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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 09:55

« Notre politique et d’essayer d’accélérer l’arrivée à un point de basculement » où le régime syrien de Bachar al-Assad est renversé, avait expliqué en mars dernier le sous-secrétaire d’Etat américain pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman.

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On a pu voir jeudi la dernière incarnation de cette politique. Les bombes dévastatrices placées dans des voitures et qui ont tué 55 personnes et fait près de 400 blessés à Damas marquent une nouvelle étape de la campagne impérialiste criminelle pour un changement de régime en Syrie.

Washington, après avoir détourné le mouvement de protestation, qui avait débuté en Syrie en mars de l’année dernière, en une tentative pour en faire un appareil pour l’installation d’un régime client à Damas, a ensuite soutenu la formation des « Amis de la Syrie », inspirée d’un groupe international similaire à celui utilisé lors de la préparation de la guerre en Libye.

Washington a déclaré que le Conseil national syrien (CNS), assortiment de politiciens islamistes issus des Frères musulmans et d’agents vieillissants en exil, originaires de diverses agences de renseignement occidentales, était le « représentant légitime » du peuple syrien. Washington a aussi soutenu la formation de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) pour perpétrer des attaques armées contre les forces de sécurité syriennes.

Les alliés les plus proches de Washington dans le monde arabe, en l’occurrence les monarchies féodales dictatoriales de l’Arabie saoudite et du Qatar, ont mis en place un fonds de 100 millions de dollars dans le but de faire figurer directement sur leur registre de personnel à rémunérer les membres de l’ASL tandis que les Etats-Unis annonçaient l’envoi d’une assistance « non létale » à ces mêmes forces, comprenant de l’équipement de communication sophistiqué, des lunettes de vision nocturne et du renseignement américain.

Rien de tout cela n’a eu le résultat souhaité. Dans la plupart des régions, l’ASL a à peine opposé un semblant de résistance à l’armée syrienne et il n’existe pas le moindre signe d’un soutien populaire de masse pour le Conseil national syrien.

Alors maintenant on en vient aux bombardements terroristes. Les explosions de jeudi à Damas ne sont que les dernières en date et les plus mortelles d’une série d’attaques à la bombe de ces quelques dernières semaines. Vendredi, le gouvernement syrien a rapporté avoir déjoué un autre attentat suicide, cette fois-ci dans la capitale commerciale d’Alep, et qui impliquait un véhicule chargé d’une tonne et demi d’explosifs.

L’objectif de cette campagne est de terroriser le peuple syrien et, avec en plus des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne, de paralyser l’économie du pays afin de créer les conditions d’une implosion sociale et politique. Dans le même temps, ceci est conçu pour prouver que l’accord de cessez-le-feu des Nations unies, négocié par l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, ne peut pas marcher.

Deux jours seulement avant les attaques de Damas, Susan Rice, ambassadrice américaine aux Nations unies, avait rejeté comme étant une « diversion » les avertissements syriens concernant des terroristes étrangers arrivant en Syrie. Elle soulignait dans le même temps que Washington restait concentré sur un changement de régime et augmenterait son assistance « non létale » à cette fin.

Comme l’a dit Rice en se référant au plan d’Annan, Washington ne « met pas tous ses oeufs dans le même panier. » Il semble à présent que certains de ces « oeufs » aient été en fait des voitures piégées.

Après le bombardement de Damas, les médias avaient initialement accordé une certaine crédibilité aux déclarations absurdes du Conseil national syrien selon lequel le régime d’Assad avait organisé l’attaque lui-même en tuant un nombre considérable de ses propres forces de sécurité.

Le Département d’Etat s’est trouvé obligé de publier une condamnation de pure forme du terrorisme, reconnaissant que des « saboteurs » avaient pu être impliqués dans l’attaque et en insistant pour dire que « la responsabilité [du bombardement] incombait fermement » à sa cible, le régime syrien.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a confirmé jeudi la « présence d’al Qaïda en Syrie » tout en réitérant que le Pentagone est chargé « de faire toutes sortes de plans en ce qui concerne d’éventuelles approches en Syrie. Et, si le président des Etats-Unis nous demande de réagir de manières particulières, nous sommes prêts à le faire. »

Selon le Washington Post, ses plans comprennent « une protection militaire des couloirs humanitaires pour aider les civils syriens ou bien une ‘zone de sécurité’ où l’opposition pourrait s’organiser, ainsi qu’une frappe aérienne contre la Syrie. »

Si des éléments d’al Qaïda sont en train de collaborer avec l’impérialisme américain pour mener une campagne terroriste en Syrie, ce ne serait pas la première fois. Abdel Hakim Belhadj, haut commandant des milices qui furent soutenues par les Etats-Unis et l’OTAN durant la guerre pour le changement de régime en Libye, avait auparavant été enlevé, restitué (« renditioned ») et torturé par la CIA en raison de son rôle joué dans le groupe terroriste islamiste.

Ces mêmes éléments libyens jouent à présent un rôle majeur dans l’armement et la formation de l’« opposition » armée soutenue par les Etats-Unis en Syrie tout comme dans l’envoi direct de combattants dans le pays.

Le cliché cynique de la guerre froide selon lequel « un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre » est loin de faire le tour du rôle des Etats-Unis en Syrie, où ces éléments remplissent les deux rôles à la fois. D’un côté, dans une campagne en vue de renverser le régime d’Assad, Washington soutient des forces liées à al Qaïda tandis que de l’autre, il planifie de recourir à leur présence dans le pays comme prétexte pour une intervention militaire américaine.

Ceci a été exprimé le plus clairement par Anne-Marie Slaughter, ancienne directrice de la prospective du département d’Etat des Etats-Unis et proche conseillère d’Obama, et qui est une ardente partisane des interventions « humanitaires » impérialistes. La radio National Public Radio l’a citée pour avoir dit que « la présence de groupes jihadistes en Syrie ne devrait pas dissuader les Etats-Unis et leurs alliés d’intervenir, » au contraire, « elle devrait les réveiller aux dangers que pourrait engendrer un conflit prolongé en Syrie. » Elle a poursuivi en avertissant qu’une « menace grave » pesait sur la Syrie, à savoir que des armes chimiques puissent tomber entre les mains d’al Qaïda.

Et donc, les prétextes qui avaient servi pour une invasion américaine en Irak sont repris sous une nouvelle forme perverse. La présence d’al Qaïda, soutenue par Washington, et l’existence supposée d’« armes de destruction massive » en Syrie doivent avoir pour riposte une intervention militaire américaine.

La campagne pour le renversement d’Assad, principal allié de Téhéran dans la région, signifie l’isolement de l’Iran qui est considérée par Washington comme le principal obstacle à sa revendication d'hégémonie dans les régions riches en pétrole et stratégiquement vitales du Golfe persique et de l’Asie centrale. Derrière tous ces prétextes concernant al Qaïda, les armes chimiques, la « démocratie » et l’humanitarisme, l’impérialisme américain est en train de planifier de nouvelles guerres d’agression qui risquent d’avoir des conséquences atroces dans tout le Moyen-Orient et au-delà.

WSWSmichelcollon

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:51

Conflit étudiant : ouverture au dialogue, mais positions bien campées

 

Tout en martelant leur position, les principaux acteurs impliqués dans le conflit étudiant se disent néanmoins tous prêts à renouer les pourparlers, qui pourraient reprendre d'ici quelques jours.

Interrogée par les journalistes mercredi après-midi, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'est montrée disposée à rencontrer les leaders étudiants rapidement, affirmant que le gouvernement avait toujours été ouvert à la discussion. « S'ils veulent venir aujourd'hui, je suis tout à fait prête », a-t-elle déclaré à sa sortie du Conseil des ministres, disant faire de ce dossier une « priorité ».

Mais si les leaders étudiants posent l'abrogation de la loi spéciale et l'application d'un moratoire sur la hausse des frais de scolarité comme conditions aux pourparlers, il ne peut pas y avoir de discussions, a cependant averti la ministre.

 

« C'est autour d'une table qu'on trouve des solutions. Il faut avoir des solutions pragmatiques [...] qui vont permettre le dénouement de cette situation. » — Michelle Courchesne

Mme Courchesne a indiqué que les discussions ne reprendraient que lorsque les trois principales associations étudiantes - la FEUQ, la FECQ et la CLASSE - auraient autre chose à proposer qu'un moratoire sur les droits de scolarité. Pas question, pour le gouvernement de renoncer à la hausse des frais.

« Je ne lâcherai pas. Je suis tenace, vous savez. [...] Les associations étudiantes savent très bien que ce n'est pas une possibilité », a-t-elle déclaré, soulignant qu'il en avait été abondamment question lors du marathon de négociations des 4 et 5 mai.

 

Le gouvernement a fait des compromis dans les dernières semaines et c'est maintenant aux étudiant à « faire leur bout de chemin », a-t-elle ajouté, se disant prête à « accueillir » les propositions des étudiants.

Oui à la négociation, non à la simple discussion, disent les leaders étudiants

Léo Bureau-Blouin de la FECQ et Martine Desjardins de la FEUQLéo Bureau-Blouin de la FECQ et Martine Desjardins de la FEUQ

 En entrevue à RDI, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a précisé que la suspension de la loi adoptée la semaine dernière n'était pas une condition à la reprise des pourparlers, pas plus que le moratoire sur les frais de scolarité. Les sujets doivent cependant être abordés à la table de négociations, a-t-elle soutenu.

 

Si la ministre est « allergique au terme moratoire, je suis prête à apporter mon dictionnaire des synonymes », a-t-elle ironisé, ne reculant pas sur le principe du moratoire.

« On veut trouver une sortie de crise, mais il faut être sérieux. Le gouvernement dit: "on est prêt à faire des compromis", mais ne recule pas sur la question des frais de scolarité », a ajouté Mme Desjardins.

Affirmant que les leaders étudiants étaient prêts à « faire leur bout de chemin », elle a à son tour invité le gouvernement à faire de même. Mme Desjardins a fermé la porte à une simple « discussion », mettant plutôt de l'avant la solution d'une « négociation ». « Il va falloir considérer toutes les avenues et ne pas dire "on ne parlera pas de moratoire". Tout doit être sur la table », a-t-elle martelé.

« Ce que les Québécois attendent de nous, ce ne sont pas juste des discussions mais des solutions. » — Léo-Bureau-Blouin, président de la FECQ

« C'est bien beau de parler, mais il faut que ce soit dans une intention de régler », a renchéri, à ses côtés, son homologue de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo-Bureau-Blouin. « Une négociation, c'est ça : chacune des parties part de sa position et on essaie de trouver des compromis », a-t-il ajouté.

Il a en outre souligné les difficultés créées par la loi spéciale, qui n'a pas mis un terme aux manifestations.

« Depuis le début - je le réitère - notre intention, c'est de régler ce conflit, de pouvoir pacifier le climat social au Québec », a-t-il ajouté.

 

Vers une nouvelle rencontre ?

 

Mme Desjardins a indiqué qu'une réunion pourrait se tenir au cours des prochains jours, peut-être même vendredi, précisant que la ministre Courchesne avait demandé à la FECQ et à la FEUQ de suggérer une date de rencontre. L'entretien pourrait se dérouler à Québec ou à Montréal, où la ministre se serait montrée ouverte à se rendre.

Après avoir contacté la FECQ mardi soir, le bureau de la ministre Courchesne avait contacté la FEUQ mercredi avant-midi. « Il ne s'agit pas négociations, il s'agit plutôt de discussions plus générales, plus préliminaires », a précisé Léo-Bureau-Blouin. « On ne peut pas parler de quoi que ce soit de très officiel ».

L'autre grande association étudiante, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), n'a pas été appelée. La ministre Courchesne dit présumer que le groupe ne veut pas négocier parce qu'il appelle à la désobéissance civile.

Les négociations entre Québec et les trois grandes associations étudiantes du Québec sont au point mort depuis le rejet, par la quasi-totalité des associations étudiantes des cégeps et des facultés universitaires, au début du mois, de l'entente de principe ratifiée par les principaux leaders étudiants, le 5 mai.

L'impasse a mené à l'adoption d'une loi spéciale qui prévoit la suspension des sessions dans les institutions touchées par des grèves étudiantes et établit de nouvelles règles pour la tenue de manifestations, règles qui sont assorties de sévères sanctions.

Les associations étudiantes prévoient contester cette loi en déposant une requête en nullité devant les tribunaux, jeudi ou vendredi.

 

L'opposition en faveur de la négociation

 

À l'Assemblée nationale, le Parti québécois est une fois plus revenu à la charge pour demander au premier ministre Jean Charest de rencontrer lui-même les étudiants.

« M. Charest n'a pas pris cinq minutes pour s'asseoir avec les étudiants, a soutenu la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois. Il est lui-même responsable de cette crise qui n'en finit plus. Sa première responsabilité, comme premier ministre, c'est d'aller s'asseoir avec les étudiants, d'ouvrir un véritable dialogue et de parler de ce qui préoccupe les étudiants, soit la hausse des droits de scolarité. »

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui appuie la hausse des droits de scolarité et la loi 78, s'est montré favorable à des négociations entre les associations étudiantes et le gouvernement du Québec.

« Est-ce que les étudiants sont d'accord pour augmenter d'un dollar les droits de scolarité? Il faut leur demander. » — François Legault

Le chef caquiste a cependant affiché son scepticisme quant aux résultats. « Il faut être deux pour négocier. Est-ce qu'il y a une volonté vraiment, du côté des étudiants, de proposer autre chose qu'un gel des droits de scolarité? », a-t-il demandé.

Le chef du parti indépendantiste Option nationale, Jean-Martin Aussant, a déposé à l'Assemblée nationale une pétition demandant au gouvernement de revenir sur sa décision de hausser les frais de scolarité. La pétition, en ligne pendant trois mois, a été signée par 53 556 personnes. Option nationale défend le principe de la gratuité scolaire.

 

La ministre de la Culture approuve la loi 78

 

À leur sortie du Conseil des ministres, plusieurs membres du Cabinet Charest se sont dits solidaires du caucus libéral dans le dossier de la loi 78. La loi « n'empêche pas les manifestations - contrairement à ce que l'on tente de véhiculer - elle les encadre », a fait valoir la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine Christine St-Pierre.

« Quand on n'est pas d'accord avec un gouvernement, on s'implique sur le plan électoral on va dans une campagne électorale, on fait valoir nos idées. Si les gens ne sont pas d'accord avec nous, avec nos positions, il y a des forums pour ça qui sont démocratiques. »— Christine St-Pierre

Il est nécessaire, dans un État de droit, que les citoyens respectent la loi, a ajouté la ministre. radio-canada

 

 

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Genèse du « printemps » et intentions

Le Québec vit en ce moment des changements sociaux. Les étudiants, en grognent contre le gouvernement libéral de Jean Charest qui augmente le frais de scolarité de 75 % sur 5 ans, sont en grève depuis la mi-février 2012.

Après huit semaines de manifestations pacifiques et un rassemblement historique de 200 000 personnes dans les rues du centre-ville de Montréal, le gouvernement ne daigne pas écouter leurs inquiétudes. Inquiétudes sur l’accessibilité aux études, mais plus largement, des questionnements sur le type de société dans laquelle toute une génération désire évoluer. Après quelques offres considérées comme « ridicules » : l'augmentation des prêts étudiants, le remboursement de la dette proportionnel au salaire et le changement de l'augmentation de 75 % sur 5 ans à 82 % sur 7, la violence entre les forces de l'ordre et les étudiants (et professeurs) augmente. Le système judiciaire intervient à coup de dizaines d'injonctions forçant le retour en classe, brimant ainsi les votes démocratiques sur lesquels la grève des étudiants s'est fondée tout en causant des affronts sur les campus entre manifestants et représentants des forces de l’ordre (Polices municipales, Sûreté du Québec, compagnies de sécurité privée sur les campus, etc.). Les manifestations publiques sont de plus en plus déclarées illégales, les arrestations sont choses courantes dans les rues de Montréal – et à tout endroit où il y a une mobilisation majeure —.

Négociations

Devenant pressante, une tentative de sortie de crise s’est manifestée par une première table de discussion entre le gouvernement et les représentants étudiants à la fin avril lors d’une trêve de 48 heures sur l’organisation de moyen de pression de la part des groupes étudiants (Fédération étudiante collégiale du Québec - FECQ, Fédération étudiante universitaire du Québec - FEUQ et la Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante - CLASSE). Ne désirant pas négocier avec le groupe le plus radical par ses demandes (la gratuité scolaire), la ministre de l’Éducation Line Beauchamp exclut de manière illégitime la CLASSE des discussions. Une annonce concernant une manifestation de perturbation avait été publiée sur une page à contributions publiques du site de la CLASSE, la ministre a alors accusé cette dernière d’en être l’organisatrice, brisant ainsi la trève. Les autres groupes étudiants, par solidarité, se sont retirés. Cette exclusion du 25 avril 2012 a déclenché une vague de manifestations nocturnes sur une base quotidienne. Ainsi, depuis cette date, au minimum une manifestation par soir s’organise.

Au début mai, lors du congrès du Parti libéral du Québec à Victoriaville, des affronts violents entre manifestants (étudiants et non-étudiants) et la Sûreté du Québec durcissent la rencontre d’urgence simultanée au congrès entre des représentants du gouvernement, les leaders étudiants et des médiateurs syndicaux. Une entente de principe est conclue, entente dans laquelle les représentants étudiants s’engageaient à présenter l’offre du gouvernement à leurs membres. L’arrogance du premier ministre et de sa ministre de l’Éducation (par quelques commentaires et courriels internes rendus publics), de même que le manque de clarté du texte de l’offre et le  manque de pouvoir réel du Conseil provisoire des universités dont le gouvernement offrait la création, sabotent, avant même le début des votes, une possibilité de conciliation.

Loi spéciale 78

 

Une semaine plus tard, après 300 000 votes de refus, la ministre de l’Éducation et vice première ministre du Québec annonce sa démission, portant maintenant à deux vices premières ministres libérales démissionnant de ses fonctions en quittant la politique en moins de neuf mois. Aussitôt retirée, une nouvelle ministre est assermentée, Michelle Courchesne. Le changement à la tête du ministère n’apporta aucun changement d’attitude de la part du gouvernement, ne serait-ce qu’un durcissement de leur position vis-à-vis du mouvement, maintenant social (catégorisé encore exclusivement comme étant étudiant), incarné par la loi 78.

Loi répressive pour les droits et libertés des citoyens québécois, limitant les possibilités de rassemblement public. Plusieurs articles de la loi soulèvent un tollé chez les politiciens (débat nocturne en chambre), groupes de défenses des droits de la personne (Amnistie internationale condamne la loi), le barreau du Québec, de même qu’au sein de la population.

Le 22 mai 2012, une manifestation pacifique est organisée en opposition à cette mesure jugée extrême du gouvernement au pouvoir. Les chiffres de la foule sont estimés à 250 000 personnes dans les rues du centre-ville de Montréal (proportionnellement plus de 2,5 millions de personnes pour la France). Cette masse a, entre autres, démontré l’absurdité de la loi 78 en étant illégale sur plusieurs points. Plus de 50 personnes ont participé sans respecter l’itinéraire remis à la police – la loi oblige tous les organisateurs à le fournir huit heures précédant l’événement —, la manifestation a eu lieu à plus de 50 mètres de trois campus différents – la loi interdit toute manifestation à moins de 50 mètres de tous les campus postsecondaires —. La police a donc déclaré la manifestation illégale, mais l’a tolérée puisqu’elle était pacifique.

Le gouvernement libéral de Jean Charest

Ce mouvement social est directement dirigé vers le gouvernement libéral de Jean Charest au pouvoir depuis neuf ans. Ce gouvernement possède à son actif une suite de scandales : la sous-traitance dans les fonds publics, les coupes des prêts et bourses ayant menés à une grève étudiante en 2005, la loi des conditions de travail dans le secteur publicla privatisation du Mont Orfordle terminal méthanier Rabaska de Lévisla mine à ciel ouvert de Malarticle scandale du processus de nomination des jugesla saga du ministre Tony Tomassi accusé de fraude et d’abus de confiance, le scandale des garderiesla loi spéciale pour les juristes et procureurs en 2011 (toujours non réglée), le scandale des gaz de schiste poussant la ministre des Ressources naturelles et de la Faune et vice première ministre du Québec Nathalie Normandeau à la démission, la saga de plus de deux ans sur la collusion et la corruption de la construction au Québec suivie par la commission Charbonneau, lePlan Nordla privatisation de l’exploration pétrolière et la découverte de pétroleappartenant désormais aux entreprises privées (4000 milliards de dollars), la centrale nucléaire Gentilly-2, et en terminant la grève étudiante de 2012, toujours en cours.

Intentions

 

Cette section a été créée dans un seul but : faire sortir des frontières du Québec le combat social dans lequel les étudiants ont plongé les citoyens. L’étranger est de plus en plus sympathisant au mouvement; le 22 mai, quelques manifestations ont eu lieu en support au mouvement québécois à New York, Paris, Lyon, et au Canada à Toronto et Vancouver. Nous voulons nous faire entendre par les médias étrangers, puisque notre combat est également, malheureusement souvent, contre nos propres médias. Plusieurs intervenants défileront, tant des acteurs du mouvement que ses observateurs, qu’ils soient étudiants, citoyens ou professeurs. Les sujets seront aussi variés que la politique, le politique, les manifestations, la justice, des portraits d’acteurs, des analyses, des comptes-rendus, ou tout ce qui touche de près comme de loin au mouvement qu’est devenu, et que deviendra, ce que l’on appelle le printemps érable. Le Québec vit une transformation, bien plus grande que l’enjeu initial de la grève estudiantine — la hausse des frais de scolarité — et les intervenants de cette section en seront les témoins pour vous.            Espérant que nos voix résonnent dans vos frontières.  

 Marc-Antoine Lévesque, candidat à la maîtrise en études cinématographiques à l’Université de Montréal. 

 Éditeur de la section « Le printemps érable »; mediapart

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:26

Affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants au Kef

 

Les forces de sécurité sont intervenues, jeudi 24 mai 2012, devant le siège du gouvernorat du Kef pour disperser les manifestants qui avaient envahi les locaux et scandé des slogans appelant au départ immédiat du gouverneur et l’octroi à la région de son droit au développement.

Pour sa part, l’armée nationale a évacué le siège du gouvernorat et éloigné le gouverneur, Abdelkader Trabelsi, pour permettre aux forces de sécurité d’intervenir contre les manifestants.

Par la suite, les forces de sécurité ont fait intensément usage de bombes à gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui se sont séparés dans les rues de la ville, en petits groupes dont certains ont lancé des pierres contre les forces de l’ordre.

Des centaines d’habitants du Kef avaient organisé, jeudi matin, un sit-in pour revendiquer le droit de la région au développement.

Les citoyens s’étaient rassemblés sur la place de la municipalité et avaient scandé des slogans appelant à la lutte contre l’exclusion et la marginalisation, dénonçant ce qu’ils ont qualifié de « mépris » qui a aidé à l’augmentation de la pauvreté et du chômage, dans la région.

Les protestataires s’étaient dirigés par la suite vers le siège du gouvernorat, coupé les fils barbelés et investi le hall de l’édifice.

Ils demandaient le départ immédiat du gouverneur, en raison de « son manque de sérieux » dans le traitement des dossiers du développement. tunisienumerique

 


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 Emploi - Chômage: Salem Ayari, le porte-voix des sans voix !

 

Las de ne pas se faire entendre, ils tentent, à La Kasbah, le sit-in du désespoir, celui de la dernière chance. Il faut tout faire pour éviter un scénario «des raisins de la colère».

 

Ils ont le sentiment d’avoir crié dans le vide, eux les sans voix, les laissés-pour-compte, sans voie au chapitre. Chômeurs de longue durée, ah!, le mauvais sort. Aujourd’hui, à leur tour, ils organisent un sit-in à La Kasbah. Ils ont l’espoir que leur revendication légitime, enfin portée à la connaissance de tous, peut être prise en mains par la communauté nationale.

 

Salah Ayari prend la tête de ce mouvement, en toute spontanéité, sans calcul. A leurs yeux, Salah Ayari est leur Spartacus. Mais peut-il les délivrer de la tare de l’exclusion, qui est la pire des injustices qu’un citoyen en âge de travailler puisse essuyer? Cette frustration est étouffante et dégradante.

 

Ils le regardent aussi comme leur Martin Luther King, mais peut-il leur redonner espoir et fierté? Ils le considèrent comme leur Robin des Bois. Mais comment pourra-t-il s’y prendre pour amener les «riches» à une forme de solidarité sans avoir à leur prendre par la force et la ruse? Dans cette perspective, faut-il laisser Salah Ayari mener le combat tout seul? Faut-il se contenter de le regarder s’escrimer, tel Dom Quichotte, dans une lutte qui pourrait ne pas être payante?

 

La collectivité nationale doit parrainer son combat. Après tout, son combat est le nôtre. Nous sommes tous concernés et l’unité nationale a été le ciment patriotique en ce jour de 14 janvier où l’on a pu déplacer des montagnes. Vous en souvenez-vous? N’est-ce pas le moment de sonner la mobilisation générale.

 

Un sommet national social, pour «l’inclusion»… Une urgence !

 

Le pays est appelé à engager une réflexion citoyenne pour que nos compatriotes «atteints de chômage», orphelins de Mohamed Bouazizi ne soient pas fauchés par la révolution. Le pays ne peut se permettre de sacrifier une génération. Ils étaient 500.000, les voilà 800.000, à l’heure actuelle. Combien seront-ils avec la nouvelle moisson universitaire, toute proche? Les planificateurs estiment qu’un point de croissance crée 20.000 emplois nouveaux. Imaginez l’ampleur des richesses dont on s’est privé. Au taux de 5%, on a perdu 40 points de croissance, c'est-à-dire les richesses de 8 ans de travail. Toute cette valeur sacrifiée et qu’on ne récupérera jamais. La force de travail est un flux. Un jour de travail, s’il n’est pas ouvré, est définitivement perdu.

 

Outre le dommage matériel national que cela provoque, il y a le malaise personnel que cela suscite en chacun de nous. Et, il est insupportable. On a envie de quitter son job pour libérer une place pour ces jeunes. Que chacun qui a goûté au CDI songe à créer une entreprise! Allons vers l’essaimage, à fond la caisse. Que chacun tente quelque chose.

 

Nous considérons qu’un sommet nation social pour débattre de ces questions doit relayer le sit-in de La Kasbah. La Tunisie est au défi de prouver qu’elle a du génie et qu’elle a généré un projet de société solidaire, partageux et généreux. On a parlé de la société de l’intelligence. Il faut y aller, sans hésiter. Les abandonner à eux-mêmes serait une façon lâche de se défausser. Pas plus qu’il ne convient d’ailleurs de traiter leurs revendications par des expédients. Nous en avons assez du provisoire qui dure. La société les a enfantés. Elle doit leur procurer un statut social. Un emploi et un revenu. Car, c’est le seul moyen de vivre. Et, nous ajouterons “dignement“.

 

L’ancien régime leur a vendu une utopie. Et, au bout du compte, ils se retrouvent victimes d’une machine à fabriquer des parias. Voici, hélas, les dommages collatéraux du projet de féodalisation de l’Etat et de mise sous coupe réglée de l’économie tunisienne voulue par “ben ali“ et consorts! Nous l’écrivons en minuscule, parce que là est sa véritable dimension.

 

Que n’a-ton glosé. J’entendais un quadra, diplômé, chômeur, avec amertume, évoquer sa situation de «mineur social» et j’en fus consterné. Ni revenu, ni maison, ni foyer. Pas de vie. Sans retraite demain. Quel lendemain pour ce citoyen? Soulager le marché de l’emploi devient un impératif national, solidaire.

 

Où trouver la solution ?

 

En continuant à centraliser la décision, on ne parviendra à faire bouger les lignes et à créer des emplois. Le moment est venu pour associer les concernés à leur propre destin. Cela peut venir via la décentralisation. C’est le moment d’y aller. Déléguer, c’est une façon de libérer les énergies et c’est une manière positive de responsabiliser les citoyens. Les régions, on l’a bien vu, dans un pays comme l’Italie, font des miracles. C’est un socle économique robuste et hautement inclusif. Il faut donner l’étincelle, sans attendre. Le moment s’y prête bien.

 

Par ailleurs, nos moyens étant limités, le concours de nos partenaires traditionnels est indispensable. Avec l’UE, nous étions partis sur l’idée d’aller tout de go vers le Statut de membre sans l’adhésion. Christine Lagarde, encore ministre des Finances, du gouvernement Fillon, avant de rejoindre le FMI, nous avait promis le Statut avancé avant l’automne 2011. Nous n’y sommes pas encore. Il faut passer au palier supérieur.

 

Il nous paraît impératif d’accéder aux fonds structurels. Ceux-là mêmes destinés au redressement des régions. L’on doit s’y employer. La révolution nous a procuré un bonus de sympathie qu’il faut exploiter à fond. Cette occasion ne se renouvellerait pas. Avec notre partenaire stratégique européen, cette possibilité nous permettrait d’avoir des fonds et des emplois. C'est-à-dire de la ressource! Notre expérience commune du co-développement a été une issue «gagnant-gagnant». Tout le monde y trouve son compte. Le projet est recevable. Il faut s’y atteler.

 

Remettre le fonds «Ajyal» à l’ordre du jour, sans attendre

 

On connaît la capacité de la fonction publique. On connaît également celle du secteur privé. Elles sont étriquées. Un troisième poumon pourrait venir de nos partenariats futurs. Mais la véritable innovation viendrait de l’encouragement des jeunes à se mettre à leur compte, en créant leur propre entreprise.

 

Dans ce sillage, la loi de finances complémentaire a comporté un choix, pour le moins, critiquable. Il pourrait se révéler préjudiciable aux jeunes inactifs. Elle se propose d’affecter les recettes des biens confisqués au développement régional. Ce choix va impulser l’infrastructure dans les régions, chose en soi porteuse de croissance. Indiscutablement. L’ennui est que cet arbitrage est partial. Ces fonds étaient destinés à alimenter le Fonds souverain «Ajyal», un vecteur de capital qui peut se renouveler perpétuellement grâce à son effet de levier et qui aurait constitué un apport intarissable, en capital. C’est une ressource inépuisable pour financer les jeunes promoteurs dont la base actuelle d’inactifs peut devenir le principal gisement. Il faut rendre à César ce qui lui était destiné. On ferait œuvre de justice envers les générations! webmanagercenter

 

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 Sit-in à la Kasbah pour l’emploi, à partir du jeudi 24 mai

 

Invité sur le plateau de Mosaïque FM, Salem Ayari, coordinateur général de l’Union des Diplômés Chômeurs (UDC), a annoncé que les militants de l’UDC entameront à partir de demain jeudi 24 mai, un nouveau sit-in à la Kasbah. Il a précisé ne pas vouloir nommer leur action de «Kasbah 4», car ce sit-in, selon lui, ne vise pas de faire chuter le gouvernement mais plutôt de faire bouger les choses en matière d’emploi.

M. Ayari a, également, précisé que l’UDC a usé de toutes les possibilités de négociation avec le gouvernement, la Constituante, sans parvenir à résoudre le grand problème du chômage, pourtant, principale revendication liée à la révolution. «Rien n’a changé» a-t-il ajouté, pointant du doigt le manque de réactivité du gouvernement face à ce problème.

Il a ajouté : «le gouvernement ne fait que promettre sans vraiment agir. Or, un gouvernement qui ne tient pas ses promesses perd sa légitimité». Pire encore, M. Ayari a évoqué des nominations au ministère de Transport, au Premier ministère, aux sièges des gouvernorats…, toutes faites en fonction de l’appartenance politique, étant des adhérents à Ennahdha, ou bien encore pour des liens de parenté avec les membres du gouvernement.

Tout en insistant sur l’aspect pacifiste du sit-in, Salem Ayari a affirmé «ne plus avoir d’autre alternative que de camper à la Kasbah pour faire bouger les choses», en rappelant également que les mouvements sociaux ont repris partout des les régions.
Il a conclu par écarter toute crainte d’intrusion ou risque de violence grâce à des mesures préventives prises lors de l’organisation de ce sit-in.  businessnews

 

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Sit-in ouvert de l'Union des Diplômés-Chômeurs à la Kasbah


 

Sit-in ouvert de l'Union des Diplômés-Chômeurs à la Kasbah

 

 

Un groupe de demandeurs d'emplois membres de l'Union des Diplômés-Chômeurs(UDC) s'est rassemblé ce jeudi 24 mai sur la place de la Kasbah (Tunis) pour entamer un sit-in ouvert de protestation.

 

Selon le témoignage d'un des sit-inneurs, l'UDC revendique la publication des résultats des concours de recrutement dans les établissements étatiques effectués en 2011, la mise en place de critères clairs (âge, année d'obtention du diplôme universitaire) pour les concours de recrutement durant l'année 2012, et la lutte contre la corruption et le népotisme qui subsistent dans l'attribution des postes d'emplois.  shemsfm

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:05

 

Pas d’enseignement de la médecine à la mosquée Zitouna!

 

 

 

Il n’y aura pas d’enseignement de la médecine à la mosquée Zitouna. Le ministère de la Santé a levé toute équivoque à ce sujet. Ouf, on avait craint le pire….

 

Le ministère de la Santé a dû se fendre d’un communiqué, mercredi, pour exprimer son rejet de l’inscription de la médecine dans le cursus d’enseignement à la mosquée Zitouna. Il répond ainsi, sans le nommer, au grand imam de la Zitouna, la grande mosquée de Tunis, Houcine Laâbidi. Ce dernier a, en effet, déclaré, le 13 mai, en marge de la cérémonie de reprise officielle de l’enseignement dans cette mosquée après 50 ans de rupture: «Les médecins (tunisiens, Ndlr) ont appris la médecine chez les Français avec les lacunes que nous connaissons, parce que les Français ne livrent jamais toutes les connaissances; ces médecins (tunisiens, Ndlr) ne savent même pas s’expliquer en arabe et livrent des ordonnances incompréhensibles. Nous voulons moraliser la médecine, nous voulons des médecins à la fois compétents et pieux qui craignent Dieu. Qu’ils enseignent leur médecine et nous enseignerons la nôtre»!

«Tout en se réjouissant de la réhabilitation de l’enseignement à la Zitouna, la grande mosquée de Tunis, qui constitue un excellent adjuvant pour le paysage religieux national en devenir», le ministère de la Santé, «rejette les propos malveillants et inappropriés, formulés à cette occasion à l’égard de la médecine conventionnelle tunisienne» et exprime son étonnement quant à l’intention d’instaurer, à la Zitouna, «une formation n’obéissant à aucune règle académique reconnue et permettant une pratique dépassant la seule diffusion de rudiments de médecine traditionnelle ou d’éducation sanitaire préventive», lit-on dans le communiqué.

Le ministère de la Santé «s’oppose avec fermeté» à un tel projet et rappelle que seule une formation académique universellement reconnue donne accès au diplôme de docteur en médecine en Tunisie, ajoute le communiqué.

Le ministère de la Santé fait part aussi de sa réprobation «de toute tentative de porter atteinte à la réputation de la médecine tunisienne, qui jouit d’une bonne réputation internationale, car issue d’une formation académique diplômante de qualité dispensée par quatre facultés de médecine, une faculté de médecine dentaire et une faculté de pharmacie au diapason des progrès de la science et respectueuse des règles déontologiques, juridiques et administratives instaurées pour l’exercice de l’art médical par les autorités ordinales, éthiques et administratives du pays».

«Le ministère de la Santé, qui appelle à la sauvegarde des acquis nationaux en la matière, émet le souhait de voir le souci et le devoir d’objectivité l’emporter sur le désir, certes légitime, de certains de vouloir traiter les imperfections du système», ajoute le ministère dans son communiqué.  kapitalis

 

 

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Ya t-il un danger salafiste dans l’enseignement ?

 

Dès la mort du Prophète, les premiers « chefs » musulmans ont commis deux erreurs fatales et les 15 siècles d’histoire des musulmans en sont les conséquences directes. 

La première est politique : ils n’ont pas appliqué le principe coranique de la « choura » qui veut que le président (car la royauté ou « califat » est anti-islamique), soit élu directement au suffrage universel par tous les musulmans.

En instaurant un système politique « imara » mais transmis par le chef de l’Etat lui-même et limité à certains compagnons, ils ont ouvert la porte aux révolutions et aux guerres fratricides pour le pouvoir. La seconde est culturelle et scientifique. Aucun « calife » ou roi ne s’est préoccupé de l’enseignement et des écoles pendant plus de 450 ans!

La première école vit le jour à l’initiative du vizir Nizam al-Mulk, ministre des Seljouqides. Jusqu’au 5ème s. H, il n’y avait aucun médecin musulman ni un hôpital. La raison en est que l’enseignement fut confiné dans les mosquées et limité à la langue et à l’enseignement dit « religieux ». Or, quand une oumma perd quatre siècles de son histoire sans créer une culture, une science et un système politique propres à elle, cette « oumma » est condamnée à sortir de l’Histoire et à mourir.

Si, aujourd’hui, on veut transformer la mosquée Zitouna elle-même et ses dépendances en école ou université, c’est qu’on veut rouler au sens contraire du roulement du train de l’Histoire. D’abord, toute mosquée n’est faite que pour la prière, c’est le Coran qui le stipule et l’ordonne. Ensuite, quel avantage y a-t-il à étudier dans une mosquée ? Enfin, pourquoi ne pas enseigner ce que l’on veut diffuser dans la mosquée Zitouna dans un établissement scolaire comme les autres ?

Si cette initiative aberrante est juste une « revanche » de Bourguiba francisé laïc, elle n’en est pas une.

Si c’est une « contre-offensive » envers les laïcs francisés de Tunisie et surtout de la faculté de la Mannouba, elle est stupide.

Si c’est une « avancée » du fondamentalisme hadihtiste idéologique, elle est vouée à l’échec.

La Tunisie dans toute son histoire a « dégagé » et vomi les endoctrinés idéologiques aussi bien hadhistes que laïcs. Si elle a refusé et dégagé « l’imam » Suhnoon, lui-même puis Bourguiba et Ben Ali et leurs acolytes, elle n’acceptera jamais un « tahryr ». Ce soi-disant « salafisme » n’est qu’une « mode » et s’évaporera tout seul. Le vrai danger pour le pays, aujourd’hui, est ailleurs. directinfo

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 06:36

Mise à jour 

Militaire contre « Frère », le choc redouté du second tour de la présidentielle égyptienne

 

Ce sera donc le "Frère" contre le militaire. Le second tour de la présidentielle égyptienne se jouera entre Mohammed Morsi, le candidat du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la façade politique des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, dernier premier ministre d'Hosni Moubarak et ancien général à la retraite. Prévu les 16 et 17 juin, ce deuxième tour s'annonce explosif : il va mettre aux prises les deux principales forces du pays de ces cinquante dernières années, les Frères musulmans et l'armée.

Les résultats officiels du premier tour ne sont pas attendus avant mardi. Mais voici, en nombre de voix et en pourcentage (sur une vingtaine de millions de suffrages exprimés puisque la participation a été de 50 %), l'ordre d'arrivée et le poids des principaux candidats. Attention, ces chiffres, compilés par nos soins de différentes sources n'ont rien de définitif :


- Mohammed Morsi : 5,5 millions de voix (27,5 %)

- Ahmed Chafik : 5,2 millions (26 %)

- Hamdin Sabahi : 4,7 millions (23,5 %)

- Abdel Moneim Aboul Foutouh : 3,9 millions (19,5 %)

- Amr Moussa : plus de 2 millions (plus de 10 %)

 

Le pire scénario


Pour beaucoup d'Egyptiens, le duel Morsi-Chafik est le pire possible : ils vont devoir choisir entre le partisan affiché d'un Etat islamique et le tenant sans complexe d'un retour à l'ordre ancien. Ahmed Khaïry, porte-parole du Parti des Egyptiens libres, résume cette confrontation à "un affrontement entre un islamo-fasciste et un militaro-fasciste".

 

La campagne, qui s'est jusqu'à présent déroulée sans incident, pourrait prendre un tour nettement plus conflictuel durant les trois semaines qui séparent du second tour. D'autant que le 2 juin est attendu le verdict dans le procès d'Hosni Moubarak, détenu dans un hôpital. Le parquet a requis la peine de mort, le jugeant personnellement responsable des tirs ayant provoqué la mort de près d'un millier de manifestants entre le 25 janvier et le 11 février 2011, jour de sa démission.

Handicaps surmontés

 

Ces résultats constituent une relative surprise au vu de la campagne et, surtout, des sondages. Chafik comme Morsi sont entrés dans la course quelques heures seulement avant la clôture des candidatures. Ils sont également entrés en campagne avec de gros handicaps : pour Ahmed Chafik, son image de "contre-révolutionnaire" et notamment sa nomination en pleine révolution par un raïs quasi déchu, deux jours seulement avant la fameuse bataille des chameaux ; du côté de Mohammed Morsi, son statut de remplaçant de Khaïrat Al-Chater, l'homme fort de la confrérie dont la candidature a été invalidée, ainsi que le piètre bilan des députés Frères musulmans depuis leur entrée au Parlement en janvier.

 

Une envie de positions tranchées

 

Chafik et Morsi ont tous deux largement contredit les sondages et les commentateurs, probablement parce qu'ils incarnent tous deux le mieux l'aspiration à l'ordre de la société égyptienne, un ordre religieux et social dans le cas des Frères et un ordre sécuritaire et économique dans celui du candidat de l'armée. La redoutable machine électorale des Frères musulmans a finalement eu raison du dissident Abdel Moneim Aboul Foutouh, qui tentait de concilier libéraux et islamistes, révolutionnaires et traditionalistes. Cette machine "frériste" a encore fait ses preuves vendredi en donnant avant même les autorités les résultats bureau de vote par bureau de vote. Quant à Ahmed Chafik, les électeurs l'ont préféré à Amr Moussa, probablement pour son passé militaire et sa réputation d'homme à poigne, tandis que le secrétaire général de la Ligue arabe et ex-ministre des affaires étrangères est resté trop flou, tentant de faire convaincre qu'il avait un pied dans la révolution et un pied dehors. Son effondrement est une surprise. Les électeurs égyptiens ont opté pour des discours clairs et tranchés.

 

La surprise Sabahi

 

C'est également le cas de l'autre grande surprise de ce premier tour : Hamdin Sabahi, qui arrive troisième et a même menacé un temps la deuxième place d'Ahmed Chafik. Issu de la gauche nassérienne, cet opposant historique inconnu du grand public il y a un an est arrivé en tête dans les grandes villes, qui ont été en pointe durant la révolution, au Caire et à Alexandrie. Il mène également dans les villes industrielles de Suez, à Port-Saïd, à Mehalla Al-Kobra, Damanhour. En revanche, sa faiblesse en Haute et Moyenne-Egypte constitue un handicap trop important. Reste à savoir si le ressort du vote Sabahi est plutôt social ou nationaliste. La question est importante en vue du second tour.

 

Reports et désistements

 

Ceux qui ne veulent à aucun prix de l'Etat islamique promis par les Frères musulmans se rallieront-ils à un homme qui brocardait les manifestants de la place Tahrir en pleine révolution en proposant de leur "distribuer des bonbons" ?

D'ores et déjà, les Frères musulmans ont cherché à gagner le vote des pro-révolution, qui s'est porté essentiellement sur le nassérien Sabahi mais aussi sur l'islamiste indépendant Aboul Foutouh, arrivé quatrième. Ce dernier a annoncé vendredi soir qu'il allait"commencer immédiatement un dialogue et des réunions avec toutes les forces nationales afin de rassembler nos efforts et nos votes et nous opposer au régime corrompu", une allusion transparente à Ahmed Chafik. La position de Sabahi, que son passé nassérien rend moins critique envers l'armée, risque d'être plus difficile.

 

Les trois semaines d'attente jusqu'au second tour s'annoncent passionnantes et mouvementées.

Christophe Ayad;  lemonde


 

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L’islamiste Morsi en tête devant Chafik, dernier Premier ministre de Moubarak


 

Selon des résultats quasi définitifs (97 % des bureaux de vote) mais non officiels, le second tour de la présidentielle égyptienne se dirige vers un duel entre Mohammed Morsi, le candidat des Frères musulmans, arrivé en tête, et le favori de l'armée Ahmed Chafik. Les islamistes salafistes et la gauche seraient distancés.

 

L'islamiste Mohammed Morsi en tête à l'issue du premier tour de la présidentielle égyptienne © Reuters Asmaa Waguih

 Ces résultats non officiels portant sur le dépouillement dans 12.800 des 13.100 bureaux de vote sont communiqués par l'un des responsables des Frères musulmans. A l'issue des deux jours de scrutin, Admed Morsi (confrérie islamiste des Frères musulmans) arriverait en tête avec près de 25 % des suffrages, devant le candidat favori de l'armée et dernier Premier ministre de Moubarak, Ahmed Chafik, 2 %.
Derrière eux, le dissdent de la confrérie Abdel Moneim Aboul Fotouh obtiendrait 20 % des voix, et le candidat de la gauche Hamdeen Sabahi 19 %.

Les résultats officiels du premier tour de la première présidentielle libre en Egypte doivent être proclamés la semaine prochaine. Le second tour se tiendra les 16 et 17 juin prochains.

Cette présidentielle égyptienne permettra de désigner le successeur d'Hosni Moubarak, renversé le 11 février 2011, parmi 12 candidats islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la révolution ou anciens responsables du régime Moubarak.   franceinfo   

 

 

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Selon El Jazeera !

Après 56 % des résultats de la présidentielle, le candidat des frères musulmans, Mohamed_Morsi vient en premier rang suivi du dernier Premier ministre de Moubarak,  Ahmed_Chafik , avec une différence de 600 000 voix.

Abdel_Moneim_Aboul_Fotouh, ex-frériste ne vient qu’en troisième… Surprise !

Un deuxième tour est nécessaire .....


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Les Frères musulmans crient victoire

Les Frères musulmans ont affirmé vendredi que leur candidat Mohamed Morsi arrivait en tête des premiers résultats du premier tour de l'élection présidentielle en Egypte qui doit désigner le successeur d'Hosni Moubarak, renversé le 11 février 2011.

Alors que le décompte de la première élection présidentielle libre a commencé, la confrérie musulmane, qui base ses estimations sur un petit échantillon de résultats, a indiqué que Mohamed Morsi faisait la course en tête devant les onze autres candidats à la magistrature suprême.  europe1.

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 05:02

Loi-de-finances-complémentaire 2012

 

      

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Standard and Poor's relègue la note en catégorie spéculative


L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé mercredi avoir abaissé de deux crans la note de la dette à long terme de la Tunisie à BB, reléguant ainsi le pays dans la catégorie des emprunteurs spéculatifs, selon un communiqué.

La note est désormais assortie d'une perspective stable, ce qui signifie que l'agence ne compte pas la modifier pour l'heure. SP estime notamment que le gouvernement de transition, en place depuis décembre 2011, n'est pas en mesure de redresser suffisamment l'économie.

L'agence de notation avait précédemment abaissé la perspective de la note à négative, contre stable en juillet 2011, soit avant les premières élections dans le pays après la chute de Ben Ali en janvier de la même année.

Malgré une phase de stabilité et de consensus depuis le départ du président Ben Ali en janvier 2011, nous pensons que les incertitudes vont persister quant à la politique menée à moyen terme, écrit SP.

Ces incertitudes pourraient peut-être en partie être levées si la Tunisie adopte une nouvelle constitution et élit un gouvernement, pour l'agence, qui ne s'attend pas à une telle initiative avant la mi-2013.

Les prochaines élections générales sont prévues théoriquement entre mars et juin 2013 en Tunisie. L'Assemblée nationale constituante en place actuellement doit d'abord rédiger la future constitution, une tâche qui avance très lentement.

Ce pays a toujours été crédible pour rembourser et a toujours honoré ses engagements. Je pense que cela n'aura pas de répercussions pour les partenaires qui travaillent régulièrement avec la Tunisie, a réagi Moez Abidi, membre du Conseil d'Administration de la Banque centrale tunisienne.

Ce responsable a précisé que la Tunisie comptait davantage sur les prêts bilatéraux et multilatéraux pour se financer que sur les marchés financiers.

La part du marché dans la dette totale est d'environ un tiers, ça reste minime, a-t-il souligné. 
romandie

 

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      Standard and Poor's ?

 

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«Le gouvernement tunisien n’est pas en mesure de redresser l’économie», estime S&P

 

 

La Tunisie vient d’être reléguée parmi les pays incapables d’honorer leurs dettes, une première depuis la difficile période du milieu des années 1980. Et un camouflet pour le gouvernement Jebali.

Les économistes et experts financiers tunisiens s’y attendaient un peu et retenaient leur souffle. Maintenant c’est fait : le pire est arrivé. Ce qui va compliquer davantage la tâche du gouvernement qui compte sur des financements extérieurs pour relancer l’économie, améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et créer des emplois pour les chômeurs.

En attendant les notes des autres agences de notations, qui ne devront pas tarder, c’est l’agence Standard  & Poor’s qui a tiré la première, en abaissant la note souveraine de la Tunisie de deux crans.

La  note de la dette à long terme de notre pays a été ramenée à BB, ce qui veut dire que la Tunisie est classée dans la catégorie des pays emprunteurs spéculatifs, comme l’explique un communiqué de l’agence diffusé mercredi après-midi.

Cependant, la note est assortie d’une «perspective stable», ce qui signifie que l’agence ne compte pas la modifier pour l’heure. S&P estime néanmoins que «le gouvernement de transition, en place depuis décembre 2011, n’est pas en mesure de redresser suffisamment l’économie».

L’abaissement de la note souveraine de la Tunisie veut dire que la sortie de la Tunisie sur les marchés financiers internationaux, dans l’objectif de mobiliser des crédits, devient plus difficile et encore plus coûteuse, étant donné que les taux d’intérêts vont être plus importants.

La note de la Tunisie a été abaissée à deux reprises en 2011, par l’agence Fitch, à BBB+, avec perspective stable, puis à BBB-, avec perspective négative. L’actuel abaissement, selon l’agence de notation, est dû essentiellement à l’incapacité du gouvernement actuel à remédier aux multiples problèmes existant, sans pour autant indiquer que le climat social et celui d’affaires ont leur rôle à jouer.

Cette nouvelle baisse de la note souveraine de la Tunisie devrait décourager les prêteurs et les bailleurs de fonds, désormais incertains de la capacité du pays à honorer ses engagements et à payer ses dettes, sans oublier l’effet néfaste qu’aura cet abaissement sur le comportement des investisseurs, réticents à leur tour depuis un moment.

Par Aya Chedi; kapitalis

 

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Les États-Unis multiplient les aides au développement de la Tunisie

 

 

De l'appui au budget au financement de projets sociaux, les Etats-Unis multiplient leur soutien à la Tunisie pour l'aider à réussir sa transition démocratique et à surmonter les difficultés qu'elle traverse après le soulèvement populaire qui a fait chuter il y a plus d'un an le régime de l'ancien président Zine el Abidine ben Ali, réfugié depuis en Arabie Saoudite.

La dernière en date est le financement par le gouvernement américain d'un projet d'extension de l'hôpital d'El Faouar dans le sud tunisien pour un montant de 575.000 dollars, selon un communiqué de l'ambassade des Etats-Unis à Tunis transmis à l'Associated Press.

Le démarrage du chantier a été donné mardi par l'ambassadeur Gordon Gray qui a également fait don d'une ambulance pour répondre aux besoins de transport d'urgence de l'hôpital.

Selon le communiqué, l'enveloppe globale octroyée par les Etats-Unis aux projets de réhabilitation des infrastructures hospitalières du sud de la Tunisie s'élève à près de 2,4 millions de dollars pris en charge par le Programme d'assistance humanitaire.

Auparavant, une aide de l'ordre 200 000 dollars avait été fournie par M. Gray à l'association "Nadi Al Bassar" (Club de la vue) destinée à la construction et la réhabilitation du centre de malvoyants à Sidi Bouzid, une région démunie du centre-ouest tunisien d'où est partie l'étincelle de "la révolution du jasmin". tempsreel.nouvelobs

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:23

Le vote a commencé en Égypte

Des Egyptiennes font la queue devant un bureau de vote du Caire, devant lequel un policier monte la garde, le 23 mai 2012.

Des Egyptiennes font la queue devant un bureau de vote du Caire, devant lequel un policier monte la garde, le 23 mai 2012. (Photo Amr Dalsh. Reuters)

 

Les bureaux de vote ont ouvert mercredi à 8 heures (heure locale et française) en Egypte pour la première élection présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak il y a 15 mois, selon des correspondants de l’AFP sur place.

Des files d'électeurs se sont formées devant plusieurs bureaux de vote au Caire avant leur ouverture. Ils doivent fermer leurs portes à 20 heures.

Le premier tour de ce scrutin se déroulera mercredi et jeudi. Un second tour est prévu les 16 et 17 juin faute d’une majorité absolue en faveur de l’un des douze candidats en lice à l’issue du premier.

Les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le dernier Premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafiq, l’ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

Le résultat du scrutin reste très incertain, en raison du grand nombre d’indécis et de la liberté de choix inédite qui s’offre aux électeurs.

«C’est un jour merveilleux pour l’Egypte. Si seulement ma mère et ma grand-mère étaient là pour voir ce jour et voter avec moi...», a déclaré Nehmedo Abdel Hadi, 46 ans, qui votait à l'école Omar Makram dans le quartier de Choubra dans le nord-est du Caire. «Quel que que soit le résultat, nous l’accepterons», a-t-elle dit.

Le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak a appelé les Egyptiens à voter en masse, promettant un scrutin «100% transparent» et mettant en garde contre toute «violation».

Ce Conseil, très critiqué pour sa gestion de la période de transition émaillée de protestations et de violences, s’est engagé à remettre le pouvoir au nouveau président avant la fin juin. liberation

 

 

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Quel président pour l'Egypte ?

 

Un islamiste ? Un membre de l’ancien régime ? Les Egyptiens élisent aujourd'hui leur président. 

Un mur couvert d'affiches de campagne au Caire (Hasan Jamali/AP/SIPA)

 

Il semble loin le temps où les manifestants de la place Tahrir chantaient la démocratie, la liberté et la justice sociale. Près d’un an et demi après la révolution égyptienne, le premier tour de l’élection présidentielle, les 23 et 24 mai, est placé sous le signe du désenchantement et du conservatisme politique ou social.

Si, pour la première fois, le scrutin devrait être démocratique et porter un civil au pouvoir, tout laisse à penser que le prochain président de l'Egypte sera soit un membre de l'ancien régime soit un islamiste. Rien n'indique, en revanche, quelle sera sa marge de manœuvre : faute de consensus politique, le pays vit toujours sans Constitution, et les prérogatives présidentielles restent indéfinies. Les Egyptiens ne savent donc pas encore s'ils vont élire un homme fort ou un président fantoche.

Un "ex" du régime Moubarak favori

Crédité de 20 à 40% des intentions de vote dans les sondages, celui qui fut secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, 75 ans, est donné favori. Mais avant d'être ce diplomate consensuel apprécié de la communauté internationale, l'homme a été pendant dix ans le fidèle ministre des Affaires étrangères de Hosni Moubarak.

Et, s'il a clairement pris ses distances avec cette époque (1991-2001), nombreux sont ceux qui le soupçonnent de maintenir des liens avec les anciens du Parti national démocratique (PND), de l'ex-président, et d'être en sous-main l'homme des militaires, celui qui défendra au mieux leurs intérêts économiques, une fois que le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) aura quitté le pouvoir.

Un dissident des Frères musulmans pour challenger

Face à lui, Abdel Moneim Aboul Foutouh fait figure de challenger. Ce dissident des Frères musulmans, connu pour ses positions libérales, son engagement révolutionnaire et sa critique sans relâche de l'armée au pouvoir, a réussi sa campagne. Au point d'éclipser le candidat de la confrérie, l'austère Mohamed Morsi, qui aura sans doute du mal à atteindre le second tour malgré l'assise territoriale des Frères.

Plusieurs membres de la confrérie se sont ralliés à Aboul Foutouh au cours de la campagne. Son pari est audacieux : rassembler toutes les forces révolutionnaires, des libéraux aux salafistes. Ces derniers lui ont publiquement apporté leur soutien. Sauf que le grand écart idéologique semble difficile à tenir : au fil de la campagne, le discours de l'islamiste modéré, parfois décrit comme "l’Erdogan égyptien", en référence au Premier ministre turc, n'a cessé de se durcir au point de lui aliéner certains libéraux.

Vendredi, au Caire, pour son dernier meeting, Aboul Foutouh a réuni sur une même tribune Wael Ghonim et Nader Bakkar. Le premier, cadre chez Google, est considéré comme l'un des initiateurs de la révolution égyptienne pour avoir créé la page Facebook où a été lancé l'appel à la grande manifestation du 25 janvier 2011.

Le deuxième est le jeune et dynamique porte-parole du parti salafiste Al-Nour, fondé au lendemain de la révolution. Au sein d'une coalition islamiste, Al-Nour a réuni près de 25% des voix aux législatives de cet hiver et s'est imposé comme une des forces majeures de la scène politique égyptienne.

Pourquoi les salafistes ont-ils opté pour l'islamiste modéré plutôt que pour le candidat des Frères, plus conservateur ? Nader Bakkar évoque l’idée d’un "consensus national avec des exigences minimales du point de vue de l'islamisme". Mais le calcul politique n'est pas étranger à ce choix des salafistes, qui trouvent là une nouvelle occasion d'affaiblir les Frères musulmans et de prouver que ceux-ci n'ont pas l'apanage de l'islamisme.

La surprise Ahmed Chafik ?

Troisième homme et possible surprise de cette élection, Ahmed Chafik, qui ne cesse de grimper dans les études d'opinion. Cet ancien de l'ère Moubarak a été général avant de devenir ministre de l'Aviation, puis éphémère Premier ministre du raïs. Poursuivi pour corruption, bête noire des révolutionnaires, il est néanmoins très apprécié chez les coptes, qui redoutent une victoire islamiste.

Les révolutionnaires en ordre dispersé

Quant aux révolutionnaires, c'est en ordre dispersé qu'ils abordent ce premier tour. Des quatre candidats en lice, le nassérien Hamdine Sabahi est le mieux placé mais ne devrait pas dépasser 10%. Ibrahim, la petite trentaine, reste néanmoins convaincu que l'avenir joue pour eux, qui ont jusque-là refusé tout compromis avec les islamistes et les militaires. Eux qui, désormais conscients de n’être qu'une élite marginale, viennent de créer un parti autour du diplomate Mohamed ElBaradei. "La révolution française a mis un siècle pour triompher, on ne peut pas tout changer en un an", sourit Ibrahim, qui sait déjà qu'il s'abstiendra le 16 juin pour le second tour.

Marwan Chahine; tempsreel.nouvelobs

 

 

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Un futur président sans constitution

 

Les Egyptiens sont appelés à voter mercredi et jeudi pour élire leur nouveau président, une première depuis la chute de l’ancien régime. Le Conseil supérieur des forces armées, actuellement aux rênes de l’exécutif, affirme partager avec la population égyptienne la volonté de mettre en place un gouvernement pérenne, mais sans constitution, l’incertitude reste entière. 
« C’est une situation extraordinaire » analyse Assia Boutaleb, maître de conférence en sciences politiques spécialisée sur le processus de légitimation dans le monde arabe. « Un président va être élu sans que l’on sache quels pouvoirs il va obtenir ». Ce décalage entre le temps électoral et le temps institutionnel est porteur d’« incertitudes énormes » sur l’avenir politique égyptien.   

Pour l’instant, c’est le conseil supérieur des forces armées, le CSFA, qui est aux commandes de l’exécutif. L’un de ses membres, le général Mohammed al-Assar, promettait début mai d’« assurer des élections 100 % honnêtes », et de se retirer dès le premier tour si un candidat l’emportait à la majorité absolue. Mais Assia Boutaleb reste septique, « le rôle futur de l’armée est une grande inconnue. Depuis 1952, elle ne s’est jamais retirée de la gestion du pays et à l’avenir, elle restera une force déterminante, ne serait-ce que dans la préservation de ses rôles économique et diplomatique ». 
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Mais le rôle de l’armée n’est pas forcément négatif. Pour Albert Tanios, président de l’association copte « pour la fondation France-Egypte » c’est elle qui maintient une certaine stabilité dans le pays.« L’armée doit rester, si elle s’en va, qui va tenir ? » s’interroge-t-il. Pour Albert Tanios, le Parlement issu des législatives de décembre dernier qui avaient donné les Frères musulmans grands vainqueurs n’a aucune légitimité. « Les Frères musulmans ont été élus parce qu’ils ont distribué de l’huile et du sucre à l’entrée des bureaux de vote ». Pour lui, « le Parlement égyptien a été bafoué, il y a eu énormément de tricheries et il ne représente pas tout le monde, ce qui doit être normalement le rôle du Parlement. » 

 
Retrouver une "routinisation du travail politique" 

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, en février 2011, l’armée assure donc l’intérim du pouvoir a grand renforts de décrets, y compris pour l’établissement d’un code électoral. « Tout se fait au coup par coup, sans vision d’ensemble » décrit Assia Boutaleb, « les règles ne sont pas écrites, et tout le monde fait l’apprentissage du code électoral, au rythme de décrets ad-hoc ». A l’image des élections législatives, qui s’étaient déroulées en trois étapes sur deux mois, le premier tour de l’élection présidentielle va durer deux jours, tout comme le premier tour, les 16 et 17 juin. « Les grandes règles démocratiques ont été adaptées à la sauce égyptienne, explique la spécialiste, c’est à dire que le vote doit être supervisé par des juges. Ceux-là ne sont pas assez nombreux, c’est pour ça que les élections sont aussi longues ». 

C’est justement pour sortir de cette période de flou, marquée par des bricolages législatifs, que les égyptiens sont mobilisés. « Il y a un réel élan démocratique car le peuple égyptien souhaite le retour d’une "routinisation" du travail politique, les élections ont été très, très demandées. » affirme Assia Boutaleb. 
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Sur les treize candidats validés par la commission électorale égyptienne, tous ont à cœur le redressement du pays. Quatre personnalités se détachent du lot. Il y a d’abord les deux candidats qui se sont affrontés jeudi 10 mai dans un débat télévisé à l’américaine. L’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh faisait face à l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa. Abdel Moneim Aboul Foutouh a commencé très tôt sa campagne, il faisait partie des Frères musulmans qui à l’époque ne souhaitaient pas présenter de candidat en leur nom, c’est donc leur candidat « dissident » contrairement à Mohammed Morsi, leur candidat officiel, sous la bannière du parti « justice et liberté ». 

Amr Moussa, lui, est un ancien ministre d’Hosni Moubarak, mais la distance qu’il a prise très tôt avec le régime ainsi que son expérience à la tête de la ligue arabe ont estompé son appartenance au régime. D’autant plus qu’un autre candidat, Ahmad Chafia, le dernier Premier ministre d’Hosni Moubarak, « est véritablement identifié à l’ancien régime, il focalise cette appartenance et Amr Moussa n’apparaît pas comme le candidat de l’ancien régime » explique Assia Boutaleb. 

D’autres candidats ont mené une campagne active mais avec beaucoup moins de moyens. Ils espèrent créer la surprise, en particulier le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, ou encore l’islamiste Salim al-Awa ou le militant des droits sociaux Khaled Ali. 
Zoom:
La Révolution,"on nous l'a volée"  

Mais Albert Tanios reste sceptique sur cette offre démocratique. En tant que ressortissant étranger, il a déjà voté à l’ambassade à Paris, « j’ai voté d’abord parce que c’est un devoir, et ensuite, parce qu’il y a une lueur d’espoir. Mais je ne peux pas m’emballer en disant que c’est la vrai démocratie ». Albert Tanios pose un constat dramatique sur la situation égyptienne : « La Révolution a été avortée, massacrée. On nous l’a volée. » 

par Anna Ravix; tv5

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Aboul Fotouh, Dr Mystère au chevet de l'Égypte


Aboul Fotouh, Dr Mystère au chevet de l'Egypte
Au Caire, le 18 mai, Abdel Moneim Aboul Fotouh harangue la foule de ses adeptes devant un écran géant. A 60 ans, ce franc-tireur islamiste tente de séduire tous azimuts en vue de l'élection présidentielle en Egypte.

 

 

 

Candidat à la présidentielle des 23 et 24 mai, l'ex-médecin Aboul Fotouh croit détenir le remède miracle pour unir ses compatriotes, des salafistes aux libéraux. Qu'il y parvienne ou pas, ce Frère musulman en rupture de ban aura bousculé le paysage politique. 

 

Quand, dans le crépitement des feux de Bengale, il déboule à la nuit tombée sur la scène, face à une houle de drapeaux orange, Abdel Moneim Aboul Fotouh tombe la veste et desserre, le temps d'un salut à la foule, l'étreinte de sa cravate écarlate. Haute stature, cheveux blancs, barbe courte, lunettes fines et voix de baryton : en ce vendredi 18 mai, à cinq jours d'une élection présidentielle pluraliste - aventure inédite pour le pays le plus peuplé du monde arabe -, cet islamiste assagi aux allures de grand-oncle bienveillant fait escale au coeur du Caire.

 

S'il figure parmi les favoris, le médecin à la retraite, dissident de la puissante confrérie des Frères musulmans, reste à l'image de l'issue du scrutin : une énigme. Quinze mois après la débâcle de Hosni Moubarak, pharaon à bout de souffle, le discours mesuré et consensuel du Dr Aboul Fotouh, 60 ans, intrigue et séduit tous azimuts. Dans les rangs de ses disciples, le salafiste, adepte d'un islam rigoriste, coudoie le jeune insurgé laïque et branché de la place Tahrir, épicentre endeuillé de la révolution.


 A l'entrée d'un pont qui enjambe le Nil, au Caire, les partisans d'Aboul Fotouh rallient en cortège le théâtre de son grand meeting final, le 18 mai.

A l'entrée d'un pont qui enjambe le Nil, au Caire, les partisans d'Aboul Fotouh rallient en cortège le théâtre de son grand meeting final, le 18 mai.


Un interminable festival d'allégeances

 

Burqa, Gomina et pashmina. Côte à côte, au pied de l'estrade, vibrent à l'unisson une "soeur" drapée de noir de pied en cap et une beauté à la crinière auburn fardée comme une starlette. Le casting des orateurs et des invités alignés sur le podium dessine l'envers de la même médaille. Au fil d'un interminable festival d'allégeances, on verra défiler au micro un cheikh de la Gamaa Islamiya, mouvance islamiste radicale, un notable chrétien copte, un acteur fameux, un cinéaste, un chanteur adulé, la politologue féministe et marxisante Rabab al-Mahdi, prof à Yale et à l'université américaine du Caire, une ancienne icône du football égyptien et le cybermilitant Waël Ghonim, pionnier local de la rébellion 2.0. Avant cela, l'auditoire eut droit, par l'entremise d'un écran géant, à l'ode assourdissante et syncopée d'un rappeur à bonnet. 

 

 

Qu'il paraît loin, le temps où le jeune Abdel Moneim, alors carabin et chef de file de l'Union des étudiants islamiques, priait le guide suprême des "Frères" de proscrire la musique et le football, dérivatifs au mieux futiles, au pire sataniques...

A cette époque-là - les années 1970 -, le méritocrate bosseur menait la chasse aux impies, imposant la ségrégation hommes-femmes dans les amphis de la faculté de médecine, le port de la barbe aux uns et celui du hidjab aux autres. Issu d'une famille pieuse et démunie, élevé dans le culte des valeurs ancestrales de la vraie foi par un père modeste fonctionnaire et une mère illettrée, le leader en herbe faisait aussi le coup de poing sur les campus contre les gauchistes ou les nassériens, coupables de railler le Prophète et ses bigots.

L'heure de gloire sonne en février 1977 à la faveur d'une passe d'armes publique avec Anouar el-Sadate. Interloqué puis furieux, le successeur de Gamal Abdel Nasser doit subir la diatribe de cet insolent barbu qui lui reproche d'avoir bâillonné un imam révéré et de s'être entouré d'une bande de flagorneurs et d'hypocrites. 

 

Dans un ouvrage paru en janvier 2011 sous la plume de Hossam Tamam, universitaire décédé entre-temps, le "doktor" porte sur ses engagements passés un regard nostalgique mais lucide, quitte à ironiser sur les outrances et les errements tactiques qui l'ont jalonné. On y découvre comment Abdel Moneim tempéra son jusqu'au-boutisme au contact des figures de proue de la mouvance "frériste", soignées dans l'hôpital où il accomplissait son internat. Celui qui rejoindra la confrérie en 1975 évoque ensuite ses nombreux séjours en prison, sous Sadate comme sous Moubarak, pour appartenance à une organisation interdite ou atteinte à la sûreté de l'Etat.

 

C'est d'ailleurs derrière les barreaux qu'il croise cet autre médecin égyptien nommé Ayman al-Zawahiri, successeur d'Oussama ben Laden à la tête d'Al-Qaïda. Au détour de ce témoignage, le cofondateur de la Gamaa Islamiya relate aussi le schisme survenu à l'orée de la décennie 1980, prélude à la dérive armée d'une faction fanatisée. Un épisode que l'intéressé invoque dès qu'on lui fait grief d'avoir milité au sein d'un mouvement terroriste. 

 

 

Pour élargir son audience, Aboul Fotouh se devait d'ajouter au vécu carcéral et au brevet de piété religieuse deux atouts : la légitimité révolutionnaire et l'ouverture d'esprit. A la différence des felouls ("résidus") de l'ancien régime, tels l'ancien ministre des Affaires étrangères puis patron de la Ligue arabe Amr Moussa ou l'ex-général Ahmed Chafiq, ultime chef de gouvernement de l'ère Moubarak, lui peut se prévaloir d'avoir arpenté, dès le 25 janvier 2011, une place Tahrir en ébullition et d'y avoir planté, fort de son aura de président de l'Union des médecins égyptiens, des hôpitaux de toile. L'argument de la modération se révèle d'un maniement plus délicat, notamment depuis le ralliement de maints capitaines de la flottille salafiste, trop heureux de saper ainsi l'assise des Frères musulmans, rivaux en islamisme. 

Nul doute pourtant que c'est bien le réformisme d'Aboul Fotouh, un temps pressenti au fauteuil de guide de la confrérie, qui lui vaudra une disgrâce sans retour. Evincé du Bureau de la guidance - le comité exécutif de la confrérie - en décembre 2009, au détour d'une purge déclenchée par les gar- diens du dogme, il se voit exclu à l'été 2011, peu après l'annonce de sa candidature. Ce qui n'empêchera pas ses ex-compagnons, maîtres d'un Parlement sans réel pouvoir, de lancer dans l'arène Mohamed Morsi, apparatchik falot, reniant ainsi leur serment de ne pas briguer la présidence. Une certitude : le franc-tireur entraîne dans son sillage une cohorte de jeunes cadres en rupture de ban et garde d'influents alliés au sein de la galaxie "FM". En revanche, son entourage confesse l'inquiétude que lui inspirent deux écueils : le manque d'argent et les carences logistiques, patentes dans l'Egypte profonde, où perdurent la prééminence des loyautés tribales et l'influence des potentats locaux. Même affaiblis, les Frères peuvent à l'inverse miser sur un robuste enracinement social et caritatif comme sur leur savoir-faire en matière de mobilisation militante. 

 

"Promouvoir l'islam par la persuasion"

 

Maryam, elle, n'est nullement effleurée par le doute. Volontaire et "photographe officielle" au sein de l'équipe de campagne du sexagénaire, l'étudiante en communication de masse lui voue une confiance aveugle. "Jamais il ne sera l'otage de salafistes, auxquels rien n'a été promis, tranche cette jeune mariée coquette.

Mais pourquoi refuser les suffrages de ceux qui viennent de rafler près d'un quart des sièges aux législatives ? Je lui ai moi-même demandé si nous serions obligées de porter le voile, et il m'a répondu que non. Aboul Fotouh a pour dessein de promouvoir l'islam, mais par la persuasion, pas par la contrainte. Lui sent la souffrance des humbles - chômeurs, veuves ou handicapés ; il nous parle éducation, santé et culture."

Le 15 mai, dans l'enceinte d'un centre de conférence du quartier cossu d'Al-Nasr, son champion a réussi un prodige : se faire acclamer par une assemblée de femmes puis, à deux pas de là, par un auditoire acquis à la Dawa al-Salafiya, l'Appel salafiste. De fait, l'ex-généraliste, marié à une consoeur médecin et père de six enfants, prétend détenir le remède censé transcender les clivages et libérer la société égyptienne du mal qui la ronge, la "polarisation" des esprits.

 

Au prix de quelques paradoxes, dont celui-ci : son irruption élargit les lignes de faille parmi les héritiers de Hassan al-Banna, fondateur en 1928 de la confrérie des Ikhwan al-Muslimin, et nourrit d'âpres controverses au sein des couples et des familles. 

 

 

Chantre de l'Etat de droit et du respect des minorités, enclin à juger "désastreuse" la confusion entre la prédication et l'action politique, Aboul Fotouh aurait-il inventé le pâté d'alouette à la sauce cairote, soit un cheval d'islamisme pour une alouette de libéralisme ? Bichoi en est convaincu. Et ce copte de 24 ans se désole de voir tel notable chrétien, hier proche du défunt patriarche Chenouda III, épauler financièrement le prétendant d'Allah. "Cas isolé, Dieu merci, nuance le futur informaticien. Certains d'entre nous voteront pour un rescapé du régime déchu par peur du chaos. Et beaucoup - c'est mon cas - boycotteront un scrutin qui s'apparente à une farce téléguidée par la hiérarchie militaire. Je ne veux pas avoir à choisir entre un feloul corrompu et un fasciste islamiste." 

 

Maître du pays, le maréchal Hussein Tantaoui, patron du Conseil suprême des forces armées, s'engage comme il se doit à céder les commandes à l'élu du peuple, doté au demeurant, faute de Constitution, de prérogatives imprécises. Y compris s'il se nomme Aboul Fotouh ? Oui, bien sûr. Quoique plus incisif que ses concurrents en la matière, ce dernier sait qu'il devra transiger avec l'institution militaire, résolue à sauvegarder prébendes et privilèges - à commencer par ses ressources budgétaires et un immense empire économique qui s'étend du BTP à l'électronique grand public, en passant par l'hôtellerie. De même, l'armée exige une immunité de facto au profit des officiers et des soldats coupables d'assassinats ou d'actes de torture, ainsi qu'un droit de veto sur toute loi la concernant. Pas sûr enfin que le "doktor" serait en mesure de renvoyer, comme annoncé, vers la justice civile les Egyptiens déférés devant des tribunaux militaires. On en a dénombré 12 000 au long de l'année écoulée... 

 

Qu'il accède ou non au second tour, programmé les 16 et 17 juin, Abdel Moneim Aboul Fotouh aura bousculé un échiquier sclérosé. Voire, qui sait, fécondé l'embryon d'un islam politique pragmatique et moderniste. Le praticien retraité s'est choisi pour emblème le cheval. Mais nul ne sait encore si l'équidé est promis à un destin de fringant pur-sang ou de vieux canasson de retour.  

 

 

A Al-Mansoura, dans le delta du Nil, des volontaires en campagne aident un électeur dérouté à localiser son bureau de vote.

A Al-Mansoura, dans le delta du Nil, des volontaires en campagne aident un électeur dérouté à localiser son bureau de vote. Scott Nelson pour l'Express

 

Défricheur inspiré ou illusionniste ? Visionnaire ou caméléon ? Le patriarche ratisse large. Trop large. Les libéraux le voient plus libéral qu'il ne l'est, et les fondamentalistes le rêvent plus conservateur qu'il ne le dit. Bref, son atout maître constitue aussi son principal handicap. Motion de synthèse ambulante, Aboul Fotouh ne pourra, si d'aventure le sort des urnes lui est propice, satisfaire tous ses créanciers électoraux. "Plus il parle, moins je sais ce qu'il veut vraiment", soupire le chercheur Moaaz al-Zoughby, pourtant engagé à ses côtés. La fameuse formule s'acclimate fort bien au soleil des pyramides : on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens. Aux yeux du Frère émancipé, l'islam est un facteur d'unité nationale et la charia - pourvu qu'on l'applique avec retenue -, un fleuron du patrimoine culturel commun. Oui à la loi coranique, non à l'amputation de la main du voleur. Un musulman peut-il se convertir au christianisme ? Certes pas, même si le bon Dr Attrape-Tout réprouve le châtiment promis à l'apostat, la mort.  lexpress

 

 

 

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 Amr Moussa, la force tranquille

 

L’ancien diplomate, homme du consensus par excellence, est le seul candidat à avoir une petite chance d’être élu dès le premier tour de la présidentielle. Un succès qu’il doit notamment à son choix de s’appuyer sur les tribus

 

Des grandes toiles de coton multicolores ont été tendues autour de la scène, comme pour les mariages et les enterrements. Quelques centaines d’hommes, presque tous vêtus de la traditionnelle galabiya (robe masculine), attendent patiemment le héros du jour: Amr Moussa, l’ancien chef de la Ligue arabe, va arriver d’une minute à l’autre pour s’adresser aux habitants d’Arab El Aawida, un village au nord du Caire.


«Presque tout le monde ici appartient à la même tribu. Nous avons invité Amr Moussa à faire ce meeting parce que nous pensons qu’il est le plus capable parmi les candidats», explique Lotfy Samhan, l’un des cheikhs de la tribu locale. Lorsque l’ancien diplomate de 75 ans apparaît, la foule ne déborde pas d’enthousiasme, mais l’affaire semble entendue: tout le monde va voter pour Amr Moussa, le plus consensuel des candidats. C’est la consigne qu’ont donnée les chefs tribaux après s’être consultés.

Depuis un an et demi qu’il parcourt l’Egypte, Amr Moussa s’est beaucoup appuyé sur les tribus pour convaincre. Dans un pays où les appartenances tribales sont toujours très fortes, notamment en Haute-Egypte, c’est un parti pris stratégique. Amr Moussa, qui était déjà très populaire avant la révolution, semble aussi avoir une longueur d’avance sur ses concurrents parce qu’il a commencé à faire campagne avant tout le monde, au lendemain de la chute de Moubarak. Le Wafd, le vieux parti libéral, proche du pouvoir sous l’ancien régime, a mis ses réseaux locaux, toujours influents dans certaines régions, à sa disposition. Autre atout: son discours sur la sécurité et le retour à l’ordre. Alors que les soubresauts de la révolution ont provoqué une série d’affrontements meurtriers, beaucoup d’Egyptiens rêvent plus de stabilité et de reprise économique que de liberté.

Un handicap

Seule ombre au tableau: Amr Moussa, qui a été ministre des Affaires étrangères de Moubarak pendant dix ans, passe pour un feloul, c’est-à-dire un résidu du régime déchu, auprès d’une partie de la population. Mais beaucoup d’Egyptiens font cependant la différence avec Ahmed Chafiq, l’ancien commandant de l’armée de l’air qui est beaucoup plus clairement lié au clan Moubarak et aux généraux au pouvoir. L’ancien diplomate ne rate d’ailleurs pas une occasion de rappeler qu’il a tenté, quand il était ministre, de «réformer le régime de l’intérieur». Et Moussa bénéficie par ailleurs d’un vote anti-islamiste: certains Coptes et une bonne partie des libéraux l’ont choisi, par défaut, pour contrer Mohamed Morsi et Abdel Moneim Aboul Fotouh.

Nina Hubinetletemps

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:58

Ettakatol se démarque du laxisme d’Ennahdha vis-à-vis des salafistes

 

Ettakatol a exprimé lundi des inquiétudes suite aux démonstrations de force des groupes salafistes ce week-end à Sidi Bouzid, Kairouan et Sousse, estimant qu’il s’agit d’agissements anti-révolutionnaires qui visent à déstabiliser le pays.

Ce parti fondé et dirigé par Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée nationale constituante (Anc), cherche ainsi à montrer sa différence vis-à-vis de ses deux alliés au sein de la «troïka», la coalition gouvernementale au pouvoir qu’il forme avec le parti islamiste Ennahdha et le Congrès pour la République (CpR). Il veut aussi souligner son identité de parti de centre-gauche, laïque et moderniste, et qui ne peut partager l’idéologie fondamentaliste des salafistes.

Ettakatol a appelé la société civile et les parties agissantes à la vigilance et à combattre ces agissements qui sont contraires aux libertés individuelles et publiques et qui menacent l’équilibre et la stabilité du pays, précise une déclaration du parti.

A Sidi Bouzid, des échauffourées ont éclaté samedi entre jeunes salafistes et des vendeurs de boissons alcoolisées qui ont dégénéré en violences et actes de destruction des dépôts de ces boissons. Les dégâts ont été estimés par le propriétaire à 700.000 dinars.

A Sousse, des accrochages ont eu lieu samedi entre salafistes, wahhabites et d’autres appelés «habachis», faisant plusieurs blessés.

Des milliers de salafistes venus de différentes régions se sont rassemblés dimanche à Kairouan pour exprimer leur soutien à la chariâ.  kapitalisl

 


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Pauvre Islam ! Triste Tunisie !


 

 

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Kairouan 

 Meeting de «Ansar Achariaa»: Abou Iyadh annonce les couleurs 20-05-2012

Démonstration de combat présentée par Ansar Achariaa à Kairouan 20-05-2012

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 03:39

Tunis a décidé d'extrader l'ancien premier ministre libyen

L'ancien premier ministre libyen Baghdadi Al-Mahmoudi, à Tripoli, le 16 juin 2011.

La Tunisie a décidé d'extrader vers la Libye l'ancien premier ministre de Kadhafi, Baghdadi Al-Mahmoudi, détenu depuis fin septembre sur son sol, a-t-on appris mardi 22 mai auprès du ministère de la justice"La décision d'extradition est prise. Il ne reste que les procédures à compléter avec les autorités libyennes", a déclaré un responsable du ministère de la justice. L'accord de principe concernant l'extradition de M. Al-Mahmoudi, 67 ans, incarcéré dans une prison près de Tunis et en grève de la faim depuis samedi, a été pris lors d'une visite du premier ministre libyen Abdel Rahim Al-Kib la semaine dernière à Tunis.

Une source au palais présidentiel a précisé que le décret d'extradition n'avait pas encore été signé. "Un accord a été conclu. La position de principe officielle est deremettre M. Al-Mahmoudi à la Libye. Mais nous devons avoir des garanties concernant le respect des droits de la défense, les conditions d'incarcération, le respect des droits de l'homme", a déclaré le porte-parole de la présidence, Adnen Manser. "Il n'est pas question de le remettre [à Tripoli] maintenant, mais nous avons convenu avec la partie libyenne d'obtenir ces garanties et à partir de là [l'extradition] pourrait se faire d'ici deux à trois semaines", a-t-il ajouté, rappelant que le président tunisien était le seul habilité à signer le décret d'extradition. Les garanties discutées prévoient notamment la possibilité pour des représentants tunisiens de visiter M. Al-Mahmoudi lorsqu'il sera en prison en Libye, a-t-il précisé.

Premier ministre libyen jusqu'aux derniers jours du régime Kadhafi, Baghdadi Al-Mahmoudi a été arrêté fin septembre en Tunisie et était sous le coup de deux demandes d'extradition des autorités libyennes. La justice tunisienne a répondu favorablement à ces deux demandes, mais le décret d'extradition n'a jamais été signé par la présidence.

"UNE HONTE POUR LES DROITS DE L'HOMME"

La confirmation d'une prochaine extradition a été accueillie avec colère par les avocats tunisiens de M. Al-Mahmoudi. "C'est une honte pour les droits de l'homme en Tunisie et pour la révolution tunisienne", a réagi l'un des avocats de M. Al-Mahmoudi, Me Mabrouk Kourchid, affirmant que la défense allait faire des recours"au niveau international""Comment on peut extrader une personne dans un pays qui applique la peine capitale ? s'est indigné pour sa part un autre défenseur du Libyen, Me Slim Ben Othman. Dès le départ, la détention de M. Al-Mahmoudi était une décision purement politique."

"C'est catastrophique, c'est honteux, c'est contraire à tous les principes les plus élémentaires des droits de l'homme", a lancé l'avocate et militante des droits de l'homme tunisienne Radhia Nasraoui"C'est une humiliation pour tout le peuple tunisien. On ne peut pas sacrifier les principes pour obtenir des contrats d'embauche", a-t-elle accusé, en référence aux relations économiques entre Tunis et Tripoli. Lors de la visite des ministres libyens la semaine dernière, plusieurs accords de coopération ont été conclus, notamment un financement libyen de 200 millions de dollars à la Tunisie. 

Le président Moncef Marzouki avait promis en janvier à Tripoli de remettreBaghdadi Al-Mahmoudi aux nouvelles autorités libyennes si celles-ci lui garantissaient un "procès équitable". Jeudi dernier, à l'occasion d'une visite de son homologue libyen Abdel Rahim Al-Kib, le premier ministre islamiste, Hamadi Jebali, avait indiqué que la Tunisie "ne serait pas un refuge pour ceux qui menacent la sécurité de la Libye".

 

 

 

La Tunisie va extrader l'ancien Premier ministre de Kaddafi, Baghdadi Mahmoudi, vers Tripoli

Baghdadi al-Mahmoudi va être extradé en Libye.

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a donné son accord pour extrader dans les "jours ou semaines" à venir l'ancien Premier ministre libyen de Mouammar Kaddafi, Baghdadi Mahmoudi, vers la Libye. La fin d’un long feuilleton judiciaire qui n’a cependant pas fini de faire parler de lui.

 

Les autorités tunisiennes ont finalement décidé de contenter Tripoli et d’extrader Baghdadi Mahmoudi. Le président Moncef Marzouki a en effet signé l’ordre d’extradition de l’ancien Premier ministre libyen, une information confirmée par son avocat, Me Bouaoucha. Selon ce dernier, cet accord intervient « deux jours avant que le nouveau Premier ministre libyen ne vienne à Tunis » et la Libye aurait accepté, en échange, de faciliter l’accès des Tunisiens au marché du travail libyen.

 

Si Baghdadi Mahmoudi n’a pas encore été extradé, l’accord peut être appliqué à tout moment. « La décision d'extradition est prise. Il ne reste que les procédures à compléter avec les autorités libyennes », a déclaré un responsable du ministère de la Justice, alors que le parti islamiste Ennahda indiquait que Tunis et Tripoli se concertaient pour « déterminer la date et régler les procédures ».

 

 

Un bras de fer diplomatique

 

 

Réfugié en Tunisie juste après l’effondrement du régime de Mouammar Kaddafi, l’ancien Premier ministre libyen avait été arrêté le 21 septembre près de la frontière algérienne puis incarcéré pour « entrée illégale » sur le territoire tunisien à la prison de Mornaguia, aux alentours de Tunis, à la fin du mois de septembre.

D’abord condamné à six mois de prison, il avait été acquitté fin septembre. Mais, étant sous le coup de deux demandes d'extradition de la part des autorités libyennes, sa remise en liberté avait été suspendue dans l’attente de l’exécution ou non par les autorités tunisiennes du mandat d’amener émis contre lui par Tripoli.

 

 

La fin d’un feuilleton de plusieurs mois

 

 

La justice tunisienne avait d’abord statué positivement les 8 et 25 novembre, mais l’ancien président par intérim tunisien Fouad Mebazaa avait refusé de signer le décret d'extradition. Moncef Marzouki, qui a succédé à Fouad Mebazza à la tête de l’État tunisien, avait ensuite déclaré en janvier dernier qu'il n’extraderait pas Mahmoudi. «Tant que ses institutions politiques et judiciaires n’ont pas été mises en place, l’honneur tunisien ne nous permet pas de livrer Baghdadi Mahmoudi à la Libye. » Il avait cependant ajouté : « Mais dès qu’elle aura toutes ses instances légitimes, on le fera ».  jeuneafrique

 

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 02:24

Plus de 250 000 manifestants !

 

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100e jour de grève: des dizaines de milliers de manifestants défient la loi 78


Aucune estimation de foule n'était disponible vers 17 h, mais ils sont assurément plusieurs dizaines de milliers de personnes à avoir défilé dans les rues de Montréal.

 

Aucune estimation de foule n'était disponible vers 17 h, mais ils sont assurément plusieurs dizaines de milliers de personnes à avoir défilé dans les rues de Montréal.

 

La grande manifestation montréalaise soulignant le 100e jour de la grève étudiante réservait une surprise de taille pour les policiers: la quasi-totalité des participants ont bifurqué du trajet approuvé, bafouant des dispositions de la loi 78 sous l'oeil généralement tolérant des policiers. 

Aucune estimation de foule n'était disponible vers 17h, mais ils sont assurément plusieurs dizaines de milliers de personnes à avoir défilé dans les rues de Montréal cet après-midi, à l'invitation des groupes étudiants et des centrales syndicales. La CLASSE évalue la foule à 250 000 personnes. 

La police ne dénombrait en fin de journée que des incidents isolés: une sous-manifestation a été déclarée illégale vers 16h30 sur la rue Peel. Mais plus largement, la manifestation s'est déroulée dans une ambiance à la fois calme et festive, malgré son caractère en apparence illégal. 

C'est que les manifestants devaient en théorie suivre le trajet présenté et approuvé par les autorités, comme le prévoit les nouvelles dispositions de la loi 78. Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire (FECQ et FEUQ), de même que les syndicats, avaient fourni un plan précis: départ de la Place des festivals, déplacement vers le parc Lafontaine par Sherbrooke Est. Sauf qu'à peu près personne ne l'a suivi. 

Dès que le cortège s'est mis en branle, la grande majorité des manifestants a ainsi bifurqué sur Sherbrooke Ouest pour suivre les représentants de la CLASSE, qui avait pour sa part refusé de dévoiler quel itinéraire elle suivrait. Entre les automobilistes surpris, les manifestants ont pour l'essentiel sillonné Sherbrooke jusqu'à Peel, qu'ils ont emprunté vers le sud jusqu'à René-Lévesque. De là, ils ont remonté la rue Berri pour se diriger vers le parc Lafontaine. 

Compacte, la foule formait une véritable marée humaine qui s'étirait sur plusieurs centaines de mètres. Le Service de police de la Ville de Montréal a choisi en réaction une approche conciliante, tolérant la manifestation pour des raisons pratiques: arrêter des milliers de personnes aurait été «problématique», a reconnu un porte-parole dans l'après-midi. 

Selon le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, «le geste que pose ces dizaines de milliers de personnes est un geste collectif de désobéissance civile», a-t-il déclaré avant le départ de la marche. M. Nadeau-Dubois estime que «le gouvernement ne peut plus associer désobéissance civile et vandalisme ou mouvement marginal. Aujourd'hui, des dizaines de milliers de personnes désobéissent à la Loi.»

«La loi ne fonctionne pas dans son application, a pour sa part lancé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, quelques minutes avant le début de la marche. Une avenue négociée serait une bien meilleure sortie de crise.»

La mobilisation se faisait officiellement sous le thème de «100 jours de grève, 100 jours de mépris». Mais le dépôt de la loi spéciale 78 la semaine dernière a toutefois élargit la portée de l'événement pour englober des questions plus larges de respect des droits constitutionnels et du droit de manifestation. Dans la foule, de nombreuses pancartes dénonçaient les dispositions de la loi, aux côtés de celles critiquant la hausse des droits de scolarité.

Plusieurs acteurs et groupes sociaux ont participé à la manifestation, ainsi que plusieurs artistes (notamment Paul Piché, Michel Rivard, Martin Léon et Yann Perreau). L'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, arborait quant à lui le carré blanc. M. Duceppe, a indiqué sur les ondes de RDI qu'il ne «croit pas à la désobéissance civile». «On n'est pas en Afrique du Sud ou dans l'Inde de Gandhi, a-t-il dit. Mais je critique aussi la désobéissance démocratique du gouvernement Charest. Les deux sont irresponsables et alimentent la crise.» 

Avec Lisa-Marie Gervais et Marco Bélair-Cirino;
 ledevoir

 

 

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Anonymous s'attaque à des  sites du gouvernement ....

 
 

 

 

Montréal

 

Paris


 

 

 

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Le "printemps érable" prend de l’ampleur au 100e jour de contestation

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Le "printemps érable" prend de l’ampleur au 100e jour de contestation

La situation semble plus que jamais bloquée au Québec, où le conflit étudiant dure depuis plus de trois mois. Face à la fermeté affichée par le gouvernement, un syndicat étudiant qualifie la situation de “véritable lutte populaire”.


 

Rien ne semble faire retomber le mouvement de contestation des étudiants québécois, qui a marqué mardi 22 mai son centième jour de mobilisation. Depuis le mois de février, des manifestations quotidiennes sont organisées à Montréal, suite à la hausse des droits de scolarité dans les universités, décrétée par le gouvernement du Premier ministre québécois Jean Charest.

 

 

Le mouvement estudiantin, qualifié de “ printemps érable” ou de “printemps québécois”, a pris davantage d’ampleur depuis que le Parlement a adopté, le 18 mai, la controversée “loi 78”. Celle-ci limite les droits à manifester dans la “Belle Province” et prévoit une suspension des cours jusqu'au mois d'août. Une mesure qualifiée par les syndicats étudiants de manœuvre grossière pour tenter de casser le mouvement de grève.

Conséquence de cette nouvelle législation, les manifestations, notamment nocturnes, se sont multipliées ces derniers jours, certaines donnant même lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre. L'un des trois syndicats étudiants en grève, la Classe (Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante) a annoncé son refus de se soumettre à ce que la presse québécoise qualifie de “loi matraque”, voire de véritable “déclaration de guerre”.

Joint au téléphone par FRANCE 24, un responsable de la Classe, qui a voulu garder l’anonymat, assure qu’une nouvelle manifestation de masse est prévue mardi 22 mai à Montréal pour marquer l’anniversaire symbolique de la lutte. Selon lui, loin de s’essouffler, le mouvement “prend de l’ampleur”. “Ce qui était au début une simple grève étudiante est devenu aujourd’hui une véritable lutte populaire, qui touche l’ensemble de la société québécoise” explique-t-il, rappelant que les étudiants ne sont désormais plus les seuls à manifester.

La population québécoise partagée

Depuis le début du mouvement, les étudiants ne peuvent pas compter sur le soutien de la population québécoise, si l’on en croit le baromètre du “Journal de Montréal”. Mais le passage de la loi 78, jugée trop sévère par une large majorité de sondés, pourrait bien inverser cette tendance et apporter davantage de soutien aux syndicats étudiants.

Le responsable de la Classe assure toutefois que le mouvement est plus popualire qu'il n'y paraît. “On s’attend ce mardi à l’une des plus grosses manifestations depuis le début du mouvement”, s’enthousiasme-t-il. Preuve en est, selon lui, les 19 000 personnes inscrites dans la matinée sur la page Facebook de la manifestation, un chiffre parmi les plus élevés enregistrés ces derniers mois.

 

 

Les étudiants de l’université montréalaise Concordia mettent chaque jour en ligne des vidéos des manifestations sur leur compte Youtube. Des rassemblements qui peuvent également être suivis en direct sur Twitter via le mot clé#manifencours.

 

“Les étudiants qui manifestent sont les Grecs du Canada”

Du côté des éditorialistes du pays, on est plus réservé. André Pratte, l’une des grandes plumes du quotidien francophone “La Presse”, appelle ainsi "au retour au calme”. “Ceux qui en ont marre du gouvernement Charest pourront voter contre lui d'ici quelques mois” martèle-t-il. “C'est pourquoi, sans abandonner leurs différents points de vue, chaque parti politique, chaque syndicat, chaque groupe d'intérêt, chaque Québécois doit désormais mettre le retour au calme au premier rang de son action”, écrit-il dans sa dernière chronique.

La condamnation est encore plus sévère dans la presse candienne anglophone. Ainsi, la chroniqueuse du “Globe and Mail”, Margaret Wente, compare les manifestants québécois au peuple grec. “Ils [les Grecs] veulent que les Allemands leur envoient toujours plus d’argent, et, peu importe combien les Allemands envoient, ils continuent d’en demander plus. Les étudiants qui manifestent sont les Grecs du Canada. Et nous n’en voulons plus”.

Le responsable de la Classe ne s’offusque guère de “ce mépris somme toute classique de la part des chroniqueurs anglophones qui ne connaissent pas la réalité des étudiants québécois.” Il indique même souscrire d’une certaine manière à l’analogie internationale tentée par Maragret Wente. “Notre combat se joue aussi à Athènes, à Paris ou à New York, il s’inscrit dans une perspective mondiale de lutte contre l’austérité.”

Par Julien PEYRONfrance24

 

 

______________________________________________________________________Point de vue _ Analyse

La loi 78 ou l’asservissement de l’université québécoise

 

«Le gouvernement veut à tout prix éviter ce que les étudiants et professeurs réclament depuis des années, et en particulier pendant la grève : un moratoire sur la hausse des droits de scolarité et l’organisation d'États généraux de l’université qui poserait, nécessairement, la question de la finalité de l'enseignement universitaire.» Par Piroska Nagy, professeure d’histoire du Moyen Âge à l'UQAM (Université du Québec à Montréal).

 

Aux yeux des Européens, le Canada avait, jusqu’à récemment, plutôt bonne presse en termes de démocratie, et le Québec a toujours eu toujours la réputation d’une province à part, la plus à gauche du pays, comme la côte Est des États-Unis face au Sud conservateur. Que reste-t-il de tout cela au lendemain du vote de la loi spéciale (1), « destinée à mater le mouvement de grève » des étudiants en cours depuis la mi-février, d’après les grands titres de Radio-Canada ? Mais surtout, comment et pourquoi en est-on arrivé à une loi brimant la démocratie, qui reconnaît par son existence même la dégénérescence de la grève étudiante en une grave crise sociale ?

 

Commençons par la fin. La loi 78, votée ce 18 mai au soir, vise en principe le retour en classe des plus de 150 000 étudiants après trois mois de grève, voire quatorze semaines pour certains. Elle « suspend » le trimestre d’hiver, qui doit reprendre… fin août, afin de laisser le temps « pour apaiser les esprits ». Elle le fait en apportant des limitations importantes au droit d’association, au droit de manifestation, et recourt même à la justice pénale contre les récalcitrants. Avant même sa promulgation, de nombreuses voix se sont élevées contre la loi, dont celle du Barreau du Québec, de la Fédération québécoise des professeurs d’université, et j’en passe, pour souligner sa nature anti-démocratique, anti-constitutionnelle. Une loi digne de la Grande noirceur (2), des républiques bananières ou de la Corée du Nord, selon les commentateurs : si la grève étudiante a polarisé les sensibilités, la loi indigne même les plus pacifiques. Selon la lettre ouverte d’un groupe d’historiens québécois, la loi «remet en cause le principe de la primauté du droit dans la résolution des conflits, comme le souligne le Bâtonnier du Québec dans son communiqué du 18 mai. En effet, dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 limite clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets. Il entrave de manière importante la liberté académique dans un milieu universitaire. Il suspend des recours juridiques légitimes et renverse le fardeau de la preuve qui rend les associations d’étudiants et les syndicats responsables d’actes commis par autrui. Enfin, il sanctionne lourdement les citoyens ainsi que les associations étudiantes et syndicales qui ne se conformeraient pas aux dispositions de cette loi d’exception» (3).

 

Outre son volet antidémocratique, le volet règlementaire de la loi 78 a l’extrême avantage d’être fort probablement inapplicable. En effet, une des nouveautés historiques du conflit étudiant le plus dur que le Québec ait connu était sa judiciarisation, comme une importation de la dérive individualiste américaine. Des étudiants opposés à la grève votée par leur propre association sont allés la contester au tribunal, seuls ou en petits groupes, au nom de leur droit à recevoir l’instruction à laquelle ils étaient inscrits. Ils faisaient donc valoir leur droit individuel face au droit des associations, de la collectivité – et ceci, non sans succès : le plus souvent, les tribunaux sommaient alors par injonction l’établissement ou les professeurs de dispenser les cours prévus. Le hic : l’impossibilité évidente de réunir des conditions de sécurité, des conditions pédagogiques suffisantes pour la tenue des cours, lorsqu’une bonne partie des étudiants tiennent à la validité de leur vote de grève collective, et que les professeurs, au nom de la démocratie, le plus souvent les épaulent. Des dizaines d’injonctions accordées ont échoué, dans les dernières semaines ; très peu ont pu être appliquées, très peu de cours ont repris sous injonction.

En revanche, les professeurs se sont aussi révoltés contre cette dérive par laquelle les étudiants « socialement responsables », autrement dit favorables à la hausse, cherchaient à régler le conflit autrement que par la voie démocratique et politique. Or la loi spéciale recourt à la même idée : sommer institutions et professeurs de dispenser les cours – certes, pas dans l’immédiat, mais à la fin du mois d’août… mais pourquoi la grève, faute d’avancées sur les revendications, ne reprendrait-elle pas alors ? Bien sûr, la loi donne la réponse : parce qu’elle sera interdite… et les associations étudiantes qui l’ont promue, brimées (4).

 

Car s’il y a bien une chose que le gouvernement libéral n’a pas faite depuis quatorze semaines, c’est d’envisager démocratiquement le conflit, sur le terrain politique, en discutant avec les associations étudiantes du fond du problème, et cela d’égal à égal. La loi spéciale n’est que le dernier acte d’une pièce de théâtre bien orchestrée, diffusée scène après scène depuis trois mois aux Québécois par le gouvernement et les grands médias. Jean Charest n’a jamais pris la peine de rencontrer les étudiants, ni même de s’adresser à eux publiquement. Pendant plus de dix semaines, le gouvernement n’a pas daigné communiquer de quelque façon que ce soit avec les 200 000 étudiants en grève. En revanche, la présence et l’intervention fréquemment brutale de la police pendant les manifestations, devenues quotidiennes, avec poivre de Cayenne, bombes sonores, gaz lacrymogène, matraques, balles de plastique et arrestations fréquentes ont largement contribué à envenimer la situation.

Pendant ce temps, la plupart des grands médias et les politiques libéraux criminalisaient cette lutte clairement sociale, en stigmatisant publiquement les « violences » survenues lors des manifestations, et tout particulièrement les perturbations économiques, à savoir la seule arme efficace des étudiants face à un gouvernement qui faisait la sourde oreille. Durant les deux rondes de négociations aussi tardives que pipées, le gouvernement a refusé d’aborder la question de fond : la hausse des frais de scolarité – tout en criant haut et fort que l’impossibilité des négociations était due à l’intransigeance des étudiants, aux violences dans la rue...

Cependant le mouvement étudiant a démontré une formidable unité : face aux tentatives de division des associations étudiantes, comme aux autres manœuvres de diversion, les leaders et leurs bases ont répondu avec une maturité remarquable. Et cependant toujours, les libéraux ont persisté dans leur réponse : dompter, soumettre le mouvement par tous les moyens, par le recours à la justice, à la loi et à la police. Pas de discussion démocratique, d'écoute de la volonté de la population étudiante, encore moins de la réflexion sur le devenir de l’université.

 

Les raisons? La première est d’ordre électoraliste. Jean Charest et le PLQ  comptent sur cette fermeté pour redorer leur blason, souillé par diverses affaires au cours des dernières années qui ont largement remis en cause leur légitimité, y compris vis-à-vis de leur propre électorat. Ceci en vue des élections qui doivent se tenir en 2013 – et qu’il leur sera fort difficile de gagner. Le Québec verra bien, et décidera même, si la fermeté qui outrepasse les limites de la démocratie paye, ou si par le mépris des étudiants, par l’arrogance face à une partie de la population, couronnés par cette loi autocratique, Charest creuse sa propre tombe.

 

Une deuxième raison, bien plus profonde, d’un tel manque de volonté de négocier : la pensée unique, et en l’espèce le mantra néolibéral de l’utilisateur-payeur. Chaque étudiant doit payer « sa juste part », répète le gouvernement – ce qui signifie pour beaucoup s’endetter à vie. Il n’est pas rare, avant même la hausse, de rencontrer des étudiants de 25 ans avec 30 000, voire 50 000 dollars de dettes, contractées pour faire leurs études. Autant dire, contracter un esclavage aux banques, avant même de décrocher un vrai travail. La fameuse hausse tant voulue ne profitera, bien sûr, qu’aux banques et non aux universités, puisqu’elle est censée compenser le désengagement de l’État du financement de celles-ci. Et pour le cas où l’on n’aurait pas compris l’esprit dans lequel le gouvernement et les recteurs qui le soutiennent pensent l’éducation, rappelons cette innovation de vocabulaire, répétée encore et encore pendant la grève : la « clientèle étudiante », pour reprendre le langage des administrations universitaires, n’est pas en grève mais « boycotte » les cours, puisque ce n’est pas un rapport collectif de travail… mais un lien individuel de consommation.

 

Dans de telles conditions, il est bien clair que le gouvernement veut à tout prix éviter ce que les étudiants et professeurs réclament depuis des années, et en particulier pendant la grève : un moratoire sur la hausse des droits de scolarité et l’organisation d'États généraux de l’université qui poserait, nécessairement, la question de la finalité de l'enseignement universitaire – et celle d’autres modèles possibles, arrimés à d’autres modèles de société. Car si la révolte est telle au Québec face à la hausse, que même les parents d’élèves, avocats, médecins et retraités portent le carré rouge en signe de solidarité avec les étudiants en grève et manifestent, c’est que l’université marchandisée (5) remet en cause un des principaux acquis de la Révolution tranquille : l’accès des francophones pauvres à l’université, avec une politique qui visait, au départ, la gratuité. L’enjeu académique est donc non seulement politique mais également identitaire et culturel, au Québec, et explique pourquoi des centaines de milliers de personne descendent dans la rue le 22 de chaque mois de ce printemps, jours des manifestations nationales. Ce n’est pas un hasard non plus si les collèges et universités anglophones ont à peine participé au mouvement du « printemps d’érable ».

 

Il peut alors être utile pour le monde académique, pour toute cette génération de jeunes refusant l’ordre mondialisé néolibéral, de recourir à la mémoire historique. À l’origine de la fondation de l’université de Paris, il y eut une association jurée d’intérêts communs, l’universitas formée ensemble par les étudiants et les maîtres à l’aube du XIIIe siècle, pour défendre leurs droits et leur autonomie intellectuelle face aux autorités de l’Église, de la royauté et de la ville. De cette association professionnelle, l’institution qu’on connaît n’est née que peu à peu, à travers d’âpres luttes avec les pouvoirs. La Grande Grève de l’Université de Paris, qui a duré de 1229 à 1231, où maîtres et étudiants ont fait sécession de la ville pour tenir les cours ailleurs (!), s’est terminée par l’octroi par le pape Grégoire IX de la Bulle Parens Scientiarum le 13 avril 1231 (6), reconnaissant de manière définitive l’autonomie juridique et intellectuelle de l’université. Ne serait-ce pas alors aux professeurs et étudiants ensemble d’organiser les États généraux que recteurs d’université et gouvernement tentent de toutes leurs forces d’éviter ? Montrer que les cours peuvent se tenir quand il y a un consensus entre étudiants et maîtres sur la finalité de leur travail commun ?  mediapart

 

 

 

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(1) En attendant que la loi acceptée soit publiée, le projet de loi peut être téléchargée à http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201205/17/01-4526386-projet-de-loi-78-pour-la-paix-et-lordre.php

(2) L’époque de conservatisme et de cléricalisme durcissant entre la fin de la Deuxième guerre mondiale et le début de la Révolution tranquille, marqué par le gouvernement durable de Maurice Duplessis (1944-1959).

(3) http://www.ledevoir.com/societe/education/350481/une-loi-scelerate-et-une-infamie

(4) http://www.ledevoir.com/politique/canada/350531/la-fin-des-assos-etudiantes

(5) Voir  É. Martin – M. Ouellet, Université inc. Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir, Montréal, Lux éd., 2011.

(6) http://icp.ge.ch/po/cliotexte/sites/Arisitum/cdf/bul.html


 

 

 

 

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