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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:21
 
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 06:09

 

 

 

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DÉCRYPTAGE D’UNE TRANSITION EN EGYPTE

 

 

A deux semaines de l’élection présidentielle, les tensions montent entre la population cairote et l’armée régulière. Manifestations, milices et répression, le désordre gagne du terrain tandis que l’armée du Maréchal Tantawi renforce son pouvoir. Pour comprendre ce qui s’y passe, on a rencontré Rabha Attaf, grand reporter et spécialiste du monde arabo-musulman.

 

Rabha Attaf est Algéro-marseillaise. Grand reporter pour l’ancien magazine Actuel, elle collabore régulièrement aux Inrockuptibles et s’est spécialisée dans le monde arabo-musulman. Aujourd’hui, elle revient de six mois passés au Caire et prépare un livre sur la révolution : Place Tahrir, la révolution de l’an 1, à paraître en juin.


 

Occupés par notre calendrier électoral, les médias français ont peu relayé les différents événements qui ont secoué le Caire à l’approche de la présidentielle égyptienne. Retour sur deux faits récents.


 

Vendredi 4 mai, des salafistes ont organisé une manifestation devant le ministère de la Défense. Un mouvement rejoint par les révolutionnaires de Tahrir. Sur place, la situation a dégénéré lorsque des hommes habillés en civils et armés ont attaqué les manifestants. Le bilan fait état d’au moins 130 blessés et  trois morts dont un militaire.


 

L’armée a répliqué par l’arrestation arbitraire de plus de 310 personnes, selon un collectif d’avocats, dont 19 journalistes. Cinq d’entre eux sont toujours incarcérés selon Reporters sans Frontières.


 

Le groupe de manifestants qui a été arrêté risque gros. « Ça peut aller de un à sept ans de prison. Ceux qui sont accusés d’homicides de soldats risquent la peine maximale » comme le confiait dans le Figaro, Heba Morayef, un responsable de Human Rights Watch en Egypte.


 

Mardi, la militante pro-démocratie, Asmaa Mahfouz, qui est actuellement aux USA, vient d’être condamnée par contumace à un an de prison. Elle serait coupable d’avoir agressé un témoin dans le procès sur les violences entre l’armée et les chrétiens. Une accusation qu’elle dément catégoriquement.



© i3atef – Creative Commons


 

Cette condamnation est considérée par l’Arabic Network for Human Right (ANHRI), association égyptienne des droits de l’homme, comme un retour aux anciennes  méthodes de condamnations politisées contre les militants de l’opposition sous l’ère Moubarak.


 

Décorée par le parlement européen du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, Asmaa Mahfouz avait déjà été inquiétée par la justice militaire qui l’accusait d’avoir diffamé sur les réseaux sociaux le Conseil suprême des forces armées (CSFA).


 

Un CSFA qui pourtant, ne cesse de marteler qu’il laissera bien les pouvoirs au nouveau président fin juin. Quel rôle jouera le prochain président égyptien ? C’est la question qu’il faut se poser. Rabha Attaf nous livre quelques éléments de réponses…

 

 

Damien Isoard; newsofmarseille

 


 

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La guerre des sondages fait rage

 

En Egypte et de puis le face à face télévisé entre Amr Moussa et Abdelmounaïm Abou Al Foutouh, les sondages se succèdent et se contredisent. 

Le premier qui émane du centre d’études d’Al Ahram donne l’ancien secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa premier lors du premier tour avec plus de 40 % des suffrages supplantant l’islamiste « bon teint » Abou Al Foutouh. Un deuxième sondage effectué par un organisme lié à la primature donne quant à lui, le général Ahmed Chafik en tête avec près de 11 % légèrement en avance sur Amr Moussa. Les Frères musulmans dénoncent alors une manœuvre de la part du Haut Conseil militaire qui ferait tout afin d’imposer Ahmed Chafik.

Chez les sympathisants d’Amr Moussa, le ton est à l’apaisement. Ils sentent qu’une vague favorable monte dans tout le pays en faveur de leur candidat. « Détrompez-vous, Amr Moussa a toujours été le candidat favori des militaires et c’est lui va devenir le prochain président de la république », nous avoue un ancien diplomate anglais qui a servi pendant de longues années au Caire et qui connait bien les arcanes politico-militaires égyptiennes. maghreb-intelligence

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 03:25

Des islamistes tunisiens rejoignent l'opposition à Assad

 

La première fois que Mokhtar Mars, un enseignant tunisien, a su que son frère combattait aux côtés des rebelles syriens, c'est par un coup de téléphone venu de l'étranger lui annonçant la mort d'Houssein.

"Nous avons reçu un appel anonyme nous disant qu'il était mort en martyr. Trois mots. Nous avons essayé de rappeler, mais ça ne répondait pas", explique Mokhtar, 40 ans, assis sur un matelas dans la chambre de son jeune frère décédé.

"La dernière fois que nous avions eu des nouvelles de lui, c'était en février. Il appelait de Libye, il disait qu'il était là-bas pour étudier. Puis il n'y a plus eu aucun contact."

Houssein Mars, 34 ans, fait partie d'un groupe d'au moins cinq Tunisiens, tous originaires de Ben Guerdane, une localité frontalière avec la Libye, qui auraient été tués en Syrie.

Deux de leurs familles ont accepté de témoigner.

Dans chaque cas, le décès a été annoncé par téléphone de l'étranger. Même si elles n'ont pu voir aucun corps ni preuve de leur décès, ces familles ont visionné sur Facebook un document vidéo marqué du drapeau noir d'Al Qaïda qui salue le martyre des cinq hommes, ajoutant qu'ils sont morts sous les bombes à Homs.

Le représentant de la Syrie auprès des Nations unies a déclaré que 26 combattants arabes avaient été capturés dans son pays et avaient "avoué" leur sympathie pour Al Qaïda.

Un autre diplomate à l'Onu a ajouté que 19 d'entre eux étaient de nationalité tunisienne.

 

"IL N'Y A PAS AL QAÏDA ICI"

 

La présence de combattants islamistes étrangers en Syrie aux côtés de la majorité sunnite contre les forces du président Bachar al Assad, qui appartient à la minorité chiite alaouite, n'est vraisemblablement qu'un élément marginal dans le conflit.

Mais l'histoire de cette bande d'amis tunisiens laisse penser que la Syrie pourrait devenir un point d'attraction pour de jeunes musulmans qui ont par le passé combattu pour la guerre sainte en Irak ou en Afghanistan.

Dans la vidéo d'Al Qaïda, une citation du défunt Abou Moussab al Zarkaoui, l'ancien chef d'Al Qaïda en Irak, rend hommage au courage des hommes de Ben Guerdane, une ville qui vit de commerce et de divers trafics avec la Libye voisine, et où des signes de ferveur religieuse sont apparus depuis le renversement du président Zine Ben Ali en janvier 2011.

"Il y a des gens qui vont en Syrie via Ben Guerdane. Ce sont des religieux. Je ne sais pas s'ils sont issus des courants salafistes. Ce qu'on sait, c'est que plus de dix (individus) sont partis d'ici", déclare un responsable local de la sécurité.

Le ralliement de "djihadistes" à l'opposition syrienne est mis en avant par Damas, qui assimile le soulèvement anti-Assad à un complot "terroriste" venu de l'étranger, et en veut pour preuve le double attentat suicide qui a fait 55 morts jeudi dernier dans la capitale.

Les rebelles syriens nient quant à eux tout lien avec les extrémistes musulmans. "J'ai reçu des offres mais nous avons refusé. Nous sommes des combattants. Il nous faut des armes. Il n'y a pas Al Qaïda ici, ni aucun groupe du même genre", assure le lieutenant colonel Khaled Hammoud, l'un des chefs de l'Armée syrienne libre.

Qu'ils se lient ou non à l'opposition syrienne, les djihadistes pourraient profiter du chaos ambiant, compliquant davantage le conflit.

"Les volontaires étrangers font partie du tableau, ce qui est presque inévitable étant donné le contexte: un désordre grandissant à travers le pays, un conflit politique avec des implications religieuse, et des formes extrêmes de violence conduisant à une certaine radicalisation", analyse Peter Harling, de l'International Crisis Group.

"Mais les djihadistes sont encore un détail. Dans un sens, il est surprenant qu'il y ait eu relativement peu d'attentats à la bombe dans lesquels ils pourraient être impliqués."


"JE NE LE PRENAIS PAS AU SERIEUX"

 

Pour leurs proches, les cinq de Ben Guerdane étaient de pieux musulmans sunnites passant beaucoup de leur temps à prier.

Au moins deux d'entre eux, dont Houssein Mars, ont été emprisonnés sous Ben Ali, pour liens présumés avec l'islam radical.

Mohammed Lafi, 26 ans, a été jeté en prison après avoir essayé de se rendre en Irak via la Syrie, indique sa famille.

Il est allé ensuite en Algérie, où il a été arrêté et renvoyé en Tunisie. Condamné à trois ans de prison, il a été libéré en 2010.

Agé de 21 ans, Walid Hilal est porté disparu depuis le 24 février, date à laquelle il a annoncé à ses proches qu'il se rendait à Tunis pour un tournoi de kung fu.

"Mon fils est un martyr. Il n'a rien fait de mal et je suis inquiète", déclare sa mère Mabrouka. "Il disait: 'je vais partir pour le djihad et tu ne devras pas pleurer', mais je ne le prenais pas au sérieux."

Comme la famille Mars, les Hilal ont reçu un coup de téléphone mystérieux en provenance de Syrie le 17 avril leur disant que Walid était devenu un martyr.

"Après deux jours, comme il ne répondait pas au téléphone, nous avons découvert que ses amis étaient partis eux aussi et que leurs téléphones ne fonctionnaient plus", raconte Taher HIlal, frère de Walid.

Ces familles déclarent que leurs fils n'étaient pas impliqués dans des activités politiques, mais suivaient l'actualité en Syrie.

"Ce que nous voyons à la télévision ne peut pas réjouir un musulman. Une armée tue son peuple. Personne ne peut accepter ça", déclare Mokhtar Mars.

Pour toutes ces raisons, les proches comprennent ce qui a pu pousser leurs fils ou leurs frères à partir pour la Syrie, même si, selon Mokhtar, la cause du djihad y est moins évidente que dans des pays comme l'Irak ou l'Afghanistan, occupés par les Américains et leurs alliés.

"En Syrie, on peut se retrouver à combattre d'autres musulmans", déclare le frère d'Houssein Mars, qui porte la barbe des sympathisants islamistes.     Lin Noueihed  tempsreel.nouvelobs

 

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Aveux télévisés de jihadistes tunisiens arrêtés en Syrie

 

La télévision syrienne a diffusé mardi après-midi des images de Tunisiens présumés terroristes appartenant au réseau d’Al-Qaïda confessant leur engagement dans le combat contre le régime El-Assad.

Selon ces aveux diffusés par la télévision syrienne, ces jeunes ont quitté leur pays et sont entrés clandestinement dans le territoire syrien via la Turquie dans le but avoué de combattre le régime baâthiste en place à Damas. Ils ont affirmé avoir été encouragés à faire le jihad en Syrie par des imams dans les mosquées de leurs quartiers en Tunisie.

La télévision syrienne a également diffusé des images d’un tas de passeports soi-disant confisqués à des apprentis terroristes tunisiens arrêtés (ou morts) en Syrie.

Jeudi dernier, lors d’un débat consacré à la lutte antiterroriste au Conseil de sécurité aux Nations Unies, Bachar Al-Jaâfari, ambassadeur de Syrie auprès de l’Onu, a présenté une liste de 26 noms de jeunes venant de pays arabes et dont la majorité viennent de Tunisie et seraient affiliés à Al-Qaïda.  kapitalis

 

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Les présumés terroristes selon la télévision syrienne


 

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Liste des 18 détenus tunisiens (sur 26) présentée par L’ambassadeur syrien aux Nations Unies :


- Souheïl Saqalsi (né en 1986 à Bizerte);

- Majdi Ayari (1985, Mateur);

- Mohamed Trabelsi (1984, Bizerte);

- Oualid Dhafer (1985, Kairouan);

- Sami Kamel (1990, Sousse);

- Bilel Ayari (1989, Tunis);

- Ridha Bey (1988, La Marsa);

- Mohamed Dhaifallah (1986, Ben Guerdane);

- Romdhane Soltani (1973, Tunis);

- Mohamed El May (1989, Sousse);

- Wahid Foudhaïl (1987, Tunis);

- Bilel Marzouki (1980, Tunis);

- Okba Kasseri (1984, Tunis);

- Amine Ncibi (1983, Sidi Bouzid) ;

- Oussama Hedhli;

- Wissem Halima (1992);

Massoud Ghouma (1988);

Haikel Touiti (1986, La Marsa).

 

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 Le Ministère de l’Intérieur  arrête quatre suspects dans des actes de terrorisme, dont un agent de la garde nationale

 

 

Le ministère de l'Intérieur a affirmé, mardi 15 mai, que les suspects arrêtés la semaine dernière n'avaient pas l'intention de commettre des actes terroristes en Tunisie.

 

Les résultats préliminaires de l'enquête ont montré que le principal suspect parmi les personnes arrêtées « n'avait pas l'intention de commettre un acte terroriste sur le territoire tunisien », a indiqué un communiqué de presse du ministère de l'Intérieur.

 

Suite à des informations relatives à des menaces terroristes, « les services de sécurité, mobilisés sur l'ensemble du pays, ont arrêté quatre personnes la nuit du jeudi à vendredi à Sfax et à Tunis », a indiqué un communiqué du ministère, expliquant le retard à diffuser cette information par « son souci de garantir le succès de l'opération et pour assurer le secret de l'enquête ».

 

« Les personnes arrêtées n'avaient en leur possession ni armes ni explosifs », a précisé le ministère qui cite les résultats préliminaires de l'enquête.

 

Le ministère de l'Intérieur précise que « le principal suspect est un agent de la garde nationale qui s'apprêtait à quitter le pays en direction d'un pays frère dans le but d'y recevoir un entraînement militaire ». Le suspect « n'avait aucune intention de commettre un acte terroriste en Tunisie », selon le ministère.

 

Le ministère de l'Intérieur et le ministère public ont décidé de maintenir en garde à vue le principal suspect et l'un de ses complices. Les deux autres personnes arrêtées ont été laissées en état de liberté à la disposition de l'enquête encore en cours.  businessnews

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 02:52

La révolution tunisienne n'est pas achevée

 

«Si le processus révolutionnaire en Tunisie tâtonne et paraît se chercher encore, son succès dépendra incontestablement de la capacité des groupes politiques à résister à la force de la contre-révolution sous toutes ses formes, à mettre en place une dynamique de justice transitionnelle efficace et surtout à donner une traduction politique, sociale et économique claire à son premier axe programmatique: "Le peuple veut la chute du régime"» 


La révolution tunisienne semble être, une fois de plus, à un tournant décisif. Depuis l’élection de l’Assemblée constituante le 23 octobre dernier, le torchon brûle entre le parti islamiste Ennahda et une partie de l’opposition médiatisée sous le terme « démocrate », laquelle a refusé d’entrer au gouvernement. L’affrontement est monté d’un cran au début du mois d’avril 2012, à la suite de la répression féroce par les forces de l’ordre de manifestations réclamant le droit au travail et la liberté d’expression. Récemment, des réunions publiques initiées par des opposants au gouvernement ont été empêchées ou perturbées par des groupuscules dont on ignore l’identité exacte, sans que ce dernier ne prenne position. La réaction de la plupart des partis d’opposition ne s’est pas fait attendre : nous serions entrés dans la dictature théocratique et les libertés individuelles seraient plus que jamais en danger depuis l’arrivée au pouvoir de ceux dont le rêve, à peine refoulé, serait d’instaurer un « Tunistan ».


S’il faut légitimement s’indigner des menaces réelles proférées contre les libertés d’opinion et de croyance, et s’inquiéter du fait que celles-ci pèsent moins sur les courants dits « salafistes » que sur les « démocrates », il ne s’agit pas non plus de prendre des vessies pour des lanternes. Car à quoi assiste-t-on depuis la fuite de Ben Ali sinon à la reconduite, sous d’autres termes, de la même structure de débats et d’opposition entre « modernistes », « progressistes » et autres « démocrates » d’un côté, et « théocrates » et « islamistes » de l’autre ?

Ce clivage a atteint son apogée le 1er mai 2012 lors de la manifestation qui devait rappeler les enjeux sociaux et économiques de la révolution. Le slogan phare « Travail, liberté, dignité » a été noyé dans la cacophonie orchestrée d’un côté par les partisans d’Ennahda qui scandaient « Par notre âme et notre sang, nous te défendrons, ô gouvernement ! » (« Bil-rûh wa al-dam nifdîk yâ hukûma »), de l’autre par leurs pourfendeurs qui répliquaient « Que chute le gouvernement de la honte ! » (« Tasqut hukûmat al-‘âr »).


Cette lutte apparemment sans merci semble être l’unique jeu auquel islamistes et modernistes soient en mesure de jouer. Elle a pour effet de chasser les questions socio-économiques de l’agenda politique au profit d’une opposition fondamentalistes contre défenseurs de l’Etat moderne, et de reléguer ainsi la question sociale au second plan en bloquant le désir d’un grand nombre de Tunisiens de rompre avec le mode de gouvernement qu’ils connaissent depuis plus d’un demi-siècle.

 

En effet, les stratégies de l’opposition portée essentiellement par le Parti Républicain (émanation du Parti démocrate progressiste) et la Voie sociale et démocratique (recomposition de la gauche moderniste) mais aussi, en coulisses, par une partie des « fulûl » (résidus de l’ancien régime) se réclamant de l’héritage bourguibiste, ne visent aucunement la remise en question du régime politique ni du modèle économique qui prévalaient avant la révolution. La plupart des leaders de l’opposition au gouvernement actuel n’ont jamais rechigné à faire alliance avec l’ancien régime recomposé au soir du 14 janvier 2011 ni à prêter main forte aux trois gouvernements provisoires – non issus d’élections – conduits successivement par Mohammed Ghannouchi et Béji Caïd Essebssi.

 

Les exactions commises – ordonnées, devrait-on dire – par ces gouvernements à l’encontre des mouvements révolutionnaires ont provoqué, y compris après la fuite de l’ex-Président, des centaines de morts et de blessés, sans qu’aucun de ces opposants « démocrates » ne s’en émeuve ni ne s’en inquiète réellement. Leur appel à la « résistance », dans les circonstances d’aujourd’hui, sonne d’autant plus faux que les revendications populaires pour une véritable justice transitionnelle, l’assainissement des appareils judiciaire et sécuritaire, l’emploi des chômeurs et le développement des régions défavorisées n’ont trouvé jusqu’ici aucun écho dans leur programme pourtant « démocratique » et « progressiste ». Celui-ci se contente, bon an mal an, de revendiquer la liberté d’opinion, de croyance et d’entreprise pour les fractions supérieures des classes moyennes, dont une large partie se serait contentée des promesses de Ben Ali le 13 janvier 2011 aux dépens des revendications de justiceet d’équité socio-économiques portées par les groupes les plus défavorisés.


 

C’est dire que dans ces conditions les protestations de l’opposition, tout entières ordonnées autour de la liberté d’expression, ne gênent en rien l’actuel gouvernement provisoire issu de la coalition entre Ennahda, le Congrès pour la République et le Forum démocratique pour le travail et les libertés, vainqueurs aux élections. Au contraire, ces récriminations régulières permettent de détourner utilement l’attention médiatique de tractations autrement plus inquiétantes, comme la volonté à peine voilée de nombreux cadres islamistes de s’accaparer les rouages de l’Etat ou de donner un second souffle au modèle économique néolibéral qui s’accommode de la charité individuelle et rogne toujours plus sur la solidarité nationale.

C’est ainsi que l’enjeu de la justice transitionnelle, seule garantie de rupture véritable, a été sacrifié face à l’impératif de sceller des alliances avec certains symboles de l’ancien régime pour se maintenir au pouvoir. Vue sous cet angle, la stigmatisation mutuelle des deux camps a in fine pour effet délétère de contraindre les Tunisiens à réduire leur choix, comme sous Bourguiba et plus encore sous Ben Ali, entre dictature « islamiste » et dictature « éclairée », entre Charybde et Scylla. Les enjeux de la transition politique se réduiraient ainsi à une lutte entre les deux camps pour la conquête du pouvoir, laquelle conditionnerait la redistribution de la rente entre anciennes et nouvelles élites.

 

On comprend, dès lors, que la lutte à laquelle on assiste aujourd’hui n’est nullement celle qui, en Tunisie comme en France, nous est donnée à voir : elle réside plutôt entre les tenants d’un ancien régime rénové, débarrassé de ses références les plus encombrantes, et les partisans d’une rupture franche et large avec les fondements et les pratiques d’un pouvoir dont les Tunisiens ne veulent plus. Sa caractéristique est qu’elle traverse les partis d’opposition tout autant que les partis au pouvoir : ces derniers sont divisés entre d’un côté un courant autoritaire et partisan du « retour à l’ordre », y compris en s’alliant avec les anciens du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, ex-parti-Etat au pouvoir), et de l’autre un courant favorable à la rupture radicale avec l’ancien régime et le jugement de ses figures tutélaires.

Cette tension est d’autant plus accentuée que les benalistes reconvertis récemment à la démocratie tentent d’achever leur refondation, drapés qu’ils sont de la légitimité historique (« Bourguiba, libérateur de la femme et bâtisseur de la nation »), à défaut de pouvoir revendiquer une légitimité électorale. Détenteurs des compétences d’Etat, mais surtout de baronnies solidement établies dans les ministères-clés – Intérieur, Justice et Finances en tête –, ils sont tentés de faire chanter islamistes et démocrates pour monnayer leur retour sur la scène politique.

 

L’issue des prochaines semaines et des prochains mois est donc moins dans les mains de ceux qui agitent, d’un côté comme de l’autre, le perpétuel « chiffon vert » – la crainte de l’islamisme radical –, que dans celles, plus agiles et plus efficaces, des tenants du retour à l’ordre ancien. Le peuple tunisien reste à tout le moins l’otage de ces stratégies politiques d’un temps dépassé que la révolution du 17 Décembre 2010 a largement invalidées.

La contestation tous azimuts à laquelle on assiste, portée notamment par les diplômés chômeurs et les familles des martyrs et des blessés de la révolution, remet au centre de la vie politique les premières victimes de ce régime qu’il s’agit de faire tomber.

Si le processus révolutionnaire en Tunisie tâtonne et paraît se chercher encore, son succès dépendra incontestablement de la capacité des groupes politiques à résister à la force de la contre-révolution sous toutes ses formes, à mettre en place une dynamique de justice transitionnelle efficace et surtout à donner une traduction politique, sociale et économique claire à son premier axe programmatique : « Le peuple veut la chute du régime » (« Al-sha‘b yurîd isqât al-nidhâm »). mediapart

 

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En quoi Rached Ghannouchi est un homme dangereux


L’un des résultats les plus absurdes de la révolution du 14 janvier 2011, c’est l’émergence sur la scène politique tunisienne d’un personnage atypique, le président du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi.

 

Cet homme n’a pas fait grand-chose pour la chute de la dictature et se comporte depuis son retour d’exil comme le sauveur du peuple tunisien et le bienfaiteur de l’humanité. La folie des grandeurs dont il semble être atteint se lit dans ses déclarations farfelues du genre: «Le prochain congrès d’Ennahdha constituera un tournant non seulement dans l’histoire de la Tunisie, mais aussi dans l’histoire de l’humanité».


Embrassade et salamalecs entre les deux cheikhs pro-qataris.

 

Cette affirmation nous amène à poser une grave question: ‘‘Si’’ Rached a-t-il perdu totalement les pédales au point de considérer que le congrès d’un parti pratiquement inconnu à l’étranger et sans grande influence en Tunisie avant les élections du 23 octobre dernier constituera «un tournant dans l’histoire de l’humanité»? La réponse ne souffre aucun doute. Le type est atteint d’une intense folie des grandeurs et son état nécessite un traitement d’urgence.

 

Des choix politiques désastreux

 

Qu’a fait Ghannouchi pour son pays depuis son entrée en politique en tant que dirigeant du Mouvement de la tendance islamique (Mti), devenu plus tard Ennahdha ou la Renaissance? Il a grandement contribué aux crises politiques aiguës qu’a connues la Tunisie aux dernières années de Bourguiba en décidant de prendre le pouvoir par la force au risque d’engager le pays dans une guerre civile. Abdelfattah Mourou, qui le connaît très bien pour avoir été l’un des fondateurs et le père spirituel d’Ennahdha, lui fait assumer la responsabilité de l’emprisonnement de milliers de militants par ses choix politiques désastreux.

En effet, des milliers de citoyens ont subi un lavage de cerveau en règle par ‘‘Si’’ Rached qui, utilisant la religion comme tremplin, faisait miroiter à ceux qui ont bien voulu le suivre les délices du pouvoir de ce bas-monde et le paradis dans l’au-delà. Résultat: des années de prison, plus qu’il ne faut pour détruire la vie d’un homme, et aucune assurance de gagner l’au-delà.


Le baiser du cheikh Rached sur le front de son mentor.

Dans sa vie politique, Si Rached a accumulé et continue d’accumuler des quantités effrayantes d’hypocrisie. Il n’a pas toujours été un homme de principe. Rappelons-nous le ton mesquinement flagorneur qu’il avait adopté en 1988 pour parler de l’ancien président: «ma confiance est pour Dieu d’abord, et pour Ben Ali ensuite»

 

Oui, ‘‘Si’’ Rached n’a jamais été un homme de principe. Sans personnalité stable et encore moins d’amour propre, il mange à tous les râteliers. Il se sent à l’aise aussi bien avec les Américains que les Français, les Anglais, les Israéliens, les Saoudiens que les Qataris. Là où se trouve son intérêt personnel, il se forge un «un principe» et engage l’action que commande la situation.

 

Un fervent défenseur du wahhabisme

 

Les intérêts bassement matériels qu’il a avec les Saoudiens et les Qataris ont fait de lui un fervent défenseur du wahhabisme, une hérésie farouchement rejetée par nos ancêtres. Il est utile de rappeler ici qu’au début du XIXe siècle, vers 1810, les Wahhabites avaient tenté d’exporter leurs idées obscurantistes en Tunisie. Le Bey Hammouda Pacha avait chargé les autorités religieuses de la mosquée Zitouna de se prononcer sur la question wahhabite. Leur réponse était sans appel: non à cette doctrine. Celle-ci fut combattue, à cette époque, par les Ottomans jusqu’à son extinction. Son réveil, pour la deuxième fois, ne fut possible que grâce au couple formé par Abdelaziz Ibn Saoud, qui s’acoquina avec l’espion anglais, le colonel Thomas Edward Lawrence dit Lawrence d’Arabie, au début du XXe siècle. Leur objectif commun était de miner l’Etat ottoman d’une part, et d’autre part permettre à Ibn Saoud de reconquérir avec le glaive et le poignard le Najd (1902), royaume de ses ancêtres, et d’étendre ses conquêtes aux provinces voisines: Assir (1920), Chamman (1921) et le Hijaz (1925). L’Arabie Saoudite fut crée donc en 1925 avec la bannière wahhabite, après avoir chassé le roi Hussein de Médine.

 

Ghannouchi et l'émir du Qatar

 

De nos jours, l’Arabie Saoudite est une entité juridique privée, propriété de la famille Al Saoud; la famille Abdelwahhab bénéficiant de grands égards. C’est une monarchie absolue. Le roi cumule tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. Il exerce les fonctions de chef d’Etat et de Premier ministre. Le royaume ne dispose pas de budget public, mais est administré comme un domaine privé. Le roi n’a de compte à rendre à personne. Signalons l’accord d’alliance du roi Abdelaziz Ibn Saoud avec le président américain Franklin D. Roosevelt, en février 1945, qui aliéna les richesses saoudiennes dont le pétrole fut «offert» aux USA contre la protection du trône du roi.

 

Plus de deux siècles plus tard, ‘‘Si’’ Rached et ses «frères» salafistes tentent de reconvertir la Tunisie au courant religieux prôné par les prédicateurs saoudiens dont le plus célèbre est Ibn Baz.

 

‘‘Si’’ Rached est un inconditionnel de ce cheikh obtus. Il ne rate pas une occasion pour prier Dieu de lui accorder son Infinie Miséricorde, chose qu’il a obstinément refusée de faire pour Bourguiba décédé, malgré l’insistance du journaliste qui le lui demandait sur une chaîne de télévision.

 

Il convient de rappeler ici que la différence entre Bourguiba et Ibn Baz est à peu près équivalente à la différence entre l’obscurité et la lumière. Bourguiba a bâti l’Etat tunisien et a créé les conditions favorables pour que les Tunisiens, y compris ‘‘Si’’ Rached, puissent fréquenter l’école; quant à Ibn Baz, il traitait de mécréant quiconque ne pensait pas comme lui, que la terre était plate…


L'Ayatollah Ghannouchi par le peintre Hanafi.

 

La plupart des salafistes, «frères» de ‘‘Si’’ Rached et qui, selon lui, lui rappelaient sa jeunesse, sont des gens ignares qui ne savent ni ce qu’ils disent ni ce qu’ils font. On leur a présenté le wahhabisme comme la «voie juste» qui leur assure une place au paradis et ils ont fini par y croire sans réelle connaissance de ses fondements, compte tenu de leur niveau d’instruction à peu près nul.

 

La religion lui sert d’écran, son but est le pouvoir

 

Ce n’est pas le cas de ‘‘Si’’ Rached. Ce dirigeant islamiste, bien qu'il ait écrit quelques livres, connaît les bases et les fondements du wahhabisme et ceux des autres rites. Mais sa culture est purement religieuse, et s’arrête aux écrits et aux dogmes hérités de Abou Houraira, Moslem et El Boukari…, une culture valable durant les siècles de ces grands théologiens, mais plus aujourd’hui. A notre époque on peut comprendre l’islam bien mieux que nos ancêtres parce que les diverses disciplines scientifiques nous donnent un éclairage nouveau et adaptable à notre société actuelle.

 

Que connait ‘‘Si’’ Rached de l’astronomie, de la physique, de l’électronique, des sciences humaines, du droit, des finances… pour pouvoir se prévaloir d’introduire la renaissance de l’islam au sens moderne et non celui de l’obscurantisme et du banditisme au nom de la religion où il veut nous plonger et la monocratie où il voudrait nous amener! La religion lui sert d’écran; son but est le pouvoir. Il crée des problèmes mineurs et puérils pour détourner l’attention du Tunisien et instaurer un climat d’insécurité et de panique, et gagner du temps. La renaissance se fait non dans des caboches vides et les livres de ‘‘Si’’ Rached, mais dans les laboratoires les plus performants et des esprits les plus éclairés.

 

La compromission du chef d’Ennahdha avec le wahhabisme n’est sûrement pas basée sur un engagement de principe, mais sur la même motivation bassement matérielle que celle des prédicateurs qui défilent dans notre pays et qui, à l’instar de Wajdi Ghanim, viennent semer la discorde en s’attaquant à la femme tunisienne et en traitant de mécréants les démocrates.

 

Le dernier d’entre eux à fouler le sol tunisien est Youssef Qaradhaoui, un Egyptien qui a quitté son pays vers le Golfe non pas pour prêcher la bonne parole, mais pour s’enrichir. Et il s’est enrichi grâce aux relations privilégiées qu’il a pu tisser avec la famille régnante à Qatar et qui a mis à sa disposition Al-Jazira, une chaîne très influente auprès des téléspectateurs arabes. Atteint d’une sénilité avancée, c’est une girouette qui ânonne ce que ses maîtres américano-israélo-qataris lui dictent en faisant taire sa conscience et sa raison.

 

Un musulman n’incite jamais les peuples à la haine, ni à la violence et encore moins au meurtre. Pourtant, Qaradhaoui a su franchir le rubican lors des soulèvements populaires en Libye et en Syrie. Un cheikh ne prêche que la fraternité, le respect mutuel et la paix. Dans la sourate ‘‘La table servie’’ (V.2) il est énoncé : «Aidez-vous plutôt les uns et les autres à faire le bien, à vous rendre plus pieux envers le Seigneur, et non à commettre le mal et perpétrer l’iniquité! Et craignez Dieu».

 

L’accueil extraordinaire que lui a fait ‘‘Si’’ Rached en dit long sur l’intimité qui lie les deux hommes. Le chef d’Ennahdha a mobilisé les cadres – on se demande de quel droit il peut disposer des fonctionnaires de l’Etat – et les militants de son parti pour aller accueillir à l’aéroport le prédicateur le plus catholique du monde arabe. Même les membres nahdhaouis de l’Assemblée constituante, qui n’ont pas encore trouvé un moment pour écrire ne serait-ce qu’un article de la Constitution que le peuple attend depuis des mois, ont trouvé tout de même le temps d’aller en masse souhaiter la bienvenue à Qaradhaoui et contempler avec tendresse le baiser que leur chef a posé sur le front de son mentor comme s’il était un héros.


Rached Ghannouchi, Calife ou Ayatollah, par le peintre Hanafi.

 

Et de fait, Qaradhaoui s’est proclamé héros puisqu’il a affirmé le plus sérieusement du monde que les révolutions arabes étaient sorties de sa djellaba… Sans doute a-t-il oublié qu’en 2009, il était venu en Tunisie, mais cette fois c’était pour s’acoquiner avec le régime pourri de Ben Ali qu’il a traité carrément de «protecteur de l’islam».

 

Oubliant les flagorneries du prédicateur cathodique envers le dictateur, ‘‘Si’’ Rached était plus loin encore en affirmant sans ciller que la «la révolution tunisienne était sortie des aisselles de Qaradhaoui». Une affirmation nauséabonde et irrespectueuse du peuple tunisien qui voit sa glorieuse révolution réduite par le chef d’Ennahdha à une odeur malsaine dégagée par les aisselles de Youssef Qaradhaoui.

 

Dans les années 1980-90, Si Rached était dangereux pour les jeunes tunisiens qui, par milliers, avaient connu la prison et la torture suite à des choix politiques irréfléchis. Aujourd’hui, il s’avère plus dangereux encore, car il risque de provoquer non pas le malheur de milliers de Tunisiens, mais de millions.

 

L’Etat tunisien: un butin de guerre d’Ennahdha

 

A n’en pas douter, il joue le rôle de «guide» et exerce une influence indiscutable sur le gouvernement et sur tous les membres nahdhaouis de l’Assemblée constituante pour qui l’Etat tunisien n’est rien d’autre qu’un butin à partager entre les «gagnants». Il a le dernier mot sur la nomination des ministres et des hauts responsables et trace la politique à suivre. C’est lui qui tire les ficelles de ses «frères» salafistes qu’il lâche quand il veut contre ceux qu’il estime être les ennemis d’Ennahdha, et leur intime ordre de se terrer quand il estime que le rapport de forces est en leur défaveur et qu’ils risquent d’être écrasés, comme ce fut le cas le 1er mai où aucun barbu ne s’était approché de l’Avenue Bourguiba.

 

C’est encore ‘‘Si’’ Rached qui est derrière la politique des deux poids et deux mesures qui consiste pour les forces de l’ordre à regarder ailleurs quand les salafistes saccagent, agressent les artistes, les universitaires, les journalistes, rendent la vie des étudiants de l’université de la Manouba infernale, confisquent les mosquées, etc., mais ces mêmes forces de l’ordre sévissent quand de simples citoyens manifestent contre la politique d’Ennahdha.

 

Une telle politique risque de conduire le pays vers la guerre civile et si, à Dieu ne plaise, une telle éventualité se produise, c’est ‘‘Si’’ Rached qui en sera le premier responsable. Et c’est dans ce sens que l’on est en droit de dire que cet homme est dangereux, qu’il faut absolument le raisonner avant qu’il ne fasse subir aujourd’hui au pays le désastre qu’il a fait subir à son parti dans les années 1980-90.

 

Actuellement ce parti serait entré en transaction avec les grandes sociétés et les riches hommes d’affaires pour les racketter en contrepartie du blanchiment des dossiers concernant leur corruption du temps de Ben Ali. Les chiffres, en millions de dinars, seraient, dit-on, conséquents. Il est à craindre que ces pénalités ne seraient pas versées aux caisses de l’Etat, mais à celles du parti au pouvoir; lequel pourrait alors mener à bien les prochaines élections et ainsi pouvoir monnayer ou acheter les voix de la frange de la population la plus fragile et la plus nombreuse, à savoir les démunis, les illettrés, les chômeurs…  exactement le même scénario adopté lors du vote du 23 octobre dernier.


Le Guide suprême sur un nuage...

 

Le plan de ‘‘Si Rached’’ comporte cependant le germe de l’échec. Un tsunami déferlera sur les Nahdhaouis pour les balayer à jamais.

 

Avec le parti Ennahdha, il n’y aura plus de république, plus d’Etat, plus d’autorité légale… mais une autocratie. Ce n’est pas la renaissance, mais la décadence! Voulez-vous un exemple. En voici: le 22 avril, on annonce la levée des scellés des anciens locaux de la Zitouna et son prochain rétablissement. C’est un fait qui paraît banal, mais qui renferme de multiples poisons. La reprise des cours aura lieu très prochainement avec la séparation des sexes d’une part et d’autre part le programme de l’enseignement teinté du courant salafiste d’Ibn Taymiya (mort en 1328) ne sera pas visé par le ministère de l’Education et celui de l’Enseignement supérieur. Ainsi l’Etat perd son contrôle sur l’enseignement religieux.

 

Le dernier verset de la sourate “Les Poètes’’ se termine par cette terrible semonce: «Ceux qui commettent l’iniquité sauront bientôt quel funeste volte-face sera le leur».

 

* Ingénieur en détection électromagnétique (radar), breveté de l’Ecole d’Etat Major de Paris. Auteur de ‘‘Ben Ali le ripou’’ et ‘‘Eclairage sur les recoins sombres de l’ère bourguibienne’’.    

Par Béchir Turki, kapitalis

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 05:52

Opinions diverses sur les législatives … 


 

 

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Réactions aux législatives algériennes

Rabat, le CNT libyen et Ennahda tunisien aux abonnés absents

 

Cinq jours après les élections législatives algériennes, plusieurs pays ont déjà réagi. Mais les voisins maghrébins de l’Algérie se montrent particulièrement discrets. Ce lundi, à 16 h 30, le Maroc, le plus important voisin de l’Algérie n’avait toujours pas réagi. Aucun communiqué, aucune déclaration officielle de Rabat. Ce silence pourrait être interprété comme une façon pour les Marocains d’appliquer le principe de réciprocité. Fin 2011, Alger avait attendu près d’une semaine pour réagir aux élections législatives marocaines (lire). 

En attendant, la presse marocaine a largement commenté les élections algériennes en soulignant notamment « l'exception » de l’Algérie. Parmi les journaux, le quotidien Attajdid, organe du Parti justice et développement(PJD), la formation islamiste au pouvoir après sa victoire aux législatives de novembre, écrit que le « principal enseignement à tirer de ce scrutin est que l'Algérie a raté un rendez‑vous historique ».

 

L'Algérie aurait pu exploiter ce scrutin « pour la refonte de son système politique et la rupture avec son modèle de pouvoir, à travers l'instauration d'un nouveau pacte politique lui permettant d'adhérer pleinement au processus de changement enclenché dans la région », écrit l'éditorialiste. « Le processus de démocratisation et de réforme en Algérie est irréversible et son détournement n'est que provisoire », souligne‑t‑il toutefois.

 

Autre pays voisin qui n’a pas encore réagi : la Libye. Le CNT n’a publié aucun communiqué et n’a fait aucune déclaration sur les élections législatives algériennes. Pourtant, les dirigeants libyens ont été très rapides à réagir après les élections présidentielles françaises. Dès le 7 mai, au lendemain du deuxième tour, le CNT a rendu hommage au rôle joué par la France de Nicolas Sarkozy dans la révolution libyenne et a félicité en même temps le nouveau président François Hollande. Là encore, le silence libyen pourrait être interprété comme la réponse des nouveaux maîtres de Tripoli à la reconnaissance tardive par Alger du CNT.


Enfin, en Tunisie, la présidence de la République a réagi dès samedi via un communiqué pour saluer le succès des législatives en Algérie (lire). Mais la présidence est la seule institution qui n’est pas dirigée par Ennahda, principale force politique du pays. Le gouvernement dirigé par les islamistes, tout comme les dirigeants d’Ennahda, n’ont pas réagi. Ennahda a plusieurs raisons de bouder. Non seulement les islamistes algériens n’ont pas remporté le scrutin, mais fin octobre 2011, après les élections tunisiennes, Alger avait réagi en félicitant le peuple tunisien pour le bon déroulement des élections. Sans aucune référence à la victoire d’Ennahda (lire). 
tsa-algerie

 

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 L’Occident «rassuré»


 

La secrétaire d’Etat américaine et ex-première Dame des Etats-Unis n’a vu, dans les législatives algériennes largement contestées par l’opposition, qu’un aspect : l’arrivée en force des femmes à la Chambre basse du Parlement. Une réaction prévisible.


L’Occident, Etats-Unis en tête, a toujours défendu l’idée d’une plus grande participation des femmes dans la vie politique. Même si les Américains n’ont jamais élu une femme présidente ! Les élections du 10 mai 2012 étaient-elles libres, honnêtes, crédibles et ouvertes ? Hillary Clinton ne l’a pas dit. «Ces élections sont une avancée bienvenue sur le chemin de l’Algérie vers des réformes démocratiques», a-t-elle dit. Simple traduction : l’Algérie n’est que sur «le chemin des réformes démocratiques».

Le pays que gouverne Bouteflika depuis treize ans n’est donc pas aussi démocratique que cela. C’est là un point de vue que semble partager l’Union européenne (UE), qui a qualifié le dernier scrutin de «pas en avant» vers les réformes. «L’UE espère que le nouveau Parlement élu fera avancer un processus de réformes fondées sur des principes démocratiques et sur le respect des droits de l’homme», ont déclaré Catherine Ashton (chef de la diplomatie de l’UE) et Stefen Füle (commissaire en charge de la politique de voisinage).

L’UE a accepté d’envoyer une mission d’observation des élections pour la première fois depuis l’instauration de ses relations avec l’Algérie, troisième fournisseur du continent en gaz naturel. José Ignacio Salafranca, chef de cette mission, a déclaré, samedi à Alger, qu’un manque de transparence entoure certains aspects du scrutin. «La France forme le vœu que ces élections concourent à la consolidation et à l’approfondissement du processus de réformes annoncé par le président  Bouteflika et attendu par la grande majorité des Algériens», a déclaré, pour sa part, Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

A Londres, la position américaine est redite avec d’autres mots. William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, a salué «tout particulièrement» la plus grande représentation des femmes dans la nouvelle Assemblée. «J’espère que ce progrès mènera à de nouvelles réformes dans les débats à venir sur le changement constitutionnel et dans la course aux élections locales, cette année, ainsi que pour l’élection présidentielle prévue en 2014», a-t-il soutenu. Londres et Washington comptent donc sur la prochaine révision de la Constitution, prévue probablement en 2013, pour voir jusqu’où «le processus de réformes» engagé en Algérie peut-il aller.
Paris – comme Londres, Washington, Bruxelles ou Rome – évite d’évoquer la fraude ou la manipulation du scrutin telles que dénoncées par au moins une dizaine de partis. Ces puissances s’adressent d’abord et surtout au pouvoir en place.

Lorsque les contestations étaient en cours en Tunisie, puis en Egypte et au Yémen, ces capitales s’étaient d’abord adressées aux régimes d’alors. L’Occident, qui tergiverse sur la situation dramatique en Syrie, laissant la dictature terrifiante de Bachar Al Assad massacrer chaque jour la population civile, a visiblement changé de stratégie. La stabilité des régimes dans la région arabe est redevenue un axe important de cette vision, au détriment des aspirations de plus en plus fortes au changement politique des peuples et surtout des jeunes. Même pacifique, ce changement est désormais assimilé à un «facteur» de déstabilisation. Cela a constitué la «matière grasse» du discours du pouvoir lors de la campagne électorale algérienne. Discours bâti sur la peur et les raccourcis.
«Le Printemps arabe a apporté le désordre et le chaos», répétait à n’en plus pouvoir Ahmed Ouyahia, Premier ministre. La volonté de conditionner la société est réelle. D’où la qualification de «vote-refuge» donnée par Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, aux législatives de 2012. Une formule qui rappelle celle utilisée en 1997, après les élections parlementaires qui avaient vu la «victoire» du RND trois mois après sa création. Un scrutin marqué par une fraude massive dénoncée par plusieurs partis et qui était censé neutraliser l’action terroriste de l’époque.

La Russie, allié militaire et politique d’Alger, a clairement estimé que l’Algérie a échappé au «choc» du Printemps arabe. Que pouvait-on attendre de Moscou qui, ouvertement, approuve les tueries du régime syrien ? La crainte de voir les islamistes arriver au pouvoir a probablement joué dans ce qui apparaît comme une «légère» correction de la vision occidentale à l’égard du Monde arabe. Une attitude qui pourrait être temporaire.
La conjoncture économique et énergétique mondiale n’autorise pas d’écart dans la conduite actuelle de la politique extérieure. Sur ce plan, Amérique du Nord et Union européenne diffusent presque sur la même longueur d’onde. L’instabilité de la zone sahélo-saharienne, aggravée par les restes nocifs du régime de Mouammar El Gueddafi dans la région, oblige les capitales occidentales à remanier leurs positions aussi.

Le Sahel demeure toujours une région pourvoyeuse en uranium et en pétrole pour l’Europe et l’Amérique du Nord. Une zone qui exporte aussi beaucoup de migrants clandestins.  Ces calculs géostratégiques font qu’aujourd’hui, en Algérie, certains pensent sérieusement que les «réformes» sont possibles dans une situation de statu quo et estiment qu’elles sont applicables dans un pays où les libertés sont absentes.  Rassuré par l’attitude conciliante de ses partenaires étrangers, le pouvoir algérien, qui loue devant les autres ses prouesses dans le combat antiterroriste, continuera à régenter la société à sa manière, sans retenir les premières leçons de l’histoire en marche. Partant de cette idée, ajourner le changement équivaut à faire basculer l’Algérie dans l’inconnu. C’est déjà le cas depuis vendredi 11 mai... Au Nord, on le sait. Mais on s’adapte tant qu’on peut.

Fayçal Métaoui; elwatan
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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 05:18

 Pas de clémence pour l’athéisme 


L’affaire des deux caricaturistes de Mahomet à Mahdia a-t-elle été oubliée? Le lundi 14 mai, le procès en appel des deux jeunes hommes condamnés à sept ans de prison pour «atteinte au sacré» et «trouble de l’ordre public» après avoir publié des caricatures du prophète s’est soldé par un black-out médiatique. Plus tabou que la liberté d’expression, l’athéisme est passé sous silence.

 

«Je tiens à souligner l’inaction des ONG et des militants des droits de l’homme dans cette affaire» déclare Maître Bochra Bel Haj Hamida, avocate et militante des droits de l’homme qui s’est saisie de l’affaire dite «Affaire Mahdia». En effet, lundi 14 mai, le tribunal de Monastir était vide de toute présence médiatique comme de celle des défenseurs des droits de l’homme. Jabeur Mejri, un des accusés, actuellement emprisonné, a fait appel après son incarcération et il est venu plaider la clémence du juge pour l’allègement de sa peine.

Son crime: un athéisme trop revendiqué à travers des insultes directes adressées au prophète sur sa page Facebook.Tout commence début avril quand la blogueuse et journaliste Olfa Rihahi dévoilait sur son blog To be good again une affaire complexe : le 28 mars 2012, Ghazi Béji et Jabeur Mejri sont condamnés. Ghazi a quitté le pays précipitamment le 10 mars et reste en cavale depuis, condamné par contumace, il ne peut faire appel. Jabeur Mejri, a écopé d’une peine de cinq ans pour trouble à l’ordre public et transgression de la morale, deux pour avoir porté préjudice aux tiers à travers les réseaux publics de communication, et six mois pour transgression de la morale avec 1200 dinars d’amende.

 

Quant à Ghazi Béji, son procès-verbal fait suite à une nouvelle écrite et publiée après la révolution, L’illusion de l’islam.Il y est accusé de «Doute de l’existence de Dieu, doute de l’existence d’une religion nommée Islam, doute de l’existence du Prophète Mohamed avec justificatifs du doute comme y insiste l’auteur.» Cet écrit pose alors question sur les motifs de la condamnation, est-ce réellement pour trouble à l’ordre public que sont condamnés les deux blogueurs ou pour leurs convictions personnelles? La poursuite en justice était l’œuvre d’un avocat Maître Sheikh Zaouli qui avait été alerté par un citoyen lambda (dont l’identité reste à ce jour inconnu) de la diffusion de  photos et caricatures portant atteinte au prophète sur le réseau social Facebook.

 

Après avoir demandé à l’auteur, Jabeur, de les enlever ce dernier rétorque en insultant l’Islam, l’affaire ira donc devant le tribunal de Mahdia. Jabeur est entendu le 5 mars et explique qu’il a publié ces photos car il ne reconnaît pas la religion musulmane.


 

Deux jours plus tard, lors d’une nouvelle comparution, il déclare avoir aussi publié ces caricatures contre un licenciement abusif dont il avait été victime voulant alerter l’opinion publique et avoue avoir «intentionnellement voulu porter atteinte à l’Islam avec l’aide d’un de ses compagnons, Ghazi Béji». 

 Cet aveu a-t-il permis exécuter la condamnation pour«atteinte à l’ordre public et au valeurs du sacré» selon les articles 121 et 226 du Code Pénal? Pourquoi sa version des faits a-t-elle changé entre les eux comparutions?

Ces questions sont encore aujourd’hui sans réponse.Mais la réelle interrogation est celle de la blogueuse Henda Hendoud qui est aussi allée sur les lieux: est-ce un procès pour atteinte au sacré ou pour athéisme? demande-t-elle dans son post l’illusion de l’Islam dévoile l’illusion de la liberté?. Elle y revient aussi sur un autre point, l’utilisation de ces articles du code pénal sous Ben Ali pour condamner des opposants politiques, système répressif et peu légitime. Fait aussi dénoncé par Olfa Riahi:


«quelle différence entre une Tunisie qui a farouchement réprimé jadis ses islamistes en raison de leur idéologie politique et religieuse et une Tunisie qui réprime aujourd’hui ses athées pour des convictions personnelles ? La liberté n’a ni idéologie, ni race, ni religion. Un peu comme le terrorisme… ».

 

L’ONG Reporters sans frontières a relayé aussi l’affaire dans un communiqué du 10 mairevenant sur le flou juridique qui entoure la liberté de la presse en Tunisie:


«Cette affaire met en lumière la nécessité de voir garantie, dans les textes de loi, la liberté d’opinion et d’expression sur Internet Au lendemain de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse, organisée le 3 mai dernier à Tunis par l’UNESCO, le gouvernement tunisien doit poursuivre la réforme du secteur des médias et faire appliquer les décrets-loi 115 et 116 en vue de garantir la liberté de la presse.»

 

Une chose est sûre, la peine est trop lourde par rapport au délit selon les avocats qui se sont mobilisés pour les deux jeunes hommes. L’avocat qui a porté plainte estime que ce n’est pas une affaire de liberté d’expression ni de liberté tout court. de quoi s’agit-il alors? Si personne ne semblait vouloir prendre leur défense à l’époque, la médiatisation de l’affaire qui éclate début avril a rassemblé le lundi 14 mai six avocats pour la défense qui ont demandé une libération provisoire et une expertise médicale du coupable afin d’alléger sa peine.

Coup de théâtre, le procureur de la république chargé du dossier a fait lui aussi appel, pour demander l’aggravation de la peine qu’il juge «trop clémente». Face à ce rapport de force, la défense a demandé un report du procès le lundi 21 mai. La militante Bochra el Haj Hamida a aussi contacté des ONG internationales pour demander l’asile politique pour Ghazi Béji toujours en cavale et dans la clandestinité. Selon Olfa Riahi, en contact avec lui, «il serait en Roumanie mais sa situation est très instable, il est clandestin et dort dans un camp de réfugiés ».

 

Mais aujourd’hui, ce qui inquiète le plus la défense, c’est l’oubli. Après avoir été amplifiée médiatiquement, l’affaire a été mise de côté tout comme au début où le procès s’était tenu à huit-clos dans la petite ville de Mahdia.


«Pourquoi tout le monde s’est mobilisé en faveur du patron de Nessma TV et oublie cette affaire aussi vite qu’elle est apparue ? Il y a un problème aussi bien au niveau des militants des droits de l’homme en Tunisie qui ne s’intéressent plus aux affaires dès lors qu’elles ne sont pas médiatisées mais aussi au niveau de la justice qui est réellement soumise à des pressions et des rapports de force politique.»


Pour Olfa Riahi, c’est le sujet qui reste encore tabou  «Beaucoup de gens ont peur de prendre position car les défendre reviendrait selon eux à défendre certaines valeurs qui vont à l’encontre de la religion. On sait que c’est un sujet très sensible ici. Pourtant moi-même je suis la première à avoir dénoncé le contenu de ces caricatures qui m’ont aussi choqué en tant que musulmane, cela n’empêche pas que ces jeunes gens ont 28 ans et qu’ils vont sans doute passer sept ans de leur vie en prison pour leurs convictions. C’est une peine trop lourde».

 

La question de la religion et de la liberté d’expression sont plus que jamais d’actualité en Tunisie alors que dans le verdict du  procès Nessma TV prononcé le 3 mai 2012, où les chefs d’accusation étaient similaires, le patron de la chaîne, Nabil Karoui ne s’en est pas tiré indemne, il devra payer une amende de 2400 dinars.

Dans un entretien réalisé à la veille de son procès, le PDG avait déclaré ne pas avoir diffusé une émission sur la pédophilie qui traitait de questions ayant affaire avec la religion, par peur des représailles. Deux autres affaires restent en suspens, celle du directeur d’Attounissia qui a écopé d’une amende de 1800 dinars le 8 mars pour avoir publié Une de son journal une photo de nue et celle de l’ATI (Agence Tunisienne d’Internet) qui a fait appel après avoir reçu la directive de la justice tunisienne de censurer les sites à caractère pornographique. slateafrique

 

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Razzia salafiste à l’aéroport

 

Abou El Fadhl Omar El Hadouchi, un cheikh salafistes djihadistes marocains a été retenu à l’aéroport Tunis Carthage et interdit d’entrée par la police des frontières, vers minuit, dans la nuit du lundi au mardi 15 mai. Les pages salafistes sur les réseaux sociaux tunisiens ont battu le rappel des troupes.

Et des groupes salafistes se sont dirigés en masse à l’aéroport, pour répondre à l’appel, et faire ainsi pression sur les autorités pour laisser le cheikh pénétrer en territoire tunisien.

Omar El Haddouchi est considéré comme l’un des principaux leaders de la mouvance salafiste djihadiste au Maroc. Il a été condamné à 30 ans de prison au Maroc pour son implication présumée dans les attentats de Casablanca de mai 2003. Il a fini par bénéficier d’une grâce royale en février dernier, et voici qu’il a été invité en Tunisie, par ses alter egos locaux. Omar El Haddouchi s’est notamment rendu célèbre par ses fatwas retentissantes. Il a ainsi appelé tous les Musulmans à quitter la France, la comparant à «des toilettes, où il convient de ne pas s’attarder».

salafiste-aeroport carthage

Reste qu’en Tunisie, alors que l’on s’apprête à célébrer la reprise du tourisme, cette cohue à l’aéroport risque d’être du plus mauvais effet. Les Occidentaux, qui, faut-il le rappeler, constituent l’essentiel de nos visiteurs, risquent de ne pas trop apprécier le comité d’accueil en qamis, et arborant les désormais habituels drapeaux noirs. Pis : les images qui circulent sur les réseaux sociaux, risquent même de faire tomber à l’eau une campagne payée en devises fortes sur le dos du contribuable et donc du tunisien moyen.

salafiste-tunis-carthage

Et voici qu’après la désormais célèbre razzia de l’horloge du 25 mars, au cœur de Tunis, nous assistons à la marche sur l’aéroport, un lieu stratégique, s’il en est, et en l’occurrence, un véritable poumon économique. Pour rappel, les autorités tunisiennes, (plus précisément le Premier Ministère) viennent d’accorder un visa légal à une formation politique d’obédience salafiste : le Front de la Réforme, dirigé par Mohamed Khouja qui déclare «ne pas voir de contradiction entre chariaâ et modernité» et qui affirme vouloir faire usage de «la persuasion et non de la violence».

 Reste maintenant à savoir si le cheikh marocain, encore retenu à l’aéroport à l’heure où nous écrivons ces lignes, sera finalement autorisé à entrer en Tunisie, et s’il pourra dans ce cas prononcer ses prêches enflammés dans nos mosquées.      par Moez El Kahlaoui; mag14

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 04:41

Mais bon sang! Réglons définitivement le dossier des blessés de la révolution tunisienne !

«Une image vaut  mille mots», disait le penseur chinois Confucius. L’image des blessés de la révolution qui se sont cousu la bouche est une condamnation sans appel de la lenteur des procédures d’indemnisation.

 

Certes, il y a parmi les dossiers des blessés certains cas frauduleux…

Certes, ne le nions pas, comme cela arrive partout dans le monde en pareille circonstance, il y a des opportunistes et des escrocs qui essaient de rentrer dans le moule pour profiter d’une aide.


Ces héros et héroines qui se sont battus pour faire dégager Ben Ali

(Ph. A Tunisiangirl Blogspot).

En Tunisie, certains «faux blessés de la révolution», avec l’aide de médecins corrompus et peut-être de fonctionnaires malhonnêtes, ont essayé d’escroquer le système. Dans ce cas, le gouvernement doit être sévère pour l’exemple et surtout pour éviter que les vrais blessés ne soient pas pénalisés. Et le peuple tunisien le soutiendra dans cette démarche car il est intolérable que l’argent du peuple soit attribué à des voleurs.

Mais hormis ces cas frauduleux, il reste qu’il y a actuellement des dossiers de réels jeunes (et moins jeunes) de blessés de la révolution qui sont en souffrance. Des réels héros et héroïnes qui se sont battus pour faire dégager Ben Ali et pour que des élections aient lieu en Tunisie. Car n’oublions pas que tous les changements qui ont eu lieu depuis le 14 janvier 2011 ne sont que la suite de ce qui s’est passé dans les jours qui ont suivi l’immolation de Mohamed Bouazizi. Ceux qui nous gouvernent actuellement en Tunisie n’ont pu revenir en Tunisie ou se présenter aux élections que parce que ces jeunes ont fait «le sale boulot, le plus dangereux et le plus ingrat», à savoir affronter les balles pour pousser le régime à abdiquer.

Ne l’oublions pas, ne soyons pas amnésiques. Surtout, traitons ce dossier rapidement car le moins que l’on puisse dire est qu’actuellement les choses prennent trop de temps.

 

Ces blessures qui ne guérissent pas (Ph. A Tunisian Girl Blogspot).

Il est en effet incompréhensible que malgré plus d’un an et demi passés, on en est encore à avoir des images de personnes handicapées ou blessés se coudre la bouche en signe de protestation car leurs dossiers n’avancent pas.

Ce qui est dit ici n’est pas d’accorder tout ce qui est demandé et de s’incliner face à n’importe laquelle des revendications. Ce qui est dit ici est qu’enfin ces personnes soient reçues, entendues et qu’on négocie avec elles une sortie positive dans leur dossier.

 

Avant d’indemniser les victimes de Ben Ali, il faut solder celui des blessés de la révolution.

 

Au moment où l’on parle d’indemniser d’anciennes victimes de Ben Ali avec une enveloppe de plusieurs centaines millions de dinars (et disons-le clairement, cette indemnisation est légitime en soi car c’est ce qui se fait dans tous les pays où il y a eu de tels abus); au moment où l’on veut indemniser des victimes de la dictature, certains cas ayant eu lieu il y a plus de vingt ans, il serait plus logique et judicieux de traiter rapidement et efficacement ce dossier des blessés de la révolution et nous épargner ces insoutenables images de personnes condamnées à en arriver à se coudre la bouche pour se faire entendre.

Blessé de la révolution (Ph. A Tunisian Girl Blogspot).

Confucius disait qu’une «image vaut mille mot». Espérons rapidement que l’image de ces bouches cousues laisse la place à celle plus joyeuse de bouches souriantes de blessés enfin satisfaits que leurs actes courageux aient été pris en compte. Nous attendons cette image.  

Par Hakim El Frigui; kapitalis

 

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Plusieurs blessés de la Révolution se cousent la bouche devant l'ANC


Plusieurs blessés de la Révolution se cousent la bouche devant l'ANC

 

Des blessés de la Révolution ont décidé de se coudre la bouche devant le siège de l'Assemblée Constituante en protestation contre  le silence et l'ignorance du gouvernement. 

Selon un des manifestants, les autorités concernées ont refusé de négocier avec les blessés de la révolution alors que certains d'entre-eux se trouvent dans des situations critiques. 

La même source a indiqué que le ministère des droits de l'homme et de la justice transitionnelle essaye de manipuler l'opinion publique en promettant de régulariser la situation des blessés de la révolution.

Plusieurs blessés de la Révolution se cousent la bouche devant l'ANC,  shemsfm



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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 06:18

Plusieurs partis dénoncent une fraude et se font menaçants

 

Plusieurs partis politiques, islamistes en tête, ont contesté ce week-end les résultats préliminaires des élections législatives du 10 mai en Algérie, évoquant des "fraudes" ou une "mascarade" susceptibles de provoquer une révolution à la tunisienne.

"Nous ne reconnaissons pas ces résultats, a déclaré à l'AFP le président fondateur du parti radical islamiste Front de la Justice et du Développement (FJD) Abdallah Djaballah, dont le parti tout juste agréé n'a obtenu que sept des 462 sièges de la nouvelle assemblée.

Ils "ont fermé la porte du changement à travers les urnes et il ne reste à ceux qui croient au changement que le choix tunisien", a-t-il dit, en référence au renversement en janvier 2011 en Tunisie de Zine el-Abidine Ben Ali, en place durant deux décennies, évènement qui avait donné le coup d'envoi du Printemps arabe.

Les résultats préliminaires annoncés vendredi placent le Front de Libération Nationale (FLN, présidentiel) en tête avec 220 sièges.

Avec son allié le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia (68 sièges), ils dépassent la majorité absolue. De quoi avoir les coudées franches pour poursuivre les réformes voulues par le président Abdelaziz Bouteflika, dont une révision de la constitution.

A eux tous les partis islamistes totalisent 59 députés, et restent, avec un même nombre de sièges, la 3e force à l'assemblée.

"Le dernier sondage réalisé par le pouvoir après la fin de la campagne électorale -nous avons les documents en notre possession-, nous créditait de 65 sièges", a affirmé M. Djaballah.

Aucun sondage n'est jamais rendue public avant les élections.

 

- Un printemps arabe reporté ? -


"Ces élections sont une mascarade" et "constituent une agression contre la volonté du peuple", a poursuivi M. Djaballah, fondateur des deux partis Al-Islah (Réforme) et Ennahda (Renaissance) dont il a été éjecté et qui ont gagné des sièges dans le nouveau parlement.

Ce scrutin "crée une situation d'insécurité et d'instabilité", a affirmé M. Djaballah, deux fois candidat à la présidentielle de 1999 et 2004 contre Abdelaziz Bouteflika, tenant du poste depuis 12 ans.

"Nous sommes en pourparlers avec les différents partis qui refusent ces élections pour adopter une position commune", a indiqué le bouillant militant islamiste de 56 ans. "Si ces partis décident de se retirer du parlement, le FJD sera à leur tête".

Parmi les contestataires, l'Alliance de l'Algérie Verte, formée du Mouvement de la Société et la Paix (MSP), Al-Islah et Ennahda, pour lesquels "le Printemps algérien par les urnes a été reporté".

Le Front du Changement (FC) du dissident MSP, ancien ministre de l'Industrie Abdelmadjid Menasra, jugeait samedi que "l'Algérie avait raté l'occasion d'un changement pacifique".

Le Conseil consultatif de ces islamistes se réuniront séparément le week-end prochain pour se prononcer.

Abderrahmane Saïdi, président du Conseil consultatif du MSP (ex-membre de l'Alliance présidentielle) a néanmoins souligné que sa formation "ne prendra aucune décision qui menacerait la stabilité du pays".

Pour le directeur-fondateur de l'Observatoire des pays arabes à Paris, Antoine Basbous, "parmi les islamistes, un seul était redouté par le pouvoir, Abdellah Djaballah". Mais, a-t-il déclaré à l'AFP, il est "perçu comme authentique".

Dans le camp laïc, le Front national algérien (FNA, conservateur) de Moussa Touati contestera auprès du Conseil constitutionnel ses neuf sièges obtenus selon des "procédés frauduleux". Sa démarche devrait être suivie par une kyrielle de petits partis.

La présidente du Parti des Travailleurs (PT, extrême gauche) Louisa Hanoune a qualifié le scrutin de "coup de force inacceptable", après la perte d'au moins six de ses 26 sièges précédents.

Sa formation a obtenu 11 sièges à Alger, a-t-elle déclaré, citée par la presse. "Le lendemain, quatre sièges ont été détournés grossièrement".

Des ajustements étaient en cours dans plusieurs wilayas (départements) avant que les résultats définitifs ne soient établis. Le Conseil constitutionnel dispose de 72 heures, après leur réception, pour se prononcer. tempsreel.nouvelobs

 

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Mohand Said conteste la victoire du FLN

 

Lors d’une conférence de presse qu’il a organisé aujourd’hui, dimanche, au siège son parti à Alger, le président Parti de la Liberté et de la Justice a fortement contesté les résultats du dernier scrutin, et particulièrement «la victoire» du FLN.

Mohand Said dont le parti ne sera pas représenté dans la nouvelle formation parlementaire  met en doute le faite que le FLN a  réussi à rafler  220 sièges en dépit de  la crise qu’il traverse actuellement.  «Le FLN est divisé au moins en trois courants. Il est inadmissible qu’il puisse avoir un tel résultat dans de pareilles conditions », estime Mohand Said devant un parterre de journalistes.  «Une situation qui contraste étrangement avec le discours de son secrétaire général si sûr de lui-même au point de promettre en pleine campagne, une surprise», ajout-t-il plus loin.

Le PLJ attire l’attention sur le taux élevé des bulletins nuls qui augmente de plus de 80% par rapport à 2007 (il passe de 961000 à 1668000). « Il s’agit d’un message fort adressé par une partie des électeurs au pouvoir et aux partis politiques », estime le président du parti.

Pour Mohand Said  alors qu’ils s’attendaient à avoir un meilleur avenir, les citoyens ont été déçus par les résultats du scrutin et se sont plus éloignés de la vie politique. «Je crains qu’il y ait des répliques sur l’avenir du pays », dit-il.

Le président du PLJ refuse par ailleurs de qualifier d'echec le fait que son parti n'ait obtenu aucun siège lors des législatives du 10 mai.

«Nous n’avons pas échoué. Nous nous sommes présentés aux législatives mais surtout pour la construction du parti" a-t-il argumenté.

« La division des sièges de cette façon nous a emmené à réfléchir sur la possibilité de quitter la scène politique », reconnaît Mohand Said en faisant allusion de la "victoire" du FLN. Et de préciser que «toutes les alternatives sont possibles, parmi lesquelles se retirer de la scène politique où se regrouper avec d’autres formations politiques ».

La porte-parole du Parti des Travailleurs, Louiza Hanoune, avait appelé samedi les partis à constituer en front commun. Le bureau national du PLJ est convoqué pour une réunion extraordinaire jeudi prochain afin d’étudier l’intérêt de poursuivre ou non l’activité politique partisane dans l’état des données actuelles.

Le PLJ, affirme son président, était certain d’avoir des sièges notamment dans les wilayas de M’sila, Sétif et El Oued.  Interrogé sur le nombre exact de siège qui aurait été enlevé à son parti, Mohand Said répond « nous sommes entrain d’étudier les PV pour le savoir ». 
elwatan


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La mission d'observation européenne plutôt satisfaite du scrutin

Malgré la forte abstention, et malgré les accusations de fraudes, les observateurs européens ont salué « un premier pas positif qui doit être approfondi » et plaidé dans le même temps pour plus de transparence. Les dépassements constatés n'entachent pas la crédibilité du scrutin, selon Jose Ignacio Salafranca, chef de délégation de la mission européenne. A Washington, la secrétaire d'Etat américaine s'est félicitée notamment de l'arrivée de 145 femmes dans l'hémicycle.

Ce n’est pas un chèque en blanc que nous donnons aux autorités, voilà ce qu’a tenu à préciser le chef des observateurs européens à Alger, en réponse à une question d’un journaliste.

Il est vrai que le rapport préliminaire présenté hier, adopte un ton très diplomatique. On le sait, en Algérie, la question de souveraineté est particulièrement sensible. Et pour sa première mission dans le pays, l’Union européenne n’a manifestement pas voulu faire de vagues.

Le chef de la mission d’observation n’a pas voulu se prononcer sur la question de fraudes soulevée par certains candidats. José Ignacio Salafranca a simplement rappelé que pour l’instant, les résultats n’étaient que provisoires.

Les observateurs n’ont pas exprimé non plus de doute particulier sur le taux de participation, jugé irréaliste par certains partis. Les Européens ont salué le calme qui a prévalu jeudi dernier, jour du vote, et se sont dit très satisfaits de voir 145 femmes entrer au Parlement.

La délégation a néanmoins plaidé pour plus de transparence dans le processus, dans l’enregistrement des électeurs sur les listes et dans l’affichage des résultats. Dans 60% des bureaux de vote que les Européens ont observés, les chiffres n’ont pas été rendus publics.

L'entrée en force des femmes dans la nouvelle Assemblée

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est félicitée du nombre de femmes élues dans la nouvelle Assemblée, saluant une « avancée de l'Algérie sur la voie des réformes démocratiques». En effet, les femmes entrent en force dans le nouveau Parlement algérien : elles seront 145, soit plus de 30 % à siéger. C'est le cas de Nabila Adjlout élue députée à Tizi Ouzou, pour le FFS, le Front des forces socialistes, le plus vieux parti d'opposition.

Nabila Adjlout aura bientôt 32 ans. Longue chevelure brune ramassée en queue de cheval, boucles d’oreille discrètes, elle est trilingue mais s’excuse, elle ne parle bien aucune des langues.

Nabila n’est pas novice en politique. Elle a d’abord grandi dans une famille de militants, en Kabylie. Nabila choisit d’étudier les sciences politiques à Alger, puis adhère au FFS à l’âge de 24 ans avant de gravir les échelons et de devenir secrétaire nationale à la culture.
Son parti était contre l’instauration d’un quota pour les femmes car le principe prête le flanc aux critiques.

Nabila promet de s’imposer au Parlement en tant que citoyenne plus qu’en tant que femme. Mais elle se battra pour elle s’il le faut. rfi.fr/afrique

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 05:54

 

Tout sur la loi de finances complémentaire 2012

 

Le projet de loi de finances complémentaire pour 2012 vient d’être adopté dans une version rectifiée avec l’ajout de 6 articles aux 51 initialement fixés par le gouvernement.


Les discussions de ce document par les membres de l’Assemblée nationale constituante (Anc), démarrées fin avril passé, se sont achevées cette semaine.

 

Représentant 10% du budget de l’Etat tunisien pour 2012, cette loi de finances complémentaire prévoit un déficit de 6,6%, un endettement de 47%, une croissance de 3,5% et une hausse de 21,6% dans le volume du budget complémentaire de l’Etat par rapport aux prévisions de 2011 et de 10,7% par rapport à la loi de finances initiale.

 

25.000 emplois dans la fonction publique

 

A l’issue de l’adoption de ce document, le gouvernement essayera de concrétiser certaines ambitions dont le renforcement de l’employabilité (25.000 emplois dans la fonction publique), l’incitation à l’investissement et le développement des régions intérieures (70% des ressources orientées vers le développement  régional et 2,5 milliards de dinars à destination sociale).

 

Les ressources propres de l’Etat tunisien sont estimées à 19.644 millions de dinars, soit une hausse de 3.500 millions de dinars (MD) par rapport à la loi de finances initiale. Ces ressources sont issues principalement de l’amélioration prévues des ressources fiscales (14.566 MD) et non fiscales (5.078 MD).

 

Au volet des dépenses, le gouvernement a décidé d’augmenter de 23% les dépenses de développement (par rapport à la loi de finance initiale), celles des dépenses de compensation des produits de base, des hydrocarbures, du transport, ainsi que du remboursement (en 2012) de l’emprunt émis en 2002 sur le marché financier international (650 MD).

 

Des prévisions trop optimistes

 

L’élaboration de ce budget de l’Etat complémentaire a été fondée sur des prévisions relatives à l’année 2012 et sur l’évolution des indicateurs économiques tunisiens à savoir un baril de pétrole au prix moyen de 110 dollars pour toute l’année 2012 et un taux de change d’un dollar à 1,5 dinar.

 

Mis à part les dispositions relatives au budget de l’Etat tunisien, le projet de cette loi de finance complémentaire 2012 repose sur certains axes dont «le financement de l’investissement et le renforcement de l’employabilité, la conciliation avec les personnes imposables et l’échelonnement de leurs dettes, la réforme du système fiscale ainsi qu’autres procédures», lit-on dans le document de présentation de cette loi.

 

Dans le cadre de la consolidation de l’employabilité, plusieurs avantages fiscaux s’étalant sur 5 ans (au maximum) sont accordés aux entreprises qui recrutent, entre 2012 et 2013, de nouveaux salariés de nationalité tunisienne. Ces entreprises se verront ainsi incitées à recruter davantage.

 

Pour ce qui est du financement des investissements, des mesures sont envisagées à savoir la création d’un fonds de collecte de dons au profit du Budget de l’Etat pour financer les investissements en infrastructure dans les villes de l’intérieur du pays et pour consolider l’emploi.

 

Mis à part des ressources d’environ 1.200 MD issues de biens confisqués, le budget de l’Etat sera renforcé par d’autres ressources fiscales supplémentaires avoisinant 350 MD.

 

Le gouvernement comptera aussi sur des contributions exceptionnelles volontaires (des salariés) estimées à 450 MD et des ressources extérieures dépassant 4.000 MD.

 

Absence de stimulation de la demande interne

 

Certains experts tunisiens reprochent au gouvernement la dangerosité de la levée du secret bancaire sous prétexte que cela «pourrait nuire au climat d’investissement dans le pays». Ils lui reprochent aussi la relative «absence de stimulation de la demande interne (augmentation de salaires)» lors de cette période difficile économiquement au double plan local et international.

 

Le budget de l’Etat complémentaire pour 2012 prévoit, d’un autre côté, une enveloppe de 8.647 MD réservée aux salaires, l’équivalent d’une hausse de 12% qui tient compte des augmentations salariales d’une part et du recrutement de 25.000 personnes dans la fonction publique, d’autre part.

 

D’après Taoufik El-Aribi, président de la Commission des impôts de l’Utica, la centrale patronale tunisienne, la Tunisie vit actuellement une conjoncture économique «critique» et qui «nécessite de prendre des mesures fiscales simplifiées qui encouragent tous les acteurs économiques à investir».

 

Face à une «destruction massive»

 

Lors de la présentation de cette loi de finances complémentaire 2012, le Premier ministre Hamadi Jebali a avoué dans une déclaration télévisée que son gouvernement s’est trouvé face à un état des lieux politique et social similaire à une «destruction massive (corruption, inégalité régionale, pauvreté...)».

 

Contrairement à la destruction, a-t-il ajouté, «la construction sera plus difficile et nécessite du temps», ce qui a dicté, selon lui, la répartition des objectifs du programme gouvernemental sur trois niveaux: un plan prioritaire (2012), un plan de moyen-terme (horizons 2017-2018) et autre de prospection à long-terme (2030).

 

Le chef du gouvernement a appelé dans ce sens toutes les parties intervenantes à s’impliquer dans le processus de la construction du pays à travers une approche «participative» fondée sur le dialogue et le consensus entre peuple, élite et société civile afin de hisser l’intérêt de la Tunisie au plus haut rang des priorités. kapitalis

 

 

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La balance commerciale enregistre un déficit de 3 316 MD (INS)


La balance commerciale de la Tunisie a enregistré, de Janvier à avril 2012, un déficit évalué à 3 316 millions de dinars (MD), en augmentation de 38,8%, par rapport à la même période 2011.
Selon des statistiques publiées, mardi, par l'Institut national de la statistique (INS), le taux de la couverture des importations par les exportations, a baissé de 5,1 points, passant de 77,3%, fin mars 2012, à 72,2%, fin Avril.

En effet, l'INS fait ressortir une progression des importations de 13,4%, à 11 921,5 MD, et des exportations de 6%, à 8 605,5 MD, par rapport aux quatre premiers mois de 2011.

L'accroissement des exportations, entre 2012 et 2011, est due à la hausse des ventes à l'étranger de la plupart des secteurs dont essentiellement, les produits agricoles et alimentaires (+ 18,7%), énergétiques (+12,6%), des industries mécaniques (+ 16,3%) et les autres produits manufacturés (+18%).

Pour la première fois, depuis le deuxième trimestre 2011, les exportations des phosphates et dérivés ont progressé de +21%. Par contre, les exportations du textile, habillement et cuir, sont en baisse de -6,7%.

S'agissant des importations, leur hausse (+13,4%) résulte à la progression des achats dans tous les secteurs et notamment, des matières premières et des produits semi- manufacturés (+8,1%), des biens d'équipement (+16,8%) et des produits de consommation non alimentaires (+16,9%).

En raison de l'amélioration des conditions climatiques au courant de cette année, les importations des produits alimentaires ont baissé de -6,8%, du fait de la réduction des importations du blé et plus particulièrement du blé tendre (- 65,4%), Une analyse plus détaillée des échanges commerciaux, montre que dans le régime "totalement exportateur", une décélération est constatée dans le rythme d'accroissement des exportations (+2,5% au cours des quatre mois 2012, contre une augmentation de +20% en 2011).

Ceci résulte d'une régression continue des exportations du textile, de l'habillement et du cuir, d'une part, mais, aussi, du ralentissement du rythme de progression des exportations des industries électriques entre les mois d'Avril (+1,5%) et de Mars 2012 (+4,2%), d'autre part.

De même, les importations ont régressé de - 0,8% contre +18,2% en 2011.

Dans le régime général, les importations ont cru de +20,9% et les exportations +12,9% (contre respectivement +0,3% et - 3,1%, en 2011).  
maghrebemergent

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 05:10

Mohamed Abbou élu secrétaire général du CPR

 

Le Conseil National du Congrès pour la République s’est déroulé le samedi et dimanche, du 12 au 13 mai à Tataouine, dans cette ville du grand sud de la Tunisie. Les organisateurs indiquent que près de 160 personnes ont été présentes à l’ouverture des travaux, avec des représentants issus de 22 bureaux locaux, et de 4 bureaux de l'étranger.

 

Des élections en vue de désigner le secrétaire général du CPR ont donc eu lieu, pour pallier l’absence d’Abderraouf Ayadi. Dans un premier temps, l’étoile montante du CPR, à savoir Haythem Belgacem, qui s’est notamment distingué par ses revendications d’ouverture et de transparence aurait envisagé de se porter candidat. Mais finalement, le duel a eu lieu entre Mohamed Abbou, l’actuel ministre de la réforme administrative, et Imed Daimi.

 

Le vote a eu lieu à scrutin secret. Au premier tour, Imed Daimi et Mohamed Abbou se sont retrouvés ex-æquo. Sur un total de 69 bulletins, les deux hommes ont chacun obtenu 34 voix, et on notera qu’un vote a été invalidé. Au final, Imed Daimi aura consenti à occuper le poste de vice-secrétaire, et c’est Mohamed Abbou, qui sera ainsi désigné secrétaire général. Abbou aura notamment rappelé, au cours des travaux, que le projet controversé de l’indemnisation des victimes de la dictature, que d’aucuns attribuent à Ennahdha, est une proposition du CPR.

 

La montée en puissance d’Imed Daimi

 
Ces élections constitueront une victoire pour le CPR, puisqu’elles se seront passées dans un climat démocratique. Par ailleurs, le fair-play de Daimi peut aussi démontrer l’aptitude des responsables du mouvement à faire des concessions pour le bien du parti. Mais le vote aura aussi démontré que le courant formé par l’axe Imed Daimi-Slim Ben Hamidene, respectivement chef de cabinet à la présidence de la République, et ministre des Domaines de l‘Etat connus pour leur ancienne appartenance à la mouvance islamique avant de rejoindre le CPR, constitue désormais un pôle important du parti. Le match nul avec Abbou démontrera arithmétiquement l’étendue  de son influence, à la surprise des observateurs non-avisés.


imed-daimi

 

Or bon nombre de militants de la base, craignaient que l’éventuelle élection d’Imed Daimi à la tête du CPR, ne renforce l’image («trompeuse», selon eux) d’un parti «annexe» d’Ennahdha. D’autant plus qu’en ce même samedi inaugural de ce Conseil National, l’un des membres fondateurs historiques du CPR, à savoir Om Zied, se sera montrée particulièrement virulente, lors d'une émission diffusée par la chaîne TV "Ettounsia", dans la soirée du samedi 12 mai. Elle a en effet été intarissable sur ce qu’elle a considéré comme étant «les dérives» de son ex-parti qu’elle a qualifié de «Ennahdha 2». Et Imed Daimi en particulier a été accusé par la dame, de défendre en catimini le parti de Rached Ghannouchi. La nomination de Mohamed Abbou à la tête du CPR aura donc été vécue comme un soulagement. D’autant plus qu’elle intervient à peine quatre jours après la conférence de presse inaugurale du nouveau parti de la faction Ayadi.   Moez El Kahlaoui; mag14

 

 

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Le cumul ne dérange pas Mohamed Abbou, ministre et chef de parti!

 

Au terme des travaux de son conseil national, à Tataouine les 12 et 13 mai, le Congrès pour la République (CpR) a élu Mohamed Abbou au poste de secrétaire général. Qui cumulea ainsi sa fonction partisane avec son poste gouvernemental!

 

Près de 150 personnes ont été présentes à l’ouverture des travaux du congrès, avec des représentants de 26 bureaux dont 4 à l’étranger. Sur 69 bulletins, dont 1 invalidé, Mohamed Abbou était ex-aequo avec Imed Daïmi, chef du cabinet du président de la république. Chacun a récolté 34 voix, mais c’est Imed Daïmi qui s’est retiré pour laisser la voie libre à son camarade. Il restera cependant vice-président du CpR, un parti qui a dévié de ses principes laïcs et modernistes et qui roule de plus en plus pour le parti islamiste Ennahdna, comme le lui reprochent ses nombreux dissidents, notamment Abderraouf Ayadi, son ex-secrétaire général.

Ce qui choque dans cette élection, c’est que l’élu est ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Réforme administrative.

Un ministre en charge de réformer l’administration et qui ne voit aucun inconvénient à cumuler une fonction gouvernementale et une autre à la tête d’un parti politique au pouvoir est pour le moins inquiétant. Car, M. Abbou et ses collègues (du gouvernement) et ses camarades (du CpR) ne sont pas sans savoir que parmi les graves errements reprochés à l’ancien régime c’est, justement, cette relation incestueuse entre le gouvernement et le parti au pouvoir.

Dire que M. Abbou va réformer l'administration tunisienne est devenu, après cette élection, presque une boutade. Qu'il commence par lui-même, dirait l'autre...  kapitalis

 

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Conférence, à Béja, sur l’égalité et la citoyenneté dans la Constitution



Une conférence sur l’égalité et la citoyenneté dans la nouvelle Constitution a été organisée, samedi à Béja, à l’initiative de l’Association des Femmes Tunisiennes pour la recherche et le développement.

Le directeur du Centre Kawakibi pour la transition démocratique (KADEM), Mohsen Marzouk a, à cette occasion, lancé un appel à tous les citoyens et à l’ensemble des composantes de la société civile pour faire preuve de vigilance lors de la rédaction de la nouvelle Constitution.

Il a mis l’accent sur la nécessité de faire prévaloir le dialogue pour faire face aux exigences de l’étape qu’il a qualifiée de «difficile», appelant à respecter la diversité intellectuelle en Tunisie.

Il a fait remarquer que le texte de la nouvelle Constituante doit concrétiser les objectifs de la révolution et tenir compte des spécificités de la société Tunisienne dont l’égalité entre l’homme et la femme.

Saida Garrache, juriste et membre de l’Association des Femmes Démocratiques a passé en revue les raisons pour lesquelles plusieurs membres de la société civile ont appelé à la constitutionnalisation des droits de la Femme et l’inscription, dans le préambule de la Constitution, du principe de l’égalité hommes-femmes.

Elle a mis l’accent sur la nécessité de préserver l’intégrité physique et morale de la femme, étant donné, a-t-elle fait savoir, que «près de la moitié des femmes tunisiennes sont victimes de violences».

Elle a appelé à s’inspirer du modèle turc en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

Les participants à cette rencontre n’ont pas caché leur crainte de voir les droits et acquis de la femme menacés, estimant que «la révolution tunisienne n’a pas été accompagnée d’un changement des mentalités». 
maghrebemergent

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