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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:18

Signature de la Pétition

 

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Prix Chatham House : Des Internautes tunisiens lancent une pétition en ligne contre Rached Ghannouchi

 

 

Le président Moncef Marzouki a annoncé dans son entretien à l’hebdomadaire ‘‘Le Point’’, en mai dernier, que lui et le chef du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, sont tous les deux lauréats du prix 2012 du think tank britannique Chatham House.

 

Connu officiellement sous le nom de l’Institut Royal des Affaires Internationales, cette prestigieuse organisation londonienne décerne, chaque année, une récompense au nom de la reine d’Angleterre à une personnalité qui a œuvré à l’amélioration des relations internationales. Plusieurs voix se sont alors élevées pour protester contre ce qu’ils considèrent être une infamie. Une pétition en ligne vient même d’être lancée par un collectif de la société civile tunisienne.

 

Mais pourquoi cette pétition est-elle apparue aussi tardivement ? Amel Djaiet Belkaid, membre de ce collectif et initiatrice de cette pétition, explique que depuis l’annonce de ce prix, Ghannouchi n’a pas joué un rôle positif dans la reconstruction du pays, et dans la promotion de l’idée de compatibilité entre l’islam et la démocratie, comme l’avait indiqué le rapport de Chatham House. Pire encore : il n’a fait «qu’appliquer un agenda personnel et politique, n’ayant rien à voir avec la démocratisation d’un pays post révolutionnaire».

 

Rached Ghannouchi ou le Ayatollah version tunisienne

 

«Il ne s’agit pas d’instruire un procès à l’encontre de Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha. Mais au fil des jours et des semaines – et sans occuper un titre gouvernemental –, il s’est autoproclamé autorité politique suprême du pays et son porte-voix. Selon les textes et les institutions du pays, rien ne légitime cette attitude», explique-t-elle.

 

«De jour en jour, tous les rouages de l’Etat se grippent en raison d’un véritable problème de gouvernance et le pays s’enfonce dans la crise. Insécurité, difficultés financières et économiques sapent le moral des Tunisiens.

 

Le peuple tunisien a joué la carte de la démocratie en acceptant tout naturellement le verdict des urnes, en donnant ses chances au parti islamiste – il domine la coalition gouvernementale – pour exercer le pouvoir, pendant une période de transition. Le temps que l’Assemblée Nationale Constituante rédige la nouvelle Constitution et organise les élections législatives et présidentielles. Mais, contrairement aux attentes, on assiste depuis quelques mois à une multiplication des signes et des gestes qu’Enahdha est en train d’investir tous les lieux de pouvoir en vue de changer le modèle de la société tunisienne».

 

D’après Mme Djaiet Belkaid, les vidéos leakées de Rached Ghannouchi pendant ses réunions ou conversations téléphoniques avec les Salafistes, «montrent qu’il est non seulement le maître d’œuvre de ce nouveau paradigme, mais que ses intentions de réaliser un véritable ‘hold-up’ ne relèvent d’aucune fiction». Avant de souligner que «même si l’on cherche encore des excuses à ce comportement, la réalité tunisienne parle d’elle-même».

 

Diviser le pays par la haine

 

«L’islam est devenu un facteur de division alors que la société est à 98% musulmane. Cet antagonisme, jamais vécu auparavant, conduit les Tunisiens à s’opposer les uns aux autres. Des groupes ultra-minoritaires de salafistes terrorisent au quotidien les citoyens du pays dans une impunité totale. Tout désigne Rached Ghannouchi comme étant l’instigateur de ce processus qui risque de mener vers des violences incalculables».

 

«Donner ce prix équivaudrait à adouber un homme qui n’a fait que diviser les Tunisiens afin de satisfaire un agenda personnel et idéologique qui n'a rien à voir avec la construction d'une démocratie pérenne dans un pays qui pourrait être un modèle pour la région et au-delà», conclut Mme Djaiet Belkaid.

 

A la date du 31 octobre 2012, plus de 1130 personnes ont signé cette pétition en ligne. Témoins d’un râle qui grandit de jour en jour chez une partie des Tunisiens. Des Tunisiens observent avec dégout leur Tunisie se transformer en un terrain de violences partisanes et religieuses avec un pouvoir d’achat qui dégringole à vue d’œil et une communication gouvernementale calamiteuse qui ne fait qu’attiser les tensions. thd.tn

 

 

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Plus d'information

Le  Chatham House Prize  est un prix annuel présenté à l'homme d'Etat jugé par les membres de l'Institut royal des affaires internationales Chatham House d'avoir apporté la contribution la plus significative à l'amélioration des relations internationales de l'année précédente.

Les autres nominés pour le prix de cette année ont été  archevêque Deng, le Sud-Soudan, Christine Lagarde,Directeur Général du Fonds monétaire international, et M. Jonas Gahr Støre, ministre des Affaires étrangères de la Norvège.  Plus d'informations sur les candidats .

La cérémonie 2012 des prix aura lieu à Londres le lundi 26 Novembre.

Plus d'informations sur le  prix Chatham 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 17:33

Samia Abbou : La Chariâa n’a pas vraiment été supprimée du Préambule de la Constitution


 

En marge des travaux des commissions constitutives qui ont repris ce mercredi 31 octobre 2012, Samia Abbou est revenue, pour Business News, sur le Préambule de la Constitution, débattu en plénière. La députée CPR a affirmé que le début du troisième paragraphe du Préambule, stipulant que la Constitution « se base sur les constantes de l’Islam », présente un danger certain dans le sens où cela instaure la supériorité de ces « constantes », sur la Constitution. 

« Il n’y a rien qui devrait être au-dessus de la Constitution, or si l’on stipule que cette Constitution se base sur les préceptes de l’Islam, cela n’a pas d’autre sens que l’instauration de la Chariâa, comme source de la Constitution et donc du Droit. Ils devront passer sur mon cadavre pour faire passer le préambule tel qu’il est ! », s’indigne t-elle, précisant que le Préambule peut évoquer un certain nombre de principes et de valeurs, dont ceux de l’Islam, sans que cela ne constitue « la base » dudit Préambule. businessnews

 

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Samia Abbou met en garde contre l'extrémisme et affirme que l'Etat Civil est inscrit dans le préambule de la Constitution

 

 

 

Samia Abbou, député du CPR à l'assemblée nationale constituante a exprimé ses craintes quant de voir l'Etat de droit se transformer en "Droit de l'Etat" surtout après l'inscription du terme "l'Etat se base sur les bases de l'Islam et ses buts". 
 
Elle a aussi critiqué la non-détermination des principes fondamentaux de l'Islam car ça permettra d'ouvrir la porte à des interprétations indiquant que dans ce cas, la Constitution ne sera pas au plus haut niveau de l'Etat mais c'est les bases de l'Islam qui le seront. 
 
Pour conclure, Samir Abbou a déclaré que l'extrémisme dans lequel le peuple tunisien vit pourra se transformer en loi. shemsfm

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:55

 

 

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Ali Zeidan obtient la confiance des députés pour son gouvernement

 

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan, le 11 mai 2011 à Doha.Le Premier ministre libyen Ali Zeidan, le 11 mai 2011 à Doha. © Karim Jaafar/AFP

 

 

Le deuxième Premier ministre de l'ère post-Kaddafi a réussi à former son gouvernement. Ali Zeidan a été soutenu, mercredi 31 octobre, par une forte majorité des députés du Congrès général national libyen.

 

L’échec du précédent Premier ministre, Mustapha abou Chagour, à former un gouvernement ne s’est pas répété. Son successeur Ali Zeidan a réussi à faire approuver par l'assemblée nationale, mercredi 31 octobre, la liste du nouvelle exécutif libyen.

« Le Congrès général national apporte sa confiance au gouvernement d'Ali Zeidan », a annoncé l'agence de presse officielle Lana. Selon la télévision publique, la majorité obtenu par le Premier ministre est sans appel : 105 députés ont soutenu le nouveau gouvernement, seul neuf ont voté contre et 18 se sont abstenus.

 

Pourtant, c’est dans une ambiance tendue que le vote a eu lieu, mercredi soir. La veille, des manifestants avaient fait intrusion dans la salle du CGN, alors que les députés allaient passer au vote, qui a du coup été reporté. Les manifestants reprochaient à Zeidan d’avoir inclus dans sa liste certains ministres ayant collaboré avec le régime de Mouammar Kaddafi.

 

 

Libéraux et islamistes

 

 

Le nouveau cabinet, élargi, compte 30 ministres. Il est marqué par la forte présence de libéraux et d'islamistes. Un équilibre difficile à trouver et rendu d’autant plus instable que la sécurité même des députés n’est pas encore assurée.

 

Les locaux du CGN ont été investis à plusieurs reprises par des manifestants. L'Assemblée a maintes fois discuté ce problème sans lui trouver de solution satisfaisante. En présentant son programme devant le CGN le 14 octobre, Ali Zeidan avait d'ailleurs précisé que la construction d'une armée et d'une police serait « la priorité de ses priorités ». C'est d'abord à cette aune que son action sera donc jugée en Libye, pays toujours miné par les divisons et en proie aux exactions des milicesJeuneafrique

 

 

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Le Premier ministre propose un gouvernement élargi 

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan a proposé mardi à l' un  élargi d'une trentaine de ministres, bénéficiant de l'appui des partis des libéraux et des islamistes qui y sont représentés.
 

Les ministères régaliens ont été confiés à des indépendants, selon M. Zeidan qui s'exprimait devant les 200 membres du du Congrès général national (CGN).


 

 "J'ai décidé de nommer des indépendants à la  des ministères de souveraineté:

Les Affaires étrangères, la Coopération internationale, les Finances, la Justice, l'Intérieur et la Défense", a-t-il déclaré. 

Ainsi, deux officiers expérimentés de la ville de Benghazi (est) ont été proposés respectivement pour l'Intérieur et la Défense.

Au ministère de l'Intérieur, M. Zeidan a nommé Achour Chwayel, 58 ans, un docteur en droit qui a travaillé dans la police durant 35 ans.

Le portefeuille de la Défense a été attribué à Mohamed al-Barghathi, 71 ans, un pilote de guerre en retraite depuis 1994 et qui a été parmi les premiers officiers à rejoindre la rébellion dès le déclenchement de l'insurrection en février 2011 à Benghazi.

Le ministère des Affaires étrangères a été confié à l'ambassadeur de Libye aux Etats-Unis, Ali al-Oujli, 65 ans, un diplomate qui a 45 ans de carrière.

Abdelbari Al-Aroussi, un docteur en environnement, de la ville de Zawiyah, a été proposé au ministère stratégique du Pétrole.

M. Zeidan a proposé par ailleurs de créer un nouveau ministère du Tourisme, une première dans ce pays ultra-conservateur, avec à sa tête une femme, Ikram Bach Imam.

Le CGN doit discuter mardi de la composition du gouvernement avant de voter pour ou contre. 

S'il est accepté, le futur gouvernement doit remplacer celui du Premier ministre sortant Abdelrahim al-Kib, en poste depuis novembre 2011.

Selon le plan de transition, le nouveau gouvernement aura un mandat d'un an jusqu'à la tenue de nouvelles élections sur la base d'une nouvelle Constitution dont la rédaction se fait attendre.

Ali Zeidan, un ex-opposant au régime de Mouammar Kadhafi, a été élu le 14 octobre Premier ministre par le CGN.

Bénéficiant de l'appui de l'Alliance des forces nationales (AFN, libérale), M. Zeidan l'avait emporté avec 93 voix contre 85 pour le candidat des islamistes du Parti de la justice et de la construction (PJC). 

L'AFN de Mahmoud Jibril, une coalition de petits partis libéraux menée par des architectes de la révolte de 2011 contre le colonel Kadhafi, détient 39 sièges sur les 80 réservés aux partis politiques.

Le PJC est la deuxième formation politique du Congrès avec 17 sièges.
Les 120 sièges restants sont détenus par des candidats indépendants aux allégeances et convictions diverses. 

Diplomate de carrière, Ali Zeidan a passé plus de 30 ans en exil après avoir fait défection en 1980 alors qu'il était en poste à l'ambassade de Libye en Inde.

En présentant son programme devant le CGN le 14 octobre, M. Zeidan, a précisé que la construction d'une armée et d'une police sera "la priorité de ses priorités".

Il prévoit ainsi "une campagne intensive de formation et de recrutement dans les rangs de la police et de l'armée" en vue d'intégrer de nouveaux éléments et de remplacer les officiers ayant travaillé sous le régime de Mouammar Kadhafi.

Parmi ses priorités, il avait cité aussi l'activation de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale, au moment où la tension et les rivalités entre tribus et régions risquent de plonger le pays dans la guerre civile. leparisien

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 04:59

Le journaliste tunisien Sofiene Chourabi.

Le journaliste tunisien Sofiene Chourabi.

© FETHI BELAID/AFP/Getty Images

 

Les autorités tunisiennes se doivent d'annuler les déclarations de culpabilité des journalistes Sofiene Chourabi et Mehdi Jlassi, condamnés à des peines d'amende pour ivresse sur la voie publique et atteinte à la pudeur. Amnesty International est préoccupée à l'idée qu'ils pourraient avoir été punis en raison de leurs critiques du gouvernement. 

Sofiene Chourabi, Mehdi Jlassi et une amie ont été arrêtés le 5 août pour avoir consommé de l'alcool sur une plage de Kelibia, dans le nord-est du pays, où ils avaient campé. Sofiene Chourabi s'était rendu populaire pour avoir critiqué la politique menée par l'ancien président Zine el Abidine Ben Ali avant la révolte qui l'a chassé du pouvoir en 2011. 

Ce mardi 30 octobre, un tribunal tunisien a déclaré les deux hommes coupables et les a condamnés au versement d'une amende de 104 dinars tunisiens (66 dollars des États-Unis) chacun. 

« Les restrictions des libertés individuelles au nom de l'ordre public ne doivent intervenir que si elles sont nécessaires ; elles doivent être proportionnelles et ne jamais servir de prétexte pour poursuivre en justice des militants politiques ou des personnes qui critiquent le gouvernement », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. 

« Ces condamnations doivent être annulées et les autorités tunisiennes doivent s'abstenir de poursuivre des personnes qui exercent librement leurs droits fondamentaux, dont leur droit à la liberté d'expression. 

« Il est décevant de constater qu'à un moment où la Tunisie devrait fournir la preuve de son engagement envers les droits humains, ces condamnations donnent à l'opinion une image complètement opposée et rappellent les pratiques utilisées sous Ben Ali. » 

Les autorités tunisiennes ont le devoir de protéger l'ordre public. Elles ne doivent pas restreindre sans raison les droits à la liberté d'expression et de réunion, ni le droit au respect de la vie privée. 

Après le prononcé de la peine, Sofiene Chourabi a dit à Amnesty International qu'il avait l'intention de faire appel. 

« Je n'ai rien fait de mal, c'est là une ingérence dans ma vie privée, a-t-il déclaré. 

« Je n'ai dérangé personne. Nous dormions lorsque la police nous a arrêtés, et nos tentes étaient dans un endroit isolé, personne ne s'est plaint de nous. » 

La veille de son arrestation, Sofiene Chourabi avait appelé à manifester devant le ministère de l’Intérieur contre ce qu’il décrit comme des manœuvres du parti au pouvoir Ennahda – connu pour son programme de conservatisme religieux –, visant à imposer un nombre croissant de restrictions aux libertés publiques. amnesty.org

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 04:45

 

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 19:17

 

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Les syndicats des forces de l’ordre observent un sit-in suite aux affrontements avec des extrémistes religieux

Des heurts ont eu lieu hier à Douar Hicher (Banlieue ouest de Tunis) entre les agents de la Garde nationale et des extrémistes religieux. Selon le ministère de l’Intérieur, ces affrontements ont été déclenchés suite à l’arrestation d’un homme, appelé Saddam, du même groupe suspecté dans l’agression, survenue dans la nuit du samedi 27 octobre à la Manouba, contre le commandant de la Garde Nationale Wissem Ben Sliman.

Le mardi soir, 30 octobre, les extrémistes ripostent en attaquant le poste de la Garde nationale à la Cité Khaled Ibn Walid avec des sabres et des outils tranchants. Le colonel Sofiane Zaoui nous a informé que trois agents ont été blessés. Les agents des forces de l’ordre tirent alors à balle réelle sur les agresseurs. L’mam de la mosquée Ennour a été tué et l’un des assaillants a été gravement blessé.

M.Sami Gnaoui a fait savoir sur les ondes de la radio Mosaïque FM que cette histoire a pour origine un clan d’extrémistes qui utilisent la violence pour « lutter contre la vente d’alcool ». La mosquée guidée par l’imam tué par les forces de l’ordre, était devenue un fief de djihad armé où des armes, des munitions, des sabres et des cocktails Molotov sont stockés.

Suite à ces graves incidents, les syndicats nationaux des forces de l’ordre et l’Union Nationale des Syndicats des forces de l’ordre tunisiennes ont publié un communiqué où ils annoncent qu’ils observent demain 1er novembre un sit-in devant le ministère de l’Intérieur (à Tunis). Toutes les unités sécuritaires, pénitentiaires et celles de la Garde présidentielle (du Grand Tunis) vont y participer pour répondre, selon eux, à la passivité des pouvoirs exécutif et législatif pendant que les agents des forces de l’ordre sont pris pour cible, notamment par des extrémistes religieux qui se prennent pour des justiciers.

Selon le colonel Zaoui, plus de 600 agressions ont eu lieu ces six derniers mois contre les agents de forces de l’ordre. D’après lui, « ceci est dû principalement à l’absence de directives claires concernant la loi 69 relative à l’usage de procédures sécuritaires lors d’affrontements de ce genre. Jusqu’à aujourd’hui, cette loi n’est ni vraiment appliquée ni suspendue ni changée. Quand le policier fait son travail, il risque aussi de se faire emprisonner, ce qui a été déjà le cas pour certains » nawaat.

 

 

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Le gouvernement déterminé à combattre les islamistes radicaux ?

 

Un islamiste radical a été tué, mardi 30 octobre.Un islamiste radical a été tué, mardi 30 octobre. © AFP

 

Les forces de sécurité utiliseront "tous les outils permis par la loi" en cas d'attaque des islamistes radicaux, a déclaré, mercredi 31 octobre, le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur, Khaled Tarrouche.

 

Le gouvernement tunisien, dirigé par les islamistes d'Ennahdha, est-il enfin prêt à s’atteler au problème salafiste ? C'est en tout cas ce que l'on peut penser en entendant le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche, qui a affirmé, mercredi 31 octobre, que les forces de sécurité utiliseraient désormais « tous les outils permis par la loi » en cas d'attaque des islamistes radicaux. Une menace qui laisse entendre que des balles réelles pourraient être utilisées à l'avenir.

 

Mais au lendemain de violences dans le quartier de Douar Hicher (La Manouba, banlieue de Tunis) qui ont fait un mort, aucun dispositif de sécurité renforcé n'a été déployé, et des personnes semblant appartenir à la mouvance salafiste, certaines armées de couteaux, promettaient de venger la répression policière de la veille. Les avis sont en tout cas nuancés sur la volonté affichée par les autorités à faire appliquer la loi.

 

Un haut responsable policier affirme, sous couvert de l'anonymat, que les forces de l'ordre n'ont reçu que tardivement l'autorisation du ministère de l'Intérieur de lancer des opérations contre les salafistes de Douar Hicher. « On n'a reçu qu'hier [mardi, NDLR] les instructions du ministère de l'Intérieur pour appliquer la loi sérieusement », a-t-il indiqué. « Je m'étonne de ce laxisme », ajoute l'officier. Et de commenter : « C'est le début de la guerre entre nous et les salafistes ».


 

"De la menace à l'acte"


 

« La tendance a bien changé depuis le 14 septembre, la société civile et les politiques sont plus à l'écoute des policiers », estime de son côté Rached Mahjoub, président de l'Association tunisienne pour une police citoyenne, qui rassemble les cadres du ministère de l'Intérieur. « Et pour moi, le ministre de l'Intérieur est clair et net dans ses instructions depuis une semaine », a-t-il ajouté.


 

 

Selon lui, le gouvernement a pris conscience que les forces de l'ordre étaient devenues une cible des islamistes radicaux depuis l'attaque de l'ambassade des États-Unis, le 14 septembre. Les salafistes « sont passés de la menace à l'acte contre la police nationale. On en est conscient et nous sommes prêts à riposter », a souligné Rache Mahjoub.

Les syndicats des forces de sécurité réclament, eux, plus de moyens pour lutter contre les islamistes radicaux, et se sont particulièrement mobilisés après qu'un responsable de la garde nationale a été attaqué et blessé au hachoir à Douar Hicher, samedi dernier.Jeuneafrique

 

 

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Un imam radical expulsé vers la Tunisie


Le ministère de l’intérieur a annoncé mercredi 31 octobre l’expulsion de l’imam Mohamed Hammami en application d’un arrêté du 8 octobre 2012. Président de la fédération Foi et pratique, qui représente le mouvement tabligh en France, et responsable religieux de la Mosquée Omar (XIe arrondissement de Paris), il a été éloigné vers la Tunisie, pays dont il est ressortissant.

« Je crois qu’il a été arrêté par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), dans la rue, aujourd’hui à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) où il habite », avant d’être conduit à l’aéroport, a déclaré à l’AFP le fils du religieux, Hamadi Hammami, considéré comme plus modéré, et qui siège au bureau du Conseil français du culte musulman dont Foi et Pratique est depuis sa création en 2003 l’une des composantes

« Les faits qui lui sont reprochés sont particulièrement graves », insiste le ministère de l’intérieur selon qui, lors de ses prêches, l’imam Hammami « a tenu des propos ouvertement hostiles envers les valeurs de la République ». « Il a valorisé le djihad violent, proféré des propos antisémites et justifié le recours à la violence et aux châtiments corporels contre les femmes », explique le ministère pour qui « ces provocations, délibérées, répétées et inacceptables à la discrimination et à la violence constituaient une menace pour la société française et pour sa sécurité ».

« SAS » VERS DES ENGAGEMENTS PLUS RADICAUX


Dans son communiqué, Manuels Valls « rappelle que la République restera inflexible envers ceux qui tiennent des propos de haine et instrumentalisent le discours religieux pour en faire un discours d’intolérance et d’obscurantisme ».

En début d’année, le précédent ministre de l’intérieur, Claude Guéant, avait déjà tenté d’expulser Mohammed Hammami mais la commission d’expulsion avait, le 15 mai, rendu un avis défavorable estimant que cette expulsion porterait atteinte à la vie familiale de l’imam.

L’association Foi et Pratique, implantée en France depuis 1968 et qui a acquis une existence légale en 1972, appartient à la Jamaat Tabligh (« Société pour la propagation de la foi »), un courant piétiste et prosélyte de l’islam qui a vu le jour dans les Indes britanniques en 1927. Elle gère trois mosquées à Paris, une à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), une à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), une à Creil (Oise) et une au Mans (Sarthe).Ses comptes et avoirs avaient été gelés le 5 mai par décision de Claude Guéant.

Selon les observateurs de l’islam de France, le Tabligh, dont Foi et Pratique est l’une des deux branches, peut constituer pour certains jeunes musulmans réislamisés une sorte de « sas » vers des engagements plus radicaux.  lacroix

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 02:00

 


 

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Un islamiste radical tué lors d'affrontements avec la police

 

 

Un militant islamiste radical a été tué et deux agents des forces de l'ordre blessés mardi soir lors d'affrontements déclenchés par une attaque contre deux postes de la garde nationale tunisienne dans la banlieue de Tunis, a indiqué à l'AFP le ministère de l'Intérieur.

Après l'attaque des deux postes, l'intervention des forces de l'ordre a entraîné la mort d'un assaillant touché par une balle, a indiqué le porte-parole du ministère, Khaled Tarrouche.

Selon cette source, après l'annonce de l'arrestation d'un salafiste soupçonné d'avoir blessé le chef de la brigade de sécurité publique de la Manouba, Wissem Ben Slimane, samedi, un nombre important de personnes de tendance religieuse radicale ont attaqué dans la soirée deux postes de cette banlieue de Tunis.

Ils ont attaqué le poste de la garde nationale de Douar Hicher et de Khalid ibn Walid à la Manouba. Pour ce second poste, ils ont attaqué les agents avec des outils tranchants, des sabres. Deux ont des blessures assez importantes, l'un à la tête l'autre à la main, a dit M. Tarrouche.

Le porte-parole du ministère a indiqué que des renforts importants des forces de l'ordre ont été déployés dans ce quartier de la banlieue ouest de Tunis et qu'un face à face tendu se poursuivait vers 21H30 GMT.

Il y a des tensions, mais les forces de sécurité sont déterminées à faire appliquer la loi et on a tous les moyens pour le faire, a-t-il déclaré.

Wissem Ben Slimane, 35 ans, a expliqué dimanche avoir été attaqué durant le week-end par un assaillant, un salafiste présumé, armé d'un hachoir, qui l'a blessé à la tête.

L'agression a eu lieu lorsque des agents de la garde nationale --l'équivalent de la gendarmerie-- se sont interposés lors d'une bagarre entre des revendeurs clandestins d'alcool et un groupe de salafistes, dans un quartier populaire de la Manouba.

Le gouvernement tunisien, dominé par les islamistes d'Ennahda, sont accusés par l'opposition de faire preuve de laxisme face aux salafistes djihadistes, une branche rigoriste de l'islam sunnite.

Après l'attaque de l'ambassade américaine le 14 septembre par des militants de ces groupuscules (quatre morts parmi les assaillants), les autorités ont assuré être déterminées à lutter contre les militants violents de cette mouvance. romandie

 

 

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La police tue un salafiste


police-masqueLes postes de la garde nationale de Douar Hicher et de la Cité Khaled Ibn Al Walid, à La Manouba, ont été attaqués par des groupes salafistes, dans la soirée du mardi 30 octobre, juste après l’annonce de la capture du suspect soupçonné d’avoir agressé le commandant Wissem Ben Slimane. C’est ce qu’annonce un communiqué du ministère de l’Intérieur.

 

La même source affirme que des salafistes qui ont attaqué les deux postes étaient armés d’épées, et ont blessé un garde national à la tête et un autre à la main. Les deux agents ont été transportés à l’hôpital des forces de l'ordre à La Marsa. Le communiqué précise que l’un des salafistes a été tué par balle.

 

Il s’agit donc d’un nouvel épisode meurtrier visant des Tunisiens. Le deuxième qui aura visé explicitement les salafistes, après les événements violents de l’ambassade américaine. Les autorités tunisiennes seront ainsi passées du laxisme, tolérant la propagande d’une idéologie importée et notoirement violente, et même quelques passages à l’acte, pour en arriver ensuite à la réprimer dans le sang, dans l’incompréhension. Et voici ceux que d’aucuns appelaient leurs fils, sont désormais exposés aux tirs à balles réelles. En arriver à de telles extrémités ne fait que souligner la dérive de la Tunisie d’après la Révolution. mag14

 

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Un islamiste radical tué dans des affrontements avec la police

Un militant islamiste radical a été tué et deux agents des forces de l'ordre blessés mardi soir en banlieue de Tunis, lors des plus graves affrontements de ce type en Tunisie depuis l'attaque le 14 septembre dernier de l'ambassade des Etats-Unis.

 

Un  islamiste radical a été tué et deux agents des forces de l'ordre blessés mardi soir en banlieue de Tunis, lors des plus graves affrontements de ce type en Tunisie depuis l'attaque le 14 septembre dernier de l'ambassade des Etats-Unis.
Le militant a été tué lors d'une riposte des forces de sécurité à la suite d'une attaque dans la soirée contre deux postes de la garde nationale tunisienne dans la banlieue de Tunis de la Manouba, a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche. 

 

"L'intervention des forces de l'ordre a entraîné la  d'un assaillant touché par une balle", a indiqué le porte-parole, sans identifier la victime.
 

Selon cette source, après l'annonce de l'arrestation d'un salafiste soupçonné d'avoir blessé le chef de la brigade de sécurité publique de la Manouba, Wissem Ben Slimane, samedi, un "nombre important de personnes de tendance religieuse radicale" ont attaqué dans la soirée deux postes de cette banlieue de Tunis.

"Ils ont attaqué le poste de la garde nationale de Douar Hicher et de Khalid ibn Walid à la Manouba. Pour ce second poste, ils ont attaqué les agents avec des outils tranchants, des sabres. Deux ont des blessures assez importantes, l'un à la  l'autre à la main", a indiqué M. Tarrouche.
 

Tensions
 

"Selon le porte-parole du ministère,des "renforts importants" de forces de l'ordre ont été déployés dans ce quartier de la banlieue ouest de Tunis où la situation restait tendue dans la soirée.
 

"Il y a des tensions, mais les forces de sécurité sont déterminées à faire appliquer la loi et on a tous les moyens pour le faire", a-t-il déclaré, alors que l'état d'urgence est en vigueur en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.
 

Wissem Ben Slimane, 35 ans, a expliqué dimanche avoir été attaqué durant le week-end par un assaillant, un salafiste présumé, armé d'un hachoir, qui l'a blessé à la tête. Le "suspect principal" a été arrêté mardi, selon M. Tarrouche.
 

L'agression a eu lieu lorsque des agents de la garde nationale --l'équivalent de la gendarmerie-- se sont interposés lors d'une bagarre entre des revendeurs clandestins d'alcool et un groupe de salafistes dans le quartier populaire de Douar Hicher alors que la Tunisie célébrait l'Aid el Kebir.
 

Des syndicats des forces de l'ordre ont dénoncé à cette occasion les agressions dont les policiers sont les victimes. Ils ont appelé à une manifestation jeudi devant le ministère de l'Intérieur.
 

Le gouvernement tunisien, dominé par les islamistes d'Ennahda, sont accusés par l'opposition de faire preuve de laxisme face aux salafistes djihadistes, une branche rigoriste de l'islam sunnite responsable de nombreux coups d'éclats, certains sanglants, depuis la révolution de 2011.
 

Après l'attaque de l'ambassade américaine le 14 septembre par des militants de ces groupuscules (quatre morts parmi les assaillants), les autorités ont assuré être déterminées à lutter contre les militants violents de cette mouvance.
Une centaine de salafistes suspectés d'avoir participé à cette attaque en représailles à un film islamophobe diffusé sur internet ont été arrêtés depuis, mais leur chef présumé, Abou Iyadh, est, lui, en fuite.
 

La Tunisie peine à se stabiliser depuis la révolution. Des manifestations motivées politiquement, religieusement ou par des revendications économiques dégénèrent régulièrement en violences.
 

Ainsi le 18 octobre, un responsable du parti d'opposition Nidaa Tounès à Tataouine (sud) est mort en marge d'affrontements entre ses partisans et des manifestants proches des islamistes au pouvoir. leparisien

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 01:23

Partie I

Partie II

 
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 20:06

Débat ! 

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Mahmoud Baroudi est intervenu, lors de la tenue la séance plénière de l’Assemblée Constituante, pour souligner que le préambule de la Constitution ouvre les portes pour l’instauration d’un Etat Religieux et non Civil. 


 

Mahmoud Baroudi a précisé que contrairement à ce que la commission du préambule indique concernant la civilité de l’Etat, la formulation du texte peut donner lieu à l’instauration d’un état Religieux d’où l’importance de mentionner le principe de la civilité de l’état dans le préambule.

Le député a ajouté, dans ce même contexte qu’aucune différence n’existe entre la formulation précisant que la législation se base sur les principes fondamentaux de l’Islam et une éventuelle adoption de la Chariaa comme source de législation.tuniscope


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 Inquiétudes et controverses autour du préambule de la Constitution

Un an jour pour jour après l’élection de l’Assemblée constituante, les élus ont été appelés à débattre sur le préambule et les principes fondamentaux de la Constitution tunisienne.

La commission en charge de sa rédaction étant l’une des seules à avoir achevé ses travaux. De l’avis de plusieurs élus, cette décision n’a été prise que pour permettre au président de l’Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaâfar, de donner l’impression aux Tunisiens que les débats au sein des commissions étaient terminés et, comme il l’avait promis, le 23 octobre débuterait le débat en séance plénière. 

Or il n’en est rien. La commission mixte bute encore sur les prérogatives du pouvoir exécutif et les réunions des commissions sont annulées à cause des plénières. En ce mardi 30 octobre 2012, soit une semaine d’un débat qui n’aurait pas dû avoir lieu avant la rédaction complète du projet de Constitution à soumettre en plénière, tous les élus ont eu l’occasion d’intervenir pour donner leurs recommandations, propositions et critiques d’un préambule controversé. 

L’esprit du préambule

Si de nombreux élus ont salué le travail exceptionnel de la commission en charge de la rédaction du préambule et des principes fondamentaux de la Constitution, d’autres ont préféré axer sur ses limites.

Dans une déclaration passionnée et remarquée pour sa sincérité, Mabrouka Mbarek, membre de ladite commission, met le doigt sur l’absence d’âme dans le texte du préambule. « Où est l’âme de la révolution ? Pourquoi ne ressentons-nous pas, dans ce préambule, la révolte d’un peuple qui s’est soulevé pour sa liberté ? Pourquoi n’y a-t-il pas l’âme de ceux qui se sont sacrifié pour cette liberté ? », s’est indignée la députée CPR. Mabrouka Mbarek profitant de son temps de parole pour s’interroger sur les raisons d’un tel débat. Elle affirme, en effet, que sans la participation des Tunisiens, la prise en compte des propositions de la société civile et la participation des citoyens, cette Constitution ne pourrait être rédigée pour le peuple dans son ensemble. « A quoi sert de parler de démocratie participative, dans la Constitution, si nous ne faisons pas participer les citoyens ? Autant l’enlever si elle n’est pas réellement appliquée », souligne-t-elle. 

L’universalité des droits de l’Homme

 

Alors que les qualificatifs d’universalité et de globalité, apposés aux droits de l’Homme, avaient fait l’objet d’un cafouillage au sein de la commission mixte, et d’un rejet au sein de la commission du préambule, les interventions des élus, de tous bords, laissent entendre que cette décision pourrait être revue. Si Fadhel Moussa a fait valoir une régression par rapport à la Constitution de 1959, Maya Jribi affirme que les droits de l’Homme sont universels ou ne sont pas, soulignant que s’il y avait une possibilité d’une mauvaise interprétation, l’aspect « universel » des droits de l’Homme ne s’oppose à aucun autre principe et devrait, par conséquent, pouvoir être inscrit. Plusieurs élus d’Ennahdha sont également allés dans ce sens, ajoutant que l’Islam consacrait lui-même, l’universalité des droits de l’Homme, dans leur globalité. 

Etat religieux contre Etat civil
 

L’un des points qui a suscité le plus d’inquiétude est l’aspect civil de l’Etat. Si la nature « civile » de l’Etat est bel et bien inscrite dans ce projet de préambule, et qu’il s’agit d’un point qu’il est impossible de modifier, comme le stipule la partie « révision de la Constitution » du projet, de nombreux élus de l’opposition ont mis l’accent sur le fait que cette référence n’était pas suffisamment mise en exergue et que la religion domine l’esprit du préambule. Ainsi, il a été proposé d’inscrire le caractère civil de l’Etat dans l’article 1 des principes fondamentaux.

Ce à quoi Sahbi Atig et d’autres élus islamistes ont répondu négativement, affirmant que cet article faisant l’objet d’un large consensus auprès des citoyens, il était hors de question de le modifier. Répondant à Sahbi Atig, Selma Baccar s’interrogera sur ce refus, faisant remarquer que si tout le monde était d’accord sur l’aspect civil de l’Etat, et de l’impossibilité de réviser cette disposition, il n’y avait aucune raison de ne pas l’inscrire dans le 1er article de la Constitution.

Face à ces déclarations, certains députés d’Ennahdha sont allés jusqu’à menacer de remettre la Chariâa sur la table des négociations, d’autres ont demandé à ce que l’article 1 soit supérieur aux autres articles. Exception qui confirme la règle, Zied Laâdhari était le seul élu d’Ennahdha ayant proposé une modification d’un article « sacralisé » par la grande majorité des islamistes. 
 

Souhir Dardouri, députée CPR, a, quant à elle, mis l’accent sur les dangers de l’inscription de principes vagues, tels que les « objectifs de l’Islam », qui pourraient être interprétés par l’instauration de la Chariâa. 

D’un autre côté, la neutralité des mosquées a, elle-même, été remise en question par des députés d’Ennahdha, s’inquiétant de la limite que cela pourrait engendrer pour le discours des Imams et l’impossibilité pour eux de prêcher pour la prière du vendredi. 
Le préambule actuel prévoyant l’interdiction de discours partisans mais non de discours politique, un clivage s’est dégagé au cours des débats et la question sera certainement tranchée ultérieurement. 

La consécration de l’égalité Homme/Femmes et controverse sur la notion de Famille

Après la polémique sur la complémentarité entre l’homme et la femme, article finalement supprimé du projet de Constitution, un consensus quasi généralisé s’est dégagé sur le principe d’égalité entre l’Homme et la femme, en droits et en devoirs, leur égalité devant la loi, et l’égalité des chances. Une fois n’est pas coutume, le discours féministe viendra de plusieurs députées d’Ennahdha, dont Yamina Zoghlami, qui défendra non seulement l’égalité mais insistera surtout sur la notion de parité qui, selon elle, doit être constitutionnalisée. 

La notion de famille, par contre, fait l’objet d’une forte résistance de la part des députés islamistes. Ces derniers se sont indignés du fait que l’article sur la famille en tant que noyau naturel de la société, dans lequel le rôle des époux est complémentaire et qui ne peut être formée que par le mariage, ait été supprimé, revendiquant en sus, la garantie par l’Etat des moyens permettant aux citoyens de se marier. D’autres élus insisteront quant à eux sur la nécessité de définir le mariage et les rôles au sein de la famille, faisant planer la « menace » du mariage homosexuel. 

« Tous les Tunisiens sont musulmans » ou le rejet des minorités

Si le préambule et les principes fondamentaux du projet de Constitution donnent une supériorité manifeste à l’Islam, au fait religieux, et à l’identité arabo-musulmane, plusieurs élus se sont étonnés du fait que le projet ne fasse, à aucun moment, référence aux minorités. Répondant à ce type d’interrogations, Sahbi Atig répètera, à plusieurs reprises et avec conviction, « tous les Tunisiens sont musulmans », ce à quoi Mabrouka Mbarek rétorquera, sur son compte twitter, que M. Atig est dans le « déni ». Ce rejet d’une partie des Tunisiens, aussi minoritaires soient-ils, a été relevé par plusieurs élus de l’opposition, sans que cela n’émeuve les élus islamistes, qui n’auront de cesse de répéter le caractère islamique du peuple et son attachement à l’Islam et à son identité arabo-musulmane. S’ils défendent avec force la cause palestinienne ou la criminalisation de la normalisation avec Israël, ils ne feront pas grand cas de certains de leurs concitoyens, allant jusqu’à nier leur existence. 

Si le projet de préambule tel que présenté par la commission qui en avait la charge et les débats qui se sont déroulés ces derniers jours, ont dégagé des avancées certaines en faveur d’une Constitution consacrant la liberté, l’égalité, la Justice et la démocratie, le préambule consacre également l’exclusion d’une partie des citoyens tunisiens qui ne correspondraient pas à la définition que les « élus du peuple » leur ont imposée, créant ainsi une catégorie de sous-citoyens dont les droits ne sont pas garantis.

Monia Brn Hamadi  businessnews

 


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 ANC : la bataille du préambule fait rage

Tunisie. ANC : La bataille du préambule fait rage 
Depuis une semaine, le projet de préambule et des principes fondamentaux de la Constitution est au cœur d’âpres discussions à l’Assemblée constituante. Photo Fethi Belaïd / AFP.

C’est la mère de toutes les batailles constitutionnelles. C’est dans le préambule de la future Constitution que se jouent des choses aussi essentielles que la place de la religion dans l’Etat ou encore la primauté des droits humains universels. Depuis une semaine, le projet de préambule et des principes fondamentaux de la Constitution est au cœur d’âpres discussions à l’Assemblée constituante, parfois jusque dans les rangs de la majorité elle-même. Hier lundi, la veille de la clôture de ces débats, la notion de civilité de l’Etat revenait sur le devant de la scène, révélant l’ampleur des divergences qui existent encore entre Ennahdha et l’opposition à ce sujet.

Dans sa mouture actuelle, le projet, tel qu’il a été rendu par la commission dédiée, comprend 17 articles dont certains sont déjà condamnés à être modifiés, tant la controverse qui les entoure est grande. Ni le CPR ni Ettakattol ne voteront le projet présenté en première lecture. Ils exigent un texte plus précis et surtout plus clairement civil.

 

L’éternel casse-tête de l’article 1er

Entre conservatisme, velléités de timides évolutions sécularistes et tentations réactionnaires, l’article 1 est celui qui fait l’objet du plus de propositions de modifications.

Il stipule en l’état que : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain : sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la République. »

L’accent n’étant pas assez mis sur la centralité de l’islam au goût du groupe parlementaire Ennahdha, celui-ci a fait une première proposition consistant à ajouter : « sa religion est l'islam, qui est la principale source de sa législation ».

L’aile droite du parti islamiste va même plus loin via Sadok Chourou qui remet sur la table« la nécessité d’une mention de la charia islamique comme source du droit ».

Toujours côté ultra conservateurs, un subterfuge est trouvé à travers une autre proposition de formulation anti laïque : « la compréhension et l’interprétation de la teneur de cette Constitution ne doivent pas être en contradiction avec son article premier » (sous-entendu, l’islamité de l’Etat).

Mais déjà dans sa forme initiale, en sortie de commissions, cet article 1 ne satisfait pas l’opposition et certains élus progressistes de la troïka qui proposaient quant à eux lundi la suppression du terme « indépendant » au profit de « civil ».

 

Vives inquiétudes des modernistes

A gauche de l’hémicycle, de nombreux élus ont insisté sur l’importance de mentionner clairement la notion de civilité de l’état dans le préambule.

Lors d’une séance agitée, ils ont fait part de leur extrême inquiétude quant à la tournure que prennent les débats qui, selon Naceur Brahmi (groupe al Wafa), « omettent ce flou sémantique susceptible d’ouvrir la voie à l’instauration d’un Etat théocratique ».

L’élu Hichem Hosni a pour sa part raillé l’une des propositions consistant à constitutionnaliser les piliers (« al oussoul ») de l’islam : « Nous aurions droit à un texte sous cette forme : 1. Le Coran. 2. La sunna, etc. C’est une charia déguisée. Ce qui équivaut à rédiger une Constitution pour la majorité musulmane », ironise-t-il.

 

L’ambiguïté d’Ennahdha 

Répondant aux critiques, Sahbi Atig, chef du groupe parlementaire Ennahdha, a martelé que pour son parti, il n’y a « aucune ambiguïté s’agissant du caractère civil de l’Etat. Chez nous, ce principe fait l’unanimité ». « Celui qui gouverne tire sa légitimité du peuple », a-t-il ajouté.

Pour comprendre cette position conciliante, il faut revenir à l’histoire récente de l’évolution des mouvements islamistes de la région. Une fois assurés d’une adhésion populaire large au projet de l’islam politique, elles n’avaient plus intérêt à se focaliser sur la constitutionnalisation des points polémiques,l’assise sociétale étant suffisante à pérenniser un agenda religieux. Le revirement porte donc davantage sur la communication que sur une sécularisation réelle.

Le débat stérile fut le même concernant l’égalité homme-femme. Les surenchères verbales sont étonnamment venues des élues d’Ennahdha qui semblaient,à l’image de Yamina Zoghlami, encore plus soucieuses de prôner la parité que leurs homologues laïques. Là encore, le parti islamiste s’accommode parfaitement d’une parité faite d’homme et de femmes également conservateurs. Cela n’empêche pas ces élues de défendre des positions anti féministes très hostiles par exemple aux droits des mères célibataires.  

 

La bataille du préambule est loin d’être finie. Elle se poursuivra en coulisses et en commission de rédaction. Celle-ci devra en outre remédier à une autre faiblesse du texte actuel, bavard lorsqu’il tente visiblement de contenter le plus grand nombre de sensibilités au nom du consensus. Ce qui est en contradiction avec l’esprit de la concision et de la pertinence en peu de mots inhérents aux meilleures constitutions. lecourrierdelatlas

 

 

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Du préambule et des dispositions générales de la Constitution : Ennahdha perd la majorité


 -01042011cotedivoireEnnahdha d’un côté, CPR et Ettakattol de l’autre, c’est cette impression persistante que nous avons eue en suivant hier les interventions des uns et des autres sous la coupole du Bardo. Après tout le temps passé à débattre en interne dans les commissions, on pensait que la discussion sur le préambule serait une simple formalité. Eh bien, pas du tout.  Ce sera probablement la partie la plus longue à négocier. La majorité est loin d’être automatique. Le vote des deux tiers n’est pas acquis, les alliés prennent désormais des chemins séparés, voire opposés, que dire alors de l’opposition ! 
 

Le débat au sujet du préambule et des dispositions générales de la Constitution a fait bouger les lignes et recomposé l’ANC, c’est un fait. Il est désormais bien clair que la majorité que l’on prête à Ennahdha est toute relative et précaire. Sur les questions liées aux libertés individuelles, au caractère civil de la République et à la place de la religion, Ennahdha a perdu la majorité. Samia Abbou du CPR et Karima Souid d’Ettakattol sont allées jusqu’à dire qu’elles ne voteront pas cette partie de la constitution dans la mouture proposée et ne voteront qu’un texte qui affirme avec clarté et précision un certain nombre de choix modernes et avancés. 

Durant toute la séance qui a commencé hier à 15h30 pour se prolonger  après 20h30, c’était une guerre des tranchées. Lorsque les députés de la majorité, ô combien relative  désormais, réclamaient sans faillir l’inclusion de la charia comme source des lois, la référence prononcée aux valeurs islamiques, la mention explicite de la famille et du mariage; les autres revendiquaient, avec la même fermeté, la référence explicite à la Déclaration universelle des droits de l’Homme ou à l’universalité des droits humains, en s’attachant aux formulations et en critiquant frontalement ce qu’ils considèrent comme un manque de précision des termes employés dans le préambule qui peuvent  prêter à des interprétations parfois contradictoires. 

Sur le plan procédural pur, Habib Khedher explique à La Presse que les amendements proposés seront soumis à la commission de  coordination et d’élaboration de la constitution. Et ce sera le cas pour les autres rapports des commissions constituantes.  Nous sommes au stade des discussions, précise encore le rapporteur général, aucun vote n’interviendra à cette étape. Lorsque la version finale du texte fondamental sera prête, elle sera votée article par article, ensuite dans son ensemble à la majorité des deux tiers, rappelle-t-il.
Les pronostics du temps nécessaire sont difficiles à faire mais au rythme où vont les choses, plusieurs semaines de débat long et rude sont à prévoir. 
Pour mettre au parfum nos lecteurs, voici les propos de trois constituants recueillis par La Presse, constituants qui étaient coalisés au pouvoir, qui sont séparés au parlement et l’assument haut et fort pour certains. 



Samia Abbou : « Si vous voulez fonder un Etat théocratique, il faudra faire une révolution avec d’autres slogans, pour le moment ce n’est pas le cas » 

Le préambule doit annoncer la philosophie de la Constitution et être la référence pour toute interprétation. D’autre part, la constitution doit être elle-même la référence et non pas renvoyer à une autre source. Sinon,  l’article 7, par exemple, tel que formulé, stipule que l’Etat garantit les droits de la femme. Si on se tourne vers le préambule, avec les «thawabet et les maqassed» (constantes et finalités), on peut se retrouver avec la polygamie comme un droit que l’Etat doit garantir car la polygamie signifie, aux yeux de certaines, une chance pour les femmes non mariées et un moyen de lutter contre le célibat des femmes. Par conséquent, on peut s’attaquer sur cette base même à la constitutionnalité de l’article 18 du CSP qui interdit la polygamie.  

La Constitution telle qu’elle est annoncée par le préambule ne garantit plus les droits des citoyens, et je dois insister sur le fait que notre problème n’est pas la religion mais son interprétation. Il faut savoir que pour certains, les « thawabet» comprennent les châtiments corporels, les «houdouds».  Et si cette minorité, par le hasard des urnes, se retrouvait un jour majoritaire au parlement, elle élaborerait des lois qui s’opposent au caractère civil de l’Etat et défendent l’application de la lapidation... Cette Constitution peut être à l’origine de l’abrogation des lois qui fondent l’Etat tunisien et font sa spécificité.  

Nous voulons une constitution qui soit au-dessus des gouvernants et des gouvernés, qui ne renvoie pas à une référence sujette à plusieurs interprétations qui peuvent se contredire. Par conséquent, je n’accepte pas cette version. Je parle en mon nom, et en tant que parti, aussi, nous avons la même orientation. En outre, la formulation du préambule manque de précision et est émaillée de termes métaphysiques. Si je fais le lien avec le contenu de la vidéo de M.Ghannouchi qui annonce son défaut de maîtrise sur les institutions de l’Etat, je dis que c’est très grave. Avec une telle constitution et un parti qui ambitionne de maîtriser les institutions de l’Etat, c’en est fini de nous. Vous voulez fonder un Etat théocratique, il faudra faire une révolution qui porte d’autres slogans. Pour le moment ce n’est pas le cas. 


Mouldi Riahi : « Dans la Constitution, il n’y a pas d’alliés, nous sommes alliés avec nos choix seulement,  ici chacun défend ses valeurs»

Les questions relatives au caractère civil de l’Etat et à toutes les libertés fondamentales, individuelles ou  collectives  nous renvoient à la naissance même d’Ettakatol. C’est un parti créé pour défendre les valeurs universelles et les principes fondamentaux, sans lesquels il n’y a aucune instauration de la démocratie. Nous sommes toujours fidèles à cet acte de naissance. Nous avons toujours pensé que la question de la Constitution est une véritable bataille, pour d’abord garder les acquis mais aussi les enrichir. La Constitution actuelle ne doit pas être une régression par rapport à la Constitution de 59. Je suis moi-même avec Mme Jeribi deux membres de cette commission du préambule et des principes fondamentaux. Je peux dire très modestement que dans ce texte il y a les empreintes de notre parti sur de nombreuses  questions soulevées. Mais, certains nostalgiques posent de nouveau la question de la charia, nous députés et ceux du courant ouvert d’Ennahdha avons ancré la démocratie, avec un certain référentiel à l’Islam. Nous avons une lecture d’un Islam des lumières qui défend les libertés et l’égalité. Sinon comme nous l’avons dit et redit à la Constituante, il n’y a pas d’alliés, on est allié avec nos choix seulement; ici chacun défend ses valeurs. Ettakatol a dix-huit ans d’existence, ce n’est pas aujourd’hui qu’on va lâcher la bataille qu’on a livrée pendant très longtemps contre le despotisme de Ben Ali. Nous voulons, avec d’autres qui portent le même esprit démocratique, offrir une Constitution qui réponde à l’attente de la Tunisie moderne, démocratique et ancrée dans les libertés. Oui au référentiel à la déclaration des droits de l’Homme. Nous voulons mettre une touche dans ce sens. Et quand on se réfère à l’Islam dans ses constantes, nous avons dit l’essentiel, nous voulons aussi nous référer à la déclaration universelle dans ses constantes.


Farida Laâbidi : « Si vous voulez inclure la référence à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, il faudra également mentionner le Coran »

Les amendements sont nombreux, ceux qui ont revendiqué l’inclusion de la charia ne sont pas tous des députés d’Ennahdha. Pour le caractère civil de l’Etat, je considère que le consensus qu’il y a autour de l’article 1er ne fait aucun doute, et il n’y a aucune nécessité à ajouter le caractère civil de l’Etat, puisque dans le préambule, le caractère civil de l’Etat est explicitement mentionné. Quant aux valeurs universelles, il faut faire un choix  ; ou bien renvoyer aux textes et aux chartes et dans ce cas il faudra également mentionner le Coran. Parce que nous considérerons en tant que musulmans que l’universalité est également comprise dans le Coran. Ou bien se référer aux valeurs universelles sans citer aucun texte, aucune source. C’est ce choix consensuel qui a été fait. Nous considérons qu’un esprit de concorde règne dans la rédaction du préambule. Le vote n’a été invoqué que dans des cas très rares à l’intérieur de la commission au moment de l’élaboration. Le contenu du préambule bénéficie de l’adhésion de presque tous, il faut le reconnaître. En ce qui concerne quelques points litigieux comme le conseil supérieur de l’Islam, celui-ci n’a pas été voté dans le rapport de la commission des droits et libertés, mais la question sera débattue en plénière. radiotunisienne

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 19:03

La menace, au-delà des camps d’entraînements


salafistes-violencesLe ministère de l’Intérieur a démenti l’existence de camps d’entraînements djihadistes en Tunisie, dans un communiqué publié le mardi 30 octobre sur les réseaux sociaux. Le ministère nie ainsi explicitement les allégations d’un documentaire français diffusé par la chaîne Canal+ dans la soirée du lundi, et dont certains propos ont été repris par certains journaux tunisiens.

Le problème, c’est que d’une part, une page Facebook, en l’occurrence celle de notre ministère de l’Intérieur ne peut rivaliser avec la force de frappe informationnelle d’une télévision française. Le mal est donc fait, et on n'a pas fini de payer le prix des dégâts en termes d'image de marque. D’autre part, ces éléments interviennent dans un contexte où les plaintes des policiers eux-mêmes se multiplient face à ce qu’ils considèrent comme le laxisme des autorités vis-à-vis des groupes salafistes. Les forces de sécurité elles-mêmes en arrivent à se plaindre de l’insécurité, puisqu’elles sont désormais la cible d’agressions répétées. Or les syndicats policiers regrettent de ne pas avoir reçu d’instructions les autorisant à sévir contre les groupes extrémistes.

Dernier cas en date, le cas du chef de la brigade de sécurité publique à La Manouba, le commandant Wissem Ben Slimane, victime d’une dans la nuit du samedi à dimanche, d'une agression à l'arme blanche, au niveau de la tête, alors qu'il intervenait pour mette fin à une altercation entre des trafiquants de boissons alcoolisées et un groupe de salafistes à Douar Hicher.

Poussé dans ses retranchements, le ministère de l'Intérieur s’est fendu d’un énième communiqué lundi, et s’est dit «prêt à engager des poursuites contre les groupes qui veulent se substituer à l'Etat et imposer leur propre loi». En d’autres termes, si les autorités nient l’existence des camps d’entraînements sur le sol tunisien, elles ne nient pas l’existence de «ces groupes qui veulent se substituer à l'Etat et imposer leur propre loi». Pis : les salafistes djihadistes contrôlent plus de 400 mosquées de l’avis même du ministère des Affaires Religieuses, et imposent de force leurs imams dans ces lieux de prières, transformés en centres de propagande diffusant une idéologie importée.

Pour la prière de l’Aïd, l’imam d’une mosquée située dans le gouvernorat de l’Ariana, a cru bon, dans son sermon, d’appeler au meurtre des infidèles, sans épargner femmes et enfants, invoquant pour l’occasion des événements historiques inventés de toutes pièces pour les besoins de la (mauvaise) cause.

Ceux qui persistent à se rendre dans ces bastions du djihadisme que sont devenues certaines mosquées, auront relevé la distribution de brochures sur papier glacé, de revues luxueuses dont l’impression aura coûté des dizaines de milliers de dinars. Des associations poussent comme des champignons, louent des locaux dans des quartiers huppés, et font étalage de moyens financiers sans commune mesure avec ceux que pourraient mobiliser de simples citoyens tunisiens.

En définitive, si, à en croire ce communiqué du ministère de l’Intérieur, il n’y a pas de camps d’entraînement en Tunisie, il n’en reste pas moins que cette idéologie foncièrement violente trouvent des relais de plus en plus nombreux dans notre pays. Et c’est ainsi qu’à Douar Hicher, ces groupes ont pu passer de la parole aux actes. Moez El Kahalaoui mag14

 

 

 

 

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Un blogueur condamné à une amende pour atteinte à la pudeur

Le blogueur et opposant tunisien, Sofiène Chourabi, a été condamné mardi à une amende de 104 dinars (52 euros environ) pour ivresse publique et atteinte à la pudeur, a annoncé à l'AFP l'intéressé, qui accuse les islamistes au pouvoir d'avoir orchestré cette affaire.

M. Chourabi et son ami le journaliste Mehdi Jelassi devront s'acquitter chacun de 100 dinars (50 euros) d'amende pour atteinte à la pudeur et quatre dinars (deux euros) pour ivresse publique.

Les deux hommes avaient été arrêtés début août pour avoir consommé de l'alcool dans un lieu public, une plage près de Menzel Temime (Cap Bon, à 100 km de Tunis), durant le ramadan, le mois de jeûne des musulmans. Ils risquaient six mois de prison.

"Je vais faire appel de cette décision du tribunal de Menzel Temime car elle confirme des accusations que je rejette et nie totalement", a déclaré le blogueur.

M. Chourabi a par le passé accusé les islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement tunisien, d'avoir fabriqué ces accusations. Il a aussi affirmé que ses aveux en août lui avaient été extorqués par les policiers.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions en Tunisie au sujet de la liberté d'expression. Plusieurs médias publics sont notamment en conflit ouvert avec le gouvernement qui est soupçonné de chercher à contrôler leur ligne éditoriale.

Par ailleurs, l'opposition tunisienne et une partie de la société civile accusent Ennahda d'organiser une islamisation rampante de la société.

M. Chourabi avait été rendu célèbre par ses écrits contre le régime déchu du président Zine El Abidine Ben Ali. Il travaille désormais pour le site d'informations Institute for War and Peace Reporting (IWPR). france24

 

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 Le ministère de l’Intérieur répond à Néjib Chebbi


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Suite aux déclarations d’Ahmed Néjib Chebbi, selon lesquelles «le ministère de l’Intérieur est sous les commandes de membres d’Ennahdha», le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué dans lequel il dément catégoriquement ces informations. 

Il souligne que les structures du ministère opèrent en indépendance totale de toute influence émanant de parties agissant dans la sphère politique et insiste sur le fait que les décisions de sécurité sont prises exclusivement dans le cadre des structures en conformité avec les procédures légales en vigueur.
Le ministère de l’Intérieur a souligné l'importance de la crédibilité et la nécessité d'éloigner l'institution de sécurité de toute utilisation à des fins politiques afin qu’elle puisse accomplir au mieux son devoir. businessnews


 

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Information judiciaire sur un complot impliquant une partie de l'opposition et des hommes d'affaires. Les intéressés réagissent.


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Le juge d’instruction du 5ème bureau vient d’ouvrir une enquête judiciaire autour d’un hypothétique complot contre l’Etat auquel prendraient part un certain nombre de personnalités politiques et anciens hauts cadres de l’Etat.

 

Seraient concernés par cette enquête l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, l’ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères Kamel Morjane et les anciens ministres de l’Intérieur Ahmed Friâa et Mohamed Jegham, ainsi que deux hommes d’affaires, Kamel Letaïef et Néji Mhiri.

 

Ils sont tous suspectés d’avoir comploté et s’être mis d’accord pour renverser le régime. On leur reprocherait, entre autres, de mettre en doute la légitimité du pouvoir actuel.  A titre préventif, certaines de ces personnes ont d’ores et déjà été frappées d’interdiction de voyage dont Kamel Letaïef.

 

L’enquête aurait été ouverte sur la base d’une requête déposée il y a plusieurs mois par l’avocat Cherif Jebali, un ancien cadre au ministère de l’Intérieur, réputé proche du pouvoir et ce sur la base de l'article 31 du code des procédures pénales. La requête est restée longtemps chez le ministère public qui ne l’a transmise que la semaine dernière au juge d’instruction.

 

Plusieurs avocats ont déjà pris ou s’apprêtent à prendre l’affaire en main pour défendre un ou plusieurs de ces personnalités, dont Ahmed Néjib Chebbi, Bochra Bel Hadj Hmida, Mokhtar Trifi et Abdessattar Ben Moussa. L’enquête en est encore au stade de l’instruction, et en l’absence d’accusés pour le moment, pourrait être classée par le juge d’instruction.

 

On n’écarte pas la possibilité qu’il s’agisse d’une simple manœuvre de diversion puisque les suspicions ne se baseraient sur aucun élément tangible. Force est de constater aussi, que les personnes accusées, forment la partie de l'opposition qui fait l'objet, soit d'un déni pur et simple de la part du parti au pouvoir Ennahdha et sa troïka, soit de personnalités politiques que la troïka cherche à exclure de la vie politique et plus précisément des prochaines élections. Les deux hommes d'affaires, impliqués dans cette accusation de complot, ont de leur côté, longtemps fait l'objet de campagnes médias. De là à accuser ce procès d'être une tentative de règlement de comptes politiques, il n' y a qu'un pas que beaucoup d'observateurs de la place politique tunisienne de la Révolution, ont vit fait de franchir.

 

Kamel Ltaïef dément et s’étonne, Caïed Essebssi et Morjene ne sont pas au courant !

 

Interrogé, mardi 30 octobre 2012, par nos soins au téléphone, Kamel Ltaïef a confirmé l’existence d’une telle affaire portée contre lui et les personnes citées dans notre article, affaire qui a été derrière l’interdiction de voyage décidée à son encontre. L’homme d’affaires qui affirme que la décision d’interdiction de voyage lui aurait été annoncée alors que le dossier d’accusation n’était pas encore instruit, s’étonne aussi que le parquet prenne au sérieux de telles accusations et ne l’entende pas en personne avant de décider de l’interdiction de voyage à son encontre, affirmant qu’il n’a aucune raison de comploter ou de fuir la Tunisie, pays de sa naissance et de ses affaires.

 

Kamel Ltaïef dément, par ailleurs l’accusation de complot portée contre lui et les autres personnes citées dans l’affaire par l’avocat, dont il rappelle qu’il a déjà perdu deux autres plaintes similaires portées contre lui, des affaires dont il aurait par ailleurs parlé, depuis avril dernier, dans le journal d’un autre homme d’affaires qui n’arrête pas de le diffamer.

 

Kamel Ltaïef s’étonne aussi que l’on porte de telles accusations contre des hommes politiques intègres et irréprochables, au moment où la Tunisie vit une période de transition démocratique. L’homme d’affaires rappelle, à ce propos, qu’il ne possède qu’une seule et unique entreprise dont les comptes sont du reste transparents et font plus est, l’objet de contrôles du Fisc et de la CNSS. Il précise aussi qu’il reste, depuis sa dispute avec l’ancien président tunisien Ben Ali en 1992, un homme politique indépendant qui a des relations très variées et qui agit pour le seul intérêt de son pays, sans nulle intention de comploter contre la sécurité ou la stabilité de l’Etat.

 

Interrogé, de son côté par nos soins aussi, le leader de Nida Tounes Béji Caïed Essebssi déclare n'avoir rien reçcu d'officiel à propos de cette plainte et de ces accusations. "Je suis incapable de renverser une assiette, que dire d'un régime", commentet-il avec son humour habituel. Quand à Kamel Mojene, il assure, lui aussi, ne pas être encore au courant de la plainte dont il ferait l'objet.Pour sa part, Mohamed Jgham d'El Watan, indique aussi qu'aucune accusation ne lui a été formellement notifiée et  considère ces accusation comme étant destinées à jetter une ombre sur les prochaines échéances électorales.

 

Réagissant aux informations relatives au complot, l’homme d’affaires, Néji Mhiri, a affirmé à Assabah News, qu’il n’est mêlé à aucune affaire politique, ajoutant qu’il n’est nullement au courant des accusations de complot portées contre lui ainsi que des personnalités politiques.

 

Concernant l’interdiction de voyage, il a indiqué que l’information le concernant n’a aucun fondement, affirmant enfin qu’il œuvre dans l’intérêt de la nation et que son seul et unique objectif est de créer des emplois dont il revendique 48 000.

 

De son côté, Ahmed Friaa, ex-ministre de l’Intérieur, s’est déclaré, dans une déclaration à Assabah News, étonné par l’information l’accusant de complot contre l’Etat, ajoutant qu’il s’est replié, depuis longtemps, chez lui dans sa maison, pour travailler sur la mise au point d’une formule mathématique, se demandant si ce travail de recherche est une conspiration contre la sûreté de l’Etat.

 

S’agissant de Kamel Ltaief, il a indiqué qu’il le connaît effectivement et qu’ils se téléphonent de temps à autre. africanmanager

 

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Réactions 


 

 

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Révolution tunisienne : du rêve à la réalité


Pour la jeunesse, la révolution a apporté la liberté mais n'a pas réglé le chômage. 
Pour la jeunesse, la révolution a apporté la liberté mais n'a pas réglé le chômage. © Ons Abid

 

Au terme d'une année d'exercice parlementaire, les Tunisiens font un premier bilan. Un regard mitigé au moment où les difficultés s'accentuent. Voyage aux quatre coins du pays.

 

« Compatriotes, n'oubliez pas la farine, le sucre... Faites vos courses ; le 23 octobre sera chaud », pouvait-on lire sur Facebook. Le réseau social, qui a été un vecteur essentiel de la révolution tunisienne, s'est transformé en un outil de prosélytisme islamiste, une poche de résistance pour les modernistes, mais le plus souvent un « mur » des lamentations. Oubliées l'euphorie et l'émotion qui avaient mené la Tunisie vers son premier scrutin libre, il y a tout juste un an. Pourtant, dans les villes de l'intérieur, comme Sidi Bouzid, certains édifices portent encore des traces noires délimitant l'emplacement de l'affichage des partis pour les élections de la Constituante du 23 octobre 2011.

 « C'était mes premières élections de citoyenne. Ce jour-là, même le temps était magnifique, mais depuis j'ai déchanté », confie Narjess, cadre d'une banque originaire de la région. Elle avait tenu à voter sur son lieu de naissance. « En moins d'un an, Sidi Bouzid est retournée des siècles en arrière. Les barbus imposent leurs lois, et tout le monde, par crainte de représailles, obtempère. Je ne reconnais plus ceux qui ont tenu tête à Ben Ali », ajoute-t-elle. À Sidi Bouzid, si les stigmates de la révolution ont disparu, les soulèvements sont encore fréquents et donnent la mesure du mécontentement populaire qui fait tâche d'huile en Tunisie. « L'an dernier, nous avons pris notre mal en patience. On nous a fait croire qu'un gouvernement légitime aurait toute latitude pour relancer la région. Nous avons attendu, mais aucune promesse n'a été concrétisée », lance Seif, jeune chômeur et militant d'un parti d'extrême gauche. Son malaise n'est pas seulement celui d'une génération de désoeuvrés mais celui de toute une population qui croyait, avec une certaine naïveté, qu'il suffisait que Ben Ali parte pour que disparaissent ses problèmes.

 

Colère

 

Cette désillusion est aussi palpable dans la région de Gafsa, où les manifestations antigouvernementales s'enchaînent. « Gafsa, réveille-toi, le gouvernement te vole ! » scandent les habitants. Ils constatent que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), mère nourricière de toute une région particulièrement déshéritée et incontournable employeur pour plus de cinq générations de familles entières, ne peut plus répondre à leurs demandes. Tout un modèle a volé en éclats sans que rien ne vienne le remplacer. « Nous sommes déçus par une Assemblée nationale constituante (ANC) qui, finalement, est bien peu représentative du pays et qui demeure loin de nos préoccupations. Tunis est toujours le pôle pensant où tout se décide sans que nous soyons consultés, alors que la capitale ignore bien souvent la teneur de nos problèmes. Nous sommes des délaissés de la révolution, alors que depuis 2008 nous avons ouvert le chemin à l'insurrection en nous soulevant contre un système odieux. Nous sommes toujours dans l'attente, le pouvoir nous promet depuis si longtemps des solutions et de l'emploi que notre colère est légitime. Il n'y a pas d'avenir pour nos enfants, ni ici ni ailleurs », s'insurge un instituteur de Redeyef. Il reconnaît que sans le soutien de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) la région aurait du mal à se faire entendre.

Le garant de cette transition reste l'Instance supérieure indépendante pour les élections. Elle devra être dotée des outils nécessaires pour accomplir sa mission dans des conditions optimales.

 

Yadh Ben Achour, Constitutionnaliste

 

La centrale syndicale a pris une réelle envergure en faisant peau neuve depuis les élections de son nouveau bureau, en décembre 2011. Elle a largement contribué à la levée des grèves et des sit-in qui bloquaient l'activité économique du pays. Mais c'est sa contribution et son intervention comme régulateur des tensions politiques qui soulignent sa montée en puissance. Même le patronat menace de faire grève et de suspendre ses activités s'il n'est pas entendu par un gouvernement incapable de prendre les mesures nécessaires pour relancer la machine économique. « On nous annonce de bons chiffres de croissance et des intentions d'investissements, mais dans les faits nous avons une inflation galopante et nous payons très cher le discrédit du pays », déplore un entrepreneur du textile.

 

Pour les Tunisiens, le coeur n'y est plus, la confiance non plus. « Depuis trois mois, nous n'avons pas de ministre des Finances. Qui prépare le budget 2013, dans quelles conditions?

 

Le gouvernement reconnaît ses faiblesses et un manque de compétences. Mais nous n'avons pas besoin d'apprentis. Il nous faut des personnes capables de ramer et de mener la barque à bon port », explique Abdelaziz, un retraité du ministère de l'Économie. « On se bat contre des moulins à vent ; nos dirigeants sont dans l'autisme, ils ne sont même pas sensibles au bon sens. Ils voudraient se saborder qu'ils ne feraient pas mieux », ajoute une militante du mouvement Kolna Tounes (« nous sommes tous la Tunisie »).

 

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La révolution a également favorisé l'émergence de l'extrêmisme religieux. © Ons Abid

 

 

Les islamistes d'Ennahdha, arrivés en tête des élections de la Constituante avec 40 % des suffrages, sont désignés comme les artisans d'une catastrophe socioéconomique. « C'est clair, s'ils avaient voulu faire une Constitution et des institutions réellement démocratiques, sans arrière-pensées, on aurait fini tout ça depuis longtemps. Si Ennahdha avait vraiment agi comme un parti du centre démocrate musulman à la turque, comme ils l'avaient annoncé, ils auraient même gagné des voix aux prochains scrutins. Si les imams dans les mosquées, au lieu de se livrer à des pugilats politiques, avaient enseigné les vrais principes de l'islam, l'hygiène, l'honnêteté, la patience, notre économie se serait redressée et nos villes seraient propres. J'enrage qu'avec des outils pareils et un capital de sympathie énorme ils n'aient réussi qu'à montrer un visage de secte, effrayant et repoussant », s'insurge Mourad Mathlouthi, un sympathisant du Congrès pour la République (CPR), parti de la troïka gouvernementale dont est issu le président de la République, Moncef Marzouki. 

 

Constitution : et la lumière fut

 

Les tensions exacerbées à l'approche de l'échéance du 23 octobre ont provoqué un net revirement des maîtres du pouvoir à Tunis. En moins de quarante-huit heures, les partis de la troïka ont aplani leurs différends et opté pour un régime mixte ; dans la foulée, les mesures liberticides, comme la criminalisation du sacré, ne seront pas inscrites dans la loi fondamentale, et les femmes retrouvent leur statut d'égales de l'homme, tandis que l'État s'engage à garantir le droit de l'enfant, mesure qui ne figurait pas sur le brouillon de la Constitution. Toutefois, Ennahdha ne démord pas de sa position et refuse de citer la déclaration universelle des droits de l'homme parmi les autres référentiels du préambule. Parmi les décisions marquantes, la relance de l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie) et l'organisation du premier tour des élections législatives et présidentielle le 23 juin 2013 participent à apaiser les esprits, même si l'Isie aura le dernier mot pour fixer définitivement la date du scrutin. Ces nettes avancées sont le résultat des négociations et des pressions exercées par le groupe parlementaire d'Ettakatol au niveau de l'ANC et de la troïka gouvernementale. F.D.

 

Retards

 

Plus que le gouvernement, c'est l'ANC qui est en butte aux critiques. Avec une abstention de près de 50 % et près de 1 million de voix perdues sur des listes n'ayant pas obtenu de sièges, l'Assemblée n'est pas vraiment représentative du pays et ne convainc pas par son rendement. Certains assurent qu'elle a failli à sa mission. La rédaction de la Constitution traîne autour de palabres, les dossiers de la justice transitionnelle sont en instance et le contrôle de l'action gouvernementale semble être une formalité sans effets.

Les Tunisiens prennent la date du 23 octobre comme prétexte pour exprimer leur insatisfaction. Selon le décret-loi appelant aux élections d'une Constituante le 23 octobre 2011, cette dernière avait un an pour préparer la loi fondamentale de la IIe République. Si la légitimité institutionnelle de l'ANC ne peut être remise en question, certains estiment qu'au niveau politique l'ANC et le gouvernement doivent chercher une voie consensuelle. D'autant que la tension est montée de plusieurs crans. Les manifestations se multiplient, et les médias relaient la colère de l'opinion publique. La pression est telle que les autorités accélèrent la marche, ont annoncé un accord pour adopter un régime semi-parlementaire et fixé, dans la précipitation, les prochaines échéances électorales au 23 juin. « Les voilà lançant des miettes aux crédules qui veulent bien les croire ! Les élections n'auront pas lieu le 23 juin 2013. C'est juste pour passer le cap du 23 octobre et désamorcer la colère populaire », affirme Rym Mourali, une ancienne militante d'El-Moubadara.

L'attaque contre l'ambassade américaine le 14 septembre aura sans doute des conséquences négatives à long terme, tandis qu'à Bizerte c'est la prise de possession de l'espace public par les salafistes qui éloigne les touristes. « Ils ont, comme tous les islamistes, souffert de la répression de Ben Ali, mais ils exigent, implicitement, une sorte de dédommagement moral en accaparant les espaces publics et en mettant la main sur le commerce parallèle, quitte à paralyser l'activité économique de la ville. L'influence de la communauté qui vit en France se fait aussi sentir ; cet été, nous n'avons pas vu de "Chez-Nous" [nom donné aux immigrés originaires de Bizerte] en jupe courte ou frimant au volant de décapotables mais un retour massif de barbus et de femmes voilées. Le calme est revenu après les agressions de cet été, mais il suffit d'un rien pour mettre le feu aux poudres », constate Karim Mili, un agent immobilier. Les esprits s'échauffent aussi au Kef et à Jendouba : « On nous a divisés par des discours identitaires ; on nous a promis de prendre aux riches pour donner aux pauvres ; un an après, même les procès intentés pour faire la lumière sur les exactions commises lors de la révolution n'ont pas abouti. Nous sommes en dessous du seuil de pauvreté ; certains en sont à regretter l'ancien temps où, malgré la répression, ils avaient de quoi manger », estime Néjib, un petit libraire de la région. Les oubliés du Nord-Ouest vivent aussi la montée des extrémismes. 

 

« Le conservatisme et l'influence islamiste mettent en péril la position des femmes, alors qu'elles ont un rôle essentiel. Il faut les sensibiliser à leurs droits et mettre en valeur leur travail », affirme un opérateur de l'Office du développement du Nord-Ouest. Dans toute la région, les associations s'activent. À Foussana (Centre-Ouest), l'une d'entre elles, Femme retrousse tes manches, a permis à des artisanes de valoriser leur tissage et de le commercialiser en Europe, tandis que les potières de Sejnane sont sollicitées par les réseaux de commerce équitable et s'assurent plus de 250 euros par exposition.

 

Divisions

 

La question de la femme dans la société tunisienne a été source de dissensions au sein de l'ANC, mais comme sur beaucoup d'autres points, tels que la charia ou la criminalisation des atteintes au sacré, la pression de la rue et des médias a fait reculer les positions islamistes. « Les nouveaux dirigeants du pays ont été impatients et méprisants. Ils ont traité ceux qui n'avaient pas voté pour eux comme quantité négligeable. Les tentatives de divisions d'un peuple éprouvé par une sévère crise socioéconomique sont criminelles », assure Wajdi, un étudiant de HEC Tunis. Si les élites et les nantis n'ont pas vu venir la révolution, ils se sont ensuite largement impliqués dans la société. Malgré l'essoufflement des activités associatives et citoyennes en raison d'une situation sécuritaire précaire, leur esprit critique est toujours vif. Les bobos de La Marsa ou d'El-Manar, bien que parfois déconnectés des réalités, ne sont pas indifférents.

 

 

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Malgré les apprences, les élites et les nantis s'impliquent de plus en plus dans le débat de société. © Ons Abid


« Le regard de la société a changé, je fais attention à ma manière de m'habiller et j'évite de choquer ; les sensibilités sont à fleur de peau et la nouvelle stratégie qui consiste à réprimer les femmes au prétexte des bonnes moeurs est de mauvais augure », avoue une résidente du quartier chic de Mutuelleville. Les partis modernistes, « les zéro virgule » comme les désignent avec mépris les islamistes, sont fatigués, mais restent une force critique, parfois trop critique. Ils alertent, entre autres, sur le risque de bipolarisation politique et craignent un retour des anciennes pratiques. « Nous pensions que nous avions contribué à une révolution propre et rapide, et que la suite se serait inscrite dans la modération à l'image de ce qu'est la Tunisie. Dans notre ignorance de la pratique démocratique, nous ne savions pas que la politique allait changer la donne. Aujourd'hui, entre Ennahdha et Nidaa Tounes, nous sommes pris entre le marteau et l'enclume. Cependant, il est bon que les acquis fondamentaux du pays soient préservés, mais le chemin est encore très long, et il y a lieu d'être optimiste pour mieux résister », explique le réalisateur Walid Tayaa. 

 

Qu'en pensent les abstentionnistes ?


Le 23 octobre 2011, sur 7,546 millions d'électeurs, seulement 3,702 millions se sont rendus aux urnes. Avec un taux d'abstention de près de 50 %, la faible représentativité de l'Assemblée l'a handicapée dans son travail. Chez les abstentionnistes, peu de regrets : « Je n'ai pas voté, je l'assume. Les propositions politiques n'étaient pas satisfaisantes. J'ai encore moins de regrets aujourd'hui. L'Assemblée nationale constituante nous renvoie une image pitoyable. Ma crainte est que dans l'avenir également nous n'ayons pas de choix et qu'il faille voter par défaut », résume Anissa, une doctorante en droit. jeuneafrique

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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