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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 03:32

Tunisie: adoption d'un pacte interdisant la normalisation avec Israël


TUNIS - La commission de réforme politique tunisienne a annoncé vendredi l'adoption à la majorité d'un pacte républicain visant à servir de socle à la future constitution, qui stipule notamment le refus de toute forme de normalisation avec Israël.

Le président de cette commission, Yadh Ben Achour, s'est contenté lors d'une conférence d'annoncer l'adoption de ce pacte sans donner des précisions sur son contenu.

Mais la presse arabophone a publié le contenu de ce pacte qui définit la Tunisie comme un pays démocratique et libre, sa langue est l'arabe et sa religion est l'Islam.

Ce pacte qui doit servir de socle pour la nouvelle constitution tunisienne refuse catégoriquement toute forme de normalisation avec l'Etat sioniste et soutient la question palestinienne.

Cette mention a été l'objet d'un désaccord entre les membres de la commission, certains ayant jugé qu'elle n'est pas nécessaire dans une déclaration de principes, alors que d'autres, dont le mouvement islamiste Ennahda, qui s'est retiré fin juin de la commission, avait insisté sur son inclusion.

Parmi les principes fondamentaux de ce pacte, la séparation entre les domaines politique et religieux, l'indépendance personnelle de chaque citoyen dans ses croyances et son droit à pratiquer les rites religieux.

Le pacte républicain prône également pour la préservation des acquis de la femme tunisienne et la séparation entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

M. Ben Achour a annoncé par ailleurs avoir envoyé ce matin au président tunisien par intérim un décret présidentiel déterminant les postes et les fonctions des membres du parti unique de l'ex-président Ben Ali le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qui ne pourront pas se présenter aux élections de l'Assemblée constituante prévues le 23 octobre.

L'exclusion des anciens responsables du RCD devrait toucher notamment les membres du bureau politique, du comité central, des comités de coordination, des présidents de cellules et de fédérations, selon le texte de ce décret.

La commission pourrait annoncer la semaine prochaine la liste des personnes ayant appelé le président déchu Ben Ali à briguer un nouveau mandat, a-t-il encore indiqué.

http://www.romandie.com/news/n/_Tunisie_adoption_d_un_pacte_interdisant_la_normalisation_avec_Israel010720111607.asp

 

Tunisie: L'avocat Lazhar Akermi, défenseur des droits de l'homme, nommé au gouvernement

Un défenseur des droits de l'homme, l'avocat Lazhar Akermi, a fait son entrée vendredi au sein du gouvernement provisoire tunisien issu de la «révolution du jasmin» qui a fait trébucher le président Zin ben Ali et est chargé de préparer les élections constituantes repoussées au 23 octobre.

Selon l'agence de presse officielle Tap, Lazhar Akermi est nommé ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, chargé des Réformes.

Quatre autres ministres sortants sont affectés par ce remaniement partiel.

«Le gouvernement est maintenant persuadé de la nécessité de mener un certain nombre de réformes au sein de l'appareil de sécurité et le message est qu'il faut faire des réformes de l'extérieur", a commenté pour l'agence Reuters Salah Attia, qui écrit dans le quotidien "Assabah". "Mais l'appareil sécuritaire acceptera-t-il quelqu'un venu de l'extérieur de l'institution ? Là est la question".

En mars, le président par intérim Fouad Mebazza avait nommé un nouveau ministre de l'Intérieur, Habib Sid, ancien secrétaire d'Etat à l'Intérieur sous Zine ben Ali.

Étapes du processus électoral jusqu'au 23 octobre 30-06-2011 12:19:39

L'instance supérieure indépendante pour les élections a établi un calendrier des élections de l'Assemblée nationale constituante qui fixe les différentes étapes du processus électoral à partir de l'inscription des électeurs et jusqu'au scrutin, le 23 octobre 2011.

1 - Démarrage de l'opération d'inscription :
L'opération d'inscription des électeurs auprès des bureaux d'inscription commence le 11 juillet 2011 à 08h00 jusqu'au 2 août 2011 à 18h00 avec la possibilité de décider le prolongement des délais d'inscription et le changement des horaires d'ouverture des bureaux.
L'instance supérieure se charge de déterminer les lieux des bureaux d'inscription des électeurs en Tunisie et en informe le public, alors que les électeurs tunisiens établis à l'étranger seront inscrits aux sièges des ambassades et des consulats tunisiens.

2 - Annonce des délais d'affichage des listes:
L'affichage des listes actualisées des électeurs démarrera dans la circonscription territoriale dont elles relèvent (siège de la municipalité, de la délégation ou du « Imada » ou siège de la mission diplomatiques ou consulaire) du 20 au 26 août 2011. Les listes d'électeurs seront publiées dans les mêmes délais sur le site web de l'instance.

3 - Annonce des délais de recours intentés contre les listes:
Les délais d'ouverture et de clôture des demandes d'opposition concernant les listes actualisées d'électeurs sont identiques à celles des délais d'ouverture et de clôture de l'affichage des listes d'électeurs.

4 - Publication du décret de convocation des électeurs:
Le décret de convocation des électeurs est édicté dans un délai n'excédant pas le 23 août 2011.

5 - Délais de dépôt des déclarations relatives à la candidature des listes:
Sont ouverts aux sièges des bureaux régionaux des élections, les registres relatifs à la réception de l'inscription des déclarations de la candidature aux listes à partir du 1er septembre 2011 à 08h00 jusqu'au 7 septembre 2011 à 18h00, chaque jour et sans interruption.

6 – Les délais d'inscription exceptionnelle:
Les opérations d'inscription exceptionnelle commencent au siège de chaque bureau régional à partir du jour de la clôture de l'inscription ordinaire jusqu'au 12 octobre 2011 à 18h00.

7 - Annonce de la liste et des sièges des bureaux de vote:
L'instance supérieure affiche aux sièges des bureaux régionaux, des délégations et bureaux des "Imadas" et municipalités la liste et les sièges des bureaux de vote dans un délai ne dépassant pas le 15 octobre 2011.

8 - Les délais d'ouverture et de clôture de la campagne électorale:
La campagne électorale commence le 1er octobre 2011 et prend fin le 21 octobre 2011.

9 - Les délais d'accréditation des observateurs et représentants des candidats et de leurs mandataires:
L'instance supérieure procède à la réception des demandes d'accréditation des observateurs à partir du 11 juillet 2011 à 08h00 jusqu'au 19 octobre 2011 à 18h00. Les bureaux régionaux, chacun selon la compétence territoriale dont il relève, procèderont à la réception des demandes d'accréditation des représentants et mandataires des candidats à partir du 19 septembre 2011 à 08h00 jusqu'au 19 octobre 2011 à 18h00

10 - Les délais de retrait des candidatures:
Chaque candidat a droit de retirer sa candidature à condition de la consigner auprès du bureau régional dont il relève territorialement dans un délai n'excédant pas le 20 octobre 2011 à 18h00.

11 - Le déroulement du scrutin:
La date du scrutin des électeurs tunisiens établis sur le territoire tunisien est prévue dimanche 23 octobre 2011. La convocation des tunisiens résidant à l'étranger à voter peut s'effecteur un jour ou plus avant la date précitée.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 03:32
Manifestations au Yemen d'opposants et de partisans de Saleh

Manifestation de partisans d'Ali Abdallah Saleh à Sanaa, la capitale du Yémen. Des dizaines de milliers de partisans ou adversaires du président yéménite ont manifesté lors de rassemblements distincts à l'issue de la grande prière du vendredi à travers le Yémen. (Reuters/Suhaib Salem)

 

Des dizaines de milliers de partisans ou adversaires du président Ali Abdallah Saleh ont manifesté lors de rassemblements distincts à l'issue de la grande prière du vendredi au Yémen.

Les opposants au chef de l'Etat, blessé lors d'une attaque contre le palais présidentiel début juin, se sont retrouvés à Sanaa pour écouter un prédicateur qui a appelé le président par intérim, Abd-Rabbou Mansour Hadi, à sortir de l'impasse politique en autorisant la désignation d'un nouveau dirigeant.

"Nous avons sacrifié tout ce que nous possédions, à vous de faire les sacrifices nécessaires", a dit le prédicateur s'adressant à Hadi. "Nous continuerons à payer le prix qu'il faut jusqu'à libérer notre pays de ce régime tyrannique dirigé par une famille", a-t-il poursuivi.

Hadi a indiqué à CNN que la gravité des blessures dont souffre Saleh rendait incertain son retour au Yémen, après son opération en Arabie saoudite voisine.

Il a précisé que les médecins qui soignent le président yéménite n'étaient pas en mesure de fournir une date pour son rétablissement complet. "Cela peut prendre des mois. La décision appartient aux médecins", a-t-il dit.

Américains et Saoudiens redoutent que les troubles politiques au Yémen ne favorisent un renforcement de la présence des islamistes d'Al Qaïda dans ce pays.

Face à la persistance des violences, Washington et Ryad tentent de faire pression sur Saleh pour qu'il renonce à un pouvoir qu'il occupe depuis près de 33 ans.

Dans une autre partie de la capitale, des groupes de partisans de Saleh ont défilé en brandissant des banderoles et des portraits du chef de l'Etat. Vous êtes notre président, notre chef et notre commandant jusqu'en 2013", disait une pancarte, allusion à la date de la prochaine présidentielle.

Une mission d'enquête du Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme a obtenu la coopération du gouvernement yéménite, a dit à Genève le porte-parole de l'institution, Rupert Colville.

Les émissaires, a-t-il dit, ont rencontré Hadi, des dirigeants de l'opposition à Sanaa et des manifestants dans la capitale et dans la ville de Taëz où 15 personnes ont été tuées le 29 mai lorsque l'armée a tiré sur la foule.

Par Reuters
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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 03:30
Egypte: "La révolution de la deuxième colère"

Les manifestants ne résistent pas à l'envoie de grenades lacrymogène, ce mercredi 29 juin 2011.Réunis devant le ministère de l'Intérieur,ils ont été repoussé par les forces de sécurité

REUTERS/ Mohamed Abd El-Ghany

Des heurts violents ont éclaté cette semaine entre des forces de sécurité et des manifestants au Caire. Les méthodes de répression rappellent celles utilisées par le régime passé.

Dans la nuit de mardi à mercredi ont éclaté des heurts dans le quartier d'Agouza, près du théâtre, où s'étaient réunies de nombreuses familles de victimes de la révolution du 25 janvier. Dès la tombée de la nuit, des groupes rejoignent la place Tahrir, épicentre de la révolution égyptienne. Les émeutes reprennent sur la place, avec une violence qu'on croyait révolue en Egypte. A l'origine de ce regain de violence et de colère, des heurts entre des policiers et des familles de victimes, réunis au théâtre d'Agouza pour réclamer le jugement des responsables de la répression.

Les jugements tardent et exaspèrent de nombreux parents de martyrs, morts pour la liberté et la chute du système, plus de quatre mois après le départ d'Hosni Moubarak. La famille de Khaled Saïd a appris ce jeudi par la cour de justice d'Alexandrie, le report du procès des deux policiers incriminés dans la mort de celui qui était devenu le symbole de la violence du régime. Une décision qui conforte l'idée répandue que le régime passé est toujours là.

Témoignage

Une jeune Egyptienne, témoin de cette explosion de violence, raconte... "Il est environ 18 heures. J'étais au sit-in des familles de victimes organisées à Maspero. Je trouvais l'endroit inhabituellement vide. J'ai appris qu'un groupe s'était rendu à une marche commémorative à Agouza. Je n'étais pas en mesure de déterminer qui avait organisé cette célébration et pourquoi des familles avaient décidé de quitter le sit-in pour se rendre à Agouza. A leur retour d'Agouza, un groupe a montré les images de la répression et raconté la violence des affrontements avec les forces de sécurité."

Déclenchés par le refus des policiers de laisser entrer les personnes soutenant les familles des martyrs, les affrontements s'enveniment rapidement et gagnent en violence minute après minute. "Immédiatement la police est arrivée et a commencé à tirer des grenades lacrymogènes et à utiliser des Tasers contre les manifestants."

 

Rendez-vous le 8 juillet

Depuis, les appels à manifester le 8 juillet ne cessent de circuler sur Facebook et dans les quotidiens égyptiens comme Masry al-Yioum et al-Chorouk(en arabe), qui titre sur "la révolution de la deuxième colère". Nombres de jeunes partis et de militants demandent aux Egyptiens de descendre place Tahrir et menacent de rester jusqu'à la démission du Premier ministre Issam Charaf et de son gouvernement chargée des affaires courantes. Le jugement public des symboles du régime passé, impliqués dans la mort de manifestants, figurent parmi les premières conditions des chabab (jeunes) de la place Tahrir.

"Nous annonçons le début des manifestations ouvert jusqu'à la réalisation de l'ensemble des demandes de la révolution." Au regard de la violence utilisée contre les manifestants et les familles de martyr ce mardi, "la révolution n'a pas réussi et les droits restent pillés", conclut un militant dans le quotidien Masry al-Yioum.

Répression digne du régime passé

Ce regain de violence a aussi montré que les méthodes de répression ne changent pas, malgré la révolution. Mardi soir, le ministère de la Santé évoquait déjà plus de 1400 blessés au cours des affrontements. Les manifestants, interrogées par la chaîne Al-Jazeera ne comprennent pas que les armes associées au régime policier d'Hosni Moubarak soient à nouveau utilisées contre les manifestants.

Le rendez-vous des législatives est encore loin pour de nombreux militants qui attendent des changements rapides au sein de la direction du pays, qui n'a rien de révolutionnaire.

lien : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/egypte-la-revolution-de-la-deuxieme-colere_1008330.html
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:55
Trois membres de la coalition «Monarchie parlementaire maintenant» dont Fouad Abelmoumni (g) lors d'une conférence de presse à Rabat, le 28 juin 2011. Cette coalition rejette le projet de réforme constitutionnelle proposé par le roi Mohammed VI .
AFP/Abelhak Senna

 

Des opposants marocains, proches des jeunes contestataires qui manifestent régulièrement au Maroc, ont annoncé le 28 juin à Rabat la création d'une coalition militant pour la « monarchie parlementaire maintenant ». Cette coalition non représentée au Parlement est formée notamment de cinq petits partis politiques dont trois de la mouvance d'extrême gauche, et deux partis islamistes dissous. A deux jours du référendum constitutionnel voulu par le roi Mohammed VI, les opposants au projet n'entendent pas baisser les bras.
Ils sont cinq petits partis politiques, dont le Parti socialiste unifié (PSU), le Parti pour l'action démocratique et social (PADS) et le Congrès national ittihadi (CNI), deux syndicats, des avocats et une dizaine d’associations. Et pour cette coalition, -malgré un renforcement du pouvoir de l’Assemblée et du Premier ministre-, la nouvelle Constitution laisse toujours trop de pouvoir au roi. Il est toujours au dessus des lois selon Fouad Abdelmoumni, coordinateur de la coalition pour une « monarchie parlementaire maintenant » :
« On ne peut pas avoir une autorité sans rendre des comptes à des électeurs in fine. Or, aujourd’hui, le roi continue d’être le réel chef de l’exécutif, le réel chef du législatif, le réel chef du judiciaire, le chef absolu des armées, le chef absolu des appareils de sécurité, le commandant des croyants et donc de l’autorité religieuse suprême, il est toujours, tout ».
Résultat : cette coalition compte maintenir la pression pour obtenir une monarchie parlementaire. De quelle façon? Manifestation ou lobbying politique ? La marche à suivre n’a pas encore été adoptée. Seule certitude, la plupart des membres de cette coalition boycotteront le référendum de vendredi pour marquer leur rejet de ce qui devrait devenir la sixième Constitution du pays.
Par RFI

le projet de Constitution largement contesté

 

Des militants pour l’instauration d’un système démocratique au Maroc ont affirmé mardi que le projet de révision constitutionnelle soumis à référendum, vendredi prochain, ne répondait pas aux principes et normes de la monarchie parlementaire et ne fondait pas un Etat civil et démocratique. « Par son contenu, le projet de Constitution révisée garde intacte l’architecture constitutionnelle et autoritaire caractérisée par la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul organe qui est le roi », ont déclaré des animateurs de la « Coalition pour une monarchie parlementaire maintenant » lors d’une conférence de presse tenue à Rabat, à trois jours de la consultation référendaire.
Dans une déclaration liminaire, ils ont souligné que le projet réaffirme «la permanence de la suprématie du monarque sur l’essentiel des institutions et organes de l’Etat», «l’hégémonie du Conseil des ministres, présidé par le roi », « le maintien du pouvoir royal de nomination à l’essentiel des attributions du pouvoir exécutif » et « la soumission du pouvoir législatif du Parlement au visa du Conseil des ministres, et donc au roi, pour l’essentiel des textes de loi ». Ils estiment, par ailleurs, que la méthode de travail adoptée pour l’élaboration du projet est « caractérisée par l’absence de transparence, la mise à l’écart de l’opinion publique, l’accaparement du processus par le pouvoir et le déni du débat public» sur le texte qui « consolide le despotisme et n’encourage aucune forme d’interaction positive ».
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:54

 

Mandat d’arrêt international contre Kadhafi et son Saïf El Islam

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé lundi la délivrance d’un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre le colonel Mouammar Kadhafi, son fils Seif a-Islam et le chef des services de renseignements libyens Abdallah Al-Senoussi.
La décision des juges a été accueillie par des scènes de liesse à Benghazi, deuxième ville du pays, et Misrata, située à 200 km à l’est de la capitale Tripoli, certains tirant en l’air, beaucoup agitant les drapeaux de la rébellion.
« Justice a été rendue », s’est félicité le président du Conseil national de transition (CNT), organe politique des rebelles libyens, Moustapha Abdeljalil, devant la presse à Benghazi, siège de la rébellion libyenne.
Les juges de la CPI ont estimé, lors d’une audience publique à La Haye, qu’ »il y a des motifs raisonnables de croire que (…) Mouammar Kadhafi, en coordination avec son cercle rapproché, a conçu et orchestré un plan destiné à réprimer et à décourager la population qui manifestait contre le régime et ceux considérés comme dissidents au régime ».
La délivrance des mandats d’arrêt « souligne une fois de plus l’isolement croissant du régime », selon le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, tandis que pour le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, la question n’est pas de savoir si Mouammar Kadhafi doit quitter le pouvoir, « mais comment et quand ».
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a pressé lundi l’entourage du colonel Mouammar Kadhafi à « le lâcher » ou « à rendre des comptes ».
L’annonce des mandats d’arrêt intervient au moment où la campagne de bombardements des pays membres de l’Otan pour aider les rebelles libyens dure depuis cent jours et où le conflit s’enlise, le colonel Kadhafi étant toujours au pouvoir.
« Pour éviter qu’ils ne continuent de dissimuler les crimes qui continuent d’être commis et qu’ils n’en commettent de nouveaux, ils doivent être arrêtés. C’est là la seule manière de protéger les civils en Libye », a réagi le procureur Moreno-Ocampo dans un communiqué.
Le ministre de la Justice du CNT, Mohammed Al-Allagui, a de son côté assuré que le CNT « collabore » avec le bureau du procureur, devant la presse à La Haye.
« Il faut d’abord l’arrêter », a-t-il dit au sujet de M. Kadhafi : « nous déciderons ensuite quel est le meilleur endroit pour le poursuivre en justice », soit en Libye, soit devant la CPI.
Selon les juges, il y a des motifs raisonnables de croire que les trois hommes sont responsables, « en tant qu’auteurs indirects », de meurtres et persécutions, constitutifs de crimes contre l’humanité, commis par les forces de sécurité libyennes notamment à Tripoli, Benghazi et Misrata.
Les forces de sécurité ont « infligé des actes inhumains à la population civile, la privant gravement de ses droits fondamentaux », selon les juges.
La révolte en Libye a fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI, et entraîné la fuite à l’étranger de près de 650.000 Libyens et le déplacement à l’intérieur du pays de 243.000 autres, selon l’ONU.
Sur le terrain, selon un correspondant de l’AFP sur place, les rebelles se trouvaient toujours lundi à une cinquantaine de kilomètres de Tripoli.
Un seul chef d’Etat en exercice, le président soudanais Omar el-Béchir, fait jusqu’ici l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI. Recherché pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour (Soudan), M. Béchir ne reconnaît pas la compétence de la Cour.
Entrée en fonction en 2002, la CPI ne dispose d’aucune force de police propre et dépend de la volonté des Etats pour l’exécution des mandats d’arrêt.
« Tous les Etats parties (au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI) et la Jamahiriya arabe libyenne ont le devoir explicite d’exécuter ces mandats d’arrêt », selon Christian Wenaweser, le président de l’Assemblée des Etats parties.
La Cour a compétence en Libye en vertu de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 26 février, ce que contestent les autorités libyennes qui affirment ne pas être « concernées » par ses décisions, n’ayant pas ratifié le statut de Rome.
AFP
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:52

 

Bahreïn a chargé mercredi une commission indépendante de cinq membres, dont des juristes de renommée internationale, d'enquêter sur la sanglante répression du mouvement de contestation du régime de février-mars, vivement dénoncée par l'opposition et des ONG.
Créée par un décret du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, la commission, présidée par Mahmoud Chérif Bassiouni, expert international en droit pénal, est chargée d'"enquêter sur les évènements survenus à Bahreïn en février-mars" et doit soumettre ses conclusions dans un délai de quatre mois "n'excédant pas le 30 octobre".

La commission aura "libre accès à toute personne qu'elle jugera utile", y compris des représentants de la société civile, l'opposition, "de présumées victimes et témoins de prétendues violations des droits de l'Homme", selon le texte du décret.
"Le gouvernement ne doit s'immiscer d'aucune manière dans le travail de la commission", laquelle pourra recommander de "faire juger toute personne, y compris des responsables ou fonctionnaires" impliqués dans des violations des droits, afin d'"empêcher une réédition des événements" survenus dans le pays.
Philippe Kirsch, un avocat canadien et ancien président de la Cour pénale internationale (CPI), et Sir Nigel Simon Rodley, membre de la Commission des Nations unies pour les droits de l'Homme, font partie de la commission.
L'annonce de la création de cette commission d'enquête intervient deux jours avant l'ouverture prévue samedi d'un dialogue national, convoqué par le roi pour relancer les réformes politiques après la répression de la contestation, et auquel l'opposition chiite n'a pas encore confirmé sa participation.
Malgré une normalisation apparente, la tension reste vive dans le pays où une vague de licenciements et de poursuites judiciaires touchant notamment les chiites, majoritaires au sein de la population autochtone, a été dénoncée par les organisations de défense des droits de l'Homme.
La vague de protestations populaires et sa répression ont fait entre la mi-février et la mi-mars 24 morts, selon Manama. Quatre manifestants sont morts depuis en détention.
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:51

Hervé Ghesquière et Stépahane Taponier ainsi que leur interprète Reza Din sont libres

Libération des otages: «une énorme surprise»

INTERVIEW

Jean-François Julliard, le secrétaire national de Reporters sans frontières, revient sur l'annonce de la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier.

 

Jean-François Julliard devant le centre Georges Pompidou à Paris, le 29 juin 2011.

Jean-François Julliard devant le centre Georges Pompidou à Paris, le 29 juin 2011. (Mathias Destal)

Jean-François Julliard, secrétaire national de Reporters sans frontières (RSF), était au rassemblement de soutien en faveur d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, place Igor Stravinski à Paris, mercredi, au moment où la nouvelle de leur libération a été connue. Il revient sur les événements.

Comment avez-vous appris la nouvelle de la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier?

Nous étions à la fin du rassemblement de soutien quand la mère de Stéphane a reçu un coup de téléphone de Nicolas Sarkozy qui lui annonçait qu'Hervé et son fils venaient d'être libérés. Le père de Stéphane, Gérard, a appris la même nouvelle par le Quai d'Orsay. On était encore en train de ranger les banderoles.

Vous n'imaginiez pas que cette libération puisse avoir lieu aujourd'hui, alors même que vous organisiez ce rassemblement...

Pas du tout, ça a été une énorme surprise pour tout le monde. Nous étions en Afghanistan il y a moins d'une semaine. Nous en sommes revenus plus rassurés qu'avant notre départ mais nous n'avions aucune certitude. Nous savions juste que les autorités afghanes étaient en contact avec les ravisseurs et que les services français sur place faisaient ce qu'ils avaient à faire pour essayer de les sortir de là. Mais tout ça ne restait que de simples rumeurs. A priori, la phase de libération n'avait pas encore été mise en route. Jamais nous n'aurions pu organiser ce rassemblement si nous avions déjà été au courant. Nous aurions été incapable d'organiser une telle mise en scène.

Une heure et demi avant la libération des deux journalistes avait lieu un rassemblement de soutien place Igor Stravinski, à Paris. (Mathias Destal)

Maintenant que les deux journalistes sont libres, comment analysez-vous ces 547 jours de mobilisations ?

Cela aura été long et difficile pour tout le monde. C'est très compliqué de mobiliser l'opinion et les médias pendant des mois et des mois alors qu'on n'a pas d'informations nouvelles et précises à donner. Au niveau politique, on nous a tout de suite dit: «sur cette affaire c'est silence radio». Il fallait faire avec ce manque de communication.

Ce qui n'a pas été facile à gérer non plus, se sont les nombreuses fausses annonces qui ont été faites. A chaque fois qu'il y a avait de nouvelles échéances et que le gouvernement nous faisait savoir que le dossier avançait, il n'y avait finalement jamais rien au bout. Mais maintenant que tout est fini, je suis très heureux pour Hervé, Stéphane et leurs familles qui n'avaient plus eu de nouvelles d'eux depuis des mois. C'est un vrai soulagement.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:50

Le peuple syrien continue la bataille : un courage inébranlable

Les dictatures sud-américaines faisaient disparaître leurs opposants en les jetant dans la mer depuis des hélicoptères, ni vu ni connu. Le régime syrien fait l'inverse : une fois qu'il les a atrocement torturés, il les renvoie chez eux avec leurs ongles arrachés. Autrement, ça servirait à quoi ?
Et si l'horreur ne provoque pas la terreur, mais un surcroit de révolte, on double la mise : on prend un écolier de 13 ans, on l'électrocute, on lui brûle le corps, on lui brise le cou, on l'émascule puis on le rend à sa famille.
Et s'ils ne comprennent toujours pas, s'ils montrent les photos du cadavre au monde entier rien que pour faire du tort au régime, on fait plus fort encore.

La Syrie, un verrou stratégique gardé par la violence

Les villes insoumises, on brûle leurs champs de blé, on détruit leurs châteaux d'eau, on tue leur bétail ; les soldats qui refusent de tirer sur des manifestants désarmés, on les écorche vifs. Que ça se sache, voilà l'essentiel ! Quand en 2005 une explosion pulvérise à Beyrouth l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, tout le monde comprend qui l'a tué… sauf le Tribunal international qui cherche encore des preuves.
Et si le fils de ce même Hariri, Saad, s'enfuit aujourd'hui à l'étranger pour échapper à une tentative d'assassinat qui aurait déclenché une guerre civile dans son pays, personne ne se demande qui a bien pu la fomenter… D'une façon ou d'une autre, le régime fait comprendre qu'il ne reculera devant rien. Bachar el-Assad dit :
« Moi, mon père a écrasé en 1982 la ville insurgée de Hama sous un tapis de bombes : 20 000 morts sans que le monde ne moufte ! Puis 30 ans de paix civile ! »

 

Il est vrai qu'à l'époque n'existait ni Internet, ni téléphone mobile ni Al-Jazeera. Garder une bonne image à l'étranger est devenu plus difficile aujourd'hui. Mais… et alors ? Que peut le monde ? La Syrie est le verrou stratégique du Proche-Orient, alliée de l'Iran, marraine du Hezbollah et du Hamas, tutrice du Liban, influente en Irak et importante pour la Turquie.

« Ce courage-là » du peuple syrien

Sa capacité de nuisance est grande, le chaos qui suivrait son éventuel écroulement terrifiant, même Israël apprécie la stabilité qu'elle fait régner à sa frontière nord… Et si les choses se gâtent vraiment pour elle, la Russie et la Chine sont prêtes à opposer leur véto à toute résolution du Conseil de sécurité qui voudrait la condamner. Le système est imparable et il est construit pour durer, vaille que vaille.
A la fin, seul le peuple syrien a l'air de refuser de comprendre. Jour après jour, il continue de monter à l'assaut avec un courage qui confine à l'inconscience. De tout son être, il crie qu'il n'en peut plus.
Il montre qu'il est prêt à se faire tuer, à se relever et à se faire tuer encore jusqu'à ce que l'armée se casse en deux, jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose, on ne sait pas quoi, un miracle.
C'est au monde de se hisser au niveau de ce courage-là plutôt que l'inverse. Car apparemment ce peuple est aussi obstiné que son sinistre régime : lui non plus ne reculera devant rien.
Photo : des enfants syriens réfugiés dans un camp de la frontière turque (Osman Orsal/Reuters).
Selim Nassib, écrivain
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:49

Une intervention en Syrie s'impose-t-elle ?

Au moins 632 civils ont été tuées en Syrie lors des manifestations contre le régime du président syrien Bachar al-Assad depuis le mois de mars - ici, le 29 avril 2011.
Deux poids, deux mesures ? En Libye, une coalition participe depuis trois mois à des opérations militaires contre le régime de Kadhafi. En Syrie, la communauté internationale s'interroge, alors qu'une forte répression s'abat sur les populations ? A Damas, la répression casse l'élan du "printemps arabe". En Occident, les dirigeants se demandent ce qu'il faut faire pour empêcher le président Bachar Al-Assad de s'en prendre à son peuple. Cinq experts Français, issus de cinq think tanks, répondent à cette question. S'ils semblent tous réservés ou hostiles à une intervention, leurs raisons diffèrent. Pour Ariel Colonomos (CERI), il faut "une adéquation entre les raisons d'intervenir, les moyens de l'intervention et la capacités de reconstruction". Sans cette adéquation, "toute intervention en Syrie est vaine". D'autant que, souligne Frédéric Charillon (Irsem), si le réflexe d'associer la Syrie à la Libye est moralement compréhensible, sur le plan stratégique, les choses sont déjà plus compliquées : "le temps est aux approches affinées, pas aux appréciations d'ensemble". Surtout que, précise Yves Boyer (FRS), les raisons d'une non-intervention ne manquent pas : les opérations hors des théâtres européens sont loin d'avoir porté leur fruit, le consensus au sein du Conseil de sécurité des Nations unies n'existe pas et les appareils de défense des armées occidentales sont fatigués. Plus tactique,Pascal Boniface (IRIS) considère que "l'opération de l'OTAN en Libye protège le régime de Bachar Al-Assad à Damas". A cette explication, Jean-Jacques Roche (ISAD) répond de façon plus théorique : il faut se réjouir de l'irruption des sociétés dans l'arène diplomatique, au nom des droits de l'homme par exemple. Mais cela soulève d'autres questions en matière de souveraineté, de consensus international en cas d'intervention et de l'après-guerre, car il ne faut plus penser en termes de "guerre juste" mais de "paix juste".
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:48

 

Rami Makhlouf, de l’affairisme à l’illusionnisme

Au cours d'une conférence de presse tenue à Damas le 16 juin dernier, l'homme d'affaires Rami Makhlouf a surpris son auditoire en annonçant qu'il "cessait le business" et ne se lancerait plus à l'avenir dans de nouveaux projets. Il a également affirmé qu'il allait mettre sur le marché et céder à des conditions avantageuses, à des concitoyens peu fortunés, des actions de la société de téléphonie mobile Syriatel dont il est l'actionnaire majoritaire. Il a ajouté qu'il affecterait les revenus de ses parts dans cette même société à des œuvres caritatives et aux familles de martyrs du mouvement de protestation en cours. Enfin, "pour ne plus être un poids pour la Syrie, pour le peuple syrien et pour son cousin, le président Bachar Al Assad", il a révélé qu'il se consacrerait totalement désormais à l'action humanitaire.

On ne se hâtera pas de considérer que, s'il met ce programme à exécution, l'homme d'affaires aura marché sur les traces de François d'Assise ou de Mère Térésa.

D'abord, parce que Rami Makhlouf s'est montré peu disert à cette occasion sur ses autres investissements en Syrie. Il a sans doute pensé qu'il n'avait aucune raison de s'en débarrasser, puisque les protestataires n'avaient attaqué, lors de manifestations à Daraa et ailleurs, que des agences de sa compagnie de téléphonie mobile. Il a préféré ne pas voir qu'il s'agissait pour eux des symboles emblématiques des passe-droits dont il avait profité depuis l'arrivée au pouvoir de son cousin, et ignorer qu'ils entendaient dénoncer ainsi l'ensemble du système de corruption dont il était le premier bénéficiaire en tant que gestionnaire des avoirs de la famille au pouvoir. Pour mémoire, on rappellera que la fortune personnelle de Rami Makhlouf est évaluée à près de 6 milliard de dollars. Outre ses parts dans Syriatel, estimées à elles seules à plus de 1 milliard de dollars, il est actionnaire majoritaire de la Holding Cham qui développe en Syrie par ses propres moyens des projets dans l'immobilier de tourisme et de luxe, qui possède des restaurants et détient la "Perle de Syrie", première compagnie aérienne privée à avoir été autorisée dans le pays. Il a investi dans plusieurs banques privées créées en Syrie (la Banque Internationale Islamique de Syrie, la Banque Byblos, la Banque Al Baraka, la Banque Internationale du Qatar, la Banque Islamique Al Cham, la Banque de Jordanie en Syrie...), dans des sociétés d'assurance, éventuellement islamiques, et dans des sociétés de services financiers, comme Cham Capital. Comme son père, Mohammed Makhlouf, il est actif dans le secteur pétrolier, via la compagnie Gulfsands. On le trouve aussi dans l'immobilier (sociétés Sourouh, Fajr, Al Batra, Al Hada'iq, Bounyan al Cham...), le tourisme (Al Mada'in, La Corniche...), les médias (le quotidien Al Watan, la radio-télévision Ninar), la publicité (Promedia), l'éducation (Ecoles Chouwayfat), l'industrie (Eltel Middle East Company), les travaux publics (Ramak TP)... Son fonds d'investissement, Al Machraq, figure sur la listes des sociétés accusées par l'union Européenne d'avoir soutenu, d'une manière ou d'une autre, la répression de la population par le régime syrien. On n'oubliera pas que, il n'y a guère, il était encore détenteur des boutiques hors taxe à l'enseigne Ramak, opportunément vendues, il y a quelques semaines, à l'un des plus fidèles partenaires de la famille Al Assad, le groupe koweïtien Al Kharafi.

(Hôtel Makhlouf, épicerie Makhlouf, agence de voyage Makhlouf, pizza Makhlouf...)

Les propositions de Rami Makhlouf pourraient d'ailleurs s'apparenter à un marché de dupes. Très florissante, puisqu'elle assure à elle seule près de 7 % du budget de l'Etat syrien, la situation de Syriatel est en effet susceptible de se dégrader, réduisant aussi bien l’attractivité d'un investissement dans cette société pour les nouveaux actionnaires que le montant des bénéfices mis par l'homme d'affaires à la disposition des nécessiteux. Depuis 2001, deux compagnies de téléphonie mobile opèrent en Syrie : Syriatel, contrôlée à 40 % par Rami Makhlouf directement, et sans doute davantage via ses différents prête-noms ; Spacetel, propriété des Libanais Taha et Najib Mikati, renommée Areeba en 2004, avant d'être cédée par eux à la société sud-africaine MTN, en 2007, pour un montant de 5,5 milliards de dollars. Lorsqu'elles ont obtenu, par un accord de gré à gré préjudiciable aux finances publiques, l'autorisation d'opérer en Syrie, elles savaient que la durée de leur contrat de BOT serait de 15 ans, mais qu'elles ne bénéficieraient d'une exclusivité que durant 7 ans. En 2008, un appel d'offre aurait dû être lancé pour accroitre le nombre d'opérateurs, de manière à améliorer les services et, par le jeu de la concurrence, à faire baisser les tarifs pour les utilisateurs. Mais, pour des raisons aisément compréhensibles, les différents ministres qui se sont succédés à la tête des Communications en Syrie se sont trouvés dans l'incapacité d'organiser la vente aux enchères de cette 3ème licence. En novembre 2010, les choses ont paru s'accélérer. France Telecom a fait partie de la demi-douzaine de sociétés présélectionnées par les autorités syriennes compétentes. Toutefois, fin mars 2011, sans rapport avec la contestation qui était loin encore d'avoir atteint son niveau actuel, la compagnie française s'est désistée, préférant tout compte fait, comme plusieurs autres candidats, investir ailleurs qu'en Syrie. Il reste que, tôt ou tard, une 3ème licence sera attribuée. Pour manifester leur mécontentement envers Rami Makhlouf, ses pratiques commerciales et les tarifs prohibitifs qu'il impose depuis longtemps à l'Etat de valider, les Syriens seront nombreux à se porter alors sur le nouvel opérateur, dans l'espoir, également, de profiter des tarifs concurrentiels qu'il pratiquera pour drainer à lui des clients. Cette désaffection qui ne date pas d'hier a été prise en compte par le cousin du chef de l'Etat. Elle explique les efforts déployés par lui, depuis près de 3 ans, pour tenter de vendre Syriatel à quelque partenaire régional avant l'arrivée d'un concurrent. Ceci fait, il pensait revenir sur le marché, en se dissimulant derrière la société étrangère candidate, laquelle, en l'acceptant comme partenaire, aurait assuré son succès dans la compétition...

Bien qu'annoncée par lui, la décision de Rami Makhlouf de se mettre à l'écart des affaires et de vivre de ses seules rentes a de toute évidence été prise en concertation avec l'ensemble de ceux que ses opérations économiques concernaient, autrement dit ses cousins de la famille Al Assad. Acculés à prendre des décisions douloureuses pour soulager tant soit peu la pression populaire qui s'exerce désormais sur eux, ils ont estimé que, s'ils ne pouvaient pas ou ne devaient pas encore céder sur la question de la répression, que Maher Al Assad continue de mener à la demande de Bachar Al Assad, ils pouvaient le faire en revanche sur la question de la corruption, et procéder, sans essuyer trop de pertes, au sacrifice symbolique d'une pièce de leur dispositif. Il ne serait pas étonnant, comme certains l'affirment, que Rami Makhlouf ait été prié de prendre ses distances avec la scène locale et de retourner en pénitence à Doubaï, comme en 2005, après l'attentat contre l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Al Hariri. Il avait alors profité de sa présence dans les Emirats pour placer les économies de la famille, retirées daredare des banques libanaises et investies, en particulier, dans l'acquisition de deux tours bordant l'avenue du cheykh Zayed. Qu'elles aient été vendues ou qu'elles restent jusqu'à ce jour sa propriété, il dispose de suffisamment de ressources pour survire là le temps de revenir... ou d'être rejoint par ses cousins.

Il n'est pas indifférent que l'organisation caritative mentionnée par Rami Makhlouf pour dispenser ses bienfaits aux pauvres et aux familles de martyrs soit l'Association Al Boustan. Son nom renvoie au village de Boustan al Pacha, dans les environs de la ville de Jableh, sur la côte syrienne, d'où la famille Makhlouf est originaire. L'homme d'affaires est le président de son conseil d'administration. Créée à Lattaquié en 1999 pour "hausser le niveau social, culturel et sanitaire de la société", Al Boustan fournit un soutien aux veuves et aux orphelins, finance des bourses d'études destinées à certains étudiants, prend en charge le coût d'opérations chirurgicales effectuées dans des hôpitaux du gouvernement ou à l'étranger, et assure la modernisation de certains dispensaires et centres de soins dont le personnel, aux termes d'un contrat conclu en 2009 avec le ministère syrien de la Santé, est désigné et pris en charge par le gouvernement. En 2010, Al Boustan aurait financé 800 opérations de chirurgie cardiaque. En 2011, elle projetait d'en financer deux fois plus sur toute l'étendue du territoire syrien. Mais, comme on le constate à la liste de ses implantations actuelles (Baït Yachout, Jablaya, Al Dalya, Harf al Msaytara, Bakrama, Kalmakho, Al Bahlouliyeh, Al Samiyeh, Al Da'tour, Basta, Jableh...), c'est d'abord et avant tout, pour ne pas dire exclusivement, dans la montagne qui surplombe la zone côtière, donc au profit de la population alaouite des gouvernorats de Lattaquié et Tartous, qu'elle déploie ses activités. Du coup, on ne peut s'empêcher de se demander, au vu du comportement de Bachar Al Assad et de son entourage dans les événements actuels, qui rappelle par bien des aspects la distribution des rôles entre Hafez Al Assad et ses frères durant les années 1978 à 1982, si, en faisant cette annonce, Rami Makhlouf n'aurait pas reçu pour mission de remplacer, à trente ans de distance, le défunt Jamil Al Assad.

Durant ces années d'affrontement, Hafez Al Assad avait délégué au benjamin de la famille, Rifaat Al Assad, la conduite des opérations militaires et la lutte à mort contre les Frères Musulmans. Elargissant ses prérogatives, au moment où le régime avait besoin de tous ses partisans, le chef des Brigades de Défense avait également créé une association, la Ligue des Diplômés des Etudes Supérieures, destinée à rassembler autour du chef de l'Etat, parallèlement et indépendamment du Parti Baath, le plus grand nombre possible d'universitaires, académiciens, docteurs et chercheurs. Pour compléter ce dispositif auquel l'adhésion n'était pas vraiment facultative, Hafez Al Assad avait demandé à son cadet, Jamil Al Assad, de créer une association pour regrouper autour du régime tous les membres de la communauté alaouite, au-delà des oppositions tribales et des rivalités politiques. C'est ainsi qu'était née, en 1981, l'Association Ali Mourtada, interdite... mais pas totalement disparue en 1983, en raison des risques que Jamil faisait peser sur le régime, en incitant de diverses manières à "revenir" à la religion alaouite des paysans arabes et kurdes de la Jazireh et des bédouins sunnites de la steppe syrienne.

Sous une autre forme, en annonçant qu'il va déployer ses largesses en direction des nécessiteux, Rami Makhlouf semble reprendre à son compte l'action de son oncle par alliance. L'affirmation que ses projets caritatifs concerneront la totalité du territoire national n'implique pas que les non-alaouites seront nombreux à tenter d'en profiter. Certes l'argent n'a pas d'odeur, mais, dans un pays où les chrétiens ont de préférence un médecin de famille chrétien et où les sunnites choisissent de préférence des avocats sunnites, c'est en général auprès des institutions de sa propre communauté que les malheureux cherchent d'abord à trouver de l'aide. Alors que la majorité des membres de la communauté alaouite partage le mécontentement de la population syrienne envers un pouvoir qui s'est servi d'elle, mais dont elle a elle-même fort peu profité depuis 40 ans, il est donc possible que Bachar Al Assad ait confié à son cousin le soin de ramener à lui, par le biais des services qu'il se dit en mesure de rendre aux membres de la communauté, ceux qui hésitent et tremblent devant l'inconnu. Quoi qu'ils pensent de la politique actuelle du chef de l'Etat, certains pourraient reconsidérer les avantages et les inconvénients d'un changement de régime...

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