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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:23

Les rebelles libyens ont rejeté dimanche le plan de paix proposé par l'Union africaine pour mettre fin au conflit en Libye, réaffirmant que toute solution doit être basée sur le départ immédiat de Mouammar Kadhafi.

Le porte-parole du Conseil national de transition, l'organe de l'opposition libyenne, Abdel Hafiz Ghoga, a déclaré lors d'une conférene de presse à Benghazi que le plan de l'UA est inacceptable parce qu'il n'exige pas le départ de Kadhafi.

"Le CNT rejette toutes les propositions qui n'incluent pas le départ de Kadhafi et ses proches collaborateurs", a souligné M. Ghoga.

A l'issue de son 17e sommet qui avait pris fin vendredi à Malabo, en Quinée équatoriale, l'organisation panafricaine avait appelé les deux parties en conflit en Libye à cesser les hositiltés et à entamer immédiatemment des négociations pour trouver une solution politique.

La feuille de route de l'UA propose également le renforcement de l'embargo sur les armes jusqu'à la fin de la période de transition, et les réformes nécessaires pour répondre aux aspirations du peuple libye, dont l'organisation d'élections sous la supervision de la communauté internationale.

Le plan de paix de l'UA ne demande pas le depart de Kadhafi, une condition préalable fixée par l'opposition pour un cessez-le- feu.

 

http://french.cri.cn/621/2011/07/04/301s247424.htm

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:22

Maroc : manifestations aprés le referendum sur la réforme constitutionnelle

 


Des milliers de manifestants défilent le 3 juillet 2011 à Casablanca
© AFP Abdelhak Senna

Des manifestations dans les principales villes du Maroc ont exigé dimanche plus de réformes politiques, en dépit de l'approbation par référendum d'amendements constitutionnels limitant les pouvoirs du roi.

Des cortèges et des rassemblements ont eu lieu notamment à Rabat, Casablanca et Tanger, à l'appel du Mouvement du 20 février, qui est à l'origine du mouvement de contestation dans le royaume depuis le début de l'année.

Aucune estimation de source policière ou des organisateurs n'étaient disponible dimanche soir sur le nombre des manifestants, mais selon des journalistes de l'AFP, cette mobilisation a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

Selon ces journalistes, des islamistes de l'association Al Adl Wa Ihssan (Justice et bienfaisance, interdite mais tolérée par les autorités) ont paricipé à ces démonstrations.

A Casablanca, un important dispositif policier a encadré les protestataires, alors que des contre-manifestants ont lancé des pierres dans leur direction. Selon un journaliste de l'AFP, un militant a été blessé.

A Rabat, le défilé a parcouru dans le calme le boulevard Hassan II et Mohammed V, une grande artère qui mène au Parlement. Les manifestants scandaient "nous sommes là pour un meilleur avenir".

Tapant dans leurs mains levées vers le ciel, les protestataires réclamaient sur des banderoles "dignité, liberté et justice sociale". En tête des cortèges, on pouvait lire: Mamfakinch" ("nous ne lâcherons pas").


Des milliers de manifestants défilent le 3 juillet 2011 à Casablanca
© AFP Abdelhak Senna

Les manifestants étaient également nombreux dans d'autres villes comme Tanger.

Cette mobilisation intervient après un referendum qui a approuvé vendredi à une trés vaste majorité des réformes qui donnent d'avantage de pouvoir au premier ministre mais conservent de larges prérogatives pour le roi Mohammed VI.

Le pouvoir a salué ces réformes comme un pas vers une monarchie plus parlementaire, mais les contestataires du Mouvement du 20 février les ont jugées insuffisantes.

A Casablanca, un manifestant de 22 ans, Bilal Chihab, a assuré : "Je suis étudiant, je n'ai pas d'argent je fais des études dans des conditions difficiles et je veux que ma vie change. C'est pour ça que je manifeste aujourd'hui".

"Je suis ici pour protester contre la nouvelle constitution qui n'a rien changé et qui renforce encore plus les pouvoirs du roi", a déclaré Omar, un salarié du privé âgé d'une trentaine d'années.

Le mouvement du 20 février avait appelé au boycott du référendum à l'instar de trois petits partis de gauche et d'un syndicat.

Le Mouvement du 20 février comprend des jeunes de tendances politiques différentes: des jeunes "cyber-militants", pour la plupart indépendants, des gauchistes et des islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance.


Le roi Mohamed VI dans un bureau de vote à Rabat, le 1er juillet 2011
© AFP Abdelhak Senna

Le Mouvement revendique des réformes pouvant conduire à l'établissement d'une monarchie parlementaire, en s'inspirant notamment du modèle espagnol, une plus grande justice sociale, et la fin de la corruption dans un pays où un grand nombre de jeunes est au chômage.

Les autorités accusent souvent ces jeunes militants d'être "noyautés" et "manipulés" par les islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance et par les courants d'extrême gauche.

Le nouveau texte constitutionnel renforce les pouvoirs du Premier ministre et du parlement tout en préservant la prééminence politique et religieuse du monarque. Il prévoit également des réformes renforçant l'Etat de droit et l'indépendance de la justice.

Selon ce texte, le Premier ministre, issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était jusque là du seul attribut du roi.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:20

Syrie. Un fleuve de sang, une opposition en quête d'union

Le fleuve de sang continue à déferler en Syrie : plus de 1350 morts. A côté, le Liban tremble. Et l’opposition syrienne se cherche, dans l’œuf du serpent comme dans l’exil.



Par le sang, Bachar El Assad veut changer de peuple. Pas question, pour le digne fils du père Hafez qui avait tué 20 000 personnes en 1982 à Hama, d’accepter une Syrie debout. Il lui a envoyé la mitraille, les chars, les hélicoptères, tout l’effrayant arsenal des despotes qui n’ont jamais vu changer le pays ployé sous leur poigne. Bilan provisoire : plus de 1350 morts. 28 dans la seule journée du vendredi 1er juillet. Jour de colère où un demi-million de manifestants ont défilé à Hama dont le régime a voulu éradiquer la mémoire pendant trente ans. 


La nuit dernière, les Syriens sont encore redescendus dans la rue en scandant ce cri arabe que le monde entier a appris à comprendre sans avoir besoin de parler un seul mot d’arabe : « Al Chaab yourid iskat al Hukkuma », « Le peuple veut la chute du régime ! ». Ceci s’est passé à Lattaquié, Homs, Hama. Dans la banlieue de Damas comme à Deir-es-Zhor, vers le désert. Partout. Et nulle part la tyrannie ne veut céder. 


Bachar avait cependant parlé de « dialogue national ». Il avait même autorisé le lundi 27 juin la tenue d’une réunion de l’opposition au cœur de la capitale. Mais pendant ce temps-là, la boucherie continuait. Une autre rencontre devait se tenir ce dimanche, elle n’a pas pu avoir lieu. Détail surréaliste : l’ambassadrice de Syrie en France lance une opération à l’Unesco sur la préservation de villages antiques. Alors qu’au même moment, les chars pilonnent les villages non antiques, les vivants villages syriens qui disent non et saignent. 


Chez le voisin libanais, la tension monte. Au pays du Cèdre, en effet, gouverné par Nejib Mikati, un premier ministre acquis au Hezbollah, on retient son souffle. Le Tribunal international pour le Liban, chargé de faire la lumière sur l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005, vient en effet d’inculper quatre hauts dignitaires du Hezbollah.Beyrouth dispose de 30 jours pour les arrêter. Seulement, Hassan Nasrallah, leader du Parti de Dieu, vient d’affirmer qu’il n’en sera jamais question. Rappelant ainsi aux pauvres âmes libanaises éternellement otages qu’il est, lui, Nasrallah, le seul maitre après Allah du Liban. Et le meilleur ami de Bachar el Assad, avec l’Iranien Ahmadinejad qui sait si bien comment disperser à la hache les manifestants de Téhéran. 


Le Liban est donc tétanisé : il suffit à Bachar de souffler sur les braises de l’été moyen-oriental et Beyrouth s’enflammera, histoire de faire oublier Damas. 

Le retrait des troupes syriennes du Liban le 26 avril 2005 n’était-il qu’une pantomime ? Aujourd’hui, la seule force politique et militaire qui fasse le poids, de Tyr à la Bekaa, reste le Hezbollah pro-syrien. Avec l’arsenal qu’il est en train de rapatrier de ses bases arrière situées en terre baasiste, sa puissance au Liban se renforce encore. 


Sans perdre de vue le dérivatif que pourraient constituer ces petites déstabilisations entre amis, Bachar continue donc à précipiter son propre peuple aux enfers avec une arrogance meurtrière. L’écrivain Khaled Khalifa, né à Alep, dont le dernier roman, « L’éloge de la haine », vient de sortir en français( éditions Actes sud, traduit de l’arabe par Rania Samara)rappelle régulièrement, depuis le début des manifestations, que le régime n’a pas changé, qu’il se comporte toujours comme en 1982, au moment de l’insurrection islamiste. Celle que Khalifa raconte autant en témoin qu’en romancier. Seulement le peuple, lui, a changé. 

L’avenir pour lequel se battent les Syriens peut-il encore se comparer aux rêves qui traversaient les protagonistes du mouvement anti-Hafez de 1982 ? C’étaient des rêves islamistes et l’héroïne de Khaled Khalifa, ivre de ce mirage, laissait tomber des mots piégés par la dynamite de l’obscurantisme : 

« Derrière mon voile noir, Alep m’apparaissait comme le lieu idéal pour rencontrer la haine. En rêve , elle m’emportait vers un univers immaculé. Je dessinais des anges combattants qui brandissaient des fusils, tirant sur les soldats des Brigades de la mort, de plus en plus violents, de plus en plus hystériques… » 


La révolution syrienne, aujourd’hui, ne peut plus se résumer aux envoûtements religieux. Une autre génération est apparue, comme sur tous les rivages arabes et toutes ces jeunesses se ressemblent, comme le montrent les passionnantes enquêtes démographiques de Youssef Courbage et Emmanuel Todd. 

En revanche, les mots qui décrivent l’armada répressive sont toujours d’actualité. Evoquant « les divisions militaires venues du front avec leurs blindés et leurs canons pour assiéger Alep » en 1982, Khaled Khalifa écrit : « Les soldats avaient le regard perdu , ils étaient terrorisés, risquant leur vie pour protéger les responsables du Parti qui, eux, se terraient dans leurs maisons… » De nombreux soldats, aujourd’hui, refusent de tirer. C’est sur ces éléments réfractaires que les commandants tirent à leur tour, comme l’attestent les témoignages de soldats syriens en fuite, recueillis à la frontière turque. Bachar reste néanmoins le maitre de la majeure partie de ses troupes et de sa garde républicaine. 

Mais l’issue ne sera pas celle de 1982. Répétons encore, et malgré la désinformation qui s’installe très facilement en raison du huis-clos instauré par les autorités baasistes, que l’insurrection est une lame de fond associant tous les milieux. Et toutes les oppositions. 

Nous y voilà : quelles oppositions Qu’y a-t-il face à Bachar El Assad ? 

On sait que la rencontre de Damas du 27 juin a réuni des grandes figures de l’opposition intellectuelle de ces vingt dernières années. Elles appartiennent, en gros, à la gauche post-nassérienne, laïque, peu suspecte de sympathie pour l’islamisme MAIS condamnant la répression qui a frappé les islamistes. Citons Aref Dalila, qui a fait de nombreuses années de prison, ainsi que Michel Kilo, lui aussi longtemps embastillé, et dont le sourire courageux, entre deux mises au cachot, a toujours impressionné les journalistes français de passage à Damas du temps où ils pouvaient encore obtenir un visa. Je l’avais rencontré alors que l’épisode des « salons » de Damas, la brève ouverture démocratique de 2000-2002, se refermait . 

L’autre lundi, Michel Kilo et ses compagnons, à l’hôtel Sheraton, ont martelé qu’une « solution sécuritaire entrainerait la destruction de la Syrie ». Ils ont rendu hommage à tous les Syriens tombés ces derniers mois et réclamé des réformes démocratiques qui ne soient pas une duperie. 


Une autre opposition s’était réunie, voici juste un mois, le 2 juin, à Antalya, en Turquie. Les tendances étaient mêlées : Frères musulmans avec la présence de leur chef en exil à Londres, Moulhem Al Droubi, Kurdes, tribus, militants des droits de l’homme. Les 300 participants ont élu un conseil consultatif de 31 membres qui a exigé la démission immédiate de Bachar El Assad et des élections libres. 

Ces deux oppositions peuvent-elles un jour s’entendre, se rejoindre alors que, de toute façon, le régime tire dans le tas sans faire la différence entre un enfant, une femme, un sympathisant islamiste ou un adolescent avide de libertés à l’occidentale ? On a malheureusement appris que les intellectuels qui avaient accepté de se rencontrer à Damas ont été accusés par l’opposition extérieure de faire le jeu du régime. 

Alors qu’ils sont dans l’œuf du serpent.
 
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:18

La répression se poursuivait dimanche 3 juillet, après les manifestations les plus importantes depuis le début de la contestation, il y a quatre mois.

 

 

« Dégage ! » À grands cris, la rue syrienne résiste. Et continue de braver la violence du régime : vendredi 1er juillet, ils étaient un demi-million à réclamer le départ du président Bachar Al Assad, accroché depuis près de quatre mois à son pouvoir vacillant. Damas, Homs, Hama, Idleb… De nombreuses villes du pays ont vu déferler des milliers de manifestants lors de « la plus grande manifestation anti-régime » depuis le début de la contestation le 15 mars, selon les organisations des droits de l’homme syriennes.

Si la ténacité des Syriens se confirme, la surdité du régime aussi. L’armée a intensifié dimanche 3 juillet sa répression dans le nord-ouest du pays, procédant à de nouvelles arrestations et déployant des troupes dans le centre de la ville de Hama, un des noyaux de la contestation, a indiqué un militant.

PLUS DE 1300 CIVILS TUES

Une centaine de chars et de transports de troupes avaient avancé samedi 2 juillet au soir vers le village de Kifr Rouma, a indiqué le chef de l’Observatoire des droits de l’homme, Rami Abdel Rahmane. Les soldats ont aussi procédé à des arrestations dans la région de Jabal Al-Zawiyah dans la province d’Idleb, a-t-il ajouté. La seule réponse non-armée du président syrien a été le limogeage du gouverneur de Hama samedi.

« Le peuple syrien sait que le changement signifie la chute du régime et le régime le sait très bien. » Comme Yassine Haj Saleh, figure de proue de l’opposition, plus personne ne doute aujourd’hui que le divorce entre le pouvoir et son peuple est consommé. Les réformes annoncées par Bachar Al Assad l’ont été en même temps que l’envoi de chars, et l’opposition refuse de dialoguer avec lui.

Reste à savoir combien de temps encore durera ce bras de fer que la communauté internationale continue d’observer sans se décider à intervenir, et qui a coûté la vie à plus de 1 300 civils. Vendredi, la télévision officielle relayait l’image de rassemblements de soutien au président Assad à Alep, aux cris de « Dieu, la Syrie, Bachar, et c’est tout ».

 

BENJAMIN LECLERCQ

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:17

"La Suisse accordera une aide de 60 millions de dinars sur 5 ans à la Tunisie (ambassadeur de Suisse à Tunis)

300611ambassadeur_swisse
TUNIS (TAP) - "La Suisse accordera à la Tunisie des dons d'une valeur de 60 millions de dinars, étalés sur une période de cinq ans", a indiqué M. Pierre Combernous, ambassadeur de Suisse à Tunis, lors d'une conférence tenue, jeudi, au siège de l'ambassade à Tunis.

L'ambassadeur a souligné que ce programme de dons de 12 millions de dinars par an, profitera principalement aux régions du Centre de la Tunisie et, plus particulièrement, aux localités de Feriana et de Thala.

Ces fonds permettront de financer plusieurs projets liés à la gestion de l'eau, notamment avec la mise en place de stations d'épuration et de recyclage des eaux usées pour les gouvernorats de Kasserine et de Siliana.

Les eaux recyclées, a-t-il précisé, seront exploitées dans l'irrigation de larges périmètres agricoles et permettront de sauvegarder la nappe phréatique locale.

Il a ajouté que ce type de projet réglera de manière définitive certains problèmes sanitaires dans la région, en éradiquant les cas d'hépatites signalés dans la région, à la suite de la contamination de la nappe phréatique par des eaux usées non recyclées.

L'accent a, par ailleurs, été mis sur d'autres projets de développement régional, initié par des ONG suisses, à l'instar de la "Fondation hirondelle", spécialisée dans l'assistance aux médias, qui propose d'investir 1,5 million de dollars en vue de renforcer les radios locales, particulièrement ceux de l'intérieur.

Des contacts préliminaires ont été établis en mars dernier, et un premier projet est en cours d'élaboration en coopération avec radio Gafsa, a-t-il déclaré.

La Suisse, indique M. Combernous, compte d'autre part consolider sa présence en Tunisie avec l'ouverture d'un consulat honoraire dans l'île de Djerba et la nomination de M. Rachid Abdelkebir, au poste de consul honoraire.

Une mesure qui, selon l'ambassadeur de Suisse, permettra de stimuler l'afflux de touristes helvétiques vers l'île, à raison de 60.000 touristes par an, sur un total de 120.000, qui visitent chaque année la Tunisie.

Au plan humanitaire, l'ambassadeur suisse a fait remarquer que son pays a été très actif avec l'octroi d'aides aux réfugiés pour des dons d'une valeur de 5 millions de dinars, rappelant que le Gouvernement suisse a, également, assuré une assistance technique et financière à plusieurs organisations humanitaires opérant dans la région.

L'aide suisse, a-t-il ajouté, a, également, touché les régions frontalières ou de transit, à l'instar de la localité de Ben Guerdane, située sur la frontière tuniso-libyenne.

Au niveau économique, M. Combernous a rappelé que les investissements suisses en Tunisie avoisinent les 160 millions de dinars, répartis entre plusieurs grandes sociétés suisses et PME actives dans divers secteurs, tels que les industries électriques et mécaniques, pour un total de 14.000 emplois directs créés.

Il a précisé que plusieurs sociétés helvétiques ont émis le désir d'investir, durant la prochaine période, dans des secteurs comme le consulting, la recherche dans le domaine électronique et surtout dans les énergies renouvelables.

En réponse à une question sur les avoirs du président déchu et de sa famille, gelés en Suisse, l'ambassadeur helvétique a déclaré que le montant de 60 millions de francs suisse annoncé, a été fait sur la base des numéros de comptes ouverts au nom de Ben Ali et de sa famille, et que ces avoirs pourraient être revu à la hausse si d'autres comptes seraient communiqués par les autorités tunisiennes.

Il a, d'autre part, salué la coopération établie dans ce domaine entre la Banque centrale de Tunisie et son homologue helvétique, rappelant qu'il existe au total 600 millions de francs suisses d'avoirs tunisiens hébergés en Suisse, dont la majorité appartiennent à des sociétés ou à des particuliers qui n'entretiennent aucun lien avec le régime déchu.

M. Combernous a affirmé que les avoirs gelés seront restitués au peuple tunisien même si les procédures prennent quelques années, faisant remarquer que la Suisse est l'un des rares pays au monde à avoir déclaré le montant des avoirs gelés du président déchu et des membres de sa famille.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:14
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:10

Le scandale : quel est le chiffre réel des responsables du R.C.D dissous, inéligibles à la Constituante tunisienne : est-ce 50.000 personnes? 18.000 personnes? ou 14.000 personnes ? A défaut, allons-nous vers leur réhabilitation massive ?
Mounir BEN AICHA

Auteur : Mounir BEN AICHA.



Le parti politique du Président déchu BEN ALI, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique ( le R.C.D.) comptait du temps de président déchu plus de deux millions d’adhérents et environ 50.000 responsables régissant les structures du R.C.D. Ce parti politique (le R.C.D )a été dissous le 9 mars 2011 par une décision de justice.

Voilà qu’aujourd’hui, au sein du Conseil de l’ISROR, Mustapha TLILI nie complètement l’existence de 50.000 personnes qui étaient responsables dans les structures du R.C.D. dissous , du temps du dictateur BEN ALI et qui aujourd’hui devraient normalement être déclarés inéligibles à l’Assemblée Nationale Constituante dont l’élection est prévue pour le 23 octobre 2011.

En effet, Mustapha TLILI conteste le chiffre de 50.000 responsables du R.C.D dissous et ne reconnaît que l’existence d’un chiffre très réduit comprenant un nombre variant entre 14.000 et 18.000 personnes qui seraient inéligibles à la Constituante.

Le chiffre avancé par Mustapha TLILI, variant entre 14.000 et 18.000 personnes inéligibles à la Constituante, comprend à la fois les responsables du R.C.D dissous ainsi que les personnes qui ont appelé le Président déchu à se présenter aux élections de 2014 (Mounachidines)…!

En réalité, ce que désire Mustapha TLILI qui relève de l’autorité de Yadh BEN ACHOUR est que la majorité des responsables Ex-RCDistes du temps de BEN ALI seront gracies, et réhabilités pour leur permettre de se présenter aux prochaines élections…!

Il est à rappeler que Mustapha TLILI est le Président de la Sous-Commission 17 relevant du Conseil de l’ISROR, présidée par YADH BEN ACHOUR ayant pour tâche de dresser la liste des responsables du R.C.D dissous et des Mounachidines qui seraient inéligibles à la future Constituante tunisienne. Quant à l’ISROR, c’est bel et bien la » Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique » qui est présidée par Yadh BEN ACHOUR

La tendance actuelle du Gouvernement tunisien dirigé par le Premier Ministre Béji Caîd-Essebsi est de ne pas exclure les responsables du R.C.D dissous à la Constituante ainsi qu’aux prochaines élections tunisiennes…! Cette tendance de réhabiliter les responsables Ex-RCDistes aux prochaines élections tunisiennes est partagée par Yadh BEN ACHOUR, le Président de l’ISROR, son frère Rafaa BEN ACHOUR qui est le Ministre délégué auprès de Béji Caïd-Essebsi ainsi que par le Président actuel par intérim, le nommé Fouad M’BAZZAA qui dans l’ensemble étaient aussi du temps de BEN ALI, des responsables Ex-RCDistes notoires….!

Cependant, cette tendance du Gouvernement tunisien actuel va à l’encontre de la volonté du peuple tunisien qui depuis le 14 janvier 2011, avait maintes fois revendiqué l’exclusion totale des responsables Ex-RCDistes de la vie politique tunisienne future afin de couper court avec les méthodes bénalistes dictatoriales du passé. Aujourd’hui, le peuple tunisien ne désire pas faire la chasse à la sorcière aux simples adhérents Ex-RCDistes mais uniquement aux Responsables Ex-RCDistes qui ont participé à l’exercice des fonctions de responsabilités dans le parti politique du Président déchu BEN ALI, à savoir le parti politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (R.C.D.).

En effet, ce que désire actuellement le peuple tunisien est d’interdire aux responsables Ex-RCDistes le fait de présenter leurs candidatures pour les élections futures telles que l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante, les élections présidentielles, législatives, et municipales futures, réclamant leurs inéligibilités pour ces élections.

L’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la Constituante signifie que ces responsables Ex-RCDistes ne peuvent pas présenter leurs candidatures en vue d’être élus dans l’Assemblée Nationale Constituante ou dans les futures élections..

C’est dans ce contexte, que le 11 avril 2011, le Conseil de l’ISROR avait adopté le projet du décret-loi relatif à l’élection de la future Assemblée Nationale Constituante dont l’élection est prévue pour le 23 octobre 2011. Cette Constituante est chargée d’élaborer une nouvelle Constitution tunisienne.

Parmi les dispositions de ce projet du décret-loi organisant la Constituante, il est à citer l’article 15 qui concerne l’inéligibilité à la Constituante des responsables du R.C.D dissous ainsi qu’aux personnes ayant appelé le Président déchu BEN ALI à se présenter aux élections de 2014.

L’article 15 adopté le 11 avril 2011 est le suivant :

» l’extension de l’inéligibilité pour la future Constituante aux responsables du R.C.D qui ont exercé leurs fonctions, durant les 23 dernières années en outre, l’exclusion de tout responsable, ayant appuyé le président déchu pour la présidentielle 2014, du droit d’éligibilité à l’assemblée constituante.

Une liste sera établie et décidée, à cet effet, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections ».

Cet article a rapidement reçu l’opposition de Béji Caïd-Essebsi, le Premier Ministre tunisien actuel qui avait demandé le 16 avril 2011 de ne pas procéder systématiquement à l’inéligibilité des responsables du R.C.D dissous et proposant de n’exclure ces responsables du R.C.D que cas par cas à travers l’établissement des listes.

Face à l’opposition du premier Ministre tunisien à l’exclusion des responsables Ex-RCDistes à la Constituante, Yadh BEN ACHOUR qui est le Président de l’ISROR, avait répondu favorablement à la demande du Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi par la conclusion en date du 3 mai 2011, d’un compromis avec Béji Caïd-Essebsi révisant l’article 15 précité.

Selon ce compromis précité ,conclu en date du 3 mai 2011, la révision de l’article 15 avait introduit le rétablissement de l’inéligibilité par le biais des listes tout en supprimant la référence à la durée de 23 ans, en partant de 1987 jusqu’à la date du 14 janvier 2011, pour ne laisser apparaître finalement qu’un pouvoir discrétionnaire, au cas par cas, dans l’établissement des listes nominatives des inéligibles…!

Le texte du compromis du 3 mai 2011 qui a été appuyé par le Conseil de l’ISROR le 5 mai 2011 a été transmis le vendredi 06 mai 2011 au Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA, lequel lors de cette séance après l’avoir de nouveau modifié, l’a approuvé et ratifié sous forme de décret-loi qui a été publié au journal officiel tunisien en date du 10 mai 2011.

Selon cette adoption et ratification sous forme de décret-loi par le Conseil des Ministres en date du 6 mai 2011, les dispositions de l’article 15 du projet de décret-loi relatif à l’élection de l’Assemblée ationale Constituante seraient les suivantes :

” A le droit de présenter sa candidature à l’assemblée nationale constituante, tout électeur âgé de plus de 23 ans accomplis le jour de la présentation de sa candidature.

Ne leur est pas permis de présenter leur candidature:

* Les personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu, à l’exception des membres de ce gouvernement n’ayant pas appartenu au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD – Dissous).

* Les personnes qui ont occupé des postes de responsabilité dans les structures du RCD, sous le régime du président déchu. Les responsabilités concernées seront déterminées par décret, sur proposition de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

* Les personnes qui ont appelé le président en fuite à renouveler sa candidature à l’élection présidentielle de 2014. Cette liste sera établie par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. »

Ce sont finalement ces nouvelles dispositions de l’article 15 du ce décret-loi sur la Constituante approuvées le 6 mai 2011 en Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA qui seraient définitivement retenues, lequel décret-loi a été publié le 10 mai 2011 au Journal Officiel Tunisien.

Ces dispositions définitives du décret-loi relatives à l’article 15 peuvent se résumer ainsi

1- la référence à la durée de 10 ans ou de 23 ans a été définitivement supprimée. On ne tient plus compte de la durée de la participation des responsables Ex-RCDistes dans les structures du .R.C.D pour déterminer leur inéligibilité à la Constituante,

2- Les listes des personnes qui ont occupé des postes de responsabilité dans les structures du R.C.D sous le régime du dictateur déchu BEN ALI seront établies conjointement par le Conseil de l’ISROR et le Gouvernement. Le Conseil de l’ISROR communique d’abord ses propositions de listes à Béji Caïd-Essebsi ainsi que Fouad M’BAZZAA qui à leur tour pourront les réviser avant leur adoption par décret..

3- Les listes des personnes qui ont appelé le président en fuite à renouveler sa candidature présidentielle de 2014 relèveront de la compétence du Conseil de l’ISROR.

La mise en oeuvre des dispositions de l’article 15 a été retardée par le Conseil de l’ISROR, raison pour laquelle l’élection de la Constituante qui était prévue pour le 24 juillet 2011 a été ajournée pour le 23 octobre 2011 sous prétexte de l’existence d’un certain nombre de problèmes techniques qui se sont posées à l’instance supérieure chargée des élections.

Ce n’est que le mardi 31 mai 2011 que le Conseil de l’ISROR a entamé la mise en oeuvre de l’article 15 précité en constituant lors de cette session deux Sous-Commissions :

- la première Sous- Commission sera chargée de l’élaboration d’un nouveau texte du pacte républicain, tandis que,

- la deuxième Sous-Commission ( appelée Commission N° 17 ) aura pour mission d’établir les listes des candidats inéligibles à la Constituante, dont les responsables du RCD dissous et les personnes qui ont exhorté le président déchu à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2014(‘mounachidines’).

Au cours de cette réunion, le Conseil de l’ISROR a adopté le projet du décret relatif au découpage électoral et à la répartition des sièges en fonction des circonscriptions dans les élections de la Constituante. A ce sujet, il est prévu 218 sièges qui seront désignés au sein de la future Assemblée Nationale Constituante dont 19 seront réservés aux tunisiens à l’étranger. Le nombre des circonscriptions électorales a été fixé à 33 circonscriptions dont 27 en Tunisie et 6 à l’étranger.

La composition des membres de la Sous-Commission 17 chargée d’élaborer la liste des candidats inéligibles à la Constituante a été entourée de beaucoup de secret et de huit clos. Cette Sous-Commission 17 est présidée par Mustapha TLILI et comprend 17 membres dont la mission est de dresser la liste des personnes déclarées inéligibles au mandat électif de la Constituante, prévu le 23 octobre 2011.

Le jeudi 23 juin 2011, le Conseil de l’ISROR a débattu en fin de matinée, des modalités d’application de l’article 15 du décret-loi relatif à l’élection des membres de la Constituante.

Au cours de cette session du jeudi 23 juin 2011, l’examen de la question des personnes inéligibles qui ont appelé le président déchu BEN ALI à se présenter aux élections 2014 (‘mounachidines’), ainsi que la question concernant l’inéligibilité à la Constituante des responsables du R.C.D. dissous ont été abordées.

Cependant, lors de cette session du 23 juin 2011, des difficultés ont surgi dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables du RCD dissous ainsi que les personnes ayant appelé le président déchu à se présenter aux élections de 2014 ( en arabe : » Les Mounachidines » ).

Ces difficultés dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables du R.C.D et des « Mounachidines » proviennent :

- en premier lieu des moyens de preuve de l’exercice des responsabilités au sein du R.C.D dissous, autrement dit, les archives sont diverses et lesquelles sont les plus crédibles?

- En second; lieu, ces difficultés dans la mise en oeuvre de ces inéligibilités à la Constituante proviennent du pouvoir discrétionnaire détenu par la Sous-Commission 17 pour relever le nombre des responsables du R.C.D et des « Mounachidines » qui seraient inéligibles à la Constituante. Ce pouvoir discrétionnaire peut masquer le chiffre exact des inéligibles à la Constituante qui normalement peut avoisiner les 50.000 personnes inéligibles pour ne retenir qu’un chiffre des inéligibles variant entre 14.000 et 18.000 personnes inéligibles….!

- Quant à la troisième difficulté dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité prévue par l’article 15, cette troisième difficulté se rapporte à l’absence de tout moyen de contrôle et de vérification des noms inscrits sur les listes des inéligibles en cas de contestation portant sur des personnes non inscrites qui devraient normalement l’être et inversement.

1- La première difficulté dans la mise en ouvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante relève des moyens de preuve.

La première difficulté dans la mise en ouvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante va provenir certainement de la preuve de leur appartenance au R.C.D en tant qu’adhèrents responsables du R.C.D dissous.

En effet, la seule preuve de cette appartenance au R.C.D dissous en tant que responsable dans l’une des structures de ce parti, ne peut provenir qu’en se référant aux archives du R.C.D. qui peuvent dévoiler les noms des adhérents et responsables du R.C.D dissous…

Cependant, quand on sait que beaucoup d’archives du parti du R.C.D ont été détruites volontairement après le 14 janvier 2011, beaucoup de responsables Ex-RCDistes ainsi que d’anciens membres du Gouvernement ayant exercés dans le régime de BEN ALI vont avoir la chance d’échapper à l’interdiction de l’inéligibilité prévue par l’article 15 du décret-loi organisant la Constituante….!

D’autre part, même si les listes des adhérents responsables au R.C.D. dissous existent encore, ces listes peuvent être falsifiées pour ne pas révéler les noms des Ex-RCDistes responsables, ou elles peuvent être reproduites en faux….

Au sujet de l’établissement des listes des personnes ayant appelé le Président à se présenter aux élections de 2014, la Haute Instance a décidé de revenir aux archives de la Présidence de la République . Mustapha TLILI a déclaré que :

« Nous attendons ces listes pour authentifier les éliminations », estimant qu’il convient de revenir aussi « aux documents trouvés dans le bureau de l’ancien conseiller spécial du président déchu, M. Abdelaziz Ben Dhia, dès lors qu’il a été le premier responsable de la campagne de propagande qui était menée sous l’ancien régime.

2- La deuxième difficulté dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante peut provenir du pouvoir discrétionnaire dont dispose la Sous-Commission 17 dans la délimitation des responsables du R.C.D dissous.

En effet, la seconde difficulté provient de la délimitation des responsabilités dans les structures du R.C.D dissous sachant très bien que la Sous-Commission 17 relevant du Conseil de l’ISROR chargée d’établir les listes des inéligibles à la Constituante conserve un pouvoir discrétionnaire. Il en va ainsi de Béji Caïd-Essebsi, de Fouad M’BAZZA ainsi que des membres du Conseil de l’ISROR qui sont majoritairement en faveur de Yadh BEN ACHOUR et qui dans l’ensemble penchent en faveur de la réhabilitation des responsables du R.C.D pour les élections tunisiennes futures….

Au cours de cette séance du 23 juin 2011 du Conseil de l’ISROR, le Président de la Sous-Commission 17 chargée de l’établissement des listes des inéligibles , Mustapha TLILI a précisé que ‘le fichier des responsables RCD est prêt’. ‘Il suffit de délimiter définitivement le niveau des éliminations pour que le tri soit fait’

Selon Mustapha TLILI, un tableau préliminaire a été dressé au sujet des responsables déclarés inéligibles à la Constituante. Il comprend le président, les membres RCDistes du gouvernement, les membres du Bureau politique, du Comité central, des Secrétaires généraux des comités de coordination, des fédérations professionnelles et territoriales, ainsi que des présidents des cellules.

Mustapha LILI a retenu le chiffre variant entre 14 et 18 mille personnes inéligibles à la Constituante précisant que ce chiffre comprend les personnes inéligibles qui ont appelé le président déchu à se présenter en 2014 et qui ont été estimées par Mustapha TLILI à un nombre variant entre 7000 et 9000 personnes. Ces chiffres des inéligibles à la Constituante sont vraiment minimisés car rien que le chiffre total des responsables du R.C.D totalise à lui seul, les 50.000 personnes, sans compter les personnes « mounachidines »…

En effet, il est une certitude que les listes nominatives qui vont être établies par la Commission N°17 sur l’inéligibilité à la Constituante ne vont faire apparaître qu’un nombre très réduit de noms des responsables du R.C.D dissous dans la liste des inéligibles à la Constituante, nombre qui serait loin du chiffre exact de ces responsables du R.C.D dissous.

A titre d’exemple, y’aurait-il sur ces listes sans aucune omission l’inscription des noms de l’ensemble des présidents des cellules du R.C.D qui étaient du temps de BEN ALI au nombre du 8803 personnes, ou les noms des Omdas majoritairement Ex-RCDistes, ou les noms des Conseillers municipaux et des délégués et gouverneurs majoritairement Ex-RCDistes aussi…? Faut-il recenser les noms de ces responsables Ex-RCDistes en partant de 1987 jusqu’au 14 janvier 2011 sachant que beaucoup parmi eux ont exercé que des fonctions électives portant sur quelques années de participation comme Ex-RCDistes ? Mais est-ce que ces listes vont mentionner l’ensemble des responsables du R.C.D dissous, sachant très bien que le nombre des membres responsables du R.C.D est cumulatif variant de 1988 à 2014 ? Ainsi, les candidats aux municipales sont au nombre de 4366 personnes, et les candidats aux législatives sont au nombre de 162 personnes et que les membres du Comité central du R.C.D variait tous les 5 ans pour donner un nombre cumulé depuis 1988 jusqu’à 2008….?

Il parait que d’après le tableau qui a été dressé par Mustapha TLILI et qui a été examiné le 23 juin 2011 au sein du Conseil de l’ISROR, ce tableau présenté par TLILI , n’a pas mentionné comme inéligibles à la Constituante les noms des responsables R.C.D des députés et des Conseillers de la Chambre des Conseillers, ni les noms des membres du Conseil économique et social d’appartenance R.C.D, et ni les membres des Conseillers Municipaux d’appartenance du R.C.D. dissous …!

Déjà, lors de la séance du 29 juin 2011, le Conseil de l’ISROR avait procédé par le biais d’un vote à la délimitation du statut des inéligibles à la Constituante, retenant ainsi comme inéligibles : l’ex- président et de ses conseillers, des membres RCDistes du gouvernement, de la Chambre des députés et de la Chambre des conseillers, des membres du bureau politique, du comité central, des comités de coordination, des fédérations territoriales et professionnelles, ainsi que des présidents des cellules RCD durant les 23 dernières années , tous les membres des fédérations territoriales et professionnelles ainsi que ceux qui ont appelé l’ancien président à se représenter pour une nouvelle investiture en 2014.

Toutefois, il ne s’agit là que d’une délimitation du statut des inéligibles d’une manière générale et anonyme alors que les listes des inéligibles à la Constituante seraient nominatives, et leurs inscriptions seraient décidées au cas par cas….

D’autre part, l’article 15 prévoit également l’inéligibilité à la Constituante dans son alinéa premier
pour :

» Les personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu, à l’exception des membres de ce gouvernement n’ayant pas appartenu au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD – Dissous). »

La délimitation des personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu d’appartenance R.C.D. n’a pas été précisé par le Conseil de l’ISROR jusqu’à ce jour…! Que faut-il entendre par là : est-ce que la liste des personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu d’appartenance R.C.D pourrait être contenue aux Ministres et Secrétaires d’Etat, gouverneurs, délégués et Omda, ou pourrait s’étendre à d’autres responsabilités d’une manière extensive aux personnes des Administrations, aux hauts responsables de la police et de la gendarmerie, aux Présidents et doyens des Universités, des Lycées, etc…

Et comment peut-on prouver leur appartenance au R.C.D en cas de contestation pour certaines catégories des personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement, du temps de BEN ALI ?

Finalement, la détermination des responsables du R.C.D dissous sur les listes des inéligibles à la Constituante va être effectuée par la Commission N° 17 d’une manière discrétionnaire, comme bon lui semble .

Ce pouvoir discrétionnaire est susceptible d’émaner à la fois de la Sous-Commission N°17 de l’ISROR relative aux inéligibilités, du Président de l’ISROR Yadh BEN ACHOUR ainsi que du Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi et le Président par intérim Fouad M’BAZZAA qui dans l’ensemble vont tous intervenir pour sélectionner comme bon leur semble les Responsables Ex-RCDistes inéligibles à la future Constituante.

La procédure de l’établissement des inéligibles à la Constituante serait la suivante :

- d’abord, la Sous-Commission dresse la liste des inéligibles, d’une manière discrétionnaire, comme bon lui semble,

- ensuite, cette liste des inéligibles serait examinée par le Conseil de l’ISROR et va la réviser à son tour avant de l’approuver,

- finalement, la liste des inéligibles sera examinée et révisée encore au niveau du gouvernement par le premier ministre et son conseiller Rafaa BEN ACHOUR qui est le frère de Yadh BEN ACHOUR ainsi que par Fouad M’BAZZAA et le Président de l’ISROR, Yadh BEN ACHOUR.

Lors de chaque examen de la liste des inéligibles, le nombre des personnes inéligibles sera révisé à la baisse pour être finalement adopté par décret, ne retenant qu’un nombre très réduit de personnes inéligibles à la Constituante…

Tout ce travail va être entrepris dans le manque de transparence profitant de la période estivale de juillet, août et septembre 2011 quand le public tunisien serait en vacances peu intéressé à suivre ce scandale de l’inéligibilité des responsables du R.C.D dissous à la Constituante, d’autant plus que le mois de Ramadan serait à l’approche dès le début du mois d’août, en période de grande chaleur.

l est à constater que le Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi, son conseiller Rafaa BEN ACHOUR, ainsi que le Président par intérim Fouad M’BAZZAA conserveront un pouvoir discrétionnaire venant au secours des responsables Ex-RCDistes qui majoritairement ne pourront être inéligibles à la future Constituante que si leurs noms figureraient sur les listes .

Ainsi un grand nombre parmi les responsables Ex-RCDistes auront le plaisir de pouvoir se présenter non seulement à la Constituante mais à d’autres élections tunisiennes.telles que les législatives, les présidentielles et les municipales, etc… Ce qui ouvre la porte d’accès au retour des Ex-RCDistes prochainement dans la vie politique tunisienne.

Ironiquement, l’établissement de ces listes sur l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes va jouer en faveur de ces Ex-RCDistes puisque , seuls probablement un millier de responsables Ex-RCDistes verront leurs noms établis par les listes des inéligibilités à la Constituante…

En quelques sortes, cela signifie que les autres responsables Ex-RCDistes dont les noms ne seront pas mentionnés dans les listes qui seront approuvées par décret, ces responsables ex-RCDistes seront réhabilités à participer dans les prochaines élections tunisiennes aussi bien celles qui concernent l’Assemblée Nationale Constituante mais aussi celles qui concernent dans l’avenir les présidentielles, les législatives et les municipales tunisiennes….Est-ce alors des listes qui interdisent et qui en même temps et par voie de conséquence réhabilitent les responsables Ex-RCDistes…?

3- La troisième difficulté dans la mise en oeuvre de l’établissement des listes des responsables inéligibles à la Constituante consiste dans l’absence de contrôle des listes en cas de contestation…!

Il est certain que sur les 50.000 personnes responsables du R.C.D dissous qui seraient inéligibles à la Constituante, seul un nombre réduit des responsables du R.C.D dissous peut être retenu comme inéligibles à la Constituante. En cas de contestation des chiffres des inéligibles à la Constituante qui peut contrôler le nombre exact des responsables inéligibles à la Constituante…? Peut-on opposer un veto sur la liste des inéligibles à la Constituante en cas de contestation…? Et qui serait compétent pour contrôler le nombre exact des responsables du R.C.D dissous en cas de contestation ?

Toutes ces questions ne seraient pas traitées et n’auront aucune réponse que celle décidée par Béji Caïd-Essebsi qui est favorable à la réhabilitation massive des responsables du R.C.D dissous pour les prochaines élections tunisiennes….!

D’ailleurs, à ce sujet, le Président Yadh BEN ACHOUR partage les mêmes arguments que Béji Caïd-Essebsi concernant les responsables Ex-RCDistes frappés d’inéligibilité à la Constituante.

A ce sujet, Yadh BEN ACHOUR a maintes fois affirmé qu’il n’est pas pour la chasse aux sorcières.

Cependant, la question n’est pas de faire la chasse aux sorcières aux simples adhérents Ex-RCDistes mais plutôt aux Responsables Ex-RCDistes, conformément à la volonté du peuple tunisien confirmée le 14 janvier 2011, afin d’éviter à ce que ces Responsables Ex-RCDistes ne reviendront en force dans la vie politique tunisienne pour reprendre leurs conduites bénalistes comme au temps des 23 dernières années du régime du dictateur BEN ALI…!

Dans un entretien accordé à « la Presse de Tunisie » en date du 8 mai 2011 recueilli par B. OUESLATI intitulé » Report de la date des élections », Yadh BEN ACHOUR avait affirmé au sujet de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante qui ont participé dans les structures du RCD dissous :

« qu’il faudra, faire preuve de beaucoup de bon sens pour ne pas tomber dans l’inquisition et la chasse aux sorcières. Nous devons être à la fois justes et équitables. Sur ce plan, ce ne sera ni 10 ni 23 ans, mais plutôt un système de sélection qui tienne compte de plusieurs paramètres dont, notamment, l’implication dans des affaires de corruption, de détournement de fonds ou encore dans la torture. »

Dans un autre entretien paru à la « Presse de Tunisie » en date du 22 mai 2011, recueilli par B.OUESLATI, intitulé « Transition démocratique – L’Instance en question », Yadh BEN ACHOUR faisant volte-face concernant l’inéligibilité des anciens responsables du RCD à la future Constituante, avait souligné :

qu’on ne doit pas «jeter en pâture des citoyens tunisiens, d’autant plus que la question ne concernerait qu’une dizaines de milliers de ceux qui on appelé l’ancien président à se représenter pour un nouveau mandat en 2014 et une quinzaine de milliers d’autres anciens responsables parmi les présidents de cellules, fédérations, comités de coordination, comité central et bureau politique. On va procéder au cas par cas. Et puis combien d’entre eux vont-ils oser se présenter aux prochaines élections-‚?
La volonté qui doit animer tout un chacun c’est celle de la réconciliation et non la chasse aux sorcières « .

En clair, il apparaît de tout ce qui précède qu’en tant qu’anciens Ex-RCDistes aussi bien Yadh BEN ACHOUR, Béji Caïd-Essebsi, son conseiller Rafaa BEN ACHOUR ainsi que Fouad M’BAZZAA défendent l’avenir politique des responsables Ex-RCDistes en Tunisie et ne veulent pas interdire leur participation dans les prochaines élections tunisiennes.

Les méthodes de travail au sein du Conseil de l’ISROR ont été critiquées par un certain nombre des membres du Conseil de l’ISROR.

En effet, dans sa livraison du dimanche 5 juin 2011, le quotidien Echourouq a fait apparaître la publication d’un manifeste signé par 13 membres du Conseil de l’ISROR dans lequel ces membres critiquent les pratiques de Yadh BEN ACHOUR au sein du Conseil de l’ISROR.

Ces signataires, (appelés groupe de 13) ne sont pas d’accord avec :

- le huis clos imposé aux travaux du Conseil

- la composition partiale du Conseil de l’ISROR en faveur de certains partis politiques

- « l’émergence de décisions qui ne reflètent nullement les points de vue de l’opinion publique et d’une manière contraignante dans la direction des débats, loin de tout principe de consensus.le prédominance d’une tendance politique et idéologique bien déterminée sur la composition de l’Instance. »

- la réunion du Conseil en dépit de l’absence du quorum

- du « non respect du principe de neutralité et d’impartialité par le président de l’Instance qui exprime des positions personnelles au nom de cette instance »,

- un ordre de jour orienté d’une manière expresse soit en faveur de certains partis ou pour imposer une proposition qui ne sert pas les intérêts de la majorité des membres du Conseil de l’ISROR…

Ces 13 signataires sont les suivants : Salem Haddad, Mohamed Attia, Adnane M’nasser, Mokhtar Yahiaoui,, Moncef Ouannès, Ahmed Kahlaoui, Nejib Hosni, Zouheir Makhlouf, Mohamed Bouzghiba, Saïda Harrathi, Sami Jerbi, Sofia Hammami et Fraj Maâtoug.

D’ailleurs, un certain nombre de membres du Conseil de l’ISROR se sont retirés ou ont suspendu leur participation dans ce Conseil de l’ISROR présidé par Yadh BEN ACHOUR.

Celles et ceux qui se retirés ou suspendu leur participation du Conseil de l’ISROR sont les suivants :

1- Gilbert NACCACHE, membre en tant que personnalité nationale s’est retiré en pleine séance du Conseil de l’ISROR le 22 mars 2011

2 – H’Mida NEIFAR, membre du Conseil de l’ISROR en tant que personnalité nationale s’est retiré du Conseil de l’ISROR le 14 avril 2011

3- L’Association des Magistrats Tunisiens (AMT) membre du Conseil de l’ISROR en tant qu’Association représentée par Ahmed HAMROUNI s’est retirée de ce Conseil le 11 mai 2011.

4- Kalthoum KENNOU membre en tant que personnalité nationale s’est retirée du Conseil de l’ISROR le 11 mai 2011

5- Assia Hadj SALEM, membre en tant que personnalité nationale s’est retirée vers la moitié du mois de mai 2011

5- L’ Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP) membre du Conseil de l’ISROR, en tant qu’Association représentéee par Samir DILOU, s’est retirée de ce Conseil,

6- Le Mouvement « ENNAHDHA », membre du Conseil de l’ISROR en tant que parti politique, représenté par : Noureddine BAHRI, et Sahbi ATTIG ainsi que Farida Abidi, ce parti ENNAHDHA a suspendu sa particiation dans ce Conseil en date du lundi 30 mai 2011 et ensuite a repris sa participation au Conseil de l’ISROR vers le 15 juin 2011. Toutefois, le jeudi 23 juin 2011, le parti ENNAHDHA a décidé de se retirer définitivement du Conseil de l’ISROR. Et le lundi 28 juin 2011, le Sectaire génétal du parti ENNAHDH, Rached GHANNOUCHI a confirmé le retrait de son parti du Conseil de l’ISROR en raison selon lui, non pas de la discussion sur le pacte Républicain, ni sur les discussions qui ont portées sur le financement des partis politiques, mais essentiellement en raison du fait que le Conseil de l’ISROR impose ses décisions d’une manière non consensuelle, se comportant comme un législateur, d’autant plus que ce conseil de l’ISROR est dépourvu de toute lég itimité pour représenter le peuple tunisien.

D’autres partis politiques qui sont membres du Conseil de l’ISROR ont déjà critiqué le Conseil de l’ISROR comme le parti politique de Moncef MARZOUGUI le « Congrès pour la République » (CPR), le parti politique de Néjib CHEBBI, le « Parti démocratique progressiste « (PDP),

Moncef MARZOUGUI, le Président du parti politique le « Congrès pour la République » qui est également membre du Conseil de l’ISROR, avait critiqué la tendance de Yadh BEN ACHOUR de ne pas hâter l’établissement des listes des inéligibles des responsables du R.C.D. à la future Constituante tout en demandant au Président du Conseil de l’ISROR de « couper avec les discussions de thèmes secondaires », tels celui des financements des associations et des partis, pour « éviter un éventuel nouveau report des élections. »

De même, dans une interview accordée au journal Echourouq du dimanche 26 juin 2011, Ahmed Nejib Chebbi, leader du Parti démocratique progressiste (PDP),avait critiqué l’ISROR de Yadh BEN ACHOUR en estimant qu’elle dépasse largement ses prérogatives et ses attributions car selon lui, cette instance n’a pas le droit de légiférer étant donné que son rôle est consultatif.

Ahmed Nejib Chebbi avait également accusé les membres de l’Instance de faire du « sur mesure », l’objectif étant, selon lui, est de mettre les bâtons dans les roues des deux partis d’Ennahdha et du PDP en mettant à l’ordre du jour la discussion des projets de décrets-lois sur les partis et sur leurs financements.

Un autre parti membre du Conseil de l’ISROR, à savoir le parti de la ” Réforme et du Développement” avait exprimé lors de la séance du Conseil de l’ISROR tenue le jeudi 30 juillet 2011,à travers son porte-parole le nommé Mohamed GOUMANI, son mécontentement concernement le déroulement des travaux du Conseil et avait décidé de boycotter à l’avenir les travaux du Conseil de l’ISROR, notamment ceux qui ne sont pas inscrits à l’ordre du jour, en mettant l’accent sur la priorité à vouloir taiter en priorité la question relative à l’établissement des listes des inéligibles à la future Constituante conformément à l’article 15 précité.

Ces personnalités et partis politiques qui se sont retirés ou ont suspendu leurs activités du Conseil de l’ISROR ne sont pas d’accord sur les programmes qui sont imposés par Yadh BEN ACHOUR aux membres du Conseil d’une façon non consensuelle, programmes qui favorisent certains partis politiques lors de l’élection de la future Constituante.

Fait par Mounir BEN AICHA

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:08

Syrie : le gouverneur de Hama limogé après des manifestations

Manifestation à Damas, le 1er juillet 2011.
Manifestation à Damas, le 1er juillet 2011.AFP/-
Le gouverneur de Hama a été limogé, samedi 2 juillet, au lendemain d'une manifestation monstre dans cette ville du nord de la Syrie, pays où 28 civils ont été tués par les forces de sécurité vendredi, selon une organisation de défense des droits de l'homme. En 1982, cette cité à 210 km au nord de Damas, avait été le théâtre de répressions ayant fait 20 000 morts lorsque le mouvement interdit des Frères musulmans s'était soulevé contre le régime d'Hafez Al-Assad, le père de l'actuel chef de l'Etat.

Par ailleurs, 28 civils ont été tués vendredi par les forces de sécurité qui ont tiré sur les manifestants dans plusieurs villes, a annoncé samedi l'Organisation nationale des droits de l'Homme. Le bilan le plus lourd a été enregistré à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, en proie à une offensive de l'armée depuis plusieurs jours, où "16 personnes" ont péri, selon cette ONG dirigée par Ammar Qorabi.

 

MANIFESTATIONS DANS "AU MOINS 268 RÉGIONS"

Elle a en outre fait état de huit morts à Homs, de deux à Damas, d'une personne tuée dans la ville côtière de Lattaquié, et d'une autre à Alep, capitale économique et deuxième ville de Syrie. Au cours de la journée de mobilisation de vendredi, baptisée "Dégage !" par les militants pour la démocratie, à l'intention du président Al-Assad, Hama a été le lieu de "la plus grande manifestation contre le régime"depuis le début du mouvement de contestation, le 15 mars, d'après le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel-Rahmane.

Les manifestants "venus de tous les quartiers", s'étaient rassemblés sur la place al-Assi, lieu de rendez-vous traditionnel des contestataires. Le défilé s'était étiré sur "plus d'un kilomètre" et aucune présence des forces de sécurité n'avait été constatée, avaient précisé les militants. Vendredi, "les manifestants ont défilé dans au moins 268 régions en Syrie, contre 202 la semaine dernière", a affirmé M. Qorabi dans un communiqué. Leur nombre "a été un des plus importants" depuis le début des protestations sans précédent contre le régime. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi contre le régime dans toute la Syrie, où le"temps presse" pour le pouvoir, avait mis en garde le même jour la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.


 

Manifestations géantes en Syrie pour le vendredi «Dégage!»

Manifestation après la grande prière du vendredi, dans le quartier Hajar Al Asswad à Damas, le

Manifestation après la grande prière du vendredi, dans le quartier Hajar Al Asswad à Damas, le 1er juillet. (Reuters / capture d'écran d'une vidéo amateur postée sur Youtube)

Plus d'un demi-million de personnes ont manifesté vendredi à Hama, dans le centre de la Syrie, pour appeler à la liberté, ce qui constitue «la plus grande manifestation» depuis le début du mouvement de contestation dans ce pays, ont affirmé des militants sur place.

Les forces de sécurité ont fait onze morts et au moins 12 blessés parmi les centaines de milliers de manifestants qui ont défilé contre le régime dans toute la Syrie, où le «temps presse» pour le pouvoir, a mis en garde la diplomatie américaine.

Le bilan le plus lourd a été enregistré à Homs, dans le centre du pays, où«six personnes dont une femme ont été tuées quand les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser des manifestations dans plusieurs quartiers de la ville», a affirmé un militant des droits de l'Homme joint par l'AFP.

Un autre militant a fait état de «la mort de deux personnes dans le quartier de Qadam à Damas et de celle d'un troisième à Daraya», dans la banlieue de la capitale.

Une militante a pour sa part annoncé la «mort d'une femme et de sa fille tuées dans un bombardement de l'armée sur un élevage de poulets dans le village d'Al-Barra de la région de Jabal al-Zawiya» (nord-ouest), ajoutant qu'«une autre femme de la famille avait été blessée».

«Plus de 500.000 personnes» ont manifesté vendredi à Hama, ville située à 210 km au nord de Damas, a assuré le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel-Rahmane, selon lequel il s'agit de «la plus grande manifestation depuis le déclenchement de la Révolution en Syrie», le 15 mars.

-> Vidéo postée par SNN, principal diffuseur de vidéos amateur sur la contestation syrienne:

 

Un des militants avait indiqué auparavant au téléphone à l'AFP que ces contestataires «venus de tous les quartiers», s'étaient rassemblés «sur la place al-Assi», leur lieu de rendez-vous traditionnel.

Les participants à ce rassemblement ont scandé des slogans hostiles au régime et appelant à la liberté, a-t-on pu entendre au téléphone.

100.000 personnes à Homs

A Homs, à 160 km au nord de la capitale syrienne, «plus de 100.000 personnes ont participé aujourd'hui aux manifestations dans plusieurs quartiers», a raconté un militant des droits de l'Homme.

Pour sa part, la télévision officielle syrienne a signalé deux blessés dans les rangs des forces de l'ordre à Homs.

Deux manifestants ont également été abattus vendredi à Damas, dans le quartier de Qadam, et un autre à Daraya, près de la capitale, par «les forces de l'ordre», selon Ammar Qorabi, le chef de l'Organisation nationale des droits de l'Homme, basé en Egypte.

Une personne a en outre été tuée à Lattaquié, sur la côte, par une grenade lancée d'une voiture, a-t-il ajouté.

Comme toutes les semaines, les militants pour la démocratie avaient appelé sur Facebook à une nouvelle journée de manifestations vendredi baptisée «Dégage!».

Des milliers de personnes se sont en outre rassemblées dans la province d'Idleb (nord-ouest) et dans les régions kurdes du Nord-Est, à Amouda et à Hassaké. A Alep, deuxième ville de Syrie, les forces de l'ordre ont arrêté trois contestataires.

-> Des rassemblements de soutien au peuple syrien sont organisés à Paris, Lyon et Bordeaux, samedi 2 juillet.Toutes les infos ici.

De son côté, la télévision officielle a montré des manifestations en faveur du chef de l'Etat dans les villes d'Alep (nord) et de Soueida (sud). Les personnes présentes agitaient des drapeaux syriens et scandaient : «Dieu, la Syrie, Bachar et c'est tout".

http://www.liberation.fr/monde/01012346633-six-morts-dans-des-

manifestations-en-syrie


 

 
MONDE 02/07/2011 À 11H43

Vendredi meurtrier pour les opposants syriens

Vingt-huit civils ont été tués par les forces gouvernementales, alors que le mouvement de contestation ne cesse de s'amplifier.

 

Capture d'écran de vidéo YouTube montrant une manifestation anti-régime géante à Hama, en

Capture d'écran de vidéo YouTube montrant une manifestation anti-régime géante à Hama, en Syrie, le 1er juillet 2011. (© AFP -)

Vingt-huit civils syriens ont été tués par les forces gouvernementales vendredi, qui ont tiré sur les manifestants dans plusieurs villes, a annoncé samedi l’Organisation nationale des droits de l’Homme.

Le bilan le plus lourd a été enregistré à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, théâtre d’une offensive de l’armée depuis plusieurs jours, où «16 personnes ont été tuées», selon cette ONG basée en Egypte. Elle a en outre fait état de huit morts à Homs (centre), de deux à Damas, d’une personne tuée dans la ville côtière de Lattaquié, et d’une autre à Alep, capitale économique et deuxième ville de Syrie.

Au cours de la journée de mobilisation de vendredi, baptisée «Dégage!» par les militants pour la démocratie à l’intention du président Assad, Hama a été le lieu de «la plus grande manifestation contre le régime» depuis le début du mouvement de contestation, le 15 mars, d’après le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, Rami Abdel-Rahmane. Les manifestants «venus de tous les quartiers», s’étaient rassemblés sur la place al-Assi, lieu de rendez-vous traditionnel des contestataires. Le défilé s’était étiré sur «plus d’un kilomètre» et aucune présence des forces de sécurité n’avait été constatée, avaient précisé les militants.

 

Une vidéo de la manifestation à Hama postée par FreedoMessengerWorld

Le gouverneur de cette ville, située à 210 km au nord de Damas, a été limogé de son poste par un décret du président Bachar al-Assad, a annoncé l’agence officielle Sana sans donner d’autres précisions. En 1982, cette cité avait été le théâtre de répressions ayant fait 20.000 morts lorsque le mouvement interdit des Frères musulmans s’était soulevé contre le régime d’Hafez al-Assad, le père de l’actuel chef de l’Etat.

Vendredi, «les manifestants ont défilé dans au moins 268 régions en Syrie, contre 202 la semaine dernière», a affirmé le président de l’Organisation nationale des droits de l’Homme, Ammar Qorabi, dans un communiqué. Leur nombre «a été un des plus importants» depuis le début des protestations sans précédent contre le régime.

(Source AFP)

Manifestations au Yémen pour demander le départ des proches de Saleh

Un soldat monte la garde pendant un rassemblement pro-Saleh.
Un soldat monte la garde pendant un rassemblement pro-Saleh. REUTERS/SUHAIB SALEM
"Révolution jusqu'à la victoire" : les opposants au président Ali Abadallah Saleh se sont rassemblés sous ce slogan, vendredi 1er juillet, pour demander le départ des proches du chef d'Etat yéménite.

"Nous voulons le départ de ce qui reste du régime pour accélérer la mise en place d'un Conseil présidentiel de transition", a déclaré le porte-parole des Jeunes de la révolution. Il faisait allusion à l'entourage familial du chef de l'Etat, qui ne veut pas lâcher les rênes du pouvoir en dépit d'une contestation de six mois. M. Saleh est lui toujours hospistalisé en Arabie saoudite.

A Sanaa, le nombre de manifestants a été évalué par les organisateurs à environ deux cent cinqante mille personnes. A Taëz, au sud de la capitale, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à l'Arabie saoudite, soupçonnée de freiner une véritable transformation du régime yéménite. "Dites à l'Arabie saoudite que le Yémen est une république", a repris la foule, affirmant que "le Yémen n'est pas Bahreïn", où les Saoudiens ont envoyé des troupes pour aider à contenir la contestation de la famille royale des Al-Khalifa de la mi-février à la mi-mars derniers .



D'autres manifestations ont eu lieu à Saada, dans le Nord, et dans la province du Hadramout, dans le Sud-Est.

ÉCHANGES DE TIR DANS LE SUD DU PAYS

Dans le Sud la situation reste tendue autour de Zinjibar, aux mains depuis fin mai, de combattants présumés d'Al-Qaida. Des échanges de tirs se sont poursuivis vendredi avec les soldats qui défendent le stade Al-Wahda, à quelques kilomètres de la ville, selon une source militaire. Les membres présumés du réseau extrémiste tiraient en particulier en direction d'hélicoptères pour empêcher, selon cette source, l'acheminement de renforts de l'armée.

Un dignitaire de Zinjibar, Tarek Al-Fadhli, a invité les hommes en armes qui disent appartenir à une organisation appelée les Partisans de la charia et l'armée à conclure une trêve.

 RASSEMBLEMENTS PRO-SALEH

Les partisans de M. Saleh se sont, quant à eux rassemblés dans la capitale, Sanaa, après la prière du vendredi. Dans le sud de la capitale, des dizaines de milliers de partisans du président se sont également réunis, brandissant des portraits du président et proclamant leur fidélité à sa personne et à l'institution militaire, dont les unités d'élite sont dirigées par son fils Ahmed et ses cousins.

 

Flottille pour Gaza : Israël soupçonné de "sabotage"

Aussitôt parti aussitôt arrêté, le bateau américain est rentré au port

000_Par6366668-550x365.jpgAlors qu'il avait reçu l'interdiction formelle de partir, le bateau américain, "The Audacity of Hope", a tenté vendredi de quitter la marina de Perama où il était amarré depuis une dizaine de jours. Arrêtés par les garde-côtes grecs à quatre kilomètres de son ancien point d'ancrage, le navire a été contraint de faire demi-tour. Escorté par les zodiaques des autorités maritimes, il a fini sa course au port de Keratsini.

Parti aux alentours de 16h30, le bâtiment n’est resté en mer que quelques heures. Ses passagers ont tout juste eu le temps de déguster un plat de zucchini al pesto. Selon Jane Hirschmann, membre de la délégation américaine, "le capitaine a expliqué aux gardes-côtes que le navire étaient plus en sécurité en mer, que dans un port grec où le gouvernement israélien risquait de le saboter, mais il a obtempéré pour protéger la sécurité des 36 passagers".

Peu de temps avant cette sortie improvisée, le ministère grec de la Protection du citoyen avait diffusé un communiqué "interdisant à tout bateau battant pavillon grec ou étranger d'appareiller des ports grecs à destination de Gaza" pour empêcher une violation du blocus maritime israélien.

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Retranchés derrière les grilles du carré policier, à côté de leur bateau, les militants attendent des nouvelles du consulat. D'après l'une d'entre eux, l'arraisonnement s'est déroulé sans violence. "Je suis prête à rester toute la nuit, si il le faut, dit-elle, nous ne quitterons pas le bateau".

Prévenus peu avant l’appareillage, la plupart des médias américains avaient pu embarquer à bord du bâtiment en partance. Certains ont diffusé en direct l’événement, via Twitter ou les chaînes de télévision. Les autres ont dû se contenter des images captées lors de l’opération porte-ouverte organisée la veille quand le navire était encore à quai. Drapeaux, banderoles, t-shirts, fanfare... Les militants américains n'avaient pas lésiné sur les moyens pour faire passer le message :

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000_Par6364054-550x365.jpgLeur navire transporte 3000 lettres de soutien adressées aux habitants de Gaza. "La législation américaine, et notamment le "Material to terrorism Act", nous interdit de convoyer des médicaments ou des matériaux de construction vers Gaza, de crainte qu’ils ne soient saisis par le Hamas, mais nous ne voulions pas arriver à Gaza les mains vides", explique Richard Levy, membre de la délégation. L’écrivain et militante féministe, Alice Walker, en a lu quelques unes devant les caméras :

 

Le départ précipité des Américains sur fond d'avaries diverses et variées (voir la note précédente) met les autres délégations en difficulté. Contraints désormais d'agir ou de renoncer, les organisateurs hésitent. Et pour cause : ils ne sont pas prêts. Les cargos qui doivent acheminer les 5 000 tonnes d'aide internationale ne sont pas encore chargés, le bateau gréco-suédois saboté en début de semaines ne pourra être opérationnel avant samedi soir, et, côté français, on attend toujours que le fioul soit livré.

Faute de s'engager dans des actions concrètes, les militants sont vent debout contre le gouvernement grec. Dror Feiler, de la délégation suédoise, accuse "Tel-Aviv d'exporter le siège de Gaza en Grèce". "Papandréou est devenu les sous secrétaire aux affaires maritimes d’Israël", dénonce Thomas Sommer-Houdeville, membre du comité de coordination de la campagne française. Les organisateurs soupçonnent notamment l'Etat hébreu d'exercer des pressions sur la Grèce. "Accusations ridicules", selon le gouvernement israélien.



Le navire américain "The Audacity of Hope" se prépare à partir pour Gaza depuis le port d'Athènes, jeudi 30 juin.
Le navire américain "The Audacity of Hope" se prépare à partir pour Gaza depuis le port d'Athènes, jeudi 30 juin.AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Israël fait face à des accusations de "sabotage" et de pressions sur la Grèce pour empêcher la flottille internationale propalestinienne d'appareiller pour Gaza, après avoir multiplié les mises en garde contre cette opération qu'il qualifie de"provocation".

Le gouvernement israélien a démenti, comme on pouvait s'y attendre, jugeant ces accusations "ridicules". Les organisateurs de la "flottille de la liberté" sont convaincus que les services israéliens ont saboté cette semaine deux des dix bateaux, un navire irlandais et un autre affrété par des Scandinaves.

Ils attribuent également à Israël les tracasseries bureaucratiques qui s'accumulent contre la flottille et soupçonnent l'Etat hébreu d'exercer des pressions, notamment économiques, sur la Grèce. La Grèce a interdit vendredi "aux bateaux battant pavillon grec ou étranger d'appareiller des ports grecs à destination de Gaza", selon un communiqué du ministère de la protection du citoyen grec. Un bateau américain qui tentait de prendre la mer pour se rendre à Gaza a été stoppé par les gardes-côtes grecs vendredi à la suite de cette interdiction.


Shane Dillon, capitaine du "Saoirse", montre les dégradations de son navire dans le port turc de Gocek, le 30 juin.
Shane Dillon, capitaine du "Saoirse", montre les dégradations de son navire dans le port turc de Gocek, le 30 juin.AFP/STR

PARANOÏA

"Ces accusations ridicules relèvent de la paranoïa […]. La vie n'est pas un film deJames Bond. [Les organisateurs] feraient bien de revenir à la réalité", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, Yigal Palmor. "Ils n'ont pas la moindre preuve étayant ce qu'ils avancent, mais l'absence de preuves ne les a jamais empêchés de pousser toutes les vociférations possibles à propos d'Israël", a estimé M. Palmor.

Israël n'a cessé de faire part de sa "détermination" à stopper l'arrivée de la flottille à Gaza tout en disant vouloir éviter une effusion de sang comme lors de la précédente expédition. En mai 2010, une première tentative de s'approcher des côtes de la bande de Gaza avait coûté la vie à neuf Turcs après un assaut des commandos de marine israéliens contre le ferry turc Mavi Marmara.

NÉTANYAHOU REMERCIE PAPANDRÉOU

"Israël a pleinement le droit de se défendre et d'empêcher que des missiles, des roquettes et toutes sortes d'armes soient livrées à l'enclave terroriste du Hamas [au pouvoir à Gaza]", a répété jeudi soir le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

Remerciant "les nombreux dirigeants internationaux" ayant œuvré contre la flottille, il a nommément fait l'éloge de son homologue et "ami" grec Georges Papandréou. Selon un haut responsable israélien anonyme cité jeudi par le quotidien Yédiot Aharonot, Israël "a fait savoir à la Grèce, amie proche d'Israël, qu'il était inconcevable qu'elle autorise les bateaux de la flottille à quitter ses ports" pour Gaza. "Les responsables des ports en Grèce ont reçu pour consigne de harceler les organisateurs de la flottille", a précisé le journal.

Haaretz (gauche) évoque de son côté une "guerre d'usure" visant à accentuer les pressions psychologiques et financières sur les participants coincés à quai. Ainsi l'Israel Law Center, une association juridique marquée à droite, fait-elle campagne pour empêcher la flottille de partir, au motif notamment qu'elle viole le droit international.

An anti-government protester gestures after he was injured during clashes with government backers in Sanaa February 19, 2011. Supporters and opponents of Yemeni President Ali Abdullah Saleh fired shots in the air during rival demonstrations in Sanaa on Saturday, a day after five people were killed in protests against his 32-year rule. REUTERS/Khaled Abdulah (YEMEN - Tags: POLITICS CIVIL UNREST)Nouvelle constitution au Maroc :
le «oui» plébiscité

Le référendum obtient près de 100% de votes favorables, annonce le ministère de l'Intérieur. Les opposants dénoncent le scrutin.

Une Marocaine vote pour le référendum, le 1er juillet 2011 à Rabat.

Une Marocaine vote pour le référendum, le 1er juillet 2011 à Rabat. (© AFP Abdelhak Senna)

Les Marocains ont voté vendredi à une écrasante majorité pour le «oui» au référendum sur le projet de révision constitutionnelle, selon les résultats quasi définitifs communiqués dans la nuit par le ministère de l’Intérieur.

Plus de 98% des électeurs ont voté favorablement dans 94% des bureaux de vote, a déclaré le ministre de l’Intérieur marocain Taib Cherkaoui. Ce dernier a également indiqué que le taux de participation a atteint 72,65% dans les 94% des bureaux de vote où le dépouillement a eu lieu.

Ce référendum, le premier du règne du roi Mohammed VI qui a accédé au pouvoir en 1999, renforce les pouvoirs du Premier ministre et du parlement tout en préservant le prééminence politique et religieuse du monarque. L’issue positive de scrutin était considérée par les observateurs comme «acquise».

Ouvert à plus de 13 millions de Marocains, le scrutin s’est déroulé jusqu’à vendredi soir dans les 40.000 bureaux mis en place, y compris au Sahara occidental.

Taib Cherkaoui, a jugé que «le référendum s’est déroulé dans un climat serein qui a montré le degré d’interaction entre le peuple et le contenu du projet de constitution». «Les jeunes de moins de 35 ans représentent 30% des votants», a-t-il ajouté.

Le Mouvement des jeunes contestataires du 20 février, qui revendique plus de 62.000 membres et qui avait appelé au boycott, a contesté ce résultat. «C’est un référendum illégal car il a été marqué par des violations massives du principe démocratique. Les autorités ont profité des conditions sociales des gens et les ont forcés à aller voter pour le «oui»», a déclaré Najib Chaouki, un membre du Mouvement du 20 février. «Le Mouvement va manifester pacifiquement dimanche pour protester contre ce résultat ridicule», a-t-il ajouté.

Les opérations de vote se sont tenues sous la surveillance de 136 observateurs marocains appartenant à la société civile et placés sous la supervision du Conseil national des droits de l’homme (CNDH, officiel), a indiqué un responsable du ministère de la communication.

A Paris, des centaines de Marocains votaient au consulat, les bureaux de vote étant ouverts jusqu’à dimanche soir à l’étranger. «Quand il y a un changement qui tient la route, la moindre des choses c’est de prendre la peine de voter», a estimé Mounir, 26 ans, consultant dans une banque.

Les médias publics, la majorité des journaux, les principaux partis politiques, les grands syndicats et les mosquées du royaume ont invité à voter «oui» lors d’une courte campagne de 10 jours. Le projet de Constitution vise à «consolider les piliers d’une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale», avait déclaré Mohammed VI dans un discours adressé à la nation le 17 juin.

Le Premier ministre, issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était du seul attribut du roi avant le projet de réformes, prévoit notamment le texte.

(Source AFP)


 

Une nouvelle Constitution marocaine «en trompe-l’œil»

ANALYSE

La réforme présentée par Mohammed VI renforce le rôle du Premier ministre sans vraiment limiter les pouvoirs du roi. Le Mouvement du 20 février a protesté hier.

 

Par LÉA-LISA WESTERHOFF Correspondante à Rabat (Maroc)

Fin du suspense. Ceux qui manifestent depuis quatre mois pour obtenir une monarchie parlementaire ne l’auront pas, du moins pas dans l’immédiat. Dans le projet de réforme constitutionnelle présenté par Mohammed VI, vendredi soir, le roi voit ses pouvoirs clarifiés mais pas substantiellement limités. Un rééquilibrage qui permet de muscler le rôle du Premier ministre et du Parlement sans toucher à l’essentiel des prérogatives du monarque. C’est ainsi que le chef du gouvernement ne sera plus nommé d’autorité par Mohammed VI, mais obligatoirement issu du parti arrivé en tête des élections. Ce «président du gouvernement» peut également dissoudre le Parlement, mais le roi doit auparavant être consulté.

De la même façon, le Premier ministre propose le nom des membres de son cabinet tout comme des ambassadeurs et des walis (préfets), mais c’est le roi qui les nomme. «En matière de répartition et d’architecture du pouvoir, cela reste quand même une Constitution loin d’être démocratique», analyse Mohammed Madani, professeur de sciences politiques à Rabat. Résultat, pour les uns, cette nouvelle Constitution permet une «transition démocratique» ;pour les autres, c’est une «démocratie en trompe-l’œil».« Il y a de vraies avancées, mais aussi beaucoup de verrous qui n’ont pas sauté», résume Bachir Rachdi, cofondateur de Transparency Maroc et du Forum citoyen pour le changement démocratique, une coalition de 300 personnalités de la société civile.

«Inviolable». Parmi les avancées, la clarification des pouvoirs du roi. De 108 articles, la Constitution va passer à 180, et pour la première fois, elle fait une distinction entre les pouvoirs religieux et civil du roi. «L’article 19 donnait au pouvoir une coloration islamique et sacrée, et dans cette conception, il n’y a pas de séparation des pouvoirs», analyse le professeur de droit constitutionnel Abderrahmane Baniyahya. Le roi était «le représentant suprême de la nation», il est désormais «chef de l’Etat» et «commandeur des croyants», deux fonctions distinctes précisées et encadrées par la Constitution et non pas accordées grâce à une quelconque légitimité religieuse. C’est le début «d’une séparation entre le sacré et le temporel»,estime Baniyahya. Le rôle du roi, cependant, n’évolue pas. Il continue à présider le Conseil des ministres et demeure la seule autorité religieuse du pays. Sa personne reste donc «inviolable», la notion de sacralité étant remplacée par celle de «respect» qui lui est dû. Et puis, il y a ces verrous qui limitent la portée démocratique du texte. «La primauté des conventions internationales sur le droit marocain est énoncée, mais il faut qu’elles soient en accord avec l’identité islamique du pays, ce qui est une vraie limite»,analyse Bachir Rachdi.«De même, le roi reste le président du Conseil de la magistrature, son entourage peut continuer à influencer indirectement le cours de la justice», poursuit ce chef d’une entreprise à Casablanca. Le roi continue également de nommer les juges.

«Perte de confiance». Autre exemple : le droit d’informer est pour la première fois garanti dans cette Constitution, mais «la défense nationale, la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat, ainsi que la vie privée des personnes» sont exclus de ce droit. Il y a près de deux ans, des enquêtes sur la santé de Mohammed VI avaient mené des journalistes en prison. A présent, l’interdit est constitutionnel. La liberté de culte est assurée mais pas la liberté de croyance, comme le proposait une première mouture du texte, à laquelle le Parti islamiste pour la justice et le développement (PJD) s’était opposé avec force. «Les Marocains ont la Constitution que leurs partis politiques méritent», analyse ainsi l’avocat Brahim Bouabid, qui rappelle que les propositions de réforme soumises par les différents partis «ont manqué d’audace» et étaient largement en deçà des demandes du Mouvement du 20 février et des possibilités offertes par le discours du 9 mars, dans lequel le roi a promis de réformer la Constitution. «Avec les printemps arabes, il y avait un boulevard sur lequel les partis auraient pu s’engouffrer, ils ne l’ont pas fait», poursuit-il.

Sans surprise, quasiment toutes les formations politiques ont applaudi la réforme proposée par le roi et appelé à voter oui au référendum qui sera organisé dans… deux semaines ! Dans ce qui devrait devenir la sixième Constitution depuis l’indépendance, le berbère fait son entrée comme langue officielle, et toute une batterie de droits et de libertés fondamentales sont renforcés, des signes que tout n’est pas à jeter dans cette réforme. «Tout dépend de l’application qui sera faite du texte», poursuit le militant Bachir Rachdi. Avant d’ajouter : «Si on a des partis forts et audacieux, il pourra y avoir une autonomisation de la vie politique. Si on est dans le prolongement de la pratique actuelle, non seulement le dernier mot revient au roi, mais l’entourage du roi pourrait également être à la base de ces propositions.»

Mais le risque dans l’immédiat pour ce chef d’entreprise casablancais, c’est «la perte de confiance d’une partie de la population, frustrée de ne pas avoir été vraiment entendue» et qui se voit acculée par un référendum, dans à peine quinze jours. Aussi le Mouvement du 20 février a-t-il aussitôt choisi de redescendre dans la rue hier pour, selon Moncef el-Atifi, militant à Rabat, dénoncer «cette démocratie en trompe-l’œil où le roi continue d’avoir son mot à dire sur tout».

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:07

DEUX MOIS… PLUS UN DE REVOLUTION EN SYRIE. UN PREMIER BILAN (3/3)

Les historiens discuteront certainement plus tard du jour exact où il convient de considérer qu’a démarré en Syrie la "révolution" contre le régime baathiste. On postulera ici que le 15 mars, marqué à Damas par un défilé de protestataires dans le Souq Hamidiyeh et par plusieurs autres manifestations dans diverses localités, peut constituer un point de départ acceptable pour le mouvement. Celui-ci a donc légèrement dépassé aujourd’hui ses deux mois… plus un d’existence. Quel bilan peut-on en dresser ? Quels sont les acquis et les échecs des partenaires en présence ? Surtout, comment se profile l’issue du bras de fer qui oppose désormais le régime aux manifestants et à l’opposition ?

1 / LES ACQUIS ET LES ECHECS DU REGIME DE BACHAR AL ASSAD

2 / LES ACQUIS ET LES ECHECS DE LA CONTESTATION

3 / LES ACQUIS ET LES ECHECS DE L’OPPOSITION

3.1 - L’opposition comme telle n’est pas à l’origine de la contestation

Comme dans les autres pays arabes touchés depuis la fin de l’année 2010 par des mouvements de protestation populaire contre les pouvoirs en place, les partis politiques de l’opposition syrienne ne sont pas en tant que tels à l’origine de la contestation. Ce ne sont pas des opposants qui ont signé les premiers appels diffusés sur Internet, au cours du mois de janvier 2011, pour inciter les Syriens à se mobiliser contre le régime et à se diriger vers les places publiques, à Damas et Alep en particulier, afin d’y établir des espaces symboliques de "Syrie libérée". Bien qu’ignorant - ou affectant d’ignorer - à cette date d’où provenaient ces messages, le régime ne les a pas imputés à l’opposition, mais à des "ennemis de la Syrie" et à des "parties syriennes liées à l’étranger". Dans le communiqué diffusé le 30 Janvier pour inviter ses concitoyens d’Alep à occuper, les 4 et 5 février, la place Saadallah Al Jabiri, l’opposant Ghassan Najjar, membre dirigeant du Courant Islamique Démocratique Indépendant en Syrie et de la Déclaration de Damas, n’a pas revendiqué la paternité de l’appel précédemment diffusé à ce propos. Il l’a "approuvé" et il l’a "appuyé", ce qui équivalait à une reconnaissance implicite qu’il n’en était pas l’auteur. De même, ce ne sont pas les revendications traditionnelles de l’opposition qui ont jeté les gens dans les rues à Daraa, au milieu du mois de mars, pour le véritable coup d’envoi de la contestation, mais la colère populaire face aux agissements irresponsables des services de sécurité du régime.

3.2 - L’opposition a contribué au déclenchement de la contestation

En revanche, il est indubitable que, en amont, des opposants ont contribué individuellement ou collectivement à la mobilisation. On peut en voir le meilleur exemple dans l’activité inlassable déployée durant la période qui a précédé l’Intifada par Souheïr Al Atassi, présidente du "Forum pour le Dialogue Démocratique" créé durant le printemps de Damas en hommage à son père, Jamal Al Atassi, secrétaire général (décédé en 2000) du Parti de l’Union Socialiste Arabe Démocratique. Au début du mois de janvier 2011, elle signait un appel sur Facebook en faveur d’un "bateau du retour" qui ramènerait en Syrie des citoyens jadis chassés de leur pays ou contraints de le quitter pour échapper à la mort ; début février, elle participait aux sit-in de solidarité organisés sur la place Bab Touma à Damas pour exprimer le soutien de la jeunesse syrienne aux Egyptiens qui occupaient au même moment la place Tahrir au Caire ; milieu février, elle manifestait devant l’ambassade de Libye en Syrie pour dénoncer la répression menée par le régime de Moammar Al Qaddafi contre les Libyens à leur tour descendus dans la rue ; le 16 mars, elle s’associait sur la place Merjeh, au cœur de la capitale, aux demandes de femmes et mères de prisonniers réclamant que leurs proches soient déférés devant un tribunal, si des griefs existaient contre eux, et dans le cas contraire qu’ils soient libérés. Arrêtée à cette occasion en compagnie d’autres opposants et opposantes, et libérée le 3 avril, elle vit depuis lors dans la clandestinité. Elle avait auparavant joué un rôle pionnier en créant sur Facebook une page destinée à associer le plus grand nombre possible d’internautes aux débats d'un forum virtuel, destiné à remplacer celui qu’elle ne pouvait plus organiser à son domicile. Son refus de se plier aux injonctions du régime, qui lui avait demandé à plusieurs reprises, au début de l’année 2009, de cesser cette activité, lui avait valu plusieurs convocations par les moukhabarat… Son obstination et son courage ont inspiré nombre de ses concitoyens, en particulier parmi les jeunes, étudiants et autres, qu’elle a souvent entraînés dans son sillage. On pourrait également évoquer ici l’influence d’activistes comme l’ancien député et industriel Riyad Seif, l’ancien leader communiste Riyad Turk, l’avocat Haytham Al Maleh, l’intellectuel Michel Kilo, les frères Akram et Anwar Al Bounni, et quelques dizaines d’autres. Il faut donc reconnaître à la fois que ce n’est pas à l’appel des partis de l’opposition que les Syriens ont commencé à se préparer, au début de 2011, à descendre dans la rue, mais que des membres de l’opposition ont contribué, par leurs initiatives et par leur action plus ou moins obscure durant les années 2000 à 2010, à préparer les esprits à la démarche de contestation ouverte du régime, qui, il y a quelques mois encore, paraissait totalement impossible.

3.3 - L’opposition s’est insérée dans la contestation

Dès les premiers appels à manifester, relayés à travers la Syrie au début du mois de janvier 2011 via les réseaux sociaux, l’opposition a trouvé sa place dans la contestation. Les mots d’ordre et les objectifs proposés aux protestataires reprenaient en effet les demandes qui, depuis des décennies, étaient celles des opposants. La liste en est désormais bien connue. On mentionnera uniquement ici pour mémoire : la fin de l’état d’urgence, la suppression des lois et des tribunaux d’exception, la remise en liberté de tous les détenus d’opinion, l’interdiction aux services de renseignements d’interférer dans la vie quotidienne des citoyens, l’octroi aux Syriens des libertés qui leur sont théoriquement reconnues par la Constitution, l’autorisation aux partis politiques, aux syndicats, aux organisations de la société civile de travailler parmi la population, etc. Si quelques vétérans de l’opposition traditionnelle ont hésité avant de rejoindre un mouvement qui les surprenait pour de multiples raisons - il n’avait pas de contenu idéologique précis, il n’avançait pas de projet alternatif, il utilisait des techniques nouvelles de communication qui leur échappaient, il était dirigé par des animateurs anonymes qui n’avaient jamais adhéré à un parti politique et qui diffusaient mots d’ordre et slogans via Internet… - les plus jeunes d’entre eux n’ont pas hésité un moment à descendre dans les rues avec leurs camarades. Ils ont rapidement été rejoints par les autres. A Daraa, à Douma, à Homs et ailleurs, de Lattaquié à Al Bou Kamal, les militants des partis qui composent le Rassemblement National Démocratique, ceux des partis kurdes et assyriens, les membres des Comités de la Société Civile, les activistes des différentes Organisations de Défense des Droits de l’Homme ont défilé avec et parmi les autres habitants, sans chercher ni à revendiquer un rôle particulier, ni à imposer d’autres directives que celles provenant des Coordinations peu à peu mises en place pour tenter d’unifier le mouvement.

3.4 - L’opposition a renforcé la contestation

Si la participation d’opposants à la protestation est restée discrète, l’absence de banderoles et de slogans spécifiques ne permettant pas de les identifier comme tels dans les manifestations, l’opposition a en revanche apporté un appui important à la contestation en diffusant par ses réseaux et moyens habituels des communiqués de soutien et d’encouragement. Le pouvoir syrien avait eu beau jeu, au cours du mois de janvier 2010, d’attribuer à des "manipulations d’ennemis de l’extérieur" les appels lancés sur Internet, depuis la Syrie, par des activistes syriens auxquels la prudence imposait de conserver leur anonymat. Mais, dès le mois de février, la publication de communiqués par des partis clairement identifiés comme appartenant à l’opposition de l’intérieur, qui formulaient les mêmes revendications en les signant de leur nom, a privé le pouvoir de cet argument. Outre les partis, des personnalités éminentes appartenant à toutes les tendances de l’échiquier politique se sont prononcées pour la contestation, tout en mettant en garde contre la tentation de répondre par les mêmes moyens à la violence utilisée par le régime pour rétablir autour des citoyens le mur de la peur en voie d’écroulement. De l’extérieur de la Syrie, des organisations et des personnalités jadis contraintes à l’exil en raison de leurs idées ou de leurs engagements se sont également rangées du côté de la population, insistant sur la nécessité de conserver son caractère pacifique à la contestation. L’un des premiers à tenir ce discours a été le Dr Isam Al Attar, un ancien contrôleur général des Frères Musulmans, interdit de séjour dans son pays dès l’arrivée au pouvoir du Parti Baath, au milieu des années 1960. De France, plusieurs intellectuels syriens comme l’universitaire Burhan Ghalioun, l’historien Farouq Mardam Bey ou le critique littéraire Soubhi Hadidi, ont formulé ou signé les mêmes appels et recommandations

3.5 - L’opposition a peu profité de la contestation

Alors que la contestation a désormais dépassé les cent jours, on constate que l’opposition en tant que force politique organisée n’a pas tiré profit, pour elle-même, de sa participation au mouvement en cours, qui met pourtant en avant les thèmes qui sont les siens depuis longtemps. Globalement parlant, les partis de l’opposition syrienne continuent en effet d’apparaître aux jeunes de 18 à 35 ans qui forment le gros des manifestants, comme sclérosés, stériles et dépassés (une rapide présentation de ces partis figure ici). Contraints de vivre durant près de 30 ans dans l’autarcie qui pouvait seule assurer leur survie, ces partis n’ont su profiter ni du bref intermède du Printemps de Damas, entre septembre 2000 et septembre 2001, ni de l’opportunité ouverte par la publication de la Déclaration de Damas, en octobre 2005. A l’exception du Parti Communiste - Bureau Politique, rebaptisé Parti du Peuple Démocratique au milieu des années 2000, leur idéologie ne s’est guère renouvelée. Leurs dirigeants ou anciens dirigeants, Riyad Turk, Abdel-Aziz Al Khayyer, Hasan Abdel-Azim, Abdallah Hocheh, Fateh Jamous, Ahmed Faez Al Fawwaz, Tareq Abou l-Hasan, Ghiyath Ouyoun al-Soud, Abdel-Aziz Manjouneh… sont dans leur majorité des personnalités respectées. Il en va de même des "opposants indépendants", qui peuvent être des intellectuels, comme Aref Dalileh, Michel Kilo ou Huseïn Al Awdat, des avocats comme Haytham Al Maleh, Mohannad Al Hasani, Anwar Al Bounni ou Khalil Maatouq, d’anciens hommes d’affaires, comme Riyad Seif, Samir Nachchar ou Mamoun Al Homsi, des médecins ou des dentistes comme Kamal Al Labwani, Radwan Ziyadeh ou Ammar Al Qourabi… Mais, surveillés, soumis à des tracasseries continuelles, privés d’accès aux médias et souvent emprisonnés, ils manquent de bases populaires. Ils ont été incapables de rallier - mais il est vrai que ce n’était pas là leur premier objectif - ceux qui descendaient dans la rue pour revendiquer davantage de liberté pour eux et pour tous les Syriens. L’annonce de la création d’un Comité de Coordination des Forces Nationales Démocratiques, le 26 juin, a fourni l’occasion à l’opposition d’inviter pour la première fois les "forces vives dirigeant les manifestations pacifiques" à rejoindre les organisations politiques pour travailler ensemble au changement dans le pays. Il est trop tôt pour se prononcer sur le résultat de cet appel. Mais, comme on l'expliquera plus loin, il n’est pas sûr qu’il soit entendu.

3.6 - L’opposition a servi de porte-parole à la contestation…

Quand les médias arabes et occidentaux ont commencé à s’intéresser, de manière échelonnée dans le temps, au mouvement de contestation en Syrie que peu d’observateurs croyaient possible au départ et que les autorités syriennes s’attachaient à décrire comme un simple orage d’été, ils ont cherché à donner la parole à la protestation. Mais, faute de pouvoir obtenir les noms des véritables meneurs, contraints de rester dans l’anonymat et d’utiliser des pseudonymes pour garantir leur sécurité, et incapables d’établir avec eux un contact direct puisque la Syrie avait fermé ses portes aux médias étrangers "hostiles", c’est-à-dire indépendants, les journalistes se sont tournés vers les membres connus de l’opposition qui participaient au mouvement. En répondant aux interviews et en laissant leur image plus ou moins familière apparaître sur les écrans, ceux-ci ont non seulement donné une voix et un visage à la contestation, mais ils lui ont permis de gagner en crédibilité. Alors que le régime s’efforçait de faire croire à l’opinion publique internationale que son action était légitime, puisqu’il ne faisait que se défendre contre un "complot ourdi de l’extérieur", financé par les ennemis de la Syrie et mis en œuvre à l’intérieur par des "terroristes islamistes armés", la crédibilité dont bénéficiaient ces opposants a convaincu la plupart des observateurs que la réalité était très différente. Tous en effet ont dit et redit que la révolution était pacifique, unitaire et non confessionnelle. Que le seul complot était celui que dirigeait le régime pour mettre à terre le peuple. Qu’il n’y avait pas d’autres groupes armés en Syrie que les voyous auxquels Bachar Al Assad confiait les plus sales besognes. Que les promesses d’ouverture et les mesures de réforme du chef de l’Etat, jamais totalement mises en œuvre, n’étaient que de la poudre aux yeux. Que le pouvoir n’avait pas l’intention de changer mais de gagner du temps afin de rester en place. Qu’il était moins intéressé à dialoguer qu’à diviser les opposants… Or il est difficile de traiter de menteurs des hommes comme ceux dont les noms ont déjà été cités, qui n’ont jamais été des terroristes, et qui n’ont fait des années de prison que par fidélité à leurs idées et à leur engagement en faveur de leurs concitoyens.

3.7 - … subissant les représailles du régime contre certains de ses membres

Pour mettre fin à la contestation, le régime a donc considéré qu’il devait non seulement ramener les protestataires chez eux en les terrorisant par tous les moyens, mais aussi les priver de relais dans les opinions publiques extérieures. Pour ce faire, il a mené une politique systématique d’arrestation des opposants, qui, en répondant aux questions des chaînes de télévisions étrangères, avaient contribué à réduire à néant le travail de désinformation de ses services spécialisés. La liste de ces arrestations est longue. Elle comprend Ahmed Maatouq, Mohammed Najati Tayyara, Ghiyath Ouyoun al Soud, Mahmoud Issa, Abdel-Naser Kahlous, Mohammed Omar Kardas, Qasem Azzawi, Fahmi Yousef... Pour des raisons différentes, d’autres opposants notoires ont été arrêtés à travers tout le pays. Certains avaient eux-mêmes appelé à manifester, comme Georges Sabra, membre du Parti du Peuple Démocratique, élément moteur de la mobilisation dans sa ville de Qatana. D’autres avaient apporté aux manifestations la caution de leur présence, personne ne pouvant imaginer qu’un démocrate comme Riyad Seif, arrêté le 6 mai dans le quartier du Midan à Damas, ait pu participer à une démonstration violente. Pour faire pression sur eux, les services de sécurité ont également emprisonné pour des périodes plus ou moins longues Omar Qachach (85 ans), Hassan Abdel-Azim (81 ans), Ghassan Najjar (75 ans), Hazem Nahhar, Louaï Huseïn, Fayez Sara, et des dizaines d’autres, arabes et kurdes. Au milieu du mois de mai, les moukhabarat ont même arrêté une douzaine de membres et de dirigeants de l’Organisation Assyrienne Démocratique qui avaient démontré, en participant au mouvement de protestation dans la Jazireh, que les chrétiens syriens étaient eux aussi favorables au changement.

3.8 - L’opposition a été dépassée par les revendications de la contestation

De façon plus ou moins rapide en fonction des villes et des villages, et en relation directe avec le niveau de violence subie par les populations, la contestation est passée de la revendication de liberté à l’appel à la chute du régime et au départ de Bachar Al Assad. Cette évolution a mis l’opposition en situation délicate, aussi bien vis-à-vis du pouvoir, déjà très mal disposé à son endroit, que face à la contestation. Par cohérence avec ses idées et par respect du principe de démocratie, l’opposition ne peut qu’hésiter à appeler à un "renversement du régime". Si cet objectif est aujourd’hui explicitement réclamé par une majorité de manifestants, il est aussi, implicitement, reconnu inévitable ou souhaitable par une majorité d’opposants. Il ne peut toutefois s’inscrire dans un projet politique que s’il est atteint, non pas par un rapport de forces établi dans la rue, mais par des moyens proprement politiques. Autrement dit, à l’issue d’un affrontement entre projets politiques concurrents, sanctionné par des élections libres et honnêtes, et non par une révolution, surtout si se profilent derrière elle les risques d’une subversion, d’une révolte armée, d’une guerre civile ou, pour les musulmans, d’une fitna. C’est l'inquiétude face à un processus révolutionnaire en marche qu’ils ne contrôlaient pas, qui semble, au moins en partie, être à l’origine de la "réunion consultative" des "opposants sans appartenance partisane" qui s’est tenue, lundi 27 juin, dans un grand hôtel de la capitale. Les participants se sont prononcés pour un "changement de régime par des voies pacifiques". Certains intervenants ont parlé de "changements radicaux" et de "renversement du régime". Mais, il est révélateur de leur malaise que, pour évoquer la situation actuelle, ils aient préféré, dans le communiqué final de leur rencontre, les termes de "crise" (azma) et de "soulèvement (intifadha) à celui de "révolution" (thawra)… pourtant écrit sur les murs, crié par les manifestants et utilisé par des centaines de sites et de pages Internet depuis des mois en Syrie.

3.9 - L’opposition cherche sa place entre la contestation et le régime

Dans la plus grande discrétion, profitant de l’agitation et de la polémique qui précédaient cette réunion de concertation, une vingtaine de partis politiques de l’opposition démocratique arabes et kurdes s’étaient réunis à Damas deux jours plus tôt. Les médias syriens, qui ont fait écho à la rencontre de l’Hôtel Sémiramis avec l'intention de redorer l’image ternie du régime, sont restés muets sur cette première rencontre. Avec la contribution d’opposants indépendants réservés sur la rencontre du 27 juin, ces partis ont eux aussi "recherché les conditions d’une sortie de la crise". Ils ont établi, au terme d’une journée de travail, un diagnostic de la situation et rédigé des propositions permettant d’aboutir à un "changement national démocratique pacifique". La comparaison entre les déclarations finales de l’une et l’autre réunions montre que les formations politiques rassemblées le 25 juin, sans aval tacite du régime et sans couverture médiatique, sont allées plus loin dans leurs conclusions que les indépendants réunis le 27 juin. Se positionnant plus près de la contestation, elles se sont prononcées, sans utiliser non plus le mot "révolution", en faveur d’un "changement politique global", passant par la "remise du pouvoir à un gouvernement de transition, la convocation d’un congrès national et la préparation d’une nouvelle constitution". Il apparaît donc que, entre la volonté du régime de Bachar Al Assad de se maintenir en place le plus longtemps possible et la volonté de la rue syrienne de le jeter dans les poubelles de l’Histoire le plus vite possible, l’opposition syrienne n’est pas actuellement en mesure de parler d’une seule voix, sauf pour condamner le recours à la violence par le pouvoir et adjurer les protestataires de ne pas céder aux provocations. Qu’il s’agisse de posture ou de conviction, elle se divise en revanche sur la sempiternelle question du changement : pour aboutir au mieux en préservant le maximum de vies humaines, faut-il préconiser un "changement DU régime", comme semblent le souhaiter et le croire possible les indépendants, ou un "changement DE régime", comme l’expriment sans ambiguïté les partis politiques ?

3.10 - L’opposition reste pour le régime un non-interlocuteur

Au début du mois d’avril, le régime syrien a commencé à reconnaître qu’il lui serait impossible d’apaiser la tension dans la rue et d’atténuer le mécontentement des opinions publiques extérieures à son égard sans engager un dialogue. Ou au moins sans faire semblant de l’engager, de manière à gagner du temps. Il s’est donc mis en quête d’interlocuteurs. Il ne pouvait reconnaître une légitimité quelconque aux animateurs de la protestation, qu’il avait arrêtés dans les rues ou derrière leurs ordinateurs. D’un côté, il ne voulait pas leur accorder plus d’importance qu’ils n’en méritaient à ses yeux. D’autre part, ils ne pouvaient nullement représenter un mouvement de contestation toujours éclaté et pour l’heure encore fort peu coordonné. Il n’avait donc d’autre choix que de se tourner vers l’opposition. Mais, au lieu de demander aux partis politiques de constituer une délégation, il a lui-même choisi parmi les figures de l’opposition indépendante ceux avec qui il voulait parler. Le contraire aurait été étonnant, et ce pour deux raisons. D’une part, cela aurait abouti à reconnaître aux partis qui constituent l’opposition la légitimité et la représentativité qui leur ont toujours été refusées depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Baath, consacré seule force politique légitime par l’article 8 de la constitution de 1973. D’autre part, il devait rester clair pour tous les Syriens que la légitimité, qui ne peut pas provenir d’élections libres puisque le pays n’en a plus connu depuis 1963, reste en Syrie le fait du prince, qui l’accorde à qui il veut, pour les missions qu’il veut et pour le temps qu’il veut. La preuve en est que les personnalités de l’opposition indépendante sélectionnées par les soins du régime avaient toutes été à un moment ou un autre condamnées à la prison par ce même régime, certaines dans un passé lointain, d’autres dans un passé récent, et l’une d’entre elles… après avoir été approchée et avoir exprimé son avis sur les conditions d’un éventuel dialogue.

3.11 - … mais elle fournit de facto au régime ses seuls interlocuteurs

On sait comment les choses se sont passées. Les médias officiels ont fait courir le bruit que les opposants que le régime avait désignés, l’économiste Aref Dalileh, l’intellectuel Michel Kilo, l’analyste politique Fayez Sara, l’éditeur Louaï Huseïn, l’ingénieur Selim Kheir Bek, étaient consentants et qu’ils avaient entamé le dialogue avec ses représentants, la journaliste Samira Al Masalmeh, le général Manaf Tlass et la conseillère politique et médiatique du chef de l’Etat, Bouthayna Chaaban. Les intéressés ont immédiatement ramené les choses à leur juste dimension, précisant dans quelles conditions les "rencontres" s’étaient déroulées et niant qu’il se soit agi d’un "dialogue". Quoi qu’il en soit, cette affaire a profité à l’opposition. Elle a d’abord démontré que le régime, aussi autoritaire et brutal soit-il en Syrie, ne pouvait se dispenser de parler avec le peuple, et que, pour ce faire, il avait besoin d’intermédiaires. Or, ni les députés, ni les médias, ni les organisations de masse n’exprimant en Syrie la voix de la population, seules des personnalités d’opposition, aussi faible soit cette opposition, pouvaient tenir ce rôle de médiateur. Qui plus est, en offrant aux opposants choisis un statut d’interlocuteur, et en les faisant recevoir par le vice-président Farouq Al Chareh, second personnage de l’Etat, le régime a confirmé ce qu’il s’était toujours acharné à nier jusqu’ici : la Syrie n’est pas le désert politique qu’il prétend. L’opposition syrienne ne manque pas d’hommes politiques responsables, raisonnables, compétents, capables de discuter, d’argumenter et d’assumer des responsabilités. Bref, qu’il le veuille ou non, il existe en Syrie une alternative. Ce n’est pas "Bachar ou le chaos".

3.11 - L’opposition peine à unir ses rangs face au pouvoir

La création, le 26 juin, du Comité de Coordination des Forces Nationales Démocratiques plus haut évoqué, était destinée, avant de tendre la main aux dirigeants de la protestation sur le terrain, à unifier les différentes composantes de l’opposition, elle-même prise en tenaille entre deux forces dont les aspirations apparaissent de semaine en semaine plus inconciliables : le régime, qui parle de réformes pour rester en place, et la protestation, convaincue que les réformes exigent le départ du régime. Les partis politiques concernés se sont abstenus de commenter le choix du pouvoir en faveur d’opposants indépendants, destinés à lui servir d’interlocuteurs avec les manifestants. Ils n’en ont pas moins considéré qu’il fallait très vite engager une discussion au sein de l’opposition, y compris avec les médiateurs potentiels, de manière à interdire au régime d’imaginer jouer comme à son habitude les uns contre les autres. Le Comité de Coordination, qui est l’aboutissement actuel de leur réflexion, affirme donc avec force, dans le premier document diffusé sous son nom, que "le régime ne trouvera personne pour répondre à son invitation aussi longtemps que le climat nécessaire n’aura pas été mis en place". La liste des partis et des personnalités inclus dans le Comité montre que cette tentative de regroupement se démarque nettement de la Déclaration de Damas pour le Dialogue National Démocratique. Rendue publique le 16 octobre 2005, celle-ci se proposait, elle aussi, de "conduire pacifiquement et progressivement la Syrie d’un régime autoritaire à un régime démocratique pluraliste". Mais elle marquait un quadruple glissement sur l’échiquier politique syrien et un recentrage de la problématique jusqu’alors dominante en Syrie : elle se voulait patriotique (syrienne), centriste, libérale et madani (laïque modérée). Le Comité revient à des positions plus classiques en s’affichant, au moins dans sa composition, nationaliste (pan-arabiste), gauchiste, socialiste et ilmani (laïc). Il campe donc sur des positions idéologiques proches de celles du régime, dont il ne se démarque guère que par son aspiration à la démocratie. Ce repositionnement pourrait permettre des rencontres avec quelques partis du Front National Progressiste, puisque le Comité se dit "ouvert à toutes les forces et cadres politiques disposés à apporter leur contribution à la vie politique". Il pense vraisemblablement au Parti Baath et à l’aile dite Yousef Faysal du Parti Communiste, la composante du Front National Progressiste la plus proche de l’opposition. Mais une tentative de rassemblement sur cette base paraît vouée à l’échec. Si elle ne peut qu’avoir l’agrément du pouvoir, dont elle fait objectivement le jeu, elle a d’ores et déjà suscité un rejet de la part de la Déclaration de Damas. Dans un communiqué daté du 27 juin, celle-ci a qualifié le Comité de "force en voie de quitter la scène, en raison de son incapacité à s’adapter au mouvement et aux nouveaux alignements". Surtout, ce jugement n'est guère différent de celui de la rue, qui ne veut plus ni du parti au pouvoir, ni de l’Etat omniprésent, ni de grands discours sur la résistance, ni d’un anti-impérialisme de façade... Alors que le Comité parle encore de "lancer un dialogue sérieux et responsable, une fois en place les conditions requises de crédibilité et de sincérité", la rue syrienne a déjà fait son choix. La participation sans précédent de la population aux manifestations du vendredi 1er juillet montre que, pour les Syriens, il n’est plus temps de dialoguer et qu’ils adhèrent en masse au slogan retenu pour ce jour-là : "Vendredi Dégage".

3.12 - L’opposition souhaite négocier au nom de la contestation

A supposer malgré tout que, constatant son incapacité à contraindre le régime au départ, la contestation se rallie à la nécessité d’un dialogue, le second défi consistera pour l’opposition à obtenir de ceux qui protestent dans les rues la procuration qui lui permettra de négocier en leur nom. Or, pour toute une série de raisons, ce résultat paraît loin d'être acquis. Il n’est pas du tout certain, d’abord, que les protestataires souhaiteront confier aux forces politiques réunies dans le Comité, qui s’est mis en place en partie dans ce but, le soin de défendre leurs intérêts. Si l’on en juge au nombre des manifestations de désapprobation qui se sont déroulées aussitôt connus les résultats de la rencontre de l'Hôtel Sémiramis, on peut en douter. Il se pourrait que les contestataires optent pour d’autres composantes de l’opposition, comme la Déclaration de Damas ou l'une ou l'autre de ses composantes absentes du Comité, ou qu’ils choisissent directement d’autres délégués, considérés par eux comme plus proches de leurs préoccupations, comme Riyad Seif, Akram Al Bounni, Haytham Al Maleh, Ghassan Najjar, Yaser Al Eiti, Ahmed Tomeh... L’autre hypothèse est que chaque ville ou chaque foyer de contestation désigne des porte-parole dans des camps différents. Mais la question des procurations pose une autre question, en amont, qui concerne les procédures qui pourraient permettre à un mouvement, sans doute en voie de coordination mais toujours condamné à la clandestinité, de procéder de manière un tant soit peu démocratique au choix de ses représentants. Enfin, lorsqu’ils seront en mesure de sortir à la lumière, ceux qui auront dirigé le mouvement depuis les coulisses pendant des mois souhaiteront vraisemblablement ne laisser à personne d'autre qu'eux-mêmes le soin de parler en leur nom… On est loin d’une telle issue, personne, dans l’opposition, n’étant en mesure d’offrir la moindre garantie à ceux qui se hasarderaient maintenant à sortir du bois. Une autre série de questions concerne les présupposés à toute négociation. Un consensus existe sur un socle commun comme le retrait de l’armée et des services de sécurité, la libération des prisonniers, l’autorisation de poursuivre les manifestations pacifiques… Mais les divergences demeurent sur des points beaucoup plus nombreux : faut-il avoir obtenu au préalable l’annulation de l’article 8 de la constitution, la traduction en justice des auteurs de crimes et de tortures, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, le retour en Syrie des exilés et des bannis… ? La dernière série de questions touche directement au fond du problème. S’agira-t-il de parler avec le régime de la participation au pouvoir ou de la transmission du pouvoir ? En d’autres termes, des conditions de son départ ou seulement de son recyclage ?

3.13 - L’opposition voit plus loin que la contestation

Alors que la contestation a progressivement relevé le niveau de ses revendications pour réclamer désormais la chute du régime et le départ de Bachar Al Assad, les partis politiques ont d’autres horizons. Il est de bon ton, chez les uns et les autres, d’affirmer que les efforts sont concentrés sur les échéances présentes. Mais, par la force des choses, les politiques sont légitimement d’ores et déjà préoccupés par le jour d’après, c’est-à-dire par la période qui, avec la disparition du régime actuel et/ou à la faveur de la mise en place d’un régime démocratique en Syrie, ouvrira le champ à la concurrence idéologique et à la lutte politique entre partis. La retenue des forces en présence, qui diminue semaine après semaine, s’explique autant par la crainte de vendre la peau du lion alors qu’il est toujours vivant, que par la conscience qu’il leur faudra alors compter sur de nouveaux concurrents, issus du mouvement de protestation et ayant fait leurs classes dans l’animation de la contestation. Or les partis ignorent encore à ce stade, outre l'identité, les intentions et les ambitions de ces probables futurs adversaires. Quoi qu’il en soit, quelques partis et certains membres de l’opposition, parmi lesquels des combattants de la 25ème heure, semblent déjà se placer pour le sprint final. Ils espèrent bien tirer parti de l'ultime effort qui conduira aux élections législatives ou à l’élection d’un nouveau président, dans un délai de 6 mois à 1 an, ponctué par la mise en place d’un gouvernement de transition, la création d’une assemblée constituante et l’adoption d’une nouvelle Constitution.

3.14 - L’opposition extérieure en quête d’un rôle

La problématique de la relation actuelle et à venir entre l’opposition politique stricto sensu et les personnalités et partis qui surgiront de la contestation se double d’une autre problématique. Elle met en présence l’opposition de l’intérieur et celle de l’extérieur. Alors qu’en Syrie les partis d’opposition font montre jusqu’ici de réserve, dans leurs discours comme dans leurs prises de position, en refusant de se comporter avant l’heure comme s’ils avaient déjà remporté les élections, une même vigilance apparaît de mise parmi les opposants en exil à l’extérieur. Ceux qui appartiennent à des partis présents en Syrie, qu’il s’agisse des différentes composantes du Rassemblement National Démocratique, de la Déclaration de Damas, de la galaxie des partis kurdes ou du Parti de l’Action Communiste, campent en général sur les mêmes positions qu’eux. Ils appuient donc la contestation, et ils se montrent, dans leurs communiqués, dans leurs articles ou dans leurs interventions publiques sur les télévisions de leurs pays de résidence, mobilisés au service de sa perpétuation et de son bon aboutissement. D’autres organisations, comme les Frères Musulmans, qui sont condamnés à mort en Syrie depuis 1980 et privés de toute structure sur place, mais qui avaient été les premiers à adhérer à la Déclaration de Damas, ont choisi de participer à tous les efforts d’unification tentés ici et là, de manière à contribuer à leur succès et à empêcher le régime de jouer aussi sur la division de l’opposition extérieure. Ils font preuve en même temps d’une très grande prudence, à la fois pour prévenir les accusations que le régime est toujours prêt à utiliser contre eux et pour rassurer sur leurs intentions leurs partenaires et leurs adversaires de l’opposition laïque. Il est difficile de se prononcer sur la réalité des liens, secrets par la force des choses, qu’entretiennent en Syrie les organisations créées autour de personnalités de poids écartées du pouvoir, comme le Front de Salut National de l’ancien vice-président Abdel-Halim Khaddam, en exil en France depuis fin 2005, et le Parti Arabe Démocratique de Rifaat Al Assad, oncle depuis longtemps déchu de Bachar Al Assad. Leur influence se limite au cercle - qui peut être vaste - des anciens camarades ou obligés de l’un et de l’autre, et elle est conditionnée par leurs ressources autant que par leurs ambitions. Une multitude de partis politiques ont été créés, en Europe et aux Etats-Unis surtout, au cours de la décennie écoulée, autour de personnalités sans grande envergure. Ils sont sans influence sur la rue syrienne. L’approche présumée de la fin du régime a suggéré à certains hommes d’affaires syriens en exil qu’il était temps de faire quelque chose et d’investir une partie de leurs ressources dans le succès de la contestation. Leur apparition et leur activité ont été accueillies avec réserve par ceux qui craignent une reproduction, dans le paysage politique syrien, de la situation antérieure à l’Union avec l’Egypte, marquée par la prééminence de partis au service des intérêts des élites urbaines de Damas et d’Alep. Pour le moment, et en attendant que les conditions soient mûres pour la tenue d’un grand congrès national de l’opposition syrienne à l’étranger, les opposants de l’extérieur se vouent, en fonction des capacités et des moyens des uns et des autres, à des tâches parfois visibles, mais beaucoup plus souvent discrètes. Certains ont reçu ou se sont donné pour mission de plaider auprès des Etats concernés en faveur d’un abandon du régime de Bachar Al Assad, dont ils s’efforcent de démontrer la nocivité à la fois pour le peuple syrien, pour l’environnement régional de la Syrie et pour les intérêts de ces Etats. D’autres travaillent à diffuser auprès des médias étrangers les informations et les images qui montrent avec quelle inhumanité le régime syrien, uniquement préoccupé de sa survie, traite les habitants pacifiques de villes et de villages entiers. D’autres, encore plus discrets, s’efforcent d’approvisionner en téléphones mobiles les manifestants qui, au péril de leur vie, transmettent depuis l’intérieur les témoignages des manifestations et de la répression.

*****

Vendredi 1er juillet, les Syriens ont encore une fois fait mentir celui qu’ils ne veulent plus reconnaître comme leur président. Sortant pacifiquement comme ils le font depuis plus de 3 mois, ils ont démontré de manière indubitable que le mouvement de protestation n’était pas en voie d’essoufflement, bien au contraire. Ils savent que la victoire n’est pas encore là et qu’elle coûtera encore cher en vies humaines. Mais ils apparaissent de jour en jour plus certains de leur victoire.

Refusant de reconnaître l’inéluctabilité de sa défaite, Bachar Al Assad compte moins désormais sur les capacités de son armée et de ses services, que sur l’indécision des puissances étrangères, inquiètes du vide que provoquerait sa disparition, obnubilées par le fantasme d’un possible régime islamiste et plus attachées à la sécurité de 7 millions et demi d’Israéliens qu’à la vie de 23 millions de Syriens. Il laisse la répression suivre son cours, tout en multipliant les concessions et les manœuvres. A coup de promesses déjà cent fois restées sans suite, il tente de convaincre qu’il a entendu les demandes de la population et qu’il est prêt aujourd'hui à leur donner satisfaction.

Entre un régime qu’elle connaît trop bien et une contestation qu’elle ne contrôle pas, l’opposition syrienne s’interroge. Elle perçoit que les dès sont jetés et que la protestation ira à son terme. Mais elle ignore dans quelles conditions. Elle risque fort, si elle se montre plus préoccupée de son propre avenir que des attentes de la rue, d’être elle-même emportée, dans sa forme actuelle, par ceux qui veulent tourner la page et obtenir en Syrie un changement radical.

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:05

 

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, dénonce les mandats d'arrêt du Tribunal spécial pour le Liban

Le chef du Hezbollah a prévenu que les autorités libanaises, qui disposent de 30 jours pour interpeller les personnes visées par les mandats, ne seraient pas en mesure d'arrêter les quatre suspects désignés par le TSL.
Le chef du Hezbollah a prévenu que les autorités libanaises, qui disposent de 30 jours pour interpeller les personnes visées par les mandats, ne seraient pas en mesure d'arrêter les quatre suspects désignés par le TSL.AFP/-
Le chef du Hezbollah libanais a exclu, samedi, l'arrestation de quatre suspects de son mouvement cités dans les mandats d'arrêt du tribunal de l'ONU qui enquête sur l'assassinat du dirigeant Rafic Hariri, rejetant toute décision émanant de cette instance. "Nous rejetons ces accusations et ces décisions sans fondement et nous les considérons comme une agression à notre encontre", a dit Hassan Nasrallahlors d'une intervention en direct par la télévision du Hezbollah, Al-Manar. Le chef du Hezbollah a prévenu que les autorités libanaises, qui disposent de 30 jours pour interpeller les personnes visées par les mandats, ne seraient pas en mesure d'arrêter les quatre suspects désignés par le TSL.

"Aucune force ne pourra arrêter ceux qui sont mentionnés dans l'acte d'accusation (...). Il ne sera pas possible de les arrêter ni dans 30 jours, ni dans 30 ans, ni dans 300 ans", a dit M. Nasrallah, en réagissant à ce premier acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) créé en 2007. "Ce tribunal est pour nous un pur produit israélo-américain. Sur cette base-là, nous rejetons ce tribunal et tous les verdicts et les accusations nuls et non avenus qui en émanent", a-t-il poursuivi, dénonçant une enquête "truquée" et des enquêteurs "corrompus et hostiles" au Hezbollah. "Les choses iront jusqu'au procès par contumace, le verdict est déjà prêt", a dit le chef du Hezbollah, dont le camp domine le nouveau gouvernement deNajib Mikati. Hassan Nasrallah a aussi écarté toute possibilité de nouvelle guerre civile ou d'affrontements entre musulmans sunnites et chiites, alors que l'acte d'accusation faisait craindre une résurgence des violences

Face aux appels du camp de l'opposition dirigé par le sunnite Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, pour obtenir l'arrestation par le gouvernement Mikati des quatre suspects, M. Nasrallah a lancé : "ne faites pas porter à ce gouvernement des responsabilités qu'il ne peut assumer". Les quatre membres du Hezbollah mentionnés dans l'acte d'accusation du TSL "ont un passé honorable dans la lutte contre l'occupation" israélien, a ajouté le chef du parti chiite armé, un allié des régimes syrien et iranien, sans dire plus sur ces suspects.

LES NOMS DES SUSPECTS

Le TSL a remis jeudi un acte d'accusation sous scellé et quatre mandats d'arrêt au procureur général à Beyrouth Saïd Mirza. Le ministre de l'intérieur Marwan Charbela confirmé ensuite les noms des quatre suspects du Hezbollah, Moustafa Badreddine, Salim Ayyash, Assad Sabra et Hussein Anaissi. Tous quatre sont membres d'une cellule chargée de planifier et exécuter l'attentat à la camionnette piégée qui a coûté la vie à l'ancien premier ministre Rafic Hariri et 22 autres personnes à Beyrouth en 2005, selon la presse locale. Moustafa Badreddine est le beau-frère d'Imad Moughniyeh, le chef militaire du Hezbollah tué en 2008 dans une voiture piégée à Damas. Selon les médias libanais, il a remplacé Moughniyeh à la tête des opérations militaires du parti.

La réaction du chef de Hezbollah ne constitue pas une surprise dans la mesure où il avait dès 2010 dit s'attendre à ce que son mouvement soit mis en cause par le TSL et menacé de "couper la main" de celui qui arrêtera des membres du parti chiite. Depuis, le Hezbollah a lancé une campagne de dénigrement du TSL, l'accusant d'être "à la solde d'Israël et des Etats-Unis", qui le considèrent comme une organisation terroriste. Il avait aussi prévenu à plusieurs reprises qu'il ne resterait pas les bras croisés si un de ses membres était arrêté.

 

"Aucune force ne pourra arrêter ceux qui sont mentionnés dans l'acte d'accusation (...). Il ne sera pas possible de les arrêter ni dans 30 jours, ni dans 30 ans, ni dans 300 ans", a dit M. Nasrallah, en réagissant à ce premier acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) créé en 2007. "Ce tribunal est pour nous un pur produit israélo-américain. Sur cette base-là, nous rejetons ce tribunal et tous les verdicts et les accusations nuls et non avenus qui en émanent", a-t-il poursuivi, dénonçant une enquête "truquée" et des enquêteurs "corrompus et hostiles" au Hezbollah. "Les choses iront jusqu'au procès par contumace, le verdict est déjà prêt", a dit le chef du Hezbollah, dont le camp domine le nouveau gouvernement deNajib Mikati. Hassan Nasrallah a aussi écarté toute possibilité de nouvelle guerre civile ou d'affrontements entre musulmans sunnites et chiites, alors que l'acte d'accusation faisait craindre une résurgence des violences

Face aux appels du camp de l'opposition dirigé par le sunnite Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, pour obtenir l'arrestation par le gouvernement Mikati des quatre suspects, M. Nasrallah a lancé : "ne faites pas porter à ce gouvernement des responsabilités qu'il ne peut assumer". Les quatre membres du Hezbollah mentionnés dans l'acte d'accusation du TSL "ont un passé honorable dans la lutte contre l'occupation" israélien, a ajouté le chef du parti chiite armé, un allié des régimes syrien et iranien, sans dire plus sur ces suspects.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/07/03/hassan-nasrallah-le-chef-du-hezbollah-denonce-les-mandats-d-arret-du-tribunal-special-pour-le-liban_1544167_3218.html

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