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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 04:29

Depuis plus de deux mois, un mouvement de révolte agite la société syrienne et met en danger le régime autoritaire de Bachar Al-Assad.

Une photo prise par un manifestant, vendredi 13 mai, lors d'une manifestation à Kamichli. "La liberté, c'est arrêter les tueries et les arrestations" dit la banderole.

Si cette mobilisation s'inscrit dans le cadre du printemps arabe, elle se différencie du modèle des révolutions tunisienne et égyptienne à de nombreux égards. Pour l'historien et politologue Hamit Bozarslan, ancien directeur de l'Institut d'études de l'islam et des sociétés du monde musulman, cette contestation se démarque "moins par sa nature que par la nature du régime syrien".

Le mouvement de révolte en Syrie est-il comparable aux révolutions de Tunisie et d'Egypte?

Hamit Bozarslan : Le monde arabe connaît une attente démocratique et réclame la fin des régimes autoritaires depuis des années. Une aspiration qui se combine avec la passion d'une nouvelle génération pour la liberté, l'égalité et la dignité. De ce point de vue-là, ce qui se passe en Syrie fait partie d'une contestation qui dépasse le simple cadre du pays. La différence avec les autres pays révolutionnaires ne s'explique donc pas tant par la nature de la contestation que par la nature du régime.

Dans le cas de la Tunisie et de l'Egypte, étaient installés au plus haut niveau ce que l'on appelle des "Etats cartels". Ces réseaux, constitués autour d'un prince, sont composés de différents organes, notamment l'armée, une partie de la bourgeoisie et de la bureaucratie. Dans ces systèmes, le prince a pour rôle principal de garantir la survie de ce cartel, mais les différentes composantes, et principalement l'armée, disposent d'une autonomie considérable. C'est pour cette raison qu'en Tunisie et en Egypte, l'armée a pu se dissocier du prince et conduire à la chute du régime. En Syrie, la relation entre l'armée et le pouvoir est infiniment plus forte et plus encadrée. Et l'organisation de l'Etat, très réduit autour de la famille du président et d'un petit clan de la minorité alaouite, s'apparente davantage en ce sens à l'ancien régime de Saddam Hussein en Irak.

D'un point de vue géographique, en quoi la contestation syrienne se démarque-t-elle ?

Dans le cas de l'Egypte et de la Tunisie, on observait que les villes du Caire et de Tunis étaient centrales. Il y avait également des contestations locales, mais l'avenir des deux pays s'est joué dans ces deux grandes agglomérations. En Syrie, les dynamiques locales sont infiniment plus importantes. Damas, qui devrait jouer un rôle central, ne parvient pas à émerger comme tel. Cette inertie s'explique par la forte surveillance militaire mais aussi par une différence sociologique par rapport aux autres révolutions arabes. C'est avant tout une révolte des provinces.

Pourquoi la répression du régime syrien semble-t-elle plus efficace ?

Les pratiques coercitives sont très différentes d'un pays à l'autre. En Syrie, on a évidemment un exemple sinistre des pratiques du pouvoir avec l'épisode de Hama, en 1982 [les troupes du président Hafez Al-Assad, père de l'actuel président, avaient réprimé dans le sang une insurrection orchestrée par les Frères musulmans]. Aujourd'hui, le régime syrien se montre très efficace car il parvient à fracturer l'espace et le temps de la contestation, à imposer son rythme. En déplaçant ses chars d'une ville à l'autre, en faisant régner la terreur dans différents lieux successifs, le pouvoir syrien réussit à empêcher la création d'une dynamique commune de l'opposition. Ce que n'avait pas réussi à faire Ben Ali et Moubarak. De ce point de vue, je crains que le temps joue en faveur du pouvoir. Plus les autorités imposent leur rythme, plus elles rendent la contestation diffuse.

Existe-t-il en Syrie une force d'opposition cohérente ?

Il est très difficile de définir aujourd'hui l'opposition syrienne, même si on dispose d'énormément d'éléments. Il s'agit visiblement d'une coalition hétéroclite dans laquelle on trouve des intellectuels, des jeunes de la classe moyenne, des exclus du système informel, des membres de courants libéraux, une opposition conservatrice, voire islamiste. A l'inverse des mouvements tunisiens et égyptiens, on entend dans les cortèges le slogan "Allah akbar" [Dieu est le plus grand]. Ce qui ne signifie pas nécessairement un mot d'ordre islamiste : le slogan est aussi un appel à la résistance depuis un siècle et demi dans le monde arabe.

L'organisation de la contestation est-elle différente ?

Comme en Tunisie et en Egypte, la contestation se joue sur le plan virtuel, sur Internet et avec les réseaux sociaux. Mais la différence principale réside dans la faculté d'organisation sur le terrain. La Tunisie et l'Egypte présentaient ce paradoxe qu'ils étaient des pays très ouverts : ils accueillaient des millions de touristes, ils avaient une diaspora très importante et une forte influence. A condition de ne pas toucher la personne du prince, les intellectuels pouvaient se rassembler, la vie universitaire était très vivace…

En Syrie, ce n'est pas du tout le cas. Si l'Etat s'est effectivement retiré de certains domaines sociaux comme la "soupe populaire" ou les dispensaires, l'encadrement de la société demeure très fort. La peur des moukhabarat, la police secrète syrienne, est bien plus forte que celle qui existait en Tunisie ou en Egypte.

Comment s'explique le manque de réactivité de la communauté internationale ?

Il y a cinq ans, la Syrie a été réhabilitée par la communauté internationale. Une décision commune qui trouve de nombreuses justifications, parmi lesquelles la stabilisation de la frontière entre la Syrie et l'Irak, ou encore la pacification du Liban. Ces facteurs expliquent en grande partie l'inertie actuelle de la communauté internationale, qui ne parvient pas à trouver une position commune. Il faut rappeler qu'Israël joue aussi un rôle important car la Syrie représente un peu son "meilleur ennemi". Le régime de Bachar Al-Assad, bien que très hostile évidemment à l'Etat d'Israël, est relativement encadré, notamment grâce à l'influence de Washington. Or le remplacement du régime Al-Assad pourrait représenter un grand danger pour les Israéliens.

Propos recueillis par Charlotte Chabas
publié par : http://lesnouvellesencontinu.blogspot.com/search/label/Tunisie
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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 03:52

Je suis toujours hors de France et tenir un blog d’ici est très difficile compte tenu de ma charge et … De temps en temps j’ai une fenêtre de tir comme ce jour alors je me signale à vous.

Depuis mon dernier Opus, beaucoup de choses se sont déroulées ; il y a eu la côte d’Ivoire ; la Lybie ; la Syrie ; l’Arabie Saoudite ; Bahreïn ; et j’en oublie certainement, ah oui ! Le mariage en Angleterre qui n’est pas ma tasse de thé. Il y a surtout eu la mort de Bin Laden que personnellement je ne pleure pas. Car dans sa démarche folle, il n’a jamais fait cas des innocents… Au nom des combats qui méritent certainement débat, il a fait du terrorisme sauvage… Mais au-delà, il y a la victoire d’un homme, le président Obama. Non pas parce qu’il est président au moment ou l’événement a lieu, mais, parce qu’il l’a annoncé pendant sa campagne et lors du premier débat qui l’opposait à Maccain. Il dira je retirerais les troupes d’Irak et je renforcerais nos forces en Afghanistan pour traquer Bin Laden. J’autoriserais nos forces à attaquer au Pakistan pour ce fait. Et Maccain de s’exclamer ; vous attendez ce que dit le sénateur Obama ? Il va attaquer le Pakistan, c’est irresponsable… Il l’a fait, pas contre le Pakistan mais pour éliminer Ben Laden.


Mais s’il y a un sujet que souhaitais vous entretenir c’est la Lybie et ce qu’il s’y passe. Ne me parlez pas de droits de l’homme je ne suis pas naïf ; car les droits de l’homme sont bafoués en ce moment partout, et si nous devons faire la guerre pour ce fait, la liste prioritaire sera très longue…


Je sais qu’en France vous étiez nombreux à plébisciter le pays en guerre et c’est normal. Quand son pays rentre ne guerre on commence par le défendre puis on se pose les questions après. Dans le cas d’espèce, je pense que vous avez eu tort. La France n’était pas menacée et la guerre en Lybie ne sert en rien nos intérêts. Elle sert les intérêts des Lobby pétroliers qui, payent très peu de taxes en France sous prétexte que leur activité se fait à l’extérieur. Lors du passage colonel Kadhafi à Paris, par la ruse, on a essayé de prendre des concessions pétrolières en Lybie, de lui vendre des engins de mort, on y est pas parvenu alors l’occasion était belle pour les lui prendre par la force.

Au-delà de la ruse il y a la force ; elle est utilisée quand le partenaire semble coriace, imprévisible, moins disposer à la ruse. C’est ce qu’il se passe en Lybie en ce moment. Dans ce pays, un groupe de complices du colonel dictateur a réussi à soulever le peuple de Bengazi. Kadhafi, fidèle aux méthodes des dictateurs, va lancer la soldatesque. Mais ici les choses vont se compliquer car, en face on a décidé de vendre cher sa peau et des villes tombent sous l’avancée des insurgés armés. Ce qui était annoncé comme une révolte populaire se transforme en guerre de pouvoir entre deux factions. Des anciens criminels qui ont toujours soutenu Kadhafi et organisé avec lui les pires forfaitures crée à l’Est, le Conseil National de Transition -le CNT-.

 

L’occasion est trop belle pour le Président de France pour se refaire une stature. Il vient d’essuyer deux revers en Tunisie et en Egypte et il est abonné au fond du classement des sondeurs. Sous l’impulsion d’un « philosophe[1] » adepte de coups d’éclats, il va à la grande surprise de tous, faire du conflit Libyen une affaire personnelle. Il reconnait en premier cette organisation occulte dont on prédit une victoire imminente et rapide, puisque soit disant il serait soutenu par l’ensemble du peuple de Lybie. Mais les choses ne se passent pas comme prévu, Kadhafi prend le dessus sur ses adversaires et le président décide de faire outre les bons principes énoncés lors de la situation égyptienne : « c’est aux peuples de choisir ; aucun pays ne peut le faire à leur place. » Il porte l’affaire au conseil de sécurité de l’ONU, ce machin dont parlait le général de Gaulle, et il s’ensuit la résolution 1973, dont le but est d’établir une zone d’exclusion aérienne afin de protéger les populations civils.

 

Très facilement, les avions et missiles de France, d’Angleterre et des Etats-Unis clouent au sol les avions Libyens. Malgré cet objectif atteint, les bombardements se poursuivent au-delà des termes de la résolution. On bombarde les zones militaires et civils qui soutiennent Kadhafi sans distinction, on bombarde les résidences du « guide » Libyen, de ses fils ; Pourquoi ? Parce que, derrière la version officielle, il y a des un besoin d’éliminer Kadhafi et toutes sa famille, de mettre enfin la main sur la manne pétrolière d’ici, comme le trahi cette tribune commune de Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama : « […] Il est impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi […] » Et nous qui avions cru que la normalisation des relations avec Kadhafi était indispensable pour l’équilibre de cette région. Pourquoi Kadhafi ; pourquoi pas l’Arabie Saoudite ? Pourquoi pas la Corée du Nord ? Pourquoi pas l’Iran qui en plus de massacrer son peuple, s’est permis de mettre en prison une française ? Pourquoi pas la Syrie qui massacre à la tronçonneuse ? Pourquoi Kadhafi, comme ses illustres compères n’aurait pas le droit de massacrer à son tour ?

 

En ce qui concerne le président de France, il a des contentieux personnels à régler avec son vieil ami d’hier. Souvenez-vous : Kadhafi n’a pas acheté les armes comme promis en 2007 au président ; l’Union Euro Méditerranéen (UEM) si cher au président, seul Kadhafi a refusé de participer à ce qu’il qualifie de coquille vide et de complot pour diviser l’Afrique entre Arabes et Noirs. Ajouté à ceci le désir de laver l’affront des errements diplomatiques précédents et le souci de redorer sa côte basse dans les sondages, Kadhafi va se faire bombarder par l’aviation française en premier. Les autres partenaires de la conquête du pétrole libyen Cameron et Obama, seront obligés de le suivre. Si le dernier doute des réels objectifs de cette guerre et y va en trainant des jambes, l’autre s’engouffre avec la flagornerie qui caractérise souvent la droite réactionnaire britannique.

 

Pourquoi donc les anglo-saxons suivent le président de France dans ce désir de punition et de promotion personnelle ? Tout simplement parce que Kadhafi est un faible qui a voulu jouer sur la cours des grands, sans s’en donner les moyens. Pour faire plaisir aux occidentaux, il a abandonné tous ses programmes d’armes de destruction massive. Par ailleurs, il n’a jamais voulu mettre la matière première Libyenne sous la coupe d’une grande puissance ; et maintenant qu’il jure de livrer « son » pétrole aux Chinois et aux Russes… Dans ce monde qui a soif d’énergie, un tel propos est une déclaration de guerre. Pour les puissances occidentales qui se battent en Lybie, laisser l’avantage à ses adversaires sur des gisements aussi importants, après avoir perdu la main sur ceux d’Iran, c’est à coup sûr perdre la guerre économique du futur. Trop c’est trop, Kadhafi et sa famille vont devoir mourir et ils mourront. Ainsi, sous le couver de -CNT-, ils mettront définitivement sous tutelle cette nation.

Quoi qu’il en soit, tous savent qu’il faut un résultat à cette campagne qui peut couter cher aux contribuables. Or, la seule façon de régler cette ardoise sans piquer dans les caisses de l’Etat, c’est d’aller jusqu’au bout et mettre la main sur le pétrole libyen. Pour ceux qui se demandent où sommes nous allés pêcher cette version, nous répondrons, des faits chers amis, des faits tout simplement. Au moment où les Etats-Unis d’Amérique reviennent dans la bataille avec des drones « predator » et ceci après s’être fait discret pendant quelques semaines, on apprend que « le Mercredi 26 avril 2001, le Trésor américain a renforcé la main du CNT en autorisant la signature de contrats pétroliers avec les insurgés libyens, qui contrôlent l'Est du pays où sont situés l'essentiel des gisements. La première cargaison de pétrole extrait des puits de l'Est libyen, soit 80.000 tonnes de brut, devait arriver ce jeudi à Singapour à bord du pétrolier "Equator". Ce dernier, qui a appareillé il y a trois semaines du port de Marsa al Hariga, dans l'Est de la Libye, se ravitaillera dans la "cité-Etat" avant de mettre le cap vraisemblablement sur un port chinois. Le mystère demeure sur l'identité de l'acheteur final de la cargaison, dont le produit servira à financer l'effort de guerre des insurgés.[2] »

 

Voilà comment en Libye les intérêts stratégiques sur l’énergie vont rejoindre les problèmes d’égo d’un homme. Le fameux CNT en est conscient ; il sait que c’est la friandise pétrole qui lui vaut le soutient des occidentaux, et qu’au point où ils en sont, ils ne reculeront plus. Ses membres ne s’en cachent point ; ils brillent par leur arrogance, révélateur de leur ouverture d’esprit. Les réactions menaçantes vis-à-vis de la coalition dès que baissent l’intensité des bombardements contre les zones pro Kadhafi en disent long sur le devenir du peuple de Lybie, une fois ces hommes et femmes installés. Un fait est certain, avec le soutient de l’Occident, Kadhafi a définitivement perdue la bataille, mais le peuple libyen en sort-il vainqueur ? Nous en doutons. Comme hier au nom du peuple d’Iran, par la force on installa le Shah pour préempter le pétrole iranien, aujourd’hui au nom du peuple de Lybie, par la force on installe le CNT pour se servir du pétrole libyen. Avec la Lybie aujourd’hui, l’histoire semble bégayer car, les similitudes sont troublantes. Il est aujourd’hui Mouammar Kadhafi, il était une fois Mohammad Mossadegh…

 

L'éviction de Mossadegh consacrait l'échec de la première tentative d'un pays du tiers monde d'acquérir la maîtrise de ses richesses naturelles. L'événement a nourri de profonds ressentiments chez une partie du peuple iraniens jusqu'à la révolution islamiste de 1978 puis l’arrivée au pouvoir de Rouholla Khomeiny de retour de près de quinze 15 ans d’exil. À l'issue d'un référendum organisé le 1er avril 1979, une république islamique est instaurée, à la tête de laquelle Khomeiny devient le guide suprême, avec le résultat que tous nous connaissons de nos jours. Au sujet de la Lybie et du CNT, nous avons un pressentiment ; comme le Shah d’Iran, ils seront un jour remplacés par des « extrémistes » religieux ; affaire à suivre.

 

Lire les notes sur l’Iran Acte 1 et 2.

Cordialement



[1] Bernard Henry Levy ; un personnage atypique.

[2] Source de l’agence Reuters.

Reuters.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 03:05

عاجل المنارة : أفادت أنباء للمنارة لم يتسن لنا التاكد منها من أكثر من جهة أن محمد معمر القذافي بصحبة والدته و أسرته غادروا أمس مطار جربة إلى جهة غير معلومة ، و قالت الانباء أن محمد النجل الاكبر للعقيد القذافي وصل قرابة الساعة 12:30 ليلة أمس تحت حراسة مشددة الى مطار جربة في موكب ضم 22 سيارة ، وبقى في المطار ثلاث ساعات ثم غادر الى جهة غير معلومة .
يشار إلى أن محمد هو النجل الاكبر للعقيد القذافي من زوجته الاولى ، ولم يكن له أي حضور خلل هذه الازمة .

Le fils de Kadhafi d’un premier mariage, Mohamed aurait pris un vol de l’aéroport tunisien Djerba  pour une destination inconnue. Il était  accompagné semble-il de sa mère et sa famille. 

 

Source : http://almanaramedia.blogspot.com/


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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 20:12

Les uns ont réussi à prendre la fuite. Les autres ont été arrêtés et incarcérés. Certains ont été assignés à résidence. Le point sur l’enquête visant les membres des familles Ben Ali et Trabelsi, et leurs principaux affidés.

Depuis la chute et la fuite de Zine el-­Abidine Ben Ali, le sort réservé aux membres de son clan et de celui de son épouse, Leïla Trabelsi, intéresse tout particulièrement les Tunisiens, qui, méfiants et sourcilleux, veulent absolument savoir ce qu’ils sont devenus.

Les deux clans comptent pas moins de 142 membres, y compris par filiation et par alliance. En tête des prédateurs figurent les frères et sœurs de Zine et de Leïla, une dizaine chacun, et leurs enfants. La Banque centrale (BCT) a ainsi recensé cent ­quatre-vingts entreprises appartenant aux deux clans. Celles-ci ont bénéficié de 2,5 milliards de dinars (1,3 milliard d’euros) de crédits bancaires, la plupart du temps sans garanties, soit 5 % des financements du secteur. Au cours des derniers mois, quatre grands projets ont mobilisé plus de la moitié de ces crédits : Carthage Cement, propriété de Belhassen Trabelsi  ; une sucrerie lancée par le même Belhassen Trabelsi ; l’acquisition par Sakhr el-Materi de 20 % de l’opérateur mobile Tunisiana ; le financement des 51 % de participations du couple Cyrine Ben Ali et Marouane Mabrouk dans le capital de l’opérateur Orange Tunisie, lancé en partenariat avec France Télécom.

Le grand déballage n’en est cependant qu’à ses débuts, les familles gravitant autour de Ben Ali ayant acquis des positions dominantes dans tous les secteurs de l’économie : concessions automobiles, télécommunications, banque et assurance, transport aérien, immobilier, médias, grande distribution, agriculture et agroalimentaire. Sur les 3 300 dossiers reçus à ce jour par la Commission d’investigation sur les faits de corruption et de malversations, présidée par Abdelfattah Amor, une centaine seulement ont été examinés. Mais déjà, Amor est catégorique : les familles entourant Ben Ali « avaient tous les droits : autorisations indues, crédits sans garanties, marchés publics, terres domaniales… […] Le mode de gouvernement n’était ni présidentiel ni présidentialiste, mais bel et bien totalitaire ». Aux yeux de Ben Ali, il y avait d’un côté « ses » familles, de l’autre les Tunisiens. Rien qu’à l’étranger, sans parler de Dubaï, où ils avaient l’habitude de placer leur argent, les avoirs du clan Ben Ali jusque-là identifiés sont estimés à 80 millions de francs suisses (62 millions d’euros) à Genève, et entre 10 et 20 millions de dollars canadiens (7,4 et 14,8 millions d’euros) au Canada. Mais quid de leurs détenteurs ? Lesquels d’entre eux ont réussi à s’enfuir pour échapper aux poursuites ? Lesquels ont été arrêtés et sous quels chefs d’inculpation ? Qui est en résidence surveillée ? Qui n’a pas été inquiété ?

En fuite

Outre Zine el-Abidine Ben Ali (74 ans) et son épouse Leïla Trabelsi (53 ans), qui ont profité de la voie de sortie que leur a offerte l’armée le 14 janvier, deux barons du clan se trouvent aujourd’hui à l’étranger : Belhassen Trabelsi, le très influent frère de Leïla, et Sakhr el-Materi, gendre de l’ex-président. Le premier, surnommé « le parrain », a pu, quelques heures avant la fuite de Ben Ali, embarquer in extremis avec son épouse, Zohra Djilani, et leurs quatre enfants, ainsi que leur nounou asiatique, à bord de son yacht, le Sophie, amarré dans le port de plaisance de Sidi Bou Saïd, à quelques minutes du domicile familial. La veille, il avait chargé le commandant du yacht, Ilyes Ben Rebeh, de faire le plein de carburant.

Le matin du 14 janvier, après les formalités d’usage, le Sophie quitte le port. À peine sorti du golfe de Tunis, ­Belhassen ordonne au ­commandant de couper la radio et de ne pas répondre aux appels sur son téléphone portable, avant de lui enjoindre de mettre le cap sur le port de Trapani, en Sicile. Une fois arrivé à destination, il renverra le yacht et Ben Rebeh en Tunisie. On ne retrouvera la trace des fuyards que le 21 janvier, à l’aéroport de Montréal, au Canada, où ils atterrissent à bord d’un jet privé. Belhassen et les siens s’installent au Château Vaudreuil Suites Hôtel, dans les environs de la métropole québécoise. Mais à la suite de manifestations hostiles d’étudiants tunisiens dans la ville, ils sont obligés de quitter les lieux et résident depuis dans un lieu resté secret dans la région de Montréal. La Tunisie a demandé le gel des avoirs de Belhassen au Canada, ce qui a été fait, mais aussi son extradition, ce qui est plus long à obtenir, l’intéressé étant titulaire d’un permis de séjour permanent. Hamadi Touil, son bras droit et prête-nom dans les affaires, a quitté Tunis le 15 janvier muni d’un passeport diplomatique pour se rendre également – via Paris – à Montréal, où il est arrivé le 17 janvier.

Mohamed Sakhr el-Materi, 29 ans, était au Canada le 11 janvier pour une échographie de sa femme, Nesrine, enceinte. Après avoir déposé en route son épouse et leur fille dans un hôtel proche de Disneyland, dans la région parisienne, il est retourné à Tunis le 13 janvier pour assister à la session plénière de la Chambre des députés convoquée pour apporter son soutien à Ben Ali face à la révolte populaire. Ce jour-là, Sakhr jure qu’il est prêt à rendre des comptes devant la justice à propos de son enrichissement, jugé indécent, depuis son mariage avec la fille de Ben Ali. Mais dans la matinée du 14 janvier, il quitte le pays pour Dubaï à bord du jet privé d’Aziz Miled. Après la fuite de Ben Ali en fin de journée, Materi rejoint son épouse et sa fille à Paris pour les emmener vers une destination inconnue. Ils se trouveraient aujourd’hui à Dubaï, le séjour au Canada, où ils possèdent une propriété, se révélant hasardeux.

Arrêtés et/ou poursuivis

La plus grosse prise est l’arrestation, le 14 janvier au soir, juste après la fuite de Ben Ali, du général Ali Seriati, patron de la garde présidentielle, et de quatre de ses comparses. Seriati est aujourd’hui détenu dans une cellule individuelle à la base aérienne d’El-Aouina, mitoyenne de l’aéroport de Tunis-Carthage. Il est accusé de « complot contre la sûreté nationale, agressions préméditées, incitation à la violence et utilisation d’armes, meurtres et pillages sur l’ensemble du territoire ». Il était notamment le chef des snipers de triste mémoire qui ont abattu de sang-froid des manifestants désarmés à Sidi Bouzid, Kasserine et Thala, au plus fort de la révolte populaire. Il est par ailleurs soupçonné d’être le planificateur d’une série d’attaques destinées à semer le chaos dans le pays, notamment contre des édifices publics et des propriétés privées.

Deux semaines plus tard, c’était au tour de Rafik Belhaj Kacem d’être interpellé à son domicile, où il était en résidence surveillée. L’ancien ministre de l’Intérieur, qui avait conduit la répression sanglante de la contestation, est réputé proche de Seriati, Leïla, Abdelwahab Abdallah et Abdallah Kallel, un clan dans le clan dont on devrait reparler.

D’autres arrestations ont été opérées. Le jour même de la fuite de Ben Ali, une trentaine de membres du clan, alertés par Leïla, ont tenté de prendre le premier vol pour l’étranger, mais n’ont pu embarquer faute de place. Ils ont été « cueillis » dans le salon VIP de l’aéroport de Tunis-Carthage, où l’armée les avait opportunément regroupés. Vingt-cinq d’entre eux ont été maintenus en détention à la caserne d’El-Aouina pour tentative d’exportation illicite de devises. Parmi eux figurent le neveu terrible de Leïla, Imed, l’un de ses frères, Mourad Trabelsi, ainsi que deux de ses sœurs, Samira épouse Meherzi et Jalila épouse Mahjoub. Ont également été arrêtés Kaïs et Sofiène Ben Ali, fils de feu Moncef Ben Ali, le frère de l’ex-président, condamné en France pour trafic de drogue (dans l’affaire de la « couscous connection »).

Neuf membres du clan sont poursuivis pour « trafic, possession et commerce d’armes », dont Belhassen Trabelsi, Sakhr el-Materi (tous deux en fuite), Mourad Trabelsi et Hayet Ben Ali, la sœur du président déchu, qui réside en Allemagne. Enfin, douze autres sont accusés d’« acquisition illégale de biens mobiliers et immobiliers en Tunisie et à l’étranger » : Ben Ali, son épouse Leïla et des frères, sœurs et neveux de celle-ci – Belhassen, Moncef, Imed, Naceur, Adel, Moez, Jalila, Houssem et Samira. Sakhr el-Materi est également cité.

En résidence surveillée

Les trois principaux collaborateurs politiques de Ben Ali ont été assignés à résidence, et le bureau politique de l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), dont ils étaient membres, a été dissous. Abdelwahab Abdallah, le « ministre de la propagande », n’était déjà plus à son bureau le jour de la fuite de Ben Ali. Il s’est caché plusieurs jours chez l’un ou l’autre de ses proches et a même fait courir le bruit qu’il avait pu fuir en France et se trouvait chez l’un de ses amis parisiens. Il sera finalement localisé dans la banlieue de Tunis une semaine plus tard et placé en résidence surveillée, mais il demeure injoignable à son numéro habituel de téléphone portable. Son épouse, Alya, a été littéralement chassée de la présidence de la Banque de Tunisie, à la tête de laquelle son mari l’avait propulsée avant qu’elle n’introduise d’autorité Belhassen Trabelsi dans le capital de la banque afin de lui permettre d’en prendre le contrôle.

Abdallah Kallel, autre faucon du régime de Ben Ali, a été « démissionné » de la présidence de la Chambre des conseillers (Sénat) pour être assigné à résidence. Maître de la « cuisine politique », Abdelaziz Ben Dhia, qui se trouvait au palais de Carthage le 14 janvier, a appris la fuite de Ben Ali devant son écran de télévision. Depuis, il est chez lui sous étroite surveillance.

En liberté

D’autres personnalités proches de Ben Ali ont été simplement relevées de leurs fonctions, à l’instar des membres du cabinet présidentiel, dont notamment Iyadh Ouederni, ministre-­directeur du cabinet présidentiel, qui était aussi au service de Leïla. Les trois filles de Ben Ali nées de son premier mariage avec Naïma, fille d’un ex-général, ainsi que leurs maris, n’ont pas été inquiétées : Dorsaf épouse de Slim Chiboub, Ghazoua épouse de Slim Zarrouk et Cyrine épouse (en état de séparation depuis un an) de Marouane Mabrouk. Néanmoins, Slim Chiboub, qui se trouvait en Libye au moment de la fuite de Ben Ali, n’est toujours pas rentré au pays.

Si les principaux barons du clan et leurs proches affidés sont bien connus, les personnes qui se sont enrichies à la faveur de leurs liens avec les Ben Ali et les Trabelsi, ou qui ont été leurs complices actifs au sein des institutions, de l’administration, des banques et de l’appareil d’État le sont moins ou pas du tout. Il appartiendra à la justice de déterminer la responsabilité des uns et des autres. C’est pourquoi Mohamed Ghannouchi, Premier ministre du gouvernement provisoire, a rappelé que, conformément aux règles du droit et au principe de la séparation des pouvoirs, les autorités ne pouvaient pas livrer des noms en pâture sans décision judiciaire. Du coup, nombreux sont les Tunisiens qui, gagnés par la suspicion, se demandent si ceux qui ont failli à leur mission ou profité de leur position auront à s’expliquer un jour devant la justice pour que le « système Ben Ali » ne puisse plus renaître de ses cendres, pas même sous une forme déguisée.

 

Lire la suite : http://polymedia.skynetblogs.be/archive/2011/05/13/tunisie-sur-la-piste-des-clans-ben-ali-trabelsi.html


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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 16:02

Ils ont volé la révolution…  ils ont érigé l’impunité des bénalistes et des criminels du RCD en  système…  ils ont fabriqué des médias sur mesure, ils poursuivent devant la cour militaire tout citoyen osant prononcer le nom de sa sainteté  Rachid Ammar… Ils ont repris Ammar 404 à leur compte, leur police viole, opprime sous couvert des cagoules… Ils envoient par effraction leur police de honte chez les défenseurs des droits de l’Homme… Ils ont fabriqué leur propre syndicat de juges isolant ainsi tous les juges indépendants… Et la justice militaire se substitue lentement mais sûrement à toute autre justice… Leur premier ministre et leur ministre de défense l’avaient bien implicitement suggéré…

Mais, que reste-t-il donc de ce qu’ils osent encore désigner par «objectifs de la révolution» ? Un État de l’ombre capable de bouffer n’importe quel tunisien ayant encore un espoir d’être libre et respecté… Un cercle de clients et d’amis placés à tous les niveaux dans les institutions publiques et tricotant règles, normes et décrets suivant les circonstances qui leur sont favorables… Une police qui n’a plus peur de rien… Des médias dont la partisannerie et la désinformation sont de plus en plus criantes…

Mais la lumière n’est morte que dans le cœur de leur Révolution de Jasmin…

La  lumière de la Révolution des OUBLIÉS, elle, elle brillera encore et encore … Et pour preuve, ces juges qui sortent aujourd’hui main dans la main avec la population pour réclamer l’indépendance de leur métier, la propreté de leur métier, le respect de leur métier….  

 Cliquer pour voir http://www.

Noureddine Bourougaa

 

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Témoignage d'un citoyen violé par la police et contraint à accuser certains partis politiques et associations de la société civile d'avoir offert «l'argent» à des jeunes pour provoquer la police et commettre de la casse... Son témoignage dicté par la police fut relié par les médias pro-gouvernement sans la moindre distance critique ...  Son viol fut conformé par un médecin courageux.... Ainsi va la Révolution tunisienne… 

 

Certificat médical I

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Certificat médical II

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 09:16
Suzanne Moubarak à Tunis, en 2010.

Photo: AFP/FETHI BELAID   Suzanne Moubarak à Tunis, en 2010.

En Égypte, l'épouse de l'ex-président Hosni Moubarak, Suzanne Thabet, a eu une attaque cardiaque, quelques heures après avoir été placée en détention préventive, dans le cadre d'une enquête sur sa fortune et celle de son mari.

Elle a été admise à l'hôpital de Charm el-Cheikh pour des « soupçons de crise cardiaque et de pression artérielle aiguë » et sera « maintenue en observation », a indiqué le chef de l'établissement, Mohammed Fathallah.

La justice égyptienne venait d'annoncer que Mme Moubarak serait placée en détention « pendant 15 jours pour les besoins de l'enquête ». Une décision chaudement accueillie par les milliers de manifestants rassemblés sur la symbolique place Tahrir, dans le centre du Caire.

Suzanne Thabet devait être transférée dans une prison près de la capitale. Elle est accusée de s'être illégalement enrichie en abusant de la position de son mari.

Avant elle, M. Moubarak, 83 ans, a connu des problèmes de santé similaires. Il a lui aussi été hospitalisé, mi-avril, à la suite d'un malaise cardiaque durant un interrogatoire. Il a depuis été placé en détention à l'hôpital de Charm el-Cheikh, prolongée vendredi pour 15 jours.

Hosni Moubarak

Photo: AP/Amr Nabil   Hosni Moubarak

Chassé du pouvoir par une révolte populaire il y a trois mois, l'ex-président égyptien est accusé de corruption. Il fait aussi l'objet d'une enquête sur la mort de manifestants lors du soulèvement de janvier et février qui a mené à sa chute. Environ 800 civils ont été tués.

Les époux Moubarak ont été interrogés jeudi dans le cadre de l'enquête sur leur fortune. Selon l'agence officielle de presse Mena, ils ont signé des décharges qui lèvent le secret sur leurs comptes bancaires en Égypte et à l'étranger.

La fortune de la famille Moubarak est évaluée à plusieurs milliards de dollars par certains médias, ce qui a alimenté la colère des manifestants, plutôt cette année, dans un pays où 40 % de la population vit avec moins de 2 $ par jour.

Les fis du président déchu, Gamal et Alaa Moubarak, font également l'objet d'enquêtes pour corruption et répression des manifestations et sont incarcérés au Caire.

Les trois hommes et leurs épouses ont vu leurs comptes bancaires gelés à la fin du mois de février. Les autorités leur ont également interdit de quitter le pays.

Au pouvoir de 1980 à 2011, Hosni Moubarak a démenti toute malversation.

 

Lire la suite : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/05/13/008-femme-moubarak-egypte-detention.shtml

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 07:50
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La révolution tunisienne sur la corde raide

Les manifestations sont de retour à Tunis...
Légende: Les manifestations sont de retour à Tunis... (AFP)

 

 

Par Frédéric Burnand, swissinfo.ch


 

Alors que le report des premières élections post-révolutionnaires est de plus en plus souvent évoqué, la tension monte entre les forces révolutionnaire et les milieux de l’ancien régime.

Après le Premier ministre Béji Caïd Essebsi, c’est le président de la Haute instance chargée de préparer les élections en Tunisie, Yadh Ben Achour, qui a évoqué ce jeudi l’éventualité d’un report de l’élection fixées au 24 juillet de l’Assemblée constituante, point de départ de l’institution de la démocratie en Tunisie.

Les tensions inhérentes à la période de transition que traverse le pionnier du printemps arabe risquent donc de s’exacerber.

«Il est prématuré de parler de prémices d’une contre-révolution. Mais on voit bien qu’il y a un affrontement qui ne dit pas son nom entre les forces du changement et les forces qui veulent le statu quo, autrement dit, l’échec de la transition», relève le chercheur Hasni Abidi, directeur à Genève du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM).

Jointe à Tunis, Sihem Bensedrine confirme: «Les caciques de l’ancien régime cherchent à se protéger. Comme il y a une certaine vacance à la tête de la révolution qui n’a pas encore placer ses hommes au pouvoir, les élites du régime Ben Ali tentent de sauver une partie au moins de leur privilèges, voire de reprendre le pouvoir politique et économique».


Les places fortes de l’ancien régime

La porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie et rédactrice en chef de Radio Kalima pointe en particulier le système judiciaire et une partie des forces de l’ordre, en particulier l’ancienne police politique, qui seraient toujours contrôlés par les partisans de l’ancien régime.

De son coté, Hasni Abidi nuance: «Le ministre de l’Intérieur a été changé, comme le directeur général de la Sûreté nationale. Mais on ne peut pas transformer la culture policière, l’exercice même de cette fonction forgée par Zine Ben Ali dès les années Bourguiba. Cette police a été bâtie par et pour l’ancien régime en développant une culture de l’infiltration, de la manipulation et de la torture. Dans ce cadre, l’instauration récente du couvre-feu n’arrange pas les choses, puisqu’il encourage la police à poursuivre dans ces méthodes développées durant la dictature».

Sihem Bensedrine, elle, décèle des intentions précises en prenant à témoin la répression des manifestations des jeunes révolutionnaires, en particulier début mai: «Le scénario est toujours le même. Les manifestations pacifiques sont régulièrement infiltrées par des casseurs et des délinquants (plusieurs grandes évasions de prisons ont eu lieu récemment, NDLR) qui se déchaînent. Ce qui entraîne l’intervention à la base légitime des forces de l’ordre».


Activistes harcelés

«Mais les personnes qui se font arrêter ne sont pas les casseurs. La police et notamment la police politique, qui est toujours en place et qui agit en civil, profite des violences pour arrêter les jeunes activistes qui se sont illustrés par des revendications politiques, qui filment des scènes de répression et les diffusent sur le web. Un certain nombre sont relâchés. Mais beaucoup d’entre eux restent en prison pour des faits présumés de violence», accuse Sihem Bensedrine.

Opposante de longue date de l’ancien président Ben Ali, Sihem Bensedrine estime que, même emprisonnés, les caciques de l’ancien régime et leurs réseaux exercent ainsi une forme de chantage à l’encontre du gouvernement de transition: «Les violences ont démarré le lendemain de la décision du gouvernement de maintenir la mesure d’inéligibilité (article 15) qui frappent les responsables de l’ancien régime. Il exercent ainsi une forme de chantage à l’égard du peuple et du gouvernement de transition: si vous voulez la liberté, vous n’aurez pas la sécurité. Si vous nous attaquez, nous allons brûler le pays».


Mission impossible

De son coté Hasni Abidi insiste sur la faiblesse du gouvernement de transition. «Il n’a ni la légitimité, ni les moyens d’opérer les changements encore nécessaires à la poursuite de la transition vers la démocratie. Il gère une situation ingérable. L’armée reste donc le seul garant de cette transition. Raison pour laquelle les récentes déclarations de l’ancien ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi sont dangereuses en mettant en cause la crédibilité de l’armée.» Le 5 mai dernier, l’ancien ministre annonçait un coup d’Etat de l’armée, en cas de victoire des islamistes du parti Ennahdha.

Une chose est sûre. La situation devient d’autant plus volatile que le moteur économique peine à redémarrer.

«Le marasme économique fragilise la situation politique, relève Sihem Bensedrine: «C’est particulièrement vrai dans les régions ou la révolution a commencé. Les jeunes continuent d’y subir le «tuniso-centrisme» à l’œuvre sous l’ancien régime. Tout se passe en effet à Tunis. De plus, dans la plupart des cas, les relais de l’ancien régime, les gouverneurs et les délégués, n’ont pas changé. Donc économiquement, les gens ne voient rien venir, et politiquement, les symboles de l’ancien pouvoir continuent de décider».


Le poids de la dette tunisienne

De son coté, la dite communauté internationale ne se mobilise guère pour soulager la Tunisie. «La Tunisie doit toujours payer rubis sur l’ongle les traites de sa dette. Ce qui l’oblige à emprunter à des taux très élevés, vu que sa notation a été dégradée», relève Sihem Bensedrine

Hasni Abidi, lui, incite l’Europe à agir au plus vite: «Il faut une autre révolution au sein de l’Union européenne pour les aider, les soutenir sur le plan économique. Sans cela, les Tunisiens risquent de finir par se retourner contre la révolution, constatant qu’elle n’a pas vraiment changé leur quotidien. Dans les révolutions et les périodes de transition, le retour à l’autoritarisme est malheureusement fréquent. De plus la Tunisie comme l’Egypte sont entourés par des gouvernements voisins qui se battent contre cette même poussée démocratique qui anime ces pays. C’est une situation complètement inédite dans l’histoire des transitions dans le monde».


Lien : http://www.swissinfo.ch/fre/dossiers/le_printemps_arabe/La_revolution_tunisienne_sur_la_corde_raide.html?cid=30226140

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:54

Après la répression, le dialogue ?

 

Malgré le huis clos imposé par le régime de Bachar el-Assad, qui interdit la présence de journalistes étrangers en Syrie, des informations ont pu filtrer aujourd'hui, qui font état de nombreuses manifestations dans tout le pays, auxquelles ont participé des milliers de personnes.

Ici, à Idlib, les manifestants ont affiché sur leurs banderoles les logos des chaînes étrangères d'information (France24, Al Jazira, BBC) auxquelles ils accordent plus de crédit qu'aux chaînes officielles.

Le site Now Lebanon, qui compile ces informations, a établi cette carte des villes où l'on a manifesté. Elle varie peu d'un vendredi à l'autre.

Capture d’écran 2011-05-13 à 22.32.53.png

Plusieurs constats, après presque deux mois de révolte populaire.

1) Le nombre des manifestants n'atteint toujours pas la masse critique pour renverser le régime, ce qui est pourtant devenu le slogan principal.

Certains segments de la société - une majorité des alouites et des chrétiens - semblent hésiter, peut-être effrayés par la version gouvernementale du complot armé, et alors que les revendications se sont radicalisése: au départ, les manifestants réclamaient plus de liberté, moins de corruption et des réformes; la plupart veulent désormais renverser le régime, conséquence de la riposte brutal du clan Assad.

2) La force brutale déployée par Maher el-Assad, frère cadet du président, à la tête de la Garde républicaine et de la 4e brigade de l'armée, n'a pas brisé la contestation.

La mort de 750 à 800 personnes, selon l'Onu, les tirs d'obus de chars sur ces quartiers résidentiels, comme à Homs cette semaine, les assassinats perpétrés par des tireurs embusqués, les milliers d'arrestations, la torture et les coups quasi systématiques n'ont pas réussi à décapiter un soulèvement qui est une addition de mouvements locaux mais solidaires (on manifeste en solidarité avec Deraa ou Homs), spontanés, et et sans direction centralisée.

Cet échec de la terreur pourrait expliquer l'apparent retour sur le devant de la scène des "modérés", ou réputés tel, du régime, comme la conseillère présidentielle Bouthaina Chabaane, qui aurait rencontré dans la semaine plusieurs opposants historiques (Louay al-Husain, Michel Kilo...) et aurait prévu de les revoir.

C'est cette conseillère qui avait fait savoir, jeudi, qu'Assad avait donné l'ordre de ne pas tirer sur les manifestants (il y a quand même eu trois morts aujourd'hui à Homs!)

Le ministre de l'Information, Adnan Hassan Massoud, annonçait cet après-midi l'ouverture dès la semaine prochaine d'un dialogue national dans tous les gouvernorats?

Ce dialogue aura-t-il lieu? Ou bien est-ce une nouvelle tactique pour dérouter les manifestants?

Rosanne Zeitounah, une militante de la cause des droits de l'homme, juge un tel dialogue "absolument inacceptable avant l'arrêt des violences, des meurtres de civils innocents et des campagnes d'arrestations".

Une méfiance compréhensible, face à un pouvoir qui, depuis le début, affirme une chose et fait son contraire et qui prétend n'avancer qu'au rythme qu'il aura lui même fixé.

Ces dernières semaines, Bachar el-Assad avait promis, puis effectivement abrogé la loi d'urgence, mais il a parallèlement accentué la répression.

Aujourd'hui, son gouvernement a annoncé -pour la deuxième fois en quelques jours - le retrait de l'armée de la ville de Deraa (d'où la contestation est partie mi-mars) ainsi que de la ville de Banias.

Or, ce soir, les témoignages provenant de ces villes affirment que les chars sont toujours là.

 

Lien : http://globservateur.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/05/13/syrie-apres-la-repression-le-dialogue.html

 

 

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Suivre la révolution syrienne depuis le 23 mars, vidéos, textes…

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الخميس 24 أذار 2011
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السبت 7 أيار 2011
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الاثنين 9 أيار 2011
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الجمعة 13 أيار 2011 (الحرائر) 

Vendredi des femmes libres (13-05)

samedi ء14 أيار 2011

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Malgré la féroce répression, la contestation se poursuit en Syrie

 

Un manifestant devant le consulat syrien d'Istanbul, le 13 mai 2011.

Un manifestant devant le consulat syrien d'Istanbul, le 13 mai 2011. (Osman Orsal / Reuters)

Des milliers de manifestants, deux morts

Près de 3000 personnes ont manifesté pour la liberté après la prière du vendredi à Qamichli, et 2.500 autres dans un village voisin de cette zone kurde, Derbassyié.

A Amouda, toujours dans la région kurde, près de 3.000 personnes ont défilé aux cris de «Azadi, Azadi» (liberté en kurde), selon un militant.

Les manifestants arboraient des pancartes demandant la «libération des détenus politiques» et «la reconnaissance du peuple kurde».

Des milliers de personnes ont manifesté aussi à Deraa, le berceau de la contestation, où le régime a déployé ses chars pour mater la révolte, avant de s'en retirer il y a une semaine.

Mais «les forces de sécurité ont tiré en l'air à l'arme automatique pour disperser des milliers de manifestants venus se rassembler après la prière», a indiqué à l'AFP un militant.

A Homs, ville assiégée également, un manifestant a été tué par des tirs des services de sécurité lors de la dispersion d'une manifestation. Il aurait été touché d'une balle à la tête. Un deuxième manifestant est mort par balle. Ce matin, la conseillère du président Assad indiquait pourtant que celui-ci avait ordonné de ne plus tirer sur les manifestants.

Par ailleurs, des centaines de personnes ont manifesté à Jdaidet-Artouz, à 11 km au sud de Damas, «appelant à la chute du régime». Un millier de manifestants ont également défilé à Saqba, près de la capitale.

Sur Twitter, des militants ont signalé aussi des manifestations dans la banlieue de Damas, à Hama, Alep, etc.

 

Le régime lance un «dialogue national»


Selon le ministre syrien de l'Information Adnane Mahmoud, un «dialogue national» va commencer dans les prochains jours, «dans tous les gouvernorats».

L'écrivain et opposant syrien Louaï Hussein a jugé «inutile» le dialogue évoqué par le ministre.

«Il n'y aura pas de dialogue sans la libération de tous les détenus politiques, l'autorisation de réunions et de manifestations pacifiques. Les Syriens doivent pouvoir dialoguer entre eux d'abord pour pouvoir se mettre d'accord sur leurs demandes, leur vision politique et choisir leurs représentants à dialogue avec le pouvoir», a-t-il réagi.

«Les mouvements de l'opposition sont faibles à cause de la répression, les arrestations et les poursuites dont ils ont fait l'objet pendant de longues années», a-t-il poursuivi.

Louaï Hussein, 51 ans, a été arrêté au début de la contestation avant d'être libéré. Il avait été en détention de 1984 à 1991 pour appartenance au Parti de l'action communiste (interdit).


L'armée se retire de Banias


L'armée a commencé à se retirer de la ville de Banias, où elle avait pénétré samedi. Elle poursuit également son retrait de Deraa, selon lui. «La vie a commencé à reprendre son cours dans toutes ces régions», selon lui.

Mais selon un militant, un peu plus tôt dans la journée, «plus de 2.000 soldats sont déployés sur la place où manifestent les habitants ainsi que dans les rues adjacentes».


Les arrestations de militants se poursuivent


à travers le pays, de Deir Ezzor (est) à Lattaquié (ouest) et de Qamichli (nord-est) à Deraa (sud).

Capture d'écran réalisée le 11 mai 2011 par Sham SNN, une chaîne d'oposition syrienne, montrant des chars à Homs (photo AFP)


Ordre de ne plus tirer

Le président Bachar al-Assad a donné des instructions fermes aux forces de l'ordre pour qu'elles n'ouvrent pas le feu sur les manifestants, selon l'écrivain et opposant Louaï Hussein.

Une conseillère du président, «Bouthaïna Chaabane, m'a affirmé lors d'une conversation téléphonique que des ordres présidentiels stricts avaient été donnés de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants», indique-t-il sur sa page Facebook.

(photo AFP Louai Beshara)

L'écrivain souhaite que ces ordres soient appliqués pour la journée de vendredi et à l'avenir, appelant à des «manifestations pacifiques, quel que soit le comportement des services de sécurité».


Des familles fuient vers le Liban


Des familles syriennes redoutant les violences ont fui dans le nord du Liban. «Une cinquantaine de familles venues de Homs, Tall Kalakh et Bab al-Sibah sont venues dans le Wadi Khaled par le passage clandestin de Naoura», a dit à l'AFP Fayez Abdallah, maire du village d'Amayer, dans le Wadi Khaled.

La plupart de ces familles ont raconté avoir rassemblé leurs affaires à l'aube et pris la route pour le Liban, par peur d'éventuels affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants.


Réactions internationales


Le ministère britannique des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Syrie, menaçant de «nouvelles sanctions». En revanche, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a mis en garde contre une intervention étrangère, appelant l'opposition syrienne à ne pas répéter le «scénario libyen». Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé de son côté qu'il était «trop tôt» pour dire si le président Assad devait partir.

Franco Frattini, le chef de la diplomatie italienne, estime que «Assad n'est pas Kadhafi». «Assad a promis de faire des réformes, mais il ne l'a pas fait», a-t-il souligné. Mais il «a démontré au cours des dernières années qu'il peut être et qu'il a été un interlocuteur capable d'avoir un rôle important», selon Frattini.

Le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme se dit «extrêmement préoccupé» par les informations d'ONG faisant état de 700 à 850 morts de manifestants; Il appelle Damas à cesser ses tentatives pour «faire taire les opposants».


Le «Vendredi des femmes libres»

La page Facebook

«The Syrian Revolution 2011», créée par de jeunes militants hostiles au régime de Bachar el-Assad, appelle à manifester pour le neuvième vendredi consécutif, en soutien aux manifestantes détenues.


Lien : http://www.liberation.fr/monde/01012337211-le-president-syrien-aurait-ordonne-de-ne-plus-tirer-sur-les-manifestants


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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:42

 

L'Agence Tunisienne d'Internet affiche désormais clairement la couleur. Même si c'est le Tribunal Militaire qui affiche sa responsabilité. Voici que des mauvais signes annoncent quelques désenchantements. Le retour de la censure ne contribuera pas à redorer le blason de la Tunisie malmenée par les diktats de Ben Ali.

censorship-black-and-whiteDes journaux français tels que Charlie Hebdo, longtemps bannis en Tunisie par Ben Ali & Co, étaient disponibles dans nos kiosques et librairies les lendemains chantants du 14 janvier. Les sites web verrouillés se sont ouverts. Les blogs sulfureux d'opposants à Zaba, les forums islamisants, les facebookeurs militants, les vidéos pornos... Tout est devenu à portée de clic. Et voici que des mauvais signes annoncent quelques désenchantements.

Certains journaux en viennent à manquer, alors que l'on avait fêté leur retour. Ainsi, selon le site de Charlie Hebdo, «le distributeur tunisien craint que les couvertures de l'hebdo qui mettent en scène les religions lui créent des problèmes. Il nous a donc demandé de contrôler le contenu du journal avant de le mettre en vente ou non. Ce que nous avons refusé. Nous attendrons que la révolution et la laïcité l'emportent vraiment pour revenir en Tunisie». Résultat : Charlie Hebdo passera donc à la trappe, en Tunisie. On se souviendra tout de même que ce journal avait fait scandale en France pour avoir osé diffuser des caricatures du prophète de l'Islam. Toujours est-il que l'ambiance est plutôt tendue. Des rumeurs ont également vite circulé sur le journal tunisien "L'Expert", disparu subitement de la circulation. Les interprétations ont vite fusé, mettant un cause défendant les thèses de Farhat Rajhi. Le directeur du journal, M. Abdeltif Ben Hedia a fini par démentir la rumeur. Mais la confiance ne règne plus tout à fait.

Cybermilitants censurés

La censure a sévi sur Facebook ces derniers jours, et pour des raisons qui n'ont pas grand-chose à voir avec la religion. Des militants de gauche comme Jalel Ben Brick ont vu leur page fan sur le réseau social mise hors d'atteinte du Tunisien moyen, pas nécessairement habitué à utiliser la panoplie du cybermilitant. Après tout, les proxies, et autres moyens de contournements ne sont pas nécessairement la tasse de thé de l'internaute lambda. Le groupe Takriz, connu pour sa critique virulente et ses positions radicales, a vu, lui aussi, sa page facebook devenir inaccessible.

blocked-in-china-censorship-320x240Et s'il ne s'agit plus du même topo instauré par le tristement célèbre Ammar 404 avec son erreur éponyme, il n'en reste pas moins qu'il s'agit bien de censure. Et en l'occurrence, l'Agence Tunisienne d'Internet affiche désormais clairement la couleur. Même si c'est le Tribunal Militaire qui affiche sa responsabilité.

Des journaux en ligne comme Tunisie Haut Débit, des blogueurs comme Mehdi Lamloum n'ont pas manqué d'ouvrir les débats. Sur twitter, la nouvelle configuration du Net tunisien commence à susciter des inquiétudes du côté des tn-tweeple. Dans un communiqué publié mercredi 11 mai, le ministère de la Défense nationale indique que "ces pages diffusent des séquences vidéo, des commentaires et des articles fallacieux dans le but de porter atteinte à l'institution militaire et à ses hauts cadres, à la confiance du citoyen à l'égard de l'armée nationale et à semer la confusion et le désordre dans le pays". On notera que cette explication est intervenue quelques jours après la censure des quatre pages incriminées, à savoir celles de Jalel Ben Brick, Takriz, Youssef Patriote, Ouajih Badreddine.

 

Lire la suite : http://www.tekiano.com/medias/11-medias-et-satellite/3738-tunisie-le-retour-insidieux-de-la-censure-.html

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:32

De jeudi à dimanche, des manifestants s’étaient rassemblés dans la capitale tunisienne, Tunis, pour protester contre le gouvernement transitoire qui dirige ce pays d’Afrique du Nord depuis la chute en janvier du dictateur Zine el Abidine Ben Ali, soutenu par l’Occident.

Les manifestants ont défié un couvre-feu décrété par le gouvernement samedi pour réprimer une opposition croissante contre le régime intérimaire. Le couvre-feu s’applique de 21 heures à 5 heures du matin.

A Tunis, des manifestants antigouvernementaux ont appelé à la démission du gouvernement et exprimé leur mépris à l’égard du premier ministre Beji Caid Sebsi et du ministre de l’Intérieur, Habib Sid. Les manifestants ont également scandé des slogans tels, « Le peuple veut une nouvelle révolution » et « Ni peur ou terreur – le pouvoir appartient au peuple. »

Les protestations se sont propagées à d’autres villes, dont Sfax, Kairouan et Sousse. Le couvre-feu a été imposé après les protestations survenues dans des villes comme Sfax, Kairouan et Métlaoui, ainsi que trois villes de la province du centre-ouest de Gafsa

Le régime tunisien a réagi par une répression violente à ces protestations. A Tunis, la police a tiré des gaz lacrymogènes dans la foule rassemblée dans l’avenue Bourguiba, l’artère principale de la ville. Les manifestants ont riposté par des volées de pierres.

La police aurait chargé les manifestants avec des matraques, isolant de petits groupes puis les frappant à coups de pieds et les battant. « La réaction de la police est trop extrême contre les gens, » a dit l’un des manifestants à l’agence d’information Reuters. « C’est le retour à l’époque de Ben Ali, » a-t-il ajouté.

Le réseau CNN a rapporté que des véhicules blindés de l’armée avaient aussi été déployés dimanche près du principal bâtiment du ministère de l’Intérieur.

Les protestations avaient débuté après que l’ancien ministre de l’Intérieur tunisien du gouvernement transitoire, Farhat Rajhi, ait averti mercredi sur Facebook de la préparation d’un « coup d’Etat militaire » si le groupe islamiste Ennahda gagnait les élections du 24 juillet. Ce jour-là, le régime projette de tenir des élections pour une assemblée constituante afin de préparer les futures formes du gouvernement tunisien. Ennahda qui avait été interdit sous Ben Ali, pourrait, dit-on, gagner du soutien dans le Sud où le mécontentement suscité par la pauvreté et le chômage est grand.

Dans un enregistrement vidéo sur Facebook, Rajhi a dit: « Si Ennahda prend le pouvoir, il y aura un coup d’Etat ». Il a ajouté, « Les gens de la côte [c’est-à-dire l’anciens partisans de Ben Ali dans les régions plus riches du pays] ne sont pas disposés à céder le pouvoir et si les élections ne vont pas dans leur sens, il y aura un coup d’Etat. »

Rajhi a aussi affirmé que la promotion du général Rachid Ammar au rang de chef d’Etat-major faisait partie du projet de s’emparer du pouvoir « en cas de victoire des islamistes aux prochaines élections. »

Le régime tunisien a rapidement rejeté la déclaration de Rajhi qui avait été ministre de l’Intérieur de janvier à fin mars lorsqu’il a été obligé de quitter ses fonctions pour des motifs non déclarés. Il semblerait que Rajhi soit en mauvais termes avec l’appareil de sécurité en raison de ses efforts limités de conférer un nouveau visage à cet Etat répressif.

Rajhi, un ancien magistrat, avait bénéficié d’un certain soutien populaire en Tunisie pour avoir limogé 45 responsables de haut rang du ministère de l’Intérieur accusés de corruption, pour avoir écarté du pouvoir l’ancien parti dirigeant de Ben Ali et pour avoir réorganisé la police secrète.

Une autre expression de la répression contre la contestation est le retour de l’agence tunisienne de l’Internet chargée de la censure et qui avait été suspendue après la chute de Ben Ali. L’agence a été autorisée par une nouvelle loi sur la censure et qui, selon le site d’information Internet tunisien Webdo, a été adoptée secrètement. La première mesure des censeurs a été de fermer la page de Facebook qui avait publié la déclaration de Rajhi.

Le régime tente aussi de faire taire tout reportage sur la répression dans les rues de Tunis. Quelque 15 journalistes des médias régionaux et internationaux ont été interpellés et battus par la police tunisienne durant les protestations de jeudi et de vendredi.

Marwa Rekik, une journaliste de la radio locale Kalima a dit à Al Jazeera qu’elle avait été agressée par une dizaine d’agents de police alors qu’elle réalisait un reportage en direct du centre de Tunis. « Ils m’ont frappé sur toutes les parties de mon corps avec des matraques et leurs casques et les blessures à la tête ont exigé cinq points de sutures, » a-t-elle rapporté samedi.

La réaction du régime transitoire aux protestations est une mise en garde nette qu’il utilisera les méthodes les plus violentes pour réprimer les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière.

Depuis la chute du régime de Ben Ali, aucun des problèmes sociaux sous-jacents auxquels sont confrontées les masses n’a été résolu et le pays a connu une explosion de mouvements de grève et de protestations de la part des travailleurs. Faisant état des craintes de la bourgeoisie, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Ennaceur, a expliqué : « Avec la montée en flèche des revendications sociales de la période de l’après révolution, la situation sociale n’a fait qu’empirer. »

Il a dit à La presse: « Plusieurs investisseurs étrangers et tunisiens ont affiché une certaine réticence depuis la révolution, le calme n’étant pas revenu. 281 institutions ont arrêté leurs activités dans la période postrévolutionnaire. Le nombre des grèves a augmenté de plus de 155 % par rapport à l’année 2010 et le nombre des participants a été de 85 pour cent alors que ce chiffre était de 53 pour cent l’année dernière. On relève également une augmentation des grèves sauvages de 85 pour cent alors qu’elles n’étaient que de seulement 19 pour cent l’an dernier. Sans oublier les sit-in et les dépassements commis dans des lieux de travail. Des milliers de personnes sont venues réclamer leurs droits au siège du ministère depuis la révolution. »

Bien que Rajhi se soit rétracté plus tard en attribuant, de manière peu plausible, ses commentaires sur la menace d’un coup d’Etat à « l’immaturité politique » et exprimant son entière confiance à l’armée, ceux-ci ont révélé au grand jour la méfiance des masses à l’égard du régime transitoire. Un étudiant a dit, « Il y a déjà tellement de problèmes en Tunisie. La vidéo que Rajhi a faite aujourd’hui, c’est l’étincelle. La révolution n’est pas finie ! »

Sonia Briki, une manifestante a dit à Reuters : « Nous sommes ici pour réclamer le départ de ce gouvernement qui est malhonnête. Tout est clair maintenant. Nous voulons qu’ils démissionnent afin que nous ayons un gouvernement dont les membres sont uniquement au service du peuple. »

Ces événements soulignent avant tout l’absence d’un parti pour mener les luttes de la classe ouvrière en Tunisie. Les partis existants sont en faillite et hostiles aux travailleurs.

L’indignation populaire soulevée par les commentaires de Rajhi expose le caractère frauduleux de la commission de réforme mise en place par le régime transitoire afin de superviser l’assemblée constituante. Elle comprend l’organisation patronale UTICA, divers groupes de droits de l’Homme, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) et les partis d’« opposition » officiels tels le Part démocrate progressiste (PDP) ainsi que l’ex mouvement stalinien Ettajdid.

Ces forces ne fournissent qu’un mince vernis pseudo-démocratique à un régime qui cherche désespérément à se maintenir au pouvoir en réprimant les luttes de la classe ouvrière. Il avait été conçu dès le début comme un moyen d’empêcher la classe ouvrière de former des organes de pouvoir pour défier la vieille machine d’Etat de Ben Ali.

La commission est dirigée par un professeur de droit public, Yadh Ben Achour, qui a été interviewé par le quotidien français Le Monde. Interrogé sur sa commission, il a expliqué : « Cette Haute Instance était une simple commission de réforme politique, dont le rôle était de réviser l’ensemble des textes liberticides qu’utilisait l’ancien régime pour opprimer le pays… Puis un conseil de protection de la révolution, avec des partis et des organisations de la société civile, a été créé et conçu comme une sorte de tuteur du gouvernement. »

Ce conseil, qui était opérationnel à la mi-mars, comprend entres autres, des représentants de l’UGTT, du PDP et d’Ettajdid. Son nom a toutefois aussi été une duperie. Loin d’avoir l’intention de mener les masses dans une révolution contre l’Etat, ses membres voulaient trouver des postes dans la machine d’Etat, ce qu’ils firent rapidement en rejoignant la commission de Ben Achour.

En remarquant que la commission était la « synthèse » de ces deux commissions, Achour a dit que si elles étaient séparées, ceci « aurait pu conduire à une crise et à un parallélisme de deux pouvoirs, l’un institutionnel, l’autre révolutionnaire. »

La dernière chose que les partis d’« opposition » officiels souhaitaient faire, c’était mettre en place des institutions qui pourraient contester le pouvoir du régime Ben Ali, Au lieu de cela, ils rejoignirent la commission officielle de « réforme » pour procurer une couverture politique à la machine droitière de l’Etat et à ses chantiers contre les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière.

 

Article original, WSWS, paru le 9 mai 2011

 

lien : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24733

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