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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 05:20
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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Constituante
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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 04:51
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 03:11

Lotfi Zitoun a-t-il menacé de fabriquer des dossiers aux journalistes opposés à Ennahdha?

 

 

Dans une interview à Jawhara FM, notre confrère Walid Mejri réaffirme l’authenticité de ses affirmations contenues dans un post sur Facebook évoquant le plan de Lotfi Zitoun pour museler les médias en Tunisie.

 

Walid Mejri, citant l’un de ses amis, responsable du gouvernement issu d’Ennahdha, qui aurait assisté à une discussion ayant eu lieu entre le chef du gouvernement Hamadi Jebali, son conseiller politique Lotfi Zitoun, en présence de Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, d’un homme d’affaires proche de ce parti et d’autres responsables, attribue à M. Zitoun un plan machiavélique pour faire taire tout média ou journaliste qui résiste à la tentative de mainmise du gouvernement Ennahdha.

 

Selon notre confrère, rapportant les propos d’un responsable voulant garder l’anonymat, Lotfi Zitoun s’est dit prêt à trafiquer des dossiers à certains journalistes pour les faire accuser de corruption. «S’il le faut, je publierai une liste noire des journalistes tous les jours, et je prouverai par tous les moyens leur complicité avec la police politique, quitte à trafiquer leurs dossiers, comme le faisait ‘‘sid’hom Ben Ali’’ auparavant», aurait-il répliqué à Hamadi Jebali qui se demandait s’il ne fallait pas abandonner la nomination de l’ancien commissaire de police condamné pour corruption Lotfi Touati comme directeur général de Dar Assabah, nomination rejetée par la majorité des journalistes et employés de Dar Assabah.

 

Selon Walid Mejri, la réunion s’est terminée lorsque Ghannouchi a tranché en faveur de M. Zitoun. Qui a carte blanche pour gérer l’affaire de Dar Assabah comme il l’entend et pour mener «sa» politique dans le domaine de l’information.

 

Commentaire de Walid Mejri, dans l’émission Politica d’Ibrahim Boughanmi sur Jawhara FM : «La liberté et l’indépendance de la presse sont menacées de toute part, surtout avec les déclarations haineuses de certains responsables travaillant dans ce gouvernement, qui visent à rabaisser les médias et à remonter l’opinion publique contre les journalistes qui s’opposent à Ennahdha et à l’actuel gouvernement ».

 

Tout en déplorant les attaques dont il fait l’objet, depuis ce matin, dans les réseaux sociaux, de la part des pro-Ennahdha, Walid Mejri a rappelé le fait que «tout responsable, à l’instar de Farhat Rajhi (ex-ministre de l’Intérieur, Ndlr), ou d’Ayoub Massoudi (ex-conseiller du président Marzouki, Ndlr), qui dit la vérité devient la cible d’une campagne de diffamation.» kapitalis

 

 

 

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Walid Méjri « Lotfi Zitoun prêt à trafiquer les dossiers des journalistes pour les inculper »



alt" Le chef du Gouvernement Hamadi Jebali avait l'intention d'abandonner la nomination de Lotfi Touati en tant que directeur général à Dar Assabah, c'est là que Lotfi Zitoun conseiller politique du chef du gouvernement s'est mis debout et lancé un "faudra passer sur mon corps"... Ajoutant peu après : "S'il le faut je publierai une liste noire des journalistes tous les jours, et je prouverai par tous les moyens leur complicité avec la police politique, quitte à trafiquer leurs dossiers, comme le faisait "sid'hom Ben Ali" auparavant..." 

 

Tels ont été les propos de Lotfi Zitoun lors d'une réunion tenu avec certains membres du gouvernement dont Hamadi Jbali, pour discuter de la situation à Dar Assabah, nous dit le journaliste Walid Méjri intervenu sur nos ondes dans Politica avec Ibrahim Boughanmi.

 

Walid a tenu à exprimer sur nos ondes son indignation face au danger que court la presse et qui la guette. Pour lui, « la liberté et l’indépendance de la presse sont menacées de toute part, surtout avec les déclarations haineuses de certains responsables travaillant dans ce gouvernement, lesquelles déclarations visent à rabaisser et à remonter l’opinion publique contre les journalistes qui s’opposent à Ennahdha et au gouvernement actuel».

 

Et Walid d’ajouter « ces journalistes même s’ils sont contre le gouvernement actuel, ne sont nullement contre la révolution, après tout qui a dit que ce gouvernement représentait la révolution et ses objectifs ?? ».

 

Il a par ailleurs dénoncé le fait que « tout responsable à l’instar de Farhat Rajhi, ou d’Ayoub Messaoudi, disant la vérité, se voit victime d’une campagne de diffamation. » jawharafm

 

 

 

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Vers la destruction des médias pour laisser place à l’empereur Zitoun

 

Sans retenue, sans faux-semblant, sans politiquement correct, ni correction, Lotfi Zitoun, tel un animal blessé, a sorti les griffes et plus rien ne semble pouvoir l’arrêter, pas même son supérieur hiérarchique, Hamadi Jebali. Les listes noires des journalistes, Lotfi Zitoun les fait et défait selon sa volonté. Les nominations à la tête des médias publics et des médias confisqués de la famille Ben Ali sont quasi quotidiennes. Lotfi Zitoun l’affirme, il veut instaurer son « empire médiatique », Azzaytoona TV est la première pierre de l’édifice. Il s’agit d’abord de tout détruire, pour construire sur des bases plus solides.

 

Le journaliste Walid Mejri a lancé un pavé dans la mare, hier soir, 2 septembre 2012, en relatant, selon une source proche du pouvoir qu’il prétend digne de foi, le déroulement d’une réunion tenue entre Lotfi Zitoun, Rached Ghannouchi, Hamadi Jebali et d’autres hauts représentants du Mouvement Ennahdha. Selon lui, le chef du gouvernement aurait préféré annuler la nomination de Lotfi Touati à la Direction générale d’Assabah, afin d’apaiser les esprits et de stopper cette guerre entre les journalistes et le pouvoir, ce à quoi Lotfi Zitoun aurait répondu qu’il faudra lui « marcher sur le corps » : « Ce sont une poignée de gamins qui vont finir par s’ennuyer et être mis au pas ! S’il le faut, on leur fabriquera des dossiers avec la police politique, comme le faisait leur maitre Ben Ali et on établira une liste noire chaque jour ! », aurait crié Lotfi Zitoun à l’endroit de Hamadi Jebali. Rached Ghannouchi aurait fini par accorder de nouveau sa confiance à M. Zitoun et à lui donner « carte blanche », à condition qu’il trouve une solution pour Dar Assabah et qu’il ne compromette pas leurs desseins futurs, en première ligne desquels se trouverait Shems Fm.

 

D’autres échos de la Kasbah et de Montplaisir, de sources proches d’Ennahdha, font état de ce bras de fer établi à présent entre Lotfi Zitoun et le chef du gouvernement. La branche dite pragmatique d’Ennahdha, et à la tête de laquelle se trouvent Hamadi Jebali et Ali Laârayedh sont, à présent, confrontés à l’enfant terrible du Mouvement, protégé par le chef incontesté, Rached Ghannouchi. Lotfi Zitoun tiendra tête au ministre d’Intérieur en allant jusqu’à encourager et participer aux manifestations non autorisées organisées par la jeunesse du mouvement. Et Lotfi Zitoun de poursuivre ses accusations tous azimuts contre tous ceux qui osent le défier, le critiquer ou lui tenir tête. Une voiture « fonce » dans la foule de manifestants de Sfax, alors qu’il prononçait ses inlassables diatribes à l’encontre des journalistes et le coupable est vite trouvé : il s’agit des médias de la honte qui ont peur de la liste noire. Interrogé à ce sujet par notre consœur Khaoula Kaâbi et M. Zitoun en profite pour agresser son interlocutrice en accusant la radio pour laquelle elle travaille, Express FM, d’avoir participé à ces complots contre sa personne en diffusant les propos de citoyens qui le desservent ou ne le montrent pas sous son meilleur jour. Seulement Lotfi Zitoun s’est-il déjà montré sous un meilleur jour ? La question mérite d’être posée.

 

Les exactions d’Ennahdha contre les médias noircissent à présent les pages des médias étrangers. « En Tunisie, Ennahda met la presse sous pression », peut-on lire encore aujourd’hui sur les colonnes du quotidien français Libération. « En guerre permanente depuis l’arrivée au pouvoir d’Ennahdha, islamistes et journalistes se défient plus que jamais. Sourde aux critiques, Ennahdha a remplacé tous les directeurs de l’audiovisuel public, sans concertation », y écrit notre consœur Elodie Auffray. Des médias de la honte qui ont peur de la liste noire ?

 

Il y a quelques jours encore, Reporter Sans Frontières faisait part de ses profondes inquiétudes quant à la multiplication de ces nominations. Depuis neuf mois qu’Ennahdha est au pouvoir, la Télévision nationale a changé plusieurs fois de direction. Les radios nationales et régionales subissent également un fort turnover. Le gouvernement a légalement le droit d’opérer ces nominations, comme il a le droit de le faire pour les administrations, gouvernorats, ou autres institutions, mais la question de la légitimité, pour un gouvernement provisoire qui n’a pas encore mis en place d’Instance de régulation des médias et les mécanismes avec lesquels ces nominations doivent avoir lieu, se pose. Les changements incessants à la tête des médias publics jettent le discrédit sur la volonté d’Ennahdha d’assainir le secteur. Le parti laisse, au contraire, entrevoir une volonté de mainmise sur ce qui est communément admis comme étant le 4èmepouvoir.

 

Ainsi, après l’arrêt brutal des guignols d’Ettounsia et l’arrestation précipitée de Sami Fehri, qui selon des hauts cadres d’Ettakatol, aurait été arrêté pour empêcher Abdelwahab Abdallah d’être libéré, l’affaire de Dar Assabah, ponctuée par celle de Zitouna TV, fait monter d’un cran la tension qui persiste entre le pouvoir et les médias. Le SNJT monte au créneau, Lotfi Zitoun menace, Lotfi Touati appelle la police à la rescousse.

 

La dernière chronique de Youssef Seddik pour le quotidien Le Temps, dont un paragraphe a été censuré par Lotfi Touati lui-même, faisait état de cette nomination : « Pourquoi ne pas suspendre cette vilaine décision, le temps de lancer un appel à candidature sur projet et nommer une commission de gens du métier pour choisir le meilleur, le plus imaginatif, le plus méritant en vue d’améliorer tirage, distribution et vente ; le plus tendu vers l’avenir dans une Tunisie fatiguée de la pensée unique et des mensonges sur ondes et colonnes ? Et pourquoi empêcherait-on M. Lotfi Touati, jadis promu de l’IPSI, il est vrai, ex-commissaire de police, d’y participer et de concourir tout comme les autres bons citoyens ? »…

 

Au-delà de ces considérations, le cafouillage au sommet, tricéphale, du pouvoir, en rapport avec ces nominations hasardeuses, pose quelques interrogations. Si le CPR brille par son absence et son silence, le parti Ettakatol prend une position ambigüe. Partie intégrante de la Troïka, avec un président, Mustapha Ben Jaâfar, qui vante les qualités de ses alliés à chacun de leur congrès, les responsables du parti tentent de se faire remarquer, notamment pendant les manifestations organisées par les journalistes de Dar Assabah, afin d’afficher leur soutien au SNJT et aux journalistes en question et tout en condamnant les nominations du gouvernement. Rappelons que le parti Ettakatol fait partie intégrante de la Troïka régnante, qui, selon les différentes déclarations des dirigeants du parti, est souvent critiquée à tort, par les médias qu’ils viennent à présent défendre. L’ANC de retour des vacances, s’enquiert également des revendications des journalistes, par l’intermédiaire de Meherzia Laâbidi. Lotfi Zitoun, lui, prépare son empire sur les ruines de ce qu’il s’évertue aujourd’hui à détruire.  Monia Ben Hamada

 

 

 

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La police intervient à Dar Assabah

 

 

Le bras de fer entre les journalistes de Dar Assabah et Lotfi Touati, nouveau directeur nommé par le gouvernement continue. Dimanche 02 septembre, ce dernier a accusé les employés de vouloir entraver le processus d'impression des journaux du lendemain et a fait appel à la police qui s'est déplacée pour vérifier la situation.

 

Zied El Héni, membre du bureau exécutif du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), a déclaré ce matin sur les ondes de Jawhara Fm que la nouvelle direction de Dar Assabah a voulu publier, dans l'hebdomadaire du groupe «Assabah Al-Osboui», un communiqué informant de «la banqueroute du groupe». Face à la résistance des journalistes qui ont refusé cette annonce, Lotfi Touati a fait appel à la police qui a constaté que le processus d'impression n'est pas perturbé. Les agents de la police sont toutefois restés devant les locaux de Dar Assabah.

 

Le communiqué en question n'a finalement pas été publié dans l'édition du 03 septembre d'Assabah Al-Osboui, il a néanmoins été publié dans Echourouk, quotidien édité par Dar Al-Anouar. La direction y affirme que la situation économique difficile va nécessiter des «mesures judiciaires». tekiano

 

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Manifestation de soutien aux journalistes de Dar Assabah au siège de l’ANC

 


Des journalistes de Dar Assabah ont organisé une manifestation au siège de l’Assemblée nationale constituante (ANC)  pour dénoncer la nomination du nouveau directeur général Lotfi Touati, a constaté sur place un journaliste de TunisieNumerique.

 

 

Soutenus par des députés de l’ANC à l’instar de Khmaïs Ksila, de Hichem Hosni et de Ahmed Brahim, les journalistes ne scandaient pas de slogans, selon notre reporter qui a affirmé que les journalistes sont venus rencontrer des députés.

 

Après un bref regroupement devant  le siège de l’ANC au Bardo, les protestataires sont  entrés dans une salle annexe de l’Assemblée constituante, a indiqué cette source.

 

Les journalistes ont dénoncé les méthodes de Lotfi Touati affirmant que sa nomination vise à faire changer la ligne éditoriale des journaux du Temps et Essabah, deux quotidiens appartenant à Dar Essabah.

 

Ils se sont également plaint du recours systématique du nouveau directeur aux forces de l’ordre, affirmant qu’il a emmené des agents de l’ordre sous prétexte que les journalistes empêchent le déroulement normal du travail. Mais à leur arrivée les forces de l’ordre ont trouvé que tout était naturel et ils se sont retirés.

 

Le député à l’ANC et secrétaire général du parti la Voie démocratique et sociale Ahmed Brahim a indiqué dans une déclaration à TunisieNumerique qu’il sollicitera une séance spéciale de l’ANC consacrée au questionnement du gouvernement sur l’affaire de Dar Assabah. tunisienumerique

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 02:39

Lakhdar Brahimi affirme que sa mission est "très difficile"

 

 

 

Le nouvel envoyé spécial de l'Onu et la Ligue arabe pour la Syrie Lakhdar Brahimi, a affirmé, hier, que sa mission visant à mettre fin à la guerre civile dans le pays était "très, très difficile". Brahimi a déclaré sur BBC TV qu'il était "effrayé par le poids de la responsabilité" et qu'il faisait face à "un mur de briques". "Nous devrons voir si nous pouvons contourner ce mur", a déclaré le représentant spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie. Les violences se sont intensifiées ces dernières semaines en Syrie. "Je crains le fardeau de la responsabilité. Les gens disent: le peuple meurt, que faîtes-vous? Et nous, nous ne faisons pas grande chose, ce qui constitue d'ores et déjà un lourd fardeau", a indiqué l'envoyé spécial. D'après des activistes, août a été le mois le plus meurtrier depuis le début du soulèvement en mars 2011, avec environ 5 000 personnes tuées.

 
…Et prend ses distances par rapport à l'opposition 

 
Lakhdar Brahimi a pris ses distances par rapport aux rebelles syriennes qui l'avaient récemment exhorté à jouer un rôle plus actif dans le règlement de la crise politique syrienne, lit-on, hier, sur le site internet de la BBC. "Gardez en mémoire, je vous prie, que je n'envisage pas de rejoindre votre mouvement. Je travaille pour deux organisations internationales - l'Onu et la Ligue arabe, et nous ne parlons pas, vous et moi, la même langue", a indiqué l'émissaire dans une interview. En dépit de sa riche expérience diplomatique, M.Brahimi, qui a par le passé pris part à la résolution de plusieurs conflits internationaux complexes, dont la guerre civile au Liban, a qualifié sa mission en Syrie de "presque impossible". Le 17 août, l'ancien chef de la diplomatie algérienne Lakhdar Brahimi, a été nommé au poste de médiateur de l'Onu et de la Ligue arabe pour remplacer Kofi Annan, dont le mandat a expiré le 31 août. Le 1er septembre, M.Brahimi a officiellement pris ses fonctions.

 
Les positions russe et américaine coïncident, estime  Lavrov 

 
Les Etats-Unis et la Russie partagent la même position sur la Syrie, pays secoué depuis près de 17 mois par une crise politique aigüe, a fait savoir, hier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. "En principe, les points de vue de la Russie et des Etats-Unis ne se contredisent pas. Au bout du compte, nous voulons la même chose: une transition de la Syrie vers un système démocratique et pluraliste assuré par les Syriens eux-mêmes, et le respect par tous les Etats de la souveraineté, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégrité territoriale de ce pays", a indiqué le chef de la diplomatie russe. Ce dernier évoquera la crise syrienne avec son homologue américaine Hillary Clinton en marge du sommet de l'APEC qui se déroule du 2 au 9 septembre, à Vladivostok (Extrême-Orient russe). Les Etats-Unis y sont représentés par la secrétaire d'Etat.

 
Le nouveau président du CICR à Damas 

 
Le nouveau président du CICR (Comité international de la Croix-Rouge), Peter Maurer,  se rendra Damas, où il doit rencontrer le président syrien Bachar Al-Assad, a annoncé,hier, l'organisation humanitaire basée à Genève. Le président du CICR, Peter Maurer, arrive aujourd'hui en Syrie pour une visite de trois jours, la première depuis sa prise de fonctions le 1er juillet, a indiqué un communiqué de l'organisation internationale. Au cours de sa visite, ajoute le CICR, M. Maurer rencontrera le président syrien, Bachar al-Assad, le ministre des Affaires étrangères et des expatriés, Walid Mouallem, le ministre de l'Intérieur, le général Mohamad Ibrahim al Shaar, le ministre de la Santé, Saad Abdel Salam al-Naïef, et le ministre d'État syrien pour les Affaires de la réconciliation nationale, Ali Haïdar, pour discuter de questions humanitaires particulièrement urgentes Pour M. Maurer, cité dans le communiqué, il est de la plus haute importance que nous et le Croissant-Rouge arabe syrien arrivions à renforcer considérablement notre action humanitaire. Il est vital, a-t-il ajouté, que notre action se fonde sur les réalisations déjà accomplies sur le terrain. Les discussions porteront essentiellement sur la situation humanitaire et sur les difficultés rencontrées par le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien qui essayent de secourir les personnes touchées par le conflit armé.

 
Réponse "massive " en cas d'utilisation d'armes chimiques, prévient Fabius 

 
La réponse des occidentaux sera "massive et foudroyante" en cas d'utilisation d'armes chimiques et bactériologiques par le régime de Bachar el-Assad, a prévenu, hier matin,  le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Confirmant sur BFM-TV que la France restait favorable à un départ du président syrien, il l'a qualifié de "dictateur en train d'assassiner son peuple". "Les armes chimiques, c'est un très grand danger et Bachar a avoué qu'il avait des armes chimiques et bactériologiques et j'ai dit, comme d'ailleurs le président de la République, que notre réponse  serait massive et foudroyante", a ajouté le chef de la diplomatie. "Nous discutons de cela notamment avec les partenaires américains et anglais, et tout cela est suivi", a assuré Laurent Fabius, précisant que Moscou et Pékin étaient sur "la même position". "Il y a des armes chimiques. Elles sont surveillées et les mouvements sont surveillés", a-t-il déclaré. "Si on voit qu'il y a des mouvements sur ces armes il n'aura pas la possibilité" d'y avoir recours, a-t-il mis en garde.

 
Dix-huit personnes tuées dans un bombardement aérien près d'Alep

 
Sur le terrain, dix-huit personnes qui s'étaient réfugiées dans un immeuble ont été tuées, hier, dans le bombardement mené par un avion de combat dans la localité d'al-Bab, près d'Alep (Nord), a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Dix hommes, six femmes et deux enfants, un garçon et une fille, figurent parmi les victimes, a précisé Rami Abdel Rahmane, le président de l'OSDH, une organisation basée en Grande-Bretagne et qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins. Ville de 80 000 habitants à 30 km au nord-est d'Alep, al-Bab sert de base arrière aux rebelles engagés depuis six semaines dans une bataille cruciale contre les forces gouvernementales dans la grande métropole du nord de la Syrie. Vendredi dernier, une série de raids aériens sur al-Bab avait fait 12 morts selon l'OSDH et une source médicale, tandis que les habitants ont évoqué 20 morts. D'autres localités de la province ont également été visées, hier, par des bombardements, selon l'OSDH.

 
Le CNS va s'élargir et se réformer

 
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a décidé de s'élargir à de nouveaux groupes de l'opposition et se réformer en élisant ses dirigeants lors d'une Assemblée prévue fin septembre, a annoncé, avant-hier, son porte-parole George Sabra. Ces décisions ont été prises lors d'une réunion de la direction du CNS à Stockholm qui s'est achevée samedi soir. Au cours de cette réunion, le mandat du président Abdel Basset Sayda, qui devait prendre fin le 9 septembre, a été prolongé d'un mois, jusqu'à l'Assemblée générale prévue fin septembre. Le mandat de l'actuel président a été renouvelé jusqu'à fin septembre, date à laquelle se réunira l'Assemblée générale, a dit M. Sabra. De nouveaux courants de l'opposition vont rejoindre le CNS. Il y aura au moins cinq ou six nouveaux groupes de l'intérieur et de l'extérieur de la Syrie qui seront intégrés à l'Assemblée générale du CNS, a déclaré M. Sabra. L'Assemblée passera de moins de 300 membres à 400 membres et chaque groupe de l'opposition sera représenté par 20 membres, a poursuivi M. Sabra.   Nawal.Z , lemaghrebdz

 

 


 

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Que faire en Syrie ?

 

 

La crise syrienne s’éternise. Pour l’instant, en tout cas, ni les discours du pouvoir annonçant qu’il va écraser l’opposition, ni les espoirs des Occidentaux que le régime s’effondre ne se sont réalisés. Et le pays paie un prix élevé pour cette impasse, coût qu’il est difficile de chiffrer – des dizaines de milliers de morts, un nombre incalculable de blessés, bientôt 200 000 réfugiés à l’étranger. Cette descente dans l’abîme érode la fabrique même de la société, dressant les communautés les unes contre les autres, les villageois contre leurs voisins.

 

On l’a dit à plusieurs reprises ici : le pouvoir porte la responsabilité majeure du bain de sang et de la spirale de violence qu’il a largement alimentée. Mais la crise syrienne se réduit-elle à un pouvoir dictatorial affrontant l’ensemble de son peuple ? Si tel était le cas, le régime serait tombé depuis longtemps. D’autre part, peut-on comprendre la crise en dehors de sa dimension géopolitique, en dehors de l’action d’acteurs aux motivations diverses ?

 

C’est qu’il se déroule, sur la scène syrienne, plusieurs guerres parallèles. D’abord, comme ailleurs dans le monde arabe, s’est exprimée une aspiration à la liberté, à la fin de la dictature. Mais la militarisation de l’opposition – favorisée par les ingérences extérieures et par la brutalité du régime –, son incapacité à présenter un programme rassembleur, ses profondes divisions ont ouvert de larges fractures dans le peuple syrien. Le régime a pu s’assurer le soutien d’une partie de la bourgeoisie sunnite avec laquelle il était allié depuis des décennies, celui de représentants de minorités qui pouvaient se sentir menacées (alaouites, chrétiens, etc.). Il a pu aussi compter sur le désarroi grandissant d’une partie de la population, qui, notamment à Damas et à Alep, avait l’impression que les combattants de l’opposition la prenaient en otage. Des journalistes de Libération, de The Independent (« Aleppo’s poor get caught in the crossfire of Syria’s civil war », 24 août), de The Economist (« Part of the problem is that the rebels are failing to win hearts and minds among the urban middle class in Aleppo »), ont rendu compte de ce désarroi d’une partie de la population sans que le discours dominant dans les médias sur la Syrie ne change : un peuple uni face à une dictature sanglante.

 

La question des combattants étrangers a souvent été soulevée. Pourquoi s’étonner que des jeunes Libyens ou Tunisiens veuillent partir se battre en Syrie contre une dictature ? Est-ce le fait qu’ils soient islamistes qui disqualifie leur combat ? Non, le problème – au-delà de la présence de groupes comme Al-Qaida – tient aux ingérences étrangères et à la manière dont l’Arabie saoudite et le Qatar notamment, mais aussi la Turquie, arment, financent et mobilisent ces groupes. Et on peut douter que le moteur de l’action des monarchies du Golfe soit l’instauration de la démocratie en Syrie. Bien sûr, l’affirmation du ministre des affaires étrangères syrien Mouallem à Robert Fisk, selon laquelle les Etats-Unis sont responsables pour l’essentiel de ce qui se passe en Syrie (« We believe that the USA is the major player against Syria and the rest are its instruments »), est outrancière, mais qu’il y ait des ingérences étrangères, qui peut en douter ?

 

C’est Kofi Annan, l’envoyé de l’ONU pour la Syrie (« Sur la Syrie, à l’évidence, nous n’avons pas réussi », LeMonde.fr, 7 juillet 2012), qui le déclarait : aucune des deux parties n’a vraiment essayé, en avril 2012, lors de l’envoi d’observateurs internationaux, de mettre fin aux combats. Et si l’appui de l’Iran, de la Russie et de la Chine à Damas a durci la position du président Bachar Al-Assad, le refus des Occidentaux, Français compris, d’appeler l’opposition à respecter un cessez-le-feu a aussi mis de l’huile sur le feu. A aucun moment ni les Occidentaux, ni Paris n’ont cru en la mission Annan et n’ont fait le moindre effort pour qu’elle réussisse.

 

Pourquoi ? Parce que l’objectif prioritaire de nombreux protagonistes (Occidentaux, pays du Golfe) est de faire tomber le régime dans le but d’atteindre l’Iran. Leur stratégie s’inscrit dans une jeu géopolitique dangereux, dont les droits humains ne sont qu’une dimension. La Russie et la Chine, favorables à des pressions sur Téhéran mais hostiles à une aventure militaire, s’opposent, bien évidemment, à cette stratégie. « Tout cela est un jeu géopolitique joué avec le sang syrien, m’expliquait, ulcéré, un intellectuel de Damas. Poutine et Obama devraient rendre des comptes devant la justice internationale. »

 

Aujourd’hui encore, les Occidentaux sont dans l’incapacité de regrouper l’opposition, et la demande du président François Hollande de voir se créer« un gouvernement provisoire inclusif et représentatif » pour « devenir le représentant légitime de la nouvelle Syrie » (lire « Hollande cherche à se placer en pointe sur la Syrie », LeMonde.fr, 28 août) relève de l’utopie – comme l’ont confirmé les Etats-Unis – et montre la difficulté du gouvernement français à reconnaître que le Conseil national syrien a perdu une grande part de sa légitimité.

 

En attendant, combats et massacres se poursuivent. La seule initiative un peu sérieuse est celle qu’a esquissée le président égyptien Mohammed Morsi, qui veut créer un groupe de quatre pays, le sien, l’Iran, l’Arabie saoudite et la Turquie (« Egyptian Leader Adds Rivals of West to Syria Plan »The New York Times, 26 août). Ce groupe aurait l’avantage de tenir à l’écart, au moins dans un premier temps, les parties étrangères à la région. Mais il s’appuie sur une idée, celle de la négociation entre le pouvoir et l’opposition. On ne négocie pas avec ceux qui ont du sang sur les mains ? Rappelons que dans les années 1980, la transition vers la démocratie en Amérique latine s’est faite en assurant l’impunité aux généraux coupables des pires exactions (il a fallu vingt ans supplémentaires pour les faire comparaître devant la justice ; c’était le prix à payer pour une transition pacifique).

 

Un dernier mot sur les médias. Le Monde diplomatique de septembre publie un article sur la manière pour le moins biaisée dont un certain nombre de médias ont rendu compte de cette crise (« Syrie, champ de bataille médiatique »). Au-delà de la discussion sur la déontologie, cette manière de rendre compte de la crise contribue à paralyser les autorités politiques et à les priver de toute capacité d’action réelle : qui oserait aujourd’hui encore appeler à la négociation, à une sortie de la violence, sans se faire taxer d’agent de la dictature syrienne (voire de Moscou, de Pékin ou de Téhéran) ?      Alain Gresh, mondediplo

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 05:00

Festival Pop (Djerba 2012)

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 04:15

Privatisation de la SONEDE : la Troïka osera-t-elle ce que n'avait pas osé Ben Ali ?


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Les différentes déclarations du Ministre de l'agriculture en rapport avec les récentes perturbations dans l'approvisionnement en eau enregistrées dans un certain nombre de régions de la république qu'il a entièrement mis sur le dos de la SONEDE

accusant certains de ses premiers responsables de laxisme et de (conférence de presse donnée le 2 août  au siège du ministère, déclarations lors de son passage sur les plateaux télés) ajoutées à celles du Ministre de la santé qui a émis des doutes sur la potabilité de l'eau de robinet, nous invitent à réfléchir sur les raisons d'un tel acharnement à l'encontre d'une entreprise publique qui depuis plus de 40 ans n'a cessé de réaliser des performances en matière d'approvisionnement en eau potable tous secteurs confondus ( domestique, tourisme, industrie et même agricole ) atteignant même des taux de desserte record en comparaison avec des pays voisins (100% dans le milieu urbain et 94% dans le milieu rural en conjuguant ses efforts avec ceux de la direction générale du génie rural) sans jamais recourir au rationnement malgré des ressources en eaux très limité, la Tunisie étant classé parmi les pays en situation de pénurie hydrique ( mois de 500 m3 an/habitant) et à des tarifs raisonnables si on soustrait de la facture la partie ONAS et la TVA égale à 18% pour un produit de première nécessité.




De sources sures, les perturbations enregistrées au cours du mois de juillet dernier étaient principalement dues aux fréquentes coupures d'électricité (en raison du délestage pratiqué par la STEG ) et qui ont touché un certain nombre d'ouvrages SONEDE, mais principalement la station de traitement de Belli qui fournit l'eau à la région du Sahel et de Sfax, et les stations de pompages de Jelma, entraînant une action en chaîne (réservoirs non approvisionnés, conduite asséchées) que la SONEDE a mis des semaines à réparer les effets.

 


Ceci en plus d'une saison touristique record en comparaison avec 2011 et même 2010 et de fortes chaleurs qui ont tous engendré un pic de consommation, sans oublier l'accueil sur notre territoire de plus de 100.000 familles libyennes ayant des habitudes de consommation qui dépassent la moyenne tunisienne, installés d'une manière quasi-permanente dans la région de Sfax principalement. Ce pic de surconsommation avait d'ailleurs atteint les 13% en juin 2012 par rapport à la moyenne de juin 2011.



Ceci dit ces perturbations dont les raisons sont pour la plupart imprévisibles, n'ont touché en fait qu'un certain nombre de localités dans 3 ou 4 gouvernorats, dont certains ne sont pas du tout imputables à la SONEDE puisque certaines de ces localités ne sont pas branchées sur le réseau SONEDE, mais plutôt approvisionnées par des systèmes d'eau potable autonomes réalisés et gérés par le ministère de l'agriculture en collaboration avec les GIC (Groupement d'intérêts collectifs) locaux.

 
Qu'est ce qui explique donc le désengagement du ministre de l'agriculture vis-à-vis de la SONEDE qui est au fait un organisme public sous la tutelle de son ministère donc sous son contrôle direct?



D'ailleurs le désavouement ne date pas de la crise, puisque dans une autre conférence de presse donnée par M. Ben Salem des mois avant le début de l'été, il avait parlé de dossiers de corruption à la SONEDE, lesquels dossiers n'ont pas toujours été révélés à ce jour et ce malgré la désignation depuis quelques mois à la tête de l'entreprise d'un nouveau PDG proche du ministre M. Hédi Belhaj.

 


Tout ceci nous invite à nous demander sur les vraies raisons derrière cet acharnement, les raisons peuvent être multiples, mettre la main encore une fois sur l'une des plus grandes entreprises du pays et placer à sa tête et dans ses différents départements un certain nombre de sympathisants de la Troïka, en remplacement des cadres qu'on vient de limoger, préparer le terrain pour le recrutement en masse de jeunes adhérents chômeurs, sans que personnes n'en sache rien…etc, tout cela est envisageable, mais il parait que les raisons sont toutes autres et même plus graves encore, il s'agit tout simplement de préparer le terrain vers une éventuelle privatisation de la SONEDE, ce qui aura pour effet immédiat de renflouer les caisses vides de l'Etat et lui souffler une bouffée d'oxygène salvatrice qui pourrait au gré de la Troika, soit servir à combler en partie de déficit budgétaire, soit couvrir les 1.2 Milliard de dinars nécessaires au dédommagement des victimes de l'ancien régime (Dilou avait d'ailleurs bien dit que les sources de financement de ce dédommagement ne viendraient pas directement du budget de l'Etat, une cession d'une partie des actifs de la SONEDE ferait dans ce cas l'affaire).

 


Cette opération serait interprétée par la Troïka comme une action salvatrice pour deux entreprises publiques déficitaires et même sur le point de couler, puisqu'elles n'arrivent plus à assurer la continuité des services publics dont elles ont la charge. La privatisation entrainera plus de rigueur dans la gestion de ces entreprises et un apport technologique indéniable dira la Troïkas, c'est un indice de modernité et de dynamisme, voire même d'expansion de ces deux vielles dames malades.

 



Mais ce qu’ignore le commun des mortels, c'est que toutes les privatisations des distributeurs d'eau potable ont engendré automatiquement des augmentations des tarifs aussi bien au niveau du prix de l'eau, qu'au niveau du coût du branchement, ce qui empêcherait des milliers de familles nécessiteuses d'accéder à une eau potable saine et en quantité suffisante. Sans oublier que la cession d'un secteur aussi vital à des holdings étrangers, équivaut à la cession d'une partie de nos ressources hydriques, "richesse nationale" aux étrangers confisquant par la même occasion les droits des générations futures. Ces holdings, contrairement à notre opérateur public, la SONEDE, ne se soucieront guère de l'aspect social de l'eau ni d'ailleurs des aspects environnementaux, ni même sanitaires d'ailleurs, leur seul objectif, c'est le profit et rien que le profit, des profits qui seront d'ailleurs transférés en devises étrangères en dehors de la Tunisie.

 



Ben Ali avait essayé à la fin de la dernière décennie de mettre la main sur une partie du secteur de l'eau potable à travers la participation de Princesse Holding (à hauteur de 10%) dans le groupement qui devait exploiter la station de dessalement d'eau de mer de Djerba, mais avant de s'emparer de ce projet, la révolution l'a balayé lui et sa famille, en sera-t-il de même avec ce gouvernement disposer à tout monnayer? (rappelez vous la triste affaire de Mahmoudi, mais surtout des gisements miniers concédés en catimini à nos amis qatari).

Un dernier indice sur la possibilité de cette hypothèse, lors de la fameuse conférence de presse du 5 août, monsieur le ministre avait parlé de redéploiement du personnel et de restructuration de l'entreprise, deux termes qui signifient aux yeux des spécialistes : PRIVATISATION.  

 

 

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La privatisation de l’eau à Jakarta : 7 ans d’« eau sale »

 

Alors que les multinationales Suez-Ondeo et RWE-Thames continuent à opérer en Indonésie, les plaintes relatives à leurs mauvais résultats et à divers autres problèmes ne cessent d’augmenter. La privatisation a démarré en 1997 avec la compagnie d’eau de Jakarta, la PAM Jaya. Thames Water contrôle l’approvisionnement en eau de la partie Est de Jakarta, tandis que Suez-Ondeo administre la partie Ouest de la capitale indonésienne. Bien que la privatisation ait entraîné de graves problèmes, le gouvernement indonésien envisage de poursuivre le processus, prévoyant de privatiser jusqu’à 250 compagnies publiques de l’eau.

 

La privatisation de l’eau à Jakarta fut décidée dans le cadre de négociations à huis clos, et non à travers un processus d’appel d’offres ouvert à toutes les compagnies intéressées. Cet étrange procédé fut rendu légal par une directive du ministère de l’Intérieur [1]. En fait, cette directive gouvernementale fut rédigée pour faciliter le plus possible le processus de privatisation [2]. Mi-1995, le président Soeharto ordonna au Ministre des Travaux Publics d’accélérer la procédure, et le Ministre obtempéra en permettant aux compagnies PT Kekar Thames Airindo (plus tard renommée Thames PAM Jaya, dont certaines parts appartiennent au fils de Soeharto) et PT Garuda Dipta Semesta (plus tard renommée PAM Lyonnaise Jaya) de prendre en charge l’approvisionnement en eau de la capitale indonésienne.

 

Le contrat de privatisation entre les deux compagnies et la PAM Jaya fut signé en 1997 et renouvelé en 2001. Les compagnies privées détiennent les droits de l’exploitation dans son intégralité, depuis l’approvisionnement en eau brute jusqu’à la facturation des clients. PAM Jaya contrôle la performance des compagnies et les conseille sur les hausses de tarifs. Le contrat définit clairement des aspects tels que le mode de partage des bénéfices, les conditions de résiliation et la propriété des actifs pour les 25 ans de validité du contrat.

Malgré cela, le modèle de privatisation réel reste vague. Il n’est pas clairement mentionné si l’accord est de type « build-operate-transfer » (BOT), « build-own-operate » (BOO), une concession, ou tout autre modèle de privatisation. Dans un certain nombre de documents officiels, l’autorité régulatrice précise qu’il s’agit d’un contrat de concession. La Banque mondiale également, dans des documents relatifs au second Projet de développement urbain de Jabotabek, affirme que l’accord concernant l’approvisionnement en eau de 10 millions de résidents de Jakarta est bien un contrat de concession. En tout cas, c’est un contrat très généreux pour les multinationales de l’eau, puisque tous les risques financiers sont couverts par la PAM Jaya. Le contrat stipule qu’en cas de dénonciation par la PAM Jaya, celle-ci doit payer à la RWE-Thames et à Ondeo-Suez ce qui suit : 

 
- tous les investissements faits par les compagnies étrangères ; 

 
- les coûts d’assurance ; 

 
- les revenus bruts attendus pendant la moitié des années restantes du contrat.


Objectifs non atteints, tarifs en hausse

Les résultats obtenus par les entreprises privées au cours des sept premières années ont été mauvais, et la plupart des objectifs n’ont pas été atteints. L’objectif de couverture pour 1998 était de 49%, mais le résultat de 43% seulement. Cette tendance s’est confirmée, et en 2000 on atteignait seulement 48% de couverture, largement en deçà des 63% visés. L’objectif original du contrat de juin 1997 était d’assure un approvisionnement en eau régulier à 70% des habitants de Jakarta pour 2002. Selon un employé, les taux de couverture affichés par la compagnie sont même discutables. Bien des fois, les compagnies privées ont simplement installé de nouvelles canalisations par-dessus d’anciennes canalisations en état de fonctionnement, en comptant ces nouvelles installations comme des extensions du réseau. En réalité, de nombreuses communautés pauvres de Jakarta n’ont pas vu la moindre amélioration pendant les sept années de privatisation.

 

Depuis le début de la privatisation, on a observé un déficit croissant entre les tarifs collectés auprès des consommateurs et les charges payées par la PAM Jaya à la RWE Thames et à Ondeo pour l’exploitation du réseau de Jakarta. C’est en 2000 que le manque à gagner fut le plus important. Les compagnies se servirent de cet argument pour obtenir des hausses de tarifs. Les tarifs de l’eau ont maintenant été augmentés trois fois depuis la privatisation (35% en avril 2001, de nouveau 40% en avril 2003, et 30% supplémentaires en janvier 2004). Le manque à gagner total au premier semestre 2004 s’élevait à 900 milliards de roupies, une somme considérée comme une « dette » de la PAM Jaya envers RWE Thames et Ondeo. Richard Gozney, l’ambassadeur britannique en Indonésie, a même estimé nécessaire d’informer le vice-président Hamzah Haz, fin 2003, que la RWE Thames perdait 1,5 million de dollars américains par mois, et qu’en novembre 2003, la perte cumulée avait atteint un total de 58 millions de dollars américains. Mi 2004, le gouverneur de Jakarta accepta une hausse automatique des tarifs à partir de 2005. La permission du gouverneur et du conseil municipal n’étaient désormais plus requises pour augmenter les prix. La hausse automatique doit être appliquée tous les six mois ; si la privatisation se poursuit comme prévu pour les 18 ans à venir, Jakarta devra faire face à 36 hausses de tarif automatiques (le contrat a été signé en 1997 pour une durée de 25 ans).

Impacts sur l’emploi et les conditions de travail

La privatisation s’est souvent accompagnée de licenciements dans le monde entier, et il n’en a pas été autrement à Jakarta. À ce jour, au moins mille employés ont été licenciés, et de nombreuses personnes sont parties volontairement en raison du stress lié aux mauvaises conditions de travail. « Avant la privatisation, les employés avaient bien plus d’avantages qu’à présent. », a déclaré Zaenal Abidin, un membre du syndicat PAM Jaya. « Les uniformes, les congés payés et les services de santé sont un droit pour tous les employés. Mais la privatisation a gommé tous ces droits. En fait, nous avons dû attendre quatre ans juste pour avoir nos uniformes, au bout d’une procédure compliquée et épuisante. »

 

Le plan de retraite anticipée proposé par les deux compagnies pose également de graves problèmes. Les employés qui avaient travaillé dix ans touchèrent une pension de 150 000 Rp par mois seulement (environ 16 dollars américains). Un expatrié de la même compagnie touche un salaire situé entre 150 millions et 200 millions de Rp par mois (entre 16 130 et 21 500 dollars américains) et bénéficie également d’autres avantages en sus du salaire. La retraite d’un travailleur indonésien ne représente que 0,001% du salaire mensuel d’un expatrié !

 

Poltak Situmorang, président de l’Association des opérateurs de l’eau indonésiens, du bureau de Jakarta, a déclaré : « Ces expatriés dépensent plus d’1 milliard de Rp uniquement pour la sécurité. Tout cet argent sert à les préserver de tout « danger », chacun d’eux étant gardé par cinq gardes du corps au quotidien. » [3] Les dépenses de sécurité vont ainsi bien au-delà des sommes allouées au « parachute doré » des dirigeants, qui s’élèvent seulement à 221 millions de Rp.

250 compagnies publiques de l’eau à privatiser ?

La mauvaise expérience de Jakarta avec la privatisation ne semble pas refroidir les ardeurs du gouvernement indonésien. À l’heure actuelle, des centaines d’autres compagnies publiques de l’eau (connues par l’acronyme indonésien PDAM) à travers toute l’Indonésie, la plupart dans un état lamentable en raison de leurs dettes et d’une mauvaise gestion, sont vouées à la privatisation. Le directeur du Département des infrastructures locales, Totok Supriyanto, déclarait aux médias en avril 2004 que 90% des PDAM « malades » seraient bientôt privatisés. Comme les PDAM « en bonne santé » ne représentent que 10% de l’ensemble des entreprises (30 PDAM), au moins 250 PDAM devaient donc être privatisées, sur les 300 que compte l’Indonésie.

 

L’ancien Ministre de l’Environnement, Nabiel Makarim, a déclaré plus d’une fois qu’il était favorable aux projets de privatisation car cela conduirait à une gestion plus efficace des ressources en eau. Selon Nabiel, il n’existe pas une seule compagnie d’eau publique au monde qui gère ses ressources en eau de façon efficace [4]. Au jour d’aujourd’hui, trois villes d’Indonésie ont entièrement confié la gestion de l’eau au secteur privé : Jakarta, Batam, qui est gérée par Biwater, et Sidoarjo, qui est gérée par un consortium associant Veolia et Thames.

 

Totok Supriyanto a déclaré qu’à l’avenir, de plus en plus de PDAM seraient privatisés. En attendant, huit PDAM sont actuellement soumises à un programme spécial visant à les rendre plus « saines », le programme d’« Amélioration des réseaux urbains d’eau et d’assainissement » (géré par la Banque mondiale avec des fonds du Dialogue Asie-Europe – ASEM). Il est très probable que ces huit PDAM seront privatisés à la fin du programme. Un cadre de la Banque mondiale en charge de la gestion urbaine de l’eau a cependant déclaré que l’objectif de ce programme n’était pas la privatisation des PDAM, mais qu’elles seraient bien mieux en bonne santé que malades. Il a ajouté que pour d’autres PDAM « malades », la Banque mondiale prépare un autre programme d’amélioration par le biais d’un crédit-bail. Précisons que le crédit-bail n’est qu’une autre forme de privatisation.

 

L’expérience de Jakarta a été sous l’influence de la Banque mondiale à travers le second Programme de développement urbain de Jabotabek. Par le biais de ce programme, la PAM Jaya avait reçu un prêt de 90 millions de dollars américains pour élargir son taux de couverture à 70%. L’objectif ne fut pas été atteint, et lorsque le programme prit fin, la PAM Jaya fut privatisée. C’est également ce programme qui a financé la PDAM Tangerang pour la construction d’une usine de traitement d’eau visant à augmenter l’approvisionnement en eau brute dans la partie Ouest de Jakarta. Ce projet fut aussi en partie financé par le gouvernement français et, lorsqu’il prit fin, la gestion de l’eau de la partie Ouest de Jakarta fut confiée à la Suez Lyonnaise des Eaux, le géant français de l’eau.

Des compagnies publiques de l’eau face à une crise d’endettement

Il est important de souligner que l’échec de centaines de PDAM à travers toute l’Indonésie est en grande partie dû à leurs dettes immenses, qu’elles sont dans l’incapacité de payer. En 1996, par exemple, la PDAM Kediri devait 3,25 milliards de Rp à la Banque mondiale et était censée commencer à rembourser en 2001 15 millions de Rp par mois pendant 18 ans. Mais la PDAM Kediri ne génère que 70 millions de Rp par mois, dont 68 millions servent aux frais d’exploitation et au paiement des salariés. Comment payer les dettes avec les 2 millions de Rp restant ? Ces sociétés doivent également supporter annuellement une donation de 10 millions de Rp de rente aux gouvernements locaux [5]. La PDAM Kediri ne peut qu’attendre son échec. Les PDAM Semarang, Papua, et de nombreuses autres sont confrontées à des problèmes similaires, ce qui explique pourquoi les programmes basés sur l’endettement ne devraient plus être une alternative pour « remettre en forme » les PDAM. 

 

Selon les résultats de la recherche menée par Wijanto Hadipuro en 2003 sur les formes d’endettement des PDAM, les créanciers sont pour la plupart des institutions financières internationales qui ont consenti à attribuer des prêts supérieurs aux actifs de leurs débiteurs. La PDAM Tirta Nadi, à Medan, a des actifs équivalents à 16 milliards de Rp, mais son endettement est de 70 milliards de Rp. On estime les actifs de la PDAM Pematang Siantag à 1,8 milliard de Rp, alors que son endettement est de 3,5 milliards de Rp. Wijanto soupçonne qu’il ne s’agit pas d’un accident, et que ces formes d’endettement ont été expressément conçues de manière à ce que les PDAM n’aient aucun levier de négociation pour s’opposer à leur privatisation.

Résistances à la privatisation

Depuis que la Loi n° 7/2004 a été adoptée en mars 2004, il est sans doute devenu impossible d’empêcher la privatisation et la commercialisation des ressources en eau en Indonésie. Seule l’opposition forte et tenace de la population pourra ralentir la privatisation, et une telle opposition a récemment émergé sous diverses formes. Des universitaires, des militants, des employés des PDAM, le public en général et même des clients de RWE Thames et Ondeo essaient de combattre à leur manière la privatisation à Jakarta. Komparta (Groupe de consommateurs d’eau de Jakarta) a déposé deux plaintes contre chacune des des deux compagnies – la première par rapport aux augmentations de tarifs, et la seconde sur la médiocrité du service.

 

Pendant ce temps, cinq recours différents ont été lancés contre la Loi sur les ressources en eau nouvellement adoptée. Ces recours devant la Cour constitutionnelle sont le fait de groupes d’ONG et de communautés, qui font valoir que cette loi représente une violation de la Constitution indonésienne. Notre Constitution, en son article 33, stipule que toutes les entités commerciales essentielles à la vie des gens doivent appartenir à l’État. Mais la Loi sur l’eau offre au secteur privé de nombreuses possibilités de s’approprier la gestion de l’eau, à travers la mise en place de droits sur l’eau (droits d’usage de l’eau et droits d’exploitation de l’eau), l’autorisation des exportations d’eau et la permission octroyée aux compagnies privées et aux particuliers de : 1) participer aux services d’eau potable ; 2) administrer des sections de rivières ; et 3) orchestrer des opérations de modifications artificielles du climat.

 

Une organisation d’entrepreneurs prépare également une autre plainte à l’encontre de TPJ et de Palyja. Les deux compagnies sont accusées d’avoir enfreint la Loi anti-monopole en ne recourant qu’à un petit nombre d’entrepreneurs pour leurs travaux sous-traités, alors qu’il y a des centaines d’autres entrepreneurs tout aussi qualifiés et expérimentés à Jakarta.

 

Le mouvement anti-privatisation commence à s’étendre dans les villes comme Jakarta, Bandung, Pati et Manado. Les protestations concernent en général des questions de mauvaise qualité du service, ou se développent lorsque les citoyens refusent un projet de privatisation comme à Manado, Pati ou Bandung. Malheureusement, le mouvement n’est pas encore transformé en mouvement de masse pérenne. Le mouvement contre la privatisation de l’eau en Indonésie reste sporadique, réactif et reste trop peu soutenu par le grand public.

 

Ce manque de soutien est dû au fait que le public n’est pas bien informé, et que les gens ne saisissent pas les enjeux de la privatisation de l’eau, par exemple les conséquences de la privatisation de l’eau ou ses conditions de mise en place. De plus, les opérateurs de nombreuses compagnies d’eau publiques ont été « encouragés » à voir la privatisation comme la meilleure manière d’éponger des dettes persistantes. Ils se disent qu’en privatisant, ils mettront terme à l’endettement et que la compagnie pourra enfin fonctionner normalement.

 

La plupart des PDAM d’Indonésie sont dans une situation complexe en raison de leurs dettes immenses. Aussi la première chose à faire pour maintenir la gestion publique de l’eau est de réduire ou d’annuler toutes leurs dettes, aussi bien celles contractées à l’égard du gouvernement central que des institutions financières internationales comme la Banque asiatique de développement ou la Banque mondiale. Sans cela, les PDAM ne pourront continuer à fonctionner normalement. Il pourront alors prendre modèle sur les PDAM saines pour pratiquer une gestion efficace et rentable (la plupart des PDAM saines d’Indonésie ne sont pas accablées par leurs dettes externes, ou celles-ci sont très limitées).

Un véritable service public de l’eau est possible

Certaines PDAM d’Indonésie peuvent être performantes, comme la PDAM Solo. Celle-ci, créée en 1929, bénéficie d’une bonne gestion financière et essaie de protéger l’environnement autour de ses sources d’eau et des communautés voisines. Elle a un taux de couverture de 56%, un chiffre très élevé pour le contexte indonésien : en général, les PDAM en Indonésie ont un taux de couverture de 18%. À la différence des autres PDAM, la PDAM Solo a déjà pour interlocuteur un groupe de consommateurs actif et critique, et les réclamations et les attentes sont répertoriées et traitées avec efficacité.

 

Même si le nombre de PDAM « saines » est limité, il faudrait envisager à l’avenir d’enseigner leurs méthodes d’exploitation et de gestion pour que les autres PDAM, le gouvernement et les donateurs puissent en tirer les leçons et profiter de leur expérience. Il faut que l’expérience des PDAM saines permette peu à peu de gommer l’idée que la gestion publique des services d’eau est vouée à l’échec.


Notes

[1] Instruction N° 21/1996 concernant les principes directeurs la coopération entre les compagnies d’eau municipales et le secteur privé.

[2] Il est intéressant de noter que ce fut le seul texte à portée législative jamais traduit en anglais. L’instruction recommande à tous les gouverneurs des services d’eau d’Indonésie de coopérer avec le secteur privé. Le processus recommandé implique une nomination directe ; les initiatives de coopération sont censées venir du secteur privé, et la compagnie d’eau municipale choisit avec quelle compagnie privée elle souhaite travailler.

[3] Présentation incluse dans Drinking Water Service in Jakarta as a 477-Year-old Megapolitan City (Service d’eau potable à Jakarta, mégalopole vieille de 477 ans), 31 août 2004.

[4Tempo Interaktif. 15 décembre 2003. “Ministry of Environment Agrees to Water Privatisation” (« Le Ministère de l’Environnement consent à la privatisation de l’eau »).

[5Kompas, 16 mars 2001, “PDAM Could not Pay the World Bank Rp 3,25 billion” (« Le PDAM ne pourrait pas payer 3,25 milliards de roupies à la Banque mondiale ») partagedeseaux

 


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La lutte contre la privatisation de l’eau en Afrique du Sud

Contexte

En 1955, le principal mouvement de libération d’Afrique du Sud, l’African National Congress(ANC), adoptait la Charte de la liberté, expression populaire des aspirations de la majorité des Sud-Africains. L’une des clauses les plus importantes de la Charte – que l’actuel gouvernement ANC cite encore comme son manifeste fondateur – affirme que « la richesse nationale de notre pays, patrimoine de tous les Sud-Africains, doit être restituée au peuple ».

 

La majorité des Sud-Africains, constituée des classes pauvres et ouvrières, se sont battus et ont donné leur vie non seulement pour la libération politique et la fin du régime de l’apartheid, mais aussi pour la liberté et la justice socio-économiques – pour la redistribution de toute la « richesse nationale ». L’eau, ressource naturelle essentielle à la vie, en est une partie intégrante. Quand la majorité des Sud-Africains offrirent la victoire politique à l’ANC en 1994, ils donnaient également au nouveau gouvernement le pouvoir de mettre en œuvre les principes de la Charte et de s’assurer que les ressources naturelles comme l’eau seraient contrôlées par les citoyens et accessibles à tous les citoyens, sans distinction de race ou de classe sociale. Ce mandat populaire trouva son expression dans le Programme de Reconstruction et de Développement (RDP), qui reprenait les principes fondamentaux contrat passé entre le peuple et le nouveau gouvernement démocratique. Il ne fallut pourtant pas longtemps au gouvernement de l’ANC pour abandonner ce mandat populaire en décidant de mener unilatéralement une politique de l’eau qui a abouti aux résultats opposés.

 

Avant même la fin de l’année 1994, le gouvernement sud-africain avait mis en place une politique de l’eau en contradiction patente avec l’obligation d’approvisionnement minimum vital stipulée par le RDP. Les directives gouvernementales habilitaient les administrations à ne fournir l’eau qu’à la condition d’en recouvrer entièrement les coûts d’exploitation, d’entretien et de remplacement. En 1996, l’adoption d’une nouvelle approche macro-économique, connue sous le nom de Croissance, emploi & redistribution (Growth, Employment and Redistribution, ou GEAR), plaçait définitivement les politiques relatives à l’eau et aux autres besoins essentiels dans un cadre rigoureusement néo-libéral.

 

Obéissant en cela aux recommandations de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de divers gouvernements occidentaux (ainsi qu’au lobbying intensif des multinationales de l’eau comme Suez et Biwater), le gouvernement réduisit fortement les allocations et les subventions aux municipalités et aux administrations locales, et encouragea le développement d’instruments financiers permettant une privatisation du service de l’eau. Ces mesures forcèrent de fait les municipalités à se tourner vers la commercialisation et la privatisation des services fondamentaux pour générer les revenus que l’État ne fournissait plus. De nombreuses administrations locales privatisèrent les services de l’eau, ou les transformèrent en entreprises comme les autres, par le biais « partenariats » de service et de gestion avec les multinationales de l’eau.

Impact

Il en résulta bientôt une foudroyante augmentation du prix de l’eau. Les plus durement affectés furent bien évidemment les populations pauvres. La politique de recouvrement des coûts d’inspiration néo-libérale – visant à faire payer à la population les coûts associés des infrastructures de l’eau – servit de légitimation à cette augmentation spectaculaire. Sous l’apartheid, en 1993, les townships noirs des alentours de Fort Beaufort, dans la province du Cap-Oriental, payaient un montant forfaitaire de 10,60 rands pour tous les services, y compris l’eau et l’enlèvement des déchets. Avec la privatisation (au profit de Suez), de 1994 à 1996, le prix des services augmenta de 600%, passant à 60 rands par mois. Une augmentation de 100% des coûts de raccordement à l’eau fut également imposée. Dans une autre ville de la même province, Queenstown, l’évolution fut similaire, avec une augmentation de 150% des coûts de services. Dans la ville de Nelspruit (contrôlée par Biwater), dans le Nord-Est du pays, où le taux de chômage oscillait autour de 40% et le revenu annuel moyen des foyers noirs était de seulement 12 000 rands, l’augmentation du prix de l’eau fournie aux communautés noires atteignit 69% ! La politique de recouvrement des coûts a provoqué une crise nationale car elle rendait le service inabordable pour les townships noirs ainsi que pour les communautés rurales.

 

Ces rapides augmentations de prix furent bien sûr encore aggravées par la nécessité de « recouvrer » les très importants coûts supplémentaires liés au Lesotho Highlands Water Project, financé par la Banque mondiale. (Il s’agit d’un projet de construction de barrages et de canalisations destinés à approvisionner en eau à partir montagnes du Lesotho la plus importante ville d’Afrique du Sud, Johannesburg, et surtout les industries minières et manufacturières environnantes). La première hausse de prix imposée par le service d’eau nouvellement privatisé de Johannesburg (la Johannesburg Water Company, filiale sud-africaine de Suez) fut astronomique : une augmentation de 55%. Malgré la vigoureuse opposition du mouvement syndical, en particulier du Syndicat des travailleurs municipaux d’Afrique du Sud et de mouvements sociaux émergents (pour la plupart à base urbaine), le gouvernement persista dans son dessein de privatiser l’eau.

 

Suivant les conseils de la Banque mondiale, qui lui recommandait de faire planer une « menace crédible de coupure du service », la ville de Johannesburg et d’autres municipalités à travers le pays commencèrent à couper l’eau aux gens qui n’avaient plus les moyens de suivre l’augmentation des prix. Le modèle de recouvrement intégral des coûts promu par la Banque mondiale – soit un revenu tarifaire suffisant pour couvrir à lui seul les coûts de fonctionnement et de maintenance, sans aucune subvention publique destinée à garder les prix sous contrôle – a entraîné la coupure de l’approvisionnement en eau de plus de 10 millions de personnes. En outre, plus de deux millions de personnes ont été expulsées de leurs maisons, souvent du fait de la procédure légale visant à recouvrer les dettes des « clients » pauvres. Les communautés qui, auparavant, n’avaient pas accès à l’eau potable ont souffert le même sort quand les infrastructures ont été mises en place, ou ont dû se contenter de s’approvisionner dans des rivières polluées ou des puits éloignés.

 

L’impact collectif de la privatisation de l’eau sur la majorité des Sud-Africains a été dévastateur. La recherche désespérée de sources d’eau accessibles a entraîné des flambées de choléra qui ont fait des centaines de victimes. Dans la province du KwaZulu-Natal, la plus importante épidémie de choléra du pays a eu lieu en 2000, lorsque le système de robinet communal gratuit a été remplacé par un système (privatisé) de compteur prépayé. Plus de 120 000 personnes ont été infectées et plus de 300 personnes sont mortes.

 

Peu après que Suez, la multinationale française, ait pris contrôle de l’approvisionnement en eau de Johannesburg, le choléra a fait son apparition dans le township d’Alexandra, affectant des milliers de familles. Dans ces deux cas, ce n’est que lorsque que le gouvernement national a été contraint d’intervenir suite à la mobilisation et à la pression des citoyens que la maladie a pu être endiguée. Le manque d’hygiène et les systèmes d’assainissement « à l’air libre » ont également contribué à exposer en permanence les communautés ( et surtout les enfants) à diverses maladies facilement évitables. Il y a eu une augmentation de la pollution et de la dégradation de l’environnement liée au rejet incontrôlé des effluents et au manque d’eau disponible pour la production alimentaire. De plus, la dignité de communautés tout entières a été violée ; le droit d’accès au plus élémentaire des besoins humains, l’eau, a été converti en un privilège accessible seulement à ceux qui peuvent se le payer.

Les luttes des habitants

À ces mesures de privatisation, les communautés des grandes zones urbaines comme Johannesburg, Durban et Le Cap, ainsi que de nombreuses villes moins importantes et des zones périurbaines à travers le pays, opposèrent une résistance active. L’un des nouveaux mouvements sociaux à avoir pris la tête de cette résistance est l’Anti-Privatisation Forum(Forum anti-privatisation, APF), une organisation fondée en 2000 et regroupant des groupes d’action populaire basés principalement dans la province de Gauteng (où se trouvent Johannesburg et Pretoria). Le principe directeur de l’APF est que les besoins élémentaires, comme l’eau, constituent un droit humain fondamental, et non un privilège dont ne doivent profiter que ceux qui peuvent se le payer.

 

Pendant tout le processus de privatisation, l’APF (avec d’autres mouvements sociaux et, dans une moindre mesure, le mouvement syndical) a mobilisé et organisé les populations pauvres et les travailleurs pour qu’ils s’y opposent. Des initiatives éducatives et juridiques sont venues compléter les traditionnelles actions de masse visant à mettre les gens ordinaires en position de revendiquer leur droit à des services de base gratuits (eau, électricité, éducation et logement). Par la suite, fin 2003, fut créée la Coalition contre la privatisation de l’eau (CAWP) a, regroupant un éventail de mouvements sociaux et d’ONG progressistes dans un effort collectif pour lutter contre la privatisation de l’eau.

 

Avec l’aide de l’APF et de la CAWP, les résidents ont lancé une campagne appelée « OpérationVulamanzi » (« De l’eau pour tous »), qui leur a permis de contourner certaines mesures matérielles de contrôle mises en place par les entreprises privées de l’eau, comme les compteurs prépayés et les systèmes de réduction de la pression. Les conduites d’eau ont été détournées afin de permettre un accès gratuit à l’eau et, par la même occasion, matérialiser sur le terrain la revendication de « démarchandisation » de l’eau et de prise en charge de la communauté par elle-même. Dans certaines communautés, les résidents ont détruit les compteurs prépayés, en un acte de défi ouvert contre les firmes privées de l’eau..

 

Affichant leur mépris pour les droits constitutionnels et humains des pauvres, les politiciens et les bureaucrates du gouvernement de l’ANC ont publiquement qualifié ceux qui résistaient ainsi à la privatisation de criminels et d’anarchistes qui souhaitent créer une « culture du non-paiement ». Ces attaques ont été accompagnées d’une répression de grande ampleur de la dissidence et de la résistance des communautés. Au cours des trois dernières années, des centaines d’activistes et de membres de communautés ont été arrêtés et emprisonnés.

 

Même si les luttes anti-privatisation n’ont pas encore réussi à geler le processus, la pression populaire a contraint le gouvernement à mettre en place une politique de gratuité partielle de l’eau fin 2002. Il y a pourtant encore des millions de personnes qui ne reçoivent pas les 6000 litres d’eau « gratuits » par foyer et par mois octroyés dans ce cadre, une quantité qui ne suffit pas même aux besoins sanitaires de base d’un foyer moyen. (L’Organisation mondiale de la santé recommande un minimum de 100 litres d’eau par personne et par jour. Si les foyers moyens – noirs, urbains ou ruraux – comptent en moyenne huit personnes, alors la quantité minimale nécessaire est de 24 000 litres par mois par foyer.)

 

L’opposition populaire à la privatisation a également contribué à l’échec et/ou à la renégociation de nombreux contrats de privatisation de l’eau en Afrique du Sud.

 

C’est dans ce contexte que l’APF et la CAWP continuent d’intensifier leur campagne contre la privatisation de l’eau sous toutes ses formes. À travers ces campagnes, la majorité populaire a, une fois de plus, fait irruption sur le devant de la scène pour revendiquer ses droits humains fondamentaux et sa dignité.

Semer les graines d’une alternative

En Afrique du Sud, le mouvement de résistance à la privatisation de l’eau entend aussi semer les graines d’une alternative. L’une de ces graines est la capacité démontrée par les communautés pauvres à saper, aussi bien politiquement que physiquement, la fourniture privée au niveau des points de « consommation ». Non seulement ces actes illustrent l’appropriation du combat par les communautés les plus pauvres, mais de plus ils posent les fondements sur lesquels la majorité des Sud-Africains pourra appuyer ses demandes de changements politiques et structurels dans le système de propriété et de distribution de l’eau, et d’autres services fondamentaux indispensables à la vie.

 

Aujourd’hui, les revendications de l’APF et la CAWP sont les suivantes : 
 

- La criminalisation de la dissidence et de l’opposition à la privatisation de l’eau doivent immédiatement prendre fin. 


- Les compteurs prépayés doivent être proscrits et retirés de toutes les communautés pauvres où ils sont installés. Ils doivent être remplacés par un système d’eau sans contrôle de volume et à pleine pression, avec le prélèvement d’un prix forfaitaire de 10 rands par mois. 

 


- Le gouvernement doit revenir sur sa politique de privatisation de l’eau et de tous les autres besoins fondamentaux, en résiliant tous les contrats de « service » et les accords de « gestion » avec des sociétés commerciales privées de l’eau. 

 


- Une politique de subventions croisées (depuis les firmes privées et les riches particuliers vers les communautés pauvres) doit être immédiatement mise en place pour financer efficacement l’approvisionnement gratuit en eau des plus pauvres. Cette mesure doit être complété par un rejet de la dette héritée de l’apartheid par le gouvernement et, par suite, l’utilisation de ces sommes pour subventionner la fourniture des services de base gratuits. 

 


- Le gouvernement doit résolument s’engager, politiquement et fiscalement, à mettre en place une infrastructure universellement accessible (en particulier dans les zones rurales) qui soit complètement exemptée de tout mécanisme de « recouvrement des coûts », et aui repose sur une véritable participation des organisations populaires et communautaires situées dans les zones qui ont le plus besoin d’infrastructures. 

 


- Le gouvernement doit affirmer publiquement le droit humain et constitutionnel de tous les Sud-Africains à l’eau, en garantissant une propriété, un fonctionnement et une gestion entièrement publics des infrastructures afin de fournir des services de base gratuits pour tous. Avec le temps, cette « propriété publique » doit prendre la forme de partenariats public-communauté et public-travailleurs, dans lesquels les organisations communautaires et les employés du secteur public participeront de manière égalitaire et exerceront un contrôle démocratique.


Solidarité internationale

Il est regrettable que de nombreuses ONG internationales progressistes, mouvements sociaux, partis politiques et organisations communautaires continuent de soutenir les politiques socio-économiques du gouvernement de l’ANC, croyant de façon erronée qu’elles reflètent véritablement une « lutte continue de libération nationale ». L’APF, la CAWP et autres organisations et mouvements similaires d’Afrique du Sud incitent vivement ceux qui font partie de mouvements en faveur de la justice globale et opposés à la mondialisation capitaliste à agir en solidarité avec nous. Le premier acte d’une telle solidarité devrait être de renforcer les contacts, le partage de l’information et les luttes menées en commun. Faire connaître le processus de privatisation en Afrique du Sud, prendre part à des actions de protestation devant les ambassades et les consulats sud-africains, envoyer des messages de solidarité, tout cela est utile. Il faut également inciter la publication d’articles politiques dans des médias progressistes et grand public.

 

À ce stade du mouvement anti-privatisation en Afrique du sud, le besoin de fonds les procédures judiciaires revêt un caractère particulièrement crucial. Il est difficile pour l’APF et la CAWP de trouver les fonds nécessaires à la défense des nombreux activistes incarcérés et poursuivis, et l’intensification de notre campagne ne fera qu’augmenter les besoins en la matière pour la période à venir.


Dans le monde entier, les gens commencent à s’unir pour défendre le droit humain à l’eau. Que ce soit à Cochabamba en Bolivie, à Accra au Ghana, à Atlanta en Géorgie, à Buenos Aires en Argentine, à Manille aux Philippines,ou à Johannesburg, les campagnes actuelles contre la privatisation de l’eau se font écho entre elles, et avec toutes les campagnes menées ailleurs pour démarchandiser l’eau et instituer des services publics basés sur une participation et un contrôle réellement démocratiques afin de satisfaire les besoins des gens. partagedeseaux.

 

 

 

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Privatisations et résistances

 

Cette troisième et dernière partie fournit un état des lieux des processus de privatisation tout autour de la planète, de leurs conséquences et de leurs échecs, ainsi que des divers formes de résistance que ces processus ont rencontré et suscité. Cette partie présente donc les différents « fronts » - passés, présents et futurs – de la privatisation de l’eau, et illustre ainsi la diversité des contextes et des problématiques locales tout en faisant ressortir certains traits communs.


Le chapitre sur l’Uruguay raconte comment une coalition d’organisations sociales opposées à la privatisation de l’eau a réussi à mettre à profit les mécanismes de démocratie participative existant dans le pays pour faire inscrire dans la Constitution, quasiment contre la volonté des autorités en place, le principe du droit universel à l’eau et du refus de la privatisation de cette ressource.

 

Le chapitre sur les Abruzzes en Italie revient sur plusieurs années de lutte pour préserver les ressources en eau de cette région, aussi bien face aux grands projets d’infrastructures impulsés par l’État que face à des tentatives de privatisation et de commercialisation de ces ressources.

 

Le chapitre sur l’Ukraine décrit les activités de l’ONG Mama-86, créée initialement par les mères des enfants irradiés de Tchernobyl, et qui a étendu par la suite le champ de ses activités au domaine de l’eau et de sa protection contre la pollution et contre les appropriations de toutes sortes dans le contexte d’une économie en transition.

Les chapitres suivants portent sur trois cas classiques de processus de privatisation initiés dans les années 90 : l’Afrique du Sud, l’Indonésie et le Maroc. On retrouve dans ces trois cas plusieurs des défauts caractéristiques fréquemment constatés dans les cas de ce type : contrats conclus de manière opaque, promesses rapidement brisées des multinationales implantées, hausse de tarifs et recherche du profit à court terme. Ils sont complétés par un chapitre sur les progrès de la privatisation de l’eau en Chine.

Ce pays constitue aujourd’hui l’un des principaux marchés d’expansion des multinationales de l’eau. Les conséquences de la privatisation y sont similaires à celles observées dans les autres pays, notamment en termes de hausse du prix de l’eau au détriment des plus pauvres, malgré certaines spécificité du marché chinois comme la forte présence de l’État et l’émergence de géants nationaux de l’eau.


  • Uruguay : l’usage de la démocratie directe pour défendre le droit à l’eau

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    À travers un mécanisme institué de démocratie directe, des organisations sociales, regroupées au sein de la Commission nationale de défense de l’eau et de la vie (CNDAV), ont réussi à faire inscrire dans la Constitution uruguayenne une clause définissant le droit à l’eau comme un droit humain fondamental, posant ainsi les fondations d’une gestion publique des ressources hydriques basée sur la participation sociale et le principe de durabilité. En plus de d’avoir significativement changé la donne en (...)


  • Les Abruzzes en Italie : un combat pour la défense de l’eau et la participation citoyenne

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    Dans les Abruzzes, une région montagneuse du sud de l’Italie, une coalition rassemblant différents groupes de citoyens est parvenue, non seulement à empêcher la privatisation de l’eau dans plusieurs provinces, mais aussi à engager des réformes essentielles pour améliorer l’approvisionnement public en eau à travers la participation des usagers. Durant plusieurs décennies, l’approvisionnement en eau de la région a été assuré de la manière la moins soutenable qui soit : les conduites n’étaient pas (...)


  • Ukraine : des femmes agissent contre la pauvreté et la privatisation

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    Les femmes dans une économie en transition L’Ukraine (603 700 kilomètres carrés, 48 416 millions d’habitants) est l’une des 12 républiques de l’ex-URSS et un pays en transition. Dès le début des réformes économiques, orientées vers la néo-libéralisation et la privatisation, l’Ukraine et le reste des pays de l’ex-URSS en Europe de l’Est, au Caucase et en Asie Centrale subirent des transformations profondes. Durant l’ère soviétique, les habitants de ces pays bénéficiaient traditionnellement d’un très haut (...)


  • La privatisation de l’eau au Maroc : premiers constats à partir de l’expérience de la Lyonnaise des Eaux à Casablanca

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    Depuis le milieu des années 1990 [1], les décideurs économiques et politiques au Maroc, ne ressentant plus aucun complexe à mettre en œuvre le libéralisme le plus débridé, ont accentué l’évolution enregistrée depuis 1983 [2] vers plus de « dérégulation », de privatisation et d’ouverture au « grand capital étranger ». En matière économique, l’essentiel des entreprises publiques furent mises en vente. Au niveau du commerce extérieur, les barrières douanières commencèrent à s’affaisser, avant même la signature par (...)


  • La lutte contre la privatisation de l’eau en Afrique du Sud

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    Contexte En 1955, le principal mouvement de libération d’Afrique du Sud, l’African National Congress (ANC), adoptait la Charte de la liberté, expression populaire des aspirations de la majorité des Sud-Africains. L’une des clauses les plus importantes de la Charte – que l’actuel gouvernement ANC cite encore comme son manifeste fondateur – affirme que « la richesse nationale de notre pays, patrimoine de tous les Sud-Africains, doit être restituée au peuple ». La majorité des Sud-Africains, constituée (...)


  • La privatisation de l’eau en Indonésie

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    La privatisation de l’eau à Jakarta : 7 ans d’« eau sale » Alors que les multinationales Suez-Ondeo et RWE-Thames continuent à opérer en Indonésie, les plaintes relatives à leurs mauvais résultats et à divers autres problèmes ne cessent d’augmenter. La privatisation a démarré en 1997 avec la compagnie d’eau de Jakarta, la PAM Jaya. Thames Water contrôle l’approvisionnement en eau de la partie Est de Jakarta, tandis que Suez-Ondeo administre la partie Ouest de la capitale indonésienne. Bien que la (...)


  • La privatisation de l’eau en Chine

    Dernière mise à jour : septembre 2010

    L’accès à l’eau potable est un droit humain fondamental. Mais de ce bien public fondamental, les entreprises multinationales ont peu à peu fait une marchandise qu’elles pouvaient commercialiser. En Chine, la privatisation de l’approvisionnement en eau s’est développée au cours des 15 dernières années ; l’une de ses conséquences en a été l’émergence d’entreprises nationales géantes de l’eau. Tout cela sur fond d’« essor de la Chine ». La Chine est relativement pauvre en eau douce, ne disposant que du quart de (...)

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 05:16

Le sit-in des journalistes de Dar Assabah se poursuit pour le 5e jour


altLes journalistes de Dar Assabah observent samedi leur sit-in pour le 5ejour consécutif. Ils protestent contre le nouveau directeur général imposé par le gouvernement.

 

 

Soutenus par leurs collègues d’autres médias ainsi que par des hommes politiques et des représentants de la société civile, ils menacent de faire la grève le 11 septembre si le gouvernement ne revient pas sur sa décision.

 

Un appel au soutien des journalistes de Dar Assabah a été lancé vendredi par des représentants de la société civile.

 

Les confrères contestent la nomination par le gouvernement du nouveau directeur général Lotfi Touati, ancien commissaire de police (et ancien rédacteur en chef adjoint au ‘‘Quotidien’’, journal francophone de Dar Al Anwar) connu pour son appartenance à l’ancien régime avant de changer de camp au lendemain du 14 janvier et de devenir un thuriféraire zélé du parti islamiste Ennahdha, au pouvoir.

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Samedi matin, à l’entrée de Dar Assabah était noire de monde et la présence d’un grand nombre d’agents de sécurité était plus que remarquable. Parmi les figures politiques présentes, on citera Mohsen Marzouk (Nida Tounes), Brahim Gassas (l'Appel de la Tunisie- ex-Al-Aridha Chaabia-), Yassine Brahim, Maya Jeribi (Parti Républicain), Hamma Hammami (parti des travailleurs), Saïd Aïdi, des militants comme les avocats et les représentants de la Ligue des droits de l'Homme: Bochra Bel Haj Hamida, Saïda Garrache, Abdessatar Moussa, Salah Zghidi, des artistes comme Lotfi Ebdelli, Taoufik Jebali et autres comme Om Zied, Fahem Boukaddouss, Abdelkarim Hizaoui, Slim Boukhdhir… Le collectif du 17 décembre de Sidi Bouzid était aussi du sit-in.


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«Lotfi Touati dégage», «Liberté de la presse tunisienne», «Ma plume ne se prosternera pas», «Gouvernement, lève ta main sur les médias»…, lit-on notamment sur les affiches brandies par les journalistes qui ont fait une marche symbolique autour du siège de Dar Assabah en entonnant l'hymne national. La nomination aujourd'hui d'une nouvelle secrétaire a encore attisé la colère des journalistes et les employés contre leur nouveau directeur général qui a déclaré aux médias qu'il est à la fois le directeur et le responsable de la ligne éditoriale des journaux du groupe Dar Assabah. 

 

 

 

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Lotfi Touati, nouveau directeur de Dar Assabah avoue avoir travaillé 31 ans au ministère de l’intérieur


Lotfi Touati, directeur général de Dar Assabah a déclaré sur les ondes de la radio nationale qu’il était un policier et qu’il a travaillé au sein du ministère de l’intérieur durant 31 ans.

Il a assuré qu’il n’est pas nahdhaoui, et qu’il écrivait ses articles avec toute objectivité.

Dans un autre contexte, Touati a nié les intentions qu’on lui prête de s immiscer dans la ligne éditoriale du journal, indiquant que c’est la mission du rédacteur en chef de déterminer la ligne éditoriale .

Le directeur général a évoqué la censure du numéro portant la pétition des journalistes,  expliquant qu’il n’était pas contre l’impression de cette version, mais qu’il aurait préféré qu’elle soit imprimée dans un simple article sans lui consacrer toute une page.

Il a dit également qu’il n’a jamais vu un journal être dirigé par 3 rédacteurs en chef, soulignant qu’il informera le syndicat de la situation « catastrophique » de l’institution et qu’il travaillera d’arrache-pied pour l’amélioration des salaires des journalistes du journal et des agents qui y travaillent  tunisienumerique

 

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Des artistes tunisiens s’attaquent à l’injustice par une campagne artistique

 

Artistes Tunisiens : Résistance et solidarité

Convoquée par un juge d’instruction, l’artiste Nadia Jelassi s’est trouvée le 28 août dernier dans la posture d’une criminelle à côté d’hommes balafrés et menottés dans une salle au Palais de Justice : « Mettez-vous tout droit, tournez-vous à droite, tournez-vous à gauche » … Mesurée, passée à la règle, à l’épreuve anthropométrique, elle est accusée de trouble à l’ordre public pour avoir “osé” exposer les bustes de femmes voilées sur des cailloux évoquant une scène de lapidation. Contrairement à l’annonce du ministre de la culture Mehdi Mabrouk qui avait promis de poursuivre les artistes en justice, c’est plutôt le Procureur de la République qui le fera.

 

Interview (Ar) avec Nadia Jelassi au sujet de la plainte du Procureur de la République qui a été déposée contre elle


 

Un autre artiste, Mohamed Ben Slama a été également convoqué par le juge d’instruction mais il n’est pas actuellement en Tunisie. Il avait exposé le tableau de la femme au couscous et un autre où on voit des fourmis sortir du cartable d’un écolier. Sur le mur, ces fourmis forment des lettres transcrivant l’expression de louange religieuse « Sobhanahallah » (Gloire à Dieu). Les deux artistes tunisiens risquent entre six mois et cinq ans de prison.

Artiste plasticienne, professeur et chef de département des arts plastiques à l’école des Beaux Arts à Tunis, Mme Jelassi a été choquée de voir le juge d’instruction prompt à la passer à l’épreuve anthropométrique. “Quelle intention aviez-vous quand vous avez fait cette installation ?” lui dit-il. Selon Mme Jelassi, juger un artiste selon ses intentions serait une injustice. Rentrée chez elle, elle se met une règle au milieu du visage pour reproduire ce qu’ elle a vécu. Sa photo fera le tour du facebook et des réseaux sociaux.

Nadia Jelassi

Des artistes et citoyens tunisiens se saisiront de suite de sa cause pour se montrer solidaires en faisant la même chose avec quelques 

variations.

Accusé d’avoir troublé l’ordre public, chaque artiste, en se mettant virtuellement à l’épreuve anthropométrique reconnaît qu’il peut être le suivant poursuivi en justice et accusé de criminel selon l’article 121 du code pénal.

Il est signaficatif de rappeler qu’entre le 1 er et le 10 juin, aucun trouble ou problème n’a été signalé au Palais Abdellia lors de l’exposition du “Printemps des arts” à Tunis. Ce n’est qu’après l’intervention de deux rcdistes qui ont poussé les salafistes à s’insurger que la polémique d’”atteinte au sacré” a été lancée.

Le lendemain, mardi 12 juin, lors d’un point de presse au Palais du gouvernement à la Casbah, les ministres de la culture, des droits de l homme et des affaires religieuses ont désigné délibérément les artistes de “blasphémateurs” puisqu’ils auraient “touché au sacré”.

Passé dans tous les médias tunisiens, ce point de presse a donné le feu vert à l’émeute en mettant à l’index les artistes jugés “hérétiques”. Des imams ont suivi la vague. Houcine Labidi, prêcheur à la mosquée Zitouna, appellera trois fois de suite à faire couler le sang des artistes.

Le soir même, des islamistes et des casseurs se joindront au “jihad” en répondant violemment et ce en cassant et incendiant des bâtiments publics. Un couvre-feu est décrété. Plus de 160 personnes seront arrêtées pour être libérées ultérieurement… Les 27 artistes qui ont été menacés de mort préparent encore leur dossier pour déposer une plainte avec tous les documents et preuves nécessaires. Entre temps, ils vivent dans la terreur. Plusieurs d’entre eux ont déménagé après les attaques perpétrées contre eux et leurs familles.


Intervieu (Ar) avec Amor Ghedamsi, Secrétaire général du Syndicat des artistes plasticiens tunisiens au sujet de la situation actuelle des artistes
 nawaat

 

 

 

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Des artistes tunisiens s’attaquent à la censure par la dérision

 

Nadia Jelassi, une artiste tunisienne, s’est retrouvée il y a trois jours au Palais de justice de Tunis, à poser pour des photos anthropométriques, accusée de troubles à l’ordre public. De retour chez elle, elle reproduit l’humiliation vécue en se photographiant avec une règle sur le visage, et poste cette photo sur sa page Facebook.


Nadia Jelassi (via Nawaat)

Aussitôt, d’autres Tunisiens se solidarisent avec elle, et reproduisent la même scène, parfois de manière cocasse, raconte le site indépendant Nawaat.org, qui commente :

« Chaque artiste, en se soumettant virtuellement à l’épreuve anthropométrique, reconnaît qu’il peut être le suivant poursuivi en justice et accusé d’acte criminel selon l’article 121 du code pénal. »


Solidarité avec Mme Jelassi (via Nawaat)

Le « trouble » à l’ordre public dont est accusé Nadia Jelassi remonte à une exposition de juin dernier, restée célèbre parce que la galerie qui la montrait futattaquée par des militants salafistes.

Nadia Jelassi, une artiste plasticienne, professeur et chef de département des arts plastiques à l’école des Beaux Arts à Tunis, y montrait une oeuvre représentant les bustes de femmes voilées sur des cailloux évoquant une scène de lapidation.

Nawaat rapporte qu’un autre participant à cette exposition, Mohamed Ben Slama, a été également convoqué par le juge d’instruction mais il n’est pas actuellement en Tunisie. Il avait notamment exposé un tableau où l’on voit des fourmis sortir du cartable d’un écolier. Sur le mur, ces fourmis forment des lettres transcrivant l’expression de louange religieuse « Sobhanahallah » (Gloire à Dieu). rue89

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 03:49

Ouverture du congrès constitutif du courant patriote et démocrate unifié

 


Ouverture du congrès constitutif du courant patriote et démocrate unifié 

 

Le congrès constitutif du courant patriote démocrate unifié, réunissant le Mouvement des Patriotes Démocrates (Al Watad) et le Parti du Travail Patriotique et Démocratique(PTPD), s'est ouvert ce vendredi 31 août au palais des Congrès à Tunis, en présence de nombreuses personnalités nationales et de représentants des partis politiques et des organisations de la société civile.

 

 

Le président du congrès, Abid Briki, a appelé à lutter contre les forces contre-révolutionnaires, dans le discours d'ouverture du congrès, qui devrait s"achever le 2 septembre. Parmi les partis politiques invités, on retrouve le Parti des Travailleurs (ex-PCOT), le Mouvement du Peuple, le Baath et Al Jomhouri.

 

 

Les organisations représentées sont l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), l'Union des Diplômés-Chômeurs, l'Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l'Homme (LTDH), le réseau Doustourna, l'Ordre national des avocats, le Front du 17-décembre, et les travailleurs du bassin minier à travers le syndicaliste Adnene Hajji.

 

 

Radhia Nasraoui, Yadh Ben Achour, Ghazi Ghrairi, Mokhtar Trifi, Sadok Belaid, Youssef Seddik, ainsi que l'ambassadeur de Palestine en Tunisie, Salman al-Harfi, étaient également présents à l'ouverture.  shemsfm

 

 

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Chokri Belaid : “La dictature montre ses crocs”


 

Le coordinateur général du Mouvement des Patriotes Démocrates, Chokri Belaid, a affirmé ce vendredi 31 août lors de l’ouverture du congrès constitutif du courant patriote démocrate unifié, que “la dictature montre ses crocs”, et lancé un appel à la société civile à défendre ses acquis de manière pacifique.

 

Selon Chokri Belaid, le congrès constitutif est un message envoyé à la gauche dans le sens de l’union sous la forme d’un front rassemblant les partis ne collaborant pas avec des parties étrangères.

 

Le coordinateur général du Mouvement des Patriotes Démocrates a souligné que dans le contexte actuel, aucun rendez-vous électoral n’a été fixé, ce qui laisse penser que le gouvernement bénéficie d’un bail sans fin alors que les partis composant l’alliance gouvernementale s’étaient engagés à ne pas dépasser une durée d’un an au pouvoir.

 

 ”Crise ouverte”, “gouffre”, tels sont les termes employés par Chokri Belaid pour qualifier le gouvernement. tunisienumerique

 

 

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Hamma Hammami : «Pour les prochaines élections, le risque de fraude n’est pas exclu»


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Selon le secrétaire général du Parti des Travailleurs, «d’après les pratiques d’Ennahdha, le  parti-Etat, le risque de fraude est possible. Les citoyens ont de plus en plus peur et les valeurs de la république pourraient disparaître».

 

C’est ce qu’a déclaré, vendredi matin sur les ondes de ShemsFM, le militant de gauche Hamma Hammami. Qui a précisé que la mainmise sur les institutions publiques, les entreprises ainsi que les médias, et en l’absence totale jusqu’aujourd’hui d’une instance indépendante pour les élections, n'assurent pas les garanties d'une transition démocratique. Surtout que l’agenda politique d’Ennahdha est dénué de toute transparence ou visibilité, a-t-il souligné..

 

Selon M. Hammami,  les citoyens ont commencé à en avoir marre et à avoir peur des pratiques d’Ennahdha qui a notamment placé des membres de son parti aux postes de gouverneurs et de délégués avec pour mission, non pour gérer les affaires publiques, mais, en tant que responsables d’un parti-Etat, de préparer les prochaines élections pour ce parti.

 

Hamma Hammami a indiqué, citant des associations œuvrant sur le terrain, qu'il y a grand retour à la pratique de la torture et qu’Ennahdha utilise les salafistes extrémistes pour faire régner la terreur dans le pays et profiter entre-temps pour placer, au nom de l'assainissement, ses hommes (qui ne sont que des anciens corrompus de l’ancienne dictature).

 

Et d’ajouter que «le fait que Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères ainsi que le chef du parti islamiste Ennahdha et autres ministres nahdhaouis affirment qu’ils vont gouverner le pays pour de nombreuses années est un danger. Ces déclarations irresponsables, je les qualifie de graves et qu’au-delà du risque de fraude, il peut y avoir un boycott électoral. Selon des sondages récemment effectués, le taux de participation va chuter de 43% et ceci est plus que grave, car il y a des procédés antidémocratiques qui se profilent dans le paysage politique», a-t-il précisé. kapitalis

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 03:07

Alaya Allani : «Le wahhabisme n’a d’avenir ni dans la nouvelle Tunisie ni dans le Maghreb»

 

 

Des oeuvres détruites, des artistes malmenés, des festivals attaqués….Ni le parti d’Ennahda, ni le gouvernement de Merzouki n’ont condamné la montée de violence des  salafistes tunisiens. Extrémisme religieux et démocratie font-ils bon ménage ? Alaya Allani, Historien et chercheur en islamisme au Maghreb à l'université Manouba de Tunis, décrypte, pour El Watan Week-end, l’équation islamiste de Tunisie.

 

Les heurts des islamistes, en Tunisie, semblaient anecdotiques. Cependant, dernièrement nous avons relevé une recrudescence des actes de violence envers la société civile. Pourraient-ils aller plus loin ?

Dès les premiers jours de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011, les islamistes d’Ennahda ne cessaient d’affirmer la compatibilité entre l’islam et la démocratie. Au cours de la campagne électorale, ils avaient présenté un programme qui ne diffère en rien ou presque de ceux des partis laïques (aucune mention de la charia, un soutien total au Code de statut personnel, etc.). Mais juste après les élections du 23 octobre 2011 qui donnaient au Nahdhaouis 41,90% des voix, les islamistes ont commencé à défendre un discours autre que ce qu’ils ont présenté avant les élections, lequel se caractérise par une volonté d’islamiser les textes de loi, en cherchant à mentionner la charia comme source de législation dans la future Constitution. Devant la résistance de la société civile, ils ont renoncé à ce projet. Une criminalisation de toute menace au sacré. Un rapprochement inattendu avec les salafistes sous prétexte de la nécessité d’impliquer cette tendance dans le paysage politique afin de la rationaliser. Le pouvoir islamiste a déjà légalisé trois partis salafistes (Hizb Al Islah, Hizb El Aman, Hizb Arrahma) et un parti de la mouvance de l’islam radical, Hizb Attahrir, qui ne cesse de déclarer qu’il est contre la démocratie et le régime républicain. La stratégie de neutralisation des salafistes, adoptée par Ennahda, n’arrive pas à arrêter leurs actes de violence contre les bars, les restaurants et les locaux publics.

 

 

Ils s’en sont pris aux artistes et aux manifestations culturelles, mais l'Etat n'a pas l'air de s'en inquiéter. Les déclarations officielles n’ont pas modéré les actes de violence…

L’attaque salafiste contre les artistes et les festivals culturels a suscité une réaction d’indignation chez l’élite et même chez une partie de l’opinion publique. Le gouvernement, qui se sent gêné par ces attaques, réagit timidement, soit par des communiqués dénonçant ces actes, soit par des arrestations de salafistes qui se terminent dans la plupart du temps par leur libération après quelques jours. La classe politique non islamiste voit d’un mauvais œil les dernières déclarations de Ghannouchi et de Jebali, très indulgentes envers les salafistes, et leur appel à maintenir le dialogue avec cette mouvance pour l’intégrer dans le paysage politique, afin d’éviter toute activité clandestine. Personne ne refuse le dialogue avec les salafistes, mais ce qui est inacceptable, c’est leur recours à la violence qui perturbe la paix sociale. Le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires pour éviter le pire. Un communiqué du ministère de l’Intérieur a révélé qu’il n’avait pas prévu les conséquences de l’incident du Festival de Bizerte. Après que les islamistes aient perturbé un spectacle, le public a violemment protesté contre les violences salafistes. Le parti Ennahda préfère parfois maintenir l’ambiguïté dans ses relations avec ses alliés, qu’ils soient des salafistes ou des partis de la troïka, parce qu’il est en train de reconstruire la carte des alliances, en prévision de l’élection présidentielle de 2013. Ennahda se prépare pour un difficile face-à-face électoral avec le parti Appel de Tunis de l’ancien Premier ministre, Béji Caïd Essebsi. Il y aura certainement d’autres opposants mais ils sont de moindre envergure. C’est pour cela que les islamistes essayent de regrouper autour d’eux le maximum de courants politiques. D’ailleurs, la direction d’Ennahda s’est sentie dans l’embarras lorsque le président Marzouki a comparé la politique d’Ennahda à celle du RCD (ancien parti de Ben Ali, ndlr), lors de son discours d’ouverture au deuxième congrès (du CPR ndlr), le 25 août dernier. Marzouki avait aussi dénoncé la stratégie hégémonique du parti islamiste majoritaire concernant les nominations aux postes-clés de l’administration. Cette stratégie ambiguë sert, à mon avis, Ennahda. C’est déjà une stratégie adoptée par la majorité écrasante des partis islamistes dans le Monde arabe.

 

 

Les médias parlent de trois groupes distincts : les ultraconservateurs, les conservateurs et les progressistes. Pouvez-vous les définir et nous dire ce qui les rapproche et les différencie ?

Il n’existe pas de progressistes parmi les agresseurs. Il y a des conservateurs qui appartiennent soit à la tendance salafiste réformiste (Salafyya Ilmyya) dirigée par Béchir Belhassan, soit à la tendance salafiste jihadiste dirigée par Seifallah Ben Hassine connu sous le nom de Abou Iyadh. On trouve aussi parmi les agresseurs de faux salafistes alliés avec d’anciens responsables RCDistes de l’ex-parti de Ben Ali.

 

 

Le mouvement Ennahda tangue entre deux positions. Pourquoi cultive-t-il cette ambiguïté et n'ose pas trancher ouvertement sa profonde conviction ?

Ennahda n’arrive pas à trancher concernant la question salafiste et préfère tenir un discours ambigu qui oscille entre un libéralisme politique et un conservatisme religieux. Ennahda n’ose pas exprimer ouvertement sa propre conviction, parce que ses fondements théoriques s’inspirent largement de la pensée salafiste. Ses relations avec quelques pays du Golfe nécessitent un rapprochement avec une version conservatrice de l’islam. Les salafistes constituent pour Ennahda un allié malgré certaines hostilités.

 

 

La société tunisienne a longtemps bataillé pour ses droits, comment va-t-elle répliquer face à cette montée islamiste ?

Depuis longtemps, les Tunisiens s’attachent beaucoup à leurs acquis sociaux (droits de la femme, modernité, enseignement mixte, etc.), c’est-à-dire à un modèle de société libérale, ouverte et tolérante. Je ne pense pas qu’ils vont renoncer facilement à tous ces acquis. La société civile tunisienne est vigilante et capable de défendre les acquis de la modernité.

 

 

Pensez-vous qu’à long terme, le wahhabisme, qui empêche tout effort intellectuel, gagnera du terrain dans les pays du Maghreb?

Le wahhabisme n’aura pas d’avenir dans la nouvelle Tunisie et même dans les pays du Maghreb malgré les dernières tentatives de quelques prédicateurs saoudiens de diffuser la doctrine wahhabite en Tunisie. Cela se fait par le biais de cycles de formation, lancés récemment à l’adresse de jeunes ayant un niveau d’instruction très limité. Abdelfattah Mourou, un des fondateurs d’Ennahda, a déclaré que ces derniers reçoivent, pendant la période de formation, une prime de la part des organisateurs. Les analystes dénoncent la passivité du mouvement Ennahda et du gouvernement envers de telles initiatives.

L’Algérie a aussi beaucoup souffert des répercussions de la pensée wahhabite au début des années 1990. La Libye est encore sous le choc de la démolition par des salafistes du mausolée du saint Abdessalem Al Asmar de Tripoli, construit au XVIe siècle, le 25 août dernier.

 

Peut-on dire que, finalement, la démocratie dans nos pays est incompatible avec les dogmes des islamistes ?

Il est un peu tôt pour dire que l’islamisme est incompatible avec la démocratie. Le premier bilan des islamistes au pouvoir, malgré la courte durée, n’est pas du tout positif : le double discours persiste, l’hostilité envers les artistes et l’élite intellectuelle continue. Je pense que l’aile libérale du mouvement Ennahda qui représente 40% de sa base, selon les dernières statistiques du 9e congrès du mouvement, n’arrive pas à contrôler les rouages du parti. Surtout que Rached Ghannouchi continue à bénéficier des pleins pouvoirs, en vertu du règlement intérieur. D’ailleurs pendant le 9e congrès du parti, les motions de l’aile libérale ont été rejetées, par exemple l’élection du chef du parti par le majliss choura (conseil national) et non par les congressistes, l’élection du bureau exécutif au lieu de sa nomination par le chef du mouvement, la séparation entre la vocation politique et la vocation religieuse du parti…

 

 

Pour certains, les islamistes ne sont qu’une invention pour détourner les regards des  vraies questions d'ordre démocratique comme en témoigne l’expérience de l'Algérie…

C’est une thèse partagée par quelques analystes qui croient que le mouvement Ennahda vise par cette stratégie à détourner les regards des vrais problèmes socioéconomiques. Mais il y en a d’autres qui croient que les islamistes donnent beaucoup d’importance à la continuité de leur alliance avec des partis laïques.

 

 

Sur les questions régionales, ce qui se passe au nord du Mali n'a pas été condamné fermement par les instances religieuses concernées. La région du Sahel est idéale pour Al Qaîda, Ançar Eddine et le Mujao. Que cherchent-ils et surtout à quoi se préparent-ils ?

Les islamistes maliens appartiennent, dans leur majorité, à la mouvance salafiste jihadiste pro-wahhabite. Leur influence sur le nord du pays s’explique par l’absence du pouvoir central. La démolition des mausolées des saints à Tombouctou et l’interdiction de la diffusion des chansons occidentales à la radio locale ne peuvent qu’alimenter la colère d’une bonne partie du peuple malien. Mais je ne pense pas qu’une intervention militaire de la part de l’OTAN ou d’autres pays voisins puisse mettre un terme à ce courant djihadiste. Seuls le peuple malien et les élites de ce pays peuvent réduire l’influence d’un tel courant.

 

Al Qaîda, Ançar Eddine, Mujao, Boko Haram… Le continent va-t-il vers la «démocratisation» des groupuscules islamistes et au final la justification des interventions étrangères ?

C’est une règle générale,  la démocratisation des groupuscules islamistes passe évidemment par l’intervention étrangère. Cela est peut-être vrai dans certains pays du Printemps arabe.

Pour la Tunisie, je pense que la rationalisation du phénomène islamiste aura plus de chance de se concrétiser si les Nahdhaouis renoncent à leur alliance avec les salafistes et s’ils acceptent de ne pas instrumentaliser la religion à des fins politiques. C’est un pari difficile mais possible. Le modèle turc rejeté par les Frères musulmans du Monde arabe séduit encore l’aile libérale du parti Ennahda.  elwatan

 

Bio express :

 

Alaya Allani est professeur d’histoire contemporaine à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba et spécialiste des mouvements islamiste dans les pays du Maghreb. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et études sur le thème des phénomènes politico-religieux dans le monde arabe comme Les Mouvements islamistes dans le monde arabe : les cas de la Tunisie, Les mouvements salafistes au Maghreb, et Le courant religieux en Tunisie entre confrontation et participation.

 

 

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Lotfi Zitoun fait son show à la Kasbah

 

Lotfi Zitoun et quelques élu (e)s d’Ennahdha se sont joints vendredi aux manifestants rassemblés à la Place du gouvernement pour soutenir le gouvernement.

 

Invité il y a quelques jours par une radio privée pour répondre aux critiques des médias concernant les nouvelles nominations à la tête de Dar Assabah et de la Télévision nationale (deux personnes connues pour leur appartenance à l’ancien régime avant de devenir des thuriféraires d’Ennahdha au lendemain du 14 janvier 2011), Lotfi Zitoun, conseiller politique auprès du chef du gouvernement, a profité de l’occasion pour lancer aux partisans d’Ennahdha et au peuple tunisien un appel à une «milliounia» (une manifestation rassemblant un million de personnes) à la Place du gouvernement à la Kasbah pour soutenir le gouvernement islamiste conduit par Hamadi Jebali et l’encourager à poursuivre sa politique d’assainissement et sa lutte contre la corruption.

 

La «milliounia» n’a assemblé finalement que quelque centaines de personnes. Aux premiers rangs de ce rassemblement non autorisé par le ministère de l’Intérieur, Lotfi Zitoun, représentant du gouvernement, en manque de soutien. Muni d’un haut parleur, le conseiller politique du gouvernement a appelé les manifestants à soutenir son gouvernement «contre le retour des Rcdistes». Autour de lui, quelques personnes, munis de «bendirs» (cela ne s’invente pas !), répétaient ses propos comme des sourates de Coran.


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Un peu plus loin, quelques personnes qui se réclament du «mouvement de la Kasbah» – qui a chassé l’ex-Premier ministre Mohamed Ghannouchi –, ont, au contraire, demandé des comptes au gouvernement qui n’a pas tenu ses promesses et qui a tourné le dos aux demandes du peuple pour s’accaparer du pouvoir et mettre ses pions dans les institutions publiques.

 

La performance de M. Zitoun a été diffusée en direct par la chaîne qatarie Al-Jazira (et cela aussi ne s’invente pas !).

Al-Jazira est, on le sait, la télévision préférée des dirigeants d’Ennahdha : celle qui les a beaucoup aidés à prendre le pouvoir en Tunisie. kapitalis

 

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Les islamistes interdisent aux journalistes de Watania 1 de filmer l'accusant d'être contre le gouvernement Nahdhaoui

 

 

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En Tunisie, des citoyens veulent envoyer l'Assemblée constituante au tribunal

 


L'Assemblée constituante tunisienne lors de sa première séance, le 22 novembre 2011 à Tunis.

 

Plusieurs associations et militants ont déposé plainte contre le palais du Bardo. Lassés par l’opacité qui règne à l’Assemblée, ils réclament l’application de la transparence et la publication des activités parlementaires.


 

C’est une grande première en Tunisie. Mercredi 29 août, un collectif de citoyens a déposé plainte contre l’Assemblée nationale constituante (ANC) au tribunal administratif de Tunis. Ils reprochent au palais du Bardo de ne pas respecter l’obligation de transparence à laquelle il est théoriquement soumis. Les plaignants – l’ONG Al Bawsala, l’association Nawaat, et plusieurs membres du collectif OpenGov TN – exigent « la publication des votes des élus, des registres de présence, ainsi que de tous les procès verbaux, rapports et travaux réalisés depuis le 23 Octobre 2011 ».


 

La loi et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale constituante imposent la diffusion de ces informations. Pourtant, plus de dix mois après sa création, l’ANC refuse toujours de rendre ses activités publiques. Un groupe de parlementaires, acquis au principe d’ « open gouvernance », a bataillé pendant un temps pour obtenir la publication en ligne des débats. Ils ont fini par renoncer et se ranger derrière l’avis des dirigeants de la troïka, qui jugeaient la période trop sensible pour ce genre d’initiative. Lassés par cet échec et plusieurs actions vaines, les militants ont décidé de passer la vitesse supérieure en portant l’affaire devant les tribunaux.


 

« J’ai personnellement rencontré Mustapha Ben Jaafar (président de l’ANC, NDLR) à deux reprises, explique Amira Yahyaoui, présidente de l’ONG plaignante, Al Bawsala. Il s’était engagé deux fois à appliquer la transparence. Il ne l’a jamais fait ». Lors d’une conférence de presse organisée dans un hôtel de Tunis, le « collectif de la plainte contre l’ANC » a répété que la plainte ne visait pas les élus mais bien le bureau de l’Assemblée. D’après ses membres, cette procédure en justice était devenue inévitable face au mutisme des responsables parlementaires.


 

La transparence coûte que coûte


La plainte soumise au tribunal administratif de Tunis, une longue procédure judiciaire va désormais commencer. « Je pense qu’il n’y aura pas de procès avant un an et demi, deux ans, indique Kaïs Berjab, un des quatre avocats du collectif citoyen. Mais là n’est pas le sujet. Nous menons cette action pour le symbole et souhaitons créer une jurisprudence historique en la matière ». Avec la pression médiatique qui entoure le Bardo, une accélération de la procédure est toutefois envisageable. Reste aussi à savoir ce qu'il adviendrait en cas de dissolution de la Constituante, une situation inédite et sans précédent.

 

 

En s’attaquant à l’État tunisien, les plaignants savent que la tâche sera compliquée. « La justice n’est pas indépendante, c’est sûr, mais nous avons bon espoir, analyse Amira Yahyaoui. Ce procès va être très médiatique et nous avons un fort soutien populaire ».

 

 

Remontée comme une pendule, la présidente d’Al Bawsala est déterminée à faire appliquer les droits de ses compatriotes. Elle annonce d’ores et déjà qu’en cas de jugement défavorable, le collectif fera appel. Et ne ferme pas la porte à des actions plus radicales si leurs revendications ne sont pas entendues. « On ira jusqu’au bout et on obtiendra cette transparence coûte que coûte », prévient-elle. D'ici là, la plainte sera sûrement au centre des discussions lors de la rentrée parlementaire, prévue lundi 3 septembre. Jeuneafrique

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 02:59

Lotfi Touati publie «son» journal, contre la volonté des journalistes de Dar Assabah

 

 

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Une première dans l’histoire du pays. Même au temps de la dictature Ben Ali, on n’a pas vu cela : le contenu d’un journal changé à l’imprimerie, à l’insu des journalistes, et le journal réimprimé et distribué!


Lotfi Touati, directeur général de Dar Assabah, a attendu que les journalistes rentrent chez eux, dans la nuit du mercredi à jeudi, pour intervenir, changer la Une du quotidien Assabah et la page 3 où figure la pétition des journalistes exprimant leur rejet du contrôle direct du journal par le gouvernement. Le canard a été distribué, comme si rien ne se passait dans la maison.

 

Selon des témoins, à une heure du matin, les 15.000 exemplaires étaient imprimés avec des titres contre les nouvelles pratiques du nouveau directeur général imposé à Dar Assabah par le gouvernement. M. Touati a fait appel à la police pour empêcher la distribution.

 

Une fois les journalistes sit-inneurs, les représentants de l’Ugtt et du Snjt rentrés, le directeur général est entré dans l’imprimerie, a changé les titres de la Une et remplacé la page 3 par de la publicité, fait tourner les machines après une heure du matin et donné par la suite l’ordre de distribuer le journal. Comme si tout se passait à merveille chez lui. Les journalistes n’ont qu’à la boucler. kapitalis

 

 

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Deux journaux accusent leur nouveau directeur de censure

 

Les rédactions de deux quotidiens ont accusé jeudi leur nouveau directeur, nommé par le gouvernement tunisien dans des conditions controversées, d'avoir "censuré" ces journaux qui comptaient publier un texte dénonçant la nomination de cette nouvelle direction.

 

Cette motion, qui devait être publiée en page 3 des quotidiens Essabah (en arabe) et Le Temps (en français), condamnait la nomination de Lotfi Touati par le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahda et annonçait une grève des rédactions le 11 septembre, a indiqué à l'AFP Sana Farhat, journaliste et déléguée syndicale.

 

Or dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Touati a bloqué l'impression des journaux, fait venir la police devant leur siège où les journalistes manifestaient et fait remplacer la motion par de la publicité sur cette page "noble" qui publie habituellement "les meilleurs articles", a-t-elle ajouté.

 

"Ca a été censuré", a estimé Mme Farhat, "c'est du harcèlement", a-t-elle poursuivi, "les nouveaux responsables veulent contrôler la ligne éditoriale des journaux", a-t-elle ajouté, accusant le directeur général "de prendre ses ordres" auprès du gouvernement.

 

Depuis la mi-août, ces deux journaux appartenant à un groupe contrôlé par l'Etat combattent la nomination à la direction générale de M. Touati, jugé trop proche des islamistes au pouvoir.

 

De nombreux médias publics, notamment des chaînes télévisées et des radios, le Syndicat national des journalistes tunisiens et des ONG locale et internationales ont dénoncé les méthodes du gouvernement en la matière, estimant que les autorités cherchaient à les contrôler.

 

Le gouvernement affirme pour sa part vouloir "assainir" le secteur des complices du régime du président déchu, Zine el-Abidine Ben Ali. france24

 

 

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 Le patron d'une chaîne de télé incarcéré

 

Ettounsiya TV diffusait une émission politique satirique. La justice évoque une affaire de corruption remontant à l'époque de Ben Ali.

 

Sami Fehri, le 24 mars 2011. (KHALIL / AFP)

 

 

Le patron de la chaîne Ettounsiya TV, producteur d'une émission politique satirique suspendue, a été incarcéré jeudi 30 août, dénonçant une atteinte à la liberté d'expression enTunisie, alors que le gouvernement dirigé par les islamistes est accusé de faire pression sur les médias.

 

«Jeté en prison sans que la défense n’ait eu connaissance du dosssier»

Sami Fehri "vient de se rendre au procureur général", a indiqué Me Sonia Dahmani, précisant ensuite que son client a été incarcéré dans la prison de Mornaguia (30 km à l'ouest de Tunis).

 

"Je constate que mon client a été jeté en prison sans que la défense n'ait eu connaissance du dossier ni de la requête de la chambre d'accusation", a dit de son côté Me Abdelaziz Essid qui a indiqué avoir déposé un pourvoi en cassation. "Si notre pourvoi est accepté mon client pourrait être libéré", a-t-il affirmé, précisant que l'affaire qui concerne une dizaine de co-accusés est traitée actuellement au seul plan de la procédure.

 

La justice tunisienne avait ordonné le 24 août le placement en détention de Sami Fehri, dans une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Ben Ali. L'intéressé, qui risque dix ans de prison, affirme que cette décision a été prise en représailles à la diffusion d'une émission satirique politique de Guignols par sa chaîne et qui a été retirée des ondes "sous pression", selon lui, du gouvernement dirigé par les islamistes du parti Ennahda.

 

«Attaque contre la liberté d'expression»

Les autorités affirment vouloir "assainir" le secteur des complices du régime déchu, à l'instar de Sami Fehri, un associé de Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali, un homme d'affaires en fuite au Canada.

 

Des organisations de défense des droits de l'Homme et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) ont pour leur part souligné que l'incarcération a été ordonnée en violation de la loi, le prévenu n'ayant pas été informé de l'audience. Elles ont aussi émis des doutes sur les véritables intentions des autorités, les déboires judicaires de Sami Fehri coïncidant avec l'arrêt de l'émission "La logique politique" qui tournait en dérision les dirigeants du pays et d'Ennahda.

 

Dans une déclaration vidéo diffusée dans la nuit de mercredi à jeudi par sa chaîne, Sami Fehri avait indiqué qu'il allait se rendre, dénonçant des poursuites illégales et une attaque contre la liberté d'expression. "La liberté d'expression dans laquelle nous vivons depuis le 14 janvier (2011, date de la fuite de Ben Ali) est menacée", a déclaré Sami Fehri, qui, sous le régime déchu, s'était fait un nom en produisant des émissions de divertissement à grand succès.

 


«Ils prennent leurs ordres auprès du gouvernement»

Les islamistes sont accusés de toutes parts de chercher à contrôler les médias, particulièrement en nommant leurs partisans à la tête des télévisions, journaux et radios publics.

 

Dernier scandale en date, les rédactions de deux quotidiens --Essabah (en arabe) et Le Temps (en français)-- ont accusé jeudi leur nouveau directeur, Lotfi Touati, d'avoir "censuré" un texte des journalistes dénonçant sa nomination. Selon la journaliste du "Temps" et déléguée syndicale Sana Farhat, Lotfi Touati a bloqué l'impression des journaux dans la nuit de mercredi à jeudi, fait venir la police au siège des deux titres et a remplacé par de la publicité la motion de la rédaction prévue pour publication.

 

"Ca a été censuré", a dit Sana Farhat, "les nouveaux responsables veulent contrôler la ligne éditoriale des journaux", a-t-elle affirmé, accusant le directeur général "de prendre ses ordres" auprès du gouvernement. Les deux titres étaient, jusqu'à la révolution, sous la coupe de Sakher el-Materi, gendre de Ben Ali, alors qu'Ettounsiya TV était placée sous administration judiciaire depuis la chute du régime.

 

Le numéro deux d'Ennahda, Abdelfattah Mourou, a rejeté ces accusations lors d'une conférence de presse jeudi: 

"Si Ennahda ne défendait pas la liberté d'opinion, (le parti) n'aurait plus de raison d'exister"

 

Le SNJT et Reporters Sans Frontières (RSF) ont dénoncé mercredi "une mainmise" des autorités sur les médias publics. nouvelobs

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Les journalistes tunisiens mobilisés contre le gouvernement : Les médias en ébullition

 

 

La problématique des dernières nominations dans les médias publics ne s’est pas encore estompée. Deux nouvelles polémiques s’ajoutent pour embrouiller davantage le paysage médiatique tunisien.

D’abord, le mandat de dépôt décidé par la chambre d’accusation près le tribunal de Tunis contre Sami Fehri, patron de la chaîne Ettounsiya, poursuivi dans une affaire de malversations en rapport avec l’argent de la publicité, impliquant le gendre de Ben Ali, Belhassen Trabelsi, l’ex-ministre conseiller, Abdelwahab Abdallah, ainsi que plusieurs anciens responsables de la télévision tunisienne.

 

Ensuite, une grande polémique est engagée concernant les documents publiés par le site businessnews attestant que le ministre conseiller auprès du chef du gouvernement, chargé du Dossier politique, Lotfi Zitoun, a créé en avril 2011 une société en Grande-Bretagne, Azzaytoona Television LTD, qui serait, selon businessnews, derrière la chaîne de télévision Zitouna TV, proche du parti islamiste au pouvoir Ennahda. Lotfi Zitoun a admis l’existence de la société, en veilleuse, selon ses dires, parce que «trop pris par la chose politique», mais a nié être le bailleur de fonds de Zitouna TV. Médias et observateurs s’en sont donné à cœur joie concernant ces deux nouvelles. Qu’en est-il ?

 

Transparence en question


Au-delà des justifications présentées par l’administration dans l’affaire Sami Fehri, les structures de la corporation des journalistes y ont vu une tentative de faire taire une voix dissidente. Sa chaîne Ettounisiya a brillé durant le mois de Ramadhan par une émission satirique de guignols politiques qui visait particulièrement les dirigeants du pays et du parti islamiste Ennahda. «Pourquoi maintenant, alors que l’affaire traîne depuis plus de 18 mois ? Pourquoi uniquement lui, alors qu’il est supposé être juste un complice des décideurs au sein de la télévision, encore en liberté ? Pourquoi les procédures de défense n’ont-elles pas été respectées avant d’émettre ce mandat ?», s’est interrogée Sana Farhat, journaliste au Temps. Elle a précisé que «l’affaire Cactus a été traduite la semaine dernière devant la chambre d’accusation, sans qu’il n’y ait de décision d’arrestation». «Nous sommes pour la reddition des comptes de tous ceux qui ont eu des magouilles avec le régime déchu. Mais pas de justice transactionnelle», a-t-elle averti. «Il faudrait œuvrer inlassablement pour une justice indépendante du pouvoir exécutif, car de tels agissements montrent que la magistrature est encore sous les ordres», a-t-elle conclu.

 

Dans le même ordre d’idées, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a publié un communiqué, appelant le gouvernement à arrêter ses interventions dans le secteur des médias. Le communiqué a également appelé les journalistes d’Ettounisiya à ne pas se soumettre aux pressions et exercer leur profession en toute responsabilité pour une production médiatique pertinente.  
De son côté, Reporters sans frontières (RSF) a publié un communiqué où l’association s’inquiète «des vices de procédure ayant accéléré la délivrance d’un mandat de dépôt à l’encontre de Sami Fehri et demande la tenue d’un procès équitable, sans interférence des pouvoirs».

 

«L’empressement de la chambre d’accusation à rendre son jugement dans un procès commencé il y a un an et demi, tout comme l’évident vice de forme sont pour le moins surprenants et nous conduisent à nous interroger sur les motivations du tribunal et des juges», a déclaré RSF. Dans une rencontre hier avec Ridha Kazdaghli, conseiller du gouvernement dans le domaine de l’information, la représentante de l’organisation à Tunis a également dénoncé «la mainmise des autorités tunisiennes sur les médias publics et le manque de transparence dans le processus de nomination de leurs responsables».

 

Mélange des genres


Concernant la polémique autour du ministre conseiller Lotfi Zitoun, il est utile de rappeler qu’il est, de l’avis de tous, la personnalité incontournable dans le dossier de l’assainissement des médias. Donc, de prime abord, «il y a une question de conflit d’intérêts qui se pose, s’il se confirme que M. Zitoun est partie prenante dans le secteur des médias du côté des bailleurs de fonds en plus de sa vocation politique», a souligné le journaliste Néjib Sassi, l’un des rares à préserver sa plume de l’asservissement sous la dictature du régime déchu. L’homme par qui la polémique a transité, le blogueur-homme d’affaires Ali Gargouri, ne s’est pas arrêté à la publication des documents prouvant l’appartenance de Azzaytoona Television LTD à Lotfi Zitoun. Il a poussé ses investigations sur les activités de ladite société.

 

Il s’avère que Azzaytoona television LTD n’est pas en veilleuse, comme l’a déclaré le ministre conseiller aux médias locaux. «L’Autorité de régulation et de concurrence de l’industrie de la communication en Grande-Bretagne a accordé une licence TV à Azzaytoona Television Limited, en juillet dernier, pour la chaîne Tunis Today TV. Elle figure en première ligne des licences accordées en juillet», a souligné M. Gargouri dans une nouvelle communication, en réaction aux propos du ministre. Il a ajouté que «Tunis Today TV appartient bien à Azzaytoona Television Limited et que son contenu est de catégorie B, c’est-à-dire la diffusion de films, séries éducatives, musique, information».
 

 

Le contact pour cette chaîne est Monjia Abidi Zitoun, épouse de Lotfi Zitoun, la dernière mise à jour du site datant du 21 août, a-t-il encore précisé.

 

M. Gargouri a conclu sa réaction en s’attaquant de front au ministre. «Lotfi Zitoun a donc menti sur le fait que l’entreprise n’ait aucune activité. De plus, il n’a jamais annoncé l’existence de la chaîne de son épouse durant ses interventions radiophoniques enflammées, lui qui est ministre conseiller chargé du secteur de surcroît.» «Zitoun a-t-il déclaré tous ses biens, propriétés à l’étranger, au gouvernement auquel il appartient, comme le stipule la loi ?», s’est-il interrogé. Cette polémique risque de perdurer, au bonheur de la liberté de la presse en Tunisie. elwatan

 

 

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Lotfi Zitoun bat en retraite, Néjiba Hamrouni contre-attaque


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 La présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) a annoncé, jeudi, que son association va porter plainte contre le conseiller principal du chef du gouvernement en charge de l’information.

 

«M. Lotfi Zitoun s’est souvent attaqué au Snjt, mais cette fois il a dépassé les bornes en accusant le syndicat de jouer le rôle de l’opposition radicale et de vouloir fermer les yeux sur les personnes corrompues dans le secteur de l’information», a déclaré Néjiba Hamrouni, à l’issue d’une assemblée générale, aujourd’hui, au siège du Snjt, consacrée aux récentes nominations à la tête des médias publics, rejetées par les journalistes qui y voient une volonté du gouvernement d’imposer son contrôle sur la ligne éditoriale de ces médias.

 

Mme Hamrouni a rappelé que la réunion, hier, au palais du gouvernement, à la Kasbah, entre les représentants de la profession et ceux du gouvernement, ont abouti à deux décisions importantes. La première concerne la mise en place rapidement, et en concertation avec la profession, de la Haute autorité indépendante de la communication audio-visuelle (Haica), créées par le décret-loi 116 publié en novembre 2011 par le Journal officiel de la république tunisienne (Jort).

 

La seconde décision est relative à la publication de la liste noire des journalistes, responsables des médias et communicateurs ayant contribué activement au maintien de la dictature de Ben Ali. Cette liste sera réalisée conjointement par le gouvernement et les représentants des journalistes. A cet effet, une commission sera mise en place rapidement, qui sera présidée par un juge réputé pour son intégrité. kapitalis

 

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Débat 
 
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