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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 20:19
Déclaration de Hamma Hammami

 
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Ce rassemblement des forces de la gauche ouvrière et nationaliste arabe cherche à constituer un 3e pôle politique face à Ennahdha et à Nida Tounes pour les prochaines élections.

 

Le Front populaire a été lancé officiellement, dimanche, lors d’un meeting qui a eu lieu au palais des congrès à Tunis, en présence de plusieurs milliers de militants de la gauche nationaliste.

 

«Le Front populaire est la meilleure alternative pour gouverner le pays durant la prochaine étape et réaliser les objectifs de la révolution, à la faveur de son programme clair et ses hautes compétences», a affirmé le secrétaire général du Parti des travailleurs tunisiens (Ptt) Hamma Hammami.

 

Le Front populaire, a-t-il ajouté, est «une véritable force de changement» capable de jeter les fondements d’une république civile démocratique qui consacre la souveraineté du peuple. «Se trompe celui qui croit en la bipolarité politique entre le mouvement Ennahdha et Nida Tounes», a-t-il encore tenu à préciser.

 

Le Front populaire est capable de gouverner le pays, dès lors qu’il croit que le chômage et la marginalisation ne sont pas une «fatalité inéluctable», a pour sa part indiqué le secrétaire général du Parti de l’avant-garde arabe Ahmed Seddik. «Le Front va s’engager dans les prochaines élections fort d’une approche monétaire, fiscale et sociale efficace et de solutions réelles à tous les problèmes du peuple tunisien», a-t-il expliqué.

 

Pour Chokri Belaid, le secrétaire général du Parti des patriotes démocrates (Watad), le Front populaire n’est pas une «coalition de partis», mais il s’agit bel et bien d’un front qui milite contre les projets rétrogrades et les diktats extérieurs au service de l’instauration d'un Etat démocratique et civile.

 

Le Front populaire regroupe 11 partis de gauche et/ou nationalistes arabes, ainsi que plusieurs personnalités politiques indépendantes. Les partis en question sont :


- Parti des Travailleurs (ex-Poct);

- Parti de la Lutte progressiste;

- Mouvement démocrate socialiste;

- Mouvement Baâth;

- Parti d’avant-garde arabe démocrate;

- Fédération du Courant ouvrier;

- Parti de Tunisie verte;

- Citoyens démocrates;

- Front populaire unioniste;

- Parti populaire pour la liberté et le progrès;

- Parti national socialiste. kapitalis

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 06:43

      Dernière nouvelle _ Dimanche 07-octobre, vers 19h : un gouvernement réduit ! 

Le Congrès Général National vient de jeter le nouveau gouvernement réduit proposé par le Premier ministre M. Abou Chagour  et partant  de retirer sa confiance au premier ministre... 

125 élus retirent leur confiance;    44  renouvèlent leur confiance;  25  abstentions


 

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Le Premier ministre propose un "gouvernement de crise" réduit

 

Le Premier ministre libyen Moustapha Abou Chagour a proposé dimanche à l'Assemblée nationale un "gouvernement de crise" restreint à dix ministères, affirmant avoir privilégié la compétence à d'autres considérations géographiques ou politiques. 

"Face aux dangers qui menacent le pays, je vous présente un gouvernement de crise restreint à dix ministères, rejetant toute considération géographique", a déclaré M. Abou Chagour devant les 200 membres du Congrès général national (CGN). 

 
Les membres du CGN qui avaient rejeté jeudi une première proposition de M. Abou Chagour doivent discuter dans la soirée le nouveau cabinet proposé. En cas d'un nouveau rejet, M. Abou Chagour sera démis d'office de ses fonctions et le CGN sera appelé à élire un nouveau Premier ministre. 

 
Abdessalem Jadallah al-Salihin, un colonel de l'armée de l'ancien régime de Mouammar Kadhafi qui avait fait défection pour diriger les opérations militaires des rebelles dans l'est du pays, a été proposé au ministère de la Défense, tandis qu'un général de la police libyenne et docteur en droit, Achour Chwayel, a été proposé pour l'Intérieur. 

 
M. Abou Chagour a affirmé qu'il n'a pas tenu compte des intérêts géographiques ou politiques, critiquant dans la foulée les membres du congrès et les blocs politiques représentés au sein de l'assemblée qui avaient rejeté jeudi une première proposition du Premier ministre. 
 

"Le premier gouvernement n'était pas parfait. Et nous aurions pu le discuter et le remanier (...) mais les demandes des membres du congrès étaient irréalistes: quelques uns exigeaient un portefeuille bien précis pour leur région, l'un des blocs politiques a demandé onze portefeuilles et un autre en a exigé neuf". 
 

"Je n'assumerai pas la responsabilité d'une équipe que je n'ai pas composée de mon propre gré", a-t-il ajouté, appelant le CGN à "assumer ses responsabilités à ces moments historiques". 
 

"Je n'abandonnerai pas mes principes et mes convictions. Je ne suis pas revenu en Libye (après des dizaines d'années d'exil) pour devenir chef de gouvernement mais je suis revenu pour servir le pays et les enfants du pays", a-t-il encore dit. atlasinfo

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Le congrès rejette le nouveau gouvernement libyen

 

En réponse aux protestations, le Premier ministre libyen Mustafa Abushagur a retiré jeudi 4 octobre le gouvernement qu'il avait proposé pour accord au Congrès général national.

Abushagur a maintenant jusqu'au dimanche 7 octobre pour présenter une nouvelle composition, au lendemain des protestations.

 

Plusieurs révolutionnaires d'Az-Zawiya contestant le gouvernement proposé par Abushagur ont envahi le siège du Congrès général national à Tripoli, jeudi dans la matinée, alors que l'assemblée était réunie en session matinale.

 

Un député du congrès a déclaré que les révolutionnaires avaient demandé la démission d'Abushagur et le rejet de son gouvernement après qu'Az-Zawiya eut été exclu de la formation du gouvernement.

 

Ce représentant a ajouté que le président du congrès, Mohamed Magarief, avait négocié avec les manifestants qui avaient envahi le bâtiment et promis d'examiner leurs demandes, soulignant que le congrès n'était pas satisfait par la liste proposée et qu'elle ferait l'objet de discussions.

 

Pour sa part, Abushagur a déclaré à la télévision libyenne qu'il allait modifier certains noms et présenter des alternatives pour une nouvelle composition, qu'il annoncera dimanche.

"J'espère que les gens comprendront et reviendront à l'essentiel, aux régimes politiques qui connaissent le succès dans le monde, afin que la Libye puisse sortir de son impasse", a commenté Hakam al-Houni. "Nous devons revenir au fédéralisme, parce que c'est le régime qui a permis à la Libye de prospérer pendant treize ans."

 

Tayeb Abdelmalek a quant à lui déclaré : "Je veux connaître les critères que le Dr Abushagur a utilisé dans le choix de son gouvernement, car celui-ci ne comporte aucun nom présentant une expérience de dirigeant ou universitaire. Il y a également des ministres qui ont développé leurs ministères, et nous nous attendions donc à ce qu'ils restent en poste. Mais ils ont été limogés."

 

Issa Abdelhamid a expliqué que la liste proposée comportait plusieurs personnalités de l'ancien gouvernement, ce qu'il a considéré comme "un indicateur négatif au vu des critiques de la rue".

 

"Conserver les mêmes vieux visages que l'on a vus pendant deux ans et qui n'ont rien pu changer a été une erreur", a déclaré Fathi Amin. "En fait, le milieu politique libyen est fermé sur lui-même et ne voit pas plus loin que le bout de son nez."

 

Mais tous n'étaient pas opposés à cette liste gouvernementale. "C'est une formation gouvernementale qui présente plus d'aspects positifs que de points négatifs", a expliqué Essam al-Imam. "Nous leur souhaitons le succès, et nous espérons que le Congrès général national remédiera aux points négatifs lors de ses prochaines sessions."

 

Pour sa part, Mahmoud Shammam, la personne en charge du dossiers des médias de l'ancienne instance exécutive au début de la révolution, a laissé entendre que le gouvernement d'Abushagur était "contrôlé par les partis islamistes".

"Nous voulons un gouvernement de consensus national, un gouvernement de salut national composé de toutes les factions libyennes, et non d'un seul parti", a-t-il expliqué.

 

Adel al-Talhi se demande pour sa part : "Pourquoi semer le doute sur la capacité de ces ministres ? Ne sont-ils pas le produit d'un environnement libyen "?

"Coopérons avec eux, et aidons-les à surmonter les obstacles et les difficultés qui les attendent", a-t-il ajouté. "Nous devons nous appuyer sur un partenariat réel pour construire notre nation et notre gouvernement, afin que la caravane de la révolution puisse atteindre les rives de la sécurité et réaliser ses objectifs : une société dans laquelle prévaudront la justice sociale, la liberté et la dignité, une société pour tous, où chacun aura des droits et des devoirs envers la nation. magharebia

 

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Des manifestants interrompent un vote de confiance du gouvernement

 

Des manifestants ont fait irruption jeudi au Parlement libyen et ont interrompu le vote de confiance au nouveau gouvernement, pour réclamer que leur ville, Zaouia (nord-ouest), soit mieux représentée. Les manifestants ont perturbé les activités du Parlement en scandant des slogans contre le Premier ministre récemment élu, Mustafa Abou Chagour. Les députés ont alors quitté le parquet du Congrès national général en déclarant qu’ils ne voteraient pas sous la pression de manifestants, a déclaré le porte-parole Omar Humidan. Cette démonstration de force reflète les divisions qui tiraillent la Libye, où des tribus et groupes rivaux réclament une meilleure représentation institutionnelle. Mercredi, le Premier ministre Mustafa Abou Chagour présentait à la Chambre la composition de son gouvernement, majoritairement composé de technocrates venus des plus grandes villes du pays, dont une femme. mediarabe

 

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 Pétrole rouge sang

Le second épisode de « Humanitarian War   », fameuse fiction washingtonienne sur la Libye, est sorti.

Voici la bande-annonce : après avoir aidé les Libyens à se débarrasser du féroce dictateur, les gentils, conduits par l’héroïque Chris, continuent à les aider avec le même désintérêt ; mais les méchants –les terroristes encore nichés dans le pays- tuent Chris qui « risquait sa vie pour aider le peuple libyen à construire les bases d’une nouvelle et libre nation » (Hillary Clinton) et, « fait particulièrement tragique, ils le tuent à Benghazi, ville qu’il avait aidé à sauver (Barack Obama) ; le Président envoie  une « force de sécurité » en Libye, mais ce sont les habitants de Benghazi, descendus spontanément dans la rue avec des pancartes à la gloire de Chris, qui chassent les méchants de leurs tanières.

En attendant le troisième épisode, jetons un coup d’œil sur la réalité. Chris Stevens, ambassadeur en Libye depuis mai dernier, avait été représentant spécial Usa au Cnt de Benghazi pendant la guerre : c’est-à-dire le metteur en scène de l’opération secrète par laquelle avaient été recrutées, financées et armées contre le gouvernement de Tripoli même des milices islamiques désignées comme terroristes peu de temps auparavant encore.

Nouvel apprenti sorcier, Chris Stevens a été renversé par les forces qu’il avait lui-même crées quand, une fois le gouvernement de Tripoli abattu, il a dirigé en habit d’ambassadeur étasunien l’opération pour neutraliser les milices jugées par Washington non fiables, et intégrer  les fiables dans les forces gouvernementales. Opération extrêmement complexe : il y a en Libye au moins 100mille combattants armés, appartenant à toutes sortes de formations, y compris quelques unes fidèles à Kadhafi.

Tripoli ne contrôle aujourd’hui qu’une partie mineure du territoire.

Exportation du pétrole libyen avant la guerre en Libye en 2011

La désagrégation de l’état unitaire a commencé, fomentée par des intérêts partisans. La Cyrénaïque –où se trouvent les deux tiers du pétrole libyen- s’est de fait autoproclamée indépendante, et le Fezzan, où sont d’autres gros gisements, veut l’être aussi ; et ne resteraient à la Tripolitaine que ceux qui sont devant les côtes de la capitale.

La balkanisation de la Libye entre dans les plans de Washington, s’il n’arrive pas à contrôler l’état unitaire. Ce qui est urgent pour les Etats-Unis et les puissances européennes c’est de contrôler le pétrole libyen : plus de 47 milliards de barils de réserves assertées, les plus grandes d’Afrique. Il est important pour eux de disposer aussi du territoire libyen pour le déploiement avancé de forces militaires.

La force de déploiement rapide desmarines, envoyée par Obama en Libye avec l’appui des drones de Sigonella (base aéronavale étasunienne en Sicile), officiellement comme réponse à l’assassinat de l’ambassadeur, n’est ni la première ni la dernière. Le Pentagone avait déjà envoyé des forces spéciales et des contractorspour surveiller les plus grandes plates-formes pétrolières, et il se prépare maintenant à une action « antiterroriste ». Il y a longtemps qu’ont débarqué les compagnies pétrolières qui, avec des accords officiels ou en sous-main (grâce à la corruption diffuse), obtiennent des contrats beaucoup plus avantageux que les précédents.

En même temps se prépare la privatisation de l’industrie énergétique libyenne. Participe aussi à la répartition du butin le Qatar qui, après avoir contribué à la guerre de Libye avec des forces spéciales infiltrées et des fournitures militaires, pour une dépense de plus de 2 milliards de dollars, a obtenu 49% (mais de fait le contrôle) de la Banque libyenne pour le commerce et le développement.  Un bon investissement, celui de la guerre.

Edition de mardi 25 septembre de il manifesto  Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio  mondialisation

 

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À la suite de l'attaque de l'ambassade US

Le FBI enquête en Libye

 

 

Trois semaines après l'attaque contre le consulat américain à Benghazi, une équipe d'enquêteurs du FBI est à pied d'œuvre sur le site, a affirmé jeudi à Washington le procureur général Eric Holder. Pour sa part, le porte-parole du Pentagone, George Little a déclaré jeudi qu'une mission de soutien militaire américain  accompagne l'équipe du FBI qui, d’après lui,  est arrivée  mercredi soir à Benghazi. 


Il semble que les problèmes de sécurité in situ ont conduit le FBI à retarder sa visite à Benghazi. Les agents du FBI et militaires avaient  notamment exigé une protection militaire adéquate en cas de nouvelle attaque. D'après Little, les enquêteurs disposent déjà de plusieurs pistes. “Vous ne devriez pas supposer que tout ce que nous pourrions faire se trouve uniquement à Benghazi. Il existe une variété d'autres endroits dans le pays et hors du pays où des choses pertinentes pourrait être réalisées”, a déclaré le procureur général Eric Holder.

Le responsable américain  qui s'adressait à des journalistes se félicitera déjà de l'avancée de l'enquête en indiquant qu'elle constituait  une priorité pour le département américain de la Justice. Pour Kevin Perkins, directeur adjoint du FBI, interrogé lors d'une audition au Congrès “un nombre significatif d'agents du FBI, des analystes et des employés de soutien divers” étaient affectés à cette affaire. “Nous menons des entretiens et la collecte de preuves en essayant de démêler les faits, en collaboration avec nos partenaires de la communauté du renseignement, afin de déterminer avec exactitude ce qui s'est passé sur le terrain ce soir-là” a- t-il déclaré le 19 septembre au Comité sénatorial de la sécurité et des affaires gouvernementales. Il est à rappeler que l'échec des enquêteurs pour visiter le site au lendemain de l'attaque avait soulevé  aux États Unis outre la question de leur  intégrité  physique, des préoccupations concernant notamment la présence de documents sensibles laissés à l'abandon.


Un journaliste du  Washington Post qui a visité cette semaine le consulat US de Benghazi affirme avoir trouvé des documents sensibles, y compris les dossiers du personnel libyen chargé d'assurer la sécurité, les protocoles d'évacuation d'urgence et les détails des efforts américains de collecte d'armes. Un responsable du département d'État a déclaré à ce sujet à CNN qu'aucun des documents classifiés n’avait été laissé sur les lieux.  Il est à rappeler qu’au début, les officiels américains avaient imputé l’attaque contre le consulat US de Benghazi  qui a coûté la vie à l'ambassadeur en Libye Christopher J. Stevens ainsi qu”à trois autres Américains à la violence spontanée provoquée par le film “The Innocence of Islam”. Ils se raviseront quelques jours après en déclarant  que c'était “une attaque terroriste planifiée”. 


Le secrétaire à la Défense, Léon Panetta, qui lui-même détient cette affirmation estime  qu'il  “a pris un certain temps” et le recueil d'information pour tirer une telle conclusion à savoir une attaque  terroriste délibérée, organisée et perpétrée, un 11-Septembre   par des extrémistes affiliés ou sympathisants d'Al-Qaïda. À suivre !  liberte

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : l'après Kadhafi
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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 06:16
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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 04:16

Pourquoi les djihadistes s’appellent tous Ansar al-charia

 

De Sanaa à Benghazi, du Caire à Casablanca, les groupes djihadistes adoptent depuis plusieurs mois la même appellation. Coïncidence?


ansar_al_charia.jpg?36c320 Une nouvelle tendance émerge dans le monde dudjihadisme.

 

Au lieu d’adopter un nom original, les groupuscules optent de plus en plus pour «ansar», «défenseurs» en arabe.

 

Et ils se font souvent appeler «Ansar al-charia» (défenseurs de la loi islamique); cette dénomination exprime leur volonté d’établir des Etats islamiques.

 

Ces groupuscules partagent certes le même nom et la même idéologie, mais ils ne disposent pas d’une structure unifiée de commandement, et n’ont même pas de chef commun —contrairement au commandement central d’al-Qaida (ou ce qu’il en reste)— qui serait basé au Pakistan.

 

Ils se battent dans des régions différentes, et utilisent des méthodes différentes —mais pour la même cause. C’est là, une approche mieux adaptée aux incertitudes nées des soulèvements arabes.

Ansar al-charia, un nom à la mode

 

L’appellation Ansar al-charia s’est invitée dans l’actualité au lendemain de la récente attaque du consulat américain de Benghazi (Libye): l’organisation locale Katibat Ansar al-charia (bataillon des défenseurs de la charia, Ndlr) a été accusée de l’avoir fomentée (ce qu’elle nie).

 

De nombreux journalistes semblent avoir confondu l’Ansar al-Charia de Benghazi avec une autre organisation libyenne du même nom, basée à Derna.

 

En réalité, c’est au Yémen que l’appellation a gagné en popularité -—et ce depuis la fondation, en avril 2011, du groupe-écran Ansar al-charia par al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), branche locale —puissante et ambitieuse— de l’organisation terroriste.

 

Le nom est peut-être né des réflexions d’Oussama Ben Laden, qui envisageait de donner une nouvelle image à al-Qaida.

 

Dans les documents prélevés au sein de la base de l’ex-chef d’al-Qaida, Ansar Al-charia ne figure par dans la liste des exemples de noms potentiels.

 

Plus récemment, l’un des idéologues djihadistes les plus influents, Shaykh Abou al-Mundhir al-Shinqiti, a donné son aval à cette nouvelle vague de groupuscules Ansar al-charia.

Shinquiti, qui est d’origine mauritanienne, a publié un article à la mi-juin:

 

«Nous sommes Ansar al-charia.»

 

Il appelle les musulmans à établir leurs propres «dawa» (prédications, Ndlr) Ansar al-charia dans leurs pays respectifs, avant de s’unir pour former un conglomérat.

 

Précisons néanmoins que la plupart des groupes Ansar al-charia se sont formés avant cette intervention. Les plus importants d’entre eux sont basés au Yemen, en Tunisie et en Libye; de nouvelles versions, d’importance plus modeste, ont aussi vu le jour en Egypte et au Maroc.

Le djihad multipolaire

L’essor de ces organisations témoigne d’un déclin du djihad international unipolaire d’al-Qaida —qui a dominé la dernière décennie— et d’un retour à une djihadosphère multipolaire semblable à celle des années 1990.

 

A une différence près —et elle est de taille: l’idéologie qui anime les groupes djihadistes d’aujourd’hui est plus homogène.

 

Dans les années 1990, l’approche et l’action des djihadistes se cantonnaient à leur sphère locale; aujourd’hui, nombre de terroristes développent un discours international tout en agissant à l’échelle locale.

 

Par ailleurs, ces groupes plus récents sont plus disposés à fournir des services et des structures de gouvernance aux peuples musulmans.

 

Il est crucial d’établir une distinction entre ces différents groupes, afin de mieux comprendre le nouveau paysage du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord: mieux comprendre aussi la trajectoire des nouvelles organisations salafistes et djihadistes (qui n’ont pas toutes adopté les stratégies et les tactiques d’al-Qaïda).

 

Il n’existe certes aucun lien (formel ou opérationnel) connu entre ces organisations disparates, mais il est possible qu’elles tentent de se rapprocher à l’avenir (affinité idéologique, objectifs similaires).

 

Il est toutefois trop tôt pour voir en elles une entité unique. Voici un guide des organisations ayant adopté ce nom.

Ansar al-charia au Yémen

Les autres groupes Ansar Al-charia n’ont aucun lien opérationnel répertorié avec al-Qaida, mais Ansar al-Charia au Yémen (ACY) est au cœur du projet de changement d’image d’AQPA.

 

En avril 2011, Shaykh Abu Zubayr Adil ben Abdullah Al-Abab, principale figure religieuse d’AQPA, a fait état de ce changement pour la première fois, expliquant:

 

«Ansar al-charia est le nom que nous utilisons pour nous présenter dans les régions où nous désirons expliquer le sens de notre action et la nature de nos objectifs.»

 

Depuis, le groupe s’est mué en acteur local de premier plan dans le sud du Yémen, où, à la fin du printemps 2011, il a conquis des territoires dans les gouvernorats d’Abyan et de Shabwa pour y fonder un émirat islamique.

 

Il ne l’a abandonné qu’en juin 2012, à la suite d’une contre-offensive orchestrée par le gouvernement yéménite et les milices locales —soutenue par des attaques aériennes américaines.

 

ACY a alors été chassé des zones urbaines, mais il n’a pas disparu et reviendra sans doute à la charge.

 

La plus grande réussite d’ACY fut sa capacité à fournir divers services, comblant le vide créé par le gouvernement —qui ne peut (ou ne veut) remplir son rôle.

 

Dans ses bulletins d’information et sa série de vidéos intitulée Regard sur les évènements (diffusée via son service de presse, la Madad News Agency) l’ACY se vante d’avoir assuré la fourniture en électricité et en eau ainsi que la sécurité, la justice et l’éducation.

 

Le maintien de l’ordre assuré par ACY était certes fondé sur une interprétation restreinte et stricte de la charia, mais il incarnait une structure de gouvernance, et, de ce fait, était relativement populaire.

 

Le message extrémiste d’ACY ne soulève peut-être pas l’enthousiasme dans des villes comme Azzan ou Zinjibar, mais des citoyens en proie à la détresse pourraient néanmoins se réjouir du retour du groupe.

Ansar al-charia en Tunisie

En mars 2011, après la chute du president Zine El-Abdine Ben Ali, le gouvernement de transition a gracié des prisonniers politiques et des personnes accusées de terrorisme.

 

Sayf Allah ben Hussayn (mieux connu sous le nom d’Abou Iyyadh Al-Tunisi) était parmi eux; il avait co-fondé le Groupe combattant tunisien en Afghanistan, groupe qui avait facilité l’organisation de l’assassinat d’Ahmad Shah Messud, deux jours avant les attaques du 11-Septembre.

 

A sa sortie de prison, Abou Iyyadh organisa la première de ses conférences (aujourd’hui annuelles); c’est ainsi qu’Ansar al-charia en Tunisie (ACT) vit le jour.

 

En 2011, la conférence n’avait attiré que quelques centaines de participants; on en a compté plus de dix mille en 2012. On peut en conclure que sa popularité a grandi, mais qu’elle demeure néanmoins marginale.

 

Depuis sa création, ACT est animé par une idéologie schizophrénique: il appelle le peuple à suivre la «véritable» voie de l’Islam en Tunisie, tout en incitant les individus à rejoindre le djihad en terre étrangère.

 

ACT n’a pas revendiqué les attaques qui ont récemment visé l’ambassade, mais il semble qu’un grand nombre de ses membres aient —à tout le moins— participé aux manifestations.

 

L’ACT a trempé dans plusieurs actions salafistes plus agressives, qui affectent la Tunisie depuis un an et demi —on peut notamment citer le «jour de colère» qui a suivi la diffusion du film Persepolis par une chaîne locale.

 

Plusieurs membres de l’ACT ont participé aux attaques contre l’ambassade américaine de Tunis et l’école américaine voisine. Comme ACY, ACT  a offert divers services dans un grand nombre de villes tunisiennes: eau, vêtements, cadeaux du ramadan…

Ansar al-charia en Libye

En Libye, plusieurs groupes utilisent une variante de l’appellation Ansar al-Charia. Parmi les groupes les plus influents, on peut notamment citer Katibat Ansar al-Charia à Benghazi (ACB), considéré comme le principal suspect des attaques du consulat, et Ansar al-charia à Derna (ACD), plus secrète, dirigée par Abou Sufyan ben Qumu (ancien détenu de Guantánamo).

 

Les deux organisations ont vu le jour après la mort de l’ex-dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, mais elles ne sont pas liées.

 

ACB a annoncé sa création en février 2012 , et il est dirigé par Muhammad Al-Zahawi, ancien détenu d’Abou Salim, l’infâme prison de Kadhafi.

 

ACB a organisé une conférence en juin, et espère en faire un rendez-vous annuel; l’évènement a attiré un millier de participants, parmi lesquels les membres de milices plus modestes, qui appellent toutes à la mise en œuvre de la charia par le gouvernement libyen.

 

A l’image de l’ansar al-charia tunisien, ACB rend des services à la population locale. Les membres d’ACB ont dégagé et réparé des routes, ont aidé le peuple pendant le ramadan, et assuraient il y a peu la sécurité dans un hôpital de Benghazi.

 

Le groupe admet avoir détruit des sanctuaires et des tombes soufies à Benghazi, mais il tente de s’attirer le soutien d’une catégorie bien spécifique de la population en défendant une interprétation des plus strictes de l’Islam, tout en aidant la communauté à faire face aux besoins les plus pressants.

 

Les déclarations du groupe ont évolué: elles sous-entendaient d’abord que certains de ses membres avaient participé à l’attaque à titre individuel, puis ont nié en bloc toute implication.

 

ACB semble donc comprendre qu’elle a dépassé les bornes, et tente visiblement de sauver sa réputation.

Ansar al-charia en Egypte et au Maroc

Contrairement aux organisations du Yémen, de Tunisie et de Libye, Ansar al-Charia en Egypte (ACE) n’a pas annoncé sa création en tant que groupe organisé sur le terrain —et la création du groupe marocain n’a été annoncée que récemment.

 

Pour l’heure, ACE n’a utilisé l’appellation Ansar al-charia qu’en ligne, dans les documents relayés par la Al-Bayyan Media Foundation, liée à l’idéologue djihadiste Shaykh Ahmad Ashush.

 

Ce dernier a récemment diffusé une fatwa appelant à l’assassinat des créateurs du film L’innocence des musulmans.

 

Voilà bien longtemps qu’Ashush est impliqué dans le mouvement djihadiste: il a participé au djihad antisoviétique dans les années 1980, et a appartenu au Djihad islamique égyptien (JIE).

 

Il a été arrêté au début des années 1990 lors d’un coup de filet antiterroriste visant cent-cinquante membres du JIE, et ne fut libéré qu’après la chute du régime d’Hosni Moubarak.

 

Si l’on en croit les éléments qui sont en notre possession, il est trop tôt pour qualifier ACE de groupe à part entière.

 

Ansar al-Charia au Maghreb (ACM) est une organisation naissante, uniquement intéressée par la prédication (dawa). Dans sa première —et unique— déclaration, ACM affirme ne pas être affilié aux groupes du Yémen, de Tunisie, de Libye et d’Egypte.

 

La raison d’être d’ACM est de prêcher la parole et la loi de Dieu, de fournir une aide économique et sociale aux démunis, de dénoncer la décadence de l’Occident – et d’arracher la société aux griffes de ce dernier.

 

Et tout comme l’ensemble des groupes radicaux utilisant l’appellation Ansar Al-Charia, il serait sage de la surveiller avec la plus grande vigilance.

 AARON Y. ZELIN  (Traduit par Jean-Clément Nau)  Foreign Policy   / slateafrique.com/06/10/2012 maliweb

 

 

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Aux origines de la secte Boko Haram

Groupe religieux marginal dopé par la misère, Boko Haram sème le chaos au Nigeria.

Souvent qualifié de « democrazy » (démocratie folle) en raison de l’agitation sociale et culturelle qui le caractérise (1), le Nigeria s’est fabriqué un monstre : Boko Haram. A ses débuts, il y a douze ans, celui-ci n’était encore qu’un mouvement religieux contestataire qui tentait de combler le vide créé par l’incurie des partis progressistes. Mais les docteurs Frankenstein du gouvernement ont fini par transformer cette secte en un enjeu géopolitique, principe actif d’un cycle attaques-représailles aussi spectaculaire que meurtrier.

En effet, les appareils politiques — du Parti démocratique du peuple (People’s Democratic Party, PDP), au pouvoir, à l’opposition nordiste, le Parti de tous les peuples du Nigeria (All Nigeria People’s Party, ANPP) — et les milieux militaro-sécuritaires qui conseillent le président Goodluck Jonathan ont contribué à radicaliser la secte née dans le nord-est du pays au début des années 2000. Férocement réprimée, la Jama’atu Ahlul Sunna Lidda’awati Wal Jihad (communauté des disciples pour la propagation de la guerre sainte et de l’islam) est dorénavant connue par deux initiales : BH pour Boko Haram — « book » en pidgin English, et « interdit » en arabe, l’expression signifiant le rejet d’un enseignement perverti par l’occidentalisation. Entre juillet 2009 et début février 2011, elle a revendiqué cent soixante-quatre attaques, attentats-suicides, exécutions et braquages perpétrés jusqu’au cœur de la capitale fédérale, Abuja ; neuf cent trente-cinq personnes ont été tuées, dont une très large majorité de Nigérians de confession musulmane.

La notoriété de Boko Haram n’échappe ni aux membres d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ni aux shebab (combattants islamistes) de Somalie. Prise de court, la presse internationale se demande, au prix parfois de raccourcis (2), si le géant nigérian aux cent soixante millions d’habitants ne se dirige pas vers une partition entre le Nord musulman et le Sud chrétien.

C’est oublier que la vraie fracture, dans ce pays où plus de 60 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, découle de l’extrême pauvreté. Les douze Etats composant la ceinture nord de la fédération — aux frontières du Niger, du Tchad et du Cameroun — restent les moins développés du pays. Les inégalités se sont même creusées avec le Sud depuis le retour d’un civil, l’ancien général Olusegun Obasanjo, à la présidence en 1999, après les cinq années de dictature du général Sani Abacha.

Dans l’Etat de Borno, où les yusufiyas de Boko Haram — du nom de son défunt chef spirituel, Ustaz Muhammad Yusuf — ont entamé leur dérive sanglante, les trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Un record dans le pays. Seuls 2 % des enfants de moins de 15 mois y sont vaccinés. L’accès à l’éducation se révèle également très limité : 83 % des jeunes sont illettrés ; 48,5 % des enfants en âge d’être scolarisés ne le sont pas. Et 34,8 % des musulmans de 4 à 16 ans n’ont jamais fréquenté une école — pas même une école coranique : « Autant de facteurs qui rendent la population particulièrement vulnérable aux influences négatives, dont la violence (3). »

Yusuf commence à se faire connaître au début des années 2000. Il a alors 30 ans et prêche au village, dans son Etat natal de Yobe, voisin de celui de Borno. Il se démarque des dizaines de milliers de prédicateurs itinérants, gardiens d’une tradition « quiétiste » prônant une attitude de réserve, qui haranguent les foules sur les marchés des grandes villes. Il s’oppose aux fidèles d’un autre musulman nigérian, Abubakar Gumi, idéologue du mouvement néo-hanbalite Yan Izala (ou Izala), décédé en 1992 (4). Lequel s’était nettement assagi après l’instauration de la charia à partir de l’an 2000 dans les Etats du Nord : c’était l’une de ses principales revendications. Il avait même accepté de rejoindre les commissions officielles chargées de la mise en œuvre de la loi islamique dans ces régions. Mais l’instauration de la charia va se révéler moins religieuse que politique, suscitant les railleries ou la réprobation des populations. En effet, les cercles politico-militaires du Nord en font surtout un instrument de pression dans leur bras de fer avec le pouvoir central. La zakkat (5) — l’un des cinq piliers de l’islam — n’est même pas appliquée.

Exactions policières

Yusuf, qui a étudié la théologie à l’université de Médine, en Arabie saoudite, s’inspire des prêches intolérants de l’Egyptien Shukri Mustafa, fondés sur l’excommunication et l’exil, et profère de violentes critiques à l’endroit des autorités d’Abuja. Pour lui, l’application stricte de la loi islamique exprime un idéal de justice conforme aux préceptes du Prophète. Il refuse la participation aux élections, ainsi que les marques-phares de l’industrie agroalimentaire nigériane — du cube Maggi aux berlingots de lait Dairy Milk. Ce rejet de la « modernité » n’empêchera pas certains tueurs de Boko Haram d’utiliser des motos pour aller exécuter plusieurs adeptes d’Izala, connu pour ses sympathies salafistes, ainsi que certaines figures des confréries soufies Tidjaniyya et Qadiriya.

Le nord du Nigeria avait déjà connu d’autres flambées de violence liées à l’affrontement de sectes musulmanes « antioccidentales » au début des années 1980. Le mouvement Maitatsine, qui interdisait jusqu’au port de montres, avait ainsi envahi les rues de Maiduguri et de Kaduna. La féroce répression militaire de ses fidèles retranchés près du marché de Kano — la grande mégalopole du Nord — avait fait plus de trois mille morts en avril 1984.

A l’automne 2003, la « cité céleste » de Yusuf, implantée à Kannamma, dans le Yobe profond, est attaquée par la police de l’Etat. Plusieurs fidèles sont tués. Le 22 décembre 2003, Boko Haram lance ses premières offensives contre les forces de sécurité, puis se replie sur Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, où elle avait milité discrètement pour l’élection, en avril 2003, du nouveau gouverneur, M. Ali Moddu Sheriff. Ce dernier avait en effet promis une application plus stricte de la charia. Sitôt élu, M. Sheriff nomme un membre historique de Boko Haram à la tête du tout nouveau ministère des affaires religieuses : M. Buju Foi. La secte installe à Maiduguri une mosquée et une école. Ces établissements attirent rapidement les jeunes désœuvrés des quartiers pauvres, mais également les étudiants déclassés des campus ainsi que des fonctionnaires paupérisés. Derrière la religion, un même profond ressentiment anime ces populations qui s’estiment abandonnées par les élites, le pouvoir central et les policiers fédéraux, corrompus et brutaux.

En octobre 2004, des membres de Boko Haram attaquent un convoi de soixante policiers près de Kala Balge, à la frontière du Tchad. Pris en otage, douze agents y perdent la vie. A Abuja, le service de renseignement du Nigeria (State Security Service, SSS) commence à s’inquiéter. Mais le président Obasanjo a d’autres priorités : l’insurrection dans le delta du Niger, où des bandes de jeunes s’en prennent aux puits de pétrole (6). Arrêté par le SSS, Yusuf est finalement remis en liberté...

En avril 2007, le musulman Umaru Yar’Adua succède à M. Obasanjo. A Maiduguri, Boko Haram roule désormais pour le candidat de la majorité, M. Kashim Ibrahim Imam. Mais, à l’issue d’une campagne marquée par plusieurs assassinats politiques, M. Sheriff est réélu. Quatre ans après avoir utilisé la secte pour s’emparer du pouvoir, il lui déclare la guerre. En juin 2009, quinze fidèles sont assassinés par la police de l’Etat qui leur reprochait de ne pas porter de casque sur leurs motos. Les victimes suivaient l’enterrement d’un proche, abattu par ces mêmes forces de l’ordre. Sur Internet, Yusuf annonce qu’il se vengera. Le 26 juillet, Boko Haram lance une vaste offensive dans quatre Etats du Nord, s’en prenant aux banques et aux commissariats. La police et l’armée fédérales répliquent : plus de huit cents morts, sans doute des centaines d’exécutions extrajudiciaires, dont celle de Yusuf lui-même. Les images de son élimination font le tour de la Toile et radicalisent la secte. A ce jour, aucune commission d’enquête gouvernementale n’a été nommée pour faire la lumière sur les sanglants événements de juillet 2009.

Complicités au sein du pouvoir ?

Un an plus tard, à Bauchi, Boko Haram s’attaque à une prison, libérant plus de sept cents hommes, dont une centaine de ses fidèles. La secte rayonne désormais jusqu’aux braises couvant à Jos, au centre du pays : depuis le début de l’an 2000, la ville constitue l’épicentre de violents affrontements confessionnels sur fond de batailles politiques destinées à s’emparer des commandes de l’Etat du Plateau (7).

Boko Haram n’a plus de commandement central, mais une shura (un conseil), comptant sans doute une dizaine d’hommes. Celle-ci repose sur deux principales cellules. Dirigé par l’adjoint de Yusuf, M. Abubakar Shekau, le « canal historique » concentre ses opérations sur des policiers, des dirigeants politiques et des imams qui « mentent et se cachent derrière le manteau de la religion (8) » ; il se finance en attaquant des banques qui pratiquent l’usure, et vraisemblablement en monnayant des trêves.

Quant à la cellule internationaliste, qui regroupe des cadres réfugiés à l’étranger après la répression de juillet 2009, elle serait dirigée par M. Mamman Nur, lié au djihadisme mondial. On lui doit le changement des modes opératoires et des cibles de la secte : l’attentat-suicide contre un bâtiment des Nations unies, le 23 août 2011 à Abuja, était une première dans l’histoire du Nigeria. Les hommes de M. Nur seraient également à l’origine des attentats visant des lieux de culte chrétiens, dont celui du 25 décembre 2011 à Madalla, une banlieue d’Abuja. Le 20 janvier 2012, Boko Haram attaque Kano, capitale de l’Etat du même nom, dans le nord du pays. Huit assauts sont lancés contre des postes de police et des bureaux du SSS. Voitures piégées et tueurs déguisés en policiers font plus de cent quatre-vingts morts.

Mais pourquoi frapper au cœur des régions musulmanes, au risque de s’aliéner leurs populations ? A Kano, le représentant de la secte, M. Shekau, jouissait en effet d’une réelle sympathie dans les quartiers populaires. Il pouvait aussi compter sur le gouverneur sortant, M. Ibrahim Shekarau, membre de l’ANPP, battu aux élections générales de 2011. A moins que cette stratégie de la tension — qui retient dorénavant l’attention du département d’Etat américain — ne bénéficie à d’autres acteurs.

« La plus grande source d’inquiétude, souligne ainsi le chercheur Morten Bøås, ce sont les rumeurs de collusion entre Boko Haram et des dirigeants de la politique et de l’appareil d’Etat. Il n’y a aucune preuve à ce jour, mais il faut voir cela comme un signe des moyens que certains sont prêts à utiliser pour obtenir pouvoir et richesse (9). »  Alain Vicky  monde-diplomatique.


(1) Lire Jean-Christophe Servant, «  Au Nigeria, la charia à l’épreuve des faits  », Le Monde diplomatique, juin 2003.

(2Cf. Joe Brock, «  Special report : Boko Haram — between rebellion and jihad  », Reuters, 31 janvier 2012.

(3Cf. Muhammad Nur Alkali, Abubakar Kawu Monguno et Ballama Shettima Mustafa, «  Overview of islamic actors in Northeastern Nigeria  » (PDF), Nigeria Research Network, University of Oxford, janvier 2012.

(4) Le hanbalisme est le rite le plus rigoriste des quatre madhhab (écoles de pensée religieuse formant le droit musulman) de l’islam sunnite.

(5) Selon la zakkat, le musulman est tenu de calculer, chaque année lunaire, le montant de l’aumône à donner aux plus pauvres.

(6) Lire Jean-Christophe Servant, «  Au Nigeria, le pétrole de la colère  », Le Monde diplomatique, avril 2006.

(7) Le 11 septembre 2001, alors que le monde a les yeux tournés vers New York, des combats entre chrétiens et musulmans y font plus de mille morts.

(8) Abubakar Shekau, «  Message to President Jonathan 1  », YouTube, 11 janvier 2012.

(9) Morten Bøås, «  Violent islamist uprising in Northern Nigeria : From the “taleban” to Boko Haram 11  », Norwegian Peacebuilding Resource Centre, 27 janvier 2012.

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 03:41
 
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 22:18

Ennahdha organise une marche de soutien au gouverneur de Sidi Bouzid


 

Quelque 300 personnes appartenant au mouvement Ennahdha sont sorties, samedi 6 octobre au matin, dans une marche de soutien au gouverneur de la région de Sidi Bouzid, ont constaté sur place des sources de TunisieNumerique.

 

Organisée à l’appel du bureau régional d’Ennhadha à Sidi Bouzid, cette marche a parcouru certaines artères de la ville qui a retrouvée son calme au lendemain d’une journée agitée ponctuée d’affrontements entre manifestants hostiles au gouverneur qu’ils ont contraint de quitter son bureau et les forces de l’ordre qui ont tiré des coups de sommation et fait usage de grenades lacrymogène.

 

Les protestataires scandaient des slogans hostiles à Béji Caïd Essebsi et dénonçaient sa compromission avec les RCDistes, ont précisé ces mêmes sources. tunisienumerique

 

 

_____________________________________________________________Une autre version !

 

Une manifestation du « comité de protection de la révolution » réunit une centaine de personnes

 

Une centaine de personnes se réclamant du « comité de protection de la révolution » (proches des islamistes) ont manifesté, ce samedi 6 octobre 2012, sur la place centrale de Sidi Bou Saïd, à côté de la mosquée.

Grâce à une installation sonore efficace, les slogans étaient audibles à plusieurs centaines de mètres. Les dizaines de manifestants scandaient des slogans appelant à l’exclusion des RCD, spécifiquement Béji Caïd Essabsi et son parti, Nidaa Tounes, dont plusieurs responsables ont été nommés. Des slogans étaient également dirigés contre d’autres personnalités politiques, dont Chokri Belaïd, entrecoupés de « takbir » ou de chants populaires. 
 
Au cœur de ce village touristique connu pour sa quiétude, plusieurs témoins oculaires ont été surpris de voir ces manifestants appeler à la violence en toute impunité.

On notera que l'un des meneurs, derrière le mégaphone, serait connu avant la révolution pour sa forte proximité avec les Trabelsi. Et malgré la présence de la police, il n'a pas hésité à dénigrer les forces de l'ordre et certains hauts gradés. businessnews

_________________________________________________________

2'10'' : des citoyens de Sidi Bouzid revendiquent des Gouverneurs élus !

 

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Un élu de la Constituante (région Sidi Bouzid) en grève de la faim raconte ...

 
 
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 19:02

Dialogue national du 16 octobre

 

Les tractations de la dernière chance ?

 

 

Au fur et à mesure que la date du 23 octobre approche, les événements s’accélèrent. Pour la première fois, depuis les élections d’octobre 2011, tous les partis qui  comptent devraient se retrouver autour de la même table, le 16 octobre, dans le cadre d’une conférence de dialogue national. 

 

Cette conférence est issue de l’initiative de l’Ugtt qui remonte à juin dernier. Ennahdha, le Cpr, Ettakatol, Masser, Al Joumhouri ont confirmé , sous conditions pour certains leur participation, et selon nos recoupements Nida Tounes devrait également être présent.

 

Tous les partis qui prendront part à ce dialogue, auront au préalable adhéré à la plateforme proposée par l’Ugtt et qui compte différents points, comme instaurer un Etat civil, assurer la neutralité de l’administration et des mosquées, garantir l’égalité homme-femme, et le respect des droits de l’Homme et des valeurs universelles, renoncer à la violence sous toutes ses formes, réduire les disparités sociales et régionales par l’instauration d’un nouveau modèle de développement....

 

Tout indique que les partis de la Troïka espèrent sortir de ce dialogue avec une légitimité renouvelée, basée sur une feuille de route, un consensus sur l’ensemble des points d’achoppement, et éventuellement un gouvernement élargi. D’ailleurs, Rached  Ghannouchi, président du parti islamiste, annonce dans son interview à Shems fm jeudi, qu’une déclaration commune et solennelle sera faite deux jours après la tenue de ce dialogue. En référence à la date symbolique du 18 octobre 2005.

 

Pour rappel, à l’occasion du sommet mondial de l’information tenu à Tunis, une grève de la faim a été entamée par un groupe d’opposants regroupant toutes les tendances politiques, à l’instar d’Ahmed Néjib Chebbi, Samir Dilou, Hamma Hammami. Grève qui a soulevé un tollé.  A la suite, il y a eu dans la foulée, la création d’un collectif réunissant plusieurs partis de l’opposition démocratique ainsi que les islamistes d’Ennahdha. Ce collectif a travaillé sur une plateforme consensuelle minimale, en imaginant ce que pourrait être une démocratie tunisienne. Il avait publié une déclaration collective du 18 octobre qui reconnaît, entre autres, le Code du statut personnel, l’égalité homme-femme, les efforts d’interprétation  de la religion, et qui reconnaît également la liberté  de conscience. C’est à cet esprit consensuel que Rached Ghanouchi vient faire référence en essayant d’attirer dans son giron les alliés du passé. Depuis l’eau a coulé sous les ponts.

 

L’initiative de l’Ugtt, elle, semble revenir sur le devant de la scène avec les honneurs, après l’accueil poli qui lui a été réservé lors de son lancement. L’échec constaté de fait de l’ensemble des négociations et autres tractations annoncées ou cachées entre les partis politiques au pouvoir et d’opposition semble acculer ce beau monde à se réunir autour de l’Ugtt. La centrale syndicale, qui s’est toujours présentée comme républicaine, neutre et fédératrice est dans son rôle et bien plus. Cette initiative serait-elle celle de la dernière chance, avant une implosion crainte et annoncée par plusieurs observateurs et acteurs de la vie politique tunisienne ? Nous en avons interrogé quelques-uns, voici ce qu’ils en pensent.

 

Ahmed Brahim : « Il n’y a pas de légitimité électorale sans une légitimité consensuelle »

 

Dès que cette initiative avait été annoncée en son temps, nous avions été parmi les premiers à réagir positivement. Le pays a en effet besoin de construire un consensus solide. Il faut donc parvenir avant le délai du 23 octobre à désamorcer les divergences  autour de la Constitution, la composition de la haute  instance des élections et la feuille de route. Je tiens à dire que tout ce qui a été fait jusqu’ici au nom de la légitimité électorale a été néfaste. Il n’y a pas de légitimité électorale  sans une légitimité consensuelle. Or, cette étape de transition nécessite un consensus pour que les élections se déroulent dans la confiance. Il faut que le pays ait une perspective claire.

 

Quant à la réactivation de l’esprit du 18 octobre, nous sommes dans ce jeu du double discours, et rien ne correspond à une volonté politique sérieuse. Tous les indices montrent qu’il y a des discours sur le consensus et une pratique qui dit le contraire. Nous restons positifs malgré tout et espérons que toutes les parties s’assoient autour d’une table et que les questions sérieuses soient posées pour sauver le pays. Par ailleurs, qui dit recherche d’un consensus national, dit rejet de tout exclusive à l’égard de quiconque, naturellement. Tous les partis politiques représentés sous une forme ou sous une autre à la Constituante, devraient être associés. Toutes les forces politiques et sociales, toutes les tendances ont droit d’y participer. Il faut savoir que les éléments constitutifs d’une crise sont déjà présents, ces éléments précurseurs s’aggravent de jour en jour. Les choses ne peuvent pas continuer ainsi. Ou on veut sauver le pays ou on ne veut pas, il faut choisir.  

 

Maya Jeribi : « Ou on est démocrate, ou on ne l’est pas. La démocratie s’oppose à l’exclusion»

 

Je voudrais dire que la nécessité d’un débat national sur la question du 23 octobre est impérative pour l’intérêt du pays. Al joumhouri et Massar ont annoncé une initiative autour de cette question, ils ont été soutenu par Nida Tounès et l’UTT. Le président de la République a annoncé sa prédisposition à accueillir un débat de ce type. Par conséquent, il y a une dynamique autour de cette question et nous nous en félicitons.

 

Maintenant, le temps presse, il faut aller vers l’apaisement pour rassurer les Tunisiens et pour ouvrir des perspectives réelles pour le pays. Nous nous devons de résoudre cette question avant le 23 octobre. L’initiative de l’Ugtt est globale et multidimensionnelle, et ne peut résoudre toutes ces questions avant cette date. Donc un débat national autour d’un point essentiel, la date du 23 octobre est vivement recommandé pour pouvoir traiter par la suite les autre dossiers. Deuxième remarque, la Troïka se doit de convenir d’une feuille de route avec tous les partis représentés à l’ANC. J’en appelle au sens national de tous les partis politiques et les acteurs de la vie pour saisir la gravité de la situation sociéconomique du pays. Hier j’étais à Sidi Bouzid et à Menzel Bouzaiène, et j’ai vu à quel point la tension monte. Il y va de l’intérêt national de reconnaître le droit des Tunisiens à une feuille de route claire et à une date arrêtée des élections. Par ailleurs, je tiens à dire qu’il y a le 18 octobre, et il y a le consensus.

 

Le 18 octobre avait répondu à une exigence du moment pour réunir les forces contre la dictature, et il a porté ses fruits. Il appartient à une époque  de l’histoire. Maintenant prôner un consensus national pour la question du 23 octobre et pour les étapes suivantes et élaborer la constitution, sont les exigences de l’heure. Ce à quoi appelle Al Joumhouri. Quant à la participation de Nida Tounès, ou on est démocrate ou on ne l’est pas. La démocratie s’oppose à l’exclusion. Nous sommes contre les punitions collectives, que justice soit faite dans la clarté totale.

 

J’étais étonnée d’entendre M.Ghannouchi dire que Nida Tounès est plus dangereux que les salafistes, parce qu’il compte des Rcdistes qui menacent la révolution. Je suis en droit de demander et les Rcdistes qui sont au gouvernement? Et ceux qui sont à Ennahdha et le Mounached à la tête de la Banque centrale ? Est-ce qu’ils ne menacent pas, eux, la révolution ? Les deux poids et deux mesures à des fins politiques ne sont pas faits pour faciliter les choses. Il faut décompresser cette situation de haute tension qui menace le pays. Restons positifs pour que le débat national n’échoue pas et que la Troïka reconnaisse le caractère urgentissime de ce dialogue. 

 

Boujemâa Remili : « Avec la caution morale de l’Ugtt, il faudra s’entendre sur les échéances importantes mais également sur les instances »

 

Nous avons considéré cette initiative très positive depuis son lancement, surtout venant de la part de l’Ugtt, et lui avons accordé l’attention qu’il faut. Etant entendu par ailleurs que l’ensemble des acteurs n’ont pas mis le même entrain. Maintenant cette initiative semble se concrétiser davantage autour de la date du 16 octobre, et l’Ugtt compte bien nous inviter, nous irons avec nos propositions. Ne perdez pas de vue, lorsque l’Ugtt lance un mot d’ordre selon lequel, elle n’exclut aucun parti, Ennahdha annonce son refus de prendre part à un dialogue à côté de Nida Tounès.

 

Donc Ennahdha pose les obstacles avant même le démarrage du dialogue. Peut-on parler d’un esprit constructif dans ce cas? Et pourquoi parler de nos tares, je lui retourne la question et les problèmes dont elle est directement responsable dans la gestion du pays ? Il faut peut être balayer devant sa porte avant de donner des leçons d’honorabilité. Maintenant, si jamais cette journée parvient à se tenir avec la présence de tous les acteurs, il faudra qu’il y ait un engagement solennel avec la caution morale de l’Ugtt sur un planning précis, sur les échéances importantes mais également sur les instances. Nous voulons que ces accords se transforment en lois pour engager tout le monde, pour que les Tunisiens soient rassurés ainsi que les acteurs économiques et pour que le pays y voie clair. Par ailleurs, qui va croire M.Ghannouchi quand il compare Nida Tounès aux salafistes.

 

Le ministre de l’Intérieur lui-même considère que les salafistes constituent un danger réel et que l’affrontement est inévitable. C’est donc une déclaration de trop et un excès qui jette le doute sur son sérieux. Quant à la réactivation de l’esprit du 18 octobre, c’est ce qu’on appelle ranimer les cadavres, il est mort de sa belle mort.

 

A l’époque, Ettajdid et moi-même n’étions pas d’accord pour nous lier avec Ennahdha sur quoi que ce soit à l’exception de lutter contre la répression de l’ancien régime. Maintenant toutes les conditions ont changé et M.Ghannouchi court derrière des chimères. Ce que je peux dire en revanche, nous restons dans Nida Tounès, très positifs et adhérons totalement à l’initiative de l’Ugtt, basée sur des décisions concrètes. Si les acteurs nationaux se retrouvent autour de ces principes pour les concrétiser de manière consensuelle en actes et dans le cadre d’un agenda politique, ce serait un succès. Mais si ce dialogue échoue, ce sera une difficulté supplémentaire dont on n’aurait pas besoin. Mais il faut tout de suite délimiter les responsabilités des uns et des autres dans le succès ou l’échec pour mettre chacun face à ses responsabilités devant la nation.

 

A tout prendre, tout le monde espère trouver un consensus dans cette période de haute tension et éviter au pays le pire. Tout le monde aussi espère en tirer le maximum. Toujours est-il, les grandes lignes du consensus s’annoncent les suivantes : finaliser la mouture de la Constitution d’ici la fin du mois, en incluant explicitement l’égalité homme/femme, la liberté de conscience, un régime politique qui sera probablement semi-parlementaire, la composition et les prérogatives des trois instances des médias, des élections et de la magistrature seraient également tranchées, trancher la question du code électoral et la date des élections qui auraient lieu probablement fin juin, début juillet 2013. Bonne chance à tous, et surtout à la Tunisie.  

 



Ameur Laârayedh : «Oui à des propositions à caractère consensuel»

 

La réussite du dialogue national est tributaire de l’instauration du consensus, au service de l’intérêt supérieur de la Tunisie.

 

Le dialogue national ne doit pas constituer une opportunité pour que tel ou tel parti marque des points aux dépens de l’intérêt national.

 

Au cas où le dialogue national parviendrait à des solutions consensuelles et qui seraient soumises  à l’Assemblée nationale constituante, je pense que cette dernière interagira positivement avec ces propositions.

 

Quant aux partenaires dans ce dialogue, ce sont ceux qui se sont soulevés contre la dictature et la répression. Ceux qui se sont compromis dans la torture, la corruption et la falsification des élections, plusieurs années durant, je ne crois pas qu’ils puissent être des partenaires dans l’édification de la démocratie et l’organisation d’élections libres et démocratiques.



Sami Tahri : «L’Ugtt invitera tout le monde» 

 

A l’Ugtt, nous pensons que les conditions de la réussite de notre initiative consistent, d’abord, en la conscience des participants au dialogue, en l’importance du consensus en tant que seule voie pour sortir notre pays de la crise dans laquelle il se débat actuellement. 

 

Ensuite, ils doivent réaliser qu’il y a réellement crise et que l’initiative de l’Ugtt ne cherche pas à gagner du temps ou à réaliser des objectifs à caractère politique. 

 

Notre initiative est bien celle de la dernière minute et non pas celle qui intervient dans le temps perdu comme certaines parties n’ont pas hésité à le souligner.

 

Nous sommes convaincus qu’il n’y a plus d’issue pour la Tunisie au cas où notre initiative échouerait.

 

Si par hasard, cette éventualité se produisait, nous considérerions que plus personne ne croira à d’autres initiatives et l’avenir du pays sera menacé par toutes les dérives possibles.

 

Pour ce qui est de la participation de Nida Tounès, Ennahdha n’a pas exprimé son opposition, à ma connaissance.

 

Lors de la dernière rencontre du secrétaire général de l’Ugtt avec Rached Ghannouchi, ce dernier a précisé texto : «La question peut être discutée». Hamadi Jebali a également souligné à l’adresse de Hassine Abbassi : «Nous n’avons aucune réserve sur les participants au dialogue que l’Ugtt invitera».

 

Nous craignons fort que le mouvement Ennahdha subisse actuellement les pressions de certains membres du CPR qui sont contre la participation de Nida Tounès.

 

Il demeure, toutefois, que nous sommes déterminés, à l’Ugtt, à inviter tout le monde et à n’exclure personne.

 

Pour nous, l’essentiel est que le dialogue parvienne à faire sortir la Tunisie de l’impasse et que les participants trouvent un terrain d’entente.



Slaheddine Jourchi : «Un non catégorique à l’exclusion» 

 

Pour moi, l’initiative appelant au dialogue national se distingue par trois spécificités.

 

D’abord, elle émane de l’Ugtt, organisation indépendante jouant un rôle de premier ordre dans la vie politique nationale.

 

Ensuite, elle intervient à un moment où le paysage politique national vit une polarisation à plusieurs composantes, laquelle polarisation risque de se transformer en une bipolarisation que beaucoup semblent ne pas désirer. 

 

L’état de tension que connaît notre pays a besoin, à mon sens, d’une pareille initiative, surtout qu’elle est l’œuvre d’une organisation aussi prestigieuse et crédible que l’Ugtt.

 

Enfin, cette initiative n’est pas un simple appel à caractère moral. Elle a, plutôt, proposé une formule pratique pour la gestion du dialogue attendu, ce qui a fait que toutes les parties ont accepté cette initiative et ont réagi positivement à son contenu. 

 

Maintenant, il faut savoir comment activer cette initiative et lui réunir les conditions de réussite. 

 

Pour moi, il faut que les participants au dialogue y prennent part avec l’idée de faire triompher le consensus et non  celle de marquer des points aux dépens de leurs adversaires que je qualifie de partenaires. 

 

Le dialogue attendu ne doit pas se résumer en une série de discours ou d’interventions politiciennes. Il doit être consacré à des questions vitales et fondamentales permettant de sauver le processus de transition démocratique de l’impasse. 

 

Parmi les problématiques à discuter, je citerai la nécessité de mettre en place un agenda clair et consensuel sur la date définitive des prochaines élections et sur la création des instances qui constitueront les mécanismes fondamentaux ayant la charge de gérer la prochaine étape, à savoir les instances des élections, des médias et de la magistrature. 

 

Et afin que le dialogue national soit constructif et réponde à nos attentes, il faut éviter l’exclusion d’une quelconque partie, car cette attitude ne fera qu’aggraver davantage les divisions. D’autant plus que plusieurs partis politiques n’accepteront pas la mise à l’écart de Nida Tounès. Je pense que la direction de l’Ugtt doit œuvrer à rapprocher les points de vue et à éviter de tomber dans le piège de l’exclusion.  

A. Dermech lapresse

 

 

 

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Belgacem Ayari (UGTT) : "Nidaa Tounès ne sera pas écarté de l'initiative de l'UGTT

 

Belgacem Ayari: "Nidaa Tounès ne sera pas écarté de l'initiative de l'UGTT

L’UGTT  n’écartera pas Nidaaa Tounès de son Initiative de dialogue national, a assuré le Secrétaire général adjoint de la centrale syndicale Belgacem Ayari, précisant que l’Union avait invité toutes les parties prenantes politiques « sans exception, dans l’intérêt de la Tunisie »
« Tous ceux qui partagent les principes de cette initiative seront les bienvenus», a-t-il ajouté dans une déclaration au journal en ligne  « Al-Jarida »


Réagissant aux déclarations du président d’Ennahdha Rached Ghannouchi au sujet de la participation de Nidaa Tounès à la conférence nationale projetée, M. Ayari a indiqué que « l’initiative de l’UGTT n’exclut personne, son ambition étant de rassembler les forces politiques pour faire réussir le processus de transition», se disant « opposé à l’exclusion de quelque partie politique que ce soit ».

 

Les dirigeants nahdhaouis n'ont pas été tendres ces derniers temps avec Nida Tounès ( M. Ghannouchi est allé jusqu' à le considérer comme «plus dangereux que les salafistes» dans une interview à Shemsfmécartant tout dialogue ce mouvement, notamment dans le cadre de l'initiative de l'UGTT.


Pourtant, dans une interview ce vendredi à Expressfm, le chef du gouvernement donne un autre son de cloche : « je reconnais Nida Tounès et suis prêt à dialoguer avec lui» Qui croire. Si l'on y ajoute les déclarations contradictoires sur la date des élections, on n'est plus dans le double langage, mais carrément dans la cacophonie. leaders

 

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Entrevue : Belgacem AYari (UGTT)

 

 

 

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Entrevue : Ameur Laarayadh (Ennahdha) 

 

 
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 18:20

Un ministre visite les grévistes de la faim ... Les journalistes refusent de mettre fin à leur grève de la faim tant et aussi longtemps que Lotfi Touati, le flic Directeur, ne soit pas démis des ses fonctions… Des négociations auront lieu mardi 9 octobre… Bon courage ! 

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Dar Assabah : Lotfi Zitoun lâche Lotfi Touati  

 

Le journal Essour affirme  que la révocation de Lotfi Touati , directeur général de Dar Assabah, est imminente et serait annoncée ce week-end, après avoir été lâché par Lotfi Zitoun , conseiller politique du chef du gouvernement.


Cependant, dans un entretien diffusé, samedi, sur Express fm, Lotfi Touati a affirmé  qu’il “ne cédera pas sa place et qu’il est prêt à accomplir son devoir en tant que directeur général de la société, en mettant de côté ses appartenances politiques et ses convictions personnelles.”

Il a estimé que la crise actuelle à Dar Assabah est une « Bataille de Stalingrad » dont l’issue sera décisive pour la situation de la presse en Tunisie, en ce sens que si le gouvernement perd cette bataille , il perdra ipso facto  toute mainmise ou du moins droit de regard sur les médias. africanmanager

 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 05:09

Échange d'idées et de convenances politiques à propos d'un secteur d'éducation qui se meurt … Acteur principal : le ministre de l’enseignement supérieur...

 

 

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Commission d'enquête sur les incidents survenus à la faculté 9 Avril

 

Une commission regroupant des professeurs universitaires, des étudiants, des cadres administratifs et des représentants de syndicats a été formée jeudi 4 octobre à la faculté 9 Avril pour enquêter sur les incidents survenus la veille dans cet établissement universitaire, a annoncé Noureddine Kridis, doyen de la faculté, à l'agence.


 

Il a souligné que l’UGET revendique la création d’une commission nationale pour débattre de la situation dans les universités tunisiennes et trouver des solutions radicales aux problèmes de sécurité, rejetant le retour de la police universitaire.


Selon un représentant de l’Union générale tunisienne des étudiants (UGTE) Mohamed Boughanmi, ces heurts se sont produits quand des membres de l’UGET sont intervenus pour les empêcher d’exercer «des activités culturelles».


Le syndicat de l’enseignement supérieur a appelé à un rassemblement vendredi matin devant le ministère de tutelle pour dénoncer les actes de violences commis en milieu universitaire.


Le secrétaire général de la fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Houcine Boujarra a déploré, quant à lui, la passivité des ministères de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur face à ces violences qui se sont poursuivies pendant trois heures.


Il a appelé à l’ouverture d’une enquête administrative et policière pour identifier les responsables de ces actes portant préjudice à l’intégrité des universités. Boujarra a tenu à préciser qu’il n’est pas permis à l’UGTE, qui n’a pas, jusqu’à ce jour, obtenu son autorisation légale, d’exercer des activités à l’intérieur de l’université.


Il s’est dit étonné d’entendre le ministre de l’enseignement supérieur parler dans une déclaration à une radio tunisienne sur ces derniers évènements, de l’existence de deux syndicats étudiants. espacemanager

 

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Sit-in à la porte de Moncef Ben Salem : Non à la violence à l’université

 

Plusieurs professeurs universitaires ( quelques dizaines ) ont observé, ce vendredi 5 octobre, un sit-in de protestation devant le siège du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à Tunis, exprimant leur refus catégorique des violences qui ont ciblé, ces derniers jours, les établissements universitaires ( université de Jendouba ,faculté du 9 avril à Tunis… ). 

 

Les protestataires ont scandé des slogans bannissant la violence et appelant au dialogue et à l’indépendance des universités

 

Le secrétaire général de la fédération générale de l’enseignement supérieur, Houcine Boujarra a indiqué à l’agence officielle Tap que ce mouvement est un message aux autorités sécuritaires, pour qu’elles assument leur rôle dans la protection des établissements universitaires.

 

« les forces de l’ordre ne sont pas intervenues à la faculté de Jendouba, malgré les appels incessants du doyen et des membres du conseil scientifique qui ont été verbalement agressés et enfermés par un groupe d’étudiants.

 

Le syndicaliste a demandé du ministère de l’enseignement supérieur l’islamiste d’Ennahdha ,Moncef Ben Salem ,de présenter des propositions urgentes à même de mettre fin à cette spirale de violence dans les universités.

Il a déploré la passivité du ministère face aux récents évènements survenus dans les deux facultés.

 

Le secrétaire général du syndicat de base de la faculté des sciences juridiques, économiques et de gestion, Baccar Ghrib a mis l’accent sur l’importance pour l’exécutif de prendre connaissance de la réalité sécuritaire « précaire » dans l’université tunisienne .

 

Rappelons que des violences ont éclaté à la faculté des lettres à l’avenue 9 Avril entre des militants de gauches ( UGET ) et des activistes de l’UGTE ( satellite du mouvement islamiste Ennahdha au pouvoir ) .La faculté a été obligé de fermer ses portes durant 3 jours. tunisiefocus

 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 04:18

Le gouverneur de Sidi Bouzid quitte son bureau sous la protection des forces de l'ordre

 

Le gouverneur de Sidi Bouzid, Mohamed Nejib Mansouri, a été contraint vendredi, à quitter, son bureau sous la protection des forces de l'ordre, a constaté le correspondant de l'Agence TAP dans la région.

Des protestataires de la ville de sidi Bouzid et de plusieurs délégations du gouvernorat, dont Menzel Bouzayane, Meknassi et Regab, ont demandé le départ du gouverneur et la rupture avec la politique de marginalisation.

Des affrontements ont éclaté entre les forces de la sûreté et les manifestants lorsque ces derniers ont commencé à jeter des pierres dans une tentative de prendre d'assaut le siège du gouvernorat pour contraindre le gouverneur à quitter son bureau.

Les forces de la sûreté ont répondu par des tirs de sommation et ont fait usage de bombes lacrymogènes pour faire disperser les manifestants.

Les protestataires rassurés que le gouverneur a quitté son poste, se sont dirigés vers le siège du tribunal de première instance pour demander la libération des personnes arrêtées, traduites devant le ministère public. maghreb

 

Voir vidéo

 

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Tirs de sommation contre des manifestants à Sidi Bouzid

La police tunisienne a tiré vendredi des balles en caoutchouc et gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants à Sidi Bouzid, réclamant le départ du gouverneur (préfet) de cette ville bastion de la révolution.

voir le zoom : Des manifestants à Sidi Bouzid, le 5 octobre 2012Des manifestants à Sidi Bouzid, le 5 octobre 2012
AFP - Mokhtar Kahouli

La police tunisienne a tiré vendredi des balles en caoutchouc et gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants à Sidi Bouzid, réclamant le départ du gouverneur (préfet) de cette ville bastion de la révolution.

 

Un millier de personnes se sont rassemblées pour réclamer le départ du gouverneur accusé d'"incompétence" et certains manifestants ont tenté d'envahir les locaux du gouvernorat, selon un journaliste de l'AFP.

 

Les forces de l'ordre ont procédé alors à un tir de sommation et de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires surveillés par un dispositif important de la police et de l'armée.

Le gouverneur a été ensuite évacué de son bureau par la police.

 

Par ailleurs une grève générale a été observée à Meknassy, dans la région de Sidi Bouzid, à l'initiative de l'Union générale des travailleurs tunisiens (Ugtt, la centrale syndicale) pour protester contre l'absence de projets de développement.

 

"La grève a été suivie à environ 100%", a affirmé Zouhair Khaskhousi, responsable syndical local, tandis que le bureau régional du parti islamiste Ennhada au pouvoir a parlé d'une grève "illégale".

 

Les tensions sociales sont grandissantes et plusieurs manifestations contre la pauvreté, des coupures d'eau et des retards de salaires ont été réprimées ces dernières semaines, notamment à Sidi Bouzid.

 

Début octobre, quelques centaines de personnes ont manifesté à Sidi Bouzid et des enseignants ont observé une grève pour dénoncer l'arrestation de manifestants.

 

Dans le même temps, des habitants et des députés de la région se sont mis en grève de la faim pour exiger la libération de manifestants arrêtés à Menzel Bouzaïane et à El-Omarne, des localités proches de Sidi Bouzid, chef-lieu de la région d'où était parti le soulèvement qui a renversé Ben Ali le 14 janvier 2011, après le suicide par immolation de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant. tv5

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