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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:25

Infos en arabe

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Des salafistes coupent les doigts d’un vendeur d’alcool à Manouba

 

 

Des salafistes extrémistes ont, dans la nuit du samedi à dimanche, coupé les doigts d’un vendeur d’alcool à Douar Hicher, près de Manouba, à l’ouest de Tunis. La chariâ est donc désormais appliqué en Tunisie.

 

Le vendeur d’alcool a été transporté à l’hôpital Charles Nicole de Tunis pour recevoir des soins, mais il a refusé de porter plainte contre ses agresseurs, rapporte ''Assabahnews''. «Il veut régler le problème à sa manière», ajoute la même source. Qui aurait dû ajouter: en l'absence de l'Etat, les citoyens sont obligés de se défendre eux-mêmes. 

Dans la même nuit, un autre salafiste, muni d’une arme blanche, a agressé Wissem Ben Slimane, chef de la brigade de la sécurité publique du district de Manouba. Ce dernier a subi une intervention chirurgicale à l’Institut national de neurologie à l’hôpital Rabta et ses jours ne sont plus en danger.

Dimanche après-midi, le ministre de l’Intérieur Ali Lârayedh lui a rendu visite à l’hôpital.

Le Syndicat de la Garde nationale a condamné les violences des salafistes sur ses unités et décidé le port du brassard rouge pendant 3 jours pour protester contre le laxisme du gouvernement face à ce phénomène de la violence salafiste. kapitalis

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 Des salafistes attaquent des vendeurs d'alcool à Tunis

 

Des heurts ont éclaté ce week-end entre marchands d'alcool et salafistes à Tunis. Des petits commerces ont été visés. Un policier a été blessé lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour mettre fin aux violences.

 

 

Des salafistes à Tunis.

 

«Le chef de la brigade de sécurité publique Wissam ben Sliman a été blessé la nuit dernière (dans la nuit de samedi à dimanche, ndlr) dans des heurts après l'attaque par des salafistes de marchands d'alcool à Douar Hicher, un quartier situé près du centre de Tunis», a déclaré Sami Gnaoui, syndicaliste de la Garde nationale.

«Ils l'ont attaqué avec un couteau dans le cou. Il est actuellement hospitalisé dans un état critique», a-t-il ajouté. Il s'agit de la seconde agression de salafistes contre un responsable des forces de l'ordre dans le quartier pauvre de Douar Hicher, a-t- il précisé.

Début septembre, des dizaines d'islamistes de tendance salafiste avaient attaqué un hôtel de Sidi Bouzid, le berceau de la «révolution de jasmin» de 2011 dans le centre-ouest du pays, parce que l'établissement proposait de l'alcool à ses clients.

Les tensions entre islamistes et laïques se sont accentuées depuis l'arrivée au pouvoir du parti Ennahda, qui a remporté les premières élections libres en Tunisie qui ont suivi la chute de Ben Ali.

Le parti islamiste «modéré», qui a formé une coalition avec deux partis non religieux, a pourtant promis de ne pas interdire l'alcool, de ne pas imposer aux femmes le port du voile ou encore de ne pas baser le droit tunisien sur la «charia» (loi coranique). lematin

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:18

Le renvoi massif de magistrats porte un coup à l’indépendance de la justice

 

La révocation de 75 juges par le ministre de la Justice a constitué un acte injuste et arbitraire. Ces renvois ont établi un précédent inquiétant et accru la subordination de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif. L’Assemblée nationale constituante (ANC) devrait adopter d’urgence une loi pour créer un corps indépendant qui régisse les sanctions disciplinaires et les révocations des juges de façon impartiale et transparente.

Le 28 mai 2012, le ministre de la Justice Noureddine Bhiri a révoqué 82 juges, invoquant la nécessité de mettre un frein à une corruption envahissante. Plus tard, il a rétabli neuf d’entre eux dans leurs fonctions. Human Rights Watch s’est entretenu avec dix des juges révoqués, dont aucun n’a été rétabli dans ses fonctions, au sujet de la façon dont leur dossier a été traité. Tous ont décrit des procédés disciplinaires iniques qui violent les critères internationaux définissant l’indépendance de la justice.

« Les juges ne devraient subir de révocation que pour des fautes professionnelles ou des incompétences graves, et seulement à la suite de procédures justes et impartiales », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Ces renvois établissent un précédent inquiétant et intimidant pour le système judiciaire tunisien ».

Le ministre de la Justice agissait en l’absence du Conseil supérieur de la magistrature, suspendu après les élections de l’ANC. Le retard pris pour mettre en place une nouvelle institution qui puisse superviser la justice a créé un vide juridique et institutionnel qui incite aux abus, a déclaré Human Rights Watch.

Les nouvelles autorités tunisiennes n’ont pas encore révisé la loi n°67-29 de juillet 1967, dont le dernier amendement date d’août 2005, qui détermine les règles appliquées pour les nominations, avancements, révocations et sanctions disciplinaires des magistrats. La loi instituait aussi le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par le président de la République, qui avait joué un rôle crucial pour asseoir la domination du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire sous le régime du président Zine El Abidine Ben Ali. Parmi ses 19 membres, 13 étaient nommés directement ou indirectement par l’exécutif.  

Après la chute de Ben Ali en janvier 2011, le Conseil supérieur de la magistrature a continué à œuvrer tout au long de l’année 2011, décidant des nominations et des promotions de juges. Suite aux élections d’octobre 2011, l’ANC a décidé de suspendre le conseil et adopté une constitution provisoire, dont l’article 22 demande qu’elle remplace le Conseil supérieur de la magistrature par une autorité judiciaire provisoire.

En août 2012, Bhiri, le ministre de la Justice, a décidé de faire renaître le Conseil supérieur de la magistrature, avec les mêmes membres nommés sous le gouvernement de Ben Ali, en invoquant le besoin de procéder à de nouvelles nominations et de revoir les affectations judiciaires.

Pourtant l’assemblée n’a commencé à examiner l’ébauche de loi sur l’Instance provisoire de la justice que le 27 juillet 2012. Les discussions sont arrivées au point mort suite au refus de certains membres, notamment du parti Ennahda, dominant à l’assemblée, de donner à la nouvelle entité une indépendance financière et administrative.

Les procédures utilisées par le ministre de la Justice pour révoquer les juges n’ont pas respecté les exigences minimales de procédures justes et transparentes et au droit de recours à une instance d’appel indépendante, a déclaré Human Rights Watch.   

Selon l’article 52 de la loi n°67-29, le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature pouvait appliquer des sanctions disciplinaires aux juges de l’une des façons suivantes : le blâme avec inscription au dossier ; la mutation disciplinaire ; l’élimination du tableau d’avancement ; l’abaissement d’échelon ; la suspension ; et la révocation. Un magistrat pouvait être convoqué devant le conseil de discipline pour « tout manquement aux devoirs de son état, à l’honneur ou à la dignité ».

S’il est vrai que la loi n°67-29 ne présentait pas de garanties procédurales suffisantes, comme le droit de faire appel devant un corps indépendant, du moins elle établissait les conditions minimales pour que les juges aient le droit d’accéder à leur dossier et l’opportunité de préparer leur défense. En l’absence du Conseil supérieur de la magistrature, le ministre de la Justice s’est servi de l’article 44 de la loi, relatif à la « cessation définitive des fonctions », qui selon lui l’autorise à révoquer des juges et à contourner légalement les protections minimales, plutôt que l’article 52, qui détermine les procédures disciplinaires. Un juge a la possibilité de faire appel de la décision du ministre devant le tribunal administratif, mais cette juridiction peut mettre des années à émettre une décision.

Les dix juges révoqués avec lesquels Human Rights Watch s’est entretenue ont déclaré que leurs supérieurs leur avaient téléphoné le 28 mai pour les informer que leurs noms figuraient sur une liste de juges révoqués. Ils n’avaient pas été contactés au préalable par le ministère de la Justice et ne connaissaient pas les motifs de leur renvoi.

À l’origine, le ministère n’envisageait pas de réviser sa décision. Suite à une grève générale des juges le 29 mai, Bhiri a annoncé qu’il créerait une commission indépendante pour revoir ses décisions et entendre les plaintes des magistrats révoqués. Mais tous les juges interviewés par Human Rights Watch ont déclaré que la commission était formée de cinq inspecteurs du ministère et ont qualifié le processus de révision de sommaire. Ils ont rapporté qu’ils n’avaient pas eu accès à leurs dossiers et qu’ils n’avaient pas eu droit à une audience adéquate.

Les procédures manquaient également de critères clairs pour la décision de révocation. Les juges ont déclaré que même après leur audience, ils ne connaissaient toujours pas les motifs exacts de leur révocation ni les éléments de preuves dont disposait le ministère pour les révoquer.

Par exemple, Moncef Zghab, qui était juge d’instruction auprès de la cour de première instance de la Manouba, a rapporté que lorsqu’il avait comparu devant la commission, les inspecteurs ne lui avaient pas donné accès à son dossier. « L’inspecteur en chef m’a annoncé que j’étais accusé d’avoir reçu des commissions sur des ventes de terrain, mais ils n’avaient aucune preuve », a-t-il déclaré. « Je leur ai rendu compte de mes revenus en détail. Pourtant, ils m’ont laissé sur la liste des juges révoqués ».  

Habib Zammali, qui était conseiller à la chambre criminelle de la cour de première instance de Gabès, a décrit les mêmes procédures de la commission pour revoir la plainte contre lui. Un collègue avait pris une photo de lui en train de boire une bière lors d’un pique-nique entre amis, a-t-il raconté. « J’ai été avisé de ma révocation par un coup de téléphone du procureur adjoint de mon tribunal. L’inspecteur général [de la commission] m’a dit que j’étais accusé de consommer de l’alcool et qu’ils avaient reçu une lettre anonyme avec une photo de moi en train de boire ». Aucune loi tunisienne n’interdit aux juges de boire de l’alcool dans leur vie privée.

Khalfallah El Riahi, qui était vice-président de la cour de première instance de Zaghouane, a déclaré à Human Rights Watch que les inspecteurs s’étaient basés, pour le révoquer, sur un incident de 1999, quand il était juge à Aïn Draham. Un collègue ayant remplacé El Riahi lors d’un procès en 1999, alors qu’il était en congé, et que ce dernier avait été négligent avec des dossiers, a-t-il déclaré.

« Quand j’ai repris le travail, mon supérieur a considéré que c’était moi le responsable », a-t-il déclaré à Human Rights Watch. « En 2005, le conseil de discipline du ministère de la Justice m’a donné un blâme pour manquement à mes devoirs. Depuis, je n’ai jamais eu aucun problème au travail. Quand je me suis rendu à la commission du ministère de la Justice [en 2012], j’ai demandé les motifs de ma révocation. Ils m’ont dit, c’est à cause du litige que vous avez eu en 1999 ».

Nizar Ghozlani, qui officiait comme juge cantonal à Jendouba, a déclaré à Human Rights Watch que la commission de révision lui avait dit qu’il était révoqué à cause de ses dettes envers une société privée. Le 26 avril 2012, le ministère de la Justice lui avait envoyé un avertissement pour qu’il paye ses dettes. « J’ai collecté l’argent auprès de mes parents, voisins et amis, j’ai payé toutes mes dettes, et la société a retiré sa plainte », a-t-il affirmé. « C’est la seule raison qu’ils m’ont donnée pour ma révocation ». La commission a passé seulement 10 minutes avec lui, selon lui, et ne lui a pas donné accès à son dossier ni aux éléments censés prouver sa culpabilité. 

D’après les Directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l'assistance judiciaire en Afrique, adoptés par Commission africaine des droits de l’homme et des peuples en 2005,« les magistrats exposés à des procédures disciplinaires, de suspension ou de destitution ont droit aux garanties qui s’attachent à un procès équitable, notamment au droit d’être représentés par un conseil de leur choix et à un réexamen indépendant des décisions liées à des procédures disciplinaires, de suspension ou de destitution ».

L’observation générale n° 32 du comité des droits de l’homme des Nations Unies, les experts qui émettent l’interprétation définitive du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, énonce que :


Les juges ne peuvent être révoqués que pour des motifs graves, pour faute ou incompétence, conformément à des procédures équitables assurant l’objectivité et l’impartialité, fixées dans la Constitution ou par la loi. La révocation d’un juge par le pouvoir exécutif, par exemple avant l’expiration du mandat qui lui avait été confié, sans qu’il soit informé des motifs précis de cette décision et sans qu’il puisse se prévaloir d’un recours utile pour la contester, est incompatible avec l’indépendance du pouvoir judiciaire.

 

D’après les Principes fondamentaux relatifs à l'indépendance de la magistrature des Nations Unies, adoptés par la résolution 40/32 de l’Assemblée générale le 29 novembre 1985, « toute accusation ou plainte portée contre un juge dans l'exercice de ses fonctions judiciaires et professionnelles doit être entendue rapidement et équitablement selon la procédure appropriée. Le juge a le droit de répondre, sa cause doit être entendue équitablement ». En outre, les Principes fondamentaux énoncent que les juges ne peuvent être suspendus ou destitués que pour des motifs d’incapacité ou d’inconduite les rendant inaptes à poursuivre leurs fonctions.

Les autorités tunisiennes devraient s’assurer que le renvoi de juges et de procureurs soit mis en œuvre d’une façon impartiale et transparente par un corps spécialement chargé de cette mission, et conformément aux critères internationaux, a déclaré Human Rights Watch. L’Assemblée nationale constituante devrait amender la loi n°67-29 pour qu’elle établisse une liste des actes pour lesquels les juges peuvent être soumis à des actions disciplinaires, ainsi que les sanctions correspondantes. Elle devrait aussi mettre en place une entité dotée de garanties d’indépendance suffisantes et du pouvoir de revoir la révocation des juges. HRW

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 01:39

 

Un officier de la Garde nationale, sauvagement agressé par des salafistes à Douar Hicher (vidéo)

Le ministre de l’Intérieur Ali Laârayedh a visité, ce dimanche 28 octobre 2012, un officier de la Garde nationale sauvagement agressé par un salafiste nommé «Saddam», dans la nuit de samedi à dimanche.

Il s’agit du chef de l’unité de la sécurité publique de La Manouba, le commandant Wissem Ben Slimane qui, selon une déclaration de Sami Gnaoui, membre du Syndicat national de la Garde nationale à Mosaïque Fm, essayait, avec son unité, de mettre fin à des altercations entre un groupe de salafistes et des vendeurs illicites d’alcool, près de la mosquée Ennour à Douar Hicher.
Le commandant Ben Slimane a été grièvement blessé à la tête par un objet tranchant, pouvant être un hachoir (selon les médecins) et transporté d’urgence à l'Institut national de neurologie à Tunis où il a été opéré. Il est actuellement dans un état critique, selon M. Gnaoui.

Le syndicaliste fait porter la responsabilité de cet incident aux salafistes évoquant une seconde agression dans leur rang à la Manouba, le premier s’agissant de Wahab Wertatani qui a été blessé à la main par un sabre, lui causant une double fracture. Il a également évoqué des campagnes effectuées par les salafistes contre la vente de l’alcool, agressant des citoyens tout en affirmant que la mosquée Ennour est devenue une sorte de dépôts d’armes et de munitions, avec des cocktails Molotov, des sabres, des bâtons, etc. 
M. Gnaoui a indiqué que ses supérieurs avaient été informés de ces dépassements mais qu'aucune directive n’a été donnée jusqu’à présent, prétextant l'impossibilité de faire des descentes dans une mosquée même si elle protège des criminels. businessnews

  

 

 

 

 

 

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LE SYNDICAT PRINCIPAL DE LA GARDE NATIONALE DE MANNOUBA APPELLE AU PORT DU BRASSARD ROUGE 

 

Le Syndicat principal de la Garde Nationale de  Mannouba a lancé ce dimanche 28 octobre 2012, un appel à ses adhérents à porter le brassard rouge durant 3 jours, à partir de ce dimanche, et ce suite à l’agression du commandant Wissem Ben Slimen, directeur des unités de la sécurité publique dans le gouvernorat de Mannouba.

Le syndicat appelle les autorités concernées à prendre les mesures nécessaires contre les salafistes armées et qui font de la mosquée Ennour et  Khalil leur fief. mosaiquefm

         

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Sami Gnaoui, agent de la Garde Nationale et membre du syndicat des agents de la garde nationale, raconte son ras le bol sur les ondes de Mosaïque FM.

 Il raconte comment son collègue et supérieur, le Commandant Wassim Ben Slimène, s’est fait attaquer par un salafiste notoire du quartier de Douar Hicher, surnommé Saddam, connu pour ses voies de faits et ses déboires avec la justice.

 Le syndicaliste déplore que, cette agression ne soit pas une première, vu que leur collègue, Ouertatani avait été agressé de la même manière depuis trois semaines. Agression qui lui a couté une double fracture de l’avant bras.

 Il se révolte contre le sentiment d’impuissance qui le hante avec ses collègues qui connaissent fort bien les agresseurs qui se sont autoproclamés police religieuse et qui multiplient les « descentes », puis se retranchent sur la mosquée Ennour de la cité Douar Hicher. Mosquée qui est devenue célèbre pour être devenue le camp retranché de ces bandes qui s’y réfugient une fois leurs forfaits accomplis. Gnaoui assure que cette mosquée renferme tous les types d’armes qui servent à ces bandits lors de leurs agressions.

 Ce qui révolte ce syndicaliste, c’est que la hiérarchie n’a pas voulu donner l’ordre d’intervenir du moment qu’il s’agit de mosquée. Il précise que les agents de la garde nationale de Douar Hicher ont informé leur hiérarchie de la situation qui prévaut dans leur cité, et aucune directive ne leur est parvenue jusqu’à aujourd’hui. tunisienumerique

 
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 00:48

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 17:21
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Le monument de l’Indépendance détruit à Tombouctou

Les islamistes qui occupent le nord du Mali détruisaient ce soir le monument de l’indépendance à Tombouctou où ils ont déjà détruit ces derniers mois des trésors du patrimoine mondial, ont indiqué des habitants de la ville.

Le « monument des martyrs » de Tombouctou rendait hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Traoré, en 1991. © Issouf Sanogo / AFP

 

« A l’aide d’un tracteur, les islamistes sont actuellement en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou », situé au centre-ville, a affirmé un habitant contacté par téléphone. Un autre témoin a précisé que « huit islamistes avec un bulldozer » étaient « en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou ».

Ils avaient détruit  mercredi le « monument des martyrs » de la ville rendant hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Moussa Traoré en 1991, et fouetté de jeunes fumeurs, ont rapporté des témoins à l’AFP. « Ils ont tenté d’abord de briser le monument avec des outils, ça n’a pas marché », a raconté un enseignant de Tombouctou au téléphone. « Ensuite, ils ont attaché une corde autour du monument rattachée à un véhicule qui a roulé doucement pour le faire tomber », a-t-il ajouté. 

L’information a été confirmée par d’autres habitants de la ville qui ont affirmé que ce sont des membres d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) qui se sont attaqués à ce monument. »Le monument est tombé. Les combattants d’Aqmi et d’Ansar Dine avaient l’air très contents », a témoigné l’un d’eux. Dans presque toutes les grandes villes maliennes, un « monument des martyrs » a été construit pour honorer la mémoire des Maliens morts le 26 mars 1991, lors de manifestations organisées à Bamako et qui ont entraîné la chute du général Moussa Traoré.


L’Unesco inquiète

Les islamistes avaient déjà détruit le monument El Farouk, un cheval symbole de la ville de Tombouctou, prise il y a près de deux mois avec les deux autres grandes villes et régions administratives du nord, Gao et Kidal, à la faveur d’un coup d’État ayant renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré. Ils ont également profané récemment un mausolée, et l’Unesco a fait part de son inquiétude concernant les célèbres manuscrits de la ville, dont beaucoup datent de l’âge d’or de Tombouctou, entre le XIIe et le XVe siècle. Inestimables, ils traitent de théologie, mathématiques, médecine, astronomie, musique.

 

Imprimant de plus en plus sa marque à la ville, l’alliance Ansar Dine/Aqmi a par ailleurs confisqué dans des boutiques de très nombreux cartons de cigarettes. « Ils ont brûlé les cartons, fouetté des jeunes qui fumaient », a rapporté un témoin. Ces faits sont intervenus avant une rencontre prévue à Tombouctou entre Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine, avec des responsables d’autres mouvements islamistes présents dans le nord du Mali, dont Aqmi, a appris l’AFP de sources concordantes. maliactu

 

 

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Des islamistes armés détruisent le monument de l'Indépendance à Tombouctou

Dans le nord du Mali, les islamistes armés ont entrepris de nouvelles destructions. A Tombouctou, ils ont détruit le 27 octobre le monument de l'Indépendance. Ce monument symbole, érigé sur la place de l'Indépendance au coeur de la ville sainte, avait déjà été saccagé en avril dernier au moment de l'arrivée des hommes d'Ansar Dine. Comme déjà de nombreux mausolées et symboles religieux.

Mali : des islamistes armés détruisent le monument de l'Indépendance à Tombouctou

 

Les islamistes radicaux qui occupent le nord du Mali ont détruit le monument de l'Indépendance de Tombouctou. Un symbole, déjà attaqué lors de la prise de la ville par le groupe Ansar Dine. Selon un témoin, Tombouctou est en ruine et méconnaissable, après la destruction de nombreux mausolées et symboles religieux ces derniers mois : 

« Ils sons venus avec le matériel de travail de la Fatome. Ils ont cerné les lieux et ils ont commencé à démanteler les monuments par des vérins et des marteaux pour le terrasser jusqu’en bas. C’est un monument élevé, construit de ciment et de béton. Ce même monument avait déjà été attaqué. C’est un symbole de Tombouctou. C’est un joyau de l’architecture de la ville qui tombe ce soir comme l’ont été d’autres déjà. En tant qu’habitant et comme toute la population de Tombouctou, c’est la consternation, la désolation totale. Les citoyens de Tombouctou. Ils ne savent plus à quel sein se vouer. La ville de Tombouctou est méconnaissable, Tombouctou est en ruines. Notre ville est dénaturée. Nous en appelons à tous les amis de Tombouctou, et du Mali de venir au chevet de cette ville, cette ville mythique qui est en train de s’effondrer. On a peur ». 

Dans le reste du pays 

On s'interroge toujours sur ce qui s'st passé cette semaine dans la région de Diabali. Des témoins, nomades, accusent des militaires basés dans cette ville d'avoir commis de graves exactions. Notamment dans deux petits villages, deux puits situés à 15 kilomètres de Diabali : Kalarabo et Karal II ou les familles étaient installées. Fatima a fui avec ses enfants, elle est réfugiée en Mauritanie. D'après elle, l'armée malienne aurait enlevé puis tué tous les hommes de son village. 

En revanche, le ministre malien de la Défense, le colonel-major Yamoussa Camara, dément toute exaction de militaires contre des civils. Il affirme au contraire qu'un groupe de bandits qui avait attaqué un campement pour le piller s'en est pris à une patrouille de l'armée envoyée en renfort et que huit bandits auraient été tués dans cet échange de tirs. « L'armée protège les civils » affirme-t-il. dakaractu

 

 

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UNE RAGE ENVERS LES MONUMENTS

 

La destruction volontaire des monuments est un acte aussi ancien que le temps où l'homme a été en mesure de bâtir des monuments. Les quinze dernières années constituent en cela une incroyable escalade dans la désacralisation de grands ouvrages architecturaux - de la démolition des statues de Bouddha deux fois millénaires à Bamiyan, par les talibans, au crash des avions sur le World Trade Center, en passant par la dévastation des bibliothèques et musées en Irak et en Égypte. Au cours de ces dernières semaines, les rebelles du Nord-Mali, armés de haches, de pelles et d'autres armes, ont détruit des monuments constitutifs du riche patrimoine culturel et religieux malien, dégradant jusqu'à la porte d'une mosquée du XVe siècle, à Tombouctou.

 

Ces destructions, qualifiées de "profanes" ont provoqué une très forte indignation. Vivement condamnées, elles ont même été qualifiées de "crimes de guerre". La destruction du patrimoine culturel et religieux, garant des valeurs spirituelles d'un pays qui est souvent considéré comme un modèle de démocratie dans sa région, a été énormément médiatisée. Généralement, les discussions se sont concentrées sur l'Islam et la déplorable appropriation qui en est faite par al Qaida (1). D'un côté les spécialistes, intellectuels et historiens décrivent des rebelles ayant méthodiquement planifié un sabotage de l'héritage historique et du patrimoine, de l'autre ces rebelles sont décrits comme des fanatiques religieux, des hooligans (2) incultes qui ont mal interprété l'Islam et qui n'ont aucunement conscience de l'importance des tombes et des manuscrits du nord-Mali.


Même lorsqu'ils entrent en contradiction, aucun de ces débats ou de ces analyses ne sont infondés ; mais la colère, qui est à l'origine de ces destructions, n'est, elle, presque jamais évoquée. Le philosophe Georges Bataille abordait la question de la violence et de la peur qui se dégagent souvent des monuments, et qui prennent forme autour et au-dessus de nous. Il écrivait : "les grands monuments s'élèvent comme des digues, opposant la logique de la majesté et de l'autorité à tous les éléments troubles : c'est sous la forme des cathédrales et des palais que l'Église ou l'État s'adressent et imposent silence aux multitudes" (3). Pour Bataille, la prise de la Bastille exprime l'animosité que nourrissait un peuple à l'égard de monuments qui étaient devenus l'incarnation de ses maîtres.

La profanation des monuments occupe également une place symbolique dans l'histoire du monde postcolonial. Le penseur, anticolonialiste et psychiatre Frantz Fanon a écrit sur la question de la compartimentation fondamentale de l'univers colonial : d'un côté, ce monde est constitué de bidonvilles exigus, l'autre face étant représentée par le monde propre, sain et lumineux du colonisateur. Fanon affirme que les rêves des populations colonisées se sont alors focalisés sur cette représentation de l'espace. Les populations souhaitent "s'engouffrer dans les villes interdites" (4) et il n'y a rien qu'elles souhaitent d'avantage que "détruire le monde colonial […], l'enfouir au plus profond du sol ou l'expulser, du territoire" (5).

Depuis la fin de l'ère coloniale, le cycle de la violence s'est perpétué sur de nombreux fronts, en incluant, par-dessus tout, le fondement des espaces concernés. Un même type de colère s'exprimera ainsi envers certains groupes de privilégiés : leaders, intellectuels s'étant inévitablement appropriés villas, bureaux, monuments, institutions publiques, immeubles administratifs, clubs, bars et gymnases, originellement destinés aux colonisateurs. Très tôt, les dysfonctionnements des États postcoloniaux ont provoqué colère et mécontentement chez des groupes, ayant soif de destruction.

En 1966 au Ghana, Kwame Nkrumah était ainsi renversé par un groupe armé. Les manifestants ont alors parcouru les rues d'Accra en arborant des pancartes contre l'ancien président. Leur marche s'est finalement achevée là où avait été érigée une statue monumentale de Nkrumah, qu'ils ont alors abattue et décapitée. On pourrait également prendre l'exemple du Liban, où la Place des Martyrs et le Musée National (deux sites nationaux très importants), furent complètement détruits durant la guerre civile qui devait durer 15 années. Les ouvrages architecturaux symbolisent une réalité politique directe, évidente, et immédiate, et ces structures sont, instinctivement, les premières à être visées dans des situations où un mécontentement longtemps contenu génère une rage collective.

Au Mali, la destruction des tombes et des monuments culturels semble être animée par la combinaison de différents facteurs. Après l'Indépendance d'avec la France en 1960, le Mali a été plongé dans 23 années de dictature militaire, ainsi que plusieurs sécheresses et rebellions. Le pays a accédé à la démocratie en 1992. À partir de cette période, une certaine croissance s'est fait sentir, en même temps qu'un important déficit économique, qui a rendu impossible un développement conséquent. La population malienne a grandi à l'ombre de la pauvreté et de la corruption. Aucune solution viable n'a réellement été envisagée vis-à-vis des revendications d'une nation et d'une autonomie culturelle touarègues. Le problème est demeuré à l'arrière-plan des différentes politiques maliennes, depuis les années 1990. Cette situation de tension a connu un tournant avec l'arrivée d'un important afflux d'armes en provenance de la frontière libyenne, à la fin du conflit libyen. La discorde a alors précipité une rébellion généralisée et l'occupation de l'ensemble du nord-Mali.
 

 

La démolition des monuments de Tombouctou ne reflète sans doute pas la colère d'un groupe en particulier, mais elle semble bien symboliser une intense frustration dont l'expression a été dirigée vers des structures religieuses, culturelles et sociales. La tentative volontaire de "mémoricide" qui est actuellement perpétrée au Mali, est aussi une tentative de réécriture de l'histoire. Le romancier Teju Cole s'est exprimé au sujet de cette inquiétude historique, qui se traduit par des actes de profanation (6)… mais nous sommes ici face à bien plus qu'une simple inquiétude. Il s'agit, en effet, d'un appel à la reconnaissance. Il s'agit du désir d'être reconnu au sein d'un cadre institutionnel global. Hélas, ce désir est manipulé par les obscures motivations idéologiques d'al Qaeda. Il est facile de se focaliser sur Al Qaeda, comme seul responsable des maux affectant le Mali, mais les analyses resteraient alors superficielles, en omettant de reconnaître une histoire à cette colère et à ces tensions qui ont favorisé des conditions qu'al Qaeda sait si bien utiliser, que ce soit au Mali, au Yémen, en Somalie ou dans d'autres pays qui connaissent de grands bouleversements. La compréhension des différents niveaux contextuels doit être un premier pas vers un dénouement progressif de la situation.



Nous publions cette traduction de l'article de Bhakti Shringarpure [Rage Against the Monuments], en partenariat avec le magazine Warscapes . africultures



1. William G Moseley, "Assaulting tolerance in Mali", article publié sur le site Web d'Aljazeera le 16 juillet 2012 [ici]
2. Paula Froelich, "Mali: Islamists Destroy Historic City of Timbuktu", article publié dans The Daily Beast du 15 juillet 2012 [ici]
3. Georges Bataille, "Architecture", article publié dans Documents, n° 2, mai 1929, p. 117.
4. Frantz Fanon Les Damnés de la terre, Paris, Maspero, 1962, p. 33.
5. Les Damnés de la terre. Ibid, p. 33.
6. Teju Cole, "Break It Down", article publié dans The New Inquiry du 3 juillet 2012 [ici]

 

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Archives : un peu d'histoire !


 


 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 16:12

Les rumeurs sur la toile sont innombrables. Elles peuvent, parfois, être vraies. Mais même quand elles sont fausses, elles résistent souvent à tous les démentis et à tous les arguments rationnels. Parmi ces contre-vérités, le fait que Victor Hugo se serait converti à l’islam. Mais, au-delà de ces oui-dire, de ces ragots, il n’est pas sans intérêt de relire le poème que Hugo, dans le cadre de La légende des Siècles, publie sur la mort du prophète de l’islam en 1858 et qui s’intitule « L’an 9 de l’hégire ». Il y donne de Mahomet, comme il le nomme, une image bien différente de celle que l’on peut lire aujourd’hui dans le monde européen. blog.mondediplo

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L’an 9 de l’hégire

Comme s’il pressentait que son heure était proche
Grave, il ne faisait plus à personne un reproche,
Il marchait en rendant aux passants leur salut ;
On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu’il eût
A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ;
Il s’arrêtait parfois pour voir les chameaux boire,
Se souvenant du temps qu’il était chamelier.
 
Il songeait longuement devant le saint pilier ;
par moments il faisait mettre une femme nue
Et la regardait, puis contemplait la nue,
Et disait : « La beauté sur la terre, au ciel le jour ».
 
Il semblait avoir vu l’éden, l’âge d’amour,
Les temps antérieurs, l’ère immémoriale.
Il avait le front haut, la joue impériale,
Le sourcil chauve, l’œil profond et diligent,
Le cou pareil au col d’une amphore d’argent,
L’air d’un Noé qui sait le secret du déluge.
Si des hommes venaient le consulter, ce juge
Laissait l’un affirmer, l’autre rire et nier,
Ecoutait en silence et parlait le dernier.
Sa bouche était toujours en train d’une prière ;
Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;
Il s’occupait de lui-même à traire ses brebis ;
Il s’asseyait à terre et cousait ses habits.
 
Il jeûnait plus longtemps qu’autrui les jours de jeûne,
Quoiqu’il perdît sa force et qu’il ne fût plus jeune.
 
« A soixante-trois ans une fièvre le prit.
Il relut le Coran de sa main même écrit,
Puis il remit au fils de Séid la bannière,
En lui disant : « Je touche à mon aube dernière.
Il n’est pas d’autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. »
Et son œil, voilé d’ombre, avait ce morne ennui
D’un vieux aigle forcé d’abandonner son aire.
Il vint à la mosquée à son heure ordinaire,
Appuyé sur Ali le peuple le suivant ;
Et l’étendard sacré se déployait au vent.
Là, pâle, il s’écria, se tournant vers la foule ;
« Peuple, le jour s’éteint, l’homme passe et s’écroule ;
La poussière et la nuit, c’est nous. Dieu seul est grand.
Peuple je suis l’aveugle et suis l’ignorant.
Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde. »
Un sheick lui dit : « Ô chef des vrais croyants ! Le monde,
Sitôt qu’il t’entendit, en ta parole crut ;
Le jour où tu naquit une étoile apparut,
Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. »
Lui, reprit : « Sur ma mort, les Anges délibèrent ;
L’heure arrive. Ecoutez. Si j’ai de l’un de vous
Mal parlé, qu’il se lève, ô peuple, et devant tous
Qu’il m’insulte et m’outrage avant que je m’échappe,
Si j’ai frappé quelqu’un, que celui-là me frappe. »
Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton.
Une vieille, tondant la laine d’un mouton,
Assise sur un seuil, lui cria : « Dieu t’assiste ! »
 
« Il semblait regarder quelque vision triste,
Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : « Voilà,
Vous tous, je suis un mot dans la bouche d’Allah ;
Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.
J’ai complété d’Issa la lumière imparfaite.
Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.
Le soleil a toujours l’aube pour précurseur.
Jésus m’a précédé, mais il n’est pas la Cause.
Il est né d’une Vierge aspirant une rose.
Moi, comme être vivant, retenez bien ceci,
Je ne suis qu’un limon par les vices noirci,
J’ai de tous les péchés subi l’approche étrange,
Ma chair a plus d’affront qu’un chemin n’a de fange,
Et mon corps par le mal est tout déshonoré ;
Ô vous tous, je serais bien vite dévoré
Si dans l’obscurité du cercueil solitaire
Chaque faute engendre un ver de terre.
Fils, le damné renaît au fond du froid caveau
Pour être par les vers dévoré de nouveau ;
Toujours sa chair revit, jusqu’à ce que la peine,
Finie ouvre à son vol l’immensité sereine.
Fils, je suis le champ vil des sublimes combats,
Tantôt l’homme d’en haut, tantôt l’homme d’en bas,
Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne
Comme dans le désert le sable et la citerne ;
Ce qui n’empêche pas que je n’aie, ô croyants !
Tenu tête dans l’ombre aux Anges effrayants
Qui voudraient replonger l’homme dans les ténèbres,
J’ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ;
Souvent, comme Jacob, j’ai la nuit, pas à pas,
Lutté contre quelqu’un que je ne voyais pas ;
Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie,
Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,
Et, comme je sentais en moi la vérité,
Je les ai combattus, mais sans être irrité,
Et, pendant le combat je criais : “laissez faire !
Je suis le seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère.
Qu’ils frappent sur moi tous ! Que tout leur soit permis !
Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis
Auraient, pour m’attaquer dans cette voie étroite,
Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,
Ils ne me feraient point reculer !” C’est ainsi
Qu’après avoir lutté quarante ans, me voici
Arrivé sur le bord de la tombe profonde,
Et j’ai devant moi Allah, derrière moi le monde.
Quant à vous qui m’avez dans l’épreuve suivi,
Comme les grecs Hermès et les hébreux Lévi,
Vous avez bien souffert, mais vous verrez l’aurore.
Après la froide nuit, vous verrez l’aube éclore ;
Peuple, n’en doutez pas ; celui qui prodigua
Les lions aux ravins du Jebbel-Kronnega,
Les perles à la mer et les astres à l’ombre,
Peut bien donner un peu de joie à l’homme sombre . »
 
Il ajouta : « Croyez, veillez ; courbez le front.
Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront
Sur le mur qui sépare Eden d’avec l’abîme,
Etant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ;
Presque personne n’est assez pur de péchés
Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez,
En priant, que vos corps touchent partout la terre ;
L’enfer ne brûlera dans son fatal mystère
Que ce qui n’aura point touché la cendre, et Dieu
A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ;
Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ;
Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes,
Les chevaux sellés d’or, et, pour fuir aux sept dieux,
Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ;
Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,
Habite un pavillon fait d’une perle creuse ;
Le gehennam attend les réprouvés ; malheur !
Ils auront des souliers de feu dont la chaleur
Fera bouillir leur tête ainsi qu’une chaudière.
La face des élus sera charmante et fière. »
 
Il s’arrêta donnant audience à l’espoir.
Puis poursuivant sa marche à pas lents, il reprit :
« Ô vivants ! Je répète à tous que voici l’heure
Où je vais me cacher dans une autre demeure ;
Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu,
Que je sois dénoncé par ceux qui m’ont connu,
Et que, si j’ai des torts, on me crache au visage. »
La foule s’écartait muette à son passage.
Il se lava la barbe au puits d’Aboufléia.
 
Un homme réclama trois drachmes, qu’il paya,
Disant : « Mieux vaut payer ici que dans la tombe. »
L’œil du peuple était doux comme un œil de colombe
En le regardant cet homme auguste, son appui ;
Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui,
Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière,
Et passèrent la nuit couchés sur une pierre.
 
Le lendemain matin, voyant l’aube arriver ;
« Aboubékre, dit-il, je ne puis me lever,
Tu vas prendre le Livre et faire la prière. »
Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;
Il écoutait pendant qu’Aboubékre lisait,
Et souvent à voix basse achevait le verset ;
Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.
Et l’Ange de la mort vers le soir à la porte
Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.
« Qu’il entre. »

On vit alors son regard s’éclairer
De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;
Et l’Ange lui dit : « Dieu désire ta présence.
— Bien », dit-il. Un frisson sur les tempes courut,
Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.  Victor Hugo
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 15:54
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 02:35

_L’islamologue Mohamed Talbi, "recruté" par Nidaa Tounes

 

 

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L’universitaire et islamologue Mohamed Talbi, réputé pour son apolitisme, a finalement décidé, à 91 ans d’intégrer pour la première fois un parti politique en adhérant à Nidaa Tounes.

 

Lors d’une rencontre avec Béji Caid Essebsi, président du parti, le 18 octobre dernier, M. Talbi a "officialisé" son adhésion, rejoignant ainsi Nidaa Tounes.

Cette adhésion n’est pas la première du genre ! Les intégrations se faisant désormais à un rythme régulier.

 

Aujourd’hui, jeudi 24 octobre, c’est au tour de d’Abdelmonem Krir d’avoir intégré Nidaa Tounes.

 

Député à l’Assemblée Nationale Constituante sous la bannière d’Al-Aridha, cet élu de Monastir avait quitté la Pétition Populaire pour devenir indépendant. Le voilà maintenant sous l’étiquette de Nidaa Tounes. espacemanager


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Aucune démission parmi les élus de Nida Tounes

 

 

Contrairement à ce qui est paru aujourd’hui sur un site électronique arabophone ‘‘Al Ikkhbaria’’, le parti Nida Tounes n’a enregistré aucune démission parmi ses 9 élus à l’Assemblée nationale constituante (Anc).

 C’est ce qu’a confirmé à Kapitalis Aïda Klibi, membre du bureau exécutif élargi. «Ces derniers jours, on n’a cessé de publier de fausses informations concernant le parti de Beji Caïd Essebsi. Certains journaux font campagne virulente contre nous et diffusent beaucoup d’intox. Cette information est totalement fausse et infondée», a-t-elle dit. kapitalis

 

 

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Le CPR et Al Aridha, principaux fournisseurs de Nida Tounes à l’ANC

 

Un an après les élections du 23 octobre, plusieurs élus ont démissionné de leurs partis. Certains ont préféré rester indépendants, d'autres ont rejoint un nouveau parti. Nida Tounes, et sans participer aux élections, se retrouve aujourd'hui représenté par 9 élus à l'assemblée.

 

Le parti de Béji Caied Essebsi, pourrait même constituer un bloc parlementaire à l'assemblée nationale, alors qu'il n'existait pas il y a un an (autorisé le 6 juillet 2012).

Né il y a à peine 4 mois, Nida Tounes a déjà été rejoint par 9 élus de la constituante : 3 élus du CPR, 3 élus issus de la Pétition Populaire (Al Aridha), 2 élus d'Ettakatol et un élu d'Al Jomhouri.

deputes-Nida-Tounes

C'est Ibrahim Gassas et Mouldi Zidi (Al Aridha) qui ouvrent le bal le 8 août. Ils sont suivis par Khemais Ksila, démissionnaire d'Ettakatol dès le lendemain des élections. Le 23 août, c'est au tour à deux anciens du CPR Abdelaziz Kotti et Dhamir Manai de rejoindre le parti de Béji Caies Essebsi. Le 6 septembre, Mohamed Ali Nasri, dissident du CPR, passé par le mouvement Wafa, finit par atterrir chez Nida Tounes. Le 19 octobre, Chokri Yaïch d'Al Jomhouri et Jamel Gargouri d'Ettakatol décident d'intégrer le nouveau parti. Hier, un neuvième élu annonce son adhésion à Nida Tounes : Abdelmonem Krir d'Al Aridha.

Au niveau des représentations régionales, avec ses 9 élus, Nida Tounes est désormais représenté dans 8 gouvernorats :


region-deputes

Jamel Gargoui (Sfax 1), Chokri Yaich (Sfax 2), Brahim Kassas (Kébili), Abdelaziz Kotti (Ariana), Khemais Ksila (Ben Arous), Dhamir Manai (Jendouba), Abdelonem Krir (Monastir), Mohamed Ali Nasri (Kasserine), Mouldi Zidi (Gabès).

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Béji Caïd Essebsi : Je suis plus musulman que Ghannouchi et je doute de son Islam

Invité aujourd’hui 24 octobre 2012, sur les ondes de Mosaïque Fm, Béji Caïd Essebsi a tenu des propos virulents à l’encontre Slim Ben Hmidène, affirmant qu’il était triste d’avoir des ministres de ce niveau, « Je pleure sur la Tunisie quand on me dit que ce type est ministre ».

Il s’en est pris ensuite au leader du Mouvement Ennahdha : « Je dis à Rached Ghannouchi que je plus suis musulman que lui et je commence à douter de son Islam. Celui qui justifie la violence croit-il en Dieu ? », affirme t-il, récitant un verset du Coran évoquant les punitions prévues pour de tels comportements. « Même si, moi , je ne lui souhaite aucun malheur, il est père de famille, il a des enfants… », ajoute-t-il avant de s’attaquer à la fille du président d’Ennahdha et épouse de Rafik Abdessalem, Soumaya Ghannouchi : « Même si sa fille nous insulte, Rached Ghannouchi n’en est pas responsable, elle est mariée, c’est son mari qui est responsable d’elle », lance Béji Caïd Essebsi. 

Le président de Nidaa Tounes est ensuite revenu sur la récente vidéo d’Abou Iyadh et les propos que ce dernier a eus à son encontre : « Abou Iyadh se trompe, je ne suis pas laïc, je suis musulman, mais pas salafiste. Ses propos sont graves, il a fait un appel au jihad, et jouit toujours de sa liberté. Le plus grave est que le gouvernement ne voit aucun inconvénient à ces propos appelant à la violence et que, par conséquent, nous ne pouvons pas porter plainte auprès d’un pouvoir qui les légitime », souligne M. Caïd Essebsi avant d’interpeller Abou Iyadh : « Rabbi Yehdik ! » (NDLR : Que Dieu te mette sur le droit chemin).

Concernant son absence à l’Assemblée constituante pour la célébration du 1er anniversaire des premières élections libres en Tunisie, Béji Caïd Essebsi affirme, dans un premier temps, qu’il n’a pas refusé d’y assisté mais qu’il ne s’y tout simplement pas rendu, avant de préciser sur un ton ironique : « Je n’ai pas refusé d’aller à l’Assemblée constituante, je n’y suis pas allé, c’est tout. Vu qu’ils passent leur temps à m’insulter, je ne voulais pas qu’ils soient indisposés par ma présence ». 

En outre, l’ancien Premier ministre est revenu sur la vidéo qui a été fuitée, portant sur l’enregistrement d’une conversation entre lui et l’actuel Chef du gouvernement, Hamadi Jebali. Caïd Essebsi déclare assumer tous ses propos, tout en présentant ses excuses à ceux qu’il aurait pu blesser.

BCE a, par la suite, réitéré ses excuses aux Tunisiens, pour s’être trompé sur le compte d’Ennahdha : « Moi j’ai dit aux étrangers qu’Ennahdha était un parti islamiste modéré et prônant un islam éclairé. Je me suis trompé, je m’en excuse. Je crois que l’Islam et la démocratie ne sont pas contradictoires… l’Islam, pas les islamistes », déclare-t-il. 

Par ailleurs, et au sujet des comités de protection de la révolution, BCE affirme que le président du Comité à Tataouine est un ancien responsable RCD notoire et que, par conséquent, ces organisations devraient commencer par « s’assainir » elles-mêmes, avant de chercher à assainir d’autres formations. 

Enfin, à la question de Naoufel Ouertani concernant une éventuelle alliance avec Ennahdha, dans le futur, Béji Caïd Essebsi répond : « Dieu seul sait de quoi l’avenir sera fait ». businessnews

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 05:05

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La trêve de l'Aïd n'est pas respectée

 

Les violences se sont poursuivies vendredi entre les forces du régime de Bachar el-Assad et rebelles dans le nord de la Syrie, malgré l'entrée en vigueur au petit matin de la trêve pour la fête de l'Aïd el-Kébir (Al-Adha) , ont annoncé des militants.

Les premiers affrontements ont été provoqués par le groupe islamiques Jabhat al-Nusra, qui avait rejeté l'idée d'un cessez-le-feu dès le départ. Ses militants ont affronté les forces syriennes pour le contrôle d'une base militaire située sur la route menant à Alep, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Les combats à Maaret al-Numan ont commencé il y a plusieurs jours.

L'armée syrienne a pour sa part violé le cessez-le-feu en tirant plusieurs obus sur Alep et la banlieue de Damas. Trois personnes ont été tuées par un bombardement à Harasta, dans la banlieue de Damas et deux autres ont été abattues par un tireur embusqué, selon l'OSDH.

A l'occasion de la principale fête musulmane, qui débute vendredi pour quatre jours, l'envoyé spécial de l'ONU et la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, soutenu par le Conseil de sécurité, avait obtenu le premier cessez-le-feu entre fidèles et opposants de Bachar el-Assad. Si cette trêve était respectée, elle marquerait le premier arrêt des combats depuis mars 2011, début de l'insurrection contre le régime de Damas, qui aurait causé la mort de plus de 35.000 personne.

Les précédentes tentatives avaient échoué. Mais l'armée syrienne a accepté la trêve en précisant jeudi qu'elle riposterait en cas d'attaques rebelles ou s'ils tentaient de se ravitailler. Les forces gouvernementales ont également déclaré qu'elles empêcheraient l'arrivée de renforts, venus des pays voisins.

Dans d'autres régions de la Syrie, les affrontements se sont calmés, laissant la possibilité à des milliers de personnes de descendre dans la rue pour ce qui s'annonce comme les plus importantes manifestations de ces derniers mois, notamment à Alep, Homs, Hama, dans la banlieue de Damas et dans la province de Deraa. Dans cette ville du sud du pays, d'où est partie l'insurrection, trois personnes ont été blessées par l'armée qui dispersait la manifestation.

Dans la nuit, des accrochages ont eu lieu notamment à Homs (centre), à Alep et à Deir el-Zour (est), causant la mort d'au moins quatre rebelles et blessant six soldats, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Trois personnes ont également été blessées quand les soldats ont voulu disperser des manifestants après la prière de vendredi à Deraa (sud). tempsreel.nouvelobs

 

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La trêve déjà brisée, Assad réapparaît

A peine la trêve entrée en vigueur, des combats violents ont repris vendredi matin autour d'une base de l'armée syrienne, pendant qu'un quartier rebelle de Homs était la cible de bombardements. Des tirs d'obus ont également fait trois morts à Harasta, près de Damas.

 

Le calme, précaire, aura fort peu duré vendredi matin en Syrie, au tout début de ce qui devait être une trêve de quatre jours difficilement négociée par le médiateur international Lakhdar Brahimi à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha (lire nos articles : "Syrie : la décision sur une trêve pendant la fête d'Al-Adha sera prise jeudi", "Syrie : l'armée d'Assad pilonne les espoirs de trêve", "Syrie : la trêve rejetée par un groupe islamiste" et "Syrie : Assad annonce l'arrêt des opérations de vendredi à lundi"). 

En ce jour symbolique, le premier de l'Aïd, la télévision d'Etat a montré le président Bachar al-Assad, qui apparaît rarement en public, priant dans une mosquée de Damas. Assis en tailleur, il est apparu souriant et décontracté ; et après la prière, il a pris le temps de parler avec des fidèles, triés sur le volet, embrassant certains et plaisantant avec d'autres. 

Bombardements et combats

Mais ailleurs, des manifestations hostiles au régime de Bachar al-Assad éclataient déjà à la sortie des mosquées. L'une d'elles, violemment dispersée dans la province de Deraa, devait être marquée par des tirs des forces gouvernementales, et par trois blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Un peu plus tard, de violents combats éclataient autour d'une base de l'armée syrienne, dans la périphérie est de Maaret al-Noomane, et l'armée ripostait en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui. A Homs, ce sont des bombardements sur un quartier rebelle qui ont été signalés : deux personnes ont été blessées par la chute de six roquettes. Trois personnes ont également été tuées dans la ville rebelle de Harasta, près de Damas, par des tirs d'obus et de franc-tireurs, sans que des combats ne s'y déroulent, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Un scénario qui rappelle la précédente tentative du 12 avril : Kofi Annan, prédécesseur de Lakhdar Brahimi, était lui aussi parvenu à arracher une trêve aux belligérants en avril, mais elle n'avait pas tenu longtemps. Elle avait volé en éclats au bout de quelques heures, même si les combats avaient baissé en intensité. Un arrêt des combats et des bombardements aurait pourtant apporté un peu de répit à une population déjà durement éprouvée par les violences. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés s'était dit prêt à envoyer, en cas de trêve, des colis d'aide à des milliers de familles dans des endroits jusqu'à présent inaccessibles. tf1.fr/monde

 

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Le Liban dans la tourmente syrienne

L’assassinat le vendredi 19 octobre de Wissam Al-Hassan, le chef de la branche du renseignement des Forces de sécurité intérieures (FSI), représente le plus grave attentat commis au Liban depuis 2008. Et un acte d’autant plus inquiétant qu’il pourrait contribuer à entraîner ce pays dans la guerre qui se déroule en Syrie. Les affrontements à Tripoli, dans le nord du Liban, ont fait plusieurs morts, tandis que des heurts avaient lieu aussi à Beyrouth après les funérailles.

La radicalisation de certains groupes sunnites extrémistes, qui ne reconnaissent pas l’autorité du chef de l’opposition Saad Hariri, est incontestable, notamment dans le nord du pays, radicalisation encouragée par la terrible répression en Syrie et par les relations existant entre les deux pays. On a pu voir, notamment lors des heurts qui ont suivi l’enterrement d’Al-Hassan à Beyrouth, un drapeau d’Al-Qaida brandi par des manifestants (voir le reportage réalisé par la BBC, « Beirut funeral for Wissam al-Hassan followed by clashes », 21 octobre 2012).

Qui est Wissam Al-Hasan ? Le site en anglais du quotidien Al-Akhbar, dresse un portrait intrigant de cet homme de l’ombre, proche de la famille Hariri (« Who Was Wissam Al-Hassan ? »). Il fut notamment un garde du corps de l’ancien premier ministre Rafik Hariri assassiné en 2005. Il aurait dû se trouver dans le convoi de Hariri — il était alors le chef de sa sécurité —, mais miraculeusement, il n’y était pas. La commission d’enquête des Nations unies a affirmé que « son alibi était faible et qu’il pouvait être considéré comme un suspect » : il prétendait avoir passé des examens à l’université la matinée de l’assassinat, mais avait donné, durant ce temps, vingt-quatre coups de téléphone. Pourtant, il ne fut jamais inquiété, les Nations unies renonçant à approfondir l’enquête. Saad, le fils de Rafik, lui, a gardé sa confiance et il a même été promu à la tête de la branche du renseignement des FSI.

Paradoxalement, Al-Hassan avait d’excellentes relations avec les services de renseignement syriens, jusqu’au début de l’insurrection dans ce pays. Quand Saad Hariri s’était réconcilié avec Bachar Al-Assad, l’absolvant de toute responsabilité dans l’assassinat de son père (« Liban : Hariri revient sur ses accusations envers la Syrie », Lefigaro.fr, 9 septembre 2010), Al-Hassan avait accompagné Saad à Damas et avait rencontré Bachar (As’ad AbuKhalil , « Car Bomb in Beirut : Wissam Al-Hassan », Al-Akhbar, 21 octobre).

Les FSI sont proches de l’opposition dirigée par Saad Hariri et hostiles au gouvernement de coalition entre le Hezbollah et le parti de Michel Aoun, soutenu plus ou moins par Walid Joumblatt (lire « Jours intranquilles à Beyrouth »). Elles ont très tôt bénéficié de l’aide des services de renseignement saoudiens et occidentaux.

Depuis le début de la révolte en Syrie, les FSI étaient souvent accusées d’aider les rebelles et Al-Hassan jouait un rôle clef en ce domaine. Ce qui explique les accusations dirigées contre le régime syrien, même si, comme le remarque As’ad Abu Khalil sur son blog — the Angry Arab —, le 20 octobre : « Les médias occidentaux n’évoqueront PAS cet autre angle de l’affaire : que le service de renseignement de Hassan était responsable de l’arrestation de nombreux espions et terroristes au service d’Israël au Liban. »

Al-Hassan avait aussi joué un rôle essentiel dans l’arrestation en août 2012 de l’ancien ministre Michel Samaha, un homme qui n’avait jamais caché ses relations avec Bachar, et qui aurait essayé de commettre des attentats au Liban pour le compte de Damas. Lors de l’enterrement, le président libanais Sleiman a fait un rapport entre l’assassinat et l’arrestation de Samaha, appelant à accélérer l’enquête sur ce dernier (« Hasan funeral takes place as thousands gather in Beirut », The Daily Star, 21 octobre).

Quoiqu’il en soit, l’implication des forces de l’opposition dirigées par Saad Hariri dans le soutien aux insurgés syriens est avérée. Comme l’écrit As’ad Abu Khalil dans l’article du 21 octobre cité plus haut : « Ce qui n’est pas dit, c’est que Saad Hariri – aussi incompétent et stupide qu’il soit – a joué avec le feu. Il a bêtement décidé de jouer le jeu du « changement de régime » (regime change) qui a entraîné l’humiliation des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan. Assis sur son yacht en exil en Méditerranée, Hariri a peut-être été l’instigateur d’un jeu qui a finalement abouti à la mort d’un de ses principaux collaborateurs. »

Rappelons enfin que le Tribunal spécial pour le Liban a inculpé plusieurs personnes proches du Hezbollah dans l’assassinat de Rafic Hariri (lire « Du Liban à l’Irak, juger les criminels ? » et « Le Hezbollah et l’assassinat de Rafic Hariri »). Alain Gresh mondediplo

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