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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 02:17

Caricatures: la Tunisie interdit les manifestations vendredi


Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé jeudi qu'il interdisait toute manifestation vendredi, indiquant disposer d'informations sur la préparation "de violences" pour protester contre des caricatures de Mahomet publiées en France. (c) Afp

Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé jeudi qu'il interdisait toute manifestation vendredi, indiquant disposer d'informations sur la préparation "de violences" pour protester contre des caricatures de Mahomet publiées en France. (c) Afp

 

Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé jeudi qu'il interdisait toute manifestation vendredi, indiquant disposer d'informations sur des risques "de violences" en cas de manifestation contre des caricatures de Mahomet publiées en France.

 

"Le ministère de l'Intérieur, en vertu de l'état d'urgence et afin de préserver la sécurité publique, informe qu'il interdit toute forme de manifestation sur tout le territoire tunisien vendredi 21 septembre 2012", selon un communiqué.

 

"Le ministère indique avoir des informations selon lesquelles les manifestations seraient exploitées pour commettre des actes de violences et des saccages", poursuit ce texte.

 

Des appels à manifester vendredi ont été diffusés sur des réseaux sociaux afin de protester contre la publication mercredi en France par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo de caricatures du prophète.

 

Dans son communiqué, le ministère appelle "tous les Tunisiens et la société civile à faire preuve de compréhension" et "exhorte (chacun) à ne pas suivre les appels" à manifester.

 

L'ambassade de France a annoncé pour sa part qu'elle serait fermée vendredi, tout comme les établissements scolaires français de mercredi à lundi, afin de se prémunir en cas d'éventuels débordements.

 

Des militants islamistes intégristes ont saccagé le 14 septembre l'ambassade des Etats-Unis et l'école américaine de Tunis après la diffusion sur internet d'un film islamophobe produit aux Etats-Unis. Ces violences ont fait quatre morts et des dizaines de blessés.

 

La police tunisienne a été très critiquée après avoir été totalement débordée par les manifestants et accusée d'avoir déployé un cordon de sécurité largement insuffisant devant la représentation diplomatique américaine, alors que des mouvements radicaux avaient annoncé vouloir s'y rendre.

 

Le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh a reconnu que ses forces avaient "trébuché", mais a estimé qu'elles avaient empêché "une catastrophe" et a rejeté les nombreux appels à sa démission.

 

Un état d'urgence accordant de larges prérogatives aux forces de l'ordre et à l'armée est en vigueur en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011, mais le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahda est accusé par ses détracteurs de laxisme voire de complicité avec les salafistes intégristes. tempsreel.nouvelobs


 

 

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Charlie Hebdo a fait reculer la liberté d’expression

Vue de Tunisie, la publication de caricatures du Prophète par Charlie Hebdo ne pouvait arriver au pire moment. Non seulement elle met en danger les ressortissants occidentaux mais ses conséquences seront durables et désastreuses.

Qu’ont gagné l’art, la littérature et la liberté à cet humour de potache ? A part quelques rires gras, rien. Rien de bon en tout cas.

Ce sont des gens comme Christopher Stevens, l’ambassadeur américain, mort à Benghazi le 11 septembre, qui paient d’abord le prix de ce genre d’inconséquences. Les hommes-passerelles, ceux qui sortent de leur citadelle de certitudes et vont au contact, hybrident leur pensée de perspectives différentes, se donnent la peine d’écouter et d’apprendre des sociétés musulmanes, qui se trouvent le plus exposés aux passions que déclenchent les provocateurs.

Il sera plus difficile pour nous, journalistes, de travailler sur le terrain. Vendredi, lors de la couverture de l’assaut de l’ambassade américaine, nous avons été pris à partie par des manifestants parce que nous étions français, et dans les moments les plus critiques, le passage de la violence verbale à la violence physique ne tient qu’à un fil. Travailler auprès des milieux radicalisés pour les connaître, en donner une image juste, suppose la patiente création d’un minimum de confiance.

La liberté d’expression sert d’autres fins qu’elle-même

D’un coup de plume, les comiques de Charlie Hebdo dévastent tout cela. Pour quelle démarche journalistique  ? Pour nous apporter quelle information  ? S’ils veulent faire preuve de courage et exercer leur liberté d’expression, les sujets ne manquent pas.

La liberté d’expression sert d’autres fins qu’elle-même, elle sert à des artistes à s’interroger sur le temps, elle sert à des journalistes à montrer les réalités, même déplaisantes, au prix d’un travail d’enquête, en prenant des risques personnels, en passant du temps pour comprendre les sociétés… Pour tout cela, l’espace se réduit sous l’effet des provocations inutiles.

On rétorquera que c’est inverser le sens des responsabilités, que c’est dédouaner le censeur ou l’auteur de la violence, mais quand vous voyez un camion débouler à 100 km/h et que vous traversez tout de même parce que le feu est vert, qui est responsable de l’accident  ?

Les Tunisiens ont conquis le droit de définir leurs propres règles

Ce que Charlie Hebdo et ceux qui justifient sa démarche s’entêtent à ignorer, c’est que la Tunisie et les pays arabes en pleine mutation depuis les changements de régime, traversent une période extrêmement délicate dont l’enjeu est considérable. Il s’agit d’acclimater les normes démocratiques dans des contextes politiques et culturels pour lesquels elles sont nouvelles. Il ne s’agit pas de relativisme, mais de prendre simplement en compte la réalité des sociétés.

La réalité c’est que, pour une immense majorité, la religion demeure une colonne vertébrale de la morale sociale, que des décennies de répression contre les pratiquants un peu trop zélés ont laissé un traumatisme profond et une aversion épidermique pour toute atteinte aux symboles religieux. « Tout sauf le Prophète », est devenu le slogan le plus en vogue.

Il faut informer les gens qui, comme Abdelwahab Meddebdéclarent« il n’est pas question de s’adapter, c’est la liberté d’expression sans condition qui doit primer », que ce temps est révolu. Que les Tunisiens ont conquis le droit de définir eux-mêmes leurs propres règles dans un débat démocratique. Qu’il n’y pas d’autres voie pour la démocratisation des pays arabes que l’appropriation des valeurs par les sociétés elles-mêmes. Que les injonctions et les coups de menton, pas plus que la démocratie importée à coups de bombes, n’y changeront rien. Aucun progrès ne s’accomplira sans un consensus social.

Criminaliser l’atteinte au sacré

Depuis plusieurs mois, la liberté d’expression est au cœur du débat public. Plus, elle est le pierre de touche de la nature démocratique du futur régime. Le résultat flagrant des provocations, c’est que dorénavant l’idée de liberté d’expression est immanquablement associée à la possibilité du blasphème et aux troubles dévastateurs qu’il engendre. Qu’elle est perçue comme un risque qu’il faut canaliser. Comme un conditionnalité extérieure imposée par un Occident donneur de leçons.

L’Assemblée constituante envisage actuellement la possibilité d’introduire la criminalisation de l’atteinte au sacré dans la Constitution. C’était un débat ouvert, où les positions pouvaient évoluer. L’espace politique pour un autre discours est désormais quasiment fermé.

Charlie Hebdo pourra célébrer au moins une victoire, celle d’avoir fourni la preuve dont avaient besoin les partisans de cette mesure, qu’il est dangereux de laisser les symboles religieux à la merci du premier imbécile venu. Il sera beaucoup plus difficile de trouver une majorité pour voter contre cette version du texte.

« Le Prophète est au-dessus de tout cela »

Il est possible d’ignorer les provocations. Mais voilà, dans un contexte surchauffé ce n’est pas le cas, et toute réserve, toute défense d’une liberté d’expression inconditionnelle est devenue inaudible, bien au-delà des cercles radicaux.

Un jeune militant d’Ennahdha explique :

«  Le film “L’Innocence des musulmans” ne m’a pas choqué parce qu’il est excessif et que notre Prophète est bien au-dessus de tout cela, mais vu le faible niveau d’éducation de la majorité des gens, c’est difficile d’avancer cette idée. »

Un cadre du parti islamiste concède aussi :

« Bien sûr, le plus sage serait de ne pas répondre aux provocations, même si défendre les symboles de l’islam contre ceux qui les attaquent est un devoir religieux. Mais politiquement, il est devenu suicidaire de tenir ce discours et de défendre une autre position que la criminalisation de l’atteinte au sacré.  »

Ennahdha y trouve peut-être son compte, mais même les partis dont la religion n’est pas le fonds de commerce, doivent donner des gages à l’indignation collective, tandis que Rached Ghannouchi et l’Organisation de la coopération islamique rouvrent le débat sur une norme internationale interdisant la diffamation du religieux.

La tentation de surenchérir

Il existait, il existe encore, la possibilité de déminer le sujet, d’orienter le processus en cours en Tunisie vers une consolidation des libertés et une appropriation des normes démocratiques, mais cette possibilité demande du doigté, et non une balourdise arrogante.

La référence va déplaire à certains, mais l’un des rares à avoir tenu ces jours-ci un langage de sagesse, est Tariq Ramadan. Il explique que si l’indignation est légitime, il est préférable d’ignorer les provocations et de ne pas céder à la tentation de surenchérir sur les passions populaires, parce qu’il y a d’autres priorités.

Pour les Tunisiens, ces priorités sont de sortir le pays de son marasme économique, de déraciner de manière juste et transparente les réseaux mafieux hérités de l’ancien régime, de recréer le lien social détruit par des décennies de surveillance mutuelle. Pas de gaspiller son énergie et son temps à défendre l’islam contre tous les irresponsables et les provocateurs de la terre. rue89

 

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En Tunisie, "Charlie Hebdo a juste droit à notre mépris"

La "une" de "Charlie Hebdo" du 19 septembre.La "une" de "Charlie Hebdo" du 19 septembre. | DR

 

 

Après plus d'une semaine de manifestations violentes, parfois meurtrières, dans le monde musulman, contre le film islamophobe L'Innocence des musulmans, la publication de nouvelles caricatures satiriques du prophète Mahomet par Charlie hebdo mercredi 19 septembre n'est pas passé inaperçue. Du Maroc au Pakistan, en passant par la Libye et l'Egypte, la nouvelle s'est immédiatement répandue sur les réseaux sociaux et dans les médias. Anticipant de nouvelles manifestations prévues vendredi à l'appel le plus souvent de mouvements salafistes, les autorités françaises ont ordonné la fermeture des ambassades, consulats et écoles françaises dans une vingtaine de pays musulmans, par mesure de "précaution".

 

Les pressions des gouvernements de la région se sont multipliées à l'encontre du gouvernement français, à l'instar de l'appel à la France du président égyptien,Mohamed Morsi, à prendre "des mesures fermes et rapides contre le magazine".Ces pressions s'accompagnent toutefois souvent d'appels au calme en direction de la population 

 

"VENDRE SA FEUILLE DE CHOU"

Si dans de nombreux pays la publication des caricatures de Charlie Hebdo n'a fait qu'alimenter, dans les tribunes des journaux, un débat plus général sur le blasphème et la liberté d'expression, en Tunisie, le magazine satirique français nourrit les critiques. Personne n'a en effet oublié la fameuse "une" du "Charia Hebdo" qui avait valu en novembre 2011 au magazine de voir ses locaux incendiés.

 

"Charlie Hebdo, canard charognard, en a rajouté une couche. Que faire, quand on manque d'inspiration et qu'on veut vendre sa feuille de chou ? Exploiter un évènement", invective ainsi, jeudi, Zoubeir Chaouch dans le quotidien tunisien La Presse.

Une critique partagée par le site tunisien Al-Akhbar : "Le journal français qui n'en est pas à sa première provocation envers la communauté musulmane, profite de ce climat de colère suscité par le film L'Innocence des musulmans, pour faireparler de lui, augmenter ses ventes, et pousser les musulmans de France à l'erreur dans un but de les stigmatiser davantage".

 

"Médiocrité intellectuelle""bête et méchant""l'aspect vain, décadent et populiste de cet humour arriviste d'actualité" : sur le site collaboratif tunisien NawaatLina Doufari multiplie les qualificatifs à l'encontre de la rédaction de Charlie Hebdo

 

"STIGMATISER UNE COMMUNAUTÉ TOUTE ENTIÈRE"

 

Pour La Presse, la stratégie à l'œuvre derrière cette "campagne de dénigrement et de salissure de l'islamest bien rodée : "provoquer pour déclencher une réaction violente de la tranche dure des musulmans et ainsi discréditer une religion et toute une communauté". Sans prendre en considération les répercussions de ces actes sur le reste de la population, regrette Olfa Riahi qui prend directement à partie le caricaturiste Charb sur son blog.

 

"Pendant que des jeunes et des moins jeunes se battent et luttent contre la bipolarisation, l'instrumentalisation et les diversions, pendant que des peuples qui ont donné de leur sang et de leurs larmes pour vivre ne serait-ce que le rêve d'un monde meilleur, pendant que des intellectuels marginalisés tentent de faire la lumière sur nos ressources naturelles pillées, pendant que des esprits libres tentent de trouver une alternative économique à un système qui saccage l'humanité, pendant que des penseurs s'exposent à tous les dangers et à tous les dénigrements tentant de répandre la paix et l'apaisement, pendant que les peuples arabes et africains se battent pour un monde vraiment juste et libre, loin des clivages et des clichés, pendant ce temps, des êtres comme vous, Charb, s'amusent à attiser le feu", l'interpelle ainsi Olfa Riahi.

 

"A cause de votre publication, il risque d'y avoir des morts et des émeutes dans des pays où les débats sur la question de la religion ont atteint un niveau de sensibilité extrême à la lisière de la guerre civile, niveau que vous ne pouvez pasimaginer, vous qui êtes dans la dérision et non pas dans la compréhension profonde des faits qui bouleversent actuellement les pays arabes tels que la Tunisie", renchérit Lina Doufari sur Nawaat. 

 

QUELLE RÉPONSE ?

 

En Tunisie, la provocation de Charlie Hebdo a trouvé un écho. La sécurité a été renforcée autour de l'ambassade française à la suite d'appels par les salafistes àmanifester vendredi contre la publication des caricatures. Un appel qui a été diversement accueilli au sein de la population, indique le quotidien en arabe Al-Chorouk ; certains appelant à ne pas céder aux provocations du magazine satirique, d'autres revendiquant leur devoir d'exprimer leur mécontentement. 

 

Dans la presse, les appels au calme et la condamnation des violences dominent."Quand, de notre côté, nous réagissons violemment aux salissures, nous ajoutons de l'eau au moulin des intolérants et nous faisons un coup de pub à la médiocrité. Que vont faire nos braves salafistes qui ont le monopole de la foi et par voie de conséquence celui de la défense de l'islam, à présent, après avoirsaccagé l'ambassade des Etats-Unis à Tunis ? Rééditer l'exploit ? Prendred'assaut l'ambassade française et lui faire payer l'idiocratie d'un Charlie Hebdo ?Compromettre des relations privilégiées avec un partenaire culturel et économique ? Le jeu n'en vaut pas la chandelle", exhorte La Presse. Et deconclure : "Charlie Hebdo a juste droit à notre mépris"lemonde

 

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La liberté d’expression de Charlie Hebdo au 1er Festival arabe de la caricature


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Deux événements, en France et en Tunisie,  posent le problème du statut de l’art de la caricature et de son acceptation, même dans ses excès, parles population des deux côtés de la Méditerranée.

 

Où que l’on se trouve, des États-Unis qui ne lui reconnaissent absolument aucune limite, à la Tunisie où les autorités interrogent les artistes sur leurs «intentions», en passant par la France qui n’y met de barrière que pour interdire tout appel à la haine et à la violence, la liberté d’expression reste une question sensible, sans cesse reposée, et débattue sans fin.


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Le siège de ''Charlie-Hebdo'' à Paris gardé par la police.

 

France: Mohamed de nouveau malmené

 

En publiant des caricatures de Mahomet dans son numéro du mercredi 19 septembre, l’hebdomadaire satirique ‘‘Charlie Hebdo’’ a enflammé le web. Chacun y est allé de son petit ou grand commentaire: il été accusé, entre autres choses, d’attiser la haine contre les musulmans, et de jeter de l’huile sur le feu en surfant sur l’actualité internationale brûlante des violences extrêmes commises par des radicaux islamistes qui ont suivi la diffusion sur la toile d’extraits du (très mauvais) film du dénommé Sam Bacile ‘‘L’innocence des musulmans’’, hostile à l’islam et aux musulmans.


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Philippe Val, patron de ''Charlie Hebdo'': la provocation et les coups de pub...

 

Pascal Boniface estime, dans un article publié sur le site du ‘‘Nouvel Obs Le Plus’’ , que l’hebdo satirique a définitivement «abandonné sa tradition libertaire au profit d’une ligne beauf-raciste».

 

Rappelons à cet effet que ‘‘Charlie Hebdo’’ est moins le chantre de l’«islamophobie» (terme par ailleurs créé pour faire passer toute critique d’une religion comme du racisme donc dangereux car censeur) que celui d’une posture anticléricale et antireligieuse. Pour preuve: les Unes caricaturant Jésus ou  le Pape (entre autres) sont bien plus nombreuses que celles visant le prophète de l’islam.


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Manifestation pour la liberté d'expression en Tunisie.

 

Le journal a, à plusieurs reprises, été taxé d’«opportuniste». Pourtant, partant du principe que ‘‘Charlie Hebdo’’ parait chaque mercredi, et que les évènements ont démarrés vendredi dernier, il parait clair que l’hebdomadaire ne fait qu’assumer son rôle de média en réagissant lui aussi à l’actualité, comme à son habitude à travers le prisme de la satire. Publier ces nouveaux dessins dans une période «plus calme» n’aurait eu aucun sens, et‘‘Charlie Hebdo’’ se serait attiré les mêmes foudres de ses détracteurs, et aurait été accusé de rouvrir des plaies difficiles à cicatriser.

 

Il semblerait que la liberté d’expression en France vacille, tandis que Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, condamnent tous les deux le choix de publier de nouveaux dessins satiriques, le premier désapprouvant «tout excès», tandis que le second se dit «contre toute provocation».

 

N’est-ce pas là pourtant l’essence même de la caricature? La demande de modération implicite du gouvernement à l’endroit de ‘‘Charlie Hebdo’’ n’est-elle pas, en soi, une introduction à la censure, ou à tout le moins un appel à l’autocensure?

Les défenseurs de la liberté d’expression sont autorisés à le penser…


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Affiche du Festival arabe de la caricature... reporté.

 

Tunisie : un festival de la caricature reporté en catimini

 

Sans transition aucune, cela nous rappelle les différentes atteintes à la liberté d’expression ces derniers mois en Tunisie.

 

Pourtant, une dépêche Afp du 25 juin dernier nous annonçait la tenue du 6 au 8 septembre 2012, à Tunis, du premier volet d’un évènement qui aurait pu avoir un impact et une valeur symbolique forte: le 1er Festival arabe de la caricature.

 

Lors de la seule conférence de presse, Wiem Mohamed Kord, directeur de ce festival, avait annoncé qu’il souhaite «promouvoir les jeunes talents dans le domaine de la caricature» à l’occasion de cet évènement placé sous le signe des révolutions arabes.

 

Conçu pour revaloriser l’art de la caricature qui ne cesse de montrer l’évolution de la pensée et de la perception des évènements par les caricaturistes, cet évènement avait aussi pour but de «montrer au monde entier le degré de civisme et de conscience de nos peuples qui ont fait la révolution et réussi à changer l’Histoire, refusant le despotisme, la dictature et le pouvoir totalitaire», a déclaré la déléguée au ministère libyen de la Culture, Awatif Tochani, associée à cet événement.


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Vue de la conférence de presse de juillet dernier à Tunis.

 

Au moins trois volets avaient été prévus, dans les capitales respectives des pays fédérés autour de cette initiative: la Tunisie, la Libye et l’Égypte.

 

Le choix de la ville de Tunis pour cette première édition n’était pas par hasard, puisque c’est de Tunisie qu’est partie l’étincelle permettant le soulèvement des peuples arabes qu’a connu l’année 2011.

 

Reprise par beaucoup de médias dans les quelques jours qui ont suivi, cette information est rapidement tombée dans l’oubli, face à un comité directeur complètement muet.

 

Dans cette période où l’obscurantisme religieux semble mener la danse, nous avons tenu à joindre les responsables du festival : selon Leila Ayari, du bureau de Tunis, seule personne ayant répondu à nos questions, il semblerait que, face à des demandes de participations très nombreuses en provenance de caricaturistes du monde entier, «et même syriens!», le festival ait été reporté à «janvier, ou bien à septembre 2013».

 

On appréciera cette imprécision qui traduit, s’il en est besoin, la perplexité des organisateurs qui semblent douter de plus en plus de la possibilité d’organiser, aujourd’hui, un événement consacré à la caricature en Tunisie et dans les autres pays arabes.

Deux affaires à suivre… Marie-Jeanne Kimberley kapitalis

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 05:11

Ali Laârayedh : « Nous estimons avoir fait des progrès »

 

Le ministre de l’Intérieur, Ali Laârayedh, auditionné aujourd’hui, mercredi 19 septembre 2012, par les membres de l’Assemblée nationale, revient sur les derniers événements de l’ambassade américaine à Tunis, vendredi dernier, et affirme que « le pays fait encore face à des menaces sécuritaires et à des tentatives de créer le désordre » et que « les forces de l’ordre font de leur mieux afin d’assurer la sécurité des citoyens ». « Nous estimons avoir fait des progrès », déclare-t-il, et « nous sommes encore aujourd’hui dans la salle des opérations et notre rapport final sur ce qui s’est réellement passé sera présenté au président de l’ANC très prochainement ».

 

 

« Nous poursuivons nos efforts et nous œuvrons pour le développement de l’appareil sécuritaire, malgré le manque de moyens à notre disposition, mais la réforme a besoin de temps et ne se fera pas du jour au lendemain. Nous estimons avoir fait des progrès », déclare le ministre de l’Intérieur, donnant ainsi une réponse aux nombreuses voix de parties politiques et de la société civile qui ont appelé à sa démission. 

 

 

Tout en regrettant les personnes décédées et blessées lors des émeutes du vendredi 14 septembre, Ali Laârayedh affirme que ceci devrait « servir d’exemple aux jeunes qui se laissent manipuler afin de perpétrer des actes de violence et de vandalisme et que ces derniers devront assumer leur responsabilité et être conscients des conséquences de leurs actes ». « Il y a une différence entre manifester et enfreindre la loi », ajoute-t-il. 

 

 

 « Nous ne visons pas des idéologies ou des opinions mais nous appliquons la loi. Nous pensons cependant que les opinions radicales représentent un danger pour la société, l’Etat, mais aussi la religion et devront être combattues par le dialogue et l’information et non par le dispositif sécuritaire ».

 

Et d’ajouter : « le ministère de l’Intérieur ne porte qu’une seule couleur, celle du drapeau national, et n’est là que pour instaurer la sécurité et veiller au respect de la loi. C’est à la justice de faire le reste ».  businessnews

 

 

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Ali Laâridh refuse l’ouverture des archives de la police


laaridhRépondant à une question sur le retard accusé dans l'ouverture des archives du ministère de l'Intérieur, le ministre Ali Laâridh a précisé, lors de la séance plénière de l’Assemblée Constituante de ce mercredi 19 septembre, que ces archives sont "bien gardées". Selon  le ministre, l’ouverture de ces dossiers "nécessite un consensus entre les institutions constitutionnelles et nationales, dans un climat serein, loin des tiraillements politiques et des luttes partisanes".


Il a même ajouté en substance : "je ne veux pas m'aventurer à ouvrir ce dossier, en ce moment sensible que vit le pays". Une position pour le moins paradoxale au vu de la campagne «Ekbess» menée par Ennahdha, et censée accélérer le processus de déracinement de la corruption. De quoi relativiser les velléités de nettoyage du gouvernement, pourtant prompt à agiter le spectre de la liste noire. mag14

 

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Séances d’audition d’Ali Laaraydh, ministre de l’intérieur, par l’Assemblée nationale (vidéos)

Partie I 


 

Partie II


 

 

Partie III 

 

Partie IV 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 04:56

La révolution en Egypte est-elle finie ?

 

Le samedi 6 octobre reprendra le cycle de l’université populaireque j’organise avec l’Institut de recherches et d’études Méditerranée-Moyen-Orient (Iremmo). La première séance sera consacrée au bilan des révolutions arabes, deux ans après. Après l’enthousiasme qui régnait au début a fait place, très rapidement, un découragement résumé par la formule « Printemps arabe, hiver islamique ». De retour d’Egypte, j’ai pu constater aussi chez beaucoup de protagonistes un assez grand pessimisme. Un journal égyptien à qui je faisais part de mon optimisme m’a demandé d’essayer d’en expliciter les raisons. Je reprends ci-dessous l’essentiel de mon texte.


 

Le Caire. A chaque voyage en Egypte, depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, une atmosphère de pessimisme règne parmi les révolutionnaires qui ont contribué à cet événement historique. A chaque voyage, tel ou tel interlocuteur m’explique que l’ancien régime va revenir ou que le nouveau sera pire que l’ancien. En juin 2012, alors que l’on attendait dans la fièvre la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle, beaucoup étaient convaincus que le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) n’accepterait pas la victoire de Mohammed Morsi, le candidat des Frères musulmans et que, même si ce dernier était proclamé vainqueur, il serait « encadré » par les militaires, sans marge de manœuvre.

 

Il est important de comprendre ce qui s’est passé durant ces jours étouffants du mois de juin. Dès le soir du second tour, il était clair que Morsi avait gagné. Si la proclamation des résultats a été repoussée, c’est que le CSFA a hésité : pouvait-il, malgré tout, proclamer vainqueur Ahmed Chafik le candidat qu’il avait soutenu de toutes ses forces ? S’il ne l’a pas fait, ce n’est pas parce qu’il ne le voulait pas, mais parce qu’il ne le pouvait pas : une telle décision aurait entrainé des conséquences incalculables et sans doute une nouvelle insurrection populaire. Le CSFA prenait ainsi acte du fait qu’aucun retour en arrière ne serait accepté par le peuple égyptien.

 

Nombre de révolutionnaires n’ont pas mesuré ce que cette décision signifiait : que le pouvoir militaire était en réalité beaucoup plus faible qu’ils ne le croyaient. Que, malgré toutes ses manœuvres et aussi la répression continue de nombre de mouvements de contestation durant près de 18 mois – avec arrestations arbitraires, jugements de civils devant des tribunaux militaires, torture, etc. – l’ère du CSFA s’achevait.

 

Sans doute aurions-nous dû le comprendre à ce moment et mesurer que le CSFA serait impuissant face à un président élu démocratiquement par le suffrage universel. Ce qui s’est passé le 12 août (la mise à l’écart du maréchal Tantaoui) n’est, finalement, que la traduction de ce nouveau rapport de forces.

 

Ainsi, un des principaux objectifs des révolutionnaires après la chute de Moubarak – « que tombe le régime des militaires » – a été obtenu, ce qui ne signifie pas que l’armée ne jouera plus aucun rôle dans la vie politique, mais qu’elle sera en seconde ligne. Si nombre de révolutionnaires sous-estiment ce résultat, c’est qu’ils ont peut-être une vision trop simple de la révolution : les deux semaines qui ont vu le peuple égyptien se soulever au début de 2011, un mouvement qui a soulevé l’admiration du monde, par sa détermination et par son côté pacifique, ont créé l’illusion que le changement radical était facile, que l’Egypte pouvait se transformer très vite. Et donc, que si elle ne changeait pas immédiatement, c’était que la contre-révolution l’emportait.

 

Mais changer l’Egypte, instaurer un régime démocratique stable, rénover les structures de l’Etat, impulser le développement économique, assurer la justice sociale, demande du temps, des efforts, des luttes continues. Pour prendre une comparaison qui n’est évidemment pas totalement pertinente, les objectifs de la Révolution française de 1789 ont mis un siècle avant de se traduire par une République stable et démocratique (et encore avec beaucoup d’insuffisances). Un parallèle plus proche est celui que l’on peut dresser avec la chute des dictatures en Amérique latine : des régimes démocratiques se sont petit à petit mis en place, mais il a fallu encore dix ou vingt ans pour que des mouvements populaires instaurent des politiques plus favorables aux couches les plus pauvres.

 

La mise à l’écart du CSFA ne marque pas la fin de la révolution. Et l’élection du nouveau président issu des Frères musulmans soulève des craintes et des inquiétudes, en partie justifiées : se dirige-t-on vers une « frérisation » (ikhwaniyya) de l’Etat ? Seule force vraiment organisée, les Frères musulmans exercent pour la première fois le pouvoir en Egypte et l’organisation, à la fois par sa structure et par son idéologie, peut être tentée par une politique d’hégémonie. Mais en a-t-elle les moyens ? J’en doute.

 

D’abord, elle ne dispose d’aucun projet pour le pays : son projet économique s’inscrit dans le cadre du libéralisme économique que l’ancien pouvoir a tenté d’imposer ; son projet de politique étrangère s’inscrit aussi dans la continuité, même si le président Morsi a pu prendre certaines initiatives positives, comme ses voyages à Téhéran ou à Pékin. Mais est-il prêt à imposer une politique étrangère indépendante des Etats-Unis et des pays du Golfe ? Une stratégie plus active sur la question palestinienne ?

 

Or aucune force politique ne peut imposer son hégémonie sur l’Etat si elle ne dispose pas d’un projet clair. « L’islam est la solution », ont proclamé les Frères durant des décennies ; mais maintenant leur gouvernement doit montrer au peuple égyptien comment ce slogan peut se traduire dans le domaine économique ou social, et les Frères ne savent pas comment s’y prendre. Ainsi, les mêmes (les Frères musulmans et les salafistes) qui expliquaient qu’un accord avec le Fonds monétaire international était incompatible avec l’islam, expliquent le contraire aujourd’hui. Ceux qui dénonçaient l’accord avec Israël l’entérinent.

 

Par ailleurs, qui peut penser que le peuple égyptien qui s’est révolté contre Moubarak accepterait un régime similaire dans lequel les Frères musulmans se substitueraient au Parti national démocratique de l’ancien président ?

 

Je ne fais d’ailleurs pas de procès d’intention aux Frères musulmans. Ils sont une force politique importante de ce pays et ils sont une partie de la solution aux problèmes de l’Egypte : on ne peut bâtir une démocratie en les excluant comme l’a montré l’expérience des années Sadate et Moubarak. Les intégrer au jeu politique est indispensable. Il faut reconnaître qu’ils ont gagné les élections et il faut tenter, par le dialogue et par la lutte politique, de faire en sorte qu’ils s’impliquent dans la construction de cet ordre démocratique dont l’Egypte a besoin, mais qui n’est qu’un des aspects de la reconstruction du pays.

 

Le combat politique ne s’arrêtera ni demain ni après-demain. Mais il faut aussi être capable de le mener sur le meilleur terrain, qui n’est pas celui de la religion. La création d’un grand front uni de la droite et de la gauche contre les Frères ne peut que favoriser l’approfondissement d’une ligne de fracture sur la question de l’islam. Le peuple égyptien s’est révolté contre un régime autoritaire, contre la corruption et la pauvreté ; la jeunesse a été un élément essentiel des mobilisations. C’est sur l’ensemble de ces terrains que les révolutionnaires peuvent faire preuve d’imagination : en proposant des politiques de démocratisation de la vie du pays, des transformations économiques et sociales, en défendant en priorité les plus défavorisés ; c’est à ces conditions que pourront transformer profondément les structures sociales du pays, à l’image de ce qui se passe dans certains pays d’Amérique latine. La jeunesse, garçons et filles, qui représente la majorité de la population mais qui reste encore largement marginalisée dans toutes les structures politiques (y compris celles de la gauche), et dans les institutions (de l’administration aux médias), pourrait y contribuer de manière décisive : la relève des générations est une nécessité historique. Alain Gresh blog.mondediplo

 

 

 

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"Après la bataille" : le premier film de l’après place Tahrir

 

 

De Yousry Nasrallah (Egypte), avec : Mena Shalaby, Bassem Samra - 2h06 - Sortie : 19 septembre

 

 

 

'Après la bataille' de Yousry Nasrallah

 

 

Synopsis Mahmoud est l’un des «cavaliers de la place Tahrir» qui, le 2 février 2011, manipulés par les services du régime de Moubarak, chargent les jeunes révolutionnaires. Tabassé, humilié, sans travail, ostracisé dans son quartier qui jouxte les Pyramides, Mahmoud et sa famille perdent pied.

 

C’est à ce moment qu’il fait la connaissance de Reem, une jeune égyptienne divorcée, moderne, laïque, qui travaille dans la publicité. Reem est militante révolutionnaire et vit dans les beaux quartiers. Leur rencontre transformera le cours de leurs vies.



Chahine au petit pied
 

Yousry Nassralah réalise avec « Après la bataille » le premier film sur le printemps arabe en Egypte, en traitant de la deuxième phase du conflit. Quelques images ont même été prises sur les lieux de l’action réelle, des extraits de JT, ou des vidéos amateurs venant compléter le tableau. Film politique, certes, en faveur de la révolution égyptienne, le fond passe pour beaucoup par les grosses ficelles du mélo.

 

L’alchimie prenait formidablement chez Youssef Chahine, initiateur du cinéma égyptien, dans sa fresque « La Terre », où la révolution était celle de quelques paysans privés de leurs exploitations sous la férule britannique, où s’exprimaient les premières revendications d’indépendance. Ici, ne reste pratiquement que le sujet, le soulèvement contre l’exécutif égyptien, avec un sérieux manque de mise en scène, sauf dans le dernier plan, magnifique.

 

'Après la bataille' de Yousry Nassralah

"Après la bataille" de Yousry Nassralah © MK2 Diffusion

 

 

Manichéism

 Yousry Nassralah va jusqu’à se répéter, par son discours féministe, ce qui ne fait certainement pas de mal dans son pays, mais en actualisant, à peine, le thème qui lui avait si bien réussi dans « Femmes du Caire ». Mais « Après la bataille » reste un film extrêmement bavard, voire hystérique, où tout le monde hurle. Est-ce comme cela que les hommes – et les femmes - se parlent ? Peut-être, mais au cinéma, dans un film, dans une fiction, cela s’adapte.


L’enjeu social de ce jeune père, tiraillé entre la révolution et l’emprise des riches corrompus qui cherchent à le corrompre, pris entre sa famille démunie et une jeune bourgeoise révolutionnaire, joue de beaucoup de manichéisme, même si le conflit du héros, plutôt antihéros, n’est pas si mal exposé. Une bataille sans nul doute sincère, mais mal menée. francetv.

 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 03:29


Lieu : Place des droits de l'homme, av. Mohamed V

Date : jeudi 20 septembre 2012

Heure : de 12h à 14h     

 

 

 

 

 

C'est une invitation à toute personne qui croit que la violence n'est pas la voie à suivre. C'est une invitation pour les citoyens qui veulent montrer le vrai visage de la Tunisie à nos enfants, nos voisins, et nos partenaires à l'est et à l'ouest. une invitation aux citoyens qui croient que ceux qui ont attaqué l'ambassade Américaine et l'école Américaine ne vous représentent pas ou la société Tunisienne. Nous devons nous lever ensemble, unis contre l'ignorance, unie contre l'isolement intellectuel et religieux et la violence, et unis pour la Tunisie et l'avenir de nos enfants. Organisateurs: Lotfi Saibi, Femmes et Leadership, Mouwatna wa Tawasel, Touensa

 

 

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Appel à un rassemblement contre la violence, ce jeudi à Tunis

 

 

A l’initiative de personnalités de la société civile et de mouvements associatifs, tels que Femmes et leadership, Mouwatna & Tawassol ou encore Touensa, un appel à manifester a été lancé, pour ce jeudi 20 septembre 2012 de 12h à 14h, à la Place des droits de l’Homme, à Tunis, pour s’élever contre les attaques perpétrées vendredi 14 septembre, contre l’ambassade et l’école américaine. 

 

« C'est une invitation à toute personne qui croit que la violence n'est pas la voie à suivre. Une invitation pour les citoyens qui veulent montrer le vrai visage de la Tunisie à nos enfants, nos voisins, et nos partenaires à l'Est et à l'Ouest. Une invitation aux citoyens qui croient que ceux qui ont attaqué l'ambassade américaine et l'école américaine ne représentent pas la société tunisienne », lancent les organisateurs de ce rassemblement. 
Cet évènement, selon ses organisateurs, est indépendant de tout parti politique. businessnews

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 03:19

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 02:31

Rafik Abdessalem diffame certains journalistes, sans preuves!!


 

La conférence de presse s’est  tenue le 18 septembre 2012 au siège du ministère des   Affaires Etrangères, pour que le ministre,  Rafik Abdessalem, présente un rapport sur  les deux  principaux évènements concernant le ministère à savoir  l’assaut des manifestants salafistes  contre l’ambassade américaine à Tunis et au naufrage du bateau des immigrés clandestins au large de l’île italienne de Lampedusa.

 

Rafik Abdessalem soucieux de la « bonne image » de la Tunisie

 

Dès le début, la conférence a mal commencé. En effet Rafik Abdessalem,  n’a pas respecté l’horaire prévu pour le début de la conférence à savoir 10h du matin. Il est venu avec  45 minutes de retard, sans présenter la moindre excuse et en avançant le fallacieux  prétexte que la conférence était prévue selon lui pour 10h30.

 

Plusieurs journalistes ont protesté en lui répondant que le communiqué officiel qu’ils ont reçu portait en toutes lettres l’heure de 10h, sans aucune erreur possible.

 

Rafik Abdessalem a ignoré cette protestation, et a démarré sa conférence de presse sans présenter la moindre excuse…

 

En outre, le ministre  a décidé de rester dans les généralités et de jouer aux journalistes une partition du style «  Tout va très bien madame la Marquise ».

 

Au lieu de présenter un bilan détaillé des deux évènements en termes de dégâts et de victimes, et d’exposer aux journalistes les mesures adoptées par le ministère pour faire face aux conséquences économiques, politiques, et diplomatiques de ces tragédies, Abdessalem n’a parlé que de l’image « pertinente » de la Tunisie à l’échelle internationale.

 

De même, il a étonné les journalistes présents par ses propos lénifiants portant sur son absolue certitude, que ce type d’évènements ne pourra jamais se reproduire à nouveau !!

 

Comme si Rafik Abdessalem voyait l’avenir comme un devin, ou que les salafistes lui avaient formellement assuré la non répétition de ces attaques !!

 

D’autre part, il a affirmé que non seulement le gouvernement, les partis politiques et la société civile doivent s’occuper de la sécurité du pays,  mais aussi tous les Tunisiens doivent se prendre en charge, et s’occuper de la sécurité de leur pays.

 

Dans ce cas plusieurs questions se posent : Est-ce que le ministre veut écarter la responsabilité du gouvernement dans ces graves événements, pour  en faire porter la responsabilité au peuple tunisien tout entier ?

 

De plus, pourquoi le ministre n’a-t-il fournit aucune explication et justification aux défaillances et à la mauvaise gestion du gouvernement de ces crises, de portée internationale qui ont déjà gravement nuit à l’image positive de la Tunisie dans l’opinion internationale?

  

Rafik Abdessalem : Un « ministre » qui  dépasse les bornes et diffame les journalistes sans aucune preuve !!

 


 

 

Rappelons qu’un ministre en exercice est tenu, non seulement au devoir de réserve que lui impose sa fonction, mais aussi à une modération et une courtoisie dans ses propos  car il n’exprime pas son point de vue personnel mais la position du gouvernement sur tel ou tel sujet, c’est-à-dire qu’il projette l’image de son pays à travers ses propos officiels.

 

Le  ministre a voulu donner une image idéalisée de la Tunisie et a esquivé  le sujet de la conférence, à savoir les informations qu’il devait fournir aux journalistes concernant les derniers évènements.

 

Sachant que les journalistes présents étaient venus dans le seul  but d’entendre les explications et les mesures à prendre par le gouvernement pour gérer cette crise diplomatique.

 

Suite à une remarque  formulée  par la correspondante de TunisieNumérique présente à la conférence qui a exprimé démocratiquement son désaccord avec la vision  trop optimiste de Rafik Abdessalem, ce dernier a totalement oublié son devoir d’objectivité et a attaqué la journaliste sur un plan personnel en l’accusant de façon détournée et sans aucune preuve, d’être à la « solde de l’ancien régime », puisque elle a une vision plus négative que lui de la Tunisie, ce qui constitue juridiquement  une diffamation. La journaliste en question n’a que … 24 ans! De quelle ancienneté parle-t-on à cet âge !

 

En effet, les journalistes présents n’ont pas apprécié cette accusation qui ne visait pas seulement la journaliste de TunisieNumérique mais d’autres journalistes qui n’étaient pas  d’accord avec les propos tenus par le ministre.

 

Une question se pose alors : les journalistes qui critiquent démocratiquement le gouvernement et ses représentants, vont-ils faire l’objet de la vindicte de Rafik Abdessalem, après Lotfi Zitoun et Habib Ellouz, qui ont publiquement appelé à attaquer les médias considérés  comme hostiles au gouvernement et vont-ils se retrouver prochainement  dans la fameuse liste noire dont les  menace sans cesse le gouvernement actuel ? tunisienumerique

 

 

 

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 Plus heureux que Rafik Abdessalem tu meurs

 

Tout va très bien en Tunisie qui, depuis le 23 octobre 2011, a connu un réel développement et un épanouissement sans précédent! Quant à la sécurité, les Tunisiens doivent se débrouiller, c’est leur affaire!

 

C’est, à peu près, ce qu’a déclaré Rafik Abdessalem, un grand optimiste devant l’Eternel, passé maître dans l’art tout peindre en rose.

 

Quatre jours avant de se rendre aux Etats-Unis, où, on l’imagine, il sera attendu (sans jeu de mots déplacé!), le ministre des Affaires étrangères a rencontré mardi les médias pour leur débiter sa langue de bois redondante habituelle.

 

«Depuis le 23 octobre (date des premières élections post Ben Ali, Ndlr), la Tunisie est sur la voie du développement et tout va vers le mieux», a-t-il affirmé aux confrères, qui ont dû l’attendre plus d’une heure sans avoir droit à des excuses.

 

Et les 800.000 chômeurs? Et les agitations sociales dans les régions? Et les vagues de migrants clandestins qui échouent en pleine mer? Et les prix qui explosent? Et le pouvoir d’achat qui plonge? Et les violences infligées aux populations par les extrémistes religieux? Et l’image complètement ternie de la Tunisie sur le plan international? Et le sentiment d’insécurité des Tunisiens, aggravé par les affrontements du vendredi 14 septembre entre les hordes salafistes djihadistes et les forces de l’ordre?

 

De tout cela M. Abdessalem, sur son nuage nahdhaoui, n’en a cure.

 

Pour le gendre de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste d’Ennahdha, la sécurité n’est pas l’affaire du gouvernement, mais «de tous les Tunisiens, qui sont concernés par le maintien de la sécurité», c’est-à-dire «les partis, les représentants des associations, les citoyens et pas seulement les forces de sécurité», a précisé M. Abdessalem.

 

Quant à ceux qui sont impliqués dans l’attaque de l’ambassade américaine et de l’incendie de l’Ecole américaine de Tunis, vendredi dernier, c’est promis: ils seront traduits devant la justice car ils ont cherché à «écorner l’image du pays».

 

M. Abdessalem n’a pas indiqué, bien sûr, quand ces casseurs violents vont être relâchés par son collègue Noureddine Bhiri, ministre de la Justice. Sinon, il l’aurait dit. Un optimiste invétéré comme lui aurait été heureux d’annoncer une nouvelle si agréable au cœur de son beau-père.

 

Au lendemain des violences menées par des salafistes djihadistes à l’ambassade américaine aux Berges du Lac, Washington a mis la Tunisie dans la liste des pays à risque déconseillés aux Américains, à côté du Soudan. Et a restreint son staff diplomatique au strict nécessaire après avoir demandé à ses ressortissants de quitter le pays.

 

C’est à peine si M. Abdessalem admet que ces événements sont regrettables. Mais ils n’entacheront pas la qualité des relations tuniso-américaines. Sommes-nous tenus de croire encore ce beau parleur qui ne prend même pas la précaution de tourner sa langue sept fois dans la bouche avant de débiter des énormités? Imed Bahri kapitalis

 

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L’ambassadeur US critique les insuffisances sécuritaires


jacob-wallesM. Jacob Walles, l’ambassadeur américain en Tunisie, a rencontré le 17 Septembre, le ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem. Selon un communiqué de la représentation diplomatique US rendu public le lundi, « l'ambassadeur a rappelé au ministre tunisien le devoir des pays hôtes en vertu de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, de prendre toutes les mesures appropriées pour assurer la sécurité des missions diplomatiques».


L'ambassadeur a également souligné que «les mesures prises par les autorités tunisiennes le 14 Septembre étaient insuffisantes pour protéger l'ambassade américaine». On apprend également que «L'ambassadeur a demandé aux autorités tunisiennes de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger l'ambassade et d'autres installations américaines en Tunisie, y compris l'école américaine de Tunis».


A noter que le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem a rencontré, lundi, successivement les ambassadeurs des Etats-Unis d'Amérique, de la France, de l'Allemagne, de la Grande Bretagne ainsi que du président de la délégation européenne en Tunisie. M. Abdessalem a fait part «des regrets de la Tunisie et sa ferme dénonciation suite aux actes de violence et de trouble survenus vendredi dernier dans l'enceinte de l'ambassade et de l'école américaines à Tunis».


M. Abdessalem a affirmé la détermination des autorités tunisiennes à réunir toutes "les conditions propices" garantissant la protection des missions diplomatiques et des écoles étrangères ainsi que la sécurité de tous les étrangers résidant en Tunisie, conformément à ses engagements et dans le respect du droit international, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères. mag14

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 00:07
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Abou Iyadh tient tranquillement et en toute impunité son discours à la mosquée El Fath, vers 13h30


 
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Le chef salafiste Abou Yadh quitte la mosquée où il était retranché

Un chef salafiste qui avait appelé aux manifestations devant l'ambassade des Etats-Unis en Tunisie a pu quitter lundi la mosquée de Tunis, où il s'était retranché dans la journée avec plusieurs dizaines de ses partisans, encerclés par la police.

 

Plusieurs centaines de membres des forces de sécurité tunisiennes avaient pris position autour de la mosquée El Fateh de Tunis, où Seif-Allah Ben Hassine, connu sous le nom d'Abou Yadh, s'était retranché. Un peu plus tôt, il avait accusé le gouvernement tunisien d'être responsable des violences lors de la manifestation de vendredi et assuré qu'il avait appelé à un rassemblement pacifique.

 

Un journaliste de l'Associated Press a rapporté que Seif-Allah Ben Hassine avait ensuite quitté la mosquée avec plusieurs centaines de partisans qui ont franchi le cordon de sécurité en courant, protégeant manifestement sa sortie.

 

Un policier sur place a confirmé que le groupe était parti après des négociations avec les autorités. Les forces de l'ordre ont ensuite quitté les abords de la mosquée.

 

Seif-Allah Ben Hassine est le chef supposé de la branche tunisienne d'Ansar al-Charia. Le groupe est soupçonné d'avoir organisé l'attaque du consulat américain à Benghazi dans l'est de la Libye qui a coûté la vie la semaine dernière à l'ambassadeur américain Chris Stevens et trois de ses compatriotes.

 

Vendredi, plusieurs milliers de manifestants dénonçant un film amateur ridiculisant le prophète de l'islam Mahomet avaient pris d'assaut l'ambassade américaine à Tunis. Ils avaient déchiré le drapeau américain et hissé un drapeau islamique, pillé et incendié des bâtiments voisins. Des affrontements ont eu lieu avec les forces de police. Quatre manifestants sont morts. tempsreel.nouvelobs

 

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Abou Yadh et le repli tactique du gouvernement


 

ghannouchi-abouyadhLe bataillon de policiers déployés au cœur de Tunis, autour de la mosquée Al Fath, ont effectué un repli  «tactique». En somme, ils ont reculé pour mieux sauter, quitte à laisser le leader salafiste djihadiste Abou Yadh s’éclipser. Mais les forces de sécurité ont sûrement leurs raisons que notre raison ignore.

 

Khaled Tarrouche, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, a précisé ce lundi 17 septembre, que ses services savaient qu'Abou Yadh se trouverait aujourd'hui à la mosquée Al Fath. Ils sont donc au moins aussi bien renseignés que les quelques trois millions de facebookeurs tunisiens qui auront appris sur les réseaux sociaux dont ils sont accros, la date, le lieu, et l’heure de la nouvelle apparition de cette icône du djihadisme tunisien.

 

Et il n’y a pas de raison que le ministère de l’Intérieur, dont la page Facebook est assez bien animée, ne s’abreuve pas à la même source, histoire de dévoiler les «vérités cachées». C’est dire que tous les citoyens sont désormais égaux devant l’information depuis la Révolution.

abouyadh

 

Il n’empêche, nos brigades spéciales, dument bottées et casquées, et surtout filmées et photographiées, sont venues se masser autour de la mosquée. Théoriquement imparable. Abou Yadh paraissait donc bel et bien coincé, par nos brigades du tigre. Sauf que nos fauves ont fini par abandonner la partie. Mais il s’agit d’une retraite stratégique, d’un simple repli tactique a affirmé Khaled Tarrouche. Ce qui suscite quelques interrogations, sans doute fort mal à propos. S’agirait-il de la même manœuvre dilatoire qui a permis le remplacement du drapeau national à la Manouba, et les dérapages  lors des événements d’El Abdellia ?

kairouan-tunisie

Le Cheikh Abdelfatah Mourou qui semble tout aussi profondément imprégné de ces nobles principes pourrait nous en dire plus, avec son éloquence coutumière. Il a beau se faire agresser lors d'un débat d’idée, il renoncera à poursuivre le coupable. Encore la même tactique. Nous n’irons pas jusqu’à évoquer la reculade encore trop fraîche de vendredi dernier, face aux manifestants devant l’ambassade des Etats-Unis. Inutile de remettre du reste sur le tapis tous les autres replis et autres retraites anticipées, qui démontrent qu’il s’agit d’une stratégie désormais bien rôdée.

 

C’est dire que l’on parait avancer à pas forcé, même si c’est à reculons. Mais après tout, c’est un détail. Sauf qu’à enchaîner ainsi sans répit les replis, le risque est gros de se retrouver le dos au mur, dans l’impasse. «Le dos de l’âne risque de finir», plus tôt que prévu comme dirait l’autre vieux renard. Pour en revenir à Abou Yadh, Khaled Tarrouche a affirmé qu'il n'est pas en mesure de donner plus de précisions pour l’instant. Et pour cause : la démonstration de force des djihadistes du 20 mai dernier,  à Kairouan est encore dans les esprits. Encore des questions ? Courage : fuyons !  mag14

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 04:01

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Echec et … Mat pour Larayedh ? 

 

4 morts et 49 blessés, tous tunisiens. C’est le bilan définitif d’une journée de violences, qui était dédiée au soutien d’un Prophète et d’une religion, qui n’ont jamais prôné la violence. Toutes les TV du monde étaient là et les responsables de ces violences ont été photographiés sous toutes les coutures. Le temps en Tunisie n’est pourtant pas encore, au ministère de l’intérieur, à confondre et à arrêter les responsables. Les responsabilités, tout le monde politique tunisien les cherche actuellement ailleurs, dans les coulisses et derrière les bureaux des responsables. Aux morts, que Dieu ait leurs âmes. Aux Américains, excusez vos poulains de cette pagaille !

 

Il est pourtant nécessaire de faire quelques remarques à propos de ce qui s’est passé, après ces violences.


16-09-2012-19-58-01fd.jpg 

C’était attendu, tout était attendu !

 

Qui sème le vent récolte la tempête, disait le proverbe français. Le vent, il faut s’en rappeler, ce sont tout d’abord les députés d’Ennahdha à la Constituante qui l’ont semé avec leurs déclarations, jeudi dernier, dans l’enceinte même de la Constituante. Ce sont ensuite certains les imams dans leurs prêches du vendredi noir. Ce sont enfin les forces de l’ordre qui ont vu et laissé passer les hordes de salafistes et bandits des grands chemins, sur plusieurs kilomètres à pied, en vélomoteurs, en voiture et tout ce qui pouvait servir de moyen de transport.

 

Tout cela, la mobilisation, les appels à la violence et les manifestations, étaient pourtant prévus, depuis le jeudi 13 septembre. Les violences elles-mêmes étaient attendues et leurs auteurs, connus, presqu’attendus d’avance. Le ministre de l’intérieur, Ali Larayedh, avait évoqué sur la Watanya 1, la jonction entre salafistes et bandits de grands chemins. Et ce n’était pas la première fois.

 

Cela avait été vérifié lors de l’attaque du tribunal de Sedjoumi en juin dernier et les évènements qui l’avaient précédée. Ce n’était pas, non plus, la première fois que des salafistes se livraient impunément à des actes de violence, sans aucune suite judiciaire. Derrière cette impunité, pointent  les positions du parti au pouvoir, Ennahdha, vis-à-vis de toute la mouvance d’islamistes radicaux. Les dernières en date sont les réactions de Rached Ghannouchi, l’homme à la tête de tous les pouvoirs en Tunisie. S’exprimant, vendredi soir, à la télévision nationale Wataniya 1, le président du parti du mouvement Ennahdha  a exprimé qu’il sympathise avec les manifestants qui défendent l’honneur du prophète Mohamed. Il a ajouté que les musulmans ont le droit de protester et d’être en colère quand on porte offense au prophète. Intervenant ensuite sur les ondes d’Express FM, Rached Ghannouchi accuse des «intrus» de s’être infiltrés dans la manifestation et qui seraient à l’origine des dégâts engendrés. Quand bien même aucune photo ne montrerait un salafiste ou un manifestant s’opposer à ces intrus. Les photos administraient, au contraire, la preuve d’une complicité. Dans aucune déclaration, il n’avait mis en cause la mouvance islamiste radicale des salafistes.

 

Rached Ghannouchi, n’a apparemment pas changé, depuis son fameux discours du 30 août 1990, manifestement à Khartoum au Soudan.

 

 

On était deux jours après la symbolique du 11 septembre et ce qu’il disait, il y a 22 ans contre l’agression américaine contre l’Irak. «L’Etat qui agresse l’Irak exposera ses propres intérêts à la destruction partout dans le monde … » disait Rached Ghannouchi, avant d’ajouter que «celui  qui se met en ordre de bataille pour affronter les ennemis de l’islam, sera notre ami, et celui qui se met au service des ennemis de l’islam sera notre ennemi quels qu’en soient le statut et les slogans qu’il scande…. Allez-y de l’avant sans discontinuer et mettez le feu aux poudres de la guerre contre le juggernaut (force destructrice irrésistible) conduit par les Américains aujourd’hui partout dans le monde».


Ceux qui ont entendu ces paroles, ceux qui l’entendent toujours, l’ont-ils oubliées et pourraient-ils croire un jour que le leader du parti qui gouverne la Tunisie où ils se trouvent, peut un jour être d’accord pour qu’on les accuse de quelque chose ?


Ali Larayedh, coupable ou bouc émissaire ? Partira ou partira pas ?


Des questions se posent aussi au sujet du comportement des forces de l’ordre qui savaient, à l’instar  toute la Tunisie, au lendemain du jeudi et juste après la prière  du vendredi. Autant de questions sur le  comportement de ces mêmes forces de l’ordre sur le terrain, débordées, incapable de contenir de simples «intrus» comme les nommait Rached Ghannouchi, sur les instructions qui leur ont été données ou qui ne leur ont pas été données.

 

Ce n’est pourtant pas la première fois que Ali Larayedh faisait l’objet de critiques pour sa gestion des manifestations. Il est entendu à la Constituante et même poursuivi en justice, depuis avril dernier. Sa gestion des manifestations du 9 avril dernier fait toujours polémique et la Tunisie attend toujours le fameux rapport de commissions qui ne se sont pas constituées. Il débutera aussi le mois de mai 2012, sur des charbons ardents. En juin, c’est l’attaque d’établissements de souveraineté à Jendouba et en août, ce sont les évènements de Sidi Bouzid. Jamais Larayedh n’a été condamné  par son camp, Ennahdha, qui l’a toujours soutenu. Les choses semblent changer, depuis l’affaire de l’ambassade US à Tunis.

 

On commence avec le patron, Rached Ghannouchi qui s’interrogé sur la Watanya 1, sur les raisons pour lesquelles les forces de l’ordre n’ont pas su protéger le rassemblement comme il se devait, alors qu’il était prévu, depuis plusieurs jours. C’est ensuite le SG du CPR, Mohamed Abbou qui condamne, sur les colonnes d’Al Maghreb, la faiblesse du rendement des forces de sécurité. Et enfin Mohamed Hamdi, du courant réformiste, qui demande carrément la démission du ministre de l’Intérieur.

 

Ce dernier, sera en effet, une seconde fois entendu par l’Assemblée Constituante. Mais, notons cette toute petite information rapportée, ce dimanche 16 septembre 2012, par le quotidien El Maghreb. «Lors de discussions consultatives entre représentants de différents groupes parlementaires à propos des évènements de l’ambassade US, les représentants des différents groupes ont été unanimes à dire qu’ils ne demanderont pas [devant la Constituante] le départ de Larayedh, car son remplaçant à la tête du ministère de l’Intérieur [portefeuille revenant à Ennahdha dans le partage des ministères] ne  pourrait  faire montre d’autant de mansuétude[ ndlr : à l’égard des salafistes et des manifestants]» !

 

On se demanderait encore une fois si toutes ces déclarations, toutes les audiences, ne sont pas du simple cinéma et si Larayedh ne serait pas un simple bouc émissaire, au cas où il faudrait désigner  un coupable, pour des dépassements qui pourraient être même voulus ? A moins que tout cela, ne soit une simple excuse, pour passer sans contestation, la loi sur la protection du sacré dans la nouvelle Constitution, une proposition d'Ennahdha qui avait soulevé une large vague de contestations et de protestation !  

Khaled Boumiza africanmanager

 

 

 

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Ghannouchi remet sur le tapis le projet de loi incriminant l'atteinte au sacré 

 

 

 

Le président d’Ennahdha a profité, hier, des attaques contre l’ambassade des Etats-Unis à Tunis par des éléments salafistes pour écumer les médias et plaider pour… la loi incriminant le sacré.

 

Plus opportuniste que lui, tu meurs! Rached Ghannouchi a profité des événements douloureux dont Tunis a été le théâtre vendredi après midi pour… faire de la propagande politique pour son parti.

 

On ne s’attardera pas sur ses justifications à peine déguisées des attaques contre l’ambassade: «Notre nation est agressée par des parties qui font commerce des attaques contre l’islam. Ces attaques ont atteint le prophète des musulmans. Et c’est le droit des musulmans de défendre leur prophète» (interview sur Watania 1) ou encore: «Il y a des causes à ces violences: 1,5 milliard de musulmans ont senti que leur religion a été agressée. Il existe aujourd’hui une industrie dans le monde qui consiste à piétiner la religion des musulmans et à inciter à la haine entre les religions» (interview sur Express FM).

 

Là où vraiment le bât blesse c’est lorsque le chef du parti islamiste Ennahdha (au pouvoir) profite des micros et plateaux qui lui sont généreusement offerts pour faire la promotion du projet de loi présenté par son parti à l’Assemblée nationale constituante (Anc) relatif à l’incrimination du sacré.

 

«La liberté d’expression ne permet pas l’atteinte au sacré. Quand une loi en ce sens a été présentée (par des députés d’Ennahdha, Ndlr) à l’Assemblée constituante, il y a eu une levée de bouclier de la part de certaines parties. Il faut que les Nations unies adoptent une loi incriminant l’atteinte au sacré» (interview sur Watania1); ou encore : «Il n’y a pas de loi pour protéger le sacré. Quand une loi en ce sens a été présentée devant la Constituante, les laïcs se sont élevés contre cette loiMme Hillary Clinton a dit qu’il n’y a pas de lois au Etats-Unis(incriminant l’atteinte au sacré, Ndlr). Ce n’est pas normal» (interview sur Express FM).

 

On ne s’étonnera pas de voir les élus d’Ennahdha revenir à la charge, dans les prochains jours, pour remettre sur la table leur projet de loi sur l’atteinte au sacré. Ils exigeront peut-être que cette interdiction soit inscrite dans la prochaine constitution.

 

On ne s’étonnera pas, non plus de voir, Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères, proposer, dans le sillage du Guide suprême, son beau-père Rached Ghannouchi, aux Nations unies, au nom de la Tunisie, un  projet de loi incriminant l’atteinte au sacré.

Imed Bahri kapitalis

 

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Le salafiste Mohamed Bakhti arrêté ?!

 

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Nous croyons savoir que Mohamed Bakhti, le salafiste impliqué dans les attaques de Soliman en 2006 et le chef des étudiants salafistes qui avaient revendiqué le port du niqab à la faculté de Manouba, l'année dernière, vient d'être arrêté par la brigade anti-terroriste. 

 

 

En effet, c'est suite à une descente chez Bakhti que la BAT l'aurait arrêté et emmené pour interrogatoire.

 Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une grande rafle dont le but est d'arrêter les leaders salafistes qui seraient derrière les événements tragiques contre l'Ambassade américaine en Tunisie, vendredi 14 septembre 2012 et qui ont engendré 4 morts et de nombreux blessés. Éventements qui ont fait que la Tunsie soit désormais cataloguée comme pays à haut risque, au même titre que le Soudan. espacemanager


 

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Arrestation d'un leader salafiste


     

Abou Ayoub (recherché)                      Abou Iyadh  (recherché)

 

Le salafiste Mohamed Bakhti a été appréhendé par les forces de la brigade anti terroriste samedi soir dans sa région natale du côté de Zaghouan, au sud de la capitale tunisienne, a-t-on appris dimanche sur le site Tunisienumérique.

 

Mohamed Bakhti a été longuement interrogé par les services de la police judicaire d' El Gorjani, puis transféré en état d' arrestation au centre de détention préventive de Bouchoucha.

 

Mohamed Bakhti aurait été aperçu aux premiers rangs de la manifestation de vendredi devant l' ambassade américaine. Les policiers seraient en possession d' éléments l' incriminant directement dans l' organisation de la manifestation et son " dérapage" en diffusant dans les rangs des assaillants les appels à la violence, selon la même source.

 

En outre, Abou Iyadh et Abou Ayoub, figures de proue du jihadisme salafiste en Tunisie, ont jusqu' à présent, pu passer à travers les mailles de la police. Ils sont activement recherchés par tous les services de police tunisienne, pour leur présumée participation aux émeutes devant l' ambassade américaine à Tunis. french.cri.cn

 

 

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Abou Iyadh, assistait à l’enterrement au Djellaz ?


 

djellaz.jpgSelon Shems FM, Abou Iyadh, supposé être l’homme le plus recherché par la police tunisienne, a assisté à un enterrement ce dimanche après midi au cimetière du Djellaz.

Pourtant la présence policière y était assez forte depuis le matin.

Abou Iyadh aurait pu repartir après l’enterrement escorté par un groupe de salafistes, sans être inquiété !

Il aurait même été aperçu hier soir à la cité Ettadhamen, assister à une veille funèbre d’une des victimes de l’attaque de l’ambassade américaine. Il semble défier les forces de police de l’appréhender dans des cortèges funèbres et parmi ses “fidèles” avec ce que cela pourrait engendrer comme dégâts. tunisienumerique

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Pour plus d'informations à ce sujet, cliquer  : Abou Yadh assite aux funérailles de l'une des victimes des affrontements de l'ambassadde US

 

 

 

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La semaine de la honte et de l’absurde


 

BN7648manifesationambassadeUS.jpg

Viols, torture ayant entrainé la mort, falsifications de documents, falsification du drapeau tunisien, naufrage des immigrés clandestins, mariages collectifs, émeutes sanglantes, débats sur le sacré, violation de l’ambassade des Etats-Unis, incendies, menace d’application de la peine de mort, fausse extradition-expulsion-éloignement, journaliste percuté par la voiture de son directeur général, mausolée de Bourguiba saccagé… les événements qui se sont produits cette semaines se suivent et ne se ressemblent pas.

La gravité de la situation n’a d’égale, elle, que l’absurdité des réactions qui s’en sont suivies… Retour sur une semaine mouvementée en Tunisie. 

 

Dimanche dernier, le président de la République tunisienne, offrait une interview à nos confrères du Figaro. S’il mettait en garde, du bout des lèvres, ses alliés islamistes de toute tentation autoritaire, Moncef Marzouki regrettait l’image faussée donnée par les médias tunisiens et étrangers, de la situation du pays, les accusant d’exagérer les faits, les uns en caricaturant la situation, les autres parce qu’ils étaient partisans de l’ancien régime. Il est vrai que certains faits ont presque été passés sous silence, ou d’autres minimisés, et il convient ici de les rappeler.

 

La semaine dernière, une jeune fille sortant d’une soirée, dans la banlieue Nord de la capitale, est arrêtée par les policiers, en compagnie d’un ami. Le surlendemain, Radhia Nasraoui, s’indignait sur Nessma TV du viol de cette jeune fille par ces mêmes policiers qui l’avaient contrôlée. C’est alors que le ministère de l’Intérieur émet un communiqué pour affirmer que les suspects du viol ont été arrêtés. Il s’agit là d’un précédent positif dans le sens où les autorités avaient rarement pris leurs responsabilités quant aux dérives policières constatées, que ce soit avant ou après la révolution. Mais c’était sans compter une nouvelle « maladresse » du ministère de l’Intérieur qui, par l’intermédiaire de son porte-parole, a jugé nécessaire de préciser que la victime du viol avait été trouvée dans une « position immorale », avec son compagnon… le porte-parole aura beau souligner que cela ne justifiait en rien le viol, le mal est fait. 

 

Pendant ce temps, l’enquête se poursuit concernant le jeune homme tué dans un poste de police, suite aux tortures qui lui ont été infligées. Rached Ghannouchi nous assurera que ce sont des choses qui arrivent et que les policiers ne sont pas censés être des enfants de chœur… ils doivent traiter avec des criminels ! Pourquoi donc dénoncer la torture sous la dictature, si ce sont des choses qui peuvent arriver en démocratie, sous un gouvernement légitime ?

 

Toujours en fin de semaine dernière, nous apprenons, par l’intermédiaire de médias étrangers, qu’une embarcation de plus d’une centaine de clandestins tunisiens a fait naufrage au large des côtes de Lampedusa. Le drame humain n’est pas encore parvenu aux oreilles du gouvernement, trop occupé par les préparatifs d’un mariage collectif prévu le lendemain. La fête réunit plusieurs ministres, dont les principaux intéressés, le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, peut-être pas tout à fait reposé de la fête du samedi soir, affirmera que deux cadavres ont malheureusement été repêchés… en état de décès. Suivent des visites de courtoisie, en Italie, de membres du gouvernement et de l’opposition, dont il ne ressortira, pour le moment, rien de concret. 

 

Dans le même temps, Moncef Marzouki est à Doha pour un séminaire sur la restitution des avoirs aux pays du « printemps arabe ». A peine débarqué que la présidence de la République publie un communiqué, faisant état de l’éloignement de Sakher El Materi, suite aux négociations avec « nos amis qataris ». Un « éloignement » présenté comme une première victoire et la présidence ne manquant pas de remercier chaleureusement l’Emir du Qatar pour ce geste. D’éloignement en expulsion, il s’avèrera, par la suite, que les responsables qataris ne sont pas au fait de cette « décision » et que Sakher El Materi ne se trouvant pas au Qatar depuis plusieurs jours, il n’était pas question de parler d’expulsion.

Qu’à cela ne tienne, après avoir réussi à expulser l’ambassadeur syrien inexistant des terres tunisiennes, Moncef Marzouki a réussi l’exploit d’expulser Sakher El Materi, de son propre gré, des terres qataries. A supposer que le fait que le gendre de l’ancien président se trouve au Qatar, à Dubaï ou ailleurs (sauf en Tunisie) soit une quelconque victoire. Interpol se chargera du reste, se rassure le président de la République. Un effet d’annonce sur fond de manipulation médiatique ? Non ce sont les médias qui déforment les faits, si l’on en croit Marzouki. La « Bonté divine ! » était de circonstance, pour les remettre en place…

 

Toujours au même moment, l’ANC fait sa rentrée des classes en séance plénière. Des lois devaient être votées et des ministres interrogés. Mais le premier jour (comme les autres, dans ce cas précis), les écoliers n’ont pas la tête à travailler. C’est Maya Jribi qui tirera la première rafale. En défenseure de la veuve et de l’orphelin, elle exige que l’ordre du jour soit modifié pour évoquer les Tunisiens naufragés.

Les séances d’indignation de l’Assemblée constituante n’ont jamais débouché sur quelque chose de concret ? Qu’à cela ne tienne, il faut s’indigner, et devant les caméras, si possible. Une tentative échouée, Ben Jaâfar tient bon puis laisse sa place à Meherzia Laâbidi qui aura moins de chance. En cause, cette fois, un document de projet de loi falsifié. « République bananière », « méthodes de l’ancien régime », les accusations fusent et la séance s’achève. Le lendemain, munie de son communiqué, Mme Laâbidi affirme détenir les preuves de la validité du document, malgré la dénonciation des élus présents dans la commission. Dans le même temps, la vice-présidente de l’ANC profitera de l’occasion pour amener des précisions au sujet de la mise à sac du mausolée d’Habib Bourguiba : « Le salafiste voulait déposer des fleurs sur sa tombe » ! Mme Laâbidi ayant donné son verdict, les deux affaires peuvent être closes. 

 

En fin de semaine, les événements s’accélèrent. La polémique d’un semblant de film de série B, dont des extraits sont diffusés sur internet, enfle en Tunisie. Al Joumhouri ne veut pas être à la traine, en appelant à manifester, tout comme les salafistes, contre l’offense faite au Prophète. Des émeutes ont déjà eu lieu devant l’ambassade des Etats-Unis. Le lendemain, une journée calme, en attendant le vendredi de la colère.

Un journaliste se retrouve sur le capot de la voiture du directeur général de Dar Assabah qu’il veut voir démissionner. Le trajet de quelques centaines de mètres se terminera à l’hôpital pour le premier, au poste de police pour le second… qui portera plainte contre le journaliste. L’ordre du jour de l’Assemblée constituante est tout trouvé. 90% pour l’offense au Prophète et 10% pour Lotfi Touati et sa « tentative d’éloigner le journaliste qui s’est jeté sur son capot ». Les huissiers et autres lois se rapportant à la finance peuvent bien attendre. Nous assisterons alors à un déferlement d’indignations contre un film inconnu d’un réalisateur inconnu.

Les députés de la majorité, comme de l’opposition, se succèderont pour prouver tout l’amour qu’ils vouent au Prophète et à l’Islam et pour réaffirmer au peuple à quel point ils sont attachés aux valeurs islamiques. Certains en profiteront pour remettre sur la table la nécessité d’une loi incriminant l’atteinte au sacré, laquelle loi devant être contraignante pour les Etats-Unis ! (sic) Un des élus du peuple trouvera également le moyen de justifier le meurtre de l’ambassadeur américain en Libye, les Etats-Unis n’avaient qu’à interdire le film ! (re-sic) 

 

Le même jour, Mohamed Abbou vante les mérites du code pénal, précisément les lois qui servaient à museler l’opposition. Grand pourfendeur des droits de l’Homme, M. Abbou voulait certainement rappeler « innocemment » ce que prévoit la loi pour ceux qui voudraient renverser le régime après le 23 octobre. La sentence, dit-il, est la peine de mort. En Tunisie, il s’agit, précisément, de mort par pendaison. 
 

Béji Caïd Essebsi serait lui-même concerné par la sentence, selon les déclarations de plusieurs responsables du Mouvement Nida Tounes, une menace qui devrait être orchestrée par un membre du gouvernement et exécutée avant le 23 octobre. Accusations que le gouvernement conteste et que Lotfi Zitoun, principal théoricien du complot en Tunisie, rejette, faute de preuves.

 

Auparavant, il y eut le vendredi de la colère. Celui du « gâchis », comme l’a qualifié un journaliste présent sur les lieux. Une ambassade violée, des bâtiments incendiés, du matériel volé, des forces de l’ordre « dépassées » et surtout des vies perdues. Alors que Rached Ghannouchi fait comprendre à Hillary Clinton que les Etats-Unis devraient voter une loi protégeant le sacré, que Mustapha Ben Jaâfar mène l'enquête pour savoir qui a remplacé l'étoile du drapeau tunisien par une étoile à six branches et que Hamadi Jebali est aux abonnés absents, le responsable de l’école américaine accuse les autorités et la lenteur avec laquelle les forces de l’ordre et la protection civile sont arrivées sur place. Washington prend sa décision : rapatrier son personnel et conseiller à ses ressortissants de quitter la Tunisie. La sentence est tombée.  

Monia Ben Hamadi businessnews

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 03:58

Souffrance et désespoir ...

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Naufrage en Méditerranée : les familles dénoncent l'inertie de la Tunisie et de l'Europe

Les associations réclament une commission d'enquête sur le naufrage de Lampedusa, où une cinquantaine de migrants tunisiens ont disparu.

Image transmise par les gardes-côtes italiens les montrant en train de secourir des immigrants au large de Lampedusa, le 18 août.

Image transmise par les gardes-côtes italiens les montrant en train de secourir des immigrants au large de Lampedusa, le 18 août. © AP/Sipa

"Il faut cesser ce massacre !" Amor ne mâche pas ses mots. Place du 14-Janvier, à Tunis, jeudi 13 septembre, il proteste avec plusieurs autres familles pour demander des réponses sur les disparitions des harragas, ces émigrés qui embarquent sur des bateaux de fortune pour gagner irrégulièrement l'Europe. L'an dernier, son fils de 17 ans est parti. Il n'a jamais rejoint l'Italie. "Je n'étais pas d'accord. Je connais la France, je sais qu'il n'y a rien là-bas. Notre situation sociale n'est pas enviable, mais elle n'est pas médiocre non plus. Celui qui organisait l'opération a menti à ces jeunes. Il faut que cela s'arrête", lance ce père désormais président de l'Association des familles victimes de l'émigration clandestine.

 

La marche, organisée par le Forum des droits économiques et sociaux, devait se diriger vers la place des Droits de l'homme, située avenue Mohamed-V. Mais les familles, les portraits de leurs enfants entre les mains, en ont décidé autrement. Direction avenue Habib-Bourguiba. Puis l'ambassade d'Italie. Cris, pleurs, la police essaie de les dissuader. Rien à faire. Un cordon de sécurité se met en place.

Zones d'ombre

"Ces parents ont raison ! lance un jeune aux abords de la marche. Il a fallu que des jeunes brûlent des pneus pour que le gouvernement publie la liste des noms des rescapés (du naufrage de la nuit du 6 au 7 septembre, NDLR). S'ils font plus de bruit, peut-être que le gouvernement bougera." Le 10 septembre, dans la ville d'El Fahs, située à une soixantaine de kilomètres de Tunis, des échauffourées ont éclaté. Le commissariat mais aussi le poste de la garde nationale ont été incendiés, selon l'agence de presse tunisienne.

 

Le silence du gouvernement tunisien face au naufrage, qui a fait des dizaines de disparus, commençait à devenir pesant et les familles demandaient des explications. Une liste des 56 rescapés a été rendue publique le lendemain par le ministère des Affaires étrangères. Liste pourtant datée du 7 septembre. Le secrétaire d'État aux Migrations, Houcine Jaziri, et le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, se sont rendus sur place. 

 

Plus d'une centaine de Tunisiens seraient partis le 6 septembre depuis Sfax pour parcourir les 225 kilomètres qui séparent la seconde ville du pays de l'île italienne Lampedusa. "On ne sait pas combien ils étaient sur le bateau. Les témoignages ne concordent pas. Certains évoquent 120 personnes, d'autres 136. Les noms non plus ne correspondent pas. On n'est même pas sûrs qu'il n'y avait qu'un bateau", explique Karima Souid, députée et assesseur auprès du président de l'Assemblée constituante. 

 

Elle est l'une des cinq membres de la délégation mise en place, le 12 septembre, par l'Assemblée nationale constituante tunisienne chargée de suivre le dossier de ce naufrage. "Ce problème n'est pas nouveau, mais, là, il s'agit du drame de trop. C'est un drame national et la responsabilité est collective. Ce n'est pas la faute du gouvernement", estime la députée, qui regrette notamment que les Tunisiens arrivés la semaine dernière sur les côtes italiennes aient donné "de fausses identités" de peur d'être renvoyés en Tunisie. "Du coup, les noms ne correspondent pas aux fichiers."

Lourd dispositif de surveillance

Les associations demandent la mise en place d'une commission d'enquête civile pour faire la lumière sur ce naufrage, mais aussi sur les disparitions des Tunisiens depuis plus d'un an et demi. Pour la députée, "il n'y a pas lieu de créer une commission d'enquête puisque c'est sur le sol italien". Elle concède que les autorités tunisiennes et italiennes doivent travailler de concert, mais explique que c'est le cas. De fait, en octobre, la Tunisie et l'Italie devraient se rencontrer afin d'établir un projet bilatéral visant à renforcer la sécurité côtière.

 

Un projet que dénonce le réseau Boat4People, qui milite pour une approche moins policière de la migration. Après avoir réussi à récupérer les coordonnées du naufrage, les activistes de Boat4People ont constaté que l'embarcation était couverte par un réseau GSM (téléphone portable) et des radars italiens. Elle était également dans la zone de recherche et de secours italienne, celle de contrôle des carabiniers et celle des gardes des finances, mais aussi dans une zone bénéficiant de l'appui aérien de Frontex, l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures. "Cela fait six dispositifs qui permettent de repérer un bateau qui coule. Si les pays européens avaient la volonté de secourir les migrants, ils pourraient être plus efficaces", dénonce Nicanor Haon, coordinateur de projet au sein du réseau, qui évoque "une politique du rejet des émigrés, surtout depuis la révolution (tunisienne, NDLR)". lepoint

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Lampedusa : Arrestation du capitaine de l’embarcation et de son adjoint

 

Le chef de la police du département d'Agrigente en Italie, a annoncé, vendredi 14 septembre 2012, l'arrestation de deux émigrés parmi les rescapés tunisiens du naufrage de l'embarcation clandestine survenu la semaine dernière au large de l'île de Lampedusa. Ces arrestations interviennent suite à l'enquête des autorités sécuritaires italiennes et aux déclarations de six rescapés désignant les deux individus comme étant le capitaine de l'embarcation et son adjoint.
 

Un responsable de la ville de Lampedusa a fait savoir, lors d'une séance de travail avec le ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, que 40 parmi les rescapés ont été retrouvés sur l'île rocheuse de Lampione, tandis que les autres ont été secourus au large.
« Les premiers appels de détresse ont été émis par un homme et une femme parlant parfaitement la langue italienne et dont les informations sur le nombre des passagers étaient contradictoires », a-t-il ajouté, précisant que le corps de cette femme, Ines Ben Ahmed Khériss, née le 5 janvier 1981, a été récupéré en mer.

Les responsables italiens ont, également, fait part de leur détermination à poursuivre les recherches des personnes portées disparues.

 
Le ministre des Affaires étrangères s'est rendu au centre d'hébergement des émigrés de Lampedusa où il s'est informé auprès des rescapés des circonstances de la catastrophe et des conditions d'accueil au sein du centre.
Rafik Abdessalem avait auparavant souligné que ces vagues d'émigration clandestines ne doivent pas entraver les relations amicales, bien établies, entre les deux pays.

 
Le centre d'hébergement de Lampedusa compte 82 émigrés clandestins de nationalité tunisienne dont les 54 rescapés du dernier naufrage. Les autres sont arrivés sur l'île le 8 et le 9 septembre courant. businessnews

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 02:15

Témoignages

 

 

 

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Les forces de l’ordre effectuent une descente au domicile d’Abou Yad

 

Selon les déclarations du porte-parole du ministère de l’Intérieur, sur les ondes de Shems Fm, vendredi 14 septembre 2012, les forces de l’ordre ont effectué une descente au domicile du leader des salafistes jihadistes, Seif Allah Ibn Hussein, plus connu sous le nom d’Abou Iyadh. Ce dernier n’a pas été arrêté et est actuellement en fuite. 


Cette intervention survient suite aux actes de violences perpétrées contre l’ambassade des Etats-Unis à Tunis impliquant des groupes appartenant à la mouvance salafiste. businessnews

 

 

 

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اختفاء أبو عياض التونسي في ظلّ ملاحقة أمنية

 
 

قامت قوات أمنية بمداهمة منزل القيادي في السلفية الجهادية المعروف باسم أبو عياض التونسي على خلفية التحقيق معه في الاشتباكات التي اندلعت أمام السفارة الأمريكية بالعاصمة مع المحتجين السلفيين على خلفية الفيلم المسيء للنبي محمد عليه الصلاة والسلام.

 

ولم تعلن وزارة الداخلية إلى حدّ كتابة هذه الأسطر عن القبض على أبو عياض التونسي، الذي اختفى قبل قدوم القوات الأمنية التي تطارده.

 

يشار إلى أنّ أبو عياض كان قد هدد في مرات سابقة وزير الداخلية علي لعريض بالتزام حدوده، على خلفية اعتقالات وقعت في صفوف السلفيين بسبب أعمال عنف نشبت نتيجة نشر صور اعتبرت مسيئة للإسلام بقصر العبدلية بالمرسى.almasdar.t

 

 

 

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Attaque contre l'ambassade des USA en Tunisie: un chef salafiste recherché

 

Le ministère tunisien de l'Intérieur a menacé samedi de punir toutes les personnes impliquées dans l'attaque de l'ambassade américaine vendredi, alors que le chef d'un groupe salafiste jihadiste était recherché par la police.

 

"Toute personne impliquée de près ou de loin dans les événements (...) devant l’ambassade américaine à Tunis sera punie", a déclaré le porte-parole de la sûreté nationale Mohamed Ali Aroui.

 

Il était interrogé sur Mosaïque FM sur une descente de la police au domicile de Seif Allah Ibn Hussein (alias Abou Iyadh) chef du courant "Ansar al-charia" (Partisans de la charia).

 

M. Aroui est resté évasif mais un des partisans d'Abou Iyadh a confirmé cette descente en banlieue de Tunis.

 

"La police est venue vendredi soir au domicile d'Abou Iyadh, mais il n'a pas été arrêté parce qu'il ne s'y trouvait pas", a indiqué à l'AFP ce militant parlant sous couvert d'anonymat.

 

Des escarmouches ont par ailleurs opposé samedi des jeunes à la Cité Ettadhamen, un bastion salafiste en banlieue ouest de Tunis, a indiqué un témoin à l'AFP.

 

Des jeunes "s'en sont pris à coups de pierres à des salafistes (...) qui ont pris la fuite" selon un habitant.

 

Des bus ont été endommagés et la circulation s'est momentanément arrêtée, la police a patrouillé sans intervenir, selon la même source.

 

Le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh, membre du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement, a de son côté dénoncé l'existence de "groupes qui ont incité à la violence et au pillage, profitant de la colère" provoquée par un film anti-islam.

 

Selon lui, "ces groupes se servent des jeunes pour tenter d'imposer par la force un projet de société (...) rejetant les lois et les institutions".

 

L'opposition et des ONG accusent régulièrement le gouvernement de complaisance envers la violence salafiste.

 

Quatre personnes ont été tuées vendredi lors des affrontements entre manifestants et forces de sécurité aux abords de l'ambassade américaine à Tunis.

 

Les manifestants, issus en majorité de la mouvance salafiste, protestaient contre un film islamophobe réalisé aux Etats-Unis. Certains ont réussi à pénétrer dans l'enceinte de l'ambassade, incendiant et saccageant l'école américaine proche. quebec.huffingtonpos

 

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