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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 04:15

 

Une nouvelle alliance de gauche pour quoi faire ?

 

 

Naissance d’un troisième pôle d’opposition

 


«Un ‘‘front populaire’’ a été créé dimanche soir à Tunis réunissant 12 partis de gauche et un groupe de personnalités indépendantes et reconnues pour leur militantisme», indique le communiqué du Parti ouvrier tunisien (Pot) sur sa page officielle sur Facebook.

«L’annonce officielle de la création du front populaire, sa structure et sa direction est prévue en septembre prochain», a dit M. Hammami, relevant que le front est ouvert à toutes les sensibilités politiques.

Une réunion a eu lieu dimanche à Tunis pour fixer les objectifs généraux et la plate-forme commune de la coalition des partis politiques membres du Front auquel se sont ralliées plusieurs personnalités indépendantes.

«Cette coalition est un front politique et non essentiellement électoral. Elle œuvrera à réaliser les objectifs de la révolution et constitue un troisième pôle de concurrent à la troïka au pouvoir et à l’Appel de la Tunisie», a indiqué Hamma Hammami, président du Parti ouvrier tunisien (Pot), l’un des fondateurs de ce front, à l’agence Tap.

Ce front se veut une alliance d’opposition à la coalition au pouvoir réunissant Ennahdha et deux partis de centre-gauche, le Congrès pour la République (CpR) du président provisoire Moncef Marzouki et Ettakatol du président de l’Assemblée nationale constituante (Anc).

Il se pose aussi en alternative à une alliance embryonnaire d’opposition formée par le Parti républicain (centre) et Al-Massar (La Voie, gauche) autour de Nida Tounès (l’Appel de Tunisie), le nouveau parti de l’ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui a conduit la Tunisie aux élections d’octobre 2011 après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali.

L’Appel de Tunisie, qui connaît une popularité croissante depuis sa création en juillet, et ses alliés ont indiqué songer à se présenter ensemble lors des élections prévues en mars 2013.

L’organisation de ce prochain scrutin dépend de l’adoption par l’Anc d’une nouvelle Constitution d’ici octobre prochain. La rédaction de la loi fondamentale a cependant pris du retard. Et il y a un fort risque qu’elle ne sera pas prête avant avril 2013. Ce qui retardera les élections de quelque six mois supplémentaires.

L’opposition tente de s’organiser depuis plusieurs mois, tout en accusant Ennahdha d’imposer son emprise sur tous les rouages de l’Etat (nominations, etc.), de dérive autoritaire et d’organiser une islamisation rampante de la société.

A ce jour, les partis membres de cette nouvelle coalition sont :


- le parti de l'action nationale démocrate (courant unioniste);

- le mouvement des patriotes démocrates;

- le parti du leadership arabe démocratique;

- le parti des travailleurs;

- le mouvement Al-Bath;

- le Mouvement Achaab;

- la ligue des travailleurs de gauche;

- le parti de Tunisie-verte;

- le front populiste unioniste;

- les Patriotes démocrates (Watad);

- le parti populaire pour la liberté et le progrès;

 - le parti du militantisme progressiste.  kapitalis

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 03:07

Sidi Bouzid paralysée par la grève générale 

Un «Dégage» Contre le Gouverneur islamiste de la ville


 

Un «Dégage» quelque peu violent contre la chaîne qatarie El Jazeera

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Grève générale à Sidi Bouzid

Une grève générale paralysait mardi Sidi Bouzid, cette ville du sud-ouest tunisien d'où est partie l'étincelle de la "Révolution du jasmin" qui a emporté le régime dictatorial de Zine El-Abidine ben Ali.

A l'appel de la centrale syndicale UGTT (Union générale tunisienne du travail), les protestataires ont réclamé "le droit au développement" de cette région pauvre où le taux de chômage des jeunes est élevé. Selon le syndicaliste Attia Athmouni, la grève a été suivie dans une proportion de 95%.

Quelque 3.000 manifestants ont parcouru les différentes artères de la ville sans incident, a précisé M. Athmouni à l'Associated Press. Ils ont scandé des slogans hostiles au mouvement islamiste Ennahdha au pouvoir, appelant à la démission du gouvernement.

Le mouvement de protestation a été déclenché sur fond de revendications sociales d'une population pauvre qui se plaint de voir sa situation inchangée, voire se détériorer, plus d'un an et demi après la "Révolution du jasmin" partie de Sidi Bouzid, a déploré Attia Athmouni.

En décembre 2010, un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, s'était immolé par le feu en signe de révolte contre l'injustice et l'humiliation après la saisie de sa marchandise par la police municipale. Son geste de désespoir avait mis le feu au pays et fait fuir l'ancien président Ben Ali en Arabie saoudite.

Dans un communiqué, l'UGTT a fermement dénoncé le climat de tension et la détérioration de la situation dans la région de Sidi Bouzid. Celle-ci "risque de s'enliser davantage si des solutions ne sont pas apportées pour impulser l'investissement et pour remédier à la marginalisation et au chômage dans la région", met en garde la centrale syndicale.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Samir Dilou a dit à la radio Mosaïque FM comprendre le mouvement de protestation des jeunes de Sidi Bouzid et les difficultés auxquelles sont confrontées les régions démunies. Il considère cependant que la grève générale décrétée à Sidi bouzid "n?est pas justifiée" et que "les demandes populaires doivent rester dans leur cadre". tempsreel.nouvelobs.

 

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إضراب عام في سيدي بوزيد للمطالبة بإطلاق سراح المعتقلين

 
 

قرّرت الهيئة الإدارية للإتحاد الجهوي للشغل بسيدي بوزيد، مهد الثورة التونسية، الدخول في إضراب عام، وسط حالة من التوتر والإحتقان تسود حاليا بقية الولايات التونسية على خلفية احتجاجات تطالب بإطلاق سراح معتقلين وللمطالبة بالحق في التنمية.

 

وأوضحت الهيئة الإدارية للإتحاد الجهوي للشغل في بيان لها، أن الإضراب العام الذي دعت إليه يأتي للمطالبة بإطلاق سراح المعتقلين على خلفية التحركات الإحتجاجية التي عرفتها مدينة سيدي بوزيد خلال الأيام القليلة الماضية.

 

وأعربت في بيانها عن إستنكارها لما وصفته بـ"التصريحات المجانية" لوزير الداخلية علي لعريض، ولوالي سيدي بوزيد، وحذرت في نفس الوقت من أن سيدي بوزيد تعيش"وضعا سيئا مرشحا إلى مزيد التأزم والتعقيد".

 

وكان علي لعريض وزير الداخلية في الحكومة المؤقتة اتهم في تصريحات سابقة أطرافا يسارية ونقابية بالتورط في التحركات الإحتجاجية التي عرفتها سيدي بوزيد خلال الأيام الثلاثة الماضية.

 

وقالت الهيئة الإدارية للإتحاد الجهوي للشغل إنه بات يتعيّن على السلطات العمل من أجل التخفيض من حدة الغليان في محافظة سيدي بوزيد عبر دفع الإستثمار والقضاء على حساب التهميش والبطالة.

 

وشهدت مدينة سيدي بوزيد مظاهرات إحتجاجية سرعان ما تحولت إلى مواجهات عنيفة بين المتظاهرين وقوات الأمن التي لم تتردد بإستخدام الرصاص المطاطي والقنابل المسيلة للدموع لتفريق المحتجين الذين يطالبون بحقهم في التنمية.

 

وامتدت المواجهات لتشمل بقية مدن سيدي بوزيد منها المكناسي والرقاب ومنزل بوزيان التي سقط فيها اول شهيد خلال ثورة 14 جانفي 2011، كما شملت أيضا بعض المدن والقرى بالمحافظات المجاورة مثل صفاقس والقيروان والقصرين والمهدية والكاف.

 

ولا تزال غالبية المناطق في وسط وجنوب البلاد تعيش حالة من التوتر والإحتقان بسبب تواصل إنقطاع الماء والكهرباء، وتراكم النفايات والأوساخ، وتردي الخدمات، وإنعدام فرص العمل.

 

وترفض الحكومة المؤقتة الإنتقادات الموجهة لها بالتقصير بمعالجة قضايا الجهات الداخلية، ولا تتردد باتهام بعض القوى "اليسارية الفوضوية"، وبقايا النظام السابق بالوقوف وراء التحركات الإحتجاجية التي وصفتها بـ"الثورة المضادة".

 

وأثارت هذه الإتهامات وما رافقها من إفراط في إستخدام القوة حفيظة العديد من الأحزاب السياسية التي نددت بما وصفته "القمع الوحشي الذي واجهت به الحكومة المؤقتة والسلط المحلية والجهوية" المسيرات التي شهدتها قرى ومدن سيدي بوزيد والقيروان وصفاقس والمهدية والكاف.

 

يو بي أي

almasdar

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 10:38

Des milliers de femmes s'élèvent pour dire non aux tentatives moyenâgeuses  des islamistes


 

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La femme tunisienne entame son combat pour ses droits

 

Plus de 10 000 Tunisiennes et Tunisiens se sont réunis hier à l’occasion de la fête nationale de la femme sur une des grandes artères de la capitale et dans plusieurs villes du pays, notamment à Sousse, Sfax, Monastir, Jendouba et Béjà. Cette fête qui commémore chaque année la promulgation, le 13 août 1956, du code du statut personnel (CSP) par l’ancien président Habib Bourguiba, a été surtout l’occasion pour des milliers de tunisiens de protester contre l’article 28 de la future constitution, actuellement en cours de rédaction par les élus de l’assemblée constituante.

 

La formulation équivoque de l’article 28


Ce texte, voté il y a une semaine dans la commission chargée de rédiger les articles relatifs aux droits et libertés de la Constitution, stipule notamment que «l’État garantit la protection des droits de la femme, consolide ses acquis, en la considérant comme le véritable partenaire de l’homme dans la construction de la patrie avec qui il y a complémentarité des rôles au sein de la famille ». Une traduction biaisée de cet article, rapportée par la députée Selma Mabrouk, membre de la commission suscitée, faisait état d’une notion de complémentarité entre l’homme et la femme, ce qui a profondément ébranlé une partie de l’opinion publique qui y a vu une intention claire du parti Ennahdha (dont les membres ont voté en majorité pour cet article) de mettre en péril les acquis de la femme tunisienne. Néanmoins, en définissant la femme par rapport à l’homme et au sein d’une famille, cet article ouvre la voie à plusieurs interprétations, qui laissent craindre des dérives sur les textes de lois qui peuvent en découler, notamment la non garantie par l’Etat des droits de la femme en dehors d’une structure familiale. Si l’on ajoute à cela les déclarations de l’élue d’Ennahdha Souad Abderrahim il y a plusieurs mois, concernant le statut des mères célibataires, qu’elle avait alors traitées d’ « infamie pour la société tunisienne », et la position plus qu’ambiguë de Rached Ghannouchi au sujet de la polygamie, on peut aisément comprendre la peur d’une partie des femmes tunisiennes sur le projet sociétal rétrograde visé par les islamistes au pouvoir.


Modernité contre conservatisme, l’éternel clivage


Les manifestants réunis ce 13 août ont scandé plusieurs slogans très critiques à l’encontre du parti Ennahdha mais également de ses alliés membres de la Troïka, le CPR et Ettakatol, symbolisés respectivement par Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar : « la femme Tunisienne ne peut être trahie », « la femme tunisienne est plus forte que toi(NDLR : adressé à Jebali, chef du gouvernement) », « On ne se taira plus ». Des slogans qui ont également visé de manière violente Meherzia Laabidi, vice présidente de l’assemblée constituante et membre d’Ennahdha, et dont le salaire avoisinant les 10 000 euro est actuellement l’objet de vives critiques. A coup de « la femme tunisienne n’est pas Meherzia » et « Meherzia rend ton salaire », cette femme semble avoir cristallisé la colère des manifestantes qui voient en elle le symbole de ces sympathisantes d’Ennahdha, des femmes soumises à un modèle social patriarcal qui n’hésitent pas à cautionner les positions rétrogrades de leur parti, allant même jusqu’à justifier l’inégalité entre hommes et femmes en droits et en devoirs.

Ce rassemblement du 13 août a ainsi constitué une énième manifestation du clivage social de la société tunisienne entre modernistes, désireux de préserver les acquis du bourguibisme, et ultraconservateurs voulant rompre avec cette figure qui a modernisé à contre-courant la société tunisienne.


Le Code du Statut Personnel, fuite en avant ?


On ne peut nier que le CSP est arrivé comme un bloc de lois préétablies, pensées comme un idéal social. Le CSP a indubitablement contribué à l’émancipation de la femme tunisienne mais, depuis sa promulgation, n’a eu de cesse d’être confronté au conservatisme de la société. Même si le leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, s’est toujours prononcé pour sa conservation, les tentations de le réviser se font sentir, notamment concernant l’adoption et la polygamie. Les débats qui ont refait surface en 1987 à l’entrée au pouvoir de Ben Ali, puis aujourd’hui, plus de 50 ans après sa promulgation, laissent penser que cette modernité amenée par Bourguiba n’est qu’une fuite en avant et que le CSP n’a jamais été complètement accepté par la société tunisienne, dont les mentalités ont du mal à évoluer. Car même si Bourguiba s’est appuyé sur les textes religieux pour faire accepter le CSP, ce dernier s’est imposé sans discussion, sans que les femmes aient eu à le réclamer, sans l’initiative d’un mouvement de revendications féministes. Bourguiba n’avait d’ailleurs pas hésité à arrêter ou destituer tous ceux qui avaient osé s’opposer à cette réforme radicale. Bourguiba a donc bousculé la vie des tunisiennes mais a certainement beaucoup contribué à créer une société à deux vitesses et à creuser un clivage entre la femme émancipée d’aujourd’hui, qui a totalement adopté le CSP, et la femme évoluant dans un milieu ultraconservateur qui, de ce fait, stigmatise cette autre femme tunisienne en laquelle elle ne se reconnaît pas et qui est néanmoins présentée, dans le monde, comme la figure de proue d’un modèle de politique moderniste réussie.

L’arrivée d’Ennahdha au pouvoir renverse la donne et l’on se retrouve aujourd’hui dans la situation où la femme « émancipée » ne subit plus ses droits, mais doit sortir dans la rue pour les réclamer. Doit-on revenir sur les acquis du bourguibisme en matière de droits de la femme ? Certainement que non, mais l’on réalise, plus de 50 ans après sa promulgation, que le CSP est peut-être « allé plus vite que la musique », qu’il fallait peut-être éduquer avant d’imposer par la loi, et non le contraire.

Il faudra certainement beaucoup de temps, de débats, de manifestations, pour que le statut de la femme tunisienne acquière une homogénéité, qui conforte sa position privilégiée dans le monde arabe sans que l’image de la femme tunisienne émancipée ne soit fantasmée par un idéal de société.

Photo Reuters    blogs.liberation

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 07:12

Le programme des festivités populaires du 13 Août

 

La fête de la Femme sera, bon gré mal gré, célébrée, lundi soir à Tunis. Les organisateurs demandent à ce que le 13 août au soir soit tout en bougies, gerbes de fleurs, affiches et autres symboles.


Parmi les organisateurs de la fête nationale de la femme (coïncidant avec la promulgation du Code du statut personnel, le 13 août 1956), qui aura lieu lundi à partir de 21 heures (une marche à partir de la Place 14 janvier vers le Palais des Congrès en passant par l’avenue Mohamed V), un collectif des femmes représentantes de la société civile, le Parti républicain, la Voie démocratique, Nida Tounes, la Commission nationale des femmes de l’Ugtt, la Coalition pour les femmes de la Tunisie, le Réseau Doustourna et plusieurs autres associations (celles des Femmes et leadership, des Femmes démocrates, d’Al Amana, de Touensa, de Sanabel, d’Al Karama, Alwan Tounes…), ainsi que l’Association tunisienne des Juristes et l’Association pour l’emploi et la citoyenneté.


Pour avoir affiches et autocollants, les militant(e)s doivent contacter les organisateurs. Pour ceux de la Voie démocratique, il faut se présenter – une  petite heure avant la marche – au siège du parti afin de récupérer affiches au logo du parti en blanc et bleu.


Au programme après la marche, un meeting au Palais des congrès de Tunis. Il y aura la lecture du Code du statut personnel (Csp), des interventions de plusieurs personnalités (Maya Jeribi, Slaheddine Jourchi, Sana Ben Achour, et autres avocats des familles des martyres et blessés de la révolution), ainsi que de la musique avec Zine Haddad, un petit mot de la cinéaste et députée Selma Baccar. Raja Farhat présentera aussi un extrait de sa pièce ‘‘Bourguiba’’, qui connaît un franc succès en Tunisie et ailleurs. kapitalis

 


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L’UGTT exprime son attachement aux acquis de la femme

 

A l’ occasion de la célébration, le 13 août prochain, de la fête nationale de la femme, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a réaffirmé son attachement à tous les acquis sociaux dont en premier lieu le Code du statut personnel et l'inscription des droits de la femme dans le texte de la nouvelle constitution.

Dans un communiqué publié par la centrale syndicale, l'UGTT met l'accent sur la nécessité de garantir les droits socioéconomiques des femmes dont notamment le droit à l'emploi et à l'égalité de rémunération et de traitement, loin de toutes formes de discrimination.
« La préservation des droits de la femme doit figurer parmi les priorités d'action du gouvernement, des partis et des associations afin de consacrer davantage les valeurs de la modernité et de la tolérance », indique l’UGTT.

Par ailleurs, le communiqué souligne l'impératif de mettre en place des programmes éducatifs visant à promouvoir les valeurs de modernité et à renforcer les structures sociopolitiques sur la base des valeurs universelles, de la pensée éclairée et du rejet du fanatisme.
L'UGTT souligne, en outre, l'importance du rôle dévolu à la femme dans l'édification de l'Etat et le développement de la société. 
businessnews

 

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La société civile dénonce l'art 28 de la Constitution comme une régression des acquis de la femme

 

La scène politique tunisienne qui célèbre le 13 août la fête de la femme est profondément partagée et choquée par les contenus annoncés du projet de l'article 28 de la constitution qui font référence à "une complémentarité" entre la femme et l'homme.

Plusieurs ONG et partis politiques appartenant à la mouvance progressiste ont qualifié le projet de l'article 28 de la constitution comme une régression par rapport aux attentes de la femme tunisienne qui aspire à une égalité totale et sans équivoque.
Il s'agit aussi selon les composantes de la société civile d'une remise en cause d'un projet de société qui s'est construit volontairement et de manière progressive par les Tunisiens depuis l'indépendance.

Le débat houleux au sein de la commission "des droits et libertés" relevant de l'Assemblée constituante autour de cet article a été qualifié comme le prémisse d'une régression des acquis réalisés par la femme tunisienne et une négation des slogans scandés par les manifestants le 14 janvier 2011 appelant à une égalité totale entre tous les Tunisiens.

L'article 28 qui énonce "une complémentarité entre l'homme et la femme" avait été qualifié par certains constituants "comme une maladresse de rédaction" d'autant plus qu'il se présente en porte-à-faux avec l'article 22 du même projet de constitution énoncant clairement "l'égalité" entre l'homme et la femme.


Concernant cet aspect, Mme Farida Labidi (Ennahda) n'a pas manqué de préciser lors d'un débat avec des femmes juristes que l'article 22 a été voté en l'absence des représentants d'Ennahda alors que l'article 28 il a été voté par 12 voix (9 Ennahda, 1 du groupe liberté et dignité, 1 du groupe mouvement wafa et 1 du CPR).

Une mobilisation générale des associations féminines s'est organisée pour demander l'affirmation "sans équivoques" de l'égalité entre l'homme et la femme.


Cette revendication de la société civile date bien avant la révolution du 14 janvier puisque l'article 6 de la Constitution de 1959 fait aussi défaut à ce propos dans la mesure où il s'est limité à énoncer l'égalité des droits et devoirs entre "tous les citoyens" sans référence aux spécificités du genre ce qui laissent libre cours à l'interprétation.

Mme Labidi a aussi dénoncé la levée de bouclier médiatique concernant l'article 28 "Il s'agit d'une campagne de désinformation de l'opinion publique", a-t-elle dit.

"Je pense que la femme tunisienne est plutôt préoccupée par la garantie de son droit à la santé, à l'enseignement, à l'éducation, à l'emploi, à l'accès aux postes de décision, à la dignité et à garantir les conditions d'une vie digne à la femme rurale" a-t-elle encore dit.

L'article 28 de la constitution tel qu'il a été proposé par la commission des libertés et des droits, qui fait l'objet depuis quelques semaines d'une grande polémique, est qualifié par un collectif de la société civile comme "une grande régression pour l'ensemble de la société tunisienne".

Une déclaration a été publiée dans ce sens le 4 août courant par ce collectif composé de l'Association des femmes démocrates, l'association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement, la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme, la Commission femme de l'UGTT, la section tunisienne d'Amnesty international et le conseil national des libertés.

Ce projet "est une atteinte aux acquis de la femme et vient consacrer une approche paternaliste qui donne à l'homme un pouvoir absolu tout en reniant à la femme son droit de citoyenne à part entière", précise le collectif.

Le collectif des associations dénonce aussi le fait que dans le texte proposé on ne reconnaît pas la femme comme étant "un être indépendant" et "une citoyenne ayant des droits humains et des libertés tout autant que l'homme".

La femme est plutôt définit dans ce texte par rapport à l'homme qu'il soit le père, le mari ou le frère, précise ces associations.

Pour le juriste Kais Said il est nécessaire de tenir la question des droits et des acquis de la femme "loin des tractations politiques et électoralistes", a-t-il dit. 
Pour trancher cette polémique, cet expert du droit constitutinnel a proposé d'inclure les droits de la femme et ses acquis dans le texte "d'un pacte des droits humains et du citoyen" qui serait élaboré par l'assemblée constituante et soumis à referendum pour avoir par la suite "une valeur juridique supérieure à celle de la constitution", a-t-il dit.
Selon M. Said il n'y a aucune raison d'inclure dans la Constitution la notion de "complémentarité" dans la mesure où "ce concept ne revoie a aucune référence juridique".

La question de l'égalité entre l'homme et la femme doit être inscrite comme un fondement de base partant du principe universel de "l'égalité entre tous les citoyens".
babnet

 

 

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Menace sur les droits des femmes en Tunisie

Un article de la future constitution fait polémique en Tunisie. Passant sous silence le principe d'égalité, il instaure la notion de complémentarité entre hommes et femmes. Un texte inacceptable pour les féministes, militants des droits l'homme et responsables syndicaux qui appellent à manifester lundi 13 août 2012, date anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel. 
Rassemblement devant le siège de l'assemblée constituante le 9 août 2012.

« l'État assure la protection des droits de la femme sous le principe de complémentarité avec l'homme au sein de la famille en tant qu'associée de l'homme ». Adopté le 1er août dernier par une commission de l'Assemblée mais devant être encore adopté en séance plénière, cet article de la futur constitution a fait sursauter les associations de femmes et les ONG défendant les droits humains. 


« Il fait de la femme un appendice de l'homme,dénonce Souiad Rejeb de l'Association tunisienne des femmes démocrates. La Tunisienne n'est plus considérée comme une citoyenne à part entière. Elle est réduite à un rôle de complément. Si on laisse passer ce texte, c'en est fini du principe d'égalité entre les sexes. » 

Dans une Tunisie toujours aussi tumultueuse, les réactions ont été immédiates. Une pétition a été mise en ligne et un premier rassemblement a eu lieu le 9 août devant le siège de l'assemblée constituante pour exiger le retrait du texte. Mais les protestataires ne veulent pas en rester là. Les associations féministes,la Ligue des droits de l'homme, la puissante centrale syndicale UGTT ainsi que les partis d'opposition appellent de nouveau à manifester lundi 13 août à Tunis, ainsi qu'à Paris, à l'occasion du 56e anniversaires du Code du statut personnel. 

L'ancien président Bourguiba saluant un groupe de femmes.
Un héritage menacé 

Promulgué le 13 août 1956, dans la foulée de l'indépendance et avant même l'adoption de la première Constitution post-coloniale, le Code du statut personnel rassemble une série de lois inédites dans le monde arabe faisant de la femme l'égale de l'homme : interdiction de la polygamie et de la répudiation, instauration du divorce, reconnaissance du mariage uniquement sous consentement mutuel des époux. Un héritage du régime Bourguiba que les féministes tunisiennes veulent à tout prix préserver face à la menace islamiste que présente le parti Ennahda au pouvoir depuis leur victoire aux élections d'octobre 2011. 

« J'ai étudié tous les discours d'Ennahda dans les années 80 [sous le régime Ben Ali quand les représentants du parti étaient contraints à l'exile, NDLR]. Ils étaient tous contre les droits des femmes. Leur objectif, c'est de renvoyer les femmes à la cuisine et de réinstaller la polygamie, affirme d'un ton ferme la militante Souiad Rejeb. Avant même les élections, ils ont calomnié toutes les femmes démocrates ! » 

De son côté, le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, qui avait promis après sa victoire électorale qu'il ne toucherait pas au Code du statut personnel, a tenté de minimiser la controverse. « Certains députés ont vu dans cette formulation un recul sur les principes fondamentaux comme celui de l'égalité mais ce principe fait l'objet d'un accord entre Ennahda et ses partenaire », a t-il assuré, faisant référence à ses alliés de gauche, Ettakatol et le Congrès pour la république du président Moncef Marzouki. 

Pour Souiad Rejeb, pas question de se laisser embobiner. « Avec Ennahad, c'est toujours un pas en avant, deux pas en arrière. Ils lancent des petites bombes et voient comment l'opinion réagit. Mais on ne se laissera pas faire. J'ai confiance dans les femmes tunisiennes. » 
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Entretien dans le journal Afrique de TV5MONDE avec la psychanalyste Nédra Ben Smaïl, auteure de Vierges ? la sexualité des Tunisiennes

tv5

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 07:10

REPORTAGE : Menacés par la famine, comme pendant la Seconde Guerre mondiale, les Grecs ont l’impression de replonger dans la dictature. Economique, cette fois.

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[Selon les derniers chiffres, 3 millions de Grecs sont pauvres ou au bord de l’exclusion sociale, soit 27,7 % de la population.]

 

Tous les jours, la même scène : à midi, une foule silencieuse se presse devant les grilles de la mairie d’Athènes, à deux pas de la place Omonia. Combien sont-ils ? Une centaine ? Bien plus encore ? «Le soir, ils sont deux à trois fois plus nombreux», soupire Xanthi, une jeune femme rousse, chargée par la mairie «de gérer la foule». L’ambiance est tendue quand les grilles s’ouvrent enfin, et qu’une longue cohorte se forme jusqu’au stand où l’on distribue un Coca-Cola light et une sorte de purée de patates dans une gamelle en plastique.

Certains tentent de doubler, d’autres de repasser une seconde fois. Il y a des cris, des disputes, tout doit aller très vite : la distribution ne dure qu’une demi-heure. Et tant pis pour les retardataires ! Gestes fébriles, regards fuyants, ils s’accrochent à leur repas qu’ils avalent rapidement assis dans la cour. Au milieu des quelques marginaux et des vieillards aux vêtements usés, on remarque tout de suite cette nouvelle catégorie de citadins jusqu’à présent peu habitués à quémander sa nourriture. La plupart d’entre eux refusent de parler aux journalistes, détournent la tête dès qu’on les aborde. «Ils ont honte», confie Sotiris, 55 ans, qui s’est retrouvé au chômage après avoir travaillé vingt ans dans une compagnie de sécurité. «Mais en Grèce, les allocations chômage ne durent qu’un an», rappelle-t-il. Tirant nerveusement sur sa cigarette, il évoque sa femme, malade du cancer et alitée, ses deux fils, aussi au chômage, qui vivent sous le même toit. «Que va-t-on devenir ?Je n’ai plus d’argent et je ne peux même plus payer les traites pour mon appartement ! Bientôt, ils viendront le saisir», s’affole-t-il. Juste avant de partir, il demande un euro, murmurant : «Juste pour un café. J’en ai oublié le goût.»

Années fastes. En Grèce, on les appelle les «néopauvres», ou encore les «SDF avec iPhone» : des salariés virés d’une des nombreuses PME qui ont fait faillite, des fonctionnaires licenciés à la suite des mesures d’austérité prises depuis deux ans. Tous se sont retrouvés au chômage, alors que les crédits à la consommation les avaient poussés à se surendetter pendant les années fastes. Qui ne sont pas si loin : entre 2000 et 2007, la Grèce affichait encore un taux de croissance prometteur de 4,2%. Puis la crise bancaire de 2008 et l’annonce coup de tonnerre d’un déficit budgétaire record de 12,7% du PIB fin 2009 ont fait s’effondrer, comme un château de cartes, une économie aux bases trop fragiles pour résister au jeu spéculatif des marchés.

Premier pays «dégradé» d’Europe, la Grèce est aujourd’hui le plus mal noté par les agences financières. Travail au noir, fraude fiscale, administration inefficace : les maux sont connus et une grande partie de la population accepte la nécessité des réformes structurelles exigées par «Merkozy», comme on appelle ici le tandem Angela Merkel-Nicolas Sarkozy, qui domine les négociations à Bruxelles. Mais les plans d’austérité imposés au pays depuis le printemps 2010 passent mal. Ils frappent en priorité les salariés et les retraités, qui ont vu leurs revenus diminuer, voire disparaître quand ils ont été licenciés, et leurs impôts, prélevés à la source, augmenter de façon exponentielle. Résultat ? En deux ans, le nombre de sans-domicile-fixe a augmenté de 25% et la faim est devenue une préoccupation quotidienne pour certains.

«J’ai commencé à m’inquiéter lorsqu’en consultation j’ai vu un, puis deux, puis dix enfants qui venaient se faire soigner le ventre vide, sans avoir pris aucun repas la veille», raconte Nikita Kanakis, président de la branche grecque de Médecins du monde. Il y a une dizaine d’années, l’ONG française avait ouvert une antenne en Grèce pour répondre à l’afflux aussi soudain que massif d’immigrés clandestins sans ressources.«Depuis un an, ce sont les Grecs qui viennent nous voir. Des gens de la classe moyenne qui, en perdant leurs droits sociaux, n’ont plus droit à l’hôpital public. Et depuis six mois, nous distribuons aussi de la nourriture comme dans les pays du tiers-monde, constate le docteur Kanakis, qui s’interroge. Le problème de la dette est réel mais jusqu’où peuvent aller les exigences de Bruxelles, quand des enfants qui ne vivent qu’à trois heures d’avion de Paris ou Berlin ne peuvent plus de soigner ou se nourrir ?»

Diktats. Jeudi, une scène insolite s’est déroulée au cœur d’Athènes, sur la place Syntagma, juste en face du Parlement : des agriculteurs venus de Thèbes, à 83 km de la capitale, distribuent 50 tonnes de patates et d’oignons gratuitement. Annoncée à a télévision, la distribution tourne vite à l’émeute. Tout le monde se précipite sur les étals. A nouveau des disputes, des cris. «On n’avait pas vu ça depuis l’Occupation», peste Andreas qui observe le spectacle à distance. L’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale avait provoqué une terrible famine qui reste dans toutes les mémoires.

Mais si le mot revient si souvent pour décrire le retour de la faim qui frappe les classes moyennes, c’est aussi en référence aux diktats de Bruxelles, et plus encore de Berlin. «Tous les trois mois, on nous menace de faillite immédiate et on nous ordonne d’étrangler encore plus les plus pauvres. L’argent qu’on nous promet ? Ce sont des prêts qui ne servent qu’à rembourser nos créanciers !» s’exclame Andreas.

Employé dans une entreprise maritime, il rit en évoquant l’éventualité de supprimer les treizième et quatorzième mois des salariés du privé. Comme beaucoup d’employeurs, le sien ne lui verse aucun salaire depuis des mois. «Les patrons invoquent la crise pour éviter de payer leurs employés», se plaint-il. Puis, se tournant vers l’ancien Palais royal qui abrite le Parlement, il ajoute : «Ici, il y a 300 crétins qui suivent un gouvernement non élu par le peuple. Est-ce qu’ils ont diminué leur train de vie ? Les fonctionnaires de l’Assemblée touchent toujours seize mois de salaires et personne à Bruxelles ne s’en préoccupe.»

«Laboratoire». Loin d’avoir, comme en Italie, provoqué un sursaut national face à la crise, Loukas Papademos, le Premier ministre «technocrate» nommé en novembre, brille surtout par son silence. Alors que le pays négocie à nouveau sa survie en promettant de nouvelles mesures de rigueur, la seule interview qu’il a accordée était destinée au… New York Times. Andreas en est persuadé : «Nous vivons sous une dictature économique. Et la Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe. Il n’y aura plus de classe moyenne.»

Source: Libération

http://www.politique-actu.com/dossier/famine-grece-avait-grece-depuis-occupation/354003/

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 06:59

Face à l'austérité, les Portugais se rebiffent

 

  Mercredi 11 juillet, les médecins portugais devraient commencer une grève de deux jours, promettant la plus forte mobilisation depuis vingt ans. | AFP/PATRICIA DE MELO MOREIRA

Ils ont longtemps été les élèves modèles de la zone euro. Ceux qui acceptaient, presque sans broncher, la médecinedes bailleurs de fonds du pays, la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Quand les Grecs descendaient dans la rue, que les Espagnols s'indignaient, les Portugais, eux, se résignaient face à une austérité visant à réduire le déficit public de 9,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2010 à 4,7 % en 2012.

Ce temps-là est-il révolu ? Mercredi 11 juillet, les médecins portugais devaient entamer une grève de deux jours, promettant la plus forte mobilisation depuis vingt ans. Les professionnels ne décolèrent pas  et ont le soutien de patients exaspérés de voir le système de santé se dégrader.

Les listes d'attente s'allongent avec le manque de personnel et les tickets modérateurs sont en hausse pour les usagers du service public. Quant aux médecins, ils acceptent mal de voir leurs salaires réduits avec la suppression de leur quatorzième mois de salaire. A leurs côtés, les infirmiers exigent l'annulation d'une décision du gouvernement de recourir à des prestataires de services privés, payés moins de 4 euros de l'heure, rapporte l'AFP.

HÔPITAUX SURENDETTÉS

L'objectif du gouvernement est de faire faire des économies aux hôpitaux surendettés. Et il y a urgence. Lundi 9 juillet, le laboratoire allemand Merck KGaA, lassé de ses factures impayées, a menacé de renoncer à ses projets de recherche médicale au Portugal. "Une confiance réciproque est un point important. Mais le manque d'envie de l'Etat portugais de payer réduit cette confiance", a expliqué Fritz Sacher, représentant de Merck au Portugal dans le Financial Times Deutschland.

Mais cette fois-ci, les Portugais ne semblent pas disposés à se laisser faire. La colère monte et se ressent dans la cote de popularité du gouvernement, en baisse ces derniers mois. C'est que, depuis le début de l'année, "les gens commencent véritablement à ressentir l'austérité qui jusqu'ici restait très théorique, explique Diogo Teixeira, du fonds d'investissement Optimize.

Les fonctionnaires et retraités ont dû renoncer à leur treizième et à leur quatorzième mois, qui servaient, bien souvent, à payer les vacances et les impôts. Ce dispositif pourrait toutefois être remis en question en 2013. La Cour constitutionnelle a estimé que cette mesure était inconstitutionnelle, car inégalitaire, ne frappant qu'une partie de la populationet imposée sans limite de temps.

ZÈLE DU GOUVERNEMENT

Par bravade ou souci d'orthodoxie budgétaire, le gouvernement de Pedro Passos Coelho (PSD, centre-droit) a répliqué qu'il la rendrait constitutionnelle... en exigeant des sacrifices équivalents aux Portugais du secteur privé.

L'Etat ne veut pas se priver des quelque 2 milliards d'euros apportés par ce dispositif. Avec une récession estimée à 3 % cette année, "il est déjà difficile de tenir les objectifs de déficit", constate Gilles Moëc, chez Deutsche Bank. En 2011, poursuit-il, le transfert à l'Etat des réserves de retraite des banques avait artificiellement réduit le déficit d'à peu près trois points de PIB. Une telle aubaine ne se reproduira pas.

Mais peut-être le gouvernement espère-t-il, en faisant preuve de zèle, avoir droit, comme l'Espagne, à plus de temps que prévu pour assainir ses finances.

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/11/face-a-l-austerite-les-portugais-se-rebiffent_1732097_3234.html

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Portugal: en grève contre la rigueur, les médecins protestent en blouse blanche

Plusieurs centaines de médecins portugais ont manifesté en blouse blanche mercredi à Lisbonne, au premier jour d'une grève nationale contre les mesures d'austérité appliquées par le gouvernement en contrepartie d'une aide financière internationale obtenue l'année dernière.

 

AFP

Plusieurs centaines de médecins portugais ont manifesté en blouse blanche mercredi à Lisbonne, au premier jour d'une grève nationale contre les mesures d'austérité appliquées par le gouvernement en contrepartie d'une aide financière internationale obtenue l'année dernière.

"Non à la fermeture de services de qualité", "Accès pour tous et pas seulement ceux qui peuvent payer", pouvait-on lire sur les affiches brandies par les protestataires qui se sont rassemblés, en blouses blanches, devant le ministère de la Santé dans le centre Lisbonne. Certains portaient des crêpes noirs autour du bras en signe de deuil d'un système de Santé qu'ils estiment en péril en raison des coupes budgétaires décidées par le gouvernement et qui doivent représenter cette année quelque 800 millions d'euros.

Soutenus par l'Ordre des médecins, les syndicats qui ont appelé à deux jours consécutifs de grève, ont estimé à plus de 90% la participation des médecins au premier jour du mouvement. Le gouvernement n'a de son côté fourni aucune estimation. Un service minimum avait toutefois été mis en place, équivalent à celui garanti habituellement les dimanches et jours fériés.

"Je suis ici pour protester contre la destruction du service public de santé et la fin des carrières médicales. Je suis inquiète pour ma formation et pour mon avenir", a déclaré à l'AFP Eloisa Sobreira, 25 ans, en première année d'internat à Figueira da Foz (centre). "Le service national de santé est menacé. Ils veulent le détruire en créant des disparités dans l'accès aux soins", estimait Miguel Cunha, 49 ans, pédiatre à Chaves (nord-est). "Je m'oppose totalement aux décisions et à l'attitude du gouvernement, notamment en ce qui concerne nos carrières. Les concours sont gelés et je ne parvient pas à progresser", a renchéri Claudia Ferreira, 42 ans, médecin généraliste à Coimbra (centre).

D'une manière générale, les hôpitaux ont été nettement moins fréquentés que d'habitude mercredi mais de nombreux patients se sont plaints du report de leur consultation. Selon des estimations du ministère de la Santé, la grève de deux jours pourrait, si elle était suivie par la totalité des médecins, entraîner l'annulation d'environ 400.000 consultations et de près de 4.500 opérations chirurgicales.

Frappé par une grave crise économique, le Portugal a obtenu en mai 2011 de l'Union européenne et du Fonds monétaire international une aide exceptionnelle de 78 milliards d'euros en échange d'un programme de réformes marqué par une austérité sans précédent. Pour réduire les coûts dans le secteur de la santé, le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis un an, a notamment décidé de réduire les heures supplémentaires et le remboursement de médicaments, de fermer certains services et de doubler les tickets modérateurs.

La grogne des médecins à notamment pris pour cible une récente décision du gouvernement de recourir à des organismes de prestation de services pour le recrutement temporaire de médecins. Les médecins ont exigé l'annulation de cette mesure alors que le gouvernement a déjà renoncé à une procédure semblable pour les infirmiers, qui avait abouti à des salaires de moins de 4 euros de l'heure. A la veille de la grève des médecins, les autorités, redoutant une mobilisation de grande ampleur, ont multiplié les efforts pour obtenir des syndicats qu'ils renoncent à un mouvement préjudiciable à l'image du Portugal, alors que le pays figurait en 2000, dans un rapport de l'OMS, à la 12e place du classement mondial des systèmes de santé.

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Portugal: deuxième jour de grève des médecins, les enseignants dans la rue

Créé le 12-07-2012 à 20h05 - Mis à jour à 20h05

Les médecins portugais ont observé jeudi un deuxième et dernier jour de grève, marquée par une forte participation, contre les mesures d'austérité exigées par les créanciers du Portugal en échange du plan de sauvetage accordé l'année dernière. Dans l'après-midi, quelques milliers d'enseignants ont à leur tour manifesté à Lisbonne pour protester contre les mesures de rigueur dans le domaine de l'éducation.

Comme la veille, les hôpitaux et centres de santé, notamment ceux de la capitale, ont été nettement moins fréquentés que d'habitude tandis que de rares patients ont quand même attendu d'être éventuellement reçus en consultation.Un service minimum a continué d'être observé, équivalent à celui assuré les dimanches et jours fériés.

"Avec une participation estimée à plus de 95%" des médecins sur l'ensemble des deux jours du mouvement, "cette grève a été la plus importante et avec la plus importante participation" depuis l'avènement de la démocratie au Portugal en 1974, ont affirmé les syndicats dans un communiqué diffusé jeudi en fin de journée. Le gouvernement n'a pour sa part fourni aucune estimation sur la participation au mouvement. La grève a été marquée mercredi par une manifestation de médecins en blouse blanche devant le ministère de la Santé, dans le centre de Lisbonne, qui a rassemblé 2.500 personnes selon la police et 4.000 selon les syndicats.

Les mesures d'austérité que le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis un an, a dû mettre en oeuvre en échange d'une aide internationale de 78 milliards d'euros, accordée en mai 2011, ont sévèrement frappé le budget de la santé qui doit cette année être diminué de 800 millions d'euros.

Pour réduire les coûts dans ce secteur, le gouvernement a notamment décidé de réduire les heures supplémentaires et le remboursement de médicaments, de fermer certains services et de doubler le ticket modérateur. Après les appels au dialogue réitérés mercredi au Parlement par le ministre de la Santé Paulo Macedo, les syndicats se sont dits prêts à s'asseoir à la table des négociations dès vendredi.

Jeudi, quelque 3.000 enseignants, d'après les médias locaux, ont défilé dans les rues de la capitale portugaise pour protester notamment contre la restructuration du réseau d'écoles publiques qui, selon leur principal syndicat, entraînera le licenciement de milliers d'entre eux. "Nous devons nous unir pour revendiquer une école sûre et épanouie. Pas cette école précaire où les enseignants n'ont aucune stabilité de l'emploi", a témoigné une institutrice de 41 ans, Julieta Abrantes, à la radio TSF.

 SOURCE : http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20120712.AFP2649/portugal-deuxieme-jour-de-greve-des-medecins-les-enseignants-dans-la-rue.html

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 Portugal : les mesures d'austérité menacent les plus vulnérables

Communiqué de presse - CommDH033(2012)

Strasbourg, 10/7/2012 – « Ce sont les groupes sociaux les plus vulnérables qui ont été frappés le plus durement par les mesures d'austérité budgétaire mises en œuvre au Portugal. Le Gouvernement devrait intensifier ses efforts pour atténuer l'impact de la crise financière, notamment sur les enfants, les personnes âgées et les Roms », a déclaré aujourd’hui Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, à l'occasion de la publication du rapport fondé sur les constatations qu'il a faites lors de sa visite au Portugal, du 7 au 9 mai dernier.

La pauvreté des enfants est un phénomène qui se développe au Portugal. La hausse du chômage et la baisse des salaires, associées à l’augmentation des impôts et à la réduction des prestations sociales et des allocations de chômage, ont entraîné une diminution des revenus pour de nombreux ménages portugais, au point que certains basculent dans la pauvreté. Des familles qui ne peuvent plus rembourser leur prêt immobilier sont expulsées de leur logement, ce qui est aussi particulièrement préjudiciable aux droits des enfants.

Les restrictions budgétaires dans l’éducation peuvent avoir de graves conséquences dans un contexte général déjà marqué par un fort taux d’abandon scolaire. « Cette situation, qui vient s’ajouter à la hausse du chômage et à la baisse des revenus des familles, risque de conduire à la résurgence du travail des enfants, surtout dans l’économie informelle et dans le secteur agricole. Les autorités devraient être particulièrement vigilantes et veiller à ce que se poursuivent les programmes de prévention du travail des enfants. »

Les personnes âgées souffrent elles aussi des mesures d'austérité budgétaire. « Le gel des pensions et la réduction des prestations sociales, qui s’accompagnent d’une hausse des prix des soins médicaux, des transports publics, du gaz, de l’électricité et des denrées alimentaires, ont entraîné une dégradation des conditions de vie des personnes âgées ayant de faibles revenus, notamment dans les zones rurales isolées. »

En outre, les cas de violence à l’encontre des personnes âgées sont en augmentation au Portugal. Près de 40 % d’entre elles auraient été victimes d’abus au sein de leur famille. « Les autorités devraient renforcer les mesures destinées à atténuer l'impact des mesures d'austérité sur les personnes âgées, qui ont besoin d'être mieux protégées et doivent pouvoir mener une vie décente et jouer un rôle actif dans la société. »

Concernant les Roms, ils continuent de subir diverses formes de discrimination, en particulier dans les domaines du logement, de l'éducation et de l'emploi, ce qui les enferme dans une situation d'exclusion sociale et de pauvreté. « Les autorités devraient améliorer considérablement les conditions de logement des Roms, garantir à tous les enfants roms l'égalité d'accès à une éducation de qualité et éradiquer toutes les formes d’antitsiganisme. La stratégie nationale pour l'intégration des communautés roms, adoptée en janvier dernier, va dans le bon sens ; il faudrait l'approuver et la mettre en œuvre sans plus tarder, en étroite collaboration avec les représentants de la communauté rom ».

Enfin, le Commissaire invite les autorités portugaises à continuer d'apporter le soutien nécessaire aux structures nationales des droits de l'homme indépendantes et aux organisations non gouvernementales travaillant dans le domaine des droits de l'homme.

Le Commissaire a également rendu publique une lettre adressée au ministre de la Justice du Portugal, dans laquelle il recommande de traiter le problème de la durée excessive des procédures judiciaires, de renforcer les mesures de lutte contre la discrimination et de s’employer à éradiquer les abus et la violence à l'encontre des personnes âgées.

 

 

 

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:43

Après les révélations sur un possible empoisonnement au polonium du dirigeant palestinien Yasser Arafat, la Tunisie réclame une réunion d'urgence de la Ligue.

Le chef de la diplomatie tunisienne Rafik Abdessalem a réclamé jeudi une réunion d’urgence de la Ligue arabe et une enquête internationale après des révélations d’Al-Jezira sur la mort de Yasser Arafat redonnant crédit à la thèse de l’assassinat.

«Nous appelons à une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe et nous appelons à la création d’un comité international pour enquêter sur les circonstances de la mort de dirigeant (palestinien) Arafat», a-t-il déclaré à l’antenne de la radio privée Mosaïque FM.

«Nous avons une dette envers ce grand homme qui a eu une grande influence dans le processus national palestinien», a-t-il ajouté, après une rencontre avec le président tunisien Moncef Marzouki.

La Tunisie a entretenu des relations privilégiées avec Arafat dans les années 1980 et 1990, accueillant l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) alors considérée comme «terroriste» par la communauté internationale.

L’Institute for Radiation Physics de Lausanne, qui a analysé des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels du dirigeant palestinien, remis à sa veuve par l’hôpital militaire français de Percy, où il est mort, y a découvert «une quantité anormale de polonium», selon un documentaire diffusé mardi par Al-Jezira.

Le polonium est une substance radioactive hautement toxique avec laquelle a été empoisonné en 2006 Londres Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au président Vladimir Poutine.

(AFP)

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:42

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Mohamed Khoja, secrétaire général du Front de la réforme, le 8 juillet 2012 (Thierry Brésillon)

Dimanche, le premier parti qualifié de «  salafiste  » autorisé en Tunisie, Jabhet al-islah, le Front de la réforme, a tenu son premier rassemblement public. Un micro-parti, mais appelé à jouer un rôle dans la paysage de l’islam politique.

Depuis plusieurs mois, des militants islamistes radicaux, ont défrayé la chronique. Reconnaissables à leur tenue, pantalon coupés, kamis (tunique longue), barbe et moustache rasée, ils ont rapidement occupé un espace médiatique et politique sous l’étiquette de «  salafistes  », dans le rôle du génie, turbulent et liberticide, sorti de la boîte de Pandore de la Révolution.

Le mouvement Ansar al Charia (les partisans de la Charia) incarne cette mouvance radicale, prompte à passer à l’action de terrain et qui rejette l’exercice du politique.

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Le public du colloque sur la charia organisé par le Frontde la réforme (Thierry Brésillon)

L’existence d’un parti « salafiste » légal suscite beaucoup de fantasmes dans l’opinion tunisienne. Pourtant, dans l’ambiance feutrée du Palais des Congrès, dimanche, on était loin de toute exaltation. Tout juste si les quelque 300 participants ne baillaient pas en écoutant les exposés traitant de politique et d’économie.

Politiser la jeunesse radicale

Le secrétaire général du Front de la réforme, Mohamed Khouja, visage austère, barbe courte et costume gris, ne s’identifie pas à la mouvance salafiste :

«  Nous sommes salafistes au sens où nous nous référons aux Ancêtres (les salafs), les compagnons du Prophète, les savants qui leur ont succédé. Mais en Tunisie, “salafiste” désigne des gens qui portent une certaine tenue vestimentaire, dont la pensée n’accepte pas le dialogue. Les médias ont fait peur avec ce terme. Mais leurs violences étaient des réactions non-organisées.  »

Une méthode que le Front de la réforme ne revendique pas. Plus précisément, il explique que le but du parti est plutôt de canaliser cette énergie radicale  :

« Nous voulons amener ces gens à la politique. Nous voulons essayer de réunir cette jeunesse, de dialoguer avec elle etde l’écouter. Nous voulons leur faire comprendre que pour le moment notre rôle est de bâtir ce pays. »

Le message ne s’adresse pas seulement à ces salafistes qui ont bloqué l’Université de la Manouba pour imposer le droit de porter le niqab, qui ont saccagé quelques toiles au Palais El Abdellia ou font la police des mœurs à Sejnane. Mais aussi à des jeunes radicalisés, comme cet habitant du quartier populaire d’Ettadhamen qui clame  :

«  Ce qui distingue l’homme de l’animal c’est qu’il est prêt à mourir pour Dieu  ! Moi je suis prêt à devenir un kamikaze de Dieu ! »

L’objectif est de les convaincre de se consacrer plutôt à la transformation de la Tunisie par la voie politique :

«  Des gens sont allés en Syrie, en Irak pour mourir. Pourquoi aller mourir à l’étranger  ? Il faut vivre ici. C’est plus utile et bien plus difficile de vivre en Tunisie “ fi sabil il’lah ” [dans la voie de Dieu, ndr] que d’aller mourir ailleurs.  »

Contenir l’influence wahhabite

On évoque souvent une wahhabisation de l’islam tunisien, sous l’influence des prédicateurs et de la littératureen provenance des pays du Golfe, auxquels Ben Ali avait d’ailleurs ouvert les portes de la Tunisie.

Contrairement aux idées reçues, le Front de la réforme ne s’inscrit pas dans cette tendance, insiste Mohamed Khouja, il appelle plutôt à la contenir :

« Les jeunes n’ont pas trouvé de bonnes références en Tunisie, donc ils se dirigent vers l’Orient. Ce n’est pas leur faute. C’est la faute des oulémas tunisiens. Il faut que les savants malékites prêchent davantage. »

Une liberté guidée

Sur le fond, le message délivré lors de la conférence est sans surprise. Contre la laïcité, pour l’application de la charia…

Une idée centrale comme le rappelle Mohamed Khouja  :

«  Nous vivons dans un cadre spécifique. La démocratie européenne ne peut pas être appliquée ici. Nous sommes musulmans. On ne peut pas imposer aux gens ce que nous pensons, mais nous faisons en sorte que la demande de la charia soit une émanation du peuple.  »

Jeribi Ahmed Taha, un jeune militant, décrit le régime islamique qu’il appellede ses vœux  :

«  C’est le peuple qui choisit ses dirigeants  : ils doivent être savants dans la religion, savoir distinguer le hallal (licite) du haram (l’illicite) mais aussi bien connaître la vie quotidienne des gens.

Nous respectons les pensées différentes, mais dans le respect de notre identité islamique. Nous voulons une liberté guidée par le Coran et la tradition du Prophète.  »

Deux visions concurrentes

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Le meeting du Hizb et’Tahrir, le 24 juin (Thierry Brésillon)

Comme le Hizb et’Tahrir (le parti de la libération), toujours non-autorisé mais qui a réuni 2 000 militants deux semaines plus tôt, la perspective finale est la restauration du califat. Mais là où Hizb et’Tahrir recherche un big bang islamique international, le Front de la réforme veut procéder étape par étape. D’abord la Tunisie, puis le Maghreb, puis les pays arabes enfin tout le monde musulman.

La comparaison provoquera la colère des intéressés, mais le Hizb et’Tahrir est à l’islamisme ce que les trotskystes sont au communisme  : ils défendaient l’internationalisation de la révolution, quand Staline visait d’abord l’institutionnalisation du communisme dans un seul pays.

Dans l’espace politique de l’islamisme radical, ce sont donc deux visions concurrentes. Pour l’instant, celle d’Hizb et’Tahrir semble trouver plus d’écho chez les jeunes déçus par le réalisme politique d’Ennahdha.

L’aiguillon d’Ennahdha

Le plus intéressant est de savoir comment le Front de la réforme se situe par rapport au parti au pouvoir. Mohamed Khouja a la dent dure  : 

«  Ennahdha a fait trop de concessions aux partis laïques et aux partis de gauche pour accéder au pouvoir. Il a renoncé à réclamer l’application de la charia, alors que nous refusons de mettre cette exigence de côté. Mais notre projet et nos références sont les mêmes.  »

D’ailleurs Rached Ghannouchi, président du Mouvement Ennahdha a fait une brève et silencieuse apparition au début de la réunion.

Décrite par un militant, la complémentarité est plus claire  :

«  Nous, nous revendiquons publiquement l’applicationde la charia. Alors que pour Ennahdha c’est implicite, parce qu’ils doivent faire des concessions. Mais notre parti sera un soutien pour Ennahdha.  »

En somme, quand Ennahdha est en passe de consacrer, lors de son congrès, sa transformation de parti clandestin en parti de gouvernement, le Front de la réforme a pour fonction d’offrir un cadre pour politiser et structurer idéologiquement les enfants perdus de l’islamisme radical, tout en aiguillonant le parti majoritaire sur sa dimension religieuse, afin de contre-balancer le poids des partis «  laïques  ».

 

http://blogs.rue89.com/tunisie-libre/2012/07/10/tunisie-un-parti-salafiste-pour-quoi-faire-227983

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:39

TUNIS — La Tunisie connaît une reprise économique après la récession de 2011, dans la foulée de la révolution, mais elle est fragilisée par l'incertitude politico-sécuritaire et par la crise en Europe, a indiqué mardi à l'AFP le gouverneur de la Banque centrale.

"Dès que nous verrons un renforcement de la sécurité, une stabilisation du climat social et politique, cela encouragera les investisseurs", a estimé Mustapha Kamel Nabli.

Il a relevé qu'avec une croissance de 4,8% au premier trimestre 2012 par rapport à la même période l'année précédente, la Tunisie pouvait encore atteindre son objectif annuel de 3,5%.

"Il faut que l'effort soit concentré sur la stabilisation sécuritaire, la réduction des conflits sociaux et la clarification de l'agenda politique", insiste ce responsable.

A ce titre, le limogeage en suspens de M. Nabli est symptomatique. Aucune explication précise n'a été donnée et l'Assemblée nationale constituante (ANC), qui doit approuver ou non cette décision prise fin juin par le chef de l'Etat Moncef Marzouki, n'a pas tranché.

Pour M. Nabli, cette polémique montre que "la démocratie est en marche", mais il regrette le manque de clarté que cela entraîne. "Surtout qu'il n'y a pas de raison évidente pour convaincre les observateurs étrangers", dit-il.

D'autant qu'il ne s'agit pas du seul dossier bloqué: la nature du futur régime tunisien n'a pas encore été déterminée, aucun compromis ne se dessinant à l'ANC alors que des élections sont prévues en mars 2013.

La confiance dans le pouvoir tunisien, dominé par les islamistes, devrait jouer un rôle important quant à la décision de l'agence de notation Moody's de dégrader ou non la note souveraine du pays, comme l'a fait Standard and Poor's en mai.

Pour le gouverneur, la dette, qui devrait atteindre 45% du PIB en 2012, reste "dans des limites acceptables". "L'essentiel c'est d'assurer que cela ne dérape pas", juge M. Nabli, farouche défenseur de l'indépendance de la BCT.

Autre problème pour la Tunisie, le poids de la crise en zone euro, son principal partenaire commercial.

"La situation économique en Europe a commencé à nous affecter de manière significative. Depuis mars, nous avons commencé à ressentir les effets sur les exportations de produits manufacturés", a-t-il dit.

En particulier, une baisse de l'ordre de "5 ou 6%" des exportations de textiles et cuirs, et une croissance anémique des exportations de l'industrie mécanique (3-4%).

La Tunisie a connu une récession de 1,8% en 2011. Le chômage (19%) ayant été un des facteurs au coeur de la révolution, la reprise économique est essentielle pour le pays, notamment dans deux secteurs quasi paralysés par la révolution: le tourisme et la production de phosphates, dont la Tunisie est le cinquième producteur mondial.

Or "il y a une reprise mais ça reste en deçà de ce qui était possible", note M. Nabli.

Enfin, le pays doit s'atteler à une réforme d'ampleur de son système bancaire et à la lutte contre la corruption héritée du temps du président déchu Ben Ali.

Il s'agit de la question des "créances accrochées", en particulierles emprunts que des alliés du régime n'ont jamais remboursés aux banques. "C'est un poids assez lourd sur le système bancaire", a-t-il dit, de l'ordre de 13,5% des portefeuilles.

Par contre, M. Nabli a affirmé que les proches du président déchu n'avaient plus d'influence économique : "Les 300-400 entreprises qui appartenaient à ce clan ont été confisquées".

"Bien sûr on ne peut pas dire que la corruption a disparu de Tunisie, ça prendra du temps, mais c'est un domaine sur lequel il y a beaucoup d'efforts qui se font", relève M. Nabli.

 

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hIG5ii5tAwo-Y9JI85N4Bub-yE9A?docId=CNG.4f684c0959b15529d769de4b44e7b7b7.581

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:39

"Le procès Ben Ali et des autres (anciens) dirigeants est un pas important vers l'Etat de droit en Tunisie, mais le verdict restera insuffisant tant que Ben Ali ne reviendra pas dans le pays et n'affrontera pas les questions de ses accusateurs", a estimé l'ONG dans un communiqué.

HRW a relevé cependant que les autorités tunisiennes devaient réduire les compétences des tribunaux militaires du pays, à l'instar de celui du Kef qui a condamné Ben Ali le mois dernier pour son rôle dans la répression dans quatre villes de l'ouest du pays, dont Thala et Kasserine.

"Le gouvernement tunisien devrait également réviser les lois du pays afin de réduire la trop large compétence qu'ont les tribunaux militaires pour juger les éventuelles violations des droits humains par les forces armées et de sécurité", note l'organisation.

Ces tribunaux sont chargés de juger les militaires et policiers accusés de crimes, une charge qui selon HRW devrait revenir à la justice civile.

L'organisation relève aussi que le code pénal tunisien est "mal outillé" car il "ne traite pas du concept de responsabilité du supérieur hiérarchique".

Plusieurs ex-dignitaires du régime ont été acquittés faute de preuve directe qu'ils avaient donné l'ordre de tirer sur des manifestants.

Le président déchu, réfugié en Arabie Saoudite, était poursuivi avec 22 anciens responsables pour la mort de 22 personnes. Des peines de prison de huit à 15 ans de prison ont été prononcées contre onze autres accusés mais dix ont obtenu des non-lieux, au désespoir des familles de victimes.

Enfin, HRW critique le gouvernement tunisien dominé par les islamistes qui "n'a fait que des tentatives de pure forme pour obtenir des Saoudiens qu'ils extradent (Ben Ali) en vue du procès".

 

http://www.afriquinfos.com/articles/2012/7/5/tunisie-souligne-progres-failles-justice-205785.asp

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