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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 08:17
 

Appel à l'ONU : 220 ONG de pays arabes condamnent la répression

 

 Plus de 220 associations de 18 pays arabes ont écrit hier aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, leur demandant de «condamner le recours excessif à la force» contre les manifestants en Syrie et un «accès immédiat pour l'assistance humanitaire».

«Plus de 1000 civils ont été tués et 10 000 arrêtés dans 16 villes syriennes. Alors que la situation se détériore davantage, la coupure des communications imposée depuis le 22 avril empêche toute évaluation objective des besoins humanitaires», ont écrit ces associations de la société civile des pays arabes, dans une lettre dont l'AFP a obtenu une copie.

«Nous croyons que le silence du Conseil de sécurité des Nations unies envoie le mauvais message et échoue à dissuader de nouvelles violences et atteintes aux droits humains de la part des autorités syriennes», ont ajouté ces associations, basées notamment en Égypte, en Libye, au Qatar, au Maroc, au Yémen, en Syrie, en Algérie et en Arabie saoudite.

Les signataires demandent une résolution qui «condamne le recours excessif à la force létale contre les manifestants pacifiques en Syrie et demande une cessation complète de la violence ainsi que des attaques et abus à l'encontre des civils».

Ils souhaitent également que cette résolution «demande aux autorités syriennes de fournir des garanties et un accès immédiat pour l'assistance humanitaire».

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Hama ....

 

 

Madrid : une minute de silence ....

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Des militants préparent une poursuite des responsables du régime El Assad  pour crime contre l'humanité

 

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Les habitants de la ville de Nahta dénoncent l'utilisation de «CHABIHA» [équivalent de BALTAJIA égyptien] contre les manifestants pacifiques et réclament la chute du régime Bachar

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DEUX MOIS DE REVOLUTION EN SYRIE. UN PREMIER BILAN (1/3)

 

 

Les historiens discuteront certainement plus tard du jour exact où il convient de considérer qu’a démarré en Syrie la "révolution" contre le régime baathiste. On postulera ici que le 15 mars, marqué à Damas par un défilé de protestataires dans le Souq Hamidiyeh et par plusieurs autres manifestations dans diverses localités, peut constituer un point de départ acceptable pour le mouvement. Celui-ci a donc légèrement dépassé aujourd’hui ses deux mois d’existence. Quel bilan peut-on en dresser ? Quels sont les acquis et les échecs des parties en présence ? Surtout, comment se profile l’issue du bras de fer qui oppose désormais le régime aux manifestants et à l’opposition ?

 

1 / LES ACQUIS ET LES ECHECS DU REGIME DE BACHAR AL ASSAD

 

1.1 - Le régime est toujours en place

Le régime de Bachar Al Assad était parvenu, grâce à des mesures sécuritaires préventives, à repousser de près d’un mois et demi, du 4 février au 15 mars, la mise en mouvement de la population syrienne. D’autres initiatives, strictement économiques, avaient été adoptées dans l’urgence au cours des premières semaines de l’année 2011, dans l’espoir de la maintenir au calme. Lorsque les Syriens sont finalement sortis dans les rues de Daraa, pour les raisons structurelles et conjoncturelles désormais bien connues, le régime a refusé d’entendre les doléances. Il a imaginé que les moyens de répression qui lui avaient jusqu’ici toujours réussi suffiraient encore une fois à intimider les mécontents et à les faire rentrer chez eux. Mais le recours des forces de sécurité à une violence aussi aveugle qu’inutile, qui s’est exercée d’abord sur des enfants, a produit des effets contraires. Un cercle vicieux s’est mis en place : le nombre croissant des victimes a entraîné la multiplication des funérailles ; des protestataires y ont participé en nombre sans cesse accru ; les services de sécurité ont fait à chaque fois dans leurs rangs de nouvelles victimes ; leurs enterrements ont offert l’occasion à la population de laisser libre cours à une colère grandissante ; les slogans sont naturellement allés en se radicalisant… Dans le reste du pays, l’usage de la violence et des armes a suscité une vague de solidarité sans précédent, de Lattaquié à Deïr al Zor en passant par Homs et Douma, entre des villes et des régions qui n’entretenaient jusqu’alors aucun rapport particulier. Les Syriens ont commencé à manifester pour apporter leur soutien aux populations réprimées à l’autre bout du pays et pour affirmer qu’ils partageaient leurs revendications. Vendredi 20 mai, plus d’une cinquantaine de manifestations ont réuni des dizaines de milliers de participants. Mais le régime est toujours en place, et tout indique dans son comportement qu’il ne veut pas céder.

 

1.2 - Le régime a montré qu’il ne se laisserait pas facilement abattre

 

Pour se maintenir et pour assurer la survie de son régime, le président Bachar Al Assad a montré qu'il était prêt à tout et, pour plagier la formule jadis utilisée pour qualifier l’action de son pays au Liban et son soutien à une partie des Palestiniens, qu’il "résistera… jusqu’au dernier Syrien". Il a donné carte blanche à son frère Maher Al Assad, le militaire de la famille. Il a aussi fermé les yeux sur les excès de ses appareils de sécurité, au sein desquels ses cousins Hafez Makhlouf et Atef Najib se sont fait remarquer par leur cruauté. Il a mobilisé ici et là les chabbiha, des bandes de voyous, de voleurs et de criminels, jadis constituées par ses cousins, Moundher et Fawwaz Al Assad, Mohammed Al Assad, Haroun Al Assad, Noumeïr Al Assad… pour faire régner leur loi sur la côte et dans la montagne alaouite, berceau de la famille présidentielle. Leur bilan commun, en termes de morts, de blessés, de prisonniers, de disparus… est impressionnant. Mais, après avoir utilisé contre des manifestants sans défense les chars et les forces spéciales, le régime a sans doute atteint les limites de ses possibilités. A moins d’appeler à la rescousse son aviation, une option délicate compte-tenu de la réaction internationale au précédent libyen, ou de recourir à l’arme chimique comme l’avait fait Saddam Huseïn en 1988 contre les Kurdes de Halabja, qui lui serait fatale.

 

1.3 - Le régime est resté uni autour des Al Assad cramponnés au pouvoir

 

Les développements intervenus à partir du 15 mars ont mis en première ligne plusieurs membres importants de la famille présidentielle, qui détient non seulement la décision en matière politique, mais également les leviers de la vie économique, les clés de la situation militaire et le contrôle des questions de sécurité. Personne en Syrie ne s’attendait à ce que les intéressés étalent au grand jour leurs éventuelles divergences. Mais certains estimaient possible que, sous la pression des évènements, la coexistence pacifique et la répartition des rôles deviennent intenables entre "les deux camps" : d’une part, un président Bachar Al Assad présenté comme "raisonnable et moderne", en phase avec la jeunesse de son pays, assisté par une jeune femme encore plus charmante et encore plus moderne, tous les deux partisans de réformes dont il est de bon ton d’affirmer, puisque l'objection de "la vieille garde" a montré ses limites, que la mise en œuvre a été entravée par "l’opposition de leur entourage" ; d’autre part, le camp des "méchants" arcboutés sur la sauvegarde de leurs intérêts, composé du militaire de la famille, Maher Al Assad, du banquier de la famille, Rami Makhlouf, et des gendarmes de la famille, Hafez Makhlouf et Atef Najib. Or c’est apparemment sans difficulté et sans état d’âme que le chef de l’Etat, contredisant l’image qu’on avait voulu donner de lui, s’est rangé dans le camp des faucons dont il a pris la direction et assumé les agissements. Les rumeurs concernant un départ pour Londres de la Première dame, Asma Al Akhras, avec les enfants du couple présidentiel, et celles concernant une mise en garde sévère de Bouchra Al Assad, adressée depuis Doubaï à ceux de ses frères ou de ses cousins qui oseraient s’en prendre à son mari Asef Chawkat, ancien chef des services de renseignements de l’armée de terre et actuel chef adjoint d’Etat-major pour les questions de sécurité, n’ont jamais été confirmées.

 

1.4 – Le régime a prévenu les divisions au sein des forces armées

 

Les unités utilisées pour mater la rébellion ont été choisies de manière à ne pas exposer la troupe à des risques de division, sur fond d’appartenance communautaire. En privilégiant la Garde Républicaine, les Forces spéciales et la 4ème division, c’est-à-dire les unités d’élite de son armée, essentiellement composées de soldats alaouites encadrés par des officiers et sous-officiers eux aussi alaouites, le régime a de facto tenu à l’écart de la répression les militaires issus de la communauté sunnite. Alors que cette dernière fournit aujourd’hui la masse de la troupe, puisque les Alaouites préfèrent désormais à la carrière des armes la fonction publique, facile d’accès pour eux, plus lucrative et moins contraignante, la communauté majoritaire en Syrie ne pèse d’aucun poids au sein de l’institution. Les rares postes de commandement attribués à certains de ses représentants sont dépourvus de valeur stratégique et leurs détenteurs sont surveillés de près par leurs subordonnés alaouites. Depuis le déclenchement des troubles, des cas de rébellion ont eu lieu, à différents niveaux, de la part de soldats et parfois d’officiers sunnites et druzes. Les Kurdes ont signalé la remise à leurs familles de plusieurs soldats abattus par leurs chefs pour avoir refusé d’obtempérer aux ordres et d’ouvrir le feu sur les manifestants. Mais, en veillant à ne faire appel qu’en dernier recours aux unités composées de soldats sunnites encadrés par des officiers sunnites, et en restreignant leurs interventions à des théâtres éloignés de leur base, le pouvoir a été jusqu’ici en mesure de prévenir l’explosion de l’armée qui demeure l’une de ses grandes préoccupations.

 

1.5 - Le régime a marqué quelques points en agitant un complot

 

Refusant de considérer d’abord que les demandes des protestataires étaient légitimes, exigeant ensuite qu’elles soient exprimées autrement que dans la rue, et niant finalement contre toute évidence le caractère politique et pacifique des manifestations, le régime a tour à tour ou simultanément imputé les troubles et les pertes en vies humaines à tout ce qu’il compte d’ennemis plus ou moins réels dans son environnement régional. Il a ainsi mis en cause Israël et ses alliés Américains, les agents du prince saoudien Bandar bin Sultan, les partisans de Saad Al Hariri, du Courant du Futur et du 14 mars au Liban, les salafistes, les wahhabites, les jihadistes... Dans un raisonnement de son point de vue imparable, il n’a cessé de redire que, puisque le "complot" visait la Syrie en raison de "ses positions courageuses sur la question palestinienne à laquelle elle apportait un soutien sans faille", il n’était pas seulement en droit mais il avait le devoir de se défendre et "d’éradiquer les saboteurs, les terroristes et les infiltrés, qui s’attaquaient à sa stabilité pour faire le jeu de puissances extérieures". Cette rhétorique sans surprise n’a pas empêché le mouvement de se poursuivre dans la rue, mais elle a redonné du courage aux partisans du régime qui commençaient à s’interroger sur son avenir et sur le leur. Elle a aussi redonné de la voix à ceux qui considèrent, en Europe et ailleurs, que tout mouvement de revendication contre un régime autoproclamé "progressiste, aussi mafieux et néfaste soit-il pour sa propre population et pour son environnement régional, ne peut qu’être un complot ourdi par les Américains.

 

1.6 - Le régime a confirmé que le Parti Baath ne lui servait plus à rien

 

Au cours de sa conférence de presse du 24 mars, Bouthayna Chaaban, conseillère politique et médiatique du chef de l’Etat, avait pris soin d’indiquer que les décisions économiques et politiques dont elle annonçait la prochaine mise en œuvre avaient été "adoptéesar le commandement régional du Parti Baath". Composé de 14 membres "élus", le commandement régional, la plus haute instance du parti, a pour secrétaire régional le chef de l’Etat. Il s’agissait sans doute d’une figure de style, car, dans son intervention du 30 mars devant l’Assemblée du Peuple, dont la moitié des 250 membres sont automatiquement des représentants désignés par ce même parti, Bachar Al Assad n’a pas jugé utile de mentionner une seule et unique fois le nom du Baath. Ce parti restait pourtant à cette date, et il l’est encore aujourd’hui en dépit de l’annonce de la révision imminente de l’article 8 de la Constitution de 1973, le "parti dirigeant de l’Etat et de la société". Cette omission n’avait rien d’un oubli de la part du chef de l’Etat, puisque, deux semaines plus tard, le 16 avril, en mettant en place le nouveau gouvernement et en donnant ses instructions aux nouveaux ministres, pour la moitié d’entre eux baathistes, Bachar Al Assad n’a, encore une fois, jamais utilisé les mots Baath et parti… Les seuls baathistes à avoir retenu l’attention des médias depuis le déclenchement des manifestations en Syrie sont paradoxalement les députés et les militants de Daraa et Banias, qui ont décidé d’abandonner leur siège et de rendre leur carte pour protester contre la répression. S’agissant de répression justement, on indiquera que des étudiants baathistes se sont illustrés, à la cité universitaire d’Alep interdite aux forces de l’ordre, en se chargeant d’assurer la dispersion de leurs camardes qui prétendaient y exprimer leurs revendications. Ce faisant, ils ont confirmé ce que les Syriens avaient eu l'occasion de constater depuis l’arrivée au pouvoir de Bachar Al Assad, à savoir que les membres du parti n’ont plus guère d’utilité pour le régime que comme auxiliaires des moukhabarat.

 

1.7 – Le régime a conservé certaines villes à l’abri de la contestation

 

Bachar Al Assad peut se targuer d’avoir dissuadé jusqu’ici les villes de Damas et d’Alep de rejoindre le mouvement. Pour des raisons différentes, son statut de capitale pour la première et son quadrillage sécuritaire étroit pour la seconde, mais aussi pour des raisons identiques, leur structure sociale extrêmement composite et les bénéfices retirés par leurs élites de l’ouverture économique initiée par le président, ni l’une ni l’autre n’ont pour le moment tenté de se soulever comme l’ont fait Daraa, Lattaquié ou Banias. Deux autres villes importantes, Homs et à un moindre degré Hama, leur ont tracé la voie, mais jusqu’ici sans succès. Le régime continue pourtant de les surveiller avec méfiance : l’histoire de la Syrie indépendante démontre que, à Damas et Alep, l’aspiration à la liberté et à la démocratie sont au moins aussi fortes qu’ailleurs. Chez l’une et l’autre, les pratiques autoritaires et mafieuses du régime font l’objet de critiques unanimes, mais la prudence retient de les exprimer autrement que dans des cercles très privés. La peur des moukhabarat, d’une part, et, d’autre part, les incertitudes liées à la possibilité pour les industriels, commerçants et hommes d’affaires, de conserver leurs privilèges et de continuer à s’enrichir dans la "Syrie nouvelle", incitent nombre de Damascènes et d’Alépins à temporiser. En tout état de cause, y compris pour beaucoup de bénéficiaires du système actuel, l’absence de participation au mouvement de protestation ne vaut pas adhésion au régime. D’ailleurs, si l’on est encore loin d’un soulèvement de ces deux villes aussi puissant qu’à Homs, peu à peu, semaine après semaine, de nouveaux quartiers y rejoignent la contestation.

 

1.8 - Le régime continue de se prévaloir du soutien des hommes d’affaires

 

Les récentes déclarations au New York Times de Rami Makhlouf, affirmant que "nous sommes bien décidés à nous battre jusqu’au bout", ont constitué une sorte d’avertissement, au moment où certains membres de l’élite économique commençaient à s’interroger sur la meilleur option. Le cousin du chef de l’Etat indiquait ainsi à ses partenaires en affaire, en particulier ceux de la Holding Cham et de la Holding Souriya, créées sous les auspices de Bachar Al Assad au début de 2007 pour dissimuler la main mise de la famille présidentielle sur la vie économique et pour mutualiser les critiques et les risques, qu’il n’était pas question de laisser quiconque abandonner le navire. Il fallait faire face. Et sa menace de ne "pas souffrir seuls", qui visait d’abord les "terroristes islamiques", coupables entre autres choses de dénoncer le quasi-monopole exercé par sa compagnie Syriatel sur la téléphonie mobile en Syrie, pouvait tout aussi bien servir d’avertissement à ceux qui, de gré et parfois de force, s’étaient retrouvés embarqués à son côté dans l’aventure des holdings. Le silence étourdissant des hommes d’affaires au cours des deux mois écoulés permet au régime de considérer qu’ils sont toujours de son côté. Il en est sans doute beaucoup moins sûr qu’il veut bien le dire.

 

1.9 - Le régime apparaît encore à certaines minorités comme un moindre mal

 

Il en va de Damas et d’Alep comme des minorités religieuses, qui, dans ces deux villes plus que partout ailleurs, vivent à la fois imbriquées et repliées sur elles-mêmes. Elles ne sont pas convaincues, comme le régime ne perd jamais une occasion de l’affirmer… et comme il tente parfois d’en fournir la démonstration en manipulant des groupes terroristes, que la mise à terre du régime actuel, dominé par une famille de confession alaouite et par ses comparses de la majorité sunnite et des autres minorités, signifiera fatalement l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans. Mais, en Syrie comme ailleurs, le capital est couard, et mieux vaut garantir de petits bénéfices, même au prix d’humiliations répétées, que se lancer dans une aventure où il pourrait y avoir quelque chose à perdre, mais certainement pas beaucoup plus à gagner. Cela vaut pour les Chrétiens, dont le nombre décroit constamment pour ne plus dépasser aujourd’hui les 8 % de la population, qui sont traumatisés par les drames vécus par leurs coreligionnaires en Irak et en Egypte et qui sont loin d’être rassurés par les conseils de "rester vigilants", voire de s’armer pour assurer leur protection, que leur prodiguent leurs amis des services de sécurité. Cela vaut pour les Ismaéliens, répartis entre la région de Masiaf et Qadmous et celle de Salamiyeh. Cela vaut pour les Druzes, regroupés dans la région excentrée et historiquement négligée du Hauran. Cela vaut surtout pour les Alaouites, dont une grande majorité n’a jamais bénéficié de la présence à la tête du régime d’une famille et de comparses issus de leurs rangs, mais qui sont à présent devant un choix difficile : prendre leurs distances avec le régime et être sanctionnés comme des traîtres, ou ne pas prendre parti et être entraînés dans sa défaite.

 

1.10 - Le régime n’a pu empêcher les Kurdes de rejoindre le mouvement

 

Principale minorité ethnique en Syrie, avec près de 15 % de la population, les Kurdes ont eu droit, depuis le début de la contestation, a un traitement particulier de la part du régime. Leur solidarité communautaire, leurs qualités de combattants et le soutien qu’ils sont susceptibles de trouver auprès de leurs frères du Kurdistan du sud (en Irak) et du nord (en Turquie), ont imposé aux responsables syriens de rechercher avec eux un accommodement. Le régime voulait éviter de s’affaiblir en déployant l’armée et les services de sécurité sur la totalité du territoire national. Comme d’habitude dans une telle situation, il a donc fait des promesses, en l’occurrence la restitution de la nationalité syrienne aux "Kurdes étrangers". Mais, pour ne pas dilapider cette carte, il en a différé la mise en œuvre. Ou plutôt, il a conditionné son application à la neutralité des Kurdes dans la période actuelle, dont il a tenté de sous-traiter la gestion à ses anciens alliés du Parti des Travailleurs du Kurdistan contre la Turquie. Après s’être interrogés sur la meilleure manière pour eux de gérer ce moment, qui leur offrait l’opportunité de négocier avec un pouvoir en difficulté la récupération des "droits nationaux" des Kurdes de Syrie (autorisation de parler et d’enseigner la langue kurde, création de radios et de télévisions kurdes, possibilité d’observer et de célébrer les fêtes kurdes…), les responsables politiques kurdes ont fini par rejoindre leur base et par placer, comme les autres Syriens, les revendications de liberté et de citoyenneté en tête de leurs priorités. La relative bienveillance dont les autorités sécuritaires continuent de faire preuve vis-à-vis de ceux qui sortent désormais par milliers pour réclamer la liberté pourrait donc ne pas durer. Surtout si, après le quartier kurde de Rokneddin, à Damas, les quartiers kurdes d’Alep et la ville kurde de Qoubani (Aïn al Arab), les villages kurdes s’étendant du Liwa’ d’Iskenderun à la frontière irakienne décidaient d’entrer sans réserve dans le mouvement.

 

1.11 - Le régime a été moralement discrédité par ses agissements

 

L’usage immodéré de la violence s’est d’ores et déjà retourné contre le régime. Accueillis comme des héros à leur sortie de prison, d’où ils avaient été expulsés après quelques jours de tortures et de pressions pour laisser la place à d’autres, les premiers détenus ont raconté à ceux qui en doutaient encore de quelle férocité pouvaient faire montre les sbires du régime. Au lieu de dissuader leurs parents, leurs amis et leurs voisins, comme les tortionnaires aux ordres du pouvoir l’imaginaient, leurs récits et les traces des mauvais traitements les ont incités à sortir davantage et à radicaliser leurs revendications. Aux premiers jours des manifestations, les Syriens défilaient au cri de "Liberté". Quelques semaines plus tard, ils réclamaient la "chute du régime". Certains veulent aujourd’hui que le chef de l’Etat, qui laisse faire ces horreurs sans intervenir… s’il ne les ordonne pas, et qui en porte de toute manière la responsabilité, fasse comme ses anciens homologues tunisien et égyptien : qu’il "dégage". Le bombardement de Homs, le siège de Tall Kalakh, l’humiliation des jeunes d’Al Bayda, la marche de la honte imposée à ceux de Banias, les tirs contre des manifestations de femmes, les crimes commis à Daraa et la découverte de charniers dans et autour de cette dernière ville, ne sont pas de nature à apaiser la volonté des manifestants de se débarrasser désormais de Bachar Al Assad et de son entourage dont l’immoralité est aujourd’hui patente.

 

1.12 - Le régime a d’ores et déjà perdu la bataille médiatique.

 

Ayant constaté l’effet dévastateur pour les pouvoirs en place de la diffusion des images des troubles plus tôt intervenus en Tunisie, en Egypte et en Libye, le régime syrien, qui n’avait rien à craindre des médias syriens publics et privés, tous contrôlés de près par des officiers des moukhabarat, s’était entendu, dès le mois de janvier 2011, avec son allié qatari. Il s’agissait, en muselant la chaine Al Jazira, dont la couverture des événements dans les autres pays avait contribué à populariser les mouvements de protestation, de prévenir la diffusion des images de la répression que le régime syrien avait bien l’intention de mettre immédiatement en œuvre pour ne pas se laisser déborder. Mais, suite à un différend provoqué entre Damas et Doha par les interventions en faveur des protestataires du cheykh Yousef Al Qardawi, les responsables de l’Emirat, désespérant de Bachar Al Assad et de son entourage, ont laissé la chaîne qu’ils patronnent couvrir comme elle l’avait fait ailleurs la contestation populaire en Syrie. Face aux reportages et aux interviews en direct d’acteurs ou de témoins des faits par la chaîne qatarie, mais aussi par la chaîne saoudienne Al Arabiya, la BBC et France 24, le régime n’a pu s’appuyer que sur ses propres médias. Manquant aussi bien de crédibilité que d’audience, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie, ceux-ci n’ont pu faire entendre la version officielle des faits et des événements qu’à ceux qui lui étaient déjà acquis. Mis en difficulté par la monstruosité des accusations proférées contre lui, le régime n’a rien fait pour se tirer d’affaire. Il a au contraire donné le sentiment qu’il avait beaucoup de choses honteuses à cacher, en s’obstinant, contre son intérêt, à refuser l’entrée dans le pays de tous les médias étrangers indépendants, y compris ceux dont il n’avait pas à redouter un a priori défavorable à son égard.

 

1.13 - Le régime a largement dilapidé son capital diplomatique

 

Au début de l’année 2011, un consensus existait entre les membres permanents du Conseil de Sécurité pour considérer qu’il serait toujours délicat de sanctionner la Syrie, non pas en raison de son poids militaire mais du fait des capacités de nuisance élevées qu’elle conservait et qu’elle était susceptible de mettre en œuvre à tout moment dans son environnement régional. L’affichage de sa proximité avec l’Iran préoccupait les uns et irritait les autres. Mais personne n’envisageait alors d’aller au-delà des sanctions jadis infligées au pays et à certains de ses membres dirigeants par l’administration américaine précédente. La situation a depuis lors considérablement évolué. En quelques mois, le régime de Bachar Al Assad est parvenu à décourager la quasi-totalité de ses meilleurs soutiens. L’émir du Qatar, qui avait jadis tant fait pour aider le chef de l’Etat syrien à réintégrer la communauté internationale via la France, vient de s’en détourner. La Turquie de Recep Tayyip ERDOGAN, lassée de le mettre en garde contre sa politique du tout-répressif et de lui prodiguer des conseils d’ouverture en direction de sa population, adopte à son endroit un discours de jour en jour plus critique. A son instigation, semble-t-il, le président américain Barack Obama vient de donner à Bachar Al Assad une dernière chance : soit il réforme sérieusement, soit il sera lui-même réformé. Pour sa part, le chef de la diplomatie française ne cherche plus à dissimuler le dégoût que lui inspire le comportement des dirigeants syriens. Avec le soutien du président de la République, qui accueillait encore il y a six mois son jeune homologue syrien à l’Elysée, il milite au sein des instances européennes pour l’inscription du nom de Bachar Al Assad en tête de liste des responsables syriens sanctionnés pour leur rôle dans la répression. Il vient d'obtenir gain de cause. La Syrie compte toujours, évidemment, quelques soutiens de poids, comme la Russie ou la Chine. Mais elle a eu l’occasion de constater, au cours des années passées, que, en dépit de leurs réserves et de leurs menaces, ni l’une ni l’autre n’ont jamais utilisé en sa faveur leur droit de véto. Le paradoxe de la situation est que le meilleur avocat international de la Syrie de Bachar Al Assad reste aujourd’hui… l’Etat d’Israël. Reconnaissants pour la protection de la frontière commune que les Al Assad père et fils ont assurée à leur pays depuis l’accord de désengagement sur le Golan de 1975, et pour le renoncement à toute tentative de récupérer par la force cette portion revendiquée de leur territoire national par les hérauts de "la résistance et de l’obstruction", les responsables israéliens n’hésitent pas à dire tout haut qu’ils "préfèrent le diable qu’ils connaissent à celui qu’ils ne connaissent pas". Mais là non plus, les choses ne sont pas définitives.

 

1.14 - Le régime est désormais menacé par une crise économique

 

La tension créée en Syrie par les protestations et par leur répression n’a pas tardé à se répercuter sur la vie économique. Dans la capitale, dont le centre n’a pourtant connu de manifestations qu’aux premiers jours du mouvement, au milieu du mois de mars, les Syriens et les étrangers ont perdu l’habitude de sortir le soir et, en journée, la population songe davantage à ménager ses ressources qu’à fréquenter les commerces de la vieille ville et les nouvelles galeries marchandes. Les touristes, sur lesquels la Syrie fondait beaucoup d’espoirs et qui avaient retrouvé le chemin de Damas, se sont orientés vers d’autres destinations. Les prix très attrayants proposés par la Syrian Air n’ont pas suffi à les faire changer d’avis. L’Union Européenne a annoncé qu’elle suspendait le financement de certains projets. Les entreprises de plusieurs pays du Golfe ont gelé ceux qu’elles réalisaient dans le pays. La Bourse de Damas, qui peinait à démarrer, est devenue atone. Au début du mois d’avril, un vent de panique s’est emparé des milieux financiers, en raison de pressions considérables sur le dollar, devenu introuvable sur le marché des changes. Au milieu du mois de mai, le gouverneur de la Banque Centrale a menacé ceux qui avaient profité de ces circonstances pour retirer plus que les 10 000 $ autorisés par la loi. Il est douteux qu’il ait été entendu, le principal auteur de ces retraits étant, selon toutes probabilités, un riche homme d’affaire proche du pouvoir soucieux de se débarrasser des millions de livres syriennes que lui rapporte chaque mois son entreprise de téléphonie mobile…

 

1.15 - Le régime a multiplié les engagements… qu’il n’a pas tenus

 

Pour mettre un terme à la spirale dangereuse amorcée à Daraa entre violence de la répression et radicalisation des demandes des manifestants, Bachar Al Assad, joignant la carotte au bâton, est entré, vers la fin du mois de mars, dans un cycle de promesses. Le 24 mars, il a demandé à sa conseillère politique et médiatique d’annoncer, dans une conférence de presse, une prochaine intervention publique. Il devait y dévoiler tout un train de mesures économiques et politiques, parmi lesquelles la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 48 ans. Cette déclaration aurait dû remplir d’aise les protestataires. Mais, d’une part, elle venait trop tard puisque ces derniers s’étaient déjà fixé comme nouvel objectif le renversement du régime. Et, d’autre part, elle manquait de crédibilité, puisqu’une autre annonce faite le même jour, la fin des tirs sur les manifestants, était aussitôt démentie sur le terrain, à Daraa et à Lattaquié. Du coup, personne n’a été outre mesure surpris de constater que, lors de son intervention devant l’Assemblée du Peuple, le chef de l’Etat, réduisant les revendications des protestataires à de simples demandes sociales et économiques et dénonçant les comploteurs à l’origine des troubles, n’a même pas pris la peine de confirmer cet engagement. Au cours des jours suivants, Bachar Al Assad a procédé au limogeage des gouverneurs des villes de Daraa, Homs et Lattaquié, dans lesquelles la crise avait pris une tournure particulièrement aigue. Il semblait ainsi attribuer à la gestion des intéressés une large part de responsabilité dans la dégradation de la situation. Mais la réponse qu’il apportait au problème, le remplacement de civils par des militaires à la retraite, a immédiatement confirmé aux habitants des lieux et à l’ensemble des Syriens que le chef de l’Etat restait moins en quête d’une solution politique que d’un retour au calme et d’un dénouement sécuritaire. Le 3 avril, le président de la République a dissout le gouvernement de Mohammed Naji Otri et chargé le ministre de l’Agriculture sortant, Adel Safar, de constituer un nouveau gouvernement. Quelques mois plus tôt, cette initiative aurait rempli d’aise les Syriens, qui trouvaient depuis longtemps que le cousin de la belle-mère du chef de l’Etat, en place depuis 2003, n’avait pas suffisamment combattu la corruption, et qui attribuaient à son équipe économique la dégradation rapide de leurs conditions d’existence. Mais, au moment où elle est intervenue, cette décision ne leur importait plus en rien. Ce n’est pas à un changement de gouvernement qu’ils aspiraient désormais, mais à un changement de régime. L’affaire de l’état d’urgence, dont la levée a été finalement annoncée sans que cela modifie quoi que ce soit au comportement arbitraire des services de sécurité sur le terrain, et celle de la restitution de la nationalité syrienne aux Kurdes "étrangers", décidée et inscrite dans un décret sans qu’aucun de ses bénéficiaires potentiels n’ait encore récupéré ses droits, ne contribuent pas peu à ôter au régime en général, et à Bachar Al Assad en particulier, le peu de crédibilité dont ils pouvaient encore se prévaloir au sein de la population syrienne.

 

1.16 - Le régime a annoncé un dialogue sans parvenir à convaincre

 

Contraint par une situation de plus en plus délicate, le régime s’est finalement résigné à envisager, sans renoncer à des manœuvres, l’ouverture d’un "dialogue". Au milieu du mois d’avril et au début du mois de mai, une journaliste proche du régime, Samira Al Masalmeh, puis la conseillère politique et médiatique du chef de l’Etat, Bouthayna Chaaban, ont successivement affirmé qu’elles avaient "initié un dialogue" avec des membres de l’opposition en vue de rechercher une issue à la crise. Elles ont toutes deux aussitôt été contredites par lesdits membres de l’opposition, qui ont reconnu avoir parlé avec elles, mais de manière informelle, et ont nié avoir entamé des négociations pour lesquelles ils ne disposaient d’aucune procuration de la part de quiconque. Au milieu du mois de mai, le ministre de l’Information, Adnan Mahmoud, a déclaré à son tour lors d’une conférence de presse que "les jours à venir allaient voir la mise en place d’un dialogue national global au niveau des gouvernorats". Vague à souhait, la formule pouvait être comprise par chacun comme il le voulait. L’absence de référence explicite à "l’opposition" pouvait signifier la reconnaissance tacite, par le pouvoir, que ce n’était plus avec les seuls opposants traditionnels qu’il devait discuter, mais avec ceux qui, dans les rues des différentes villes, animaient depuis deux mois le mouvement. Mais elle pouvait aussi faire redouter que, une fois encore, le régime tente de diviser les rangs des manifestants pour circonscrire là où il le pouvait les protestations. D’autant que le rappel, par le ministre, de la "concomitance entre la restauration de la sécurité et de la stabilité, d’une part, et la mise en œuvre des réformes, d’autre part", signifiait que le pouvoir entendait dialoguer les armes à la main. On apprenait peu après que Bachar Al Assad avait chargé quatre de ses proches de mener ce dialogue. Il s’agissait des deux vice-présidents de la République, Farouq Al Chareh et Najah Al Attar, du conseiller pour les questions de sécurité du premier nommé, le général à la retraite Mohammed Nasif Khayr Bek, et de la conseillère politique et médiatique du chef de l’Etat, Bouthayna Chaaban. Ce choix a été accueilli avec un mélange de surprise et de moquerie par leurs futurs interlocuteurs, qui ont relevé l’âge vénérable de deux d’entre eux, le rôle largement décoratif joué depuis leur nomination par les deux vice-présidents, et le peu de considération manifestée naguère encore par le chef de l’Etat pour Bouthayna Chaaban, dont il n’écoute apparemment pas les conseil politiques et qu’il charge d’annoncer aux médias des projets qu’il n’a nullement l’intention de mettre en œuvre… Surtout, la poursuite simultanée de la répression sanglante a immédiatement rendu caduc tout espoir de voir les manifestants répondre à une telle proposition, qui ne pouvait que leur apparaître comme une manœuvre destinée non pas à répondre à leurs revendications politiques, mais à casser la dynamique de leur mouvement.

 

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Convaincu que "l’exception syrienne" le maintiendrait hors d’atteinte des soubresauts du "Printemps arabe", et persuadé que le mur de la peur édifié autour de sa population par près de 50 années d’état d’urgence et d’abandon de la société aux services de sécurité suffirait à le protéger, le régime de Bachar Al Assad a tardé à prendre la mesure du mécontentement des Syriens. Il a répondu à leurs demandes comme il l’avait toujours fait, en adoptant à leur égard une posture agressive et en s’efforçant de les réduire au silence par la force des armes. Deux mois après le début du mouvement de protestation, son bilan apparaît des plus mitigés. Certes, il est toujours en place et il a sauvegardé l’essentiel, son unité et celle des forces armées. Il conserve autour de lui un certain nombre "d'amis". Mais il a déjà joué et gaspillé plusieurs cartes, puisque les manifestations se poursuivent et qu’elles vont même en se développant. Arrivées trop tard et proposant trop peu, les concessions finalement annoncées par le régime se sont révélées incapables de répondre aux revendications des manifestants, elles aussi devenues plus radicales avec le temps. Tout donne à croire que la "coalition autoritaire" au pouvoir continuera à "faire de la résistance"

Mais elle ne fera ainsi que s’enfoncer plus profondément dans l’impasse où, par aveuglement et surdité, elle s’est elle-même engagée.

 

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 07:52

par Marinella Correggia

 « Est-ce possible : bombarder l’après-midi, juste à côté d’une université ? Heureusement qu’il n’y avait pas d’étudiants : nous avions fermé, ce jour-là, à cause d’un problème survenu la veille ». Ali Mohamed Mansour, originaire de Ajdabiya et recteur de la faculté d’économie et de sciences politiques de l’université Al Fateh, explique que c’est un camp militaire hors d’usage qui a été visé et touché, mais que le déplacement d’air a endommagé les salles de l’université. Il nous montre les lourds plafonds de ciment écroulés, les vitres brisées : « Quels Libyens protège-t-on et quels sont ceux qu’on veut éliminer ? ».

A l’Académie des études supérieures, le directeur Milad Salad Milad nous montre sur son ordinateur la photo de sa fille Safà, deux ans et demie. La première nuit de bombardements, deux missiles sont tombés à 500 mètres de chez eux. En deux mois, Safà s’est plus ou moins habituée. Son père par contre ne s’est pas habitué à un autre fait : « Je me sens trahi par nos amis universitaires d’avant. Nous avions des contacts avec des centaines d’entre eux. Et deux seulement se sont manifestés, de l’étranger, depuis que la guerre a commencé. L’establishment ne m’intéresse pas, les Berlusconi qui passent du baisemain au poignard, mais mes collègues… pourquoi ? A cause, je crois, des mensonges quotidiens de la plupart des media ».

Leila, étudiante de Sabrata, et Sausan, revenue des Etats-Unis il y a six ans avec un master d’anglais, demandent pourquoi les media mentent et pourquoi l’ONU ne cherche pas la vérité. Réponse du professeur Saad Al Ghariani, enseignant de gestion des eaux : « Parce qu’en guerre la vérité n’a pas de dents . Et dans le cas libyen le type d’intervention extérieure choisi a accentué le conflit au lieu de le modérer ».

L’ingénieur Abdusalam Daghais s’arrête sur le projet de société des opposants de l’est : « Un groupe hétérogène avec une seule idée fixe : Kadhafi doit partir. Mais que veulent-ils pour le pays ? Plusieurs leaders de la révolte sont des anciens du régime. Ils sont parmi les responsables de la politique libyenne de ces derniers lustres. Et de la corruption aussi. D’autres sont à peine rentrés, après des décennies passées à l’étranger. Des aliens. Et puis parmi eux il y a des islamistes d’extrême-droite, des monarchistes, d’autres qui se disent communistes. Comment se mettront-ils d’accord ? Leur leader, Jibril, dit que la Libye devra devenir une économie de services. Il veut dire nous vendre au tourisme ? ».

Le professeur Al Ghariani poursuit : « Je ne suis pas un politicien, je vis modestement dans un appartement et je gagne ma vie comme enseignant, donc je peux me permettre de dire quelque chose sur le « Kadhafi dictateur ». C’est un mauvais usage du terme et pas tellement parce que formellement il n’a pas de charges : dans une structure comme celle de la Libye dirigée par les tribus, un leader est accepté s’il connaît les besoins de la population et arrive à les satisfaire. Et pendant ces dix dernières années les choses s’amélioraient. Cette guerre tue la fleur en bouton. La majorité des Libyens désire des changements, la lutte contre la corruption, mais n’accepte pas cette énorme crise créée par un groupe restreint ». 

Entre-temps, samedi dernier (21 mai 2011) s’est terminée la visite de notre groupe international, Global Civilians for Peace in Libya, invité par l’ONG Fact Finding Commission qui essaie de recueillir depuis Tripoli des preuves et des témoignages sur la guerre en Libye et sur les mensonges et réticences qui y sont attachés. Même si cela a toujours eu lieu sous l’œil attentif de nos anges gardiens libyens, des choses nous en avons vues et des témoignages nous en avons entendus pour nous faire une idée.

Les Global Civilians (à qui le vice-ministre des affaires extérieures Khaled Khaim a dit qu’il espérait beaucoup du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine prévu pour aujourd’hui -25 mai 2011, NdT- à Addis Abeba) en appellent à l’Ua, à l’ONU et à la Ligue Arabe pour que soient menées des enquêtes sérieuses sur le terrain. La délégation  dénonce l’attaque de l’OTAN contre des infrastructures civiles et contre des citoyens. Et le silence des media face aux diverses preuves vidéos et témoignages d’atrocités commises par les alliés libyens de la « coalition des volontaires ».

Les victimes de guerre, affirme-t-elle, sont des dizaines de milliers si on tient compte des personnes évacuées. Le sort des migrants est pire, si tant est que ce soit possible. Et à ce propos : les anciens travailleurs africains d’origine sub-saharienne en Libye orientale sont dans une « situation d’extrême urgence » selon ce que dénonce la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh). Malmenés, volés, licenciés sans paye, dans certains cas tués, les femmes souvent violentées (la même accusation, inversée, parle de 270 femmes victimes des « viols de guerre » des troupes de Kadhafi). Mais au contraire de cette partie de la Libye sous contrôle de Kadhafi, où on a beaucoup parlé de toutes sortes d’atrocités, dans les pays et dans les journaux du démocratique Occident le sort de ces migrants semble n’intéresser et n’indigner personne.

Lien : http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24969

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 06:43

Misrata : une ville détruite selon des images filmées par «les insurgés»

 

 

 

 

 

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Les événements militaires en carte...

Cliquer pour agrandir la carte : http://www.libyafeb17.com/wp-content/uploads/2011/05/map-libya-may-25-dove.png

carte-libya-may-25-dove.png

 

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 Obama et Cameron veulent le départ de Kadhafi

Barack Obama (à gauche) en compagnie de David Cameron hier, à Londres.<br />  Photo : Agence Reuters Paul Hanna  Barack Obama (à gauche) en compagnie de David Cameron hier, à Londres.
 
 
Tripoli — Les alliés américain et britannique se sont engagés hier à maintenir la pression militaire sur le régime libyen contesté de Mouammar Kadhafi.

L'intensification des frappes de l'OTAN ces derniers jours a en revanche provoqué le courroux de la Russie qui a dénoncé des «écarts grossiers» par rapport au mandat du Conseil de sécurité de l'ONU ayant ouvert la voie aux bombardements destinés à protéger les civils de la répression de M. Kadhafi.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réitéré son appel aux autorités libyennes pour un «vrai cessez-le-feu» et des «négociations sérieuses» sur une transition politique, affirmant avoir discuté longuement la veille avec le premier ministre libyen.

En visite d'État à Londres, M. Obama a expliqué aux côtés du premier ministre David Cameron que triompher du colonel Kadhafi serait «un processus lent», car «dès lors que vous excluez le recours aux forces au sol, vous êtes confrontés à des limites inhérentes aux opérations aériennes».

Plus de deux mois après le début de l'intervention militaire internationale le 19 mars et le refus persistant du dirigeant libyen de quitter le pouvoir, M. Obama a ajouté que «l'opposition libyenne qui est sur le terrain devra prendre ses responsabilités».

«Nous continuerons les frappes jusqu'à ce que les attaques de Kadhafi contre les populations civiles cessent», a-t-il souligné. «Le temps travaille contre Kadhafi, il doit quitter le pouvoir et laisser la Libye au peuple libyen.»

«Il est impossible d'imaginer un futur pour la Libye avec Kadhafi au pouvoir, il doit partir», a renchéri M. Cameron. «Le président Obama et moi-même pensons qu'il faut accroître la pression en Libye», a-t-il dit en refusant de confirmer l'envoi d'hélicoptères britanniques en Libye.

Ces propos interviennent alors que Tripoli est la cible de raids intensifs de l'OTAN depuis le début de la semaine. Mardi soir encore, huit puissantes explosions ont secoué le secteur de Bab Al-Aziziya, résidence du dirigeant libyen, alors que Paris a affirmé que les pros Kadhafi entretenaient un climat «de terreur» dans la capitale libyenne.

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a dit vouloir «favoriser l'organisation d'une convention nationale réunissant autour du Conseil national de transition tous les partenaires futurs d'une Libye nouvelle: les autorités traditionnelles et aussi des transfuges de Kadhafi».

Parallèlement, sur le plan diplomatique le chef de l'État sud-africain, Jacob Zuma, doit se rendre lundi à Tripoli pour discuter avec Kadhafi d'une stratégie de sortie qui lui permettrait de quitter le pouvoir. Un membre de la présidence sud-africaine a précisé que les services de M. Zuma travaillaient à ce sujet avec la Turquie, seul pays musulman de l'OTAN.

Le Caire a, de son côté, annoncé sa décision d'envoyer bientôt un émissaire, Hani Khallaf, à Benghazi, «capitale» de la rébellion, afin de participer à l'élaboration d'un règlement. M. Khallaf s'était rendu à Tripoli auparavant.

Sur le terrain, Amnesty International a annoncé avoir découvert à Misrata, ville côtière assiégée de l'Ouest, plus d'une vingtaine de mines antipersonnel autour de positions abandonnées par les pros Kadhafi.

Le fait que «ces mines aient été installées dans des quartiers résidentiels indique que les forces de Kadhafi cherchent délibérément à s'en prendre aux civils», a estimé l'organisation de défense des droits de la personne.

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Avec Reuters
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Vers un cessez-le-feu ?

  

Des pourparlers sans conditions avec les rebelles ? Mouammar Kadhafi serait-il prêt à négocier son départ ? De nouveaux signes le laissent penser. Baghdadi Mahmoudi, le chef du gouvernement a indiqué qu'il allait envoyer un message aux dirigeants internationaux pour leur proposer un cessez-le-feu immédiat sous contrôle de l'ONU. Cette information est révélée jeudi par The Independent. Le quotidien britannique affirme avoir pris connaissance que le régime du colonel Mouammar Kadhafi est prêt à entamer des pourparlers sans conditions avec les rebelles, déclarer une amnistie et discuter d'une nouvelle constitution. Et ce, alors que le sommet du G8 démarre ce jeudi à Deauville.

Selon le chef du gouvernement libyen, « la future Libye sera radicalement différente à celle qui existait il y a trois mois. Cela a toujours été notre projet. Mais maintenant nous devons accélérer le processus. Mais pour ce faire, nous devons mettre fin aux combats, commencer à discuter, nous entendre sur une nouvelle constitution et créer un système de gouvernement qui reflète la réalité de notre société et soit à la fois conforme aux exigences d'une gouvernance moderne».

Dans le même temps, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a réitéré son appel aux autorités libyennes pour un «vrai cessez-le-feu» et des «négociations sérieuses» sur une transition politique. De son côté, alors qu'il est en Angleterre, et plus de deux mois après le début de l'intervention militaire internationale Barack Obama a affirmé que les frappes continueront «jusqu'à ce que les attaques de Kadhafi contre les population civiles cessent». Présent aux côtés du président américain, David Cameron, le premier ministre britannique a indqué qu' «il est impossible d'imaginer un futur pour la Libye avec Kadhafi au pouvoir. Il doit partir».

Selon une source gouvernementale britannique citée par The Independent, les pays occidentaux pourraient accepter un cessez-le-feu à la condition que Kadhafi parte en exil. Le 15 mai dernier Baghdadi Mahmoudi avait déja affirmé que le régime libyen était prêt à un cessez-le-feu immédiat qui coïnciderait avec un arrêt des frappes de l'Otan, en recevant l'envoyé spécial de l'ONU Adbel-Elah al-Khatib.

 

 

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Les "Tigres" auront-ils la peau de Kadhafi ?

 

Si le colonel Kadhafi avait choisi de faire du temps qui passe un allié de taille pour sortir vainqueur de la guerre qu’il mène sur deux fronts, celui des insurgés, d’une part, et, d’autre part, celui des Occidentaux, il doit à présent commencer à déchanter ; car, deux bons mois après le début de l’opération aérienne sous commandement de l’Otan, il n’a pas vraiment de quoi pavoiser.

S’il est vrai que la guerre s’est effectivement enlisée sur le terrain, mais le bilan personnel que le Guide peut en faire est désastreux : son épouse et sa fille ont préféré prendre la clé des champs, un fils et des petits-fils du Guide ont trouvé la mort dans les bombardements de l’Otan, sa résidence de Bab el Azizia est de plus en plus fréquemment bombardée, et lui-même constitue désormais une cible de choix en dépit des bonnes déclarations des Occidentaux, qui assurent qu’ils ne recherchent nullement la mort de Kadhafi.

Mais il semble que le pire reste à venir pour le Guide. Les Occidentaux, face à l’enlisement de la guerre et sans doute aussi poussés par quelque hâte d’en finir avec le sale boulot, ont décidé de changer de tactique. Cette rupture de stratégie, c’est le chef de la diplomatie française qui l’a annoncée : la France a pris la décision d’envoyer des hélicoptères de combat en renfort aux troupes déjà opérant sur place.

Sitôt dit, sitôt fait : juste quelques heures après la révélation d’Alain Juppé, étaient embarqués depuis le port français de Toulon, 12 hélicoptères de combat (des Tigres) à destination du pays de Kadhafi. L’initiative traduit bien que les Occidentaux reconnaissent implicitement que l’efficacité de leur intervention en Libye est, somme toute, toute relative. Les frappes aériennes opérées depuis les avions de chasse n’atteignent pas forcément certaines cibles au sol et c’est bien ce qui explique la difficulté à faire proprement le boulot.

Le résultat visible en est que le Guide, même affaibli, tient toujours. Il a régulièrement plié, certes, mais il n’a toujours pas rompu. Nul doute que l’entrée des « Tigres » français dans la guerre libyenne changera considérablement la donne. La chose d’ailleurs n’est pas sans rappeler le rôle joué par d’autres hélicoptères français en Côte d’Ivoire peu de temps avant la chute de … Laurent Gbagbo.

Et c’est dans cette atmosphère qu’il se susurre que Kadhafi proposerait de renoncer au pouvoir, à la condition toutefois qu’on lui permette de rester en Libye ? Trop gros comme scoop ? Info ou intox ? On finira par distinguer le bon grain de l’ivraie.

Toujours est-il qu’à supposer qu’il soit dans les intentions du Guide de vider les lieux, on ne voit pas comment la seconde partie de l’offre serait réalisable ; car, à ce jour, ni les insurgés, avec à leur tête le CNT, ni la coalition des forces de l’Otan n‘imaginent un Kadhafi libre de toute poursuite et buvant son lait de chamelle sous quelque tente climatisée dressée aux confins d’une lointaine contrée du territoire libyen.

Le Guide a eu le tort d’avoir irrité trop de monde. Et c’est tout ce beau monde, aujourd’hui, qui trépigne d’impatience de lui faire rendre gorge. On mettra tous les moyens qu’il faudra à cet effet. La seule route de l’exil qu’on lui consentira mènera tout droit à la CPI. Qu’il se trouve d’autres dictateurs de la pire espèce qui, en ce moment même, en matière de tueries et de massacres, à tout le moins, égalent le Guide libyen, cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

Il se peut que les Occidentaux s’occupent d’eux lorsque viendra leur tour. Et puis, il faut toujours commencer par un bout ! Sans compter que la Syrie, c’est tout de même un os diplomatique d’une autre espèce que la Libye. Pour le moment, l’urgence, c’est Kadhafi : tchoco tchoco, on s’offrira son scalp.

Jean Claude Kongo — LObservateur paala
 
Lien : http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve6971
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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 06:40

Quinze mille Grecs répondent à l'appel des "indignés" d'Espagne

 

Quinze mille Grecs répondent à l'appel des "indignés" d'Espagne

 

Quinze mille Grecs inspirés par les "indignés" d'Espagne se sont rassemblés mercredi devant le siège du Parlement, à Athènes, pour protester contre les mesures d'austérité. (Reuters/Yiorgos Karahalis)

 

Quinze mille Grecs inspirés par les "indignés" d'Espagne se sont rassemblés mercredi devant le siège du Parlement, à Athènes, pour protester contre les mesures d'austérité aux cris de "voleurs!".

"Dehors, la junte du FMI!", clamait l'une des banderoles brandies lors de cette première manifestation apolitique depuis le début de la crise liée à la dette publique.

Le rassemblement, organisé via Facebook, répondait à un slogan des manifestants espagnols, invitant les Grecs à "se réveiller".

"Nous sommes réveillés! Quelle heure est-il? L'heure qu'ils s'en aillent!", leur ont-ils répondu par banderole interposée, évoquant leurs dirigeants.

"Ça me met en colère que les Espagnols disent que nous sommes endormis. C'est le moment de se réveiller. On ne peut pas continuer comme ça", s'est indignée Elsa Karanikola, une femme au foyer de 45 ans qui a pris part à la manifestation d'Athènes, place Syndagma, où toutes les catégories d'âge étaient représentées.

En quelques jours, le groupe Facebook "Colère à Syndagma" a rassemblé 30.000 membres. D'autres manifestations ont eu lieu à Thessalonique, dans le Nord, et à Patras, dans l'Ouest.

Le gouvernement grec a annoncé lundi une série de privatisations et a promis de nouvelles mesures d'austérité pour assainir les comptes publics.

Dina Kiriakidou, Jean-Philippe Lefief pour le service français

Par Reuters
Lien : http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/quinze-mille-grecs-repondent-a-l-appel-des-indignes-d-espagne_996623.html
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Les "Indignés" français veulent prendre le relais
 
Les "Indignés" français veulent prendre le relais

Les "indignés" français ont laissé des traces place de la Bastille.

 

Le mouvement des "Indignados" né en Espagne, place de la Puerta del Sol à Madrid, trouve des échos dans toute l'Europe. En France, la mobilisation est encore faible.

La Bastille à Paris, la place Bellecour à Lyon, du Capitole à Toulouse, Victor Hugo à Grenoble ou celle de la République à Lille vont-elles être assaillies par des campeurs "indignés" dans les prochains jours? C'est en tous cas la volonté des collectifs qui les ont déjà prises d'assaut, surfant sur une vague qui, venue de Tunisie ou d'Egypte, a traversé la Méditerranée pour se développer en Espagne. Des initiatives très hispaniques, soutenues par des étudiants espagnols en Erasmus qui commencent à se franciser.

 

La "Réelle Démocratie Maintenant" se veut apolitique et prône la fin du système oligarchique. "Les politiques et les élites dans leur ensemble sont déconnectés de la réalité, dénonce Julien Kien, étudiant en Master II à la Sorbonne et fondateur du collectif Pas de Nom. Ce mouvement va au-delà des partis et concerne tout le monde. Les différentes affaires politiques et la crise de 2008 ont montré les limites de ce système. C'est l'occasion pour nous de faire des propositions concernant la justice, l'éducation, l'armée ou la Santé."

 

Sur les marches de l'Opéra Bastille, ils sont une centaine, surtout des jeunes étudiants pessimistes pour leur avenir, à avoir posé bagage. Loin du "village" de Madrid, dont les habitants se comptent en dizaine de milliers. Mais ils assurent recevoir les encouragements de retraités et de travailleurs de toutes sortes.

"Ce n'est pas très organisé et c'est bon signe, se réjouit Julien Bayou, du collectif Génération Précaire. Cela signifie que le mouvement est libre." Le jeune élu du conseil régional d'Ile-de-France est pourtant assez pessimiste sur les suites de la mobilisation en France: "Le contexte économique est le même qu'en Espagne, pas le contexte politique, analyse-t-il. La perspective d'alternance en 2012 laisse un espoir à bon nombre de Français découragés."

 

A travers les réseaux sociaux sur Internet, Facebook ou Twitter en particulier, les plus motivés tentent de rameuter des partisans et d'éviter l'instrumentalisation idéologique qui pourrait détourner leur message. "Nous sommes en pleine période de partiels, explique un étudiant de Nanterre, qui préfère s'atteler aux révisions. Je soutiens le mouvement, qui n'est plus seulement espagnol et s'étend y compris au Chili ou aux Etats-Unis. Mais, il ne faut pas que les anarchistes les moins audibles prennent la tête des cortèges!"

Prochain rendez-vous le 29 mai, place de la Bastille à Paris, les "Indignés" pourront juger de leur capacité de mobilisation.

 

Lien : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-indignes-francais-veulent-prendre-le-relais_996533.html

 

 

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Les "Indignés" français s'organisent : quelques informations
 

Nouvelles en «vrac»  par Antoine

« Salut à tous,

Des nouvelles de Bastille.

Nous avons assisté, Gabriel, Daniel, Pierrot et moi à une belle assemblée générale. Eric est passé aussi. Et Amdi du 14 janvier sur la fin. Beaucoup de gens qui ne font pas parti du milieu militant habituel, ce qui est bon signe sur leur capacité à mobiliser. L'autre bon signe est la dimension internationale que les espagnoles ont réussi à donner à leur mouvement, présent dans toute l'Europe (30.000 personnes à Athènes, des assemblées partout en Europe, en Amérique N et S, ...). Le fonctionnement AG + commission est très bien mais pas assez rodé. Ils vont organiser une coordination des AG françaises.

Ce n'est pas vraiment un mouvement populaire en France, mais c'en est bien un en Espagne et peu le devenir partout où les raisons sociales le demandent.

Ce qui est intéressant c'est que le mouvement social en rebondissant sur l'actualité peut reprendre l'initiative, sans attendre un projet de réforme.

Ont été évoqués : les diffs sur les lieux de travail et dans les universités, la grève générale, etc ...

Je pense que ce mouvement n'est pas encore aboutit sur ses revendications, mais en comporte suffisamment (précarité, racisme, institutions internationales, non au TCE, ...). Nous pouvons contribuer à l'enrichir malgré la dimension "individuelle" apartidaire. Ce qui suppose que chacun vienne en temps qu'un individu, ce qui est un souhait assez ferme des organisateurs.

Surtout nous pouvons aider à faire le lien avec les révolutions arabes :

- nos panneaux seront les bienvenus dimanche pour la grande journée.

- samedi, nous ferons le point fixe à Barbès (RV 10h), rejoints à 13h par un collectif quartiers populaire (qui exactement ?) et à 14h par la manifestation d'ailleurs nous sommes d'ici, cette manifestation se dirigera vers République, où il y aura un concert, puis nous inviterons à rejoindre la Bastille.

- nous avons pris contact avec la commission "internationale" pour faire le lien militant avec les révolutions arabes

Vous êtes donc tous invités à :

- proposer des articles pour les panneaux d'ici vendredi matin

- venir à l'AG Bastille vendredi soir

- venir au point fixe à Barbès samedi matin pour une longe et riche journée militante

- rejoindre Bastille dimanche en début d'après midi.

- faire tourner ces informations

Chronophage !  

Le site officiel : http://reelledemocratie.com/

Quelques chiffres: 30 000 à Athènes ,plus de 500 à Paris, 200 à Bayonne, 200 à Nantes, 100 à Pau, 300 à Rennes, 300 à Toulouse, 150 à Lyon, 150 à Montpellier, 150 à Grenoble, 100 à Nancy. ça monte !!

PS pour ceux qui sont disponibles, action demain à 9h contre le G8 à Stalingrad.

RV demain jeudi à 19h au local ATTAC 21 ter rue voltaire pour une réunion sur la dette tunisienne »

 

 

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Les "Indignés" espagnols

 

 

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Avec les Indignés, au coeur de Madrid
 
  

Quand ils sont d'accord, ils lèvent les mains au ciel et les bougent comme des marionnettes. Le seul bruit qu'on entend alors, c'est le léger tintement des bracelets au poignet des filles. Pas un cri, pas une prise de bec, pas un juron. Quand ils ne sont pas d'accord, ils miment, toujours avec leurs doigts, une bouche qui se ferme. Pour se faire entendre, ils se passent de petits mégaphones à piles qui nasillent les mots d'une « révolution » en cours. Pacifique et sans doute implacable.

Voilà bientôt une quinzaine de jours que le coeur de Madrid (et de nombreuses villes espagnoles) vibre d'assemblées menées à un train d'enfer. Tôt le matin, et jusqu'à très tard dans la nuit. Ce jour-là, la Puerta del Sol, la Porte du Soleil, n'a jamais aussi bien porté son nom. Il n'est pas midi et l'astre jaune cogne sec sur ces centaines de jeunes gens assis sur le pavé. Des mains bienveillantes vaporisent de l'eau. LesIndignés, comme ils se désignent eux-mêmes, ont sorti les ombrelles.

C'est un immense bivouac foutraque de tentes Quechua, de bâches bleues tendues sur des tonnes de revendications, d'utopies et de rêves. C'est une pluie incessante de slogans, d'aphorismes, de pensées couchées à la volée sur des bouts de papier qu'on colle ou qu'on épingle ici et là. Et qui font des guirlandes. L'inusable « Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir » se frotte au rugueux« Les gens honnêtes au soleil, les corrompus à l'ombre ».

 « Depuis le temps qu'on se plaint, on savait que ça allait arriver. Au moins, le monde entier sait qu'on n'est pas contents. » Cristina, Sayoa et Claudia ont 22 ans. Les deux premières se préparent à devenir institutrices. La troisième arrive de Londres où elle a terminé en janvier des études dans la mode. « Je vais être obligée de repartir,se résigne-t-elle. Je ne trouve rien ici. RIEN. De toute façon, quand tu trouves une place, on t'exploite. »

Tous ces jeunes, étudiants, travailleurs précaires, chômeurs ,continuent évidemment à vivre chez papa-maman, dans une capitale où les loyers et les garanties exigées par les propriétaires deviennent « délirants ». Cristina marmonne : « Quand je vois mes grands-frères de 34 et 26 ans qui habitent toujours à la maison ! »

« Une réaction sentimentale »

Au terme d'un reportage que nous avions effectué il y a trois mois en Espagne, nous nous étonnions que la jeunesse de ce pays garde encore son calme. Près de cinq millions de chômeurs, 43 % des jeunes sans emploi, record européen. L'âge de la retraite qui passe à 67 ans, l'aide de 426 € aux chômeurs en fin de droits supprimée !

À la mi-mai, les digues ont fini par tomber en poussière. Sous l'effet conjugué des élections municipales et de l'adoption d'une loi contre le téléchargement gratuit de la musique et des films sur Internet. La turbine des réseaux sociaux, Facebook, Twitter,a fait le reste.

« Ce mouvement, analyse le sociologue Gonzalo Caro, spécialiste de la jeunesse,est plus civique qu'idéologique. C'est une réaction émotive et sentimentale. Une indignation. Par exemple, on n'accepte plus qu'une grande banque, aidée par l'État pendant la crise, fasse des millions de bénéfices pendant qu'un demi-million de familles sont expulsées de leur maison. »

Le tsunami politique qui a balayé dimanche les socialistes du PSOE au profit des conservateurs du PP n'a pas ému les Indignés. « Les uns et les autres n'arrêtent pas de se passer, de se repasser la balle, s'indigne Miriam, 26 ans, diplômée en sciences économiques. Ça me donne la chair de poule. » Pour Gonzalo Caro, « ce mouvement défend des principes éthiques sur le fonctionnement politique plutôt qu'une prise de pouvoir. »

Jusqu'où ira cette vague hétérogène qui brasse jeunes, vieux, étudiants, chômeurs, précaires, squatters, gens de gauche, de droite et « d'autres qui s'en foutent » ?Fernando, 27 ans, pizzaïolo, jure : « Que ce soit clair : on n'est pas anti-système. Nous sommes des gens normaux. On veut juste vivre dans un monde civilisé. Où la politique est au service des gens. Qu'on en finisse avec l'arnaque et le mensonge. »

 

Lien : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Avec-les-Indignes-au-coeur-de-Madrid-_3639-1810189_actu.Htm

 



 
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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 15:30

URGENT : Faites votre C.I.N. pour les élections du "24 JUILLET "

 

Pour ceux qui résident en France

Si vous n'avez pas la carte d'identité informatisée pour voter le 24 Juillet, il est nécessaire de procurer les documents suivants :

 

- Un extrait d'acte de naissance intégral tunisien (- de 3 mois), on peut l'avoir au consulat en se munissant du passeport et du livret de famille .

- Un certificat de nationalité tunisienne : on peut l'avoir en même temps que l'extrait de naissance.

- Une autorisation parentale pour les - de 18 ans (pourra voter celui qui aura 18 ans le 23 juillet, les personnes nées le 23 juillet 1993 sont incluses).

- Une copie de carte de séjour ou carte d’identité française.

- Un certificat de scolarité ou copie de carte d'étudiant.

- 4 photos d'identité (vue de face, sans lunettes, sur fond blanc).

- Une copie de carte consulaire si possible. 

 

Pour les parisiens, il vous faudra passer par un des deux consulats pour récupérer les papiers mentionnés plus hauts :

 

 - Pour ceux habitant les départements 92, 93, 78, 77, 95 => Consulat de Pantin : 101 Avenue Jean Lolive, ouvert lundi, mardi, mercredi, jeudi de 9h à 13h, vendredi de 9h à 12h (arrivez le plus tôt possible, mais ne soyez pas impressionnés par la queue)

 

- Pour ceux habitant les départements 75, 91, 94 (et pleins d'autres aussi, voir sur le site) => Consulat de Paris : 17 Rue Lubeck, Paris 16e (métro Iéna) Ensuite, c'est au consulat de Paris (17 rue Lubeck) que les demandes de cartes sont effectuées. Dépêchez-vous de le faire si vous n'en avez pas encore, et diffusez le message ! (Admin MAT)

 

Source :

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:23

 

هؤلاء لقطاء حزب التجمّع الحقير

حزب الوطن
حزب آفاق تونس
حزب المستقبل
الحزب الليبيرالي المغاربي
حزب العدالة و الحرية
حزب الوفاق الجمهوري
حزب أحرار تونس
الاتحاد الشعبي الجمهوري
حزب الاستقلال من أجل الحرية
حركة الكرامة و الديمقراطية

 

Source : http://www.facebook.com/home.php?sk=group_144642818925903&id=174385775951607

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 06:06

Après deux mois de guerre, l'Otan doit-elle craindre l'enlisement ?

 

Les frappes aériennes de l'Otan n'ont pas cessé depuis le 17 mars mais le colonel Kadhafi est toujours au pouvoir. La stratégie de l'Otan visant à intensifier la pression sur le régime libyen semble jouer la carte de l'épuisement.

 

Après deux mois de conflit et 3 025 missions de bombardement effectuées par l’Alliance, Mouammar Kadhafi tient bon. La crainte de l’enlisement des forces de l'Otan est dans tous les esprits : le Guide libyen est toujours au pouvoir, les morts civils et militaires se multiplient, la situation humanitaire des centaines de milliers de déplacés et réfugiés se détériore et, sur le terrain, la situation semble gelée.

 

A l’est du pays, la situation militaire est dans l’impasse : la ligne de front ne bouge pas. Les villes de Syrte, Ras Lanouf, et Brega sont toujours sous le contrôle de l’armée loyale à Kadhafi. Ajdabiya, Benghazi, al-Bayda et Tobrouk restent, elles, aux mains des insurgés, empêchant toute offensive des forces de Kadhafi sur Benghazi, bastion des insurgés depuis le début du conflit.
 
A l’ouest en revanche, les rebelles ont repoussé les forces loyales à Kadhafi en dehors de Misrata, assiégée pendant deux mois, et repris le contrôle de l’aéroport. Ils ont également le contrôle de Zintan, à 150 km environ au sud-ouest de Tripoli, près de la frontière tunisienne.
Mais depuis plusieurs semaines, les forces de Kadhafi attaquent à l’arme lourde la région frontalière du nord-ouest de la Libye, soulevées depuis la mi-février. Ils tentent d’ouvrir une voie jusqu’à Dehiba, point de passage frontalier avec la Tunisie, aux mains des insurgés depuis le 21 avril.
L’insurrection garde cependant rageusement le contrôle de la route des montagnes de Zintan à Dehiba qui leur permet de ravitailler les villes libres de la région.

 

 

 

 
La coalition intensifie son engagement
 
Du côté des forces de la coalition, tous les moyens sont engagés pour accélérer la chute du colonel Kadhafi. Le temps est compté : la France voit en effet poindre à grands pas la date butoir du 17 juillet où le gouvernement doit demander au Parlement l’autorisation de poursuivre son opération en Libye.

 

Des porte-hélicoptères français et britannique, le Tonnerre et le HMS Ocean, ont donc été dépêchés au large des côtes libyennes, a déclaré lundi le ministre français de la Défense Gérard Longuet, en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. À bord du bâtiment français qui a appareillé discrètement de Toulon le 17 mai, une douzaine d’hélicoptères de combat qui doivent permettre de procéder à des frappes au sol plus précises.

Barack Obama et le Premier ministre Britannique David Cameron ont également promis de maintenir la pression sur le Guide libyen tant qu’il ne respecterait pas les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Adoptée le 17 mars 2011, la résolution 1973 du Conseil de sécurité appelle à un cessez-le-feu immédiat, à un arrêt des attaques contre les civils, au respect des droits de l’homme et à la prise en compte des aspirations des Libyens.
Dans une tribune commune publiée ce mardi dans les colonnes du Times, les deux dirigeants britannique et américain assurent qu'ils ne resteront pas sans rien faire alors que les aspirations des manifestants sont "réprimés par une pluie de bombes, de balles et de tirs de mortiers."
Une victoire par "épuisement" ?

D’après les chiffres de l’Alliance atlantique – qui ne comptabilise les actions que depuis le 31 mars - la coalition a effectué plus de 7870 sorties en 60 jours d’opérations.
Plus de 80% de l’aviation libyenne a été anéantie et l’armée de terre aurait subi de lourdes pertes, a déclaré Gérard Longuet lors de son audition à huis clos, le 11 mai dernier, par la Commission de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat.
Mercredi dernier, les forces de l’Otan ont touché le complexe de Kadhafi à Tripoli, une agence de renseignement militaire et le siège de la télévision, ainsi qu’un obusier et un dépôt de munition.
Si Kadhafi est toujours là, les frappes militaires et navales de l’Otan sont destinées à provoquer l’attrition des forces du Guide libyen qui, au passage, serait poussé au départ. L'Otan a donc adopté une stratégie d'"épuisement", et non d'"anéantissement", comme l’écrit dans une tribune Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions de défense pour l’hebdomadaire Marianne. "Beaucoup évoquent un enlisement. Ils oublient un peu vite que Clausewitz [théoricien de la guerre, ndlr] affirmait qu’il y avait deux types de victoires possibles : par anéantissement et par épuisement. Notre époque médiatique est impatiente et ne conçoit plus la victoire militaire que quasi-instantanée."

 

 

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Kadhafi accepterait de quitter le pouvoir sous conditions

 

Kadhafi accepterait de quitter le pouvoir sous conditions
 

Le colonel Mouammar Kadhafi serait prêt à abandonner le pouvoir à condition qu'il puisse rester en Libye, écrit France Soir dans son édition de mercredi. (Reuters/Huseyin Dogan)

Le colonel Mouammar Kadhafi serait prêt à abandonner le pouvoir à condition qu'il puisse rester en Libye, écrit France Soir dans son édition de mercredi.

Citant des "sources sûres, proches du pouvoir libyen", le quotidien affirme que des émissaires du colonel Kadhafi rencontrent depuis quelques semaines, dans le plus grand secret, des responsables occidentaux, y compris français, "chaque partie voulant en finir vite".

Interrogé par Reuters, le ministère français des Affaires étrangères n'a pas confirmé l'existence de contacts avec des responsables français.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré mardi devant les députés que l'opération militaire de la coalition en Libye remporte des succès et devrait être terminée dans quelques mois au plus tard.

Selon France Soir, le colonel Kadhafi a été "traumatisé par la mort de son plus jeune fils et de trois de ses petits enfants dans un bombardement de l'Otan le 1er mai dernier et est las d'être traqué".

"Dans ce contexte, Kadhafi serait prêt à céder le pouvoir, d'autant plus que son entourage aurait désormais envie de tourner la page", ajoute-t-il.

Mouammar Kadhafi se sentirait "comme un lion en cage" et souffre de l'impossibilité de se déplacer, notamment dans le désert qu'il affectionne.

"Il passe chaque jour plusieurs heures sur internet en arabe, en anglais ou en italien. Il veut savoir ce qui se dit, savoir de quoi on parle, et quelles sont les dernières informations sur le web", ajoute France Soir.

Par Reuters
 
Lien : http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/kadhafi-accepterait-de-quitter-le-pouvoir-sous-conditions_996214.html

 

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Tripoli lourdement bombardé

 

Entamés vers 1 heure du matin, les raids des avions de l’Otan sur Tripoli ont duré plus d’une demi-heure et ont été particulièrement violents hier. Ils ont fait trois morts et des dizaines de blessés, selon le régime. Celui-ci affirme que l’Otan a mené son attaque contre une caserne de la garde populaire, des unités de volontaires qui épaulent l’armée, pas loin de la résidence de Mouammar Kadhafi, et que les victimes sont des civils habitant à proximité. L’Otan dit avoir frappé un entrepôt de véhicules militaires. Vers 15h30, trois nouvelles explosions ont été entendues à Tajoura, banlieue est de la capitale. « On se dit qu’il faut augmenter le rythme de nos opérations pour que le fruit tombe tout seul », a indiqué un haut responsable militaire de l’Otan ajoutant que l’objectif est que « fin juin, début juillet Kadhafi soit tombé ».

Les raids sont intervenus quelques heures après l’annonce de Paris de l’envoi d’hélicoptères pour des frappes au sol « plus précises ». En revanche Londres dit ne pas avoir encore pris la même décision, contrairement à des informations venues de France la veille.

 

Lien : http://www.dna.fr/fr/monde/info/5145720-Libye-Tripoli-lourdement-bombarde

 

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L'unique but de l'opération de l'OTAN en Libye est le renversement de Kadhafi (ambassadeur russe à l'OTAN)

L'ambassadeur de Russie à l'OTAN, Dmitri Rogozine, a déclaré mardi que les opérations de l'OTAN en Libye visent seulement à évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, mais pas exécuter les résolutions de l'ONU, selon l'agence de presse RIA Novosti.

"Ces actions ont été réduites à (tenter de) renverser le régime de Kadhafi, sans exécuter les résolutions de l'ONU," a indiqué M. Rogozine.

"Ceci est en conflit ouvert avec les résolutions du Conseil de sécurité, " a-t-il ajouté.

M. Rogozine a également révélé que la Russie a officiellement demandé à l'OTAN de clarifier sa position sur une opération terrestre imminente en Libye lors d'une réunion du Conseil OTAN-Russie mercredi.

"Nous avons des informations, et nous allons vérifier cette information en déposant des demandes écrites directes à l'OTAN", a dit M. Rogozine.

L'OTAN a déclaré que sa campagne aérienne avait réduit la capacité des forces du gouvernement pour attaquer les combattants de l'opposition et leurs partisans, et avaient effectivement forcé M. Kadhafi à entrer dans la clandestinité.

Toutefois, le conflit de trois mois semble s'enliser, avec une opposition qui contrôle la partie orientale de la Libye et certaines localités de l'Ouest, mais ne peut pas avancer vers l'ouest en direction de la capitale, Tripoli.

La résolution 1970 du Conseil de sécurité a imposé un embargo sur les armes contre la Libye et imposé des sanctions sur les membres du cercle intime de Kadhafi, alors que la résolution 1973 a autorisé la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye.

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 05:32

Lire le manifeste des "indignés " Espagne : Manifeste de « Democracia Real Ya ! »... Cela me fait rappeler la Kasbah tunisienne et la place Tahrir égyptienne... Suivez le DIRECT... 22-05-2011

logo
En direct : http://www.soltv.tv/soltv/index.html (une vue de la Puerta del Sol en direct)

 

 

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Le mouvement des Indignés espère durer

 

Espagne: le mouvement des Indignés espère durer

Sur la Puerta del Sol de Madrid et sur d'autres places centrales de villes espagnoles, des dizaines de milliers d'Espagnols se sont installés depuis le 15 mai dernier, mobilisés contre le chômage et le système politique actuel.

 

Reuters/Paul Hanna

Les élections espagnoles sont passées, mais les Indignés de la Puerta del Sol, à Madrid, ne comptent pas plier bagage. Comment leur mouvement peut-il évoluer? Notre correspondante est allée leur poser la question.

A l'atelier menuiserie, on donne des coups de marteaux à tour de bras. On fabrique des étagères, on rafistole des tables ou des chaises. 100% récup et recyclage, bien sûr. Sur la Puerta del Sol, les assemblées et les réunions de commissions se poursuivent. La vie suit la routine de plus en plus rodée qui s'est établie en une semaine dans le campement de bâches bleues des Indignés. Comme si le petit village autogéré de la rébellion s'installait pour durer. Pourtant du côté des coordinateurs du mouvement, on pense au départ.

 

"Sol, c'est le kilomètre zéro de notre résistance, explique Juan, photographe free-lance de 26 ans, qui est devenu l'un des piliers du mouvement. Mais on sait bien que notre temps d'installation sur la place a une durée limitée. C'est un lieu trop central et symbolique de la ville. On ne peut pas y rester."

"Le mouvement va muter"

Dimanche dernier, l'assemblée générale a voté la prolongation de l'occupation pendant une semaine, pour se donner le temps de préparer l'avenir du mouvement. "Il ne va pas s'éteindre, il va muter, affirme Jonathan, membre de la commission d'organisation du campement. On veut transférer les énergies et sortir dans les quartiers. On est en contact avec les associations pour organiser des assemblées locales... Les premières réunions auront lieu ce samedi 28."

Pendant ce temps, les rumeurs d'une expulsion imminente courent sur le campement. Etre délogés par la police? "On n'y croit pas vraiment, affirme Edu, élève ingénieur arrivé avec son sac de couchage il y a cinq jours. On en a parlé avec les policiers qui surveillent les alentours. Ils savent qu'on a prévu d'être ici jusqu'à dimanche. Ils voient bien qu'on est un mouvement pacifique et personne ne veut chercher des images d'affrontement."

 

Dimanche 22, les élections municipales se sont soldées par un ras de marée de la droite, à un an des législatives. Constat d'échec en règle pour le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, qui fait les frais de la crise économique et du plan d'austérité accompagné de coupes sociales mis en marche depuis un an.

"Pour nous les élections ne changent rien, déclare Noelia, l'une des porte-parole du mouvement. On dénonce ce système de représentation politique, qui nous force à choisir entre deux fois la même chose, puisque la droite et la gauche appliquent la même politique économique. Au final c'est le système financier qui nous gouverne..."

Ce que les partis leur répondent...

Les partis politiques encaissent la critique à distance, pris de court par l'ampleur du mouvement. Du côté des socialistes on se borne à manifester une sympathie générique. A commencer par José Luis Rodriguez Zapatero, qui a déclaré "Si j'avais 25 ans je serais surement à la Puerta del Sol", comme si le mouvement n'était pas la critique en règle de sa propre impuissance en tant dirigeant de gauche.

A droite, un porte-parole du Parti Populaire compatit sur la "frustration" de la jeune au chômage et propose, presque sans ironie, de voter PP pour que ça change. "Seul Thomas Gomez, le candidat socialiste à la région de Madrid, a voulu nous rencontrer, juste avant les élections. On lui a dit que ce n'était ni le moment ni le lieu... c'est trop facile de jouer la récup." Depuis les élections, plus rien.

"Si quelque chose a bougé dans les partis, on aimerait bien le savoir", dit Juan. Mais s'ils misent sur l'extinction du mouvement, ils se trompent: "Quoi qu'il arrive maintenant, je crois qu'on a déjà gagné... on a levé les enthousiasmes. Il faut continuer les efforts, c'est un début magnifique et fort... mais maintenant il

  

Lien : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/espagne-le-mouvement-des-indignes-espere-durer_996130.html

 

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Point de vue

 

Espagne: un Evénement fondateur

 

Entretien avec Jaime Pastor

 

 

– Manuel Gari, membre de la rédaction de Viento Sur, écrit ce 22 mai 2011, dans une contribution intitulée «Demain commence le 15-Mai»: «L’irruption en pleine campagne électorale pour les assemblées communales et régionales d’un ample mouvement qui revendique sur la place publique ce qui est évident a un premier effet: il a bousculé les paramètres du «débat» politique traditionnel dans notre pays. Et ce qui est le plus important, il a rompu le sortilège de la démobilisation sociale dans laquelle nous semblions emprisonnés, sans remèdes. […]  Le mal-être s’est transformé en indignation. L’indignation s’est mise en marche sous la forme d’une action politique collective le 15 mai. Des exemples proches existaient, comme les mobilisations des «Jeunes sans avenir» [sans logement, sans boulot, sans retraite, mais cependant sans peur

– voir la traduction de leur plateforme à la fin de l’entretien avec Jaime Pastor]. Néanmoins, ces précédents ont été ignorés par les analystes et les décideurs. Et ce que les dirigeants politiques et leurs intellectuels organiques n’arrivaient pas à comprendre c’est que la force motrice de la mobilisation ne résidait pas tellement dans un éventail de revendications qui existaient antérieurement, mais dans la nécessité et l’objectif de récupérer la dignité. Parce que c’est de dignité qu’il s’agit. C’est ici que s’établit le lien place del Sol (à Madrid) et place Tahrir (au Caire): la dignité d’une jeunesse qui n’a pas d’avenir et agit aussi en notre nom, y compris ceux qui dans notre activité militante avons plus de passé que d’avenir.»

 

Après avoir souligné les différences et les similitudes entre les deux côtés de la Méditerranée, Manuel Gari indique «qu’un ample secteur de la société se sent maltraité et escroqué. Il a été le témoin silencieux d’un débat politique sectaire des partis, d’une corruption sans limites, de l’action d’un pouvoir judiciaire pour lequel la fin du franquisme n’a pas encore eu lieu, d’un PP (Parti populaire) qui annonce, à partir d’un discours vide, une nouvelle ère pour l’Espagne s’il la gouverne et d’un PSOE qui a perdu la crédibilité et son honneur en appliquant les politiques d’ajustement que lui dictaient les marchés, c’est-à-dire le capital. La société a été expropriée et, en particulier, la jeunesse qui majoritairement ne peut même pas perdre des droits sociaux puisqu’elle ne les a jamais acquis et à laquelle on propose cyniquement comme «voie de sortie» qu’elle devienne une partie du secteur des «entrepreneurs» […]. Le mouvement du 15 Mai (15-M) pose des questions centrales: Qui doit payer la crise? Comment et par qui les décisions collectives doivent être prises dans une société démocratique? Questions qui résument le contenu social et politique de ladite spanish revolution, sous une formule ingénue et exagérée.»

 

Nous reviendrons sur cette contribution de Manuel Gari. Nous nous limiterons, en ce 22 mai

2011, de citer sa conclusion: «Le 23 mai 2011 commencera une nouvelle étape du mouvement du 15-M dans un contexte où dans toutes les municipalités et les régions la politique d’ajustement  antisociale va se renforcer et où les politiques gouvernementales vont être déterminées par des nouvelles exigences régressives du Pacte pour l’euro. Le futur du mouvement «Démocratie réelle, maintenant» dépendra de sa capacité à offrir des réponses alternatives, à établir des alliances sociales amples, à dessiner des scénarios en relation avec les partis et à résoudre des nouveaux problèmes d’organisation qui permettent un fonctionnement stable, unitaire et pluraliste, quartier par quartier, bourgade par bourgade. Le résultat est incertain, mais le défi consiste à chercher à maintenir et renforcer l’esprit de place del Sol […] et de toutes ces places, ce qui est une aventure qui vaut la peine d’entreprendre.» Maintenant, la parole à un autre membre la rédaction de Viento Sur: Jaime Pastor. (Rédaction)

 

*****

 

 

Pouvons-nous déjà parler, en ce 20 mai 2011, d’un Mouvement du 15 mai? Comment le saut se fait-il entre une simple manifestation et un campement?

 

Jaime Pastor: Peut-être est-ce trop tôt pour le dire, mais je crois que oui, qu’effectivement les manifestations qui ont eu lieu dans plus de cinquante villes et les campements qui ont suivi sur les principales places de beaucoup de villes constituent un «Evénement fondateur» d’un nouveau type de mouvement social ouvrant des perspectives dans la durée. Toutes ces manifestations expriment une indignation collective face aux conséquences négatives de la crise pour une majorité sociale qui ne s’en sent par responsable.

Lors de «sauts» tels que ceux qui viennent de se produire entre manifestation et campement, les motivations peuvent être concrètes. Dans le cas de Madrid, par exemple, les arrestations qui ont eu lieu à la fin de la manifestation de dimanche passé (15 mai) ont conduit un groupe de personne à camper à la Puerta del Sol afin d’exiger la remise en liberté de leurs camarades. Ensuite, c’est le démantèlement du campement par la police qui a provoqué une nouvelle occupation et un nouveau campement le jour suivant et ainsi de suite.

Mais il y a sans doute également des facteurs généraux tels que l’«effet émulation ou contagion» qui jouent.On voit cela dans les comparaisons qui sont faites avec le symbolisme de la place Tahrir au Caire (tout en étant reconnue la différence de situation due au fait qu’il s’agissait pour les Egyptiens de faire tomber une dictature) et dans le fait que l’initiative de Madrid a agi comme une stimulation pour que les gens mobilisés dans d’autres villes expriment leur solidarité. Il s’agit ainsi d’occuper l’espace public dans des lieux spécialement symboliques.

 

Quelles peuvent être les causes de l’indignation de ces personnes?

 

 

J.P.: Il est difficile de généraliser, mais je crois que la cause la plus commune c’est la perception de l’injustice que suppose la réponse donnée par les grands partis à la crise systémique – financière, économique, sociale…– par ceux qui considèrent la «classe politique» comme étant corrompue et au service des grands pouvoirs économiques. Les gens voient que l’on fait payer la facture de la crise par ceux qui ne l’ont pas provoquée, à savoir les jeunes, les femmes, les personnes âgées et les immigrants, au moyen de graves coupes dans les droits sociaux fondamentaux. Le slogan de la plate-forme qui a pris l’initiative de ces mobilisations est très significatif, «Démocratie Réelle, Tout de suite» : «Nous ne sommes par la marchandise des politiques et des banquiers».

De plus, si nous considérons le fait que ce sont les jeunes qui sont les protagonistes de ces événements, le slogan de «Jeunesse Sans Avenir», une autre plate-forme d’appel (voir sa traduction ci-dessous), est lui aussi très représentatif de l’indignation de ceux qui dénoncent leur situation de «sans maison, sans boulot, sans salaire », tout en ajoutant immédiatement «Sans Peur», afin d’exprimer leur volonté de sortir de la résignation et de la recherche de solutions individuelles à la crise.

 

Comment peut-on interpréter cela dans le contexte d’une campagne électorale?

 

 

J.P: Je crois que c’est précisément parce que cela se passe en plein dans cette campagne électorale (locales et régionales, le 22 mai 2001) que cela suppose aussi une expression de protestation face à certains discours de partis que les jeunes considèrent comme faisant beaucoup de promesses qui ne seront pas tenues par ceux qui parviendront au pouvoir. Cela reflète d’ailleurs aussi ce que montrent les enquêtes : la «classe politique» est très largement considérée comme étant l’un des principaux problèmes et, par conséquent, l’on assiste à une désaffection citoyenne non envers la démocratie en elle-même, mais envers la démocratie réellement existante. Les gens pensent que cette démocratie s’est peu à peu vidée de sa substance et que les grandes décisions se prennent hors des parlements et des institutions représentatives. Une phrase de l’un des manifestes peut résumer cela : «Notre démocratie est séquestrée. Nous voulons la liberté ».

 

Dans quelle mesure cela est-il en relation avec les événements qui se passent au niveau mondial?

 

J.P. : Depuis l’éclatement de la crise systémique et financière de fin 2008 nous assistons au développement inégal, mais croissant de mouvements de protestation dans différents pays du « nord » face aux réponses néolibérales qui sont données à la crise. Dans l’Union Européenne, nous avons les cas de la Grèce, de la France, de la Grande-Bretagne et du Portugal. Nous avons aussi le cas, jusqu’à maintenant exceptionnel, de l’Islande, qui, à travers deux référendums, a refusé le paiement de la dette générée par une banque privée qui a fait faillite en raison de son propre «aventurisme» spéculatif. C’est pour cela que nous avons aussi vu des slogans tels que «l’Espagne debout, c’est une Islande» ou «Nous voulons être islandais».

Et, enfin, nous avons l’exemple de la révolte du monde arabe et du rôle joué par la jeunesse, à travers l’usage intensif et généralisé des nouvelles technologies de la communication. Sans doute cela a-t-il influé aussi sur nos propres réseaux sociaux qui se sont alors mis à préparer les mobilisations du 15mai passé.

 

Les mobilisations autour du 15 mai ont été appelées principalement par des réseaux sociaux sur l’internet. Dans quelle mesure l’internet change-t-il le panorama des mobilisations politiques?

  

 

J.P.: Manifestement, ces réseaux constituent une révolution dans la contre-information et la communication qui aident à contrecarrer les informations et l’opinion publiées dans les médias traditionnels et à diffuser leurs propres informations avec une rapidité et une économie de temps impensable par le passé. Ces réseaux permettent une coordination entre les militants très supérieure à ce qui existait jusqu’ici et font entrevoir la possibilité d’un fonctionnement plus démocratique et plus horizontal. Enfin, ils contribuent à faire plus facilement le pas entre l’espace virtuel et la réalité au moyen de la diffusion rapide des initiatives de rue et des répliques immédiates données aux réponses venant des autorités.

 

Que pensez-vous de la manière dont ces mobilisations sont couvertes par les médias traditionnels?

 

J.P.: Jusqu’au 15 mai dernier, il y a eu un silence quasi-total autour de ce qui se préparait à travers les réseaux sociaux, mais il est évident qu’il y a eu un changement d’attitude dès le jour qui a suivi, lorsqu’on a vu la légitimation sociale que les jeunes avaient obtenue et constaté l’écho massif rencontré dans les rues.

Mais il y a aussi des tentatives claires de montrer déjà les faiblesses présumées de ce mouvement. Son hétérogénéité (réelle mais logique et non négative en elle-même), sa possible manipulation par l’un ou l’autre parti (ce qui renvoie aux théories conspirationnistes en vogue qui prétendent nier les motifs réels de la protestation), l’existence de secteurs «antisystème» (utilisant cela comme une disqualification alors que nous avons vu des slogans comme «C’est le système qui est antipersonnel») ou «violents » (alors que l’on voit que l’option clairement majoritaire est la désobéissance civile non-violente).

Cependant, il y a aussi des médias (spécialement certaines radios) qui donnent la parole aux porte-parole des réseaux d’appel ou à des analystes qui contribuent à la compréhension de ce qui est en train de se passer. C’est quelque chose d’important qui peut aider les gens à chercher des réponses différentes de celles que les grands partis offrent sur le sujet de la démocratie réellement existante et sur la crise.

 

Pour finir, nous aimerions vous demander quels sont les effets possibles de ces mobilisations à long- comme à court-terme?

 

 

J.P.: Un effet important est déjà la construction d’une nouvelle subjectivité commune, plurielle et créative, propre aux gens qui participent à ces mobilisations. Cela est en soi déjà positif pour toutes ces personnes, puisque cela suppose que l’on sort de la paralysie et que l’on cesse de croire qu’il n’y a rien d’autre à faire face à la crise qu’aller voter ou non pour l’un ou l’autre parti le 22 mai.

L’effervescence collective que l’on est en train de vivre ces jours, le sentiment de se sentir faire partie d’un mouvement si étendu et synchronisé dans tant de villes et avec des références à l’échelle internationale, avec un répertoire de messages et d’actions très larges et chaque fois plus créatif, tout cela aura sans doute un impact sur toutes ces personnes. De cette expérience peut surgir un nouveau cycle de mobilisations soutenues dans le temps et de plus en plus coordonnées, même s’il est évidemment fort probable que différents réseaux, discours et propositions vont commencer à s’exprimer publiquement et que les premières tensions vont surgir dans le mouvement. Mais ce dernier point dépendra aussi de l’attitude qu’auront les pouvoirs publics et de leurs tactiques de cooptation et/ou répression face aux revendications des différents secteurs du mouvement. 


(Traduction A l’Encontre)

Jaime Pastor est professeur ordinaire de Sciences Politiques. Il fait partie de la rédaction de Viento Sur. 

 

 Lien : http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24921

 

 

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 05:00
 
 
Thala –Solidaire est une association dédiée à la région de Thala (une ville de l'ouest de la Tunisie située à 250 kilomètres de la capitale Tunis . Rattachée au gouvernorat de Kasserine depuis 1956, elle constitue une municipalité de 40 000 habitants et une délégation de 75 000 habitants).
 
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- Contribuer au développement économique, social et culturel de la région ,
 

- Encourager les hommes d'affaires à investir à la région de Thala afin de créer des postes d'emploi.
 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 03:51

Affrontement entre les partisans du cheik Lahmar et les forces gouvernementales

 

De violents affrontements font 38 morts à Sanaa, au Yémen

 

Des combats dans la capitale du Yémen

Photo: AFP/Gamal Noman  Des combats violents ont eu lieu pour une deuxième journée consécutive dans la capitale du Yémen.

 

Les affrontements armés se sont poursuivis mardi dans la capitale du Yémen, Sanaa, entre les forces gouvernementales et les partisans du chef tribal le plus influent, faisant 38 morts.

Une source médicale de l'Hôpital des sciences et de la technologie a indiqué à l'Agence France-Presse que 24 partisans du chef de la tribu Hached ayant rejoint les rangs de l'opposition, Cheikh Sadeq Al-Ahmar, ont perdu la vie. Le ministère de la Défense a indiqué de son côté que 14 soldats ont été tués et plusieurs autres ont été portés disparus.

Selon l'AFP, des combats se sont déroulés près de la résidence du chef tribal Al-Ahmar et non loin des bâtiments du ministère de l'Intérieur.

 

Lundi, d'autres affrontements dans la capitale yéménite avaient fait au moins cinq morts et près d'une quarantaine de blessés.

 

Ces violences surviennent dans la foulée du refus du président Ali Abdallah Saleh de signer un accord de sortie de crise élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), un groupe formé par les monarchies arabes du Golfe. Le texte, qu'il devait parapher dimanche, prévoyait la formation d'un gouvernement de transition et son départ dans les 30 jours en échange de son immunité.

 

Or, le président Saleh a exigé la tenue d'une cérémonie officielle de signature du document, ce que les opposants refusent, alléguant qu'une telle disposition ne fait pas partie de l'accord.

Le président Saleh a appelé à un cessez-le-feu mardi à la suite des dizaines de morts, a rapporté l'Associated Press. Les forces gouvernementales et l'opposition s'accusent mutuellement d'avoir déclenché les violences meurtrières survenues au coeur de la capitale.

 

De son côté, le secrétaire général du CCG, Abdellatif Zayani, souhaite un « arrêt immédiat » des affrontements et dit craindre que les combats s'étendent. Les combats de mardi sont les premiers à opposer les partisans d'un chef tribal aux forces gouvernementales.

 

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Associated

 

Lien : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/05/24/008-yemen-affrontement-morts.shtml

 

 

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Les violences continuent entre police et partisans d'un chef tribal

 

Un partisan du cheikh Al-Ahmar dans les rues de Sanaa, le 24 mai 2011.

Un partisan du cheikh Al-Ahmar dans les rues de Sanaa, le 24 mai 2011.REUTERS/Khaled Abdullah

 

 

A Sanaa, le domicile du cheikh Sadak Al-Ahmar, puissant chef tribal rallié à l'opposition, a été touché, mardi 24 mai en début de soirée, par un missile, faisant plusieurs tués et blessés selon une source tribale. "Parmi les blessés figure le général Ghaleb Gamach, chef d'une mission de médiation" entre le pouvoir et le cheikh Sadek al-Ahmar, a-t-elle ajouté, sans être en mesure de donner un bilan plus précis.

 

Plus tôt dans la journée, la maison du cheikh avait été la cible d'un bombardement par les forces gouvernementales. Cinq de ses partisans avaient été tués dans l'attaque et entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix autres blessés. De son côté, la police avait fait état d'un mort et de quatre blessés dans ses rangs.

Lundi, les affrontements entre la police et les partisans du cheikh avaient déjà fait six morts à Sanaa. Le régime et le camp Ahmar se sont accusés mutuellement de la responsabilité des heurts. Lors de ces violents affrontements, les partisans de cheikh Ahmar avaient pris le contrôle de plusieurs bâtiments publics, dont le ministère de l'Industrie. Ces combats sont les premiers du genre depuis le début du mouvement de contestation, fin janvier.

 

DES TRIBUS ARMÉES

 

Chef de la puissante confédération tribale des Hached, dont fait partie M. Saleh, cheikh Ahmar a rallié en mars les protestataires. A leurs côtés, il réclame la chute du chef de l'Etat, qui a perdu aussi le soutien d'une partie de l'armée.

Le dignitaire tribal, l'un des dix fils de cheikh Abdallah Al-Ahmar qui était jusqu'à sa mort le principal allié du président Saleh, est capable de mobiliser plus de 10 000 combattants armés, selon des sources tribales. En effet, la population yéménite, à structure tribale, est fortement armée, avec la présence aux mains des civils de quelque 60 millions d'armes. En moyenne, chaque habitant possède plus de deux armes.

 

APPEL DU CONSEIL DE COOPÉRATION DU GOLFE

Face à ces violences, le médiateur du Golfe a appelé à un "arrêt immédiat" des combats sanglants. Abdellatif Zayani, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a exprimé, dans une déclaration de presse, la crainte de voir les combats qui se déroulent depuis deux jours à Sanaa s'"étendre" et a appelé les parties impliquées à la retenue. Il a estimé que l'initiative du CCG continue d'offrir "une occasion de parvenir à une solution pacifique" au Yémen.

En dépit de plusieurs missions à Sanaa, le chef du CCG, qui regroupe six monarchies arabes du Golfe, n'a pas réussi à convaincre le président Saleh de signer un plan de sortie de la crise. Le CCG a annoncé dimanche "la suspension" de sa médiation, après le refus du président Saleh de signer ce texte. Le plan prévoit la formation par l'opposition d'un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard du président, en échange de l'immunité pour le chef de l'Etat et ses proches, puis une élection présidentielle dans les soixante jours.

 

L'OPPOSITION RÉCLAME LE DÉPART DE SALEH

 

 

L'opposition a décidé d'intensifier la contestation pour obtenir le départ du président. "Le régime tente de pousser les choses vers la violence, mais il ne pourra pas entraîner le pays dans une guerre", a déclaré Mohammad Qahtan, porte-parole de l'opposition parlementaire.

Lundi, les ministres de l'Union européenne ont invité le président Saleh à céder le pouvoir "immédiatement". "Le président Saleh sait très bien ce qu'il doit faire", a souligné le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. En réaction à la pression de l'UE mais aussi des Etats-Unis, un porte-parole officiel a déclaré mardi : "[le Yémen] refuse toute ingérence dans ses affaires internes".

Depuis quatre mois, le pays est secoué par une contestation populaire contre M. Saleh, au pouvoir depuis près de trente-trois ans, accusé de népotisme et de corruption. La révolte a coûté la vie à cent quatre-vingt-sept personnes, selon un décompte de l'Agence France-Presse.

 

Lien : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/05/24/yemen-les-violences-continuent-entre-police-et-partisans-d-un-chef-tribal_1526756_3218.html

 

 

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Alors que les leaders entrent en guerre, les manifestants tentent de calmer le jeu

 

Dans le quartier d’Al-Hasaba, à proximité de la résidence de Sadek al-Ahmar le 23 mai. Image issue de la vidéo ci-dessous.
 
 
Depuis deux jours, le quartier d’Al-Hasaba à Sanaa est le théâtre d’affrontements à l’arme lourde entre les partisans du chef tribal Sadek al-Ahmar et les hommes du président Saleh. Mais les manifestants yéménites, qui ont fait du pacifisme leur arme, comptent bien rester en dehors de tout ça.

Sadek al-Ahmar, chef de la puissante confédération tribale des Hached, avait rallié en mars les protestataires réclamant la chute du chef de l'État, au pouvoir depuis 33 ans. C’est autour de sa résidence, dans le quartier d’Al-Hasaba, que les violences ont éclaté dans la journée du 23 mai. Les abords du domicile du cheikh ont été bombardés par les forces gouvernementales. Après une nuit de calme, les affrontements ont repris le lendemain, à la mi-journée. Les partisans de cheikh Ahmar seraient même parvenus à contrôler, dans la journée du 24 mai, plusieurs bâtiments publics - dont le ministère de l'Industrie.

Onze personnes sont mortes dans les combats, les plus importants entre forces gouvernementales et combattants tribaux depuis le début de la contestation, en janvier dernier.

Depuis lundi, les deux camps se rejettent la responsabilité du déclenchement des hostilités. Le 22 mai, le président yéménite avait refusé de parapher un accord de transition pacifique du pouvoir, que les principaux dirigeants de son parti avaient pourtant signé.
 
Cette vidéo a été filmée par la blogueuse Raja Althaibani, lundi dans le quartier d’Al-Hasaba, à proximité de la résidence de Sadek al-Ahmar. Les images, transférées en direct sur Bambuser, sont très saccadées, mais on entend des tirs à 1min54 et 3min09.

"Les autorités s’étaient préparées à attaquer en stockant des armes dans une école"

 

Rafat al-Akhali est un homme d’affaire de 22 ans. Il est le fondateur de la Coalition civique pour la jeunesse révolutionnaire (CCRY), un groupe qui coordonne les manifestations et relaie, via Twitter et/ou Facebook, les principales informations sur la contestation.

«  Le cheikh Sadek est le chef de la plus importante confédération tribale du Yémen : les Hached. Ce n’est pas la plus importante par le nombre, mais par son influence. Le président est d’ailleurs, lui-même, issu de cette confédération. Sadek al-Ahmar est aussi le porte-parole du parlement yéménite. C’est une figure politique extrêmement importante. Il a travaillé aux cotés du président Saleh, mais son rôle a toujours été de contrebalancer le pouvoir du président. Sa famille est connue pour être dans l’opposition. Par exemple, son frère Amid est le chef de la formation islamiste Islah, le principal parti d’opposition au Yémen.

On dit qu’au début de la "révolution", il aurait essayé de convaincre le président de quitter le pouvoir comme le demandaient les manifestants. Puis, il y a deux mois, il a choisi de rejoindre ouvertement l’opposition.

 
"Dans la norme tribale, attaquer la maison de quelqu’un est quelque chose de très grave"

Plusieurs sources affirment que, ces derniers jours, les autorités s’étaient préparées à attaquer en stockant des armes dans une école à quelques pâtés de maison de la résidence de Sadeq. Quand les combats ont éclaté hier, les hommes qui soutiennent le cheikh sont venus par centaines des villages alentours pour combattre les forces gouvernementales. Ils étaient tous armés. [Au Yémen, 60 millions d’armes circulent, ce qui équivaut à plus de deux armes par habitants].

Ces affrontement sont en partie la conséquence du ralliement de Sadek à la cause révolutionnaire. Ils peuvent être vus comme un règlement de compte personnel. Mais beaucoup de gens pensent que le président Saleh a sauté sur cette occasion pour se fabriquer un prétexte afin de réprimer les manifestations.

Jusqu’à aujourd’hui, notre révolution est restée très pacifiste. Même les tribus du Nord qui ont rejoint la Place du changement ont déposé les armes.

Les combats, quelqu'en soient les auteurs, ont été unanimement condamnés par les manifestants. Des médiations ont même eu lieu hier soir pour que les choses reviennent à la normale et que le mouvement ne soit pas discrédité. Personne ne sait quel tournure vont prendre les évènements, mais la situation est explosive. Selon les règles tribales, attaquer la maison de quelqu’un d'autre constitue quelque chose de très grave. »
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