Le président des États-Unis, Barack Obama, a réagi mardi soir à l'évolution de la situation en Égypte, estimant qu'une « transition organisée » devait « commencer maintenant ».

Quelques heures après que le président égyptien Hosni Moubarak eut annoncé qu'il partirait après l'élection présidentielle de septembre prochain, M. Obama a parlé d'un « nouveau chapitre dans l'histoire d'un grand pays ».

M. Obama s'était entretenu plus tôt au téléphone avec M. Moubarak. Le président américain a affirmé que son homologue égyptien avait reconnu que le statu quo ne pouvait persister.

Il a toutefois précisé que ce n'était pas le rôle des États-Unis ou d'un autre pays de choisir qui dirigerait l'Égypte, mais celui du peuple égyptien.

Barack Obama a réitéré son opposition à la violence, félicitant au passage l'armée égyptienne pour son attitude durant la crise, et l'encourageant à poursuivre dans cette voie.

M. Obama a aussi plaidé pour la promotion de la démocratie et des valeurs universelles comme les droits de rassemblement, de parole et d'accès à l'information. Il a parlé d'un « besoin de changement » en Égypte.

Le président américain a souhaité qu'une transition « importante et pacifique » mène l'Égypte à l'élection d'un gouvernement démocratique, à l'écoute de sa population. Il a insisté sur le fait que les voix des partis d'opposition devaient être écoutées.

À l'intention des jeunes Égyptiens, il a déclaré : « Nous entendons vos voix. Vous choisirez votre futur ».

 

 

ElBaradei parle de « ruse »

 

 

Le Prix Nobel de la paix 2005, l'opposant égyptien Mohamed ElBaradei, a affirmé mardi soir que le discours du président Moubarak était une « ruse » pour essayer de rester au pouvoir.

Hosni Moubarak a annoncé mardi soir qu'il ne solliciterait pas de nouveau mandat, mais qu'il resterait en poste pour organiser la transition jusqu'à l'élection présidentielle de septembre prochain.

Selon des propos rapportés par la chaîne américaine CNN, M. ElBaradei a réclamé la démission immédiate de Moubarak et la formation d'un gouvernement intérimaire pour organiser le scrutin.

L'opposant a ajouté que son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de septembre n'était pas sa priorité, même s'il n'a pas exclu cette possibilité.

 

 

Propositions diplomatiques

 

 

L'ambassadrice américaine au Caire, Margaret Scobey, s'est aussi entretenue au téléphone mardi avec Mohamed ElBaradei. Selon l'Agence France-Presse, l'opposant déclaré au président Moubarak a profité de l'occasion pour lui présenter deux scénarios de sortie de crise.

Ainsi, le Prix Nobel de la paix aurait proposé de confier au vice-président, Omar Souleymane, ex-chef des services de renseignement, d'assurer une présidence intérimaire.

La période de transition qu'il dirigerait permettrait de dissoudre les deux chambres du Parlement et de réviser la Constitution en vue de nouvelles élections législatives et présidentielle.

M. ElBaradei aurait aussi proposé un second scénario : constituer un conseil présidentiel comprenant trois personnalités - un militaire et deux civils - pour gérer la transition.

Plusieurs ont vu dans cet entretien avec M. ElBaradei, qui n'a aucun titre officiel au sein de l'appareil gouvernemental égyptien, une preuve de la précarité de la situation du président Moubarak.

 

 

L'appui des Frères musulmans

 

 

Les Frères musulmans exigent eux aussi le départ du raïs. « Notre première exigence est le départ de Moubarak. Seulement après cela, un dialogue pourra débuter avec la hiérarchie militaire sur les détails d'un transfert du pouvoir pacifique », a déclaré un ancien député du parti islamiste, Mohamed Al-Beltagi.

Selon lui, les Frères musulmans, l'Association nationale pour le changement de Mohamed ElBaradei, divers partis politiques et des personnalités représentant notamment les chrétiens d'Égypte se sont formellement regroupés au sein d'une coalition baptisée le Comité national de suivi des revendications du peuple.

 

 

Israël veut préserver la paix de 1979

 

 

En Israël, le premier ministre Benyamin Netanyahou appelle la communauté internationale à « exiger » de tout pouvoir égyptien le respect du traité de paix qui a été signé avec l'État hébreu en 1979.

« Israël considère que la communauté internationale doit exiger de tout gouvernement égyptien qu'il respecte le traité de paix avec Israël », indique un communiqué publié par son bureau. « Il est dans l'intérêt d'Israël de préserver la paix avec l'Égypte. »

 

 

 

Radio-Canada.ca avec AFP et New York Times