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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 06:30

 

Il empeste et accuse. Jbali avait-il réellement de quoi pavoiser ou de quoi s’offusquer ? 

Après le complot interne de ceux qui voulaient descendre le Gouvernement Jbali, en avril dernier, voici peut-être le complot des agences de notation contre le Gouvernement Jbali, 2 mois plus tard.

 

«Ils ont visité la Tunisie, en 2011, et dégradé la note d’un cran, en avril dernier. Ils devraient, en principe, voir ce qui a été réalisé pendant les quatre derniers mois de 2012. S’ils veulent nous juger sur les résultats de 2011, ce n’est pas raisonnable », s’offusquait Hamadi Jbali. Et le chef du Gouvernement tunisien de partir en vrille, sur la diabolisation des agences internationales de notation qu’il appelait même «des associations», en essayant de les criminaliser et au moins de les culpabiliser. «Ces agences étaient contentes de la situation, en 2010, sous Ben Ali et le notait  BBB+. Elles décernent de bonnes notes à la tyrannie et de mauvaises notes à la révolution. Elles condamnent la démocratie ».


 

 

Pour toute défense, le chef du Gouvernement tunisien présente, fièrement, une copie du dernier rapport de l’INS sur l’évolution de la croissance de l’économie tunisienne, au cours du dernier trimestre 2012. «S’ils veulent nous juger sur 2012, les résultats sont clairs et je ne sais pas s’ils ont vu les chiffres de l’INS. Vous voyez que, pour la première fois, la croissance a été de 4,8 %, ce qui n’a pas été réalisé même au cours du premier trimestre de Ben Ali en 2010 qui a fait 4,6 %. Tous les ratios ont grimpé positivement. Je n’accuse personne, mais je voudrais juste savoir comment ils ont fait », s’exclamait, visiblement indigné, Hammadi Jbali. Notons-le tout de suite, cette prétendue croissance, était … en glissement annuel, comme on ne le voit pas clairement sur l’écran et comme le chef du Gouvernement tunisien  ne le dit pas, et à prix constants, ceux de 2011. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le glissement veut dire une comparaison d’un trimestre 2012 par rapport au même de 2011. A prix constants, cela veut dire que la comparaison n’a pas tenu compte du glissement des prix et ceux-ci ont beaucoup changé d’une période à l’autre.


 

 

Il était, pourtant, tout aussi visible que l’indignation du chef du Gouvernement -mais peut-être l’a-t-on trompé lui aussi-, que cette croissance a été mesurée par rapport aux chiffres des comptes provisoires du premier trimestre 2011, «car nous n’avons toujours pas les comptes définitifs de l’exercice 2011 », nous indiquent, au téléphone, deux économistes et statisticiens à l’INS. La comparaison avec une année 2011 et plus précisément un premier trimestre de l’année de la Révolution, où toute, pratiquement toute l’économie était à l’arrêt. Mais soyons plus pragmatiques, en opposant les chiffres aux chiffres.

 

L’un des ratios les plus importants dans la définition du taux de croissance, reste l’IPI (Indice de la production industrielle). Selon le même INS dont brandissait Jbali le communiqué, l’IPI avait terminé le premier trimestre de 2011, en berne de 9,3 %. L’indice des industries manufacturières était, à cette date, de -7,4 %, celui des mines de -60,5 % et celui de l’énergie de -10,7 %.

 

Même si elle devait se faire ainsi, la comparaison à prix constants ne signale pas que le glissement de l’indice général des prix, entre le premier trimestre 2011 et la même période de 2012, était de 8 %. La comparaison ne pouvait pas non plus tenir compte de l’évolution de 7,6 % de l’indice des prix industriels à la vente, par rapport à 2011.

 

Il est important de rappeler aussi que, pendant le 1er trimestre de l’année de comparaison, 2011, l’appareil de production était quasiment à, l’arrêt et le tourisme était pratiquement à genoux. L’INS écrivait alors, dans sa note conjoncturelle, que «les échanges extérieurs ont nettement marqué le coup en 2011. Le premier trimestre a ainsi  été entaché d’une panne d’activité  et une chute brutale des échanges  qui a été suivie par un rebond de rattrapage au deuxième trimestre. Le second semestre a, lui, été imprégné par la demande provenant des partenaires européens de la Tunisie,  les exportations offshore accusant deux trimestres de baisses consécutives de -2% et -4,5%».

 

Réaliser donc de la croissance, à partir d’un profond négatif, s’appellerait-il de la croissance ? Cette croissance a-t-elle réellement créé de l’emploi, comme le devrait toute croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) ? Si cela avait été fait, la Tunisie aurait eu moins que les 800 mille chômeurs et le Gouvernement n’aurait certainement pas hésité à s’en gargariser !

 

«Je n’ai aucun différend personnel avec Mustapha Kamel Nabli … mais tout est possible »

 

Il est, à ce stade, important, comme nous y autorise d’ailleurs notre rôle de média, de rappeler le chef du Gouvernement à l’ordre et lui faire remarquer que le document brandi, lors de l’interview, relèverait presque de la désinformation et de l’intox, lorsqu’il est présenté sans les explications nécessaires qui devraient l’accompagner. Son gouvernement a certes réussi à endiguer la détérioration des conditions économiques de la Tunisie, mais il reste loin de les avoir rétablies dans celles de 2010 où elles réalisaient une moyenne annuelle de 3,5 % de croissance et encore moins de les avoir portées vers des niveaux supérieurs à ceux des années d’avant  la Révolution en ce que ces années avaient en stabilité politique et sociales. Qu’elles soient réelles ou fictives, là n’est pas le sujet.

 

Dans un petit moment de lucidité politique, Hammadi Jbali l’a reconnu, lorsqu’il disait en réaction à la dégradation de la note souveraine tunisienne, que «ce qu’ils ont présenté comporte une large part de vérité et de réalité. Il y a d’énormes lacunes». Il ne peut cependant pas s’empêcher d’égratigner au passage un secteur, celui des banques, qui refuse toujours de se mettre sous sa houlette, en ajoutant que «les lacunes les plus importantes résident  dans  le système bancaire tunisien, le problème des dettes du secteur touristique, la question de la dette, à côté de la situation sécuritaire, la question politique et la situation économique. Ils ont raison sur les volets de la politique, de la situation sociale et sécuritaire».

 

L’interview a aussi été l’occasion de percevoir le froid dans les relations entre le chef du Gouvernement et le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). «Il y a eu une tempête à propos de l’indépendance de la BCT, bien qu’il y ait différentes vues à propos de cette indépendance. On ne peut pas faire ce que l’on veut en temps de crise, sans nous concerter. Le changement reste une question constitutionnelle ». Et Jbali d’indiquer que «j’ai rencontré le Gouverneur et je lui ai dit que je n’ai pas de problème personnel avec vous, mais nous devons faire notre évaluation, et si on doit se quitter, on le fera suivant les règles de la Constitution». Le chef du Gouvernement tunisien qui insistera pour ne pas commenter le prix du meilleur Gouverneur africain obtenu par Mustapha Kamel Nabli, ajoute que «rien ne s’est jusqu’ici passé ». Il tint cependant à jeter la pierre dans la mare et un voile d’incertitude, en finissant par dire que «tout est possible ».  Khaled Boumiza; africanmanager

 

 

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Ennahdha en pourparlers avec 5 autres partis

 

De nouvelles tractations sont en cours entre le parti Ennahdha et cinq autres formations politiques, selon Noureddine Arbaoui, membre du bureau exécutif du parti islamique au pouvoir. Il s’agit du Mouvement d’unité populaire (MUP), du Parti de la réforme et du développement, le Parti El Amen, le Parti de la culture et de l’action et le Parti républicain maghrébin.

Il s’agit, d’une initiative, selon le même Arbaoui, qui n’empiète pas sur l’œuvre de la Troïka et qui a pour objectif de faire émerger un nouveau pôle ayant pour objectif la consécration de la stabilité et de la paix en Tunisie et de protéger les objectifs de la révolution.

Il est à noter que cette éventuelle alliance met en relation des partis aux idéologies et aux visions contradictoires. En effet, des analystes expriment leur étonnement de voir des personnalités dites progressistes et de gauche, tels Ahmed Ban Salah ou encore Boussaïri Bouabdelli, faire front commun avec Ennahdha.  businessnews

 

 

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Rached Ghannouchi réaffirme que le pays a besoin de consensus

 

Le mouvement Ennahdha, cherche la voie du consensus avec les différents partis et courants politiques pour diriger le pays au cours de cette période de transition démocratique, a affirmé son président Rached Ghannouchi lors d'une conférence, organisée dimanche à Tunis, à l'occasion de la célébration du 31ème anniversaire de la création du mouvement.

 
Le président du mouvement Ennahdha, a souligné que "la Tunisie doit être gouvernée sans exclusion ni accusation d'incroyance", ajoutant que "l'intérêt de la révolution requiert qu'on mette en avant ce qu'on a en commun" Evoquant l'expérience du pouvoir depuis les élections du 23 octobre 2011, Rached Ghannouchi, a indiqué que la Troika n'est que le début du processus et que son parti est ouvert à "tous les hommes libres qui veulent contribuer à l'édification du pays". Il a appelé, dans ce contexte, à faire prévaloir l'intérêt national sur les idées partisanes.

Ont assisté à la conférence, de nombreux adhérents du parti Ennahdha, des invités tunisiens et arabes dont Ahmed Ben Salah, président du mouvement de l'unité populaire, Mouine Bchour, secrétaire général du congrès national arabe, Mounir Chafik secrétaire général du congrès nationaliste islamique et Ali Laarayadh, ministre de l'intérieur.

La conférence organisée sous le thème : "Le consensus dans la pensée et la pratique politique du mouvement Ennahdha", s'inscrit dans le cadre d'une série de manifestations, politiques culturelles et artistiques au palais des congrès à Tunis.

Des films documentaires sur la lutte du mouvement de la tendance islamique (devenu mouvement Ennahdha) sous les deux anciens régimes et les atteintes aux droits de l'homme dont avaient victimes les militants du mouvement et leurs familles, ont été projetés à cette occasion.

Créé le 6 juin 1981, le mouvement Ennahdha qui fut le prolongement du mouvement de la tendance islamique, n'a été reconnu qu'après la révolution du 14 janvier. 
babnet

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 04:55

Les intellectuels tunisiens crient leur désarroi à travers un manifeste

 

Des intellectuels tunisiens ont affirmé leur inquiétude face au climat régnant actuellement en Tunisie, à travers la signature d’une pétition qui indique : «L’esprit de liberté qui a animé la révolution tunisienne subit chaque jour de graves atteintes qui instaurent un climat d’intimidation et de violence. Six mois après l’élection de l’Assemblée constituante, la Tunisie connaît une situation qui inspire de grandes inquiétudes».

Ainsi, 75 personnes ont paraphé ce manifeste daté du 1er juin 2012 et intitulé L’avenir de la démocratie en Tunisie", parmi lesquelles on peut citer l’écrivain Fethi Belhaj Yahia, l’artiste Meriem Bouderbala, les universitaires Emna Ben Miled, Hamadi Redissi et Abdelwahab Meddeb, l’historienne Sophie Bessis, le cinéaste Fadhel Jaziri ou encore le poète Mohamed Sghaïr Oueld Ahmed.
Dans ce manifeste, ils «estiment de leur devoir d’alerter leurs concitoyens sur le danger qui guette le pays». «Nous ne pensons pas que les menaces actuelles soient dues aux difficultés propres à toute transition démocratique. Nous les attribuons aux violations délibérées des principes mêmes de la démocratie naissante», précisent-t-ils.
Le document pointe du doigt les agissements d’Ennahdha et du gouvernement. Pour eux, le parti d’Ennahdha, suite à sa mainmise sur les ministères de souveraineté, use de stratégies afin d’enraciner «l’idéologie islamiste pour imposer à la société tunisienne son ordre dogmatique» et «organise la défaillance de l’autorité de l’Etat dans le but de créer un climat d’insécurité pour intimider ceux qui s’opposent à ses visées hégémoniques».
Ainsi, «les agissements d’Ennahdha portent les traits d’une contre-réforme qui veut nous dépouiller des acquis en mettant fin à l’exception tunisienne dans le monde arabe», explique le manifeste, tout en révélant l’existence d’«un plan d’offensive généralisée contre les lieux et les figures de la modernité».
La pétition met, également, en relief «le discours de l’identité ethnique et confessionnelle qui envahit le pays».

Enfin, le manifeste souligne «l’émiettement des partis républicains et leur incapacité à incarner l’alternance attendue, ce qui facilite la stratégie hégémonique d’Ennahdha et dilapide les espérances de la révolution». businessnews

 

 

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« Le peuple peut se lever et sauver la démocratie »

 

Les Tunisiens sont confrontés aux violences des islamistes radicaux pour imposer leur propre loi. Le parti islamiste « modéré » au pouvoir laisse faire. Les libertés publiques et la démocratie chèrement acquises par la révolution sont en péril. Entretien avec deux militants de l'opposition de gauche tunisienne.


Le 26 mai dernier, après avoir attaqué des bars et des commissariats, quatre cents salafistes (ICI) ont dévasté et incendié un hôtel, à Jendouba. Dans la même province, quelques jours avant, ils ont appliqué la charia en amputant la main d'un jeune homme, accusé de vol.

 

Au nom de la barbe et du niqab, des étudiants et des professeurs sont agressés dans les universités. Dans la province de Nabeul, à Kelibia, c'est une conférence sur l'extrémisme religieux qui est interdite par la force... Chaque jour apporte sont lot de violations et d'atteintes répétées aux libertés fondamentales.

 

Emblématique de cette contre-révolution rampante, la condamnation du patron de Nessma TV au tribunal de première instance de Tunis, le 3 mai, « pour la diffusion au public d'un film troublant l'ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs », après que sa chaîne de télévision eut diffusée le film Persépolis, en 2011. L'oeuvre de la Franco-Iranienne Marjane Satrapi représente dieu sous forme humaine, alors que l'islam l'interdit...


Manifestation salafiste à Tunis.

Manifestation salafiste à Tunis.

 

Depuis l'élection de la Constituante le 23 octobre 2011(ICI), le parti islamiste « modéré », Ennahdha (ICI), qui dirige le gouvernement de coalition, pèse de tout son poids sur la préparation de la nouvelle constitution tunisienne.

 

« Incompétent » et «inefficace » pour résoudre les problèmes sociaux et économiques qui minent la société tunisienne, selon ses détracteurs, Ennahdha s'attaque à « l'état civil », (le nom donné à la laïcité par les démocrates tunisiens) à travers son projet de constitution soumis à la charia et en conditionnant les libertés au respect de toutes les formes du sacré.

 

Rebondissement tactique face aux nombreuses protestations, Hamadi Jebali (ICI), leader d'Ennahdha et chef du gouvernement, a finalement du renoncer à la charia comme première source législative, tout en affirmant que « l'islam est la religion de l'État, avec tout ce que cela implique »...

Signe de l'atmosphère inquiétante qui règne actuellement en Tunisie, ils préfèrent s'exprimer avec des pseudonymes et en dire le moins possible sur eux-mêmes. De passage à Paris,Bechir, 46 ans, proche de la gauche radicale tunisienne (Watad, Mouvement des Patriotes Démocrates regroupant plusieurs partis d'extrême gauche) et Adel, 58 ans, proche du Parti Démocratique Progressiste (PDP, social-démocrate, seize sièges à la constituante) (ICI), analysent la situation chaotique de la Tunisie.


Hamadi Jebali, leader d' Ennahdha et chef du gouvernement, caricaturé en «6e Calife des musulmans» (A.Hanafi).Hamadi Jebali, leader d' Ennahdha et chef du gouvernement, caricaturé en «6e Calife des musulmans» (A.Hanafi).

 

Ennahdah affiche un programme islamiste modéré s'inspirant de la Turquie et, en même temps, il semble incapable de réprimer les manifestations de violence des islamistes radicaux, les salafistes, qui se multiplient dans le pays.

 

ADEL. Ennahdah est devant un dilemme. D'un côté, il ne veut pas attaquer de front les salafistes parce qu'il a besoin d'eux comme électeurs, d'un autre côté il veut les instrumentaliser pour faire taire ses opposants. Avec ce message adressé aux Tunisiens : «Vous voyez qui sont les extrémistes, nous nous sommes les modérés ! »

En réalité, Ennahdah, tente de conjurer les risques de son implosion ; il va tenir son congrès en juillet et on peut s'attendre à un débat interne musclé entre les islamiste « durs», partisans des salafistes, et les islamistes « modérés ».

 

Pour mieux me faire comprendre, je voudrais citer Oum Zied(ICI), journaliste et défenseuse des droits de l'homme :

« Pourquoi le gouvernement Ennahdah se tait sur les violences salafistes en Tunisie ? Quatre hypothèses possibles :

1/ L'aile non officielle d'Ennahdah veut terroriser le peuple pour faire taire les voix dissidentes.

2/ Les salafistes sont des voix électorales et Ennahdah ne veut pas les perdre.

3/ Ennahdah laisse faire les salafistes pour que les gens disent : “Ennahdah c'est mieux !”

4/ Les trois premières réunies ! »

Manifestation à Tunis, en mars, pour la défense des libertés (Fethi Belaïd/AFP).

Manifestation à Tunis, en mars, pour la défense des libertés (Fethi Belaïd/AFP).

 

Comment réagit la population à ce double jeu d'Ennahdah ?

 

ADEL. C'est une arme à double tranchant : les salafistes font beaucoup de tort à Ennadha, les gens ne sont pas idiots et ils veulent que le parti au pouvoir clarifie sa position en sortant de son flou artistique.

 

Cette duplicité d'Ennahdah est-elle seulement tactique où est-ce qu'elle n'exprime pas aussi ses ambiguités profondes par rapport aux acquis démocratiques de la révolution ?

 

ADEL. Il y a une crainte réelle, exprimée en particulier par les intellectuels tunisiens, que Ennahdah tourne progressivement casaque et remette en cause les libertés et la démocratie. Ces partisans n'ont pas montré jusqu'ici qu'ils étaient des vrais démocrates : Ils ont été capables d'agir afin que la loi électorale pour l'élection de l'assemblée constituante leur soit favorable, et il y a un vrai risque pour qu'ils traficotent encore les élections, qu'ils achètent des voix.

 

Le danger est que, progressivement, Ennahdah parvienne à tout contrôler. Par exemple, aujourd'hui il écarte les cadres des ministères et des administrations pour placer ses hommes. Il remet aussi en cause la séparation entre le législatif et l'exécutif, comme lorsque, récemment, le ministre de la justice décide unilatéralement d'écarter 81 magistrats, au prétexte qu'ils sont corrompus... Mais il n'a pas à faire justice lui-même !

 

BECHIR. Franchement, à bien connaître les islamistes, y compris les plus « modérés », je pense que leur « inconscient politique » les pousse à aller vers une sorte de totalitarisme. C'est que l'idée de la diversité est incompatible avec une vision du monde selon laquelle une seule idée s'imposera tôt ou tard.

Ils sont très incohérents quand ils parlent de démocratie. Par exemple, quand le président d'Ennahdah, Rached Ghannouchi(ICI), dit qu'il ne veut pas interdire le vin afin de respecter la diversité, mais qu'il va pratiquer des prix prohibitifs pour dissuader les gens d'en boire ! Ou encore quand il justifie la polygamie par le fait que beaucoup de femmes tunisiennes sont célibataires !...

En janvier à Tunis, manifestation des journalistes tunisiens contre les nominations à la tête des medias gouvernementaux..

En janvier à Tunis, manifestation des journalistes tunisiens contre les nominations à la tête des medias gouvernementaux..

 

Face à ce « totalitarisme rampant » que vous dénoncez, on a l'impression que les forces démocratiques tunisiennes sont impuissantes...

 

ADEL. Le problème est effectivement que l'opposition est très divisée. Pas parce que ses composantes ont des visions économique et politiques très différentes, mais essentiellement pour des questions de leadership.

Les leaders des partis d'opposition sont tous conscients de la nécessité de préparer une alternance, de la nécessité d'un gouvernement démocratique et de sauvegarder les libertés acquises par la révolution, mais chacun dit : « Moi je suis prêt à m'unir avec d'autres forces, mais seulement si je suis le chef ! » Et l'opposition n'a pas non plus de chef charismatique. Au final, il n'y a pas de front commun des partisans sincères de la démocratie pour les prochaines échéances électorales.

 

Comment expliquez-vous cette suprématie des islamistes dans un pays comme la Tunisie qui s'était jusqu'ici démarqué du reste du Maghreb sur la place de la religion dans la société ?

 

BECHIR. Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir à la genèse de la révolution. De Bourguiba à Ben Ali, la Tunisie n'a jamais été un havre de paix, bien au contraire. Au cours de toute ces années, il y a toujours eu des tensions, des révoltes, des foyers de contestation incarnés principalement par la confédération syndicale tunisienne, l'UGTT (ICI), l'université, un bastion de la gauche radicale, et aussi des corps sociaux, comme les avocats, les enseignants... Malgré une répression féroce, ils ont toujours résistés.

Quand Ben Ali est tombé, ces militants de la gauche résistante n'étaient pas prêts pour s'adresser au peuple. Ils ont cru que leur légitimité historique allait leur permettre de récolter naturellement les fruits de leur action passée, et en plus ils se tiraient dans les pattes !

 

Les islamistes de leur côté, malgré la répression, étaient bien organisés dans les mosquées. Ils ont su tirer les marrons du feu quand les partis de gauche ont réclamé, par honnêteté mais aussi avec une certaine naïveté politique, l'élection d'une constituante, centrant ainsi le débat sur le terrain institutionnel.

Les islamistes, eux, ont réussi à focaliser le débat autour de leurs promesses démagogiques sur le travail, le chômage... n'hésitant pas aussi à acheter des voix. Enfin, ils ont su jouer sur la « fibre nationale-religieuse » en se présentant comme des « arabo-musulmans » pour mieux stigmatiser leurs adversaires, décrits comme le « parti de la France », celui des « mécréants sans foi ni loi ».

Interpellation d'un manifestant contre le chômage, à Tunis, le 7 avril (Fethi Belaid/AFP).

Interpellation d'un manifestant contre le chômage, à Tunis, le 7 avril (Fethi Belaid/AFP).

 

Comment faire pour que cette contre-révolution menée par les islamistes ne finisse pas par l'emporter ?


ADEL. À mon avis, quatre acteurs majeurs peuvent se conjuguer pour retourner la situation :

1/ l'UGTT qui est capable de jouer à la fois son rôle syndical et politique.

2/ La société civile qui reste très dynamique, à travers ses associations notamment..

3/ Les femmes, qui sont 50% de la population, et qui sont les plus menacées par une remise en cause de leurs droits.

4/ Les partis politiques qui doivent s'organiser face au péril, il y a des tentatives pour qu'ils s'unissent en disons deux ou trois blocs et pas une vingtaine comme aujourd'hui.

Enfin, il y a un cinquième éléments de poids : l'attitude de l'Europe et de la France. Il faut savoir qu'Ennahdah bénéficie du soutien des pays du Golfe et des États-Unis. Ces derniers veulent donner sa chance à une démocratie islamique modérée comme en Turquie et font le pari de contenir ainsi le terrorisme. Enfin, ils apportent leur soutien à un parti acquis à l'ultralibéralisme...

 

L'Europe et la France devraient comprendre qu'une implantation durable des États-unis au Maghreb ne peut se faire qu'à leur détriment. Elles ont donc tout intérêt à aider le peuple tunisien à contrer l'islamisme en conditionnant leur aide à la consolidation des libertés et de la démocratie.


 Rassemblement des enseignants en grève, le 30 mai, à Tunis (Photo UGTT).

Rassemblement des enseignants en grève, le 30 mai, à Tunis (Photo UGTT).

 

La Tunisiecompte 800 000 chômeurs (pour une population de 10,6 millions d'habitants, il y a 300 000 chômeurs de plus depuis la chute de Ben Ali,) et les inégalités régionales et sociales sont toujours là. La question sociale est brûlante et les grèves sont toujours aussi nombreuses (500 grèves depuis la chute de Ben Ali)...


ADEL. Aujourd'hui, le gouvernement Ennahdah ne fait rien de concret pour améliorer la situation sociale et réduire le chômage. Même sur une question aussi simple et peu coûteuse à régler comme celle des martyrs de la révolution, les promesses d'indemnisation ne sont pas tenues, la seule réponse c'est la matraque lorsqu'ils manifestent.


BECHIR. Le problème est que le discours d'Ennahdah qui veut faire passer les démocrates pour des « mécréants » passe auprès du « petit peuple ». D'un autre côté, le mécontentement social est tel que le peuple peut se lever à nouveau contre Ennahdah et sauver la démocratie. mediapart

 

 

 

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«La révolution tunisienne doit beaucoup au Qatar et à son émir», affirme Ghannouchi

 

«L’Etat du Qatar est un partenaire de la révolution tunisienne», a déclaré Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, parti islamiste au pouvoir en Tunisie, dans une interview au journal ‘‘Al-Arab’’.

 Le Qatar a contribué à la révolution tunisienne  à travers l’apport médiatique de la chaîne Al-Jazira et son soutien à la révolution même avant son succès», a dit M. Ghannouchi. Et d’ajouter, sans préciser s’il parlait en son nom propre, au nom de son parti ou au nom de tous les Tunisiens: «Nous sommes reconnaissants au Qatar et à son émir et leur encouragement à l’investissement en Tunisie».

Au moment où des voix s’élèvent pour dénoncer l’allégeance, insupportable car touchant à la souveraineté nationale, d’Ennahdha et du gouvernement qu’il dirige à la monarchie moyenâgeuse en place au Qatar, ces déclarations de M. Ghannouchi ne vont pas arranger les choses. Pire : elles confirment ce que beaucoup de Tunisiens savent, à savoir que le Qatar joue un rôle de premier plan en Tunisie, à travers ses alliés du parti islamiste tunisien.Son objectif: faire capoter la révolution de la liberté et de la dignité, empêcher qu’elle débouche sur une véritable démocratie moderne au sud de la Méditerranée (le contre-exemple absolue qui fait peur aux Qataris et aux Saoudiens) et livrer le pays, si possible, aux salafistes wahhabites, afin qu’ils le fassent revenir un siècle en arrière.  kapitalis

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 05:52

 

Le jugement 


 

 

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Place Tahrir reprend les chemins de la Révolution

وصل إلى ميدان التحرير مساء السبت ٢ يونيو ٢٠١٢، المرشح السابق لانتخابات رئاسة الجمهورية حمدين صباحىي
Arrivée sur Place Tahrir du candidat défait à la présidentielle, Hamdin Sabahi

 

 

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Moubarak échappe à la peine capitale, des milliers d'Egyptiens manifestent

 

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak saura samedi s'il est reconnu coupable par la justice de la mort de plus de 800 manifestants pendant le soulèvement populaire qui l'a renversé l'an dernier.
Credit : /AFP

Le président égyptien déchu Hosni Moubarak a été condamné samedi à la prison à vie pour la mort de manifestants durant la révolte qui l'a renversé en 2011, mais six ex-hauts responsables de la sécurité ont été acquittés, poussant des milliers d'Egyptiens en colère dans la rue.

Un avocat de M. Moubarak, 84 ans, a aussitôt annoncé à l'AFP que son client allait faireappel. Peu après, l'ancien président, jusque-là placé en détention préventive dans un hôpital militaire près du Caire, a été transféré dans la prison de Tora, au sud de la capitale.

Le Parquet avait requis la peine capitale contre M. Moubarak, son ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et les six ex-hauts responsables du ministère de l'Intérieur pour leur responsabilité dans la mort de près de 850 manifestants lors de la révolte populaire de janvier/février 2011.

Mais le président du tribunal, Ahmed Rifaat, a condamné MM. Moubarak et Adli à la réclusion à perpétuité et acquitté les six autres.

Les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, qui comparaissaient également, n'ont pas été condamnés, les faits de corruption qui leur étaient reprochés étant prescrits.

De brefs heurts ont éclaté après la lecture des verdicts devant le tribunal, faisant 24 blessés légers, mais aussi à l'intérieur de la salle d'audience.

Dans la soirée, près de 20.000 personnes se sont rassemblées place Tahrir, dans le centre du Caire, pour exprimer leur colère selon un photographe de l'AFP. "Soit nous obtenons justice pour nos martyrs, soit nous mourrons comme eux", scandait la foule.

Dans la grande ville d'Alexandrie (nord), de 4.000 à 5.000 personnes ont manifesté, tandis qu'à Ismaïliya, sur le canal de Suez, quelque 1.500 personnes s'étaient rassemblées selon des correspondants de l'AFP sur place. Des manifestations ont aussi eu lieu à Suez, à l'est du Caire, et à Port-Saïd (nord-est) d'après des témoins.

Certains jugent le verdict trop clément et réclament la pendaison de M. Moubarak, tandis que d'autres craignent que l'acquittement des six anciens responsables de la sécurité ne soit synonyme d'impunité pour la police, largement honnie en Egypte et accusée de violations systématiques des droits de l'Homme.

Premier des dirigeants emportés par le "Printemps arabe" à comparaître en personne devant le juge, M. Moubarak était jugé depuis le 3 août 2011.

Les Frères musulmans, première force politique d'Egypte, ont appelé à descendre en masse dans la rue. Leur candidat à la présidentielle, Mohammed Morsi, a brièvement rejoint les manifestants place Tahrir après avoir qualifié sur Twitter le verdict de "farce" et jugé qu'il fallait un nouveau procès.

Lors d'une conférence de presse, il a plus tard appelé les Egyptiens à poursuivre leur "révolution" en estimant que les protestataires devaient exiger une élection libre et le transfert du pouvoir par l'armée.

M. Morsi affrontera au second tour de la présidentielle les 16 et 17 juin le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

 

"Si les chefs de la police sont innocents, alors qui a tué les manifestants?", a dit à l'AFP un haut responsable des Frères, Mahmoud Ghozlan.

M. Chafiq a de son côté affirmé que les décisions de justice "doivent être acceptées", y compris l'acquittement des six hauts responsables de la sécurité.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a quant à elle refusé de commenter le verdict, estimant que l'affaire ne concernait que les Egyptiens.

Comme pour toutes les audiences de son procès, M. Moubarak a comparu couché sur une civière en raison de son état de santé, qui a fait l'objet de nombreuses spéculations. Ses opposants l'accusent de jouer la comédie pour susciter la compassion.

Le regard cette fois caché par des lunettes de soleil, il est resté de marbre tout au long de l'audience.

Mais une fois arrivé à la prison de Tora, il a refusé en pleurant de quitter l'hélicoptère qui le transportait avant de finalement céder, selon une source de sécurité. D'après l'agence officielle Mena, il a aussi "souffert d'un problème de santé surprise".

Pendant l'audience, ses fils Alaa et Gamal, vêtus de la tenue blanche des prévenus, avaient l'air grave et les yeux cernés. Ils ont eu les larmes aux yeux après la lecture des verdicts.

Un autre procès les concernant doit s'ouvrir prochainement pour une affaire de corruption boursière, et ils resteront en détention en attendant, a indiqué le Parquet.

Yasser Bahr, l'un des avocats de M. Moubarak, a annoncé à l'AFP qu'il ferait appel: "Ce verdict est plein de failles juridiques. Nous allons gagner (en appel) à un million pour cent".

L'avocat et militant des droits de l'Homme Hossam Bahgat a de son côté estimé que "le verdict soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses".

"Les Egyptiens se sentent vengés de voir Moubarak et son ministre de l'Intérieur condamnés à la prison à vie, mais (...) la cour semble ne pas avoir trouvé de preuves que les meurtres aient été commis par des policiers. Il semble que la cour ait condamné Moubarak et Adli pour avoir échoué à empêcher les meurtres", a-t-il ajouté.

Pour leur part, Amnesty International et Human Rights Watch ont estimé que l'acquittement de six ex-hauts responsables pourrait encourager une culture d'impunité dans la police.

Le juge Rifaat a dit avoir pris sa décision "la conscience tranquille". Il a eu a des mots très durs pour la situation de l'Egypte sous Hosni Moubarak, dénonçant la pauvreté de ceux qui vivaient dans "la pourriture des bidonvilles" et "ont bu l'eau des mares".

Il a également rendu hommage aux manifestants qui "se dirigeaient vers la place Tahrir pacifiques, demandant seulement justice, liberté, démocratie".  lyonne.fr

 

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«العفو الدولية»: محاكمة مبارك فشلت في تقديم العدالة الكاملة

الرئيس المخلوع، حسني مبارك، يستمع للمستشار أحمد رفعت، رئيس هيئة المحكمة، خلال جلسة النطق بالحكم في الاتهامات الموجهة لـه ونجليه، وزير الداخلية الأسبق، حبيب العادلي، وستة من كبار مساعديه، أكاديمية الشرطة، القاهرة، 2 يونيو 2012. كانت محكمة جنايات القاهرة قد قضت بالسجن المؤبد لمبارك وحبيب العادلي، وإلزامهما بالمصاريف الجنائية، والبراءة لبقية المتهمين.

 

 

قالت منظمة العفو الدولية، السبت، إن الحكم الذي صدر ضد الرئيس السابق حسني مبارك، ووزير داخليته، حبيب العادلي، يعد خطوة مهمة، نحو مكافحة سياسة الإفلات من العقاب التي طال أمدها في مصر، لكن تبرئة جميع المتهمين الآخرين، بما فيهم مساعدي «العادلي» هو عدالة غير كاملة.

وأضاف المنظمة في تقرير أصدرته بهذه المناسبة، أن المحاكمة والحكم الذي صدر لم يرض أسر الذين قتلوا، وكذلك الذين أصيبوا في الثورة، وتركهم في الظلام يتساءلون عن الحقيقة الكاملة لما حدث لأحبائهم، لذا فإنها فشلت في تحقيق العدالة الكاملة.

وأشار آن هاريسون، نائب مدير المنظمة لمنطقة الشرق الأوسط وشمال أفريقيا، على أنه «يجب على السلطات المصرية إنشاء لجنة مستقلة ومحايدة للتحقيق، لملء الفراغ الذي ترك الباب مفتوحًا للمحكمة، والتي برئت من خلاله 6 من كبار مساعدي «العادلي»، من بينهم الرئيس السابق لجهاز أمن الدولة المنحل.

وتابع قائلا:  إن «الادعاء قال في مرافعته إنه حصل على القليل جدًا من التعاون من المخابرات العامة، ومن وزارة الداخلية، أثناء جمع الأدلة، لإدانة المتهمين، وأنهم تعرضوا للضرب من الشرطة والترهيب، في أوقات أخرى، بإضافة إلى اشتباكات مع مؤيدي مبارك».

وعلق «هاريسون»، «إننا نأسف لعدم وجود تعاون من قبل السلطات المختصة مع الادعاء، والذي أدى إلى ضياع الفرصة لإثبات الحقيقة كاملة حول ما حدث خلال الـ18 يومًا من أيام الثورة، ولديه انعكاسات على الحكم، لكن الأهم من ذلك يقوض سيادة القانون، ويمنع أسر الضحايا والمصابين من معرفة كل الحقائق بقدر ما تكون معنية به».

واستطرد قائلا: «إن الحكم يثبت تعزيز سيادة القانون، لإرسال إشارة قوية بأن انتهاكات حقوق الإنسان لن يتم التسامح معها في المستقبل، وأنه لا أحد فوق القانون»، مشيرًا إلى أنه «خلال الـ30 عامًا الماضية كانت سياسة الإفلات من العقاب علامة بارزة، لا سيما من قبل ضباط جهاز أمن الدولة المنحل».

وأكد التقرير أن «مثل هذه المحاكمات ستكون فرصة للمصابين وعائلات القتلى، ليس فقط للحصول على العدالة، ولكن أيضًا لمعرفة الحقيقة حول ما حدث، وينبغي أن يتم التأكيد على حصول الضحايا على تعويضات كاملة وفعالة، بما في ذلك إعادة التأهيل، عن الانتهاكات التي تعرضوا لها».

وشدد «هاريسون» على أنه «يجب اغتنام أحكام اليوم باعتبارها فرصة للبدء في إصلاحات دستورية وقانونية، بهدف إنهاء الثقافة الراسخة بالإفلات من العقاب في انتهاكات حقوق الإنسان»،

وأضاف أنه «حتى يتم إدخال هذه الإصلاحات، فإن ضباط الأمن وغيرهم سيظلوا يرون أن لديهم القدرة في الإفلات من العقاب عن الانتهاكات والتجاوزات التي يرتكبونها»

          almasryalyoum

 

 

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جمال مبارك.. «فرحة حزينة» بسبب براءته وسجن والده

صورة مأخوذة من التلفزيون المصري توضح جمال مبارك، نجل الرئيس السابق حسني مبارك، داخل قفص الاتهام خلال جلسة المحاكمة، محكمة جنايات شمال القاهرة، أكاديمية الشرطة، القاهرة الجديدة، 15 أغسطس 2011. تستأنف محكمة جنايات شمال القاهرة برئاسة المستشار أحمد رفعت وقائع الجلسة الثانية لمحاكمة الرئيس السابق حسنى مبارك، ونجليه علاء وجمال، ورجل الأعمال المحبوس فى إسبانيا حسين سالم، المتهم فيها مبارك بقتل المتظاهرين، وباقى المتهمين بالفساد المالى والتربح.   

كان جمال مبارك أكثر المتهمين توتراً طوال الجلسة، لدرجة أنه لم يقف فى مكان واحد، وظل يتحرك فى القفص، ورفض الحديث إلى أحد، ولم يرد على سؤال وجهه له شقيقه علاء قبل بدء الجلسة، وبدا «جمال» فى مظهر غير مهندم على عكس الجلسات الماضية، حيث كان غير مصفف الشعر، ولم يقترب من أبيه مطلقاً طوال الجلسة، حتى عندما حكم على أبيه بالسجن المؤبد، وقف ينتظر مصيره، وبعد أن سمع حكم انقضاء الدعوى بالنسبة له وهو ما يعنى البراءة، تغيرت معالم وجهه قليلاً وسند بيديه على قفص الاتهام، إلا أنه عاد وأبدى غضبه بسبب حكم أبيه.

هدأ «جمال» بعد حكم البراءة وزال القلق من داخله، وبعدها تذكر أن والده حصل على حكم بالسجن المؤبد، فعاد إلى الخلف ليطمئن عليه فوقف إلى جوار سريره دون أن يحدثه بأى كلمة، وعقب خروجهم من القفص وضع «جمال» يده على كتف «علاء»، إلا أن الأخير أزاحها عنه، معتبراً أنه لا فرحة ووالدهما محكوم عليه بالسجن المؤبد، وعندما علم «جمال» بقرار نقل أبيه إلى السجن ارتفع صوته دون أن يوجه حديثه إلى أحد قائلاً: «كيف ينقلون مريض إلى السجن وهو غير مجهز»، وطلب من الطبيب الخاص الدكتور ياسر عبدالقادر، أن يتدخل لإبقاء والده فى المركز الطبى العالمى، إلا أن الطبيب أبلغه بأنه لا يمكنه فعل شىء، وطلب «جمال» أن يبقى إلى جوار أبيه بعد انتهاء الجلسة، إلا أن الأمن رفض وقال له: «الرئيس سيحضر إليكم فى السجن ويمكنكم الاطمئنان عليه هناك». واستفسر «جمال» عن موقفه القانونى بعد براءته، فقال له أحد الضباط إنه سيظل محبوساً بسبب إحالته للمحاكمة فى قضية الاستحواذ على البنك الوطنى.

almasryalyoum

 

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Remarques sur le jugement de Housni Moubarak 

 
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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 05:49
 
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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 05:20

UGTT - ONAT - LTDH : évitons la surenchère politique pour la nouvelle ISIE!

 

L'Union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT) a présenté, ce 2 juin 2012, un projet de loi organisant l'Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), en collaboration avec l'Ordre national des avocats tunisiens (ONAT) et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH). Les trois organismes ont fait appel à des experts en la matière pour la réalisation de ce projet qui sera présenté à l'Assemblée nationale constituante.

Selon Farhat Horchani, professeur à l'Université de droit et des sciences politiques de Tunis et expert des Nations unies, le projet prend en compte la légitimité des élections précédentes ainsi que l'effort colossal que l'ancienne ISIE a fourni pour le succès de ces élections. "Nous voulons que le projet consacre la continuité de cette instance et la crédibilité qu'elle a pu obtenir", affirme-t-il.

 

Société civile...

 

Le projet indique que la désignation du président de l'Instance doit être effectuée par les trois présidents, en consécration de la légitimité électorale, mais la désignation des huit membres restants devrait être à la charge de l'Assemblée nationale constituante. M. Horchani a insisté sur la nécessité de faire participer la société civile dans cette opération. Selon le projet présenté, la société civile aura à proposer des candidats et l'ANC de choisir parmi eux. "Il est important de différencier entre le pouvoir de proposer et le pouvoir de désigner", précise M. Horchani.

Le but étant d'éviter la surenchère politique entre les différents partis. Une question qui engendrerait des blocages dans la prise de décision ainsi qu'à un manque de crédibilité et d'indépendance. Ajoutons à cela un souci de représentativité par les partis minoritaires et les indépendants.

Ainsi, le président de la nouvelle ISIE, désigné par les trois présidences, aura à proposer une vingtaine de candidats comme suit: deux de la société civile, deux de l'ancienne ISIE, deux personnalités nationales ayant une expertise dans le domaine de l'information, six juges (deux de chaque corps judiciaire), deux avocats choisis par l'Ordre national des avocats en dehors du Comité exécutif, deux professeurs universitaires proposés par le syndicat. Les membres de l'ANC auront à choisir huit noms, à raison d'un candidat pour chaque partie.

Vote des deux tiers...

Concernant la procédure de vote, le projet propose le vote des deux tiers. "Cette nouvelle instance doit être acceptée par la majorité. Le vote des deux tiers renforce la majorité et permet de faire participer un maximum de députés", explique M. Horchani. Au cas où cette majorité n'a pas été établie, le projet de loi indique qu'il sera procédé à un vote sur le restant des candidats, suivant la même procédure jusqu'à l'établissement de la nouvelle composition de l'ISIE.

Pour éviter les blocages, M. Horchani affirme que les négociations sur cette composition commenceront avant le vote final. "Notre objectif est qu'elle soit acceptée par tout le monde et qu'elle ne soit pas mise en cause. Les élections seront assez difficiles en comparaison avec les précédentes. Nous devons s'assurer qu'elles se dérouleront dans un climat d'indépendance et de transparence. webmanagercenter

 

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Projet organisant l'Instance supérieure des élections par UGTT, ONAT et  LTDH (version arabe)


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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 04:00

Affrontements entre habitants et salafistes à Dahmani 

 

Des affrontements ont eu lieu, dans l’après-midi du vendredi, 1er Juin, dans la ville de Dahmani (Gouvernorat du Kef), entre des habitants de la ville et des groupes salafistes qui ont tenté de remplacer par la force un imam en exercice dans la mosquée de la ville par un membre de leur courant.

Des témoins oculaires ont indiqué au correspondant de l'agence TAP au Kef, que les citoyens de la ville ont utilisé des bâtons et des gourdins, pour faire face à ces groupes dont certains sont venus des villes voisines de Jendouba et de Rouhia.

Des membres de ces groupes brandissaient des sabres et des armes blanches, selon les témoins. Les affrontements ont fait des blessés dans les rangs des salafistes et causé des dégâts à leurs voitures.

Une source sécuritaire du Kef a expliqué que « les citoyens ont empêché des groupes salafistes d'entrer dans la mosquée de la ville et d'installer un nouvel imam, ce qui a conduit aux affrontements qui ont fait des blessés parmi les salafistes et causé des dégâts à leurs véhicules ».

Selon la même source, des renforts sécuritaires ont été dépêchés dans la ville de Dahmani. businessnews

 

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Un homme blessé dans des affrontements entre salafistes et des habitants à Douar Hicher

 

Selon les sources de TunisieNumérique, des affrontements ont éclaté, jeudi 31 mai 2012 entre des habitants de cité Khaled Ibn Walid dans la délégation de Douar Hicher dans le gouvernorat de Manouba. Lors des disputes, un homme a été blessé au visage.

L’origine de cet incident, selon les mêmes sources serait une altercation verbale entre une fille de la région et un marchand salafiste. Le marchand avait reproché à la fille le fait de blasphémer en parlant à son petit ami au téléphone, en plein public.

La fille a négligé la remarque du salafiste qui a agressé physiquement la fille.

15 amis et voisins de la famille de la victime se sont chargés de « punir » le marchand. Des salafistes  venus en renfort pour le soutenir ont déclenché des accrochages avec les « agresseurs ». Le marchand, armé d’un couteau, a réussi à atteindre l’un des voisins de la fille au visage.  tunisienumerique


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Le ministre islamiste de la ``Justice`` poursuit sa langue de bois en refusant tout simplement de reconnaître l’inquiétude des tunisien notamment en ce qui concerne la violence salafiste.


 

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Chronique d’un 2 juin sous haute tension


Observant leur marche du 2 juin étouffée dans l’œuf, les organisateurs ont tenu une conférence de presse interrompue au bout de 30 minutes quand certains ont tenté de manifester. Reportage.

«Nous avons une Assemblée nationale constituante (Anc) dont les membres des blocs de l’opposition sont aussi indignés que nous contre la dégradation de la situation et les attaques perpétrés par des groupes salafistes contre les citoyens et les journalistes», lance Fatma Ghorbal Ben Lassoued, secrétaire générale de «Femmes et dignité» lors d’une conférence de presse tenue samedi matin, à partir de 11h15, à la salle de cinéma Le Mondial, au centre-ville de Tunis.

«Pourquoi ne demandent-ils pas une audience au ministre de l’Intérieur? Pourquoi ne bougent-ils pas pour retirer la confiance à ce gouvernement qui ne nous protège pas?», a-t-elle ajouté en la présence d’Emna Menif, présidente de l’association Kolna Tounes et Dalila Msaddek, coordinatrice générale du Manifeste du 20 Mars.

Certaines figures politiques de l’opposition à l’instar de Maya Jribi et Issam Chebbi du Parti Républicain y étaient aussi.

Conférence avortée

Baptisé «Mouvement du 2 juin», cette coalition associative, fraîchement née, a rassemblé plusieurs autres militants de la société civile réunis autour du slogan «Stop! Kafa!». Ils se sont succédé à la parole durant la conférence. C’est notamment le cas d’Aymen Rezgui, rédacteur en chef de la chaîne Tv El Hiwar Ettounsi et membre du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt). Le jeune journaliste a rappelé les attaques perpétrées, quotidiennement, contre les équipes de cette chaîne tv dans les différentes régions du pays depuis plus de deux semaines sans oublier le saccage de ses locaux à la Manouba durant la nuit du samedi 26 au dimanche 27 mai.

«Nous venons d’apprendre que la police vient tout juste d’agresser quelques citoyens qui se sont rassemblés à l’Avenue Bourguiba, devant la cathédrale», a annoncé Mme Ghorbal Ben Lassoued vers 11h45. Aussitôt, un homme a appelé la foule présente dans la salle à gagner la rue. «Qu’est que nous continuons à faire ici? Il faut sortir toute de suite», a-t-il clamé. Certains se sont précipités à quitter la salle alors que d’autres ont préféré y rester par adhésion à la demande des organisateurs. La division et l’anarchie y règnent.

Interdiction bravée

Vers midi, dès qu’on quitte la rue Ibn Khaldoun et arrive à l’Avenue Bourguiba, les cris des manifestants clamant «Ni peur, ni terreur. Le pouvoir est au peuple!» au niveau de la statue d’Ibn Khaldoun commencent à se faire entendre. Faisant un barrage à environ cinq mètres des manifestants, les forces de l’ordre se servent d’un mégaphone, vers 12h15, pour lancer «un premier avertissement, avant de faire recours à la force pour disperser le rassemblement». Un homme dont en chemise déchirée est déchaîné.

C’est que de légères altercations ont déjà eu lieu entre quelques éléments qui se sont introduits dans la foule et les agents de la sécurité publique. «Les journalistes sont priés de se mettre derrière la police. Je le répète…DERRIERE LA POLICE», appelle un policier haut gradé. Les manifestants continuent à revendiquer «le droit de manifester». Face au barrage des forces de l’ordre, ils chantonnent l’hymne national tunisien.

Les policiers se mettent en ordre. Ensuite, passage à l’offensive. Les manifestants sont dispersés. Mais ils se rassemblent en petites foules sur les trottoirs de l’Avenue Bourguiba. La police continue à les pourchasser. La majorité des protestataires se réunissent devant le deuxième barrage policier au niveau du Café l’Univers. Obstruction. «Liberté, liberté», clament les manifestants dont certains sont distraits par des individus plus ou moins violents immiscés dans la foule pour «défendre le gouvernement élu et légitime».

Petit-à-petit, à l’insistance des policiers, le rassemblement se dissipe vers 13h15. Calme précaire à l’Avenue Bourguiba. «Si j’en aurai attrapé un, je lui aurais appris à ce que ça vaut de nous casser les pieds pendant 1h30», dixit un policier à un de ses collègues en se mordant la langue.

Par Thameur Mekki; kapitalis

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 08:22

Jugement de Moubarak :  peine de prison à vie

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Hosni Moubarak condamné à une peine de prison à vie


LE CAIRE (Reuters) - L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé l'an dernier après 30 années de pouvoir, a été condamné samedi à la réclusion à perpétuité pour avoir donné l'ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants pendant la "révolution du Nil" au début de l'année 2011.

Le 5 janvier dernier, le ministère public avait requis la peine de mort à l'encontre de l'ex-raïs.

Dès le verdict prononcé, samedi, Hosni Moubarak, qui est âgé de 84 ans, a été transféré à la prison de Tora au Caire. Victime d'un malaise à son arrivée, il a été admis dans l'aile médicalisée de la prison.

Mais ce verdict, qui sonne comme un précédent pour les régimes autoritaires de la région, n'a apparemment pas été suffisant aux yeux de milliers d'Egyptiens qui ont ensuite envahi les rues en signe de protestation.

Certains voulaient une condamnation à mort de l'ancien raïs, d'autres craignaient qu'il ne puisse faire appel pour des raisons de procédure.

Des manifestants se sont rassemblés sur la place Tahrir au Caire, lieu central du soulèvement qui a conduit à l'éviction de Moubarak le 11 février 2011. A Alexandrie, deuxième ville du Pays, certains scandaient : "assez de discussions, nous voulons une exécution !"

Ce verdict intervient à un moment difficile pour l'Egypte, deux semaines avant le second tour de l'élection présidentielle, qui verra s'affronter Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, le dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak.

Habib al Adli, ancien ministre de l'Intérieur d'Hosni Moubarak, a également été condamné à la perpétuité. Mais six autres hauts responsables de la sécurité ont été acquittés, de même que les deux fils de l'ancien "raïs", Alaa et Gama, les faits de corruption qui pesaient contre eux étant considérés comme prescrits.

Des échauffourées ont éclaté au tribunal du Caire après l'énoncé du verdict. L'ancien chef d'Etat égyptien était présent sur une civière au tribunal et portait des lunettes de soleil. Il a écouté le verdict en restant de marbre. Il a été acquitté des chefs de corruption.

"Le peuple veut que le pouvoir judiciaire soit nettoyé", ont scandé des gens à l'intérieur de l'enceinte de l'école de police dans la périphérie du Caire, où était prononcé le jugement.

FEU VERT À DE FUTURS ABUS

A l'extérieur du bâtiment, des opposants à l'ancien raïs criaient : "Dieu est grand". Soha Said, femme d'une victime de la "Révolution du Nil" en janvier 2011, criait : "je suis si heureuse, je suis si heureuse".

Plutôt que l'apaisement que recherchaient de nombreux Egyptiens, beaucoup voient en ce procès et l'acquittement de haut responsables de la sécurité, la preuve que l'ordre ancien est encore en place pour une grande part.

Pour les Frères musulmans, l'ancien président doit être rejugé.

"Le ministère public ne s'est pas totalement acquitté de son devoir dans la collecte des preuves adéquates pour condamner l'accusé pour avoir tué des manifestants", a déclaré Yasser Ali, porte-parole officiel de Mohamed Morsi.

Celui-ci a promis que s'il était élu, il ferait en sorte que son prédécesseur reste en prison. "Il n'est pas possible de libérer Moubarak", a-t-il déclaré à Reuters jeudi.

Environ 850 personnes ont trouvé la mort lors des violences qui ont accompagné la révolte de 18 jours qui a conduit au renversement d'Hosni Moubarak.

Ahmed Chafik a pour sa part déclaré sur sa page Facebook que la condamnation de Moubarak prouvait que personne n'était au-dessus de la loi. Il a laissé entendre qu'il n'était pas dans son intention de restaurer l'ordre ancien, comme certains l'en soupçonnent.

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, la condamnation d'Hosni Moubarak est un "message fort pour les futurs dirigeants égyptiens qu'ils ne sont pas au-dessus de la loi". Mais l'ONG souligne que l'acquittement des assistants du ministre de l'Intérieur sur la base de preuves insuffisantes souligne que l'accusation n'a pas réussi à établir pleinement les responsabilités dans la mort des manifestants en janvier 2011, "ce qui donne le feu vert à de futurs abus de la police."

Hosni Moubarak et les autres accusés ont été jugés par un tribunal ordinaire tandis que 12.000 civils ont dû faire face à des tribunaux militaires en vertu de l'Etat d'urgence en vigueur depuis 1981 et seulement levé samedi.

Le procès de l'ancien raïs et des autres accusés a concerné uniquement la période de six jours qui a suivi le début de la révolution le 25 janvier 2011.

Au cours du procès qui a commencé le 3 août 2011, Hosni Moubarak s'était contenté de confirmer son identité et avait nié les accusations.   par Edmund Blair et Dina Zayed; tempsreel.nouvelobs


 

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Hosni Moubarak risque la peine capitale

 

La justice égyptienne doit rendre samedi son verdict dans le procès de l’ex-président Hosni Moubarak, premier dirigeant balayé par le Printemps arabe à comparaître en personne devant les juges et contre qui la peine capitale a été requise. 

M. Moubarak, 84 ans, est accusé de corruption et d’implication dans la mort de plus de 800 manifestants, tués en janvier-février 2011 pendant la révolte qui l’a renversé, ce qu’il a nié. 

Son ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, et six ex-hauts responsables de la sécurité sont poursuivis pour les mêmes raisons. 

Ses deux fils, Alaa et Gamal, sont eux jugés pour corruption dans le même procès qui a commencé le 3 août 2011, six mois après le départ de M. Moubarak, poussé à la démission par le soulèvement populaire. 

Mais certains craignent que justice ne soit pas vraiment rendue, en raison du manque de preuves tangibles apportées à l’audience contre l’ancien président. 

Le verdict intervient entre les deux tours de l’élection présidentielle, qui doit mettre fin à une période de transition tumultueuse et émaillée de violences meurtrières. 

Ce scrutin, qui s’est tenu pour la première fois depuis des décennies librement et sans intimidations, est l’un des changements majeurs connus par le pays depuis la «révolution du 25 janvier» 2011 et l’incarcération de M. Moubarak en avril de la même année. 

Les islamistes des Frères musulmans, longtemps interdits et régulièrement cibles de vagues d’arrestations sous le régime déchu, sont aujourd’hui la première force politique du pays après avoir remporté les législatives. 

Leur candidat à la magistrature suprême, Mohammed Morsi, affrontera au second tour les 16 et 17 juin le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq. 

Mais en dépit de décennies de violations des droits de l’Homme, d’arrestations politiques et de torture institutionnalisée selon plusieurs ONG, l’ancien président pourrait être acquitté, ou bien faire appel s’il était jugé coupable. 

Au cours de la trentaine d’audiences, les familles des victimes présumées de M. Moubarak ont regardé avec appréhension et colère les témoins appelés à la barre se contredire ou même innocenter l’ancien chef de l’Etat et ses responsables de l’accusation de meurtre. 

Le Parquet a requis la peine de mort contre M. Moubarak, affirmant avoir assez de preuves. 
Mais les témoins ont brossé un tout autre tableau. 
libe

 

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Des milliers d'Égyptiens exigent la disqualification de l'ex-premier ministre

 

Des milliers de personnes ont manifesté dans différentes villes d'Égypte, vendredi, pour demander qu'Ahmed Shafiq, un ancien haut responsable du régime d'Hosni Moubarak, soit disqualifié du second tour de l'élection présidentielle.

Ahmed Shafiq, qui a été le dernier premier ministre de Moubarak, est l'un des deux gagnants du premier tour de la présidentielle du mois dernier. Au second tour des 16 et 17 juin, il affrontera le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi.

Ce deuxième tour qui divise les Égyptiens reproduit en quelque sorte la dynamique de l'ancien régime, où les Frères musulmans étaient la seule opposition autorisée. Les jeunes militants laïques qui ont été à l'origine du soulèvement contre le régime, l'an dernier, se sentent laissés de côté.

À Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, au moins 7000 personnes se sont rassemblées pour demander qu'Ahmed Shafiq soit exclu du second tour compte tenu de son passé de haut responsable de l'ancien régime. Certains manifestants ont brandi des chaussures dans les airs en guise d'insulte contre le candidat.

Des rassemblements plus modestes ont également eu lieu au Caire, à Port-Saïd, à Suez, dans le nord du Sinaï et dans au moins six autres provinces.

Ahmed Shafiq se présente comme un homme fort qui rétablira la loi et l'ordre après 16 mois d'instabilité en Égypte, marqués notamment par de nombreuses manifestations et un vide dans l'organisation de la sécurité. Peu après l'annonce des résultats du premier tour cette semaine, le quartier général de M. Shafiq au Caire a été incendié par des manifestants en colère.

Les opposants estiment que M. Shafiq, un militaire de carrière, est soutenu par le conseil militaire qui a pris les commandes du pays après le renversement de Moubarak. Les quatre présidents de l'Égypte moderne étaient tous issus des rangs militaires.

Ahmed Shafiq a récemment loué la «glorieuse révolution» qui a renversé le président Moubarak et a promis qu'il ne rétablirait pas l'ancien régime. Il a également tenté de se débarrasser de son image de candidat antirévolution et de faire oublier ses propos dénigrant les jeunes manifestants à l'origine du soulèvement populaire qui a poussé Moubarak à la démission.

Mais de nombreux Égyptiens ne veulent ni d'un «vestige» de l'ère Moubarak ni d'un islamiste comme président. Vendredi, les manifestants ont critiqué les deux candidats.

«Je suis ici parce que je ne veux pas de Shafiq ni de Morsi. Shafiq a fait couler le sang de nos enfants. J'ai payé d'avance le prix de cette révolution», a déclaré Magda, mère d'un manifestant tué durant le soulèvement de l'an dernier. «Quant aux Frères musulmans, ils sont déjà au Parlement et qu'ont-ils fait?»

Des manifestants ont scandé des slogans contre les deux candidats et contre le conseil militaire. D'autres ont déclaré qu'ils avaient l'intention de boycotter le scrutin.

«Je ne veux d'aucun des candidats parce qu'ils ne sont pas avantageux pour nous et pour le pays», a dit un manifestant au Caire, Ahmed Abdel-Fattah.

Les militants pro-démocratie demandent également l'application d'une loi récemment adoptée par le nouveau Parlement, qui interdit aux responsables de l'ancien régime de participer aux élections pendant 10 ans.

Ahmed Shafiq a été brièvement disqualifié de la course avant le premier tour, mais il a été réintégré 24 heures plus tard après que la commission électorale eut référé la nouvelle loi à la Cour constitutionnelle. La cour doit livrer son jugement sur la question quatre jours avant le second tour. 
985fm.ca

 

 

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"Si Chafik est élu, la révolution est morte"

 

Écrivain égyptien parmi les plus populaires, Alaa El Aswany est aussi un commentateur avisé de la politique de son pays. Ayant suivi de près et même participé à la révolution place Tahrir en 2011, il se pose en défenseur de ses principes. Et donne dans une interview pour Courrier international son sentiment sur les résultats du premier tour de la présidentielle.

Alaa El Aswany (2007).

D’après les premiers résultats officiels, les deux candidats qui sortent gagnants du premier tour de l’élection présidentielle en Egypte sont Mohamed Morsi (24,3% des voix), islamiste, candidat des Frères musulmans et Ahmed Chafik (23,3%), ancien Premier ministre d’Hosni Moubarak, candidat soutenu par l’armée. Que vous inspire ce résultat ? 


Dès samedi 26 mai, Hamdin Sabahi [candidat à la présidentielle, député indépendant que Alaa El Aswany a soutenu ouvertement] et Amr Moussa [également candidat, ex-ministre des Affaires étrangères de 1991 à 2001] ont accusé accusations Ahmed Chafik d'être à l'origine d'irrégularités dans le vote. Si ce n’est pas vrai, il faudra bien accepter les résultats. Si c’est vrai, la révolution les refusera. Sur mon 
compte twitter (suivi par 350 000 personnes), j’ai écrit que j’étais partisan d’un front des forces révolutionnaires avec les Frères musulmans pour faire barrage à Chafik. Que les choses soient claires : je ne suis absolument pas favorable aux Frères musulmans, mais un vrai révolutionnaire doit lire la situation attentivement et le retour le Chafik, protégé par le Conseil militaire, signifierait la fin de la révolution.
 
Avez-vous été étonné ou déçu de constater qu’un an après la révolution égyptienne, un ancien Premier ministre du gouvernement Moubarak récolte près d'un quart des suffrages ? 
 
Je ne suis pas étonné. Les militaires ont appliqué un plan similaire à celui de la Roumanie avec Ceausescu : faire  pression sur la population (en augmentant par exemple le prix de la nourriture) et faire en sorte que la chaos s’installe. Cela fait des mois que la police ne travaille plus au Caire... Et maintenant que l’insécurité règne, on nous présente des soi-disant héros, des gens comme Ahmed Chafik qui promet de ramener l’ordre dans le pays. N’oublions pas non plus que les militaires agitent l’épouvantail islamique depuis le début de la révolution. Le plan prévoyait aussi de séparer les révolutionnaires et de les massacrer. C’est ce qui a été fait. Le plan a donc été parfaitement appliqué. Mais ça ne marchera pas, la révolution va gagner.
 
La révolution n'a pas échoué, selon vous ? 
 
Non je ne crois pas. Les deux candidats représentatifs de l’ancien régime, Ahmed Chafik et Amr Moussa [ancien ministre des Affaires étrangères de Moubarak], ceux qu’on appelle les 'fouloul' (littéralement : les survivants de l’armée battue) ne rassemblent que 30% des voix. Cela veut dire que  70% de la population est favorable au changement. Le problème, c’est qu’il y avait bien trop de candidats : les voix se sont éparpillées. C’est de notre faute. Mais c’est normal que la révolution fasse des fautes. 
 
Le 2 mars 2011, au plus fort de la Révolution égyptienne, lors d’un débat télévisé sur On TV, vous aviez affronté Ahmed Chafik qui venait d’être nommé Premier ministre par un gouvernement Moubarak à l’agonie. Le lendemain, Chafik quittait le pouvoir. Pouvez-vous nous rappeler l’échange que vous aviez eu avec lui ? 
 
Au cours de ce débat qui a duré environ 2h30, j’ai essayé de m’en tenir à ma ligne : me comporter comme n’importe quel citoyen à l’égard d’un ministre. Je suis toujours resté poli. A un moment donné, je lui ai demandé de parler des centaines de personnes blessées alors qu’il était encore Premier ministre [le 2 février, la répression des manifestations antigouvernementaux connue comme la bataille des chameaux avait fait au moins trois morts et des centaines de blessés]. Ça l’a énervé. Ensuite je lui ai dit que Moubarak était son maître. C’en était trop pour lui. Il a perdu son self contrôle et il crié : "Qui êtes vous ?" au lieu de "comment osez vous?", je suppose. Plutôt que de lui répondre que j’étais un écrivain égyptien très populaire, je lui ai répondu que j’étais un citoyen et qu’en tant que tel j’avais le droit de lui poser toutes les questions puiqu’en tant que ministre, il est censé œuvrer pour le peuple égyptien.  
 
Quels scénarios envisagez-vous dans les jours à venir ? 
 

Personnellement, je suis partisan d'un front anti–Chafik. Khaled Ali [militant d’extême gauche, candidat au premier tour de la présidentielle] m’a dit qu’il comptait organiser une conférence dans la semaine [mercredi 30 ou jeudi 31] avec tous les partisans d’une société séculaire. Les défenseurs de la Révolution doivent négocier et poser leurs conditions aux Frères musulmans pour que les idéaux de la révolution ne soient pas trahis et afin d’arriver à un accord pour soutenir le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi [depuis, lundi 28 mars, huit partis libéraux de gauche ont annoncé au contraire qu'ils ne comptaient soutenir ni Ahmed Chafik, ni Mohamed Morsi]. Ensemble, les islamistes et les partisans de la gauche pourraient vaincre Chafik. Un vrai révolutionnaire n’est pas quelqu’un de romantique. Il doit être pragmatique et se poser la question : que puis-je faire pour sauver la révolution ? Aujourd’hui si les Egyptiens ne font rien et restent chez eux, ce sont les suppôts de Moubarak qui resteront dans le pays. 
courrierinternational

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 07:53
 
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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 06:07

Le manque de transparence 

 

Faut-il voir dans les déclarations de Ali Lârayedh, jeudi, concernant les violences des groupes extrémistes religieux un regain de fermeté, ou une logorrhée soporifique qui masque mal un laxisme de principe?

 

Le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’en Tunisie on est en état d’urgence avec tout ce que cela implique comme mesures pour assurer la sécurité. «La sécurité des Tunisiens n’est pas négociable», a dit martelé. «Nous allons mettre en œuvre l’ensemble des politiques sécuritaires adoptées par la ‘‘troïka’’ (la coalition tripartire au pouvoir, Ndlr) pour faire face à la violence qui cible l’Etat, les institutions, les citoyens et menace la sécurité civile et la cohabitation démocratique», a encore souligné le ministre de l’Intérieur lors de la conférence de presse de jeudi, en faisant allusion aux groupes extrémistes religieux qui, de Sidi Bouzid à Ghardimaou et du Kef à Jendouba, se sont attaqués aux postes de police, hôtels, magasins et simples citoyens.

 

«Nous n’hésiterons pas à appliquer la loi»

 

«Il ne s’agit pas d’une violation des libertés mais plutôt d’en limiter les dérives car il est difficile d’associer un état d’urgence et des libertés illimitées», a ajouté M. Lârayedh.

Le ministre de l’Intérieur a aussi évoqué la loi N°4 en date de 1969 organisant les manifestations et les attroupements précisant qu’«en cas de nécessité, nous n’hésiterons pas à appliquer toutes les dispositions contenues dans ce texte pour protéger les Tunisiens et renforcer la sécurité», a-t-il dit. En d’autres termes, les policiers peuvent recourir aux moyens de dissuasion dont ils disposent, y compris les armes à feu.

Commentant les communiqués de l’Union nationale des syndicats des forces de sûreté tunisienne (Unsfst), le ministre a qualifié ces déclarations de discours politiques plutôt que de revendications syndicales, précisant qu’elles contiennent des informations erronées.

«Une circulaire sera publiée prochainement pour organiser l’action syndicale conformément aux standards internationaux», a annoncé M. Lârayedh, accusant des représentants syndicaux de violation du statut de la profession, d’indiscipline, de divulgation du secret professionnel et de servir des agendas politiques.

 

«La passivité» des autorités politiques

 

L’Unsfst avait demandé, quelques jours auparavant, la publication de décrets et de décrets-lois autorisant l’usage de «tous les moyens dissuasifs» pour mettre fin au désordre et à la violation de la loi.

L’Union réagissait à plusieurs incidents violents, qui avaient été enregistrés ces derniers temps à Sidi Bouzid, le Kef, Kairouan, Sousse, Ezzahra et Jendouba, faisant plusieurs blessés et tués parmi les agents de l’ordre.

«Ces incidents et violences ont ciblé en premier lieu les agents de l’ordre et les postes de police et de la garde nationale», a estimé le syndicat des policiers mettant en cause «la passivité» des autorités politiques

Le syndicat a appelé aussi le Conseil supérieur des forces de sécurité intérieure à élaborer «dans les plus brefs délais» un plan sécuritaire «audacieux et fort» pour imposer la sécurité ainsi qu’un cadre juridique «clair» pour protéger les agents de l’ordre.

Les policiers ont aussi demandé l’augmentation de la prime de risque dans l’attente d’une révision totale des salaires et primes spécifiques.

Ce sont ces positions qui ont été qualifiées de «politiques» par M. Lârayedh, qui aurait été sans doute mieux inspiré de se montrer plus ferme à l’égard des groupes salafistes qui sèment la peur partout dans le pays et nuisent énormément à l’image du pays, qui plus est, à l’approche de la haute saison touristique, au lieu de s’en prendre aux syndicats de police. kapitalis

 

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La question salafiste vue par les religieux (en arabe)

 
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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 05:27

5900 dinars de salaire pour nos députés, vrai ou faux ?

 

Les salaires de nos députés à l’Assemblée Nationale Constituante sont de nouveau sur la sellette. Shems FM a publié, ce vendredi 1er juin, un document selon lequel, les représentants du peuple recevraient pas moins de 5900 dinars mensuels bruts. En clair, l’Etat verserait donc pour chaque élu l’équivalent de 20 smig, puisque le salaire minimum garanti en Tunisie, est de l’ordre de 287 dinars.

Ainsi, en plus de leurs 2280 dinars de base, nos élus bénéficieraient d’une «prime complémentaire de 1570 dinars, d'une prime de logement de 1237 dinars soumise à l'impôt à partir du 1er mai 2012, et d'une prime de transport de 875 dinars». Shems FM souligne par ailleurs que «selon l'article 3 du document, les décisions énoncées entrent en vigueur de manière rétroactive à partir du 15 novembre 2011. L'article 4 précise que "la décision ne sera pas publiée dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT)». La station FM cite à cet égard le témoignage de Lazhar Akremi, l’ex-ministre du gouvernement Caid Essebdi.

Le problème ? Karima Souid, députée d’Ettakatol (élue dans la circonscription France Sud) s’est empressée de démentir ces informations sur son compte twitter. Elle s’exclame ainsi : «Faux ! J’atteste sur l honneur avoir perçu jusqu’au 20/04 et depuis le 22 nov. avec (4 mois de retard) soit 2270 dt environ/mois».

Qui faut-il donc croire ? Une chose est sûre : la polémique sur les salaires de nos élus n’est pas près de retomber. Le manque de transparence persistant, malgré les campagnes 7ell, font que les soupçons continuent de s’appesantir sur une classe politique qui a du mal à convaincre.  
mag14

 

 

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Et si l’Assemblée constituante était un mauvais choix?


 

Nos élus ont-ils la stature et la probité d’hommes et de femmes d’Etat aptes à rentrer dans les annales des grandes figures qui ont marqué l’histoire de ce pays? On peut avoir de sérieux doute à ce propos.

Sommes-nous en train de regretter d’avoir eu le sit-in de Kasbah 2 qui a forcé la décision d’imposer le recours à l’élection de l’Assemblée nationale constituante (Anc) comme voie de transition démocratique après la révolution du14 janvier 2011? C’est de toute évidence une question qui devient persistante au vu du rendement et de l’attitude de nos chers élus de la nation!

Au départ, cette question se faisait chuchoter aux détours des discussions de salon par une certaine classe de Tunisiens qui ne s’identifiait guère dans ce nouveau visage représentatif du pays issu des élections du 23 octobre, mais qui n’osait tout de même pas crier haut et fort sa désapprobation par peur d’être prise pour de la rémanence bourgeoise attachée à ses privilèges et tentée de perpétuer le statuquo de l’ancien régime. Aujourd’hui, elle devient de plus en plus pressante et publiquement débattue à tous les coins de rue par toutes les franges de la société sans considération de classe. Et pour cause...

 

Apprentis politiciens investis d’une lourde mission

 

Une Assemblée constituée majoritairement d’apprentis politiciens que rien ne prédestinait à la politique à part une dose de hasard et une autre d’opportunisme de circonstance qui les ont parachutés têtes de liste de formations politiques sans passé ni tradition, et qui se sont trouvés, du jour au lendemain, investis de la lourde mission de rédiger la constitution d’un pays maintenu depuis son indépendance sous le joug de la dictature et de la pensée unique.

Et pourtant, nous étions bien fiers d’avoir répondu à l’appel de la nation pour nous rendre en masse aux urnes dès l’aube d’un certain 23 octobre 2011. Et alors que le reste du monde nous observait avec tant de respect et d’admiration parachever notre œuvre révolutionnaire pacifique, les plus démocrates d’entre nous ont accepté sans rechigner le verdict des urnes et ont souhaité bon courage et plein de réussite à cette première véritable assemblée représentative élue pour la première fois de notre histoire sans manœuvres frauduleuses, tout fiers que nous étions de faire enfin partie des nations civilisées.

Ces chers constituants et constituantes ont les yeux plus grands que le ventre

 

Une représentation théâtrale d’un très mauvais goût

 

Mais voilà que nos chers élus de la nation s’évertuent à tourner cette supposée belle aventure en une représentation théâtrale d’un très mauvais goût dont le lever de rideau a failli mettre le pays à feu et à sang pour avoir voulu honorer une liste de martyrs de la révolution dont ils n’ont pas même pas pris la peine de vérifier l’exhaustivité et que personne, jusqu’à présent, ne sait exactement s’il s’agissait d’une erreur de bonne foi ou dictée par je ne sais quelle machination politicienne.

Ces chers élus se sont ensuite rassemblés en groupes parlementaires alliés pour nous offrir ainsi qu’au reste du monde le désolant spectacle d’une guéguerre partisane dont l’unique et seul objectif est de s’assurer une prépondérance qui leur permettait de survivre en tant que groupuscules politiques capable de faire entendre leurs voix. On les a vus depuis envahir les plateaux radios, ou se disputer les invitations télé pour vociférer leurs théories creuses sans la moindre connexion avec la réalité du pays n’hésitant pas au passage de dénigrer tous ceux qui n’étaient pas de leur bord.

Tout cela pour débattre de quel sujet au juste? De tout ce qui ne concerne guère les préoccupations quotidiennes du Tunisien et n’avance en rien leur mission de rédiger la constitution. Ils nous ont ainsi gratifiés d’interminables discussions byzantines dénuées de tout intérêt à part le vacarme propre à l’inobservation de toutes règles de courtoisie et de bonne séance au point où tout le monde se demande aujourd’hui si cette assemblée constituante était le choix le plus approprié pour cette période de transition.

Le mal aurait pu s’arrêter là si ce n’est la dernière indécence en date de nos chers représentants, celle de se réunir en conclave secrète pour se partager le butin de la république et se servir directement dans les caisses de l’Etat pour s’octroyer un dédoublement de salaire au grand mépris de l’état général de la population.

 

Une insulte à l’intelligence du peuple

 

Bien sûr, s’agissant d’améliorer leur propre bien-être, ces chers élus étaient en parfaite communion oubliant au passage leurs âpres différents qu’ils s’évertuaient de nous jouer chaque fois que leurs débats étaient transmis à la télévision.

Ainsi, au moment ou le pays traverse une des périodes les plus difficiles de son histoire marquée par un déficit budgétaire record, où le chômage bat son plein et que le reste de la population salariée s’exténue à obtenir l’infime augmentation salariale promise depuis longtemps, dans un environnement économique international marqué par une crise sans précédent, messieurs nos élus, profitant de la position au sommet de l’Etat que leur confère leur qualité de législateurs, poussent l’indécence jusqu’à réclamer, en plus des augmentations qu’ils se sont arrogées, une «prime de la constitution», dont ils se réservent le droit d’en fixer la valeur en temps opportun, en rémunération de la mission qui constitue le cœur même du travail pour lequel ils ont été recrutés et rémunérés pendant toute leur législature, à savoir la rédaction de la constitution. C’est comme si un chirurgien qui, en plus des honoraires convenus pour son intervention, réclame, une fois l’opération accomplie, une «prime d’intervention» supplémentaire. Une insulte à l’intelligence de ce peuple.

Devant un tel comportement marqué par tant d’avidité et de convoitise de la part de gens investis de la mission de jeter la base de la Tunisie de demain, on ne peut éviter de se poser la question de savoir si le choix de la constituante était le plus judicieux pour la circonstance où si ce sont plutôt nos élus qui sont loin d’avoir la stature et la probité d’hommes et de femmes d’Etat aptes à rentrer dans les annales des grandes figures qui ont marqué l’histoire de ce  pays. Il me semble pourtant que la réponse est évidente.  

 Par Samir Tlili kapitalis

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