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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 02:12

Israël attaque Gaza : Michel Collon teste un média

 

Peut-on faire confiance aux médias ?

Peut-on faire confiance, par exemple, au quotidien Le Soir ?

Michel a testé quelques coupures de presse de cette semaine consacrées à deux thèmes :

 

1. La préparation de la nouvelle guerre contre Gaza.

 

2. Les solutions à la crise économique et sociale. Où on peut vérifier ce que vaut l'info du Soir. Où on constate qu'on veut nous mettre dans la peau de certaines gens avec qui nous n'avons rien à voir. Quand le langage prépare la guerre et quand le langage nous impose la pensée néolibérale... michelcollon.info


 

 

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Gaza, assassinats et désinformation

 

Pour comprendre l’escalade à Gaza, il faut toujours rappeler quelques données sur ce territoire (360 kilomètres carrés, plus de 1,5 million d’habitants, soit plus de 4 500 personnes par kilomètre carré — ce qui en fait un des endroits de la planète où la densité de population est la plus élevée), occupé depuis 1967 par Israël. Même si l’armée s’en est retirée, ses accès avec le monde extérieur sont toujours contrôlés par Israël ; la circulation à l’intérieur même de cette mince bande de terre est limitée et le blocus mis en place depuis des années perdure : pour les Nations unies, Gaza reste un territoire occupé.

Les données qui suivent sont fournies par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens (OCHA oPt), dans un document de juin 2012 intitulé : « Five Years of Blockade : The Humanitarian Situation in the Gaza Strip » :

- C’est en juin 2007 que le gouvernement israélien a décidé d’intensifier le blocus de ce territoire, qui était déjà sévèrement « contrôlé ». 

- 34 % de la population (et la moitié des jeunes) est au chômage. 

- 80 % de la population dépend de l’aide alimentaire. 

- Le PNB par habitant était, en 2011, 17 % en dessous de celui de 2005 (en termes constants).

- En 2011, un camion par jour sortait de Gaza avec des produits pour l’exportation, soit moins de 3 % du chiffre de 2005. 

- 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles aux Gazaouis à la suite des restrictions israéliennes. 

- 85 % des écoles doivent fonctionner en « double service » — un le matin, l’autre l’après-midi —, en raison de la surpopulation.

Toute guerre s’accompagne d’une propagande intense et le gouvernement israélien est passé maître dans cet art. Déjà lors de l’offensive de décembre 2008-janvier 2009, on avait assisté à un déferlement médiatique (Marie Bénilde, « Gaza : du plomb durci dans les têtes »). Des intellectuels français, dont l’inénarrable Bernard-Henri Lévy, avaient contribué à cette désinformation.

L’homme assassiné par Israël, Ahmed Jabari, était le chef de l’aile militaire du Hamas (sur cette organisation, lire « Qu’est-ce que le Hamas ? »). Nombre de médias le présentent comme « un terroriste » responsable de toutes les attaques contre Israël. La réalité est assez éloignée de ce portrait — au-delà même de l’usage du terme « terrorisme », pour le moins ambigu. Une nouvelle fois, c’est un journaliste israélien Aluf Benn qui fait remarquer (« Israel killed its subcontractor in Gaza », Haaretz, 15 novembre) :

« Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un “archi-terroriste”, “le chef du personnel de la terreur” ou “notre Ben Laden”.

C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari. »

Il suffit de regarder les graphiques publiés par le ministère des affaires étrangères israélien lui-même sur les tirs de roquettes (« Palestinian ceasefire violations since the end of Operation Cast Lead », 14 novembre 2012), pour se rendre compte que, de manière générale, la trêve a bien été observée. Elle a été rompue par des raids de l’armée israélienne les 7 et 8 octobre 2012, puis les 13 et 14 octobre, provoquant une escalade qui a continué sans discontinuer depuis. Et, à la veille de l’assassinat de Jabari, une trêve avait été finalisée par l’Egypte, ce que confirme le témoignage du militant de la paix Gershon Baskin, repris dansHaaretz, « Israeli peace activist : Hamas leader Jabari killed amid talks on long-term truce », 15 novembre)

Chaque escalade fait suite à des assassinats ciblés de militants palestiniens à Gaza. Ces exécutions extra-judiciaires sont une pratique ancienne du gouvernement israélien (à laquelle les Etats-Unis se sont ralliés depuis longtemps). Vous avez dit « terrorisme » ? (lire « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh », par Sharon Weill, Le Monde diplomatique, septembre 2009).

Le scénario avait été exactement le même en 2008. Alors que la trêve était respectée du côté palestinien depuis juin 2008 (« List of Palestinian rocket attacks on Israel, 2008 », Wikipedia), c’est l’assassinat de sept militants palestiniens en novembre qui devait déboucher sur une escalade et l’opération « Plomb durci ».

Sur les violations par Israël des cessez-le-feu au cours des dernières années, on pourra lire Adam Horowitz, « Two new resources : Timeline of Israeli escalation in Gaza and Israel’s history of breaking ceasefires » (Mondoweiss, 14 novembre 2012).

D’autre part, il est difficile de parler d’un affrontement entre deux parties : les F-16 israéliens et les roquettes palestiniennes ne sont pas des armes équivalentes. Le bilan humain, depuis la trêve de janvier 2009 qui a suivi l’opération « Plomb durci », le confirme.

L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem dresse le compte des Palestiniens et des Israéliens tués à Gaza depuis le 19 janvier 2009 jusqu’au 30 septembre 2012 (« Fatalities after operation “Cast Lead” ») :

271 Palestiniens (dont 30 mineurs) contre 4 Israéliens.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes... Alain Gresh http://blog.mondediplo

 

 

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Lettre de Palestine     Vivre sous les bombes à Gaza

Vendredi 16 novembre 2012, par Claude Sarah Katz

 

Jeudi 15 novembre, 9:30

Hier, les forces armées israéliennes ont lancé une nouvelle vague de bombardements aériens et maritimes sur la bande de Gaza. Cela signifie qu’une population de 1,8 million de personnes, prisonnière — au sens plein du terme — dans une étroite bande de terre entre une « frontière » à la technologie hyper-sophistiquée et une mer patrouillée sans interruption par la marine de guerre, va subir aléatoirement la mort venue du ciel.

Combien ? Le grand hôpital de la ville de Gaza, Shifa, a accueilli toute la nuit la ronde des ambulances. Les informations circulent, essentiellement par Facebook, mais je ne peux vous faire un point maintenant : le quartier où je vis, et probablement une grande partie de la bande de Gaza, est sans électricité — donc sans routeur. Concernant les morts de l’après-midi d’hier et de la première partie de la nuit, on en compte une dizaine, ainsi qu’une centaine de blessés. Très mauvais signe, Israël a baptisé l’opération en cours « Pilier de défense » (« Pillar of Defence »). Veut-elle rééditer « Cast Lead » (« Plomb durci ») ? Souvenez-vous : 1 400 morts en quelques trois semaines, fin 2008-début 2009…

Devant la disproportion effarante des forces, une population civile, coincée entre barbelés et mer, littéralement écrabouillée par une très puissante armée, la « communauté internationale » va-t-elle réagir ? Nullement — en tout cas pas sans y être contrainte par l’opinion publique. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni cette nuit et a décidé de ne rien dire. Cela donne dans les dépêches d’agence des titres quasi anodins (comme : « UN takes no action on Israel strikes »). Un des participants aurait déclaré que le fait que cette réunion ait eu lieu était déjà un signe positif. Merci pour les familles qui mourraient sous les bombes des F16 israéliens au même moment.

Comment peut-on en arriver là ? Que les puissants qui nous gouvernent aient leur propre vision du partage du monde et de ses richesses, et que dans cette vision les populations soient une simple variable d’ajustement, soit. Mais la presse ? Les organisations populaires ? On arrive à ce déni de toute justice, ce déni du droit de vivre pour les Gazaouis, par une longue série de mensonges et de désinformation.

Cela commence et finit par le renvoi dos à dos, au mieux, des « protagonistes ». A titre d’exemple, le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, lequel exprime au premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ses « préoccupations devant la détérioration de la situation dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza, ce qui inclut (which includes) l’escalade alarmante des tirs indiscriminés de missiles et les assassinats ciblés par Israël de responsables militaires du Hamas » [1].

Ainsi, d’un côté, les terroristes palestiniens lancent des roquettes sur des objectifs « indiscriminés » — donc la population civile —, et de l’autre Israël, qui tue « proprement » un important chef militaire du Hamas. Au regard de la réalité du terrain, des bombes qui explosent autour de nous, des images affreuses d’enfants brûlés, c’est simplement ignoble — mais inattaquable en droit, grâce à l’astucieux « qui inclut ».

Alors, ne pas perdre de vue d’autres éléments, autrement importants, dont l’absence rend ce tableau parfaitement mensonger.

Non, Gaza n’est pas un endroit qui pourrait être calme et vivable si des fous furieux ne s’acharnaient pas à lancer des roquettes sur le paisible Israël. Gaza suffoque avec un nœud coulant au cou. Aucune décision sur sa vie ne lui appartient. Toute la vie économique a été tuée par l’interdiction d’exporter. Gaza est une cage où une puissance étrangère décide de tout, la quantité des denrées qui entrent ou n’entrent pas, les lieux où les gens pourront rester en vie et ceux où ils seront abattus, le moment où ses chars entreront arroser quelques kilomètres carrés de leurs engins explosifs et les moments où on pourra avoir l’impression de vivre. Je suis à Gaza depuis treize jours, mes notes quotidiennes sont faites de corps déchiquetés, de parents à bout de pleurs et du silence des comas. La mort à Gaza est comme la colonisation en Cisjordanie : quel que soit l’état des négociations de paix, la colonisation avance au même rythme en Cisjordanie, et quel que soit l’état de la résistance, l’armée israélienne tue quotidiennement à Gaza. Cette phrase n’est pas une envolée rhétorique mais un constat statistique.

Chaque fois que la population de Gaza tente de relever la tête, le nœud coulant se serre un peu davantage [2]. A titre d’exemple : les accords d’Oslo, marché de dupes s’il en fut, dessinent une zone accessible à la pêche pour les bateaux de Gaza d’une largeur de 20 miles nautiques (37 kilomètres). Pour punir les Gazaouis, après le déclenchement de la seconde Intifada, cette zone est ramenée arbitrairement, et du seul droit du plus fort, à 12 miles en 2000, puis à 6 miles en 2003. Depuis 2006, elle a est restreinte à 3 miles, limite imposée par des navires de guerre omniprésents. De ce minuscule espace de pêche, les bateaux ne peuvent ramener qu’une misère et l’ensemble de l’activité est sinistrée [3]. Si on oublie cet aspect du constat, le mépris, la brutalité, le traitement de cette population comme étant privée de tous droits, ne survivant que selon le bon plaisir de son vainqueur, on ne peut rien comprendre à l’existence d’une résistance.

C’est la même logique qui préside aux bombardements d’aujourd’hui : se venger sur la population civile des actions de résistance. Ceci a un nom : punition collective. Et appartient, en droit international, à la catégorie crime de guerre.

Nous savons bien tous, ou croyons savoir, que résister est non seulement un droit, mais un devoir. Ici la résistance est petite et morcelée, décimée par les assassinats dits « ciblés », confrontée à une terrible machine de guerre, mais elle existe. Et comme toute résistance, c’est à elle qu’on impute les malheurs de la population. Relisez le texte de l’Affiche rouge et ce que les nazis avaient écrit sur cette affiche placardée dans tout Paris :« Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime ! ». Ceux dont nous nous rappelons avec affection et respect les actions, les résistants sur le sol français, étaient désignés alors comme terroristes, responsables de la « malheureuse » nécessité, pour l’armée d’occupation allemande, de procéder en représailles à des prises d’otages et à des exécutions sommaires.

 

17:00

Ce qui a commencé hier, ce qui se poursuit aujourd’hui, c’est le bombardement de la population civile. Ce qu’écrit Le Monde dans son édition du jour, et accessible sur la Toile — « Israël menait jeudi 15 novembre un deuxième jour d’offensive contre les groupes armés dans la bande de Gaza. Une frappe aérienne a provoqué la mort de trois militants palestiniens, a-t-on appris de sources médicales »  [4] —, est de la pure désinformation. Le responsable de l’hôpital Shifa, le docteur Medhat Abbas, a compté pour nous, en milieu de journée, 90 frappes, visant les lieux les plus variés : maisons, routes, terrain vagues, fermes. On déplore 13 morts (pour une moitié des combattants, pour l’autre des civils, dont le plus jeune avait 11 mois et le plus âgé 65 ans) et 147 blessés — dont une partie ne survivra pas. Ce genre de bilan signe une stratégie : terroriser la population.

Peu ou prou, la résistance riposte. Avec plus de force que lors de l’opération « Plomb durci ». Une coordination de l’ensemble des mouvements semble se mettre en place. La population en soutient le but. Dans les pleurs et des cris de rage, même au chevet des enfants mourants, c’est incontestablement le refus de plier qui se fait entendre.

Plutôt que de s’aventurer dans de savantes discussions sur les appartenance partisanes de tel ou tel groupe de résistants, les analystes politique devront compter avec la population de Gaza.

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Claude Sarah Katz est démographe, retraitée du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), spécialiste en analyse de données à l’université Al Azhar de Gaza. Elle est actuellement envoyée spéciale du mensuel CQFD à Gaza.

Notes

[1] « UN Security Council meets, takes no action on Israel strikes », Ma’an News Agency, 16 novembre 2012.

[2] Lire le témoignage de Noam Chomsky, qui s’est rendu sur place du 25 au 30 octobre, « Impressions de Gaza », Palestine Solidarité, 10 novembre 2012.

[3] Lire Joan Deas, « A Gaza, la mer rétrécit », Le Monde diplomatique, août 2012.

[4] « Israël tue le chef militaire du Hamas et annonce une opération armée à Gaza », Le Monde, 15 novembre 2012.

http://blog.mondediplo.net 

 

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Comment  le peuple juif fut inventé

Il n’y a pas plus eu de peuple juif que de peuple chrétien et de peuple musulman. Selon l’historien israélienShlomo Sand, l’expression « peuple juif » n’apparait qu’au XIXe siècle.

Quant à l’exil des juifs, après la chute du temple de Jérusalem en 70 après J.-C., c’est, selon l’auteur de« Comment le peuple juif fut inventé »(éd. Fayard), un pur mythe chrétien antijuif du IIIe siècle.

Au VIIe siècle, la plupart des populations juives se seraient islamisées. Conséquence : « Les chances que les Palestiniens soient des descendants des Judéens de l’Antiquité sont beaucoup plus grandes que celles des juifs. »

Shlomo Sand a été tourné en ridicule par des historiens israéliens (et critiqué par d’autres), mais salué par l’un d’eux (décédé en 2010), l’historien Tony Judt,ancien sioniste convaincu devenu un partisan de la création d’un Etat palestinien.

 

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Les enfant palestiniens qui ne verront jamais Palestine


 

 

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Pourquoi Obama ne va pas s’en prendre à Israël

Barack Obama, Benjamin Netanyahu

La victoire d’Obama aux élections présidentielles la semaine dernière suscite un malaise général en Israël. Mais l’approche de la Maison Blanche envers Netanyahou risque peu de changer de manière significative.

Les sondages menés hors USA peu de temps avant le jour du scrutin montraient qu’Obama était le candidat préféré dans tous les pays sauf deux : le Pakistan et Israël. Mais contrairement au Pakistan, où les deux candidats se partageaient une même impopularité, il n’a obtenu que 22 % en Israël contre 57 % en faveur de Romney.

Au vu de ces chiffres, on ne s’étonnera pas que le Premier Ministre de l’aile droite, Benjamin Netanyahou, ne fasse que peu d’efforts pour cacher ses sympathie politiques, imposant un accueil de héros à Romney lorsque celui-ci visita Jérusalem cet été et se produisant en vedette dans plusieurs de ses publicités électorales.

Ehud Olmert, un précédent Premier Ministre israélien, a accusé Netanyahou de « cracher » à la face du Président et mis en garde Israël contre une vengeance possible d’Obama pendant son second mandat (cf « Olmert descend Bibi en flammes à propos de l’Iran et de sa relation à Obama » article de Dan Ephron dans The Daily Beast du 6 novembre).

La sagesse générale veut que le président, déchargé des soucis de sa réélection, cherchera à se venger, à la fois de l’intransigeance de Netanyahou dans le processus de paix et de son intrusion dans la campagne étatsunienne.

Les dessinateurs de presse ont résumé la situation la semaine passée. Le quotidien libéral Haaretz montrait un Netanyahou suant à grosse gouttes et mettant prudemment sa tête dans la gueule du lion Obama, tandis que le Jerusalem Post de droite montrait Netanyahou s’exclamant « Oh ! la poisse ! » à la lecture des grands titres.

Parmi les Israéliens et de nombreux observateurs, le sentiment est qu’un Obama en second mandat exercera une pression bien plus forte sur Israël à la fois pour faire de grandes concessions aux dirigeants palestiniens et pour mettre un terme à la posture agressive envers l’Iran pour sa supposée intention de construire une tête nucléaire.

 

Ambiance euphorique

Mais une telle idée est chimérique. L’approche de la Maison Blanche envers Netanyahou risque peu de changer de manière significative.

L’état d’esprit euphorique de Netanyahou s’étalait en évidence pendant le scrutin américain : son gouvernement annonçait le projet de construire plus de 1.200 maisons pour colons juifs à Jérusalem-Est, capitale présumée d’un futur état palestinien (cf « Israël fait avancer la construction de 1.200 maisons à Jérusalem-Est » article du Guardian du 6 novembre.

La réalité, Netanyahou le comprend fort bien, c’est qu’Obama a maintenant les mains liées au Moyen-Orient tout aussi étroitement que pendant son premier mandat.

Obama s’est brûlé les doigts précédemment quand il a tenté d’imposer un gel des colonies. Il n’y a aucune raison  de croire que les lobbyistes israéliens d’extrême-droite à Washington, menés par l’AIPAC, faciliteront la tâche du Président cette fois-ci.

Et comme le notait Ron Ben Yishai, journaliste israélien aguerri, Obama aura en face de lui le même Congrès, qui « est traditionnellement le bastion du soutien quasi inconditionnel à Israël » (cf « Obama est mieux pour Israël » Ynet, 6 novembre).

Obama ne se fait peut-être pas de souci à propos de sa réélection, mais il ne voudra pas transmettre un héritage empoisonné au prochain candidat démocrate à la présidence, ni embourber son dernier mandat dans des confrontations désastreuses avec Israël. On se souvient encore trop douloureusement du coup raté de Clinton pour forcer un accord de paix – même s’il était en réalité bien plus généreux pour Israël que pour les Palestiniens – à Camp David, aux derniers jours de son second mandat.

Et en dépit de son antipathie personnelle à l’égard du Premier Ministre israélien, Obama sait aussi que mis à part le conflit israélo-palestinien, ses politiques y sont soit alignées sur Israël soit dépendantes de la bonne volonté de Netanyahou à collaborer.

 

Revanche limitée ?

Obama comme Netanyahou désirent que l’accord de paix Egypte-Israël tienne le coup. Tous deux doivent s’assurer que la guerre civile en Syrie ne connaisse pas une escalade qui la fasse échapper à tout contrôle, comme semblaient l’indiquer les tirs transfrontaliers sur le plateau  du Golan ces derniers jours. Tous deux préfèrent des dictateurs pro-occidentaux répressifs dans la région plutôt que de nouveaux islamistes.

Et bien sûr, tous deux veulent coincer l’Iran pour ses ambitions nucléaires. Jusqu’à présent, Netanyahou a consenti à contre-coeur à la ligne US – “donner une chance aux sanctions” – et a atténué sa rhétorique d’attaque. La dernière chose dont la Maison Blanche ait besoin, c’est d’un Netanyahou fâché exhortant ses cohortes de Washington à saper la politique étatsunienne.

Il reste un mince espoir aux opposants de Netanyahou, c’est qu’un président américain mécontent prenne malgré tout une petite revanche et fasse tourner les tables en interférant dans les élections israéliennes de janvier prochain. Il pourrait soutenir des opposants plus modérés, comme Olmert ou Livni,  si ceux-ci choisissent de se présenter et commencent à sembler crédibles.

 

Mais même cela resterait un pari risqué

Quelle que soit la composition de la prochaine coalition gouvernementale en Israël, il est évident qu’elle mènera des politiques guère différentes de l’actuelle. Cela ne fait que refléter le virage à droite des électeurs israéliens, comme l’indique un sondage de ce mois : 80 % des électeurs croient à présent qu’il est impossible de faire la paix avec les Palestiniens.

En fait, étant donné l’état d’esprit en Israël, une tentative trop manifeste d’Obama d’épauler un des opposants à Netanyahou risquerait actuellement de réduire leurs chances de succès. Netanyahou a déjà démontré aux Israéliens qu’il peut défaire le président US dans un combat les yeux dans les yeux. Beaucoup d’Israéliens vont sans doute conclure que personne n’est mieux placé pour tenir en échec un Obama antipathique pendant son second mandat.

Confronté au consensus populaire israélien et au soutien du Congrès à la ligne dure avec les Palestiniens, Obama est un champion improbable du processus de paix – et même de la modeste ambition actuelle de la Palestine d’obtenir le statut d’observateur aux Nations Unies. Le vote à ce sujet doit avoir lieu le 29 novembre, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas espérant apparemment que l’anniversaire du Plan de partition de 1947 de la Palestine fournira une résonance émotionnelle.

Entre-temps, les principaux partis israéliens bataillent pour mettre la main sur le grand réservoir de votes de droite. La semaine dernière, Shelly Yacimovich, leader du parti travailliste dans l’opposition, a nié que son parti soit « de gauche », montrant combien c’est  devenu un vilain mot en Israël. Elle a soigneusement évité de faire allusion aux questions palestiniennes ou diplomatiques.

Et le grand espoir de la politique israélienne, l’ancienne étoile télévisuelle Yair Lapid, est rapidement devenu comme un écho de Netanyahou. La semaine dernière, il est allé jusqu’à refuser de s’opposer publiquement aux ultimes parties palestiniennes de Jérusalem-Est, arguant que les Palestiniens pourraient être forcés à renoncer à leur capitale putative (“Lapid : Si Israël reste ferme, les Palestiniens renonceront à Jérusalem-Est” cf Haaretz 8 novembre )

La réalité est que la Maison Blanche est à la colle avec un gouvernement israélien, avec ou sans Netanyahou, qui rejette un accord avec les Palestiniens. Comme la violence éclate à nouveau à Gaza – comme c’est arrivé pendant la dernière ligne droite de la dernière élection israélienne – il semble bien que nous en soyons pour quatre années de plus dans le même bateau.    Jonathan Cook mondialisation.ca

 

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Manifs de solidarité avec le peuple palestinien et avec Gaza 

 

 

Des citoyens palestiniens et d'autres pays arabes s'expriment ....

 

 

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 03:57

Un autre regard sur la Syrie

 

Grâce à un effort surhumain des médias dominants, le grand public occidental s’est familiarisé avec les visages présentables de la « révolution » syrienne qui sont pourtant de parfaits inconnus de la rue syrienne. Bassma Kodmani, Bourhane Ghalioun, Abdelbasset Sayda ou encore Georges Sabra, femme et hommes de paille de nos chancelleries, ont servi à dissimuler les véritables protagonistes de la révolte tels le bouillonnant télécoraniste Adnane Arour connu pour ses appels au meurtre contre les Syriens hostiles à sa mission divine. En réalité, à côté d’Arour, il existe une véritable légion de parrains du terrorisme sectaire et de prédicateurs génocidaires à l’œuvre dans le pays ou depuis l’étranger.

Au départ, le mouvement populaire syrien défendait un programme légitime : baisse du prix des hydrocarbures, fin de la corruption, refinancement par l’État des denrées de base, liberté d’expression, levée de l’état d’urgence, liberté pour tous les prisonniers politiques, fin de la torture.

Quel ne fut pas notre bonheur, nous militants progressistes, de voir des pans entiers de la société syrienne descendre dans la rue pour revendiquer pacifiquement des droits qui leur ont été confisqués par un État liberticide trahissant peu à peu ses propres idéaux égalitaires au nom de « l’économie sociale de marché » (cf. Xe congrès du parti Baas en 2005).

Quelle ne fut pas notre indignation, nous militants démocrates, de voir des manifestants torturés et mitraillés par les forces de l’ordre, notamment à Deraa.

Quelle ne fut pas notre stupéfaction aussi, nous militants avertis, de voir la rapidité d’exécution d’une rébellion armée sortie de nulle part et allant on ne sait où.

Cette radicalisation était d’autant plus malvenue que le mouvement populaire était engagé dans une dynamique réformatrice relativement efficace car s’appuyant sur l’autorité présidentielle pour isoler les caciques du régime et autres petits chefs « plus monarchistes que le roi ».

A l’écoute de la rue, le président syrien promit de poursuivre les responsables de la répression comme le confirme cette dépêche de l’AFP du 20 mars 2011 (http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/syrie-sanglant...), ce qu’il fit d’ailleurs en limogeant Fayçal Kaltoum et Iyad Ghazal, les gouverneurs de Deraa et de Homs.

Mais au même moment, des manifestants, des policiers et des soldats furent tués dans plusieurs villes dont Deraa, faisant craindre une spirale incontrôlable de la violence.

Visiblement, des provocateurs utilisaient la foule pour tirer sur la police.

A ce moment précis, les caméras occidentales coupèrent son et image pour nous servir un storytelling cousu de fil blanc et digne des pires épisodes de la guerre froide.

Le quotidien arabe basé à Londres Al Quds Al Arabi du 24 mars 2011 exposa les deux versions, celle de l’opposition et celle du gouvernement :

« Selon des témoins, les forces de l’ordre ont attaqué le 23 mars une mosquée qui servait de QG aux manifestants, tuant au moins quinze personnes. Mais le régime avance une autre version : il accuse un gang armé, qui aurait caché des munitions dans cette mosquée, d’avoir tiré sur une ambulance et des policiers. »

L’AFP en fit de même sans pour autant creuser la deuxième piste : « Les autorités ont imputé les heurts à un "gang armé", l’accusant d’avoir tué quatre personnes et "d’emmagasiner des armes dans la mosquée" al-Omari à Deraa.  »

En Occident, personne ne crut bon de prêter attention à « la propagande du régime ». Les images suivantes furent donc censurées :

 http://sana.sy/fra/51/2011/04/08/340769.htm

 http://sana.sy/fra/51/2011/04/24/343186.htm

http://sana.sy/tur/236/2011/04/13/341257.htm

Dans une brève publiée le 8 avril 2011, c’est-à-dire trois semaines à peine après le déclenchement du « printemps syrien », le quotidien Ouest-France s’interrogeait benoîtement : 19 morts et 75 blessés parmi les forces de l’ordre à Deraa ?

Ce petit point d’interrogation assassin planté dans le cœur des victimes militaires de la terrible guerre qui s’annonçait était révélateur de l’état d’esprit de nos rédactions : selon elles, la Syrie étant un État policier, les médias d’État mentaient forcément.

Le 10 avril 2011, soit trois semaines à peine après le début des émeutes de Deraa, une embuscade est tendue à un convoi militaire à Baniyas sur l’autoroute reliant Lattaquié à Tartous :

 

Dans cette attaque dont les images ont été diffusées deux jours plus tard sur la chaîne progouvernementale Addounya, on apprend que neuf militaires ont été tués et 45 autres blessés.

Les médias occidentaux déguisèrent ce massacre en exécution de soldats ayant refusé de tirer sur des manifestants (cf. Sharmine Narwani, Questioning the Syria « Casualty List », Al Akhbar, 28 février 2012, http://english.al-akhbar.com/content/questioning-syrian-%E2%... )

A part la presse officielle syrienne et certains vidéastes indépendants, personne ne nous montra les funérailles de ces morts loyalistes qui n’existaient tout simplement pas aux yeux de l’Occident :

http://sana.sy/eng/21/2011/04/12/341228.htm

 

Les enquêteurs syriens mirent peu de temps à découvrir l’implication de l’ex-procureur militaire et ex-vice président syrien d’Abdelhalim Khaddam dans cette attaque.

Originaire de Jableh, une ville côtière située à 25km au Nord de Baniyas, Khaddam fit défection en 2005 pour aller s’installer dans son palais parisien généreusement offert par feu le premier ministre libanais Rafiq Hariri.

Cette attaque armée marquait le retour fulgurant de Khaddam sur la scène syrienne dans son nouveau costume de parrain d’une « révolution » clairement sectaire.

On pourrait penser qu’il s’agit là d’une intox du régime syrien.

Or, même le farouche opposant anti-régime Haytham Al Maleh pointa la piste Khaddam (ainsi que la piste Rifaat Al Assad, l’oncle de Bachar, criminel de guerre, opposant corrompu de longue date et allié des Etats du Golfe) dans une interview réalisée le 12 avril 2011 par Alix Van Buren pour le quotidien italien Repubblica :

 http://www.repubblica.it/esteri/2011/04/12/news/dissidente_s...

Lorsque des prêcheurs de la haine et des infiltrés soupçonnés d’être proches de Khaddam (et par conséquent des hariristes du Liban) tentèrent de récupérer le mouvement démocratique syrien, les médias occidentaux se levèrent comme un seul homme pour crier à la manipulation de la part du pouvoir. Ils accusèrent celui-ci de semer la discorde confessionnelle afin d’« instrumentaliser les minorités » à son avantage.

Pourtant, au dixième jour à peine du « printemps syrien », soit le 25 mars 2011, une foule rassemblée devant la mosquée Abou Bakr As-Siddiq de Jableh, ville natale de Khaddam, crie : « Non aux chiites. Ni Iran, ni Hezbollah » comme on peut le voir et l’entendre dans la vidéo suivante (2min. 6 sec.) :

 

Les groupes armés eurent l’astucieuse idée d’utiliser les mosquées comme QG et comme dépôts d’armes, rendant plus délicate la lutte contre-insurrectionnelle.

La kalachnikov agitée par le cheikh salafiste dans une mosquée d’Alep l’été dernier illustre bien le phénomène de militarisation de l’espace religieux :

Peu à peu, d’autres slogans sortis des égouts de l’histoire s’élevèrent des manifestations du vendredi éclipsant les revendications légitimes des opposants démocrates et patriotes. « Les alaouites au tombeau, les chrétiens à Beyrouth », « Pacifistes, pacifistes, jusqu’à l’extermination des alaouites », «  A bas la démocratie, nous voulons la charia ».

 

Chaque jour apparurent de nouveaux groupes armés aux noms empruntés à la geste islamique et aux guerres contre les « hérésies » chiites et alaouites : Abou Obayda Jarrah, Muawiya ibn Abu Sufyan, Yazid ibn Muawiya, Chimr Ibn Jawhan…

Ici, l’annonce de la formation du bataillon Adnane Arour (du nom du fameux prédicateur charcutier) à Rastane en mars 2012 :

L

Leurs intentions étaient sans appel : débarrasser la Syrie de ses minorités, surtout les alaouites considérés comme des impies et des agents chiites, mettre fin à l’axe Damas-Téhéran-Hezbollah appelé aussi « Front du refus à Israël », établir un émirat sunnite en Syrie et imposer la charia.

Pour comprendre cette coloration sectaire de la révolte, il convient ici de rappeler le climat politique qui prévalait dans les années 2000.

A l’époque, la photo du secrétaire général du mouvement Hezbollah, Hasan Nasrallah trônait partout en Syrie aux côtés de celui du président Bachar El Assad tandis que sur les vitrines des magasins, les façades des maisons, les pare-brises des voitures ou encore lors de processions politiques ou culturelles, le drapeau jaune du Hezbollah flottait aux côtés des drapeaux palestinien et syrien.

Et pour cause : aidé par la Syrie, le Hezbollah, mouvement patriotique libanais à dominante chiite remporta deux victoires inespérées sur Israël, l’une le 25 mai 2000 permettant de libérer le Sud du Liban de l’occupation sioniste et l’autre, en juillet 2006, à l’issue de la « bataille des 33 jours » mettant en déroute les colonnes de char de Tsahal.

Dans une allocution prononcée au lendemain de l’attentat qui tua trois hauts responsables de la cellule de sécurité de Damas le 18 juillet 2012, Hasan Nasrallah révéla le rôle central de la Syrie dans les victoires du Hezbollah :

 

Cette deuxième victoire du mouvement de résistance libanais contre Israël fut inespérée à plus d’un titre.

En effet, ruminant sa vengeance contre le Hezbollah et son allié syrien suite à la victoire du 25 mai 2000, Israël était parvenu en 2005 à obtenir le retrait des troupes syriennes et ainsi à affaiblir le Hezbollah grâce à un attentat intelligent contre un ennemi déclaré de la Syrie, nommément le premier ministre libano-saoudien Rafiq Hariri. Le retrait syrien du Liban à la faveur de l’opération CIA appelée « Révolution du Cèdre », permit aux alliés de Tel-Aviv, Riyad et Washington, notamment le Courant du futur d’Hariri junior et ses soutiens salafistes, d’occuper le terrain déserté par la Syrie, surtout la partie Nord du pays à dominante sunnite.

A partir de 2005, Saad Hariri et ses comparses tels le salafiste syrien Naji Kanaan lancèrent une véritable bataille de l’ombre à caractère confessionnel contre la résistance antisioniste syro-libanaise incarnée par le gouvernement de Damas et le Hezbollah.

Ils trempèrent même dans une tentative d’assassinat contre Hasan Nasrallah. En Occident, personne ne parlera de cet attentat pour ne pas ternir l’image du très bling bling et très docile Saad Hariri.

Certains prédicateurs syriens sunnites virent d’un très mauvais œil la fraternisation entre Nasrallah et Assad dans leur pays.

Influencés par le discours anti-chiite des chaînes satellitaires du Golfe, ils interprétèrent la solidarité Hezbollah/Damas par le seul angle confessionnel et l’agitèrent comme une menace anti-sunnite.

Lorsque le « printemps syrien » éclata en mars 2011, les hariristes et les salafistes pro-saoudiens actifs dans le Nord du Liban étaient déjà sur la brèche.

Des groupes armés proches d’Al Qaïda comme Fatah Al Islam reçurent argent, armes et munitions pour mener le djihad à l’intérieur même de la Syrie contre les « agents chiites » de Damas. Ils profitèrent donc de l’aubaine pour exporter leur lutte anti-Hezbollah sur le sol syrien.

C’est dire si la carte confessionnelle a été le moyen le plus efficace pour recruter des combattants contre Damas. Il suffisait en effet de colporter le mensonge selon lequel le régime baassiste suivait un agenda chiite pour galvaniser la jeunesse sunnite déshéritée de Tripoli ou du Akkar.

A noter tout de même qu’il ne s’agissait là que pure propagande car dans son combat contre l’impérialisme US et Israël mêlant aventurisme et pragmatisme, le régime baassiste n’a jamais posé de condition sectaire. Damas a soutenu le Hamas (sunnite) sur le plan politique, économique et militaire. Il défendait et continue de défendre la cause palestinienne dont la population est majoritairement sunnite. En 1999, la Syrie baassiste a accueilli le SDF du Hamas, Khaled Mechaal qui venait d’être chassé d’Amman, la capitale jordanienne, à une époque où aucun leader arabe ne voulait de lui.

A partir des années 70 et parfois au péril de sa propre existence, Damas a offert le gîte et le fusil à un nombre incalculable de groupes armés non chiites et non alaouites comme l’Armée rouge du Japon, le Parti des travailleurs du Kurdistan, la gauche révolutionnaire turque (THKP-C, Devrimci Sol, DHKP-C) ou encore la résistance nationale irakienne essentiellement sunnite et en lutte contre l’envahisseur US.

Après cette parenthèse nécessaire, revenons au sujet principal, ce fameux « printemps syrien » présenté par nos médias comme une révolution authentique et propre sur elle.

L’opposition syrienne ne sortit pas indemne de cette guerre par procuration livrée entre forces sunnites pro-US et forces patriotiques multiconfessionnelles (dont une majorité de sunnites) proches de tout ce que compte la planète comme pays non-alignés (Iran, Chine, Venezuela, Cuba etc)

Débordé sur son extrême droite, l’opposition démocratique syrienne finit par se diviser entre ceux qui refusaient de servir d’idiots utiles des religieux fascistes à la solde des pétromonarchies du Golfe et ceux qui considéraient que rien ne put être pire que la dictature baassiste.

Après plusieurs mois de blocus médiatique, certains journalistes occidentaux finirent par s’inquiéter de la présence de groupes djihadistes mais, par naïveté ou par intérêt, ils décrivirent ces groupes comme des entités séparées de l’Armée syrienne libre (ASL) voire comme des créations des services secrets syriens servant à discréditer la rébellion.

Or, dès le début de l’insurrection, une symbiose s’est installée entre ces groupes et l’ALS sur plusieurs fronts, tous deux s’appuyant sur les inépuisables ressources religieuses et la propagande pro-sunnite victimaire pour mobiliser des combattants.

Pire, l’ALS recevait directement ses instructions sous forme de fatwa de la part de prédicateurs comme Muhammad Badi’ Moussa et autres semeurs de messages génocidaires notamment le très maffieux Mohamed Zuhair Siddik.

Comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, le cheikh Muhammad Badi’ Moussa, alter ego d’Arour, a lancé sur Al Hekma TV (14 mars 2012) une fatwa appelant à tuer les femmes et les enfants alaouites en représailles à des massacres faussement attribués à cette communauté :

http://www.memritv.org/clip/en/3376.htm

« Nos frères de l’Armée syrienne libre (ASL) ont envoyé une série de requêtes aux oulémas en exil nous demandant s’ils pouvaient attaquer des villages alaouites. Ils ont demandé une fatwa qui leur permette de tuer des femmes et des enfants comme ils tuent nos femmes et nos enfants. Car les snipers viennent des villages alaouites et les femmes musulmanes libres sont violées et kidnappées pour être emmenées vers les villages alaouites. »

D’après le cheikh, les « érudits » l’ont joué diplomate.

« Faites preuve de patience. Lancez d’abord un avertissement. Nous ne voulons pas qu’une guerre civile, une guerre confessionnelle n’emporte la Syrie. »

Mais dans la phrase suivante, sa menace de commettre un génocide se précise :

« Les alaouites savent qu’ils sont une minorité dans le pays et que toutes les communautés confessionnelles les détestent et veulent se débarrasser d’eux. Ce n’est pas dans leur meilleur intérêt de défendre le régime. »

Il désigne même les cibles :

 « (…) les villages de Zahra, Eqrima et de Nouzha dans la périphérie de Homs. »

Que dire du prêche cheikh Muhammad Al Zoghby diffusé sur la chaîne saoudienne Safa

TV ?

 

« (…) Ô Allah, tue la famille El Assad et tous ses supporters. Ô Allah, détruis cette sale petite secte. Détruis-les et brûle leurs corps. Ce sont des agents juifs. Tue-les tous. Et je dis à tout le peuple de Syrie : Vous n’êtes pas des hommes si vous ne les châtiez pas après votre victoire. Vous n’obtiendrez pas vos droits tant que vous n’aurez pas pris votre revanche sur ces criminels infidèles. Peuple de Syrie, combats ces mécréants avec ton argent, tes discours et ton esprit... Ceci est une guerre sainte. Peuple de Syrie, sache que le combat contre ces impies précède le combat contre les juifs. C’est pour cette raison qu’Ibn Taymiyya dit : « Les Nussayrites (alaouites NDT) sont plus infidèles que les juifs et les chrétiens. » Peuple de Syrie, voici ma conclusion : Tu dois savoir que le djihad contre ces criminels infidèles et contre leur peuple est un devoir religieux. Et tu vaincras. Peuple de Syrie, n’aie aucune pitié contre ces impies. Peuple de Syrie, à présent, tu vois ton véritable ennemi. »

Que dire aussi de l’appel au génocide lancé par Mohammed Zuhair Siddik, ami de Sarkozy et du salafiste Arour ?

Suite à l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri dans l’attentat du 14 février 2005, Mohamed Zuhair Siddik s’était présenté comme un officier du renseignement syrien ayant fait défection.

Dans le cadre de l’enquête menée par le Tribunal spécial pour le Liban, Siddik avait accusé plusieurs hauts responsables syriens et libanais dont les présidents des deux pays, nommément Bachar El Assad et Emile Lahoud ainsi que des membres du Hezbollah d’avoir été les auteurs du meurtre d’Hariri.

Mais une enquête menée à son sujet révéla que Siddik n’avait en réalité jamais été le chef d’un quelconque service de renseignement syrien et que son témoignage contre la Syrie, le Liban et le Hezbollah étaient totalement bidon.

Suite à la découverte de la supercherie, la justice libanaise émit un mandat d’arrêt à son encontre pour faux témoignage.

Il se réfugia en France. Le 13 mai 2008, il disparut, avant de ressurgir aux Émirats arabes unis où il fut brièvement incarcéré pour immigration illégale et usage de faux passeport.

Lors d’une conférence de presse donnée au moment de sa libération, il affirma avoir reçu un faux passeport tchèque de la main du président français Nicolas Sarkozy.

Cet homme au bras visiblement très long avait également pour ami un certain Adnane Arour, le prédicateur salafiste syrien qui appelle à hacher les communautés déviantes, surtout les alaouites, et à donner leur chair aux chiens.

Quatre ans plus tard, il s’invite à une réunion d’opposants syriens au Caire et rencontre Haytham Al Maleh, un dirigeant historique de l’opposition syrienne qui se voit futur président de la Syrie « libre ».

Une journaliste occupée à interviewer Al Maleh pour la chaîne australienne SBS Dateline filme la scène. Le militant octogénaire accueille froidement Siddik l’accusant d’être peu fiable sans doute en raison de son activisme trouble dans le cadre de l’enquête sur Hariri.

Siddik s’emporte et fait une révélation assez surprenante de la part d’un individu qui voue une haine passionnée contre la Syrie de Bachar El Assad et le gouvernement libanais à dominante Hezbollah.

Il dit à Maleh : « Qui a tué Hariri ? »

« Je l’ignore » lui répond le vieux dissident.

« Au départ, c’est Israël » (11m. 55s.)

Siddik ne dit rien d’autre à ce sujet. Il menace Al Maleh et puis s’en va.

Dans de précédents articles, nous avions parlé d’Adnane Arour et de son hachoir :

 

Il s’avère que Mohammed Zuhair Siddik est un ami du « cheikh de la révolution ».

Joint par téléphone, Siddik est même invité en direct à cracher sa haine sur les alaouites pour les crimes du gouvernement baassiste. Il utilise l’émission d’Arour pour lancer des instructions militaires aux « faucons » de Rastane. Puis de déclarer : « Nous tuerons, nous tuerons, nous tuerons tous les villageois alaouites. Nous tuerons leurs officiers. Nous ferons pleurer leur mère ».

Mohammed Zuhair Siddiq threatens that he will... par TruthSyria

Mohammed Zuhair Siddiq threatens that he will... par TruthSyria

Retour dans les rues syriennes acquises à l’opposition où des manifestants parfois très jeunes affichent leur sympathie pour Oussama Ben Laden en brandissant le drapeau du Front Al Nosrah.

Même les fêtes religieuses comme la fête du Sacrifice sont l’occasion pour célébrer leur révolution salafiste :

 

Lors d’un rassemblement organisé à Idleb, deux jeunes agitateurs présentés par les médias pro-gouvernementaux comme des prédicateurs saoudiens (1min.30 sec.) chante leur volonté de « dépecer les nossayrites (l’autre nom des alaouites, NDT) ». Ils miment le geste de l’abattage tout en psalmodiant. Ils terminent par un salut au mollah Omar et aux Talibans :

 

A deux pas de là, sur le front, l’épuration confessionnelle suit son cours : des femmes et des hommes accusés d’être des chabbihas (milices du régime) sur la base de leur seule appartenance religieuse sont condamnés à mort

 

Ici encore, un homme est torturé à mort car soupçonné d’être chiite :

 

Conclusion

On l’aura compris, sur la Syrie comme sur tous les conflits qui nous concernent, les médias façonnent notre manière de voir les événements.

L’information en provenance de ce pays ne nous a pas été fournie telle quelle mais elle a été filtrée à l’aune des principes moraux ou des contraintes idéologiques qui animent chacun de nos fournisseurs.

Ainsi, la militarisation du conflit qui remonte aux premières lueurs du « printemps syrien » nous a été tout simplement cachée.

Le gouvernement syrien n’ayant pas bonne presse pour toutes sortes de raisons justifiées, sa version des faits a été rejetée en bloc tandis que la propagande de l’opposition a été accueillie sans le moindre recul. 

D’éminents journalistes ont refusé de se rendre dans ce pays pour couvrir les événements du côté du régime pour ne pas être victime de sa propagande.

En revanche, ces mêmes journalistes ne se sont pas gênés de se convertir en propagandistes de l’opposition, appelant même à armer un camp qui commet tous les jours des attentats terroristes contre des civils et des crimes de guerre.

Pas plus tard qu’hier, l’Armée syrienne libre (ASL) a capturé puis exécuté 70 soldats de l’armée syrienne à Ras Al ‘Ayn avant de les enterrer dans une fosse commune, le tout dans la joie et la bonne humeur. Une équipe de la télévision turque était sur place et a tout filmé.

 Certains journalistes mainstream ainsi que nombre de militants autoproclamés démocrates accusent les observateurs et experts sur la Syrie qui ne sympathisent pas avec la rébellion, d’être des agents ou des propagandistes du régime baassiste. 

Cela s’appelle du terrorisme intellectuel et de l’intimidation.

Un proverbe turc dit : « Celui qui dit la vérité est chassé de neuf villages ».

N’en déplaise à ces messieurs, les médias libres et non alignés sont notre dixième village. Et tous les habitants des neuf premiers villages y sont les bienvenus.    B.Kimyongür michelcollon.info

 

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 02:28

Pétition de soutien à Kamel Jendoubi

 

Soutenons Kamel  Jendoubi [défenseur  emblématique infatigable des Droits de l’Homme, qui a été contraint à l'exil pendant dix-sept ans pour son engagement et son militantisme, Président de plusieurs Associations de Défense des Droits Humains, en particulier, le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme, et  Président de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les Elections)], en signant et en diffusant la Pétition suivante : 

Signature de la Pétition de soutien à Kamel Jendoubi

 

Pour aller plus loin :

1. Rachid Barnat a écrit :

« QUI VEUT LA PEAU DE Kamel JENDOUBI ?
Suivez mon regard ...

La "pratique" reprise à ZABA
 [sobriquet du Dictateur déchu Zine el-Abidine Ben Ali], trahit le commanditaire de la cabale médiatique conte cet homme dont à l'unanimité, les tunisiens ont salué le travail à la tête de l'ISIE 

Ennahdha [Parti Islamiste Tunisien au Pouvoir] n'ayant pu ni l'écarter ni le corrompre, a eu recours à ce qu'elle sait bien faire, hérité de ZABA et dont elle a eu à souffrir : la médisance médiatique ! 

Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de rage !

Sauf que les tunisiens ne sont plus dupes de ces pratiques qu'ils croyaient disparues avec celui qu'ils ont dégagé !
 ».


2."Tunisie - Haro sur Kamel Jendoubi ! "

http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Haro-sur-Kamel-Jendoubi,519,34538,1

3." Il est clair que Kamel Jendoubi est au centre d’une campagne de discréditation dont Ennahda est la cheville ouvrière "

http://www.elwatan.com/international/ennahda-trouve-jendoubi-trop-independant-14-11-2012-192268_112.php

4."Qui est derrière la cabale contre Kamel Jendoubi ? "

http://www.leaders.com.tn/article/qui-est-derriere-la-cabale-contre-kamel-jendoubi?id=9853&nuid=34190&did=816

5."Tunisie – Qui veut la tête de Kamel Jendoubi ? "

http://www.tunisienumerique.com/tunisie-qui-veut-la-tete-de-kamel-jendoubi/153187

6."Tunisie - La Cour des comptes dénonce la fuite de son rapport sur l’ISIE, M. Jendoubi s’explique "

http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---La-Cour-des-comptes-d%C3%A9nonce-la-fuite-de-son-rapport-sur-l%E2%80%99ISIE,-M.-Jendoubi-s%E2%80%99explique,520,34554,3  Salah Horchani   http://blogs.mediapart.fr

 

Signature de la Pétition de soutien à Kamel Jendoubi

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__________________________________________________

Kamal Jendoubi (Partie I)

Partie II

Partie III


 

 

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 Adoption des articles 3 et 4 du projet de loi relatif à l'ISIE

L'Assemblée Nationale Constituante (ANC) a adopté, mercredi, les articles 3 et 4 du projet de loi organique sur l'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE), après trois jours de discussions.

L'article 3, fixant la mission de l'instance électorale, a été adopté après une légère modification à une majorité de 142 voix. L'article 4, relatif à la composition de l'instance, a été adopté, sans modification, à une majorité de 136 voix.

Le projet de loi organique sur l'ISIE comprend 36 articles. Les discussions, article par article, ont commencé le lundi 5 novembre.   http://www.businessnews

 

_______________________________________________________

Le projet de loi relatif à l'ISIE : les travaux de la « Consstituante »


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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 04:32

Procès de la Honte, Acte III : Appel pour un Rassemblement

 

Appel pour un rassemblement de solidarité avec le Doyen Kazdaghli et pour la défense des libertés publiques et académiques devant le Tribunal de première instance de la Manouba

Le Professeur Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba comparaît pour la troisième fois devant le Tribunal de première instance de la Manouba sur la base d’une accusation imaginaire, à la suite d’une plainte déposée par une étudiante niqabée qui a prétendu avoir été violentée par lui...après une intrusion dans son bureau en compagnie d’une seconde étudiante. Elles ont éparpillé ses documents administratifs et l’ont agressé en proférant des propos orduriers à son adresse, ce qui l’a obligé à quitter son bureau et à déposer une plainte auprès des services de sécurité.

Chaque comparution du doyen devant le tribunal a donné lieu à l’organisation d’un rassemblement pacifique au cours duquel les universitaires, les intellectuels, les étudiants et les différentes composantes de la société civile ont exprimé leur solidarité avec le Doyen, les enseignants, les artistes, les journalistes, objet lors de multiples occasions, de diverses formes de pressions et d’agressions verbales et physiques de la part de groupuscules politiques extrémistes qui utilisent la religion comme une couverture pour l’exercice du terrorisme intellectuel et physique.

Tout en saluant tous ceux qui ont exprimé leur solidarité avec le Doyen, soit par leur présence devant le tribunal, soit par le biais de la publication de manifestes et de pétitions de soutien en Tunisie et à l’étranger, les associations de la coalition de la société civile , signataires de cet appel, dénoncent les positions du pouvoir et particulièrement celles des ministères de l’enseignement supérieur, de la culture, de l’intérieur qui se sont caractérisées par l’indifférence au point qu’elles ont semblé parfois confondre l’agresseur et l’agressé.

 

Tout en réitérant leur condamnation de toutes les manifestations du fanatisme religieux et de la violence verbale et physique et leur attachement à la nécessité du respect des libertés publiques et académiques, ces associations appellent toutes les composantes de la société civile, les partis politiques, les syndicats et les personnalités à continuer à faire preuve de vigilance, à poursuivre la mobilisation et à exprimer à nouveau leur solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli et les universitaires en participant au rassemblement qui sera organisé le jeudi 15 novembre 2012 devant le Tribunal de première instance de la Manouba à 9 heures du matin ou à une date qui sera annoncée ultérieurement au cas où le 15 novembre serait un jour férié pour la célébration du jour de l’An musulman.

 

Associations signataires :

Association Tunisienne pour la défense des valeurs universitaires
Observatoire des Libertés académiques (FGESRS)
Forum universitaire tunisien
Syndicat des artistes plasticiens
Association Manifeste du 20 mars pour le développement et la démocratie
Association Femmes et Dignité Initiative citoyenne
Association tunisienne pour la citoyenneté
Association tunisienne de défense des libertés individuelles
Association de la citoyenneté et de la démocratie à Hammam Ghezaz
Association Touensa
Association bizertine pour le cinéma
Association Tunisienne pour le droit à la différence
Association Tunisienne pour la Transparence dans l’énergie et les Mines
Association Tunisienne des anciens prisonniers d’opinion
Notre enseignement
L’Observatoire des Libertés et des Politiques Culturelles
Association Libertés- Dignité -Egalité Hakam
L’Association Tunisienne Egalité et Parité
Doustourouna
Citoyenneté et Communication
Kolna Tounès
Vigilance et Egalité des chances
Centre de Tunis pour la Liberté de Presse
Ligue Tunisienne des Juristes
Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme
Association Tunisienne des Femmes Démocrates
LTADO
Lam Echaml
Conseil National pour les Libertés de Tunisie
Association UTIL
Conseil national indépendant pour l’information et la communication
Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement
Coalition Femmes Tunisiennes pour la Citoyenneté et l’Egalité
Section Tunisienne d’Amnesty International
Comité de défense des valeurs universitaires, de l’autonomie institutionnelle, des libertés académiques et de soutien à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba
L’Association Tunisienne contre la Torture
Union Générale Tunisienne du Travail
Union Nationale de la Femme
Association de Protection du Littoral Bordj Cedria
Mémoire de la Terre de Tunisie
Centre de Tunis pour la Justice Transitionnelle
Association Tunisienne pour l’Action Citoyenne
Association des avocates indépendantes
Association tunisienne pour le soutien des minorités

 

 

note: 

Dans ce cadre, le lecteur  intéressé, qui souhaite suivre l’évolution de ce Procès de la Honte, est invité à consulter, régulièrement, l’Article suivant et ses Commentaires :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/151012/proces-de-la-honte-democrates-tunisiens-d-ici-et-d-ailleurs-vos-sign

D’autre part, s’il souhaite avoir un Historique exhaustif des événements ayant conduit à ce triste Procès, événements présentés par ordre chronologique, il est invité à consulter mon Article (et ses 155 Commentaires, à ce jour) intitulé : " La nouvelle tendance du Ministère tunisien de l’Enseignement Supérieur ! ", se trouvant sur le Lien suivant

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-nouvelle-tendance-du-ministere-107454

http://blogs.mediapart.fr

L’ONG Thalasolidaire il se joint également à ce collectif 


 

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Tournée «triomphale» d'un prédicateur islamiste radical saoudien en Tunisie

 

 

 

Alors que tous les Tunisiens sont obnubilés par la situation difficile qui prévaut dans le pays, les islamistes extrémistes sont en train de propager des discours radicaux et d'inviter des prédicateurs wahhabites du Moyen-Orient.

Le dernier invité, c'est le Saoudien Abderrahmane Al Ârifi. Et pour qu'il ne prêche pas devant des sièges vides et ne soit pas déçu, les associations nahdhaouis et apparentées, qui l'ont invité à faire une tournée en Tunisie (du 11 au 15 novembre), se sont mobilisées pour lui remplir tous les salles à Bizerte, Tunis, Sousse, Kairouan... Dans les mosquées, dans les salles des fêtes et un peu partout, jusqu'aux bancs de nos facultés.

A Sousse.

Hier, à la faculté des lettres de Kairouan, il y a eu foule. Et derrière ce rassemblement, un enseignant tunisien, Aymen Essid, qui s'habille à la Saoudienne et fait du bourrage de crâne aux jeunes étudiants.

Après l'escale aujourd'hui à Sfax, le prédicateur terminera son séjour, jeudi, à la mosquée Zitouna de Tunis.  http://www.kapitalis

 

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La religion menace à nouveau l’année universitaire

 

Tunisie. La religion menace à nouveau l’année universitaire 
Dernière demande, archaïque, des étudiants d’obédience salafiste depuis la révolution : abolir la mixité dans les restaurants universitaires. Photo Fethi Belaïd / AFP.

 

 

Deux mois après une rentrée universitaire plutôt calme en Tunisie, le fondamentalisme religieux s’invite de nouveau là où on ne s’y attendait plus, dans les restaurants universitaires et jusque sur les bancs des amphithéâtres. La tension est à son comble entre les deux syndicats étudiants ennemis jurés, l’UGET et l’UGTE. Comment un prédicateur wahhabite a pu « donner cours » dans l’enceinte d’une faculté sans l’aval du ministère de tutelle ? Nous avons mené notre propre enquête. 

Tunisie. La religion menace à nouveau l’année universitaire 
Le cheikh Al Arifi, wahabiste saoudien, est entré à la faculté sans la permission du doyen, et y a donné un cours, comme en témoigne cette photo prise par des étudiants.

 

Mardi en fin d’après-midi, une enseignante de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de Kairouan nous alerte au sujet d’une « scène surréaliste » qui se déroule encore dans son campus. Elle nous oriente vers le témoignage de l’un de ses confrères, Aymen Essid, assistant dans la même fac, qui décrit dans un statut « Un cheikh salafiste à la Faculté des Lettres de Kairouan » :

« Des enseignants à la faculté des Lettres de Kairouan, en entrant à l'amphithéâtre Al Hussari, ont été surpris aujourd'hui par la présence d'un homme barbu portant un Kamiss en train de présenter une leçon (daress) à des fidèles. Le cheikh Al Arifi, wahabiste saoudien, est entré à la faculté sans la permission du doyen. Le ministère nie avoir donné une autorisation (ce que les organisateurs du daress ont affirmé). Les enseignants ont déclaré leur contestation ferme de ce qui s'est passé et des affrontements ont commencé entre des étudiants de l'UGET et de l’UGTE. »

Depuis, des images du « cours » en question ont filtré sur le web. 

Le cheik Mohamed Al Arifi est actuellement en tournée dans le pays. La veille, il faisait escale à Hammamet où il a donné une conférence en plein air, à quelques mètres de la zone touristique. A Sousse et Monastir, il a fait « mosquée comble », et à l’heure où nous écrivons ces lignes, il vient d’arriver à Sfax à bord d’une luxueuse limousine allemande.

Très populaire sur les réseaux sociaux ultra-conservateurs, le théologien saoudien, élève de Ibn Baz, est réputé proche du pouvoir saoudien. Il occupe la fonction d'imam de la Mosquée de l’académie « Roi Fahd » de la Marine saoudienne. Ses livres sont très prisés dans les librairies.

Les autorités ne peuvent pas être sans savoir que le cheikh a entrepris une tournée missionnaire dans le pays. Nos sources à l’UGET (gauche) nous assurent que l’UGTE, syndicat conservateur proche du pouvoir, est derrière l’invitation puis l’organisation de « l’étape universitaire » du cheikh Arifi.

 

Les passe-droits de L’UGTE ?

Un tour sur la page officielle de l’Union Générale Tunisienne des Etudiants suffit à constater que la section Kairouan affiche fièrement sa démarche qui considère l’homme comme « un savant ».

Contactés par nos soins, d’autres professeurs dans la même institution rapportent que des invitations furent même affichées sur les murs de l’établissement. Quand le prédicateur arrive à midi, ils contactent leur rectorat qui affirme catégoriquement ne pas être au courant. A la salle des profs, une réunion de crise a lieu dans la foulée où ils rédigent une lettre condamnant cette dérive et appelant à « préserver l’enceinte sacrée de l’Université ».

Ambigu, le ministère de l’Enseignement supérieur n’a quant à lui pas pu nous passer un responsable infirmant ni ne confirmant avoir été mis au courant ou court-circuité le rectorat du Centre.

 

Un climat délétère

Depuis la disparition de la police universitaire au lendemain de la révolution, l’auto gestion parfois improvisée de ce qui relève de la sécurité, à l’intérieur de facultés plus autonomes, donne lieu à des situations des plus confuses qui dégénèrent périodiquement. Comme au « restaurant U » de Manzel Abderrahmen (vidéo ci-dessus), où une bagarre généralisée a éclaté lundi entre étudiants des deux syndicats rivaux sans raison apparente et s’est poursuivie toute la nuit.

A la Faculté des Sciences de Monastir en revanche, la raison des affrontements entre UGET et UGTE est une demande aussi archaïque que chronique des étudiants d’obédience salafiste depuis la révolution. Ils exigent l’abolition de la mixité dans les restaurants. Une insistance de séparation entre les deux sexes qui nécessita de faire intervenir les forces de l’ordre pour rétablir un semblant de calme après le saccage du restaurant suite à une rixe.

Observant un silence équivoque, le ministre Moncef Ben Salem ne s’est exprimé jusqu’ici sur ces sujets que pour normaliser ce qu’il associe à des « libertés de culte légitimes ».

Seif Soudani   http://www.lecourrierdelatlas


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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:07

 

 

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L'Europe mobilisée contre l'austérité

 

La journée de protestation sociale à travers l'Europe contre l'austérité, le chômage et la précarité a été marquée par une manifestation monstre dans les rues de Madrid. La mobilisation a été plus timide dans les autres pays: 5.000 manifestants à Athènes, selon la police, quelques milliers à Lisbonne criant "Dehors, dehors, la faim, la misère et le FMI", quelques milliers d'autres en Italie, ainsi qu'en France, à Paris et Marseille notamment. FIN DU DIRECT.


18H23 GMT - A LISBONNE LA POLICE CHARGE LES MANIFESTANTS - Les forces de l'ordre ont repoussé les protestataires rassemblés devant le parlement à coups de matraque après avoir été pendant plus d'une heure la cible de jets de pierres et d'ordures.

 

18H15 GMT - Stoïques - Des poignées de protestataires parmi les milliers de manifestants lancent des pavés sur les policiers qui restent stoïques.

 

18H12 GMT - Grève internationale -"Espagne, Grèce et Portugal, notre grève est internationale" clament les Lisboètes, tout en saluant leurs collègues européens par des applaudissements nourris.

 

18H04 GMT - Noire de monde - Signe d'une manifestation monstre à Madrid, la place d' Atocha est noire de monde, tout comme le parcours d'environ deux km qui la sépare de celle de Côlon également remplie.

 

18H01 GMT - Ciseaux - Partout les manifestants brandissent la pancarte désormais présente dans toutes les manifestations contre les coupes budgétaires "no" avec des ciseaux dans le O et sous-titré: "Merkel Rajoy no".

 

17H43 GMT - NOMBREUX MADRILENES - Des dizaines de milliers de manifestants défilent à Madrid.

 

17H24 GMT - "Les banquiers en prison" - Dans une forêt de drapeaux Ccoo et UGT, les protestataires à Madrid crient "nous avons la solution, les banquiers en prison !"

 

17H10 GMT - Quel paix sans pain ? - Les madrilènes crient leurs inquiétudes à coups de "Quel paix sans pain ?". Javier Gómez, coiffeur de 39 ans au chômage depuis un an se plaint: "ce gouvernement doit changer, il faudra bien nous donner du travail".

 

17H07 GMT - Bouteilles au parlement - A Lisbonne, des manifestants renversent les barrières métalliques disposées par la police en bas des escaliers du parlement. Ils jettent des bouteilles sur les boucliers en plexiglas de la police, qui resserre les rangs, mais ne charge pas.

 

16H59 GMT - Reprise à Madrid - Dans la capitale espagnole, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur la grande artère entre les places d' Atocha et Côlon.

 

16H57 GMT - Nationaliser la faim - "Ils ont privatisé l’eau, ils nationalisent la faim", peut-on lire sur certaines banderoles à Lisbonne. "Dehors le gouvernement, fin de l’austérité", clamaient d'autres pancartes lors de ce rassemblement qui réunit plusieurs milliers de personnes.

 

16H51 GMT - Soulagement - La Commission européenne dessert l'étau autour de l'Espagne. Elle ne demandera pas d'efforts supplémentaires au pays pour la période 2012-2013, même s'il ne devrait pas être en mesure de respecter ses engagements sur le plan budgétaire.

 

16H11 GMT - Une recette inefficace - Chacun une poussette en main, Joao et Paula Vasconcelos viennent manifester en famille avec Luisa, 2 ans et Enrique, 4 ans. « Nous sommes ici pour lutter contre le futur. Dans ce pays, on applique une recette qui ne fonctionne pas. On avance sans aucune lumière au bout du tunnel », explique le père de famille de 32 ans au journaliste Thomas Cabral.

 

16H04 GMT - Grève de l'indignation - Des milliers de manifestants emplissent la place du Parlement à Lisbonne. "Cette grève est une des plus grandes jamais réalisées au Portugal. C’est la grève générale de l’indignation !", crie à la foule Armenio Carlos, le secrétaire général de la CGTP, première confédération syndicale du pays.

 

Indignation

15H36 GMT – Cortège et poussettes - Le centre-ville de Lisbonne est paralysé par le passage d'au moins un millier de manifestants qui se dirige pacifiquement vers l'Assemblée. Les personnes âgées et les familles avec poussettes ferment le cortège. "La lutte continue, le gouvernement dehors !", scandent les protestataires.

 

15H05 GMT - Détresse syndicale - Quelque 15.000 personnes ont participé à la manifestation anti-austérité à Turin, l'une des principales villes industrielles de la péninsule, selon la CGIL, le principal syndicat italien. "A cause du manque de travail, nous sommes en train de mourir, nous sommes plus pauvres et nous avons peur", déplore Donata Canta, secrétaire générale de la Cgil-Turin.

 

14H52 GMT - Vols annulés - A Lisbonne, de nombreux vols sont annulés. Parmi les quelque 70 vols maintenus, une dizaine d'entre eux affichaient "annulé".

 

14H48 GMT - "Merde à la dette" - A Paris, où la manifestation est plutôt dispersée et calme, les salariés de PSA Peugeot Citroën Poissy et Aulnay scandent ""On leur doit rien, merde à la dette".

 

14H08 GMT - "La faim, la misère et le FMI" - A Lisbonne, un cortège de plusieurs centaines de manifestants se déplace sur la place du Commerce aux cris de « La troika ne commande pas ici! ", "Dehors la misère, la faim et le FMI !"

 

14H07 GMT - Une histoire de famille - Sur Twitter, un internaute @Anonymous_link s'emporte: "Nos arrière- grands-parents, nos grands-parents et nos parents ont lutté pour défendre ce qu’ils essaient de nous retirer aujourd'hui. C'est à nous de dire non!"

 

13H55 GMT - Le pire - Selon François Chérèque, secrétaire général de la CFDT on "ne peut pas aller plus loin" en matière d'austérité. "La rigueur excessive dans certains pays d'Europe du Sud amène une forte récession en Europe. Cela mène à des drames, à un blocage de l'économie".

 

13H52 GMT - Départ à Paris - Plusieurs milliers de personnes commencent à manifester partant de gare Montparnasse vers l'Ecole militaire, dans le VIIe arrondissement. Ils battent le pavé aux cris de "l'austérité nuit gravement à la santé" ou "exigeons la solidarité!".

 

13H49 GMT - "Banquiers voleurs" - Sur le stand du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à Paris, les slogans fusent: "Et les banquiers, voleurs, et les patrons, voyous!, "La dette publique, non ce n'est pas nous". "C'est la première fois (...) qu'il y a autant de pays à la fois" qui manifestent, se félicite Olivier Besancenot.

 

13H37 GMT - Un monde meilleur - Pour Pierre Brunstein, lycéen parisien de 18 ans, "il ne faut pas toucher à l'éducation, c'est l'arme qui permettra de mettre fin à la crise et de vivre dans un monde meilleur. Notre génération sera celle qui vivra moins bien que nos parents, ça n'est pas arrivé depuis longtemps", confie-t-il à la journaliste de l'AFP Sarah Brethes.

 

13H37 GMT - Père Noël SDF - Un père Noël avec des badges Sud et Solidaires "attend un cadeau, une retraite décente pour les pères Noël". Il dort depuis 18 mois dans sa voiture et mange à la soupe populaire, rapporte Dominique Brulé, journaliste à l'AFP.

 

13H36 GMT - "ADN paisible" - Dans la gare lisboète de Santa Apolonia déserte, Joaquim Santos, un commerçant s'interroge: "A quoi sert la grève? Les Grecs en ont fait je ne sais combien de fois et leur situation est chaque fois pire (...) Il va y avoir une révolte en Europe, c'est sûr, mais pas au Portugal, c'est dans notre ADN d'être paisibles."

 

13H33 GMT - Heurts à Rome - Dans la capitale italienne, les policiers repoussent des groupes de manifestants à coups de grenades lacrymogènes aux abords de la synagogue dans le centre historique, totalement quadrillé par la police.

 

13H30 GMT - Pierres et bouteilles - A Rome, des dizaines de manifestants jettent des pierres et des bouteilles sur la police anti-émeute qui a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes le long du Tibre.

 

13H29 GMT - "Tous européens" - Les manifestations commencent à Paris, les slogans lancés par le syndicat de l'Unsa sont repris par les protestataires: "Français, Allemands, Italiens, on est tous des Européens".

 

"Tous européens"

13H23 GMT - Fin de manifs à Athènes et Madrid - La manifestation à Athènes, qui a réuni 5.000 personnes au total, s'est déroulée dans le calme et s'est achevée place Syntagma devant le Parlement, théâtre des manifestations massives depuis 2010, année du déclenchement de la crise de la dette. Dans la capitale espagnole, la circulation est peu à peu rétablie, les manifestants repartent vers Gran via.

 

13H20 GMT - Nobel de l'austérité - Des représentants des syndicats européens remettent le "prix Nobel de l'austérité" à la Commission européenne à Bruxelles. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés au pied de la Commission pour écouter les discours syndicaux après avoir défilé devant les ambassades d'Espagne, de Grèce, du Portugal. La façade de cette dernière a été visée par des jets d'oeufs et de pétards.

 

13H14 GMT - "Il faudrait une révolution" - "Ca ne va pas changer grand chose, déplore désabusé Luis, Lisboète trentenaire, nous sommes trop pacifistes contrairement aux Espagnols ou aux Grecs. Il nous faudrait une révolution". Au milieu d'une file d'attente interminable, un sans-abri harangue les usagers : "Rentrez chez vous, il n'y a pas de transports!" La circulation, dense, dément ses propos.

 

13H12 GMT - "L'Europe se réveille" - "L'Europe se réveille aujourd'hui, de Rome à Madrid et Athènes", confie Mario Nobile, étudiant de 23 ans. "Les PIG se rebellent", ajoute, en allusion à l'acronyme utilisé pour les économies des pays les plus affectées de l'Eurozone.

 

13H09 GMT - "Que la Troïka aille se faire voir" - Dans le centre-ville de Lisbonne, au coeur du quartier d'affaires de Marquês Pombal, des militants de "Que se lixe a Troïka" ("Que la Troïka aille se faire voir") déboulent dans un supermarché en scandant: "Grève, grève !". "Descendez dans la rue, ne les laissez pas prendre vos salaires !", crie dans son porte-voix, Magda. Les quelques clients éberlués restent impassibles à son appel, selon la journaliste Carole Guirado.

 

13H08 GMT - "France réveille-toi" - A Athènes, un groupe de Français tient une banderole où est inscrit "France réveille-toi".

 

13H03 GMT - "Aucun sacrifice" - Près de 3.000 Athéniens participent à la manifestation. Brandissant des drapeaux grecs, espagnols et portugais, les manifestants crient "Athènes-Madrid-Rome-Lisbonne, tout le monde dans les rues". Des sympathisants du principal parti de l'opposition, Syriza scandent "Aucun sacrifice (...) quittez le pays"

 

12H58 GMT - Retards - Dans les aéroports français, le trafic connaît quelques retards, la plupart des vols pour l'Espagne et le Portugal sont annulés. A Lyon et Marseille, certains avions ont des retards de 30 à 45 minutes en moyenne.

 

12H52 GMT - Poutou au rendez-vous - A Bordeaux, Philippe Poutou, l'ex-candidat à la présidentielle du NPA est au rendez-vous. Il arbore un T-shirt avec un logo de Ford brisé en deux. Pour lui, le discours gouvernemental est "insupportable" alors que les plans de licenciements se succèdent. La manifestation compte plusieurs milliers de personnes (5000 selon les syndicats), elle s'est achevée il y a peu devant le Grand Hôtel, lieu prestigieux, "où se réunissent les grands patrons".

 

12H49 GMT - Matraque - Les centaines de manifestants madrilènes qui arrivaient de Gran via se heurtent à un cordon de policiers anti-émeute qui leur bloquent l'accès à la place Cibeles. Très vite, d'autres manifestants déjà présents sur la place viennent encercler les policiers qui chargent et tirent en l'air des balles en caoutchouc pour se dégager. Ils dispersent ensuite les manifestants à coups de matraque dans les rues autour de la place.

 

12H46 GMT - "Massacre" - "Monti va t'en, non au massacre social!", lit-on sur une banderole de militants d'extrême gauche à Rome, en plein face-à-face avec la police, rapporte Dario Thuburn, journaliste à l'AFP.

 

"Massacre social"

12H32 GMT - POLICIERS BLESSES EN ITALIE - Un policier a été grièvement blessé à Turin et cinq autres plus légèrement à Milan dans des heurts en marge des manifestations. A Turin, des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras.

 

12H28 GMT - Droits fondamentaux - "Ils s'attaquent, au nom de l'austérité, à des droits fondamentaux comme le droit à l'éducation et au travail. C'est pour cette raison qu'il est très important que dans tous les pays il y ait une grève générale commune aujourd'hui, pour dire non à ces politiques", s'énerve Francesco Locantore, enseignant de 38 ans à Rome.

 

12H21 GMT - Un syndicat italien - En Italie, la grève de quatre heures est organisée à l'appel de la principale confédération syndicale de gauche, la CGIL. Les deux autres grandes confédérations syndicales refusent de se joindre à cette journée d'action pour protester contre la décision de la CGIL de lancer cette initiative alors que des négociations étaient en cours pour mettre en oeuvre des projets communs intersyndicaux.

 

12H19 GMT - Magasins fermés - Des jeunes encagoulés baissent le rideau de fer d'un magasin de souvenirs de la Puerta del sol, le forçant à fermer. "Aujourd'hui on ne consomme pas, aujourd'hui on ne travaille pas", scandent-ils, d'après la journaliste de l'AFP Ingrid Bazinet.

 

12H11 GMT - La mauvaise voie ? - Luis de Guindos, le ministre espagnol de l'Economie estime que la grève générale n'est "pas le bon chemin" à suivre pour sortir de la crise. "Le gouvernement est également convaincu que le chemin qu'il a entrepris est le seul possible, c'est la seule alternative que nous avons pour sortir de la crise, pour laisser derrière nous la situation de chômage dont nous souffrons", ajoute-t-il.

 

12H00 GMT - Rideaux baissés - Des milliers de manifestants se trouvent désormais à la Puerta del sol où flotte une banderole "Ils nous laissent sans futur, il y a des coupables, il y a des solutions, Grève générale". Plusieurs groupes se croisent et des applaudissements retentissent à chaque fois qu'un magasin baisse le rideau.

 

11H56 GMT - Les syndicats commencent à se diriger vers le Parlement grec, à Athènes. Selon John Hadoulis, journaliste à l'AFP, les milliers de manifestants rassemblés derrière une banderole proclamant "Stop à la rigueur, croissance maintenant" avancent dans une ambiance détendue.

 

11H54 GMT - Au ralenti - Le Portugal tourne au ralenti, avec les trains et métros à l'arrêt et de nombreux avions cloués au sol, alors qu'à Lisbonne, des banderoles accrochées aux réverbères appellent à participer au mouvement.

 

11H51 GMT - "Pas peur" - "La lutte continue quoi qu'il arrive", crie un groupe de Yayoflautas, ces indignés retraités qui ont décidé de reprendre la lutte sociale. "Nous sommes là pour vous, nous sommes vieux et nous n'avons pas peur", lancent-ils aux jeunes qui bloquent l'avenue de Gran via.

 

11H48 GMT - "Tous Grecs" - A Athènes, le patron de l'Organisation internationale de la finance, qui représente les plus grosses banques du monde, s'exprime devant un parterre de banquiers et de responsables gouvernementaux. "Nous sommes tous grecs", déclare-t-il, avouant que son intervention est "ironique (...) le jour d'une grève paneuropéenne contre l'austérité", rapporte la journaliste Isabel Malsang.

 

"Tous Grecs"

11H43 GMT - CHÔMAGE RECORD AU PORTUGAL - Le chômage au Portugal atteint un nouveau taux record de 15,8% au troisième trimestre, un niveau qui dépasse les prévisions du gouvernement et de ses créanciers internationaux.

 

11H37 GMT - Pas d'autre choix - Eduardo Ovalle, 21 ans, étudiant en philosophie explique à Sylvie Groult, journaliste à l'AFP, qu'on ne leur "laisse pas d'autre choix" que la grève. "Les profs nous disent qu'aucun élève de la promotion ne va trouver de travail. On nous force à quitter l'Espagne".

 

11H31 GMT - Ne pas finir comme la Grèce - A Marseille, les manifestants (2.300 selon la police, 20.000 selon les organisateurs) battent le pavé pour ne "pas devenir comme la Grèce ou le Portugal". "Le peuple veut un CDI, des services publics modernes et qui fonctionnent, une retraite à 60 ans", scande la foule avant d'entonner l'Internationale, poing levé, devant la préfecture.

 

11H26 GMT - Gilets fluos - Un groupe de manifestants sillonnent les rues de Madrid à vélo vêtus de gilets de sécurité jaune fluo aux cris de "Sigue la lucha de la clasa obrera" (Rejoignez la lutte de la classe ouvrière).

 

11H22 GMT - "Il doit se passer quelque chose" - Pour Stavroula Pantezopoulou, retraitée grecque interrogée par la journaliste de l'AFP Catherine Boitard, "tout le Sud est en crise", "il doit se passer quelque chose".

 

11H19 GMT - Thalys supprimés - Le trafic des Thalys entre la Belgique et la France et les Pays-Bas est "momentanément interrompu" et tous les Thalys de et vers l'Allemagne sont supprimés.

 

11H14 GMT - L'éléphant en tête - A Marseille, une statue d'éléphant en papier mâché, emblème de l'usine Fralib de Géménos, est en tête du cortège au côté des syndicats CGT, CFDT, Unsa, FSU et Sud, rapporte la journaliste Camille Bouissou.

 

11H11 GMT - Joindre les deux bouts - "Je suis là pour demander une hausse des retraites, parce qu'on n'arrive plus à joindre les deux bouts", raconte une retraitée qui manifeste à Rome avec un millier de personnes. "Moi j'ai une retraite de 650 euros, et une fois tous les impôts payés, il me reste 400 euros".

 

11H07 GMT - Les Belges en France - A Lille, les manifestants belges sont plus nombreux que les Français dans le cortège qui réunit 2.000 personnes. "On attendait une centaine de Belges et ils sont un bon millier", confie un responsable syndical au journaliste de l'AFP Bertrand Bollenbach.

 

11H01 GMT - Heurts à Madrid - La police tente de disperser les centaines de manifestants sur la Gran Via, l'une des avenues centrales de la capitale, en les repoussant sur les trottoirs avant qu'ils ne se regroupent un peu plus loin. Au moins deux personnes ont été interpellées. Le ministère de l'Intérieur parle d' "incidents isolés" dans plusieurs villes, avec 34 blessés dont 18 policiers.

 

EN DIRECT - Entre grèves générales et manifestations, de l'Espagne à la Grèce en passant par la France, le Portugal, l'Allemagne ou l'Italie, les salariés européens se mobilisent contre l'austérité et protestent contre les mesures de rigueur imposées par les gouvernements.

 

Alors que la croissance dans la zone euro devrait rester au point mort en 2013 selon la Commission européenne et que le chômage étrangle le continent, la riposte populaire grandit et certains pays devraient tourner au ralenti avec de nombreuses annonces d'arrêts de travail dans les transports. http://tempsreel.nouvelobs

 

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 Madrid donne le coup d'envoi de la journée européenne anti-austérité

 


 

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 Manifestation anti-austérité: plusieurs milliers de salariés français 

 

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Les Grecs dans la rue contre l'austérité

  

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Austérité : marée humaine en Espagne, heurts à Lisbonne (vidéo)


Une manifestation monstre a envahi mercredi soir les rues de Madrid, temps fort d'une journée européenne de protestation contre l'austérité, le chômage et la précarité, ponctuée de heurts en Espagne, au Portugal et en Italie.

Grève générale coordonnée en Espagne et au Portugal, manifestations et arrêts de travail en Grèce, en Italie, en France : l'opposition aux politiques d'austérité a pris la forme mercredi d'une "journée européenne d'action et de solidarité".

 

Espagne : des heurts à Madrid

Des centaines de milliers de manifestants ont défilé mercredi à Madrid, au soir d'une journée de grève générale contre la politique d'austérité du gouvernement de droite, les coupes budgétaires dans la santé et l'éducation ou la hausse de la TVA. Une immense marée humaine, répondant à l'appel des syndicats dans le cadre d'une journée européenne, était massée sur les avenues du centre de la capitale espagnole.

Des accrochages entre policiers et manifestants ont éclaté dans le centre de Madrid, où les forces de l'ordre ont tiré des balles en caoutchouc pour disperser les protestataires. Quelque 74 personnes ont été blessées.

Sur la Gran Via, l'une des avenues centrales, les policiers sont intervenus dans l'après-midi pour disperser des manifestants, les repoussant sur les trottoirs, avant qu'ils ne se regroupent un peu plus loin. Au moins deux personnes ont été interpellées. Selon le ministère de l'Intérieur, des "incidents isolés" sont survenus depuis mercredi matin dans plusieurs villes d'Espagne, faisant 34 blessés dont 18 policiers, tandis que 62 personnes ont été interpellées. 

 

Portugal : la police charge les manifestants 

Au Portugal, la police a chargé mercredi soir les protestataires rassemblés devant le parlement à l'issue d'une manifestation pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement de centre-droit. Les forces de l'ordre ont repoussé les protestataires à coups de matraque après avoir été pendant plus d'une heure la cible de jets de pierres et d'ordures.

Quelques milliers de manifestants défilaient en début d'après-midi dans le centre de Lisbonne pour protester. Des personnes appartenant au mouvement des "Indignés", des travailleurs précaires, et des dockers, en grève depuis plusieurs semaines, participaient au défilé qui se dirigeait vers le siège du Parlement. De nombreux dockers clamaient leur exaspération et faisaient exploser des pétards. 

 

Italie : un policier grièvement blessé  

Une grève de quatre heures et des manifestations se sont déroulés dans toute l'Italie à l'appel de la principale confédération syndicale, la CGIL (gauche), dans le cadre de cette journée européenne contre l'austérité, marquée par des heurts à Milan et Turin. Dans ces deux villes du nord du pays, des milliers de personnes ont pris part à des manifestations et cortèges, selon des sources syndicales.

Un policier a été grièvement blessé à Turin et cinq autres plus légèrement à Milan dans des heurts en marge des manifestations. Les affrontements les plus sérieux ont eu lieu à Turin, devant le siège du département, où des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras. http://www.latribune.fr

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 02:44

Intentions de vote : 1,3 million pour Ennahdha et 1 million pour Nidaa Tounes

 

L'année 2013 est une année électorale par excellence. A fin octobre 2012, quand l’agence Sigma Conseil a posé aux Tunisiens la question "Si les élections législatives ont lieu aujourd'hui, pour quel parti voteriez-vous ?", on estime à près de 1,3 million d'intentions de vote pour Ennahdha, soit 36,1% des voix exprimées et on estime à un peu plus d'un million de votants potentiel pour Nidaa Tounes, représentant 29,1% des personnes ayant exprimé un choix. 
Les autres partis sont loin derrière en termes d'intentions de vote avec dans l'ordre : le CPR (12,4% grâce à « l'aura » de M. Marzouki notamment chez une partie de l'électorat), suivi du Front populaire (avec 5,3% des intentions de vote, en nette hausse par rapport à la vague comparable de septembre 2012). Vient ensuite Ettakatol avec 4,1% en baisse, Al Aridha avec 3,4% en hausse, Al Joumhouri 2,2% en hausse, Ettahrir 2,1% en baisse, Al Moubadara 1,3% en baisse, Al Wafa 1,1%, stable et 0,6% pour Al Massar, stable. 

On assiste de fait à une bipolarisation de la vie politique en Tunisie avec deux pôles principaux qui peuvent rallier d'autres formations politiques afin de prétendre le jour J à disposer d'une majorité de gouvernement. 
L'électorat d'Ennahdha n'étant pas inscrit dans une logique bilancielle, mais plutôt attaché à des valeurs et une approche identitaires, ne s'avère pas suffisamment sensible aux échecs relatifs du rendement du gouvernement pour améliorer le quotidien des Tunisiens. 
L’électorat Nidaa Tounes est motivé par la crainte d'un changement du mode de vie actuel des Tunisiens, considéré comme étant un acquis pour la société tunisienne avec une phobie des signes "rétrogrades" et d'insécurité perçue ça-et-là. Le parti Nidaa Tounes a siphonné l’électorat libéral, national et des partis socio-démocrates.

C'est ce qui ressort du dernier sondage SIGMA datant du mois d'octobre 2012 sur les intentions de vote auprès d'un échantillon de 1 800 tunisiens résidant en Tunisie en âge d'aller voter, sélectionnés selon la méthode d'échantillonnage stratifié et par grappes. Les individus sont sélectionnés selon le gouvernement (24) et le milieu (2 : rural ou urbain), obtenant ainsi 46 strates (Tunis et Monastir étant totalement communalisés). 
Des blocs d'une moyenne de 800 habitants sur tout le territoire sont constitués, pour par la suite en tirer aléatoirement et d'une façon ordonnée (selon la taille des strates) des grappes (zones de numérotation) où 10 ménages seront sélectionnés aléatoirement. De ces ménages et à l'aide de la table de Kish, un membre est tiré au hasard afin d’être interrogé en face à face tout en respectant la répartition 50-50 entre hommes et femmes. http://www.businessnews

 

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Slahedine Jourchi:'L'abstention lors des prochaines élections jouera en faveur d' Ennahdha"

 

 

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Une partie à deux, Ennahdha-Nidaa Tounes

La bipolarisation (Ennahdha, Nidaa Tounes) dont on parle depuis plusieurs semaines et qui semble s’installer sérieusement, en dépit des rejets et des protestations des acteurs politiques. Certains acteurs vont même jusqu’à appeler « à barrer la route à la bipolarisation dans l’intérêt de la Nation » (MDS), d’autres se mobilisent avec un slogan de type « non à la bipolarisation politique ».

Pour d’autres, la bipolarisation rampante de la scène politique est un fait, « nous nous retrouvons à scruter les résultats non des plus importants protagonistes mais des seconds couteaux comme on dit. Ainsi et selon qu’on accepte le sondage de Sigma ou celui de 3CEtudes on n’a pas la même coalition au pouvoir ».

Le dernier sondage politique de Sigma confirme cette bipolarisation, avec pour Ennahdha 36,1% d’intentions de vote et une forte progression de Nidaa Tounes qui atteint 29,1% et 12,4% pour le CPR. http://directinfo


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Vers une alliance des forces libérales et de gauche pour contrer Ennahdha

 

 

Tunisie. Vers une alliance des forces libérales et de gauche pour contrer Ennahdha La Voie démocratique (Al Massar), le Parti républicain (Al Jomhouri) et Nida Tounes tentent de se rapprocher du Front populaire pour constituer ensemble un Front électoral.

C'est ce qu'a affirmé aujourd'hui, sur ShemsFM, Samir Ettaïeb, porte-parole d'Al Massar. Selon lui, un comité a été constitué pour négocier avec le Front populaire, regroupant des partis de gauche et nationalistes arabes, pour rejoindre l'alliance Al Massar- Al-Jomhouri et Nida Tounes.
 

«Aujourd'hui, le choix est crucial et il n'y a que deux projets et non trois», a-t-il précisé.

Ce que M. Ettaïeb ne dit pas mais qui se lit entre les lignes, c'est que ce front est la seule alternative pour les forces modernistes, libérales et de gauche, pour battre le parti islamiste Ennahdha lors des prochaines élections. http://www.kapitalis

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:12
 
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 03:11

Loi des finances : le citoyen sera saigné à blanc !

 

Le ministre des finances par intérim Slim Besbes a étalé sur les ondes de mosaïque FM, dimanche 11 novembre, les projets de son département en rapport avec la loi des finances de l’an 2013.

Il a annoncé que la « bénédiction » du cycle des augmentations des prix des matières de base continuera de plus belle pendant l’année prochaine. Il a reconnu que ces matières ont vu leurs prix flamber. N’empêche, il persiste à dire que la seule solution d’arranger le budget de l’Etat c’est de casser encore plus l’échine du citoyen.

Vu que le gouvernement s’est fixé pour but de ne pas dépasser l’enveloppe de 4.200 MD pour la caisse de compensation, et vu que ceci est pratiquement impossible, à cause de la conjoncture nationale et internationale, il promet des mesures pour 2013, à côté des quelles, celles qu’il a déjà mis en application font figure de simples entremets sucrés.

Donc, monsieur le ministre par intérim a des chiffres à respecter, et il y tient.

Apparemment, Monsieur Besbes s’inquiète beaucoup plus de ses chiffres que des contribuables qui cotisent pour payer ses émoluments.  http://www.tunisienumerique

 

 

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Précisions sur les nouvelles taxes et redevances de la loi de finance 2013

 

Tunisie. Précisions sur les nouvelles taxes et redevances de la loi de finance 2013La mesure relative à l'application d'une redevance sur les résidents dans les hôtels, soit 2 dinars par nuitée sur chaque résident de plus de 12 ans, sera appliquée à partir du 31 octobre 2013.

Cette décision a été prise en concertation avec les professionnels du secteur touristique et le ministère de tutelle, a expliqué Slim Besbes, ministre des finances par intérim, dans un entretien à la Tap.

 

Pas de redevance sur les véhicules touristiques étrangers

«Le ministère n'a pas voulu appliquer cette mesure avec le début de l'année 2013, car, les contrats conclus entre les propriétaires d'hôtels et les agences de voyages internationales ne prévoient pas une telle redevance. Son application à partir de janvier risque également d'influer négativement sur la compétitivité du secteur touristique», a expliqué M. Besbes.

Le ministre a indiqué, par ailleurs, que la mesure relative à l'imposition d'une redevance de 50 dinars sur les véhicules touristiques étrangers, non enregistrés en Tunisie, devait être valable pendant 6 mois indépendamment des entrées et sorties au cours de cette période. Elle ne figurera pas cependant parmi les mesures de la loi des finances de l'année 2013.

«Après concertations avec les ministères des Affaires étrangères et du Transport et des parties intervenantes, on a réalisé que cette mesure va envoyer un signal négatif d'augmentation des charges des touristes maghrébins», a ajouté le ministre. Autre raison pour abandonner cette mesure: «le Tunisien pourrait ne pas être en mesure de supporter l'application du principe de réciprocité».

 

Maintien de la redevance sur les véhicules de luxe

«Les autres taxes et redevances seront maintenues, telles que l'application d'une redevance sur les importations des véhicules de luxe ayant bénéficié des avantages du retour définitif, et ce, dans la limite de 5.000 dinars, ainsi que l'imposition d'une redevance de 1% sur le chiffre d'affaires brut réalisé par les cafés, restaurants, discothèques et pâtisseries», a ajouté M. Besbes, précisant que les recettes financières de ces redevances serviront à renflouer la Caisse générale de compensation (Cgc).

 
En ce qui concerne la révision des taux de droit de consommation appliqués sur les boissons alcoolisées, M. Besbes a fait remarquer que la taxe appliquée sur les boissons produites localement sera régularisée, vu sa faible pression fiscale alors que les boissons alcoolisées importées ne seront pas concernées par ladite hausse, eu égard à leur forte pression fiscale.

«Les boissons alcoolisées à forte pression fiscale (droit de la consommation), dont les taux oscillent entre 25% et 600% ne seront pas concernées par le projet de régularisation. L'augmentation des taxes de consommation ne touchera que les produits ayant une faible pression fiscale, tels que les vins rouges et la bière», a-t-il expliqué.

 

Augmentation probable des prix des cigarettes

Evoquant la possibilité d'augmenter les prix des cigarettes, le ministre des Finances par intérim a rappelé que la dernière hausse a été opérée en juillet 2012, précisant que «l'éventualité d'une deuxième augmentation des prix reste d'actualité d'autant plus que le pays a besoin de ressources additionnelles pour l'année prochaine». Et d'ajouter «qu'entre une augmentation des prix des produits de base et ceux des cigarettes, la deuxième éventualité constitue la meilleure solution».

M. Besbes a, en outre, mis l'accent sur l'importance de préserver les équilibres financiers tout en évitant que l'économie et les classes sociales n'en payent le prix.
«Avoir le choix est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre», a souligné le ministre des Finances par intérim, ajoutant qu'en cas de pressions, «nous choisissons la solution la moins coûteuse non pas pour le gouvernement, mais pour tous les Tunisiens et les générations futures

Concernant la poursuite du rythme des hausses des produits de base (lait, tomate, hydrocarbures, électricité...), M. Besbes a affirmé qu'ils n'ont pas connu de changement depuis 2010, lorsque la valeur de leur compensation s'élevait à 500 millions de dinars (Md) pour atteindre 1.100 MD en 2011 et 1.242 MD en 2012. Il y a lieu de rappeler que le niveau de la subvention a augmenté, passant de 1.500 MD en 2010 à 2.800 MD en 2011 et 3.200 MD en 2012 pour s'établir à 4.260 MD, lors de la dernière actualisation du budget, en septembre dernier.

Pour 2013, l'engagement du gouvernement provisoire consiste à ne pas dépasser les 4.200 MD de subvention pour les hydrocarbures, les produits de base et le transport, a-t-il indiqué, alors que les prix des produits de base connaissent une hausse vertigineuse et leur seule subvention pourrait atteindre 1.350 MD en 2013.

Le maintien du niveau de la subvention à 4.200 MD nécessite la mise en place de dispositions efficaces, a indiqué M. Besbes, faisant allusion à la possibilité «de recourir à une augmentation des prix des produits subventionnés dont certains produits de base», si le volume des subventions dépasse le seuil des 4.200 MD. Il a, par ailleurs, déclaré que l'année 2013 sera exceptionnelle dans la mesure où le niveau de subvention connaîtra un début de baisse afin de préserver les équilibres généraux.

 

Pour une réforme du système de compensation

Pour le responsable, les mesures qui devraient être adoptées ne signifient pas nécessairement l'augmentation des prix de première nécessité mais l'adoption de mesures plus efficaces ciblant les catégories concernées et relatives également à l'organisation et la distribution des produits compensés.

Le ministre des Finances par intérim a expliqué qu'une bonne partie de ces produits sont objets de contrebande, ou sont consommés dans les secteurs industriels et touristiques en dépit de l'existence de textes interdisant la consommation de produits tels que le sucre, le blé, le pain, les pâtes, l'huile et le thé.

Ainsi, l'une des principales orientations de la réforme du système de compensation porte sur la rationalisation des circuits de distribution à travers la lutte contre la contrebande et l'interdiction de la consommation des produits compensés dans les établissements industriels et de services, a-t-il dit. Il s'agit, également, de cibler les catégories concernées par la compensation, de manière à en faire bénéficier le consommateur plutôt que l'industriel et le commerçant. A cet égard les mécanismes de rationalisation des circuits de distribution seront examinés en collaboration avec le ministère du Commerce.

M. Besbes a affirmé que le nouveau projet de loi de finances 2013 prévoit les premières mesures de réforme en taxant certaines catégories de consommateurs de produits compensés, précisant, à ce propos, que des taxes seront ainsi imposées sur le séjour à l'hôtel, les voitures de luxe, le chiffre d'affaires des pâtisseries, des cafés, des clubs de nuits et des restaurants. Ces taxes serviront à financer la Caisse générale de compensation.

Le ministre a enfin annoncé que les projets du budget et de la loi des finances 2013 seront présentés, mercredi, au conseil des ministres avant d'être soumis à l'Assemblée nationale constituante (Anc) dans un délai ne dépassant pas le 20 novembre 2012.  www.kapitalis

 

 

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La nouvelle loi des finances critiquée au niveau de la lutte contre la fraude fiscale 

 

Bien qu'elle ait comporté des mesures jugées positives, la loi des finances pour 2013 de la Tunisie commence à faire objet de certaines critiques, notamment au niveau de la lutte contre la fraude fiscale et la relance du secteur touristique.

"Le gouvernement n'a pas entamé une réforme radicale pour lutter contre la fraude fiscale pouvant générer des ressources additionnelles dont le pays a besoin", a indiqué samedi M. Fayçal Derbal, un expert-comptable tunisien dans une déclaration de presse.

L'expert tunisien a estimé que "les mesures fiscales contenues dans le projet de loi de finances pour l'exercice 2013, bien qu' elles n'aient concerné que les hauts revenus, sanctionnent les contribuables transparents et n'auront aucun impact sur les fraudeurs".

Parmi les solutions proposées dans ce sens figure la révision du régime forfaitaire des impôts qui ouvre la porte à la fraude fiscale notamment dans les professions libérales.

En Tunisie, ce régime (forfaitaire) concerne plus de 375.000 contribuables, soit 85% du total des personnes soumises à l'impôt tandis que leur contribution ne dépasse pas 2% des ressources fiscales de l'Etat.

M. Fayçal Derbal a appelé dans ce cadre à "la levée du secret bancaire" dans une tentative de contrôler davantage de nombreux contribuables.

D'après la déclaration de M. Derbal, le taux de pression fiscale en Tunisie s'élève actuellement à 22% et "est considéré comme parmi les meilleurs taux au monde, mais dont une grande partie est supportée par les salariés".

Au niveau de l'investissement, le gouvernement tunisien a annoncé qu'un nouveau code d'investissement serait promulgué d'ici

fin 2012. Ceci "ne peut se faire sans une réforme globale du système fiscal qui compte quatre codes, tous liés à l' investissement", toujours selon M. Derbal.

Il s'agit du code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et l'impôt sur les sociétés, le code des droits d' enregistrement et du timbre fiscal, le code de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) et le code de la fiscalité locale.

Ainsi, le gouvernement tunisien pourrait regrouper l'ensemble de ces quatre codes en "un code général des impôts", comme l'a appelé M. Derbal avec m'objectif de mieux simplifier le système fiscal tunisien.

Selon la loi de finances pour l'exercice 2013, chaque résident dans un hôtel âgé de plus de 12 ans devra payer une taxe de deux dinars (environ 1,3 USD) par nuitée. Cette mesure est jugée d' excessive pour un secteur où "l'hôtelier négocie actuellement avec les tours opérateurs un coût global des séjours qui est généralement bas indépendamment des charges".

Certains hôtels tunisiens "ne sont même pas capables de réaliser des bénéfices permettant de résorber cette taxe supplémentaire alors que le secteur est grevé par les dettes", a encore prévenu M. Derbal invitant les dirigeants tunisiens à revoir cette nouvelle redevance et l'adapter à la classification des hôtels.

Le projet de la loi des finances 2013 de l'Etat tunisien a programmé certaines mesures appréciées par les professionnels et les experts économiques en la matière notamment l'exonération des petites et moyennes entreprises (PME) qui seront créées en 2013 des impôts sur les bénéfices sur 3 ans. Le gouvernement tunisien a également annoncé à travers cette nouvelle loi de finances d'accorder des avantages fiscaux dans le secteur des logements sociaux ce qui est de nature, selon M. Derbal, à "inciter les promoteurs à accélérer la création de 30.000 logements permettant une vie digne aux catégories sociales à revenus limités et une atténuation de la tension sociale". http://french.peopledaily

 

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Projet de loi de finances pour 2013 : telle une Constitution sans préambule ! 

 

Budget 2013

« Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, … La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique. » CICERON, 55 avant JC.

Le projet de loi de finances pour 2013, premier vrai budget de la Troïka au pouvoir, marque-t-il un tournant dans la politique fiscale et budgétaire de notre pays ?
Ou serait-il  un plagia des anciens budgets de ZABA sans comprendre ni leur philosophie ni leurs objectifs ? 
Ce budget remettra-t-il  la justice au cœur du système fiscal ou continuera-t-il à saigner  les personnes physiques et les entreprises afin d’équilibrer un budget orienté vers des dépenses non-nécessaires comme celles des budgets de la présidence, de l’Assemblée constituante ou du gouvernement pléthorique composé de 80 ministres ?
Cette Loi des finances aidera-t-elle les collectivités locales qui se débattent dans une crise financière sans précédent ?
Le risque de banqueroute des Municipalités est à l’ordre du jour si l’Etat ne vient au secours de ces établissements publics ?
Ce budget compte-t-il poursuivre la politique suicidaire de recrutement dans la fonction publique ou cherche-t-il une stabilisation progressive des effectifs et de la masse salariale de l’Etat ?
A l’examen du projet de budget 2013, nous constatons que celui-ci va accentuer massivement le déficit et s’écarter de plus en plus d’un équilibre des comptes publics.
Comment peut-on faire un budget sans une référence de planification et de programmation multi-annuelle ?
Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas établi un document de cadrage sur 3 ans pour exposer les grandes lignes de ses choix économiques et sociaux afin de permettre à chacun de comprendre les options fondamentales.
Comment les investisseurs peuvent-ils lire ce projet sans une vision sur le budget économique pour 2013 ?
Comment établir un budget sans évaluer les résultats de l’exercice précédent ? Que d’incohérences et de travail bâclé !!
Plus de 50% du Budget de l’Etat seront réservés au remboursement de la dette et au renflouement la caisse de compensation.Alors que reste-il pour l’investissement public, porteur de croissance !
Le gouvernement compte-t-il trouver les devises pour rembourser sa dette extérieure, laquelle  va atteindre un niveau exceptionnel cette année de l’ordre de 4,5 milliards de dinars ?
Ce projet de budget n’est qu’un arsenal de répression fiscale et un bulldozer de destruction de la croissance surtout après les mesures restrictives décrétées et décidées par la banque Centrale en matière d’octroi de crédits de consommation en octobre dernier. Autrement dit, ceci équivaut à des pertes d’emplois existants et une création ZERO de poste de travail.

Si le gouvernement persiste dans le déficit budgétaire au-delà du plafond raisonnable – ligne rouge-  de 3-3,5 %,  ceci causera fatalement un effondrement  du système et poussera le gouvernement à s’endetter toujours davantage, mettant en péril la souveraineté de la Nation. Cette ligne rouge de déficit budgétaire à 3% est le résultat d’une réflexion profonde des spécialistes pour protéger les équilibres fondamentaux afin d’éviter toute dérive en matière de la balance des paiements.
Le gouvernement compte-t-il vendre aux investisseurs étrangers toutes nos entreprises et toutes nos richesses pour équilibrer momentanément le déséquilibre de cette balance ?
Chadly Ayari, gouverneur de la BCT, sait mieux que quiconque que la Tunisie se trouve actuellement dans une situation critique, voire dramatique sur le plan de la stabilité des fondamentaux risquant de mettre en péril le dinar tunisien et sa valeur réelle. Déjà la valeur internationale du dinar est de loin au delà  de sa valeur imposée par la BCT.

La dette extérieure de la Tunisie ne fait que grimper. Le  franchissent des lignes rouges nous inquiète car : (i)  son volume pourrait atteindre,  fin 2012,  5 Milliards de DT, (ii) ses coûts deviennent de plus en plus chers eu égard aux notes catastrophiques des agences internationales de notation et la rétractation américaine dans le cautionnement de nos emprunts et (iii) ses utilisations peu rationnelles et peu utiles pour la création d’emplois et de richesses pour la Nation. Les IDE non exportateurs sont responsables en grande partie de cette dérive des balances des paiements. L’exercice 2013 accentuera ces distorsions et exposera la Tunisie à une grave crise.

Pourquoi le gouvernement n’élabore-t-il pas  un budget de combat afin d’équilibrer les comptes et en finir avec les déficits chroniques destructifs du tout le système économique. Le déficit de l’Etat c’est des fonds en moins pour l’investissement des entreprises et des ménages, seul créateur d’emplois. Les tunisiens pourraient accepter de faire l’effort à condition d’éviter  aux générations futures une lourde dette qui constituerait un véritable impôt à la naissance dont personne ne voudra.

Seul un budget équilibré sans endettement pourrait convaincre les pays du G8 à débloquer les fonds promis de 10 à 15 Milliards de dollars. Sans assainissement des comptes publics, sécurité sociale et caisses de retraites comprises, les investisseurs nationaux et étrangers se maintiendront en position d’attente et d’hésitation.

Je terminerai par cette citation de Henry Louis Mencken, le Nietzsche américain : « L’ennemi numéro un de tout Etat est l’homme qui est capable de penser par lui-même sans considération pour les superstitions et les sophismes de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l’Etat  sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable. Ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S’il ne l’est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l’Etat.     Par Mustapha Stambouli  http://www.elkasbah
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 01:52
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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 03:57

Des constituants soutiennent le sit-in de la Radio nationale


 
Alors que le sit-in se poursuit au siège de la Radio nationale, de nombreux constituants, à l’instar de Noomane Fehri, député d’Al Joumhouri et Ahmed Brahim, député de la Voie démocratique et sociale, se sont rendus au bureau de Sihem Bouazza, directrice juridique de la Radio, afin d’exprimer leur soutien à « l’indépendance de la ligne éditoriale de l’institution ».

Notons que Mme Bouazza, ainsi que plusieurs autres employés de la Radio nationale, ont entamé, mercredi 7 novembre 2012, un sit-in ouvert protestant contre les « nombreux dépassements effectués par le nouveau président directeur général, Mohamed Meddeb ». http://www.businessnews

 

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La directrice juridique de la radio nationale entame une grève et menace de passer à la grève de la faim

 

 

La directrice juridique de la radio nationale, Imen Abderrahmane a entamé, ce mercredi une grève au siège de la radio et a menacé de passer à la grève de la faim puisqu'elle a été traduit devant le conseil de discipline, privé de salaire et mise à pied. 

 

Contacté par ShemsFM, Imen Abderrahmane a déclaré qu'"elle travaille à la radio nationale depuis plus de 23 ans et n'a jamais eu de problèmes du genre" . " Tout a changé le jour où j'ai demandé au nouveau directeur, Mohamed Meddeb de procéder à un audit administratif et financier" a-t-elle conclu.  

http://www.shemsfm.net/fr/actualite/la-directrice-juridique-de-la-radio-nationale

 

 

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La Radio Nationale à la dérive ?

Depuis le mois d’avril la Radio Nationale va mal. Les petits conflits s’accumulent : des noms d’émissions qu’il faut changer parce qu’il semble impossible de prononcer « Chocolat chaud » ou « Café noir » en plein mois de Ramadan, un concours relancé avec les mêmes critères de candidature, des nominations de directeurs de chaînes de radio par note interne… Pour les employés et journalistes de la radio cette situation est la conséquence directe de la mise en place, à la tête de la Radio Nationale, de Mohamed Meddeb, un ancien employé du service technique, parachuté à la place de Président Directeur Général (PDG). Et ce conflit qui dure depuis des mois semble mettre à mal le travail de reconversion de la radio qui veut passer du statut de média gouvernemental à celui de média de service public.

En avril dernier Habib Belaid, alors PDG de la Radio Nationale, était débarqué pour être remplacé par un ingénieur technique de la radio : Mohamed Meddeb. Stupéfaction chez les journalistes, techniciens et employés de la radio qui se demandent comment ce dernier a bien pu être promu à ce poste.

Jusqu’en 2009 Mohamed Meddeb était chef du service des archives au sein de la Radio Tunisienne. Mais lors de ses années de service il a été en conflit avec ses collègues et la mauvaise gestion de son service a fait parler de lui. Ainsi en 2009 une audit interne à lieu sur son travail. La lecture du document permet de s’interroger sur sa capacité à mener à bien des projets ainsi que sur sa capacité à unir les employés de la radio pour que le travail de réforme nécessaire de l’institution soit mis en place.

Cette audit part d’une lettre adressée à la direction par quatre subalternes de Mohamed Meddeb. Ils se plaignent de ne pas pouvoir réaliser leur tâche, de travailler dans des conditions difficiles, de l’attitude négative de leur chef de service, de la destruction des archives…

Cette audit révèle que le travail n’est pas fait. M. Meddeb travaille de manière archaïque et désorganisée et s’oppose même à l’achat de logiciel informatique à même de permettre un déroulement correct du travail. Il n’a ni stratégie, ni feuille de route et travaille seul, allant jusqu’à garder les clés de la salle avec lui et modifier régulièrement les mots de passe des ordinateurs, empêchant ainsi ses collègues de travailler normalement. L’ambiance de travail est tendue, il ne respecte pas ses collègues, aussi bien ceux qui travaillent sous ses ordres que les journalistes ou producteurs qui viennent consulter les archives. Il s’avère qu’il est incapable de fournir une liste de résultat de son travail et l’audit se termine en recommandant de changer de direction ou d’externaliser le service pour s’assurer de la sauvegarde des archives radiophoniques, qui sont un patrimoine national. Mohamed Meddeb finira par être muté de service.

Avec un tel passé, la réaction des employés de la Radio Nationale semble justifiée. A peine Mohamed Meddeb prend-t-il place que les employés et journalistes demandent au gouvernement de le démettre de ses fonctions. Ils n’ont pas été entendus et six mois après sa prise de fonction Mohamed Meddeb est toujours en poste et la gestion de la radio n’est pas des plus heureuse.

Habib Belaïd débarqué sans ménagement

Habib Belaid, ancien directeur de la radio, débarqué sans préavis, s’attendait à un changement à la tête de sa radio. Il avait été mis en place par un gouvernement provisoire et son mandat s’arrêtait à la fin du mois de janvier 2011. Après les élections du 23 octobre et la mise en place d’un nouveau gouvernement il ne pensait pas rester en poste. Pourtant, lorsqu’il est reçu au Premier Ministère, on lui affirme que son travail convient et qu’il est maintenu à sa place.

Mais Habib Belaid pose une condition : il veut continuer à travailler de manière indépendante. De prime abord un accord semble avoir été trouvé. Reste que les faits sont en contradiction avec le discours du Premier Ministère qui ne renouvellera pas le mandat de M. Belaid. Ce dernier continue tout de même à travailler pour ne pas laisser le poste vacant, mais se doute qu’il ne va finalement pas être maintenu.

Pourtant pendant plus d’un an il a réussit à mettre en route la réforme dont la Radio Nationale a besoin. Il a lancé des partenariats pour la formation des journalistes, a travaillé à la mise en place d’une charte, toujours de concert avec les membres du personnel, a commencé à faire le tri dans le personnel pour qu’il n’y ait plus d’employés touchant un salaire et une rémunération pour des prestations, tout en lançant un concours externe pour pallier au problème de sous-effectif.

Des décisions prises sans concertation

Quand Mohamed Meddeb a pris le poste de PDG, sa manière de travailler semble ne pas avoir convenu aux employés et journalistes. Pour eux le nouveau PDG exerce son pouvoir d’une manière autoritaire et unilatérale. Après sa nomination, le personnel s’attendait à une réunion de présentation, afin de discuter de l’avenir des radios de service public avec leur nouveau supérieur. Une rencontre qui n’aurait jamais eu lieu. Le dialogue interne se rompt. Jamil Ben Ali, chargé de communication de la Radio Nationale, répond que le dialogue existe toujours et qu’il y a des mécanismes pour que cet échange se fasse.

Pourtant différentes décisions posent problème et inquiètent les employés et journalistes de la radio car elles ne semblent pas avoir été prises en concertation avec le personnel administratif et journalistique. Comme le fait que M. Meddeb ait changé l’appel à candidature du concours externe lancé par Habib Belaid. D’après la direction il y aurait eu une erreur dans les critères de sélection. Les candidats devaient être inscrits au Bureau pour l’emploi lors du premier trimestre de l’année en cours et non lors du quatrième trimestre, comme le stipulerait le premier appel à candidature. Une erreur qui serait à l’origine de l’annulation du premier appel à candidature qui aurait reçu plus de 10 000 candidatures, d’après les employés, seulement 5000 d’après Jamil Ben Ali.

Les employés et journalistes ont du mal à croire cette explication et voient plutôt dans ce fait une manoeuvre pour orienter la sélection et fonctionner au piston, faisant ainsi fi d’un choix juste et légal.

Par ailleurs le fait que Mohamed Meddeb ai nommé de nouveaux directeurs à la tête des neufs chaînes de radio de la maison ne fait qu’envenimer la situation. Les journalistes et employés s’interrogent sur ces nouvelles nominations faites de manière verticale et dans lesquelles ils voient la volonté de toucher à la ligne éditoriale. Mais comme l’explique le chargé de communication de la radio, en l’absence de cadre juridique et d’instance de régulation, ces nominations se font de manière interne. Six des nouveaux venus seraient tout de même des employés des chaînes de radio et connaissent la maison.

Conflit avec les journalistes

Pour les journalistes le fait que de nouveaux directeurs de chaînes aient été placés sans concertation pose problème. Une des principales craintes des journalistes est la modification de la ligne éditoriale. De nombreux journalistes pigistes auraient été écartés pour être remplacés par des intervenants extérieurs, sans formation journalistique et qui ne seraient présents que pour leurs heures de vacation. La cohésion du groupe serait en train de s’effriter et les changements concernant la ligne éditoriale, la déontologie, les techniques de travail seraient remis en question.
Par ailleurs différents conflits opposants des journalistes et animateurs à la direction ne font qu’accroître la défiance. Ainsi les cas de Najoua Zouhaïr, Nadia Haddaoui ou encore Boutheina Gouia posent problème.

Un des premiers conflits remonte à l’été. Au mois de juin dernier une réunion a lieu et il est demandé à Najoua Zouhaïr et Nadia Haddaoui de modifier les noms de leur émission : « Chocolat chaud » et « Café noir » ne seraient pas des titres appropriés pour le mois de Ramadan à venir. Ils pourraient gêner certains auditeurs. Najoua et Nadia s’étonnent. Changer de nom équivaut à changer de concept or les émissions marchent bien et les invités politiques sont nombreux dans ces émissions de RTCI.

Quelques temps plus tard, ces deux journalistes détachées de la rédaction du Renouveau, se voient mutées au service News : six heures de présence au bureau, du journalisme assis. Impossible de continuer les émissions. La direction explique que ces deux journalistes ont à la base été détachées pour prêter main forte au service news et qu’il n’y a rien d’anormal au fait qu’elles y soient affectées. Najoua lit plutôt dans cette décision une manière d’arrêter l’émission.

Depuis l’émission est arrêtée et Najoua Zouhaïr est interdite d’accès à la radio, une interdiction qu’elle a faite notifiée par huissier. La direction se défend en expliquant que Najoua Zouhaïr a démissionné, mais ne produit aucune preuve de ce fait. Nadia Haddaoui serait, elle, partie après accord avec la direction, toujours d’après le chargé de communication de la radio.

Démission, départ, mise au frigo ? Le chargé de communication explique que puisque ces journalistes ne sont pas titulaires ce n’est pas le même système de sanction qui s’applique en cas de faute professionnelle. Et là les explications deviennent confuses : les journalistes ont-elles commis des fautes professionnelles qui seraient à l’origine de leur renvoi ou sont-elles parties d’elles-mêmes ?

Quoi qu’il en soit Najoua Zouhaïr, comme d’autres de ses collègues, attend toujours le versement de son salaire dû depuis le mois d’avril. Le ministère des Finances aurait d’ailleurs versé le budget adéquat à la Radio, mais les salaires n’auraient toujours pas été versés.

Quelques temps plus tard c’est la journaliste Boutheina Gouia qui se retrouve en conflit. D’après elle on lui reprocherait le sujet d’une émission. La direction explique qu’il s’agit en fait d’une mise en conformité des tâches de chacun. Ainsi l’administration a décidé qu’il fallait un découpage plus net entre journalistes et animateurs et qu’il n’était pas possible de cumuler les deux fonctions.

C’est également le principe de non cumul des mandats, toujours d’après la direction, qui fera que d’autres animateurs seront écartés : impossible maintenant d’avoir une fonction administrative et de passer à l’antenne.

Les employés et journalistes lisent dans ces décisions une manière détournée d’écarter des voix de l’antenne pour les remplacer par des voix empreintes d’un certain discours politique. Une façon détournée de modifier la ligne éditoriale selon eux.

La ligne éditoriale en danger ?

Mis bout à bout, tous ces évènements font penser au personnel de la radio qu’un travail de sape de l’équipe administrative comme de l’équipe journalistique est en train d’être fait. La volonté serait clairement celle d’une main mise sur la radio, le média qui a le plus de pénétration d’un point de vue des citoyens. Changer la grille des programmes, remplacer les animateurs de la maison par des journalistes orientés politiquement ou des vacataires, empêcher le service administratif de fonctionner normalement… permettrait de rétablir une radio gouvernementale, en lieu et place d’une radio de service publique.

Si les récriminations faites par les employés et journalistes semblent de bonne foi, les explications de la direction concernant le report du concours ou la séparation entre journalistes et animateurs tiennent la route. Chacun ne faisant que défendre ses intérêts, des intérêts qui ne vont pas dans le même sens. Les employés semblent tenir à leur liberté de travail et à leur salaire, la direction, elle, semble ne pas avoir de vision claire du travail à effectuer et on peut craindre qu’au vu des états de service de Mohamed Meddeb, dans un service ne comportant que six employés, il soit complètement dépassé par une institution en comptant des centaines.

Par ailleurs, au vu de la situation générale dans les médias, l’idée que la direction écarte certains journalistes et employés afin d’avoir la main sur la ligne éditoriale n’aurait rien d’étonnant. Car, encore une fois, une nomination-parachutage à la direction d’un média ne fait que créer du conflit.

NDLR : Nous avons contacté le Premier Ministère pour lui permettre de donner son point de vue, mais nous n’avons pas eu de réponse.  http://nawaat.org

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  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
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