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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 08:54

      Grande manifestation le 22 mai à Montréal


Date : mardi 22 mai à 14 : 00 

Lieu : Place des arts Montréal


 

 


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28e manifestation nocturne à Montréal

 

Pour une 28e soirée consécutive, les étudiants et ceux qui leur sont solidaires s'étaient rassemblés vers 20h30 à la place Émilie-Gamelin afin d'entamer une 28e manifestation consécutive dans les rues du centre-ville de Montréal. Voici un résumé de la soirée en images.

Voyez les photos de l'Agence QMI de la 28e manifestation nocturne.

 

tvanouvelles.ca

 

 

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Lancement d'une vidéo pour appuyer les démarches juridiques de la FECQ et la FEUQ

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Clinique juridique Juripop lancent une vidéo qui invite les citoyens du Québec à appuyer leurs démarches juridiques pour contester la loi 78.

En effet, les avocats de la Clinique juridique Juripop, mandatée par la FECQ et la FEUQ, intenteront des recours légaux au cours de la semaine afin de faire invalider la loi 78. Pour ces deux organisations, l'application de cette nouvelle loi est une atteinte grave, notamment envers la liberté d'expression, le droit de manifester pacifiquement et la liberté d'association. De concert avec d'autres organisations, la FECQ et la FEUQ s'opposent de pied ferme à cette mise à mal de notre démocratie.

La vidéo est accessible via le lien suivant : http://bit.ly/JLrbJZ

Les citoyens québécois peuvent toujours visiter le www.loi78.com afin d'y signer une pétition d'appui et soutenir financièrement les différentes démarches qui seront entreprises.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) représentent ensemble plus de 200 000 étudiants au Québec.

La Clinique juridique Juripop est un OBNL dont la mission est de promouvoir l'accès à la justice pour tous. C'est aussi une entreprise d'économie sociale aux projets novateurs en matière de sensibilisation au droit.

Renseignements :

Charlotte Watson, coordonnatrice aux relations et communications, FECQ, cell. : 514-554-0576, courriel : crc@fecq.org, twitter : @charlottewats

Mathieu Le Blanc, attaché de presse, FEUQ, bureau : (514) 396-3380, cell. : (514) 609-3380, courriel : attpresse@feuq.qc.ca, twitter : @matleblanc77

Florence Bouchard Santerre, attachée de presse, Clinique juridique Juripop, cell. 418-934-1563, courriel : fsanterre@juripop.org`.newswire

 

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 La CLASSE défiera la loi 78

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) refuse de se soumettre à la loi 78 adoptée vendredi à l'Assemblée nationale pour mettre fin à la crise étudiante.

« Déjà, des milliers de citoyens et de citoyennes ont annoncé leur intention de défier la loi, mais en date d'aujourd'hui, aucune organisation n'a jusqu'à maintenant eu le courage de parler en leur nom. Aujourd'hui, la CLASSE assume ce rôle », a déclaré son porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois lors d'un point de presse lundi.

Selon la CLASSE, cette loi spéciale constitue une attaque frontale aux droits fondamentaux et inaliénables que sont la liberté d'expression, d'association et de manifestation.

« Cette loi, pour nous, doit être bloquée. Dans une situation d'injustice, l'inaction est synonyme de complicité. Se soumettre à cette loi, c'est l'accepter. Accepter cette loi, c'est sanctionner son contenu », a affirmé l'autre porte-parole de la Coalition, Jeanne Reynolds.

L'association étudiante a du même coup annoncé le lancement du site Arretezmoiquelquun.com et invite les citoyens à y afficher publiquement leur intention de désobéir à la loi 78. À 21 h 30, plus de 1770 personnes avaient déjà répondu à l'invitation.

« Si le gouvernement veut s'en prendre à la CLASSE, à ses élus et à ses porte-parole, il devra s'en prendre à tous ceux et celles qui signeront cette déclaration en ligne disponible pour les forces policières. Cela ne fera que démontrer le caractère absurde et inapplicable de cette loi », a poursuivi Gabriel Nadeau-Dubois.

 

Désobéissance non violente

En entrevue à RDI, le porte-parole a précisé que la CLASSE dénonce les violences qui ont été commises lors des manifestations. « Quand on voit des gens qui s'en prennent physiquement à d'autres individus, c'est toujours des gestes inacceptables qu'on condamne et qu'on ne supporte pas, et l'annonce qu'on a faite aujourd'hui, c'est tout sauf un appel à ce genre de gestes », a-t-il dit.

« L'appel qu'on lance aujourd'hui, c'est un appel à jouir de ses droits fondamentaux qui sont de manifester sans permis si l'on veut. Et c'est ce que brime la loi 78. Ça n'a rien à voir avec certains dérapages qui ont pu avoir lieu dans les dernières semaines. »— Gabriel Nadeau-Dubois

 

Les leaders étudiants appellent également à la poursuite de la mobilisation. Les associations étudiantes affiliées à la CLASSE tiendront des assemblées générales pour que les étudiants puissent voter pour ou contre la reconduction de la grève jusqu'à la reprise des cours, au mois d'août. Une deuxième ronde d'assemblées générales aura lieu lorsque la session reprendra. « Les moyens nécessaires seront pris à ce moment-là pour faire respecter les mandats de grève votés démocratiquement », d'ajouter M. Nadeau-Dubois.

 

« Ce n'est pas avec une loi spéciale que l'on tuera la mobilisation citoyenne. C'est le message qu'envoie aujourd'hui la CLASSE. »— Jeanne Reynolds

 

La loi 78 restreint notamment le droit de manifester. Elle exige aussi que les organisateurs d'une manifestation d'au moins 50 personnes. radio-canada


 L'entrevue avec les porte-parole de la CLASSE



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"Le gouvernement est allé trop loin"

Manifestation nocturne d'étudiants le 26 avril, dans les rues de Montréal.

 

 

Après plus de trois mois de manifestations et de grèves étudiantes, le gouvernement québecois a déposé un projet de loi, jeudi 17 mai, visant àrestreindre le droit de manifester. Vendredi, nous avons lancé un appel à témoignages auprès d'habitants du Québec, afin de comprendre comment était perçu le mouvement étudiant au sein de la population. Et si ce projet de loi était plébiscité par les Québecois.

Parmi les nombreuses réponses qui nous ont été faites, beaucoup d'internautes, étudiants ou non, s'indignent d'une loi qu'ils jugent comme une atteinte à la démocratie. Plusieurs la regrettent, tout en reconnaissant que le mouvement de grève perdure et affecte certains étudiants, empêchés d'aller en cours. D'autres, enfin, sont ravis de l'ampleur de la mobilisation, au sein d'une génération souvent présentée comme "individualiste"

Voici une sélection de leurs témoignages.

J'étudie au Québec depuis un an et demi dans une université très peu touchée par la grève (à peine une semaine de grève générale), même si beaucoup d'étudiants du campus se mobilisent (en mettant des carrés rouges [symbole du mouvement]un peu partout ou en organisant un enterrement de la démocratie). Dans le laboratoire de recherche où je travaille, tout le monde a au moins une fois donné son avis sur ce conflit étudiant, et le moins que l'on puisse dire c'est que les avis divergent radicalement : certains soutiennent ouvertement les étudiants en affichant le petit carré rouge, d'autres critiquent ces étudiants qui se plaignent pour rien alors qu'ils ont des téléphones hors de prix. Néanmoins, l'avis qui revient le plus souvent est que c'est une bonne chose que les jeunes mesurent l'importance de s'intéresser à la politique. Je précise que les rivalités entre mes collègues sur ce sujet sont tombées ce matin : la nouvelle loi rendant illégale la grève étudiante fait l'unanimité... contre elle.

  • Une loi honteuse, par Isabelle Poyau, 47 ans, directrice adjointe d'un organisme environnemental national à Montréal

Je suis atterrée. J'ai émigré au Québec il y a vingt-cinq ans, parce j'aime cette société pluraliste, ouverte et joyeuse. Et depuis des semaines, j'étais fière de voirqu'une génération qu'on dit individualiste soit capable de se tenir debout et de créer un mouvement de contestation civile pour l'accès à l'éducation, avec intelligence, pacifisme, courage et créativité. Le gouvernement répond avec mépris et arrogance, et jette de l'huile sur le feu en votant une loi qui va à l'encontre des droits fondamentaux d'expression et de rassemblement, et fait du Québec un État policier. Autour de moi, amis, collègues, passagers du métro, toutes générations confondues, je ne vois que des gens scandalisés, non pas par les actes des étudiants, mais bien par l'attitude du gouvernement et par cette loi honteuse.

  • Pas d'autre choix, par Olivier Dion, technicien en informatique, 24 ans, ville de Lévis (Québec)

Cette loi est malheureusement la seule solution possible pour le moment, le but étant surtout d'empêcher les manifestants de bloquer l'accès des écoles aux usagés qui veulent continuer et terminer leurs études. Ce n'est pas la meilleure solution, mais face au manque de maturité et de motivation à négocier de la part des manifestants, nous n'avons pas d'autre choix. (...)

  • A Ottawa, "je paie beaucoup plus", par Esther Lacasse, 34 ans, Cantley, étudiante en droit civil à l'université d'Ottawa en Ontario

Il faut être clair : ici, au Québec, la grande majorité des Québécois sont pour l'augmentation des frais de scolarité et contre la grève. Ce n'est pas parce qu'une minorité fait un peu plus de bruit que c'est l'opinion générale. Nous sommes très loin d'être opprimés, nous sommes extrêmement bien traités. Le débat s'étend, les syndicats s'en mêlent, ça en devient ridicule. Une minorité bloque l'accès à une majorité d'étudiants qui veulent étudier. Il est faux dire que 300 000 étudiants sont en grève, car une minorité, celle-là même qui revendique la démocratie, a décidé pour les autres. Ceux qui veulent juste étudier ne descendront pas dans la rue pour protester, ils sont pacifiques ceux-là, et pour de vrai. Il n'y a pas de violence policière, au contraire. Les policiers font preuve d'une extrême patience, mais ils ne peuvent pas laisser des gens défoncer des portes et briser des vitres. Ils ont un travail très ingrat. Les Libéraux ont même gagné en popularité, car ils ont conservé la ligne dure. (...) Je suis moi-même étudiante à Ottawa, où je paie beaucoup plus, et je suis capable, avec un emploi, de payer ce que je dois payer. Les Québécois sont tannés des protestations et de la violence, une loi spéciale viendra peut-être changer quelque chose, maintenant que tout a été tenté.

  • Le Québec fatigué, par Bruno Guérin, 20 ans, étudiant

Les Québécoises et Québecois sont fatigués du mouvement de grève étudiante qui perdure au sein de la province, mais principalement à Montréal. Les leaders étudiants ont déploré le manque d'ouverture du gouvernement par rapport à la hausse des frais de scolarité. Le gouvernement a pourtant adouci son offre à trois reprises, tentant d'apaiser la crise sociale. Les leaders étudiants n'ont pas voulu s'en accomoder afin de régler la crise, ils sont restés fermes. Pourtant ceux-ci ont signé formellement l'une des ententes proposée par le gouvernement. Ils ne l'ont finalement pas respectée, se défendant que les étudiants n'ont pas accepté l'offre durant les assemblées générales. J'ai moi-même été en grève durant cinq semaines et participé aux assemblées générales étudiantes. De la désinformation est présentée aux étudiants, les leaders étudiants ne donnent que l'information les aidant à poursuivre leur combat contre la hausse. La restriction du droit demanifester n'est pas une mesure plébiscitée par les Québécois, toutefois, il fautsavoir que le projet de loi 78 visant à contrôler les manifestations prévoit deprendre fin d'ici à juillet 2013 et est donc temporaire. Elle sert d'instrument gouvernemental pour régler la crise face à des étudiants qui ont fait la sourde oreille.

  • "Le gouvernement Charest est allé trop loin", par Alexandre Turgeon, candidat au doctorat en histoire à l'université Laval, Québec

Je suis en grève depuis le 2 mars. (...) Comme bien d'autres, je me suis désolé devoir que la grève étudiante perdure et que rien n'y fait. Pas de sortie de crise en vue, pas de volonté (des deux côtés) pour en arriver à un compromis acceptable pour toutes les parties. Devant les sondages montrant que les Québécois approuvaient la décision du gouvernement d'augmenter les droits de scolarité, j'en suis venu à la triste conclusion que les étudiants avaient perdu. Sur toute la ligne. J'ai vu certains de mes amis, qui portaient fièrement le carré rouge depuis le début, symbole de la cause étudiante, cesser de le porter. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise de voir le gouvernement Charest mettre en avant une loi spéciale, véritable déclaration de guerre envers les étudiants, où le droit d'association, le droit de manifester et le droit à la libre expression sont pris à partie, amputés sérieusement par les mesures de cette loi. Alors que j'écris ces lignes, le projet de loi 78 est sur le point d'être adopté à l'Assemblée nationale. Les critiques envers cette loi scandaleuse, inique, fusent de toutes parts, dans la rue, sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, mes amis portent à nouveau le carré rouge. Moi-même, qui ne l'ai jamais porté, je compte bien l'arborer. Le gouvernement Charest est allé trop loin, nous comptons bien le faire reculer.

  • "Il n'y a pas que les étudiants qui manifestent", par Coralie Muroni, 31 ans, adjointe de direction à Montréal

Je suis française, salariée, au Québec depuis trois ans, et j'appuie totalement les manifestations. J'ai participé à plusieurs d'entre elles, à vélo sous la pluie, à pied dans la nuit, carré rouge parmi les carrés rouges dans les rues montréalaises. Il n'y a pas que les étudiants qui manifestent, travailleurs, retraités et autres ont rejoint les rangs dès le début. Sur les réseaux sociaux, je suis entourée de rouge. Après quatorze semaines de grève, le débat sur la hausse des frais de scolarité est devenu un conflit social, un conflit que le gouvernement a choisi de régler dans l'autorité : la loi 78 porte clairement atteinte à la liberté d'expression. Comment est-il possible que cette loi, qui renie un principe fondamental de la démocratie, soit passée ? (....) Qu'on soit pour ou contre la hausse des frais de scolarité, l'enjeu est aujourd'hui bien plus grand. Et j'espère que ce peuple, que j'aime beaucoup et dont je ferai un jour peut-être partie, ne se laissera pas faire.

  • "Le gouvernement a laissé pourrir le conflit pendant plus de trois mois", par Fabien Maillé Paulin, 25 ans, étudiant à l'université de Montréal.

Étudiant en études est-asiatiques à l'UdeM, mon association fut l'une des premières à voter la grève aux débuts d'une mobilisation qui allait créer le plus grand mouvement de contestation étudiant de l'histoire du Québec. Je ne cacherai pas que nous partions la fleur au fusil dans cette lutte qui n'allait pas manquer de rebondissements. Mais le titanesque travail de mobilisation ne s'est pas avéré être le plus grand de nos défis. Ce fut la volonté du gouvernement à ne pas céder d'un pouce sur l'augmentation des frais de scolarité qui en désarçonna plus d'un. Bien préparé à cette levée de boucliers, il tint une ligne dure, répliquant avec une campagne d'infantilisation et de dénigrement, préférant par exemple le terme de "boycott" à celui de "grève étudiante", qui avant n'avait jamais fait honte. Après un mois et demi de grève, la ministre de l'éducation rencontra enfin les étudiants et fit successivement deux offres qui ne portaient pas sur la raison même de la grève. Prétextant d'une rigidité dans le discours des étudiants, le gouvernement en vint finalement à la loi spéciale, après avoir laissé pourrir le conflit pendant plus de trois mois. Bien sûr, tous furent et sont affectés. Les travailleurs, qui subissent la perturbation qui vise à stimuler l'écoute du premier ministre. Les étudiants, dont certains ont bouleversé leurs études pour soutenir la cause. Et surtout, notre espoir en ce que notre gouvernement puisse souffrir un désaccord de sa jeunesse, sans la réprimer.

  • L'usage de l'autorité plébiscité pour rétablir la situation, par Matthieu Zouzinc, Montréal

Non québécois, mais Français installé depuis plusieurs années au Québec (et ex-étudiant au Québec), je suis surtout frappé du déroulement du conflit et des positions immuables des diverses parties. (...) Je suis choqué par l'absence de réelles négociations entre le gouvernement et les associations étudiantes. Cette loi spéciale illustre bien le climat dans lequel se déroule l'opposition. Au sein de la population, je pense qu'une majorité commence à s'agacer de la durée du conflit mais surtout de la tournure des évènements et des incidents (bombes fumigènes lancées dans le métro, blocage du pont pour rejoindre l'île de Montréal aux heures de pointe, casses de vitrines, etc.). Même si la mesure semble être jugée extrême, c'est l'usage de l'autorité qui semble être plébiscité pour rétablir la situation et forcer un retour en classe.

  • Un triste jour pour la démocratie, par François Jacques, 58 ans, Saint-Bruno-de-Montarville

Je suis enseignant depuis trente-quatre ans au niveau primaire. Plusieurs étudiants qui sont passés par ma classe sont parmi ceux et celles qui ont manifesté et qui manifestent encore. Je suis fier d'eux. On dit souvent que les jeunes sont égocentriques et n'ont pas de préoccupation sociale et c'est faux. Il est évident que ce qui se passe touche et dérange. Par contre, la cause véritable de cette incurie est le laxisme du gouvernement qui a misé sur un essoufflement du mouvement qui n'est pas venu, qui dès le départ a refusé de discutersérieusement avec les étudiants et qui lorsqu'il l'a fait n'a pas démontré de bonne foi. Le résultat en est un loi inique qui sabre dans la liberté d'expression et qui donne des pouvoirs accrus aux policiers qui ont fait preuve, à plusieurs occasions d'un manque de professionnalisme. Il est certain que plus la situation perdure, plus les débordements sont fréquents et ce n'est pas en adoptant une position plus ferme que le gouvernement va résoudre la crise. Je doute que, sans une écoute et un dialogue de bonne foi, un solution soit à portée de main. Ce mouvement s'apparente à celui de mai 68 et concerne le devenir de notre société. Je crois que c'est un triste jour pour la démocratie, tout comme l'a été la loi des mesures de guerre en 1970. La devise du Québec est "Je me souviens" : nous verrons aux prochaines élections si les étudiants et la population sauront vivre selon leur devise. lemonde

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 07:29

Fin de la campagne pour la présidentielle de mercredi

La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel les électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak dans un climat d'ouverture démocratique autrefois inimaginable.

Conformément aux règles, la douzaine de candidats ne peut plus apparaître à la télévision, donner des entretiens à la presse ou mener une quelconque activité publique qui pourrait influencer les 50 millions électeurs potentiels avant le premier tour, prévu mercredi et jeudi.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé un plan de sécurité massif pour assurer le bon déroulement de l'élection, notamment le transport des urnes vers les 351 centres de dépouillement du pays.

Un second tour est prévu les 16 et 17 juin au cas où aucun candidat n'obtiendrait la majorité absolue au premier.

L'ancien président américain Jimmy Carter, arrivé en Egypte à la tête d'une délégation du Centre Carter pour observer le déroulement des élections, a rencontré le chef du Parlement, Saad el-Katatni.

"L'Egypte est le théâtre d'une expérience démocratique sans précédent", a dit M. Katatni, membre de la puissante confrérie des Frères musulmans, cité par l'agence Mena. "Les Egyptiens accepteront le résultat des élections quel qu'il soit, tant qu'elles sont transparentes et représentent la volonté du peuple".

Selon les premiers résultats du vote des expatriés qui ont voté il y a quelques jours, le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, est arrivé en tête grâce au soutien massif de la communauté égyptienne en Arabie saoudite.

Il a recueilli 106.252 voix, devançant largement l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh (77.499 suffrages). Le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi est arrivé en troisième position (44.727) devant l'ex-chef de la diplomatie Amr Moussa et l'ex-Premier ministre Ahmad Chafiq, issus de l'ancien régime.

Les candidats ont parcouru le pays en tous sens ces dernières semaines, multipliant les meetings, les débats publics et les conférences de presse pour chercher à convaincre les électeurs.

M. Morsi a lancé un avertissement contre toute tentative de "falsifier la volonté du peuple" comme du temps du régime de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en février 2011 par une révolte populaire.

L'armée, au pouvoir depuis son départ, avait promis un scrutin "100% honnête" et assuré ne soutenir aucun candidat en particulier.

Les Frères musulmans, première force politique du pays et grands vainqueurs des premières législatives post-Moubarak, espèrent pouvoir accéder désormais au pouvoir exécutif.

Leur campagne a toutefois été marquée par de nombreux faux pas et revirements qui ont brouillé leur image dans une partie de l'opinion.

M. Aboul Foutouh, exclu des Frères musulmans en 2011, leur fait une rude concurrence en ayant le soutien d'une partie de la confrérie, des fondamentalistes salafistes mais aussi de jeunes laïques.

MM. Moussa et Chafiq font campagne sur le thème du retour à la stabilité et à la croissance économique. Des promesses qui trouvent écho auprès de nombreux Egyptiens après une période de transition marquée par la crise et une insécurité accrue.

D'autres candidats ont mené une campagne active mais avec beaucoup moins de moyens et espèrent créer la surprise, en particulier le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, ou encore l'islamiste Selim al-Awa et le militant des droits sociaux Khaled Ali.

La mouvance des "jeunes de la révolution", à la pointe du combat pour la démocratie, n'a pas de candidat propre et est divisée sur le choix de celui qui pourra porter ses valeurs à la magistrature suprême.

L'armée a promis de remettre le pouvoir aux civils avant fin juin, une fois le nouveau président élu. Mais de nombreux analystes s'attendent à ce qu'elle continue de maintenir ses privilèges et de jouer un rôle, même de manière plus discrète. la-croix

 

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Qui va gagner l'élection présidentielle?

Egypte: qui va gagner l'élection présidentielle?

LE CAIRE - La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée ce lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel 50 millions d'électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak, dans un climat d'ouverture démocratique autrefois inimaginable.  afp.com

Les Egyptiens s'apprêtent à élire le successeur d'Hosni Moubarak lors de l'élection présidentielle dont le premier tour se déroule mercredi et jeudi. Le point sur les quatre favoris. 

Les Egyptiens pourront mercredi choisir pour la première fois leur chef de l'Etat librement. La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée ce lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel les électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak. Ils sont officiellement 13 candidats à se présenter à cette élection, mais quatre se démarquent de leurs rivaux. 

Amr Moussa

Amr Moussa

REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

 

Amr Moussa, le diplomate qui veut contrer les islamistes

Le camp laïque est représenté par l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, 75 ans. Il se veut le garant d'une Egypte pluri-confessionnelle ouverte à la modernité. Face à la poussée des Frères musulmans et des fondamentalistes salafistes, qui contrôlent déjà le Parlement, il dénonce le risque de voir le pays servir de "champ d'expérimentation" aux adeptes de l'islam politique. Mais dans un pays très conservateur, il n'oublie pas de souligner qu'il est de confession musulmane, et assure faire ses cinq prières rituelles par jour. 

Son poste de ministre des Affaires étrangères d'Hosni Moubarak pendant dix ans -de 1991 à 2001- conforte sa stature d'homme d'expérience, mais l'expose aux critiques de ceux qui voient en lui un "vestige" de l'ancien régime. Pour y remédier, il rappelle à mots couverts sa rivalité avec le raïs déchu, que l'on disait jaloux du charisme de son diplomate-en-chef. Il met aussi en exergue ses années passées, de 2001 à 2011, à la tête de la Ligue arabe, où ses envolées à la tribune contre Israël n'ont fait qu'ajouter à sa popularité parmi les Egyptiens. Il ne fait pas mystère de son peu d'enthousiasme pour les accords israélo-égyptiens de camp David de 1979, mais promet ne pas remettre en cause la paix avec l'Etat hébreu. 

 

Aboul Foutouh, islamiste indépendant et rassembleur

 Abdel Moneim Aboul Foutouh

Abdel Moneim Aboul Foutouh

REUTERS/Asmaa Waguih

Curieux personnage que cet ancien haut dirigeant des Frères musulmans, qui obtient à la fois le soutien de salafistes comme de libéraux. Abdel Moneim Aboul Foutouh, médecin de 61 ans, a égalerment reçu le soutien du groupe radical Gamaa Islamiya, qui avait été impliqué dans l'assassinat du président Anouar al-Sadate. Son engagement au sein des frères musulmans lui a valu d'être emprisonné à plusieurs reprises sous l'ère Moubarak. Il a été exclu exclu de la confrérie au printemps 2011 après avoir annoncé sa volonté de se présenter à la présidentielle, alors que les Frères avaient annoncé qu'ils ne présenteraient pas de candidat. 

Il se présente comme le candidat de la révolution qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011. Son image de rassembleur vient en partie du fait qu'il s'est entouré d'une équipe variée dont font notamment partie des marxistes, des féministes et des Coptes (chrétiens d'Egypte). 

Il est actuellement le président de l'Union médicale arabe, un groupe d'aide d'urgence, qui a envoyé de l'aide à Gaza, en Syrie et en Libye en temps de conflit. Aboul Foutouh a fait du droit à une couverture médicale et à l'éducation l'un des thèmes majeurs de sa campagne. 

 

Mohammed Morsi, "roue de secours" des Frères musulmans

Mohammed Morsi

Mohammed Morsi

REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans (parti de la liberté et de la justice), est un candidat par défaut. Il est surnommé la "roue de secours" depuis qu'il a remplacé au pied levé le premier choix de la puissante confrérie, Khaïrat al-Chater, invalidé en raison d'une vieille condamnation.  

Mohammed Morsi se présente comme le "seul candidat avec un programme islamiste", partisan d'un "projet de renaissance" fondé sur les principes de l'islam. Il souhaite des relations "plus équilibrées" avec Washington, et menace de revoir le traité de paix avec Israël si les Etats-Unis bloquent leur aide à l'Egypte. Pénalisé par une entrée tardive en campagne et un manque de charisme, Mohammed Morsi est donné éliminé dès le premier tour. 

Pour autant, il est arrivé ce lundi en tête du vote des expatriés grâce au soutien massif de la communauté égyptienne en Arabie saoudite, selon les premiers résultats publiés. 

 

Ahmad Chafic, un ancien de l'ère Moubarak

 Ahmad Chafic

Ahmad Chafic

REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Parmi le trio de tête des candidats figure Ahmad Chafic, 70 ans, pur produit du système politico-militaire égyptien. Dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, il partait pourtant avec un lourd handicap après la révolte de 2011. Ce général qui fut chef d'état-major de l'armée de l'air a failli être disqualifié après l'adoption d'une loi interdisant aux plus hauts responsables de l'ère Moubarak -les "fouloul"- de se présenter à la présidentielle, avant d'être rétabli in extremis dans la course. Chafic espère séduire les Egyptiens lassés des soubresauts politiques et de la détérioration de l'économie, en faisant de la stabilité et de la lutte contre le crime son cheval de bataille. S'il était élu, il s'est dit prêt à nommer un vice-président islamiste, qu'il soit Frère musulman ou salafiste. 

Deux récents sondages, l'un commandé par un quotidien indépendant, l'autre effectué par un organe gouvernemental, l'ont donné en tête au premier tour. Mais ce classement provoque le scepticisme de nombreux observateurs, la méthodologie des sondages -un exercice nouveau en Egypte- étant jugée très incertaine.   lexpress

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 05:51

Bars fermés: mise en garde des autorités aux salafistes


Le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri, a mis en garde lundi les salafistes, qui ont récemment tenté d'interdire la vente d'alcool dans la ville de Sidi Bouzid (centre) en fermant par la force plusieurs bars.

Je dis à ces gens là -les salafistes- qui pensent que l'Etat a peur d'eux, que la promenade est terminée et que ceux qui dépassent les lignes rouges vont être punis, a-t-il précisé sur les ondes de la radio tunisienne privée Express FM.

Sidi Bouzid est la ville d'où est partie la révolution tunisienne en décembre 2010, ayant abouti à la chute en janvier du régime de Zine El Abidine Ben Ali, après l'immolation par le feu d'un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, devant le gouvernorat.

La mise en garde du ministre intervient à la suite de la fermeture musclée par des salafistes de plusieurs dizaines de bars à Sidi Bouzid.

Depuis vendredi, des salafistes qui tentent d'interdire la vente de l'alcool dans cette ville, ont demandé aux propriétaires des bars et de points de vente de fermer leur locaux avant d'avoir recours à la force pour imposer leur loi, a expliqué à l'AFP une source sécuritaire sur place.

Des salafistes avaient mis samedi le feu à un dépôt d'alcool à Sidi Bouzid suscitant la colère de quelques habitants et des vendeurs d'alcool. 

Protestant contre cette attaque, des habitants et vendeurs d'alcool avaient alors mis le feu à leur tour à un tas de pneus et tiré avec un fusil de chasse devant une mosquée au centre de la ville, a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Tarouch.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités, a-t-il ajouté.

La montée des salafistes radicaux depuis la révolution de 14 janvier qui a abouti à la fuite de l'ex-président Ben Ali en Arabie saoudite, suscite la crainte de nombreux Tunisiens.

La mouvance salafiste se partage entre les piétistes, qui ne se mêlent pas de politique, les politiques et les jihadistes, pour qui la violence est légitime pour imposer la religion.

Les salafistes et leurs sympathisants en Tunisie sont estimés par des chercheurs à une dizaine de milliers.

Depuis les élections d'octobre 2011, les islamistes radicaux regroupés dans la nébuleuse salafiste se manifestent à tout bout de champ: dans les universités pour imposer le port du niqab, devant les tribunaux pour fustiger une chaîne de télé accusée d'avoir diffusé un film blasphématoire, dans les manifestations où des journalistes ont été agressés.

Plusieurs milliers de salafistes tunisiens se sont invités dimanche à Kairouan (centre), quatrième ville sainte de l'islam. 

Venus en bus de plusieurs régions de Tunisie, ces partisans d'Ansar al Charia, l'un des mouvements les plus radicaux de la mouvance salafiste en Tunisie, lancé en avril 2011, ont investi toute la journée la grande mosquée et la médina de la ville.   
romandie

 

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Plus d’alcool à Sidi Bouzid, dixit les salafistes

 

Les salafistes ont effectué, samedi 19 mai 2012, une opération de ratissage visant la fermeture des points de vente de boissons alcoolisés et, partant, tous les bars, hôtels et dépôts de vente d'alcool de la ville, selon plusieurs sources concordantes. Même les locaux de vente des glaçons alimentaires ont été pris pour cible, selon d’autres sources. Le but visé est «plus d’alcool à Sidi Bouzid».

Selon un premier témoignage recueilli par Shems Fm, les habitants de Sidi Bouzid ont protesté auprès du gouvernorat réclamant la fermeture de ces lieux, à cause des tapages nocturnes, braquages et autres inconvénients, mais leur demande est restée lettre morte. Les habitants ont réclamé alors l’aide des salafistes qui ont fait, samedi, le tour des lieux pour interdire la vente d’alcool. 

En représailles, les vendeurs d’alcool ont attaqué la mosquée, après la prière du soir, armés de fusils de chasse, d’armes blanches et de pierres et agressant les personnes présentes, toujours selon le témoignage de Shems Fm. En colère, les habitants se sont dirigés vers des entrepôts de vente d’alcool pour les incendier. Le témoin a précisé qu’un sit-in de protestation aura lieu, dimanche dans 8 mosquées, après la prière du « dhohr », en protestation contre cette agression.

D’autre part, Mahjoub Horchani, propriétaire d’un hôtel dans la ville, a indiqué à Shems qu’une cinquantaine de personnes se sont attaquées à son établissent détruisant les équipements de son bar et de son restaurant. Elles ont fait sortir les clients en les agressant et brutalisant.
Ces individus l’ont menacé que s’il rouvrait son établissement, ce dernier sera incendié. Pour lui, il s’agit d’un acte prémédité car la majorité des intervenants n’étaient pas originaires de la ville, selon ses dires.

Pour sa part, Faouzi Gamoudi, propriétaire d’une grande surface, a précisé à Shems Fm que vendredi des individus sont passés pour avertir que la vente des boissons alcoolisées est dorénavant interdite.
Samedi, un groupe de 200 à 250 salafistes portant le "kamis" et arborant des bâtons est passé réclamant la fermeture des lieux sous les takbirs.

Minuit passé, M. Gamoudi a été contacté par son gardien lui annonçant que ces entrepôts ainsi que 4 camions flambant neufs ont été incendiés par des salafistes outre la détérioration et le vol d’autres de ses biens, toujours selon ses dires. Il estime la valeur des dégâts subis à pas moins de 700 mille dinars.  businessnews

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 05:23

Controverse: la machine se met en branle

Les Destouriens et les Rcédistes interdits de politique durant cinq ans?

 

Des membres de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) appartenant au Congrès pour la République (CPR), avant qu’il ne soit scindé en deux, ont déposé, le 17 avril dernier, un projet de loi au bureau d’ordre de l’ANC cherchant à bannir les Rcédistes de tout droit d’appartenir à des partis politiques durant cinq ans, chose que plusieurs observateurs jugent rocambolesque.

 

Ce projet de loi, constitué d’un seul article, empêche tous ceux qui ont assumé des responsabilités politiques durant la période allant du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011, comme membre de gouvernement , secrétaires généraux ou secrétaires généraux adjoints du RCD, secrétaires généraux de comités de coordination ou président de cellules de faire partie d’un parti politique. Cette sanction qui a bien l’air d’être une les mettra hors-jeu tout au long de cinq longues années (certains proposent 10). C’est en quelque sorte une malédiction s’apparentant à une traversée forcée du désert. Ce projet a été discuté, dernièrement, au sein de la Commission des Droits et des Libertés au sein de la Constituante. Même s’il a gagné le soutien de plusieurs membres nahdhaouis de la Commission, il n’a pu conquérir l’unanimité.

 

Parallèlement aux débats au sein de cette commission, les parti « Al Moubadara », le parti National Tunisien et le parti National libre ont manifesté leur refus de ce projet d’exclusion des Destouriens et des Rcédistes de la vie politique. Ils considèrent qu’il s’agit là d’une punition collective et d’une atteinte aux libertés publiques et individuelles, contraire aux Droits de l’Homme les plus élémentaires. Ils pensent que c’est un précédent dangereux, qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire contemporaine. Ils rappellent qu’ils ont été déjà punis par l’article 15 qui les avait privés de présenter leurs candidatures aux élections de la Constituante. C’était une mesure limitée dans le temps et réservée aux élections du 23 octobre. Ils précisent que les empêcher d’appartenir à un parti politique les prive de leurs droits de citoyens. Ils rappellent que ces droits ne peuvent être retirés que par des jugements prononcés par des tribunaux. Seul le pouvoir judiciaire peut priver des Tunisiens de leurs droits civiques et politiques.

 

L’exclusion et les punitions collectives ne sont pas conformes aux valeurs de tolérance de l’Islam. Ils rappellent que les exclure par les nouveaux gouvernants ne fait que reproduire les injustices de la période dictatoriale. Ils pensent que le pays a besoin d’apaisement, de dépassement des intérêts partisans…

 

Le bureau de l’Assemblée Nationale Constituante doit examiner le projet et décider de le présenter ou non aux débats en plénière.

 

C’est une position politique qui dépend de la bonne volonté et du bon vouloir des gouvernants. Le paradoxe est que les Rcédiste sont convoités par Ennahdha et les autres. Lorsqu’ils veulent militer pour leur propre compte, certains veulent les en priver. Une année et demie après la Révolution va-t-on continuer à exclure par la loi au lieu de le faire à travers les urnes ?

 

Va-t-on laisser jouer l’émulation loyale entre partis politiques ? Ou va-t-on opter pour l’exclusion et profiter du vide?

Les prochains jours en diront plus.   Hassine BOUAZRA; etemps


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Un débat triste et sans la moindre conscience du contexte actuel de la Tunisie

À propos du CPR 
 
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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 05:37

Anonymous 

Ne pas oublier : 22 mai, grande manifestation à Montéal 

 

 

 

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Le gouvernement défend sa loi spéciale, une contestation s'organise devant les tribunaux

 

Le ministre des Transports du Québec, Pierre Moreau

 

Tandis que le gouvernement continue de défendre sa loi spéciale, au lendemain d'une manifestation s'étant conclue par une émeute, à Montréal, une réplique juridique s'organise.

En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, dimanche, le ministre des Transports du Québec, Pierre Moreau, a martelé que la loi 78 n'empêchait pas les manifestations. Il a insisté sur la notion de « grave danger pour la sécurité publique » qui encadre le pouvoir des policiers.

« Faudrait pas accuser les pompiers d'avoir mis le feu », s'est défendu M. Moreau, rappelant les objectifs de la loi, selon le gouvernement, soit d'assurer la paix sociale et le droit à l'éducation, ainsi que de sauver les sessions des étudiants qui souhaitent les poursuivre.

Aux critiques du bâtonnier du Québec, M. Moreau a opposé l'appui de Patrice Garant, professeur émérite à la faculté de droit de l'Université Laval. « Un gouvernement ne décide pas d'écrire un projet de loi sur le coin d'une table », a lancé le ministre.

Sur la question de la hausse des droits de scolarité, à l'origine de ce que certains décrivent maintenant comme une crise sociale, Pierre Moreau a rappelé que le gouvernement avait proposé un étalement de l'augmentation, un régime de prêts et bourses plus généreux et un remboursement proportionnel au revenu.

Le ministre Moreau a réitéré que le gouvernement était prêt à maintenir une « ligne de discussion » avec les associations étudiantes, mais qu'il fallait que les deux parties soient prêtes à faire des concessions. « On ne doit pas s'asseoir à une table en se disant : "Il y a un de nous deux qui va mourir, la bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas moi" », a-t-il imagé.

 

Une loi ouvrant la porte à l'arbitraire, selon Juripop

Le directeur général de la clinique juridique Juripop, Marc-Antoine Cloutier, estime que la loi 78 est « tellement discrétionnaire » que son application « ne peut qu'être arbitraire ».

« Il y a une incompréhension citoyenne. Le citoyen qui lit la loi et qui veut donner son opinion ne sait pas trop comment le faire. Comment on fait pour savoir si les organisateurs ont donné leur trajet ou non? Qui décide si 50 personnes manifestent ou prennent simplement une marche? Pour quelle cause, pour quel groupe d'âge peut-on appliquer la loi? Les policiers disent qu'ils vont appliquer la loi avec discernement; ça veut dire quoi? Ça laisse tellement de pouvoir à la police qu'on s'y perd », a expliqué M. Cloutier, dimanche.

Les avocats de Juripop comptent déposer cette semaine, au nom de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), une requête en Cour supérieure pour modifier certains aspects de la loi spéciale. Ils veulent aussi débattre de l'ensemble de la loi en juin. « Nous avons reçu plus de 500 courriels. Il y a notamment des curriculum vitae d'avocats, des lettres de professeurs et de constitutionnalistes qui nous offrent leur appui », a souligné Marc-Antoine Cloutier, ajoutant que 170 000 personnes appuyaient la contestation de la loi sur Internet. radio-canada

 

 

_______________________________________________________________________Point de vue

Fin de régime à Québec
Ne touchez pas à nos enfants, manants !

Jean Charest haussa le ton et sa voix menue fut entendue jusqu’au fond du Salon bleu par les reporters de la presse docile. Ce n’est pas la fin de règne qu’il avait souhaitée. La clique de journalistes qui lui sont attachée comprit qu’ils devaient s’ajuster, car bientôt eux tous devraient servir un nouveau sous-fifre.

Dans ses rêves les plus fous, Charest s’était vu quittant la vie publique sous les applaudissements de ses partisans, bénéficiant de l’entendement complaisant de ses mandants, hypocrites et soumis,  chacun ayant un bon mot pour lui, plutôt que ces chuchotements venant du fond du parlement en ces derniers moments de son gouvernement décadent.

Foin de cette gloire éphémère! Les rues de Montréal, de Québec, de Sherbrooke, de Gatineau, de Rimouski sont maintenant jonchées de verre brisé, d’affiches le conspuant, de pancartes le ridiculisant, lui le manant. Les rues de ces cités remplies de chiens enragés, de chevaux apeurés, de policiers ameutés, casqués, masqués, armés, rangés, boucliers et matraques levés, discrédités, défiés par ces milliers et ces milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes et de parents endoloris par ce gâchis. Parents heurtés certes mais fiers de leur progéniture - plus déterminée que nous ne l’avons jamais été - à rejeter le diktat des haut placés – des capitalistes milliardaires et de leurs thuriféraires tellement désolés – non pas désolés de voir nos jeunes matraqués, pas du tout – désolés de se voir gâcher leur sortie de piste après des années de bons et loyaux services au service des riches.

Depuis le début de ce conflit le 12 février dernier, contre ces jeunes malappris, pense-t-il; qu’il traita avec mépris du haut de sa grandeur légitime, pense-t-il; jusqu’à ce chant du cygne de la disgrâce commandé par ceux qui à Sagard avaient placé en lui toute leur confiance, aujourd’hui déçue, pense-t-il.

Ti-Jean, transfuge de Conservateur-libéral à Libéral-conservateur, n’a-t-il pas reçu le sceptre du pouvoir des mains de celui qui le détient ? N’a-t-il pas reçu l’onction de l’arrogance des mains de ceux qui font les Premiers ministres dans le richissime domaine privé du haut de la falaise surplombant le fleuve aux grandes eaux ?

Réunie récemment au domaine de Sagard, autour de la Table ronde des chevaliers d’industrie et de la finance, ils ont désigné le   prétendant politique vassal qui lui succédera. Ti-Jean répudié mais quand même décidé à livrer ce qu’il a promis, suit son chemin avant que d’être congédié. 

ILS NE VEULENT PAS FAIRE «LEUR PART» POUR LES RICHES

Ce ne sont que des jeunots délurés, pense-t-il; inconscients et irresponsables, pense-t-il; qui lui ont barré la route vers un nouveau mandat, pense-t-il; qui refusent de faire « leur part » pour sortir les milliardaires de Sagard de la misère pense-t-il. Ces jeunes sont convaincus qu’ils ont assez donné – particulièrement leurs parents ouvriers - travailleurs – chômeurs – petit-bourgeois paupérisés. Ces jeunes effrontés refusent de verser 1778 $ par année pour le profit de ces milliardaires « appauvris » par leurs crises économiques successives; vous savez ces constructeurs de routes, de ponts, d’hôpitaux, de complexes municipaux et autres prévarications qui sont légion en cette fin de régime. Le Président de Rio-Tinto Alcan est présent, qui tend la main et reçoit ses 75 millions de subventions des mains du représentant du gouvernement : il apprécierait ce Président  que les étudiants fassent « leur part » pour le bénéfice de ses actionnaires. Ils sont des dizaines ainsi à se presser dans l’antichambre de la corruption, à inciter Ti-Jean l’ébouriffé à écraser ces jeunes révoltés.

TI-JEAN A SON PLAN

Depuis le début de ce combat, Ti-Jean l’ébouriffé avait espéré qu’ils allaient s’essouffler pensait-il; sa tactique avait consisté à nier. Puis, dix semaines de grève et 300 000 grévistes plus tard, il consentit à   discutailler, mais jamais des droits de scolarité, juste de quoi gagner du temps car, pensait-il, ils allaient s’essouffler. Observant que les jeunes ne s’effondraient pas, il pensa que ses cerbères allaient leur faire leur affaire – les limiers de l’insécurité enragés déguisés en Robocop, largués par camions, chevaux, autos, motos, bicyclettes, hélicoptères, ne firent pas dans la dentelle et y mirent tout leur zèle. 1000 arrestations et 800 blessés et estropiés plus tard, ils allaient s’essouffler, pensait-il; mais rien n’y faisait, alors Ti-Jean le sortant eut une idée – il était ministre de la jeunesse tout de même. Il ordonna aux juges et aux tribunaux de se compromettre et de réaliser par la loi ce qu’il ne parvenait pas à faire avancer par l’effroi.

L’INJUSTICE DES RICHES

Les juges à la solde, l’avant dernier rempart de la loyauté envers les puissants de Sagard, où quelques privilégiés ont été reçus en audience, reconnaissants de pouvoir contempler la Légion d’honneur du seigneur des lieux, heureux de baiser l’anneau et de ployer le genoux devant le pontife de l’assemblée des riches. Les juges se mirent vaillamment de la partie et jetèrent de ce côté-ci de la balance d’injustice leurs misérables injonctions de chiffon, espérant stopper la marée humaine des indignés – outrés – désillusionnés à propos de la justice des milliardaires.

Cinq cents injonctions plus tard, ils allaient s’essouffler, pensa-t-il ! Eh bien non, son dauphin s’approchait déjà et Ti-Jean n’avançait pas d’un pas. S’il ne parvenait pas à créer l’illusion d’une solution, il recevrait une sommation de se présenter au château de Sagard – devant la table de ses pairs – rien d’autre en mains qu’une masse de révoltés refusant de faire ce que leurs pères avaient toujours fait avant eux : payer et se la fermer.

ÉTUDIER PENDANT UNE GRÈVE DES ÉTUDES ?

Empêcher les jaunes étudiants « scabs » de suivre leurs cours pendant une grève votée par la majorité est un devoir pour les Partisans qui doivent faire appliquer les décisions de l'assemblée générale, coûte que coûte. Sinon, inutile de faire grève comme chaque ouvrier en conviendra. Plutôt qu’une loi anti-scab Ti-Jean a concocté une loi pour protéger les « scabs » !

À propos des casseurs - des communistes - des étrangers malfamés, infiltrés, voilà une vieille rengaine chauvine ressortie d’une époque  ancienne. Cette théorie paternaliste-journalistique voudrait laisser croire que les Québécois sont des moutons dociles, soumis, ataviques,  résignés, prêts à la tonte; elle voudrait laisser croire que s'il y a de la résistance aux injustices et une guerre de classes pour défendre le droit à l'éducation pour tous, c'est obligatoirement le fait d'étrangers malveillants – le fait de casseurs infiltrés - qui ne peuvent pas refléter « nos » valeurs en la Vierge Marie et au Frère André (ce furent des arguties déclamées pendant la grève de l'amiante dans les années cinquante).

Vous en conviendrez, cette rengaine des infiltrations est ancienne et elle méprise notre peuple. Nous sommes à majorité des révoltés, des opposants enragés contre le crime consistant à nous transférer sur le dos le coût de leur crise économique et de leur faillite. Que Sagard assume sa crise, désolé si les profits des Desmarais ne sont pas aussi élevés qu’espéré; ceux de Bombardier aussi, et pour les profits des banques et bien tant pis! Que les riches payent et qu'ils se débrouillent avec leurs crises en rafale, nous ne payerons pas.

RACAILLE JOURNALISTIQUE ET ANALYSTES À LA SOLDE

Je sais que l’on m’en voudrait d’oublier les chiens de garde du régime – les prêtres assesseurs – les Fous des puissants – caméra au poing comme une arme sélectionnant minutieusement les images capables de faire paraître coupable le moutard innocent et d’attirer la pitié sur le policier casqué – masqué – armé – blindé – protégé par ses  coéquipiers meurtriers.

Derrière ce compère à la caméra austère, trottine et vitupère le reporter à la langue de vipère, quêtant l’aveu de violence de l’étudiant menotté, isolé, presque nu dans les rues de la ville, éperdu, bloqué, encerclé, matraqué, un caillou entre les genoux, « l’assassin ». Le reporter a trouvé un enfant pleurant dans un coin, une pierre à la main, sous un hélicoptère battant l’enfer – la voilà la violence des manifestants étalée dans toute sa crudité – provocante – capable d’ébranler les fondements de cette société que lui, l’affidé bien payé, veut tant préserver. Il a eu tant de mal à le dégoter cet emploi de journaliste servant, pour ne pas se le laisser chiper par le premier venu plus soumis, plus flagorneur que lui; alors ils crient, le Poirier, le Roy, le Lester, le Mario, le Pratte, le Lapierre, le Martineau et autres misérables : « Qu’on le pende cet enfant, qu’on les pende tous avant qu’ils ne nous aient fait perdre nos emplois fragiles. Voyez, patrons Desmarais, Péladeau, Charest, Harper, je bègue plus fort que tous les autres aspirants. ».

Tous les jours sur les chaînes télé, chaque matin dans les quotidiens, les relayeurs des scribouilleurs sur le terrain, les experts en tout et en rien du tout, faisant fi de leur déontologie et de leur feuille de vigne d’objectivité, se transforment en éditorialistes et s’appesantissent sur la « nouvelle », cherchant à lui faire dire le contraire de ce qu’elle appelle.

« Le gouvernement indifférent a tout fait pour s’entendre avec les étudiants, disent-ils. Les étudiants ont tout fait pour perdre leur session, leur argent et leur avenir. Ils veulent étudier « pour ne pas étudier » et n’être jamais diplômés, disent-ils. Les jeunes se battent très fort pour la gratuité scolaire, juste pour faire l’école buissonnière, disent-ils; et autres salmigondis, disent-ils ».

L’ÉTONNEMENT DES BIEN PENSANTS

Comprenez l’étonnement de tous ces bien-pensants. Ces jeunes gens ne respectent ni monsieur le Premier Ministre, ni son excellence le milliardaire en coulisse, ni les députés dévoyés, ni les juges soudoyés, ni les  journalistes enrégimentés, ni les policiers armés-meurtriers, ni les recteurs surpayés, ni les spéculateurs contributeurs, ni les maires  prévaricateurs, ni les analystes enragés. Mais à la fin, qui respectent-ils ces étudiants ? Leur père ouvrier, leur mère mortifiée, leurs camarades solidaires – grévistes pour la justice et contre la hausse des droits de scolarité - toutes gens inconnues que l’on a jamais vues à la télé de Péladeau ni dans la grosse Presse à Desmarais, ni à Radio-Can à Harper.

Et ces biens pensants de pontifier : « Nous, pauvres gens, nous avons toujours ployé l’échine devant les puissants, pourquoi ces enfants ne peuvent-ils en faire autant ? Ils ne peuvent vaincre les anges de la mort – nous avons essayé et nous avons été écrasés, ils le seront tout autant ».

Jean Charest sait que sa carrière politique se termine ici, qu’à Sagard ils ont déjà décidé de le congédier pour son incapacité à gouverner, qu’il faudra rapidement le remplacer et qu’il ne lui reste que l’indignité de transmettre à son successeur cet héritage désastreux. Pourtant, il doit gagner du temps pour préparer la place de son adjudant. Voilà pourquoi il édicte sa « Loi 78 » pour mépriser – casser – écraser ces jeunes qui pourtant ne peuvent être vaincus.  

Dans un mois, dans six mois, dans deux ans, dans cinq ans, ils reprendront le combat, à moins que la société québécoise ne se résigne à vivre éternellement sous cette loi des mesures de guerre qui ne dit pas son nom. Et même sous cette loi, la résistance est encore possible, le maquis urbain menace tous ces larbins qui demain se demanderont ce qui survient soudain au pays de Maria Chapdelaine, du Survenant, de Ti-Coune Charest et des Partisans.

Ti-Jean prétend vouloir assurer l’accessibilité de l’éducation pour tous et, pour ce faire, il présente une loi ignoble (Loi 78), mais alors pourquoi attaquer l’accessibilité à l’enseignement par une hausse des droits de scolarité qui chassera plus de 7000 étudiants par année des universités ?

Simple, Ti-Jean, décrète le gel des droits de scolarité et le tour est joué. Si ce n’est pas toi ce sera ton Juda qui le fera. Les jeunes peuvent être matraqués mais ils ne peuvent être battus.  

 par Robert Bibeau` mondialisation

 

 

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Les manifestations se poursuivent

Québec, soir  du 20 mai

 

Montréal , matin du 20 mai

 

 

 

 

 

 

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 04:43

Le retour de l’enseignement zeitounien perçu comme une régression



 

Synonyme de développement de sociétés et de démocratie, la société civile est considérée comme une sphère d’action à différencier de l’Etat. Elle a également, pour rôle de faire le contrepoids au régime au pouvoir afin de garantir la liberté et les droits des citoyens sans pour autant négliger un facteur d’une importance majeure : l’éducation à la citoyenneté. Une citoyenneté positive, fructueuse apte à changer le sort de tout un peuple.

 

Partant de ce principe, un groupe d’associations tunisiennes a pris l’initiative pour la deuxième fois d’organiser le Forum du Citoyen Actif durant deux jours. En fait, suite au succès du 1er Forum de la société civile, tenu le 2 avril 2011, l’Atuge, Tounesna, Util, Sawty et Trait d’Union Tunisie ont réuni les 18 et 19 mai, 200 associations à la Cité des Sciences de Tunis pour réfléchir à leur rôle dans la Tunisie post-révolution et mieux s’organiser dans le domaine. Certains annoncent déjà leurs sujets d’intérêt : la lutte contre le retour de l’enseignement Zeitounien. Un groupe d’associations compte se réunir très prochainement pour établir un plan d’action dans ce sens.

 

Née pendant le siècle des Lumières, l’idée de la société civile est conçue comme un champ d’action libre, démocrate où, les individus vivent ensemble tout en étant des citoyens libres de parler et d’agir et surtout de jouir de leurs droits. Ce principe a bel et bien été confirmé lors du forum où, l’on a donné l’occasion à un nombre important d’associations d’avoir une vision globale sur leur place et surtout leur rôle dans la nouvelle Tunisie. Le rendez-vous était également, une opportunité pour mieux définir les champs d’action présents et futurs et de créer des synergies entre les différents acteurs dans les mêmes domaines. Pour ce faire, plusieurs ateliers et séances plénières ont été organisés pour mettre l’accent sur plusieurs thèmes, entre autres, le pouvoir et le contrepouvoir, le développement et l’emploi, la citoyenneté et la vie associative ainsi que la citoyenneté et la solidarité.

 

Débat chaud

 

Des thèmes d’actualité ont fait l’objet d’un débat chaud. En effet, l’atelier placé sous le thème citoyenneté et solidarité, a été marqué par un débat sur le retour de l’enseignement zeitounien. Cette question d’importance majeure et surtout d’actualité brûlante a été évoquée par les acteurs de la société civile plus particulièrement, ceux qui s’inquiètent pour le devenir de nos écoles. Dans ce cadre, les participants se sont mis d’accord sur l’urgence de se réunir dans les quelques jours à venir pour examiner cette question et établir un plan d’action afin de protéger la formation scolaire et universitaire menacée.

 

Dans ce sens, Emna Menif a proposé d’agir de la même manière que celle adoptée par une coalition d’associations formée pour être vigilante au niveau des libertés et des droits. Elle recommande de généraliser cette expérience dans tous les secteurs et domaines qui touchent de près ou de loin les citoyens. « Il faut qu’il y ait une plate-forme de communication informatisée pour partager et échanger les informations rapidement, d’où plus d’efficacité », propose également, Mme Menif tout en mettant l’accent « sur l’organisation des associations lesquelles doivent être bien équipées et structurées ».

 

En fait John Locke, considère qu’il est du devoir de l’Etat de garantir au citoyen l’égalité devant le droit, la liberté, l’intégrité et la propriété. Si ces principes démocratiques ne sont pas respectés, les citoyens ont dès lors le droit, au titre de société citoyenne, de se rebeller et d’agir contre le pouvoir en place. La société civile tunisienne pourra-t-elle jouer son rôle correctement sans tomber dans les pièges des partis politiques ?

Sana FARHAT; letemps

 

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À partir  du 17`53``

 

 

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L'enseignement zitounien, pourquoi faire?

 

L'enseignement zitounien appartient bel et bien au passé. Il avait fait ses preuves de par le passé . Il était axé sur les sciences théologiques sans pourtant exclure les sciences exactes . De grands théologiens ont vu le jour et font honneur à l'ensemble des Tunisiens. Leur approche de l'islam s'est toujours distinguée par une attitude avant-gardiste qui a toujours fait l'exception tunisienne. Ceci n'était pour plaire aux défenseurs des thèses théologiques sclérosées de l'Orient. Tahar Ben Achour en fait partie. De même que Taher Haddad le chef de file de l'émancipation féminine en Tunisie.

 

Seulement , on doit reconnaître que parallèlement à la Zitouna, il y avait ceux qui optaient pour les écoles françaises et qui choisissaient la voie de la modernité où l'enseignement de la théologie est relégué aux oubliettes. Les premiers médecins , ingénieurs, avocats... sortaient des écoles françaises et non de la Zitouna . Ils étaient les premiers à construire la république de l'indépendance. La voie par la suite était tracée. Les choix étaient clairs: construire un Etat moderne , tourné vers les sciences exactes, vers l'enseignement selon les normes de la modernité.

 

L'enseignement zitounien est desormais enseigné non plus dans les mosquées sur des nattes par des cheikhs, mais dans un cadre moderne , dans des universités qui gardent le même nom: « La Zitouna ». Les enseignants sont recrutés selon des normes de compétence et parmi les plus attitrés. La théologie est désormais considérée en tant que science, loin du carcan de la tradition sclérosée. De grands docteurs ont vu le jour avec une formation qui privilégiait l'approche scientifique.

 

Ceci n 'était pas pour plaire aux traditionalistes qui veillaient sur le temple. Aujourd'hui , ils croient que le moment est propice afin de sortir tout leur venin et de ressusciter l'enseignement zitounien tel que le conçoit leur mentalité rétrograde. Ce ballon d'essai ne pourrait être orchestré que par le « morched » d'Ennahdha en personne, Rached Gannouchi. Le double discours de ce dernier n'est plus à démontrer. Il n'ose pas choquer les Tunisiens libres par les élucubrations de sa pensée rétrograde, il recourt alors à ces cheikhs ignorants qui trônent aujourd'hui sur la mosquée de la Zitouna pour tâter le terrain et préparer l'opinion publique aux plus sinistres des projets.

 

Déjà ces cheikhs qui ne font pas honneur à la Tunisie ont fait leurs preuves en mettant à la porte de la zitouna un professeur universitaire avec ses étudiants, les empêchant ainsi de travailler sur ce monument, au nom de l'ignorance érigée en système. On s'attendait à la réforme de l'enseignement et voilà qu'on nous sort un projet des plus rétrogrades qui nous ferait retarder d'un siècle avec la bénédiction des chefs spirituels (qui n'ont rien de tel) d'Ennahdha. Si pareil projet voyait le jour, on pourrait dire adieu à la Tunisie et à tous les rêves suscités par la révolution . exception-tunisienne

 

 

 

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Le come back de la Zitouna ou main basse sur l’enseignement en Tunisie!


 

Un Comité national de veille, d’action et de défense de l’enseignement républicain vient de voir le jour faire face au danger qui guette les institutions scolaires et universitaires par l’intrusion du wahhabisme.


Disons-le d’emblée et sans circonlocutions inutiles, c’est à la mise à mort du modèle de l’enseignement moderne tunisien que trois ministres, ceux de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et des Affaires religieuses, ainsi que le conseiller du Premier ministre pour l’Éducation et, last but not least, le chef du principal parti au pouvoir, Ennahdha, ont apporté leur caution officielle, samedi 12 mai, au cours d’une bien étrange et bruyante cérémonie qui a eu pour cadre la vénérable mosquée Zitouna.

 

Liquidation de l’héritage moderniste de Bourguiba

 

En apposant leur paraphe au bas d’un document qui redonne vie à un type d’enseignement d’inspiration religieuse et aux méthodes désuètes, ces officiels ont délibérément décidé de s’attaquer à l’œuvre moderniste mise en place en 1956 par le nouvel État post indépendant et par nos premiers responsables de l’éducation, les Lamine Chebbi, Mahmoud Messaâdi et Ahmed Noureddine!

 

C’est l’héritage de Bourguiba que MM. Moncef Ben Salem, Abdellatif Abid et Abou Yaâreb Marzouki cherchent à liquider définitivement, eux qui en sont le pur produit! C’est la division du peuple tunisien que l’on nous prépare par cet enseignement diplômant qui se veut autonome et distinct de celui de la république et auquel ont paradoxalement applaudi les deux ministres actuellement chargés de ce secteur en présence des plus notoires parmi les dirigeants salafistes! Ce sont de futurs talibans que l’on se prépare à nous former! C’est à de futurs censeurs du tunisian way of life que nous aurons bientôt affaire avec la bénédiction des plus hautes autorités de l’État!

Bourguiba à la Zitouna dans les années 1960: séparation, autant que faire se peut, de la religion et de l'Etat.

 

La «wahhabisation» de l’enseignement Zeïtounien

 

Ce serait là un scénario catastrophe improbable penseraient certains. Qu’ils lisent alors les déclarations de certains hommes de religion rapportées par La Presse de mardi 15 mai qui rend compte de la cérémonie dont il est ici question. Parmi les oulémas cités, le cheikh Mokhtar Brahmi, écrit le quotidien francophone, «en est venu à présenter purement et simplement ses condoléances au peuple tunisien […] pour la perte de la Zitouna, livrée, selon ses termes, aux wahhabites!»

 

Citons encore, toujours d’après La Presse, cheikh Farid El Béji qui ne cache pas sa satisfaction d’assister à la reprise des cours à la Zitouna, mais qui n’en est pas moins très inquiet: «La présence des salafistes au cœur de cette institution représente une provocation à l’adresse des Zeïtouniens et un signe qui ne trompe pas que des concessions leur ont été faites». Et notre cheikh de poursuivre ainsi: «Les salafistes, je les connais bien, je reçois de leur part des menaces de mort tout le temps. Ce sont des gens qui commencent par prôner le rassemblement et, à la moindre divergence, vous traitent d’apostat et appellent à votre mort... Ce sont des ‘‘exclusionnistes’’»!

 

Le grand imam de la Zeïtouna, cheikh Houcine Laâbidi, lui, serait d’un autre avis. La présence des chefs salafistes, est, selon lui, justifiée par son aspiration à unir tous les Tunisiens, note le journaliste de La Presse. Il considère, en outre, que «les ennemis, ce sont les autres, les ‘‘croisés’’», rapporte encore La Presse. Aussi, notre dignitaire religieux, qui serait le responsable proclamé de l’enseignement à la Zitouna, de déclarer que nos «médecins ont appris la médecine chez les Français avec les lacunes que nous connaissons, parce que les Français ne livrent jamais toutes les connaissances; ces médecins ne savent même pas s’expliquer en arabe et livrent des ordonnances incompréhensibles. Nous voulons moraliser la médecine, nous voulons des médecins à la fois compétents et pieux qui craignent Dieu. Qu’ils enseignent leur médecine et nous enseignerons la nôtre»!

 

Nous aurons donc dans un avenir proche et prometteur, selon ses promoteurs, non seulement deux types d’enseignement, l’un moderne et étatique et l’autre religieux et hors de tout contrôle avec ce que cela entend comme dérives, mais également, deux médecines, l’une classique, scientifique et reconnaissant des procédures et des protocoles internationaux et une autre spécifiquement musulmane! Et pourquoi pas aussi une chimie et une physique qui se contenteraient de leurs origines arabo-musulmanes et feraient fi de toute l’accumulation du savoir engrangé depuis les siècles du «salaf essalah»!


Ghannouchi à la mosquée Zitouna en 2012: la religion fait son entrée au coeur de l'Etat.

 

Pour sauver l’enseignement républicain

 

Pour lutter contre ce ridicule qui est en train de ternir le Printemps arabe et, notamment, la Révolution de la Liberté et de la Dignité dont les objectifs ne sont ni ceux du rétablissement de l’enseignement obsolète zeitounien, ni l’endoctrinement religieux, un Comité national de veille, d’action et de défense de l’enseignement républicain vient de voir le jour.

 

Animé par un ensemble d’universitaires et d’enseignants de tous les niveaux, le Comité s’est donné pour mission de faire face au danger qui guette les institutions scolaires et universitaires et, par conséquent, les générations futures et la société tunisienne dans son ensemble. Il condamne, d’ores et déjà, le projet de coupure de l’unité nationale auquel conduira infailliblement le futur enseignement sur une base religieuse à la Zitouna et qui s’est déjà prononcé contre la mixité. Il compte rappeler aux autorités compétentes les objectifs politiques et socio-économiques de la Révolution du 14 janvier et les inciter au respect des valeurs de la modernité qui ont donné sa spécificité au modèle tunisien également ancré dans la civilisation arabo-musulmane.

 

Le Comité national de veille, d’action et de défense de l’enseignement républicain se veut ainsi le garant résolu d’une Tunisie moderne, ouverte, juste, tolérante, égalitaire et démocratique. 

 

Par Mohamed Ridha Bouguerra; kapitalis

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 03:38

 

Salafistes, Hizb Tahrir, et Zmaqtal à Kairouan

 

Plusieurs milliers de salafistes se sont réunis, ce dimanche 20 mai, aux pieds de la mosquée Okba Ibn Nafâa, à Kairouan, répondant à l’appel du groupe Ansar El Chariaâ, le mouvement dirigé par Abou Yadh, alias Seiffedine Ben Hassine, qui célébrait en grandes pompes, son deuxième congrès annuel.

En qamis afghan, ou en tenue militaire, ils ont afflué de toutes les régions de Tunisie pour ce rendez-vous à Kairouan, dans l’une des villes les plus sacrées de l’Islam, désormais chamarrée de drapeaux noirs.

M. Ridha Belhaj, leader de Hizb Ettahrir, parti non reconnu légalement, a également était présent au congrès annuel des Ansar El Chariaâ, tout comme M. Moncef Ouerghi, connu pour ses sympathies salafistes, et fondateur du Zmaqtal, l’art de combat fortement médiatisé ces derniers temps.


zmaqtal 
Ridha Belhaj, leader du Hizb Ettahrir, à l'extrême gauche, Monceg Ouerghi, fondateur du Zmaqtal au premier plan

 

Une démonstration de force éclatante, pour un groupe radical qui a incontestablement gagné en visibilité dans la Tunisie d’après le 14 janvier. Mais il ne s’agit pas véritablement d’une première, puisque les djihadistes tunisiens ne craignent plus d’afficher haut et fort leurs revendications, comme le 14 mai, à l’aéroport Tunis-Carthage, pour protester contre le renvoi dans leur pays des prédicateurs marocains. Mais bien avant que l’on n’évoque les Tunisiens partis récemment rejoindre la Syrie en ébullition,  un rapport militaire américain daté de 2008, certifie que notre pays a exporté par tête d'habitant le plus grand nombre de djihadistes en Irak. En somme, la Révolution n’a fait que permettre le déploiement au grand jour, de groupes jusqu’ici cantonnés dans l’action souterraine. Leur leader Abou Yadh n’a en effet pas attendu le 14 janvier pour agir.


kairouan-salaf

 

En l’an 2000, il a cofondé le Groupe combattant tunisien, considéré dès 2002 par le Comité du Conseil de sécurité de l'ONU comme relevant d’Al-Qaïda. Abou Yadh s’est également illustré dans les montagnes d’Afghanistan, avant de se faire arrêter en 2003 en Turquie et extrader  en Tunisie. Condamné à  43 ans de prison par le régime de Ben Ali, Abou Yadh a été cependant libéré lors de l’amnistie qui a suivi la chute du dictateur. Et voici que le leader djihadiste est de plus en plus présent sur la scène politique tunisienne, et ne craint plus d’afficher publiquement les positions les plus radicales, quitte à gêner aux entournures un gouvernement (a priori) désireux de montrer l’exemple de l’Islam modéré.

 

A cet égard, il convient de rappeler que le ministre de l’Intérieur tunisien actuel, M. Ali Laâridh, a jugé «inévitable» la confrontation avec les djihadistes. Toutefois, tous les membres du parti Ennahdha au pouvoir, ne semblent pas partager ce point de vue, dans la mesure où des responsables de tout premier plan tels Habib Ellouze, ou Sadek Chourou, sont considérés comme proches de cette mouvance. En clair, le salafisme, même dans sa version djihadiste, n’a pas fini d’avancer ses pions en terre tunisienne.  mag14

 

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Les salafistes s'invitent à Kairouan pour leur meeting annuel

 

Bruits de sabre et de chevaux au galop, chants guerriers, treillis militaires sur tenues afghanes: les salafistes tunisiens se sont invités dimanche à Kairouan (centre), quatrième ville sainte de l'islam, sous le regard de commerçants et de quelques touristes interloqués.


Venus en bus de plusieurs régions de Tunisie, quelques milliers de partisans d'Ansar al Charia, l'un des mouvements les plus radicaux de la mouvance salafiste en Tunisie, lancé en avril 2011, ont investi toute la journée la grande mosquée et la médina de la ville.


"Le deuxième congrès des partisans de la charia se tient cette année dans une ville qui a une très forte symbolique historique et religieuse, et réunit tous les frères qui ont pour objectif de faire appliquer la charia de Dieu dans notre pays", indiquait le magazine "La promesse", distribué à l'entrée.


Une gigantesque banderole à l'effigie du mouvement a été déroulée sur le minaret de la célèbre mosquée, la plus vieille d'Afrique, et des salafistes montés sur les murs d'enceinte agitaient au vent des drapeaux noirs de l'islam, sur fond de chants religieux et démonstration d'arts martiaux, pour un spectacle rôdé et destiné à impressionner.

Des consignes très strictes ont été distribuées aux participants: ne faire "aucune déclaration" aux journalistes, tolérés mais sous surveillance serrée des organisateurs, "rester calme", se comporter avec justice et mesure y compris avec les "mécréants", "ne pas crier de slogans".


Ce qui n'a pas empêché les slogans habituels de ce genre de manifestation: "Juifs, juifs, l'armée de Mahomet est de retour", ou encore: "nous sommes tous les enfants d'Oussama" (Ben Laden), scandés par des groupes rappelés à l'ordre par les organisateurs.


"Ce rassemblement nous donne espoir, la révolution a été faite pour que la charia soit appliquée", a lancé à la tribune Ridha Bel Haj, leader du parti non légalisé Hizb Ettahrir.

"Chaque musulman est un jihadiste, le jihad est une obligation", a lancé un autre orateur, un cheikh du nom de Mokhtar Jibali.


Le leader d'Ansar Al Charia, Seif Allah Ben Hassine, alias Abu Yiadh, un ancien jihadiste inscrit en 2002 sur une liste de l'Onu des personnes ou groupes liés à Al-Qaïda, amnistié après la chute de Ben Ali, devait également s'exprimer.


Quelques touristes interloqués se sont retrouvés spectateurs du rassemblement salafiste, et ont rapidement déserté la mosquée et la médina. La plupart des commerçants de leur côté restaient muets. A l'abri des oreilles des salafistes, certains s'énervaient toutefois: "ils nous ruinent notre commerce", marmonnait un marchand.

"C'est eux qui se sont invités, ce n'est pas Kairouan qui les a conviés", murmurait un autre.

Dans la courette de leur maison mitoyenne de la mosquée, un groupe de femmes s'exprimait plus librement. "Franchement, ma première réaction en les voyant a été la peur. Je ne sais pas si cela portera bonheur ou malheur à la Tunisie, mais je crains une deuxième révolution religieuse", a expliqué Ouided, une mère de famille entourée de ses enfants.


"Ce qu'ils racontent, c'est du blabla. Et l'Etat est bien trop tolérant avec ces gens là", a lancé une autre fille.

La mouvance salafiste se partage entre les piétistes, qui ne se mêlent pas de politique, les politiques et les jihadistes, pour qui la violence est légitime pour imposer la religion.

Les salafistes et sympathisants en Tunisie sont estimés par des chercheurs à une petite dizaine de milliers.

De Cécile FEUILLATRE  afp

 

 

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 Les salafistes déclarent la guerre à Ennahdha 

 

 

Pas moins de 5000 salafistes se sont rassemblés, ce dimanche, à proximité de la mosquée Okba Ibn Nefaa à Kairouan, pour assister au deuxième congrès national d'Ansar al Charia, le groupe jihadiste fondé par Abou Iyadh. Libéré lors de l'amnistie qui a suivi la révolution, Abou Yadh est le co-fondateur en 2000 du Groupe jihadiste. Il a été inscrit en 2002 par le Comité du Conseil de sécurité de l'ONU sur la liste des sanctions de personnes ou de groupes liés à Al-Qaïda. Il a combattu en Afghanistan et a été arrêté en 2003 en Turquie, avant d'être extradé en Tunisie et condamné à 43 ans de prison par le régime de Ben Ali.

 

De nombreux observateurs cités par notre confrère Al Jarida estiment que cette rencontre marquera le point de départ d’une « confrontation » entre les partisans de ce courant et le mouvement Ennahdha, d’autant que les instances dirigeantes du courant salafiste ont commencé à reprocher à ce dernier sa « soumission » aux laïques et aux « hypocrites ».

 

Ceci pourrait signifier, selon les mêmes observateurs, la fin de la « lune de miel » entre les nahdhaouis et les salafistes suite à la poursuite des provocations entreprises par les bases de ce courant intégriste qui se répercuteront négativement sur la popularité d’Ennahdha aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, en raison de la prolifération des violations des libertés publiques , la liberté d’expression et des droits de la femme.  africanmanager

 

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Tunisian Terrorists Arrested in Syria Were Recruited by Tunisian, Libyan and Qatari Sides

Tunisian sources in Washington stressed that the Tunisian terrorists who were arrested on the Syrian territories had previously been detained in the Tunisian prisons to be later released by the current Tunisian government after the intervention of leader of al-Nahda Party, Rachid al-Ghannouchi.

The sources, who preferred not to be named, revealed in statements to the Kuwaiti al-Rai newspaper the names of 19 Tunisian terrorists who were arrested inside Syria, saying they had all been recruited under the patronage of the Security Attache at the Qatari Embassy in Tunis, al-Nahda Party and a number of Libyan extremists led by the former head of the Military Council in Tripoli, Abdul Hakim Balhaj.

The sources said that among the detainees are terrorists who had participated in armed operations on the Tunisian territories particularly during what was known as Suleiman events in 2007.

They highlighted that those terrorists carried out armed acts against the Syrian Army in response to fatwas issued by Takfiri clergymen in Tunisia.  sana.sy

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 06:00

 

 

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Loi 78 : lettre à la CAQ et au PLQ

 

 

 

Nous ne sommes pas encore en élection, mais j'aimerais tout de même adresser cette lettre concernant la loi d'exception 78 aux candidats de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral du Québec (PLQ) de Laurier-Dorion. Avec cette mesure restreignant le droit de manifester et d'association, la CAQ et le PLQ ont rompu le lien de confiance entre les citoyens et leur assemblée législative. À tel point, que même la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse avoue avoir de «sérieuses inquiétudes relatives aux libertés et droits fondamentaux (...) des citoyens du Québec».

La CAQ peut bien se vanter d'avoir adouci la proposition du gouvernement, il n'en demeure pas moins qu'elle a collaboré à une des pires transgressions de la constitution de l'histoire du Québec. Si la loi sur les mesures d'urgence a été modifiée en 1985 (anciennement mesures de guerre), c'est avant tout pour en restreindre l'usage aux «circonstances critiques à caractère d'urgence et de nature temporaire, auquel il n'est pas possible de faire face adéquatement sous le régime des lois». En bref, cette législation spéciale possède toutes les caractéristiques de cet ultime recours, et pourtant, la première question qui devrait venir à l'esprit des députés du PLQ et de la CAQ n'a jamais franchi le stade du murmure : est-ce que la crise actuelle pouvait se régler sous le présent régime ? Sans hésitation, la réponse est oui.

Dans ce régime, l'État pouvait ignorer sa jeunesse au prix des perturbations et de la violence dans les rues de la métropole. Le mouvement étudiant pouvait travailler avec l'indifférence, il en avait l'habitude, mais le mépris, ça, c'était nouveau. Et si jusqu'ici, les plus modérés ne remettaient pas en question la légitimité du gouvernement, ce bâillon aura réussi à rassembler tous les étudiants, pour ou contre la hausse, idéalistes ou pragmatiques, contre cet affront à la démocratie. Avec cette prise de position, la CAQ a décidé de se laisser entraîner dans la chute du PLQ et a fait une croix sur l'électorat progressiste. Elle a choisi de satisfaire sa base adéquiste plutôt que de miser sur ses propres solutions au conflit.

Hier encore, pour la paix sociale, les étudiants étaient prêts à négocier... à reculer sur leurs positions pour le bien de la nation. Aujourd'hui, la réponse du gouvernement est de retirer la liberté d'expression des Québécois. Ils ne sont peut-être pas vos amis du Conseil du Patronat ni des membres du breakfast club de Line Beauchamp, mais ils sont le Québec et là-dessus, il n'y aura aucun compromis!

Et demain, après les manifestations illégales, les arrestations, les amendes, les injonctions et les saisies de carrés rouges... rien ne pourra les empêcher de s'exprimer aux élections.

 WALID ROMANI   Écrivain et enseignant; lapresse


 

 

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Annonces de manifestations sur le web: la loi spéciale provoque des changements

Graffiti dénonçant la loi 78 au coin des rues Sainte-Catherine et Mansfield, à Montréal  © Simon-Marc Charron
 
   

La loi spéciale du gouvernement de Jean Charest adoptée vendredi soir à l'Assemblée nationale du Québec a déjà des impacts sur le web.

Le site « Bloquons la hausse » de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a fermé sa page Événements, sorte de forum où étaient annoncées, chaque jour, diverses manifestations au Québec liées au conflit étudiant.

L'attaché de presse de la CLASSE, Renaud Poirier-St-Pierre, a indiqué à Radio-Canada.ca que la page avait été fermée à la suite de l'adoption de la loi spéciale.

Elle le restera au moins jusqu'à la tenue du congrès de la Coalition. Une décision sera prise par la suite, ce qui fait que l'onglet pourrait réapparaître sur le site si le congrès en décide ainsi, a confirmé M. Poirier-St-Pierre.

Le congrès de la CLASSE a lieu dimanche à Montréal. Selon le cahier de préparation au congrès publié sur le site de la Coalition, les délégués discuteront notamment de la poursuite de la grève malgré la suspension de la session et devront se prononcer sur la contestation de la loi spéciale devant les tribunaux.

L'Association des étudiants du Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal doit aussi proposer que la CLASSE organise une campagne d'éducation populaire sur la gratuité scolaire, sur les sources de financement des universités et sur la tarification et la privatisation des services publics.

Vendredi soir, après l'adoption de la loi spéciale, le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a de nouveau lancé un appel à la mobilisation des citoyens pour une grande manifestation le 22 mai à Montréal.

Un nouveau forum web sur les manifestations

Parallèlement, un nouveau site, inspiré du modèle de Wikipédia, a fait son apparition et accomplit la même fonction de recenser diverses annonces de manifestations au Québec. On ne connaît pas cependant la provenance des informations qui s'y trouvent, ni leur authenticité.

Les créateurs du site s'engagent à ne garder aucune des adresses IP qui permettraient de retracer des personnes envoyant des informations.

« Il faut nous voir comme un bulletin météo des manifestations étudiantes; où ne pas aller en auto, où ne pas se retrouver à pied, etc... », lancent les auteurs, non sans ironie.

Le site comporte une section « Informations légales importantes », où ses créateurs expliquent le nouveau contexte créé par la loi spéciale.

« La loi 78 votée par le gouvernement Charest cause principalement un problème par le fait qu'elle rend les organisateurs coupables du simple fait d'organiser des manifestations. Or, la plupart des démonstrations [sic] qui ont eu lieu à Montréal et Québec ces derniers mois sont des manifestations spontanées. L'application de cette loi au niveau de la culpabilité des organisateurs, dépend d'une démonstration de concertation. ManifsWiki.net permet l'échange d'informations sans concertation entre les citoyens québécois désirant attirer l'attention vers l'existence de manifestations prévues en toute légalité », indique un message sur le site.

« Nous appelons la population à ne pas participer à ces manifestations. C'est précisément la raison de l'existence de ce site, permettre aux gens de savoir où ne pas aller. » — Extrait du site ManifsWiki.net

La Loi permettant aux étudiants de recevoir l'enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu'ils fréquentent, issue du projet de loi 78, interdit des rassemblements entravant l'accès aux étudiants à leurs cours. Les organisateurs de toute manifestation de 50 personnes ou plus tenue dans un endroit public doivent communiquer aux policiers les détails de l'événement au moins huit heures à l'avance (date, heure, durée, itinéraire et moyens de transport utilisés). Le corps de police peut ordonner des changements de lieu ou d'itinéraire, lorsqu'il juge qu'il y a « des risques graves pour la sécurité publique ».

Dans le cas d'entraves au droit des étudiants à assister à leurs cours, les associations et fédérations étudiantes seront responsables des dommages causés à des tiers : elles devront prouver qu'elles ne contreviennent pas à la loi ou que cela ne fait pas partie d'une action concertée. radio-canada


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Le Barreau du Québec a émis le communiqué suivant à la suite de la présentation du projet de loi 78 relatif au conflit étudiant.  

Montréal, le 18 mai 2012 - Alors que les débats sur la présentation du projet de loi 78 Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent sont en cours à l’Assemblée nationale, le Barreau du Québec formule de sérieuses inquiétudes à l’égard de ce projet de loi. « J’estime que ce projet de loi, s’il est adopté, porte des atteintes aux droits constitutionnels et fondamentaux des citoyens. L’ampleur de ces limitations aux libertés fondamentales n’est pas justifiée pour atteindre les objectifs visés par le gouvernement », souligne le bâtonnier du Québec, Me Louis Masson, Ad. E.

 

« Dans son analyse préliminaire, le Barreau du Québec est notamment préoccupé par les limitations apportées au droit d’association et au droit de manifestation. De plus, nous critiquons la judiciarisation des débats et le recours à la justice pénale prévus dans le projet de loi », ajoute le bâtonnier Masson.

 

Plusieurs articles du projet de loi limitent clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets. Par exemple, les dispositions exigeant que les organisateurs des manifestations de 10 personnes ou plus dévoilent aux policiers au moins huit heures avant le début de la manifestation, par écrit, plusieurs renseignements, dont l’itinéraire et le mode de transport, et que les policiers puissent ordonner un changement de lieu ou d’itinéraire sont contraires à la liberté d’expression. « Le gouvernement rend plus difficile, par exemple, l’organisation de manifestations spontanées. Il limite la liberté d’expression. Cette disposition s’applique à toute personne, organisme ou groupement et prévoit même que les personnes qui participent à une manifestation, sans l’avoir organisée, doivent s’assurer que l’événement correspond aux renseignements fournis à la police. On est en droit de se demander qui osera encore aller manifester », soutient le bâtonnier du Québec.

 

Le Barreau est d’avis que les sanctions financières sévères imposées aux associations dans les cas où il serait impossible pour les établissements d’enseignement de dispenser des services en raison d’actes attribuables à des associations étudiantes limiteront également la liberté d’association et pourraient porter atteinte à la survie de ces associations étudiantes.

 

Le Barreau est également inquiet du renversement du fardeau de la preuve qui rend les associations d’étudiants et les syndicats responsables d’actes commis par autrui. « Une association ou une fédération peut être rendue responsable d'actes de personnes avec qui elle n'a aucun lien. Par exemple, des manifestants provenant d'un autre établissement ou d’autres réseaux. Avec cette disposition, le gouvernement s’écarte des règles du Code civil. Les associations d'étudiants et les syndicats ne sont pas les employeurs de leurs membres et ne possèdent pas de pouvoir de contrainte sur eux. Il est donc contraire aux principes de base de la responsabilité civile de les rendre responsables des actes d’autres personnes sans que l'on ait prouvé leur participation réelle aux actes fautifs », explique le bâtonnier Louis Masson.

 

Le Barreau dénonce également les pouvoirs accrus octroyés au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui pourra ordonner aux établissements, malgré toute disposition contraire, de cesser de percevoir la cotisation fixée par une association. « Des pouvoirs qui sont supérieurs à ceux de l’Assemblée nationale, puisque le projet de loi prévoit, notamment, que le ministre pourra par décret, sans passer par l’Assemblée nationale, écarter l’application de lois ou de règlements », précise le bâtonnier.

 

Les dispositions pénales sévères à l’endroit des jeunes préoccupent aussi le Barreau du Québec, car elles pourront avoir pour effet, notamment, de dissuader les jeunes de s’associer et de participer à des manifestations pacifiques ou d’en organiser. « Ces dispositions, tout comme celle outrepassant le Code de procédure civile pour favoriser les recours collectifs, auront pour effet de judiciariser à outrance les débats », ajoute le bâtonnier Masson.

 

« Plusieurs dispositions du projet de loi portent atteinte au principe de la primauté du droit, laquelle exige, dans un effort de proportionnalité, que l'on n’écarte les règles du droit commun qu'en présence d'une justification convaincante. Je crains toutefois que ce projet de loi ne permette pas d’atteindre ces objectifs et porte atteinte à nos droits fondamentaux », ajoute le bâtonnier.

 

« Le Barreau poursuit les mêmes objectifs que le gouvernement et souhaite une sortie de crise, un retour au calme et un retour en classe pour tous ceux et celles qui souhaitent étudier. Nous souhaitons que cela se fasse dans le respect de la primauté du droit, dans la paix sociale. La volonté de réaménager une plage pédagogique de cours pour sauver la session est louable et, pour ce faire, une loi spéciale devra être adoptée et respectée, mais attention de ne pas y assortir des dispositions qui laisseront une cicatrice dans l’intégrité de nos droits fondamentaux », conclut le bâtonnier Louis Masson.

 

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Le Barreau du Québec

Le Barreau du Québec est l’Ordre professionnel de plus de 24 000 avocats et avocates. Afin de remplir sa mission qui est la protection du public, le Barreau maximise les liens de confiance entre les avocats et les avocates, le public et l’État. Pour ce faire, le Barreau surveille l’exercice de la profession, fait la promotion de la primauté du droit, valorise la profession et soutient les membres dans l’exercice du droit. mondialisation

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Jour 1 de la loi spéciale : les manifestations se poursuivent à Québec

Louis-Philippe Boulianne a personnellement rencontré les policiers pour leur remettre le trajet de la manifestation de samedi soir.

Louis-Philippe Boulianne a personnellement rencontré les policiers pour leur remettre le trajet de la manifestation de samedi soir.

Les étudiants qui manifestent quotidiennement dans les rues de Québec se sont conformés à la loi spéciale du gouvernement Charest. Ils ont remis leur trajet aux policiers pour le rassemblement de samedi soir.

Les organisateurs ont prévenu le service de police au moins huit heures à l'avance, comme le prévoit la loi 78.

« On a fait parvenir le trajet. Ils l'ont approuvé sans le modifier, la manifestation est donc légale », a indiqué Louis-Philippe Boulianne, un étudiant en économie politique à l'Université Laval qui a personnellement rencontré les policiers.

Par ailleurs, quelques membres des « carrés verts » se sont réunis à l'Université Laval, samedi après-midi.

Ces étudiants ou citoyens sont en faveur de la hausse des droits de scolarité, mais ils déplorent, eux aussi, l'adoption de la loi spéciale.

L'un d'eux, Jean-François Morasse, a lancé un appel à tous : « j'invite les gens à manifester verts comme rouges. On a encore le droit à nos opinions », a-t-il déclaré. radio-canada

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 05:38

Remous autour du remaniement de la commission électorale

 

Vigoureusement contesté, un projet de loi visant à remanier la commission électorale suscite des remous en Tunisie. Plusieurs voix dans l'opposition et des personnalités indépendantes y voient une menace pour la transition démocratique que vit le pays après la chute du régime totalitaire de l'ancien président Ben Ali en janvier 2011.

Au centre des appréhensions: la nouvelle composition de la commission électorale qui prévoit un quota partisan faisant craindre une prise en main de cette instance par les partis dominants, singulièrement le mouvement islamiste Ennahdha.

Vainqueur des élections du 23 octobre dernier, le parti de Rached Ghannouchi détient avec 89 sièges sur 217 la majorité à l'Assemblée nationale constituante avec ses deux alliés du centre-gauche, le Congrès pour la République (CPR) du défenseur des droits de l'Homme et actuel chef de l'Etat Moncef Marzouki (29 sièges) et Ettakatol (Forum démocratique pour les libertés et le travail) du Dr Mustapha ben Jaâfar.

Le texte doit être soumis dans un "proche délai" à l'ANC, a annoncé le chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, lors d'une grande cérémonie vendredi soir marquant "l'achèvement officiel" de la mission de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) qui a organisé le premier scrutin libre dans l'histoire de la Tunisie.

Dirigée par le président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (Euromed) Kamel Jendoubi, entouré de personnalités indépendantes dont des juristes, des universitaires et des hommes de médias, l'ISIE a fait l'unanimité pour avoir mené à terme la tâche qui lui était confiée dans un contexte post-révolution particulièrement difficile marqué par des dérives sécuritaires, sociales et économiques. De nombreuses voix appellent à sa reconduction.

Premier à réagir, M. Marzouki a plaidé pour le maintien d'une "instance électorale indépendante du pouvoir exécutif".

"Il est désormais hors de question qu'un gouvernement quel qu'il soit vienne à superviser les échéances électorales où il serait juge et partie", a-t-il insisté en rappelant que de telles pratiques ont été par le passé à l'origine de l'instauration du despotisme et de la corruption.

Selon lui, une telle instance "constitue de par sa neutralité et son indépendance le meilleur garant pour la poursuite du processus de transition démocratique, voire de la pérennité de la démocratie en tant que voie idoine de l'alternance au pouvoir".

Le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaâfar, a mis l'accent de son côté sur "l'importance du rôle d'une instance indépendante" en vue des prochaines élections qui devraient se tenir entre mars et juin 2013, selon une proposition gouvernementale.

Il s'est dit ouvertement hostile à toute répartition partisane au sein de cette instance qui doit être "à l'abri des courants politiques et des pressions". "Nous écrivons ensemble la première page de la démocratie malgré nos différences, mais le chemin à parcourir est encore plus important", a-t-il noté. tempsreel.nouvelobs

 

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Enterrement de première classe à l’Isie version Kamel Jendoubi

Ils étaient venus, ils étaient tous là, à commencer par le cheikh Rached Ghannouchi, au premier rang, pour dire à Kamel Jendoubi et à son équipe: «Adieu et merci. Maintenant, on n’a plus besoin de vous».

La mission de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a pris fin officiellement, vendredi, au cours d’une cérémonie officielle organisée, en grandes pompes, au Palais des Congrès à Tunis. Commentaire amer d’un acteur de la société civile «C’est un enterrement de luxe!».

Une nouvelle instance sur mesure?

L’instance qui a organisé les élections de l’Assemblée nationale constituante (Anc), le 23 octobre, le premier scrutin réellement libre, pluraliste et transparent organisé en Tunisie, et même dans le monde arabe, et salué en tant que tel par tous les observateurs internationaux, aurait, peut-être, mérité d’être reconduite, en tout cas en partie. «Ennahdha et ses obligés de la coalition tripartite au pouvoir sont passés, grâce au processus électoral transparent mis en place par l’Isie. Ils veulent maintenant fermer la porte derrière eux en créant une nouvelle instance à leur mesure. Et c’est dommage pour la transition démocratique tunisienne, qui marche désormais à reculons», commente un autre militant associatif présent.

Bien sûr, les principaux intervenants, dont les trois présidents issus de la «troïka», ont appelé à ce que la nouvelle instance pour les élections soit «indépendante», afin que les prochaines échéances électorales se déroulent dans le même climat de transparence et d’équité que celle du 23 octobre, mais personne n’est dupe des intentions et même des projets en cours pour assurer un nouveau succès électoral sinon aux partis de la «troïka», du moins à Ennahdha, qui domine cette coalition gouvernementale.

Ils sont venus, ils sont tous là…

Les quatre présidents représentant le pouvoir provisoire actuel étaient, d’ailleurs, tous présents vendredi au Palais des Congrès: le président de la république provisoire, Moncef Marzouki, le chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali, le président de l’Assemblée nationale constituante (Anc), Mustapha Ben Jaâfar, et même l’inamovible président du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi.

En plus des membres d l’actuel gouvernement, étaient aussi présents l’ancien Premier ministre, Béji Caid Essebsi, ainsi que des membres de l’ancien gouvernement, des élus de l’Anc, des représentants de la Haute instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (Hiror) et des acteurs de la société civile.

«Le pays a grandement besoin d’instances indépendantes qui organisent la compétition politique et qui soient de par leur neutralité et intégrité le meilleur garant de la transition démocratique», a dit le président de la république provisoire. «Il est impératif de garantir l’indépendance de cette nouvelle instance du pouvoir exécutif», a insisté Moncef Marzouki, affirmant qu’il serait intolérable de revenir aux anciennes méthodes où «le gouvernement serait juge et partie supervisant lui même les échéances électorales».

La «troïka», à l’instar de l’ensemble des acteurs nationaux, est profondément consciente de la nécessité de mettre en place une instance indépendante pour superviser les élections municipales, législatives, présidentielles ou même les referendums», a encore soutenu le locataire du Palais de Carthage.

Le texte organisant la Haute instance permanente indépendante pour les élections sera prochainement soumis par le gouvernement à l’Assemblée constituante et à l’ensemble des acteurs politiques afin de parvenir à un consensus national autour de cette question, a annoncé, de son côté, Hamadi Jebali, exprimant le souhait de voir cette nouvelle instance inscrite dans la constitution.

Pour Mustapha Ben Jaâfar, il est nécessaire de mettre en place une instance électorale indépendance, neutre et professionnelle qui soit loin de tous courants politiques ou tendances sociales.

Le «testament» de Kamel Jendoubi

Une vision partagée par le président de l’Isie Kamel Jendoubi, qui a insisté sur la nécessité de mettre en place «une administration électorale permanente». «Il est nécessaire d’adopter le principe du consensus dans la définition des grandes orientations et de consacrer celui de la continuité des institutions», a-t-il dit. Il a aussi appelé à la mise en place de mécanismes constitutionnels et juridiques de contrôle et veiller à compléter et à actualiser les listes électorales en prévision des prochaines échéances électorales», a-t-il dit.

L’Isie est maintenue en tant qu’institution jusqu’à la publication du texte de création de la nouvelle instance pour les élections tel que prévu par la loi relative à l’organisation provisoire des pouvoirs publics. L’Isie, a précisé M. Jendoubi, a finalisé son rapport financier qui sera publié prochainement au journal officiel et sur le site de l’Isie.  kapitalis

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 05:09

Interview accordée par Moncef Marzouki au journal  Le Point, 17 mai 2012

Le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, s'explique sur les islamistes, les femmes et la laïcité.

 

Moncef Marzouki a appelé François Hollande pour le féliciter. 

Moncef Marzouki a appelé François Hollande pour le féliciter. © Nicolas Fauqué / Le Point

 

Après le Printemps arabe, assiste-t-on à un hiver islamiste ?

 

Moncef Marzouki : Les révolutions devaient avoir lieu, les dictatures étaient insupportables. Je savais qu'on était sur un volcan, mais je ne savais pas quand l'éruption aurait lieu. Où en sommes-nous aujourd'hui ? Le XVIIIe siècle a été celui de la Révolution française, le XXe celui des révolutions russe et chinoise, le XXIe sera celui de la révolution arabe. Ces bouleversements vont mettre des années à se consolider. Quelles nouvelles configurations politiques et sociétales émergeront ? Seront-elles viables ? Le fait est que la situation est bien meilleure aujourd'hui qu'hier. À propos de l'hiver islamiste, la France est le pays le plus proche de la Tunisie et celui qui nous comprend le moins bien au sein de l'Europe. Est-ce la grille de lecture "religieuse" des Français qui les empêche de se rendre compte de ce qui se passe dans le monde arabe ?

 

Que voulez-vous dire ?

 

L'islam n'est pas l'islamisme, l'islamisme n'est pas le terrorisme et l'islamisme s'écrit au pluriel. Le spectre islamiste est extrêmement large. En Tunisie, nous avons affaire à sa partie centrale, l'équivalent du parti démocrate-chrétien en Italie. Cette partie centrale, nous l'avons démocratisée. Avant la révolution, nous avons souffert et combattu la dictature ensemble. Les islamistes, torturés par Ben Ali, ont appris aux côtés des démocrates, réprimés par le même régime. La révolution arabe a poursuivi la démocratisation des partis islamistes. Quant aux salafistes, ils sont l'équivalent de l'extrême droite européenne. Ils sont dangereux et l'on n'est pas parvenu à les démocratiser. Mais il faut cesser les analyses simplistes et la confusion entre islamisme et salafisme. En Tunisie comme ailleurs, c'est la démocratie qui triomphe, et non l'islamisme.

En France, les observateurs ne voient pas les choses de cette façon. Pour quelles raisons ?

 

Je suis un homme de gauche, laïque et démocrate, j'ai toujours été fidèle à ces valeurs, je suis même allé en prison pour les défendre. Quand j'entends certaines personnes de la gauche française me considérer littéralement comme un traître, qui a vendu son âme au diable, parce que je travaille avec les islamistes, je me dis que, décidément, elles ne comprennent rien à rien. Nous avons démocratisé le mouvement islamiste, nous l'avons amené à respecter les droits de l'homme et ceux de la femme. Il faut comprendre que nous sommes dans une société plurielle qui ne supporte plus d'être gouvernée par un parti unique. Avec le parti islamiste Ennahda, qui a gagné les législatives, nous essayons de créer une nouvelle culture, celle du pluralisme. Nous sommes sur la bonne voie, si j'en crois le prix que l'institut londonien Chatham House [le cercle de réflexion décerne chaque année une récompense, au nom de la reine d'Angleterre, à une personnalité qui a oeuvré à l'amélioration des relations internationales] vient de remettre à Rachid Ghannouchi [le fondateur d'Ennahda] et à moi-même. Nous succédons à Aung San Suu Kyi.

Pourquoi avez-vous été récompensés ?

 

Ce prix nous a été décerné parce qu'il a été reconnu que deux hommes, malgré leurs différences idéologiques, ont pu trouver une entente politique et éviter au pays une guerre idéologique. Au lieu d'entrer dans un affrontement entre laïques et islamistes, Ghannouchi et moi avons choisi de travailler ensemble sur des bases claires, sans dépasser certaines lignes jaunes et dans le but d'affronter notre ennemi commun, la pauvreté. Notre débat aura duré presque vingt ans pour réussir à élaborer cette idée commune. On a dit aux islamistes : "Vous voulez une identité arabo-musulmane ? Très bien, pourvu que ce ne soit pas une identité d'enfermement." Nos lignes jaunes sont les droits de l'homme, ceux de la femme et les libertés publiques. Ils ont accepté. Alors, nous avons élaboré un consensus. Il est dommage que la France ne le comprenne pas. Nous aurions fait une erreur en poussant à l'affrontement entre laïques et islamistes. Aujourd'hui, les ennemis numéro un d'Ennahda, ce sont les salafistes. Les Français doivent cesser de voir les laïques comme les bons et tous les autres comme les mauvais. Ou plutôt de considérer qu'on est bon si on ressemble à de petits Parisiens !

Êtes-vous optimiste ?

 

La question n'est pas de savoir si cela marchera à court terme, il s'agit de faire en sorte que cela se termine bien. En réalité, on ne pourra répondre à ces interrogations que dans dix ou vingt ans. Ce sont des bouleversements géologiques.

Les deux visions, la laïque et l'islamiste, sont-elles conciliables ? La bataille du niqab à l'université et l'affaire Nessma TV, dans laquelle les salafistes ont voulu interdire la projection d'un film parce qu'il personnifie Dieu (Persepolis, de Marjane Satrapi), ne sont-elles pas la preuve qu'ils veulent imposer leur mode de pensée ?

 

Notre société veut la modernité, les femmes libérées, le tourisme et en même temps elle souhaite préserver et défendre une identité arabo-musulmane. Personne n'est prêt à sacrifier l'un ou l'autre. Nous refusons une société d'extrémistes laïques, ceux que j'appelle les étrangers à l'espace, mais aussi une société salafiste, qui est, elle, étrangère au temps. Nous ne reviendrons pas à Médine. Il n'y a aucune crainte à avoir sur les droits de la femme. Ce sont des acquis dont les fondements ont été posés bien avant l'arrivée du président Bourguiba, qui n'a fait qu'entériner une situation de fait. Personne ne pourra jamais revenir sur ces acquis. Quant à la bataille du voile dans les universités, elle n'est pas le fait d'Ennahda, mais d'une petite fraction dangereuse représentée par les salafistes, que nous combattons. Ils causent des problèmes à court terme, ils peuvent constituer une milice, mais ils ne peuvent pas mettre en danger notre République et notre démocratie. J'ai reçu les chefs salafistes et je les ai avertis que, s'ils utilisent la violence, la République se défendra.

Les relations entre la France et la Tunisie se sont détériorées après la chute de Ben Ali. L'élection de François Hollande ouvre-t-elle de nouvelles perspectives ?

 

Le comportement de la France pendant et après les révolutions ne m'a pas satisfait. S'il n'y a pas d'ambassadeur de Tunisie à Paris, c'est pour montrer notre mauvaise humeur, de même que je n'ai pas souhaité me rendre à Paris sous l'ancien président. Dans le passé, la France a non seulement apporté son soutien à la dictature, mais elle a également maltraité les jeunes Tunisiens qui sont partis après le 14 janvier 2011 [la chute de Ben Ali - NDLR]. Je rappelle au passage que la Tunisie, pays pauvre, a, elle, accueilli près de 300 000 réfugiés libyens, que nous avons bien traités. Avec l'élection de François Hollande, nos relations vont forcément s'améliorer. Je suis très heureux, car il y a l'espoir d'une coopération d'égal à égal. Je tiens à ce que la France reste notre premier partenaire en Europe. Je suis un francophone et un francophile. J'ai passé un tiers de ma vie en France.

Que reste-t-il de l'Union pour la Méditerranée lancée par Nicolas Sarkozy ?

 

Son idée était de faire cohabiter des démocraties européennes et des dictatures d'outre-Méditerranée. La méthode était vouée à l'échec. C'était un système bancal : il n'en reste rien. L'Union européenne s'est construite autour des démocraties et elle a pris réellement son envol lorsque les dictatures grecque, espagnole et portugaise ont été balayées. Je compte sur François Hollande pour relancer cette idée autour de la coopération entre démocraties du bassin méditerranéen. lepoint.fr

 

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 La sécularisation tunisienne face au mythe du réveil islamique

 

En matière de modernité, la Tunisie fait cas d’école. C’est pour cela que le monde arabe rétrograde cherche, actuellement, à y anéantir tout esprit de sécularisme et à empêcher sa modernité de se propager.

La sécularisation trouve toujours ses origines dans la revendication de liberté individuelle, que les révolutions finissent par imposer au plan religieux. Elle dessine alors la forme de gouvernance adaptée à une société pluriconfessionnelle dans la mesure où elle revendique l’autonomie du politique par rapport au religieux.

Sécularisation et spiritualité dans une société pluriconfessionnelle

En ce sens la sécularisation est une exigence culturelle. Elle se distingue de la laïcité à la française puisqu’elle postule une autonomie réciproque du politique et du religieux et non une séparation entre ces deux domaines.

A l’évidence, la sécularisation fragilise la croyance car elle brise la matrice sociale du religieux dont le seul support est maintenant la conviction et l’engagement du croyant. Ce qui, en définitive, confère une affirmation plus personnelle à l’acte du croyant. Cette détermination du croyant crée une certaine distance entre le fidèle et l’institution religieuse dont il se réclame.

Les religieux fondamentalistes et néo-fondamentalistes ont bien compris la leçon sur la sécularisation, et c’est pour la raison fondamentale de cette compréhension qu’ils jouent forts bien et interviennent dans le social associatif, soit dit-on pour aider les frères et sœurs. L’arrière-pensée est très dangereuse pour le développent de la modernité et la liberté de la culturalité d’un peuple aspirant à la liberté de penser, d’écrire, de se déplacer, de se cultiver, d’aimer la musique, de danser, de s’habiller, d’aimer tout simplement, et sans préjugés ni interdiction, ceci et cela sont  loin d’être un esprit ou une volonté de libertinage.

Si la sécularisation semble bien être la forme de gouvernance adaptée à la modernité, elle n’est pas suffisante comme telle. Elle appelle un nouvel humanisme qui intègre le paradigme de la spiritualité, principe d’harmonie et d’équilibre d’une société pluriconfessionnelle.

L’une des caractéristiques classiques et courantes de la modernité est qu’il s’agit d’une époque «sécularisée», c’est-à-dire d’une époque marquée par un certain retrait de la religion comme «secteur dominant» dans toutes les manifestations et les sphères privées, individuelles, publiques et parapubliques.

Un processus d’émancipation des consciences et des sociétés

Une fois nous avons mis les jalons généraux, revenons, maintenant, à la définition de la sécularisation et de la laïcité qui sont deux termes politiques et sociaux qui n’ont rien à voir avec l’athéisme – terme qui renie l’existence de la divinité. Ils ont été utilisés comme argument fallacieux par les religieux pour disqualifier toute référence à la modernité et la démocratie dans son essence de liberté.

La laïcité est souvent confondue avec la sécularisation. Ce sont pourtant deux processus différents. Bien que se recoupant, convergeant et se nourrissant mutuellement, ils diffèrent néanmoins partiellement tant par leurs objets et leurs champs d’expression que par leurs modalités d’applications.

Nous savons que la laïcité est avant tout un ordre juridique et institutionnel de séparation entre les institutions fondamentalement religieuses et l’Etat. Toutefois, son objet concerne aussi les particularismes éthiques, linguistiques ainsi que l’athéisme. La référence aux seules religions dans la définition de cet ordre juridiques s’explique par des causes historiques: en Europe, l’église fut de loin le plus sûr moyen d’oppression des consciences et parfois des corps (l’inquisition).

Cependant, il ne faut négliger l’histoire des empires musulmans, c’est l’histoire des religions.

C’est pourquoi, dans un Etat laïc, ce sont les lois civiles, qui sont en vigueur  dans la sphère. Pourtant le citoyen ne cesse pas d’être croyant d’une quelconque religion, dans la sphère privée. Quant à la sécularisation ou déconfessionnalisation, son objet consiste en la disparition progressive et définitive des religions de la vie des hommes. Son champ d’application s’étend aussi à la sphère publique avant tout par la substitution des lois civiles aux lois religieuses qu’à la sphère privée. Et, c’est une loi naturelle tendanciellement linéaire même si nous sommes actuellement, et en Tunisie, dans une situation de récupération de l’histoire de la révolution pour la contrarier à un revirement anachronique.

Dans cette dernière sphère, et contrairement à la laïcité, la sécularisation consiste là-aussi en un processus d’émancipation des consciences et des sociétés humaines, ainsi que les Etats s’étendent sur des siècles, comme ce fut le cas des sociétés européennes.

Authenticité et universalité de la révolution tunisienne

Nous considérons que la Tunisie est dans ces premiers stades de sécularisation, les valeurs de la révolution du 14 janvier 2011 en attestent. Ce phénomène tunisien est aussi enclenché avec elle et il s’accélèrera, bon vent mauvais vent, dans l’avenir avec la liberté de penser, de parler et de dire, d’écrire, et de propager les idées profondes de cette révolution.

Que les religieux, fondamentalistes ou intégristes, sachent que l’histoire est en même unique et plurielle et l’homme est unique dans son essence, son évolution, son développement intellectuel et mental. C’est un processus temporel qui se met en place d’une manière tendanciellement en faveur de la sécularisation universelle.

Le cadre de la révolution du peuple tunisien est universel ainsi que son fondement; elle n’a jamais été à essence religieuse.

Cette révolution peut prendre des formes et des rythmes différents voire contradictoires. Ainsi les raisons historiques, socioéconomiques et culturelle, l’ampleur et l’intensité des luttes sociales et féministes, ainsi que leurs impacts sur les consciences font qu’elle soit, par exemple, assez avancées chez telles couches sociales (généralement les couches moyennes) et/ou dans tel pan du droit étatique, tout en coexistant pendant plusieurs décennies ou générations avec les pratiques culturelles et les pratiques sociales, d’inspirations religieuses.

La révolution du 14 janvier 2011 n’a jamais été d’inspiration religieuse. Sans amalgame cette réalité doit rester dans les mémoires d’avenir et les générations tunisiennes futures.

Le peuple tunisien a cessé alors peu-à-peu de s’inspirer aussi du religieux dans ses pratiques sociales et économiques, puis celui aussi d’exercer ses cultes.

L’histoire et la mondialité sont vecteurs de la sécularisation et de la modernité, la déconfessionnalisation a entrainé historiquement l’émancipation de plusieurs domaines, en l’occurrence la science, la philosophie, le droit, les arts, une bonne partie de la morale avec les libertés et d’avortement et du libre choix de procréation ou non (acquis du peuple tunisien), du notable progrès en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, même s’il reste beaucoup de bataille à faire sur le plan du culturel contre l’ignorance et l’obscurantisme.

La mystification politico-idéologique du réveil islamique

Plus généralement, la déconfessionnalisation des Etats et des populations est appelée, dans les décennies et générations à venir, à se muer en phénomène planétaire, de plus en plus visible, même dans des pays où le poids du religieux et du culte est encore étouffant, écrasant, comme dans les pays du Golfe arabo-persique. Ceci en dépit du regain des intégrismes notamment musulman, avec ses tenants notamment «sahwa» (réveil) islamique (autre mystification politico-économico-idéologique car laissant croire à une innocente ferveur religieuse) et de leurs semblants en Europe, version soft de l’extrême droite (soft et trompeuse, comme l’expression d’islamistes modérés).

Pour ce qui est de la perte de terrain ou de retour victorieuse de cette confession, ce ne sont pas les laïques, les agnostiques et les athées des pays musulmans ou originaires de ces pays qui en sont les plus conscients, mais les idéologues islamistes eux-mêmes.

Ce sont petits soldats, aux consciences aliénés au service d’une fraction des détenteurs de capitaux, fonds de pension et/ou souverains latents et sans équivoques pour développer un islam de marché et de s’en prémunir en voulant «islamiser la modernité» (islamisation fondée sur la charia réactionnaire, archaïque et anachronique). Notamment par la création d’une «science  islamique», d’une finance islamique éphémère, et fantassins, et maintenant d’une école coranique, pilier d’un islam de marché où tout est flagrant et en aucune façon un islam tolérant. La tolérance d’un islam leur fait une grande peur.

La plus grande critique et la plus fondamentale est celle qui dénonce constamment le mélange du politique et du religieux. Nous considérons, en outre, que le cheminement historique qui conduit nécessairement à des formes démocratiques suppose une séparation du religieux et de l’Etat, que nous jugeons absolument nécessaire, bien que difficile à réaliser et que nous estimons quasiment difficile pour le monde musulman.

La Tunisie moderniste face à un monde arabe rétrograde

La Tunisie fait cas d’école, c’est pour cela que le monde arabe rétrograde, actuellement, cherche à anéantir tout esprit de modernité pour ne pas se  propager.

En effet, pour ce monde arabe, l’islam et le Coran s’imposent à l’ensemble des domaines et des ordres de la vie politique, économique, juridique, scientifique d’une manière la plus superficielle pour ne pas aller à l’essence des textes coraniques qui sont beaucoup plus modernistes que ce que prônent les petits soldats et les argentiers.

En ce sens, une lecture des textes dans les sphères privées de l’individu serait bien utile aux concitoyens tunisiens et à leurs élus les plus modernistes afin d’éviter les erreurs et les errances d’un temps où les nouveaux grands inquisiteurs religieux relancent les discours d’un autre âge, cette montée aux extrêmes, processus apocalyptique qui marque la défaite de la pensée, de l’humanisme, de la civilisation et le retour à l’irrationalité de la violence mimétique qui allume, jour après jour, de nouveaux foyers.

C’est la mutation future qui sera une adaptation par la sécularisation.

Par Abdelwaheb Kanzari; www.kapitalis

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