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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:45
La population scande : « Le peuple veut la déposition du gouvernement du RCD », « Dégagez indignes »....
 
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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:43
© AFP - Fethi Belaid
© AFP - Fethi Belaid

La pression de la rue à Tunis pour faire tomber le gouvernement de transition dominé par les ministres du régime Ben Ali s'est accentuée dimanche devant le siège du palais du Premier ministre, où des jeunes venus du centre-ouest du pays allaient passer la nuit, défiant le couvre-feu.

La poursuite des manifestations tout au long du week-end à Tunis a relancé les spéculations sur la capacité du gouvernement provisoire à résister à la pression populaire, alors qu'un appel à la grève illimitée des enseignants du primaire a été lancé pour lundi, date théorique de reprise des cours.

L'agence officielle tunisienne TAP a par ailleurs annoncé l'arrestation de Larbi Nasra, propriétaire de la chaîne de télévision privée tunisienne Hannibal, accusé de "haute trahison et complot contre la sécurité de l'Etat" pour avoir voulu favoriser le retour du président déchu Ben Ali.

"Nous n'allons pas quitter la place avant que ce gouvernement dégage", a déclaré peu avant l'entrée en vigueur du couvre-feu à 20H00 (19H00 GMT) Mizar, un étudiant de Tunis originaire de Sidi Bouzid (centre-ouest), devant le palais de la Kasbah qui abrite les bureaux du Premier ministre, Mohammed Ghannouchi. Alors que quelques milliers de personnes - syndicalistes, islamistes, militants de gauche ou simples Tunisois accompagnés de femmes et enfants- ont manifesté sur place toute la journée, ils étaient encore des centaines dans la soirée à exiger la démission du gouvernement.

© AFP - Fethi Belaid
© AFP - Fethi Belaid

La plupart sont de jeunes ruraux déshérités partis samedi du centre-ouest du pays, foyer de la "révolution du jasmin" réprimée par la police - une centaine de morts selon l'ONU- et arrivés dimanche à l'aube à Tunis dans un convoi hétéroclite baptisé "la caravane de la libération".

Ils s'organisaient pour passer la nuit, dans des sacs de couchage ou sous des tentes, tandis que des voisins leur apportaient sandwiches et boissons.

"Nous allons très probablement les laisser ici parce qu'ils sont venus de loin et ne peuvent aller nulle part. Mais nous allons leur interdire de se déplacer" dans la capitale, a déclaré à l'AFP un officier de l'armée sur place, sous couvert de l'anonymat.

Un nouveau groupe d'environ 300 habitants de Kasserine (centre-ouest), autre haut-lieu de la révolte populaire qui a fait chuter le régime Ben Ali le 14 janvier, a rejoint les protestataires trois quart d'heure avant le couvre-feu.

Des messages sur Facebook faisaient état d'autres groupes de provinciaux s'organisant pour marcher lundi sur la capitale.

"Le peuple vient faire tomber le gouvernement", avaient scandé dès l'aube les participants de la "Caravane de la libération" dans les rues encore désertes et glaciales de la capitale. Tout au long de la journée, ils ont été rejoints par un flot continu de manifestants.

Très contesté, le gouvernement semble toujours tabler sur un très hypothétique essoufflement du mouvement dans les jours à venir et s'efforce de remettre le pays sur les rails en relançant notamment l'activité économique.

Lundi sera une journée test pour jauger l'évolution du rapport de force rue-gouvernement.

© AFP - Martin Bureau
© AFP - Martin Bureau

Ecoliers, collégiens et une partie des lycéens doivent théoriquement reprendre le chemin des classes, fermées depuis le 10 janvier, quatre jours avant la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite.

Mais le syndicat des enseignants du primaire a appelé à une "grève générale illimitée" dès ce lundi pour exiger un nouveau gouvernement débarrassé de tout cacique de l'ère Ben Ali.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, l'opposant Ahmed Ibrahim, a appelé les instituteurs à renoncer à cette "grève irresponsable", lors d'une réunion de son parti, mouvement Ettajdid.

Les autorités ont par ailleurs annoncé dimanche l'arrestation et l'assignation à résidence de deux des plus proches collaborateurs de Ben Ali, le président du sénat et ancien ministre de l'Intérieur Abdallah Kallel, et l'éminence grise du régime Abdel Aziz Ben Dhia.

Un autre proche, Abdel Wahab Abdallah, qui avait la haute main sur l'information, est "recherché" selon l'agence officielle TAP.

Quant au patron de la chaîne privée Hannibal, il est accusé d'avoir, par le biais de sa chaîne "tenté de faire avorter la révolution des jeunes, semer la désordre, inciter à la désobéissance et à la diffusion de fausses informations dans le but de créer un vide constitutionnel et de saboter la stabilité dans le pays et le pousser vers le chaos", selon une source officielle citée par la TAP.

Première chaîne privée créée en Tunisie en 2005 (bien 2005), Hannibal TV, a repris ses émissions après quelques heures d'interruption avec comme nouveau logo "Hannibal Tunisia, la Voix du peuple", en donnant la parole à l'une des victimes du régime déchu, Mohamed Bouebdelli, propriétaire d'un établissement d'enseignement privé contraint de fermer.

Par Imed LAMLOUM et Thibauld MALTERRE
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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:30
Manifestants à Tunis

Photo: AFP/Fethi Belaid

Manifestants à Tunis

La pression populaire sur le gouvernement de transition demeure forte à Tunis où des jeunes venus des régions rurales ont grossi dimanche les rangs des manifestants.

« Le peuple vient faire tomber le gouvernement » ont scandé les participants de la « Caravane de la liberté ».

Partis la veille du centre-ouest du pays, ils sont arrivés à l'aube dans les rues désertes de la capitale, à bord de dizaines de camions, voitures, motos et camionnettes.

Ils ont remonté l'avenue Habib Bourguiba, une artère centrale où se déroulent des manifestations quotidiennes depuis plusieurs jours.

Exhibant un portrait du vendeur ambulant à l'origine de la révolte populaire, ainsi que des photos des victimes de la répression du soulèvement qui a mené au départ du président Ben Ali, les membres de la « Caravane de la liberté » ont ensuite crié leur révolte devant les bureaux du premier ministre intérimaire, défendus par des policiers antiémeutes et des militaires.

Nous sommes venus de Menzel Bouzaiane, de Sidi Bouzid, de Regueb pour faire tomber les derniers restes de la dictature.

— Mohammed Layani, manifestant

Parmi les manifestants se trouvaient des policiers qui s'étaient déjà joints aux protestations samedi pour réclamer la démission du gouvernement.

Dimanche soir, ils étaient des centaines à défier le couvre-feu en campant sous les fenêtres du bureau du premier ministre pour exiger la démission du gouvernement. Sur une banderole accrochée aux grilles du palais de la Kasbah, qui abrite les bureaux du premier ministre, est inscrite « le peuple vient faire tomber le gouvernement ».

Le gouvernement de transition est contesté par la population qui réclame le départ de ministres issus de l'entourage de Ben Ali.

Le syndicat des enseignants du primaire a convoqué une « grève générale illimitée » dès lundi pour réclamer la formation d'un nouveau gouvernement.

Des proches du régime Ben Ali sous les verrous

Deux des plus proches collaborateurs de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, Abdallah Kallel, président du Sénat et ancien ministre de l'Intérieur, et Abdel Aziz Ben Dhia, conseiller de Ben Ali, ont été arrêtés et sont en résidence surveillée.

Par ailleurs, l'agence officielle a annoncé l'arrestation de Larbi Nasra, propriétaire de Hannibal, la première chaîne de télévision privée en Tunisie, pour « haute trahison et complot contre la sécurité de l'État ».

Selon l'agence, il aurait utilisé sa chaîne pour travailler au retour du président déchu Ben Ali en diffusant de fausses informations. Il est apparenté à l'épouse de l'ancien président.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 22:18

Traduction : environ 3000 personnes et plus des régions du Centre et du Sud sont, en ce moment, sur la Place de la République à la Kasba (Tunis) et comptent y passer la nuit. Nous demandons à tous les Tunisois de contribuer, selon leur capacité (repas, eau, vêtements chauds, etc.), à la réussite de cette occupation pacifique…

 

قرابة 3000 شخص معتصمين الان بساحة الحكومة بالقصبة وسيقضون الليلة هناك ... الرجاء الرجاء الرجاء من اهالي العاصمة ان يتعاونوا مع المعتصمين القادمين من معظم ولايات تونس .... امدادهم بالماء والاكل‬

 

TUNISIE - La "caravane de la liberté" sous les fenêtres du Premier ministre Ghannouchi

Les manifestants font le siège du palais de la Kasbah qui abrite le Premier ministre, à Tunis © Karam Nasser / AP / Maxppp

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 22:17

Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vrai Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.

 

 

Les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et contrecarrent leurs plans. Les événements qui ont fait vibrer la Tunisie depuis un mois n’échappent pas à cette règle, bien au contraire.

 

 

Il est donc pour le moins surprenant que les grands médias internationaux, suppôts indéfectibles du système de domination mondiale, s’enthousiasment soudainement pour la « Révolution du jasmin » et multiplient les enquêtes et reportages sur la fortune des Ben Ali qu’ils ignoraient jusque là malgré leur luxe tapageur. C’est que les Occidentaux courent après une situation qui leur a glissé des mains et qu’ils voudraient récupérer en la décrivant selon leurs souhaits.

 

 

Avant toute chose, il convient de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie.

 

 

Considéré par Washington comme un Etat d’importance mineure, la Tunisie était utilisée au plan sécuritaire, plus qu’économique. En 1987, un coup d’Etat soft est organisé pour déposer le président Habib Bourguiba au profit de son ministre de l’Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali. Celui-ci est un agent de la CIA formé à la Senior Intelligence School de Fort Holabird. Selon certains éléments récents, l’Italie et l’Algérie auraient été associés à cette prise de pouvoir (1).

 

 

Dès son arrivée au Palais de la République, il met en place une Commission militaire jointe avec le Pentagone. Elle se réunit annuellement, en mai. Ben Ali, qui se méfie de l’armée, la maintient dans un rôle marginal et la sous-équipe, à l’exception du Groupe des Forces spéciales qui s’entraîne avec les militaires US et participe au dispositif « anti-terroriste » régional. Les ports de Bizerte, Sfax, Sousse et Tunis sont ouverts aux navires de l’OTAN et, en 2004, la Tunisie s’insère dans le « Dialogue méditerranéen » de l’Alliance.

 

 

Washington n’attendant rien de spécial de ce pays au plan économique, il laisse donc les Ben Ali mettre la Tunisie en coupe réglée. Toute entreprise qui se développe est priée de céder 50 % de son capital et les dividendes qui vont avec. Cependant, les choses virent au vinaigre en 2009, lorsque la famille régnante, passée de la gourmandise à la cupidité, entend soumettre aussi les entrepreneurs états-uniens à son racket.

 

 

De son côté, le département d’Etat anticipe sur l’inévitable disparition du président. Le dictateur a soigneusement éliminé ses rivaux et ne dispose pas de successeur. Il faut donc imaginer une relève s’il vient à mourir. Une soixantaine de personnalités susceptibles de jouer un rôle politique ultérieur est recrutée. Chacune reçoit une formation de trois mois à Fort Bragg, puis un salaire mensuel (2). Le temps passe…

 

 

Bien que le président Ben Ali poursuive la rhétorique anti-sioniste en vigueur dans le monde musulman, la Tunisie offre diverses facilités à la colonie juive de Palestine. Les Israéliens d’ascendance tunisienne sont autorisés à voyager et à commercer dans le pays. Ariel Sharon est même invité à Tunis.

 

La révolte

 

 

L’immolation par le feu d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazzi, le 17 janvier 2010, après que sa charrette et ses produits aient été saisis par la police, donne le signal des premières émeutes. Les habitants de Sidi Bouzid se reconnaissent dans ce drame personnel et se soulèvent. Les affrontements s’étendent à plusieurs régions, puis à la capitale. Le syndicat UGTT et un collectif d’avocats manifestent scellant sans en avoir conscience l’alliance entre classes populaire et bourgeoisie autour d’une organisation structurée.

 

 

 

Le 28 décembre, le président Ben Ali tente de reprendre les choses en main. Il se rend au chevet du jeune Mohamed Bouazizi et s’adresse le soir à la Nation. Mais son discours télévisé exprime son aveuglement. Il dénonce les manifestants comme des extrémistes et des agitateurs stipendiés et annonce une répression féroce. Loin de calmer le jeu, son intervention transforme la révolte populaire en insurrection. Le peuple tunisien ne conteste plus simplement l’injustice sociale, mais le pouvoir politique.

 

 

A Washington, on constate que « notre agent Ben Ali » ne maitrise plus rien. Le Conseil de sécurité nationale Jeffrey Feltman (3) et Colin Kahl (4) s’accordent à considérer que le moment est venu de lâcher ce dictateur usé et d’organiser sa succession avant que l’insurrection ne se transforme en authentique révolution, c’est-à-dire en contestation du système.

 

 

Il est décidé de mobiliser des médias, en Tunisie et dans le monde, pour circonscrire l’insurrection. On focalisera l’attention des Tunisiens sur les questions sociales, la corruption des Ben Ali, et la censure de la presse. Tout, pourvu qu’on ne débatte pas des raisons qui ont conduit Washington à installer le dictateur, 23 ans plus tôt, et à le protéger tandis qu’il s’accaparait l’économie nationale.

 

 

Le 30 décembre, la chaîne privée Nessma TV défie le régime en diffusant des reportages sur les émeutes et en organisant un débat sur la nécessaire transition démocratique. Nessma TV appartient au groupe italo-tunisien de Tarak Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Le message est parfaitement compris par les indécis : le régime est fissuré.

 

 

Simultanément, des experts Etats-uniens (mais aussi Serbes et Allemands) sont envoyés en Tunisie pour canaliser l’insurrection. Ce sont eux qui, surfant sur les émotions collectives, tentent d’imposer des slogans dans les manifestations. Selon la technique des prétendues « révolutions » colorées, élaborée par l’Albert Einstein Institution de Gene Sharp (5), ils focalisent l’attention sur le dictateur pour éviter tout débat sur l’avenir politique du pays. C’est le mot d’ordre « Ben Ali dégage ! » (6).

 

 

Masqué sous le pseudonyme Anonymous, le cyber-escadron de la CIA —déjà utilisé contre le Zimbabwe et l’Iran— hacke des sites officiels tunisiens et y installe un message de menace en anglais.

 

 

L’insurrection

 

 

Les Tunisiens continuent spontanément à braver le régime, à descendre en masse dans les rues, et à brûler commissariats de police et magasins appartenant aux Ben Ali. Avec courage, certains d’entre eux payent le prix du sang. Pathétique, le dictateur dépassé se crispe sans comprendre.

 

 

Le 13 janvier, il ordonne à l’armée de tirer sur la foule, mais le chef d’état-major de l’armée de terre s’y refuse. Le général Rachid Ammar, qui a été contacté par le commandant de l’Africom, le général William Ward, annonce lui-même au président que Washington lui ordonne de fuir.

 

 

En France, le gouvernement Sarkozy n’a pas été prévenu de la décision états-unienne et n’a pas analysé les divers retournements de veste. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, se propose de sauver le dictateur en lui dépêchant des conseillers en maintien de l’ordre et du matériel pour qu’il se maintienne au pouvoir par des procédés plus propres (7). Un avion cargo est affrété le vendredi 14. Lorsque les formalités de dédouanement sont finies à Paris, il est trop tard : Ben Ali n’a plus besoin d’aide, il a déjà pris la fuite.

 

 

Ses amis d’hier, à Washington et Tel-Aviv, Paris et Rome, lui refusent l’asile. Il échoue à Riyad, non sans emporter avec lui 1,5 tonne d’or volée au Trésor public.

 

 

Du jasmin pour calmer les Tunisiens

 

 

Les conseillers en communication stratégique US tentent alors de siffler la fin de la partie, tandis que le Premier ministre sortant compose un gouvernement de continuité. C’est là que les agences de presse lancent l’appellation « Jasmine Revolution » (en anglais s’il vous plaît). Les Tunisiens assurent-elles viennent de réaliser leur « révolution colorée ». Un gouvernement d’union nationale est constitué. Tout est bien qui finit bien.

 

 

L’expression « Jasmine Revolution » laisse un goût amer aux Tunisiens les plus âgés : c’est celle que la CIA avait déjà utilisée pour communiquer lors du coup d’Etat de 1987 qui plaça Ben Ali au pouvoir.

 

 

La presse occidentale —désormais mieux contrôlée par l’Empire que la presse tunisienne— découvre la fortune mal acquise des Ben Ali quelle ignorait jusque là. On oublie le satisfecit accordé par le directeur du FMI, Domique Strauss-Kahn aux gestionnaires du pays quelques mois après les émeutes de la faim (8). Et on oublie le dernier rapport de Transparency International qui affirmait que la Tunisie était moins corrompue que des Etats de l’Union européenne comme l’Italie, la Roumanie et la Grèce (9).

 

 

Les miliciens du régime, qui avait semé la terreur parmi les civils durant les émeutes les obligeants à s’organiser en comités d’auto-défense, disparaissent dans la nuit.

 

 

Les Tunisiens que l’on pense dépolitisés et manipulables après des années de dictature s’avèrent forts matures. Ils constatent que le gouvernement de Mohammed Ghannouchi, c’est « du benalisme sans Ben Ali ». Malgré quelques ravalements de façade, les caciques du parti unique (RCD) conservent les ministères régaliens. Les syndicalistes de l’UGTT, refusent de s’associer à la manip états-unienne et démissionnent des postes qu’on leur a attribués.

 

 

Outre les inamovibles membres du RCD, il reste des gadgets médiatiques et des agents de la CIA. Par la grâce du producteur Tarak Ben Amar (le patron de Nessma TV), la réalisatrice Moufida Tlati devient ministre de la Culture. Moins show-bizz, plus significatif, Ahmed Néjib Chebbi, un pion de la National Endowment for Democracy, devient ministre du Développement régional. Ou encore, l’obscur Slim Amanou, un bloggeur rompu aux méthodes de l’Albert Einstein Institute, devient ministre de la Jeunesse et des Sports au nom du fantomatique Parti pirate relié à l’auto-proclamé groupe Anonymous.

 

 

Bien entendu, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas sollicité le Parti communiste pour faire partie de ce soi-disant « gouvernement d’union nationale ».

 

 

A l’inverse, on fait revenir de Londres, où il avait obtenu l’asile politique, le leader historique du Parti de la Renaissance (Ennahda), Rached Ghannouchi. Islamiste ex-salafiste, il prêche la compatibilité de l’islam et de la démocratie et prépare depuis longtemps un rapprochement avec le Parti démocrate progressiste de son ami Ahmed Néjib Chebbi, un social-démocrate ex-marxiste. Dans le cas d’un échec du « gouvernement d’union nationale », ce tandem pro-US pourrait fournir une illusion de rechange.

 

 

Une nouvelle fois, les Tunisiens se soulèvent, élargissant eux-mêmes le mot d’ordre qu’on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Dans les communes et les entreprises, ils chassent eux-mêmes les collaborateurs du régime déchu.

 

 

Vers la Révolution ?

 

 

 

Contrairement à ce qui a été dit par la presse occidentale, l’insurrection n’est pas encore terminée et la Révolution n’a pas encore commencée. Force est de constater que Washington n’a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd’hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle.

 

 

 

 

(1) Déclarations de l’amiral Fulvio Martini, alors chef des services secrets italiens (SISMI).

(2) Témoignage direct recueilli par l’auteur.

(3) Assistant de la Secrétaire d’Etat pour les Affaires proche-orientales.

(4) Assistant adjoint du secrétaire à la Défense pour le Proche-Orient.

(5) « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

(6) « La technique du coup d’État coloré », par John Laughland, Réseau Voltaire, 4 janvier 2010.

(7)( « Proposition française de soutenir la répression en Tunisie », par Michelle Alliot-Marie, Réseau Voltaire, 12 janvier 2011.

(8) Vidéo.

(9) « Corruption perception index 2010 », Transparency International.

 

 





lien:  http://www.egaliteetreconciliation.fr/Washington-face-a-la-colere-du-peuple-tunisien-5199.html

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 22:00
Tunisie: les manifestants réclament la démission du gouvernement
Devant les bureaux du Premier ministre, dimanche 23 janvier.
Devant les bureaux du Premier ministre, dimanche 23 janvier.
Reuters/Zohra Bensemra

 

 

En Tunisie, partie samedi 22 janvier du centre du pays, « la caravane de la libération » a fait son entrée tôt ce dimanche matin 23 janvier dans la capitale Tunis. Motos, voitures, camionnettes, tous les moyens ont été utilisés pour rejoindre Tunis. Plus de 3 000 mille personnes, en majorité des jeunes, assiègent la primature pour réclamer la démission du gouvernement de transition.

 

 
Venus de provinces ou habitants de la capitale, les Tunisiens sont nombreux dans les rues de Tunis. Ils exigent la démission du gouvernement de transition et surtout l'évincement des ministres issus du régime Ben Ali.

 

Ils étaient plusieurs milliers ce dimanche devant le siège du palais de la Kasbah où travaille Mohammed Ghannouchi, le Premier ministre de la transition. « Nous sommes venus de Menzel Bouzaiane, de Sidi Bouzid, de Regueb pour faire tomber les derniers restes de la dictature », scandait un des manifestants.

 

 

lien: http://www.rfi.fr/afrique/20110123-tunisie-0

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 20:48
« Nous vivons un moment très difficile. Nous pensons qu'il y a beaucoup de choses qui nous échappent . Le mouvement ne demande que la démission des anciens   ministres du régime déchu, or les autorités actuelles maintiennent leur position; toutefois, nous pensons que le maintien de cette position, c'est peut-être pour permettre aux ministres de l'ancien régime de faire disparaître des dossiers très sensibles, que ce soit au niveau de l'administration ou des établissements parapublics , étant donné que l'ancien régime avait des pions partout! »
Fred, un citoyen tunisien

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 18:59
« Message de FRANCE : 25 Déc 1989 – 14 Janvier 2011 : le parallélisme de fin de règne des couples CEAUSESCU et BEN ALI
N’assistons-nous pas à un « scénario à la Roumaine » ?
Comme pour Ceausescu, ne sommes-nous pas manipulés ?
En Roumanie : les anciens dignitaires du régime communiste se sont ‘’convertis’’ dans la démocratie à ‘’l’occidentale’’ et ont été à la tête d’un complot visant uniquement à la prise du pouvoir…. Alors …PRUDENCE !

En Tunisie : Les dignitaires du parti de Ben Ali, (qui l’ont débarqué en douceur, ou l’ont contraint à l’exil, pour ‘’récupérer’’ la révolution à leur compte, et pour se débarrasser ainsi du ‘’couple présidentiel et de son clan’’, devenant trop encombrant et vorace), curieusement, sont encore là à des postes-clés. ?
Dans les deux pays le rôle de l’armée est similaire : elle ne tire pas et joue un rôle stabilisateur et protecteur.

Est-ce que sous l’apparence d’une révolution populaire ne se cache pas un coup d’état magistral, dans lequel est impliquée l’équipe de Ben Ali ?
Sommes-nous tous manipulés, … le peuple tunisien, les médias, etc …»
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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 18:54

« Oui, la Révolution n'est pas terminée!! Restons vigilants. Que vive cet espoir. En toute solidarité. Avec la TUNISIE! ».

Ratiba

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 18:45
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