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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:55

Yémen : La date de retour du président Saleh est encore inconnue

Des femmes yéménites manifestent pour demander la démission du président Abdallah Ali Saleh à Taïz, le 29 juin 2011.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Anees Mahyoub

Des femmes yéménites manifestent pour demander la démission du président Abdallah Ali Saleh à Taïz, le 29 juin 2011.

Le vice-président et président par intérim du Yémen, Abd-Rabbou Mansour Hadi, a déclaré mercredi que le président Ali Abdallah Saleh avait été si gravement blessé qu'il était impossible de connaître la date de son retour.

Dans une entrevue à la chaîne américaine CNN, M. Hadi a précisé avoir vu le président après le bombardement du palais présidentiel de Sanaa, le 3 juin dernier. D'après son témoignage, un bout de bois a perforé la poitrine du président en poste depuis 33 ans. Il avait aussi des brûlures au visage, aux bras et à la partie supérieure du corps.

Le dirigeant yéménite a pourtant retransmis un message à la population par l'entremise de la télévision d'État, après avoir brièvement rencontré mercredi son ministre des Affaires étrangères, Abou Bakr Al-Qirbi.

Le président Saleh y a notamment appelé au dialogue et demandé d'organiser des pourparlers avec les opposants politiques, afin de conclure un accord de transfert du pouvoir et mettre fin à la crise qui paralyse le pays.

M. Al-Qirbi, qui a visité le président à l'hôpital, a confirmé que son état de santé était « bon et en constante amélioration ».

Le dirigeant de 69 ans, actuellement soigné en Arabie saoudite, avait assuré après l'attaque qu'il se portait bien. Quelques jours plus tard, il avait annoncé son intention de revenir au pays dès que sa santé le lui permettrait.

Entre-temps, les violences se poursuivent à travers le pays, après cinq mois de révolte populaire appelant au départ du président Saleh.

Au sud du Yémen, au moins 26 soldats et 17 militants islamistes lies à Al-Qaïda ont été tués mercredi, près de la ville de Zinjibar, détenue par les opposants.

Le gouverneur de la province d'Aden, Abdel-Karim Al-Shayef, ainsi que quelque 300 militaires, auraient aussi fait défection. Si elles sont confirmées, ces défections seraient un nouveau coup dur pour le régime yéménite.

Selon les autorités yéménites, le mouvement de protestation aurait coûté près de 4 milliards de dollars au pays.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), un groupe formé par les monarchies arabes du Golfe, avait tenté en vain, en avril dernier, de convaincre le président Saleh de céder le pouvoir. Le dirigeant yéménite avait rejeté le plan de sortie de crise proposé par les monarchies arabes du Golfe, tout juste après avoir accepté de l'entériner.

 

Lien : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/06/29/013-yemen-sante-saleh.shtml

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:50

Egypte: Le pays veut sauvegarder sa révolution

Appel à manifester le 8 juillet prochain -A trois mois des législatives décisives, l'Egypte est face à l'incertitude politique. Des appels à reporter le scrutin se font de plus en plus pressants. Il y a des craintes de voir la «révolution s'effondrer» et ses bienfaits déviés. Face à cette situation, des militants égyptiens ont décidé d'appeler à manifester le 8 juillet pour «sauver la révolution», menacée de s'enliser dans les éternelles controverses politiques. Pour les jeunes, il s'agit de revenir aux idéaux de liberté et de défense des droits portés par une révolte extraordinaire. «Politiques de tous bords qui débattez pour savoir s'il faut d'abord une constitution ou des élections, sauvez d'abord votre révolution, sauvez l'Egypte d'abord. Notre révolution s'effondre», clament les adeptes de «la 2e révolution de la colère».

C'est le nom de l'événement créé sur Facebook par les protestataires égyptiens. Ils exhortent les politiques à revenir aux revendications qui ont mené à la chute du «pharaon» Hosni Moubarak. Sur les 55 000 profils en ligne invités à participer à «la 2e révolution de la colère», plus de 9 000 ont déjà répondu présent.

Les militants estiment que les revendications initiales, qui ont poussé Moubarak et son clan à lâcher le pouvoir, tendent à laisser la place à des demandes peu sérieuses. Les échéances de calendrier se sont substituées à la défense de plus importants : les droits et les libertés, principes pour lesquels le peuple s'est soulevé contre l'ordre établi.

Pour les auteurs de l'appel à manifester le 8 juillet, les priorités sont la liberté d'expression dans le pays, la bonne tenue des procès publics et la fin des procès de civils en cour martiale. C'est pour cela que le peuple s'est soulevé et non pour les chicanes au sujet des dates de scrutins.

A la tête du pays depuis la chute de Moubarak, le Conseil suprême des forces armées est l'objet de tous les grognements. Les militants de la place Tahrir accusent l'armée de persister à employer les méthodes de l'ancien régime.

Et de vouloir casser toute velléité de revenir à la protestation. L'armée égyptienne, étroitement liée aux Etats-Unis pour son équipement et l'aide annuelle d'un milliard et demi de dollars, est soupçonnée de gérer une transition à la faveur de la continuité du système.

Toujours soutenus par les Saoudiens, les militaires qui contrôlent le pouvoir seraient particulièrement tentés par l'exemple pakistanais. Tenir les commandes tout en confiant la gestion de la société aux partis religieux. Rien n'est moins aisé dans un pays caractérisé certes par une profonde religiosité, mais dont la jeunesse a montré un degré élevé de maturité politique.

La scène politique en Egypte demeure confuse et les priorités des uns et des autres divergentes. Les législatives prévues en septembre prochain sont les premières du genre depuis la chute de Moubarak le 11 février et la dissolution du Parlement.

Les militaires, qui ont publiquement promis de quitter le pouvoir dès que possible, se sont engagés à «accompagner» la rédaction d'une nouvelle Constitution suivie d'élections présidentielles deux mois plus tard.

Cependant quatre mois après la chute fracassante de Moubarak, l'état d'impréparation de la grande majorité des partis et mouvements issus de la révolte a provoqué une multiplication des appels soit à reporter le scrutin, soit à rédiger au préalable une nouvelle loi organisant le «jeu» démocratique.

Le Premier ministre de transition, Essam Charaf, qui avait évoqué la possibilité d'un report des législatives, joue l'équilibriste. L'éventuel report des élections est critiqué par les frères musulmans mais également par certains courants laïques.

L'éventualité du report est assimilée à la volonté de l'armée de se maintenir aux affaires, retardant de ce fait le processus démocratique engagé. Mais la vigilance populaire est toujours de mise. Le ministre égyptien des Finances, Samir Radwan, vient d'abandonner son projet de demande de prêts au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale.

Cette décision des nouvelles autorités du Caire intervient moins d'un mois après la négociation d'une facilité permanente de trois milliards de dollars avec le FMI. L'Egypte avait également négocié un prêt de 2,2 milliards de dollars avec la Banque mondiale.

L'opinion égyptienne en a décidé autrement. La révolte du peuple confirme qu'elle ne se limite pas au domaine politique et aux revendications démocratiques, mais qu'elle intègre une dimension socioéconomique aussi décisive.

Les institutions de Bretton Woods ont mauvaise presse auprès de nombreux Egyptiens. Pour le peuple, ces deux institutions ont imposé des mesures étouffantes sous Moubarak.

Une situation qui a bénéficié davantage aux nantis qu'aux pauvres. Selon la Banque mondiale, plus de 18% de la population égyptienne vit avec moins de deux dollars par jour. Selon les médias et des économistes, plus de 40% de la population (30 millions de personnes) survivent en dessous du seuil de pauvreté.

Et pour ne pas arranger les choses, le coût de la vie a connu une hausse brutale au cours des trois derniers mois. Une aggravation imputée à la spéculation mais aussi à la volonté de faire payer au peuple une révolution ayant fait vaciller l'édifice politique et administratif de corruption et de prédation qui constitue l'ossature du régime. L'Egypte post-révolution se retrouve dans un carrefour.

Le processus démocratique demeure exaltant pour un peuple épuisé par des décennies d'autoritarisme. Mais les insupportables inégalités sociales et l'absence de perspectives pour une jeunesse avide de changement restent autant de combustibles menaçant de futures explosions.

Moumene Belghoul

La Tribune/28/06/2011

 

Lien : http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/egypte/egypte:-le-pays-veut-sauvegarder-sa-revolution-2011062916788.html

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:43

Retour au calme en Égypte après des violencesDe violents affrontements ont eu lieu au Caire dans la nuit de mardi à mercredi, avant de cesser progressivement dans la journée.

 

Retour au calme en Égypte après des violences

Des affrontements ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, place Tahrir, au Caire.©Khaled Desouki / AFp

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Des heurts, parmi les plus graves depuis la chute, en février, du président Hosni Moubarak, ont opposé toute la nuit quelque 4 000 manifestants aux forces antiémeute, en particulier sur la place Tahrir, épicentre des rassemblements anti-régime du début de l'année. Les jets de pierre et les tirs de grenades lacrymogènes se sont poursuivis aux abords du ministère de l'Intérieur avant de baisser progressivement d'intensité. Le calme est revenu mercredi dans l'après-midi, malgré un climat de fortes tensions politiques et de critiques croissantes contre le pouvoir militaire.

Selon le ministère de la Santé, 1 036 personnes ont été blessées, la grande majorité légèrement. Parmi elles, 120 personnes ont été soignées à l'hôpital, où 16 se trouvaient encore mercredi après-midi. L'agence officielle Mena a annoncé l'arrestation d'un Britannique et d'un Américain lors de ces événements, sans donner de précisions sur les circonstances ni sur leur identité. Selon une source militaire, ils ne figureraient pas parmi un groupe d'une cinquantaine d'autres personnes arrêtées, qui ont été déférées devant la justice militaire.

La Bourse du Caire a marqué le coup mercredi, son index de référence EGX-30 clôturant en baisse de 2,03 %.

L'armée critiquée

Les premiers incidents ont éclaté mardi dans des circonstances confuses en marge d'une cérémonie, dans un théâtre du centre du Caire, à la mémoire des victimes du soulèvement anti-Moubarak. Selon des témoins, des familles de victimes se seraient vu empêcher d'entrer par les gardes de sécurité, déclenchant des incidents. D'autres sources mettent en cause des hommes de main proches des cercles pro-Moubarak venus pour provoquer des heurts. Les partisans des mouvements pro-démocratie sont alors descendus par centaines à Tahrir pour manifester, face à un déploiement policier important. Selon des témoins, des "éléments loyaux à l'ancien régime" ont alimenté les tensions.

L'armée, qui dirige le pays depuis le départ de l'ancien raïs, a publié sur le réseau social Facebook un communiqué dénonçant des "incidents regrettables" qui n'ont "pas d'autre raison que de tenter de déstabiliser la sécurité de l'Égypte". Un haut responsable diplomatique américain, le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques William Burns, en visite au Caire, a pressé les autorités de conduire "un processus politique ouvert et qui rassemble".

Climat politique tendu

Ces accrochages surviennent dans un climat politique tendu, marqué la semaine dernière par une manifestation violente de partisans de Moubarak au Caire. L'ancien chef d'État est actuellement hospitalisé à Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge, en attendant l'ouverture de son procès prévue le 3 août. Ces affrontements se sont également produits peu après l'annonce de la dissolution par la justice des conseils municipaux élus sous M. Moubarak et massivement dominés par les partisans de l'ancien régime.

L'armée est par ailleurs de plus en plus ouvertement critiquée par les mouvements issus de la révolte du début de l'année pour la manière dont elle gère la transition. De nombreuses voix se sont élevées pour demander le report des élections législatives prévues en septembre, estimant qu'elles pourraient voir les Frères musulmans rafler la mise face à l'impréparation du reste des partis politiques. Le débat est également houleux autour du calendrier de rédaction d'une nouvelle Constitution et de la place de la religion dans les institutions.

Des appels sont lancés à une grande manifestation le 8 juillet pour relancer les idéaux démocratiques du soulèvement anti-Moubarak.

 

Lien : http://www.lepoint.fr/monde/retour-au-calme-en-egypte-apres-des-violences-29-06-2011-1347408_24.php

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:41

8 commentaires

Créé le 28/06/2011 à 14h43 -- Mis à jour le 28/06/2011 à 17h08
Des manifestants pris dans les gaz lacrymogènes, le 28 juin 2011, à Athènes (Grèce)

Des manifestants pris dans les gaz lacrymogènes, le 28 juin 2011, à Athènes (Grèce) Y.KARAHALIS / REUTERS

MONDE - Des heurts se sont produits entre policiers et manifestants...

Les premières interventions policières ont eu lieu ce mardi en début d’après-midi place Syntagma à Athènes où des milliers de manifestants se sont rassemblés pour exprimer leur colère face au plan d'austérité, parallèlement à une grève générale de 48h.

>> Pour voir les événements sur la place Syntagma en direct, c'est par ici

La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser un petit groupe de jeunes qui jetaient des bâtons, des pierres et des bouteilles, alors que le reste de la manifestation, réunissant près de 20.000 personnes (pour 5.000 policiers) face au parlement grec, avait débuté dans le calme.

«Les policiers terrorisent tout le monde»

«Il n'y a plus beaucoup de monde, la place Syntagma est noyée de gaz lacrymogène», raconte à 20Minutes Marianna, présente ce mardi après-midi sur la place Syntagma. «Les policiers sont à moto ou à pied, ils terrorisent tout le monde», ajoute-t-elle, précisant que les manifestants avaient, dans un premier temps, quitté les lieux avant de revenir sur place. «Tout cela, c'est à cause du vote de mercredi», indique encore Marianna, professeure de philosophie à Athènes.

Pour Dimitra, autre «indignée» de la place Syntagma contactée par 20Minutes, «les policiers sont très organisés, mais même s'il est très difficile de respirer à cause du gaz, nous sommes organisés aussi». «Je ne sais pas comment cela va évoluer, mais je pense qu'il y aura encore plus de manifestants ce soir», affirme-t-elle. Un policier aurait été blessé et il y aurait eu plusieurs interpellations selon I-Télé.

Une nouvelle cure d’économies en vue

La grève générale de 48h débutée ce mardi paralyse de son côté la capitale grecque et notamment les transports. «Il y a seulement des métros le matin et en fin d'après-midi pour que les manifestants puissent venir et repartir, mais il n'y a aucun bus et je ne sais pas comment je vais rentrer chez moi», indique à 20Minutes Lefteris Savvidis, journaliste. Venu au travail en voiture grâce à sa colocataire, il devrait être obligé de regagner son domicile en taxi. «Mais nous sommes habitués à de telles grèves chaque année en Grèce», assure-t-il.

Les députés grecs doivent se prononcer par vote mercredi et jeudi sur une nouvelle cure d'économies, ordonnée par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international, consistant en des coupes claires dans les dépenses de l'Etat, un alourdissement de la fiscalité et des privatisations. La crainte des dirigeants de l'UE mais aussi américains ou asiatiques est qu'une faillite de la Grèce ne plonge l'économie mondiale dans une nouvelle crise de grande envergure.

Par ailleurs, les «Indignés de la Bastille», solidaires des indignés espagnols et grecs, appellent ce mardi soir à un rassemblement devant l'ambassade de Grèce à Paris à partir de 19h.

 

Lien : http://www.20minutes.fr/article/749347/grece-la-place-syntagma-noyee-gaz-lacrymogene

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:36

 

Quand on regarde les images des « indignés » de Syntagma, la place de la Constitution athénienne, il ne faut pas se tromper : les paumes ouvertes des contestataires ne saluent pas le Parlement. Elles forment un geste rude et méprisant, moutza, adressé aux élus de la nation - ces « voleurs », « traîtres », « vendus »…

Il s’agit de la place où, en 1843, les Grecs, guidés par quelques anciens combattants révolutionnaires, ont demandé à Otton Ier, le roi bavarois imposé par les grandes puissances de l’époque (France, Royaume-Uni, Russie), un syntagma (Constitution), après la deuxième des quatre faillites (en 1827, 1843, 1897 et 1927 ) de l’Etat grec moderne, provoquée par les exigences démesurées des créanciers étrangers – déjà ! – et la vie luxueuse de la cour. Une coïncidence historique ?

La foule qui, chaque soir, se réunit à Syntagma prend la relève d’un mouvement qui a déjà connu deux défaites : la révolte des jeunes, en décembre 2008 (1), ayant suivi le meurtre du lycéen Alexis Grigoropoulos par la police, et celle du 5 mai 2010, quand la police a brisé une manifestation de cent mille personnes, après un incendie qui a fait quatre morts.

La honte et la culpabilité se transforment petit à petit en indignation quand, un par un, les habitants commencent à comprendre les ressorts de la situation – jamais vraiment décrits par les médias : les conditions de prêt imposées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), la renonciation à la souveraineté nationale signée par « petit Georges » Papandréou, le premier ministre, les mesures d’austérité – qui épargnent les riches –, le pillage programmé du secteur public par de grandes multinationales... Il a suffi d’une étincelle sur Facebook, autour d’un panneau des indignados espagnols (« Réveillez-vous, les Grecs ! »), pour que les gens se donnent rendez-vous à Syntagma.

Déterminés à ne permettre aucune affiliation partisane, les « indignés » forment un cocktail improbable aux yeux de l’observateur politisé : se retrouvent pour la première fois ensemble dans la rue des familles avec leurs enfants, des retraités, des jeunes branchés, au coude-à-coude avec des membres des classes moyennes, naguère favorisés et désormais touchés par l’austérité, des gauchistes, des anarchistes, des nationalistes, des nostalgiques de Woodstock (2), des fans des théories de la conspiration, des antisémites « à l’âme grecque » – de tout, sauf des fascistes déclarés, qui ont été repoussés dès le premier jour. Quel mélange étonnant ! Beaucoup ont vu leur vie confortable secouée par les mesures prises par le gouvernement ; beaucoup cherchent à se documenter sur le rôle de Goldman Sachs et des agences de notation. La banque américaine a visiblement aidé le gouvernement grec à cacher l’ampleur de sa dette, spéculant dans un même mouvement sur la baisse de la qualité de la dette grecque, et du coup s’enrichissant. Les informations alternatives, comme le documentaire Debtocracy sur Internet, ont beaucoup de succès (3).

Toutefois, la place est moins homogène qu’il n’y paraît. Une séparation est apparue assez tôt entre les manifestants d’« en haut », en face du Parlement, plus nationalistes et souvent portés vers le hooliganisme, et ceux d’« en bas », plus à gauche et plutôt enclins aux assemblées générales. On trouve également des gens qui cherchent à débattre d’une manière raisonnable, sans dogmatisme, sans doctrines.

Dans ce cadre, le rôle de la gauche apparaît à la fois important et contradictoire. Prise dans la méfiance généralisée envers les partis politiques, l’ensemble de la gauche est considérée comme faisant partie du problème. Car elle n’a su se distinguer de l’ordre politique établi ni par ses idées ni par le comportement de ses représentants.

Le Parti communiste (KKE) poursuit par exemple sur la voie d’un « isolement splendide » : juché sur l’Olympe du stalinisme, il dénonce les « indignés », jugés apolitiques. La Coalition de la gauche radicale (Syriza), même si elle a embrassé le mouvement de Syntagma, ne peut pas incarner le renouveau en raison de sa propre image, post-hippie, élitiste, aimant les discours, mais fort éloignée des vrais problèmes populaires. Les autres petites fractions de la gauche radicale se contentent de rêver à la révolution qui bientôt débutera à Syntagma…

Les « indignés » préfèrent s’organiser en dehors des partis politiques ; ils créent des nouveaux syndicats de base, militants et représentatifs ; ils forment des assemblées locales. Des militants de la gauche y participent, mais strictement à titre personnel. Ces nouvelles organisations sont devenues indispensables à l’établissement de la solidarité des « indignés ».

Il ne faut pas oublier les « encagoulés », les bachali (« casse-tout »), un mélange improbable d’anarchistes, de jeunes impulsifs et de hooligans, qui naguère apparaissaient comme seuls représentants de la colère populaire, rôle que les médias et le gouvernement ont utilisé comme épouvantail pour terroriser les citoyens lors de manifestations passant alors pour très dangereuses. Les bachali sont exclus de Syntagma, et leurs efforts pour tout casser pendant la grande manifestation du 15 juin se sont heurtés aux « indignés », qui les ont chassés.

Justement, ce rassemblement du 15 juin fut le moment décisif pour faire trembler les fondations du gouvernement, d’autant que des députés du Pasok (socialistes) en désaccord avec la politique du gouvernement pour les uns, avec les personnes qui l’incarnent pour les autres, se sont appuyés sur le mouvement pour déclarer qu’ils n’allaient pas voter le nouveau plan. Les contestataires sont restés à Syntagma après la marche de la grève générale. Ils ont même détecté un « casse-tout » qui avait sur lui sa carte de policier, prouvant la relation intime entre les deux, alors que la police était déterminée à envahir la place, sous le prétexte habituel des bachali. Malgré les batailles et le cotonneux nuage des gaz lacrymogènes, la foule est restée aux alentours. Et, comme si un intellect collectif coordonnait leur stratégie, les manifestants ont reconquis Syntagma pacifiquement, en repoussant la police et en calmant les « casse-tout ». Une victoire du demos, de la communauté des citoyens, pour la première fois.

Pris de panique, le premier ministre a d’abord fait savoir qu’il démissionnerait, avant de se raviser en cherchant la formation d’une grande coalition avec la conservatrice Nouvelle Démocratie (ND), comme d’ailleurs l’ordonnait l’Union européenne. Après quelques dialogues dignes d’un Aristophane, M. Antonis Samaras, chef de ND et ancien camarade d’école de M. Papandréou, a refusé. La seule solution possible pour le premier ministre fut un remaniement ministériel.

Le lendemain, tout a changé. L’Union européenne, l’Allemagne et le FMI ont affirmé le versement du paiement prochain, tout en maintenant les menaces habituelles. Certains commentateurs de la presse internationale commencent à poser la vraie question : « Et si les Grecs ne veulent pas s’endetter davantage pour sauver l’euro et le système financier ? (4) »

Bouillonnant, sans épicentre ni projet concret et, en même temps, sage et furieusement démocratique, le collectif des « sans-voix » de Syntagma a finalement poussé son cri. Nul ne peut dire s’il aura un prolongement. Mais, comme le professe un mur d’Athènes, en évoquant Joe Strummer du groupe de musique The Clash, « The future is unwritten » (« L’avenir n’est pas écrit »). Restez accrochés.

Athanase Koutsis.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:34

Crise | De nouveaux affrontements ont éclaté mardi soir à Athènes entre des jeunes et les forces anti-émeutes devant le parlement grec, où est débattu l’impopulaire projet de budget d’austérité exigé par les créanciers du pays, a constaté un journaliste de l’AFP.

© KEYSTONE | De nouveaux affrontements ont éclaté mardi soir à Athènes entre des jeunes et les forces anti-émeutes devant le parlement grec.


AFP | 28.06.2011 | 22:38

Les incidents ont commencé quand des manifestants ont tenté de forcer une barrière dressée par les policiers près de l’entrée du parlement pour empêcher les manifestants de s’approcher. Des jeunes ont lancé des pierres et divers projectiles contre les forces anti-émeutes, qui ont riposté au gaz lacrymogène.

La place Syntagma était noyée sous un brouillard irritant de fumigènes, alors que les milliers d’"indignés", le mouvement de protestation populaire, qui avaient afflué peu auparavant pour protester contre l’austérité, commençaient à se disperser dans les rues avoisinantes.

Inondée de banderoles, dont certaines proclamaient "No pasaran", la place de Syntagma où campent depuis plus d’un mois des centaines d’"indignés", avait déjà été mardi après-midi le théâtre de heurts entre des dizaines de jeunes et des policiers. Trente-sept personnes ont été blessées, en majorité des policiers, et 14 personnes ont été arrêtées, selon une source policière.

Ces affrontements ont eu lieu en marge des manifestations des syndicats, au premier jour d’une grève générale de 48 heures observée par les centrales du privé (GSEE) et du public (Adedy).

Toutefois, le nombre d’"indignés" était largement réduit par rapport aux week-ends précédents, surtout lors du début du mouvement fin mai, où des dizaines de milliers de manifestants avaient envahi la place Syntagma.

"C’est vrai qu’on est moins nombreux que les fois précédentes, mais cela est dû aux policiers qui avaient tiré contre les manifestants", a indiqué à l’AFP Nikos Kassidakis, employé à la mairie d’Athènes, qui suit depuis le début ce mouvement.

Les "indignés" ont appelé les Athéniens à encercler le Parlement mercredi, jour de vote du projet de budget 2012-2015 d’austérité, très impopulaire dans le pays.

Mais la police a bouclé dès mardi à la circulation les rues autour du parlement, empêchant les manifestants d’y avoir accès.

"Tout le monde devait être à Syntagma aujourd’hui, mais les gens ont peur, les médias disent que le pays va faire faillite si les députés ne votent pas en faveur du projet d’austérité", a déploré Vaïa Katsarou, une avocate qui participe au mouvement d’"indignés" depuis le début de son lancement.

 

Lien : http://www.24heures.ch/actu/monde/grece-indignes-manifestent-nouveaux-incidents-devant-parlement-2011-06-28

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:31

 

 

Par Europe1.fr avec AFP

 

Publié le 28 juin 2011 à 21h03Mis à jour le 28 juin 2011 à 21h03

Des milliers d'"indignés", le mouvement de protestation populaire, ont afflué mardi soir à Athènes sur la place Syntagma devant le parlement grec pour manifester contre le projet de loi sur l'austérité, en discussion par les députés. Inondée des banderoles, dont certaines indiquaient "No pasaran", la place de Syntagma où campent depuis plus d'un mois des centaines d'"indignés", continuait d'être le théâtre des protestations après un face-à-face tendu mardi après-midi entre des jeunes et des policiers.

Les affrontements ont eu lieu en marge des manifestations des syndicats, au premier jour d'une grève générale de 48 heures observée par les centrales du privé (GSEE) et du public (Adedy).

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:26

 

En cette fin du mois de juin qui annonce les vacances d'été, la mobilisation de ceux qui, en Espagne, se sont nommés « les Indignés » est toujours là. Les assemblées de quartier sont reconduites, des actions sont en cours ou proposées.

Ainsi celles des quartiers nord de Barcelone préparent une manifestation vers l'hôpital de Vall Hebron, le plus grand complexe hospitalier de Catalogne, afin de dénoncer les coupes claires dans les services publics. Les rassemblements pour empêcher l'expulsion de leur logement de ceux qui ne peuvent plus payer leurs crédits continuent ici et là, comme à Malaga où la mobilisation obtient sinon leur annulation du moins leur report en septembre... où les Indignés promettent de revenir.

À Madrid, alors qu'un débat sur « l'état de la nation » est organisé entre Zapatero, le chef du gouvernement socialiste, et Rajoy, candidat au poste pour le Parti populaire à l'issue des élections législatives de mars prochain, les Indignés annoncent des débats alternatifs les 29 et 30 juin à la Puerta del Sol pour faire le point sur la situation réelle du pays, où ils dénonceront sans doute les lois électorales antidémocratiques, la corruption des politiques et la situation catastrophique dans laquelle se trouve l'ensemble de la population.

Une série de marches partant de différentes villes pour confluer sur Madrid en juillet ont déjà démarré, comme à Barcelone ou à Cadix. Des assemblées sont prévues aux étapes ainsi qu'une manifestation à Madrid en juillet, lors de l'arrivée dans la capitale des participants à la marche.

Toutes ces initiatives circulent via Internet et passent par les assemblées de quartier, et surtout leurs commissions. Parallèlement, les questions d'organisation du mouvement traversent les assemblées. Les « acampadas » (campements) levées, des coordinations d'assemblées de quartier sont mises en place, où le débat porte sur la nécessité de créer « plus de légitimité démocratique au mouvement ».

Les inspirateurs de celui-ci prônent l'apolitisme et le refus des partis. Ils sont bien souvent dans la mouvance d'organisations comme ATTAC et entendent privilégier ce qu'ils appellent « la démocratie maintenant ». Une « démocratie » qui ne peut être obtenue d'après eux que par l'élaboration d'une législation qui permette une meilleure représentativité électorale, voie non violente pour imposer plus de justice sociale.

Mais cette revendication de « justice sociale » reste bien imprécise. La lutte contre le chômage, les bas salaires ne sont pas la préoccupation première de ceux qui à l'échelle du pays veulent tracer un chemin aux Indignés. Et pourtant aujourd'hui en Espagne, c'est pratiquement chaque jour que des fermetures d'usines sont annoncées, ainsi vendredi 24 juin, Alstom à Barcelone et Visteon à Cadix, tandis que les conditions de vie des travailleurs se dégradent davantage. Interdire les licenciements, partager le travail entre tous sans diminution de salaire, telles sont bien, entre autres, des mesures qui s'imposent, en Espagne comme ailleurs, pour que les travailleurs ne fassent pas les frais de la crise.

Hélène GRILLET
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:22

Espagne

Les “indignés” marquent des points

29 juin 2011 El PaísMadrid
Manifestants devant le Parlement espagnol à Madrid, le 8 juin.

Manifestants devant le Parlement espagnol à Madrid, le 8 juin.

AFP

En acceptant de discuter de la transparence de la vie publique ou du patrimoine des élus, le monde politique semble répondre aux exigences du mouvement des "indignés". Mais pour confirmer ces premiers succès, les manifestants doivent encore élaborer un projet politique cohérent.

Ne sont-ils qu’un phénomène passager ou ont-ils révolutionné le système au point d’imposer une réflexion profonde sur les piliers qui le portent ? Un mois et demi plus tard, le mouvement social qui a démarré un dimanche après-midi de mai dans toute l’Espagne, aux cris de ¡Democracia Real YA! [Une vraie démocratie maintenant !, l’une des organisations qui ont mobilisé les "indignés"], commence à trouver un écho dans les institutions.

Jeunes marginaux anti-système ou milliers d’"indignés" ayant toutes les raisons de briser le silence du mécontentement ? En tous cas, le Parlement a entendu certaines des revendications brandies par les campeurs de la Puerta del Sol, puis reprises par des milliers d’autres jeunes dans des campements improvisés au centre des grandes villes.

La loi sur la Transparence, un projet qu’on croyait enterré depuis plusieurs législatures, semble enfin être à l’ordre du jour. Le vice-président du gouvernement, Alfredo Pérez Rubalcaba, a annoncé vendredi 24 [juin] qu’il serait soumis au Parlement. Le manque de transparence dans la gestion publique, l’information insuffisante sur les comptes de l’Etat et des régions autonomes, ainsi que le fonctionnement opaque des appareils de partis, tout cela était au cœur des revendications des "indignés".

Des propositions concrètes au Parlement

Ceux-ci exigeaient également qu’on mette fin aux privilèges des responsables politiques, notamment à leurs plans de retraite si avantageux. Et la classe politique n’est pas restée sourde à l’indignation. Mercredi 22, le Congrès [Parlement] a adopté une proposition pour que les deux chambres publient le patrimoine des députés et des sénateurs, et pour durcir le “régime des incompatibilités” [afin que les députés ne puissent plus toucher à la fois un salaire dans le privé et des émoluments publics].

Les politiques ont aussi entendu la voix des campeurs en ce qui concerne les dérives du marché immobilier. Une sous-commission du Congrès étudiera des améliorations du système hypothécaire afin de faire cesser les abus. Le "mouvement 15-M" n’est pas étranger à la prolifération de ces patrouilles citoyennes qui empêchent l’expulsion de familles et ont dénoncé la clause bancaire obligeant ceux qui ne peuvent plus faire face à leurs échéances à rendre les clés du logement et à continuer de rembourser un appartement qui ne leur appartient déjà plus.

Pour José Félix Tezanos, professeur de sociologie à l’Université nationale d’enseignement à distance (UNED), "le 15-M peut faire voler en éclats la cohésion du système, que ce soit par la création d’un parti spécifique ou tout autre forme d’alternative réelle, ou encore par un déchaînement de violence comme on l’a vu en Grèce". Tezanos, un proche du Parti socialiste au pouvoir, estime qu’on ne sortira du tunnel que si la classe politique fait primer le consensus sur les divisions, et si, ayant fait l’unité, "elle change le modèle économique de fond en comble". Avec l’aval des autorités de l’UE ? "Avec ou sans", répond Tezanos.

Changer en profondeur le système financier et mettre fin aux excès des banques ont été deux grands axes revendicatifs du mouvement. Toutefois, la plupart des experts rejettent des "solutions maximalistes et irréalisables" comme la nationalisation du secteur bancaire ou la prise de contrôle sur les entreprises. Telle est la principale critique d’Isabel de la Torre, professeur de sociologie à l’Université autonome de Madrid, qui prend la défense du capitalisme en rappelant qu’il a rendu possible depuis deux siècles un bien-être social sans précédent.

La crise payée par les plus faibles

De la Torre estime que le mouvement 15-M a d’une part confirmé le pouvoir des réseaux sociaux et d’Internet, et d’autre part est venu rappeler qu’il pouvait exister des mouvements de masse horizontaux, sans hiérarchie ni structure. "C’est très bien de dénoncer le mauvais usage des institutions, comme l’ont fait ces jeunes, mais ils doivent proposer des solutions viables", souligne-t-elle.

A en croire Emmanuel Rodríguez, professeur de sociologie à l’Université Complutense de Madrid, le mouvement est toujours en construction. Il lui manque un catalogue de propositions sur les partis politiques, les banques, le logement ou le système électoral. En revanche, les "indignés" ont bien compris que "la crise [était] payée par les plus faibles", tandis que "les bénéfices [étaient] accaparés par un petit groupe d’agents financiers".

Le chômage est la face la plus visible de la crise (l’UE compte 30 millions de chômeurs), mais les Etats injectent de grandes quantités d’argent public dans les banques. "Tant en Espagne que dans le reste de l’UE, les intérêts financiers passent avant les intérêts des personnes", regrette Rodríguez.

Les revendications du mouvement 15-M sont hétérogènes et plurielles. "Il y a beaucoup de groupes en discussion. ¡Democracia Real YA! en fait partie, mais il ne regroupe pas toutes les sensibilités", souligne Germán Cano, professeur de philosophie à l’Université d’Alcalá de Henares.

Lui-même travaille avec un sous-groupe mis en place pour analyser les médias. "Ce qui révolte les indignés, c’est un sentiment de malaise et de frustration, fait-il valoir. Or le 15-M est en mesure de canaliser cette indignation. Ce qu’il critique, ce n’est pas la démocratie ou les institutions en général, c’est la logique des partis". Les "indignés" parviendront-ils à former un parti politique ? Cano est pessimiste : "Ce n’est pas ce à quoi ils aspirent pour la plupart. Non pas tant par apolitisme que par résistance radicale aux médiations".

 

Lien : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/748391-les-indignes-marquent-des-points

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:19
Économie 28/06/2011 à 19h53 (mise à jour le 29/06/2011 à 08h53)

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Par ELODIE AUFFRAY

(Capture d'écran du générique de Debtocracy.)

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C'est l'histoire d'un film à 8000 euros, sur une dette à 350 milliards. En Grèce, le documentaire «Debtocracy» est devenu un phénomène de société, depuis sa publication sur Internet, début avril. «Une semaine après sa sortie, 500.000 personnes l'avaient vu. Aujourd'hui, on atteint le million», raconte Aris Chatzistefanou, l'un des deux journalistes auteurs. Une propagation facilitée par le fait que le film est sous licence libre, exploitable, appropriable, diffusable par tous.

-> Et regardable ci-dessous ou sur le site du projet.


Debtocracy International Version par BitsnBytes

Au départ, ça devait être «une toute petite vidéo», explique-t-il, pour raconter comment l'Equateur refusa, en 2007, de payer la «dette odieuse», et résista aux politiques du FMI. Un exemple à montrer aux Grecs, pour les auteurs, alors que le pays est soumis depuis un an à un plan de sauvetage et une austérité drastique.

«On voulait dire aux gens qu'ils devaient prendre en charge leur résistance, que personne ne le ferait pour eux», souligne Aris Chatzistefanou.

«Dette odieuse»

Le projet a emballé, fédéré les énergies, pris de l'ampleur. Un célèbre musicien grec a, par exemple, composé la bande-son. Les internautes, appelés à financer la production, ont donné 8000 euros de plus que nécessaire.

Au final, Debtocracy est un film d'une heure et quart, qui narre, de façon pédago-militante et moult économistes de gauche à l'appui, les origines de l'endettement des ménages, de l'endettement public en Grèce, de la crise financière de 2008, de la notion de «dette odieuse». Le docu revient aussi sur le désastre argentin, en 2001, et sur le cas équatorien. Pour conclure sur la nécessité de créer, comme dans le pays latino-américain, une commission d'audit de la dette publique. Sous la pression populaire si possible, afin de garantir son indépendance.

A la question centrale (et rhétorique) «sommes-nous donc les enfants terribles d'une économie mondiale réglée et d'une Europe réussie ou le système était-il déjà défaillant à la base?», les deux auteurs optent sans ambiguïté pour la réponse numéro deux.

Les parallèles sont parfois contestables. Ainsi, Dominique Strauss-Kahn est comparé au dictateur Papadopoulos ; les parades militaires de Saddam Hussein rapprochées des parades olympiques des Occidentaux.

Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi, l'autre initiatrice, revendiquent leur radicalité. «On ne voulait pas d'un documentaire "équilibré", où on donnerait la parole à toutes les parties. L'avis de ceux qui prônent l'austérité, on le connaît déjà. On l'entend à longueur de médias», dit Chatzistefanou.

Sous-titré en six langues

Le documentaire a fait beaucoup parler, a été l'objet de nombreuses critiques et, au final, atteint l'un de ses objectifs: ramener un peu de débat. Chatzistefanou raconte que, parmi les quelque 400 financeurs du projet (des modestes contributions en majorité), «il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec notre approche, mais qui voulaient écouter ce qu'on avait à dire».

Après son succès fulgurant sur Internet, Debtocracy emprunte maintenant divers chemins. Des télés locales l'ont diffusé. Place Syntagma, à Athènes, mais aussi dans d'autres villes grecques, les «Indignés» organisent des projections. «On a des invitations tous les jours», rapporte Aris Chatzistefanou. A l'étranger même. D'autant que Debtocracy est maintenant sous-titré en six langues. La semaine prochaine, Aris ira à Londres. Les «indignés» de Barcelone aussi ont convié le journaliste, qui travaille en indépendant depuis que son employeur -la plus grosse radio de Grèce- l'a remercié, quelques jours avant la sortie du docu.

Tout comme les «indignés», sans leaders et via les réseaux sociaux, ont doublé les syndicats dans leur capacité à faire descendre les citoyens dans la rue, Debtocracy a permis, par le Net, de mobiliser les Grecs sur la question de la «dette odieuse». Quand les pétitions lancées par les organisations militantes ne rassemblaient jusque là que quelques milliers de signataires.

Le comité d'audit de la dette, défendu dans le film, a bien été monté (voir leur site). Mais sans aucune reconnaissance des autorités. Il travaille à blanc, «pour donner des exemples de ce qu'il est capable de faire», rapporte Aris Chatzistefanou. Il faudra encore aux Grecs une bonne dose d'indignation pour que la «dettocratie» dénoncée soit passée au crible de la démocratie réclamée.

-> Ce mercredi, la Grèce vit son deuxième jour de grève générale. Le mouvement des «indignés» appelle à manifester et à bloquer le Parlement, qui doit se prononcer sur le nouveau plan de rigueur, auquel est conditionné le deuxième plan de sauvetage UE-FMI.

Pour suivre la mobilisation en ligne, quelques liens:

La page Facebook des «aganaktismeni» (les «indignés») athénéens, ainsi que les sites Real-democracy.gr (en farnçais) et May 25 Greece.

Un blog qui rassemble plusieurs livestreams depuis la place Syntagma, cœur de la mobilisation à Athènes.

L'excellent site ThePressProject, partiellement en anglais. Il propose notamment de suivre en direct le vote du Parlement, mais aussi des infographies, des liens, des analyses, etc. Aussi sur Twitter.

Le site d'information ekathimerini.com (en anglais) et son compte Twitter.

Sur Twitter: le compte @thesspirit, les hashtags #Syntagma ou encore #greekrevolution.

 

Lien : http://www.liberation.fr/economie/01012346036-debtocracy-le-docu-qui-indigne-les-grecs

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