture, de la détention arbitraire (...), ainsi que des actes inhumains commis intentionnellement pour causer de grandes souffrances «, écrit l'organisation, établie à Londres.

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Hama, ville martyre à nouveau?

En Syrie, la ville de Hama est un symbole depuis que 20 000 personnes y ont été tuées en 1982 par le régime de Hafez al-Assad, le père de l'actuel président syrien. Plusieurs craignent que la ville ne soit à nouveau le théâtre d'une terrible répression. Selon plusieurs rapports, l'armée syrienne encercle la ville où près de 500 000 personnes ont manifesté vendredi dernier. Au cours des deux derniers jours, au moins 23 personnes ont été tuées.


 

 
A propos de l'encombrant BHL, Questions de points de vue ?
Quand BHL défendra-t-il les Palestiniens ?
Les peuples au secours des quels volent BHL sont-ils plus dignes que les palestiniens ?

Embarrassant BHL


Le soutien actif apporté à l'insurrection syrienne par le philosophe Bernard-Henri Lévy, connu pour ses positions pro-israéliennes, provoque des débats intenses au sein des opposants qui ont toujours été des défenseurs indéfectibles de la cause palestinienne. Ambiance.

Bernard Henri-Lévy lors d'un rassemblement de l'oppposition syrienne le 4 juillet 2011 à Paris.
© AFP

Bernard Henri-Lévy lors d'un rassemblement de l'oppposition syrienne le 4 juillet 2011 à Paris.

Le plus grand rassemblement de solidarité avec la Syrie qui ait été organisé en France depuis le début de la révolte s'est déroulé le 4 juillet dans un cinéma de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Le moins qu'on puisse dire est que les participants étaient des amis d'Israël. L'invitation avait été lancée par Bernard-Henri Lévy, rédacteur en chef de la revue La Règle du jeu et fondateur de l'association SOS Syrie, ainsi que par [la syrienne] Lama Al-Attassi, présidente de ladite association.

Bernard-Henri Lévy est un défenseur farouche d'Israël. Il a aussi été l'un des premiers à prendre contact avec la rébellion libyenne et a fait parvenir un message au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou selon lequel les dirigeants de Benghazi comptaient normaliser les relations avec Israël, affirmation démentie par les rebelles. Ont également participé à la soirée Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères le plus pro-israélien qu'ait connu le Quai d'Orsay, ainsi qu'André Glucksman, le philosophe gaucho-maoïste devenu fervent partisan des néo-conservateurs pour défendre "le monde libre" et Israël. Ou encore Frédéric Encel, qui avait fait ses premiers pas au sein de l'organisation des jeunes du Likoud Betar [droite] et qui se présente comme un spécialiste de questions stratégiques.

Il y avait également Fadéla Amara, qui n'a jamais brillé par son soutien aux causes arabes, François Bayrou, qui est un modéré en politique intérieure mais un soutien indéfectible d'Israël en politique étrangère, et Dominique Sopo, le secrétaire général du mouvement SOS-racisme dont le noyau dur est constitué par l'Union des étudiants juifs de France. Sans compter Alexander Goldfarb, ancien député au Parlement israélien du mouvement raciste Tzomet.... Bref, le trait dominant des participants français était leur soutien à Israël. Parmi les Syriens, on a noté la présence de plusieurs participants à la conférence [d'opposants syriens qui s'est déroulée dans la ville turque] d'Antalaya , dont notament Melhem Al-Douroubi, en charge des relations extérieures des Frères musulmans syriens mais qui n'a pas pris la parole lors du rassemblement.

J'ai demandé à cet "ambassadeur" des Frères musulmans si cela ne le gênait pas de se retrouver côte à côte avec des sionistes et des amis d'Israël. Il a répondu que ceux-ci n'étaient pas les seuls à avoir appelé à la manifestation et que l'important était de se saisir de la tribune ainsi offerte pour expliquer la juste cause du peuple syrien. Mais un certain nombre d'intellectuels syriens ont critiqué l'initiative de Bernard-Henri Lévy. Ainsi, Farouk Mardam-Bey, Burhan Ghalioun et Sobhi Hadidi lui ont demandé dans une déclaration commune "d'épargner au peuple syrien un soutien dont il ne veut pas". Quant à Haitham Manaa, porte-parole de la Commission arabe des Droits de l'homme, il a critiqué le rassemblement parisien, en disant que "ceux qui s'assoient à la même table que les sionistes" ne pouvaient "participer à la bataille du peuple syrien contre la dictature". "Il s'agit d'un complot contre les jeunes Syriens qui conjuguent la lutte pour les libertés avec celle pour la libération [de la Palestine] et qui brandissent le drapeau palestinien en même temps que celui de la Syrie".


 
TURQUIE
Les retours au pays de Syriens réfugiés en Turquie se poursuivent

Le nombre de Syriens réfugiés en Turquie ayant officiellement regagné leur pays ne cesse de s’accroître, selon les chiffres publiés mardi par les autorités turques, mais certains d’entre eux retournent ensuite clandestinement en Turquie, affirment des sources locales. Quelque 267 Syriens sont rentrés au pays lundi, portant à environ 5.673 le nombre de retours au cours des deux derniers mois et à 9.678 celui de Syriens encore hébergés dans des six camps érigés par le Croissant-rouge turc dans la province de Hatay (sud), l’agence turque de gestion des situations d’urgence.

Le nombre de réfugiés syriens en Turquie a culminé à 11.739 le 24 juin avec l’arrivée à la frontière syro-turque de troupes syriennes soutenues par des blindés, qui a provoqué la fuite en Turquie de déplacés qui s’étaient installés aux abords de la frontière. Depuis, ce nombre n’a cessé de décliner, en raison du contrôle désormais exercé par l’armée syrienne le long de la frontière turque et en raison d’assurances obtenues par certains réfugiés concernant leur sécurité, a indiqué à l’AFP un diplomate turc parlant sous le couvert de l’anonymat.

"Je pense que certains d’entre eux ont accordé du crédit aux déclarations des autorités syriennes. Certains ont appris que leurs maisons étaient à présent en sécurité pour un retour", a déclaré cette source. "Nous ne poussons personne à retourner en Syrie, mais nous ramenons à la frontière toute personne (...) qui exprime le souhait de rentrer chez lui. Nous amenons cette personne à l’endroit même où il a traversé la frontière", a-t-elle expliqué. Plusieurs sources locales évoquent cependant le retour clandestin en Turquie de nombreux réfugiés, qui souhaitaient simplement échapper à la vie des camps. "Certains réfugiés demandent à retourner en Syrie pour ensuite repasser clandestinement en Turquie et trouver un accueil dans leur famille côté turc plutôt que dans les camps du Croissant-Rouge", a déclaré à l’AFP un contrebandier turc. Selon la chaîne d’information NTV, ce sont des centaines de réfugiés qui ont procédé à ce tour de passe-passe, et certains d’entre eux ont été identifiés cherchant des appartements à louer dans la province de Hatay.

AFP

jeudi 7 juillet 2011,
AMNESTY INTERNATIONAL
Geneviève Garrigos : « En Syrie, on ne peut plus attendre ! »

Après l'encerclement de la ville de Hama par l'armée, Amnesty International lance un signal d'alerte


Avec cet article

Entretien avec Geneviève Garrigos, Présidente d’Amnesty International France

« Notre rapport, publié mardi 5 juillet, fait état des exactions commises à Tall Kalakh. Dans cette ville de l’Ouest de la Syrie, plusieurs personnes ont été arrêtées entre 2009 et 2010. En mai, les habitants ont profité du mouvement de contestation contre le régime de Bachar Al Assad pour demander la libération de ces prisonniers. L’armée a alors encerclé la ville, comme elle l’avait en mars à Deraa. Et elle a empêché les populations de fuir en leur tirant dessus.

Les forces de sécurité sont même allées plus loin : maison par maison, elles ont sorti les hommes et les adolescents et les ont emmenés dans des prisons sur place ou dans les villes voisines. Là, ils ont été torturés, et souvent de manière très cruelle. À tel point qu’au moins neuf personnes, que nous avons identifiées, sont mortes des suites de leurs blessures.

Nous demandons donc, en premier lieu, la libération immédiate des personnes détenues depuis l’intervention des forces armées.

Nous considérons, aussi, que les actes de torture, les exécutions extrajudiciaires et les détentions arbitraires, effectués de manière massive et systématique à l’encontre des populations civiles, constituent des crimes contre l’humanité au regard du droit international.

Nous espérons que le Conseil de sécurité de l’ONU va saisir le Procureur de la Cour pénale internationale. Les forces de Bachar Al Assad ne se battent pas contre des gangs ou des terroristes, comme elles le prétendent, mais contre la population civile : on ne peut plus attendre ! »


PROPOS RECUEILLIS PAR MARION QUILLARD
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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:19

SYRIE. Les tueries doivent "cesser", exhorte Ban Ki-moon

Publié le 07-07-11

En l'espace de deux jours, 23 civils ont été tués à Hama, dans le nord du pays, par les forces de sécurité.

"En Syrie, les tueries continuent. Elles doivent cesser", a martelé Ban Ki-moon. (c) Reuters"En Syrie, les tueries continuent. Elles doivent cesser", a martelé Ban Ki-moon. (c) Reuters

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a appelé jeudi 7 juillet les autorités syriennes à "cesser les tueries" qui continuent de se dérouler dans le pays où 23 civils ont été tués à Hama (nord) depuis mardi par les forces de sécurité.

"En Syrie, les tueries continuent. Elles doivent cesser", a exhorté Ban Ki-moon lors d'un point de presse à Genève, appelant Damas à autoriser l'entrée sur son territoire de la mission d'évaluation humanitaire de l'Onu ainsi que de celle mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu. "Il est temps de voir des progrès là-bas. On ne peut pas continuer ainsi", a-t-il insisté.

Le régime de Bachar al-Assad réprime dans la violence le mouvement populaire de protestation entamé le 15 mars dans le pays qu'il dirige depuis 2000.

Les demandes de l'Onu sont restent lettre morte

L'Onu réclame depuis plusieurs mois l'accès au territoire syrien afin d'évaluer la situation humanitaire sur place. Une mission a été également mandatée par le Conseil des droits de l'homme pour enquêter sur les violations présumées des droits de l'homme commises lors de la répression. Cette enquête avait été demandée par le Conseil le 29 avril lors d'une session extraordinaire sur la Syrie.

Jusqu'à présent, les demandes de l'Onu sont restées lettre morte.

En revanche, le Comité international de la Croix-Rouge a annoncé mercredi qu'il avait pu pénétrer fin juin à Deraa (sud) et Idleb (nord-ouest), villes parmi les plus touchées par les violences depuis le début du soulèvement populaire.

Les autorités syriennes tentaient jeudi de soumettre Hama, ville traditionnellement rebelle du nord de la Syrie, actuellement encerclée par l'armée.

"Crimes contre l'humanité"

Par ailleurs, l'armée avait continué à progresser mercredi dans la région de Jabal al-Zaouia, dans la province d'Idleb. Les soldats sont entrés à Kafar Oueid où des tirs intenses de mitrailleuses lourdes ont été entendus. A Kansafra, ils ont transformé une école en prison et y font des interrogatoires, a expliqué Rami Abdel Rahmane.

Amnesty International a dénoncé mercredi la répression des manifestations pour la démocratie. "Les crimes commis (...) s'apparentent à des crimes contre l'humanité car ils s'inscrivent visiblement dans le cadre d'une attaque systématique et de grande ampleur contre la population civile", a estimé l'ONG.

Un organisme pour le dialogue national, mis en place par le régime, a appelé des opposants et des intellectuels à des consultations le 10 juillet, pour débattre notamment d'amendements prévus de la Constitution et examiner un projet de loi sur le multipartisme. Mais les Comités de Coordination locale, qui chapeautent les manifestants, y ont opposé une fin de non-recevoir.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 20:26
Soudan
 

Quelque 197 migrants clandestins sont morts par noyade, mardi soir, après un incendie sur leur bateau qui se dirigeait vers l'Arabie saoudite.

Ce bilan a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de la police soudanaise.

Selon les autorités soudanaises, on ne compte que trois rescapés. Les recherches se poursuivent pour tenter de trouver d'éventuels survivants.

Le navire, battant pavillon cubain, serait parti de Tokar, à 150 km au sud de Port Soudan, près de l'Érythrée. Quatre Yéménites, accusés d'être les propriétaires du bateau, avaient été arrêtés.

De nombreux réfugiés, originaires de pays voisins du Soudan et fuyant les conflits, tentent de gagner la riche Arabie saoudite par la mer avec l'aide de passeurs. Leur aventure se termine généralement au Yémen.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 20:26

 

 

Au Maroc, des manifestants sont descendus dans les rues, hier. Ils ont exigé plus de réformes politiques, en dépit de l’approbation par référendum d’amendements constitutionnels limitant les pouvoirs du roi.

Des cortèges et des rassemblements ont eu lieu notamment à Rabat, Casablanca et Tanger, à l’appel du Mouvement du 20 février. Depuis le début de l’année, c’est cette organisation qui est à l’origine de la contestation dans le royaume. Cette mobilisation intervient après un référendum qui a été approuvé vendredi à une très large majorité. Impliquant des réformes qui donnent d’avantage de pouvoir au premier ministre mais laissent de nombreuses prérogatives au roi Mohammed VI. Le pouvoir a salué ces réformes comme « un pas vers une monarchie plus parlementaire », mais les contestataires du Mouvement du 20 février les ont jugées insuffisantes. Le Mouvement revendique des réformes pouvant conduire à l’établissement d’une monarchie parlementaire (en s’inspirant notamment du modèle espagnol), une plus grande justice sociale et la fin de la corruption dans un pays où un grand nombre de jeunes est au chômage. Les autorités accusent souvent ces jeunes militants d’être « noyautés » et « manipulés » par les islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance et par les courants d’extrême gauche. Aucune estimation de source policière ou des organisateurs n’était disponible hier soir sur le nombre des manifestants, mais selon des journalistes sur place, cette mobilisation a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Selon ces journalistes, des islamistes de l’association Al Adl Wa Ihssan (Justice et bienfaisance, interdite mais tolérée par les autorités) ont participé à ces démonstrations. À Casablanca, un important dispositif policier encadrait les protestataires, alors que des contre-manifestants ont lancé des pierres dans leur direction. Toujours selon ces journalistes, un militant a été blessé. À Rabat, le défilé a parcouru dans le calme le boulevard Hassan II et Mohammed V, une grande artère qui mène au Parlement. Les manifestants scandaient « nous sommes là pour un meilleur avenir ».

Pour plus d’informations concernant la réforme : http://www.sgg.gov.ma/bo5952F.pdf?cle=42

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